Notre pays
périodique paraissant tous les deux dimanches 8, rue de la Sorbonne, au rez-de-chaussée
ee. Notre pays…
| 16e À notre ami Lotte RE
Mer. IN pays est comme un doux berceau ‘7 res SR De rameaux verts, de moissons et de fruits, “3 or __ D’arbres géants, de tendres arbrisseaux, f: “x a Fe De ceps feuillus longtemps cuits et recuits, | De beaux matins couchés dans les pâtures, SES | _. De beaux soirs las sur des touffes de buis, LORS
e. Notre pays FAITES La: De frais jardins que la raison mesure, a % “4 ss De longs vergers réglés comme des moines, FRS Æ De potagers buvant à des eaux pures, - ae “4 De lourds sainfoins, de trèfles et d’avoines, De boutons d’or, de bleuets, d”anémones, Me ar _ De dahlias, d’œillets et de pivoines, 1150
8 D”ombre secrète où les oiseaux jargonnent,
F3 De gazons clairs où jasent les fontaines, LAS Si De jours de lin où chantent nos patronnes, LV sas D”ajoncs dorés, de menthe et de verveine, a: LE Des fins tissus (chaudron, lilas, ponceau) ER 31e Dont se vêtaient nos défuntes marraines, Notre pays est comme un doux berceau, Moussu, ouaté, parfumé, chaste et coi, ne Sa Bien étendu sous l’azur en arceaux, et. 2. Comme un berceau qui reçut autrefois, Le ds Saintes et saints, vos tranquilles enfances, À À k Quand vous cherchiez des gestes et des voix ‘00 ns Et que sur vous, en quête et vigilance, ‘4 re Se sont penchés les bonnets des aïeules, Fi Le nez pointu de la longue prudence, Den.
: 44 Les nez, les becs, les naseaux et les gueules, Fil Les chiens, les bœufs, les moutons et les poules, . NE we <à : Les fins pommiers, les cyprès, les tilleuls, | 4 op co Ne Les vagabonds, les routiers et la foule 2 Étr ne #5 Des bonnes gens qui sortent de l’église Le FA re Quand la chanson du clocher se déroule, TS ES - Les vignerons soucieux de la bise #4 ES Et de la gréle et des givres soudains \ ‘à be Et de l’usure aux sournoises mainmises, à
- Les cerfs branchus, les lièvres et les daims, e. - Les bouleaux blancs, les ormes et les hêtres, \ “ “4 Et les grands lys aux airs de paladins, Fa See Les apprentis, les compagnons, les maîtres Portant l’étain, le bois, le fer, la pierre BE Et le rouleau des règles à connaître, SE Les chaperons, les heaumes, les visières, s <e Les saladiers, les panaches, les casques, LES Les chevaliers luisant sur les verrières, Du. Le léopard, le griffon, la tarasque : uns Et la licorne et tout ce vieux blason pr __ Et des soldats bretons, lorrains ou basques, FA
Le toit fumeux des solides maisons “4
FA, N Et les enfants, les mères, les servantes, ni ss La nuit d’hiver qui se voile et qui vente, ue | La nuit d’été sous un vaste rosaire, SE. a Les blanches nuits de prières ferventes, TU L’antique gloire et l’antique misère, ue Les longs travaux à la face creusée, CR
Ë Les durs travaux à la face de terre, & Les doux travaux qui jasent en fusées, 1418 Les yeux baissés de celle qui ravaude
Et la fileuse aux modestes visées, 4% “KDs Celles qui vont, dans les eaux d’émeraude é À Laver les draps, les voiles et les nappes, ne : Aux flots d’argent mêlant des mains noiraudes,
L Celles qui ont pour de saintes agapes 3 fs.
| Versé de l’huile en des lampes d’argile, “4
Blanchi leur coiffe et repassé leur cape, A TC
Les arbres lourds et les plantes graciles, <a
Prés et moissons, jardins, vergers et bois, Fe
Bourgs et hameaux, hérissement des villes, A
nr. _ Les hauts clochers, les calvaires, les croix, FLAC V2 _ Les cheveux blonds des anges et des cierges, FT : #40 Les vœux des jours et les fêtes des mois. LT ET Et les regards de la Très Sainte Vierge. TE RO Il est aussi comme une cathédrale (se L ul Dont le clocher, les deux tours, les arêtes \ RER Rd Suivent sans fin des routes triomphales ; if, ee ee | 1% Des gens, des fleurs, des plantes et des bêtes, ; en | ts _ Des rois, des saints, des démons et des gnômes, £ Fr 7e Des chevaliers, des anges, des prophètes, FSU 4 vE ; Le peuple entier du céleste royaume, RE hf ; A F5 Le peuple entier du royaume charnel, A RS - Ceux des châteaux, ceux des bourgs, ceux des chaumes,
: Les noirs tenants de l’Orgueil éternel, . RES “ | Monstres debout et monstres accroupis, LA Rongeant des yeux le gîte des mortels, vs à “e Les fruits nouveaux, les grappes, les épis, HSE
Le lys qui pointe et le lierre qui monte, : KP À L’humble calice aux prés mouvants tapi, 2 A Le vieux serpent sous un pied qui le dompte, vw L’aigle, le geai, le pivert, le hibou, — a A. Les gros moutons, frileux après la tonte, ec!
< Tout le bercail avec bergers et loups, ER
Toute l’étable avec les bœufs qui fument, >
ÿ Toute la gent qui picore dessous, es Les bons outils, les marteaux, les enclumes, 28) Fe Niveaux, compas, clés du pape de Rome, Ancre qui tient notre âme dans la brume, LT “2% Tous les outils qu’inventa le vieil homme, dE Tous les métiers où durcissent les mains, $ a ce N Le soc, la houe et les bêtes de somme, Re. La forte nuque et le glaive romain, ‘0
Le col de cygne et l’olivier de paix, à ne. : J La loi divine et l’effort des humains,
JR Le cœur plongé dans les brouillards épais, É La folle erreur qui s’installe en puissance, . L’impureté qui dort ou se repaît, La trahison qui prône l’innocence, | L’ambition grinçante des Sorbonnes, Fa Le jeu discret des sourdes violences. de | Mais le sourire et les yeux fins des nonnes, ni , Les longues mains qui cousent et qui filent,
Les voiles purs d’où la grâce rayonne, : Mais les voyants, David et la Sibylle, . Les clairs enfants qui chantent au lutrin, À | L’œil net et creux des jeûnes et vigiles, | Mais l’Écriture où Dieu règne et s’empreint, :
La vieille loi, donjon de pierres brutes, k » La jeune loi, perle dans son écrin, | Mais le concert des harpes et des flûtes, | Les fins archets caressant les violes, à % Les psaumes lents qui tournent en volutes, ou Le temps qui marche et le malheur qui vole, Le désespoir et l’angoisse et l’attente, (Eh
- Le va-et-vient peureux des vierges folles,
+. Il est aussi 25 GE & | Tout le troupeau des âmes militantes, ee Le bel arroi des célestes milices, RE FA Le grouillement des péchés qui nous hantent… 11358 | : Tout cela siège et se dresse et se glisse $ En délicate ou forte imagerie, En vision d’horreur ou de délices, * ANS Sur les pignons, les tours, les galeries, “TRS <d Les contreforts, les portes, les fenêtres. LS ke Le tout réglé comme une horlogerie, ES his Le tout rangé comme aux signes d’un maître HT Qui sait former et sauver harmonie SR Re Dans le chaos des choses et des êtres, Fe : Chacun docile en sa place finie, % ‘4 à Naître et mourir, la force et l’agonie, ; ‘4 à Chacun rigide au poste qu’on lui boute “1 En la forêt de pierres ciselées, 5 à Le long des temps qui suintent goutte à goutte, ” Le tout pareil aux arbres d’une allée, ci Aux vieux soldats qui gardent les murailles, “4 A l’oraison des figures voilées, «
| : Au long souci des rustiques ouailles, : A celui-là qui peint et vermillonne, ee . A celle-là qui brode sur des mailles, ; Le tout pareil au sage qui raisonne, , # | A de vieux jours qui durent dans les cœurs, Ù ‘4 A des travaux graves et monotones ; < Même la fièvre et l’amour et la peur, E Même le vice aux changeantes grimaces, Mèême le nain, le singe ou le voleur, de. L’inquiétude et les bêtes rapaces, À Le vaniteux, le sanguin, l’impudique, à Tous les désirs et toutes les audaces, À J Même ceux-là dans cette république re Où tout s’unit, s’enchaîne et s’organise ‘4 Même la guerre et l’hiver et la bise, « ik Même les flots appliqués au naufrage, & | Même la nuit tendant ses ailes grises, Même Satan qui chevauche l’orage, à Ds Même ceux-là demeurent limités, - # Même ceux-là demeurent en servage, à | 21 ,
NE: Car dessus l’huis de la sainte cité ? ” FR oh ee d ane ‘ Trône Jésus dans la toute-puissance, ne FA __ Dans le Royaume et dans l’Éternité.… ESA Et devant lui l’Ange tient la Balance. SITE 02e Il est aussi pareil à la maison LE GS Sont ordonnées près d’un calme horizon; 44% ri Un long passé de vigilance y dort LA Fe Bercé par le chuchotement des feuilles o EPS a Et par les eaux lissant l’herbe du bord ; LED Les beaux couchants le jardin vert de mousse, NL [#4 Et la gaîté les âmes sans orgueil ; Fe
Ë En sûreté dans les pénombres douces, Près du foyer, des fenêtres, des lampes, ; ; À Du chat, du chien, des bouillotes qui gloussent, L’enfance rit ou pleure ou quête ou rampe, ; # Les hommes las s’enfoncent dans les choses, re | Les vieux ont pris des figures d’estampes; } | Les femmes sont des ombres qui disposent | à En jeux précis la matière et les heures, “3 | Le réseau flou des effets et des causes, $ | Pour que Dieu reste en la douce demeure < Avec la paix, la logique, l’entente, AE ; Les souvenirs austères et charmeurs, : à Le soir qui prie et le matin qui chante, js Les longs travaux des mains et des pensées, 9 gs f L’oreiller chaud des âmes confidentes, “ : Le baume pur des vaillances blessées, É : Les mots d’amour, de grâce et de simplesse, ss s Le bon exemple aux discrètes poussées,
Le jugement qui stimule et redresse, $ ; Le long regard qui perce et qui déclenche, : Le repas calme et lent comme une messe,
Il est aussi | Le glissement paisible des Dimanches, | Un vague rire, un jet d’eau qui murmure, Un rayon bleu sur des écharpes blanches, Maïs, avant tout, les silences qui durent ‘ à Jusqu’à minuit quand on veille en hiver, x : Que geint la bise et grincent les ferrures, Ou bien les voix prudentes et sévères, - Les voix un peu sourdes, un peu rouillées, # Les voix des temps qui dormaient dans les pierres,
; L’écoulement de la tiède veillée CU
(Comme d’une eau qui caresse des fleurs) Pendant que craque une branche effeuillée,
) Le sentiment que les murs:et les cœurs, Les toits, les gonds, les profondes assises Résisteront à ces démons qui pleurent £ Et qu’on est là comme dans une église Tout contre Dieu, bien clos, bien abrité, Loin de ce qui déprime ou scandalise, £ Malgré ces heurts de l’huis et des fenêtres, Malgré ce bruit lointain des vanités.
