Les Universités Populaires 1900-1901, Paris et banlieue
les Universités Populaires 1900-1901
- paraissant vingt fois par an 8, rue de la Sorbonne, au rez-de-chaussée
les U. P. Paris-Banlieue 1900-1901
LR Toute la copie de ce cahier nous a été fournie par la L Société des Universités Populaires. PNR te
nie: . les Universités Populaires, 1900-1901. — Départeoise 1 1 F 14% ments. Un fort cahier d’au moins cent pages. 4 M
Les notices que nous publions dans ce Bulletin ont été rédigées par les secrétaires des U. P. qu’elles concernent ; elles constituent par leur seule réunion un document précieux sur le développement général des U. P. et sur la vie propre de chacune d’elles. Après l’inauguration brillante de la Coopération des Idées, quand on vit surgir spontanément dans les divers quartiers de Paris des groupements où se mêlaient les noms de travailleurs manuels et de travailleurs intellectuels, on put craindre qu’il n’y eût là qu’un engoue- | ment, une mode passagère. Les jours d’orage amènent des éclosions soudaines de mouches bourdonnantes qui 4 disparaissent avec les derniers roulements du tonnerre. Il n’en fut rien. Les gens à qui la peur pour un instant k donna l’illusion d’être généreux se retirent, ferment leur bourse, remettent leur espoir dans la platitude qui à décourage l’insolence : on se passe d’eux. Les U. P. ont continué de se multiplier à Paris, en province; elles : ont duré et elles vivent. A l’inverse des patronages, que j créent et dirigent des bourgeois avisés ou bienfaisants, à beaucoup doivent leur naissance à des ouvriers qui sollicitent les intellectuels de venir parmi eux et d’y prendre la parole. Le besoin senti crée ainsi l’organe ‘ qui doit le satisfaire et qu’il modifiera. (1 Il ne faut pas imaginer d’ailleurs que les U. P. soient W toutes conçues sur un type uniforme; elles sont très Fi diverses, s’adaptent aux circonstances et au milieu,
elles proportionnent leurs moyens d’action à leurs ressources, aux exigences de ceux qui les fréquentent; les unes ont un local à elles où elles tiennent leurs réunions et donnent leurs conférences; les autres reçoivent l’hospitalité de la Bourse du Travail, d’une Coopérative, obtiennent la disposition d’une salle de | mairie, d’un préau d’école; il en est de nomades qui ds se transportent dans la ville d’un faubourg à l’autre, qui hors de la ville vont dans des villages voisins, dans “ des centres ouvriers, étendant dans la mesure de leurs forces le cercle de leur action. Aïnsi, à considérer De les U. P. du dehors, dans leurs ressources, dans leur organisation, dans leurs procédés, il n’est rien de plus divers; chacune naît de l’initiative de ses propres k membres; chacune est autonome, se donne ses lois, s’adapte aux besoins de la région, au degré de culture | des habitants. Par elles quelque chose se fait en dehors | de l’État, sans son concours, sans son appui, sans la ’ tyrannie aussi d’une autorité centrale qui tend à tout | Mais ces groupements multiples, dont chacun jouit de sa pleine indépendance, qui semblent s’ignorer, ne L sont pas, à dire vrai, étrangers les uns aux autres; 4 tous se sentent liés par un lien qui, pour être moral, °
lieue ne sont pas fédérées, rattachées à un même organe À
À central qui coordonnerait leur action; mais elles se 4 connaissent et librement collaborent : chaque mois À où leurs secrétaires se réunissent au siège de la société ‘1 des U. P., mettent ên commun leurs expériences, disPh: cutent leurs intérêts, parfois prennent des décisions, 4 organisent une fète comme celle que nous donnons s] | So MR ss 10 LT + ol 4 SL ab Am chi F ou, le 2 mars en l’honneur de Victor Hugo. Par tout le pays, fe de Lille à Marseille et à Montpellier, des amis inconnus savent qu’ils travaillent à une même œuvre. Le sentiment de cette coopération soutient les courages. Dans l’ordre des choses morales, on est tenté souvent de désespérer; les fait immatériels échappent àlamesure; . chacun a la conscience de pouvoir bien peu, mais le grand effort qu’il accomplit, le petit résultat qu’il obtient se multiplie par des millions d’efforts et de résultats semblables : l’avenir fera le total du bien réalisé. L’U. P. n’est pas figée dans une forme invariable, elle se modifie selon les besoins auxquels elle doit s’a__ dapter, elle est quelque chose de souple, de mobile et de vivant; mais, quelque forme qu’elle revête, un | même esprit la crée et l’anime. Si elle vit, sielle résiste aux causes de dissolution qui la menacent, — manque : de ressources, sectarisme, exploitation par les politiciens, — c’est, comme je l’ai dit déjà, qu’elle n’est pas seulement « l’extension universitaire »,une concurrence aux cours d’adultes, des programmes, des cours, des discours et des examens ; c’est qu’elle marque un 1 moment de l’évolution normale de notre démocratie, c c’est que, dans la pensée de l’ouvrier, elle doit aider à la fin qui seule vraiment l’intéresse et le passionne, je É veux dire à son émancipation économique. à Il semble que le peuple se décide à sortir de la & période de l’attente et du rêve pour entrer dans celle de E Y la pensée claire et de l’action positive. Les travailleurs ns appellent à eux ceux qui savent, parce qu’ils pressentent } dans la science une force dont ils ne peuvent se passer. & Les intellectuels répondent à cet appel. Ils vont au F peuple sincèrement, sans arrière-pensée, parce que,
eux aussi, ont besoin de lui, parce qu’ils veulent lui ‘ confier ce qu’ils ont de plus précieux, les biens sans lesquels il ne vaudrait plus la peine de vivre. Ils voient î parti-pris, au sein d’une société, une armée de barbares Ë qui peut l’emporter d’assaut dans un jour de fureur et . d’ivresse. Pour sauver de la civilisation ce qui pour eux vraiment la constitue, tout ce que l’homme a ajouté d’humain à la nature, l’art, la science, la moralité, la grande œuvre collective de tous ceux qui depuis des siècles travaillent et pensent, ils la mettent sous la sau- F vegarde du peuple, en s’efforçant de lui en donner l’in- $ telligence et l’amour. Ainsi se scelle l’alliance du tra- ï vail qui réussira sans doute un jour à subordonner les La forces qui l’exploitent et l’oppriment.
L’esprit des U. P. répond à ce qu’attendent d’elles Le É ceux qui les fréquentent, c’est un esprit positif et laïque. Ÿ La curiosité ne se porte pas d’abord sur l’inconnaissable. On se refuse aux dogmes qui ne reposent que sur l’autorité de ceux qui les affirment, on entend ne se soumettre qu’à la raison; on exige des faits ou des preuves. Le peuple découvre ce que Bacon proclama dès le seizième siècle, que la science est puissance, qu’il faut savoir pour prévoir et pour pouvoir. Il en vient à com- À prendre le danger de prendre ce qu’on désire pour ce $ qui est, il voit que toute action sur la nature suppose l’intelligence des lois nécessaires qui déterminent le al possible, et il demande à la science ce qu’elle seule e peut donner, la méthode qui permet d’accorder l’effort L aux lois des choses. La nature est une machine redoutable qui broie les ignorants et les maladroïts, mais qui porte ceux qui savent prendre la direction de ses
forces et les faire concourir dans le sens même où ils veulent aller. L’ouvrier n’accumule pas des connaissances pour le plaisir ou pour la gloire, il demande à la science une éducation de l’esprit et de la volonté, des :e vertus intellectuelles, et des vérités qui éclairent la nn route où il veut marcher; il ne sépare pas la pensée de l’action.
L’U. P. n’est pas un accident, une fantaisie aimable de bourgeois philanthropes, elle est l’œuvre destravailleurs eux-mêmes, elle répond à une orientation nouvelle, de leur pensée. En même temps que les U. P., se multiplient les groupements corporatifs, les coopératives de - consommation, de production, toutes les œuvres de solidarité sociale et d’émancipation réelle qui préparent l’avenir au lieu de l’attendre passivement. Il semble que l’ère des Apocalypses soit close, que l’on soit las de faire lever l’image de la Jérusalem terrestre dans le fracas des mots sonores, dans la fumée des pipes et les vapeurs de l’alcool, au moment même où les corps s’intoxiquent, où les nerfs se détraquent, où l’homme détruit dans son intelligence et dans sa volonté les instruments nécessaires de sa délivrance et justifie son esclavage. Les travailleurs en ont assez d’attendre le grand jour, où le Messie, qui s’appelle aujourd’hui la Révolution, fera pour eux par un miracle soudain ce qu’il n’auront pas su faire eux-mêmes; ils découvrent l’illusion de cette providence sans Dieu que l’on charge de produire des effets sans cause. Ils veulent commencer quelque chose, se mettre à l’œuvre sur des points multiples, sérier les questions et les efforts; ils calculent leurs forces, ils tiennent compte des résistances ils s’instruisent au contact des faits, ils apprennent que
L ces faits ont des lois qu’on ne viole pas impunément, et ils veulent la science qui permet l’action efficace. D’ailï leurs ils ne renient ni ne trahissent leur foi ancienne, L: ve ils ne renoncent à aucune de leurs espérances, ils pas- È \ ‘sent seulement du rêve à la science et à l’action, de Le: l’utopie à l’idéal, s’il est vrai que l’idéal soit l’idée conçue dans son rapport au possible, c’est-à-dire aux con- : ditions qui permettent de la réaliser. é Le peuple ne demande pas aux intellectuels un idéal a demande une méthode et des moyens d’action. Grande 3 serait l’illusion de ceux qui iraient lui parler du besoin à 4 ; refuse de transporter désormais ses croyances et ses . Dis: ‘espérances dans l’au-delà des paradis inaccessibles, #1 dont la vaine promesse a bercé sa misère, alors qu’il 4 ; désespérait d’y apporter d’autres remèdes. Sa foile Qi laisse sur la terre; c’est sur la terre qu’il veut agir, 1 c’est la vie présente qu’il veut meilleure et il métsacon- “5 fiance dans les progrès de la science et de la puissance 4 humaines. Il se refuse à une prétendue unité des esprits, K achetée aux dépens du libre examen et de la raison ni critique, fondée sur des dogmes qui échappant au con- “4 trôle de tous nos moyens de connaître ne peuvent être Le | que décrétés par une autorité infaillible. Il sait qu’on 1 sacrifie toutes les libertés dans la liberté de penser, et iln’est pas tourmenté par la soif des béatitudes
YUE éternelles qu’on lui offre généreusement. Habitué à ne
devoir qu’à lui-même son pain quotidien, il prend pour aQ sa part la tâche qu’aucun Dieu ne s’est encore soucié x | d’accomplir, la justice dans les rapports des hommes.
