VII-11 · Onzième cahier de la septième série · 1906-03-05

De la situation faite à l'enseignement supérieur

Ferdinand Lot

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re. de ce dixième cahier 3,400 “FH et seize exemplaires sur whatman AE SR le jeudi 25 janvier 1906 “TE

Il est impossible de suivre honnêtement le mouve- + ment littéraire, le mouvement d’art, le mouvement 4 politique et social si l’on n’est pas abonné aux Cahiers « de la Quinzaine. 5 : Pour savoir ce que sont les Cahiers de la Quinzaine, il suffit d’envoyer un mandat de trois francs cinquante à M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, 8, rue de la Sorbonne, rez-de-chaussée, Paris, cinquième arrondissement. On recevra en spécimens six cahiers 2 de la cinquième série. ; Pour savoir ce qui a paru dans les cinq premières : séries des cahiers, 1900-1904, envoyer un mandat de ; cinq francs à M. André Bourgeois, même adresse; on 6 recevra en retour le catalogue analytique sommaire, s 1900-1904, de nos cinq premières séries, premier cahier ê de la sixième série, un très fort cahier de XI1+408 à pages très denses,in-18 grand jésus, marqué cinq francs. À Pour s’abonner à la septième série des cahiers, qui 4 est la série en cours, envoyer en un mandat à M. André d Bourgeois, même adresse, le prix de l’abonnement ; on | 4 recevra les cahiers parus et de quinzaine en quinzaine, à à leur date, les cahiers à paraître de cette septième série. % Voir à l’intérieur en fin de ce cahier les conditions et À Le prix de l’abonnement. : Nous mettons le présent cahier dans le commerce; À dixième cahier de la septième série; un cahier blanc 4 de 104 pages; in-18 grand jésus; nous le vendons E 4

de la situation faite à l’enseignement supérieur paraissant vingt fois par an 8, rue de la Sorbonne, au rez-de-chaussée

AE Nous avons publié dans nos éditions antérieures et sn _ dans nos cinq premières séries, 1900-1904, un St OO 2NAR grand nombre de documents, de textes formant dos- ET si grand nombre de cahiers de lettres, — nouvelles, … à | romans, drames, dialogues, poèmes et contes; — un De

  • si grand nombre de cahiers d’histoire et de philoso- Me RS _ phie; et ces documents. renseignements, textes, dos- +. | siers et commentaires, ces cahiers de lettres, d’histoire 30 _ et de philosophie étaient si considérables que nous ne à pouvons pas songer à en donner ici l’énoncé même le L Lu plus succinct; pour savoir ce qui a paru dans les cinq 4 Les” ”. 2 . . « premières séries des cahiers, il suffit d’envoyer un man- hi F4 dat de cinq francs à M. André Bourgeois, administra- : s teur des cahiers, 8, rue de la Sorbonne. rez-de-chaussée, & FA Paris, cinquième arrondissement ; on recevra en retour 4% ‘ à ” pen analytique sommaire, 1900-1904, de nos ‘4 a. _ Ce catalogue a été justement établi pour donner, F
  • autant qu’il se pouvait, une image en bref, un raccourci, h:

_ une idée, abrégée, mais complète, de nos éditions anté- A 0 _ rieures et de nos cinq premières séries ; tout y estclassé An | dans l’ordre; il suffit de le lire pour trouver, à leur

_ place, les références demandées. 24

DE Ce catalogue, in-18 grand jésus, forme un cahier Du ë très épais de XI1+/408 pages très denses, marqué cinq ! 71

Hi francs ; ce cahier comptait comme premier cahier de la & æ . sixième série et nos abonnés l’ont reçu à sa date, le

2 octobre 1904, comme premier cahier de la sixième ; série; toute personne qui jusqu’au 31 décembre 1905 F RS s’abonnait rétrospectivement à la sixième série le rece t, 1 vait par le fait même de son abonnement, en tête de la pie . série; nous l’envoyons contre un mandat de cinq francs NA à toute personne qui nous en fait la demande. mu ; Pour amorcer tout travail que l’on aurait à commencer , dans notre premier catalogue analytique sommaire, con- LR sulter le petit index alphabétique provisoire que nous k avons établi de ce catalogue analytique sommaire. ie Ce petit index alphabétique provisoire, in-18 grand 1 Jésus, forme un cahier très maniable de XII — 60 pages S très claires, marqué un franc; ce cahier comptait comme premier cahier de la septième série et nos k ï abonnés l’ont reçu à sa date, le premier octobre 1905, ‘4 comme premier cahier de la septième série; toute È personne qui s’abonne à la septième série, qui est la 5 série en cours, le reçoit, par le fait même de son abonnement, en tête de la série; nous l’envoyons contre un É mandat de un franc à toute personne qui nous en fait la demande. Fu Pour la sixième série, année ouvrière 1904-1905, et £ en attendant que paraisse le catalogue analytique som- A maire de nos deuxièmes cinq séries, 1904-1909, On à V | peut consulter, — provisoirement, — la petite table t A: analytique très sommaire que nous avons publiée en fin *:

