VII-9 · Neuvième cahier de la septième série · 1906-02-05

De la situation faite à l'enseignement supérieur. I

Ferdinand Lot

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.._ Que des mains, que des mains légères… 39

L’ÉSE _J’ai cueilli cette branche de saule fleurie. … 40 FER

| Etvoici ce que je me suis souvent dit… 49

Rens |” Arrivée la campagne… OR ne Dans vos longues robes flottantes…:… 55 Fe. _ Tenez-vous par la main, jillettes, et marchez……… 77% SR nos Ce doigt posé entre mes deux épaules… 87 #6 À _ Ma barque, lentement descend le filde l’eau… 88 0

__ huitième cahier de la sept ème série Nos cahiers sont édités prsseeseeses seen MO Carces PÉeuy. — Cahiers de la quinzaine … 9 Éditions sur whatman, et particulièrement abonne- MAS à Romain Rolland. — La Montespan, — drame en ” me. Septième cahier, cahier de Noël de la septième De. Nous avons donné le bon à tirer après corrections … pour deux mille exemplaires de ce huitième cahier et pour vingt-et-un exemplaires sur whatman le mardi | - Ce cahier a été composé et tiré au tarif des ouvriers syndiqués : 7 QUE Suresnes. — Imprimerie ERNEST PAYEN, 13, rue Pierre-Dupont. — 665 46)

il est impossible de suivre honnêtement le mouvement littéraire, le mouvement d’art, le mouvement politique et social si l’on n’est pas abonné aux Cahiers de la Quinzaine.

Pour savoir ce que sont les Cahiers de la Quinzaine,

il suffit d’envoyer un mandat de trois francs cinquante k à M. André Bourgeois, administrateur des cahiers,

8, rue de la Sorbonne, rez-de-chaussée, Paris, cinquième arrondissement. On recevra en spécimens six cahiers |

de la cinquième série.

Pour savoir ce qui a paru dans les cinq premières” séries des cahiers, 1900-1904, envoyer un mandat de cinq francs à M. André Bourgeois, même adresse; on recevra en retour le catalogue analytique sommaire, 1900-1904, de nos cinq premières séries, premier cahier de la sixième série, un très fort cahier de XIIH408 , pages très denses, in-18 grand jésus, marqué cinq francs.

Pour s’abonner à la septième série des cahiers, qui est la série en cours, envoyer en un mandat à M. André Bourgeois, même adresse, le prix de l’abonnement ; on recevra les cahiers parus et de quinzaine en quinzaine, à leur date, les cahiers à paraître de cette septième série.

Voir à l’intérieur en fin de ce cahier les conditions et ù le prix de l’abonnement. _ Nous mettons le présent cahier dans le commerce; huitième cahier de la septième série; un cahier blanc L de XXXVI + 116 pages; in-18 grand jésus; nous le s

de la situation faite à l’enseignement supérieur : ë - paraissant vingt fois par an E rue de la Sorbonne, au rez-de-chaussée

Nous avons publié dans nos éditions antérieures et :… dans nos cinq premières séries, I900-190/, un si En À grand nombre de documents, de textes formant dos- : « siers, de renseignements et de commentaires; — un ER: si grand nombre de cahiers de lettres, — nouvelles, x 540 #: TER romans, drames, dialogues, poèmes et contes; — un si grand nombre de cahiers d’histoire et de philoso- : Pr phie ; et ces documents, renseignements, textes, dos- ne” À siers et commentaires, ces cahiers de lettres, d’histoire 1 et de philosophie étaient si considérables que nous re nn « pos pouvons pas songer à en donner ici l’énoncé méme le de plus succinct; pour savoir ce qui a paru dans les cinq ù premières séries des cahiers, il suffit d’envoyer un man- : | dat de cinq francs à M. André Bourgeois, administraæ teur des cahiers, 8, rue de la Sorbonne, rez-de-chaussée, : « Paris, cinquième arrondissement ; on recevra en retour le catalogue analytique sommaire, 1900-1904, de nos Es Ce catalogue a été justement établi pour donner, autant qu’il se pouvait, une image en bref, un raccourci, une idée, abrégée, mais complète, de nos éditions anté- nn rieures et de nos cinq premières séries ; tout y est classé St dans l’ordre ; il suffit de le lire pour trouver, à leur ‘14 place, les références demandées. Ps 1 $ Ce catalogue, in-18 grand jésus, forme un cahier M 1 très épais de XII+-Z08 pages très denses, marqué cinq. Par a:

FRE francs ; ce cahier comptait comme premier cahier de la d sixième série et nos abonnés l’ont reçu à sa date, le ; . 2 octobre 1904, comme premier cahier de la sixième J série; toute personne qui jusqu’au 31 décembre 1905 ; s’abonnait rétrospectivement à la sixième série le rece- | vait par le fait même de son abonnement, en tête de la série; nous l’envoyons contre un mandat de cinq francs __ àtoute personne qui nous en fait la demande. É Pour amorcer tout travail que l’on aurait à commencer de dans notre premier catalogue analytique sommaire, con- (5 sulter le petit index alphabétique provisoire que nous _ avons établi de ce catalogue analytique sommaire. F Ce petit index alphabétique provisoire, in-18 grand _ jésus, forme un cahier très maniable de XII + 60 pages 3 très claires, marqué un franc; ce cahier comptait ? va - comme premier cahier de la septième série et nos | À abonnés l’ont reçu à sa date, le premier octobre 1905, ._ comme premier cahier de la septième série; toute _ personne qui s’abonne à la septième série, qui est la F4 série en cours, le reçoit, par le fait même de son abonne_ ment, en tête de la série; nous l’envoyons contre un : 20 mandat de un franc à toute personne qui nous en fait _ la demande. à 1 Pour la sixième série, année ouvrière 1904-1905, et 11 en attendant que paraiïsse le catalogue analytique somWe maire de nos deuxièmes cinq séries, 1904-1909, On peut consulter, — provisoirement, — la petite table 1 analytique très sommaire que nous avons publiée en fin _ de ce cahier index.

dans l’enseignement supérieur Me

L Extrait de ce premier petit index alphabétique : : 4e É Cahier d’annonces, — un cahier en voie d’épuisement, ps D Aulard, — Histoire politique de la Révolution fran- HS tas çaise, — extrait de l’avertissement, — un cahier en EA à Joseph Bédier, — sur l’œuvre de Gaston Paris… #1 Henri Bergson, — introduction à la métaphysique, — He É Émile Boutroux, président du Conseil de direction, — LT se 4 discours lu pour l’inauguration des locaux et pour Ds « 4 louverture des cours à l’École des Hautes Études RACE A ‘ Sociales, — un cahier en voie d’épuisement… FR ê Collège libre des Sciences sociales, — une annonce, un EE

  • Daniel Delafarge, — M. Brunetière historien, — un ca- ; 11 ta Fr Pour et contre Diderot, — confrontation, — un cahier . ÿ: 2 Y ÿ épuisé, n’est plus mis en vente que dans les collec tions complètes de la deuxième série … 99

: Éniile Duclaux, directeur de l’école, — allocution pro- * F noncée pour l’inauguration des locaux et pour l’ou- [ F. - verture des cours à l’École des Hautes Études So- | ciales, — un cahier en voie d’épuisement… l % Édouard Dujardin, — la question budgétaire, — dans Eu: 148 le cahier les Universités Populaires, 1900-1901, — I. — it Ë he _ Paul Dupuy, — la vie d’Évariste Galois … deux francs 269 D Et _ École des Hautes Études Sociales, — école de morale, # A _ école sociale, école de journalisme, 1900-1901, — un À SR École socialiste, — une annonce, — un cahier en voie fi “0 Mémoires et dossiers pour les libertés du personnel TA #0 enseignant en France, — un cahier en voie d’épuise- FQ

D — — épuisé, n’est plus mis en vente que dans n ny les collections complètes de la troisième série … 113 É: DR: : Anatole France, — Pour et contre le socialisme; la 5 He: liberté par l’étude ; histoire contemporaine, Clopinel, j ‘0 après Clopinel, spectacle consolant, — un cahier en 2 4 _ _ Prolétariat et science, — un cahier en f val — — l’Unité de l’Art, — un cahier en voie e _ — — Diderot, ami dupeuple,un cahier épuisé, 14 _ m’est plus mis en vente que dans les collections 5e , dat ÉoMPietA de. la deuxième série… “at ur one fs

| neuvième cahier : de la septième série “A R : Anatole France, — Cahiers de la Quinzaine; la liberté ? ne 15 he pe par l’étude; histoire contemporaine : la loi estmorte, JR: me mais le juge est vivant; vol domestique; les juges OO … 14 T8 intègres ; pensées de Riquet; discours pour la liberté Re NU — — L’affaire Crainquebille, — édition com- mir 4 F2 plète, — un cahier retiré du commerce, n’est mis en ÈS #3 ds vente que dans les collections complètes de la qua- #70 1e fe — — Discours prononcé à l’inauguration du EEASS L. Charles Guieysse. — /ntellectuels et socialisme, — con- ; k’ Le tribution, — un cahier en voie d’épuisement … (ER ‘æ — — les Universités Populaires et le mouve- 1 ®: — — édition du cahier Les Universités Popu- Ov. : — — annonce, préface au cahier les Univer- Ta + Daniel Halévy, — Michelet et Quinet; — et dans le ne même cahier présentation des quelques textes… Ki Re — — Louis Ménard, une étude préliminaire à la réimpression de Louis Ménard, Prologue d’une re 4 Affaire Hervé, — mémoires et dossiers pour les libertés :447 0 à du personnel enseignant en France, attentats dans En :

; — — un cahier épuisé, n’est plus mis en gE ji

: vente que dans les collections complètes de la troi- Ro

L Gustave Hervé, — Le droit des fonctionnaires … 4

_ Paul Lafargue (en citation, et non point à titre de colla- di: pe borateur), — Le Socialisme et les intellectuels, — con- 4 _ férence, — un cahier en voie d’épuisement… 1 Hubert Lagardelle, — les Intellectuels devant le socia- *E 4 lisme; l’amnistie et les socialistes, —un cahier en voie ç a

_ Adolphe Landry, — annonce d’un article, la supersti- 14 __ Antonin Lavergne, — Jean Coste ou l’instituteur de 1 108 village, — un cahier épuisé, n’est plus mis en vente RD: à que dans les collections complètes de la deuxième À à que - — — Jean Coste, édition Ollendorff… LA

(1 _ Interpellation Laverlujon, — mémoires et dossiers pour FE

41 f. les libertés du personnel enseignant en France, — mn

n_ un cahier en voie d’épuisement… huit franes 36 da:

k \ _ René Litalien, — professeur au lycée de Brest, — la ÿ

; _! crise religieuse de Renan, une étude… deux francs 275 3 4 _ Paul Mantoux, — /ntellectuels et socialisme, — une à 1 ü contribution, — un cahier en voie d’épuisement… 4

neuvième cahier é A la septième série + __ Henry Michel, — Edgar Quinet… deux francs 2 9 #4 ne! TA Gaston Paris, — avec un portrait de Gaston Paris ; — 4 # nT Gaston Paris, Jaufré Rudel, une étymologie… Jean Perrin, — annonce d’un article Le principe d’équi- 24 Ÿ valence et la notion d’énergie, annonce du livre Les 3 TP nt Bibliothèque du Congrès international de Philosophie, RU :

  • Bulletin de la Société française de Philosophie, — , ia } D Edgar Quinet, — avec un portrait au crayon par Flora 4 ie Géraldy ; quelques textes, choisis et présentés par : 110 , Pour les étudiants russes, — un cahier en voie d’épui- #4 Gabriel Séailles, — introduction au cahier les Univer- Be: sités Populaires, 1900-1901, I. — Paris et banlieue ..…… LE 4 Le Socialisme et les intellectuels, une conférence du #1 citoyen Lafargue, — un cahier en voie d’épuisement. a #

— — documents, — un cahier épuisé, n’est *100 x plus mis en vente que dans les collections complètes FC ë de la première série, quand il y ena…, 920 Jules Tannery, sous-directeur de l’École normale supé- : pe e YA rieure, — un avertissement à La vie d’Épariste Galois (0

6e So ciété des Universités Populaires, — annonce… 1)” NME $ St les Universités Populaires, 1900-1901, I. — Paris etban- er:

En sd $ Textes ‘et documents, — congrès des U. P. mai 1904… à Ro! Albert Valès, — une bibliographie pour le cahier ÈS

% Extrait de cette première table analytique très som- A Deuxième cahier de la sixième série, un cahier jaune de | XXXVI + 152 pages, in-18 grand jésus, bon à tirer du mardi $ 10 ALexIS BERTRAND. — L’égalité devant l’instruction, he — crise de l’enseignement ; 11e La gratuité dans l’enseignement secondaire; l”Enseigne- Nment intégral et les Humanités scientifiques; l’organisation ‘à rationnelle des Universités populaires; annexes, où inclus De, LE un tableau de la correspondance partielle entre l’enseignement des Lycées et celui des Écoles primaires supérieures ; L Et

Quatrième cahier de la sixième série, un cahier jaunede LE LII + 180 pages, in-18 grand jésus, bon à tirer du mardi M RaouL ALLIER. — L’enseignement primaire des ind gènes à Madagascar; une erreur; vieillerie condamnée ; nu KL alarme inutile; une originale tentative; changement de front ; l’art des statistiques ; enfants à la rue; contre l’élite; ‘1 % l’initiative interdite; l’arbitraire; paradoxe d’illégalité; ni Le leçons de français ; pour la langue malgache; fagots et ; fagots:; pour les écoles laïques; éthiopianisme ; annexes : je 10 ce qu’il faut aux malgaches; écoliers malgaches ; arrêté ‘#22 | organisant le service de l’enseignement des indigènes à

Jex GE _ Dixième cahier de la sixième série, un cahier jaune de PA _ XII+276 pages, in-18 grand jésus, bon à tirer du mardi dus: _ * -BrenNN. — Yves Madec professeur de collège ; AE î Charles Péguy, — un nouveau Jean Coste ; sf va ÿ _ lation; Hôtel des Blés ; premières classes ; en garni ; répéti- è Gi NY teurs de collège ; scènes d’intérieur ; chez Têtu; un tri -_ mestre; deuxième partie; chez Périer; maisons de gros; : ne Ro action sociale; comment on se marie; chefs de rayons; # f visite officielle; pensions et gargotes ; Saint-Antoine; élec “Sae tions ; comment on ne se marie pas; affaire Piriou ; troi- pu, |__ sième partie ; au collège; nouvelles et dernières scènes d’in- LME 4 hi térieur ; secondaire et primaire; veillée ; épilogue. ï & M Dix-septième et dernier cahier de la sixième série, un 51e “18 cahier jaune de XIL+ 136 pages, in-18 grand jésus, bon à FRE HR Pauz Dessarpns. — Catholicisme et critique. — Ré- br » flexions d’un profane sur l’affaire Loisy. : 21

de Par les soins de notre nouveau collaborateur M. Fer- | À _ dinand Lot, directeur-adjoint à l’École pratique des t48t M _ Hautes Études, ce cahier viendra aux mains d’un certain à ns _ nombre de personnes qui appartiennent à l’enseigne- e. _ ment supérieur; il viendra notamment aux mains du ‘3 certain nombre de bibliothécaires. D: 6 Sans vouloir entrer ici dans un commencement de 14 de définition de ce que c’est que l’enseignement supérieur, 3 _ je me permets d’attirer l’attention de toutes ces per- de: ; sonnes sur ce que ces cahiers fonctionnent de plus en 4 . plus comme une revue, comme un périodique, comme “4 #4 une collection, comme un organe d’enseignement supé- 1] 1% rieur. Je veux dire notamment par là que les questions te a : 24 y sont traitées en elles-mêmes et pour elles-mêmes, 6 _ sans aucun souci de vulgarisation. à _ Particulièrement aux bibliothécaires je demanderai EM ne: qu’ils fassent abonner à ces cahiers les bibliothèques JA _ dont ils ont la charge et la responsabilité. On peut nn. _ considérer une bibliothèque publique et même privée Wie

| instrument, comme un organe d’enseignement. ] ‘4 Fe Comme instrument de science, au seul sens que nous puissions donner à ce mot, nos cahiers forment déjà et 4 KE 4 formeront de jour en jour davantage, portant sur un ; nombre tous les jours plus grand de questions impor- s: 1 tantes, un ensemble de textes et de commentaires, de Ë à documents et de renseignements, de textes formant pi | dossiers, véritablement unique, en ce double sens que T2 la plupart de ces études et que la plupart de ces ren- b ! seignements n’existent point ailleurs, et que, lorsqu’il : 0 ; s’agit de références, elles sont elles-mêmes rassemblées Ee h et viennent d’originaux eux-mêmes rares et rapidement A introuvables ou inaccessibles. 4 j Comme instrument de culture et comme organe d’en- L seignement et de renseignement, nos cahiers publient 4 _ régulièrement des études qui n’ont jamais cessé d’être L: sérieuses, des œuvres qui n’ont jamais cessé d’être 73 Une bibliothèque publique ou privée qui est abonné aux cahiers reçoit automatiquement, constituant une #3 série annuelle, et recommençant pour chaque série 211 ra annuelle, par chaque année scolaire successivement 54 | vingt de ces cahiers, aussi régulièrement qu’elle reçoit FX les périodiques, exactement dans la forme où elle reçoit he les périodiques. No: Une bibliothèque publique ou privée qui est abonnée 4 A k aux cahiers depuis un certain temps constitue automa- Ni Li f tiquement ainsi une collection; le maniement de cette ; 54 collection déjà considérable est facilité par la publicæ tion régulière de catalogues et d’index; nous publions #4 ÿ régulièrement tous les cinq ans un catalogue analytique à

sommaire des cinq séries intéressées; nous publions régulièrement tous les ans, au commencement d’octobre, pour le commencement de chaque série, un petit index alphabétique de toutes les séries précédentes; ces cata- | logues quinquennaux et ces index annuels assurent d’année en année le maniement de nos collections.