26, Pour accomplir cette tâche, il n’a que faire de théolo- de . 1:
gie, de métaphysique, de foi aveugle, il a besoin d’une intelligence lucide et d’une volonté ferme, des méthodes et des connaissances qui permettent à l’homme de faire concourir à ses fins les fatalités naturelles dont il ne se libère qu’après les avoir rattachées à leurs causes. Le peuple est défendu contre les prêcheurs de morales et À de religions mortes par sa foi vivante. Les jeunes gens très sincères qui voient le salut de notre société dans le retour aux vieux dogmes sont het des archéologues, des lettrés, ou mieux des artistes émus qui s’enchantent de tout ce que ces dogmes ont créé de beauté dans le passé, des prières, des hymnes, des cathédrales, et plus encore des vies héroïques ou charmantes, dont le souvenir se mêla dès leur enfance à leurs pensées les plus hautes, à leurs sentiments les | plus purs. Il ressemblent à ces derniers païens qui ne voyaient dans le crucifié qu’un dieu barbare, jaloux de toute joie, ennemi de toute beauté, et qui suivaient anxieux l”évanouissement des formes lumineuses qui si longtemps avaient rayonné dans les vers des poètes et les marbres des sculpteurs, Apollon, Zeus, Pallas | et la divine Aphrodite, dont le sourire reste mêlé aux ondes légères qui baisèrent ses pieds nus à l’heure de sa naissance. Mais rien de ce qui mérite de vivre ne meurt entièrement. Le nom d’Apollon est demeuré sur les lèvres du poète etle sculpteur cherche encore la forme d’Aphrodite. Il y a place pour le dieu de la souffrance volontaire comme pour les dieux de la joie bienfaisante dans le panthéon de la mémoire humaine. de la vie, le peuple n’a pas le loisir de se complaire L dans la vision d’un passé, dont l’image lointaine, simLes Universités Populaires 1900-1901 plifiée, embellie se prête sans résistance au caprice de notre rêve. Il sait seulement que dans le passé le poids de la société pesait plus lourdement encore sur les épaules des pauvres gens, et son bon sens l’avertit que les dogmes vieillis, affaiblis par l’âge ne seront pas capables de faire désormais ce qu’ils ont été impuissants à faire, alors qu’ils régnaient souverainement. Enfermé dans le présent par la vie qui le presse, il tourne son regard non pas vers le passé, dontil n’a rien à attendre, mais vers l’avenir qui est le possible, ce qui n’est point encore, ce qui reste à faire. Moins chargé de souvenirs, son esprit est plus accessible aux faits nouveaux, à ce qu’il y a d’original et comme d’inédit dans la société moderne ; il est sans théorie, il n’a d’enseignement que celui du travail et de la vie; le sentiment direct des maux, dont il est le premier à souffrir, le porte à chercher et à accueillir l’idée des réformes nécessaires. Il prend les choses au point où elles sont ; il ne s’attarde pas à sonder les intentions de Dieu, il accepte le monde, tel .. qu’il lui est donné, pour la matière à laquelle il appliquera son intelligence et sa volonté. Sa morale n’est pas d’obéir aux ordres d’un souverain céleste, elle est l’action sur la terre, elle consiste à faire sa besogne d’homme, en améliorant la société humaine. Son idéal et sa foi se résument dans la volonté du règne de } la justice sur la terre. -VY Mais si la foi mystique, avec ses espérances intemporelles, peut s’enfermer dans la contemplation et laprière, celui qui veut agir, modifier ce qui est, tôt ou tard | découvre qu’il ne suffit pas d’annoncer qu’il va se Ci passer quelque chose et de se croiser les bras. Le verbe | de l’homme n’est pas créateur. Parler n’est point encore
agir; pour agir, il faut traduire son idéal en fins définies | et conçues dans leur rapport aux moyens qui permettent de les réaliser. L’action positive suppose la science, condition de la puissance. « Nous avons besoin d’hommes conscients » est un des mots qu’on entend le plus souvent répéter dans les U. P. Entendez que les choses ne se font pas toutes seules, mais par l’intelligence et par l’énergie des individus. La société n’est qu’une abs4 traction quand on la sépare des éléments vivants qui la composent. L’individu doit agir sur lui-même et sur les autres, créer les sentiments nouveaux sans lesquels la société de demain ne sera qu’une forme inédite des tyrannies anciennes. L’U. P. répond à cette conscience de la nécessité de l’effort de chacun pour le salut de tous. Elle vivra, elle se développera, si le socialisme, |; en prenant ce mot au sens le plus large, cesse d’être : une philosophie générale de l’histoire, une théorie de la : nécessité, qui permet d’attendre le bien au lieu de le _ faire, parce qu’il est déjà réel dans les lois de l’évolution ’ ? sociale ; s’il passe de la phase théorique et mystique à 4 la phase réaliste, positive et pratique ; s’il ne se borne
- plus à la constitution de partis politiques, de sectes qui _ se divisent, s’opposent et se déchirent; s’il se résout en œuvres multiples, reliées les unes aux autres, qui fassent l’éducation morale et sociale de tous ceux qui À y collaborent, commençant tout à la fois la société ! future et préparant des hommes capables et dignes de _ la réaliser.
“ des Universités populaires de Paris et banlieue. Il est
% naturel de classer ainsi, en un premier groupe, les à ‘ U. P. parisiennes.
A Les U. P. de Paris et banlieue diffèrent beaucoup , entre elles ; elles présentent cependant de grandes ana-
( F logies aussi, étant nées et s’étant développées dans un
“Ce milieu défini sous l’influence de préoccupations intellec- ÿ ; tuelles presque identiques. 4 On ne trouvera pas ci-après des renseignements Ü ke spéciaux sur toutes les U. P. La Société des Universités Populaires n’a reçu de notices que des U. P. qui dési- ‘ F raient faire connaître quelque particularité de leur ‘1 naissance récente, de leur développement, de leur situa- à) tion. Et les notices publiées ici ont toutes été rédigées
D) en avril-mai 1901; elles n’indiquent donc pas la situa-
V tion actuelle, elles montrent les résultats de l’hiver
4 1900-1901. À Pour se documenter sur les U. P., on demandera à la ’ Société des U. P. la brochure qu’elle a éditée directe1 ment et qui contient les notices pour l’hiver 1899- à
Nous avons un local spécialement affecté à VU. P. du troisième; sa situation est assez bonne, puisque nous sommes dans le quartier le plus populeux, et le plus avancé du troisième arrondissement; malheureusement, nous - | sommes petitement logés, les loyers étant très chers, et nos û | l’école libertaire qui nous sous-loue son local pour 600 francs | par an, nous arrivons à couvrir les frais de loyer, sans trop de peine. L’administration a été réduite à sa plus à simple expression, c’est dire que s’il y a association, il n’y a 4 pas de statuts proprement dits, ceux qui existent n’ayant qu’une valeur très minime; les membres actifs sont ceux qui : suivent régulièrement les conférences, et les membres adhéht rents sont, en somme, ceux qui viennent quand ça leur plaît. 4 Ceux qui font partie du conseil appartiennent à la catéJ gorie des actifs, et nous nous sommes arrangés de telle façon } qu’il n’y a aucune autorité, aucune domination; chacun a X. sa fonction déterminée; à lui de se débrouiller, mais pas un me de ceux qui sont du conseil n’a de droit plus qu’un autre. ñ Les ressources normales sont constituées par les cotisa- ‘ tions très régulières des membres actifs; plusieurs d’entre ï eux paient même au delà de leurs cotisations, sans être ñ taxés d’aucune façon; l’un se charge des frais de corresL pondance, l’autre de l’achat de bibelots divers utiles à notre ht travail; d’autres, enfin, exécutent gratuitement des travaux Hi. de menuiserie, ou donnent des livres, etc., mais toutes ces Lbe manifestations de la volonté d’hommes libres sont comFi prises dans les recettes extraordinaires; nous voudrions Kr) avoir plus encore de ressources anormales, car si la régularité ÿ des premières nous rend de grands services, l’irrégularité des autres est largement compensée par leur valeur réelle.
Les membres adhérents apportent une moyenne de 50 francs par mois (soit 100 cotisations), les membres actifs à peu près autant; ce qui donne en somme 100 francs par mois d’assuré ; hélas ! ils représentent la totalité de nos Jusqu’à présent, nos conférences ont lieu les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine, d’une façon absolument régulière. Nous avons pris de préférence ces trois jours, parce qu’ils sont plus généralement goûtés des familles, et trois jours par semaine suffisent à satisfaire les plus affamés de la science et de la littérature. En dehors de ces conférences, nous organisons une fois par mois une réunion amicale entre auditeurs et conférenciers, — remarquable surtout en ce que les conférenciers n’y viennent jamais, ce que je comprends très bien. Malgré l’absence des principaux intéressés, ces petites réunions servent à justifier le titre de notre U. P.; on cause de choses diverses, les familles apprennent à se connaître, à s’apprécier; universitaires des deux sexes rivalisent d’entrain, et généralement ces fêtes mensuelles se terminent : par un petit concert improvisé très réussi. | Nous ne nous en tenons pas là; nous organisons, chaque mois, une soirée ou une matinée littéraire et musicale; la \ première, fastueuse, eut lieu à la salle des fêtes de la , mairie du troisième arrondissement, une autre eut lieu à l’ancien local de l’U. P., 14, rue de la Corderie, on y lut i la tragédie d’Andromaque, avec un talent et un mérite par- j faits. Enfin, au mois de mars dernier, la rue de Montmorency F’ | voyait s’éclore une phalange nouvelle qui interpréta supérieurement le Bourgeois gentilhomme ; cette série de succès À nous a encouragés, et nous préparons une autre soirée À | pour le 98 avril avec l’Article 330 de Georges Courteline; divers chants, récits et morceaux de musique compléteront la soirée. Il me reste peu de place pour parler de nos projets , pour l’hiver prochain; cependant je tiens à vous affirmer que nous cherchons de plus en plus à faire de l’U. P. un centre intellectuel, un foyer d’éducation mutuelle et émancipatrice, Les résultats obtenus jusqu’à ce jour nous indiquent que nous devons continuer dans la même voie.
’ Il y a, cependant, une proposition toute personnelle que ï je tiens à vous faire, et qui n”émane de personne, je veux dire que j’en suis responsable. Étant essentiellement communiste, et très épris de l’art social, je voudrais que chaque citoyen apportât son quantum d’art à nos U, P.; done qu’il füt fondé une sorte de musée social, dans un des locaux d’U. P., où chacun apporterait quelque chose de beau et de vraiment artistique, d’une façon anonyme, rien que pour | créer justement le musée social; et en excitant ainsi le sens de l’esthétique chez chacun, peut-être pourrions-nous arriver à un très beau résultat. Ce serait, en somme, le musée des U. P.