Et c’est l’instant monastique où pénètrent L PT: . A petits pas muets de rêveries # \4 L’ombre des temps et l’ombre des ancêtres : Fe Ë E. La flamme rouge aux vieux doigts se marie, Er ED Des livres blancs règnent sous l’abat-jour, Li | L’aiguille court parmi les lingeries, RS. À La table est large et l’on se presse autour, <. 2. Un long récit tombe des vieilles lèvres, “1010 xF Un long passé monte des oublis sourds; BE. |: 1e Les jeunes cœurs sautent comme des chèvres, L. È Les gens rassis écoutent posément, 5% _ 118 Les chastes yeux se lèvent et s’enfièvrent.. + ÿ. k Surtout les soirs qu’on parle en s’animant STE k. De ces aïeux qui s’en furent en guerre, ‘ à E De ceux aussi qui, las des cieux cléments, À | | Furent chercher des îles dans la mer, F2 De ceux qui dans les honneurs et les brigues - | E Ont poursuivi d’imprenables chimères, À Fi Des inquiets, des nerveux, des prodigues c _. ee. (Ceux qu’on raconte à mi-mots, à mi-voix) ne DE Flots déchaïînés qui renversent les digues, ‘*
| Du fils prodigue absent des jours, des mois, pet Des ans, lâché dans la gueuse de ville, ‘4 Puis revenant par quelque nuit des Rois. ea Se Car tous ceux-là dans la maison tranquille NS Sont revenus trouver un abri sûr, De simples cœurs, la fin d’un morne exil, L’ordre, la paix, les regards droits et purs, F4 L’eau qui dérive et le chant des feuillées, L’ombre qui choit peu à peu des hauts murs, +710 : Le cher silence et l’âme des veillées, : | Les longs récits d’hier et d’autrefois, ! Et les vieux lits qui dorment sous la Croix. ‘
Re: Il est aussi comme un vaste jardin. ‘<06
ne” Ë nie da fre
Le ers feux € trent les b he
E Et les gazons luisent d’éclairs soudains : Le $
da es as, les iris, les pervenches LATE
“0 L’ombre des marronniers et des tilleuls, L’ÈeS
= L’eau qui sommeille et les roseaux qui penchent SE
À Le bégaiement des tiges et des feuilles, AM.
Un cri d’oiseau, les ailes qui s’ébattent, (RS be. Les coins épais de fraîcheur et d’accueil, ne ne
L’insecte d’or et l’insecte écarlate, ; (RER | __ L’orgue confus des faiseuses de miel, TT | Be Le souffle chaud des coupes d’aromates, ”) ne. …._ Les fils de Vierge aux fenêtres du ciel, RAT. -
_ Le sable fin qui ouate les allées, À Le temps discret et confidentiel,
| __ Tout le jardin est une grâce ailée, TE
(ER F4 Tout le jardin est un rêve glisseur, fe Dors Un souvenir de fillette exilée… ” nu
Il est aussi a De clairs enfants, les frères et les sœurs, : Y vont courant, dansant, chantant des rondes, Sous les rameaux tendres et caresseurs : Des rayons bleus parmi les tresses blondes, Le bref éclat des voiles argentés, Frémissement de nageoires sous l’onde, Les mouvements souples et concertés, L’eau ruisselante et si pure des voix, Grâce, mesure et simple dignité, { Vieilles chansons, nous n’irons plus au bois Et les cent ans que dormit cette Belle, Les pas hardis, les courses, les querelles, Et l’or divin qui jaillit des prunelles, Les bras ballants, les têtes décoiftées, Les doigts unis, les cercles, les poursuites, à Les grands saluts qu’enseignèrent les fées, Brocéliande, Urgèle, avec leur suite, Les elfes roux se nichant dans les fleurs, L’ogre qui ronfle et les marmots en fuite, (
_ . Une fontaine avec Peau d’âne en pleurs, - LUE __ Ceux du Graal et ceux de la Douleur. = ‘+4 Ces marronniers, ces tilleuls, ces érables HUE & Voient de tels jeux dans leurs ombres mouvantes ht Se composer sur l’herbe et sur le sable EEr Et s’y glisser, comme une eau qui serpente Re - Parmi la mousse et les touffes champêtres re
- Dans-le tissu des pierres et des plantes. | ES : La blanche aïeule au soir vient reconnaître FAR _ En cheminant sans bruit, trotte-menu, A ‘4 “he A l’heure douce où le calme pénètre, Lee | Le va-et-vient des enfants ingénus Me Re ui au milieu des choses mi-voilées ( OR D’un saut de chèvre enjambe les allées, | < Bat les échos. et s’arrête soudain, Re Dès que les voix lointaines et mêlées } AR Es Des Angélus tombent sur le jardin. 6 SUR
| CUS Il est aussi comme un aventurier | Qui est parti dans l’averse et la brise re Laissant un deuil autour du vieux foyer, Le
FE Il a quitté maison, village, église, De: FRE Le pré, la vigne et les tilleuls amis, “40 Re Le bel aplomb des choses bien assises, Re La règle sûre et les songes permis, %
Le A Le jour qui vient de la veille hériter, 1 2 is re Le dur collier des saines habitudes, LT FLN Il a cherché toutes les latitudes, + “4 De Toute diversité, tout changement,
D - Océanie, Antilles ou Bermudes, ces
_- La terre chaude et les arbres dormants, PNA # CT. La poudre d’or et les planches d’ébène, 3 ES Le chant qui berce et le rêve qui ment, ; 4100 Les molles nuits qui tombent sur les plaines, Pal Le sable d’ocre et ses füyants mirages, « __ L’illusion des puits et des fontaines, VARRES Tous les démons fiévreux des marécages, ; 3 n} AS Tous les hurleurs que la lune déchaîne, : fe ss +4 Tous les serpents se frottant aux feuillages, Dan). a L’Inde et la Chine aux mortelles haleines, ‘4 _ Dieux bedonnants, monstres et sacrifices, “0 __ Lettrés fleuris et tours de porcelaine, ne __ Ila quêté, dans les senteurs d’épices Ve _ Et de goudron qui s’exhalent des ports, £ FA . __ L’étreinte fauve et l’obscur maléfice, tr
._ Connu l’abîme où l’esprit se dissout, Er __ Anéanti la gloire et les remords, 54 % | _ Puis relancé par les ouragans fous nie “à _ Sur les paquets de vagues en bataille (0e É Vers l’inconnu qui happe comme un trou, tr
‘ Il est aussi TE TES Dans l’eau qui cingle et le froid qui cisaille, | Accompagné des cris du cormoran, à Tour à tour dans un gouffre ou sur un dôme, TR Il a croisé des spectres effarants, Des rochers noirs et des vaisseaux fantômes, Le troupeau blême et vain des trépassés, | : Les animaux géants de ces royaumes. EN Il a senti ses moelles se glacer… | Mais dans sa longue et périlleuse erreur, £ Dans les oublis du sévère passé, Dans les instants d’ivresse et de langueur, : ; Comme dans la tempête et les orages, À ; Les coups de flots et les dures clameurs, Tout près de lui, le gardant des naufrages, | Bien que marin de peu d’expérience, | Est demeuré jusqu’au bout du voyage j | Le saint Martin de son hameau d’enfance.