Par exemple pour nos cinq premières séries, années ! 1900-1904, se référer à notre catalogue analytique sommaire, 1900-1904, de nos cinq premières séries, un cahier très épais de XII/408 pages très denses, marqué cinq francs ; ce cahier comptait comme premier cahier de la sixième série et nos abonnés l’ont reçu à sa date, le 2 octobre 1904, comme premier cahier de la sixième série; toute personne qui jusqu’au 31 décembre 1905 s’abonnaït rétrospectivement à la sixième série le recevait, par le fait même de son abonnement, en tête de la série; nous l’envoyons contre un mandat de cinq francs à toute personne qui nous en fait la L 1 Pour le recevoir, il suffit donc d’envoyer un mandat 3 de cinq francs à M. André Bourgeois, administrateur 1 des cahiers, 8, rue de la Sorbonne, rez-de-chaussée, de, Paris, cinquième arrondissement. D’une manière géné- L rale, adresser toutes les commandes de librairie à x M. André Bourgeois. Toute commande adressée à li M. André Bourgeois reçoit satisfaction par le retour … du courrier. A Une bibliothèque publique ou privée qui n’est pas \ abonnée aux cahiers court le risque de ne pouvoir plus use recompléter jamais. La limitation de nos tirages est . à chaque instant commandée par le nombre de nos

É 4 abonnements. Depuis plus de six mois notre première jap: “ série est complètement épuisée et nous-mêmes ne pou D vons plus la donner à aucun prix. De notre deuxième PAL série nous pouvons dire qu’elle est en voie d’épuise 1 ment, puisqu’il ne nous en reste pas dix collections ; complètes. Nous vendons ces collections complètes de on ‘ la deuxième série cent francs l’une, ce qui est le ne ++ # hi fixe d’épuisement. Nos autres séries s’épuiseront suœ M cessivement aussi.” +26 L Sy Charles Péguy, gérant F0

Fu en vente à la librairie des cahiers Fi

4 Les Derniers Carolingiens : Lothaire, Louis V, Charles

7e de Lorraine, (954-991). Paris, Bouillon, 1891, un volume #

_ Études sur le règne de Hugues Capet et la fin du dixième

; siècle. Paris, Bouillon, 1903, un volume grand in-octavo,

Fidèles ou vassaux ? Essai sur la nature juridique du lien He”. j

qui unissait les grands vassaux à la royauté depuis le “90 2 milieu du neuvième siècle jusqu’à la fin du douzième siècle. Paris, Bouillon, 1904, un volume in-octavo, xxxiv+928

| L’Enseignement supérieur en France, — ce qu’ilest, — …—

ÿ ce qu’il devrait être. Paris, Welter, 1892, un volume in

de la situation faite | LIENS à l’enseignement supérieur

ee en vente à la librairie des cahiers Un: je | La Faculté de Philosophie en Allemagne et les Facultés | dés Lettres et des Sciences en France, — recherches (Extrait de la Revue internationale de l’Enseignement); De: Les publications périodiques des Universités françaises 5 ; de province. Paris, 1898, in-octavo /même recueil, volume à Ç Le budget de l’enseignement supérieur en Franceeten 3 É Allemagne. Paris, 1898, in-octavo, 16 pages. (Extrait de M la Revue Politique et Parlementaire) ; : Kôi Essai d’une statistique des étudiants des Universités ! À françaises. Paris, 1897, in-octavo, 41 pages. (Extrait du 4 même recueil) ; 4 - 1° Les Facultés universitaires et la classification des paru très abrégé dans la Revue Internationale de l’Ensei- 14

Le lecteur qui voudra bien parcourir ce cahier

  • s’étonnera certainement que les lacunes graves et nombreuses que nous signalons n’aient été aperçues ni par | le Ministre de l’Instruction publique, ni par la Direc- | tion de l’Enseignement Supérieur, ni par les Univer- _ sités elles-mêmes. Il était bien difficile en réalité qu’elles le fussent. Le ministre, homme politique avant tout, ne peut imprimer à son département qu’une direction É . générale. Il n’a pas la compétence nécessaire pour
  • s’enquérir en personne des mille besoins d’une admi- | nistration très compliquée. Ces besoins, c’est à gs subor- | donnés de les lui signaler. — Le Directeur de l’Ensei- : gnement supérieur lui-méme voit son attention épar- ‘4 pillée en bien des sens. La paperasse, les sollicitations ‘4 personnelles, le train-train journalier, absorbent le . meilleur de son temps. On peut à peine lui faire un | _ reproche d’ignorer ce qui existe à l’étranger et de Me ne pas instituer des comparaisons avec notre pays.

é Quant aux Universités elles sont composées de spécia- : K | listes et ceux-ci ne s’intéressent à rien en dehors de £ | leurs propres études. Qu’importe à lhelléniste que | l « orientalisme » soit expirant en France, au latiniste ï que l’enseignement de la psychologie y soit misérable ! #. . Dira-t-on que, du moins, les spécialistes devraient signaler les lacunes dans leur propre domaine. Isle font parfois, et la Revue internationale de l’Enseigne- | ment renferme de bons mémoires en ce sens. Mais ils le 4 he font trop rarement. Il faudrait se donner la peine de voyager, de compulser les documents étrangers, de les F comparer avec ce qui existe en France. Tout cela prend ! du temps, c’est fastidieux. Et puis, à quoi bon? — Le sentiment général est que le Gouvernement et le Parle- 3 ‘ment ne veulent rien faire. 1

  • Il suffit de causer avec n’importe quel professeur de É nimporte quelle université de province pour voir
    Jusqu’à quelle profondeur le dégoût et le découragement à ont pénétré notre personnel d’enseignement supérieur. ü On ne s’en doute point dans les milieux gouverne- ï mentaux parce qu’on ne voit guère que le personnel À parisien qui ayant de l’argent et des élèves est à peu ÿ

près satisfait de la situation. Mais la province est plongée 1

dans le marasme. Elle sait qu’on ne l’écoute jamais 1 et c’est à peine si de loin en loin elle ose élever la voix. | Il faut pourtant échapper à ce lâche découragement 1 et signaler ces besoins aux pouvoirs publics. Jusqu’ici 4

_ ils ont une excuse: ils ne savent pas. Désormais ils NE _ sauront, et s’ils refusent de venir en aide à nos univer- sités provinciales, ils assumeront toute la responsabilité de notre infériorité scientifique. ! ‘1 Ces études, qui paraissent aujourd’hui, étaient ache- TASSE _ vées depuis un an. Les sommes consacrées par l’État ri Mt: _ à l’Enseignement Supérieur n’ayant point été accrues, 11e _ Les conclusions n’ont pas à subir de modifications ha:

On a profité de cet ajournement pour ajouter une Lt ke Fa annexe sur le Budget du Matériel en France et en 13e Un dernier mot. — Une bonne part de ce cahier, la (EURE plus utile sans doute, est faite de chiffres. L’intérêt * Ÿ 7 principal de cette étude est, je crois, de montrer que la ÿ 118 | méthode de la statistique comparée permet de révéler Di: Ke dans une institution des tares dont on n’aurait sans ce 10 | secours qu’une perception confuse. LEURS

à Les revenus des Universités et

  • et établissements d’enseignement supérieur # #4 Re en Allemagne et en France bee ere Revenus ordinaires des Universités allemandes “102

| Sur ce total tout n’est pas à la charge de l’État. Les L droits d’inscriptions, de laboratoires, etc., représentent È un peu plus de cinq millions et demi de marks pour les È D’autre part, quelques Universités ont une fortune À

personnelle. Ce sont les vieilles Universités qui ont été %

dotées jadis, à la Réforme, avec les biens des couvents A catholiques. C’est ainsi que Güttingen a en propre 560.741 marks de revenu annuel, Leipzig 1.178.693 () Cela n’empêche pas l’État prussien de donner à Gôttingen un supplément de 634.954 marks, l’État saxon Ne d’ajouter 2.008.248 par an à la fortune colossale de : Mais ces Universités sont loin d’être les plus nom- # breuses. Celles qui sont récentes n’ont presque aucune fortune personnelle. La plus pauvre est Berlin avec b 12.000 marks de rente! Cet exemple devrait donner à 4 réfléchir à ceux qui s’imaginent chez nous queles dona- 1 tions aideront à vivre nos Universités. Paris ne sera | | certainement pas beaucoup mieux partagé que Berlin. 4 Il faut se mettre dans la tête qu’en Europe on ne donne (2) Imaginez ce que recevrait chez nous, de lEtat, Lyon, par 4

  • exemple, si cette Université possédait un million et demi de rente. x Pas un sou, la chose est évidente. {

pas de somme considérable à des pays qui ont trois à HR sept milliards de revenus. Les Universités modernes . k n’y peuvent vivre que par l’État. $ Déduction faite de ces deux sources de revenus, les
21 Universités allemandes touchent annuellement des on différents Etats du « Bund » : fi 1 Mettons en regard ce que dépense l’État français, non : à seulement pour ses 15 Universités, mais pour tout l’En4 seignement Supérieur : Le dernier Compte définitif du FN L Budget du Ministère de l’Instruction publique qui ait # “4 paru comporte les chiffres suivants : % ne Chapitre 10. Universités et Observatoires universitaires. TE 4 ‘si — 11. Universités et Observatoires ‘4 (1) 400.000 marks donnés par l’Empire, 610.000 par la province “R nr (2) Dont 3.650.125 francs pour l’Université de Paris. Ainsi, notre à 50 grande Université est, dès l’heure actuelle, serrée de près non seuD lement par Berlin (3.406.000 marks), mais par Leipzig (3.369.000 Ÿ marks). Enfin, Halle et Gôttingen réunis ont presque autant de #Y ._ revenus que Paris. En Amérique Harward et New-Yorkontchacune ++ ‘1 7 à 8 millions de rente.

— 13. Facultés dont les dépenses don- ; nent lieu à des comptes avec 1: — 19. Ecole des Langues Orientales. à — 20. École des Langues Orientales. 4 — 21. École des Chartes. Personnel… 60.482 » ? Le total de ce que consacre vraiment l’État en France % à l’Enseignement supérieur atteint donc 16 millions 4 L’Etat Français distribue donc 10 millions de moins que les États Allemands à son enseignement J supérieur, privé déjà des 5 millions et demi de revenus! £ (1) Nous omettons les chapitres 25 à 26 (Ecoles d’Athènes et de 3 Rome) car les dotations des Institutions similaires de l’Allemagne k n’ont pas été comprises dans les chiffres rapportés plus haut. 1 (2) Pour la même raison les chapitres 29 à 46 ne sont pas mentionnés ici. 4 G) Idem pour les chapitres 49 et suivants. Si l’on voulait les com- 2 prendre il faudrait augmenter aussi les totaux allemands. Les dota- # tions des chapitres similaires allemands étant d’ailleurs plus élevées £ la proportion entre les deux pays resterait donc la même.

personnels que possèdent les vieilles Universités germaniques. (1)

Dira-t-on que, pour avoir le revenu total de l’enseignement supérieur français, il faut tenir compte en outre 1° des subventions des départements, des villes, des particuliers ; 2° des droits d’immatriculation, inscrip- : tions, laboratoire, — dont la loi de 1896 accorde la disposition à nos Universités. Oui sans doute. Effectuons À ce calcul. À

Le Compte définitif des dépenses de l’exercice 1903 du Ministère de l’Instruction publique (le dernier paru je le répète) consacre une annexe aux Recettes et dépenses de l’Enseignement Supérieur. On y voit (pages 252 et 260) que a) les départements, communes et particuliers ont accordé 1° aux quinze Universités, en général, 342.137 francs de subventions, 2° en outre, aux Facultés, b) 1° les revenus des Universités, droits d’études, d’inscriptions, de bibliothèques, de travaux pratiques, de

etc., ont produit la somme de 2.699.091 francs, 2° les reve- … nus, publications, opérations de laboratoire, ont donné ‘à pour les Facultés, en particulier, la somme de Ces deux catégories de ressources ajoutées au budget | de l’État donnent un total de revenus de 19 millions

‘ Ce n’est pas tout : l’enseignement médical distribué ë (x) Noter que les 16 millions que coûtent les Universités, ete., } doivent être ramenés à un chiffre bien inférieur, si l’on déduit % les bénéfices (6 millions) qu’en retire l’Etat sous forme de droits Ÿ de diplôme. {

Pre dans de simples Écoles, et non dans des Facultés, est to à la charge des Municipalités et des Départements. k Faisons état de ces subventions et aussi des rétribufie tions payées par les élèves. Le Compte définitif nous 48 faisant naturellement défaut ici et la Statistique décen- ë Fa nale de l’Enseignement Supérieur ne dépassant pas 13 ( l’année 1898, j’aurai recours à la Minerva, Lehrbuch der : gelehrten Welt, chez K. Trübner à Strasbourg, année de “Marseille ie ELLES : 53 | Ce qui, joint au total précédent, donne 21 millions 4 Ainsi, les divers établissements d’enseignement supé- ? rieur Français ont, tout compris, en chiffres ronds à | (1) Les villes qui ont l’astérisque sont sièges d’universités. ? >, 10 (2) Au compte de l’Etat depuis le 31 mars 1903. À

21 millions de revenus. Les Universités allemandes offrent en regard 37 millions. (1) La De ce dernier chiffre il faut déduire les 7 Facultés de théologie catholique et les 17 Facultés de théologie | « évangélique ». Je n’ai pas sous la main de chiffres À précis au sujet de ce qu’elles coûtent à l’ensemble , de l’Allemagne. Mais pour la Prusse, qui compte Ÿ 9 facultés évangéliques et 3 catholiques, soit environ la moitié du total, je trouve 542.400 marks, soit 677.000 francs (2) pour le traitement des professeurs. En évaluant pour tout l’Empire l’ensemble des traitements à 1.500.000, on ne s’écartéra pas trop, je crois, de la réalité. Quant au matériel, il n’est pas très important et C’est donc 1 million et demi à déduire du total allemand pour le comparer utilement au total français, soit | 35 millions et demi. we La déduction de notre côté des 107.050 francs que n° coûte le personnel des 2 Facultés protestantes de Paris | (62.900) et Montauban (45.150) ne change pas l’écart de ï \ façon très appréciable. ; % S 21 millions d’un côté, 35 millions et demi de l’autre, ; ÿ l’écart est considérable. (3) | (2) Voyez Preussischer Staatshaushaltsetat, 1903, Anlageband, f (3) 1 doit être, en réalité, beaucoup plus grand encore, car, pour la D } France, j’ai fait flèche de tout bois; pour l’Allemagne, je me suis f ; préoccupé uniquement des Universités qui concentrent, il est vrai, à | presque tout l’enseignement supérieur allemand. Néanmoins, il Par 178 reste des lacunes du côté allemand. # au Ainsi j’ai omis les cours supérieurs de Francfort, Cologne, y ; Hambourg, etc. Or les budgets de ces établissements ne sont pas
| insignifiants. A Francfort 1° l’Akademie für Sozial-und-Handelswis- w À senschaften avait, en 1903, un budget annuel de 165.000 marks; ie

Ne nous étonnons plus de la langueur dont sont L frappées chez nous presque toutes les branches de 4 la Science. Parcourez un de ces Annuaires ou Jahrbücher où sont catalogués des travaux, livres et articles . parus dans un domaine spécial pendant l’année écoulée. ST Tout le monde est frappé de la rareté des noms fran- 1 En Psychologie expérimentale vous n’en trouverez pas un sur dix. É En Philologie classique un sur vingt ou sur cin- 4 En Philologie orientale un sur cent (je n’exagère pas). 4 Dans beaucoup de branches de l’histoire naturelle, 4 la proportion des noms français est très faible. Pour la Chimie également. En Histoire même, on surprendrait bien des gens in- -° struits en leur disant que pour l’Histoire moderne ou con- ‘4 … 4 temporaine, la proportion de ce que publie l’Allemagne est au moins le triple de ce que donne la France. Pour ] l’Histoire ancienne (gréco-romaine et orientalisme) toute N comparaison devient impossible. Pour un livre ou un article français qui paraît, vous en trouverez cinquante | en allemand (je ne parle, bien entendu, que de travaux 2 l’Institut für experimentelle Therapie, 54.750 marks. A Cologne, le D. Zoologischer Garten a 300.000 marks par an. À Hambourg, lObser- 4 vatoire dispose de 350.000 marks, l’Institut Municipal de Chimie, de 65.000; l’institut de Physique, de 50.000; l’Institut de Botanique, ; de 127.000; le Museum d’Histoire Naturelle, de 124.000, etc., etc. J’ai ; laissé de côté le Lyceum Hosianum, les lycées (théologiques) de + Bavière. Enfin, depuis que ce travail a été rédigé, une nouvelle È 4 Université a été fondée à Posen. En réalité, à l’heure qu’il est, le L budget de l’enseignement supérieur en Allemagne dépasse large- : ment 40 millions de francs. ]

La raison de la supériorité de nos voisins s’explique aisément : ayant l’argent, ils ont le nombre (personnel) et l’outillage. Et ce n’est pas seulement à la Guerre que triomphent les gros bataillons. Avant d’en finir avec ce chapitre je voudrais mettre en regard les deux pays, déduction faite de leur capitale, « décapités ». Paris soutient encore la comparaison avec BERLIN, à condition qu’aux Facultés on ajoute le Collège de France, l’École des Hautes Études, etc. En effet, les Facultés parisiennes reçoivent de l’État : 1° pour le traitement du personnel 3.316.260 francs; 2° leur part dans le budget du Matériel (chapitre 11) est de 793.226 francs; 3° leur part dans le budget des bourses (chapitre 12) est de 185.603 francs. L’Université de Paris reçoit donc de l’État 4 millions 295.089 francs. A cette somme doivent s’ajouter les | de la ville, etc., soit 1.848.992 francs, et enfin les ‘ l L’ensemble se monte au chiffre de 7.278.617 francs. (1) Les diverses écoles énumérées plus haut donnent un | total de 2.673.574 francs, soit au total 9.952.191 francs | pour Paris. à Il ne restera donc (déduction faite de l’École du Caire) que 10.973,727 francs sur un total de 21 millions : ÿ: 033.778 francs pour les 14 Universités de Province. \ C’est-à-dire que Paris absorbe à lui seul la moitié du : revenu total de l’Enseignement Supérieur français, état 4 (1) Voyez Ministère de l’Instruction publique. Compte définitif des 13 6

de choses véritablement monstrueux et dont aucun autre pays n’offre l’équivalent. (, 3 2

Déduction faite de Berlin, les vingt Universités de À l’Allemagne possèdent un revenu annuel de 32 millions À

Retranchons 1 million et demi pour les Facultés 4 de théologie, il n’en demeurera pas moins établi que, 3 en dehors de la capitale, l’Allémagne scientifique pos-

_ sède des revenus presque triples de ceux (11 millions) 4 de la province française. ‘

Il serait peut-être bon de songer à une décentralisa- Ltion scientifique chez nous. .