L’Union Mouffetard est installée, 76, rue Mouffetard, dans un local qui lui est spécialement affecté. IL comprend : une grande salle pour les causeries; une bibliothèque renfermant plus de 2.500 volumes, des périodiques, des journaux; plusieurs salles de dimensions moindres : salle de jeux, salle . } des consultations médicales, salle réservée aux réunions de . groupes ou aux cours spéciaux. La somme annuelle nécessaire au fonctionnement de l’œuvre est d’environ 5.000 francs. On peut estimer que les cotisations et les donations des membres s’élèvent à 2.500 francs environ. Les conférences ont lieu tous les soirs. Le nombre des auditeurs est rarement supérieur à 150, sauf pour les soirées du dimanche 5 qui attirent un public beaucoup plus considérable. Du preis mier janvier au 20 avril 1901 on a compté 745 inscriptions; t le nombre des adhérents qui ont payé régulièrement leurs cotisations mensuelles est de 380 à 400 environ. L’expérience d’une première année avait montré le peu à d’efficacité des causeries isolées, sans lien, faites par des conférenciers étrangers à la maison. Le Conseil d’adminis4 tration a réussi cette année à organiser un enseignement ( méthodique dirigé par des professeurs de la Sorbonne et de Ÿ l’École normale, qui ont accepté les fonctions de délégués. À Chaque délégué a assuré le service hebdomadaire de son à » è : « 4 At 2. 2% ‘4 L groupe d’études, en collaboration avec un membre ouvrier. 5 : Autant que possible les sujets appartenant à une science déterminée, à un même ordre de recherches, ont été traités | à un jour fixé de la semaine. Nos auditeurs savaient, en venant, quel délégué ils allaient trouver, à quel genre de dis- | cussion ou d’étude ils allaient participer. Ainsi ont pu se ) former de précieux liens d’intimité et de confiance entre les F camarades qui enseignaient et ceux qui venaient régulièrement les entendre. Les idées n’ont pas été jetées au hasard par des inconnus qu’on savait ne plus revoir, mais présentées avec suite et méthode, longuement discutées, accueillies ou repoussées avec réflexion et liberté. Le lundi (délégué : François Simiand, agrégé de l’Univerï sité) est consacré aux questions économiques et aux études 1 professionnelles. On y a traité des coopératives de pro- \ duction et de consommation en France, en Angleterre, en l Belgique; des syndicats, de leur méthode, de leur organisation, de leur but. Plusieurs militants des syndicats, particulièrement de la Fédération du Livre, ont fait des exposés pratiques: la Fédération du Livre, les conseils de | prud’hommes, les marques syndicales, ete. Les leçons de l’École socialiste sont venues, à partir de mars, compléter et élargir ce programme. in Le mardi (délégué: A. Jardé, agrégé de l’Université) est réservé à l’histoire politique de l’Europe centemporaine. | Le mercredi (délégué : Léon Deshairs, licencié es lettres) { est réservé à l’histoire de l’art. Les séances sont accom- , pagnées de projections. Signalons parmi les sujets traités J architecture à Paris (7 causeries); la sculpture française au | dix-neuvième siècle (5 causeries); les fouilles de Myeènes ‘4 et de Troie. Tous les mois a lieu une promenade dans un musée. Une soirée par moisest réservée à l’audition d’œuvres à musicales, précédée d’une brève causerie : une a été con- d sacrée à Schumann, une à Berlioz, une à Pierre Dupont, A3 Le jeudi (délégué : Louis Lapicque, maitre de conférences D à la Sorbonne) est consacré aux sciences physiques et natu- L Î relles, considérées dans leurs applications. Ces causeries “ sont autant que possible accompagnées d’expériences. Siy gnalons les sujets suivants : Comment doit-on se nourrir
; (6 causeries); le cerveau et l’intelligence (3 causeries); ce que nous devons au Soleil (2 causeries); l’homme et les | Le vendredi, une série de conférences a été faite sous la direction de Gustave Lanson, maître de conférences à la Sorbonne. Elles traitaient des Maîtres de la conscience RC moderne, c’est-à-dire des écrivains qui, depuis le seizième siècle, ont le plus contribué à répandre les idées essentielles qui forment notre conscience. Le samedi (délégué : Frédéric Rauh, maître de conférences à l’École Normale) a été consacré à des questions | de morale sociale : Comment se faire une croyance sociale ? la justice sociale; le droit au produit intégral du travail; le développement de la solidarité, etc. ! Bien que l’Union se soit attachée à présenter des séries de causeries coordonnées, faites pour laisser des notions assez complètes et des souvenirs durables, elle n’a pas négligé de tenir son public au courant des choses actuelles. La loi sur les associations et les questions qui s’y rattachent | (morale des Jésuites, les congrégations et l’enseignement), 4 les jugements du président Magnaud, la mission Foureau, y, le coup d’État finlandais, la question du blanc de céruse, à ont été l’objet de causeries et de discussions. 4 Le dimanche est consacré à des soirées littéraires et mu- ; sicales. Le programme en est infiniment varié. Nous y ik relevons, par exemple : Philoctète, de Sophocle; Orphée, de é Glück; l’Article 330 et le Client sérieux, de Courteline. E 51 Ajoutons qu’un groupe de lecture dramatique s’est formé v parmi les membres de l’Union. Son développement assurera à d aux soirées du dimanche des concours précieux et fidèles. 1 L’Union a fait plus et mieux que de fonder un enseigne- ; ment. Il n’y a pas à l’Université Populaire des élèves et des té professeurs, mais des camarades qui discutent et vivent EX ensemble. On a favorisé à l’intérieur de l’Union l’associal’A tion sous toutes ses formes. Des groupes très divers se L: sont constitués, groupes de camarades et d’amis unis par HS la similitude des occupations et des goûts, attachés les uns ‘Æ: aux autres par la pratique journalière de la vie en comæ mun : groupes pour les soirées dramatiques et musicales,
F pour l’allemand, l’anglais, l’escrime, pour les études pro4 fessionnelles et techniques. D’autres associations déjà for- ’ mées sont venues nous demander asile (groupe des Jeu8 nesses socialistes). Enfin, jugeant stérile l’œuvre d’éducation 4 démocratique qui s’adresse à l’homme et néglige l’enfant, 7 nous avons formé pour les enfants de nos camarades, garçons et filles, un patronage du jeudi. | Notre local tend à devenir l’asile de toutes les œuvres de | propagande démocratique. La Fédération de la Jeunesse , ” laïque a donné dans nos salles plusieurs de ses conférences; les sections de la Ligue des Droits de l’Homme du 1 cinquième arrondissement y sont venues s’organiser; n l’École socialiste, qui exerce en ce moment une action si L: puissante, est venue s’installer dans notre maison. C’est ÿ) | assez indiquer les tendances de l’Université Populaire. A ; L’assemblée générale du 16 décembre 1900 a voulu aflirmer N le caractère rigoureusement laïque de l’œuvre en émettant Î le vœu suivant : « Dans aucun cas, le conseil d’administra- À | tion ne pourra admettre à prendre la parole comme confé- FA , rencier un homme qui, professionnellement, est revêtu | d’un caractère confessionnel. » Elle a inscrit dans les “x statuts la règle suivante : « Les exposés et les discussions : ayant lieu à l’Union seront libres et pourront porter sur toutes les questions politiques et religieuses, à la condition d’être placés sur le terrain rationnel et positif. » Elle a . entendu déclarer par là qu’il n’y aurait pas de questions réservées, et qu’elle réclamait le droit d’investigation rationnelle pour tous les problèmes. ‘ L’Université Populaire du cinquième arrondissement A pense être ainsi restée fidèle au programme qu’elle s’était % tracé et à la mission qu’elle devait remplir. On peut consié dérer qu’aujourd’hui, au point de vue des idées directrices
- autant que de l’organisation matérielle, elle est passée de E la phase des essais et des tâtonnements à celle de la
Sur l’initiative de quelques camarades, une première réunion eut lieu le 19 mars dernier. Les journaux l’avaient annoncée, et cette convocation groupa environ 60 personnes. La fondation d’une U. P. dans le centre du XJ° fut décidée en principe, et une commission provisoire de 15 membres nommée pour rédiger les Statuts, chercher le local, etc. Après quelques réunions de cette commission, nous eûmes une assemblée générale le 12 avril courant; le nom « Voltaire » fut adopté, les Statuts également; une commission définitive fut nommée avec mandat d’organiser. Nous avons trouvé un local, 140, rue Saint-Maur, assez bien disposé pour nos réunions, car c’était précédemment un temple maçonnique. Le loyer est de 820 francs par an, Ë payable par terme et d’avance, plus les impositions.
Nous sommes actuellement 130 membres inscrits, nos ressources seront donc les cotisations de ces membres dont ; nous allons tâcher par une active propagande d’augmenter L le nombre. Nous aurons aussi, espérons-nous, quelques À subventions, et les sacrifices que les plus aisés d’entre nous pourront faire. i Débutant au commencement de la belle saison, il nous
- sera difficile d’organiser sérieusement des conférences dans “ notre local, mais en tout cas nous y ferons des lectures £ suivies de causeries, et nous allons tàcher d’établir une permanence pour qu’il soit ouvert tous les soirs, qu’il y ait conférence ou non. En outre, nous allons essayer des i sorties du dimanche : conférences-concerts à la campagne. : Nous sommes trop nouvellement nés pour avoir des à projets bien arrêtés, mais nous espérons que notre bonne E volonté suppléera à notre inexpérience, et qu’à l’automne ps prochain notre organisation nous permettra de faire
&: Actuellement l’élément bourgeois domine plutôt dans nos . nieurs, employés de commerce, voyageurs); le milieu où
nous nous fondons va, pensons-nous, nous permettre d’y
ES associer largement l’élément ouvrier manuel; c’est le but ja Ceci ne peut encore être qu’un simple avis de naissance. ” L’enfant se porte bien, à nous de le faire vivre! } Au mois de novembre 1900, un appel fait à tous les F a démocrates du douzième arrondissement, réunissait, dans S une salle de la rue Rondelet, une nombreuse assistance, EH venue pour étudier la convenance et les moyens de fonder CA une Université Populaire. | Dès le début de la réunion, on put voir que l’œuvre était f fondée, car l’unanimité des citoyens et citoyennes en Be adopta le principe et, de plus, manifesta sa volonté de faire Ê ; vite et bien. Séance tenante, des statuts furent votés, un Conseil d’administration fut nommé et la date de la soirée fà ; d’ouverture fixée au dernier dimanche de novembre. à 3 À La première pensée de la jeune Université Populaire fut A | d’être chez elle. Dans ce but, elle sous-loua, 8, rue Rondelet, $ un local assez vaste pour contenir trois cents personnes, et n k } s’y installa immédiatement dans ses meubles. Des cotisaÇ tions volontaires, des souscriptions, des dons, émanant à Rv soit de particuliers, soit de sociétés démocratiques, lui \ permirent non seulement d’acquérir le mobilier indispensable, mais encore d’installer une véritable petite scène 7 avec décors, coulisses, etc….., grâce à laquelle il est offert $ aux familles des adhérents des distractions hebdomadaires (IR ‘ où elles peuvent trouver le repos des fatigues de la qe: C’est dans ces détails matériels que se manifesta de af suite l’esprit des nouveaux « universitaires ». Chacun, en HA effet, y mit du sien; les frais, grâce à la collaboration ne d’ouvriers volontaires, furent réduits à l’achat des matières ù 1 La soirée d’ouverture, où nul n’entra sans payer la.