Ne: Il est aussi comme un repas du soir “TE 1e Où sont assis tous ceux de la famille, PS
no Les grands-parents devant les deux dressoirs, Fr
_ Les fils, les brus, les garçons et les filles, PRE à a
_ Les tout petits qui se tiennent bien droits, -s 0100
__ L’oncle soldat qui jure comme un drille.. 7h Je
_ Ilya là aussi, graves et cois, Los : é…_ Dans les fumets, les clartés et les choses, {138860 Tout ce qui fut et vécut autrefois. 200 dE _ L’humble vertu qui produit et dispose, M ne | _ L’humble vertu qui goûte au pain moisi, NT dt | Fait avant l’aube éclore un feu des cendres, u ee Lorsque l’hiver étale son grésil,
: PEN L’humble vertu en sa rudesse tendre, k Fr #:: FAR Dont les récits ondulent en méandres, ue ”> a RU: La lavandière au bord de l’eau rieuse, ï ne LES Celle qui fait reluire les faïences SES Celle qui suit en manteau de pleureuse.. LR RTESSS A Assise comme un songe au coin du feu, SM LÉCOES La Patience auguste des aïeux, se Sa) “1 Le col épais et la nuque puissante, TE D. Les yeux petits clignant au fond d’un creux, : Dee ”. PS - ___ Les doigts noueux, les mains grises qui sentent Le foin, la terre et les fruits de l’année, #4 ‘ Les cheveux drus et qui collent aux tempes; #4 LES La très fidèle et très enracinée, RE - RE: Le dur lien de cette maisonnée.. ÊTES Et bien prudente et toujours avisée k ne
__ Expérience au nez pointu qui flaire, ‘5 2 a _ Au prompt regard qui pétille en fusées… à _ Ilya là l’éternelle prière, PAIE. 4e En simple bure et en voile de lin ? FRE a Et dont la voix trottine dans les pierres. No: __ Ily a là aussi les orphelins . | LULMFENSS “14 Qui ont reçu des tranches de la miche RUN
Quand ils geignaïent au seuil du pathelin… nie ‘5 ‘à
Il y a là tous les siècles qui nichent AU __ Sous le vieux chêne et le cuivre et l’étain, _ Sous les vertus dont les pauvres sont riches, _ Ilya là tous les siècles éteints, ‘ ‘150 _ Tous les regards, les âmes, les pensées, le EX L’ombre des soirs et l’aube des matins, : de Le lé_ La jeune fille alerte et cadencée SLR #4 Qui portait l’eau du puits à la maison, _ Le blanc bonnet des aïeules cassées, RER | 44 Les vieux, tannés au frottis des saisons, “EAR Re. _ Hommes de faux, de soc et de cognée, A Hommes de chair, de cœur et de raison, ns LES
pl Et les soldats issus de la lignée NU POULE Et les curés, les moines, les vicaires, ï ras ER - Et, sous un voile en toile d’araignée, < LE ES Quelque clarisse égrenant un rosaire.… <e Tous ces gens-là, tout ce vaste passé, nn: Tous ces labeurs et toutes ces misères, RS Le Tous les jours chauds et tous les jours glacés, J | à Cette invisible foule qu’on devine Ÿ FAN Tr Et qu’on entend soupirer et glisser,
Ne Tout ce lointain se rapproche et s’incline io Vers le repas fumeux dans la faïence, “e ve Vers le gros pain où les couteaux cheminent.…. ‘100 Le vieux grand père a redit les sentences es ER Qu’il tint jadis lui-même des aïeux, gi ji Les fils ont dit l’espoir de leurs semences; ca ; F La mère grand sèche l’eau de ses yeux, ; à Filles et brus, regards baissés, picorent, Ne. | sÆ Les plus petits s’endorment peu à peu;
à 3 Parfois s’étale un long silence… Alors A 54 | Fe Les gens venus du fin fond des années “4 | At: , Viennent frôler les âmes et les corps. 0 | pute ne |
Pendant que sur la haute cheminée, 4 RC
- Saint Jean, celui qui préchait au désert,
Saint Jean, rustique image enluminée, +
% Bénit la table et les mets et les verres, FC Re Et la fatigue et les lourdes paupières Et les aïeux invisibles dans l’air, , ea “ Bénit ceux d’aujourd’hui et ceux d’hier, fe “e Et ceite enfance aux grâces matinales TRACE ‘2 Et ce pain bis que dorent les lumières. é EU #3 D’un geste évangélique et baptismal. TES | | _ Il est aussi comme une ronde au bois, || “ss Doigts enlacés, blonds cheveux, douces voix, ce + __ Blancheurs de linge entre les chênes cois, SUERSS
10e Lorsque le soir calme plantes et bêtes Es FERME En e Et lentement vient reposer sa tête ER Re a Sur le coussin des mousses violettes, 4 Ge Il est aussi comme ces enfants blondes HS : 2580 Qui font glisser le glissement des rondes HT Dans leur oubli des rudesses du monde, Fr (a Ne Chantant la fleur et la feuille et les eaux, = LS À Chantant l’été qui dore ses fuseaux, er HER Chantant la nuit qui ouate les roseaux… SN ni Comme une ronde en la forêt prochaine, Re Den Sous les rameaux d’un vénérable chêne, ‘HE Avec un chant mesuré qu’enseignèrent Fe
Kg, Au coin du feu les osseuses grand mères Ke: 1e Elles aussi, jadis, les vieilles fées, Je LR Dans les lueurs par le soir étouffées : . te Ie LE ‘ARS Ayant dansé, de jacinthes coiffées… RS Abe Et tout autant, petites, avant elles, FRE | En avaient fait des belles et des belles A Qui figuraient dans les rondes mortelles. DR
el Ces belles-là dont vous êtes issues, HER ne Ces belles-là, pauvresses ou cossues, 2 ASE : A Avaient chanté dans les forêts moussues, ASE le Avaient chanté, s’étaient serré les doigts, FO Avaient tourné dans le demi-jour coi 5° “28 Sous les rameaux muets du chêne-roi, ms _ Ces belles-là depuis l’ombre païenne, STARS Depuis les dieux cachés dans la fontaine, RENE ne Depuis la nymphe éparse dans les chênes É: pe Be Avaient chanté, dansé les douces rondes, Re): | 2 Laissé la nuit coiffer leurs tresses blondes, ; ET ‘fe Jeté des cris sous les voûtes profondes ; ï de. | 21 La lune avait, perçant le lourd feuillage, DU |: 22 Teinté d’argent leurs grâces de village, jé Re _ Embruinant leurs flottantes images… un Cela sans fin depuis la nuit des temps, EN Depuis les dieux qui hantent les étangs, FAR Depuis la nymphe au grand chêne gîtant, DER. “a _ Cela sans fin depuis notre Sauveur, QE Sa Re. Depuis qu’au bois les arbres et les fleurs FF Fa A Ont appris Dieu de leurs saints visiteurs, TT
4 4 Illuminant la niche doux-fleurante RE UN TETE
s Que Dieu lui fit dans l’écorce béante, MR
“SE La Vierge entre les feuilles de dentelle, FEES “35 _ Lorsque la ronde à la lune se mêle, “1e 4 j Sourit aux jeux de l’Enfance éternelle. à LA 8 ss Il est aussi comme la matinée De D’un beau jour de fête carillonnée ‘LS Où cet hiver mon âme est retournée, *. “4 Les filles vont en se donnant la main « , ;. Le long des blés qui bordent les chemins à Et sans penser aux maigres lendemains, mi Les femmes vont, plus graves et plus fières Fa Portant missels et livres de prières, ra Leurs blancs bonnets dans la fine lumière, 21000
Les hommes vont dans leurs vêtements noirs É Qu’on a sortis du fin fond des armoires , ER. = Avec de grands chapeaux en entonnoirs, : EEE ee Tous vont parmi les moissons qui ondoient er E. Et rarement devisent à mi-voix PER = Et semblent des familles de vieux rois, HE | 20 - Tous vont parmi le tintement des cloches “4 RE. Avec de la gaîté dans les caboches, EC É Entre deux jours de peine et d’anicroches, w’ <a | Tous vont d’un pas ni trop lent ni trop vite ‘7 ‘S Dans ce beau jour aux blancheurs de lévite se ee . Que notre Dieu fait pour qu’ils en héritent, < | 12 Tous vont pensifs et dignes dans leur foi, Fr: Le 4 Dans le vieux culte et dans la vieille loi, ri un Dans la vieille âme et dans le vieil arroi, 2) LR 1° He Dans la vaillance et la paix des aïeux, DE ÿ:2 Dans la jeunesse éternelle des cieux, a je Dans les chemins du royaume de Dieu, À FN Fe ee Tous vont là-bas vers l’église sonnante mi Re Qui est pour eux la reine et la servante, ne à _ La vieille mère et l’épouse décente,
: Et devant eux, derrière eux, parmi eux +5 Æ La foule obscure et dense des aïeux ss Chemine aussi à pas silencieux ï Tous les colons, fermiers et tenanciers, ; Tous les bergers rugueux et besaciers } F3 Qui n’étaient plus que poussière et poussier, À
Tous les garçons robustes et noirauds, ; ; Tous les garçons tannés, un peu farauds, ÿ Qui n’étaient plus que terre et que terreau,
Er Tous les semeurs des anciennes semailles,
| Tous les sonneurs des anciennes sonnailles
: Qui n’étaient plus que pierre et que pierrailles,
: Tous les vieillards des anciennes moissons, Tous les vieillards des anciennes chansons,
; Tous les vieillards de l’ancienne façon, ne
Rs. Tous les vieillards des anciennes tenures, Tous les vieillards des anciennes masures
, Qui n’étaient plus que mousse et moisissures, à
Ÿ Les mères grands des anciennes veillées,
à Les mères grands des anciennes feuillées, +
a Qui n’étaient plus que des cendres rouillées,
————— É Le long cortège blanc des lavandières ; Et celles qui filaient près des chaudières, à Qui n’étaient plus que des os sous les pierres, L Et les soldats nés jadis en ces lieux, Puis revenus dormir auprès des vieux, Qui n’étaient plus qu’un herbage lépreux, L Tous ces défunts se mêlent aux vivants, | Pour cheminer parmi les blés mouvants, | Vers le clocher qui pointe aux quatre vents.
le Et je reviens dans cette matinée ” ; Qui luit au fond des premières années 1e Comme l’Etoile en la Nuit fortunée, « F Maintenant que les blés ne lèvent plus, k Que les vivants sont ivres ou perclus £ Et que les morts au tombeau sont reclus
- En attendant la suprême journée.