Les chiffres qu’on vient de lire pour l’Allemagne ne à concernent que les dépenses ordinaires. À

Les dépenses extraordinaires pour le personnel, le 4

_ matériel et les bâtiments, faites par l’État Prussien pour

à Les dépenses des autres États (Bavière, Saxe, J Bade, etc.), pour les onze autres Universités de l’Empire, ‘4 atteignent un chiffre sensiblement égal. Soit en chiffres ronds un total de 160 à 170 millions de francs de cré. dits extraordinaires pour l’ensemble de l’Empire accordés aux Universités de 1878 à 1903. (1) 4

| Eh bien! la situation est beaucoup plus mauvaise d encore pour la France que ne le feraient croire les chiffres à précédents. C’est qu’en effet noë Facultés des Sciences
font fonction d’Ecoles techniques. En dehors de l’École SE ; Centrale, des Mines, des Ponts et Chaussées, des ù Beaux-Arts, à Paris, — de l’Institut technique-du Nord, ÿ | œuvre privée à Lille, la France ne possède rien (1) ji \ qu’elle puisse mettre en regard des neuf Technische J | Hochschulen de l’Allemagne, peuplées de 16.000 étudiants À: dirigés par 1.200 (sic) professeurs jouissant de plusieurs À _ millions de revenus. Qu’est-ce que notre École Centrale HEC, j: avec ses 700 élèves, comparée à la Technische Hochschule | de Berlin avec ses 390 (sic) professeurs et ses 4.500 À étudiants! La nôtre n’est même pas aussi peuplée que S _ telie institution similaire de la province allemande. al À Les neuf Technische Hochschulen de l’Allemagne fa

  • possédaient en 1903 comme revenus ordinaires : Fe M G) L’École polytechnique est une école militaire d’artillerie qui # fournit chaque année 20 à 30 étudiants pour les services civils. Elle a Nil | ne saurait entrer en ligne de compte. 1% » 15 #

ou (en chiffres ronds) Francs / 7.800.000 » 4 | Deux autres sont en construetion à Danzig et Breslau. ‘À Les frais prévus pour la première sont de 5.695.200 marks. É: L’effort de l’État français a consisté, en province à créer, depuis quinze ans, une douzaine de chaires ou 118 conférences de chimie agricole, industrielle, de physique È appliquée, auprès des Facultés des Sciences de Nancy, À | Lyon, Lille, Marseille, Bordeaux, Grenoble. Encore les : frais nécessités par ces créations ont-ils été supportés à en majeure partie par les Villes, les Universités, les Qu’est-ce que cet effort, — si minime, — en comparai- 3 son des créations gigantesques de nos voisins ? ; On peut se féliciter que ce procédé ait valu à l’État É, français des économies. (1) ‘00 De même l’institution du P. C. N. auprès des Facultés 4 des Sciences lui a épargné des dépenses colossales. | 4 Dans le projet primitif, les Sciences Physiques, Chi- à miques et Naturelles devaient être enseignées dans les L lycées. Tentez de supputer les frais de personnel et d’installation qu’eût entraînés le projet sur la Réforme ‘à du baccalauréat, si la Direction de l’Enseignement Supé- ; G) L’État refusant de rien faire depuis la loi de juillet 1896, les Facultés se sont endettées. Leurs faibles ressources sont toutes 1 engagées, — à la veille de la loi militaire qui va les appauvrir. Est-ce si intelligent de la part de l’Etat? En Allemagne les Etats prennent presque tout à leur charge. 4

rieur n’avait trouvé une solution élégante et peu coû-

teuse. C’est par millions qu’ileût fallu chiffrer les dépenses

extraordinaires et l’entretien du personnel supplémen-

taire nécessité par le projet. Ces sommes considérables,

le Parlement les eût votées les yeux fermés, parce qu’il

se serait agi d’enseignement secondaire. Il faut rappeler

ces choses aux pouvoirs publics, — d’une avarice sordide

en France quand il s’agit d’enseignement supérieur.

On le voit, si l’on déduit les quelques créations nécessitées par les petites écoles de chimie près les Facultés des Sciences et l’institution du P. C. N., l’État français n’a rien fait en réalité depuis quinze ans pour la Science pure. Pas une création dont le but ne fût exclusivement pratique. Et, dans cette voie, l’État n’a même pas été jusqu’au bout. Dans combien de nos Facultés les professeurs de zoologie, de botanique, de géologie sont-ils seuls, sans maîtres de conférences pour les décharger de l’humble besogne du P.C.N. et leur permettre de

L’État français, ici encore, est resté fort au-dessous de son devoir.

On entend parfois au Parlement et dans les harangues j: ; officielles entonner la louange de la Troisième Répu- É blique qui a rénové notre Enseignement Supérieur. La vérité c’est qu’elle est restée bien en arrière de ce É qu’ont fait, sans tant le crier, tous les royaumes et duchés germaniques.

| Les Facultés des Lettres et des Sciences de. en France et en Allemagne 4 Étude de statistique du Personnel Enseignant 3 : Les Facultés des Lettres françaises 4 L et les Philosophische Fakultaeten d’Allemagne bi Une statistique n’est rien, — qu’un mirage, — si ellk n’est accompagnée d’éclaircissements. Nous allons les donner aussi nombreux que possible. > Les abréviations des deux tableaux concernant l’Alle magne s’expliquent ainsi : :174 O désigne les professeurs titulaires, « ordinaires » 4 disent les Allemands. Ils viennent en tête car ils sont | la gloire de chaque Université. Nommé généralement #4 | assez tard, après une vingtaine d’années d’une produc- | tion scientifique qu’on exige intensive, le professeur « ordinaire » allemand a une situation pécuniaire et sociale sensiblement supérieure à celle de son collègue

français, surtout en province. Il jouit d’une prérogative CA qui peut nous paraître singulière : il n’est jamais mis no à la retraite. Que l’âge ou les infirmités lui interdisent 5 l’enseignement, l’État crée une autre chaire, voilà tout. On n’admet pas qu’un homme qui est beaucoup plus qu’un fonctionnaire, qui est un « savant », voie ses à ressources diminuées au moment même où il en a le # plus besoin. Il ne cesse jamais jusqu’à sa mort de à figurer sur l’affiche de la Faculté. Néanmoins, je me | suis abstenu de compter dans ma statistique les vieux L professeurs ordinaires qui « ne lisent pas », comme E s’entend du professeur « extraordinaire ». Il complète, enrichit, l’enseignement du professeur ordinaire, - $ mais ce n’est pas un suppléant. Il a bien une chaire | à lui, quoique celle-ci soit moins rétribuée et moins | considérée, et dotée, d’ailleurs, de prérogatives moin- D s’entend des privatim docentes ou « privat-dozents », i jeunes savants qui obtiennent de la Faculté le droit de 3 _ professer à leurs risques. Ils n’ont pas de rétribution. ä ; Tout au moins celle-ci est-elle faible et transitoire. Comme la coutume exige qu’on ne puisse obtenir un ! poste d’« ordinaire » si on n’a pas été d’abord « privat- : | dozent », puis « extraordinaire », le nombre des maîtres Ë de cette catégorie est élevé, malgré les conditions défa- té h vorables en apparence de leur situation. ô é L désigne les « lecteurs » ou répétiteurs de langues , vivantes. En Allemagne la situation jusqu’à présent £ assez humble de ces maîtres, qui sont tous des étran- ; ï gers, tend à s’améliorer. Partout on augmente leur ;

traitement et, pour rehausser leur prestige, quelques k Universités commencent à leur accorder le titre de Il existe une cinquième catégorie de maître, les pro- ‘4 fesseurs « honoraires ». Je me suis abstenu de leur | consacrer une colonne spéciale et voici pourquoi : Les j Honorar professoren de l’Allemagne n’ont point de rap- | : ports avec les « professeurs honoraires » français. Ces : derniers sont des professeurs titulaires mis à la retraite, auxquels on a décerné ce titre pour récompenser un mérite exceptionnel. Ils figurent sur l’affiche, au bas, et ont le droit d’assister à certains actes de la Faculté. Mais ils ne sont pas rétribués et n’enseignent plus. | L’Honorar professor enseigne au contraire et est rétri- 4 bué, mais uniquement sur des fonds d’État. Seulement il ne jouit pas des prérogatives académiques du professeur « ordinaire ». Cette distinction n’a qu’un intérêt | administratif. Elle ne valait pas la peine de compliquer

le tableau par une cinquième colonne. J’ai joint aux « ordinaires » les professeurs « honoraires », au reste | très rares, de l’Allemagne. Dans le tableau français, T s’entend des professeurs | titulaires en général qui forment le pendant des « ordi naires » allemands, sauf qu’ils sont moins rétribués. A désigne les professeurs « adjoints ». C désigne à la fois les maîtres de conférences, | « chargés de cours », « chargés de conférences ». Nous avons établi ces trois catégories pour nous conformer à la nomenclature officielle. Mais elle ne doit pas nous égarer. On se tromperait fort en assimilant les ; « maîtres de conférences » de la troisième colonne aux ;

« Dozents » allemands parce qu’ils occupent la même 5 à place respective sur nos tableaux. A l’origine, en effet, } il y à vingt-cinq ans, on eut vaguement l’idée de les | assimiler. Par la force des choses l’institution dévia | immédiatement. Le « Dozent » ne fait que de la Science, 1 donne chaque semaine le nombre d’heures qu’il lui plaît ou même, souvent, n’enseigne pas quand il a un gros livre à finir ou voyage en mission scientifique. Son | enseignement porte sur une spécialité étroite où il | entreprend de se distinguer; enfin il est peu ou pas rétribué. Le maître de conférences français touche | la moitié du traitement environ d’un professeur titulaire. IL double son enseignement et sa tâche principale consiste en une préparation aux examens de licence et au concours d’agrégation. Sa tâche scientifique consiste surtout à se préparer soi-même au doctorat ès-lettres | ou ès-sciences; car, chose invraisemblable, il peut n’être pas docteur quand il est nommé, en sorte qu’on confie chez nous un poste dans l’enseignement supérieur | à des hommes qui n’ont pas fait leurs preuves et que leurs thèses révéleront peut-être un jour insuffisants. | Seulement ils sont « agrégés ». Il n’y a qu’en France | qu’on puisse voir le succès à un concours d’enseignement | secondaire, — où l’on fait preuve surtout de mémoire, — valoir l’entrée dans l’enseignement supérieur. Le « chargé de cours » occupe une chaire de professeur titulaire, mais il n’en a ni le titre ni le traitement, ; soit parce qu’il n’est pas docteur, soit parce qu’il est trop jeune encore pour l’emploi, soit surtout parce que l’Administration juge commode de faire une économie en baptisant « chargé de cours » un titulaire qu’elle | 21

Le « chargé de cours complémentaires » enseigne des k

choses qui paraissent moins fondamentales (on ne sait

| généralement pas pourquoi). C’est vraiment un profes On voit que toutes les catégories précédentes re- A présentent des professeurs « extraordinaires ». C’est * sième colonne du tableau français qu’il faut assimiler à .. celui de la deuxième colonne (E) du tableau allemand, Fe

et non pas celui de la deuxième (A). Le « profes- a “ seur adjoint » n’est autre chose, en effet, qu’un maître e de conférences docteur que les circonstances ne per mettent pas de pourvoir d’une chaire magistrale. ” Le principal avantage que confère le titre d’ « adjoint » $ n’est pas d’ordre pécuniaire : il assure la sécurité. Le 4 « maître de’‘conférences » n’est en effet nommé que pour cette sorte de délégation pour ruiner absolument lave nir d’un maître de conférences. (1) En fait, ce renouvel- * (r) Pendant F « Affaire », se doute-t-on que les maîtres de confé- | \ rences qui signaient les protestations de l’Aurore risquaient leur pain tout simplement. Un trait de plume du Ministre de lInstruc- oi tion publique suffisait à briser leur carrière. Le « titulaire » ne ris- ! quait qu’une suspension de traitement, et puis, il avait la ressource Ÿ £ du « Conseil supérieur de Instruction » ét du « Conseil d’État ». à. Quand j’exprimais mes craintes sur la précarité de la charge à de « maître de conférences », mes amis de l’Université haussaient ; j les épaules. « Le cas Brunetière » a prouvé combien mes appré- is ñ hensions étaient fondées. On ne veut pas y prêter attention à la 22 k Sorbonne, parce que l’homme est antipathique et que cest un De P esprit faux, anti-scientifique au dernier point. Mais il y a une à question de principe qui domine tout. En mettant Brunetière à la C1 porte le Ministre est dans la légalité, mais non dans l’équité. Que 4

demain la roue tourne et ce sera les maîtres de conférences n

« avancés » qu’on jettera dehors. Et ceux-ci n’auront pas la res- #

1 source de la Reoue des Deux-Mondes et de fructueuses conférences k

f suivies par un public bien pensant, — et riche.

lement s’opère mécaniquement et il n’est peut-être pas | mauvais, en principe, qu’une menace toujours suspendue | sur la tête du maître de conférences stimule la paresse naturelle et l’oblige à travailler à ses thèses de doctorat. Néanmoins, les inconvénients du système surpassent les avantages. Il est exorbitant que dans un État républicain on laisse à un ministre des prérogatives que ne possède point une monarchie absolue. En Prusse même les « dozents » sont nommés par les Facultés et non par le ministre. Ils le sont pour cinq ans et leurs fonctions sont renouvelables indéfiniment. Il n’existe pas à Berlin de bureaux d’où des fonctionnaires inconnus puissent frapper sournoisement des gens qui leur déplaisent. En France, au contraire, on a vu un maître de | conférences enlevé à une Faculté malgré les protestations indignées de ses collègues et replongé dans le « secondaire ». Impossible de savoir d’où venait cette mesure prise rue de Grenelle à l’instigation d’inconnus. Des mesures de ce genre sont fort rares, je dois le dire. En Allemagne elles sont inconnues parce qu’elles sont | inexécutables. Il serait bon, chez nous, d’ôter à nos . ministres de lInstruction publique toute velléité de } mésuser de leurs pouvoirs en les restreignant. Nous _ demandons pour nos ministres autant d’autorité qu’en ; possède un ministre prussien, — mais pas davantage. | Je n’ai rien dit des « chargés de conférences ». Ce ; sont presque toujours des professeurs de lycée. Moyen- ; nant une rétribution très minime (1.500 à 2.000 francs, 1 moins au besoin), ils aident le professeur titulaire dans É sa tâche purement scolaire. Aussi les utilise-t-on géné- : | les thèmes, versions, dissertations des étudiants peu :

avancés. L’Administration aime à employer pour les petites Universités (ainsi Besançon, Grenoble), des « chargés de conférences », parce qu’ils coûtent encore moins cher que les « maîtres de conférences ». Mais il y a à cela un grave inconvénient. (1) Le professeur de lycée est beaucoup trop occupé pour contribuer par ses travaux personnels (sauf de rares exceptions) à faire avancer la science et à augmenter ainsi le renom de la Faculté à laquelle on l’attache. Des économies de ce genre sont parfaitement misérables. Un professeur de Faculté doit tout son temps à la Faculté, sous la double k forme d’enseignement et de travaux originaux.

En bonne justice, je n’aurais pas dû compter à la colonne 3 les « chargés de conférences », dont l’activité scientifique est, par la force des choses, (2) inférieure à

. celle d’un simple dozent allemand. Je l’ai fait pour ne pas sembler ignorer l’organisation française, mais j’ai marqué d’un astérisque, chaque fois que j’ai pu les reconnaître, les « chargés de conférences » qui, véritablement, ressortissent du « Secondaire » et non du « Supérieur ». Il ne faudra donc pas oublier que les chiffres de la troisième colonne du tableau français sont en réalité trop élevés.

“ Pour les Facultés des Sciences, les « chefs de travaux » et les « préparateurs », n’étant pas compris

g (1) I échappe naturellement aux bureaux. Ceux-ci voient uniquement dans l’Université une « administration » et des « fonctionnaires ». Ils s’imaginent que la suppression d’un maître de confé- rences n’a pas plus d’importance, si elle procure une économie, que celle d’un « rédacteur » dans une administration publique.

(2) Ce n’est nullement leur faute. Je n’incrimine personne et ne critique pas des gens de valeur et de conscience. — Je n’en veux

parmi le personnel de la Faculté en Allemagne, ne l’ont pas été davantage sur le tableau français. !

Le tableau du personnel des Facultés des Lettres françaises appelle des observations toutes particulières. Paris a été mis en tête et on ne s’est pas borné à la « Sorbonne ». La comparaison avec Berlin eût été pour celle-ci écrasante et, d’ailleurs, injuste et inexacte. Des Écoles spéciales et le Collège de France donnent en effet chez nous l’enseignement qui se trouve concentré chez nos voisins dans les seules Universités. Il était donc nécessaire de joindre à la Faculté des Lettres, et l’École Normale, qui vient d’ailleurs de lui être rattachée, et l’École des Chartes, et l’École des Hautes Études, et | l’École du Louvre, et le Collège de France ; enfin, pour une spécialité, de faire figurer l’École des Beaux-Arts et le Conservatoire. L’École des Langues orientales | vivantes, qui est un établissement destiné avant tout à former des interprètes, n’a pas un caractère nettement scientifique. Nous l’avons omise, ainsi que le « Seminar für Orientalische Sprachen » de Berlin, dont le person- . nel est, au surplus, plus considérable que le nôtre. Un écueil se présentait : les doubles emplois. Tel professeur enseigne à la fois à l’École Normale et au Col1 lège de France, tel autre à la Faculté des Lettres et à { l’École des Hautes Études, ou bien au Collège de France et à l’École des Hautes Études. Ces cas sont nom4 breux (1) et pourtant il fallait éviter de compter le même deux et trois fois. 1 (1) Presque toujours, ils ont pour origine une raison d’économie. à; La Faculté des Lettres, par exemple, au lieu d’avoir une chaire ou une conférence de métrique gréto-latine, demande cet enseigne25 ” Ferdinand Lot. — 2

Je pense être parvenu avec de l’attention à échapper à

cette cause d’erreur. Seulement, il était indispensable de prévenir que si les chiffres de l’École des Hautes Études, par exemple, paraissent inférieurs à la réalité, c’est qu’une bonne partie du personnel a été déjà compté dans

  • les colonnes précédentes sous les rubriques : Faculté, École Normale, École des Chartes, Collège de France. De même, le total de la Sorbonne semble inférieur à la réalité. C’est que trois noms se retrouveront, et à plus juste titre, au Collège de France, à l’École Normale, à | l’École des Hautes Études. Avertissons, à propos de l’École des Hautes Études, que la seule quatrième section (Histoire et Philologie) | entre en ligne de compte. La cinquième section (Sciences religieuses) à un caractère tout à fait spécial : C’est une sorte de Faculté de théologie rationaliste. Quant aux trois premières sections, elles sont formées de laboratoires, mais ne donnent plus d’enseignement. Une exception doit être faite pour la « Psychologie expérimentale ». Aussi avonsnous joint le personnel qui traite de cette science dans la troisième section au professeur de la quatrième section qui enseigne la « Structure du système nerveux | Il fallait aussi, dans la répartition, ne pas se laisser tromper par des dénominations traditionnelles mais | inexactes. Ainsi la « Géographie historique » n’est pas | ment à un professeur du Collège de France, qui le lui donne pour e une rétribution insignifiante. C’est par ce procédé que l’Ecole des Ë Hautes Etudes (quatrième section) peut enseigner une masse con- F sidérable de sciences variées avec un budget minuscule. À

| une branche de la Géographie mais de l’Histoire, C’est Û | sous cette dernière rubrique que nous avons compris _ + les enseignements qui traitent de cette science au Col- | lège de France et à l’École des Hautes Études. | Autre difficulté et des plus épineuses. Comment assimiler les maîtres qui enseignent dans les écoles spé- ” ciales sous des noms si divers avec ceux de la Faculté des Lettres, base de notre classification ? | Pour le Collège de France, il n’y a pas de difficulté: à il sufit de mettre ses professeurs à la même colonne ia que les « titulaires » de la Faculté. Mais pour l’École 3 ù Normale ! Le titre officiel est « maître de conférences ». ‘4 Force nous a été de mettre ses professeurs à cette je colonne, bien que la plupart touchent le même traite- } ment qu’un professeur au Collège de France. (1) st Et pour l’École des Chartes ! Ses professeurs, assimi- À lables scientifiquement aux « titulaires » de la Faculté, à ne le sont nullement au point de vue pécuniaire, car l: leur traitement n’atteint que la moitié de ce qu’on ki accorde à leurs confrères « universitaires » et est infé-

1 rieur à celui même d’un maître de conférences. Deux b chargés de cours ont été dans notre tableau assimilés | ne à ces derniers. 4 |

À Même remarque pour l’École du Louvre, etc.