_ cotisation mensuelle, souleva un tel mouvement d’enthou4 siasme, que l’on dut refuser plus de cent personnes, et ; qu’un grand nombre ayant pris leur carte ne purent pénétrer dans la salle bondée. CHR Sous ces heureux auspices, la jeune Université se développa ; maintenant, elle vit et assurera, par le recouvrement de la cotisation de o franc 50 par mois, ses frais généraux, é lorsque, complètement connue, elle aura pu rassembler k autour d’elle tous ceux qui recherchent ce genre d’orga- t Ë Des conférences y sont données trois fois par semaine
- (mardi, jeudi et samedi), par des savants, des philosophes à et des hommes de lettres. k Les soirées du dimanche sont occupées par des représen4 tations ou des concerts. On y donne, avec des pièces gaies, $ des chefs-d’œuvre de la littérature classique et de la ; musique. C’est, il faut l’avouer, une des causes de la réusÉ site de l’Université. Les familles trouvent, dans ces soirées,
- un élément de distraction très précieux pour elles, et un plaisir qui, tout en étant peu coûteux, les éloigne de l’hor__ rible café-concert. Une des causes du succès de la Société fut également son
- caractère absolument démocratique. Tous les adhérents _ participent à l’administration et à la gestion de l’Université. 4 Un Conseil d’administration, nommé pour un an, est, il est …._ vrai, chargé de la besogne matérielle, mais chaque mois, —_ dans une réunion générale, il rend compte de son mandat, —_ moral et financier, Cette action commune des administra_ teurs et des sociétaires crée entre eux des liens constants ÿ … etattache chacun davantage à l’œuvre pour laquelle chacun Î Lorsque la saison d’hiver reprendra, l’Université PopuÀ laire Diderot espère pouvoir ajouter à son service de con- … férences et de fêtes, une bibliothèque avec salle de lecture sur place et de travail, et d’autres services destinés à facil liter à tous l’acquisition des connaissances utiles pour l’émancipation de la pensée. F4 Peut-être même certaines conférences, devenant pério_ diques, constitueront-elles un enseignement d’un caractère à Les Universités Populaires 1900-19017 F véritablement universitaire, peut-être même des cours seront-ils fondés, cours d’enseignement élémentaire ou professionnel. h C’est le secret de l’avenir. “AC Quoi qu’il en soit, l’Université Populaire « Diderot », | quoique jeune encore, a prouvé ce qu’il est possible de faire avec de la volonté, lorsqu’on marche dans la voie du progrès par la science et la raison. | Le Contrat Social, Université Populaire des quartiers La première préoccupation du Comité d’administration à la fondation du Contrat Social, U. P. du seizième, fut non seulement de répandre l’éducation et l’instruction supérieure populaire chez les travailleurs des deux sexes, mais surtout de réunir toutes les classes d’individus, qu’ils appartiennent
aux intellectuels ou aux manuels, afin d’étudier ensemble
tous les moyens pratiques, et de conquérir leur émancipation par la justice et la vérité, les uns en enseignant ce qu’ils tiennent de la science par leurs études antérieures, : les autres en faisant ressortir la valeur de leurs travaux 2 ù souvent méconnus, de leurs souffrances et de leurs misères; de faire de cette façon œuvre utile, en concentrant toutes les forces, et de participer à la création d’une société future, fondée sur le travail. Et comme il considérait que l’alcoolisme est un des ennemis principaux du but à atteindre, il lui fallait un lieu | de rendez-vous autre que chez le marchand de vin; il se mit à l’œuvre, et il réussit, après bien des déceptions, à louer à bail un hangar qu’il agença de façon à pouvoir 12 faire des conférences-causeries ; il installa une petite scène qui lui permettait de donner des soirées on matinées littéraires et artistiques. tee] ! Mais au prix de quels efforts est-il parvenu à ce résultat ! | Chacun apporta sa part de labeur, soit au point de vue pécuniaire, soit au point de vue manuel. Le
rs Et Jon peut voir aujourd’hui au 12 de la rue Herran, dans cet arrondissement qué l’on dit pourri par le cléricalisme et le capital, un local affecté à une université popu- | laire, association autorisée, et gérée par un Comité d’administration et deux sous-commissions, qui ont à charge, l’une d’organiser les conférences des mercredis et vendredis de chaque semaine, l’autre les soirées et matinées littéraires et artistiques. En outre une Bibliothèque composée de trois cents volumes est à la disposition des sociétaires, les jours de conférences. Quant aux ressources du Contrat social, elles ont été jusqu’à ce jour composées de dons, quêtes et cotisations : mensuelles ; le Comité ne pourra bien les établir qu’à la fin de cette année, attendu que notre association n’a que six mois d’existence, et est encore à la période de } C’est pourquoi avant de songer aux projets pour l’hiver prochain, le Comité se préoccupe de cet été. 11 ne croit ù pas pouvoir établir l’année des U. P. comme l’année scolaire, c’est-à-dire d’octobre à juillet. Il croit très utile à l’œuvre de profiter de la belle saison. IL est certain que les travailleurs, par exemple du _ bâtiment, s’ils ne chôment pas, font de toutes petites journées en hiver, et leur travail fait en plein air, à la pluie, à
- la neige et au froid, ne leur donne pas à cœur de quitter | le soir leurs logis, où règnent souvent la misère et la faim, _ sice n’est les maladies. A Les travailleurs de l’atelier font des veillées, quittent
- leur travail fort tard, et ne peuvent par conséquent assister _ à nos réunions, ou alors nous leur demanderions beaucoup trop, et leur dévouement à la cause ne peut aller jusqu’à
- faire abnégation de leurs fatigues ou de leurs peines. n \ Le Comité espère que malgré l’habitude des intellectuels ‘ __ de finir leurs travaux au mois de juillet pour rentrer en “ vacances, et aller se reposer de leurs études, soit à la A campagne, soit aux bains de mer, que certains d’entre eux FI rompront avec l’usage et viendront en été discuter avec … le travailleur beaucoup plus heureux, car les journées sont ‘4
longues, le soleil est chaud, et le chômage beaucoup moins Ÿ
À Et c’est là que nous serons heureux de constater que les à intellectuels ont aussi bien la volonté pratique quel’énergie A L’Éducation sociale de Montmartre He: La marche de notre U. P. qui a été créée en mars 1900, Ë 4 à s’est poursuivie très régulièrement.
- À Le nombre de nos adhérents s’est notablement élevé, car … ni aux cartes personnelles sont venues se substituer peu à LT peu des cartes de famille, C’est ainsi que l’U. P. comporte Re aujourd’hui cent quarante cartes personnelles et cent vingt A” cartes de famille. Si l’on compte que la carte de famille ÿ ë correspond à au moins trois personnes, on peut dire que FA Des conférences suivies ont été organisées; elles ont ro parfaitement réussi, et nous persistons à penser que c’est A là la méthode qu’il y a lieu d’appliquer généralement dans 5 l’organisation des conférences. ; h f Les conférences ont lieu les mardis, jeudis et samedis. Le Tous les quinze jours, le samedi, la conférence est rem. placée par une soirée musicale et littéraire. de 5 Les lundis et vendredis ont lieu des cours de photograDS phie et de sténographie auxquels viendra s’ajouter bientôt … ee un cours de musique. 7 À Quelques sections de syndicats ouvriers ont établi des 4 réunions hebdomadaires dans nos locaux. SA RE La bibliothèque est ouverte tous les soirs, sauf le. en Nous avons organisé le mardi de chaque semaine, l’après— A: midi, des réunions consacrées à des questions intéressant. Re particulièrement les femmes. Les conférences, faites € D
général par des femmes, sont suivies de lectures et de À musique. La réunion se termine à l’heure où les enfants sortent de l’école. Les réunions de jour ont l’avantage de permettre l’accès de VU. P. à des femmes, que leurs occupations de famille va retiennent le soir à la maison. JE Elles resserrent les liens d’intimité qui unissent tous les “4 Nous n’avons rien à ajouter aux indications données à dans la notice de l’année dernière en ce qui concerne * La Maison commune, XIX° arrondissement à Notre U. P. doit sa naissance à la collaboration de quelques ouvriers socialistes et de quelques bourgeois du B. « modèle » qu’on a coutume d’appeler désormais des intellectuels. Pendant les hésitations et les lenteurs inséparables de la création d’une œuvre que nous voulons forte et durable, nous eùmes la bonne fortune de rencontrer le concours d’une œuvre d’enseignement du quartier. Armés ainsi contre les difficultés matérielles et contre les i découragements passagers, nous pümes réunir à notre S séance constitutive, qui eut lieu en octobre 1900, une quarantaine de militants dont le dévouement ne s’est pas démenti. De ce jour date l’organisation de l’U. P. dirigée par un comité de quinze membres, moitié ouvriers, moitié bourgeois. On vota les statuts, d’après le modèle proposé par la Société des U. P. Enfin grâce aux dons que nous S avions recueillis, on put arrêter un local qui serait bien à nous, une grande boutique de la rue Mathis, tout proche $ Les travaux nécessaires furent faits pour l’approprier à À ; sa destination, et notre salle prit un aspect clair et gai 4 tout à fait engageant.
\ Désirant faire de notre inauguration une solennité ( publique et… grandiose, nous décidàmes qu’elle aurait lieu x non dans notre local que nous jugions trop étroit, mais : dans un préau d’école, et le 9 décembre, sous la présidence de M. Louis Havet, nous eûmes la grande joie de voir plus de mille personnes venir applaudir notre concert, qui fut splendide, et l’exposé de notre programme fait d’une façon magistrale par M. Havet.
Nos conférences commencèrent le lendemain rue Mathis, et dès le mois de janvier elles devinrent quotidiennes. Certaines furent très brillantes. Nos conférenciers abordent
| tous les sujets: philosophie, histoire, littérature, économie politique ou science ; autant que possible nous les organisons en séries. Nous avons aussi des cours réguliers de dessin et de couture pour les jeunes filles et les femmes, de récitation pour les hommes.
Les samedis sont scrupuleusement réservés à des soirées
’ littéraires et musicales, organisées pour la plupart avec nos propres ressources. Nous y sommes simultanément acteurs, musiciens, metteurs en scène, régisseurs.… ete. La faveur du public a jusqu’ici récompensé nos efforts d’une
| façon presque inespérée.
Le nombre de nos adhérents est resté à peu près de 250,
| dont 100 familles. Celui des auditeurs varie considérablement suivant la nature des conférences. Les fêtes du samedi seules remplissent régulièrement notre salle qui
: Le dimanche après-midi les enfants des membres peu-
- vent venir s’amuser au patronage. L’été, on les conduira | faire des promenades. Nous avons organisé aussi pour les grandes personnes des promenades instructives ou sim-
A la suite d’un incident l’assemblée générale s’est pro-
| noncée d’une façon formelle contre toute politique de parti.