56440 Il est aussi comme la vie étroite ; +1 ES F1 400 D’un journalier qui casse des caïlloux T0 Pour soutenir sa famille humble et coite; FE te: Il trime, il peine, il rêve peu ou prou, ÈS
- 8e Se lève tôt, se couche avec les poules, 1 4 : Siffle parfois, ne parle pas beaucoup, “h _ Ne quête point les villes ni les foules, De 7108 Les mœurs ou les opinions diverses, Re. Le souffle chaud des humanités saoules… és 3 Mais dans ce coin, sous les mêmes averses, ri De Sous mêmes feux de printemps et d’été, QE 28 ous même froid qui déchire et qui perce, ‘#3 met Il trime, il peine, il donne la pâtée NAT A ses petits, écoute leurs prières, 1 SNS DS. Chante un refrain pour les faire sauter. Lt
_ Te Se tient debout et droit près des ornières : CEE # Dès qu’il entend glisser la voix des cloches RU. WE, Dans la naissance ou la mort des lumières, Dee: LP Ne creuse point sa rocheuse caboche #0 3 à Pour déméler les raisons, ces bougresses, +4 Qui font toujours le vide au fond des poches… _ 108) Gauche et timide auprès du bénitier, À NT : | 4 Fier d’être net en sa blouse sans pièces. * ‘ RC Toute sa vie est un mince sentier - “AK E. Entre des murs, chiche de perspective, ÈS D Pauvre de fleurs, de soleil, de pitié. ES D’un pas lourdaud et la mine pensive, TC | 54 11 va, il va sans s’arrêter jamais, LEE | 1 Ainsi qu’un bœuf qui hale sur la rive. . FPE e…_._O Etles malins qui décochent des mais, +213 D Des cependant, des quoique, des pourquoi, rt NW: Des car, des donc, des si l’on me permet, | 20 Les raisonneurs et les pédants narquois, LÉ | 10 Dans les salons, les sorbonnes, les feuilles, Re | _ Les mauvais lieux, les usines de lois, Lie
de Ces gens d’esprit, d’avarice et d’orgueil ee Raiïllent en chœur les besognes gothiques, ‘4
à . L’effort poussé des langes au cercueil, à
L’absurdité des dévotes pratiques En Qui font injure aux nobles temps modernes Lesquels ne sont plus du tout ascétiques… £ $ . Mais ce rustaud que la pauvreté cerne 6e Avec l’inquiétude et le dégoût, à Avec la faim, le mépris, les jours ternes, t Mais celui-là qui casse les cailloux, | Tout resserré dans la gêne et l’espace, Peinant, trimant et sifflant dans son trou,
; ” Mais celui-là, sourd aux rires qui passent, EX Fait son chemin dans un secret bonheur, Tout rafraîchi des baumes de la grâce. | : Car près de lui, sans fin, Notre Seigneur : En son Enfance artisane et modeste, + L’Apprenti roux du bon maître ajusteur, x Le Charpentier aux mains sûres et prestes ‘à ma Qui travaillait des heures et des heures ÿ ‘ Sans relever ses prunelles célestes. “LR
Ë Car près de lui sans fin Notre Seigneur ; Essuie sa joue et baigne son front moite Ë Et doucement lui souflle sur le cœur, Ë L’acheminant jusqu’à la porte étroite. Il est aussi comme l’âme en détresse D’un pécheur qui ne veut pas s’endurcir, | Il est aussi comme âme pécheresse… lé Ce pécheur-là dans les teintes de cire Ÿ D’un soir tombant sur son vouloir fragile “ Regarde, en pleurs, ses dérniers souvenirs. | Certe, il est bien de poussière et d’argile, (5 Certe, il est bien de vase et de limon, Certe, il est bien de chair, de sang, de bile….
+2 Il est du siècle où règnent les démons, 2 | Il est du vain charroi des convoitises, 4-10 les à Il est du bagne énorme où nous trimons, LA Ce pécheur-là, parmi les heures grises, Se penche en pleurs sur la folle journée rè Que le soir calme étouffe dans sa prise.
- Il voit soudain les visages fanés SIA Et grimaçants et louches et sordides, es Les gestes lourds et contorsionnés, : Les yeux rageurs, fatigués ou perfides, | { L’aspect rampant, grouillant et clopinant, : É Le teint fumeux, les souillures, les rides, ; ? Il voit monter l’obscur foisonnement Re Des actes nés de son âme charnelle ®. - Durant ce jour qui meurt au firmament…. x Il voit monter cette ignoble séquelle, E; I1 voit les bras se tendre contre lui, ‘4 ; Il voit rougir la braise des prunelles… | fa Il sent passer les souflles de la nuit, , l Il sent passer des souflles de luxure, LA Il sent la mort qui flaire son réduit. À
Pourtant il a connu des heures pures, gs RÉ Les clairs matins de joie et d’innocence, MO Er) Le chant des vœux qui coulent en murmures, > Les oraisons vers la Toute-Puissance, Re à . L’élan de ses esprits illuminés, LS La paix du cœur et la foi des enfances, Fc. ‘ L’offrande à Dieu des jours et des années : Qu’on souffre et peine et façonne et cisèle, . 24 : Er Qu’on est meurtri, humilié, gêné. ° : SRE Il a connu la grâce qui ruisselle à Sur le dégoût des lächetés charnelles… Il a connu, par des soirs sans remords, 17167 “Æ Jésus priant à sa table, à son cœur, HA “4 Et le repos accueillant comme un port… #3
Il a connu les heureuses lueurs eÉ tn
_ D’un bon réveil sous les yeux clairs et droits : 1344 ‘où Des saints patrons martyrs ou confesseurs.… pts : __ Hélas! au coin d’une rue ou d’un bois, Dee _ Parmi la brume éparse sur sa route, MS _ Il est tombé dans un piège sournois… R) Le
- Et l’ennemi aux aguets, aux écoutes, AE LENS EPS L’envie obscure autour de nous dissoute, ne. HT. L’a ressaisi dans la faute première, Di Dans la faiblesse et le doute et l’erreur, 1197: #0 Dans le mensonge et les fausses lumières, | RÉCÈNE Dans l’appétit violent des délices “5 : Et dans l’oubli des profondes prières. « FE Et le voilà parmi ces immondices L : FE Qui devant lui grouillent comme des rats A | ere Pendant que les ténèbres s’épaississent; pe Er L’horloge dit que le monde s’en va rt Le temps poursuit sa marche sans étapes, ‘2 en Tout fuit vers l’heure où Dieu nous jugera. * Rs. % Ÿ « Seigneur, Seigneur, où sont les belles grappes #0) | UE De votre vigne où je mordais jadis? “2h à ; Et votre sang versé dans les agapes? 4 | me. « Où, la clarté qui blanchissait vos lys? Et Où, vos matins calmes et doux-fleurants? Der M: Où, les travaux que vos regards bénissent ? EN
_ « Où, la franchise et les yeux transparents? Te me _ Où, l’amitié, l’amour et l’oraison : TS : _ Et les beaux vœux des fidèles en rangs! CE « La nuit énorme enserre la maison, ne __ La horde immonde enserre mon vouloir, ; 5 es _ Et contre moi se tasse l’horizon… » 1020 En: Sa pauvre lampe aux clartés incertaines LÉO A Et lui demande une goutte d’espoir… : TEE be. Alors, perçant les fantômes de haine Meet. 12024 Un fin rayon s’élève jusqu’au mur À “a + “à D’où se détache une image soudaine. Net Et le pécheur voit le sourire pur, ie
- Les yeux mi-clos et l’agenouillement, Ro Et les longs doigts joints monastiquement Deer rit De Celle qui porta dans ses entrailles A
- Le Donateur de l’Affranchissement, Ma. _ Ce doux enfant qui rêve sur la paille. PEU
Da : Il est aussi comme, aux jours de scandales, STE Un vieil évêque en sa ville assiégée Li WE Par des Alains, des Goths ou des Vandales.… “1 ù Le Il est partout, sagace ménager “4 a at Du blé, du sang, des forces et des cœurs, “TR K cp Bon enquêteur des maux à soulager. iér4 | Re En Il parle aux gens, apaise les rumeurs, nn | Na ; Panse un blessé, gourmande le timide, : 15 |
- TER Fait honte au lâche et bénit ceux qui meurent. “4 ne. La fièvre luit dans ses yeux renfoncés, ESA Mille démons tordent son ventre vide. RE. Rien ne l’abat : il court au plus pressé, “530 Le long des rues, sur la place, à l’hospice, h n | RR - Dans un taudis, une échoppe, un fossé.
Vers l’humble tâche et le pauvre service, , à “Es ME Vers le danger des remparts et des tours, .
Vers la souffrance et la mort de ses fils. Vers le souci qui penche les fronts lourds, Es. Vers la détresse assise dans la paille, Er Vers les regards qui mendient son amour… En ” Le soir, quand Dieu apaise les batailles, be É Les cœurs, les yeux, les mains et les colères, Ere
; Quand les veilleurs sont postés aux murailles, 2 ES Et
BL Congédiant ses diacres et ses clercs, Er. Il s’agenouille au fond de l’oratoire FR De son palais, jadis proconsulaire… 7.240 Es Il plonge au fond des siècles de l’histoire, Us É£ nE Œuvre du Dieu caché qui, de là-haut, LR %: Nous a guidés de la chute à la gloire. LA ù Son esprit las porte un double fardeau : CR
NT Derrière lui, sur le mur noir et froid, RCA
: La vieille louve allaite les jumeaux, Ur EX
Et devant lui Jésus meurt sur la Croix.
‘ SPES Il est aussi pareil au saint archange LA | “ d Sauveur des blés, des vignes et des granges, 1: FFE Mn Des prés, des bois, des huttes, des chaumières, QAR - | “RER De nos cités, de nos bourgs, de nos murs, RQ Le | eu De nos travaux dans l’ombre coutumière, ; Ge . Re Du pain doré, des célestes pâtures, D | Æ sé ka Du repas calme à la fin des journées, D | 25 ; Des bons propos au fond de l’âme pure, D | 11 7 Sauveur aussi des heures fortunées ‘Te Re: vi Où prient nos mains, nos âmes et nos voix ra où Dans la maison de brume environnée, ab - DOS Et gardien des calvaires, des croix, LES | +f 1 Des saints nichés au creux de nos vieux chênes, € | LE Du cœur modeste où veille une humble foi, FE |
Des nefs, des tours, des clochers, des offices, et a” _ Des oraisons, des psaumes, des neuvaines… % Au jeune chef des ardentes milices, w F0 de A saint Michel en nos marches veillant TES “+ Et sur la côte où les vagues gémissent ; [TS ÈRES “54 Non pas vieux chef bafouillant, bredouillant, VE ‘24 Politiquant, sabotant son métier, e De Glaçant d’un mot les zèles trop bouillants, 3 / Mais bon soldat, bon marquis, bon côtier, FAN Piéton, routier, gai soldat, gai luron, É PAR A nos terroirs, à nos âmes commis, - EE Æ Prudhomme aussi, sénéchal et baron Re : 7e Qui vint quérir Jeannette à Domremy. 111 JR
Il est aussi pareil à la fileuse “#0 | Filant de jour, de nuit, filant sans cesse, : KS, Le Il est aussi pareil à la pauvresse : DR De nuit, de jour filant dans sa chaumière °° XF En marmonnant comme pendant la messe, ‘#4 Filant auprès d’une mince lumière, AE Filant auprès d’un feu mort ou mourant, 7. (54 Filant auprès de sa froide chaudière, “EE Pour vendre un gros de fil au tisserand ::10 Ou bien chez l’abbesse de Saint-Médard ‘+, En: Ou bien à la foire de Saint-Laurent, NL HA Et recueillir des sous et des liards 1200 ET. Et les porter au roi devenu gueux : Je ee Dedans un bas ou quelque boîte à lard, r 150 pe
Pour que le roi par la grâce de Dieu :TÈAR Paye aux Anglais la rançon de celui Je “à Qu’ils tiennent clos là-bas sous d’autres cieux, ‘28 de De ce Breton que la Vierge conduit, # *& x. Le nettoyeur des chemins du royaume, LEA0R f Le bon gros chien qui veillait jour et nuit, 2 m2 ps Le bûcheron des casques et des heaumes, An. Le forgeron des crânes et des os, É 1.8 ; Le gardien des hameaux et des chaumes, Ds ‘x Lui qui peinait durant que les ciseaux LE sr.