À Pour l’École des Hautes Études, l’embarras devient

ÿ extrême. Il y existe des directeurs d’études, des direc-

‘a teurs-adjoints, des maîtres de conférences. Je les ai D: () Un récent décret, — en date du 29 juillet 1904, — accorde à

f une partie du personnel le titre de « professeur » en le rattachant k aux Facultés des Lettres et des Sciences. Les autres conservent ‘à leur dénomination de « maîtres de conférences ». Nous avons tenu US compte de ce décret en dressant notre tableau. |

professeurs-adjoints, maîtres de conférences et chargés de cours complémentaires de la Faculté des Lettres. 4 Mais, tandis qu’un professeur titulaire de celle-ci touche 10, 12, 15.000 francs de traitement, un directeur de l’École n’en a que 2.000 à 2.500 quand il est déjà professeur ailleurs. Quand ce n’est pas le cas, son traite- : ment n’atteint pas la moitié de celui d’un maître de conférences de la Faculté voisine ! Que dire des simples « maîtres de conférences » de l’École! Leur traitement n’est pas supérieur, ou presque pas, au stipendium que È reçoit un privat-dozent prussien !

Toutes ces assimilations sont donc plus ou moins fallacieuses. Mais il était impossible de les éviter à moins de multiplier les subdivisions et de produire une confusion bien pire. |

Au reste, comme, dans nos considérations finales, À nous ferons abstraction de ces dénominations adminis- | tratives pour ne considérer in globo que le personnel rétribué (quelle que soit cette rétribution) de la France i et de l’Allemagne, — cet inconvénient est provisoire.

Il n’a pas été tenu compte des « cours libres » pour la . France. Ils sont fort irréguliers, portent sur des sujets trop divers, enfin sont très peu nombreux (une dizaine à Paris, autant en province). Ils n’enrichiraïent que de | bien peu le total français. Aucune assimilation n’est possible entre le professeur « libre » et le dozent allemand, suisse, italien, scandinave, russe. On n’exige ; aucun grade du premier et il n’a aucun avantage en

É perspective. Enseignât-il trente ans, cela ne lui vaudrait pas la moindre faveur. 4 Dernière remarque, la plus délicate de toutes: L’unité . À

professorale française vaut-elle l’unité allemande? Ÿ Scientifiquement oui, le plus souvent. Mais au point de 9 vue du rendement pédagogique, non. Le professeur ordinaire allemand donne 6, 7,8 heures de cours et conférences par semaine; le français titulaire en donne 3. Ë Comment assimiler au professeur d’histoire de l’art de l’Université de Berlin qui « rend » 6, 8, 10 heures de 44 À cours par semaine du 15 octobre au 15 juillet, le profes- | seur de l’École du Louvre de Paris qui, de décembre ” à mai, donne vingt leçons d’une heure ? — Tous deux comptent pour 1 dans notre tableau et il est évident cependant que la valeur « professorale » du second est insignifiante en comparaison de celle du premier. 4 Des considérations qui précèdent, il résulte déjà que, ; dans le parallèle que nous allons instituer entre les ] deux pays, le nôtre sera constamment et fortement

… .

114 33

La différence d’organisation rend la comparaison dif- # 1 : ficile. En Allemagne la philosophie, — exception faite. de la logique, — ne rentre pas dans le cadre de l’ense-

gnement secondaire. Il est donc nécessaire que les Universités possèdent un nombre de maîtres beaucoup plus E

grand que chez nous. Et c’est ce qui explique le chiffre

élevé de l’Allemagne par rapport au total français,

lequel est d’une singulière maigreur. Cette importante

réserve faite, il n’en demeure pas moins que le nombre 4

des professeurs de philosophie est, dans nos Universités | _ de province, très réduit. Deux villes seulement, Lyon et Bordeaux, présentent 3 maîtres pour la Philosophie, la 4 Sociologie et la Pédagogie réunies. Lille, Montpellier, À Toulouse, n’en ont que deux. Les huit autres doivent se < contenter d’un seul professeur, ce qui est vraiment peu. 4 Trois ou quatre conférences supplémentaires ne seraient pas de trop. NUE » L 44

| L’enseignement de cette science est très mal organisé ; en France ou, plutôt, ne l’est pas du tout. Un seul pro- 4

fesseur, à Rennes, pour toute la province française! (1)

A Paris même, il n’y a absolument aucun lien entre les is

k (1) Outre une chaire à Rennes, on trouve une conférence sup- |

. plémentaire à Lyon et un cours libre de 12 leçons par an à

professeurs qui l’enseignent, l’un au Collège de France, 8)

| l’autre à la Faculté, un troisième à la 4 section de |

4 l’École des Hautes Études, d’autres à la 3° ‘section. C’est F f

à l’incohérence même. Au surplus, si la Psycho-physio-
logie est bien étudiée à Paris, à peine peut-on dire que

4 la Psycho-physique le soit. Donc, chez nous, la situa-

à tion est très mauvaise. Pas d’organisation à Paris, en |

f | province un peu plus que le néant.

pi Les chiffres allemands (10 professeurs et 5 dozents)

| sont inférieurs à la réalité. Beaucoup de professeurs de . ;

  • philosophie s’occupent de psychologie expérimentale,

4 bien que leur enseignement soit qualifié « philosophie »

4 dans les annuaires. Peut-être eût-il été préférable de ne

j faire qu’une seule section de la Philosophie et de la Psy-

N Les deux réunies donnent un total de 104 maîtres, $

j dont 69 rétribués (professeurs ordinaires et extraordi-

| naires) et 35 dozents. Il y a huit ans, j’en relevais 88, :

dont 65 « professeurs ». (1) Il y a donc une légère aug- {

| mentation à la fois des professeurs et des dozents. En

  • France, je relève une petite augmentation à Paris (trois), » mais le total de la province (vingt-deux) n’a pas bougé.

ne En Allemagne on réunit sous le titre de Alterthums-

à ! wissenschaft l’étude des langues, littératures, institu-

1 tions, histoire et archéologie des peuples grec et latin.

1 a) Pour la langue et la littérature, la Philologie au

‘4 . Sens strict, le total allemand 8% (dont 69 professeurs),

4 (@) Voyez la Reoue Internationale de l’Enseignement du 15 sep-

n’a pas sensiblement varié. En 1896, on relevait un î total de 82 (dont 65 professeurs). En France, le total | d général (70) se retrouve quasi identique. Il est curieux : d’observer, — par une exception unique, — que ce total À est égal à celui du personnel rétribué de l’Allemagne. L L’anomalie s’explique aisément. Les étudiants français ; arrivent à la Faculté très jeunes et dans un état d’igno- f rance à peu près complète du grec et même du latin. Il À est nécessaire qu’on refasse leur instruction. Maîtres de | conférences et professeurs ont besoin de professer tout { d’abord à leur intention, non pas des classes de rhéto- ! rique supérieure, mais de quatrième supérieure. k L’instruction donnée dans les gymnases allemands } durant trois ans de plus que chez nous, les professeurs de philologie classique des Universités allemandes ont affaire à un auditoire plus mûr et plus instruit et n’ont Ë pas besoin d’être relativement aussi nombreux que chez F nous. Encore faut-il remarquer que, à Caen et à Cler- ? mont, les professeurs de grec et delatin n’ont pas un maître É de conférences pour les aider. A Besançon, à Grenoble, ‘% ces fonctions sont remplies par un professeur du Lycée. l b) Nos voisins se rattrapent avec l’Histoire ancienne. Point d’Université qui n’ait à l’heure actuelle sa chaire Ï d’histoire ancienne. Les rares Universités allemandes à qui n’en possédaient point en 1896, Erlangen, Giessen, l -Münster, Tübingen, ont comblé cette lacune en 1904. — | Chez nous, si Paris est fort bien pourvu, la province | est demeurée aussi arriérée : 8 ou 9 professeurs (1) ou | (1) Le tableau en porte 2 pour Bordeaux; mais ce n’est pas tout à fait exact. M. Jullian est [était] professeur d’histoire du Sud- L Ouest et ne consacre à l’Antiquité qu’une partie de son activité. 1

maîtres de conférences en 1904 (5 en 1896), en face des ; 27 maîtres (dont 24 professeurs) de la province allemande ! — J’ai expliqué ailleurs et déploré le motif de * cette pénurie : chez nous l’histoire ancienne n’est im- | posée qu’aux seuls étudiants en histoire. Les « philo- É logues » ont le droit de s’en désintéresser. j | c) Mêmes observations au sujet de l’Archéologie h classique. Paris n’est pas supérieur à Berlin. (1) Et la _ province! Elle avait 7 professeurs en 1896 : elle en a 5 _ en 1904! — En Allemagne, aucune Université, même la | plus petite, Rostock, n’est dépourvue de cet enseigne- | ment. Chez nous, dans 9 Universités (sur 14), il n’est | point donné par un professeur spécial. Un historien ou un philologue y consacre quelques leçons par an et irrégulièrement. C’est tout à fait insuffisant. Par raison d’économie, on pourrait, dans certains cas, réunir cet _ enseignement à celui de l’histoire ancienne, bien que cette combinaison présente des inconvénients assez Ÿ sérieux. De toutes manières, on voit combien nous sommes arriérés. Et ce n’est pas seulement par rapport , à l’Allemagne, mais par rapport à l’Italie. Dans ce : dernier pays, toute Faculté des Lettres, quelle qu’elle É soit, possède son professeur d’histoire ancienne et son _ professeur d’archéologie. J’ai relevé pour 1903, en ÿ 10 dozents) ! C’est le TRIPLE de ce que possède la

1 () al n’est pas facile à Paris de ranger certains enseignements du +. Collège de France, etc., dans l’Archéologie plutôt que dans l’Hisn.. toire. Nous avons mis sous ce dernier chef l’Épigraphie, qui est une & science auxiliaire de l’Histoire et non une branche de lArt.

° J’ai signalé à la « Société d’histoire moderne » (1)le développement qu’a pris l’enseignement de l’histoire moderne et contemporaine dans les Universités allemandes en même temps que l’histoire du Moyen-Age conservait tout son éclat. Dans des Universités secondaires on trouve, pour l’époque qui s’étend du dix- | huitième à la fin du dix-neuvième siècle, un professeur ordinaire, un extraordinaire, un ou deux dozents. \ L’histoire du Moyen-Age possède aussi toujours un ou à En 1896, l’Allemagne comptait déjà 104 maîtres (dont 71 professeurs) pour l’histoire médiévale et moderne. À En 1904, ce total monte à 120 (dont 78 professeurs). 4 En France, si Paris, en comptant Faculté et écoles spéciales, est bien pourvu, la province n’a pas bougé : À en 1904 comme en 1896, 31 professeurs à opposer aux | 104 maîtres (dont 69 professeurs) de la province alle- k mande ! Encore faut-il observer que dans cinq Univer- | sités (Besançon, Clermont, Dijon, Grenoble, Poitiers) le professeur d’histoire moderne doit joindre à son ensei- ñ

  • (1) En février 1904. Voyez le Bulletin de la Société n° 21 et aussi
    Reoue de Synthèse Historique, 1904, page 110, note 3[avec une erreur 5 de transcription]. A la fin de la séance suivante, un des membres l de la Société, privat-dozent dans une Université allemande, taxa mes résultats d’exagération en faisant observer que beaucoup de dozents et même de professeurs « extraordinaires » suspendaient ] lenseignement et voyageaient pour des travaux personnels. à L’heure avancée ne me permit pas de répondre 1° que pour la ë France aussi les professeurs demandaient de loin en loin des D congés, > que les professeurs et dozents en congé (dont mon contradicteur) n’avaient pas été portés dans ma statistique. Celle-ci | subsiste donc. 4

gnement celui de la Géographie et le professeur d’his- & toire médiévale celui de l’Antiquité! Enfin, deux Uni- DA | versités, Aix et Grenoble, n’ont pas de professeur d’his- 4 Combien plus grave est la situation de la France au { ( Déjà Paris est, — faute d’organisation, — fort inférieur ‘à

  • à Berlin. Quant à la province, c’est lamentable. Deux à _ maîtres de conférences, l’un à Lille, l’autre à Lyon; à | Toulouse une leçon hebdomadaire d’un professeur de | lycée, — et c’est tout ! Je relevais en 1896 pour l’Histoire de l’Art moderne _ compris l’art musical. Néanmoins il existait encore six Universités ne possédant point cet enseigne- Ë _ Rostock). Toutes ont comblé cette lacune et celles même qui possédaient déjà cet enseignement l’ont déveN loppé. En sorte qu’en 1904 on trouve 38 maîtres (dont 24 : _ professeurs), non compris l’art musical. _ Pour ce dernier une distinction importante s’impose. … Chaque Université allemande possède un ou deux HÉRSE … « lehrer » qui enseignent l’harmonie et la composition À É comme dans nos Conservatoires. Cela n’a rien à faire ; 2 avec l’Histoire. Aussi n’avons-nous point tenu compte , ù … de ces « lehrer », sauf dans le cas où ils joignent à leur $ ù “enseignement professionnel celui de l’histoire de la muhe ; (1) [A Pheure actuelle, Grenoble est même réduite à un (sic) pro5 _fesseur devant enseigner toute l’histoire et toute la Géographie.]

sique. Dans les dix dernières années l’histoire de l’art musical a commencé à conquérir sa place au soleil. Si elle ne possède pas encore, même en Allemagne, de chaire de « titulaire », sauf à Strasbourg, elle compte 8 profes F seurs « extraordinaires » et le chiffre de 5 dozents … montre qu’on a foi en son avenir. Au total 24 maîtres de tous ordres. (1) Pour la France, l’enseignement de l’histoire musicale | est professé dans un cours public d’une heure ou deux par semaine au Conservatoire. Un maître de confé- rences de l’École normale supérieure y consacre aussi quelques lecons. Enfin de jeunes hommes de bonne volonté donnent des conférences à l’École des Hautes Études Sociales. Mais ces conférences bénévoles, qui ne comportent qu’un petit nombre d’heures par an, ne peuvent | nullement offrir au public l’équivalent de cours hebdo- … madaires professés d’un bout de l’année à l’autre. Comture parez à ce que donne Paris, ce que fournit Leipzig avec ses trois professeurs extraordinaires fouillant méthodi- | quement l’histoire musicale de tous les payset detoutes les époques, à raison de cinq, six, huit heures par se maine! Il y a là-bas une organisation; chez nous on Inutile de parler de la province française, c’est le néant. Pas un cours, pas une conférence ! ; (1) J’avais dit vingt-six dans ma communication à la Société d’histoire moderne. Les chiffres ne peuvent être rigoureusement fixés, certains dozents ou même « lehrer » devenant professeurs extraordinaires, certains « extraordinaires » pouvant suspendre lenseignement pendant un semestre. En prenant la moyenne de vingtcinq on ne risquera de se tromper qu’à une ou deux unités près, ce qui est, en l’espèce, insignifiant. Par contre, mon chiffre de À trente-trois pour l’art moderne est trop faible : il faut lire trentehuit. ; £

4 Si l’on additionne l’Histoire de l’art musical à l”His- A » toire des arts plastiques on constate ceci : l’Allemagne 4 _ qui, en 1891, comptait 36 maîtres (dont 17 professeurs) | en possède en 1904 — 62 (dont 33 professeurs). — Elle a presque doublé son personnel. 4 Chez nous, la transformation en chaire d’un cours : Ÿ supplémentaire à la Sorbonne, dèux conférences en : | 1 province, (r) représentent tout l’effort qu’on a été ca- 4 i pable de faire! A Pour l’enseignement de l’histoire de l’art moderne, la _ France est inférieure non seulement à l’Allemagne mais ! il à la Suisse. La minuscule Université de Bâle avec trois ; È professeurs et un dozent est plus riche de personnel que | toute la province française!

_ On pourrait poursuivre la comparaison, — avec l’Au- :

triche, les Pays scandinaves, l’Italie, la Russie même.

Partout un ou deux professeurs, tout au moins un

” dozent, enseignent l’histoire de l’art moderne.

(4 _ Seules la France et l’Espagne font exception en Eu-

He. Cet enseignement s’est encore développé en Alle- Fi

  • magne dans les dernières années, les deux seules Uni- Ÿ, 13 versités qui ne le possédaient pas ont comblé la lacune.
  • Le nombre des professeurs a passé de 19 à 25 et les 10 : 40 dozents se sont multipliés, à Berlin surtout. Au total | 11e Chez nous le statu quo. Une conférence de plus à < LA d (1) Dans le tableau on a compté un professeur à Dijon. Ce n’est x 11 qu’à moitié exact. La chaire est en réalité une chaire d’histoire lo- ; du “+ nue à laquelle se joint un enseignement artistique.

” pas avoir de professeur de géographie (Besançon, Cler- | a) Langue et littérature allemandes. — Jusqu’àlafin du dix-neuvième siècle dans l’enseignement de la Philo- . logie germanique, l’histoire de la langue et l’étude de la littérature se distinguaient mal chez nos voisins. Ils É ont gagné à cette confusion d’avoir des historiens de la | littérature allemande profondément versés dans l’his- | toire de leur langue natale et non, comme trop souvent . ce fut le cas chez nous, au temps jadis, des rhéto- 4 riciens ignares. La séparation semble néanmoins | à accomplie à l’heure actuelle. J’ai relevé un nombre égal ; (37) de littérateurs, et de « grammairiens », comme on | dit chez nous. Tout au plus peut-on observer qu’il semble y avoir parmi les « professeurs » encore un peu plus de « philologues » (30) que de littérateurs (25). Le total 74 n’a pas changé sensiblement depuis huit
ans (75 en 1896) mais le nombre des professeurs a passé de 45 à 55, dix dozents ayant obtenu des chaires. ; En France, la langue et la littérature allemandes ne | delà des Vosges. Toutefois, on peut regretter que l’organisation soit encore défectueuse. À Paris, deux professeurs de la Faculté des Lettres ne peuvent suffire à la tâche de guider une masse de candidats à l’agrégation, (1) Le total français doit être augmenté de la chaire de géographie physique, bien que celle-ci soit placée à la Faculté des

( à la licence, au certificat; tandis qu’à l’École Normale ÿ le maître de conférences n’a affaire qu’à une poignée . d’élèves. Au Collège de France l’auditoire est irrégulier Ë et disparate. ] En province, seule la Faculté de Nancy possède deux professeurs, l’un pour la littérature, l’autre pour la phi1 lologie allemande. Lyon et Toulouse sont obligées de a J faire appel à des professeurs du lycée pour seconder le À] professeur. Cet expédient n’est pas à recommander, _ j’ai déjà dit pour quelle raison. Enfin, ilestinadmissible / A que deux Universités françaises, Besançon et Caen, 4 n’aient ni professeur ni maître deconférences d’allemand 4 Elles ne donnent cet enseignement qu’en ayant recours : à un professeur du lycée. Encore la première doit-elle le rétribuer sur ses faibles ressources. C’est absolument honteux. L’État français doit au moins le nécessaire à __ nos Facultés des Lettres. L Elles tentent depuis trois ans d’organiser l’enseignement des langues vivantes en appelant des « lecteurs », _ à l’exemple des pays voisins. Leur pauvreté est telle que trois cu quatre peuvent à grand peine s’offrir ce luxe! 4 Un autre défaut de cet enseignement c’est que, | lorsqu’il se hausse au-dessus d’une terne préparation | d’examen, il est simplement « littéraire ». L’histoire de 4 la langue est négligée faute de personnel. Et cela est . d’autant plus regrettable que toutes nos Facultés de : province (sauf Lyon et Montpellier) sont dépourvues de | à chaires de « linguistique comparée » qui pourraient en … partie combler cette lacune.

| b) Langue et littérature anglaises. — Mèmes doléances | du côté de la France. A Paris, le personnel est numéri-

quement insuffisant. Il faudrait une chaire de « langue » 4 anglaise à côté de la chaire de « littérature » qui existe à la Sorbonne. En province, ni Aix ni Dijon n’ont À de professeur d’anglais ! Montpellier même combine l’anglais et l’italien. Quant à Clermont et à Grenoble elles ont recours, comme toujours, à un professeur de lycée. On relève quatre lecteurs ou lectrices seulement

  • pour 14 Universités. L’Allemagne, — cependant, — a fortement augmenté son personnel, qui a passé de 29 (dont 18 professeurs) université a un et parfois deux lecteurs. 3 Le total de la France (21 tout compris) est insuffisant. À Comme pour l’allemand, l’histoire de la langue est très négligée. Le remède serait le même : instituer l’ensei- à gnement de la linguistique comparée. J c) Langues et littératures romanes. —1. — Langue et È littérature françaises. — Chez nous l’étude de la « littéra- : ture » s’est toujours distinguée de celle de la langue. Actuellement encore nos chaires de « langue et littérature , françaises » sont surtout littéraires.