La libre discussion des opinions a créé entre nous une estime mutuelle, et le titre de « camarade », échangé par
Û tous, traduit bien la cordialité des relations qui règne dans
Fondation Universitaire de Belleville F | La F.U. B. n’est pas à proprement parler une U. P.: Créée par un groupe d’étudiants, organisée d’ailleurs bien- , tôt par la collaboration progressive des adhérents ouvriers — elle s’est proposé un double but : 1° créer des relations Ÿ | decamaraderie entre ceux qu’on est convenu d’appeler trai vailleurs manuels, travailleurs intellectuels; 2° créer un enseignement populaire universitaire, c’est-à-dire fondé sur les principes mêmes de l’Université: études méthodiques et | recherches personnelles ; — collaboration du maître et de l’élève. Toute l’organisation de la F. U. B. a été dès l’abord | conçue en vue de ce but ; il convient cependant de mettre en relief deux organes qui, chacun de son côté, y répondent plus particulièrement, et par suite constituent l’originalité 3 de la F. U. B.: les résidents et les groupes d’études. ; des « résidents » et l’on s’est étonné de l’importance que s nous attachions à cette création. L’article 8 de nos statuts 4 dit en effet : « Le rouage le plus important de l’association, à le groupe des résidents, est formé soit par des étudiants qui veulent se mettre au courant des questions ouvrières, soit É par des étudiants ou ouvriers étrangers qui désirent troua ver à Paris une amicale hospitalité, soit par des ouvriers rl membres actifs de l’association depuis plus d’un an, admis k: par le Comité exécutif, et voulant entreprendre un travail he déterminé, » Ce qui constitue la fonction de « résident », , ce n’est pas le fait d’avoir sa chambre, « de coucher » à x la Fondation: cela, c’est une facilité donnée à l’étudiant k qui habite, comme il arrive le plus souvent, le centre de Paris ; qu’il en profite ou non, peu importe; il suflit qu’il ÿ soit, — pendant le laps de temps qu’il s’est fixé, — présent tous les soirs. Le résident est d’abord au point de vue L matériel, administratif, une sorte de gérant chargé de veil4 ler au fonctionnement de l’association et à la bonne tenue de toute la maison ; de contrôler les recettes de la buvette, sa Les Universités Populaires 1900-1907 x la rentrée des cotisations, ete. Il doit d’autre part présenter (2 les conférenciers, pourvoir à leur remplacement quand ils A0 sont empêchés — ou au besoin les suppléer. Mais son prinDR cipal rôle est celui-là même qui répond au premier but de la F.U.B., j’entends la formation de relations d’amitié si entre tous ses membres, et, comme il est naturel, plus spéÀ cialement entre les deux éléments qui la composent, les à ouvriers et les étudiants. C’est lui en effet qui « reçoit » les LE nouveaux arrivants, leur fait visiter le local, les présente 10 aux camarades présents, les renseigne sur la vie et l’orgaà nisation de l’association. hi « Le résident enfin est cette figure connue et bien vite Ds amie, que nos camarades ouvriers retrouvent chaque soir, ÿ que nos camarades étudiants connaissent pour la plupart. à »? Le résident va voir ceux de nos adhérents qui sont malades; î ô ilrencontre les autres ici ou là, à l’heure des repas, dans i
- ses courses ; tel ou tel d’entre eux l’invite à venir causer | ÿ | chez lui. Il est l’âme de notre association. » Depuis la 4 création de la F. U. B., les résidents se sont succédé {| \ sans interruption. Tous ont emporté de leur séjour des $ impressions durables; aucun n’a quitté sa chambre sans ù une profonde émotion. Mais parmi eux l’un des plus atta- | chés à la Fondation est certainement un camarade ouvrier La qui, sur la lecture d’un journal parlant de la F. U. B., était Ve venu de Londres, où il travaillait, chercher parmi nous une J 4 solide éducation intellectuelle qui en lui donnant la possi- : bilité d’entrer dans le métier des lettres auquel il se sentait “400 destiné, lui permit de remplir le rôle social qu’il ambition- ; nait. — Il devait trouver à la Fondation, outre des amiWe. tiés profondes et sûres, le moyen, par la discussion sérieuse SAR et le contact incessant avec des hommes d’éducations et de or vies très diverses, d’enrichir le fond de ses connaissances,” A d’agrandir le champ de ses observations. Il est certes à % en souhaiter que le fait se renouvelle; mais dût-il rester . ns * isolé, la F, U. B. aurait trouvé là une de ses meilleures : Le: Groupes d’études. — Nous entendons par là la réunionun à ” jour fixe par semaine de tous les camarades qu’intéresse un Æ ordre particulier de questions. Les sujets sont passés en
__ revue méthodiquement suivant un programme fixé à n. L Javance et discuté par chaque groupe dans sa première “#4 É séance. Quelques jours avant chaque réunion un résumé % 4 autographié de la conférence est remis aux camarades, à ù ce qui permet aux auditeurs peu familiers avec l’ordre des be questions qu’on traite tel soir de suivre plus aisément 4 la conférence, et, à ceux qui ont déjà une certaine prépa- e Le ration, d’étudier la question au préalable, de faire quelques : F: lectures spéciales et d’apporter à la discussion qui suivra à …_ l’exposé des arguments müris. Les groupes d’études de la ÿ ganisation des études supérieures, à la Faculté des lettres “ parexemple, et surtout à l’École pratique des Hautes Études. _ Il convient de noter ici que tous les groupes n’ont pas eu À 4 le même succès. On peut en effet à ce point de vue les ch ; classer ainsi: groupe d’études philosophiques, — éconoJ miques, — artistiques, — historiques, — scientifiques, — A côté des groupes d’études, il importe maintenant de signaler une initiative qui s’est produite cette année : un j groupe de camarades — six ou sept — conviennent de se à réunir une fois par semaine pour étudier à fond, soit un L , sujet qui les touche particulièrement mais qui est trop spé-
- cial pour intéresser tous les membres de l’association et ._ rentrer dans le programme d’un groupe d’études, soit, …—. comme il est arrivé pour le groupe dont je parle, une
- œuvre dont il était brièvement question et qui a été simplement signalée dans-une conférence. 4 Un groupe de ce genre n’a pas nécessairement une durée permanente : il se dissout de lui-même quand il a achevé
- l’étude en vue de laquelle il s’est constitué. Et c’est là très ÿ exactement ce qui se passe dans ces « University’s sett- —_ lements » qui ont servi de modèle à la F. U. B., et notam- | +1 ment à Toynbee-Hall, où nous trouvons une « Toynbee | à Elizabethan Society » (groupe pour l’étude de la littérature k
- du règne d’Élisabeth), une « Toynbee Shakespeare Society » | - (groupe pour l’étude de Shakespeare), etc. | % Conférences. — Un jour par semaine est réservé aux KE
4 récits de voyages, conférences de propagande, données par : diverses sociétés (Ligue contre la tuberculose — Société pour 4 l’arbitrage entre nations ; — contre le blanc de céruse, etc.) ! D. Bibliothèque. — Environ 2.600 volumes, — prêts du
u 400 romans, 54 livres de philosophie, 51 de sociologie, 29 de sciences; — la moyenne des prêts par mois est de 175 voÛ lumes. Jeudis scolaires. — Fondés l’an passé par un de nos
£ camarades, réorganisés cette année sous la direction d’un “ comité de dames membres actifs de l’association, ils réunis- | sent les enfants des adhérents moyennant une cotisation de ÿ 20 centimes par mois pour chaque enfant; — des leçons de F lecture, de chant, occupent l’après-midi; on apprend à faire : des fleurs en papier, on regarde des projections et… on 4& goûte. Les jeunes membres actifs sont au nombre de 59. É Groupe d’aide mutuelle. — Ce groupe a pour but de pro- j : curer à ses membres un secours en cas de maladie; con- ; stitué par des camarades au sein de l’association, il s’admiy nistre lui-même et possède naturellement un budget 4 indépendant. Créé le premier janvier 1901, il compte actuel- { lement 3; membres. Au début, pour constituer un fonds de E4 réserve les adhérents ont versé 1 franc par mois, puis la
4 cotisation a été abaissée à o franc 50. Voici son bilan A4 3 versements ont été faits : l’un de 10 francs 60, l’autre Eu de 52 francs 50, le troisième de 31 francs 50 — ce qui fait w: un total de 9% francs 50. à Local, — La F. U. B. est « chez elle » : une maison avec d jardin. Au rez-de-chaussée : salle de conférences (150 places) fi # buvette, une chambre de résident. Au premier : bibliothèque, ; salle de lecture (revues, périodiques divers), salle de rêu-. 4 nion. Au second, trois chambres, l’une contenant un billard, } les deux autres servant de chambres de résidents. Enfin n. une salle de théâtre occupe une aile séparée.
Ressources financières. — Elles comprennent : I. Les cotisations des membres actifs (0,50 par mois ou 6 francs par ax) encore insuffisantes malheureusement pour permettre à la E. U. B. de vivre par elle-même. — II. Les cotisations de membres honoraires, les unes fixes (minimum 10 franes), les autres sous forme de dons. — III. La buvette, dont les . recettes jusqu’ici indépendantes et servant à organiser des « thés », un peu luxueux, rentrent désormais dans la caisse générale, et fournissent un boni de 50 francs en moyenne | | par mois. Projets. — Divers projets sont à l’étude ou en voie de . | réalisation : I. Au point de vue intellectuel et social G 1° création de cours professionnels, pour les ouvriers méca- | niciens entre autres. 2° Organisation dans les salles de la FE. U. B. d’expositions artistiques grâce au concours déjà assuré de grands artistes contemporains. 3° Pour la saison d’été, excursions aux environs de Paris. — II. Au point de vue de la propagande et du développement des ressources financières : 1° Création d’un journal périodique, soit spécial À à la F. U. B., soit partagé avec d’autres U. P. et vendu aux 3 dans le sens d’une coopérative de consommation. L Résultats acquis. — La F. U. B. dont l’élaboration ] remonte à la fin de 1898 a ouvert ses portes le 5 no- À vembre 1899. Le 28 mai 1900, trop à l’étroit dans le petit ? pavillon du 151 de la rue de Belleville, elle s’installe au 19, à dans le local actuel. Aujourd’hui, à la fin d’avril 1901, elle N . compte 753 membres (dont 470 ouvriers, 181 étudiants et 122 membres honoraires) et 59 enfants. Deux réunions : importantes l’ont fait connaître à Belleville et au quartier latin : l’une, organisée avec le concours d’artistes de la Comédie-Française, de l’Opéra, de l’Opéra-Comique, de l’Odéon, etc., et précédée d’une causerie de M. Chantavoine, ‘M a réuni plus de 300 Bellevillois. L’autre, dans l’amphithéâtre 4 Descartes de la Sorbonne, a groupé 500 étudiants qui, après l’appel de notre camarade Ch. Charpentier exprimant avec | une simplicité noble et forte le sens de l’action que nous ù prétendions exercer à Belleville, la grandeur des leçons 1 que nous y recueillions, ont applaudi l’allocution de
7 M. Ernest Lavisse disant, en des paroles que la plupart des nv journaux ont reproduites, la « nécessité d’un progrès vers 4 un moyen d’y tendre efficacement. de C’était là un précieux encouragement : il en est un x meilleur encore pour les membres de la F. U. B., c’est de W se savoir amis, de l’être devenus peu à peu, par le contact NE incessant et la diseussion loyale, de le devenir chaque jour . 5 LE, plus intimement. C’est là la raison de notre confiance en
à / l’avenir : la fondation universitaire vivra, parce qu’elle est
ns” une maison de travail et d’amitié, et n’est que cela. l ! La Semaille, XX° arrondissement Er La Semaille fut inaugurée en juillet 1900 au préau de rs, l’École de la rue des Pyrénées (près celle de Ménilmontant) É sous la présidence de M. Duclaux et avec le concours du us poète Maurice Bouchor. Elle est, je crois, la dernière née 1Ÿ de toutes les U. P. de Paris. Son noyau fondamental était FA composé de mécaniciens. Depuis, le nombre des adhérents { étant de 238, tous Les corps de métiers sont à peu près repréA sentés. De suite la Semaille s’installa, au 13 de la rue du 1040 Cambodge, dans un local composé de deux pièces; celle (ts d’entrée réservée au bureau ainsi qu’à la bibliothèque 108 (contenant environ 800 volumes et brochures), et l’autre, XF plus grande, servant de salle de conférences et de lieu de 8 x Notre université fonctionne sous la direction d’un secréDir taire assisté d’un sous-secrétaire ainsi que d’un trésorier, Fr 4 Plus un conseil, composé de trente membres, sesubdivisant ‘128 en commissions, s’occupant de l’administration. Malgré ça, 10e chaque membre a l’obligation morale de s’occuper des intéut « rêts communs, et par ses actes de contribuer au bon fonc- … ? CR tionnement de notre association. “ A7 Jusqu’à présent, sauf au début un don (400 francs je pe crois), la Semaille a pu subvenir à ses besoins parsesseules
_ ressources provenant des cotisations de ses membres à rai- de son de o france 50 par personne et o franc 75 par famille. ] 3 008” î Nous n’avons pu jusqu’à ce jour donner à nos camarades __ que trois conférences par semaine : les mardis, jeudis, ie: _ samedis. Ces conférences sont tour à tour historiques, | philosophiques, sociologiques, scientifiques. En plus, une _ soirée de dimanche par mois est consacrée aux concerts £a k” musicaux de M. de Solenière. Des matinées et des soirées ré. _ , enfantines ou amicales réunissent souvent tous les cama- &
Jusqu’ici, les difficultés de l’heure présente et le peu de ,
- temps que nous pouvons consacrer à la Semaille ne nous ont pas permis d’établir des projets pour l’hiver prochain. | Mais que les camarades se rassurent, nous tächerons tou- jours de faire mieux. Déjà nous organisons une petite troupe théâtrale qui pourra bientôt divertir en instruih saut 4 Tout notre dévouement est acquis à cette œuvre qui … nous est chère, et de ne pas nous sentir seuls dans notre 1 marche vers l’émancipation nous donnera le courage pour _ la mener à bien.