Taillaient la toile en honnêtes chemises
‘4 Et que les bœufs soufflaient dans leurs naseaux, - {Te Le gas tanné par la flamme et la bise 1% . Pour conserver la robe des églises, La #4 Qui besognaït pour qu’on donne les soins TER #4 ‘ Qu’il faut donner à la huche, au berceau, À Au blanc bonnet, à la guimpe, au pourpoint, A la culotte, à la botte, aux houseaux, ‘ol A la charrue, à la herse, aux faucilles, # We | A la quenouille, à la laine, aux fuseaux, Da #7
PR: ‘ILest aussi N’ES ns Pour que l’on chante en piquant les aiguilles, v- # Pour que le foin parfume le grenier, 3 HE Pour que les fieux prennent la main aux filles, à fe Pour que la graine aïlle chez les meuniers, a ON Que les moutons aillent à la prairie, +700 2% Que les raisins aillent dans les paniers, É Pour que le lait s’en aille aux laiteries, ut Les rêves blancs chez la Vierge Marie. Pour délivrer le rude chevalier, SE LES Voici filer jour et nuit la pauvresse, #4 - Les pieds transis dans ses pauvres souliers, es. ‘ Psalmodiant tout bas comme à la messe, ” Ses doigts meurtris étirent la filasse +40 Pendant qu’au loin le royaume en détresse Æ Palpite et geint sous les bêtes voraces, “Sal Sous l’hiver gris, sous la chape de neige, AG ‘8 Sous les grands vols qui passent et croassent, 0, Pendant qu’au loin nul homme ne protège Fra ‘a L’enfant, la veuve et l’église et la croix, AU À Le grenier plein, la fille prise au piège, AVES ts \
nu s __ Niles hameaux, ni les chants, ni les bois, in _ Niles jardins, ni les murs, ni les toits, A __ Niles travaux, ni l’honneur, ni la foi, FAR K: Pendant qu’au loin tout tombe en désarroi, 1,402 E- _ La foi, les lois, l’honneur et le courage, EE L’œuvre des cœurs, des esprits et des doigts, LT “2 Pendant qu’au loin le meurtre et le pillage, bat:
Les sept péchés, les sept, et tous les autres, o ne
Les trahisons, les louches racolages, Ë Re É Les reniements après les patenôtres, TES Es L”étranglement nocturne, à la muette, È Les lâchetés où les âmes se vautrent, = STE Le pacte obscur et l’entente secrète, Ne % Le rire ignoble et les yeux faux qui guettent, _ | La joie ignoble et les tours du plus fin, a A pe La course ignoble aux tas d’or et d’argent, * NE
La foire ignoble où tout est vil et feint, TAN
Pendant qu’au loin dans un bal outrageant, +,
La pourriture et la perdition Font tournoyer les arbres et les gens… FL
Le La nuit est close et dans sa passion nn: La pauvre femme obstinément marmonne ; à ‘M Des mots d’amour ou de contrition, Dans ses jupons un maigre chat ronronne, re Son homme las, ses enfants souffreteux
- ; Sont endormis dans une paix félonne…. Mes Malgré le froid qui lui pique les yeux, | me Malgré ses doigts engourdis et brülants; | “a : Malgré son front où bouillonne du feu, |
Cette fileuse est là filant, filant
- Jusqu’au dégoût qui fait éclore en elle ? Un long vertige et de fades relents..
à Cette fileuse est là dont les pieds gèlent, Dont le front cuit, dont les oreilles tintent : ? Et dont la faim dévore les mamelles, Cette fileuse est là parlant aux saintes
Et récitant des Ave, des Ave
ÿ Qui sont des vœux, des appels et des plaintes, |
Cette fileuse est là pour nous sauver, |
à Dont les deux bras sont lourds comme du plomb, | Les Dont tout le corps à la tâche est rivé..
Cette fileuse en délire se fond, 6 a _ Laisse tomber au carreau sa quenouille, LS TRS _ Laisse tomber ses deux mains et son front; Me
Les oraisons et le fil, tout s’embrouille, En.
7% Tout s’est mêlé dans une paix félonne, AE à. Tout a coulé dans une nuit de houille…. su Mais là, dehors, en manteau qui rayonne, . Sur le tapis de neige immaculée, :‘H0SS “à Vient doucement la Reine des Patronnes, ; RE Fk Ke Elle descend au fond de la vallée, ES A Pousse la porte, entre dans la chaumière, Prend la quenouille et se met à filer Me % Comme jadis, au pays de lumière me Par où jadis le monde fut sauvé, en E: Elle filait, modeste filandière, “13 à Quand l’ange vint lui dire son Ave.
LES Il est aussi comme l’heure dernière RUE ô De Vivien, neveu du preux Guillaume, DA Aux Aliscamps, la plaine meurtrière. FI RU Que serviraient les onguents et les baumes? JTE RAT” Le Le sang vermeil s’en va par quinze trous : HAE SES L’âme va suivre et quérir son royaume. FES 15 LE Aux noirs païens plus féroces que loups Me: L’oncle a ravi le beau corps de l’enfant, ‘5e Re f Le corps saignant frappé de quinze coups… DU Ro Au souple trot de son cheval Beauchamp 1 de: ‘F4 L’oncle Guillaume emporte son neveu FER CH Hors la bataille où la Mort va fauchant. 1:50 Le calme naît, le jour éteint ses feux… MA Lo L’oncle Guillaume a couché sous un hêtre STE : AREA L’enfant tout blanc, mais qui respire un peu. An
Guillaume a vu ses hommes disparaître Re nu RS mt Parmi les flots de la paiïennerie RC En combattant pour Jésus, notre Maître : TM sa Tous ces Chrétiens dans la Mahommerie, s. TES FC Tous ces Français dans les Sarrasinois, Tous ces féaux dans la félonnerie… me Le. -F4 Et maintenant, les membres déjà froids, Do - 3% Vivien meurt sous ce hêtre, à la nuit… LOIS ‘458 Guillaume est triste et parle à demi-voix : Ù ce E. M’entendez-vous, neveu, que j’ai conduit, ‘4 Quand vous étiez tout petit, autrefois, +722 a: Dans ma cité, dans Orange aux beaux fruits? 2 AENOE -23e M’entendez-vous, neveu muet et coi, RES EU. _ Hier si gai, si leste et si hardi, EEE _ Bien que modeste et fidèle à la croix? LEA _ M’entendez-vous, blond neveu, bel ami? ss É. Ou si votre âme a quitté votre corps L RE _ Avant que vos péchés vous soient remis? “FA _ Je viens trop tard, bel ami, vos yeux clore : Sie ne J’aurais reçu vos paroles dernières LES _ Et vous aurais délié de vos torts… “LR
Il est aussi ! à , Et là sur moi, j’ai dans cette aumônière { Du pain bénit sur l’autel Saint-Germain. | J’aurais sur vous récité mes prières, Puis vous aurais fait manger de ce pain, : Afin que Dieu se mêle à votre chair | Et vous nettoie de tout mauvais levain. | L’enfant sourit ; un reste de lumière | S’allume au fond de ses yeux demi-clos | Où s’amassait une noire poussière ; | Sa voix s’exhale en des soufiles de mots: Oncle hardi, Fièrebrace et Court-Nez, Grâce à Jésus, vous venez assez tôt, * | Grâce à Jésus pour notre âme incarné, | | Grâce à Jésus, grâce à sainte Marie, Grâce aux patrons que virent nos aînés. |
Vous apportez le bon pain qui guérit La lèpre obscure et les secrètes plaies. , Le Dieu clément me laisse mon hoirie. | Sire Guillaume, agenouillé, le fait, Avec un bras, dossier rude et solide, Se relever vers les Anges de paix…
Dee De l’autre main, tout doucement, il guide + TE _ La faible main qui se bat la poitrine Fe Puis il entend passer l’aveu candide…. HE P. Au nom de Dieu, amoureuse victime, ‘a ‘2 L’ayant absout, il l’aide à se nourrir : OR É Du corps divin qui saigne pour nos crimes. ‘AS D L’enfant couché sur l’herbe va mourir : CS L’oncle Guillaume a baisé son front lisse, Et tristement il pense à l’avenir : LS ; La gent païenne experte en maléfices }r Aura beau jeu maintenant dans ce fief ge B:: D’où par vaillance il la chassa jadis. &: Morts dans la plaine ou captifs sur les nefs ; a Tous ses neveux, ses hommes, ses fidèles. FE “ Plus de soldats pour obéir au chef. Et le meilleur est couché là sous l’aile DR (4 De la mort, pur et fin comme les anges, Re: +4 Déjà sortant de ses liens charnels ; - 117) ne Qui défendra les campagnes d’Orange A Et la cité, les murailles, les tours, 743} pee _ Etles maisons, les celliers et les granges ? FE
Mais il n’est pas Et les enfants, les femmes… et Guibourg, à Sa femme à lui, sa sœur, sa douce amie Qui dit là-bas ses Heures, nuit et jour ? Pour balayer cette tourbe honnie Quel bras, mon Dieu, vous reste en nos parages ? Comment garder votre terre bénie ? Il rêve ainsi, Guillaume brave et sage. Mais Vivien, l’œil aux astres fixé, A travers l’ombre aperçoit le visage, Les cheveux d’or, les ailes balancées, Le long regard généreux et hardi De saint Michel, glissant vers le blessé Pour emporter son âme en Paradis.