, Au point de vue « littéraire » Paris est suffisamment bien pourvu mais pas mieux que Berlin. La province F: française ne l’est pas si bien qu’on pourrait croire. Vu À la richesse et l’importance de notre littérature il est impossible à un seul homme de l’embrasser toute ’ d’un maître de conférences, ce qui n’a lieu ni à Caen, 1 Besançon, on n’a pas voulu faire les frais d’une maîtrise À de conférences et on fait appel à un professeur du lycée. ‘4

Quant à l’histoire de la langue française elle n’a de spécialiste qu’à Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Caen. On ! comprend très bien que dans plus d’une Université cet 1 enseignement soit confié au professeur de « philologie 4 romane ». Le malheur c’est que cinq de nos Universités (Besançon, Clermont, Dijon, Grenoble, Poitiers) n’ont | pas cet enseignement, lequel ne fait défaut à aucune Université allemande, suisse, italienne, scandinave, américaine, quelle que soit son importance. Le résultat c’est que pour l’ensemble de ia France on ne Ù trouve pas plus d’une demi-douzaine de spécialistes | pour enseigner l’histoire de la langue française tandis | : que dans les Universités allemandes une quarantaine se ; consacrent à l’étude de l’idiome germanique ! Ily a mieux: ( la grande majorité des 30 professeurs et dozents de À « philologie romane » que l’on trouve au-delà des Vosges ï s’attache particulièrement au français (l’italien et surl tout l’espagnol sont relativement négligés), particuliè- | rement au côté philologique. Si bien qu’il paraît en À Allemagne dix fois plus de travaux qu’on n’en publie en

  • France, sur l’histoire de la langue française. La chose en ï est venue au point qu’il faut savoir l’allemand pour étu- : 1 dier l’histoire de notre parler, la grande majorité des bons À _ travauxétant en allemand. Voilà où nous en sommes. ; II. En ce qui touche l’enseignement des langues et À littératures italiennes et espagnoles quelques progrès ke ont été réalisés chez nous en ces dernières années. ML Néanmoins il reste encore à faire. Le dédoublement de la x chaire anglo-italienne (!) de Montpellier, — par exemple, À III. Signalons comme curiosité que l’enseignement de la

langue et de la littérature provençales est plus développé en Allemagne qu’en France. On ne s’en étonnera pas D: quand on songera qu’à Aix-Marseille même on ‘apu se décider à créer une chaire de provençal et que cet enseignement est donné par le professeur de latin sous forme de conférence complémentaire. 5

IV. Une lacune singulière dans le haut enseignement c’est l’omission de toute chaire ou conférence sur la langue et la littérature portugaises. Se doute-t-on que | cette langue est parlée par près de vingt millions d’hommes? que les États-Unis du Brésil, grands dixhuit fois comme la France, sont appelés à jouer un grand rôle au cours du présent siècle. Le portugais sera d’ici cinquante ans parlé par plus d’hommes sur la terre que ne le sera le français. Il semble qu’il serait bon de consacrer à la langue, à la littérature, à l’histoire du | | Portugal et du Brésil un minimum de deux chaires, | lune à Paris, l’autre à Bordeaux. d) Langues et littératures slaves.— Le voisinage de la F Pologne et de la Russie a conduit naturellement l’Allemagne à accorder plus d’attention que nous-mêmes | à cette branche d’études. Néanmoins, il est bien certain | que nous avons fait trop peu. Une chaire au Collège de ; France, une conférence à la Sorbonne, sans parler des | cours de l’École des langues orientales, peuvent à la rigueur suffire pour Paris. Mais en province une confé- | rence à Lille, à Dijon un cours libre professé par le . professeur d’allemänd, c’est bien strict. Encore dans tous ces établissements se borne-t-on à enseigner les ; éléments du russe et à étudier un peu la littérature. La « philologie slave », à vrai dire, n’est pas enseignée

en France (tandis qu’elle l’est à Leipzig, à Berlin, à Bonn, » à Breslau, etc), sauf à l’École des Hautes Études, F k les années où le professeur de grammaire comparée | prend cette science comme objet de son enseignement. k J’ai réuni sous ce titre commun les deux choses À pour me conformer à un usage suivi encore en Alle- ï magne même. Par économie on a confié longtemps ces ù deux enseignements à un seul professeur, mais ils à men sont pas moins de nature fort différente. La : ‘1 connaissance du sanskrit est indispensable pour la ( linguistique comparée, mais pas plus que celle du e grec ou du slave. Par contre, le professeur qui ne sau- à rait que la grammaire sanskrite sans se préoccuper

| de la civilisation de l’Inde (littérature, religion, art,

| histoire), serait un « indianiste » manifestement insufli-

L sant. Au reste, dans la plupart des Universités alle-

É mandes, la séparation est en train de se faire ou même

‘ s’est accomplie. A l’heure actuelle on compte plus

__ d’« indianistes » (1) que d’ « indo-germanistes ».

À Quoi qu’il en soit, l’Allemagne offre au total 50 maîtres

(dont 41 professeurs et 9 dozents) auxquels la France E oppose vaillamment 8 (sic) professeurs et maîtres de 1 conférences. Si l’on décompose ce dernier chiffre, on ; woit qu’il n’y a dans l’enseignement français qu’un seul É

  • indianiste (au Collège de France), secondé par un à maître de conférences (à l’École des Hautes Études) à 1 opposer aux 30 indianistes de l’Allemagne. Il n’existe : f (1) J’en relève une trentaine contre une vingtaine seulement de qe « grammairiens ». Ces chiffres sont naturellement approximatifs.

pas un pays au monde, j’entends un pays civilisé, où, dans ce domaine, l’on soit tombé aussi bas que chez nous. “1 Pour la Linguistique comparée (unie d’ailleurs au FA sanskrit) deux Universités seulement, Lyon et Montpel- 4 lier, sont pourvues d’un professeur. Les 12 autres n’ont 4 ! rien. Si bien que la province française a ses 2 professeurs (1) à opposer aux 44 de la province allemande! | Et cependant la « linguistique comparée » tout au moins n’est pas de pur luxe. Elle n’est pas seulement utile aux étudiants de philologie classique (grec et latin), mais aux étudiants en anglais et en allemand. 1 On a dit plus haut, en effet, que pour les langues modernes, nos Universités, faute de personnel, ne pouvaient guère donner qu’un enseignement « littéraire ». Un maître de conférences consacrant deux leçons par + semaine à la grammaire comparée du grec et du latin, : deux autres à celle de l’allemand et de l’anglais serait extrêmement précieux. Son absence se fait sentir dans presque toutes nos Universités. Mais notre administra- ÿ tion supérieure est tellement ignare qu’elle ne paraît À même pas se douter de cette importante lacune. il La Philologie iranienne (Perse, Afghanistan) est enseignée en Allemagne par les indianistes et les indo- ‘à germanistes. En France, cette science fait l’objet d’une 1 heure de cours par semaine, professé par le directeur- 3 adjoint de linguistique comparée de l’école des Hautes ‘4 (1) Il y a, en outre, à Nancy et à Bordeaux, deux maîtres de confé- Fe rences de « grammaire », mais leur enseignement est, je-crois, 1 plus philologique que linguistique; aussi les ai-je comptés parmi nù les philologues. Ki.

_ Ce domaine est immense et doit être subdivisé. Abstraction faite du Sanskrit dont il vient d’être question, | on doit distinguer les Langues Sémitiques, les langues d’Extrême-Orient, l’Égyptologie. | a) Langues Sémitiques. — Il est peu d’Universités allemandes, suisses, américaines, etc., quine possèdent au moins un professeur pour cette spécialité. En Allemagne les Facultés de philosophie offrent 43 maîtres (dont 29 professeurs ordinaires et extraordinaires), la plupart | enseignant simultanément les cinq grandes langues | sémitiques : hébreu, syriaque, arabe, éthiopien, assyE’ rien. Toutefois, l’arabe paraît avoir la faveur. L’hiver : dernier (1903-1904), 29 cours lui étaient consacrés. Puis venait l’assyriologie (16 cours), le syriaque (14), enfin, | l’hébreu (14 cours) (r) et l’éthiopien (6). Défalcation k faite de Berlin, il restait 34 maîtres pour les autres Universités de l’Allemagne. En France, le total est facile à faire : en dehors de ê Paris il n’y a absolument rien. Alger est le seul centre en dehors de Paris, avec3 pro- À fesseurs. En ajoutant même les deux cours publics de 1 Constantine et d’Oran, on voit combien notre total est À faible. Nous sommes inférieurs sur ce terrain, comme % (1) Ce faible chiffre peut surprendre. C’est que l’hébreu s’apprend ; K surtout dans les Facultés de théologie qui ne comptent pas moins | de 39 maîtres (dont 32 professeurs) pour les langues sémitiques. Ces è Facultés de théologie enseignent non seulement l’hébreu et le 1e syriaque, mais parfois aussi Varabe et l’assyriologie. Au total - Ge PAllemagne compte dans son enseignement supérieur plus de 1 80 professeurs pour les langues sémitiques.

personnel, à tous les peuples d’Europe et d’Amérique(1) sans exception, inférieurs même à l’Espagne, car les a pauvres Universités espagnoles ont du moins leur pro- x 4 Et nous sommes les maîtres de l’Afrique du Nord et, 1 en Syrie, la nation encore prépondérante! (2) Notre 1} infériorité n’est explicable, comme toujours, que par É lexcessive ignorance de l’Administration de la rue de 4 On lira plus loin qu’il paraît impossible d’introduire JA

  • d’une manière scientifique l’enseignement de l’Histoire de la Sociologie religieuse sans l’appui des langues é ] b) l’Extréme-Orient. — Les trois langues principales T4 sont le Chinois, l”Annamite, le Japonais, cette dernière ;. totalement différente des deux premières. En dehors de ; Paris, on ne trouve qu’un seul cours (de chinois) à Lyon. ÿ Marseille est tout désigné pour être le centre d’une 4 Ecole de langues orientakes qu’il faudra, bon gré mal ; gré, créer en province. L’Ecole française d’Hanoï, peut- 4 () Vous ne trouverez pas d’Université aux États-Unis, si humble } soit-elle, qui wait au moins un professeur d’hébreu et d’arabe. En 4
  • France la situation de lorientalisme est presque aussi mauvaise : qu’il y a cinquante ans. Renan pourrait en 1905 répéter les mêmes 14 plaintes que vers 1855. (2) On pourrait objecter que les längues orientales vivantes pré-
    sentent seules un avantage pratique. Par suite ce n’est pas l’arabe 4 é littéraire qu’il faudrait enseigner mais l’arabe oulgaire, en ses mul- ! ‘ tiples dialectes. Ceci n’est qu’à moitié vrai. L’arabe vulgaire n’est jamais écrit, c’est un patois pour celui qui le parle. Quand il prend $ le roseau, fût-ce un marchand de dattes, l’Arabe écrit l’arabe litté- k raire. Ajoutons que l”Européen qui ne saurait que la langue vulgaire, : 012 sans posséder la languë savante et littéraire, ne jouirait d’aucune
    estime, pas plus que chez nous un paysan qui ne saurait que son ee

être la plus heureuse création de M. Doumer en Indo-

| Chine, fournirait aisément le personnel nécessaire.

L’Allemagne aussi est mal pourvue en dehors de la

capitale. On a fait observer, d’ailleurs, que les Écoles

| de langues orientales vivantes des deux capitales n’étaient pas comprises dans notre relevé.

| c) l’Égyptologie. — Cette science doit peut-être à son origine française d’être mieux pourvue relativement que les autres branches de l’orientalisme. Paris compte un

| nombre très respectable d’égyptologues. La province a une conférence (à Lyon) et une autre se trouve à

L’Allemagne n’a pas tout concentré à Berlin. Cette science est aussi représentée à Leipzig, Munich, Bonn,

| Il est évident que notre école du Caire n’a point de | débouchés suflisants et qu’il y aurait lieu de répandre | un peu plus cette science en France. Deux ou trois conférences en province pourraient, d’ailleurs, suffire. 1 d).— Une étude encore inconnue chez nous c’est la Phi- À .« lologie finno-ougrienne qui traite des langues encore si F mal débrouillées, finlandais, magyar, turc, etc. Le personnel fait défaut. | Ce mot rend très mal le terme allemand Staatswissen- | schaft qui s’entend à la fois de l’Administration et de l’Économie, « politique » comme nous disons, « natio- , nale » comme disent les Allemands. Chaque Université ù compte en moyenne deux professeurs ordinaires et i un extraordinaire ou un dozent. Les deux premiers

enseignent alternativement l « Économie nationale 1 théorique » et | « Economie nationale pratique ». F4

Chez nous cet enseignement ne rentre pas dans le 4 cadre de la Faculté des Lettres (1) maïs dans celui de ; la Faculté de Droit. Il y est d’ailleurs fort mal organisé, 4 etcomme méthode, et comme programmes, et comme per- 1 sonnel. Pas d’enseignement des faits économiques. 1 L’ « histoire des doctrines économiques » confiée trop souvent en province non à un spécialiste mais à un éviter de payer un homme compétent. De même pour l’économie industrielle. La Science financière, la Statistique, mal enseignées en province, ou même pas du }

Le résultat le voici : la province française n’a pas plus de 12 à 15 professeurs ou agrégés à opposer aux 65 5 (dont 13 dozents) de la province allemande. (2) Paris 2 même, avec une douzaine de professeurs ou agrégés 4 niale, etc., est inférieur à Berlin (3) qui compte une vingtaine de professeurs et dozents.

L’Allemagne a beaucoup développé cet enseignement 4 depuis une dizaine d’années. 4

Chez nous les quelques améliorations réalisées con- | n

(1) Sauf une exception unique : la Sorbonne a un professeur 1

(2) Dans ce chiffre sont compris non seulement les professeurs À de Staatswissenschaft de la Faculté de Philosophie, mais ceux qui S enseignent dans les Facultés spéciales de Sciences politiques et économiques instituées en Bavière et Wurtemberg. fl

G) Et à presque toutes les Universités américaines. Je ne serais pas embarrassé d’en citer plus de vingt aux Etats-Unis dont le É: personnel est plus riche que celui de Paris même en ce qui touche 4 les Sciences économiques. x.

cernent, comme toujours, Paris. La province s’en tire | <omme elle peut, c’est-à-dire fort mal. | On a omis, dans les deux tableaux, un certain nombre d’études parce que n’étant représentées que par un nombre très restreint de maîtres elles auraient obligé, sans grand profit, à multiplier le nombre déjà élevé de nos rubriques. Ainsi la Philologie celtique. Elle compte en France | trois chaires, une au Collège de France, une à l’École des Hautes Études, une à l’Université de Rennes. L’Allemagne en possède une à Berlin et, en outre, dans deux ou trois autres centres, les professeurs de linguistique comparée font des cours sur cette matière. L’Archéologie préhistorique compte une chaire à Berlin, une à Paris, à l’École du Louvre. | Les Antiquités mexicaines ont une chaire à Berlin, | une autre à Paris, au Collège de France (chaire du duc La Phonétique générale et expérimentale est professée au Collège de France (par un chef de travaux) et à | l’École des Hautes Études (deux maîtres)., Pour la Philologie byzantine : deux professeurs é 1 Munich, Leipzig), un dozent (Würzburg) en Allemagne, un professeur à Paris (École des Hautes Études). ; On le voit, ces omissions voulues n’influent que d’une 4 manière insignifiante sur le total qui se trouve augmenté ” | J de neuf unités du côté français, de six du côté alleLM

D’autre part, il convient, pour comparer des choses £ comparables, de faire abstraction des « lehrer » de « Staatswissenschaft » pour l’Allemagne, — puisque l’en- ; seignement analogue se donne chez nous, bien qu’avec { moins d’ampleur, dans les Facultés de Droit, — en retran- J chant de notre côté les trois ou quatre chaïires similairés du Collège de France et de la Faculté des Lettres de | Ces précautions prises, on arrive à chiffrer, pour ce | que nous appelons Faculté des « Lettres », au total : | Allemagne : 772 maîtres de tous ordres, dont 569. France : 363 maîtres de tous ordres, tous rétribués | (tout compris, Facultés des Lettres, Collège de France, On le voit, même en faisant abstraction des 203 privat-dozents de l’Allemagne, il reste à nos voisins une supériorité numérique qui dépasse le chiffre de 200 professeurs. Il y a huit ans, en 1896, le total allemand montait déjà + L’augmentation dans ce faible espace de temps a $ dépassé le chiffre de 100 et il est remarquable qu’elle porte en entier sur le personnel rétribué. Ë En France, en 1896, nous avions 318 maîtres de tous : Nous, qui aurions eu beaucoup à faire pour rattraper | | nos rivaux, nous avons augmenté notre personnel dans | des proportions sensiblement plus faibles. Il est clair 4 qu’à marcher de ce train nous perdons notre rang de L

| 1 | Les Facultés des Sciences françaises | | et les Philosophische Fakultaeten d’Allemagne ; | (Mathematisch-Physikalische Abtheïlung) | La comparaison entre les deux pays est rendue 1° par le fait que chez nous les Facultés des | Sciences servent d’écoles techniques, alors qu’en | Allemagne il existe pour la chimie industrielle, x | les applications de la physique, etc., neuf immenses ù | écoles techniques dont le personnel est en dehors de À l’Université. Cependant, dans de petits pays (Hesse, À Mecklembourg, etc.), la Faculté fait, comme en France, Li) | fonction d’école technique ; ÿ Ë 2 en France les étudiants en médecine font leur | première année à la Faculté des Sciences, ce qui a | nécessité naturellement une augmentation du personnel # i pour les sciences physiques et naturelles. Il est vrai “ul ; qu’en Allemagne la pharmacie étant enseignée à la à _ () Les abréviations sont les mêmes que plus haut. Pour ne pas 5 ‘k multiplier les rubriques la Physique mathématique a été jointe à la “ fe: Mathématique, la Chimie physique à la Chimie, la Météorologie à 24 ik la Physique, la Géographie physique à la Géologie et Minéralogie. te