4 L’Émancipation de Vincennes, Vincennes 4 « L’Émancipation de Vincennes » a ouvert ses portes dans « une saison assez peu propice aux conférences, en plein
- été, au mois de juillet 1900. Cette raison, jointe à ce que nous nous trouvons dans un local maçonnique, n’a pas peu “ contribué à nous faire végéter pendant quelques mois. À Bien qu’au début le nombre des cotisants s’élevät à cin- …_ quante environ, chaque samedi une dizaine d’auditeurs se …_ pressaient dans la salle qui précède le grand local de la
- Loge où nous avons depuis donné des matinées. Ÿ “4 La fête d’inauguration, qui eut lieu au mois de novembre, “ a été un grand succès pour les idées avancées, succès auquel %
- il était assez difficile de s’attendre au milieu d’une popu- j —…_ lation cléricale et militariste comme celle de Vincennes. L
vs Depuis nous avons toujours été en augmentant, sauf pen- % dant la période de mauvais temps. Nous avons dit que l’Émancipation de Vincennes se | réunit dans le même local que la Loge maçonnique; elle EUR en est cependant indépendante, ainsi que de tout autre groupe politique de la région. EHe a été autorisée par le préfet de police, un mois après son ouverture. : Pendant la saison d’hiver, les conférences ont eu lieu le mercredi et le samedi soir; depuis la fête d’inauguration ; une matinée a été donnée régulièrement le deuxième « 28 dimanche de chaque mois. Nous avons eu aussi une visite b à l’Institut Pasteur, une conférence au Musée du Louvre, ci enfin une visite à l’usine à gaz de Saint-Mandé. L’été, les conférences auront lieu le samedi soir seulement. { Malgré le nombre croissant des adhérents, les cotisations
- ne suffisent pas à assurer l’existence de l’Émancipation de Vincennes. Une moyenne basée sur l’expérience des mois Ù écoulés nous permet de compter sur cent cotisations mensuelles, c’est-à-dire sur une recette annuelle de 600 franes. | Comme les dépenses dépassent 1.000 francs, c’est done quaï rante francs qu’il nous faut retrouver chaque mois, soit par ; subventions, soit par dons, ou encore en tâchant de réduire j les dépenses, soit en demandant un local à la munici- « palité, ce qui supprimerait les frais de loyer, de gaz et | de chauffage, soit en faisant les conférences moins frér quentes. k Mais ce n’est pas tout de vivre, il faut progresser. Nous d avons pour l’hiver prochain un projet de décentralisation x que pourraient adopter aussi nos camarades d’autres U. P. A de banlieue, — s’ils se trouvent, comme nous, au milieu à d’une population indifférente qu’il faudrait presque aller k chercher à domicile. Nous avons l’intention, au lieu de
donner toutes nos conférences à Vincennes, d’en organiser
Ç x aussi dans le canton, à Saint-Mandé, à Fontenay-sous-Bois. % ’ Parmi les camarades qui assisteraient à ces réunions, il y Ke en aurait cerlainement qui s’intéresseraient à notre œuvre NL : et qui viendraient grossir le nombre de nos adhérents. C’est, à croyons-nous, une question à étudier.
Ce que nous disions de « Germinal » au mois de juin | dernier, dans la notice parue dans le bulletin n°2 de la Société des U. P., n’a guère changé depuis; notre public * ; est presque exclusivement ouvrier et notre programme est _ de faire œuvre d’éducation mutuelle, laïque et sociale. d Pourtant, depuis le mois de juin 1900, notre champ s’est Ë D’abord « Germinal » a organisé une grande fête cham_ pêtre à laquelle ont été conviées toutes les U. P. de Paris
- et de la banlieue, et cette fête a eu un succès tel qu’il a dépassé toutes nos espérances; ensuite, Nanterre a élu une …_ municipalité cléricale, militariste, nationaliste, et ces deux
- causes réunies, succès de la fête et nomination de la nou- . _ velle municipalité, n’ont pas peu contribué à nous créer
- des difficultés. Craignant, nous ne savons trop pourquoi, | notre réussite rapide à Nanterre, les Sœurs, qui tiennent « une école libre, louèrent cinq locaux vacants dans l’immeuble où se trouvait notre siège social, et parmi ces
- locaux ce dernier : d’où notre expulsion. ÿ Nous voilà donc sans domicile, et ne trouvant aucun “ propriétaire consentant à nous louer. Ce n’est qu’après b deux mois de recherches que nous réussimes enfin à trouÉ: ver une maison entière qu’on nous loua pour la somme à annuelle de 600 francs. È Ce local se composait d’un rez-de-chaussée de trois pièces | et une cuisine, et d’un premier étage de quatre pièces. Un k petit jardin d’agrément devant, un grand jardin derrière, … enfin un sous-sol de plain pied avec le jardin de derrière ‘ complétaient l’immeuble. 3 Un camarade sous-loua le premier étage pour lui et sa famille, et nous pûmes ainsi nous établir d’une façon jusqu’à un certain point coopérative; notre camarade bé- néficiant d’un loyer très modeste pour l’emplacement dont il disposait, et nous, ayant l’avantage d’avoir quelqu’un à … demeure qui pût entretenir le local, et dont la femme d ! #“
it voulüt bien s’occuper du service de la bibliothèque et du th prêt à domicile. | De deux des pièces du rez-de-chaussée nous fimes une
“3 salle de conférences en abattant la cloison: la troisième ù nous sert de bibliothèque. Enfin, nous espérons sous peu
) utiliser le sous-sol pour y créer une buvette de tempé-
5 rance; nous comptons dès les beaux jours pouvoir disposer
; dans le jardin des jeux de boules, quilles, tonneau, ete. !
Nous avons actuellement 135 membres ou familles adhé- w rents, dont 50 membres actifs.
| Nos conférences ont lieu deux fois par semaine et sont suivies par un public régulier de 30 à 4o camarades. Ce nombre monte quelquefois à 60 ou So quand les sujets
H traités intéressent plus particulièrement notre publie. Sur … ce nombre nous avons un bon tiers de public féminin. !
, Enfin, deux fois par mois, nous donnons des matinées musicales et littéraires qui sont très suivies; tous les di-
” manches soir ont lieu des veillées familiales auxquelles chacun contribue, soit par une lecture, soit par une
Nous organisons en ce moment des cours de dessin et de k, solfège gratuits pour les membres et enfants des membres de l’U. P., et sous peu nous aurons des concerts-confé- | rences sur l’histoire de lamusique. g Ce qui, à notre avis, est des plus intéressants, c’est l’intimité des rapports qui se sont créés entre « Germinal » et « la Ruche », société coopérative de consommation de Nan- » terre. Outre le ferme appui matériel et moral que nous - À prêtent les camarades administrateurs de « la Ruche », ces - k derniers se sont encore adressés à nous pour l’organisation … F, de leur matinée annuelle, ce qui leur a permis de suppri- | mer quelques-uns de leurs numéros genre café-concert, peu … ! faits pour développer les goûts et les sentiments du publie, « | et de les remplacer par quelques beaux vers dits par Mau-. 14 rice Bouchor, une conférence du camarade Charles f Guieysse, et une piécette de Courteline jouée par les cama-. rades de « Germinal ». Le côté qui laisse certainement le plus à désirer de notre m0 | petit groupement, c’est le point de vue budgétaire, car nos
” 1 frais d’installation et l’augmentation de nos frais de loyer 3e we _ sont durs à couvrir, mais nous avons bon espoir et bonne ? confiance et sommes persuadés qu’avec ces deux facteurs “EN fe on arrive à tout. & L’Université Populaire de Puteaux s’est constituée au mois k: de novembre 1900, date à laquelle le développement de ces BE œ institutions était déjà’très prononcé. À }: : _ Quelques camarades s’étaient entretenus à ce sujet, et À . J’avis était général que la création d’une U. P. à Puteaux À. à avait toutes chances d’aboutir à un bon résultat. 1 Une grande réunion fut organisée dans la salle des Fêtes À de la Revendication, Société coopérative de-consommation, pit. pour recevoir les adhésions. Sans donner les résultats que ” nous étions en droit d’espérer, nous recueillimes néanPEN moins une trentaine d’adhérents. C’était, à notre avis, plus S que suffisant, et l’U. P. était fondée avec cette nuance, tou_ tefois, que nous étions, comme les vagabonds, sans domi- $ cile connu, les lois fondamentales de la propriété ne nous 4 permettant pas de considérer comme tel la salle à manger æ qu’un de nos camarades voulait bien nous prêter et qui, 4 d’ailleurs, était notoirement insuflisante. Enfin, après S avoir fouillé dans tout Puteaux, nous finimes par décou- ‘4 vrir un hangar à charbon qui nous parut faire merveilleupe sement notre affaire, vu la modicité du prix de location. fi Après lui avoir fait subir de nombreux lavages et passé
. quatre couches de chaux sur les murs, nous nous y instalÿ lâmes et nous y sommes encore, avec l’espérance d’en
é sortir le plus rapidement possible. Nous sommes aujourŒ d’hui 125 adhérents et ce chiffre va en progressant graduel4 lement. +4 ni Nos ressources financières se composent purement et de. simplement de nos cotisations, notre U. P. ne comprenant 7 jusqu’ici que des ouvriers; les quelques éléments bourÆ: geois qui peuvent exister à Puteaux sont d’un cléricalisme 4 Toutefois, nous sommes convaincus que nous pouvons
| Les Universités Populaires 1900-1907 its vivre, étant donnée l’agglomération ouvrière à Puteaux, par lenombre d’adhérents. Maïs, pour cela, il est indispensable « V2 que nous trouvions un local convenable où nous pourrons :4+088 donner des fêtes et matinées le dimanche après-midi, pour ce k attirer à nous les dames et les enfants. Au sujet de ces ” en. derniers, l’institution d’un patronage laïque par l’U. P. es. nous paraît strictement nécessaire. pie A, En résumé, nous regardons l’avenir avec confiance. L’es- ‘48 prit dominant dans l’U. P. est très large; on y diseute YF toutes les questions, et des opinions bien des fois contrans dictoires sont émises sans se départir de la plus entière #| à courtoisie et avec la volonté d’arriver à s’entendre. 08 Le Nous sommes d’ailleurs tous convaincus que parmi les 1” *% 1 organisations existantes, seules, les Universités Populaires, 01 dégagées de toutes coteries politiques et de tout sectarisme, 14 peuvent préparer des hommes véritablement dignes de la 172 cité libre et juste de l’avenir.
