III-20 · Vingtième cahier de la troisième série · 1902-07-20

Les Universités Populaires 1900-1901, Départements

Charles Guieysse

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Va Les Cahiers de la Quinzaine ont publié “4 L’affaire Liebknecht, dossiers et documents, premier 5 cahier de la première série, épuisé, f n’existe plus que dans les collections complètes.

4 la consultation internationale des militants socialistes Fe sur l’affaire Dreyfus et la participation des Socialistes à au pouvoir en régime bourgeois, enquête. ouverte à la ‘4 huitième, onzième cahiers de la première série, | n’existent plus que dans les collections complètes. | Lionel Landry. — Courrier de Chine, cinquième cahier de la deuxième série, épuisé, 1 n’existe plus que dans les collections complètes. ‘ André Deus — Quatre jours à Montceau, neuvième cahier de la deuxième série, épuisé, 4 n’existe plus que dans les collections complètes. Dossier. — Expulsion de Nicolas Paouli, quatorzième cahier de la deuxième série, un franc Nous reviendrons sur ce dossier. Lionel Landry. — Courrier de Chine, quatorzième cahier de la deuxième série, un franc Compte rendu sténographique non officiel de la version française du cinquième congrès socialiste inter- à national, tenu à Paris du 23 au 27 septembre 1900, seizième cahier de la deuxième série, un très fort cahier de 216 pages trois francs cinquante

Bernard Lazare. — L’Oppression des Juifs dans l’Eux 3 orientale, les Juifs en Roumanie, huitième deux francs

Tolstoi. — Une (lettre inédite, adressée à Romain à un franc

Félicien Challaye. — La Russie oue de Vladivostock, journal d’un expulsé, quatorzième cahier de la troisième série, un franc Cahier de courriers, dix-septième cahier de la troi- à sième série un franc Félicien Challaye.— Zmpressions sur la vie japonaise. Edmond Bernus.— La Russie vue de la Vistule. à Jean Deck. — Courrier de Finlande. à

René Saiomé. — Courrier de Belgique, dix-huitième photographie de Tolstoi et Gorki se promenant ensemble à lasnaia-Poliana. Cette choper a été prise par une des filles de Tolstoi. Elle a été communiquée à Deshairs par le docteur Schlepianoff. Nous l’avons fait reproduire à trois cents exemplaires. Nous la vendons Nous publierons bientôt Jean Deck. — Mémoire et dossier pour la Finlande. Bernard Lazare. — L’Oppression des Juifs dans l’Europe orientale, les Juifs en Russie. Bernard Lazare. — ZL’Oppression des Juifs dans l’Europe orientale, les Juifs en Galicie.

Bernard Lazare.— Courrier de Galicie et de Roumanie. Ce cahier a été composé et tiré au tarif des ouvriers syndiqués

LS Nos Cahiers sont édités par des souscriptions men_ suelles régulières et par des souscriptions extraordi_ maires; la souscription ne confère aucune autorité sur . la rédaction ni sur l’administration : ces fonctions e des abonnements de souscription à cent francs; à ; des abonnements ordinaires à vingt francs: < et des abonnements de propagande à huit francs. j : Le prix de nos abonnements ordinaires est à peu près “2 égal au prix de revient: le prix de nos abonnements de 7. propagande est donc très sensiblement inférieur au prix de revient. : Nous ne consentons des abonnements de propagande que pour la France et pour la Belgique. | Nos cahiers étant très pauvres, nous ne servons plus Nous acceptons que nos abonnés paient leur abonnement par mensualités de un ou deux francs. Pour savoir ce que sont les Cahiers de la Quinzaine, il suffit d’envoyer un mandat de trois francs cinquante à M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, 8, rue de la Sorbonne, Paris. On recevra en spécimens six cahiers de la deuxième et de la troisième série. Nous avons donné le bon à tirer après corrections pour trois mille exemplaires de ce dix-neuvième cahier

  • : Les cahiers de Bernard Lazare, l’Oppression des Juifs __ dans l’Europe orientale, les Juifs en Roumanie, les: Juifs en Russie, les Juifs en Galicies CES as le cahier de Jean Deck, de la Finlande: sont fails pour mettre nos abonnés au fait des situations SR k présentes et des événements récents; pour les tenir … D
  • _ au courant des événements éventuels, nous publierons ne des mêmes auteurs dés courriers à mesure que les je René Salomé nous prépare un cahier de la-Belgique;
  • on nous prépare un courrier de la Martinique; un ere EN de Madagascar: un d’Alger, éviction de l’antisémitisme.

1900-1901 paraissant vingt fois par an 8, rue de la Sorbonne, au rez-de-chaussée

Nous mettons ce cahier dans le commerce: nous le Aux Universités Populaires nous en vendons six exemplaires pour dix francs douze exemplaires pour seize francs vingt exemplaires pour vingt-quatre francs.

Ce cahier, notices d’U. P. départementales pour d’U. P. parisiennes pour 1900-1901, le Bulletin numéro2 secrétariat de la Société, 28, rue Serpente, Paris sixième,

— forment un ensemble de documents nécessaires su la période de naissance (1899-1901) des Universités

Je ne crois pas qu’il y ait lieu de publier les années prochaines de nouvelles notices, d’enregistrer par exemple l’état où en sont arrivées les U. P. en 19011902. Nous savons d’où sont parties les U. P., quelles ont été leurs tendances à l’origine. Attendons quelques années avant d’entreprendre aucune publication d’ensemble sur elles.

% Les tendances que l’on trouve à l’origine des U. P. ‘$ù _ sont diverses ; j’en vois au moins deux tout à fait È ji La première — qui n’apparaît guère à Paris — dérive l de cette idée que ce qui est désirable avant tout, c’est

  • la paix et l’union entre tous les individus, l’amour entre tous les hommes. La seconde dérive de cette tout 4 autre idée que ce qu’il faut poursuivre avant tout, c’est 4 le développement intellectuel des ouvriers, de manière . qu’ils puissent convenablement lutter contre les institu- \ tions et obtenir justice par leurs propres efforts. J Ces deux tendances, nous ne les trouvons guère à l’état de pureté caractéristique dans telles ou telles U. P. Elles sont plus ou moins combinées, elles coexistent avec plus ou moins de force. Mais elles ne peuvent se développer simultanément, et précisément ce que nous aurons à faire dans quelques années, ce sera de rechercher laquelle de ces deux tendances se sera développée plus que l’autre, laquelle aura détruit l’autre. Je crains d’ailleurs beaucoup que ce soit la première qui l’emporte sur la seconde, je le crains parce qu’alors $ les U. P., dont nous avons tant attendu, nous les verrons | mourir les unes après les autres ; dans beaucoup d’U.P. - de province l’on se plaint que les ouvriers ne viennent point, ou ne viennent plus beaucoup; ils fuiront définini

tivement les U. P., si l’on y parle paix, union, amour, au lieu d’y parler émancipation et justice.

J’ai bien peur que la plupart des fondateurs d’U. P. n’aient commis une grave erreur, qu’ils n’aient confondu la lutte et la haïne, la force et la brutalité, l’énergie et la violence. Et parce que le mouvement ouvrier se ma- nifeste parfois avec des cris de haine et par des actes brutaux, parce que l’énergie ouvrière parfois est vio- lente, ils se laissent aller à détruire l’énergie, à condamner la force, à blâmer la lutte, comme si en France î il y avait trop d’individualités fortes, comme si la

Déclaration des Droits et la République n’étaient pas sorties de mouvements révolutionnaires, comme S’il fallait se réjouir de l’apaisement qui a tué l’affaire Dreyfus, comme si l’objet de toute éducation n’était pas surtout de développer les énergies individuelles ! Dans plusieurs U. P., l’on insiste continuellement sur la nécessité de ne point faire de politique. Cette insistance effraie un peu; elle semble dénoter le désir de À fonder un parti nouveau qui s’opposerait à tous les À partis anciens, un parti qui se désintéresserait de toute à action publique; il est bien facile de faire rentrer toutes les questions dans la politique; alors ne point faire de politique, ne serait-ce point interdire certaines discus- à sions qui empêcheraient de se fonder la paix sociale ? Certes, personnellement, je crois que les ouvriers ont À mieux à faire que de se passionner pour les luttes parlementaires et même municipales; la fondation d’un d syndicat ou d’une coopérative me paraît bien plus à importante que la conquête d’un siège électoral, pour E plusieurs raisons dont l’une est que cela exige une bien % plus grande somme d’énergie; mais dans une U. P.

y . d’où l’on bannit avec rigueur toute discussion politique, AS LS s’opposera-t-on pas à la formation de syndicats et _ de coopératives, organisations de lutte contre le patronat industriel et la bourgeoisie commerçante? Ne

  • dira-t-on pas que l’U. P., étant un milieu de paix, ,
  • d’union et d’amour, suffit pour le bonheur des ouvriers ? $ Il ne me paraît pas que les U. P. doivent constituer è des milieux factices où les individus viennent pour } s’isoler du reste du monde; ilme semble qu’elles doivent

être des milieux où l’on vient apprendre à être fort

__ pour agir. 4 La neutralité, voilà je crois la cause principale dela , ‘4 faiblesse de lauditoire ouvrier dans bon nombre d’U. P. départementales. Mais il est une autre cause il ne faut pas seulement rendre responsables les bourgeois de l’éloignement des ouvriers, mais aussi les universitaires, les conférenciers de toute sorte. | Dans un très grand nombre d’U. P., la question de l’enseignement dans les U. P. n’a pas été considérée en effet comme une question à résoudre, mais comme une question résolue. L’on ne s’est pas demandé comment il convenait d’enseigner les ouvriers, l’on a seulement cherché les moyens de former un auditoire ouvrier pour entendre tels et tels conférenciers traitant tels et tels sujets de leur choix. Quoi d’étonnant que dans ces conditions les ouvriers délaissent l’U. P.? Ils ne méritent point de reproches; ce sont les conférenciers qui ne | font pas ce qu’iis doivent. “ On n’enseigne pas des ouvriers qui finissent tard leur . travail comme on enseigne des jeunes gens obligés de venir en classe; on ne conférencie pas devant un audidk toire d’ouvriers comme devant un auditoire de petits

bourgeois constamment à la recherche de distractions et d’amusements bon marché. La première règle de la pédagogie est que pour donner un enseignement convenable il est nécessaire d’étudier et de connaître son public; et cette règle n’est guère observée; dans les notices publiées ici, et qui en général ont été rédigées par des professeurs, on ne trouve guère de renseignements sur la vie ouvrière du lieu ; les professeurs, Ë d’U. P. ne s’avisent point, souvent, d’étudier les À conditions d’existence de ceux qu’ils appellent leurs camarades ouvriers. Et qu’ils n’obÿjectent pas qu’ilsn’en ont pas le loisir, que leur dévouement est déjà grand de préparer et de faire des conférences et des leçons ; je ne pense pas qu’il faille parler beaucoup de dévouement à faire son travail, son devoir, ou son œuvre. Pour être bon conférencier, bon professeur d’U. P., il faut s’intéresser au développement de la classe ouvrière ; et il n’y a qu’une manière de s’y intéresser, c’est d’étudier ses conditions d’existence. Dans tout ceci, je paraîtrai bien sévère, sans avoir grande qualité pour l’être. Mais le désir même que j’ai que les énergies se développent fait que je regrette F profondément que des efforts se dépensent en tant d’endroits sans produire les résultats qu’on pouvait attendre; et je crois devoir donner l’impression que m’a laissée la lecture des notices d’U. P. départementales, impression renforcée par les conversations que j’ai eues dans plusieurs U. P. visitées. Par ce cahier l’on L apercevra facilement que certaines U. P. font de . bonne besogne : il faudrait que toutes fissent de même. 11 L’Université Populaire d’Alais a continué pendant l’hiver à …— 1900-1907 l’œuvre commencée l’année précédente. Som M … bureau a dû s’occuper tout d’abord de réaliser la décision “ui prise dans l’assemblée générale du mois de juillet dernier, | c’est-à-dire de lui assurer un domicile fixe par la location 4 d’une salle dont elle aurait la jouissance exclusive. La recherche et l’aménagement de ce local ont retardé jusqu’à _ la fin de novembre 1900 l’ouverture de la campagne. —_ Désormais l’U. P. A. possède une salle pouvant contenir _ deux cents personnes, située dans un quartier à la fois central et populaire, et réunissant toutes les conditions _ : jugées nécessaires à la bonne marche de l’entreprise. L’as- (9 Le sociation régulièrement organisée y a tenu son assemblée ” générale le 20 novembre 1900, et le 23 novembre suivant . notre local a été inauguré par une conférence de M. Charles an Guieysse, sur l’Avenir des Universités Populaires. 1 Notre salle a pu être aménagée grâce à une subvention

  • extraordinaire de 500 francs que le conseil municipal d’Alais

a bien voulu nous allouer. Notre budget ordinaire, dont les

çà ressources s’élèvent à environ 450 francs fournis par les cotisations des sociétaires, suffit à couvrir les dépenses normales de loyer, éclairage, concierge, assurance, etc. Nous avons été heureux de pouvoir mettre notre local à la disl position de diverses sociétés ayant un caractère analogue à j Al Ligue de l’Enseignement et l’Association des anciens élèves _ des Écoles laïques. ë Les réunions organisées par l’U. P. A. ont eu lieu réguet lièrement deux fois par semaine; à ces séances ordinaires, fixées à l’avance, il faut joindre d’autres réunions acciden- ;. telles. Deux ont été consacrées à des concerts, trois à des

lectures, toutes les autres ont eu le caractère de conférences JÆ sur les sujets les plus divers : littérature, histoire, philosophie, législation usuelle, hygiène, éléments des sciences physiques, naturelles et mathématiques. Les conférenciers, qui jusqu’à cette année étaient tous universitaires, ont été renforcés par quelques personnes étrangères au corps Le nombre des auditeurs est très irrégulier, il présente une moyenne de quarante à cinquante, mais les jours de concert la salle est insuffisante pour recevoir le public qui A se presse à la porte.

Les auditeurs habituels se recrutent surtout parmi les f artisans, les petits commerçants ou employés; le transfert de notre lieu de réunion, qui était précédemment au lycée, a amené une modification notable dans la composition de notre public. L’élément purement ouvrier commence à venir chez nous et finira par s’y trouver chez lui, pourvu que notre association sache poursuivre son œuvre avec quelque ténacité et qu’elle continue à réunir les mêmes X Pour l’hiver prochain, l’U. P. A. a l’intention d’ouvrir sa b salle au publie dès le commencement d’octobre et d’établir & un programme aussi varié et attractif que le permettront % les ressources dont elle disposera. En somme, les résultats de l’année que nous clôturons A: / sont encourageants et l’U. P. A. est en bonne voie de

Notre U. P. est fondée du mois de mai 1901. Pendant les ; % mois de juin et juillet il y a eu deux causeries par semaine. Pendant août et septembre nous avons suspendu nos Nous comptons faire cet hiver la réouverture au Cirque- à Théâtre, salle qui contient plus d’un millier de personnes. M. Buisson nous a promis son concours.

Jusque-là aucun professeur de l’État n’a pris la parole dans notre société. Cependant M. Lestang, directeur de l’École normale, devait nous en faire une et a été obligé de la remettre en octobre.

Nous sommes plus d’un cent actuellemènt. Nous n’étions

Ue que quarante-huit fondateurs et notre début, comme je vous le disais tout à l’heure, était pendant les chaleurs.

Notre local est tout petit, cent personnes au plus peuvent y tenir. Nous n’avons pas eu moins de quarante personnes — et d’autres fois c’était trop petit. Nous avons une bibliothèque composée de toutes espèces de volumes, je veux dire de toutes les opinions. Les romans y sont rares. Nous avons à peu près quatre cents petits volumes divers. Nous » sommes en pourparlers pour un local plus grand, où nous pourrions mettre trois cents personnes et y monter une scène. Alors cet hiver nous donnerions souvent des mati-

‘ nées théâtrales et musicales.

Notre U. P. est laïque et basée sur l’esprit de tolérance et de discussion libre. Toutes les opinions politiques et religieuses y sont groupées. Cependant nous, les libres-penseurs, y sommes en majorité, je crois. (Nous ne discutons pas ces questions.)

Voici comment nous nous sommes constitués el à quelle

Depuis longtemps j’avais l’intention de fonder une Maison du Peuple, souvent j’en avais parlé aux camarades d’un côté et d’autre, aucune volonté ne venait s’ajouter à la mienne. Une apathie règne parmi les individus. Ah! au cabaret, devant une bouteille de vin blanc, ils parlent de Révolution ; mais en fait d’énergie point.

Enfin un dimanche, par hasard, je rencontre le camarade L. Ménard, je lui fais part de mon idée, et d’accord nous reconnaissons que l’ignorance était la cause de toutes nos

k Je vais donc un dimanche à Trélazé (L. Ménard est de là), à La Solitude, société de plaisir, donner une audition de

Là près de deux cents personnes répondirent à l’appel du | camarade Ménard, leur collègue. A cette matinée, puisque

c’était une après-midi de janvier, je parle done de la Maison du Peuple et de son U. P., Ménard également, et f d’accord on décide de lancer une U. P. basée comme je le disais plus haut (une coopération d’idées). à Nous lisions du reste Deherme depuis qu’il nous avait envoyé son journal, et nos convictions s’étaient accrues. L ! Avec Ménard tous deux nous sommes allés frapper à bien des portes. 0 Q Enfin, après bien des chicaneries de la police, qui disait dans son rapport que nous étions une société montée par deux abbés angevins et que notre but était de faire abstenir Û aux élections les individus, à seule fin que la cléricaille Enfin nous vivons, et ce grâce à l’énergie de madame veuve Laboulais, qui fut à notre début (puisqu’elle est à la Æ campagne maintenant) la présidente de toutes nos cause- Æ ries. Les deux pasteurs protestants, MM. Forget et Audra, furent aussi deux pionniers, et d’autres encore. . Notre société est formée, et le succès pour cet hiver avee sl notre nouveau local est certain. Voilà ce que je crois devoir vous dire, et qui, j’espère, vous permettra de faire un petit article. n . Ouvrier, je n’ai que le soir, las de ma journée, pour m’oc- H. cuper de toutes les choses humanitaires qui me sont à À cœur. Aussi je vous prie de m’excuser dans le style et * l’écriture. À Notre U. P. n’a pas une année d’existence. Elle a été fon- Ds dée et organisée dans le courant du mois de novembre 1900, grâce à l’initiative des syndicats de la Bourse du Travail. FA Ceux-ci envoyèrent un délégué à celui qui signe ces lignes pour le prier de concourir avec eux à cette œuvre d’éducation mutuelle et de solidarité. Bientôt, un comité fut consti- ù tué, composé par moitié d’universitaires de tout ordre et d’ouvriers. L’inauguration de l”U. P. eut lieu le 24 novembre ‘4

sous la présidencede M. Mulac, maire d’Angoulême, accompagné d’une grande partie des conseillers municipaux.

Notre siège social est la Bourse du Travail qui nous offre généreusement l’hospitalité, met à notre disposition une magnifique salle de conférences, et une autre salle pour les réunions de notre Comité.

Nous n’avons pas encore organisé une association entre tous les auditeurs habituels de l’U. P., nous avons pensé que ce mode d’organisation pourrait ne pas convenir à notre milieu ; et comme nous étions, avant tout, désireux du succès, et que nous voulions créer, parmi le publie ouvrier de notre ville, l’habitude de prendre le chemin de la Bourse du Travail, nous nous sommes bornés à nous con- $tituer en société de dix membres seulement, qui ont pour mission de diriger les travaux de l’U. P. Nous ne tenons nos fonctions que de notre bonne volonté; mais, par son assiduité, le public nous a donné une véritable investiture. , Nous avions à lutter contre certaines difficultés, des préventions même. De plus, la topographie elle-même de la

  • ville n’est pas faite pour favoriser la fréquentation d’un lieu de réunion. Des différents quartiers de la ville éloignés du centre, nos auditeurs sont obligés à une pénible ascension pour se rendre à la Bourse du Travail : cet inconvénient peut décourager les plus zélés par les froides et plu-

_ vieuses soirées d’hiver. Malgré tout, nous avons lieu d’être satisfaits de notre première campagne; et les résultats acquis sont de bon augure pour l’avenir.

Nos conférences se sont suivies, à peu près régulièrement, toutes les semaines ; le samedi était le jour habituel; quelœuefois nous avons été obligés de supprimer ou de déplacer la conférence, parce que, ce soir-là même, la Ligue de l”Enseignement en donnait une; mais nous espérons que, l’hiver prochain, cette fâcheuse coïncidence ne se produira pas.

| Nos conférenciers habituels ont été les professeurs du lycée, de l’École Normale, des avocats, un médecin ; et nous avions encore à utiliser de nombreuses bonnes volontés qui s’étaient mises à notre disposition, quand le mois d’avril est arrivé et qu’il nous a paru bon de cesser nos réunions. Cependant, le 20 avril, nous aurons la séance solennelle

de clôture; et pour cette fois, l’U. P. sortira de son modeste domicile; elle se transportera dans la grande salle desconcerts pour la soirée que nous organisons, avec le concours tout spontané et si précieux de Maurice Bouchor, auquel se joindront les élèves de nos deux Écoles Normales. Cette L séance sera, nous semble-t-il, un moyen de faire connaître notre U. P. au grand public qui pourrait encoreignorer son

Tel est notre bilan pour l’année 1900-1901. Je le répète : il est satisfaisart pour une société qui vit de subventions, et n’a pas encore demandé de cotisations aux personnes qui répondent à son appel. Nous avons l’espoir d’intéresser à notre œuvre les divers pouvoirs publics; et avec leur aide, nous réaliserons des améliorations prochaines. Notre pro- . jet le plus cher serait d’installer à notre siège social une salle de lecture et une bibliothèque ; en vue de cela, nous : demanderons à tous les amis de l’Éducation populaire de L nous donner les livres ou les brochures qu’ils auraient en double, ou dont ils ne voudraient plus. Ce sera un premier commencement ; et quand on saura que notre œuvre à réussi, nous avons la certitude de voir venir à nous des D Pour le moment, en rédigeant cette première notice sur à TU. P. d’Angoulême, nous croyons de notre devoir de remer- ù cier publiquement tous ceux qui ont secondé nos efforts : membres du comité, conférenciers, etc.; et nous nous croyons autorisés à les convoquer, dès maintenant, pour, hi l’hiver prochain, continuer ce qui a été si bien commencé. Professeur de Philosophie au Lycée

La Solidarité, U. P. d’Annecy, a trouvé, après bien des traverses, un local un peu petit, mais très central, composé 1

8 de deux pièces, qu’elle partage avec plusieurs autres Sociétés (de tir, vélo-club, syndicats, etc.). Un roulement a été établi, et l’une des pièces reste toujours à la disposition des membres de l’U. P., et est ouverte toute la journée.

Ces derniers sont au nombre de cent quatre-vingt-dix environ, dont cent vingt travailleurs manuels. Ils se répartissent en membres bienfaiteurs (30 francs), honoraires ( francs), et actifs (3 francs ou o franc 25 par mois). Tous ont naturellement les mêmes droits.

Depuis le 5 décembre au 31 mars, il y a eu régulièrement trois conférences par semaine, le mercredi et le vendredi à huit heures et demie, et le dimanche à cinq heures, sauf quand la Société d’I. P. (1) donnait ce jour-là une conférence

‘ au théâtre, attirant d’ordinaire un public de huit cents à

G Voici le nom des conférenciers et des sujets qu’ils ont

M. Bernard, garde-général : le reboisement des mon- | tagnes (avec projections) (1 conférence).

; M. Bernard, professeur : lectures de Labiche, le Misanthrope et l’Auvergnat, la Poudre aux yeux; Guy de Maupassant; les Procès d’animaux au Moyen-Age (4 conférences).

M. Boy, censeur du Lycée : Cours d’économie politique; la Propriété ; l’Internationalisme (7 conférences). M. Dumont, professeur : Expériences scientifiques; les $

M. Geley, docteur : Cours sur l’évolution (9 conférences).

M. Le Roux, conservateur du musée : la Préhistoire

M. Lévitte, professeur : les Coopératives; Fourier; le Familistère de Guise; le Transformisme; le Repas du

M. Levron, avocat : Recherche de la paternité (1 conférence).

M. Martin, professeur : la Solidarité; un Client sérieux, de Courteline; les Coopératives belges; les Misérables;

() Société d’Instruction Populaire des arrondissements d’Annecy et de Saint-Julien (Haute-Savoie). ».,

les Origines du socialisme; le Génie de la France; la M. Schæœndeærffer, ingénieur en chef : la Coopération des idées; l’Exposition (avec projections); Théorie mécanique L de la chaleur (3 conférences). M. Vernay, inspecteur primaire : les Coopératives an- d En outre, MM. Ferrero, Bernard, Martin et Sisson ont À récité des monologues et lu des poésies, et à trois confé- À rences du dimanche MM. Frey, Hérisson, Laydernier, Martin et Marteaux ont exécuté des morceaux de musique elas- L sique (Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert et Schumann). Une bibliothèque, comprenant une centaine de volumes, a été organisée; des journaux et des revues sont tous les soirs à la disposition des lecteurs; mais il faut reconnaître qu’on ne vient guère en dehors des jours de conférences. A partir du premier avril, il n’y aura plus qu’une confé- à rence par semaine; des promenades scientifiques seront organisées dans les environs. L’hiver prochain, nous tâcherons de donner plus d’exten- À sion au côté attractif de l’U. P.: musique, représentations dramatiques, etc., afin d’amener à nous les familles tout À La Société populaire de Bar-le-Duc, constituée en janvier 1900, a pour but de procurer aux ouvriers « les moyens les moins coûteux de se distraire, de s’instruire, d’accroître leur b bien-être physique et moral ». (Article 2 des statuts.) Elle se compose actuellement de quatre cents familles d’ouvriers et de petits employés, dont chacune paye une cotisation annuelle de deux francs. La bourgeoisie fournit une trentaine de membres honoraires qui versent au trésorier une cotisation d’au moins cinq franes par an. De plus, la Société a reçu 600 francs de la ville, 500 francs d’une banque locale, et 750 francs de la Brasserie de la Meuse. Une foule de dons moins importants, soit en argent, soit en nature, ont témoigné de la générosité des sympathies que la Société s’est rapidement conciliées dans la population des ouvriers et des petits bourgeois de Bar-le-Duc. La Société est administrée par un Conseil élu en assemblée générale et dont sept membres sur onze doivent être des ouvriers (article 12 des statuts). Un comité d’études, composé de quelques universitaires, d’un médecin, d’un industriel, de la directrice de l’École normale de filles, et présidé par l’inspecteur d’Académie, ‘ organise l’enseignement et les distractions. Le siège social est établi dans un ancien asile de vieillards, mis à la disDe position de la Société par la ville, et assidûment fréquenté 1 par les familles adhérentes : elles y trouvent une biblio- ! thèque, une salle de lecture, une buvette de tempérance } avec billard et jeux divers; le Comité s’est réservé une À salle de délibérations. Les services sont assurés par un 4 gérant logé dans l’immeuble. Un jardin va être créé autour | nase pour l’été. Une grande salle de conférences, qui nous est prêtée par une école primaire voisine du siège social, | complète cette installation. Le budget normal est d’enviren 800 francs par an. Mais les frais de premier établissement se sont élevés à près de 1.500 francs; ils ont été couverts par les libéralités dont nous avons parlé, et ils auraient doublé sans le dévouement d’un grand nombre de membres-ouvriers qui ont apporté à l’œuvre le concours de leurs bras. La Société populaire donne tous les samedis à ses membres une soirée récréative et instructive qui comprend une courte causerie sur un sujet d’intérêt général, une lecture ou une comédie, et de la musique. Le public de ces soirées, dont la grande majorité appartient à la classe laborieuse, varie de trois cents à cinq cents personnes. Quatre fois par | semaine ont lieu au siège social des cours d’un caractère plus sérieux et d’un intérêt quelquefois plus restreint, comprenant chacun cinq ou six leçons, et suivis le plus souvent de diseussions. La bibliothèque et la buvette sont ouvertes tous les soirs de causeries et les dimanches dans ’ l’après-midi. Nous nous sommes attachés plus particulièrement à traiter, à diverses reprises et sous toutes les formes,

trois questions qui nous semblent devoir tenir la première ! place dans le programme d’une Université Populaire : ArCOOLISME, GUERRE ET Paix, CoopÉRATION. Même en abordant d’autres sujets, les conférenciers se sont le plus souvent inspirés de cette préoccupation dominante. Voici un aperçu des causeries faites depuis le mois d’octobre 1900:

Alcoolisme. — Les ravages de l’alcoolisme : 1° dans l’indi- À vidu ; 2° dans la société. — Les remèdes à l’alcoolisme : À 1° par l’action individuelle ; 2° par l’action collective. — L’alimentation normale. — À la suite de notre campagne contre À l’alcoolisme, une Société antialcoolique s’est constituée qui comprend quarante membres et tient des réunions men- d suelles fort suivies. Nous sommes persuadés que cet exemple devrait être suivi dans toutes les U. P. Il est nécessaire de créer un nouveau milieu aux transfuges du cabaret, et toute n. U. P. remplit éminement les conditions favorables à la régénération des alcooliques convertis. L.

Histoire et civisme. — La Révolution française. — Hoche.

Questions sociales. — Le droit de propriété. — La Coopération. — Histoire de la coopération en France. — Les Coopératives en Danemark. — Les maisons du peuple en Bel- à gique. — Les Syndicats ouvriers en Angleterre. à

Sciences et connaissances pratiques. — Les grandes lois . scientifiques. — Le soleil, la terre. — L’évolution des êtres organisés. — Le corps humain. — Les microbes. — La bras- pi Géographie. — Algérie et Tunisie. — Japon. — Chine. — e.

Hygiène. — La phtisie. — Les maladies des peintres. 70408

Droit. — Explication du Code (questions nouvelles). — à

Les textes de nos Lectures ont été empruntés à Molière, nand Gregh. Ce sont les poésies de V. Hugo et surtout les comédies de Molière qui ont figuré le plus souvent au programme et qui ont obtenu le plus grand succès. à

En Musique, on a évité les œuvres banales, et les ouvriers de Bar ont sincèrement applaudi un quatuor de Beethoven.

; Les chœurs de jeunes filles organisés à l’École normale . nous ont fourni une ressource précieuse et souvent utilisée. Deux Cours permanents ont réuni un public fidèle de trente à quarante personnes : un cours d’Allemand (conversation et grammaire), et un cours d’Économie domestique réservé aux femmes. (Les enfants. — L’alimentation. —Les femmes et l’alcoolisme. — L’hygiène domestique. — Les travaux de couture.)