É. Mais il n’est pas comme ces pacifistes : - Qui dans les alcôves humanitaires, TES _ Sur les poufs des boudoirs socialistes, Re: ! 3 - Dans les salons, les gazettes, les chaires, UE (| 108 Chez la portière ou chez la camériste, Re: Chez la danseuse à qui l’on dit « ma chère », 7 le Dans les salons et feuilles modernistes, ne Dans les fumoirs, les cafés, les parlotes, sn 1208 Chez les traitants, les bouffons, les droguistes, ÿ as ’ É Dans les fumoirs où les ventrus jabotent, pe. a __ Dans les salons des dames argentines, Au “ _ Dans les boudoirs des dames hottentotes, a | _ Chez les cropnpiers et chez les ballerines, REX: | __ Chez les larrons, chez les entremetteurs, EE | Chez les malins qui cachent les farines, AL
Mais il n’est pas be: 7h Chez les escrocs et les maïîtres-chanteurs, Chez les vendeurs de femmes et de titres,
A Chez les gâcheurs et chez les saboteurs, : Chez les bavards, les oïisons, les belitres, ; Chez le grimaud, le cuistre et le faquin,
) Les charlatans, les hâbleurs et les pitres, Dans les bordeaux vraiment républicains, ; Dans les boudoirs vraiment démocratiques, ,
Dans la tiédeur des lits à baldaquin,
FA Dans le fin fond des plus louches boutiques, ï Dans les parloirs, parlotes, parlements, » Dans les explications frénétiques,
à Dans les débats filandreux ou déments, Le Dans les débats d’oisons parlementaires, Dans les débats où chacun hurle et ment, Dans la musique étrange et délétère, Ÿ Dans la musique au souffle opiacé, “ : Dans la musique aux brumes de mystère, Dans les accords flous et non cadencés, | Dans un concert de mous bruissements, : Dans la musique en veine de glousser,
| Dans les salons unifiés dûment, Ke:
LS Dans les boudoiïirs dûment sociologues,
Dans les sérails de nos gouvernements, At
LA Chez les vendeurs de fiches et de drogues, Es
ÿ. Chez les vendeurs de fade épicerie, a
L° Chez les vendeurs de nouveaux décalogues,
Dans les faux jours et les japoneries,
: Dans les jardins monstrueux d’orchidées, $
“2 Dans les comptoirs et dans les coucheries, ‘è
| k Chez les marchands de drogues et d’idées,
|| 4 Chez les marchands d’histoire et de mixtures, à Fi
Chez les marchands d’ignorance fardée, | % Dans cette mort et cette pourriture, ;
ù Certe il n’est pas comme ces pacifistes $ | 1 Qui pour ne point se risquer à la dure, “T8
Pour demeurer dans leur néant boudhiste, ,
à Pour demeurer dans leur fainéantise,
% Pour demeurer de maîtres ironistes, FAR
ñ à Qui, pour soigner leur esprit et leur mise, Ve.
“14 Pour composer leur pénible élégance, NA
x. Pour inventer des plastrons de chemise, ne
VAS Pour conserver leur place dans la danse, Pour conserver rentes et pensions, HR no. M Fe Pour conserver leurs jetons de présence, AVE SRE Pour conserver leurs décorations, tes de Mc. Pour conserver leurs clientèles saoules De ‘LENS Et l’œil béat des populations, LA eu. Qui, pour sauver leur droit d’être des moules, VE Leur volonté constante de bassesse, ‘ RS £ pe ( Leur cœur de lièvre et leur âme de poule, SRE Qui pour sauver les jupons et les caisses ê 2 Let Et le gros rire et la torpeur épaisse,
-
Qui pour croupir au fond des eaux pourries -
‘208 Vendraient nos feux, nos hameaux, nos villages, #6 Nos fins coteaux, nos bois et nos prairies, Be ‘4100 Vendraient nos bœufs, nos moutons, nos pacages, Rs MP. : Vendraient Paris, Lyon, nos quatre fleuves, 1300 Ni i Nos oliviers et nos chevaux sauvages, $ à
- Vendraient les cieux où nos âmes s’abreuvent, Le Ca Nos blés, nos grains et les plaines picardes LES
Avec les gars, les filles et les veuves, 1208
| _ Vendraient nos toits, nos meubles et nos hardes, LES ae Vendraient les tours, les nefs et les vitraux CLÉS É Et les clochers avec leurs savoyardes, ne Les Et cette Flandre où l’on boit à pleins brocs, pe ae Va Vendraient aussi Ronsard et du Bellay, 1 sn …._O L’ardoise fine et le petit Liré, « L’eau paresseuse où baignent les palais, Us 5 ‘
- Et les jardins des rois et des curés Le ES De Et les jardins qui flanquent les chaumières [1 RRES +9 Et les jardins de quatre pieds carrés, MO: _ Ils vendraient Reims et ses anges de pierre, 4 ci É Vendraient aussi les saints par Dieu commis * me TA A nos terroirs, à nos bourgs, à nos cœurs, :: _ Quand nous veillons ou sommes endormis, Da __ Vendraïent aussi, dans leur ignoble peur, de RUN À _ Denis, Martin, Geneviève et ce roi ‘KE
Mais il n’est pas È
Mais ils vendraient aussi les vastes bois,
Le daim qui fuit avec le cerf qui brame
Et saint Hubert, saint Fiacre et saint Eloi,
Mais ils vendraient tous les draps de nos femmes,
Leur fine aiguille et leurs lentes prières,
Mais ils vendraient les tours de Notre-Dame, |
Ils vendraient Dieu sous les jeunes paupières,
Ils vendraient Dieu dans le pain et le vin, -:
Ils vendraient Dieu dans l’âme journalière, |
Ils vendraient Dieu et tous les dons divins |
Dans le labour, la semaille et la fauche,
Dans l’eau, le sel, la pâte et le levain,
‘ Dans la main droite et même la main gauche, ‘
LL Dans vos élans, vos désirs et vos joies, ,
Dans le fini, le possible et l”ébauche, ’
Vendraient aussi les sentiers et les voies,
Les lents canaux réglés comme un problème,
Tous les chemins que nos rêves côtoient,
Tout ce qui mène à tout ce que l’on aime, |
Ke A ce foyer, nid d’ombre et de repos, {
#i Au proche puits comme au rivage extrême,
| ‘4 A cette église, à ces mouvants drapeaux, Pa
. 4 Aux champs dorés, à ce champ de bataille, ie Au beau vignoble, au frisson sous la peau, Er. l Aussi vendraient la blessure et l’entaille, Te | Toute fierté, tout labeur, toute gloire, + LR \l } Toute la gloire et toute la mémoire, Lu E. Vendraient Châlons, Bouvines et Rocroy, Ÿ x 5# | Vendraient Jemmape et Lodi sur la foire, TER | 1 Vendraient l’église et l’hostie et la croix, DE: | Vendraient ce peu de sang, ce peu de race, fs ES.
| 222 Ce peu de foi, de simplesse et de lois, ; | % Ce peu d’espoir d’été sous tant de glace, +? | 24 . Ce peu de jour au fond de tant de nuit, | 41 Ce coin vermeil dans la lèpre vorace, j Fe
Re: Les fleurs du champ, les pignons de la rue FA _ Et dans le creux de ce sillon qui fuit Les nobles os que pousse la charrue. ee |
FRÈRE Il est aussi comme, devant les Mages, | 2H] Re L’Étoile qui guidait L 2 TS KR qui guidait leur caravane Sp Mens Au cours de ce premier pèlerinage. RE
#4 Cette première fois que, sous les palmes, Re
Ou dans le sable rouge des déserts : Be Un \ Ou sur le bord des lacs salés et calmes, ; FRS Des pèlerins, dans l’ombre molle, allèrent _ Se prosterner autour du Roi des Rois 2720 eh Venu des cieux pour soumettre l’enfer; si ce Et par milliers brillaient dans les cieux cois A 2% Et parfumés les étoiles antiques, ER | b. nn Mères des ans, des semaines, des mois, Fa 5 | D: MS: Mais au-dessous l’Étoile prophétique, h Mr | Des Africains et des Asiatiques, TRÈS
. Mais au-dessous l’Étoile bienheureuse À Re se Qui cheminait dès l’enfance du monde Me RS Entre les flots lactés des nébuleuses,
| 12 Qui cheminait au loin parmi les ondes La | “(8 Des grands soleils, des terres et des lunes, it | 208 Au loin, plus loin qu’où nos pauvres yeux sondent ; à Me ‘# Qui cheminaït dans les voiles de brumes, Fa . Qui cheminait aux abîmes béants, LT < Qui cheminaïit dans les aubes de plume, CES & Qui cheminait depuis les premiers temps mu
“# Pour être juste à point dans ce mystère, ES
EL Pour guider l’or et la myrrhe et l’encens… se nee fé | 1 Mais au-dessous l’Étoile messagère SH EEE Brillait plus claire et plus vive et plus fine, # Glissait aux cieux plus libre et plus légère De ne
#8 Vers l’humble paille et l’Enfance divine. BRTies
“ Il est aussi comme le soir tombant Le Fa Sur les rochers, les coteaux, les palmiers, à ä Les champs de blé, les cèdres du Liban, “ Comme ce soir où le long d’un sentier LS Deux voyageurs cheminaient d’un pas lourd, : 7 rs Ayant perdu la joie et l’amitié, 2: Ayant perdu la tendresse et l’amour, : à À Ayant perdu les divines paroles, “3 à Ayant perdu leur pain de chaque jour. si r Et plus de voix qui caresse et console, Re : Plus de regard où Dieu même reluit, “3 Plus de message et plus de paraboles, ë Plus de ce pain rompu, donné par Lui, #4 À Plus de repos sur l’épaule du Maître, EX Plus d’oraison le soir au bord des puits, %
ce Plus de leçons pour les princes des prêtres,
Pour le docteur et pour le mauvais riche, Du
F Pour l’orgueilleux, le rapace, le traître. ATEN Les voyageurs sentent leur âme en friche, 5 TR s Cette âme-là qui reçut les semences je ve De ce froment dont sont faites nos miches, : ke Li Les voyageurs sentent un lourd silence Tomber dans l’air où murmurait Sa voix Ra E. Pleine de foi, d’amour et d’espérance,
- Les voyageurs sentent monter le froid - < ‘+ Des abandons, des oublis, des détresses D Au tiède cœur dont Il faisait son toit; ‘208 # Les voyageurs sentent la nuit épaisse ki: Bloquer les yeux qu’Il éclairait hier L FER É Avec le feu des divines promesses, SCT E. Les voyageurs sentent dans la poussière PA x Peser leurs pieds qui si légèrement ES L’avaient suivi de Lumière en Lumière. ER Et les voici venus au croisement _ De leur chemin avec d’autres chemins : Lea ._ Un homme est là dans son long vêtement; Ft