“ER La Vérité, Levallois-Perret % AE j Admirateurs fervents de l’œuvre des U. P., conscients du 1 bien qu’elles peuvent faire dans nos milieux travailleurs x; da et pensant qu’il n’y avait pas de raison pour que Levallois_ - Perret restât en dehors de ce beau mouvement de progrès Le social créé dans la grande cité parisienne, entre quelques À 1e camarades que les événements de ces dernières années A ; avaient fait se connaître et s’estimer, nous avons fondé en 11 La longue période électorale qui survint peu de temps : 254 après retarda beaucoup notre première organisation, si ü È bien qu’en été étant encore trop peu nombreux pour solliPNR citer le concours de conférenciers, nous fimes appel aux à Mar. amis de bonne volonté, et à tour de rôle, pour intéresser € À la séance, une causerie était faite par l’un d’eux, toujours SR très écoutée, et motivant même parfois un échange d’idées L hs 44 général. En automne, après notre belle matinée d’inauguLu ration, à laquelle assistaient plus de sept cents personnes, à Que, bon nombre d’adhésions nous furent acquises et, de plus, = i ln] , nous étant fait connaître d’un bon publie, nous commen M gr nes, après annonces faites, la série de nos conférences | y CRE ne hebdomadaires, étant alors assurés du précieux concours | A fat . des hommes qui se sont dévoués à la cause de l’enseigne- \ LENS fe Depuis cette époque, la moyenne d’auditeurs à nos st . séances a varié de quarante à quatre-vingts. MA Nous fonctionnons donc normalement, et même légale- } LS | L’impossibilité de trouver jusqu’à présent dans les pri Mr ne prix RER ! | | ‘Bpe sibles pour nous un local à notre convenance, nous (THIS More à rester encore pour quelque temps les locataires 1 à du café Moderne, où nous avons, il est vrai, une belle salle ; ‘ à notre disposition pour les jours qui nous conviennent. Fe Rte cotisations sont fixées à 50 centimes par membre et ; à:
- pipe mois, ou 75 centimes par famille. “is “4 Nous sommes cent vingtinserits mais nous ne pouvons % … guère compter que sur quatre-vingts pour la régularité du ! _ Voilà donc l’état de nos ressources; si elles ne sont pas | élevées, du moins elles suffisent présentement à couvrir y: on, nos frais. d Nous n’avons jusqu’à présent qu’un jour de conférence par semaine, le mercredi. Nous devons nous réunir en % ssemblée générale tous les deux mois. Puis nous organi_ sons des matinées littéraires et musicales, le plus artistiques _ possible et absolument gratuites, en adoptant toutefois le | système de quête, qui est très bien reçu, et couvre un peu à nos frais. Ces matinées ont un succès très grand : trois
- cents personnes assistaient à la dernière. Les résultats obtenus jusqu’à présent et l’aceueil fait à Din otre œuvre dans certain milieu, nous permettent d’espérer à ke une certaine réussite dans l’avenir, surtout si nous savons _ dé ployer l’action désirable pour cela. Aussi avons-nous à . l’intention de redonner une grande fête en automne dans ‘4 le nouvel immeuble de l’Alliance des Travailleurs, société | coopérative de Levallois-Perret. à LE ais nous désirons donner un second jour de conférence h dans la semaine, quand même nous devrions rester où nous k é
;. ip sommes actuellement, mais nous espérons bien d’ici là Rs trouver un local, ce qui nous permettrait de nous installer te chez nous et d’atteindre par cela même le but que nous “E poursuivons tous, qui est, nous croyons, d’offrir à nos amis 1 un lieu de réunion où l’on trouve le bon enseignement qui d ul”: réconforte la raison, et la saine distraction si nécessaire à Nous regrettons infiniment que les idées de solidarité et Le d’humanité ne suscitent pas dans l’élément laïque des « dévouements et des générosités semblables à ceux dont É bénéficie l’élément religieux. Notre section en sait Pr quelque chose, malheureusement, car notre fonds social est 4 si pauvre que nous ne savons comment nous ferons pour C entreprendre la campagne de l’hiver prochain. Mais ilnya que la foi qui sauve, disent les chrétiens, et comme nous k avons la ferme volonté de travailler quand même pour le | développement intellectuel de nos concitoyens, nous irons Mais cela sera dur! Notre commune est certainement une ANS des plus réfractaires aux idées de solidarité, étant habitée À en grande partie par des employés, dont vous devez connaître la marque distinctive, qui est le j’m’enfoutisme le
- plus invétéré. ï Mais il est inutile que je m’étende plus longuement … à sur ce sujet. ; À ù Les locaux publics de la commune étant peu nombreux
- et fort chers de location, nous avons été obligés de nous …
- confiner dans la salle de la Loge maçonnique de la Garenne. | C’est fort regrettable, attendu que nous voulions, lors de td notre création, donner nos conférences sur tous les points a de la commune dont le territoire est très grand, ce qui, e du reste, croyons-nous, est une des causes de notre peu de É succès jusqu’à ce jour. Me. TIMES D’autre part nous ne pouvons faire aussi bien que nous “A le voudrions afin d’attirer un plus grand nombre d’au
#5 diteurs, nos ressources ne consistant uniquement que dans j’ Re . les cotisations de o franc 50 que nous versent, plus ou moins :3°08 _ régulièrement, les quelque soixante adhérents que nous : sommes parvenus à recruter avec tant de peine que nous 4 ne pensons pas voir ce nombre augmenter beaucoup. es D’où il résulte qu’ayant peu d’argent nous ne pouvons MP multiplier les conférences gratuites, lesquelles, la semaine, “ sont presque totalement délaissées par la population, ce sr qui nous oblige à faire surtout des fêtes familiales, le ‘ RCE 24 dimanche, lesquelles tout en nous couvrant presque des | frais qu’elles occasionnent, nous donnent au moins la “Ris satisfaction d’avoir du monde. Cet auditoire est, ilest vrai, ne composé en grande partie d’indifférents, venus pour : s’amuser plutôt que pour s’instruire, mais que l’éloquence É ‘ de nos conférenciers parvient tout de même à secouer de à - leur torpeur en les obligeant à réfléchir sur des questions x qui peuvent développer chez eux des sentiments qu’ils 4 ignorent encore. 1 ï En somme, depuis notre fondation (novembre 1900) jus- ; ( qu’au 12 mai prochain, nous aurons eu douze réunions,
dont huit fêtes familiales!
CR Nous ne vous cacherons pas que nous ne sommes pas ! enthousiasmés plus que cela de ces fêtes qui finiraient par “4 faire considérer notre U. P. comme une société lyrique, ce F à quoi nous ne tenons pas du tout! Si le concert est quel- £ quefois obligatoire, surtout le dimanche, nous voudrions : pourtant arriver à en bannir les gaudrioles de café-concert, “ enintéressant notre public par des interprétations abso1e lument littéraires, accompagnées de bonne et belle muei siqueÀ Pour arriver à ce résultat, absolument nécessaire, il faut ”$ qu’on nous aide à recruter de bons et dévoués artistes volontaires, qui viendraient dans notre commune réveiller l’âme LS de nos concitoyens, en interprétant quelques-unes de ces nt + belles poésies qui prédisposent à comprendre et à aimer la ‘4 vie en la voulant rendre meilleure à tous.
PUR Les principales difficultés que rencontrent les U. P.
:\ de Paris sont d’ordre budgétaire. Ces mêmes difficultés
NAN sont moindres dans la banlieue, et beaucoup moindres ÿ dans les départements.
Kai Il est utile de les signaler en publiant la note ci-après
Fe ; d’Édouard Dujardin, qui a rempli les fonctions de rs secrétaire adjoint de la Société des Universités popu-
KE laires depuis sa fondation, et qui connaît bien la
DE. L’U. P. parisienne a besoin pour vivre d’un budget qui 1 peut varier entre 2.000 et 4.000 francs selon l’importance °
3 + de son local et le prix des loyers dans le quartier où elle
Ée est installée. de: Pour la réalisation de cette somme, elle dispose aujour- ‘
suc d’hui des cotisations de ses membres, des dons et des J
à 1 subventions. Dons et subventions deviendront de moins
‘ en moins fréquents, et il apparaît clairement que d’ici
4 quelque temps, l’U. P. ne devra plus compter pour vivre « 4 que sur ses propres forces.
La cotisation ordinaire commune à presque toutes les U, P.