Les cours de la semaine sont réservés aux membres de la Société. Les soirées du samedi ont été publiques jusqu’à ces

F derniers temps. Enfin, tous les trimestres, a été donnée une soirée de gala: une comédie y était, non plus lue, mais jouée. Des artistes de Bar-le-Duc, de Nancy ou de Paris

| prêétaient leur concours à la partie musicale. Ces fêtes ont beaucoup contribué au succès de l’œuvre.

Une innovation importante a été très appréciée des membres de la Société: c’est un Bulletin mensuel qui résume | l’enseignement donné dans les causeries, en fixe le souve- | nir, va porter aux absents une parole amie, réveille fes vo- | lontés paresseuses, et resserre entre tous les adhérents les | liens d’une franche et cordiale solidarité.

Vers Pâques, l’activité de la Société se ralentit nécessai- rement. Les beaux jours sont arrivés : l’ouvrier barrisien possède un lopin de terre près de la ville où alors il passe volontiers ses dimanches et même quelques soirées dans la ! semaine. Deux ou trois réunions ont encore lieu jusqu’au mois de juillet. Le comité d’études profitera de ses loisirs pour rayonner dans le département, pour y propager les idées qui lui sont chères, et pour tâcher d’y jeter les germes d’institutions analogues à la Société populaire de Bar-le-Duc.

Il nous semble qu’ainsi comprise et réalisée, notre So- ciété a tous les organes et remplit toutes les fonctions que comporte la définition d’une U. P. Pourtant, nous avons le souci constant du progrès. L’an dernier, nous nous sommes surtout attachés à présenter dans un tableau rapide des ci- vilisations, l’histoire générale des idées. Nous voulions dissiper bien des ignorances et des préjugés dont l’intolérance est le moindre effet, et cette préface était nécessaire à l’en-

4 seignement moral et social que nous avons donné cette

année. L’année prochaine, nous voudrions provoquer dans la Société populaire l’organisation d’une série de cours professionnels et la création d’œuvres de mutualité dont nous F avons déjà jeté les fondements en instituant un bureau f de placement au sein même de notre Société. Ainsi se compléterait par la pratique l’éducation sociale des ouvriers barrisiens. Ainsi, notre U. P. développerait entre sesmembres non seulement une pensée, mais aussi une vie commune, et tendrait par là même à devenir ce qu’en Belgique F on appelle une Maison du Peuple. Dès maintenant l’avenir de la Société populaire de Bar-le- à Duc semble assuré, et son succès rapide est dù en grande ù partie au dévouementinfatigable et clairvoyant d’uncontremaître dont ses camarades connaissaient les précieuses qualités d’organisateur, puisqu’ils l’ont élu président de la Société. Le terrain était d’ailleurs assez favorable dans une ville où les distractions manquent. Mais nous avions un EE écueil à éviter : la politique. La politique nous eût empêché de vivre. Nous l’avons écartée absolument de notre programme, et pour tout dire en un mot, nous n’admettons pas d. de journaux dans notre salle de lecture. A Paris, on trouve un public pour tous les orateurs ; c’est pourquoi on a pu y donner dans les U, P. une sorte d’enseignement su- h périeur ; c’est pourquoi aussi toutes les U. P. y ont été en- D trainées à faire de la propagande politique. Mais une U. P. |: ne pourra vivre en province, surtout dans une petite ville, h qu’en renonçant franchement à la politique. La Déclaration Le des Droits de l’homme (avec des corrections en ce qui con- % cerne la propriété) est notre seul programme, secret ou $ avoué. Si nous portons de l’ombrage à quelques bourgeois S réactionnaires ou à quelques sectaires des opinions les % plus avancées, nous réunissons du moins les ouvriers de tous les partis, nous arrachons à la tentation du cabaret L: tous les samedis pour les amuser et les moraliser, un pu- À blic de quatre cents personnes ; nous avons formé un groupe solide d’une quarantaine d’amis éprouvés, assidus à tous les cours, dont nous avons éclairé la foi et qui peuvent à être dans la masse laborieuse le ferment d’un progrès réel i et durable.

Exprimons un désir en finissant. Il nous faudrait des revues et des livres populaires et à bon marché pour notre bibliothèque. La Société des U. P. ne pourrait-elle nous en indiquer ou nous en procurer? Il nous faudrait aussi des conférences toutes faites pour suppléer aux lacunes de notre compétence. La Société des U. P. ne pourrait-elle demander à chaque U. P. de lui communiquer le texte des trois ou quatre meilleures causeries de l’année et les faire imprimer ? IL s’agirait surtout de répandre les faits î peu connus et très instructifs au point de vue social, et les théories les moins discutables présentées sous la forme la } plus populaire, par exemple d’une part une série de petites ; études précises et sommaires sur les formes de la coopération, de la mutualité ou de l’association syndicale dans les différents pays, et d’autre part une autre série d’exposés concis et clairs des principales thèses sur les rapports du travail et du capital, sur la définition de la propriété, sur le droit de punir, ete., etc. La centralisation de nos efforts | isolés, même divergents, en multiplierait les résultats dans ï des proportions incalculables. L’enseignement des U. P. pourrait même par ce moyen pénétrer assez facilement dans les campagnes, et toute bonne idée aurait vite fait le tour de la France. Cette organisation ne serait du reste viable que si les opinions librement exprimées par chacun étaient impartialement acceptées par la Société des U. P., que si cette Société ne prétendait imposer aucune direction doctrinale à ce mouvement spontané d’instruction et d’éducation laïques.Elle compléterait heureusement ainsi l’œuvre déjà très utile qu’elle a réalisée en faisant connaître à chaque U. P. les efforts, les succès et les espérances de toutes les autres. — L. L. L. Le Cercle laïque d’éducation morale de Beauvais est dans sa troisième année d’existence. La nouvelle organisation de la Société, fondée sur l’adjonction aux membres dona1

teurs, payant une cotisation annuelle de ro francs, de (M fe membres actifs, payant une cotisation mensuelle de 25 cen- }: times, a donné de bons résultats. La Société a été admi- à nistrée sans diflicultés par son comité, composé de cinq membres donateurs, de cinq membres actifs, et de einq membres de l’enseignement public faisant partie de la 1° Conférences publiques. — Elles ont été distribuées en trois cycles. — I. La science : a) la science et l’action; b} l’origine de l’homme, l’origine de la société, l’origine science de la beauté (l’esthétique). — II. La justice : a) les maux de l’humanité : 1° le paupérisme, 2° la guerre, 3 l’intolérance; b) la justice dans la révolution : 1° la d justice politique, 2° la justice sociale. — III. La solidarité. — De plus, une conférence musicale sur le chant populaire, une conférence scientifique sur la formation du monde et l une conférence artistique sur la décoration sculpturale des monuments. — La plupart des conférences sont accompa- À gnées de projections. — Les conférences ont lieu dans la P | salle de la justice de paix, à l’hôtel de ville, le Jundi, à à huit heures et demie du soir. Ti 2 Lectures dramatiques. — Elles ont été également distribuées en trois cycles. — I. Molière : Amphitryon et monsieur de Pourceaugnac, les Femmes savantes, Tartuffe. e — Il. Augier : les Effrontés, le Fils de Giboyer, Lions et L Renards. — III. Comédie contemporaine : Dumas (les Idées j de madame Aubray), Becque (les Corbeaux), Brieux (Blan- À chette). — Partie musicale : Symphonies de Haydn et de Beethoven, chants et chœurs de Bouchor, Orphée de Gluck.

— Les lectures dramatiques ont lieu une fois par mois le ; lundi, à huit heures et demie du soir, dans la salle de la À justice de paix. 4 . 3° Cours. — Les cours ont lieu le mardi et le vendredi, à À huit heures et demie du soir, dans un local mis à la disposition du Cercle laïque par un généreux sociétaire, 18 bis, rue des Flageots. — Les cours, faits par des professeurs du Lycée et de l’École normale d”instituteurs, ont été les suivants : Economie sociale, Histoire contemporaine, Science,

Histoire des idées (le dix-huitième siècle en France), Géographie économique, Anatomie et physiologie appliquées à la médecine et à l’hygiène. — Des causeries et lectures faites par des membres du Cercle, et des cours spéciaux pour les jeunes gens ont été organisés, et n’ont pas réuni de public suffisant (mercredi et jeudi). — Une bibliothèque a été montée et rend des services appréciables. — Des services gratuits de consultations juridiques et de

” placement n’en ont point rendu. : 4 Patronages. — Les patronages d’enfants fréquentant les écoles laïques de la ville ont lieu le jeudi, de deux à F cinq heures, à l’école municipale Sainte-Marguerite pour les garçons, à l’école municipale Saint-Étienne pour les filles et les petits garçons inscrits aux écoles maternelles. — Des jeux, des lectures, des travaux manuels et un goûter sont organisés chaque jeudi. — La surveillance est assurée par le président du Cercle laïque, par les professeurs du Lycée membres du Cercle, et par les instituteurs-adjoints.

| Tels sont les services rendus par le Cercle laïque de à Beauvais, telle est l’œuvre accomplie par lui pendant l’année 1900-1901. Le grand succès de sa matinée-concert, organisée au théâtre municipal, le 10 mars de cette année, par d’actifs sociétaires, en lui apportant des ressources importantes, a prouvé sa vitalité. Le succès, non moins grand, de la lecture dramatique organisée le 31 mars par des membres du Cercle à Méru (Oise), sous les auspices de l’Université populaire de Méru, a prouvé la sympathie qui % l’entoure et l’utilité qui lui est reconnue. Il continuera,avec confiance, l’an prochain, son œuvre d’émancipation et de

: L’Université Populaire de Besançon, fondée aux débuts

, de l’année 1900, donne ses conférences dans un vaste local pouvant contenir quatre cents personnes. Ce local, spécia-

& lement aménagé à cet effet, a été gracieusement mis à notre

disposition par le conseil municipal, ainsi que l’éclairage i L’Université Populaire fonctionne sous la direction d’une commission exécutive de neuf membres; un secrétaire général, un secrétaire adjoint, un trésorier et un trésorier adjoint. Les cinq autres membres sont délégués spéciale- È ment par les sous-commissions des lettres, des sciences, des arts, de propagande et de matériel. Cette commission exécutive se réunit au moins une fois par mois.

Après bien des dépenses occasionnées par l’achat d’un Ù matériel, notre avoir peut actuellement se monter à mille Nos conférences sont hebdomadaires, elles ont lieu le mercredi soir, à 8 heures et demie. Les sujetsen sontpris dans toutes les branches de la science. Tous les deux mois î nous avons une conférence de musique, avec auditions instrumentales et vocales ; tousles quinze jours, en moyenne, $ une conférence avec projections lumineuses; de plus tous les dimanches, une causerie très familière, appelée Causerie de l’apéritif, est faite de 5 heures et demie à 6 heures et demie dans le grand amphithéâtre de l’École de l’Arsenal.

Le nombre des inscriptions prises à l’Université populaire de Besançon pour l’année 1900, s’élève en général au chiffre de neuf cent cinquante. L

Sur le total de nos étudiants, on compte deux cent cinquante adhérents ouvriers, dont beaucoup fréquentent avec assiduité les cours hebdomadaires, ce qui n’est pas È suffisant pour notre ambition.

Jusqu’ici l’Université Populaire a borné son action à des conférences et à des auditions musicales, mais l’Université Populaire voudrait faire plus que des conférences. NoS vues au sujet de la constitution de divers services, sont encore vagues, nécessairement, parce qu’avant tout, nous avons besoin de nous constituer des ressources.

Quand l’Université populaire de Besançon sera devenue capitaliste, elle prendra des résolutions nouvelles et tentera de nouveaux moyens d’action en rapport avec sa

Afin d’accroître son avoir, la commission délibérant aux RE

termes des statuts a élevé pour une certaine catégorie d’adhérents le prix de l’inscription annuelle ou trimestrielle. _ Il va de soi que l’ancien tarif continué à être en vigueur pour les ouvriers et employés en faveur desquels l’œuvre a été créée et existe.

À cette catégorie essentielle la commission a cru devoir en ajouter d’autres, composées de citoyens que l’esprit de l’œuvre doit favoriser, comme les conférenciers et artistes exécutants de l’Université Populaire et leur famille

  • les instituteurs ou institutrices en fonction ou en retraite et leur famille } les répétiteurs ou répétitrices des lycées et écoles et leur famille à les maîtres et maîtresses élémentaires des lycées les étudiants ou élèves des facultés, lycées, écoles, les militaires, sous-officiers, caporaux ou brigadiers et soldats.

| Toutes autres personnes en général auront à acquitter ÿ un droit d’inscription montant à cinq franes pour l’année, à deux francs pour le trimestre.

Cependant, quand deux membres d’une même famille acquitteront le droit de cinq francs, les autres seront admis

: au bénéfice du droit minimum. Dans ce cas, les inscriptions devront être prises simultanément auprès du trésorier ou du trésorier adjoint. En somme, sans nous émerveiller sur les résultats obtenus et qui sont très loin de ce que nous espérons faire un jour, nous avons lieu d’être satisfaits de la besogne de cette année de débuts.

L’Université Populaire est devenue dans la cité une institution vraiment populaire.

Des talents distingués se sont fait connaître dans les conférences et il n’est pas un seul orateur qui n’ait pas obtenu

È sa juste part d’applaudissements.

d Nous avons eu de très belles auditions musicales, grâce au dévouement et aux talents divers de M. Æschimann, qui a su obtenir et organiser pour nous le concours d’une

C élite d’artistes aussi dévoués que distingués ; grâce aussi

à M. Maldiney, le sympathique conférencier, dont la science égale la modestie, toujours prêt, le premier, à payer de sa personne. . Mais par dessus tout, et c’est le but essentiel de notre œuvre, nous avons mis en contact les ouvriers avec ceux % qu’on appelle les intellectuels; on s’est reconnu, de part et à d’autre, amis et tous enfants du peuple. Ces deux groupes, autrefois divisés, se sont fondus dans un sentiment de fraternité et dans une aspiration commune aux progrès Dans certaines Universités Populaires de Paris, les ouvriers se font entendre des intellectuels, aussi bien que les intellectuels des ouvriers : c’est ainsi que peut s’établir la vraie coopération des idées. Nous faisons appel à nos camarades ouvriers pour qu’ils nous procurent à leur tour cette bonne fortune. D’avance, ils peuvent être assurés de l’attention la plus sympathique et la plus fraternelle. Je vous adresse ci-dessous la réponse aux questions que vous avez posées à M. Mornay au sujet du cercle Edgar Les ressources normales consistent dans la cotisation annuelle de 6 francs acquittée par les 140 membres du Cercle. Ces ressources n’ont pas suffi jusqu’ici à assurer le fonctionnement de l’œuvre et à couvrir les frais — assez considérables — de première installation. Mais nous espérons trouver sous peu le moyen d’acquitter nos dettes. Mon sentiment — et celui de M. Mornay — est que, si nous voulons avoir un nombre plus considérable d’auditeurs, nous devons en arriver à avoir des membres admis

_ sans cotisation. Le cercle catholique, qui nous fait concurrence, est gratuit.

Il y a normalement deux conférences par semaine, le

_ mardi et le vendredi à huit heures et demie.

Le local est ouvert tous les soirs. Il s’y rend d’ordinaire une dizaine de membres, pour y causer et y lire des journaux et des brochures.

A L’assemblée générale, qui s’est réunie hier, a doublé le nombre des membres du conseil d’administration. Nous espérons intéresser ainsi, par une participation directe, i quelques-uns de nos auditeurs, les plus assidus, au succès de à notre entreprise. On spécialisera les fonctions : propagande, 2) organisation de fêtes ou concerts, organisation de conférences ; il est indispensable, si nous voulons sortir de la « période de tâtonnements, que les mauvaises volontés soient éclairées et ramenées, que l’apathie du plus grand nombre 14 soit secouée, que les conférenciers, découragés par le petit nombre des auditeurs, reviennent à nous. On avait projeté des cours suivis. Le professeur de philosophie, qui devait traiter des grands moralistes, Socrate, Marc Aurèle, etc., le professeur de rhétorique, qui se proposait d’étudier l’œuvre de J.-J. Rousseau, ont dû y renoncer, dès la seconde causerie. J’ai poussé un peu plus loin nos causeries sur la Révolution, avec lectures de passages de Quinet, mais j’ai compris aussi que cela est trop inactuel pour notre auditoire de travailleurs. Il leur faudrait encore - et toujours de l’économie politique, et nous n’avons pas de spécialiste qui puisse se charger de cet enseignement. Des conférences sur l’organisation ouvrière, faites par un {ypographe, n’ont pas retenu davantage l’attention des

Nous nous promettons cependant de nous ingénier, de devenir, s’il le faut, conférenciers économistes. Le dernier

| sujet que j’ai traité est : les assurances obligatoires en

Allemagne. Je continuerai dans la mesure de mon temps et

de mes moyens.

Les Universités Populaires 1900-rgo7 ‘ L’Université Populaire de Bourges, dite l’Éducation L Mutuelle, a été fondée l’été dernier sous les auspices de la Bourse du Travail. C’est une association régulièrement F organisée, comprenant des membres honoraires et des membres actifs, ayant ses statuts et son comité d’administration, et dont les intérêts sont gérés par un secrétaire- L trésorier sous le contrôle du comité. Ë Les ressources dont elle dispose sont de trois sortes : À 1° Une subvention municipale de 4.000 francs. F y 2° Les cotisations des membres honoraires et les dons, L \ qui auront produit pour 1900-1901 environ 600 francs. (Les membres honoraires sont au nombre de soixante-quinze ; F leur cotisation est fixée au minimum de cinq francs par

3° Les cotisations des membres actifs, au nombre d’environ cinq cents et qui pourront produire en moyenne 1.200 francs par an. % Elle est installée dans un local qu’elle a loué, situé 4, place des Quatre-Piliers, et qui comprend actuellement : j Au rez-de-chaussée : 1° une grande salle de conférences pouvant recevoir au moins cent vingt personnes ; 2° un bureau pour un employé qui s’y tient en permanence pour j percevoir les cotisations, effectuer les prêts de livres, faire la correspondance, etc. Ÿ Au premier étage : 1° une autre salle de cours (qui n’a Î pas encore été utilisée jusqu’ici, mais où se fera à l’avenir Fi le cours d’allemand ou d’anglais); 2° une salle de lecture et ê de correspondance avec bibliothèque. Dans quelques semaines, elle disposera en plus d’une k: vaste salle où l’on organisera des cours professionnels À pour les apprentis et les ouvriers des divers corps d’états. Cette salle est en voie d’appropriation. Enfin, il y a un petit logement pour la concierge chargée î

La série des conférences a été inaugurée par une soirée donnée par M. Maurice Bouchor le 15 novembre, dans une vaste salle louée pour la circonstance, et qui n’a pas reçu ce soir-là moins de douze cents personnes.

Depuis cette époque jusqu’au 2 avril dernier, il y a eu ordinairement deux conférences par semaine (le mardi ou le mereredi et le samedi) sur des sujets très variés. Le plus souvent qu’il a été possible, les soirées ont été accompagnées de l’exécution de morceaux de musique (violon, piano, mandoline et même cornemuse).

| Les conférences sont interrompues pour la saison d’été,

| mais une fois par mois, pour rappeler qu’elle existe tou-

_ * jours, la Société donnera une soirée littéraire et musicale.

; En dehors de ces conférences qui ont eu lieu au siège social, une seule conférence a été faite (dans la grande salle louée spécialement) le 20 décembre, par M. Ch. Brun, profes- é seur à Paris, sur « le Théâtre et la Famille au dix-reuvième siècle ». La Société aurait désiré organiser de temps

| en temps des conférences semblables, qui n’auraient pas manqué de lui attirer de nombreuses sympathies ; elle en a été empêchée par la difficulté où elle s’est trouvée de se procurer des conférenciers : Bourges est loin de Paris, et aucun professeur du lycée de notre ville ne prête son concours à notre œuvre, le proviseur y mettant obstacle, officiellement ou officieusement.

IL a été également ouvert, pendant l’hiver, sous le patronage de l’Éducation Mutuelle, un cours d’adultes et un cours d’allemand qui ont réuni chacun, deux fois par semaine, une quarantaine d’auditeurs.

On peut donc dire que, pour une œuvre qui se fonde, les résultats déjà atteints sont des plus satisfaisants.

Une commission spéciale a été désignée, au sein du comité, pour s’occuper dès maintenant de préparer le programme qui sera réalisé l’hiver prochain et qui ressemblera beaucoup à celui qui a été suivi l’hiver dernier.

Il y aura, comme par le passé, deux conférences par semaine, du mois d’octobre au mois d’avril; chaque mois, l’une de ces soirées aura plus particulièrement le caractère

; de soirée récréative, littéraire et musicale.

Un cours d’adultes, un cours d’allemand et peut-être un cours d’anglais seront ouverts pendant le même temps.

Des cours professionnels seront faits pour les menuisiers, charpentiers, plâtriers, etc., sur la demande de divers

Si l’association prospère, comme il y a tout lieu de l’espérer, on pourra peut-être organiser des conférences circu- . lantes et faire profiter les communes voisines de la bonne volonté et du savoir de nos conférenciers bénévoles.

Enfin, si nous avons le bonheur de pouvoir compter sur quelques-uns des conférenciers parisiens qui se sont donné À la tâche de travailler à l’enseignement populaire du peuple, nous pourrons donner chaque mois ou tous les deux mois F une conférence de plus grande portée, qui appellera l’at- F tention sur notre société et contribuera à la rendre plus rospère.

L’idée de la fondation d’une U. P. à Brest, qui préoccupait, dès le début de l’hiver 1899-1900, plusieurs membres ou amis des sociétés populaires, fut lancée incidemment, l’été dernier, au cours de conférences antialcooliques dans les quartiers ouvriers ; elle reçut un accueil empressé, et, en même temps que plusieurs universitaires, plusieurs membres des syndicats brestois promirent dès lors leur

En octobre dernier, e’est à une assemblée générale d’une société ouvrière de secours mutuels que la fondation prochaine de l’U. P. fut formellement annoncée. A la suite d’une réunion préparatoire, un comité composé du contreamiral Réveillère; docteur Alain, conseiller général; fit aflicher un appel: « Aux travailleurs qui comprennent que leur perfectionnement intellectuel et moral est la condi- er | 1— DÉPARTEMENTS | tion nécessaire de toute amélioration durable de leur sort, et de tout progrès réel pour la société tout entière; aux libres esprits qui, dans toutes les conditions sociales, com-

_ prennent que la démocratie serait le plus dangereux des régimes pour la liberté et la civilisation, si elle ne se fondaït sur la culture réfléchie de l’ensemble des citoyens, sur une opinion publique enfin éclairée. » Le comité précisait ainsi l’esprit de l’œuvre : « L’U. P., œuvre d’éducation sociale et morale mutuelle, n’enseignerait, sur les grandes questions posées devant la conscience contemporaine, aucune doctrine exclusive; elle permettrait à toutes les opinions de s’exprimer, en les soumettant toutes à la dis-

; cussion ; admettant tous les partis, elle n’en représenterait

: Les membres les plus actifs des syndicats donnèrent leur

| adhésion. Le sous-préfet de Brest, l’inspecteur d’académie de Quimper et l’inspecteur primaire de Brest, le proviseur du lycée et la directrice du lycée de jeunes filles, une ï grande partie des fonctionnaires des deux lycées, un groupe important d’instituteurs, plusieurs conseillers généraux et municipaux, furent au nombre des membres fondateurs, L’association comptait 170 membres le jour de son assemblée constitutive, le premier décembre 1900.

s Cette assemblée vota les statuts de l’U. P. LU. P. Brestoise, qui a pris plus tard le nom de la Solidarité, est une association organisée, comprenant des membres fondateurs (membres inscrits avant le premier janvier 1901, auxquels viendront s’ajouter des membres satisfaisant à certaines conditions, et admis par ce premier groupe), et des membres participants. Les uns et les autres paient une cotisation mensuelle de cinquante centimes, valable pour une famille.

L’assemblée nomma à l’unanimité président d’honneur de VU. P. l’amiral Réveillère, et élut ensuite, conformément aux statuts, un conseil d’administration de quinze

| membres. Les statuts portent que ce conseil doit comprendre un tiers au moins d’ouvriers ; en fait, sept ouvriers furent élus.

On choisit un local où l’on aménagea une salle de conférences pouvant contenir une centaine de personnes, et une

heures de loisir pour faire le mobilier; association fut aidée dans ses premières dépenses par un don de plus de deux cents francs de l’amiral Réveillère. La Société républicaine d’éducation populaire de Brest fournit un premier fonds de livres, auquel vinrent s’ajouter des dons de l’Union Syndicale et de plusieurs membres de VU. P. Le 19 janvier, l’U. P., qui comptait alors 200 membres, donnait, dans une salle municipale, sa fête d’inauguration. On y applaudit une énergique allocution de l’amiral Réveïllère, quelques projections commentées sur histoire de la Révolution, quelques pages de musique et de vers. Le lendemain, le local s’ouvrait aux adhérents. Depuis cette date, il a été ouvert tous les soirs de huit à dix heures, le dimanche de deux à six heures et de huit à dix f heures. Les membres du conseil, à tour de rôle, assurent le service. Le local reçoit chaque soir de 15 à 20 membres; on y lit les journaux, on emprunte les volumes de la bibliothèque, qui en compte déjà plus de quatre cents, on cause. Des jeux sont à la disposition de tous. Le dimanche, sur la demande de plusieurs membres, nous vendons de la bière. L

‘ Le samedi soir est consacré à une conférence qui attire de 80 à 100 adhérents. Toute conférence peut être suivie L d’une discussion. Les sujets traités ont été les suivants : ! Les galères du Roi. — La Guerre. — Les idées politiques et sociales de Montesquieu d’après les Lettres Persanes. — M Les idées politiques de Rousseau d’après le Contrat Social. J — Le régime des condamnés politiques en Russie. — La poésie de Sully-Prudhomme. — Le système solaire. — L’Assommoir. — La mort de Socrate. —Une série de quatre conférences va être consacrée à la Déclaration des Droits de l’Homme. De plus, l’U. P. a donné à ses adhérents età leurs familles, dans une salle plus grande, une soirée littéraire et musicale à laquelle ont assisté plus de deux cents personnes. On y a applaudi Grieg, Paladilhe, Molière, Le Braz et Bouchor. L’U. P. a l’intention de donner une fois par mois des séances de violon, chant et lecture. L’U. P. a adressé au conseil municipal de Brest une “ demande de subvention qui n’a pas encore été discutée; elle »

compte surtout sur les cotisations de ses membres, qui étaient, à la fin de mars, plus de 260. à

L’expérience est encore trop courte pour qu’on puisse porter sur elle un jugement assuré. Il serait facile de signaler les points par lesquels l’œuvre est encore imparfaite, sa vie encore incomplète. Les conférences, écoutées avec une attention remarquable, n’ont encore été suivies, par exemple, d’aucune discussion. L’habitude n’est pas encore e prise — qui s’en étonnerait ? — de s’informer d’une façon précise et approfondie sur des questions un peu en dehors $ des préoccupations habituelles. Même pour les questions sociales, qui, naturellement, préoccupent beaucoup la plu-

; part des membres de l’U. P., et qui font souvent l’objet, le soir, autour de nos tables, de vives mais toujours cordiales discussions, on néglige peut-être trop de compléter par la lecture des ouvrages ou des revues de la bibliothèque les

| réflexions personnelles et la lecture des journaux.

C’est de ce côté que devra sans doute porter effort, l’hiver prochain ; peut-être organisera-t-on, par exemple, en dehors des conférences du samedi, des soirées de discussion sur des textes ou des sujets proposés d’avance. D’autre part, nous comptons organiser, le plus tôt possible, et développer l’hiver prochain, un groupe de chant et de comédie parmi les jeunes gens.

Quoi qu’il en soit de ces lacunes et de ces projets, un résultat est acquis. À considérer l’œuvre dans son ensemble, on peut dire que l”U. P., qui faisait appel à toutes les bonnes volontés, a surtout mis en rapport un groupe d’universitaires et un groupe d’ouvriers qui lui sont également dévoués ; dès le premier jour, les relations les plus cordiales se sont établies ; unis par le sentiment d’une égale sincérité, d’un égal respect pour la raison et pour la liberté, les uns et les autres éprouvent leurs idées dans des discus- sions toujours amicales, et la confiance mutuelle se fortifie encore à mesure que les caractères se connaissent et se

| pénètrent mieux. En dehors de YU. P. — et ce n’est pas . une des moindres preuves de sa vitalité — s’est développée une œuvre née de ce rapprochement amical : le bureau du

} syndicat des travailleurs du port a demandé à quelques ë * M os

professeurs du lycée d’organiser, à son siège social, des cours du soir à l’usage des syndiqués et de leurs enfants. à L’U. P. Brestoise semble destinée à vivre; mais dût-elle È mourir demain, son œuvre morale lui survivrait ; la formation d’un nouveau milieu profondément uni, en dehors et en dépit des liens sociaux habituels, en dehors aussi de toute unité de parti — uniquement par une commune volonté de perfectionnement intellectuel et moral. Ë A Calais, nous avons beaucoup de peine à faire aboutir notre œuvre. Nous nous sommes heurtés fréquemment à ù l’inertie des uns et au mauvais vouloir des autres; il est bien rare que nous ayons rencontré des encouragements. Toutefois, après dix-huit mois d’efforts incessants, nous #4 En germe depuis novembre 1899, notre Université Popu- i laire a pris forme au mois de février dernier. De sept à Le l’origine, nos membres, tant actifs qu’honoraires, sont à actuellement soixante-dix; mais, hélas, la classe ouvrière paraît encore nous bouder et ses éléments sont peu nom- R. breux dans notre association. £ Notre U. P. possède en location un modeste local rue Verte, numéro 32; il se compose d’une salle de réunion pouvant contenir cent auditeurs et d’un petit cabinet con- ! tigu qui sert de salle de lecture et de bibliothèque. Cette bibliothèque n’existe qu’à l’état d’embryon, et il serait à désirer que les sociétés et les personnes s’intéressant aux F Universités Populaires fassent un effort et nous adressent ; un certain nombre de livres, brochures, etc., que nous pourrions mettre à la disposition de nos adhérents. Ÿ Nos statuts sont actuellement soumis à l’approbation Pour subvenir aux frais, qui sont relativement élevés, les

4% cotisations de nos membres, actifs ou adhérents, ont été fixées à 1 franc par mois. Celles de nos membres honoraires sont fixées au minimum de 6 francs. Nous espérons pouvoir abaisser le taux des cotisations de 50 pour 100 dès que nous aurons atteint le chiffre de cent membres.