“4 À Un homme est là dans le soir incertain Qui méle et fond les choses peu à peu, “4 SE Un homme est là, vague, dans l’air éteint. « FA Ils se saluent, ils échangent des vœux, nas ie Et les voilà tous les trois qui cheminent, À D . S’étant appris qu’ils vont au même lieu… | Mais l’inconnu dont l’œil perçant devine Leurs yeux battus, leur visage défait,
Ê à Leur cœur saignant, la fièvre qui les mine, ; cas Mais l’inconnu dans le silence épais à : Les caressant d’une voix douce et claire ; | Ra Palpe ce deuil et sonde ce regret. à L’un d’eux répond : « De quel coin de la terre es « Ce qui advint chez nous avant-hier? a: « Donc tu sauras que Jésus, notre Maître, :
; « Fut mis en croix comme blasphémateur = th « Voilà deux jours par les princes des prêtres, . « Et qu’il est mort, Lui Prophète et Sauveur, L À
- « Lui le Promis, l’Attendu, le Messie, à « Lui qui versait du baume sur nos cœurs, Ce
_ « Qui remplissait toutes les prophéties, _ « Qui guérissait l’aveugle et le muet, FOR SR « Qui nettoyait l’âme sale et rancie, ve DR = « Qui pauvrement, petitement vivait, BE « Maïs qui pouvait quand nous étions nochers ES 7 : _ « Marcher sur l’onde et remplir nos filets, 2248 “3 « Mais qui pouvait, par notre foi touché, Le CA D « Tirer les morts de leur dernier sommeil RU: « Et les vivants de la mort du péché. FREE à « Et nul raisin ne pousse sur nos treilles MR, 4 + « Qui donne un vin plus doux que les paroles SHC 14 « Qu’il avait fait couler dans nos oreilles. » FHÉCEE ‘3 Or tous les trois marchant dans l’ombre molle, Des Les deux amis répétaient à mi-voix RAR: He Prédictions, sentences, paraboles : Fe Ne SE Ée _ Le voyageur trouvé sanglant et froid, FU _ L’enfant prodigue accueilli par des fêtes Me Et le beau lys mieux habillé qu’un roi, TES _ Etle pasteur attentif à ses bêtes ee 7 £ _ Et le festin des Noces qui s’apprête, ES
| Et dans la nuit les dix Vierges parées, é Les cinq avec des Lampes pleines d’huile, Les cinq ayant omis de s’éclairer… ” à É Ils vont tous trois, et les récits défilent, à La lourde nuit tombe comme un suaire.…. ? , Leur deuil se fait plus tendre et plus subtil. S: Ils disent tout, de la Crèche au Calvaire : >
- Le Maître est là qui se ranime en eux; $ L’étranger semble à leur voix se complaire. se Voici l’auberge au bord du chemin creux, Et les voici dans une salle basse : Assis à table auprès d’un petit feu. Et de nouveau les angoisses s’entassent ; Dans le silence et dans l’air enfumé.…. : Les deux amis courbent leur tête lasse. Au sol gisant, près de la cheminée, Un chien somnole et geint de temps en temps, “4 Une servante erre et vaque au diner. à L’hôte leur sert pain et vin; son enfant ; A pas légers s’approche quelquefois A “nt De l’étranger muet et méditant.
Mais celui-ci, tout à coup, de la voix rs +0 k ; Dont ils aimaient le son doux, grave et pur, E Dit aux amis : « Hommes de peu de Foi! LS 4 « Ignorez-vous que, selon l’Écriture, se es É « Vous montrerait la voie étroite et sûre, pr k « Et puis serait attaché sur la croix ë #
« Et mourrait là de la mort des voleurs 0000
D. « Pour vous sauver, hommes de peu de foi! le Gi. EL « Ignorez-vous que malgré les veilleurs ie ‘4 « Et reviendrait pour assurer vos cœurs ?.…. L « Oubliez-vous ce qu’il disait hier, à É:. « Ce qu’avaient dit les prophètes, les sages, né ‘# « Ce qu’avaient dit les pères de vos pères”? FEES Di « Ils avaient dit les coups et les outrages Mur À « Et l’abandon, la couronne d’épines, TE 4 de « Le roi moqué, les hardes qu’on partage, ; # | __ « Is avaient dit la croix sur son échine, es e « Le manteau rouge et l’échelle et la lance, PA
_ QEt ce grand cri tombant de la colline. »
Su Il est aussi Pres, ES Fe L’étranger parle, et la foi des enfances RAS Rentre soudaine au cœur des deux amis ro Voici mourir ténèbres et silence; L’étranger parle et brille dans la nuit os Et les amis qui baissent le regard, < Craignant le feu divin qui sort de Lui, ; Voient Ses deux mains trouées de part en part Le Rompre le pain comme Il faisait toujours À | ES Quand on dinaïit ensemble sur le tard, 3 | De. Il verse aussi, comme au soir de ce jour 30% Qu’Il fut vendu pour les trente deniers e Le Vin pourpré, tiède et vivant secours… h | 4 J1 dit aussi : « Mon Père a des greniers | Qrs « Remplis de grain qu’on n’épuisera pas; E | pe « Toujours du vin remplira ses celliers… ne | ‘ « Ne craignez rien si vous suivez Mes pas Ne « Malgré la nuit, la tourmente, la haine, po | « La flatterie et les grossiers appas, nn | | « Malgré l’injure et l’offense et la gêne, nn K. « Malgré les coups, la torture et la mort, Me. | 1e « Malgré la honte et la geôle et les chaînes,
114 « Malgré Satan qui vous lèche ou vous mord, 7 1 #4 #4 « Malgré le jeu des oublis, des silences, RES Re. « Malgré l’envie et les princes de l’or, 1} TETE Le « Malgré la nuit qui baigne vos souffrances 24 « La solitude œuvre des trahisons, « La lâcheté qui fuit votre constance : + PR K: « Qui M’aime bien ne sent point Mon absence… ie ca Er « Seriez-vous deux en Mon Nom réunis ù Re 26 « Que vos deux cœurs sentiraient Ma Présence. 5 Nes e. -« Maïs c’est aux jours dont Je semble banni, RCE De « C’est quand triomphe et commande la Bête, LL ni: 5h « C’est quand le juste et le pur sont honnis, % ‘00 4 « C’est quand le saint, le héros, le prophète, PAIE ne ke 9 « C’est quand la vierge et l’enfant et le preux, 4 : Le _ « Cest quand ceux-là sont des victimes prêtes Re ds bS: « Que Je me tiens le plus ferme avec eux, ES « Car Mon Église et Moi-même en ces temps en se ; : “à « Nous ne formons qu’un seul Corps glorieux. » FRS Ii dit. Tous deux L’écoutent, haletants, te pet Tous deux voudraient qu’Il ne s’arrêtät plus. ‘48 Mais Il retourne au Père qui L’attend. LTÉE
_ Iiest parti vers l’aube des élus; CONCERTS . HER Il est aussi l’apôtre qui d’abord ne, k FE = Ayant honni Dieu présent parmi nous, : ÈS Ayant marqué les Douze pour la mort, + ER À Le rencontra ce Dieu paisible et doux ré £ | ei ‘f Dans un sentier, à la fin d’un voyage, Quand le soleil s’éteint dans les cieux roux… 1110 Et depuis lors, conservant cette image : F É je De notre Dieu tamentable apparu, 1 NS ° 11 va prêcher de rivage en rivage, +.
Il va dans ses guenilles et pieds nus Ra EX. Quand il n’a point quelques mauvais souliers,
NL Il va, boiteux, pleurant sur ce qu’il fut, oe. LR: Il va n’ayant ici d’autre foyer À f de Que ce foyer qui dévore son âme LAC Depuis qu’un Dieu saignant le fit ployer. me. Les feux d’en haut lui labourent le crâne, * ERA EL. Les quatre vents déchirent ses haillons, : PT: Il va baïssant la tête comme un âne, L FSC Hi Il va n’ayant que besace et bâton, ;: À Mais son esprit tout plein des Écritures, RES N: . Mais Dieu couché dans son cœur tout du long, A ; d Il va boiteux sur les grand routes dures No. : Comme l’esprit de ce peuple romain ne Qui les traça pour les races futures, Se ne Il va marchant parmi les vieux destins DER
Qui gouvernaient l’homme depuis la chute EE
_ Aux flots de Grèce et sous les cieux latins, ENRS
Parmi l’orgie et les rires de brutes,
‘A Parmi les fleurs de la molle indolence,
_ Parmi le meurtre et la chanson des flûtes,
RSS”: Parmi les voix de ruse et de jactance, Mai AQU ss A Parmi les voix des vendeurs au marché, FETES HAS Parmi les voix des vendeurs d’éloquence, has | Dr Parmi les ripailles des débauchés, RL RU Parmi les bavardages des forums, » ot Parmi ce grand empire du péché, AVE Il va dans ce grand empire de Rome, ne De à Mais dans son cœur portant le Dieu fait homme, +4 | Fee Clopin-clopant, dans l’empire sans fond, ee À É AP De la Syrie aux rochers ibériques 44 | 8x Son pauvre corps de malade se fond, : # as Son front se gonfle ou s’ouvre sous les triques, 1,3 ARE Il laisse un peu de sa chair dans les bourgs, cs É Un peu de sang sur les places publiques, à ee Mais chuchotant Dieu lui dit son amour ”. Pour lui, victime, et les autres, bourreaux, à n | ra Pour lui, qui parle, et pour eux, qui sont sourds, ne Et le voilà qui va dans les haros, 4 | Ro Dans les sifflets des morveux et des pitres, Un. Dans la torpeur des hommes de bureau, É |
Dans le niaïis sourire des behtres, ph ‘4 ÿ) mar. Dans l’infatuation des docteurs, 2 VETTEE ARS Dans ce bourbier que font l’or et les titres. de) “1 Il est mal vu des illustres voleurs, | j LR Il est mal vu des pâles cabotines, . ñÈ CR Il est mal vu des élégants hâbleurs, “42 FA Mais l’Homme Dieu couché dans sa poitrine FENTE En : Lui dit tout bas : « Je demeure avec toi », Ex. Et lui, malgré la fièvre qui le mine, LL NOUS
Malgré ces dieux, ces hommes et ces lois, “RER À 2 Fe Malgré ces délicats et ces bouchers, ya IE Malgré ces yeux railleurs et ces yeux froids, ee I1 va, boiteux, dans ce champ de péché, 7180
Tout dévoré de nielle et de ronce, A
W’ Que lui donna Jésus pour le faucher, ‘$QS L’herbe d’orgueil et l’herbe de luxure, | + TEE F4 L’herbe qui pointe et l’herbe qui s’enfonce, 1808 Le À Il va coupant de ses sentences dures NY: A L’herbe qui ronge et l’herbe qui pressure, DRE
Fe Cette herbe folle et cette herbe crispée F0) Tr
Car Dieu lui dit au cœur : « Sois mon épée. ».