\ est de 50 centimes par mois ; ce qui indique pour un budget W minimum de 2.000 francs une moyenne de 300 à 350 cotisants
. 10R par mois. Il est nécessaire de remarquer que pendant la 11 période qui va de juin à octobre la vie de VU. P. est
“| presque suspendue. Les recettes de ce fait sont moins impor1e tantes. On ne comprendrait pas bien cette diminution dans
L les recettes si je n’ajoutais que contrairement à toutes les … { habitudes de la vie journalière, l’adhérent à l’U.,P. vient
Ma : lui-même verser sa cotisation. Ce système est al EP:
H en ce sens qu’il permet l’accumulation des cotisations en he retard, et éloigne ainsi de l’U. P. des travailleurs qui à la …
|. rigueur peuvent verser 50 centimes ou 1 frane, Due de _ peuvent débourser 2 francs 50 ou 3 francs d’un seul coup ll +. La perception de la cotisation peut-elle se faire autrement, | Eu _ à domicile par exemple? je ne le crois pas, avec l’orga | payer un terme, sans un sou en caisse, réaliser la somme “He des cotisations arriérées. 1 Le mie nn _ Cest là une précieuse indication qu’on aurait tortde __ Mais la cotisation à l’U. P. est une dépense qui n’est point 1: 1 encore prévue au budget familial. Il me semble bien difficile no: _ de présenter à la ménagère un reçu de cotisation pour une NE F6 7200 œuvre dont elle ignore le fonctionnement, à laquelle me , 2380 surtout elle ne voit pas de but immédiat. Qu’on ne se __ méprenne pas sur le sens de ce que j’écris ; j’entends dire EE 140 par là, que la ménagère n’a pas toujours le temps de a Fe « 1 fréquenter VU. P., quand elle travaille au dehors, et “LOS __ surtout si le ménage a des enfants. Qu’a-t-on fait pour . À _ elle? les conférences pour la plus grande partie ne sont FR % es _ pas de nature à l’intéresser. En réalité peut-être ne pouvait- % arr on rien faire. On a créé des cartes de famille : je ne sais pas ! ._ si elles ont été beaucoup utilisées en dehors des matinées Le du dimanche. ue, Me: | 1: Cest la lutte pour la vie. L’organisation de l’enseignens M ment dans l’U. P. a absorbé toutes les forces vives. Les À t: a el plus actifs parmi les membres ont été tour à tour secrétaires ke . de l’association. On a choisi le caissier parmi les plus ol __ pondérés, car c’est ainsi qu’on se représente ordinairement (1 | fallait faire? ._ On s’est préoccupé à différentes reprises de la manière ; pa . dont Y’U. P. vivrait matériellement dans l’avenir. HE Il est apparu qu’elle avait à sa disposition un certain 1 nombre de moyens. Par exemple : le rattachement de À, 7 d’une coopérative par les membres de l’U. P. ; l’organisation pr: é és Les Universités Populaires 1900-1997 4 de matinées littéraires ou musicales du dimanche, payantes,
NI et dont le produit serait versé dans la caisse de l’U. P.; en
“à dernier lieu on a songé à l’augmentation de la cotisation. 1 . de ne crois pas qu’il faille rechercher une solution type F applicable à toutes les U. P. Ceci a été maintes fois répété 4% une U. P. ne ressemble pas à une autre U. P.; qui , À L ; connaît une U. P., ne connaît pas toutes les U, P. “ Une U. P. a pu obtenir d’une coopérative de son quartier, tn. dont certains membres étaient communs aux deux groupeLe ments, une subvention annuelle renouvelable, Ce serait Lun une grande faute pour cette U. P. si elle tablait ses pré-, S visions budgétaires sur le renouvellement annuel de cette
subvention. La répartition du boni dans les coopératives est
4 à la merci de l’assemblée générale des coopérateurs. La . Ga subvention ne peut être légalement accordée que par à, l’assemblée générale. L’assemblée générale subit la loi de [ la majorité. La majorité n’a pas toujours raison.
Je comprendrais mieux un groupement de coopérateurs
D A adhérant à une U. P. qui fonctionnerait au sein même de
45 la coopérative, chacun abandonnant à la caisse de l’U. P. pe sa part de ristourne. Je m’étonne que dans les coopératives, Ù où les avis sont si partagés, cette solution n’ait pas encore j. ë Une certaine U. P. s’est constituée au sein même d’une s s sh coopérative ; les membres nouveaux ont adhéré aux deux L 4 associations. La coopérative qui végétait a, de ce fait, conÿ sidérablement augmenté son chiffre d’affaires. La coopéraà tive reconnaissante abrite l’U. P. ; elle tient gracieusement je un local à la disposition de celle-ci, lui enlevant par cela 4 même tout souci matériel. Voilà, ce me semble, un excel 4 Les membres de l’U. P. peuvent-ils fonder la coopérative NE qui doit leur fournir les moyens de faire vivre V’U. P.? #4 C’est, à mon avis, la solution la plus difficile à réaliser.
En L’U. P. ne possède pas, en général, d’adhérents ayant le
(+ temps de s’occuper d’une coopérative de consommation. Un È #, administrateur de coopérative doit être bon administra- & A leur, bon comptable, bon épicier. Puis la fondation d’une
Ati coopérative réclame une mise de fonds considérable : nn 3 à a VS \ 13508 :5484 et 7 loyers d’avance, agencement d’un local, marchandises à “he de emmagasiner. Quelques billets de mille francs sont vite Ne CNE absorbés. On a pu voir des coopératives se fonder avec ts ÿ y beaucoup moins d’argent en caisse, vivant tout simplement SA sur le crédit qui leur a été accordé par certains fournis- à À seurs, celui qui fournissait le vin, par exemple; mais elles
Ex se livraient ainsi à ces fournisseurs qui les tenaient pour
AAC L’organisation par l’U. P. de matinées payantes, outre
#00 qu’elle détruit complètement l’ancienne conception morale Hs de JU. P., offre d’autres inconvénients. Peut-on espérer De $ toujours trouver des artistes bénévoles? On aura la res-
00 source de créer au sein de l’U. P. un groupe artistique,
- mais il est à craindre qu’on ne se lasse bien vite d’écouter ÿ ci des camarades, pleins de bonne volonté, dont le répertoire
5 est limité et insuflisant. Dent Il reste à examiner la possibiité d’une augmentation
‘2 de la cotisation. J’ai déjà dit que cette augmentation me
semblait devoir être défavorablement accueillie avec le
Ë système actuel. Il faudrait porter de o franc 50 à 1 franc,
Ft - et plus, la cotisation mensuelle, être assuré d’une moyenne
HER de cent à cent cinquante cotisants, ce qui représente
4 actuellement deux à trois cents inscrits, car à l”U. P. la
‘2R moyenne des défections est considérable.
‘1 Il faut à tout prix limiter ces défections. Il faut à tout
N; prix que la cotisation de l’U. P. puisse être inscrite au bud-
F: Pour cela il faut offrir à la femme d’autres avantages que à les avantages intellectuels, dont elle ne peut, quant à
LA] présent, qu’imparfaitement profiter. a $ Or, nous venons de recevoir à la Société des U. P. une
Ka lettre d’un membre d’U. P. dont voici le passage essentiel & « … Les U. P. sont maintenant créées, elles vivent et x vivront longtemps j’ose l’espérer.
he. « Néanmoins, afin d’assurer un noyau, recueillir de nou-
V4 velles adhésions, et maintenir le chiffre de ses membres,
: 1 ne pensez-vous pas qu’il faudrait créer à côté une œuvre A __ nouvelle, qui en serait le complément, en assurerait la vie? e « Les membres des U. P. sont en majorité des petits | employés ou des ouvriers. Lust LANCE « Leurs appointements sont modestes, et pour subvenir aux différents besoins de la vie de Paris, chacun sait qu’il hi faut quelquefois faire des sacrifices. « Quand par malheur la maladie entre au foyer, c’est
- De, souvent la misère et toutes ses conséquences. Ter _ « On n’a pas été prévoyant, par négligence si ce n’est par ignorance, on ne s’est pas aflilié à une société de secours Û __ mutuels, et dans les moments douloureux et difficiles, on à 178 se trouve seul pour lutter contre l’adversité. ï vi « Ne pensez-vous pas qu’il y aurait là une question à À « Ne pourrait-on pas établir une société de secours mu- L: _ tuels, entre les membres actifs des U. P.?… » “4 SN Peut-être pourrait-on créer tout au moins dans l’U. P. une $ _ caisse de secours médicaux et pharmaceutiques dont pro- E Le. fiterait l’adhérent et toute sa famille, À +6 Ainsi il serait possible de faire recouvrer à domicile les cotisations; on limiterait les défections au minimum possible; on intéresserait la femme au bon fonctionnement Hi: _ de l’association. ° TR La cotisation serait portée à 1 franc 50 ou 2 francs, dont . ‘4 A ‘ la moitié sufhrait pour la caisse de secours, et dont l’autre i
à la date du 1% mars 1902 | Le Réveil des I: et II, 14, rue Marie-Stuart. La Fraternelle du III‘, 6, rue de Montmorency. L’Aube du IV°, 24, rue du Bourg-Tibourg. L’Égälité du VII, salle Rousselet, 21, rue Cler. L’Égalité des IX° et X°, 6, rue Richer. L’Idéal social du X°, 5, rue de l’Hôpital-Saint-Louis. : La Coopération des Idées, 157, faubourg Saint-Antoine. ù Voltaire du XI°, 140, rue Saint-Maur. , Diderot du XII°, 8, rue Rondelet. À Sotidarité du XIII°, 4, rue Véronèse. Union du XIV®, 5, rue Texel. L’Émancipation du XV®, 38, rue de l’Église. L”Aurore du XV, 61, rue Boileau. F Le Contrat social du X VI, 12, rue Herran. L’Aube sociale du XVIL:, 8, rue des Apennins. Le Foyer du Peuple du XVIF, 8, place Boulnois. L’U. P. des Batignolles, 71 bis, rue de La Condamine. } L’Éducation sociale de Montmartre, 3et5,rue Jules-Jouy. L’Enseignement mutuel du XVIII, 41, rue de la La Maison commune du XIX°, 27, rue Mathis. | La Fondation universitaire de Belleville, 19, rue de La Semaille du XX°, 78, rue des Partants.
ALFORTVILLE et MAISONs-ALFoRT : L’Idée, 6 bis, rue des
Le ARGENTEUIL : L’U. P., boulevard Héloïse (ancienne Bezoxs : Fructidor, maison Dubuisson, 7, quai de ” CHARENTON : L’Essor, 29, rue de Paris. L Cnoisy-Le-Rot : L’ Éducation mutuelle, 36, rue de Vitry. e Cuicuy : L’U. P., 82, rue de Paris. He CoLomsess : L’Avenir, salle de l’Étoile, 41, boulevard de 32 LevaLrLois-PErrer : La Vérité, 46, rue Rivay. ; Les Licas : Le Progrès social, 4, rue Bernard. ù Meupox : chez M. Guichard, 4, rue Lavoisier. À \ MoxrReuIL-sOUs-Bois : Soirées ouvrières, 15, rue des MowrROUGE : L’Effort, 33, rue du Marché. D: v SAINT-OUEN : L’U. P., chez M. Lamotte, 8, rue Raspail. x Pureaux : L’Idée, 15, rue Parmentier. % % VERSAILLES : L’Institut populaire, 15, rue Colbert. L chez M. Bedeaux, 11, rue de Crosne. Re À VINCENNES : L’Émancipation, 3, rue de l’Église.
fi Ce cahier a été composé et tiré au tarif des ouvriers syndiqués
Nous mettons ce cahier dans le commerce; nous le JR vendons un franc. +308 LES Pour la propagande nous en vendons » rs. six exemplaires pour cinq francs ne #4: douze exemplaires pour huit francs D. VA vingt exemplaires pour douze francs.