« Philosophische Fakultät », il en résulte qu’on y compte è | un certain nombre de chaires de chimie, de botanique, | | etc., dont la place est, chez nous, à l’École de Pharmacie ou dans les Facultés mixtes de médecine et pharmacie. | On peut admettre que ces deux catégories d’enseigne- ! ment (P. C. N. français, d’une part, enseignement phar- | maceutique allemand de l’autre) s’équivalent à peu près | 3° Bien plus délicate est la question de ce que nos On comprend sous ce nom quantité de choses : chimie | science de l’ingénieur, médecine vétérinaire, etc. Ces différentes branches s’étudient chez nous dans des Mais il existe aussi dans presque toutes les Universités | une ou deux chaires de chimie agricole, de botanique ; agricole, etc. Le plus simple sera de déduire ces ensei- | gnements du côté français et de ne tenir aucun compte de la Landwirthschaft du côté allemand. On laissera : aux spécialistes qui s’occupent de l’enseignement de l « Économie agraire » le soin de rechercher comment il est distribué dans les deux pays. C’est, au reste, un 4 enseignement technique et notre étude envisage surtout ; À le côté purement scientifique. On a pris grand soin d’éviter l’écueil des doubles | (1) Les Allemands ont aussi, en plus de l’enseignement universitaire, des écoles spéciales, ce qui complique encore les choses et J rend les rapprochements très difficiles. k

emplois à Paris, et de ne compter qu’une fois le même ë professeur, même s’il enseigne dans plusieurs établisse- fé ments à la fois. F Les trois premières sections de l’École des Hautes 3 Études n’ont presque pas de personnel enseignant spé- # cial. Tous les directeurs d’études sont, en même temps, ; professeurs au Collège de France, à la Sorbonne, à l’École Normale, au Muséum. Il existe cependant, outre ;

  • deux maîtres de conférences, quelques directeursadjoints, qui ne sont pas dans ce cas: nous les avons assimilés aux professeurs-adjoints de la Faculté. | Les Assistants du Muséum ont été assimilés aux maîtres de conférences de la Faculté des Sciences. Un cours complémentaire de mathématiques, de fondation privée, au Collège de France, a été porté aussi sous cette rubrique (maître de conférences). .

| | 3 eee. Sn ce eee eee neeee de —

4 16 37 17 12 129

La division est factice. Dans les petites Universités, aussi bien en Allemagne qu’en France, un professeur ù enseigne à la fois plusieurs branches des Mathéma- A tiques. D’ailleurs les annuaires renseignent très imparfaitement à ce sujet. | Dans les deux capitales, le nombre des maîtres est sensiblement le même. Mais le personnel rétribué est plus nombreux à Paris qu’à Berlin. La supériorité de la province allemande, 106 (dont 83 rétribués), sur la province française (50), est plus apparente que réelle, parce qu’il existe dans nos lycées des cours de mathématiques « spéciales » que ne possèdent point, je crois, (1) tous les gymnases allemands. L’enseignement des mathématiques ne peut guère prendre d’extension dans nos Facultés des sciences de province. Les étudiants qu’elles devraient posséder préparent dans des lycées ou des établissements privés les concours aux écoles spéciales (Polytechnique, Normale, etc.). Les Facultés pâtissent du mal général dont souffrentles enseignements supérieur et se- | condaire en France : le concours. Dans ces conditions, il est évident qu’elles n’ont pas un besoin, — du moins très urgent, — de chaires nouvelles. Un petit nombre | (1) C’est du moins ce qu’on entend dire. Il me reste un doute. is

Es de maîtrises de conférences représente leurs deside- $

È - De 1896 à 1904, le total français (Paris et province) n’a

\ pas bougé d’une façon appréciable. Le total allemand

Fe (passant de 89 chaires à 95), s’est un peu plus élevé.

; On voit que Paris ne l’emporte que de bien peu sur

Berlin et lui est même inférieur si l’on fait entrer en

; ligne de compte les privat-dozents.

$ La province allemande oppose un contingent de 44

; professeurs et 21 dozents à la quarantaine de profes-

4 seurs et maîtres de conférences de la province française.

s Étant donné la différence de population des deux pays,

j la comparaison n’apparaît pas désavantageuse pour

é nous. Mais il faut signaler que sur ces 39 « physiciens »,

F de province, 13 se consacrent à la physique industrielle, représentée en Allemagne par un nombre infiniment plus élevé de chaïires dans les Technische Hoch-

: Enfin, l’augmentation de 4 à 5 unités effectuée en

: France (Paris et province), depuis 1896, est, proportion-

à F nellement, bien moins forte que celle de l’Allemagne,

  • dont le personnel passe de 64 (dont 41 rétribués), à 81

Il ne faut pas se le dissimuler : pour la physique et

Br particulièrement l’électrotechnique, nous avons encore

Ù beaucoup à faire, je ne dis pas pour rattraper l’Alle-

À magne, (je juge la chose impossible), mais pour ne e

: pas laisser s’élargir encore l’intervalle qui nous en

La supériorité de l’Allemagne devient ici tout à fait écrasante. En 1896 déjà, elle possédait, rien que dans ses Universités (abstraction faite du copieux personnel des Technische Hochschulen) 105 maîtres dont 62 appointés, alors que nous n’en avions (tout compris) que 53.

En 1904 son contingent monte à 149 (dont 51 appoin- : tés). De notre côté nous faisons un effort : la province voit augmenter son total de 4 unités! Mais, je le répète, comme nos Facultés (surtout Nancy, Lyon, Lille) font fonction d’ « Écoles techniques », l’augmentation est encore insuffisante. La Chimie industrielle et agricole aurait besoin d’être plus vigoureusement développée en

En théorie on doit distinguer les Études minéralogiques (cristallographie, pétrographie) de la Géologie et de la Paléontologie. Dans la pratique cela est difficile, en Allemagne comme en France, ces sciences étant confiées par économie à l’enseignement d’un seul pro- |

Paris, par le nombre du personnel, l’emporte sur

La province, avec 24 professeurs de tous ordres, est visiblement inférieure à la province allemande, toutes .

j (1) On 2 laissé en dehors l’École des Mines. Il eût fallu, du côté allemand, porter le personnel, beaucoup plus nombreux, des Bergakademien.

4 L’augmentation en France (1) n’est que de 2 depuis

;. 1896. Encore faut-il ajouter que l’État n’y est pour rien.

‘À Grenoble, la pauvre Faculté des Sciences a fait les

frais d’un maître de conférences, et à Dijon ce titreest ,

Î donné à un chef de travaux pratiques.

Il est permis de s’en étonner. L’État, quand il crée ou

maintient une Faculté, lui doit le nécessaire. Ce n’est pas faire le nécessaire que d’installer à Grenoble, au milieu des Alpes, un unique savant pour étudier et pro-

| tologie, etc. C’est presque ridicule. Dans les centres, même les plus modestes, il faut deux hommes, et si l’on

| ne peut, par raison d’économie, créer deux chaires, au moins faut-il qu’un maître de conférences double le professeur titulaire. D’autant plus que cet enseignement ne s’adresse pas seulement aux étudiants de licence, mais

| aux futurs médecins du P. C. N. Trop nombreuses sont

encore les Universités françaises réduites à un seul maître : tel est le cas de Besançon, Caen, Poitiers, Rennes, et même de Marseille.

La Géographie physique n’a en France qu’une seule

| chaire, à Paris. On est étonné de ne pas trouver même une simple maîtrise de conférences dans des localités comme Grenoble, etc., qui n’ont pas davantage de professeur de géographie générale à la Faculté des Lettres. On comprend très bien que là où existe ce dernier : enseignement on juge d’un luxe dispendieux d’entretenir un maître de conférences à la Faculté des Sciences. Mais n’avoir pour la Géographie aucun enseignement

(1) Le total allemand semble avoir baissé de 1896 à 1904 (62 au : lieu de 65) mais, en réalité, le personnel rétribué a augmenté : 47 au

ni dans l’une ni dans l’autre Faculté, c’est vraiment trop à $ k peu. C’est ce qui se produit cependant à Besançon, à ‘ES Grâce au Muséum, Paris semblerait l’emporter de beaucoup sur Berlin pour la richesse du personnel.Mais : il faut remarquer que l’on n’a compté du côté allemand ni les 12 custodes, ni les 3 assistants du Zoo- | logischer Museum, — qui ne figurent pas dans les cadres | « professoraux » de l’Université de Berlin ; si bien que la supériorité de Paris se trouve en fin de compte tout à fait fictive. La province française fait bonne figure avec 30 maîtres (1) vis-à-vis des 33 maîtres rétribués de la province allemande. Il est vrai qu’il faut ajouter à ces ) derniers 26 privat-dozents que nous n’avons pas. En outre, il faut faire remarquer, une fois de plus, que nos Facultés des Sciences servent d’écoles préparatoires aux Facultés de Médecine et que, par conséquent, elles | sont tenues d’avoir un personnel plus considérable, — relativement, — pour les sciences naturelles. Un seul homme peut difficilement préparer à la licence et à l’agrégation, encore au P. C. N. Un maître de confé- « rences lui est indispensable. Cependant vous n’en trouverez ni à Besançon, ni à Clermont, ni à Dijon, ni à Grenoble, ni à Poitiers. Enfin, le domaine de la Biologie | (1) Pour rendre la comparaison exacte, il en faudrait déduire quelques unités : par exemple la chaire de zoologie agricole de Marseille. Cette étude rentre dans ce que les Allemands appellent | Lanäxoirthschaft et nous avons dit dans les observations prélimi- < naires que nous l’écartions, et pourquoi nous l’écartions. ]

est tellement étendu qu’on peut souhaiter sans témérité | que dans des Universités importantes (Lille, Montpellier, par exemple) la chaire de Zoologie et Physiologie soit dé- doublée, comme on a fait à Lyon, à Bordeaux, à Toulouse. On le voit, ici encore il y a à faire. Paris paraît pour l’ensemble du personnel, du moins La province française semble d’abord relativement | moins pauvre : 25 contre les 34 professeurs allemands, auxquels s’ajoutent, il est vrai, 15 privat-dozents, Mais il faut remarquer que sur ce total de*25 il y a : 6 ou 7 chaires d’Agronomie, Œnologie, etc., qui rentreraient en Allemagne dans le Landwirthschaft. F Il est vrai, d’autre part, que, du côté allemand, cer- À taines chaires de Botanique s’adressent surtout aux étu- , diants en pharmacie qui, chez nous, sont instruits dans 1 des établissements spéciaux. Autant que possible je les _ ai mises à part sous la rubrique « Pharmacie ». Mais les à annuaires ne permettent pas toujours d’opérer la di- … stinction entre la Botanique générale et la Botal nique pharmaceutique. Le total allemand peut donc

  • être, de son côté, trop élevé de quelques unités. De même que pour la Zoologie et la Minéralogie, F1 l’institution du P. C. N. rend nécessaire chez nous de L placer un maître de conférences à côté du professeur, ‘4 Quatre Universités n’en possèdent pas encore (Clerai mont, Dijon, Grenoble, Poitiers). ‘4 (1) 11 faudrait ajouter pour Berlin, que le Botanischer Garten pos-

L sède un Directeur, deux Custodes, deux Assistants.

Enfin, étant donné que nos Facultés des Sciences jouent le rôle d’Écoles industrielles et agricoles, il est évident que 6 ou 7 chaires d’agronomie pour 14 Universités, c’est fort peu.

Ces sciences sont bien représentées à Paris par l’École d’Anthropologie qui reçoit une petite subvention (son personnel est actuellement de 9 professeurs), par le Muséum, par l’École des Hautes Études. En province on trouve un chargé de cours à Lyon. La province allemande est un peu plus favorisée.

Tentons de préciser les impressions qui se dégagent des comparaisons précédentes.

  1. Paris se voit serré de près par Berlin. Si le nombre | des professeurs rétribués est plus fort chez nous, il faut réfléchir que le traitement du personnel français est 4 aussi plus faible généralement qu’en Allemagne. Nous n’avons pas les dozents qui donnent à l’Université de Berlin une activité scientifique si intense. Paris tient encore son rang, mais il est menacé d’être sous peu

La Faculté des Sciences réduite à ses seules forces f (Go professeurs et maîtres de conférences) ne saurait # soutenir la comparaison avec la section équivalente de
la Philosophische Fakultät de Berlin, dont le personnel ï (tout compris) monte au double. à

Il y a un progrès à signaler chez nous : 214 maîtres de tous ordres au lieu de 192 en 1896. Mais, pendant le , :

mêmé espace de temps, pour les mêmes études, l’Allemagne (hors Berlin) a passé de 395 maîtres de tous ë La progression française a donc été plus faible, en ne tenant compte que du personnel rétribué : 22, au lieu de 41 dans la province allemande.

Néanmoins, en dépit des restrictions précédentes, la À situation numérique des Facultés des Sciences de province, si elle n’est pas aussi bonne qu’on le souhaiterait, n’est pas mauvaise. Avec 40 chaires et conférences nouvelles, on la rendrait brillante. Même avec 25 ou 30 maîtrises de conférences en plus (pour les sciences physiques et naturelles), ces Facultés feraient bonne figure vis-à-vis de l’étranger.

Nous avons vu qu’il n’en était pas de même de nos Facultés des lettres en province dont la situation est Il est visible qu’on à fait, proportionnellement, beaucoup plus pour les unes que pour les autres. Leur perF sonnel est égal à deux unités près (214 contre 216). Or, L le nombre des disciplines qu’une Faculté des Lettres a à _ distribuer est sensiblement plus considérable. Il y a | donc eu chez nous un manque de justice à l’égard des Facultés des Lettres. Une dernière remarque achèvera de mettre ce fait en lumière : 4 Tandis que l’Allemagne (déduction faite de Berlin) __ oppose 312 maîtres rétribués à nos 214 (Facultés des __ Sciences), c’est 512 maîtres rétribués qu’elle place vis-à- _ vis des 216 maîtres de tous ordres de nos Facultés des __ Lettres de province. à 2e La différence est trop saisissante pour qu’il soit néces_ saire d’insister.

Les lacunes du personnel enseignant PA ps des Facultés des Lettres et de Droit de province Ê:: Dans le chapitre précédent on a relevé aufuetà : : mesure les lacunes que présente le personnel de nos % ; Facultés des Lettres de province. Il n’est peut-être pas inutile maintenant d’essayer de les grouper dans um

tableau d’ensemble. Notre vue sera plus nette. ce

Il manque pour : les Facultés des Lettres, approxi

Langue et littérature anglaises… 5.528

Linguistique générale et comparée… 12 Ce total semble élevé au premier abord. On a vu | pourtant que nos évaluations ont été des plus modérées. Les besoins des Facultés des lettres sont grands parce qu’elles ont été de toutes les facultés les plus négligées. La raison s’en comprend aisément. Quand on entreprit, | seignement supérieur, il fallut aviser au plus urgent. Les Facultés des Sciences et de Médecine accaparèrent, ; — c’est bien naturel — l’attention du gouvernement, __ des Chambres, des municipalités, Les Facultés de Droit __ répondaient à des besoins trop évidents pour qu’on pût _ les négliger complètement. Il n’en était point de même des Facultés des Lettres où l’on ne voyait que des écoles | destinées à former des licenciés, besogne à laquelle elles suffisaient tant bien que mal avec un personnel __ restreint. Aussi, exception faite de trois ou quatre, elles _ furent et demeurent négligées. à La variété des enseignements qui doivent prendre _ place dans le cadre de cette Faculté exige cependant un E Géologie, telles sont les branches d’études qui rentrent

dans le cadre d’une Faculté des Sciences. Elles sont au $ à nombre de huit. Aussi s’explique-t-on qu’avec huit professeurs titulaires et quatre à cinq maîtres de confé- ,. rences une Faculté des Sciences puisse faire figure. Elle est honorable avec 15 à 16 maitres, riche avec 20 à 25.(1)

Le nombre des enseignements qu’une Faculté des Lettres doit distribuer est sensiblement plus élevé. En élaguant tout superflu on trouve : |

Langue et Littérature grecques. À

Langues et littératures romanes. ‘ Linguistique générale et comparée. e Archéologie et histoire de l’Art. . Langues et Littératures orientales. i

Au total 14 branches d’études au lieu de 8. Admettons
même que, dans les très petites Facultés, on supprime la philologie orientale, que la philologie romane soit unie en une seule chaire à l’histoire de la langue française,

; comme il est évident, d’autre part, que chaque branche # ne peut se contenter d’un seul professeur (ainsi l’histoire), ; F il n’en demeure pas moins visible qu’avec 15 ou 16 pro-

_ (à) Cest pourquoi, tändis que deux seulement sur quatorze Facultés des Lettres provinciales (Lyon, Bordeaux) sont à peu près con- | venablement dotées, nous possédons six belles Facultés des Sciences, soit presque la moitié (Nancy, Lyon, Bordeaux, Lille, ’ Toulouse, Marseille) et deux honorables : Montpellier, Rennes. É