@ 7% Il est aussi comme le doux sourire
Le De ces trois filles de la Charité
Mn Qui préparaient des onguents, des collyres, Es “
Ne bus Des potions, des tisanes, du thé, ; 2 | “2 Du quinquina, des poudres, des sirops, Fa Des opiats. lorsque j’ai visité À; Ce jardin frais de mousse et de sureaux, he. _ - Cette chapelle où mon guide officie, Ces vieux en drap, ces vieilles en sarrau, ne:
‘4 Dans le dortoir ces malades assis, Re. De - Ce parloir sombre où la Vierge rayonne, SE F Ces longs couloirs et cette pharmacie <a Où travaillaient sans cesse les trois nonnes, v De: É Regards baissés, doigts de nacre ou d’ivoire, FL É Grâce de sainte et pâleur d’anémones… , 2278 Là bien rangés aux planches des armoires, ee pe: : J Des pots d’étain, des pots de porcelaine “PSS Écussonnés se vêtent de grimoires. ‘LENS K J’entrevoyais les époques lointaines = 2180) Où le droguiste au creux des alambics 1e ‘À 4% Faisait bouillir la sauge et la verveine ; TS A Mais, à sa place, entre ces pots antiques Le
- Si recherchés des dames impudiques A se Lu Pour y loger des lampes électriques, er à Entre les pots de gomme ou d’émétique, “LR TR . Qui souriaient d’un sourire gothique, à Sourire doux et paisible, hérité LE: De la Très-sainte et Très-modeste Vierge Qui est leur Mère en Son Éternité ; : 1130
fe Re Sourire uni comme la robe en serge, RAA LEE REC: Comme ce lin qui les recouvre d’ailes, De | Comme ce jour, ce demi-jour de cierges ; x | AA Un lent sourire où des pudeurs se mêlent, RE Un mouvement de naissante prière, Re: À me L’humilité qui germe sur le zèle; ES TRE Dont autrefois nos Saintes étaient faites, ‘2 è Roses et lys de nos grands sanctuaires ; +. : Fe Le clair sourire où la grâce simplette 72 | à Ê D’un cœur d’enfant comme une aube s’éveille : AE | CELS Sont-elles pas Luce, Agnès et Colette ? SR Elles sourient en maniant bouteilles, 1e Mortiers, pilons, coupelles et fioles Entre ces pots datant du Roi-soleil, qe x Et sur l’armoire où ces choses somnolent, à < FE Tout blanc parmi la lumière de cire ae | RE: Entre les bras de Celle qui console, ÊÈL,
“3 L’Enfant Jésus les regarde sourire. 4 |
Il est aussi pareil à la brebis, PA (728 ne, Re. A l’âme de la sœur aux yeux modestes + 2 REIN Se nourrissant de lait et de pain bis SÈCHE Ps Qui va dès l’aube abattre ses mains prestes | CORRE D. Pour nettoyer, ordonner et blanchir, PE SE ES. Sur les tumeurs, les blessures, les pestes… to re te Fe: _ Dès que les cieux font mine de pâlir, Nu Ne Dès que les Grands commencent à dormir, ù A Re
Dans la ruelle et dans le creux des bouges, LR
Dans le douaire obscur de la souffrance 5 Ë ne it Elle s’en va, seule avec l’espérance SES 1e Qui elle aussi se lève de bonne heure ‘ Et qui ne connaît pas la nonchalance, 5 Fe #. ie
Il est aussi ne
Et toutes deux portant la bonne humeur,
; - Le pain, le vin, les doux soins, les remèdes,
Toutes les deux, grande et petite sœur,
Toutes les deux grimpent aux marches raides, |
Vers les taudis, vers les entassements,
Vers ceux auprès de qui le diable accède, |
Toutes les deux, vite et légèrement,
Avec d’innocentes plaisanteries, ‘ |
Avec de comiques effarements, +
Avec de simplettes gamineries, F |
Avec des mots de petites bergères, |
Avec de grands airs de gendarmerie,
Toutes les deux, rapides et légères, |
Font le ménage et remplissent les pots, |
Manient l’aiguille agile des lingères, ;
Toutes les deux pansent les vieux accrocs,
Pansent aussi les fentes et les plaies,
Pansent aussi les cœurs qui geignent trop… À
Et ce taudis noirâtre est un palais sl
Quand toutes deux, trésorières de foi,
Sans marchander y répandent la paix…
_ Dieu, bénissez le sourire, les doigts, EE Le blanc bonnet, les pas trotte-menu, ; . pe Fa mes Les yeux décents et la glissante voix : “a Æ De la petite sœur qui est venue TER os Dès l’aube avec l’enfantine espérance FE Fr Pour apporter l’Enfance de Jésus Un.
à Aux cœurs vieillis par l’antique souffrance. 716 ee
“3 Il est aussi comme la sœur Marie ‘ie u à Qui, dit Jésus, prend la meilleure part me ve Entre les biens qu’il nous laisse en hoirie, LE DU Quand elle vient écouter sur le tard Fe
< Aux pieds de Dieu l’éternelle parole “44
Et s’imprégner de l’éternel regard,
- Pendant que Marthe active se désole MAUR TN ; De rester seule à chauffer le repas | ES Et n’a plus âme à qui faire l’école. US ne Marthe est ici, chez nous, n’en doutez pas, LEE _ Mais l’autre sœur n’est jamais bien loin d’elle KE À Et suit Jésus de ses yeux jamais las, st Marie erre le soir dans nos venelles, A Marie entre le soir dans nos églises De. He Oyant toujours les choses éternelles. me ne Eu son logis Marthe se scandalise 4 | Fe + De rester seule à nettoyer les coins, A cuisiner, à faire les reprises. DES | À Le Marthe, il est vrai, se donne du tintoin, Ke d Mais, sans bouger, l’autre fait des ménages 4 | fé : Dont Dieu là-haut sait qu’il est grand besoin. 1€ | | Et je la vis plus vague qu’un nuage, 4 | r Quand le vitrail éteignait ses figures, hs S’agenouiller très-bas sur le dallage, E | . Et c’était quand tout meurt, et que fulgure re Obscurément la lampe de l’autel, $ | pe: , Un front de marbre, un cuivre d’encoignure. ù De |
D Elle écoutait notre Maître éternel RP Pour ceux qui ne veulent pas l’écouter, PE PES Pour les distraits, les sourds et les charnels, OR Pour le malin qui prend ses sûretés, FA Pour l’ennuyé qui va de rive en rive, 324 RAS “0 Pour le ventru qui soigne sa santé, F ne. e ; Pour tous ceux-là qui pensent et qui vivent HENEE Ê Dans les locaux bien rangés de leur moi, AN ke Dans le train-train des actions poussives, ETES “ Pour le coureur, l’essoufflé, le pantois, j nn
Pour les rentiers et les fonctionnaires, : ‘28
L Pour les docteurs, les finauds, les matois, SEEN Pour tous ceux-là qui, vivant de la terre, « 3 Se croient économes et politiques, A. É:: Bons ménagers, bons clercs et bons notaires. * “si À Mais tous ceux-là ne sont pas gens pratiques, FRERE à Vous le savez, petite sœur Marie Qui méditez dans ces ombres gothiques, à ne.
Et vous savez que leur ménagerie \ 7 EE
E- Ne gagne rien que pauvreté finale, i RE É Que camelote et que verroterie, LL
Et vous savez que c’est vous sur les dalles Où vous mettez vos agenouillements Auprès des trois Vertus théologales, Que c’est vous seule en vos recueillements ; | Qui devenez la bonne ménagère ] Et qui prenez les bons arrangements, Que c’est bien vous la parfaite bergère, La filandière et la raccommodeuse, Notre laveuse et notre boulangère, Que c’est bien vous la preste balayeuse, | £ Que c’est bien vous qui faites la cuisine, | Que c’est bien vous qui soignez la veilleuse, | | Que c’est bien vous l’épargne qui lésine, La prévoyance et la ferme raison, | : Cette fourmi sermonnant sa voisine, | Que c’est bien vous, durant cette oraison, n’ Notre économe et notre trésorière, . Que c’est bien vous qui faites la maison. Sans heurt ni bruit, dans l’obscure prière, ; Vous emplissez nos coffres et nos granges, Vous emplissez la ferme et la chaumière, LL
HEC” Vous faites nos moissons et nos vendanges, ‘12948 ne Faites valoir nos terres et nos fonds, + hs Faites ranger ce que l’ordre dérange, LEA à Oui tout cela sans agitation, | St Sans cris, sans voix, sans course dans les pièces, ii E Sans ameuter les populations, : A Né Mais en douceur et sans qu’il y paraisse, . à Comme un matin qui naît à la verrière, ee L. Comme Jésus se donnant dans la messe, $ LS #4 Oui tout cela par la simple prière, a. k Par l’agenouillement devant la croix, 4 “ ‘à Par l’abandon de l’âme tout entière. 4108 Car Dieu vaincu subit vos douces lois. LE 108
se 972% let 3 Salomé. ne IR
D A notre ami Does Aie En es 0 eee (6 Notre pays est comme un doux berceau … Ë L’est aussi comme un aventurier…:…:…% do A Il est aussi comme une ronde au bois …, 37 ra # Ilestaussi comme Id, vie étroite… 1.2e224000m PS ÿ Il est aussi comme, aux jours de scandales, … 52 CAES Le ” Jlest aussi pareil au saint archange… 54 de % Mais il n’est pas comme ces pacifistes … 67 DRE “od Il est aussi comme, devant les Mages,… 94 à de