Notre intention est d’organiser des conférences hebdomadaires ainsi que des causeries dans la semaine. Nous avons pu déjà en donner quelques-unes. L’inauguration officielle de nos séries de conférences aura lieu le 20 avril prochain, au théâtre, sous la présidence et avec le concours de M. le docteur Desmons, secrétaire-général de VU. P. de Lille. Le docteur Gugot, notre président d’honneur, a choisi comme titre de sa conférence : Jenner, Raspail et Pasteur.

| Notre local est ouvert tous les jours de huit heures et demie à dix heures et demie du soir. Les membres de la Société s’y livrent à la lecture ou à des jeux qui les distraient de la fatigue d’une longue journée de labeur. Nous sommes abonnés à quelques revues et aux journaux répu-

6 blicains de la localité.

Si l’Université Populaire de Calais prend tout le développement que nous lui souhaitons, nous prendrons un local qui nous permettra d’apporter plus de place aux exercices physiques, utiles au premier chef dans notre

Nous avons également l’intention d’organiser des excursions scientifiques et instructives dans nos environs, qui

Faire œuvre de régénération et d’altruisme, voilà notre but, celui auquel nous convions tous nos amis.

Si nous réussissons, nous aurons la satisfaction du devoir accompli en même temps que celle d’avoir aidé au développement de l’humanité de demain, que nous désirons saine et intelligente.

Nous comptons pour cela sur tous les esprits libres, et

” c’est à eux que nous adressons cet appel. | Puisse-t-il être entendu !

L’U. P. de Clermont, fondée en septembre dernier, a À inauguré ses conférences le 19 novembre suivant dans une louée à raison de 5o francs par mois, malheureusement le propriétaire qui n’avait voulu louer que pour un mois à à titre d’essai, nous a-t-il congédié notre mois fini, à la suite de la demande de jésuites influents; malgré cet à-coup, les conférences ont continué dans une des salles de l’Hôtel à de Ville mise à notre disposition gratuitement par la municipalité. Sous peu nous pensons pouvoir louer un local, il n’y en a actuellement aucun de vacant dans notre ville. À L’U. P. est organisée régulièrement: elle se compose de 240 membres adhérents et 25 membres honoraires ; la cotisation des membres adhérents est fixée à 25 centimes par L mois payable par trimestre ; celle des membres honoraires L à 10 francs par an. Un mois après sa fondation l’U. P. s’est trouvée avoir jusqu’à 350 francs, nous avions fait beaucoup de frais dans le local dont je vous ai entretenu plus haut; chauffage, $ éclairage, chaises; que bien entendu nous avons dû démé- Ÿ nager; actuellement l’U. P. a environ 160 franes en caisse. J

Dans le début, il se faisait deux conférences par semaine (mardi et vendredi) et une causerie le dimanche, maintenant la salle de l’Hôtel de Ville n’étant libre qu’un jour par semaine (jeudi) il n’y a qu’une seule conférence ; dès que nous aurons un autre local, où alors nous serons chez } nous, nous rétablirons nos deux conférences; ce qui ne pourra que faire prospérer notre U. P.

Pour cet été le conseil d’administration organise des à conférences, excursions et des promenades botaniques ; J ces excursions se feront en cars dans la région de nos lacs; y et dans notre chaîne de montagnes, si intéressante à visiter, une conférence scientifique, littéraire ou archéologique, sera faite au point terminus après le déjeuner en plein air. J’ai obtenu d’un loueur de voitures des prix extraordinaires comme bon marché et qui sont à la portée de la bourse de tous les travailleurs. Pour la saison d’hiver nous n’avons encore rien prévu, mais je pense que notre programme sera le même que celui de la saison d’hiver précédente. ‘

: L’idée primordiale et créatrice d’une Université populaire à Épernay revient à des ouvriers typographes de cette ville,

; appartenant à la 94° section de la Fédération des Travailleurs du Livre. Parmi les discussions et les projets que les membres du bureau de ce Syndicat élaboraient mensuellement, en novembre, le camarade C. L** proposa au Comité d’imiter quelques grands centres ouvriers en essayant aussi une U. P. en notre ville. L’idée fut trouvée excellente, tout en envisageant les obstacles combatifs que peut-être nous

Le projet resta quelques jours en repos. Le promoteur de celui-ci n’en fut nullement découragé. Comme le camarade Alf allait à Reims, il le pria d’aller demander quelques renseignements complémentaires près de l’infatigable et dévoué président de l’U. P. rémoise, M. P. Gauthier, depuis longtemps notre ami, qui se mit complètement à notre

Nantis des quelques documents qu’il nous communiqua, et pour nous très précieux, ayant trouvé à ce moment un apôtre très dévoué sur notre chemin, nous commençâmes, Alf, Mity, Julien et moi, nos premiers pas dans l’œuvre aujourd’hui prospère. Deux ou trois jours après, une réunion fut tenue chez C. L** et nous décidämes d’aller demander l’avis du corps enseignant d’Épernaÿ en consultant M. l’Inspecteur primaire et M. le Principal du Collège. Ces messieurs nous encouragèrent à persévérer dans notre œuvre; spontanément ils nous offrirent leur précieux concours et celui des professeurs et instituteurs. Notre idée marchait donc sous de bons auspices. Une réunion prépa-

ratoire, à laquelle furent invitées toutes les personnes î susceptibles de faire des conférences, eut lieu dans une salle que nous louâmes à cet effet. L’accord fut parfait et le Comité provisoire désigné.

Les réunions succédèrent aux réunions; nous parlâmes L du grand événement prochain et nous nous assuràmes du À concours de quelques personnes dont le désintéressement ! est une vertu et le sacrifice un devoir. Un programme de matinée fut affiché en ville; des feuilles d’adhésions, avec extraits des statuts disséminés un peu partout, et, le Théâtre ayant été prêté par la municipalité pour la cérémonie, celleci eut lieu avec un succès qui dépassa nos espérances. On put évaluer à 800 auditeurs notre salle; M. Allard, le dévoué Inspecteur primaire, eut très souvent la voix couverte par des applaudissements frénétiques. Après avoir fait la genèse des U. P., et rendu ses hommages à leur primordial fondateur, notre dévoué et infatigable camarade G. Deherme, le conférencier s’étendit longuement sur ce qu’était, devait être et serait une U. P. à Épernay. « Nous exposons, mais nous n’imposons pas », dit-il,-en fin de discours. Un distingué professeur de violon de notre ville, dont le dilettantisme est apprécié quotidiennement, M. D. Oberlaender, ayant formé un orchestre symphonique, . à la hâte, avec quelques artistes de ses amis, tint ensuite toute la salle sous le charme musical. Cette matinée fut, pour la situation où nous nous trouvions, vis-à-vis des cléricaux et groupes politiques qui nous combattent sourde- ment encore, un encouragement.

Nous avions derrière nous 94 adhérents, et étions au milieu de janvier. Chaque soirée des dimanches suivants nous fit progresser le nombre de ces adhésions si bien qu’après notre soirée du 29 mars courant, nous sommes arrivés au chiffre respectable de 400 adhérents, à notre neuvième conférence. Insatiables de succès, nous espérons À plus encore. Nous savons qu’il existe, — comme en toutes choses, hélas! — beaucoup de timides, beaucoup de risquepeu; nous les aurons parmi nous plus tard. Notre U. P. porte le nom d’Émancipation Intellectuelle. Dirigée par un comité de quinze membres (dix ouvriers et

cinq membres du corps enseignant), l’U. P. sparnacienne donne hebdomadairement une soirée dont le programme est généralement composé d’une conférence de trente à quarante minutes, avec projections quelquefois; d’une lec- . ture de pages choisies dans le domaine littéraire; enfin une comédie est lue par quelques membres dévoués de notre société. Très souvent l’orchestresymphonique de M. D.Oberlaender ainsi qu’une pléiade d’artistes amateurs, dont M. et madame Michelin, viennent égayer notre programme et recevoir de chaleureux applaudissements. Combien d’autres encore rivalisent de zèle en nos soirées et au sein du Comité.

Ces réunions instructives ont lieu dans la grande salle de l’école maternelle de la rue des Jancelins. Elle peut contenir 800 personnes au minimum; et, quoique éloignée du centre de la ville, elle réunit ordinairement un auditoire de 500 à

Afin de permettre au travailleur (pour qui les U. P. sont spécialement créées) un facile accès parminous, ses pareils, nous établimes la cotisation à 3 francs par an, avec faculté de s’acquitter par mensualités, soit o franc 25.

Nos frais d’installation furent assez conséquents. Il est vrai qu’une première année de fondation entraîne naturellement des frais qui ne se représentent plus ensuite. Les seules dépenses envisagées pour les années suivantes seraient la location du piano (1ofrancs par mois), les droits L d’auteur, le placement des chaises (4 francs par soirée), Vachat de quelques pièces de théâtre moderne et quelques

Nous sommes secondés avec un dévouement infatigable par le distingué inspecteur primaire et le principal du collège, MM. Allard et Huard, les professeurs, instituteurs et institutrices de notre ville qui, avec les ouvriers du Comité, unissent leur dévouementavec un désintéressement sans égal, ce dont je suis heureux de les remercier tous

| publiquement en cette notice. Je n’oublierai point non plus mes remerciements au rédacteur en chef du Réveil de la Marne qui, en toutes circonstances, ne manqua pas de nous être utile par ses conseils. En prévision des jolies soirées estivales, le Comité a

songé qu’il serait peut-être nécessaire de laïsser une liberté entière à nos adhérents, leur permettant ainsi d’admirer de visu des paysages que seule la nature est à même

Nous aurons probablement une soirée mensuelle de juin à octobre pour n’être point oubliés.

Un généreux adhérent, M. David, d’Épernay, nous fit don d’une cinquantaine de volumes, un autre en offrit huit. Là s’arrête l’embryon de notre bibliothèque ; d’autres volumes, nous l’espérons, viendront s’y adjoindre sans doute.

Ce que nous ferons en 1902, nous ne le savons que vaguement encore. Comme à l’adolescent, le premier pas en amène un autre; nous allons inaugurer, le 24 avril prochain, une série de causeries où seuls seront admis les adhérents masculins de l’U. P.Ces réunions, empreintes de courtoisie, seront faites en dehors des conférences du dimanche. Les lois ouvrières, la sociologie, l’éclosion ou l’interprétation

. d’un livre, seront autant de sujets à disséquer en nos causeries exclusivement cordiales.

En remerciant les quelques U. P. qui nous ont donné déjà quelques renseignements confraternels, je leur demanderais à toutes si, en achetant quelques œuvres théâtrales, chacune, (autant de brochures que de personnages dans la pièce) nous nous les prêtions d’U. P. à U. P., en mettant le port réciproquement à notre charge. Ce système nous ferait une dépense moins conséquente et offrirait à nos auditoires un excellent choix de pièces nouvelles et souvent

Secrétaire général de l’U. P. d’Épernay (Marne)

Notre Université populaire fondée au mois de novembre et obligée un mois plus tard à déménager à cause de son extension rapide, n’a pu dès cet hiver avoir des conférences bien régulières; mais nous nous proposons de faire le

k _ nécessaire pour organiser, l’hiver prochain, ce mode d’en- » seignement. Des concours nombreux nous sont promis.

4 Des cours de filetageet machines, mathématiques élémen-

__ taires, géométrie et dessin, ainsi que de musique, ontfonc- *

4 Ceux de solfège et chant fonctionnent encore.

a Nous avons eu des fêtes de famille (concerts), très réus-

$ sies et la série en comprendra encore deux, pensons-nous.

. 4 En ce moment nous préparons des excursions qui com- à menceront dès que le temps le permettra.

4 Pour l’hiver prochain nous comptons sur nos cours que

  • nous espérons compléter.

ÿ: Une chorale est aussi en voie d’organisation ainsi qu’une } Estudiantina. L’orchestre est recruté parmi nos adhérents.

Nous avons un local comprenant buvette, salle des fêtes ‘

“_ et salle de cours et bibliothèque, indépendamment du logement du concierge-gérant. $ Les liqueurs et spiritueux sont absolument proscrits de , l’Université populaire.

| Notre association, administrée par une commission de

2 quinze membres, comprend six cent cinquante adhérents ù environ payant une cotisation minimum de 25 centimes é par mois. Ces cotisations forment à peu près nos ressources. Il convient cependant d’y joindre un certain bénéfice réalisé sur la buvette.

d Notre installation comporte une petite scène avec décors, des sièges en nombre insuffisant, des tables, une bibliothèque malheureusement peu fournie, appareil de chauffage et installation complète d’éclairage au gaz acétylène.

Inutile d’ajouter que nous avons foi dans l’avenir de notre chère Université populaire.

1 Voici une petite ville de 11.000 âmes, toute industrielle,

… quiest dotée d’une Université Populaire type, pourrions-

…_ nous dire, et fondée à bien peu de frais.

Le fondateur de cette Université est M. G. Lemyre, rédacteur au Progrès du Nord, de Lille.

Au mois de décembre dernier, il a réuni les professeurs du collège, les instituteurs, des médecins, d’autres personnes encore et, faisant appel à la bonne volonté et au dévouement de tous ceux qui étaient venus, il a sollicité de chacun une heure de causerie.

Tous ont accepté, un comité de direction a été aussitôt . formé avec le maire, conseiller général, président; les deux adjoints, vice-présidents ; un professeur, un instituteur, un négociant, un propriétaire, membres. La nouvelle Université débutait avec rien, la municipalité répondant simplement des frais d’affiches et d’impression des cartes d’auditeurs, donnant une salle pour les cours, le grand foyer du Théâtre, et prenant à sa charge les frais d’éclairage.

Pour assister aux cours de l’Université Populaire, il suffisait d’être âgé de plus de quinze ans et d’avoir retiré au secrétariat de la mairie une carte d’auditeur délivrée gratuitement. On a dù limiter à deux cent quatre-vingt-une le nombre des admissions, faute de local suffisant pour recevoir plus d’auditeurs, à moins de prendre la salle même du Théâtre, un peu bien grande et bien solennelle. n

Les cours se sont ouverts le 10 janvier pour ne se terminer que le 4 avril, à raison d’un par semaine, le jeudi, de 8 heures à 9 heures un quart du soir. La politique a été F exclue de ces cours, consacrés tous aux matières de l’enseignement primaire et secondaire : littérature, histoire, géographie, agriculture, sciences physiques et naturelles, |: morale et civique. Chacun de ces cours a été suivi très régulièrement par une moyenne de deux cents auditeurs, dont une trentaine de À dames et jeunes filles.

Le Conseil municipal, dans sa session de février, a voté . à l’unanimité un crédit de cent francs à cette œuvre démocratique, mais ce crédit a été à peine entamé, grâce à l’excellente organisation. L

Et cependant l’Université Populaire du Cateau ne s’en est pas tenue à ses cours hebdomadaires.

Pour récompenser ses auditeurs, le dimanche 24 février, elle donnait au Théâtre une matinée littéraire et artistique

. avec le concours d’un conférencier en renom et d’une artiste

__ non moins renommée de la Bodinière, M. Jean-Bernard et madame Graindor. Cette matinée, gratuite pour les membres de l’Université populaire, a rapporté près de deux cents francs de bénéfice net, qui ont été employés en

| achat de volumes pour une tombola, également gratuite pour les auditeurs, tirée le jeudi 11 avril et à laquelle de

| nombreux donateurs s’étaient empressés d’envoyer des lots:

| le député de Cambrai, M. Bersez, l’inspecteur primaire, le

; Le jeudi 27 avril, l’Université populaire, pour clôturer la saison, donnera au Théâtre une représentation littéraire et dramatique consacrée aux œuvres d’Alfred de Musset, avec le concours de mademoiselle Sandra Fortier, du Vaudeville, MM. Édouard Beaufils, critique littéraire de La Paix, Charles Léger, directeur du Théâtre des Poètes et Victor Bachelet, de l’Odéon.

‘ Et voilà pour cette première année l’œuvre de l’Université Populaire du Cateau.

Les cours reprendront en octobre ou novembre prochain et ils seront plus fréquents, car le comité se propose de les rendre bi-hebdomadaires en décembre, janvier et

L’assiduité à ces cours sera encouragée et récompensee d’une façon plus large encore que la première année et un cours spécial de comptabilité sera créé, si un nombre suflisant d’inscriptions est réuni.

L’Université Populaire du Cateau a des tendances marquées à se transformer en Association philotechnique, avec cours suivis par chacun des maîtres.

| Mais du rapport du secrétaire général, M. G. Lemyre, sur

; les travaux de l’année du début, il résulte que la limite d’âge pour les admissions devra être élevée et portée à dix- l sept ou dix-huit ans : les tout jeunes gens, en effet, ne s’intéressent pas également à toutes les matières du pro-

gramme et dès que les sujets traités sont un peu sérieux et ne s’adressent pas à leur imagination, comme la littérature et l’histoire, ils se montrent dissipés et peu attentifs. En résumé, l’œuvre entreprise au Cateau a été couronnée du plus complet succès qu’on pouvait souhaiter et l’organisation en a été parfaite. Il sera difficile de faire beaucoup mieux l’hiver prochain; on ne pourra que faire plus grand et plus complet sur les Nos sincères félicitations à notre confrère G. Lemyre, qui a fait preuve d’intelligente initiative et a donné naïissance à une institution d’essence toute populaire et L’Université Populaire du Mans a été inaugurée le 3r octobre 1900 par une fête donnée au théâtre municipal sous la présidence de M. d’Estournelles, ministre plénipotentiaire, député de la Sarthe. M. de Bloch, conseiller d’État de Russie, avait bien voulu, à cette occasion, faire une conférence sur « la Guerre et la Paix ». À Depuis ce jour, les conférences se sont faites régulièrement tous les samedis sans interruption, à ia Bourse du Travail. L’association s’est constituée légalement dans le courant de février et vient de recevoir l’autorisation administrative. Nos ressources ne nous permettent pas d’avoir un local spécial, mais nous avons reçu du Conseil d’administration de la Bourse du Travail l’hospitalité la plus large, et nous avons à notre disposition salle de conférences et bibliothèque. C’est tout ce que nous pouvions espérer pour une première année. Peut-être pourrons-nous plus tard, avec la subvention que nous a promise la municipalité, donner à notre œuvre plus d’extension et organiser un local où les ouvriers ’ puissent non seulement s’instruire mais aussi se distraire. C’est là notre ambition, et peut-être se réalisera-t-elle, grâce au concours dévoué de nos amis.

L’Université Populaire de Lisieux a été fondée le

Un local lui est spécialement affecté et porte le nom de Maison du Peuple. Il comprend: un salon de lecture; un salon de correspondance ; un salon de conversation, une fe salle de jeu, et une salle de conférence. | La salle de conférence est très belle, et peut contenir 1.200 personnes (elle était remplie lorsque MM. Charbonnel et de Pressensé y ont fait chacun une conférence). Les quatre autres salles sont fort bien aménagées, et à offrent aux membres tout le confort désirable. Ce local est mis gratuitement à la disposition de l’U. P. 4 par le Conseil municipal de Lisieux. Ÿ L’association est définitivement organisée, et compte à ce d té jour: ce qui lui assure un revenu annuel de 807 francs.

Les conférences ont lieu deux fois par semaine: le jeudi et le dimanche. Elles sont faites par quelques membres: actifs, et par quelques conférenciers invités par les membres de l’Université avec l’approbation du Comité d’administration.

ÿ Il n’y a pas d’autres réunions que celles du jeudi et du dimanche. Mais, tous les dimanches, l’U. P. est ouverte de deux heures à six heures du soir, et de huit heures à dix heures et demie.

Avant et après les conférences, un membre surveille les salles, et fait des lectures, des causeries, des conversations aux membres adhérents, à moins qu’il ne préfère jouer avec eux.

Projets pour l’hiver prochain. — 1° Établir des cours pratiques à mesure que les membres adhérents le demanderont

| etc., etc.). IL existe déjà un cours d’anglais fait par les proi

fesseurs du collège et très bien suivi par cinq élèves /ceux à qui demandent seulement).

2 Établir des communications entre l’U. P. de Lisieux et les Associations d’anciens élèves de l’arrondissement a) Par des fêtes; b) par des excursions; c) par des intérêts de métier, etc. L L’Université Populaire de Lorient n’étant pas constituée £ en société par suite de diverses causes matérielles dont la principale est l’étendue de la ville et la dispersion de la population ouvrière, les conférences de cet hiver ont eu lieu comme l’an passé à l’école de Kérentrech et à l’école de Merville. Pour l’intra-muros on avait choisi la salle de k. l’ancien Château-d’Eau. Cette innovation n’a pas eu le succès auquel on avait le droit de s’attendre. L’éloignement . plus considérable encore des faubourgs a quelque peu nui à la fréquentation. En revanche, à Kérentrech et à Merville, les conférences ont été très suivies par un public composé en très grande majorité d’ouvriers. L’enlèvement d’une cloison mobile, dans les nouvelles constructions de l’école de Merville, a permis de doubler l’espace réservé aux Ë auditeurs. Il est à souhaiter qu’une combinaison semblable puisse permettre d’offrir au public assidu de Kérentrech | une salle aussi spacieusement aménagée. Vingt-cinq conférences ont été faites du 15 novembre au premier février par dix conférenciers cinq par M. Merlant, professeur de rhétorique au lycée; cinq par M. Lhuillier, professeur de physique au lycée; trois par M. Henry, professeur de physique au lycée trois par M. Lagniel, proviseur du lycée; trois par M. Bouquet, professeur de septième au lycée; deux par M. le docteur Le Nadan; une par M. Nail, avocat; une par M. Enjalran, professeur de philosophie au lycée; une par M. Suran, professeur de lettres au lycée;

une par M. Dejean, professeur de mathématiques au

M. Merlant a parlé : du rire, du bon sens et de la pitié dans Molière; M. Lhuillier : de la science au seizième siècle et de la lumière; M. Henry : du paludisme; M. Lagniel : de la formation du capital par l’épargne; M. Bouquet : des mouvements de la Terre dans l’espace et du calendrier ; M. Le Nadan : de la tuberculose ; M. Dejean : de la Révolution ; M.Naïl: de la Constitution de 1875; M. Suran des Universités populaires ; M. Enjalran : de l’instinct.

Une subvention de deux cents francs nous a permis d’acquérir quatre-vingts chaises. Nous comptions nous aboucher À

avec le comité de la Bibliothèque populaire et la Société antialcoolique qui avait un local spécial et une grande salle de réunion, et voir s’il n’aurait pas été possible de fondre les trois comités en un seul, quand un incendie est venu au commencement de février détruire le local de la

Nous ne savons pas quels sont les projets de cette société. Nous doutons même qu’elle ait les ressources suffisantes pour réédifier son immeuble sur le même terrain qui n’était pas à elle. Il est donc probable que l’Université Populaire continuera l’an prochain à faire ses conférences dans les salles que lui prête avec beaucoup d’amabilité l’administration académique dans les écoles de Merville, de Kérentrech et de la rue Ducouédic.

L’attention du public ouvrier mise souvent à une rude épreuve, son assiduité à suivre les conférences et l’intérêt non dissimulé qu’il témoigne aux développements des conférenciers, sont la meilleure preuve que l’œuvre de l”Université Populaire n’est pas inutile et que ceux qui contribuent à son succès doivent persévérer.

La Société de l’U. P. L., créée en décembre 1899, — sur l’initiative de madame Desparmet-Ruello, directrice du

lycée de jeunes filles de Lyon, — sous le nom de Société . lyonnaise d’instruction et d’éducation populaire se compose de membres sociétaires et de membres participants, (x) au . nombre de 480 actuellement. Elle est organisée d’une façon toute spéciale ayant été déclarée, sur les registres ofliciels, comme Société d’enseignement supérieur libre.

L’Université Populaire lyonnaise se subdivise aujourd’hui i en deux sections et créera dans les divers quartiers de la ville, à mesure que ses ressources le lui permettront, des

Section de la Croix-Rousse. — La section de la CroixRousse qui compte 300 membres participants (voir les deux premiers numéros des Annales de l’Université populaire lyonnaise) est organisée d’une manière définitive et puissamment assise.

tête une commission de gérance composée de seize commis- L saires (huit ouvrières et huit ouvriers) nommés à l’élection L par les membres participants. Cette commission, ainsi que son nom l’indique, n’a à s’occuper que de la partie matérielle et économique de la seule section de la Croix-Rousse. à (Dans la pensée de la fondatrice de l’œuvre il s’agit en effet non seulement d’instruire et d’apprendre à réfléchir, mais encore d’apprendre à administrer et à gérer.] À

Chaque commissaire, homme ou femme, a un service bien comptabilité, secrétariat, caisse, surveillance et police, chaque branche a son ou ses commissaires, sous la direction immédiate de trois commissaires généraux.

Cette section possède un vaste local se composant d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage. Au rez-de-chaussée D se trouvent : une grande salle de cours (avec estrade), contenant cinq cents personnes; deux salles de trente mètres

(G) Les membres participants sont les ouvriers et ouvrières d’un À quartier qui ne paient que 2 franes par an de cotisation. Les socié- L taires sont ceux qui versent de 6 à 100 francs par an et au-dessus.

carrés de surface pouvant servir de salles de consultations F gratuites et d’une cour de quinze mètres de longueur (avec ses dépendances, w.-c., etc.)

Le premier étage se compose de quatre salles ayant cha- cune 9 mètres 5o de longueur, servant, la première de Musée, | la seconde de petite salle de cours (pour les cours qui n’ont pas plus de cinquante à soixante auditeurs), la troisième de salle de jeux et la quatrième de bibliothèque. Elles sont pourvues de chaises et de tables ; sur les murs se trouvent des tableaux de Hugo d’Alési et la Déclaration des Droits ” de l’Homme et du Citoyen. | Toutes les salles et couloirs sont éclairés à l’électricité et | chauftés par des poéles; le gaz vient en appoint comme | combustible pour les jours de fête où l’on veut faire du thé ou du chocolat. i | La bibliothèque, pauvre encore, ne contient que deux cents ouvrages, traitant principalement de science sociale, \ de géographie, d’histoire, de sciences appliquées; des jour- : naux, des revues et des journaux illustrés la complètent d’une manière insuffisante. Les salles sont ouvertes tous les soirs de 8 heures à | 10 heures et demie, mais il n’y a des cours que quatre fois par semaine, et le dimanche de 1 heure à 7 heures.

Ce vaste local a été cédé à l’U. P. L. par la municipalité, grâce à M. Augagneur, maire de Lyon; mais ce sont les fonds de l’U. P. L. qui ont contribué à le meubler et à l’installer.

Cette section a un budget des dépenses qui s’élève à 1.500 francs par an. Ses recettes ne sont guère que de 5 à 600 francs ; la différence est comblée par l’U. P. L. en attendant une subvention spéciale demandée à la municipalité

Pendant le semestre d’hiver (1900-1901) 7.925 personnes

(un tiers d’hommes et deux tiers de femmes environ) ont assisté aux cours et conférences faits par la section de la 1.884 en février et 2.557 en mars.

Dans ces nombres sont comprises beaucoup de personnes

qui ne sont point membres participants de l’U. P.L., l’entrée de la grande salle du rez-de-chaussée ayant été laissée À libre pour permettre aux Croïix-Roussiens de se rendre compte des tendances de l’œuvre d’éducation entreprise. Section de la Guillotière. — La section de la Guillotière n’a pas encore de local. Elle a dù faire ses cours dans une école communale et ses conférences dans le grand amphi- % théâtre de l’institut de chimie, ce qui n’a pas été sans inconvénients. Les cours ont eu lieu deux fois par semaine, de 8 heures et demie à 9 heures et demie, et les conférences le dimanche de 3 à { heures et demie.

Cette section ne compte que soixante membres participants. M. le docteur Beauvisage, vice-président de VU. P.L. À chargé d’organiser cette section, s’est attaché uniquement à f faire un cours d’enseignement scientifique intégral, d’après . les idées de M. Bertrand. L’auditoire, insuffisamment pré- È paré, a moins répondu à son appel qu’il eût été désirable, malgré la très grande valeur des professeurs. Ceci semble prouver, qu’à Lyon tout au moins, l’Université Populaire, — ainsi que l’avait pressenti madame Des- L

; parmet, — doit se préoccuper avant tout de l’éducation sociale; que c’est ce qui intéresse surtout les travailleurs manuels. En résumé, l’Université Populaire lyonnaise est une œuvre d’éducation sociale essentiellement libérale et s

En science comme en lettres, les professeurs et les confé- L: renciers montrent à leurs auditeurs comment l’esprit humain doit se dégager de toute théorie conventionnelle en prenant la raison pour seul guide dans ses recherches sur les faits de toute nature ou sur les hommes et leurs À

L’Université Populaire lyonnaise s’eflorce de mettre en lumière ce que les influences multiples du passé ont fait de b la société actuelle; ce que les esprits éclairés peuvent faire Î

Q pour l’aider à sortir de la phase critique qu’elle traverse et l’amener à réaliser le plus possible, dans son organisation, l’idéal de justice sociale qui sera le plus haut degré de son

L’Université Populaire : le Foyer du Peuple de Marseille, a été fondée dans le courant du mois de février 1901. Cette création a acquis immédiatement une influence considérable dans la classe laborieuse; ses organisateurs principaux sont très expérimentés en matière d’enseigne-

À ment et d’éducation post-scolaires, en outre, ils sont en J correspondance constante avec la société la Coopération | des Idées de Paris.

! Actuellement Le Foyer du Peuple de Marseille n’a pas encore de local qui lui soit spécialement affecté. Les réunions de son conseil d’administration et les séances des conférences-causeries se font dans une brasserie. Les | allures générales de la société sont essentiellement popu- laires ; l’association existe de fait, mais elle n’a que des statuts et un règlement provisoires, elle ne sera constituée définitivement qu’après une expérience d’une année au

Les ressources du Foyer du Peuple sont nombreuses, elles consistent en cotisations personnelles, en souscriptions et en dons particuliers des membres honoraires et en subventions des pouvoirs publics. Le budget des recettes et dépenses ne possède qu’un caractère vague, car la constitution de l’association est des plus récentes. La cotisation de chacun des membres actifs est en principe fixée à cinquante centimes par mois.

