V-17 · Dix-septième cahier de la cinquième série · 1904-06-05

A chaque jour

François Porché

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US paraissant vingt fois par an — 8, rue de la Sorbonne, au rez-de-chaussée

Nous prévoyons que le premier cahier de la sixième M série, paraissant le dimanche 2 loctobre prochain, sera | le catalogue analytique sommaire de nos cinq premières |

séries; nous demandons à nos abonnés, de même que | nous pensons dès aujourd’hui à préparer l’établisse-

ment de ce catalogue, de penser, pour leur part,äenpré- | parer la distribution utile; c’est-à-dire que nous leur | demandons, pendant l’achèvement de cette cinquième

série, de chercher et de nous indiquer à qui nous pour-

rons utilement envoyer ce catalogue analytique som- |

maire, comme nous envoyons nos vient de paraître; pour

! savoir ce qui aura paru dans les cinq premières séries des cahiers, il suffit d’envoyer dès aujourd’hui son nom | et son adresse à M. André Bourgeois, administrateur |

des cahiers, 8, rue de la Sorbonne, rez-de-chaussée, - |

Paris, cinquième arrondissement ; on recevra en |

octobre notre catalogue analytique sommaire; pour

faire savoir à quelqu’un ce qui aura paru dans les cinq |

premières séries des cahiers, il suffit d’envoyer dès aujourd’hui à M. André Bourgeois le nom et l’adresse |

de la personne à qui on s’intéresse; avertir en même |

temps cette personne ; elle recevra en octobre notre

  • Visiteur du jardin, prends garde que les roses | . Ne s’effeuillent au cri des grilles longtemps closes.

Ne va pas réveiller le lion de granit,

  • Qui depuis tant de jours bâille sur un pilastre
  • Que des abeilles dans sa gueule ont fait leur nid. | « Vole, rends tes talons plus légers que les astres ; Qui glissent dans les nuits chaudes, silencieux… _ Ami, nos grands parents vécurent là très vieux. : … C’étaient de bonnes gens dont, en nous, la mémoire : … S’allie à l’odeur saine et franche de l’armoire — De famille, parfums de fruits, de linge frais, … Parfums nourris de vertu sobre et sans apprêts. : Cœurs simples, ils gardaient dans leur sagesse affable ë Un doux air suranné de proverbe et de fable,

h Et, volontiers parlant de leurs jeunes saisons, é ‘ Ils bénissaient le soir évanoui d’automne Où, le seigneur du lieu mettant son vin en tonne, ni Tous deux, loin des vivats, des flambeaux, des chansons, Loin des flûtes menant le bal sur les pelouses, Ils s’étaient fiancés sous les yeuses jalouses… C’est là, dans cet enclos, de leur âme encor plein, Que ma petite enfance a croisé leur déclin, Et mon premier regard s’étonna de leurs rides. Maintenant, dans le lit des fontaines arides, Des lézards dorment sous les pierres, engourdis. L’herbe amoureusement monte aux genoux verdis D’une nymphe effrayée, et seul, au grand silence, Un taon dans une fleur bourdonne et se balance. Cependant, lourd de suc, imprimant son pied nu Dans la vase, Septembre obèse est revenu, Et son souffle a rôti les raisins dans les treilles. Des mains, j’entends des mains froisser les pampres roux, Les ciseaux zézayer insinuants et doux, J’entends crier l’osier fléchissant des corbeilles… O charme du passé qui s’évade le soir, Et rôde, et fait craquer les feuilles des allées! Un caillou sous des pas a roulé; l’arrosoir

4 Le jet d’eau se réveille; une voix, qu’on dirait _ Du fond des temps venue, entonne une ariette, . Et dans le vieux bassin tout frissonnant s’émiette . L’image pâle de l’Amour qui s’y mirait. £ . Visiteur du jardin, si tes pieds sur la route , Ont saigné, rougissant l’herbe dure que broute L’âne veuf de Silène errant et détrôné, Si ton cœur, fastueux et misérable, est né …_ Poëte, apte à souffrir du mal visionnaire, | Viens, le dieu du logis est un dieu débonnaire, É Assieds-toi sur le banc de mousse et ne crains plus. Jette à l’oubli les mauvais livres que tu lus, k Jette au soir embrasé le fagot de tes fautes. ÿ Puis, retrempe ton âme au souvenir des hôtes ; Qui, simplement, pour prix d’un bel amour bien droit, …—_ Ont savouré la paix divine en cet endroit. | Heureux, ils ont connu les longues hyménées, ; Tendre alanguissement féminin des années, 4 Caresse, au cœur, d’un vieux soleil de Saint-Martin! « Heureux, car ils ont pu, guéris de l’âcre envie, Sourire, par dessus l’épaule, vers la vie

  • Vécue, et qui n’est plus, au bord du ciel lointain, | Comme Paris, le soir, vu des tristes banlieues, Qu’un peu d’or qui palpite au fond des cendres bleues.