à fesseurs et maîtres de conférences une petite Faculté ! : des Lettres est relativement moins riche en personnel | qu’une Faculté des Sciences avec 12 ou 13. J’admettrais d’ailleurs fort bien qu’on se contentät du chiffre minimum | (15 est la plus basse limite) pour la moitié de nos Facultés | de province, ainsi pour Besançon, Caen, Clermont, | Dijon, Poitiers, Grenoble même, Mais ce minimum, ces ï Facultés sont malheureusement loin de latteindre. Elles doivent se contenter de 10 à 11 maîtres de tous | ordres (sept titulaires en moyenne, plus trois ou quatre a maîtres de conférences ou professeurs du lycée local). Réduites à un si faible personnel, à peine peut-on dire { qu’elles vivent. Pour les Facultés aussi il existe un 1 standard of life au-dessous duquel il n’y a pas d’exis1 tence réellement possible. ù Nous ne sommes pas au bout des desiderata : k En dehors des « Philosophische Fakultäten », l’Alle- à magne possède vingt-sept facultés de théologie protes- [l tante et catholique. Ce sont, naturellement, des établisse- Î ments confessionnels avant tout. Néanmoins, dans plus À d’une faculté protestante, on rencontre des hommes de 1 science d’une renommée européenne. La masse de tra1 vaux sérieux sur l’histoire du christianisme, et même L des religions en général, sortis de ces Facultés, est E vraiment colossale., Nous n’avons rien de semblable en À France. Nos Instituts catholiques ont’une faible valeur À scientifique en général. Les deux petites Facultés protestantes de Paris et Montauban sont d’une production 1 peu abondante. La section des sciences religieuses de :J l’École des Hautes Études est très intéressante, mais ‘4 elle ne touche que Paris. En province, comme toujours, À c’est le néant. Il serait pourtant bien nécessaire que

s dans chaque Faculté des lettres il y eût un pro FL, spécialement chargé d’exposer l’Histoire et la Socio Le ’ logie religieuses. Les phénomènes religieux ont une re : importance tellement capitale dans la vie passée, — et #. 3 actuelle, — des sociétés, qu’on ne comprend vraimentpas 4 qu’on laisse aux clergés (en province du moins) le mono pole de ces études. Ce n’est pas avec des plaisante ries et des articles de journaux qu’on leur disputera les “À jeunes intelligences. Il faudrait des hommes de science . | et des spécialistes pour pouvoir lutter contre lanow velle génération cléricale qui possède quelques hommes 4 d’une instruction tout à fait supérieure. À °@ Le gouvernement et le parlement ne paraissent même 3 pas se douter de la nécessité de recruter un personnel 4 capable de lutter sur ce terrain contre le clergé mo- ; derne. Il ne s’agit pas dans une Université d’écraser i l’adversaire sous les bulletins de vote comme au Parle- À ment. Il s’agit de le battre scientifiquement. Et com- LA ment un professeur, même intelligent, mais sans instruction technique, pourrait-il affronter un adversaire À préparé au combat par plusieurs années d’études ? — É Je sais des universitaires qui envisagent avec souci ce 4 problème qui semble échapper absolument à l’attention à du parti républicain. À Il paraît donc indispensable que dans chacune de nos 4 Universités provinciales il existât au moins un profes- ‘12 seur chargé de l’étude de la Sociologie religieuse. À Tâche immense pour un seul homme et à laquelle il 14 succomberait s’il ne rencontrait la collaboration de col- à lègues auxquels seraient confiés, — dans notre dessein, 2 — l’enseignement de l’indianisme et des littératures sé- EX mitiques. Ainsi renforcée, l’étude des phénomènes reli- Le

  • gieux pourrait être scientifiquement entreprise dans nos #1} ne Dans les pages ps précèdent on a surtout siRoe cap D les Facultés de province. Ce sont elles, en effet, qui mé- à ritent le plus de-sollicitude. Est-ce à dire qu’à Paris tout soit pour le mieux. Loin de là. Des lacunes sur- s k prenantes existent encore à la Sorbonne. Se doute-t-on _ qu’iln’ya ni une chaire ni une conférence de littérature È hongroise? Cette langue est pourtant parlée par la moitié : & de la monarchie autrichienne, vingt millions d’hommes ! 114 Ïl est non moins fâcheux que les pays scandinaves 18 (Danemark, Norvège, Suède) paraissent ignorés de la _ France. L’histoire, la langue, la littérature de ces con2 trées ne font l’objet d’aucun enseignement chez nous. | Les Chambres françaises ont reçu la visite des Parlepr” mentaires scandinaves. Elles s’honoreraient en créant (a _ deux conférences (dano-norvégien et suédois) à la Sor- ” LR bonne, consacrées à combler cette lacune. On n’imagine _ pas l’effet moral que produirait cette mesure qui ne 1 14 chargerait pas beaucoup nos finances. 14 Arrêtons-nous ici. Nous n’avons pas tout signalé. Il y ï | aurait encore beaucoup à dire. (1) | 130] . Totalisons maintenant pour les Facultés des Lettres _ l’ensemble des desiderata. Si aux 133 chaires à confé- _ rences nécessaires pour la province nous ajoutons | M: 14 chaïres à conférences de sociologie religieuse et k fr ? () Ainsi il n’existe pour toute la France qu’une seule chaire de R 1 sociologie générale (à Bordeaux). Il n’y en a pas à Paris à la Sorbonne. # ri k La Science de l’Éducation est aussi beaucoup trop délaissée. On 1: “08 ne trouve de spécialistes qu’à Lyon, Lille et Grenoble. Les langues a slaves ne sont enseignées qu’à Lille et à Dijon (cours bénévole).

4 chaires à la Sorbonne (scandinave, hongrois, portu- : gais), nous arrivons à un total de 151 créations nouvelles. *. On objectera immédiatement que certains des cours dont nous réclamons la création auront peu d’élèves, ainsi la philologie orientale. Sans doute, mais c’est partout la méme chose. Cette objection n’a nullement arrêté les nations étrangères. Des enseignements de ce genre sont un luxe que se paie un État civilisé. Au reste, on vient de dire qu’il est impossible d’instituer ; sérieusement l’enseignement de la sociologie religieuse ! sans cours d’orientalisme. Mais, à vrai dire, je ne vois pas que les nouvelles créations soient destinées à manquer d’auditeurs, bien : au contraire. Je ne parle pas des chaïres de français, d’allemand, d’anglais, d’histoire, de géographie, etc., dont l’absence est une honte. Ce qui fait défaut actuel- Ç lement en ce domaine, ce ne sont pas les élèves, mais les professeurs. Ces chaires-là ne sont point de luxe, mais de nécessité, même pour l’humble besogne de préparation aux programmes. De la linguistique générale et comparée relèvent les étudiants en grec et latin, en allemand et anglais, c’est- à-dire les deux tiers de l’auditoire d’une Faculté des Lettres. La philologie romane intéresse non seulement les étudiants qui s’adonnent à l’italien et à l’espagnol, mais ceux qui veulent connaître l’histoire de la langue Trois chaires enfin, celles de psychologie expérimentale, d’histoire de l’art, de sociologie religieuse, dé- | passent de beaucoup le cadre de la Faculté. L’une inté- | resse et le futur médecin et le futur magistrat et le futur professeur d’enseignement secondaire et primaire. |

ï L’autre s’adresse en outre aux élèves de l’École des Beaux-Arts de la région, sans parler des classes supé- À rieures des lycées de jeunes filles et du grand public. De même pour la Sociologie religieuse. £ On le voit,.pour trois au moins de ces catégories nouvelles, l’auditoire que l’on vise s’étend bien au-delà \ du groupe des étudiants en « lettres ». Ce sont à vrai dire des enseignements d’ « université » et non de « faculté ». Comme notre organisation exige que toute chaire soit rangée dans le cadre d’une faculté, on les met à la Faculté des Lettres où elles sont mieux qu”ailleurs, — voilà tout. Les desiderata des Facultés des Lettres de province | sont de beaucoup les plus pressants et les plus nombreux. Laissons de côté la Médecine. Elle a été en gé- néral bien pourvue de personnel. D’ailleurs, comme elle touche à la. santé générale, il n’y a pas lieu d’être inquiet sur le sort de cette Faculté. C’est celle qui inté- resse, — et pour cause, — le plus vivement le public. 4 Restent les Sciences et le Droit. À Les Facultés des Sciences, nous l’avons vu, sont re- ÿ lativement beaucoup mieux traitées que les Facultés | des Lettres. Pour le nombre du personnel la moitié environ soutient la comparaison avec l’étranger. Sans ” N- doute il y a encore des lacunes, principalement pour les À sciences physiques et naturelles. Cinq ou six confé- ï rences supplémentaires pour la chimie industrielle et

  • agricole, autant pour la physique appliquée, seraient, F dès aujourd’hui, les bienvenues. Dans les Facultés (Besançon, Clermont, Grenoble, SA Poitiers) on ne trouve pour la Zoologie et la Physio-

logie qu’un seul préfesseur, ce qui est fort insuffisant, Aa tÈ Ë Pour la Botanique et la, Biologie végétale des maîtres 54 14 de conférences font défaut à Clermont, à Grenoble, à | PE 4: t

logie, Pétrographie, sont enseignées par un unique pro- fe fesseur, auquel on impose ainsi une tâche évidemment RU: fort lourde : ainsi à Besançon, à Caen, à Poitiers, à +470 Rennes, à Marseille même. Mais, en somme, l’ensemble A de ces lacunes ne dépasse pas la trentaine et toutes ne Re sont pas urgentes à combler. 7344

Ce que l’on appelle Faculté de Droit en France est 4 en réalité une triple Faculté, juridique, administrative 4 et politique, économique. On peut dépiorer que les 2 Sciences économiques n’aient pas été placées à la Fa- 4 culté des Lettres, comme en Allemagne, ou qu’elles ne à constituent pas avec l’Histoire un Institut à part, comme À

dans les Universités américaines. Mais il paraît diffi-

. cie de revenir sur ce qui a été fait. La conséquence de 4 cette union c’est que la Faculté de « Droit » doit possé- ‘4

der chez nous un personnel nombreux. En fait, il est à. numériquement insuffisant. Dressons le schéma de ce $ 4 que doit posséder la triple Faculté. CRE

Professeurs ou agrégés pour le Droit Civil, f À

re _ le Droit commercial… 1 ,

_— — le Droitinternationalprivé 1 4

: ARE »° Section administrative et politique | M: Professeurs ou agrégés pour le Droit Administratif. 1 ï \ 4 ” — —_ le Droit public et con-

Ni — — le Droit international

1 public et le Droit des

\ Professeurs ou agrégés d’Économie politique théorique 1 ‘

‘1 L’ensemble d’une Faculté de « Droit » ne saurait $ donc comporter un total inférieur à 16 maîtres. — Tout

[x au plus pourrait-on admettre que le Droit interna-

4 tional public et privé fût enseigné par le même pro-

. A l’heure actuelle, seules trois Facultés dépassent ou jé à atteignent ce chiffre, ce sont Toulouse, Lyon, Bordeaux. If

F Les neuf autres ont en moyenne dix à onze professeurs il

a secondés par deux ou trois agrégés. C’est dire qu’il

L leur manque à chacune deux ou trois maîtres. Les con- é

ne séquences de cet état de choses sont regrettables.
j Comme il faut donner aux étudiants tous les enseigne- it

qi! ments nécessaires, le personnel se partage la besogne ÿ

À et fait des cours et conférences complémentaires. ï

gi 1 L’ « histoire des doctrines économiques » est enseignée,

ki ici par un civiliste, là par un romaniste. Le « droit in- ;

l ! ternational », la « législation industrielle », par un crimi-

naliste ou un civiliste, etc. Les combinaisons de ce genre !: sont innombrables. Le résultat c’est que certains enseignements (l’économie politique, le droit international par exemple) sont parfois mal distribués par des gens qui ne sont pas des spécialistes. Néanmoins, on voit que, pour porter remède à cet état de choses fâcheux, un supplément d’une vingtaine de professeurs et agrégés serait suffisant. (1) Au point | de vue numérique, la situation des Facultés de Droit est donc, malgré tout, infiniment moins mauvaise que celle des Facultés des Lettres. On le voit, rien de chimérique, rien de superflu dans nos demandes. C’est le strict nécessaire. Si bien que dans l’hypothèse où le Parlement accorderait tout ce J qu’on lui demande, nos Facultés de province seraient encore numériquement inférieures à beaucoup de leurs rivales germaniques et anglo-saxonnes. Nous sommes à en effet, — à ce point de vue, — très en arrière de tous les autres peuples, — sauf de l’Espagne, bien entendu. Néanmoins, si le Parlement consentait à créer en province les 200 chaires ou conférences qui manquent à nos Universités, celles-ci seraient dans une situation convenable. La situation actuelle est misérable. Facultés des Lettres, aucun moyen d’en sortir. Compter sur les particuliers serait folie. Depuis 1806, date de la constitution de nos Universités, qu’ont-ils ÿ (1) Deux Universités, Clermont et Besançon, demeurent privées de Facultés de Droit. Cela est regrettable, pour la première surtout, les études juridiques étant celles qui intéressent le plus les

4 donné? Rien, — ou à peu près. (1) Les instituts de chimie

\ ou de physique appliquées ont pu dans quelques centres (ainsi à Nancy) recueillir des sommes importantes d’industriels de la région parce qu’ils fournissent leurs usines d’ingénieurs et de contre-maîtres. Les études désintéressées n’ont et n’auront jamais un sou de nos millionnaires. En France les gens riches ne donnent qu’à l’Église. Au reste, les Facultés des Lettres, en géné- ral mal notées en province, considérées comme des repaires de « rouges », seraient les derniers de nos établissements publics à recevoir des dons de riches particuliers.

Rien ou presque rien à espérer des pouvoirs locaux.

Une ville subventionnera une Faculté des Sciences ou de Médecine pour des raisons pratiques. Tout ce qu’une Faculté des Lettres peut obtenir (et sur ce terrain presque tout est déjà fait) c’est un cours d’histoire et d’archéologie locale, chose intéressante mais, en somme, secon-, daire. Pour l’Histoire de l’Art cependant, des négociations entamées avec une municipalité pourraient réduire assez

( sensiblement la quote-part de l’État s’il se décidait

i à répandre cet enseignement. C’est ainsi qu’on pourrait

amener les villes à nommer des universitaires à la direc-

ï tion de leurs musées et au professorat de leurs écoles

J des Beaux-Arts. Il en résulterait et un avantage scientifique et une économie sérieuse.

Mais, en dehors de cette combinaison, les charges

(1) Le relevé des donations faites aux Universités a été dressé par M. Picavet (Reoue Internationale de l’Enseignement, 1905). Leur but est presque toujours strictement local. Trop souvent elles,con-

} sistent en un très modique capital dont les intérêts servent à distribuer aux étudiants des prix, la plupart du temps inutiles.

des nouvelles créations seraient impossibles à fairesup- % + porter aux villes et aux départements : notre organisa- ; F À tion politique s’y oppose. Les Allemands ont pu créer *14 avec l’aide pécuniaire des annexés une Université à KE Strasbourg qui a coûté plus de 20 millions, parce que Ë autour de Strasbourg il y a une province, — l’Alsace- ï ï Lorraine, c’est-à-dire 1.800.000 habitants. Autour de 4.74 | Nancy il y a le département de Meurthe-et-Moselle, 4 c’est-à-dire 400.000 habitants. Le Grand-Duché de Bade De peut entretenir deux Universités, le Wurtemberg une À autre. La Côte-d’Or ou l’Isère ne peuvent suflire à soutenir des Universités, même modestes, comme Dijon et ; Grenoble. Il est donc nécessaire que le pouvoir central 5 se charge chez nous du rôle dévolu en grande partie K chez nos voisins aux « provinces », qui ne sont plus : A en France que des fantômes. ? Dernière objection : pourquoi les Facultés ne pour- J voient-elles pas elles-mêmes à ces dépenses, puisque la 1 loi de 1896 leur laisse la disposition de leurs droits 4 d’inscriptions ? — Cette objection serait dérisoire. :

  • Les Facultés des Lettres, — celles dont les besoins 4 sont les plus grands, — sont les moins peuplées. D’ail- +4 leurs, les étudiants en licence payent seuls des droits et ‘4 l’on sait qu’ils ne les payent que pendant un an, tandis ï que les étudiants en droit versent à leur Faculté pen- | dant 3 et parfois 4, 5 et 6 ans. De même à la Médecine. Il est vrai que l’on souhaiterait que les Facultés S. « riches » vinssent en aide à leur sœur misérable lors M de la fixation du budget au conseil universitaire. Ce L serait peu connaître les hommes que de s’étonner que, 3 le fait ne se produise que rarement. È Sur leurs ressources misérables nos Facultés des 1

e Lettres sont souvent obligées, — et c’est une honte, — de
4 prélever l’argent nécessaire pour des conférences indis- ” 3 pensables, d’anglais, d’allemand, de latin, etc., qu’en ; j R: bonne justice l’État aurait dû prendre partout à sa

| charge. Comment veut-on qu’elles trouvent les fonds né- ÿ cessaires à cette multitude d’enseignements nouveaux ? | k. Seul l’État, encore une fois, peut y pourvoir. il ; Il le doit. La nouvelle loi militaire, en enlevant par centaines et par milliers des étudiants à nos universités, H en les retenant deux ans sous les drapeaux, va porter ÿ un coup sensible à leurs finances puisque celles-ci sont J alimentées par les droits d’inscriptions. En bonne jusji tice, l’État est tenu à une compensation. (1) F B . Il le peut. Voyons en effet la carte à payer.

Fe Nous avons signalé pour les Facultés des Lettres

18 150 lacunes graves, 30 environ pour les Facultés des 4 Sciences, 20 à 25 pour les Facultés de Droit, soit au F. Bornons-nous aux Facultés des Lettres dont les

À besoins sont particulièrement sensibles. 4 (1) I y aurait bien une combinaison qui pourrait sauvegarder la : 4 haute culture même avec la loi de deux ans. : Ar La première année serait entièrement consacrée au service. * 1 Dans la seconde, — qui sera vide d’intérêt militaire, — les jeunes

jt gens qui se préparent aux grades de licenciés ès-lettres ou èsTANe sciences (ou aux agrégations si lon voulait être sévère), au docto- - ho: rat en droit ou en médecine, — seraient autorisés à faire leur ser- } ï k vice militaire dans une ville universitaire et ils auraient le droit Al 112 de suivre les cours l’après-midi. : hi Qi Il va sans dire que toute absence non justifiée entrainerait le à retrait de cette faveur. L’instruction militaire n’y perdrait absolu- ‘4 ment rien; les professeurs auraient des auditeurs d’une assiduité [TA — inespérée; enfin les jeunes gens gagneraient par leurs études ‘at léquivalent, sinon d’une année pleine, du moins d’un semestre. #1 J’ai soumis ce projet à quelques personnalités. qui ont bien » RE voulu déclarer qu’il était sans chance aucune parce que « assez L

On a expliqué plus haut comment, par une entente | avec les villes, on pourrait installer à peu de frais l’en- L;:1 seignement de l’art moderne et de l’art musical. Il ne | s’agira donc pas de créer 12 chaires d’histoire de l’art et 14 chaires d’art musical à 8 ou 10.000 francs chacune. À De simples conférences à 4.000 ou 4.500 francs sufliront | si leurs titulaires trouvent dans des postes municipaux | (aux Musées, dans les Écoles de Beaux-Arts) un com- | plément de traitement.

En confiant l’Archéologie classique et l’Histoire de VAntiquité à un seul maître on pourrait réaliser une | économie réelle dans certaines petites universités (ainsi à Rennes, à Poitiers, à Clermont, à Besançon, à Grenoble, etc.). De ce fait les desiderata seraient ramenés de 150 à 145.