L’enseignement du Foyer du Peuple est donné par des conférences-causeries hebdomadaires. Les assemblées ont lieu habituellement le vendredi à neuf heures précises du soir. En plus des conférences faites au siège même de la société, le Foyer du Peuple rayonne dans tous les quartiers de la ville de Marseille, Le caractère de l’enseignement est relativement ambulant. Les conférenciers se transportent selon les demandes des organisateurs de réunions, soit dans des salles préparées spécialement pour l’assem-

blée, soit dans les écoles communales, soit dans les bars, les brasseries et les cabarets. En dehors des séances destinées aux conférences, Le Foyer du Peuple a toutes les semaines une réunion parti- . culière de son comité de direction. Cette réunion est desti- Li née à la préparation des conférences régulières du groupe . central et à l’organisation des conférences sollicitées par d les groupes sectionnaires de la ville. Les projets de l’université populaire le Foyer du Peuple 1° Fonder un groupe central avec conférences-causeries tous les soirs ; 2° Organiser des conférences-causeries et des conférences didactiques avec projections lumineuses, dans les diffé- $ rents quartiers de la ville de Marseille et tout particulière- J ment dans les réunions des sociétés des amis de l’instruction laïque ; ces sociétés sont au nombre de quatorze, dont L huit urbaines et six suburbaines ; ‘4 3° Créer une bibliothèque circulante; À 4° Créer un cabinet de lecture au siège central et donner une grande extension aux ouvrages périodiques : revues et J 5° Fonder un musée populaire économique, scientifique K et artistique ; S 6° Publier un bulletin mensuel ou hebdomadaire, résu- à mant les conférences faites sous les auspices du Foyer du Peuple. Dans cette publication seraient données de nombreuses notes bibliographiques pour les choix de livres à acquérir et on indiquerait des lectures à faire pour les membres adhérents ou leur famille, soit au point de vue social, soit au point de vue professionnel; 7° Organiser des conférences-promenades pour visiter en compagnie de guides compétents : les usines et manufac- ; tures, les monuments historiques et artistiques et les sites ’ naturels les plus pittoresques ; ; 8° Organiser des conférences sociales, rédigées exclusi- À vement par des ouvriers et communiquées aux patrons, soit directement, soit dans les syndicats professionnels

‘4 L’Université Populaire Le Foyer du Peuple de Marseille est en relation permanente avec les principales sociétés d’enseignement et d’éducation pour les adultes de la région de Provence. Avec ces sociétés, elle constitue une sorte de fédération conventionnelle, qui permet à chacun des groupements, tout en conservant son autonomie propre et son objectif particulier, d’avoir non seulement des conférenciers disponibles pour toutes les séances, mais aussi de réaliser la possibilité de prêts et d’échanges de vues pour projections lumineuses. Les sociétés avec lesquelles l’Université Populaire Le Foyer du Peuple est en relations sont | 1° La Société des Conférences Populaires Municipales / 3° La Société Marseillaise d’enseignement professionnel

4 4° La Société Académique de Comptabilité pour l’ensei-

_ : gnement commercial des adultes;

5° L”Athénée de Saint-Barnabé (Université populaire de 6° Les quatorze sociétés des Amis de l’instruction laïque;

7° Les syndicats professionnels de la Bourse du Travail;

8° Un assez grand nombre de syndicats professionnels

L’Université Populaire Le Foyer du Peuple a trouvé un accueil des plus sympathiques auprès de MM. les professeurs de la Faculté des sciences, de la Faculté des lettres et de la Faculté de droit; des professeurs du lycée ; des instituteurs primaires de l’enseignement public et aussi auprès d’un grand nombre de commerçants, d’industriels et de personnes dévouées de toute condition.

La plupart des projets entrepris par Le Foyer du Peuple de Marseille sont communs à toutes les Universités Populaires, quelles qu’elles soient, mais l’idée d’organiser des conférences rédigées exclusivement par les ouvriers, dans la perspective d’être communiquées aux groupements patronaux, est nouvelle. Jusqu’à ce jour, ce sont les patrons

. et les intellectuels qui ont imposé leurs traditions et leur enseignement aux prolétaires et aux classes laborieuses. A l’aide de la méthode mise à l’étude par le Foyer du

Peuple, ce seront les classes dirigeantes qui entendront les vœux recueillis par les travailleurs. Sous la forme de ? conférences faites aux patrons par les ouvriers, un échange *. permanent de vues fera certainement disparaître de nombreuses préventions, atténuera des haines et effacera bien À des rancunes. Il y aura là un enseignement mutuel, où toutes les classes sociales viendront se fondre : dans la communauté des discussions, ouvriers et patrons sauront se faire des concessions réciproques et nul doute que dans un bref délai, ils n’apprennent à s’estimer naturellement. L’enseignement du Foyer du Peuple de Marseille est plutôt éducatif que didactique. Il n’est pas donné sous la forme de cours théoriques, mais presque exclusivement par des conférences d’ensemble, des lectures, des analyses à d’ouvrages et des causeries. Cependant le Foyer du Peuple ne dédaigne l’instruction vulgarisée par les cours publics, au contraire, il y contribue directement en préparant des auditeurs pour les sociétés d’enseignement d’adultes avec lesquelles il est en relation, telles que: les cours du soir dirigés par les instituteurs et institutrices des écoles communales ; les cours municipaux d’enseignement pratique ; E. les cours commerciaux de la Société Académique de Comp- . tabilité et de la Société pour la Défense du Commerce; les ‘ cours techniques de la Chambre de Commerce, de la Société marseillaise d’enseignement professionnel et de la Bourse du Travail. En résumé, l’université populaire Le Foyer ‘du Peuple de Marseille, tout en ayant l’éducation des classes laborieuses spécialement pour objectif, coopère à tout ce qui peut élever le prolétariat. Elle se propose d’ennoblir les travail- . leurs et elle espère, par les soins qu’elle apportera à la L rédaction de ses programmes, faire disparaître les erreurs qui alourdissent et même entravent la marche progressive de l’humanité. De plus, elle tâchera dans la mesure de ses forces et de ses moyens, de trouver des solutions pratiques destinées à combattre les malentendus qui aigrissent et divisent les populations. Secrétaire général du Foyer du Peuple N

Nous n’avons pas à revenir sur les débuts de l”U. P. de Montauban : le second numéro du Bulletin de la Société des U. P. en a déjà rendu compte.

Fin juin 1900, les professeurs et maîtres du lycée qui en avaient pris l’initiative ont voulu donner une plus large base à cette institution, et, en conséquence, ils ont provoqué une réunion publique pour organiser une nouvelle campagne. Nombreux furent les compatriotes des deux sexes qui répondirent à leur appel. Aussi séance tenante les statuts furent discutés, et on nomma un comité de trente membres destiné à s’occuper plus spécialement de la direction de la Société nouvelle.

Après une séance d’inauguration, dans laquelle M. Charles Guieysse, secrétaire-général de la Société des Universités Populaires, voulut bien expliquer le but de l’œuvre, nous avons repris nos travaux. Nous nous en sommes tenus d’abord à des conférences hebdomadaires dans un spacieux local mis gracieusement à notre disposition par la municipalité. Dix-huit conférenciers différents y ont traité les sujets les plus divers devant un auditoire des deux sexes de plus de cent personnes en moyenne. Parmi eux, un noyau important se fait remarquer par son assiduité : ce sont des ouvriers (en trop petit nombre), des employés, des instituteurs et quelques militaires.

d Après cette première tournée, de nouveaux conférenciers sont venus à nous, et nous pouvons compter aujourd’hui sur vingt-six orateurs inscrits. Parmi eux, nous avons fait une place à des élèves-maîtres de notre École normale. Nous avons pensé, en effet, faire œuvre utile en facilitant à ces futurs éducateurs l’exercice de la parole devant un public différent de celui auquel ils s’adresseront la plupart du temps. Ainsi entraînés, ces jeunes gens n’hésiteront plus pour créer à leur tour sinon de petits centres de

sociétés analogues, du moins des conférences dont les habitants des communes suburbaines pourront retirer un

En présence de cette aflluence de bonnes volontés, nous . avons élargi notre sphère d’action. En sus des réunions hebdomadaires, qui ont lieu dans notre local de la rue du Lycée chaque mercredi, nous allons tous les vendredis donner des conférences dans les divers quartiers de la ville trop éloignés de notre siège social. L’un de nous a même dépassé les limites de l’octroi et porté la bonne parole dans trois cantons suburbains de notre département. Le premier pas est fait, nous persévérerons dans cette !

Le local dont nous disposons comprend une vaste salle . où nous donnons les conférences, une salle de lecture et de conversation, dans laquelle nous avons installé une d bibliothèque qui comprend déjà près de trois cents volumes qui nous viennent de dons divers, et une salle plus étroite où nous pouvons renfermer notre matériel encombrant.

Nous disposons en outre d’une cour avec préau, dans laquelle nous pourrons donner nos conférences en plein air pendant les chaleurs estivales, et un jardin spacieux où nous installerons des jeux à la disposition des sociétaires.

N’ayant pu prendre possession de ces locaux qu’aux environs du premier janvier, ce dernier trimestre a été employé à parfaire notre installation. Nous avons actuellement une série de décors de scène, qui vont incessamment nous à permettre de commencer des représentations théâtrales mensuelles et gratuites exclusivement réservées aux membres de la Solidarité. Nous avons aménagé la salle de lecture et nous espérons avant peu pouvoir y discuter entre nous, ce que nous n’avons pas encore obtenu (ou si peu !) dans les conférences données. Nous tâcherons d’organiser, en outre, des cours suivis et une buvette de tempérance, et alors nous serons définitivement lancés.

Nous avons été aidés pour ces premières dépenses par à

notre municipalité, qui a bien voulu nous accorder une subvention pour faire face à ces frais et qui a promis, je

4 crois, une subvention annuelle. Le tout, bien entendu, sans engager en quoi que ce soit l’indépendance de

La Solidarité a pour ressources, outre ces dons gracieux, les cotisations de ses membres. Pour rester accessibles à tous, nos prix sont aussi modiques que possible. La Société . comprend, en effet, des membres actifs à 1 franc par an, des membres auditeurs à o franc 50 par an et des membres honoraires à 3 francs par an.

Quoique nous n’ayons encore rien fait pour attirer personne, nos concitoyens viennent à nous en assez grand nombre. Nous sommes, en effet, près de deux cent cin-

| quante, malgré l’état encore rudimentaire de notre installation. Mais tout va être en marche dans le courant du mois, et nous espérons, sans présomption aucune, voir rapidement s’augmenter le nombre de nos adhérents.

Nos statuts ont été adoptés par l’autorité administrative le 22 décembre 1900. C’est même à cette occasion que nous avons dû cesser de nous appeler Université Populaire. Nous avons alors pris le titre de La Solidarité, association laïque d’éducation populaire. Et nous marchons comme

En terminant, laissez-moi vous dire que nous sommes dans les meilleurs termes avec les Sociétés laïques de Montauban : la Société de Gymnastique a déjà donné une fête sous notre patronage et l’École des apprentis vit avec nous

Notre installation actuelle nous permcttra de ne point interrompre le cours de nos travaux. Les ouvriers n’ont pas de vacances, nous nous arrangerons pour être toujours auprès d’eux. Lorsque la chaleur nous chassera des

  • diverses salles, nous nous réfugierons dans les jardins.

) Pour la Solidarité de Montauban

La Société d’enseignement populaire, fondée en 1898, est depuis deux ans en pleine prospérité. Elle s’applique d’une part à varier ses exercices, à diversifier ses modes d’action, à éviter la monotonie et la routine, d’autre part à rester en contact avec le peuple, le vrai peuple, à fuir les bourgeois. C’est une société organisée, à cotisation modique (ofrane par an au minimum), administrée par un comité de vingt membres, dont six ou sept ouvriers, et un bureau de quatre dont un vice-président ouvrier. Les cotisations (il en est à beaucoup à deux francs et quelques-unes à cinq et dix francs) rapportent cinq cents francs environ. Le Conseil k. général vient d’attribuer cent francs à la Société pour l’aider à payer les frais de voyage des conférenciers qu’elle envoie dans les environs. Mais la principale ressource est à la subvention municipale de mille francs qui nous met tout à fait à l’aise, d’autant plus que la Ville nous loge et supporte encore tous nos frais de chauffage et d’éclairage. Nous avons un local, une salle d’école désaffectée, modestement ornée de diagrammes antialcooliques, de quelques photographies, d’affiches de Hugo d’Aljési. Mais nous n’y Ë donnons qu’une de nos deux réunions hebdomadaires, celle ” du jeudi. L’an dernier, toutes deux avaient lieu dans cette salle. Cette année, nous avons voulu aller chercher les ouvriers chez eux, dans leurs faubourgs étendus et lointains. Nous donnons quatre ou cinq conférences dans un J de ces faubourgs, le mois suivant dans un autre, et nous aurons ainsi de mois en mois parcouru tous les quartiers L éloignés du centre. È D’ordinaire c’est dans une salle d’école que nous convo- È quons nos auditeurs. Mais nous avons aussi, sur la propo- ! sition de nos camarades ouvriers, demandé l’hospitalité de Ÿ la Bourse du travail. Elle passe pour être animée de sentiments très révolutionnaires, presque libertaires. Nous à

f avons commencé la série au moment où les esprits étaient surexcités par la grève de Marseille, nous avons débuté par un exposé historique du mouvement communaliste de 1871 et continué par une causerie du secrétaire de la Bourse sur les associations ouvrières. Cela nous a valu les méfiances de la police, la nécessité de faire une déclaration de réunions publiques et la présence d’un commissaire de police près de l’estrade. Mais il a reconnu que « ça s’était bien passé » et n’a plus reparu. Nous serons heureux d’ailleurs de ces petits ennuis s’ils excitent la curiosité des ouvriers et si l’élément ouvrier de notre auditoire continue à augmenter. Cet auditoire est composé d’ouvriers, d’employés, d’instituteurs, les femmes y sont nombreuses. C’est un public fort intéressant, les bourgeois y sont très rares, il écoute à merveille et nous témoigne une sympathie fidèle et touchante. A la Bourse, nous avons trouvé un public ne nous connaissaient pas mais apprennent le chemin de notre local ordinaire.

Nous avons essayé cette année pour le programme des conférences une combinaison intermédiaire entre les cours suivis et les conférences isolées. Tandis qu’aux réunions nomades et centrifuges du lundi on continue à traiter des sujets distincts chaque fois, les causeries de la salle centrale se groupent en séries mensuelles sur des sujets de même famille : idées morales de l’antiquité, microbes et maladies, optique, darwinisme, etc., cette dernière série exceptionnellement traitée par un seul et même conférencier. .

La publicité n’est pas négligée, chaque mois des affiches sont placardées et des petits papiers distribués à profusion qui donnent le programme du mois, sans jamais prononcer le nom d’un des conférenciers. Les convocations et notes qu’insèrent obligeamment le Petit Méridional et la Dépêche gardent le même silence sur les gens de bonne volonté qui collaborent à l’œuvre. Le conférencier ne reçoit jamais d’autre compliment que les applaudissements de l’auditoire. Pourtant nous avons publié et largement répandu trois conférences avec noms d’auteurs. »

Chacune de nos réunions comporte deux parties: la conférence, et une lecture ou audition musicale. La lecture est accompagnée de quelques mots d’explication sur l’auteur, l’ouvrage, les idées, la forme. Elle est souvent dialoguée. Tartuffe, la Robe Rouge, lues à plusieurs, ont paru intéres- - F ser vivement l’auditoire, qui a bien voulu ne pas sourire, malgré la gaucherie inévitable de ces demi-représentations. F Les auditions musicales donnent un mal énorme à la commission spéciale qui en est chargée. Il faut trouver des instrumentistes, des chanteurs qui ne soient pas des professionnels, organiser des répétitions multiples. Les ouvriers de ce pays ont le goût de la musique et l’oreille juste, ils vont assez souvent au théâtre, il ne faut pas leur offrir du médiocre. Mais ils savent apprécier la peine qu’on L se donne et certains morceaux de chant leur ont laissé à j eux, comme à nous, de précieux souvenirs. Nous nous sou- À viendrons de cette soirée, où, à la Bourse du Travail, sous % les plis du drapeau rouge et du drapeau noir, symboles des colères et des espérances révolutionnaires, une douzaine J de choristes: étudiants, ouvriers, professeurs et leurs A : femmes, chantèrent un fragment d”Orphée, et d’où trois Ÿ cents ouvriers sortirent visiblement touchés par la pure . beauté de l’art classique, l’âme frémissante de tristesse et de plaisir. Les réunions bi-hebdomadaires ne sont pas les seules où J nous convoquions nos auditeurs ordinaires. Nous avons cette année multiplié les promenades dont on avait fait deux ou trois essais l’an dernier : les unes à courte distance, l’après-midi du dimanche, les autres, plus longues, % le dimanche tout entier. Chaque famille emporte ses pro- À visions et l’on déjeune gaiement par groupes dans quelque L. creux de garrigue. Ce pays-ci est riche en souvenirs du passé et il offre la splendeur classique de ses lignes pures dans l’atmosphère limpide. Archéologues, géologues et À botanistes trouvent mille occasions de discourir familièrement. On bavarde, on institue des discussions, les libertaires essaient de nous convertir, des relations cordiales et vraiment fraternelles s’établissent entre intellectuels et Î

in Nous avons d’autre part inauguré cette année des visites aux diverses collections que notre ville renferme: au Musée, qui est un des plus riches de province, au musée de moulage, que possède la Faculté des Lettres, à celui de la Société d’archéologie. Nous visiterons les laboratoires, _ les bibliothèques et cette ville universitaire possède assez de trésors d’art ou de science pour occuper nos dimanches Enfin nous terminerons l’année par une grande matinée - où nous convierons un millier de personnes. Celle de l’an dernier a eu grand succès auprès des familles ouvrières et jamais peut-être la Muse de Bouchor n’a été applaudie avec autant d’émotion et d’enthousiasme qu’elle l’a été ici sous | les traits de madame Crouzet, la femme de notre ami de Tou-

  • louse. Cette année-ci nous distribuerons aux auditeurs un t programme orné de photogravures reproduisant des fragments de la belle Frise du travail que l’on voyait à une des portes de l’Exposition, et nous lirons l’Ennemi du peuple. L’an prochain, nous n’aurons probablement pas d’innovation importante à réaliser. Il faut attendre les résultats de notre système actuel pour le juger. Mais peut-être dans deux ans aurons-nous la confortable et vaste Maison du peuple que la ville se propose de bâtir, où trouveront place Bourse du travail, Bibliothèque populaire, café tempé- | rant, où nous pourrons entretenir quotidiennement avec les ouvriers conscients et désireux de s’instruire les plus utiles et les plus agréables relations. Vous me demandez quelques détails sur le Maset du peuple, ainsi que nous appelons la propriété louée par notre Société. Voici La municipalité montpelliéraine nous est très favorable elle nous vote 1.000 francs par an, 1.000 francs qui font de nous des Crésus, car nous n’avons que bien peu de choses à payer, étant, en outre de cette subvention, logés, éclairés et chauffés partout où nous allons. Nous pouvions done disposer d’un peu d’argent. D’autre part, nos édiles vont

créer la Maison du peuple. Ils l’ont promis, je suis convaincu qu’ils tiendront leur promesse. Mais les plans ne sont même pas faits, à plus forte raison les murs, et en attendant il nous a semblé qu’on pouvait et qu’on devait faire quelque chose pour nos amis, nos camarades de l’Enseignement populaire.

Nous avons donc loué (sous le nom de l’un d’entre nous) une petite campagne qui est bien ce que nous voulions. faire en tramway pour o franc 10. Bâtiment : réduit au minimum : une grande pièce où l’on suspend les effets, où l’on renferme les objets qui nous appartiennent.

Terrain : vaste et peu cultivé — deux ou trois petites vignes restant entièrement au propriétaire ; le reste est en friche et peu fertile. Une longue allée de pins donne une ombre un peu chaude, mais comme la propriété est sur un sommet, il y souffle toujours une brise fort agréable. L’allée de pins est large et a bien cent trente ou cent cinquante mètres de long. Vue : très belle et très étendue, faite pour satisfaire les artistes.

Distractions : des jeux divers, où l’on s’eserime deux heures pour gagner une bouteille de bière de six sous à boire en commun. Des boules (le jeu en honneur dans le pays), des quilles, un croquet, un tonneau, une balançoire, des raquettes à volant, des jeux de dominos ou de dames pas de cartes, aucun jeu de hasard. Plus tard, bientôt sans doute, des agrès de gymnastique. Principe absolu d’antialcoolisme. On ne vend aucune boisson distillée: ni apéritif, ni petit verre. On est même instamment prié de n’en pas apporter, et on n’en apporte pas : nos affiches antialcooliques signées des médecins de l’Hérault sont partout. Du reste l’usage du vin est recommandé au contraire suivant le principe excellent de notre Société antialcoolique de l’Hérault.

Coût : Location, deux cents franes. Mise de fonds, environ cent cinquante francs. Bail résiliable de trois mois à trois mois. Si donc cela ne réussit pas, nous ne sommes liés que pour les six premiers mois. .

Mais cela réussit, et fort bien. Le jour de l’inauguration | (x4 juillet), nous avons eu deux cents personnes. Depuis il y _ enaenviron soixante-dix à quatre-vingtstous les dimanches, et là-dessus une bonne moitié apporte son repas et le mange sur l’herbe ou sur les tables qui nous appartiennent. Puis l’on rentre le soir fort joyeux, muni d’une bonne et saine gaîté. Nos ouvriers y viennent en famille : c’est bien ce que nous voulions. Les bourgeois sont rares, plus rares qu’à nos conférences. Il y en a pourtant quelques-uns. Les libertaires viennent nombreux, et ont consenti à bien comprendre que notre Enseignement populaire, ouvert à tous, m’était la chose d’aucun parti, pas plus du leur que des f autres. Beaucoup de socialistes. Des républicains sans étiquette. Mais surtout, le Mazet est un lieu de réunion fraternelle : l’important n’est point de philosopher ou de bâtir des systèmes, mais de jouer aux boules et de sympathiser entre braves gens faits pour s’entendre, mais qui passent dans la vie sans se voir. Nous voudrions les faire se connaître au lieu de se méconnaître.

Surtout nous avors l’impression forte que tous ceux qui viennent sont nos amis au sens émouvant du mot. Ils ne cherchent pas à nos actes un but aussi caché que personnel. Nous leur ouvrons la main et ils y mettent la leur: voilà tout. IL nous semble que c’est beaucoup. Dans la semaine, il y a peu de monde naturellement. Deux membres du comité sont de service tous les dimanches, en cas de réclamation, de discussion ou d’un imprévu quelconque. Mais les quatre cent douze membres de l’Enseignement populaire sont là chez eux.

qui a certainement dépassé notre espérance, sinon notre

La séance d’inauguration eut lieu le 7 juillet 1900, au Cirque municipal, où M. le baron d’Estournelles de

Constant, député de la Sarthe, prononça en présence de dix-huit cents personnes, un brillant discours sur les « Résultats de la Conférence de la Haye ».— Puis vint l’automne et avec lui la période d’activité et de labeur. Un éminent écrivain, M. Jules Lermina, voulut bien nous prêter le concours de sa foi juvénile et de sa science profonde du cœur humain pour présider, le 4 novembre 1900, au début de nos travaux les plus modestes, mais les plus

Nous avons rencontré parmi le personnel universitaire (lycée, école pratique de commerce et d’industrie, écoles f primaires) un dévouement parfait; des avocats, des médecins, se sont faits volontiers conférenciers; les syndicats ouvriers ont senti dans notre entreprise une œuvre de bonne foi, d’esprit libéral -et émancipateur, aussi sont-ils venus à nous dans une large mesure.

Notre U. P. possède, 4, rue de Bétheny, un siège social gracieusement offert par un républicain éprouvé, M. Charles Arnould, maire de la ville de Reims. — Constituée d’après À des statuts régulièrement approuvés, elle compte aujourd’hui exactement quatre cent trente-quatre membres adhérents. — Ses ressources ne comprennent jusqu’ici que les cotisations des adhérents, soit environ 1.100 franes. — Plus J de cent conférences ont été données par l”U. P. de Reims, pendant l’hiver 1900-1901. Elles avaient lieu dans les écoles primaires, où nous trouvions le chauffage et l’éclairage gratuits. Le public y était admis. — D’un autre côté, deux fois par semaine, les mardis et les jeudis, des cours-conférences ont été organisés au siège social, où n’étaient admis que les membres adhérents.

Pour la saison prochaine, nous sommes en train d’arrêter

| un programme précis quant au but : sociologie, lois économiques, lois ouvrières, questions sociales, travaux d’art, œuvres d’art pures, ete…, conférences historiques, spécialement sur l’évolution de l’humanité et les coups d’État.

En raison de la grande étendue de notre cité, nous nous ! proposons de répéter nos conférences dans chacun des quatre cantons de la ville. Enfin, la science ne devant jamais prendre trop d’expansion, nous ouvrirons les portes toutes grandes au public. Toutefois, nous réserverons à nos adhérents des conférences spéciales et des récréations au U L’Université Populaire de Rennes a subi, durant la campagne 1900-1901, une transformation importante, que j’avais . prévue dans mon compte rendu de l’an dernier, mais que E

  • je n’avais osé croire si prochaine. Elle constitue aujourd’hui r une association organisée, avec des statuts déposés, un
  • conseil d’administration régulièrement élu et des membres ” actifs et des membres d’honneur cotisants. Lorsque, à la fin d’une de nos premières conférences de l’année, j’ai lancé
  • mon appel, je comptais tout au plus sur une cinquantaine .. d’adhérents : les auditeurs qui nous avaient fidèlement
  • suivis depuis décembre 1898. Mes espérances ont été dépassées. Dès la première réunion générale, nous étions près de cent, et aujourd’hui, après trois mois d’existence officielle, nous avons 185 membres cotisants. L’effort que nous avions fait pendant deux ans n’avait donc pas été vain. Notre association est administrée par un conseil composé pour les deux tiers d’ouvriers et pour un tiers de professeurs où d’étudiants. Son président est M. Bougot, président de la Coopérative de production de menuiserie, son vice-président le signataire de ces lignes, son secrétaire général un étudiant de la Faculté des lettres, son trésorier le secrétaire de la Bourse du Travail. Le bureau de l’association synthétise les différents éléments dont le concours a rendu possible sa constitution : à la tête un ouvrier et, à ses côtés, un professeur, un étudiant et un représentant de cette Bourse du Travail qui nous avait donné une si cor_ diale hospitalité. ÿ De cette hospitalité, nous avons profité cette année _ encore. Ce sera certainement la dernière. Nous avons de _ sérieuses raisons de croire que la municipalité fera tous

ses efforts pour nous faire déguerpir de la Bourse du Tra- Î vail. Maintenant que nous avons un budget régulier, nous consentirons à notre éviction et nous comptons même la devancer. Nos ressources se composent des cotisations des L membres actifs — trente centimes par semaine durant les Ÿ sept mois de l’année universitaire — et des membres d”hon- neur — cinq francs par an — et de dons. Déjà, le Syndicat des Ouvriers de la gare a versé à l’Université Populaire, sur les profits d’une loterie qu’il avait organisée, une somme de cinq cents francs. Lorsque, l’an prochain, nous aurons à faire face à un loyer et à des frais d’installation, . nous comptons sur d’autres concours. On ne pourra pas laisser mourir, faute de modestes subsides, une œuvre qui a prouvé, ne füùt-ce que par les attaques passionnées qu’elle a suscitées du côté réactionnaire et nationaliste, qu’elle a $ mérité de vivre. L

Notre travail intellectuel s’est ressenti de l’élan imprimé È à notre association par son organisation. Notre auditoire À a plus que doublé : nos conférences ont été suivies par une t moyenne de cent cinquante auditeurs (au lieu de soixante, l’an dernier), et nos concerts par plus de troiscent cinquante personnes : tout ce que notre salle, embrasures de fenêtres et échelles comprises, pouvait contenir. Aussi, pour répondre à cet empressement, avons-nous cru devoir multiplier les conférences. Nous avons décidé de faire deux confé- F rences par semaine, au lieu d’une, sans compter un cours hebdomadaire de mécanique pour les ouvriers mécaniciens. Mais nous nous sommes aperçus, après une expérience de deux mois, que c’était trop : notre auditoire s’émiettaitet menaçait de se disperser. Aussi sommes-nous revenus à la conférence hebdomadaire, plus un cours par semaine et, È en moyenne, un concert par mois.

Pour nos conférences, nous avons coupé les conférences isolées par des séries de trois conférences : c’est ainsi que M. Sée, professeur d’histoire à l’Université, a fait une série sur la condition des ouvriers en France depuis le moyenâge, et le signataire de ces lignes, une série sur le transformisme et l’évolution. Ces séries ont été très bien accueillies.

De plus, nous avons eu, cette année, à côté de conférences

sociales, comme celle de M. Charles Guieysse sur les coopé- à ratives du Jura, de M. Léon Vignols, sur le prolétariat maritime, etc., des conférences scientifiques nombreuses et suivies. Nous avons eu la bonne fortune de trouver à l’École nationale d’agriculture les bons vouloirs qui nous ont fait défaut ailleurs. De cette façon, nous avons pu organiser une série sur l’électricité industrielle, la houille, lacétylène, les rayons X, l’origine de la vie, l’hygiène; et le professeur de mécanique de l’École, M. Abadie, s’est chargé du cours hebdomadaire dont j’ai parlé plus haut et qui a été suivi avec grand intérêt et grand profit par les ouvriers de la gare. Enfin, nos concerts ont eu leur succès habituel et le dernier qu’a bien voulu organiser M. Jarrier, l’excellent artiste du Gymnase, de passage à Rennes, a été un

_ véritable triomphe. D’ailleurs, depuis que nous avons loué un piano, nous faisons suivre la plupart de nos conférences de cinq minutes de musique.

Ce qui donne à notre Université Populaire sa physionomie originale, c’est l’intime fusion qui s’y est opérée, peu à peu, entre ouvriers et étudiants. Nous n’avons pas de « résidents » proprement dits, nous avons autre chose qui ne me paraît pas valoir moins. Depuis deux ans, tous les vendredis soir, une vingtaine d’étudiants, membres actifs de l’association, se donnent rendez-vous à la Bourse du Travail, non seulement pour assister aux conférences et pour y participer, mais aussi pour y rencontrer leurs amis ouvriers. Et ces relations, nouées à l’Université Populaire, se continuent et s’affermissent en dehors d’elle. On se retrouve le dimanche pour se promener, pour faire une partie de billard, pour aller au théâtre et de ces rapports sont nées et continuent de naître de véritables amitiés. Ce n’est pas le système de Toynbee Hall ou de la Fondation universitaire de Belleville. Ce n’est pas, à vrai dire, un système. Ce sont des liens spontanés, naturels, fondés sur un sentiment d’égalité absolue entre jeunes hommes ayant le même idéal de vie. N’y a-t-il pas là comme un commencement de réalisation du beau rêve qu’avait esquissé Michelet, il y a un demisiècle?

