Une archive numérique
Pendant quatorze années, Péguy a dirigé une revue qui paraissait environ tous les quinze jours. Il la fonde en janvier 1900 depuis une petite boutique en face de la Sorbonne, et la mène jusqu'à sa mort, tombé à la tête de sa section d'infanterie à la première bataille de la Marne le 5 septembre 1914. Deux cent vingt-neuf cahiers en quinze séries, dont chacun porte sa signature au colophon comme gérant.
Il a payé ses collaborateurs et son imprimeur au prix d'un déficit perpétuel, rassemblant autour de la revue toute une génération d'écrivains — Romain Rolland, Daniel Halévy, Maxime Vuillaume, Julien Benda, Paul Milliet, René Salomé, André Suarès, Joseph Reinach, et bien d'autres. Aujourd'hui Péguy survit dans la mémoire pour quelques-uns de ses propres écrits : Notre jeunesse, Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc, Ève. La revue à laquelle il a consacré sa vie d'adulte est largement oubliée.
Cette archive cherche à restituer ce qu'il a fait : chaque cahier dans sa forme originale, en français et en traduction anglaise, avec tout l'appareil éditorial — les Avertissements de Péguy, les colophons, les annonces de quatrième de couverture — préservé tel qu'il l'a imprimé.
Les cahiers existent sur Archive.org et Gallica sous forme de scans d'images. Cette archive en propose pour la première fois le texte intégral, en lecture continue et recherchable.
Ou parcourir par auteur, ou lire les œuvres longues réunies à travers plusieurs cahiers : Jean-Christophe, Mes cahiers rouges, Les Milliet, L'Ordination, Les Mystères.