Dans les autres branches d’études il ne s’agit pas non plus de créer des chaires de 8 à 10.000 francs, mais des | conférences dont les titulaires mettront des années avant de conquérir une chaire (à 6.000 francs d’abord) | s’ils $en montrent dignes. Si bien que, sur les 145 desi- | derata, 100 environ seraient de simples maîtrises de conférences et le reste, — peut-être, — des chaires avec

Créés aujourd’hui, ces postes n’imposeraient donc à | l’État qu’une charge annuelle de 650 à 700.000 francs, 4 cinq, six, sept ans ou davantage. |

Dira-t-on que c’est au-dessus des forces du pays ? Ceci serait une mauvaise plaisanterie. On a vu plus haut | que le revenu des Universités allemandes atteint presque 40 millions, tandis que l’ensemble des établisse- | ments français d’enseignement supérieur ne dépasse |

’ guère la moitié de ce chiffre, dont 13 millions (1) seule- , ment représentent la contribution de l’État pour les Inutile de parler de l’Amérique. Harvard a 8 millions j de revenus; l’Université Columbia, à New-York, encore . de l’Amérique du Nord, on voit que leurs revenus, qui dépassaient 100 millions il y a dix ans, ont augmenté de 50 0/0. — A l’heure actuelle, pour une population double de celle de la France, ils sont décuples. Il est vrai que ces revenus proviennent de particuliers. On a expliqué plus haut pourquoi il était vain d’attendre chez nous des donations, même très minimes. Nous ne demandons pas, d’ailleurs, à l’État français, d’être 4 magnifique, mais simplement de ne pas nous laisser t Quand il s’agit de l’Armée et de la Marine, les dépenses les moins justifiées sont votées les yeux fer- | més. Le Parlement accorde sans sourciller la mise en | chantier de cuirassés de 30 millions tout en éprouvant 3 des doutes intimes sur leur utilité future. — Quand il est question d’Enseignement supérieur, on ne peut arracher même le nécessaire.

Enfin, ces 6 à 700.000 francs d’augmentation dont ont besoin nos Facultés des Lettres pour faire figure, les demande-t-on en bloc, de suite? Non. Progressivement.

Il faut, en effet, se montrer difficile dans le choix du

; personnel, ne prendre que des jeunes hommes ayant fait leurs preuves. Mieux vaut rien qu’un personnel \ (1) Dont il faut défalquer les 7 ou 8 millions que rapportent à à l’Etat les droits d’examens et de diplômes.

| médiocre de simples vulgarisateurs. Or, à l’heure actuelle, nous sommes encore loin en France d’avoir à tous les hommes nécessaires pour relever notre haut 15e enseignement. Tandis qu’en Allemagne l’arbre de la science compte sur chaque branche, sur chaque feuille, AE

  • plusieurs chenilles, la pénurie d’hommes de valeur est f \ chez nous frappante, j’entends de spécialistes instruits, - ES de travailleurs originaux.

On ne trouverait pas présentement douze hommes capables d’enseigner scientifiquement FHistoire de l’Art ? moderne. (1) Je serais passablement embarrassé de à désigner quatorze professeurs de Sociologie religieuse. J’entrevois seulement cinq ou six jeunes savants en état d’enseigner avec l’éclat que réclame une chaire d’Uni- d

De même pour la Psychologie expérimentale. Il nous Ÿ faudrait une quinzaine de maîtres. En trouverait-on | chez nous le tiers ? 1 | Seulement, dans un délai de cinq ans ou de dix ans, il :
est absolument sûr que ce personnel serait formé, si on ÿ le veut réellement, c’est-à-dire si l’on décide que dans 4 un délai de cinq ou dix ans tous ces postes seront créés. Le seul moyen d’aboutir est de se mettre en mouvement # dès maintenant et d’en créer le quart, le cinquième, moins si l’on veut, mais en continuant chaque année. ?) En un mot, il faudrait établir, dès l’année 1905, un pro- ï ; gramme pour l’enseignement supérieur, tout comme on fait pour les constructions navales. ; (:) J’écarte naturellement la race des amateurs, la bande des L journalistes critiques d’art. Ces gens-là sont à fusiller, — tout sim- %

4 Cette année 1905 pourrait fournir, au surplus, une “à

  • occasion financière inespérée. Si le Concordat est 5 l dénoncé, que le Parlement n’oublie pas nos Universités 1 à de province. C4 t Mais, répétons-le, les ressources extraordinaires ne Fe ‘1 À sont pas indispensables. (1) Par une augmentation 5 ñ annuelle de 200.000 francs environ, le Parlement peut : _, amener progressivement, en quatre ou cinq annuités, K

: nos Universités provinciales à posséder un personnel, 4 sinon exubérant, du moins décent. cl La production scientifique, actuellement insignifiante \ (à 9 chez nous par rapport à l’Allemagne, pourra s’élever ui L considérablement, chose présentement impossible faute É

d’une armée suffisamment nombreuse. RE

d: (1) Signalons cependant que la suppression, — inévitable, — des ; 18 K deux Facultés de théologie protestante de Paris et de Montauban LEA ‘A laisserait en chiffres ronds 100.000 francs disponibles. Une partie ps 1 : de cette somme pourrait être appliquée à l’Ecole des Hautes Etudes #8 44 5 section. Le reste suflirait parfaitement pour amorcer em +6 +4 province les études de Philologie orientale et de Sociologie #4 K:: religieuse. La création des quatre ou cinq conférences de sociologie Pt - D religieuse, des huit ou dix conférences d’Indianisme, de Langues d ‘18 en province ne demanderait pas, en effet, de crédit supérieur à 60 Te KL: ou 70.000 francs par an. On sait que la suppression des Facultés de 4 Ru. théologie catholique en 1885 avait eu ce résultat pour Paris en # à): # permettant de créer la 5* section de VEcole des Hautes Etudes. #

4 1 Admettons que toutes les augmentations indiquées | aux chapitres précédents aient été effectuées, que nos ; Facultés provinciales soient renforcées de 150 à 200 pro- | fesseurs nouveaux, seront-elles en état de produire 1 autant que leurs rivales germaniques, — toutes propor- ; Non certes. Et voici pourquoi : le mode de recrutement à

des Universités allemandes tend à susciter une production scientifique énorme. On sait que le concours a été écarté chez nos voisins de parti pris; il développe un | mécanisme banal et tue l’esprit scientifique. Les Universités allemandes, autrichiennes, suisses, se recrutent ñ par cooptation. Nul n’est nommé professeur extraordi- ! naire, puis ordinaire, s’il n’a pas été attaché pendant $ de longues années à une Université comme docteur 3 libre (privat-dozent). L’habileté pédagogique du profes- € seur libre ne joue aucun rôle dans le recrutement. On £ l’estime négligeable dans l’enseignement supérieur. Ce Fi qu’on exige, ce sont des titres scientifiques sérieux. Il 1

en résulte que, pour arriver au professorat, — les jeunes

savants se livrent pendant la période la plus féconde de 4 la vie, — de 25 à 4o ans, — à une production extrêmement active et abondante. Tellement que tel privat-dozent de 30 à 35 ans a déjà publié plus de travaux que n’aura fait chez nous un professeur d’Université vers le milieu ou la fin de sa carrière. En France, les professeurs d’Université sortent en majorité de l’enseignement secondaire. On a vanté cette méthode. Un professeur de Sorbonne écrit (1) : « Nous n’avons en France ni cérémonie d’habilitation ni stage de privat-docent. On a essayé (2) d’acclimater l’institution, on y a renoncé et il ne faut pas le regretter. Le régime allemand est aristocratique, : il ferme l’Université aux hommes dépourvus de toute ressource. En France, l’enseignement supérieur se recrute surtout parmi les professeurs de l’enseignement

  • secondaire ; en d’autres termes, les aspirants de l’enseignement supérieur trouvent dans un lycée l’emploi qui leur permet de vivre, en attendant qu’ils aient eu le temps de faire leurs preuves comme savants. Ce régime, ‘0 né des conditions sociales, sans aucun dessein prémédité, est le plus démocratique qui existe dans le monde. IL s’adapte parfaitement aux besoins de notre démocratie, et par surcroît il procure à la France un personnel d’enseignement secondaire d’un niveau plus élevé qu’en aucun autre pays. » (3) (1) Charles Seignobos : Le régime de l’enseignement supérieur des lettres, — analyse et critique. (Paris, Imprimerie Nationale, 1904, 1 rieux en ce sens. L (3) Assertion bien téméraire ! 4 89

Ferdinand Lot eee DR de L’auteur n’oublie qu’une chose, c’est que le professeur x | | * de lycée, accablé de besogne, est dans l’impossibilité de se livrer à un travail scientifique suivi. Où trouver le temps de fouiller les Archives s’il est historien, de d , voyager s’il est géographe, de travailler dans les biblio- . D. thèques spéciales s’il est philologue, littérateur, etc. ? $ j Et plus l’on ira, plus la situation s’aggravera. Faute 14 d’argent, la Direction de l’Enseignement secondaire, qui À ne peut ou ne veut pas créer de chaires nouvelles, — #4 exige sans cesse des heures supplémentaires. Nos pro- ? fesseurs de lycée n’ont plus une minute à eux et c’est de fl ce personnel qui peut à peine suffire à sa besogne pro- { fessionnelle que vous attendrez du travail scientifique ? 4 . ressort. L’auteur n’a donc jamais causé avec un collègue de lycée ? IL y a dix ou vingt ans, oui, le 4 professeur pouvait travailler, — très peu. Aujourd’hui, | c’est impossible dans ce bagne qu’on appelle l’en- | seignement secondaire où l’on ne rencontre plus que 4 des gens surmenés, aigris, — ou ce qui est pire, — ; à Voilà une belle armée à opposer aux centaines de 1 privat-dozents allemands dont tout l’effort est tendu l vers la production scientifique ! 4 p Sans doute, — de loin en loin, — un professeur de “0 lycée réussit à présenter une thèse de doctorat. Mais à au prix de quel effort! Le malheureux a usé dix ou N quinze ans parfois à produire un livre qui ne lui k. aurait pas demandé peut-être deux ans s’il avait eu des 1 Au reste, ce grand effort l’épuise, et s’il obtient une ‘4 chaire dans une Faculté, il y a grande chance pour que, SH 48

TN du mots i fourbu, il ne produise plus rien pendant le reste de sa

F Ce mode de recrutement est donc défectueux au point

| de vue scientifique. Il faut reconnaître, avec M. Sei-

! gnobos, que le système allemand n’est pas assez démo-

| cratique. Il est exagéré, cependant, de le qualifier d’ « aristocratique ». La plupart des privat-dozents allemands, bien loin d’être des richards, sont de ‘jeunes savants pauvres. Ils vivent avec quelques secours de leur famille, donnent des leçons dans des institu-

FF tions de jeunes filles, enfin dans certains États alle-

mands reçoivent un stipendium de 1.500 marks

(1.800 francs). Comme leur carrière sera très belle et

très honorée quand ils auront obtenu une chaire, ils se consolent de la médiocrité de leur jeunesse, médiocrité | qui est le fait de tant de carrières (la médecine, le barreau, le commerce même). : Sans fermer nullement la carrière des Facultés à nos professeurs de lycée, il me semble qu’on pourrait em- | prunter à nos voisins l’institution du privat-dozentisme en l’accommodant à nos mœurs. Un certain nombre de % jeunes savants pourraient, après avis favorable de la Faculté auprès de laquelle ils doivent être attachés, à recevoir une bourse d’études de 2.000 à 2.500 francs par 4 an, — à condition de se livrer uniquement à des travaux | scientifiques. Ils donneraient deux ou trois heures d’en- | seignement par semaine, mais sur la spécialité qui les 4 intéresse : il importerait en effet de ne pas les employer à à une préparation d’examens, le but de l’institution étant

  • alors complètement manqué. Un autre écueil à éviter M serait d’instituer pour le recrutement de ces « docteurs A libres » un concours. On retomberait dans la galère 1 91

des agrégations et mieux vaudrait ne rien faire du Cette bourse serait valable quatre ou cinq ans. Si au 1 bout de ce temps, le bénéficiaire n’avait trouvé ni une chaire ni une maîtrise de conférences, il pourrait continuer son stage, — mais sans traitement de l’État, — ou ’ bien renoncer à la carrière. La modicité de cette bourse écarterait les jeunes gens qui voient surtout dans la carrière de l’enseignement un moyen de gagner leur vie. Ceux-ci préféreront toujours l’enseignement secondaire qui procure, grâce aux répétitions, une existence plus large. Seuls les jeunes gens ayant le feu sacré prendraient la voie du « privat- . dozentisme »; mais, en même temps, cette bourse, malgré sa modicité, en permettrait l’accès à la démo- 4 Il ne faudrait pas que chaque Faculté eût droit à un nombre fixe de ces bourses : telle pourrait s’encombrer de médiocres pendant qu’une autre demeu- | rerait sans ressources suffisantes. En outre, les petites Facultés courraient le risque d’être délaissées, alors qu’elles ont plus besoin d’être aidées que les : Je concevrais l’institution sous forme d’une caisse 1 centrale dont le Ministre de lInstruction publique aurait naturellement la surveillance. Une Université 1 signale au Ministre un ou plusieurs jeunes gens (pour-. vus de titres) qui veulent entrer dans l’enseignement F supérieur et faire un stage scientifique. Le Ministre examine les travaux des impétrants. Selon les besoins, À selon l’état de la caisse, il accorde des bourses tantôt à une Université, tantôt à l’autre. Il encourage tantôt

une discipline, tantôt une autre. Ce doit être une . affaire de tact.

En outre, toutes les Universités n’ont pas besoin d’être encouragées. Paris a déjà, dans certaines branches, presque trop de maîtres. On peut y implanter l’institution, mais sans bourse délier : la capitale offre des ressources suffisantes pour qu’un privat-dozent puisse y

È gagner sa vie sans être secouru par l’État. (1) Seule la province a besoin de cette aide.

Toutes les Facultés ne le réclament pas non plus. Le Droit, par exemple, possède déjà l’institution : on sait que, depuis plusieurs années, des docteurs préparant l’agrégation secondent l’enseignement des professeurs par des conférences. (2) Les Facultés de Droit étant de toutes les plus riches, et leurs « docteurs libres » ayant la ressource des répétitions, inutile de s’en préoccuper.

La Médecine aurait grand besoin, au contraire, de privat-dozents. C’est grâce à ceux-ci que les Facultés allemandes sont devenues les premières du monde. C’est faute de jeunes savants que les nôtres sont en pleine’ décadence : les professeurs titulaires, — et les agrégés même, — ne font plus guère que de la clientèle

| pour gagner de l’argent et délaissent le travail scienti-

fique. Mais, tant que le mode de recrutement des pro-

| fesseurs n’aura pas été radicalement transformé par la

| suppression de l’agrégation, (3) l’institution du privat-

(1) On indiquera plus loin une combinaison peu coûteuse qui permettrait le privat-dozentisme à Paris.

() IL est vrai que ces conférences ne sont qu’une préparation à

: des examens et que ces « dozents », au lieu de faire de la science, 1 visent un concours ! à ; sn ; }

à (3) Le plus simple serait de séparer les cliniques de l’enseigne- É ment scientifique (anatomie, physiologie, etc.). Pour ce dernier,

br dozentisme sera impossible à établir dans nos Facultés # de Médecine. Ne à | Dans l’état actuel des choses, seules les Facultés des gs Lettres et des Sciences, — qui n’ont pas barrélechemin | -du professorat par le concours d’agrégation, — sont 14 5 mûres pour le privat-dozentisme. ES

  • Nous possédons, au reste, les germes de l’institution } EP sous forme de bourses d’études, de voyage. L’Institut EVE Thiers offre le vivre et le couvert à de véritables AE « privat-dozents » (qui n’enseignent pas il est vrai). | « 4 Mais cela est confus, chaotique. Après avoir formé de 4 futurs professeurs de Facultés par des missions à l’étran- 2 ger, par les Écoles de Rome, d’Athènes, du Caire, d’Hanoï, % ke on ne sait qu’en faire à leur retour. On les envoie le “1 plus souvent dans un lycée ou même un petit collège où “4 ils s’étiolent. Ce sont des forces perdues. 32 On ferait mieux de les diriger sur les Universités 5°f de province comme « privat-dozents » ou bien, à Paris, k de les loger à l’École Normale. Cette École, dont visible- 1 ment on ne sait plus que faire, que l’on n’ose ni suppri- +5 mer complètement ni maintenir, — devrait être une sorte É de Grand Institut Thiers où entreraient les privat. dozents sans fortune de l’Université de Paris. “4 Reste une dernière question. Quel seraït le nombre, — 13 _{ approximatif, — de ces « privat-dozents » français? Cela : à dépendrait uniquement des crédits votés par le Parle- Ne ) ment. À titre de renseignement voici les chiffres que j’ai 4 |

place un grade scientifique élevé, un « doctorat en biologie » qui ‘234 ouvrirait les portes de la Faculté de Médecine, comme le doctorat 44 ès-lettres et és-sciences fait pour les Facultés des Lettres et les ; ST Facultés des Sciences. J À eus

|. recueillis pour l’ordre des « Lettres », comme nous : Fo disons, dans les listes des Philosophische Fakultäten : : à

be y Pour l’ordre des « Sciences » proprement dites (Mathé- pe #4 matiques, Chimie, Physique, Biologie) le total est un # ‘64 peu plus élevé. N, où Si bien que pour les Lettres et les Sciences (2) l’Alle- Re ‘4 magne possède un bataillon d’environ 500 jeunes de D: savants auquel nous ne pouvons quasi rien opposer. On F4 Halo (x) Non compris les privat-dozents malades ou en congé. 4 A8 j (2) 11 y a peu de privat-dozents pour le Droit chez nos voisins. qe

ne s’étonnera plus que dans les Répertoires annuels de la production scientifique les noms français soient si f rares en comparaison des allemands. Si l’on voulait sortir de cette infériorité, l’institution du privat-dozentisme semble le moyen le plus efficace. | Elle exigerait des sacrifices de l’État. A titre d’essai, le | budget de 1906 pourrait comporter un crédit d’environ 50.000 francs, permettant d’instituer une vingtaine de dozents dans cinq ou six Universités provinciales. Si l’institution ne réussissait pas chez nous, ce crédit serait di supprimé dans trois ou quatre ans. Si elle avait du suc- | cès, on aviserait à la développer fortement. | On objectera à cette proposition que les Dozents existent en France, que ce sont les Maîtres de confé- 1 rences d’Université. C’est une erreur complète. A l’ori- { gine, oui, on a voulu en faire des privat-dozents payés. l Mais l’institution a dévié immédiatement. (1) Il y a donc lieu de reprendre l’idée du privat-dozentisme. Si elle était adoptée il faudrait renoncer à cette ; dénomination surannée de « maîtres de conférences »et user de celle de « professeur extraordinaire » ou de ils prendraient le titre français de professeurs libres à l’Université de X. (:) Voir plus haut, chapitre IL. | (2) Ce titre est actuellement accordé trop rarement au maître de | conférences après plusieurs années de service. Son avantage principal est de consolider la situation. Le « maître de conférences » nest nommé en effet que pour un an, déplaçable et révocable ad nutum. Cf. plus haut.

4 rez-de-chaussée, Paris, cinquième arrondissement. | Nos Cahiers sont édités par des souscriptions men- | suelles régulières et par des souscriptions extraordi- ‘ $ naires ; la souscription ne confère aucune autorité sur la rédaction ni sur l’administration ; ces fonctions à Nos Cahiers paraissent par séries; une série paraît dans le temps d’une année scolaire, d’une année ouvrière, d’octobre-novembre à juin-juillet ; l’abonnement se prend pour une série. On peut souscrire cet abonnement à tout moment de l’année, mais l’abonnement ainsi souscrit est, de droit, } valable pour la série en cours, et pour toute cette série. Heure Prix de l’abonnement, pour chaque série annuelle . . pendant le cours de cette série : : nameru.l. ) Autres pays de l’Union postale uni-

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