Que ferons-nous l’année prochaine? Tout d’abord, nous

aurons à nous organiser matériellement, c’est-à-dire à trouver un local, à l’aménager et faire face aux frais d’inslallation, de loyer etd’entretien. Pour les conférences, nous eomptons multiplier les séries. Nous croyons que la série L de trois ou quatre conférences est le type de l’enseignement à l’Université Populaire : à mi-chemin entre les conférences isolées dont elle évite le décousu et le cours qui souvent rebute par sa longueur et qui exige une présence ininterrompue, la série nous paraît admirablement adaptée à la force d’attention de notre public habituel. Enfin, nous allons commencer à essaimer. Déjà, trois d’entre nous ont prêté leur concours à la Société d’instruction populaire de Saint-Brieuc. Deux de nos anciens étudiants sont en train d’organiser une Université à Saint-Servan et l’on nous demande d’aller en organiser une autre à Fougères. Nous avons donc du travail en perspective, et en perspective aussi la joie de l’effort couronné de succès. à

Notre U. P. est vieille seulement de trois mois.

En novembre dernier, après avoir au préalable parlé de notre projet à quelques amis et demandé à Paris certains renseignements, nous nous rendimes, un camarade et moi, à la Bourse du Travail afin d’y recueillir des adhésions ; . et dans le courant de décembre avait lieu la première réunion préparatoire des organisateurs. Des statuts furent élaborés, et les Veillées du Peuple se trouvèrent ainsi fondées à la date du premier janvier 1901 avec un noyau de dix-neuf membres actifs; savoir: cinq ouvriers, six commis de marine, quatre instituteurs, deux employés des ponts et chaussées, un clerc d’huissier, un pharmacien.

Un appel aux travailleurs fut lancé à l’occasion de la séance d’ouverture, qui eut lieu le 8 février avec le concours de M. Charles Guieysse, secrétaire général de la

! Société des U. P. — De six cents à huit cents personnes cette première soirée qui était publique.

Un local est spécialement affecté aux Veillées du Peuple. I1 se compose de deux pièces de chacune cinq mètres de côté servant de bibliothèque et de salle de lec-

| ture. Une grande salle (jardin d’hiver) est en outre mise à notre disposition pour les conférences. Un bail de deux années est passé avec le propriétaire de l’établissement.

Bien qu’association organisée, notre U. P. se réclame du plus large esprit d’indépendance; — ni directeur ni président : un comité de douze membres dont trois secrétaires, trois trésoriers, un bibliothécaire, un archiviste, —

ces fonctions étant d’ailleurs, dans la pratique, remplies à tour de rôle par chacun des membres actifs, lesquels ne sont liés entre eux que par leur commune volonté de mener l’œuvre entreprise à bonne fin. Mais nous avons résolu de nous tenir à l’écart de toute politique électorale.

Nos ressources sont : les cotisations des membres actifs (1 franc 50 par mois de un à vingt-cinq membres et un franc au-dessus de vingt-cinq membres) et celles des membres adhérents (25 centimes par mois).

Nous faisons ainsi depuis l’ouverture une recette moyenne d’environ soixante à soixante-dix francs par mois, sur laquelle nous devons prélever trente francs pour le loyer et vingt francs environ pour le nettoyage, le chauffage et l’éclairage.

Nous avons également prévu aux statuts les dons, libéralités et subventions diverses, mais jusqu’à présent . aucune recette n’est à signaler de ce côté.

Les conférences ont lieu une fois par semaine — le venx dredi. Ces conférences sont faites par des professeurs du

Lycée, des médecins, pharmaciens, etc… Elles ont été très suivies jusqu’à ce jour : jamais moins de deux cents per- ; sonnes. Peuvent y assister, les membres adhérents ou | actifs et leur famiile seulement. . En dehors des conférences une causerie est faite chaque mordi dans la bibliothèque par un camarade et parfois l aussi une lecture le jeudi: de vingt à quarante personnes

(les sympathiques et les enthousiastes de l’œuvre) assistent à ces causeries ou lectures qui sont toujours commentées et discutées ensuite.

Le nombre des adhérents paraît se maintenir entre cent cinquante et deux cent cinquante. Nous avons seulement le regret de constater que les ouvriers y sont en minorité; en revanche beaucoup d’instituteurs et d’écrivains de la marine.

Nous donnerons une fête sous peu si possible.

Pendant les fortes chaleurs nous interromprons nos conférences et causeries pour aller faire des excursions le

Enfin pour l’hiver prochain nous comptons avoir deux conférences par semaine et les rendre contradictoires, ce qu’elles n’ont pas été jusqu’alors. — Nous pourrons également donner des ouvrages à lire à domicile car notre

La Coopération des Idées de Rouen a son siège social situé dans le faubourg Saint-Hilaire, un quartier exclusivement ouvrier. Il nous sert pour nos petites réunions, et surtout pour les discussions contradictoires. Une bibliothèque y est annexée. Cette salle peut contenir de quatre- F

Mais nos fêtes et conférences ont lieu dans différentes salles de la ville, situées dans divers quartiers; nous allons même dans la banlieue rouennaise.

Des conférences sous le patronage de notre société ont eu lieu à Yvetot et à Gruchet-le-Valasse, situés à douze lieues de Rouen.

Notre société existe officiellement depuis le 5 avril 1900, date de sa première conférence. Inaugurée avec cent cinquante-cinq membres, elle compte aujourd’hui, après

une année d’existence, six cent un sociétaires. C’est dire que le succès a répondu aux efforts des fondateurs.

| Pour être accessible à la classe ouvrière, une cotisation minimum de trois francs par an, payable au besoin mensuellement, a été fixée.

Tous les mardis et samedis des conférences, soit scientifiques, littéraires, politiques, philosophiques ou artistiques ont lieu.

Les dimanches soir, généralement un sur deux, des fêtes familiales sont données, musique, chant, lectures, théâtre en composent les éléments.

Plus rarement, d’autres conférences ont lieu, les autres jours de la semaine, mais en plus des jours fixés. Parfois, les dimanches matin, des visites ont lieu dans les différents musées, à la bibliothèque, etc.

D’autres soirs, ce sont des visites à l’observatoire populaire, avec observations télescopiques, quand le ciel le permet, ou autrement des petites causeries de vulgarisation.

Une ou deux fois par mois, ce sont les discussions contradictoires, au siège social, où l’on discute des sujets comme le transformisme, le féminisme, le libre arbitre, etc. Ces causeries nous ont amené un public instruit et intelligent où les dames sont nombreuses.

Enfin une fois par semaine la bibliothèque est ouverte pour le prêt des livres, le payement des cotisations, la

Ncus n’avons de vacances que les mois d’août et septembre, où même nous réservons des promenades collectives à la campagne.

Nous voudrions rendre nos réunions le plus attrayantes

; possible, par exemple en les corsant de chant ou de musique, comme viennent de faire les Lillois.

Mais surtout en multipliant les fêtes familiales (si fréquentées) qui ne sont pas faites seulement pour divertir, mais aussi servir l’idée; on peut la servir puissamment par une lecture appropriée (pas trop longue, plusieurs lectures différentes et courtes valent mieux).

Puis de la musique qui nous a si bien réussi; sur ce

point nous sommes éclectiques, anciens et modernes sont à

Enfin le chant, qui a toujours grand succès, et qui n’est pas à dédaigner comme propagande. La philosophie d’une chanson de Xavier Privas ou de Tagliafico fait autant qu’une conférence. Nous avons été favorisés, un de nos sociétaires, M. L.

Muller, nous avait donné pour nos débuts la primeur d’une petite pièce en vers. La beauté de la forme en a fait passer les hardiesses de la thèse. Il nous en offre une autre cette année, qui bien que L traitée différemment, concourra de même au but général de l’œuvre. Voilà surtout une bonne propagande, user de la scène et de la déclamation pour servir l’idée.

Nous tâcherons surtout d’instruire et d’éclairer en étant attrayant. C’est la meilleure façon d’attirer la foule et aussi de la retenir.

L’Université Populaire de Saintes, bien que constituée, ne fonctionnera pas avant un mois, son siège social n’étant pas encore absolument disponible : En effet, le local affecté à l’U. P. est la Bourse du

Travail qui a été inaugurée, il y a quarante-huit heures, en présence des pouvoirs publies et des délégués des Bourses du Travail ou des U. P. de Limoges, Bordeaux, Niort, Marennes, La Rochelle, Rochefort et Cognac. — À L’U. P. sera ouverte non seulement aux membres des syndicats fédérés, mais encore aux femmes et enfants de tous les ouvriers de la ville, syndiqués ou non.

Les ressources de l”U. P. seront normalement assurées : a) par les cotisations des chambres syndicales; b) par les versements des membres libres ; c/ par le prix (o franc 50) F 4 des cartes d’identité délivrées aux élèves. Ces cartes donTS neront le droit d’assister gratuitement à tous les concerts _ et fêtes organisés tant par l’U. P. que par la Fédération des ._ chambres syndicales ouvrières. En s’acquittant volontairement de cette faible redevance annuelle,les élèves donneront un bel exemple de dignité, de reconnaissance et de solidarité, d’autant mieux que les sommes provenant des | cartes d’identité seront affectées au matériel scolaire.

Les conférences se continueront, une fois par semaine, de mai à octobre. : Au,commencement de l’année scolaire 1901-1902, l”U. P. F fonctionnera de la façon suivante : chaque soir, sauf le dimanche, un professeur fera un cours mixte c’est-à-dire suivi à la fois par garçons et jeunes filles. Il est indispensable, en effet, de réagir contre la mentalité catholique qui, en séparant les sexes, ne fait que préparer des rapprochements inopinés. Par notre éducation nouvelle lesgarçons sentant entourées d’égards, profiteront, sans crainte, d’un enseignement scientifique dont elles étaient privées sans raison. À la police des cours ne seront préposés que les _ parents, inspecteurs bénévoles mais aussi compétents Les cours d’histoire et de géographie seront accompagnés de projections lumineuses. Le samedi soir, après le cours, une courte conférence sur un sujet de morale sociologique, plus spécialement consacrée aux parents, sera terminée par une partie littéraire et musicale. En résumé, cette combinaison de cours et de conférences, outre son utilité professionnellement pratique, a pour but | d’attirer et de retenir les familles entières. ‘ Les auditeurs des cours et des conférences de J’U. P.

pourront profiter de toutes les conférences faites à la Bourse du Travail sur des sujets d’économie sociale et | Ce programme arrêté en assemblée générale est l’exposé de nos projets pour la campagne prochaine.

La Mutualité Intellectuelle, Université Populaire de SaintQuentin, se réunit dans une ancienne salle de café, dépendant du théâtre, et qui lui a été gracieusement octroyée par la Municipalité socialiste. Ce local ne lui est pas spécialement consacré ; tous les mercredis, les membres de l’Université y organisent des conférences, mais les autres jours de la semaine sont réservés à des sociétés musicales de la ville.

La Mutualité Intellectuelle est une véritable Association, et ses statuts sont analogues à ceux qui ont été préconisés par la Société des U. P. Ses ressources proviennent uniquement des cotisations de ses membres: quatre francs par an pour une personne seule, six francs lorsque sa famille l’accompagne, chacune étant payable par trimestre. Cette année, la Municipalité socialiste lui a fait don en outre de trois cents francs, non pas à titre de subvention, car cette somme n’est pas renouvelable, mais comme simple allocation destinée à permettre à la nouvelle société de jeter les premiers fondements d’une bibliothèque.

Les conférences de cet hiver, organisées régulièrement tous les mercredis, ont été suivies par un public relativement nombreux et assidu. Les sujets les plus divers y ont été traités en provoquant toujours l’intérêt de l’auditoire cependant les conférences ayant une portée sociale, ou accompagnées de projections lumineuses, semblent avoir une attraction plus puissante sur les auditeurs.

La nécessité de se réunir plus fréquemment ne s’est pas fait sentir jusqu’ici; d’ailleurs, la possession du local par d’autres sociétés que l”U. P. chaque jour de la semaine rend pour le moment impossible toute tentative de ce genre. Peut-être cependant pourra-t-on, si la saison se présente assez belle, essayer le dimanche quelques promenades instructives ou simplement récréatives dans les envi- Û rons : l’idée s’est présentée à quelques esprits, mais n’a pas

encore été examinée de près. La préoccupation générale | semble portée vers une conception un peu différente de , YU. P. Tout en laissant à la conférence la place importante marquée par son pouvoir éducateur, on voudrait placer à côté d’elle des exercices artistiques, et surtout multiplier des soirées familiales, sans prétention aucune, où tous les membres de bonne volonté pourraient prendre une part active. Le succès obtenu par une soirée analogue fait pré- voir une évolution dans ce sens.

En somme, l’Université populaire de Saint-Quentin, bien que créée en dehors de toute attache administrative, s’est développée facilement sans rencontrer autour d’elle de bien grands obstacles. Sans doute, certains esprits autoritaires et bornés, qui craignent toute société indépendante, ont envisagé sa formation et son essor avec une certaine malveillance ; les intentions de quelques-uns de ses fondateurs ont pu même être suspectées et le sont peut-être encore. Elle n’en a pas moins continué son droit chemin, elle a contribué dans la mesure de ses moyens à l’émancipation de la pensée populaire, et les résultats déjà obtenus, s’ils ne font pas disparaître les préventions ou les oppositions de parti-pris, sont cependant d’un excellent augure pour le développement ultérieur de la Mutualité intellectuelle.

Ce qui caractérise notre U. P., c’est qu’elle est née spontanément sous la poussée d’un besoin et sans que personne ait songé précisément à la fonder : la conscience populaire se l’est créée à elle-même comme l’instinct, dit-on, crée aveuglément la fonction qui, à son tour, crée l’organe.

Vers la fin de 1900 quelques ouvriers mécaniciens demandent à deux fonctionnaires des ponts et chaussées deux ou trois leçons de mathématiques par semaine.

Bientôt après, ces premiers maîtres venant à faire défaut,

4 deux professeurs du Lycée et un industriel viennent prêter £ leur concours à l’œuvre obseure et l’on obtient de l’inspecteur d’Académie une salle d’école primaire. — Au mois de janvier 1901 je suis invité à faire des conférences hebdo- t madaires devant cet auditoire de vingt ouvriers environ, soit pour ajouter quelque intérêt à ces cours d’un caractère trop technique, soit pour retenir les inconstants, dont la défection va compromettre cet essai d’enseignement posiscolaire. Non seulement ces conférences (données sous le titre d’éducatives) ont pu sauver l’œuvre, mais dès ma deuxième conférence le nombre des auditeurs était passé de vingt à cinquante, et dès la troisième mon auditoire n’est plus tombé au-dessous de la centaine. Il y avait là une preuve expérimentale que le besoin de « penser » n’est pas le privilège de quelques consciences et que l’âme populaire s’ouvre volontiers aux effusions de science et de vie morale qu’on lui offre fraternellement et en toute simplicité démocratique. $

Après ces résultats notre U. P. n’avait qu’à dire: « J’existe; me voici, non encore il est vrai avec un organisme complet, mais comme une âme dont l’énergie et la personnalité ne se laisseront pas détruire ». — En effet, le 22 juillet dernier, un banquet fraternel de plus de soixante couverts cimentait l’union entre professeurs et auditeurs, et le soir du même jour je donnai au théâtre de notre ville, devant une salle de plus de quinze cents personnes, une conférence-programme, qui a trouvé dans la presse locale un écho bien sympathique, qui a suseité (et c’est là l’essentiel) autant de concours qu’on en peut souhaiter pour fonder une U. P. florissante.

Les vacances ont suspendu les négociations concernant le local, la distribution des cours et conférences, etc.; mais dès la rentrée nous allons nous trouver, d’un côté, plus de vingt membres de l’enseignement secondaire et primaire, du barreau, de la médecine, etc., et d’un autre côté cent ouvriers au moins pour reprendre ensemble l’œuvre de communion intellectuelle et morale où tout le monde aura sans doute à gagner également.

Dire _ Je suis forcé de renvoyer à plus tard les détails : notre - \T _ histoire ne fait que de commencer. ee Professeur de philosophie au Lycée _ En septembre 1900, dans une réunion politique au cerele

  • de l’Alliance sociale, un citoyen émit le vœu de créer à F. Toulon une Université Populaire. L’idée fut trouvée bonne, à ; étant donnés les résultats obtenus dans les villes où ces | groupements existaient déjà. Immédiatement un Comité | se forma, se mit en relations avec la Société des U. P. l pour l’organisation intérieure et les statuts; et quelques _ jours après, devant un public nombreux, et devant beau-
  • coup de dames, le docteur Ribes donnait la première il _ conférence sur les « origines des religions ». | La conférence du docteur Ribes obtint un légitime succès; le début dépassait nos espérances. Aussi les adhésions k à l’œuvre furent-elles nombreuses.
  • = A dater de cette époque, les conférences se sont succédé à _ régulièrement tous les samedis. La chose fut assez facile, car si la municipalité nationaliste de Toulon ne veut | prêter aucun des établissements communaux pour les œuvres démocratiques, nous avons trouvé le cercle de | l’Alliance sociale, qui a mis gracieusement son local à | notre disposition. | Quelques conférences furent faites au faubourg de la Loubière, et là encore la population ouvrière venait en _ foule entendre la bonne parole. | Voici la plupart des conférences dans l’ordre où elles ont ; Citoyen Guenin, répétiteur au lycée : les Corporations ouvrières avant la Révolution. À Citoyen Claude, professeur au lycée : le Socialisme. ” Citoyen Segond, professeur au lycée : l’Idée de Justice.

Citoyen Passeron, de Lorgues (Var) : Victor Hugo. Citoyen Conil, de Lorgues (Var) : Jeanne d’Arc. 6 Citoyen Segond : le Patriotisme. ‘

Citoyen Lions, imprimeur : le Paupérisme.

Citoyen Baylon, professeur au lycée : l’Acétylène.

Citoyen Mondet, de Lorgues (Var) et citoyen Gabriel, dessinateur de la marine : la Lune et l’origine de la formation des mondes.

Ouvriers, commerçants, membres de l’enseignement publice, se sont groupés pour fonder notre Université.

J’ose espérer que l’Aurore a pleinement atteint son but, car le nombreux public, composé en grande partie d’ouvriers, qui assistait aux conférences, manifestait par là le désir de s’instruire et de se joindre à nous pour mener le bon combat. Et, d’autre part, l’exemple a été contagieux.

Au début de 1901, les syndicats réunis de la Bourse du Travail de Toulon formaient, à leur Bourse, une Université populaire l’Union, qui eut en quelques jours un très grand nombre d’adhérents. Par sa situation, cette Université est appelée à devenir très florissante.

En ce moment, une troisième Université, l’Émancipation sociale, est en formation au faubourg du Mourillon.

Tout permet de croire que, pendant la saison prochaine, ces Universités populaires, mieux connues, fortement’organisées, munies d’un cadre de conférenciers dévoués et capables, compteront dans leur sein une grande partie de la population républicaine et socialiste de Toulon.

Avant de terminer ce rapide exposé, je remercierai donc au nom de l’Aurore, le cercle de l’Alliance sociale et la Loge maçonnique pour l’appui matériel et moral qu’elles ont bien voulu prêter à l’œuvre en formation. Je remercierai aussi les conférenciers qui n’ont pas craint de s’imposer un surcroît de besogne, et même de pénibles voyages (de Lorgues à Toulon, il y a 100 kilomètres), pour semer là bonne parole et hâter l’émancipation du prolétariat.

| C’est au mois de juin 1899 qu’un comité d’initiative se forma dans le sein de la loge les Perséverants Écossais. ré Ce comité, à son tour, désigna un certain nombre de citoyens très connus pour leurs opinions républicaines et laïques, appartenant aux différentes classes de la société et paraissant aptes, par leurs relations, à mener à bien la création d’une U. P.

Ces citoyens pressentis acceptèrent immédiatement.

Le secrétaire de la Bourse du Travail, le citoyen Pommier, homme de bon sens, affable, intelligent et jouissant d’une popularité méritée, réunit les membres du bureau nommé par les syndicats ; et après les explications fournies par un membre du comité d’initiative, ils adhérèrent sans réserve à l’œuvre projetée.

Un certain nombre d’ouvriers ne faisant partie d’aucune organisation vinrent, aussitôt qu’ils eurent connaissance de la création de VU. P., apporter leur concours et celui de

Enfin, MM. Chabrier, Chauvin et Kergomard, professeurs du lycée, acceptèrent de faire partie du comité d’organisation, lequel se réunit pour la première fois le 20 juillet 1899. « Ce comité avait été ainsi constitué : trois ouvriers Syndiqués, trois ouvriers non syndiqués, trois instituteurs, trois professeurs, deux négociants, deux employés, un médecin, un avocat.

Les statuts provisoires adoptés furent à peu près ceux des U. P. de Paris.

La cotisation est fixée à quinze centimes par mois.

Une campagne de presse fut activement poussée pendant l’été. La Dépêche, journal républicain le plus répandu dans la région, se chargea volontiers de la publication des articles relatifs aux Universités Populaires qui lui furent communiqués.

Les tendances et le but de l’Union populaire de Tours y

furent exposés ; afin d’écarter toute espèce de doute dans s l’esprit des Tourangeaux, la création des U. P. fut représentée comme étant une conséquence naturelle de l’état de trouble dans lequel venait de vivre le pays. C’est au nom de la justice, de la vérité et de la solidarité que les citoyens furent conviés à faire partie de l’Union populaire. L’œuvre s’affirma immédiatement comme essentiellement républicaïne et laïque; les questions sociales devaient tenir une large place dans le programme des études ; c’est parce que le peuple a ce qu’il faut pour devenir souverain et que Son émancipation dépend de lui, et de lui seul, qu’il faut développer sa culture intellectuelle et morale.

S’instruire mutuellement, travailler de bonne foi à la constitution d’une société meilleure, fondée sur plus de concorde et de justice et dans laquelle se répartiraient plus équitablement les richesses intellectuelles et sociales : voilà le but principal des U. P.

La bourgeoisie resta à peu près indifférente ; pour qui connaît le caractère tourangeau, si difficile à émouvoir, il

Les ouvriers, au contraire, accueillirent favorablement l’essai ; cependant il restait chez eux un peu de méfiance qui provenait de la peur, surtout, d’être « roulés »; ils sont travaillés par tant d’organisations cléricales, si nombreuses dans notre ville, où la bourgeoisie est en grande partie

Cependant, le jour de l’inauguration, près de deux cents membres avaient déjà versé leurs cotisations pour l’année

Cette inauguration a été présidée par M. Buisson, le 28 octobre, au Théâtre Municipal, devant un auditoire composé de près de deux mille personnes : parmi lesquelles le préfet, le maire et l’inspecteur d’Académie.

Le succès de M. Buisson a été considérable. Il a parlé de l’œuvre des U. P.; il a montré comment les U. P. peuvent travailler à l’amélioration de l’état social tout en se tenant à l’écart de la politique militante ; c’est beaucoup à lui que nous devons des débuts heureux.

A partir de ce jour les attaques commencèrent.

tx Rien ne pouvait nous être plus utile. Nous existions ! . Malheureusement pour certains d’entre nous, les diffi-

  • cultés vinrent de là où nous pouvions les attendre le moins. Nos adversaires nous calomnièrent, répandirent des mensonges pour nous nuire et nous perdre, mensonges entre-

| tenus et recueillis avec soin. Ils continuent d’ailleurs.

Cet Quoi qu’il en soit, nous avons le public que nous désirions. Les bourgeois eux-mêmes commencèrent à s’y intéresser et le voisinage de la redingote et du bourgeron peut être

) constaté dans nos réunions.

A Nous n’avons pas encore de local convenable ; il est dif- j FE ficile d’en trouver un dans une ville aussi étendue que Tours. Il faudrait disposer de ressources que nous n’avons pas. La ville nous fournit une subvention de cinq cents francs. — Pour bien faire, il nous faudrait deux locaux dans deux quartiers opposés. f

Le conseil d’administration et le comité d’enseignement se réunissent au moins tous les mois, dans un logement où se font également nos cours.

Mais ce logement serait trop petit pour y organiser des À réunions de plus de quarante personnes. Nous n’auroñs de véritable U. P. que le jour où nous pourrons constituer un

. « cercle laïque », une « maison du peuple »; c’est là seulement que pourront s’établir entre les membres des relations amicales.

La Bourse du Travail, où nous allons régulièrement faire des causeries, possède une grande maison avec des salles spacieuses. On nous y offre la plus large hospitalité. Nous pourrions nous y installer complètement.

Mais cela nous est absolument interdit; nous voulons éviter de froisser certaines susceptibilités et d’effrayer certaines timidités qu’il est impossible de ne pas ménager.

Nous étudions en ce moment, d’accord avec la Ligue de

  • l’Enseignement, qui mettra tous les soirs sa bibliothèque à notre disposition (car malheureusement nous n’avons pas de bibliothèque), cette question si importante du « local ».

Ab! si nous avions de l’argent!

Q Malgré tout nous espérons pouvoir nous installer mieux en octobre prochain.

Au début nous avions jusqu’à trois causeries dans trois quartiers ouvriers. Le nombre d’auditeurs y variait de soixante-dix à quatre-vingt-dix dans chacun.

Maintenant nous avons au moins une causerie par semaine dans l’un des centres ouvriers.

Une trentaine de figures connues se retrouvent dans presque tous les quartiers où nous nous transportons.

C’est à la Bourse du Travail que mous obtenons le plus d’auditeurs ; c’est là aussi que les discussions s’organisent le mieux — on s’y sent mieux chez soi.

Les quelques matinées littéraires que nous ayons organisées ont montré le goût de nos adhérents pour ces sortes f de réunions; aussi les multiplierons-nous l’année prochaine, si nous parvenons à constituer les éléments nécessaires ; et si même cela est possible, toute causerie sur un sujet sérieux devrait être précédée ou suivie d’une partie littéraire ou musicale.

Les trois réunions les plus importantes après la séance d’inauguration ont été : l’assemblée générale, la soirée Bouchor et une fête que nous avons offerte en mars. — Cent dix membres actifs assistaient à l’assemblée générale du 10 janvier. — Huit cents membres adhérents ont applaudi, acclamé le poète Maurice Bouchor qui, presque seul, par suite de circonstances inattendues, a dù supporter le poids écrasant d’une soirée qu’il a bien voulu nous donner le 30 janvier; il a déclamé, parlé, chanté pendant trois heures. Soirée inoubliable et dont nous lui sommes profondément reconnaissants.

Enfin, le 22 mars, au Théâtre Municipal, devant un auditoire de plus de deux mille personnes, eut lieu une conférence sur « les dangers de l’alcoolisme pour l’individu, la famille et la société », conférence suivie d’une représentation théâtrale offerte par la troupe du théâtre. A Tours, comme partout ailleurs je crois, les travailleurs ne peuvent assister fidèlement à toutes les causeries organisées dans le courant de la semaine. Ont-ils assez de loisir ? Que l’on songe aux journées de dix, onze, douze, treize et même quatorze heures de travail auxquelles ils sont astreints! Quelques-uns ne finissent qu’à huit heures

du soir et même plus tard! Nous sommes obligés de faire nos réunions les samedis et les dimanches. | ; Dans chaque centre ouvrier nous avons institué un « comité de quartier » chargé d’organiser nos réunions, de recouvrer les cotisations, etc., de recueillir les plaintes, les j désirs des camarades. Nous espérons que ces comités nous : rendront encore plus de services l’an prochain ; — car, si même nous possédons le local tel que nous le désirons, nous n’en irons pas moins successivement dans les quartiers.

Un patronage laïque, à La Fuye, présidé par le sympathique M. Billet, met souvent à notre disposition une salle qui peut contenir jusqu’à deux cents personnes.

Pendant les quelques mois de l’été prochain, nous préparerons une nouvelle campagne qui, nous l’espérons, grâce à l’expérience acquise, sera plus variée et même coor- Ÿ donnée. Les professeurs du lycée viendront peut-être plus nombreux encore, s’ils sont encouragés par les autorités

Les principaux sujets traités ont été les suivants 1° Philosophie, questions économiques et sociales. — . L’esprit critique (M. Violette, avocat). — La coopération; les habitations ouvrières; visite au Palais de l’Économie

. industriel et ouvrier en Allemagne (M. Besnard, avocat). — L’ouvrier américain (M. Collon, bibliothécaire municipal, archiviste paléographe). — De quelques économies faciles ï dans le budget de l’ouvrier (M. Collon). — Le rachat des chemins de fer français (M. Jaudel, licencié es sciences). — Le désarmement et ses conséquences possibles (M. Collon).

2° Sciences et hygiène : L’alcoolisme, les alcools; l’alcoolisme, dangers de l’alcoolisme pour l’individu, la famille, la société ; l’alcoolisme, remèdes possibles (M. Peyrot, pro— fesseur au lycée). — La tuberculose (M. le docteur Bougrier). — L’évolution (M. Jaudel). — Le darwinisme ; place de l’homme dans la nature (M. le docteur Bougrier). — L’évolution des animaux supérieurs (M. le docteur Bougrier). — La lune et les planètes (M. Croccichia, répétiteur au lycée). — Un ouvrier de génie, G. Stephenson (M. Peyrot). —

Cours : Hygiène pratique (consultations gratuites par M. le docteur Bougrier). — Algèbre et géométrie (M. Jaudel). — Géométrie (M. Filleteau, instituteur). — Comptabilité commerciale (M. Filleteau, instituteur). — Dessin industriel et

3° Droit usuel : Les enfants et le droit criminel; les en-

S fants et le droit civil (M. Schlumpf). — Le mariage dans la législation française ; le divorce et la législation française (M. Marchais, agréé). — Cours de droit usuel (consultations (MM. Marchais et Schlumpf).

4° Littérature : Le roman populaire; la satire politique et sociale au théâtre avant la Révolution ; la morale sociale de Victor Hugo; cours sur les grands poètes du dixneuvième siècle (M. Chauvin, professeur au lycée). — Ibsen et l’individualisme (M. Brandet). — L’ennemi du peuple

5° Histoire : La question chinoise; la déclaration des droits de l’homme et du citoyen ; cours d’histoire de la Révolution (M. Kergomard, professeur au lycée).

7° Beaux-Arts : Cours de dessin d’imitation (M. Schlumpf). — Cours de chant et de solfège (mademoiselle Baltzinger).

L’Éducation Sociale est fondée depuis deux mois et compte ouvrir son local au mois d’octobre. Nous donnerons pour l’inauguration des cours, une grande fête, probablement avec le concours de Maurice Bouchor.

L’U. P. a pour secrétaire le camarade Conrad, professeur au lycée, et le conseil d’administration est composé de professeurs, d’ouvriers, de petits patrons et d’instituteurs, tous de sincères démocrates.

Déjà près de deux cents adhérents se sont groupés autour des membres fondateurs qui à leur première séance étaient douze ! tous employés syndiqués.

LU. P. a lancé un appel de fonds dans la presse républicaine et socialiste, près de cent francs ont été recueillis, c mais c’est bien peu. Dotés, pour notre malheur, d’une municipalité d’un républicanisme plutôt pâle, nous doutons fort que la demande de subvention que nous avons i faite, soit bien accueillie.

Bien entendu, nous avons ici, contre nous, la Réaction; la Croix, dans plusieurs articles venimeux, nous a violemment attaqués, ce qui nous laisse d’ailleurs très froids. L’organe méliniste, {a Tribune de l’Aube, nous a donné le ù conseil de faire de notre U. P. une association philotech- i

Enfin, avant la lettre pour ainsi dire, nous avons à lutter contre l’obstruction.

Notre Conseil d’administration se réunit en ce moment, une fois par semaine. Notre dernière assemblée générale a eu lieu le 27 juillet, salle de l’Hôtel de Ville. Les adhérents ont voté les statuts et donné mission au Conseil d’administration — nommé dans cette même séance — de louer . un local, d’ouvrir des souscriptions, de lancer des appels aux travailleurs de la cité pour se joindre à eux, et enfin de s’entendre avec des conférenciers pour débuter au mois

Nous sommes en ce moment en pourparlers pour louer un local, qui sera ouvert tous les soirs, mais ce qui nous gêne le plus, c’est la question des fonds.

Les Veillées populaires (U. P.) ont été fondées en septembre dernier sur l’initiative de la Bourse du Travail, de MM. Roques et André, professeurs au lycée, avec le concours de M. Alengry, inspecteur d’Académie. Les statuts ont été approuvés et publiés, on les trouve en tête du carnet qui est délivré à chaque adhérent.

L’U. P. a un Conseil d’administration qui a pour présisident M. Tavé, maire de Tulle ; pour secrétaire M. Chartaingt, secrétaire de la Bourse du Travail ; pour trésorier M. André, professeur au lycée ; le conseil est complété par des délégués de la Bourse du Travail et par des professeurs de l’enseignement secondaire et primaire. son local malheureusement défectueux et insuflisant. ‘ L’U. P. a pour ressources normales les cotisations de ses adhérents (minimum un franc par an), une allocation de soixante francs par la Bourse du Travail. — L’U. P. compte actuellement plus de cent adhérents. Les conférences ou causeries, généralement suivies de lectures françaises et de projections lumineuses, ont lieu tous les samedis à huit heures et demie. Elles ont été inaugurées le 6 janvier 1901 par une séance artistique et littéraire au théâtre avec le concours des deux sociétés musicales de la ville par une conférence de M. Desdevises du Dézert, professeur à l’Université de Clermont sur Les œuvres de Salut social en Allemagne. Le préfet, le maire, l’inspecteur d’Académie, le personnel enseignant assistaient à cette Les conférences ont été successivement faites, pendant le premier trimestre 1901, par Tavé, maire de Tulle; L’U. P. s’est assuré pour l’hiver prochain le concours de nouveaux conférenciers. Il sera sans doute donné, L pour le besoin de l’œuvre, soit dans le courant de l’été, soit en octobre, à la réouverture des conférences, une grande fête artistique et littéraire. Son existence est enfin assurée, elle vivra et prospérera grâce au concours intelligent et empressé qu’elle a tou84

| jours rencontré autour d’elle dans toutes les classes de la

Notre Société d’éducation populaire mutuelle compte soixante-neuf membres, dont dix membres honoraires. , Ceux-ci, sauf deux, se désintéressent de la marche de la

Parmi les membres actifs seulement une vingtaine assistent à peu près régulièrement aux causeries du samedi. Une vingtaine ni n’assistent aux réunions ni ne paient leurs cotisations, et dix environ paient leurs cotisations sans

En résumé nous comptons avec un noyau de vingt à vingt-cinq membres sérieux et nous estimons que cette situation de début, si elle n’est pas brillante, est bonne.

Nos causeries ont roulé surtout sur des questions d’économie et de philosophie sociale : les idées coopératives le Féminisme ; le Communisme dans l’évolution socialiste le machinisme ; les groupements coopératifs ; Boulangerie coopérative. — Cependant il y a eu une causerie sur Y’assistance judiciaire; une sur : la loi sur les accidents; deux sur : l’Impôt, données par le percepteur membre honoraire ; une sur : la formation de la terre, par un camarade ouvrier; une sur : le transformisme, l’hérédité, etc. une sur : le dessin; une lecture de : quelques pages de Flammarion, entrecoupée de causeries faites par un deuxième membre honoraire, enfin deux sur : les Universités Populaires.

Le tout donné par huit membres valréassiens et trois camarades du dehors.

La Société a un local à elle, mais trop grand. Nous en cherchons un correspondant mieux à nos besoins et à nos ressources. Celles-ci sont alimentées par les seules cotisa-

tions : o franc 5o par mois pour les membres actifs et la même somme, seulement payée en une seule fois, pour les

Nous nous préoccupons de former une bibliothèque. Nous nous sommes adressés à la Providence tutélaire des pauvres gens : l’État! Il y a eu échange de correspondance de nous au député, du député au ministre, du ministre au député, du député à nous. Du ministre au préfet, du préfet au maire, du maire au préfet, du préfet encore au ministre, sans doute; et enfin, pour abréger, une lettre du préfet renvoyant la pensée du ministre Le ministre pense que la mairie de Valréas étant pourvue d’une bibliothèque à l’usage de tous, les membres de l’Université n’ont rien à désirer de plus ni de mieux. Nous tâcherons de former nous-mêmes notre bibliothèque avec l’aide de nos amis et l’appui de la « Société d’enseignement » qu’on nous a fait espérer. Nous voudrions aussi orner nos murs et pouvoir goûter au sein de notre Université de saines émotions musicales. Ceci pourra, peut-être, s’organiser cette année.

Nos causeries seront apparemment dans la même note que celles de l’année écoulée. Avec, en plus, des études de critique et d’analyse littéraire et peut-être des causeries sur h l’hygiène privée et publique que nous espérons d’un doc- dl teur, mais elles se font vraiment trop attendre. Il est possible qu’il y ait d’autres choses encore. Bref nous sommes en voie de formation et en puissance de développement. Le milieu ofliciel ne nous est pas favorable et, naturellement, le personnel des écoles non plus.

Ceci s’explique par des raisons qui ne sont pas à notre désavantage. Beaucoup de gens ont contre nous des pré- . ventions qui se dissiperont avec le temps, surtout si nous pouvons publier une petite feuille mensuelle, La pensée libre, qui donnerait avec un compte rendu de nos réunions des articles sur toutes les questions qui nous occupent. Ceci se fera un jour sans doute et bien d’autres choses encore, espérons-le,

Monsieur et cher collègue

C’est de l’Université populaire de Vannes que je vous entretiendrai surtout, car, comme inspecteur d’Académie, je suis intervenu aussi pour reconstituer celle de Lorient et donner des adhérents à celle de Pontivy, œuvre de M. le sous-préfet Truc.

Mon intention ferme de fonder une Université populaire à Vannes, pays dépourvu entre tous autres du département, a été annoncée le 29 juillet dernier dans mon discours de présidence des prix au collège de cette ville. Mais déjà, dans le courant de l’année 1900, avant les grandes vacances, je n’étais assuré les concours qui devaient rendre réalisable mon projet.

Men étant ouvert, en effet, à quelques personnes considérables du chef-lieu, l’ingénieur en chef, le directeur de l’assistance publique, quelques médecins civils et militaires, des ingénieurs et des avocats, des professeurs et autres fonctionnaires, j’avais reçu d’eux promesse formelle de concours ; de telle sorte qu’au moment de la convocation, en octobre dernier, de toutes les personnes qui s’étaient déclarées pour les cours publics, les convictions étant faites, les volontaires de l’enseignement se sont présentés nom- à breux, si nombreux qu’ils ne pouvaient contenir dans mon cabinet, pourtant très vaste. Chacun a fait choix d’un sujet, ceux du moins qui avaient à se faire entendre dès le mois suivant ; les autres, moins pressés, ont pu prendre le temps de la réflexion.

Notre ordre des conférences n’était établi que mois par

Ces considérations générales sont pour vous montrer que l’œuvre si utile et si démocratique des Universités populaires peut s’acclimater, prospérer même dans les milieux les moins favorables.

Le point le plus embarrassant a été de trouver un local.

Le conseil municipal de Vannes, peu favorable à mon projet, n’a pas voulu nous en concéder un. Le temps avançait cependant : la date de la première séance était annoncée dans les journaux et nous ne savions pas où se ferait la réunion. Pour un peu j’en étais réduit à convoquer sous & les ponts les auditeurs de la première heure.

Mais enfin une commission municipale, poussée par l’opinion publique, a fini par nous accorder la salle du Théâtre pour l’inauguration des cours, mais pour l’inauguration seulement. Où nous réunir trois jours plus tard ? C’est au milieu d’une période d’angoisse que j’ai songé au Tribunal de Commerce. L’ayant visité et trouvé très convenable, quoique petit, j’ai demandé au président de vouloir nous recueillir dans la salle des séances. Accordé ! Nous étions sauvés, semblait-il.

Mais une autre difliculté surgissait aussitôt. Je souhaïtais en effet, accompagner de musique chacune de nos réunions les artistes priés s’étaient rendus à mon désir, un piano était transporté, les instruments accordés, quand le président me fit savoir qu’il ne saurait se prêter à autoriser des auditions musicales dans le Tribunal.

Il fallut nous passer de cet accessoire d’encadrement et nous en tenir aux conférences. L

Cependant, comme mon projet comprenait aussi des « lectures populaires », et j’y tenais beaucoup, interprétations dans leur entier de nos chefs-d’œuvre littéraires, et qu’à leur occasion la musique me paraissait indispensable, j’ai dû louer de loin en foin une salle de réunions publiques où nous pouvions développer tout notre programme de littérature et d’art combinés, mais qui malheureusement nous coûtait trop cher; il a’ fallu restreindre à une fois par mois ces sortes de réunions.

Nous n’avons pas en réalité d’organisation, nous sommes i une simple association de bonnes volontés. Pourtant, faisant acte de président, je réunissais tous les collaborateurs dans mon cabinet une fois par mois pour établir le programme à aflicher des conférences. Je présidais à part les réunions des lecteurs populaires, pour décider des coupures et adaptations. ; Enfin, je groupais à mon domicile particulier les douze à quatorze amateurs qui répétaient trois à quatre fois leurs morceaux de musique avant chaque lecture populaire men- Nos ressources ont été tirées uniquement d’une souscription publique dont nous avons pris la tête, M. le Préfet et moi, et qui fort heureusement nous a rapporté assez gros, de quoi solder largement nos dépenses qui dépassent

Nos conférences ont duré quatre mois et demi, du 15 novembre 1901 au 30 mars 1901, à raison de deux par semaine, mardi et samedi à 8 heures. Deux conférences ont été données de jour, le jeudi à 2 heures. Soit, en tout, trente-huit séances dont trente-quatre conférences et quatre lectures populaires avec musique.

Nous recommencerons certainement l’hiver prochain. L’élan est donné, nous continuerons. Dès ce moment je me préoccupe de modifications à introduire dans nos dispositions anciennes. Je tiendrais beaucoup à un échange de conférenciers entre Vannes, Lorient et Pontivy: nous le

Ce n’est pas une notice que je vous envoie, mais une

: lettre particulière dont vous tirerez tout ce que vous jugerez utile.

Cette société a été régulièrement organisée dans les premiers mois de l’année 1900. Elle a ‘été autorisée par arrêté préfectoral portant la date du premier août de la même année.

L’Union Fraternelle dispose d’un local spécialement affecté aux réunions de ses membres et comprenant une vaste salle au rez-de-chaussée, trois autres au premier

La première de ces pièces qui, en tous temps, sert de

vestiaire, peut être, dans les mois d’été, utilisée comme salle de récréation. Quelques jeux : tonneau… etc., y sont déposés. Il est question et il est possible d’y installer un tir à la

Deux des pièces du premier étage ont été aménagées en salles de lecture, La troisième, en salle de conférences. Tout le mobilier que nécessite l’usage de chacune d’elles y a été placé. Il est en parfait état et comprend, en assez grand nombre, des cartes et tableaux décoratifs. En dehors de ce matériel, il y a lieu de noter une bibliothèque, dont le catalogue est actuellement en préparation et qui comprend (ou tout près) un millier de volumes. Mais il convient aussi de déclarer qu’une certaine quantité de ces meubles et de ces livres n’appartient pas à l’association; celle-ci ne les détient qu’à titre de prêt. Les ressources normales dont elle dispose (cotisations de ses membres — un peu moins de quatre cents francs) n’auraient pas sufli pour autant d’acquisitions et d’aménagements; et de telles dépenses n’auraient pu se faire, bien que les quatre cents francs provenant des cotisations - aient été augmentés de somme à peu près égale, par suite de dons. L’été dernier (1900) le local de l’Université a été tenu ouvert pour des séances de jeux et de lecture ; il a été peu Quant aux conférences, elles se sont faites très régulièrement le mercredi soir de chaque semaine. En voici la liste M. Desgranges, professeur au collège, série de conférences sur : la question sociale avant 1789. Une causerie : à propos d’un livre de Tolstoï. M. Patte, professeur au collège, série de conférences sur l’Électricité. M. le docteur Forfer, série de conférences sur : l’Évolution des êtres — Théorie de Darwin. M. Berthoz, directeur de l’École communalé de garçons M. Lesœur, instituteur-adjoint à la même école : le

  • La misère et les œuvres de bienfaisance à Paris (avec M. Despiques, professeur au lycée de Reims : la Chine ) et les Chinois. MM. Haudos (Ernest) et Lemesle (Henri), membres de la société l’Union de la Jeunesse républicaine le premier : les Universités Populaires le second : la Sorcellerie et les procès des sorcières au A cette nomenclature il convient d’ajouter trois soirées Û J Il n’y a pas, semble-t-il, à modifier l’organisation sommairement indiquée en ces lignes, si ce n’est peut-être en faisant plus régulièrement précéder et suivre les conférences de lectures et d’auditions musicales. Les salles de lecture pourront, d’ailleurs, être bientôt ouvertes non plus seulement le soir du mercredi, mais d’un autre jour de la semaine, quand la bibliothèque, devenue plus importante, sera complètement organisée.

put Les notices que l’on vient de lire étaient classées par ordre alphabétique. RAD CES noi K pl RE. _ Les notices que l’on va lire ont été classées à part, she en dernier lieu, parce qu’elles présentent, comme on l PRE: | verra, un caractère particulier ; pour la même ra son 14 | nous avons donné tout au long les documents à nnexés | à ces notices. DE | LOS

Brioux-sur-Boutonne (Deux-Sèvres). — Societé d’instruction et d’éducation populaire

Le 13 janvier dernier, je faisais appel à toutes les bonnes volontés de Brioux dans le but d’organiser une Université Populaire. Une trentaine de personnes et les jeunes gens du cours d’adultes créé au mois de décembre précédent ont répondu à mon appel. J’ai montré les avantages d’une telle association au point de vue de l’éducation morale, intellectuelle et physique du peuple et j’ai mis en relief les résultats obtenus par les sociétés similaires existant déjà, notamment l’Université Populaire de Chey créée par M. le pasteur Soulier, et l Amicale des jeunes gens du Retail que j’avais fondée il y a deux ans. Les statuts de cette dernière société ont été adoptés séance tenante. L’Université Populaire de Brioux était fondée et prenait pour titre : Société d’instruction et d’éducation populaire de Brioux-sur-Boutonne. Le mot éducation est nouveau parmi les titres des Universités Populaires, mais il complète fort heureusement le titre que les Briouxais ont adopté pour leur Université, qui n’a pas pour seul but d’instruire mais encore de rendre meilleures

| et plus sociables les classes populaires, de leur donner des sentiments plus fins et plus délicats, de développer chez elles le goût du beau, du bien, du vrai.

La société a pour local la salle de classe. Là ont lieu chaque semaine les réunions ordinaires de ses membres au nombre de 90 actuellement, et chaque quinzaine des conférences y réunissent en moyenne plus de deux cents personnes.

L’instituteur est président de droit de l’association et garantit ainsi le caractère de neutralité politique et religieuse qu’elle s’impose; il maintient l’œuvre dans la ligne qu’elle s’est tracée et évite les querelles et les rivalités personnelles qui affaiblissent le rôle des Universités. La cotisation de chaque membre, fixée à 3 francs, permet de constituer un budget destiné à faire face aux frais divers La société d’instruction et d’éducation populaire peut organiser sous sa direction et sous sa responsabilité des sections susceptibles d’entrer dans le cadre du but poursuivi. C’est ainsi qu’elle a créé, à l’usage de ses membres, é une section de tir, avec des séances régulières, les aprèsmidi du dimanche de deux heures à six heures. Une section d’orphéon a été également organisée. Les répétitions ont lieu le lundi et le jeudi de chaque semaine. Un article défend de fumer pendant les répétitions et les conférences. La société se propose de créer des sections de sport, de tempérance, etc. Ces différentes sections sont un puissant moyen d’émulation et assurent des adhérents à la société. Telle personne veut faire partie de la section de tir, telle autre de l’orphéon, elle ne peut le faire que si elle est déjà \ membre de la Société d’Instruction et d’Éducation populaire, f d’où obligation pour elle d’en faire partie. La Société est abonnée au Magasin d’éducation et de récréation (Hetzel); elle met aussi à la disposition de ses membres des jeux de force ou d’adresse : agrès de gymnastique, jeu de boules, croquet, football, jeu de dames pour la mauvaise saison. Elle prépare actuellement une soirée récréative (musicale et théâtrale) pour le 21 avril prochain: L’année prochaine elle a l’intention de commencer sa campagne plus tôt, de donner deux soirées récréatives et d’avoir régulièrement des conférences. 1 ! La Société a dù son succès et son développement à l’activité de tous, en particulier à celle de M. le docteur Fringuet, membre de l’Université poitevine, et très dévoué aux - institutions scolaires et aussi à l’appui de l’Université poitevine dont les membres’se sont mis gracieusement à sa disposition pour toutes ses conférences.

WWN Disons que grâce au dévouement et à l’énergie de son _ vaillant président, M. le pasteur Soulier, l’Université poitesine va être le centre d’action de toutes les Universités : populaires de la région. Les neuf conférences qui ont été . faites dans notre canton par ses membres vont porter leur ï fruit et sans nul doute de nouvelles universités vont surgir l’année prochaine sur différents points de notre arrondissement.

Au mois de mai 1896, la Société d’Ethnographie et d’Art Populaire, qui tenait à Niort son premier congrès, invita le poète Auguste Gaud à lui donner trois conférences. La à première sur les vieilles chansons du Poitou, avec le con- ï cours d’un violoneux et de deux chanteurs du pays mellois, fut présidée par M. André Theuriet, et obtint un très. vif succès. Les deux autres, l’une sur les vieux noëls poitevins et avec le concours des mêmes auxiliaires, l’autre sur les poètes des Deux-Sèvres, furent présidées par M. Gaston Deschamps. Au mois de juillet de la même année, quelques amis du poète le prièrent de redonner dans sa ville natale sa conférence sur les vieilles chansons du Poitou. I y consentit, et son entreprise fut couronnée de succès, car il réunit plus d’un millier d’auditeurs. L’année suivante, au mois de septembre, à l’occasion de l’inauguration de l’Hôtel de Ville, il organisait un concours de coiffes poitevines et faisait représenter, en plein air, dans le pare de cet établissement, une saynète en patois poitevin : Un Pésan de chez nous. Plus de 3.000 spectateurs assistaient à cette représentation et l’auteur et ses interprètes furent chaleureusement acclamés. Au mois de janvier 1898, M. Auguste Gaud donnait dans la grande salle des fêtes de l’Hôtel de Ville, sous la présidence de M. Paul Mercier, avocat à Niort, et avec le concours du

poète mothais Henri Caillou, une conférence ethnographique et historique sur Chef-Boutonne et ses environs et sur les poètes des Deux-Sèvres. Cette fois encore, il réussit

| à grouper plus de 600 auditeurs.

Le 13 juillet de la même année, on célébra à Chef-Boutonne le centenaire du grand historien Jules Michelet. Devant une salle archi-comble, M. Sillion, directeur de l’école de garçons, donna une conférence sur l’illustre poète de l’Oiseau et de l’Insecte, et M. Auguste Gaud, qui présidait cette réunion, prononça un éloquent discours.

Enfin, au mois de septembre, M. Gaud faisait interpréter dans le parc de l’Hôtel de Ville et avec le même succès une pièce en patois : Une Merienne chez Jacquiet Labertuche.

Il était acquis désormais, dans notre milieu provincial, que l’on pouvait intéresser les foules aux manifestations intellectuelles. Or, M. Sillion, avec le concours des amis de

.. l’enseignement laïque, MM. Auguste Gaud, Paul Rillaud, mademoiselle Moreau, institutrice, et celui de la municipalité républicaine, qui mit gracieusement à sa disposition la grande salle des fêtes de l’Hôtel de Ville et se chargea des frais d’éclairage et d’installation, songea au mois de novembre 1899 à fonder une Université Populaire. Cette société n’est pas encore définitivement organisée, car les statuts ne sont pas votés et les ressources dont elle dispose sont insuflisantes. Elle a organisé cependant dans le courant de l’hiver 1899-1900, sept conférences suivies par une moyenne de 250 auditeurs. Voici le rom des conférenciers et le titre des sujets traités par chacun d’eux 1° M. Paul Mercier, avocat à Niort : de l’Éducation patriotique.

2° M. Sillion, instituteur : la Lecture en famille.

& M. Rillaud : des Engrais chimiques.

5° M. Auguste Gaud : du rôle de la Poésie dans l’Édueation populaire; les poètes rustiques : André Theuriet, 6° M. Faraud, instituteur : de la Mutualité.

7° M. Dorléac, inspecteur primaire : de l’Éducation démo- ‘

La fanfare municipale républicaine a prêté son concours à plusieurs de ces conférences. Dans le courant de l’hiver

1900-1901, la Société a organisé sept conférences dont six ont été données par des membres de l’Université poitevine, é avec une moyenne de 340 auditeurs. Voici le nom des conférenciers et le titre des sujets traités 1° M. Édouard Soulier, pasteur à Chey, président de l”U. poitevine : l’Exposition universelle de 1900.

2° M. Charles Sillion : Comment naît et meurt une République.

3° M. Auguste Gaud : Jacques Bonhomme et ses destinées. 4 M. Naudon, président de l’Université Populaire de Brioux : Madagascar, avec projections lumineuses.

5° M. Rillaud : de l’Alcoolisme, avec projections lumineuses.

6° M. Maillou, instituteur retraité : de la Souveraineté . de la Raison.

7° M. Jean Philippe, président de l’U. P. de Niort : Victor

A l’issue de sa conférence sur Jacques Bonhomme et ses destinées, le poète Auguste Gaud nous a déclamé plusieurs de ses poèmes rustiques : le Chêne, les Peleboïis, la Chanson des Pâquerettes, qui ont été fort goûtés du public.

Le poète niortais Jean Philippe a également interprété quelques-unes de ses œuvres : la Chanson des Petons, Calvitie précoce, la Chanson du Vent, et a obtenu un vif succès. Cela prouve que dans nos milieux ruraux le peuple n’est pas indifférent aux choses de la poésie et de la littérature, ainsi que d’aucuns le prétendent. Les dames assistent en assez grand nombre à nos conférences. D’autres conférenciers, parmi lesquels M. Gaston Deschamps, l’éminent critique littéraire du Temps, actuellement en tournée artistique aux États-Unis et au Canada, se feront entendre dans le courant de l’été.

Notre Société d’Instruction populaire, fondée par M. Sillion, qui n’a ménagé ni son temps ni ses efforts pour assurer sa prospérité, mais qui, en raison de certaines

divisions locales, n’a pu réussir à grouper plus tôt autour de son œuvre de nombreux adhérents, sera prochainement organisée d’une manière définitive. Des projets d’organisation d’une section de tir, de chant, et de représentations théâtrales sont actuellement à l’étude.

Chey (Deux-Sèvres). — Coopération démocratique des idées et des bonnes volontés

La Coopération a continué vaillamment sa marche, pendant sa seconde année d’existence.

Ses conférences ont toujours eu lieu, à l’école, le samedi, tous les quinze jours ; mais, cette année, grâce à la fondation de l’Université poitevine, les orateurs en ont été plus nombreux; il y a eu plus de variété, d’activité et de vie dans les sujets traités et la marche générale de l’Université.

L’an dernier, le plus gros public avait été, le 15 octobre 1899, pour M. Gaston Deschamps, dont le sujet était : La défense de la République; cette année, il a été, le 19 janvier 1gor, pour M. Gustave de Coutouly, dont le sujeta été : Histoire d’une colonie française au Mexique, où M. de Coutouly a été ministre de France. Cette conférence a été présidée par M. André Magre, sous-préfet, membre, comme MM. Deschamps et de Coutouly, de l’Université poitevine. Les autres membres de l”Universilé poitevine, étrangers à la Coopération, qui sont venus donner des conférences à Chey, sont MM. Amédée de Parny : la démocratisation de l’art; Auguste Gaud : du rôle de la poésie dans l’éducation populaire, les poètes rustiques ; Édouard Naudon : Madagascar; Robert Lorriaux : La misère à Paris. Des conférences donnéès cette année, deux ont été accompagnées de projections, une de lectures et récitations.

La bibliothèque s’est enrichie de plusieurs dons, notamment de M. François Lalot, du Comité central et du Comité régional de la Ligue française pour la défense des Droits j de l’homme et du citoyen; elle est abonnée à la Coopération des Idées, l’Émancipation, l’Union pour l’action morale,

_ Pages Libres, tous périodiques qui intéressent fort, nourrissent et font penser instituteurs et conférenciers, mais d’aucun desquels — nous devons l’avouer — nous ne pou- vons dire qu’il est l’organe convenant à notre milieu tout : rural. Signaler un besoin, ne sera-ce pas le faire combler et la fonction ne créera-t-elle pas l’organe? M. Clément Coynault, secrétaire et bibliothécaire de la Coopération, a fait approuver un règlement pour les prêts de livres; et les emprunteurs sont autorisés, certains jours et à certaines heures, à lire dans la salle de classe.

Les leçons de diction ont été données et suivies, comme lan dernier, pendant plus de deux mois, « à la veillée », K avec une tendance chez les travailleurs à se confier en l’acquis et à se moins appliquer. Les leçons de chant ont dû chômer cette année, le professeur, madame Édouard SouLier, étant absente depuis quatre mois, mais elles n’en reprendront qu’avec plus d’application l’hiver prochain.

Chaque année, la Coopération voudrait donner deux s fêtes. La seconde de l’an dernier a été donnée le 14 juillet, au moment où le Bulletin paraissait; malgré de grandes craintes, elle a fort réussi, a donné un éclat inaccoutumé à la fête nationale, et a procuré aux attractions ordinaires un public plus nombreux et plus en train. Cette année, la pre- * mière fête a eu lieu, avec deux éditions du même programme, les 2 et 9 février.

La Coopération s’était mise dans ses meubles et avait acquis 48 mètres 70 de cretonne dont les doigts agiles de ses membres féminins ont fait des rideaux bien à elle. Le temps a été déplorable, et quoique un temps pareil n’eût pas nui à la conférence de M. de Coutouly, où l’école regorgeait de monde, venu de six communes, il a nui fortement aux soirées artistiques; puis, l’orientalisme de Tobie, fait de draps de lit, d’uniforme de zouave, de bourre de soie, de serviettes-éponges et de langes d’enfants, la barbe de filasse du vieux Tobie, la musique et les vers, qui avaient eu un si prodigieux succès, ont beaucoup manqué aux spectateurs cette année. Le morceau de résistance du programme a pourtant intéressé ; il était Cabotins! de Paille- ron, mis en trois actes et réduit à des rôles d’hommes. La

pièce ainsi troussée demeurait si vivante que le publie l’a crue faite exprès et y a vu des personnalités, notamment, sous les traits de l’imbécile M. de Laversée, Le baron que l’arrondissement, dans un moment d’oubli de ce qu’il se devait à lui-même, s’est donné comme député. On a bien ri. Au programme également, entre autres, Solidarité de SullyPrudhomme, le Ban des vendanges, de Jules Claretie. Pour la seconde fête de cette année, il y a de grands projets. On voudrait revenir aux vers et aux costumes à grand effet. Le poète Auguste Gaud écrit pour la Coopération une pièce antique, à portée sociale, sorte de mystère, qu’il fera jouer, au mois de juillet, en plein air, sur les bords de la Sèvre, le public sur une rive, la scène sur l’autre, avec la nature pour décor, encore plus uniquement qu’à Bussang et à La Mothe-Saint-Héray. La Coopération et le Poitou savent en qui ils ont placé leur confiance et escomptent un vrai succès ; l’œuvre le méritera certainement. Chey est traversé, depuis quatre mois, par des trains sur voie étroite et la fête pourra être favorisée par des services spéciaux. M. Auguste Gaud doit venir lire la pièce en mai. Tout s’apprête donc. La visite et une conférence du secrétaire général du Comité central sont attendues. Les statuts de la Coopération ni la composition de son Comité n’ont été modifiés. Elle a tenu sa première assemblée annuelle, treize mois après sa fondation, le 3 novembre un rapport y a été lu sur son activité; M. Ferdinand Guerry, trésorier, y a exposé l’état de sa caisse; le principal des ressources de la Coopération provient du produit de ses fêtes semestrielles. Elle est féconde la Coopération de Chey : première année, une première fille, la Mutualité scolaire de Chey, fondée sur l’initiative de madame Poupot, et grandie depuis; elle est devenue cantonale ; seconde année, seconde fille, l’Universilé poilevine, dont il est question d’autre part; la troisième année verra quelque coopérative de production ou de consommation. à

Article premier. — Il a été fondé à Chey (Deux-Sèvres), le 13 octobre 1899, une Association dite Coopération démocratique des idées et des bonnes volontés, qui se propose de répandre la culture supérieure et l’indépendance de l’individu par l’éducation mutuelle des citoyens.

Article 2. — La Coopération n’a aucun caractère politique ni religieux et toute discussion sur ces sujets y est

Article 3. — Le siège social est à l’école de Chey; il peut être changé par décision du Comité.

Article 4. — Sont membres de la Coopération, sur pré-

sentation de deux membres majeurs, les personnes, — d’une part : ou qui ont coopéré aux entreprises de l’Association, ou qui payent une cotisation de 25 centimes par mois; — et, d’autre part, dont l’admission aura été prononcée provisoirement par le Comité et confirmativement par l’Assemblée générale. Un refus d’admission temporaire venu du Comité ne saurait empêcher le candidat de demander directement son admission définitive à l’Assemblée

Les mineurs ne sont admis comme membres qu’avec le consentement de leurs parents ou tuteurs; ils doivent avoir

Article 5. — La Coopération est dirigée par un Comité de douze membres élu pour la première fois par l”Assemblée générale, et qui, dans la suite, se recrute lui-même par voie de cooptation. Le Comité ne peut délibérer que si sept membres sont présents; après nouvelle convocation, la délibération a lieu quel que soit le nombre des présents.

Le Comité élit, chaque année, un président, un vice-président, un secrétaire et un trésorier.

Le Bureau est chargé de l’organisation des conférences, des leçons et de la bibliothèque. Les résumés des conférences, demandés aux conférenciers eux-mêmes, seront

Le secrétaire remplit les fonctions de bibliothécaire et Article 6. — Une Commission de contrôle de trois membres, pris en dehors du Comité, est nommée par l’Assemblée générale, chaque année, pour vérifier et arrêter les comptes du trésorier.

Article 7. — L’Assemblée générale vote les statuts; elle peut seule les modifier en séance extraordinaire expressément convoquée à cet effet, au scrutin secret, et à la majorité des deux tiers des votants; elle se réunit tous les ans pour entendre deux rapports, l’un sur la situation morale, l’autre sur la situation matérielle de la Coopération.

Article 8. — Le Comité peut convoquer extraordinairement l’Assemblée générale, soit de sa propre initiative, soit sur une demande motivée, signée d’au moins dix membres majeurs, auquel cas la convocation doit se faire dans le délai d’un mois.

Une Assemblée générale extraordinaire ne peut délibérer que sur la ou les questions qui l’ont motivée.

Les Assemblées générales ne peuvent délibérer que si le quart des membres est présent. Si ce nombre n’est pas atteint, une nouvelle Assemblée est convoquée dans le mois qui suit; elle est valable quel que soit le chiffre des présents.

Article 9. — Les recettes de la Coopération sont 1° Les cotisations, — facultatives, sauf pour les membres qui n’ont été admis qu’à cause d’elles;

2° Le produit des fêtes et représentations données par la 3° Les dons et libéralités.

Q Article 10. — Toute démission doit être adressée au secrétaire qui la transmet au Comité.

Article 11. — Le Comité peut réprimander, infliger une amende, suspendre pendant trois mois au plus toùt membre qui a détérioré un volume, troublé l’ordre, etc.

La radiation est de droit contre tout membre suspendu trois fois. Le Comité peut la prononcer, — en tous autres cas, — par neuf voix au moins, et le membre exclu peut X alors en appeler à l’Assemblée générale. b

Article 12. — La dissolution de la Coopération ne peut être votée que par une Assemblée générale extraordinaire expressément convoquée à cet effet, au scrutin secret et à la majorité des deux tiers des votants. En cas de dissolution, l’actif de la Coopération et sa bibliothèque seraient versés aux bibliothèques scolaires de ‘ . Chey et ses archives déposées à la mairie. Article 13. — En cas de modification aux statuts, la à Coopération devra demander de nouveau, à l’autorité eompétente, l’autorisation prescrite par l’article 291 du Code

  • Voulez-vous me permettre de vous soumettre un projet pour la réalisation duquel votre concours serait précieux ? Les principales communes de notre arrondissement sont ou vont être incessamment pourvues d”Universités populaires, de sociétés d’instruction populaire, de commissions de bibliothèques ou autre organisation travaillant à l’ex- é tension, à la propagation, à la vulgarisation des sciences et des idées générales. Ne pensez-vous pas que le moment serait venu de donner aux collaborateurs de ces diverses entreprises un centre, où ils se rencontreraient, s’entretiendraient, mettraient en commun leurs expériences et leurs capacités? J’ai pensé que vous voudriez bien consentir à prendre votre part de la fondation, à Melle, d’une Université générale poitevine. Si je ne choisis pas le terme d’Académie, c’est que, — sans parler de la circonscription soumise à un recteur, — il a pris un sens aristocratique de lieu d’honneur et de repos, alors qu’il nous faut une réunion de personnes modestes et vaillantes. Le mot Institut, quand il ne désigne pas lui aussi une rangée de fauteuils pour vieillards glorieux, indique une maison d’éducation ou un asile de charité. 5 103

Université est bien l’appellation qui convient, non tant parce qu’elle est à la mode que par toute l’allégresse d’esprit qu’elle implique, par les traditions de travail, de dévouement et de coopération intellectuelle qu’elle représente.

\ L’Université poitevine donnerait des conférences à Melle, pour cette partie du public dont les conférences de vulgarisation et de généralisation de nos Universités populaires ne sauraient satisfaire entièrement les aspirations et la culture plus grandes.

L’Université poitevine, entreprise démocratique s’il en fut, comprendrait, bien entendu, parmi ses membres, nombre d’instituteurs (ce qui n’est la tradition ni des Académies, ni des Instituts, fondés par l’esprit d’autrefois) et rassemblerait pour eux, pour leurs collègues, pour tous les laborieux de la pensée, une bibliothèque savante d’ouvrages inabordables aux bourses isolées. Que de fois n’avons-nous pas entendu dans notre contrée les instituteurs de valeur se plaindre de ne guère connaître certains auteurs que par des extraits ou des commentaires. Ils verraient, enfin, comblé leur ardent désir de puiser directement aux

L’Universilé poitevine ouvrirait des concours, qui encourageraient les recherches personnelles et donneraient à nouveau une vie propre à notre « pays ».

Des conférenciers d’élite s’y formeraient, dont la science et le talent rayonneraient ensuite sur nos Universités popu- ÿ laires. Les membres feraient les uns avec les autres profonde connaissance et, s’entraînant les uns les autres, céderaient à une émulation intellectuelle dont notre Poitou entier ne pourrait que bénéficier.

Ci-joint un projet de statuts que je vous prie de bien vouloir examiner et une liste des personnalités auxquelles Î j’ai soumis ce projet et avec lesquelles vous tiendrez sans doute à vous rencontrer pour entreprendre cette œuvre nécessaire. l

Veuillez croire, monsieur, à mes sentiments très sympa- à

Projet de statuts définitifs

Article premier. — Une société est fondée dans l’arrondissement de Melle, qui prend le nom d’Université poitevine. Son but est de réunir les ouvriers de la pensée et de fournir à leur travail des moyens et des encouragements. Elle tient une séance régulière une fois par mois, d’octobre à juillet. Son sivge social est à Melle. (1)

Article 2. — Toute discussion politique et religieuse y est interdite.

Article 3. — Elle est composée de membres, dont dix de droit, (2) résidant dans l’arrondissement de Melle, et de membres correspondants, dont le nombre ne doit pas dépasser celui des membres. Il ne peut être élu de membre ou de membre correspondant qu’à une place devenue

Article 4. — Tout membre ou membre correspondant

  • doit être élu par la majorité absolue des membres.

Article 5. — Avant le vote, les candidatures peuvent être discutées; tout membre qui propose un candidat doit se porter garant de son acceptation. D’autre part, un procèsverbal d’élection n’est porté au registre qu’après acceptation écrite de l’élu.

Article 6. — La cotisation est fixée, pour tous les membres et membres correspondants, à au moins 10 francs

Article 7. — Les membres et membres correspondants sont nommés à vie.

Les démissions motivées et réitérées peuvent être

(1) Par exemple, dans le même local que l’Université populaire en

(2) MM. le Sous-P réfet ; le Président du Conseil d’arrondissement le Maire ; le Président du Tribunal ; le Procureur de la République l’Inspecteur de l’enseignement primaire ; le Curé-Doyen ; le Pasteur, président du Conseil presbytéral ; le Principal ; le Juge de paix.

La cessation, pendant trois ans, du paiement de la cotisation est considérée comme une démission.

Article 8. — Tout membre de droit dont cesse la fonction d’où il tirait son droit demeure membre ou membre

Article 9. — Tout membre qui quitte l’arrondissement de Melle devient membre correspondant, et tout membre correspondant qui vient habiter l’arrondissement devient, par ce seul fait, membre.

Article 10. — Tout membre correspondant en séjour dans larrondissement a, dans les séances, etc., tous les mêmes droits que les membres.

Article 11. — La femme et le mari, le père et le fils, deux

$ frères ne peuvent être élus membres en même temps.

Article 12. — L’Université poitevine est administrée par un bureau annuel qui comprend un président, un viceprésident, un secrétaire et un trésorier.

Article 13. — Le même président ne peut être élu deux ans de suite.

Article 14. — Une commission de la bibliothèque et une commission des concours comprennent chacune le bureau, plus quatre autres membres élus, chaque année, après le

Article 15. — La bibliothèque est mise à la disposition des personnes qui, n’étant pas membres de l’Université, ont reçu une autorisation écrite du président et ont versé une somme de 3 francs par an. Un registre est à la disposition de tous les lecteurs et emprunteurs pour indiquer les ouvrages dont ils désirent l’achat. La commission statue sur ces demandes.

Article 16. — La commission des concours pourra choisir des membres des jurys de ses concours en dehors de l’Université poitevine. Les membres du bureau de l’Université et du bureau de la commission font de droit partie des jurys.

Article 17. — En cas de dissolution, les fonds et la bibliothèque seraient versés à la sous-préfecture de Melle pour être répartis entre les Universités populaires de l’arrondissement.

à Article 18. — Toute modification aux présents statuts ne pourra être votée que par les deux tiers des membres de l’Université, dans une séance spécialement convoquée à

  • ecteffet, et sera soumise à l’approbation de l’autorité com- } Article premier. — Les membres de droit et les membres ci-contre désignés se réuniront à Melle, sur la convocation et sous la présidence de M. le Sous-Préfet, à l’effet Article 2. — Sur nouvelle convocation de M. le SousPréfet, moins d’un mois après la première, l’Université poitevine tiendra sa première séance dont l’ordre du jour 1° Lecture du procès-verbal d’élection des membres ayant : À accepté leurs fonctions, par M. Lalot, secrétaire de la pre- * mière séance ; »° Vote des statuts ; se à 3° Élection du bureau 5° De membres pour remplacer les non-acceptants, s’il y 7° Fixation de l’ordre du jour et établissement d’un programme. Cercle Poitevin d’études et d’éducation sociales, dit Les principales communes de l’arrondissement de Melle sont ou vont être incessamment pourvues d’universités populaires, de sociétés d’instruction populaire, de commisÀ sions de bibliothèques ou autre organisation travaillant à

l’extension, à la propagation, à la vulgarisation des sciences et des idées générales.

Le moment était venu de donner aux collaborateurs de ces diverses entreprises un centre, où ils se rencontreraient, mettraient en commun leurs expériences et leurs capacités, et une Université générale poitevine a été fondée à

Université (1) est bien l’appellation qui convient, non tant parce qu’elle est à la mode que par toute l’allégresse et l’universalité d’esprit qu’elle implique, par les traditions de travail, de dignité, de respect mutuel, de dévouement et de coopération intellectuelle qu’elle représente.

L’Université poitevine donne des conférences à Melle, pour cette partie du public dont les conférences de vulgarisa - tion et de généralisation des universités populaires ne sauraient satisfaire entièrement les aspirations et la culture é plus grandes.

L’Université poitevine, entreprise démocratique s’il en fut, comprend, bien entendu, parmi ses membres, nombre d’instituteurs (ce qui n’est la tradition ni des académies, ni des instituts, fondés par l’esprit d’autrefois) et rassemble pour eux, pour leurs collègues, pour tous les laborieux de la pensée, une bibliothèque savante d’ouvrages inabordables aux bourses isolées. Que de fois les instituteurs de valeur se sont-ils plaints de ne guère connaître certains auteurs que par des extraits ou des commentaires. Au Poitou, ils voient comblé leur ardent désir de puiser directement aux L’Université poilevine ouvre des concours, qui encouragent les recherches personnelles et contribuent à donner une vie propre au « pays ».

Des conférenciers d’élite s’y forment, dont la science

(1) Pour obtenir l’autorisation préfectorale, ce mot a dû être offi- £ ciellement remplacé, par application de l’article 4 de la loi du 18 mars 1889, qui spécifie qu’en aucun cas les établissements libres d’enseignement ne peuvent prendre la dénomination d’université exclusivement réservée aux établissements de l’État. L’article de la dite loi punit toute infraction d’une amende de 100 à

et le talent rayonnent ensuite sur les universités populaires.

Les membres font les uns avec les autres profonde con-

_ naissance et, s’entraînant les uns les autres, cèdent à une émulation intellectuelle dont le Poitou entier ne peut que .

Quand il s’est agi de constituer l’Université poitevine, il a été procédé suivant la seule méthode qui s’offrit. Il ne pou-

  • vait être question de délégués, car des délégués forment, par définition, un corps supérieur aux corps qui les ont élus et prennent de là sur ces corps comme un droit de contrôle et de direction ; or, l’Université entendait ne régenter personne. De plus, parmi les hommes sans le talent desquels elle ne pouvait être, plusieurs ne faisaient partie d’aucune organisation et ceux mêmes qui ont des électeurs naturels auraient pu être laissés de côté, la camaraderie, la bonhomie, les opinions pesant, parfois, plus dans une délégation que la capacité et la science, seules à considérer alors qu’il s’agit, non d’un conseil politique, mais d’une « société savante ». Le mode de recrutement devait donc être la cooptation. Les mêmes motifs qui l’imposaient imposaient un nombre de membres restreint et fixe, la nécessité du choix pouvant seule maintenir la compétence des élus. Au bout d’un an d’entretiens préparatoires, quinze personnes, représentant, à la fois, les sept cantons de l’arrondissement et les diverses activités intellectuelles et sociales, se sont réunies et en ont élu quinze autres. La plupart de ces membres sont, tout naturellement, des instituteurs, exemples et propagateurs de toutes les vaillances civiques, et des médecins, qui sont bien, par leur service de toute heure, de tous temps et pour quiconque, le type du dévouement. L’un de ceux-ci a été appelé à la vice-présidence del’ Université, l’un de ceux-là au secrétariat.

Le titre qui fut choisi d”Université poitevine contient déjà l’indication sommaire du programme de l’association : d’une part, ses membres ne demandent qu’à être pour l’Université

de France de réels auxiliaires, en étendant son action, et pour les universités populaires des collaborateurs utiles ; et, d’autre part, si déjà l’habitante d’un coin du Poitou est poitevine tout comme celle de sa capitale, il est vrai, aussi, que, par les membres correspondants, les membres des jurys, les concurrents, les emprunteurs de livres, les conférenciers appelés ou envoyés, le Poitou entier est authentique- : ment intéressé à l’entreprise.

Quant au détail de l’organisation et du programme de l’Université, il est facile de le déduire des principes qui animent ses premiers membres.

Tout d’abord, ils sont français : tous leurs noms le disent et il n’est pas inutile de l’aflirmer, sans viser à la grandiloquence ni à la vérité de La Palisse; ils sont français de sentiments, de traditions et d’esprit. S’ils se gardent du chauvinisme, leur amour de la culture intellectuelie n’a pas fait d’eux des sceptiques du patriotisme, ni de vagues humanitaires, leur dévouement aux problèmes sociaux des internationalistes (libertaires ou ultramontains), leur admiration pour des sites, des mœurs, des œuvres, des hommes de l’étranger, des cosmopolites. Et ils ne bornent pas leur attachement à la France moderne ; c’est de son histoire entière qu’ils désirent s’inspirer. Dans les séances privées, où chaque membre à son tour intéresse ses collègues par la communication de quelque travail personnel, ils suivent une des plus vieilles traditions des littérateurs et des artistes de France : l’encouragement, l’entraînement intellectuel par F l’échange intime de sympathies éclairées.

Et, d’autre part, ils vouent un culte particulier au « pays », la petite patrie; ils savent même si bien la tentation de se confiner en lui que, pour prémunir l’Université contre l’élection unique de compatriotes de l’arrondissement, aux membres élus sont mélés des membres de droit désignés de telle sorte que par eux soit assurée la représentation constante de la grande France. Iis apporteront à l’esprit régional l’esprit rénovateur ; l’un d’eux même les représente au bureau. Des Français de tous les temps, les membres de l’Université ambitionnent de garder la qualité propre, la courtoisie; des Poitevins : la persévérance.

à Les membres de l’Université poitevine sont, en second lieu, républicains ; l’exprimer n’est pas aborder la question politique, dont l’association entend se tenir éloignée ; mais _ le républicanisme de l’Université fait partie du patriotisme de ses membres, qui ne souhaitent pas de voir la France bouleversée et violentée. Ils veulent prendre leur part de cette tâche qui consiste à rendre publiques les affaires, dans . ce sens que non seulement elles se traitent au grand jour, mais que chaque citoyen soit apte à les comprendre et à les juger, ce qui est proprement former une démocratie : une suite de conférences sera donnée sur les pères de la démocratie française ; les chercheurs, les travailleurs de la pen- L sée sont excités par des encouragements, une bibliothèque s de travail — moyennant trois francs par an — à la disposition de quiconque voudra y puiser; les membres. euxmêmes se tiennent à la disposition de ceux qui désireraient faire appel à leur concours comme conférenciers : ils ne . dédaignent aucun public, si petit soit-il. Faire profiter les autres de ce qu’ils possèdent, voilà le programme démocratique des membres de l’Université; ils aspirent, non à dominer, mais à servir; et, si c’est un honneur d’être des leurs, c’est parce qu’il est honorable de servir. Œuvre de démocratisation, l’Université offre en ce qui

  • la concerne un exemple démocratique : un même président ne peut être élu deux ans de suite; il n’existe aucun comité directeur; le bureau actuel n’a qu’un simple rôle de scribe ; entre tous ses membres élus, de droit, ou correspondants quand ils sont présents, règne la plus absolue égalité. Ses membres sont gens très occupés et sans ambitions ; mais, avec d’autres, ils ont compris qu’il faut savoir se mettre en avant et que, à côté des devoirs envers la famille, ils avaient à remplir leurs devoirs envers la société; que, aux tâches qui font vivre, ils devaient ajouter les tâches qui ne rapportent rien. Leurs desseins ne peuvent donc rien avoir de politique ni d’aristocratique; ils ont tenu à l’affirmer, en portant, pour la première année, à la présidence de l’Université, un homme dont le nom, incontestablement français et plébéien, ne figurera jamais dans tout l’arrondissement sur une afliche ou un bulletin électoral ni

comme candidat ni comme patron. La vertu républicaine par excellence, — l’Université le proclame, — c’est le désintéressement. Les membres de l’Université poitevine sont, enfin, des gens ayant le goût très vif des arts, des lettres, et des sciences. Ils doivent leur formation intellectuelle aux auteurs les plus divers et aucune collaboration ne les scandalise en elle-même; ils ont appris à n’avoir aucun mépris

  • systématique ; ils ont expérimenté qu’en toute matière il est profitable de puiser directement aux sources ; ils se rappellent, par exemple, que, la Déclaration des Droits de l’Homme, qui, d’ailleurs, place l’humanisme avant le civisme, a été proclamée sous un roi et signée par lui. Aussi, n’est-ce pas avec autoritarisme et étroitesse qu’ils composent leur bibliothèque ; l’esprit d’anathème et d’excommu- Ë nication n’est pas le leur. Et eux-mêmes, les membres de l’Université, ne seront pas tous forcément du même bord il n’est personne, en effet, lorsqu’il s’agit d’idées et d’études, dont nous puissions dire : il ne possède aucune parcelle de vérité que je ne possède moi-même. Il ne sera demandé à aucun membre de sacrifier quoi que ce soit de ses opinions économiques, politiques, religieuses, artistiques ou littéraires. Les étrangers à l’Université ont toute liberté de n’emprunter que des livres de leur choix, de ne venir écouter ou de n’appeler que des conférenciers qui leur conviennent. Parmi les ouvrages de la bibliothèque, il en est qui y sont de droit : le Dictionnaire, l’Histoire de France, les plus au courant des études récentes; parmi les membres de l’Université, il ne saurait en être autrement. Les « esprits amateurs de belles-lettres » sont « doux » et pacifiques ; aussi, — ces raisons s’ajoutent à celle précédemment donnée, — pour éviter toute compétition et tout froissement, la plu- î part de ceux qui, à Melle, ont des titres à être de l”Universilé poitevine en seront-ils membres de droit; etcenoyau de membres, en résidence au lieu même du siège social, assurera la fréquentation des séances. Ces membres de droit sont : d’une part, les deux représentants donnés par le suffrage universel à ces deux personnalités morales, la , 112

: ville de Melle et son arrondissement ; d’autre part, les fonc-

| tionnaires dont la situation administrative et littéraire fai-

| sait, au point de vue de l’Université, les premiers de la

| sous-préfecture. Parmi eux, un curé et un pasteur. Aucune question ne se posait à ce sujet, sans un débat soulevé récemment dans les universités populaires, des comités et des corps enseignants desquelles nombre de pasteurs ont toujours fait partie : oui ou non, devait-on rejeter un prêtre hors de ces œuvres démocratiques? Avec MM. Buisson, Clemenceau, Deherme, ete., l’Université a conclu : non. Sans parler des titres artistiques, littéraires, scientifiques, philanthropiques que peut posséder un prêtre, elle ne saurait agir autrement dans un arrondissement où bien des pasteurs ont été membres et l’un même président du Conseil d’arrondissement, et où un monument est élevé à l’abbé constituant Jallet, en France, où la Déclaration des Droits de l’Homme est due, pour une grande part, à la collaboration de plusieurs prêtres et évêques, à celle du pasteur Rabaut Saint-Étienne, où le Collège libre des sciences sociales, l’École des hautes études sociales ont pour maîtres, à côté de MM. Fournière et Vaillant, les PP. Feuillette et Maumus, les abbés Lemire et Naudet. Le titre d’Université ne se justifierait pas si toutes les voix, toutes les thèses et sur toutes les applications possibles de l’esprit ne pouvaient y être entendues. « La fleur » produite par la culture artistique et littéraire, c’est la tolérance.

Les membres de l’Université voudraient, à bien des égards, être comparables aux cultivateurs qui les entourent. Leur ambition est d’être des laboureurs de consciences, des semeurs de vérité et de paix.

Votés dans les séances des premier, 15 et 22 novembre 1900

Article premier. — Une société est fondée dans l’arrondissement de Melle, qui prend le nom de Cercle poitevin d’étude et d’éducation sociales. Entreprise démocratique, œuvre nécessaire, son but est de réunir les ouvriers de la

pensée, de fournir à leur travail des moyens et des encouragements, et de favoriser l’instruction populaire. Elle tient une séance régulière une fois par mois, d’octobre à juillet. Son siège social est à Melle. Article 2. — Toute discussion politique et religieuse y est Article 3. — Elle est composée de membres, dont dix de droit, sous réserve de leur acceptation préalable (MM. le. Sous-Préfet, le Président du Conseïl d’arrondissement, le Maire, le Président du Tribunal, le Procureur de la République, l’Inspecteur de l’enseignement primaire, le CuréDoyen, le Pasteur, président du Conseil presbytéral, le Principal, le Juge de paix), résidant dans l’arrondissement de Melle, et de membres correspondants, dont le nombre ne doit pas dépasser celui des membres. Il ne peut être élu de membre ou de membre correspondant qu’à une place devenue vacante. Article 4.— Tout membre ou membre correspondant doit être majeur et être élu par la majorité absolue des membres. Le vote par correspondance est admis. j Article 5. — Avant le vote, les candidatures peuvent être discutées ; tout membre qui propose un candidat doit se ! porter garant de son acceptation. D’autre part, un procèsverbal d’élection n’est porté au registre qu’après accepta- “1 tion écrite de l’élu. Article 6. — La cotisation est fixée, pour tous les membres et membres correspondants, à au moins dix francs par

Article 7. — Les membres et membres correspondants sont nommés à vie. è f Les démissions motivées peuvent être acceptées. La cessation, pendant deux ans, du paiement de la coti- : sation est considérée comme une démission. Article 8. — Tout membre de droit dont cesse la fonction d’où il tirait son droit demeure membre ou membre correspondant. : ! Article 9. — Tout membre qui quitte l’arrondissement Ù de Melle devient membre correspondant, et tout membre À

We correspondant qui vient habiter l’arrondissement devient, par ce seul fait, membre. L Article 10. — Tout membre correspondant en séjour dans 4 larrondissement a, dans les séances, etc., tous les mêmes … droits que les membres. Article 11. — La femme et le mari, le père et Le fils, deux ; frères ne peuvent être en même temps membres élus. Article 12. — L’association est administrée par un bureau annuel, élu en juillet, qui comprend un président, un vice- . président, un secrétaire et un trésorier. Article 13. — Le même président ne peut être élu deux ans de suite. Article 14. — Une commission de la bibliothèque et une commission des concours comprennent chacune le bureau, plus quatre autres membres élus, chaque année, après le Article 15. — La bibliothèque est mise à la disposition des personnes qui, n’étant pas membres de l’Université, ont reçu une autorisation écrite du président et ont versé une somme de trois francs par an. Un registre est à la disposi- f tion de tous les lecteurs et emprunteurs pour indiquer les ouvrages dont ils désirent l’achat. La commission statue sur ces demandes. Article 16, — La commission des concours pourra choisir des membres des jurys de ses concours en dehors de Passociation. Les membres du bureau de l’association et du bureau de la commission (président, secrétaire), font de droit partie des jurys. Article 17. — En cas de dissolution, les fonds et la bibliothèque seraient versées à la sous-préfecture de Melle pour être répartis entre les œuvres d’instruction populaire de l’arrondissement. Article 18. — Toute modification aux présents statuts ne pourra être votée que par la majorité absolue des membres de l’association, dans une séance spécialement convoquée à . cet effet, et sera soumise à l’autorisation de l’autorité compétente. À

Melle (Deux-Sèvres). — Cercle poitevin d’étude et d’éducation sociale, dit : Université poitevine

C’était très bien d’arriver à constituer à Chey, il y a deux ans, la première Université rurale de France, mais c’était hasardeux. Pour que la chose füt viable, elle devait être complétée. En ville, les conférenciers d’une U. P. ont sous la main tous les ouvrages qu’ils peuvent désirer consulter ; ils se rencontrent facilement, habitant près les uns des autres, professeurs à la même Faculté, au même lycée, membres des mêmes cercles ou des mêmes syndicats, lisant les mêmes organes.

Pour eux sont ainsi réunies ces deux conditions indispensables à toute éducation coopératiste : cohésion des conférenciers, documents à consulter sous la main. Au centre du Poitou, on est loin, très loin de toute Faculté, de toute bibliothèque publique de travail. Pour que le mouvement d’extension universitaire püt y persister et s’y développer, il fallait donc aviser. De ces besoins est née l’Université poitevine; son but est de grouper les conférenciers des Universités Populaires dispersés dans tout un arrondissement et appartenant à toutes les professions, de leur donner ainsi les moyens de se connaître et de s’entendre, et de mettre à leur service une bibliothèque de travail, qui fournisse les matériaux à leurs études personnelles et à leurs conférences. Des membres correspondants ajoutent aux ressources en hommes et en argent. Parmi eux, M. Jean Philippe, président de l’U. P. de Niort. Des concours for- ‘ ment une génération de chercheurs où l’Université trouvera i ses membres de demain. Désormais, un centre est créé, d’où des conférenciers rayonneront dans toutes les Universités Populaires, et même dans les communes où il n’y en a pas, prêts à répondre à tout appel, animés d’un même esprit, inspirés d’une même méthode. Voilà pourquoi l’Uni- à

versité poilevine, qui n’est pas une U. P., a, ce nous semble, sa place parmi elles; elle existe pour leur service; sans l’Université poitevine, les U. P. vivraient bien difficilement

| dans l’arrondissement de Melle. Déjà les liens sont nom- breux et étroits entre l’une et les autres; sortie de l’U. rurale de Chey, l’Université poitevine a vu, déjà, se fonder sous son influence les U. de Brioux-sur-Boutonne et de Chef-Boutonne; d’autres sont en projet à Melle, Lezay, Exoudun. Travaillent vaillamment à ces fondations : à Brioux, MM. Édouard Naudon, le docteur Fringuet, Théophile Junin; à Chef-Boutonne, MM. Auguste Gaud, Sillion, Rillaud; à Melle, MM. le docteur Édouard Gaud, Dejoux, Aimé Métivier ; à Lezay, MM. Boursier, Brault, Canon; à Exoudun, M. de Parny, tous membres de l’Université poitevine.

Ofliciellement, l’Université poitevine ne peut porter le nom qui lui est ici donné et qui reste son appellation usuelle ; elle en a profité pour mettre dans le titre qu’elle envoyait à l’administration tout son programme : Cercle poitevin d’étude et d’éducation sociales. Quand donc se trouvera-t-il des chambres démocratiques pour abroger . les articles 4 et 8 de la loi du 18 mars 1889!

L’Université poitevine a, cela va sans dire, eu l’honneur, d’être attaquée avec virulence et obstination. Elle constituait un centre d’hommes indépendants qui devenaient une force morale et une force réfractaire aux mots d’ordre. Ceux qui voient et ceux qui veulent mettre la politique partout, les sectaires et les tyranneaux se sont appliqués à ruiner l’association naissante. Il y a eu les violents de langage ou de plume ; il y a eu aussi les plaisants comme cette personne que, certes, nul au monde n’aurait jamais songé à aller chercher et qui a écrit un article : Je n’en veux pas

Ces attaques ont été bien précieuses aux membres de l’Université ; elles leur ont donné le sentiment réconfortant qu’ils ne faisaient pas œuvre quelconque; elles leur ont donné le désir d’améliorer sans cesse leur entreprise en pesant tous les avis entendus; et elles les ont serrés les uns contre les autres dans une étroite, puissante et redoutable solidarité.

Comprenant le secours qui était porté à l’esprit d’émancipation et de laïcisme, l’inspecteur de l’enseignement primaire, l’élite des institutrices et des instituteurs (l’un vient de recevoir le diplôme d’honneur, un second la médaille de bronze, un troisième la médaille d’argent, un quatrième les palmes académiques) sont entrés dans l”Universitépoitevine, qui donne un nouvel essor à leurs cours d’adultes.

Entraînée par ceux qui l’acclament et la remercient, poussée par ceux qui la détractent, l’Université poitevine a marché et agi. Soit par ses membres dans l’arrondissement de Melle et communes limitrophes, soit par ses membres correspondants dans l’arrondissement, soit par un étranger à la société, M. Paul Mercier, avocat à Niort, mais sous les auspices de celle-ci à Melle, il aura été donné, dans cette première saison, 60 /soixante) conférences, animées du plus pur esprit démocratique, tout imprégnées de la tradition des Droits de l’Homme. C’est un résultat. L’une d’elles, donnée à Melle, mérite une mention spéciale à cause de son considérable succès : une conférence de M. Dejoux, principal du collège, sur Les Plaideurs, suivie de la lecture de la pièce à plusieurs; MM. André Magre, sous-préfet, Fernand Larquier, procureur de la République, Émilien Traver, avoué, membres de l’Université, ont pris aussi une grande part à l’organisation ou à la réalisation de ce succès. M. Larquier prépare une soirée analogue pour Gringoire. Une autre, pour Antigone, est en projet, avec le concours de l’orphéon de J’U. P. de Brioux. Ainsi, Maurice Bouchor a des émules et ses bonnes idées sont applaudies jusqu’au fin fond de la province.

L’un des résultats très appréciables de l’Université poitevine est que les trois ou quatre conférenciers de chacune de nos communes, au lieu de devoir en un an préparer hâti- ü vement chacun une moyenne de trois ou quatre conférences, peuvent en travailler à fond une ou deux, puis les colporter de commune en commune, sûrs d’être bien accueillis par des collègues et, cependant, d’avoir leur place occupée par ‘ÿ un autre conférencier en qui ils ont toute confiance, dans leur propre Université.

L’œuvre, désormais solidement établie, ne fait que grandir

|_etse développer. Pour en faire partie, demander les statuts au secrétaire, M. François Lalot, directeur de l’École com-

  • munale, à Chey, ou au trésorier, M. Guillaud, juge de paix Commune de Lezay (Deux-Sèvres). — Enseignement ; des Adultes. — Conférences. — École publique de garçons du bourg. Années Titres des Conférences d’auditeurs —_ Nos colonies d’Afrique (Algérie, Sé- - _ Guerre de Cent Ans; Jeanne Darc. . 120 — les paysans sous l’ancien régime . . 100 — les Droits de l’Homme et du Citoyen 250 1900-1901 la Tuberculose et sa prophylaxie . . _ l’Instruction dans une Démocratie . . 4o

La commune de Lezay ne possède pas d’université populaire régulièrement organisée; mais, depuis trois ans, elle a réorganisé une bibliothèque populaire qui était complètement délaissée depuis quelques années et aujourd’hui

_ cette bibliothèque compte près de quatre cents ouvrages, soigneusement reliés. Ces ouvrages sont prêtés aux familles qui payent une cotisation annuelle de un france chacune. Le nombre des lecteurs, très faible au début, s’augmente chaque jour.

L’instituteur espère, au cours de l’hiver prochain, pouvoir fonder une Université populaire unissant les bonnes

À titre d’essai, et pour constituer comme une section, analytique, de l’index que nous préparons pour la fin de | la quatrième série, nous avons groupé ci-après, dans Ê l’ordre où nous les avons publiés, un sommaire des documents, renseignements, travaux et des œuvres que nous avons publiées depuis le commencement de la ‘À première série qui peuvent ou bien intéresser les publics des Universités Populaires ou bien contribuer à l’étude, à la connaissance, à l’histoire des Universités Populaires. à

Les Cahiers de la Quinzaine ont publié Travail des enfants. — Discussion à la Chambre de la proposition de loi, adoptée par le Sénat, portant modification de la loi du 2 novembre 1892 sur le travail des enfants, des filles mineures et dés femmes dans les établissements industriels. — Séances du mercredi 20 et du jeudi 21 décembre 1899. — Deuxième, troisième et quatrième cahiers de la première série, épuisés, r’existent plus que dans les collections complètes Anatole France. — La liberté par l’étude, discours prononcé à l’inauguration de l’Émancipation, université populaire du quinzième arrondissement, dans le troisième cahier de la première, série, épuisé, n’existe plus que dans les collections complètes, reproduit dans le cahier du même auteur, quinzième cahier de la troisième série.

Jérôme et Jean Tharaud.— La Lumière, deux francs

Le Socialisme et les Intellectuels, compte rendu sténographique de la conférence donnée par M. Paul Lafargue à l’Hôtel des Sociétés Savantes, 8, rue Danton, le vendredi 23 mars 1900, sous la présidence de

M. Édouard Vaillant, député de la Seine, et sous les auspices du Groupe d’étudiants collectivistes, adhérents au Parti ouvrier français. — Discours du citoyen Vaillant, conférence du citoyen Lafargue. — Neuvième

. cahier de la première série, épuisé, n’existe plus que dans les collections complètes complété par une rectification du citoyen Rubanovitch dans le dixième cahier de la première série Les Petits Teigneux, documents sur l’attitude prise par le Parti Ouvrier Français envers les Universités Populaires : un article de M. Paul Lafargue dans Le Socialiste, 11 mars 1900, les Universités Populaires; un article de M. Georges Deherme dans {a Coopération des Idées, samedi 7 avril 1900, le Correspondant et le Socialiste contre l’Université Populaire ; un article du Temps, jeudi 12 avril 1900, rubrique au jour le jour, le projet de loi Waldeck-Rousseau sur les syndicats et les socialistes, interview de Jules Guesde oùse trouve la phrase ‘devenue fameuse: « Les universités populaires, elles ont autant d’importance que l’œuvre des petits teigneux » ; un article de Henri Turot dans La Petite République, vendredi 13 avril 1900, Républicains ; une rectification de Jules Guesde à Henri Turot, annoncée, com- È mentée, insérée par Henri Turot dans la Petite M République du samedi 14 avril 1900, contenant et reproduisant une précédente rectification de Guesde au Temps : un article du Temps, vendredi 13 avril 1900, Nouvelles du Jour, enregistrant, reproduisant et commentant la rectification de Guesde. — Dixième cahier ; de la première série, épuisé, À n’existe plus que dans les collections complètes ; ; È

… - Le Socialisme et les Intellectuels, documents : un article de Paul Lafargue dans le Socialiste, 10 juin 1900, les Intellectuels; une rectification de Hubert Lagardelle, directeur du Mouvement Socialiste, publiée “dans la Petite République du vendredi 15; une rectification, lettre du citoyen Léon Rémy, publiée dans la Petite République du dimanche 17; une rectification, au citoyen Lafargue, de Charles Péguy, publiée dans la Petite République du lundi 18. — Onzième cahier de la première série, épuisé, n’existe plus que dans les collections complètes École des Hautes études sociales, école de morale, école sociale, école de journalisme, 1900-1901, 16, rue de la Sorbonne, à Paris ; programme pour l’année 1900- j

1901 ; extraits des statuts, diplôme de l’école des Hautes études sociales; discours lu par M. Boutroux, président du Conseil de direction, allocution prononcée par M. Duclaux, directeur de l’École, le lundi 12 novembre 1900, pour l’inauguration des locaux et pour l’ouverture des cours. — Premier cahier de la deuxième série, épuisé, n’existe plus que dans les collections complètes René Salomé. — Vers l’Action, deuxième cahier de la deuxième série, épuisé, n’existe plus que dans les collections complètes Jean Jaurès. — Le Théâtre social, conférence donnée à la matinée du dimanche 22 juillet 1900, avant la représentation de Mais quelqu’un troubla la fête, pièce en un acte, en vers, de M. Louis Marsolleau, matinéeconférence organisée par le Parti Socialiste, Comité

vingtième cahier _de la troisième série Général, avec le concours de la Presse socialiste, au profit du Congrès international de 1900 ; compte rendu sténographique ; dans le troisième cahier de la n’existe plus que dans les collections complètes Hubert Lagardelle.— Les Intellectuels devant le Socialisme, causerie faite au Groupe des Étudiants Collectivistes de Paris le 14 décembre 1900 ; du même auteur l’Amnistie et les Socialistes, article reproduit du Mouvement Socialiste; quatrième cahier de la deuxième r’existe plus que dans les collections complètes

  • Romain Rolland. — Danton, trois actes, deuxième édition, sixième cahier de la deuxième série, Pour et contre Diderot, confrontation : discours prononcé le dimanche 29 juillet 1900 à la salle Wagram par F Anatole France pour la célébration de Diderot, Diderot, ami du peuple: un article du Socialiste, 5 août 1900, commentaire à ce discours ; quelques citations, — dans . le septième cahier de la deuxième série, épuisé, n’existe plus que dans les collections complètes ; tième cahier de la deuxième série, épuisé, $ n’existe plus que dans les collections complètes ; L Intellectuels et Socialisme, une réponse de Paul Mantoux, et une réponse de Charles Guieysse au cahier de l Lagardelle, les Intellectuels devant le Socialisme, dans i le neuvième cahier de la deuxième série, épuisé, n’existe plus que dans les collections complètes ; ‘4

Collège libre des Sciences sociales, fondé en 1895, sixième année : 1900-1901, rue Danton, à Paris, entrée 28, rue Serpente; programme pour l’année 1900-1901 statuts ; dans le onzième cahier de la deuxième série,

n’existe plus que dans les collections complètes Antonin Lavergne. — Jean Coste ou l’instituteur de village, douzième cahier de la deuxième série, trois francs cinquante

Ce cahier est retiré du commerce; nous ne le vendons plus qu’à nos abonnés.

Le Palais du Peuple, dossier : un article de M. Gabriel Séailles, dans {a Coopération des idées, samedi 7 juillet 1900, le Palais du Peuple; une afliche de la Coopération des idées ; une affiche du Palais du Peuple; documents sur le Palais du Peuple, extraits de la Coopération des idées, samedi 7 juillet 1900, préambule, comité de patronage, extraits des statuts; assemblée générale ordinaire des actionnaires du Palais du Peuple, tenue le samedi 18 mai 1901, à la Coopération des idées, rapport du Conseil d’administration, publié dans la Coopération des idées du samedi 25 mai 1901, extrait; un article de M. Georges Deherme dans la Coopération des idées, samedi 15 juin 1901, transformation de la Coopération des idées; dans le treizième cahier de la deuxième série, un franc

Société des Universités Populaires, Société pour l’enseignement supérieur populaire et l’éducation mutuelle, statuts, dans le quatorzième cahier de la deuxième série, un franc

Mémoires et dossiers pour les libertés du personnel Jaurès, Vérité; Daniel Delafarge, M. Brunetière historien; attentats dans l’Yonne, affaires Hervé et Fradet; quinzième cahier de la deuxième série, un franc Attentats dans l’Yonne, suite, dans le premier cahier de la troisième série, un franc Charles Guieysse. — Les Universités Populaires et le mouvement ouvrier, deuxième cahier de la troisième série, un franc

L’affaire Hervé, fin, dans le cinquième cahier de la troisième série, un franc Jean Hugues. — La Grève, pièce en trois actes, représentée pour la première fois le samedi 3 novembre 1909, sur la scène de l’Émancipation, Université Populaire du quinzième arrondissement, sixième cahier de la troisième série, un franc particulières à M. Gustave Téry. Gustave Hervé, l’anniversaire de Wagram; à nos amis de l’Yonne, deux articles; — polémiques et dossiers, contributions à l’éclaircissement du cas Hervé, septième cahier de la À troisième série, un franc M

les Universités Populaires 1900-1901. 1— Paris et banlieue; introduction de M. Gabriel Séailles; notices; EU

| Romain Rolland. — Le 14 Juillet, action populaire,

Anatole France. — Cahiers de la Quinzaine: la liberté par l’étude, discours prononcé par Anatole France à l’inauguration de l’Émancipation, université populaire du quinzième arrondissement; la loi est morte, mais le juge est vivant; vol domestique; les juges intègres; pensées de Riquet; discours pour la liberté, prononcé le 20 avril 1902, à l’assemblée générale extraordinaire de la Ligue française pour la défense des Droits de l’Homme et du Citoyen, quinzième cahier de la troisième à série, un franc

Nous prions nos abonnés de vouloir bien acheter et faire relier leurs livres à la librairie des cahiers. Adresser les ordres à M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, 8, rue de la Sorbonne, Paris, cinquième arrondissement.

A propos d’une récente inauguration plusieurs de nos abonnés nous ont demandé comment aborder Auguste Comte et le positivisme. Nous leur avons indiqué

Lucien LÉvy-BruxL. — la Philosophie d’Auguste Comte, un volume in octavo de la Bibliothèque de philosophie contemporaine, Alcan, Paris, 1900; 420 pages;

; en vente à la librairie des cahiers, 7 francs

I. — Le problème philosophique; la loi des trois états ; la classification des sciences: théorie de la science, les phénomènes et les lois, la logique positive;

IL: — La philosophie des sciences;

Les mathématiques; l’astronomie; les sciences du monde inorganique; la biologie; la psychologie;

III. — Passage de l’animalité à l’humanité; l’art et le . langage ; considérations générales sur la science sociale; e la statique sociale ; la dynamique sociale; la philoso- à phie de l’histoire IV. — Les principes de la morale; la morale sociale ; l’idée d’humanité.

On voit que l’auteur, comme déjà le titre l’indiquait, s’est volontairement limité à la philosophie d’Auguste Comte, réservant la religion, comme l’histoire le permettait.

Nous reproduirons si nous le pouvons au cours de la F quatrième série l’introduction et la conclusion ci-dessus annoncées. Ce livre est à mettre dans toutes les bibliothèques, en particulier dans les bibliothèques populaires, en un temps où les politiciens de l’une et de à l’autre domination dénaturent à qui mieux mieux le

| Vient de paraître chez Calmann Lévy, en vente à la | librairie des cahiers ErNEsr RENAN. — Lettres du séminaire, 18381846, un volume in octavo de 350 pages Ce recueil est ainsi annoncé Les lettres qu’on va lire s’étendent de l’année 1838 à l’année 1846. Ces lettres furent adressées par Ernest Renanà sa mère, alors qu’il était aux séminaires de Saint-Nicolas, dIssy et de Saint-Sulpice. En août 1838, Ernest Renan, âgé de quinze ans, habitait encore Tréguier avec. sa mère; c’est là que vint le chercher la lettre d’Henriette Renan qui ouvre ce volume. Ces lettres occupent donc un espace de temps plus considérable que les Lettres intimes. Elles peignent d’une manière toute différente les années de jeunesse d’Ernest Renan. Quelques lettres d”Henriette et de madame Renan mère ont été intercalées pour mieux faire ressortir le carac- ! tère familial de cette correspondance, destinée à éclairer la crise morale qui marqua le début de la vie d’Ernest Renan. une lettre de Henriette Renan à son frère; trente-six lettres de Ernest Renan à sa mère; deux lettres de Henriette Renan à sa mère; six lettres de madame veuve Renan à son fils; en tout quarante-cinq lettres. Les œuvres complètes d’Ernest Renan deviennent ainsi au catalogue de Calmann Histoire des origines du Christianisme Vie de Jésus.

Saint Paul, avec cartes des voyages de saint Paul. Les Évangiles et la seconde génération chrétienne. Marc-Aurèle et la Fin du Monde antique. Index général pour les sept volumes de l’Histoire des Origines du Christianisme. L Le Livre de Job, traduit de l’hébreu, avec une étude sur le plan, l’âge et le caractère du poème, un volume Le Cantique des Cantiques, traduit de l’hébreu, avec une étude sur le plan, l’âge et le caractère du poème, L’Ecclésiaste, traduit de l’hébreu, avec une étude sur £ l’âge et le caractère du livre, un volume Histoire générale des langues sémitiques un volume Histoire du peuple d’Israël, cinq volumes Études d’histoire religicuse, un volume Nouvelles études d’histoire religieuse, un volume Averroës et l’averroïsme, essai historique, un volume Essais de morale et de critique, un volume Mélanges d’histoire et de voyages, un volume Questions contemporaines, un volume À La Réfcrme intellectuelle et morale, un volume De l’Origine du langage, un volume Dialogues philosophiques, un volume Drames philosophiques, édition complète, un volume Souvenirs d’enfance et de jeunesse, un volume . Feuilles détachées, un volume Discours et conférences, un volume

de. L’Avenirdela science, un volume Lettres intimes de Ernest Renan et Henriette Renan, un volume Lettres du séminaire, un volume Études sur la politique religieuse du règne de Philippe le Bel, un volume Conférences d’Angleterre, un volume Études d’histoire religieuse, un volume Vie de Jésus, édition populaire, un volume Souvenirs d’enfance et de jeunesse, un volume Feuilles détachées, un volume Pages choisies, un volume Ma Sœur Henriette, un volume -

Vient de paraître chez Hachette, en vente à la librairie des cahiers : Hippolyte Taine. Sa vie et sa correspondance. Correspondance de jeunesse 1847-1853, un volume in-18 de 372 pages, trois francs cinquante J

La correspondance de jeunesse que nous publions aujourd’hui sera suivie de deux autres volumes qui paraîtront ultérieurement. ï

Nous serions profondément reconnaissants si les détenteurs inconnus des lettres de M. Taine voulaient bien nous les communiquer et nous permettre d’en prendre copie, afin que la suite de cette publication soit aussi complète que possible, et que l’histoire de sa pensée s’Y montre sans

Nous adressons ici l’expression de notre gratitude à tous ceux qui nous ont aidé de leurs recherches, ou qui nous ont accordé des autorisations pour la publication du présent L volume : notamment MM. Dupuy, bibliothécaire de l’École

  • taire de la mairie de Rethel, et les héritiers ou exécuteurs À testamentaires de MM. Garnier, Guisot, Prévost-Paradol, Jules Simon et Vacherot.

Nous n’avons pas l’intention de présenter au public une biographie détaillée d’Hippolyte Taine; nous désirons seu-

() M. Paul Dupuy est surveillant général, et non bibliothécaire À à l’Ecole normale. — Note des cahiers; les autres notes appartien- D. nent à l’introduction citée, st lement lui fournir des points de repère qui faciliteront la à

| lecture des lettres et fragments inédits, objets de cette .

publication. — Beaucoup d’amis de sa pensée ont déjà parlé de lui en meilleurs termes que nous ne le pourrions faire. (1) D’autres en parleront sans doute encore, lorsque

3 les documents que nous donnons aujourd’hui permettront

} une étude plus complète sur l’homme et sur l’œuvre; ils rempliront cette tâche avec un esprit plus dégagé que le nôtre; notre devoir à nous est de leur en faciliter l’accom-

| plissement tout en restant fidèle aux instructions laissées

| par M. Taine.

C’était un des traits dominants de son caractère que l’horreur de la publicité et des indiscrétions sur la vie intime; il dérobaïit aux étrangers, avec un soin jaloux, ! l’existence la plus digne et la plus noble. Il ne pouvait souffrir la pensée qu’une photographie, une interview don-

| nant une idée de son foyer domestique, pourraient s’étaler aux yeux du public. Il refusait toutes les autorisations d’éditer son portrait dans les journaux illustrés; (2) ce fut

(1) Citons en première ligne la belle étude de M. Emile Boutmy Taine, Schérer, Laboulaye ; les livres de M. Gabriel Monod : Renan, Taine, Michelet ; 4e M. de Margerie : H. Taine ; de M. Barzellotti: La vie d’Hippolyte Taine; les articles de Sainte-Beuve : Causeries du lundi, tome XIII, et Nouveaux lundis, tome VIIT; de M. Paul Bourget : Essais de psychologie ; du vicomte de Vogüé : Devant le siècle ; de M. André Chevrillon, en tête du volume posthume des Origines de la France contemporaine ; les Discours de M. Albert Sorel et du ducde Broglie à l’Académie française; des articles de MM. Bourdeau, Faguet, Anatole et Paul Leroy-Beaulieu, etc., et surtout l’excellent et consciencieux travail de M. Victor Giraud : Essai sur Taine, où l’on trouvera, outre une biographie très fidèle, la bibliographie des œuvres de M. Taine (première édition), et une liste des principaux articles écrits sur lui de son vivant et après sa mort.

(2) Lettre à M. Emile Planat /Marcelin] à propos d’un article de la Vie parisienne dont on lui soumettait le texte : « Mais, mon cher Emile, est-ce que nous n’étions pas convenus que non? Cela est tout physique de ma part, tu le sais bien. Tout ce qu’on voudra sur l’écrivain, l’être abstrait composé d’idées et de phrases, qui se donne au public. Rien, rien du tout sur le reste, sur l’homme ; cela, je t’en prie instamment. Je viens de relire l’article; si aimable qu’il soit, c’est la même chose. Je souhaite avant tout que le moi, la personne vivante avec son ton de voix, son geste, ses meubles, échappe au

un grand sacrifice qu’il fit à ses confrères des Débats que . de consentir à figurer dans le tableau de Jean Béraud, reproduit en 1889 dans le livre du Centenaire; (1) et quand son ami Léon Bonnat fit de lui à la même époque l’admi- | rable portrait qu’on a pu voir à l’Exposition de 1900, (2) ce fut à la condition expresse qu’il ne serait pas exposé de son vivant. Enfin ses dispositions testamentaires interdisent formellement toute reproduction de « lettres intimes ou privées ». « Les seules lettres ou correspondances qui pourront être publiées, ajoute-t-il, sont celles qui traitent de matières purement générales ou spéculatives, par exemple de philosophie, d’histoire, d’esthétique, d’art, de psychologie; encore devra-t-on en retrancher tous les passages qui, de près ou de loin, touchent à la vie privée, et aucune Ne d’elles ne pourra être publiée que sur une autorisation donnée par mes héritiers ct apres les susdits retranche- L ments opérés par eux. » Ë On ne trouvera donc ici, comme faits d’ordre privé, que J ce qui a été jugé indispensable pour l’histoire de ses idées et pour montrer dans quel milieu elles s’étaient dévelop- % pées. —Il avait du reste souvent approuvé sans restriction, devant sa famille et ses amis, les belles et copieuses biographies anglaises contemporaines, telles que la vie de Charlotte Brontë, (3) celle de lord Macaulay, (4) de lord Palmerston, (5) ete. C’est à ces modèles que nous tentons de nous public! Et ce n’est pas toi, mon meilleur ami, qui me donneras le désagrément de m”étaler devant lui. Tu sais bien que je n’ai pas même voulu laisser vendre ma photographie, ni faire ma charge. ï: Ainsi rien, rien, encore une fois, tout à fait sérieusement; rien ne À G) Le Livre du Centenaire du Journal des Débats, 1 volume grand , (2) Le portrait, photographié par Braun, a été reproduit en têtede l’édition in-16 des Origines de la France contemporaine. 4 134

‘4 conformer, tout en demeurant dans les limites qui nous ont _ été imposées par sa volonté suprême. I. — L’enfance et l’éducation. 1 losophie, introduction de la Destinée humaine, examens Ê d’entrée à l’École normale. Première année : lenouveau milieu; la préparation à Ÿ la licence, travaux particuliers Seconde année : la vie à l’École, la réaction de 1850. Travaux particuliers : philosophie, dogmatisme; préparation à l’agrégation de philosophie ; esquisse d’une e | histoire de la philosophie Troisième année : suite de la préparation à l’agrégation, travaux particuliers; les notes trimestrielles des professeurs, échec à l’agrégation, causes de cet échec; | II. — L’année de professorat. i | Nomination à Nevers, préparation des cours, de | l’agrégation de philosophie et des thèses sur la Sensation; Poitiers. à IV. — Retour à Paris. — Soutenance des thèses. | Nomination à Besançon, M. Taine demande un congé, son installation à Paris, son cours chez M. Carré- | Demailly, études de zoologie et de physiologie. $ Notes de philosophie, 1849;

  • Fragments de l’histoire de la philosophie, 1850; Plan des cours de philosophie et de logique, Nevers,

Vient de paraître chez Alcan, en vente à la librairie des cahiers étude d’histoire contemporaine, un volume in-18 de Un discours du Premier Consul; la Révolution et le Pouvoir militaire; Napoléon et le Pouvoir militaire, opposition de principes et d’intérêts; la politique antimilitariste de Napoléon, ses procédés, surveillance des généraux, limitation de l’influence et du pouvoir des généraux, attributions militaires confiées à des civils, répression des abus de pouvoir militaires, dans l’armée, vis-à-vis du l civil, faveurs et disgrâces, l’étiquette; guerres antimilitaristes, Napoléon internationaliste; échec de la politique antimilitariste de Napoléon, intensité de l’esprit militariste dans les armées napoléoniennes. L’auteur, professeur d’histoire au lycée d’Annecy, . nous écrit : Le titre du volume lui donne l’air d’un paradoxe. Ce n’est pourtant qu’une simple étude d’histoire. Je la crois appuyée de documents nombreux et probants. Ce n’est pas À non plus, croyez-le, une tentative déguisée d’apologie. Je F souhaite que ce volume soit de quelque utilité. On lira au moins le chapitre sixième tout entier. L’auteur y a groupé trois ordres de faits d’un très grand l’attribution à des civils de missions de contrôle des le projet que forma Napoléon de confier à des civils, à auditeurs au Conseil d’État, l’administration des corps; le commencement de mise à exécution de ce projet; le désir qu’avait l’Empereur de restreindre la compétence des conseils de guerre, et peut-être même de les $ supprimer tout à fait en temps de paix.

| rez-de-chaussée, Paris.

: Les Cahiers de la Quinzaine paraissent par séries;

les séries commencent et finissent avec l’année scolaire.

| La troisième série, année scolaire 1901-1902, est ainsi constituée Premier cahier. — Compte rendu de congrès; bilan; attentats dans l’Yonne (alïaires Hervé et Fradet), mémoires et dossiers pour les libertés du personnel enseignant en France, un cahier de 52 pages, un franc

CHARLES GUIEYSSE. — Les Universités Populaires et le mouvement ouvrier, deuxième cahier de la troisième série, un cahier de 72 pages, un franc

Georces Sorez. — De l’Église et de l’État, cahier de 72 pages, un franc j Jean Jaurès. — Études Socialistes : introduction, question de méthode; préface, République et Socia- | lisme ; le mouvement rural; revision nécessaire; évolution révolutionnaire : majorités révolutionnaires; Lieb- | knecht et la tactique; grève générale et révolution; le | but; le socialisme et la vie; de la propriété individuelle les radicaux et la propriété individuelle; propriété individuelle et code bourgeois; la propriété individuelle et l’impôt; la propriété individuelle et le droit successoral; la Révolution française et le droit successoral;

la propriété individuelle et les lois bourgeoises d’expropriation; la propriété individuelle et les sociétés de b commerce; propriété individuelle et sociétés anonymes avertissement : Charles Péguy, de la raison;

‘cahier de cvi + 276 pages. ÿ . Ce cahier n’est pas mis dans le commerce. GEORGES DELAHACHE. — Juifs, cinquième cahier de la troisième série, un cahier de 72 pages, un franc Dans le même cahier : l’affaire Hervé, documents, articles de Hervé ; Charles Péguy, lettre à M. Charles JEAN HuGuEs. — La Grève, trois actes, sixième È

l un franc Septième cahier.— Polémiques et dossiers : M. Gus- ;. tave Téry, un cahier de 72 pages, un franc Dans le même cahier : Gustave Hervé, l’Anniversaire de Wagram, à nos amis de l’Yonne; Félicien Chaliaye, BERNARD Lazare. — L’Oppression des Juifs dans l’Europe orientale, les Juifs en Roumanie, huitième i deux francs Tozsror. — Une lettre inédite, adressée à Romain L

cahier de 36 pages, un franc Dixième cahier. — Les Universités Populaires 4900-1901, I, Paris et banlieue, introduction de à. M. Gabriel Séailles, un cahier de 48 pages, un frane À

58 Romain Rozzanp. — Le 44 Juillet, action populaire k un fort cahier de 252 pages, trois francs cinquante ÿ Douzième cahier.— Monographies, Personnalités, un

  • cahier de 72 pages, un franc

| cahier de 88 pages, un franc nationaux ; Félicien Challaye, la Russie oue de Vladivostock, journal d’un expulsé, un cahier de 72 pages, un franc la liberté par l’étude ; la loi est morte, mais le juge est vivant; vol domestique; les juges intègres; discours un cahier de 72 pages, un franc Seizsième cahier. — Les élections; emprunt des cahiers, un cahier de 72 pages, un franc Cahier de courriers, dix-septième cahier de la troisième série, un Cahier de 72 pages, un franc | Félicien Challaye.— Zmpressions sur la vie japonaise. Edmond Bernus. — La Russie ue de la Vistuie. Jean Deck. — Courrier de Finlande. un cahier de 72 pages, un franc Dossier Gohier; ligue française pour la défense des | Droits de l’Homme et du Citoyen ; élection Beauregard élections dans l’Yonne; René Salomé, courrier de

PIERRE QUILLARD. — Pour l’Arménie, mémoire et d fort cahier de 168 pages, trois francs Vingtième cahier. — Les Universités Populaires 4900-1901, II, Départements, préface de Charles Guieysse, un cahier de 156 pages, deux francs Les Cahiers servent des abonnements ordinaires à È vingt francs et des abonnements de propagande à huit francs. Il va de soi qu’il ny a pas une seule différence de service entre ces différents abonnements. Nous voulons seulement que nos cahiers soient accessibles à tout le monde également. j L’abonnement de propagande cesse de fonctionner pour chaque série à l’achèvement de cette série; la troisième série finissant fin juillet courant, on peut V jusqu’au 3x juillet inclus avoir pour huit francs les L’abonnement ordinaire cesse de fonctionner pour chaque série au plus tard le 31 décembre qui suit l’achèvement de cette série ; ainsi du premier août au À 31 décembre 1902 on pourra encore avoir pour vingt francs, s’ils ne sont pas épuisés, ou en épuisement, les A partir du premier janvier qui suit l’achèvement d’une série, le prix de cette série est porté au moins au total des prix marqués; ainsi à partir du premier janvier 1903 la troisième série, si des collections nous en FF. restent, sera vendue au moins trente francs. ‘ à Adresser lettres et mandats à M. André Bourgeois, #% administrateur des cahiers, 8, rue de la Sorbonne, Paris. $

. è Nos Cahiers sont édités par des souscriptions menk _ suelles régulières et par des souscriptions extraordi1 naires ; la souscription ne confère aucune autorité sur la rédaction ni sur l’administration : ces fonctions

des abonnements de souscription à cent francs; des abonnements ordinaires à vingt francs; et des abonnements de propagande à huit francs.

Il va de soi qu’il n’y a pas une seule différence de service entre ces différents abonnements. Nous voulons seulement que nos cahiers soient accessibles à tout le monde également.

Le prix de nos abonnements ordinaires est à peu près égal au prix de revient; le prix de nos abonnements de propagande est donc très sensiblement inférieur au prix de revient.

Nous ne consentons des abonnements de propagande que pour la France et pour la Belgique.

Nos cahiers étant très pauvres, nous ne servons plus

Nous acceptons que nos abonnés paient leur abonnement par mensualités de un ou deux francs.

Pour savoir ce que sont les Cahiers de la Quinzaine, il suffit d’envoyer un mandat de trois francs cinquante à M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, 8, rue de la Sorbonne, Paris. On recevra en spécimens six cahiers de la deuxième et de la troisième série.

M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, reçoit pour l’administration et pour la librairie tous les jours de la semaine, le dimanche excepté, — de À huit heures à onze heures et de une heure à sept

M. Charies Péguy, gérant des cahiers, reçoit pour la rédaction le jeudi soir de deux heures à cinq heures.