  • de ce cahier index. ‘a

cahier pour la discussion du budget du ministère de l’Instruction publique

Fa d Du même auteur, en vente à la librairie des cahiers : 6 fs . __ Ferpvanp Lor. — de la situation faite à l’ensei1 4 __ gnement supérieur en France. — I. — Avertisse- F Re 154 ment; les revenus des Universités et établissements 5 __ d’enseignement supérieur en Allemagne et en France; (e _ les Facultés des Lettres et des Sciences en Franceeten 200 _ Aïlemagne; étude de statistique du Personnel Ensei- ‘4 ir 130 gnant; les lacunes du personnel enseignant des FaculkFe ay tés des Lettres et de Droit de province; le Privat. | M: Dozentisme; — neuvième cahier de cette septième ‘nl série, un cahier jaune de xx1v + 108 pages, in-18 grand ‘4 0 On trouvera notamment en tête de ce cahier: 4 NS | un extrait de ce premier petit index alphabétique; : 54 nr » un extrait de cetle première table analytique très w 1 un du méme auteur, en vente à la librairie des ta + un du méme auteur, en vente à la librairie des

On peut noter que nous avons numéroté les chapitres, _ signatures et folios du présent cahier à la suite RE AS nombres qui nous étaient donnés par les chapitres, _ signatures, folios de ce neuvième cahier; ainsi on 4 _ pourra, pour toutes citations et références, procéder HAS simplement par le titre général de l’ouvrage et la page, rs _ au lieu d’avoir à distinguer à chaque fois entre les deux cahiers de cet ouvrage, et de risquer de confondre ou: de faire confondre entre elles deux numérotations quise

de la situation faite LR te à l’enseignement supérieur INTER

10 35 44

L’installation matérielle en province (I. Les Bâtiments. — II. Maisons d’étudiants) Quand après un séjour à l’étranger on rentre en France l’impression première est fâcheuse. Les villes de province sont mesquines, mal entretenues, sans activité, sans confortable. Oh ! les tristes cités sans parcs, sans verdure, — comparées aux villes allemandes, suisses, belges, pleines de mouvement, gaies, et souriantes ! Jamais peut-être l’impression n’est plus désolante que lorsqu’on passe d’une ville universitaire allemande à une ville universitaire française. Pour ne citer qu’un exemple, visitez Nancy, — une de nos « grandes » Universités, — après avoir vu Strasbourg. Je défie n’importe qui de ne pas éprouver un vif sentiment d’humiliation. Comparez le palais de granit et de _ marbre de la Faculté des Lettres « allemande » avec 1

lécurie qui porte ce nom à Nancy! On calomnie le Français en l’accusant d’amour-propre. Ce défaut lui est totalement étranger.

.

st Eau Très souvent, on ne voit pas même l’Université, Cherph chez-la à Dijon. Vous trouverez trois ou quatre vieux ii | bâtiments dispersés aux quatre coins de la ville. A L Toulouse, les Facultés de Droit et de Lettres sont à nie. l’étroit sur une petite rue ; les Facultés de Science et de “à . Médecine sont à l’autre bout de la ville. A On trouvera encore pour les Facultés des Sciences, F quelquefois de Médecine, des installations suffisantes. (1) À -. Mais, partout, les Facultés des Lettres et les Facultés 150 de Droit sont logées d’une façon honteuse et parfois ia vraiment infime. Même dans les Facultés des grandes 1 ) villes, dans celles qu’on a récemment bâties (Lyon, oi ‘ Lille, Toulouse) la situation laisse à désirer. Ni les arA ‘ chitectes, ni l’Administration, ni les professeurs eux- Î À mêmes, n’ont eu la conception claire de ce que doit être 2 AA une Faculté. Un amphithéâtre, deux ou trois salles de NS cours, un cabinet pour le doyen, un couloir pour accro- < ss cher chapeaux et pardessus, — c’est en cela que con118 siste trop souvent la Faculté des Lettres, — et la Faculté ; de Droit aussi. ; 1 On oubliait que l’Histoire de l’Art nécessite un mu- $ RUE sée de moulages et de grandes salles pour les repro- ; ê ductions photographiques ; que la Géographie a besoin

  • de grands espaces pour les cartes murales, plans en f relief, ete.; que la Psycho-physique exige un labo- i | ratoire. Il ne faut pas qu’entre chaque cours les étu2 diants soient réduits à errer dans la rue : une salle de réunion est nécessaire. — Enfin, et surtout, — il est in- ‘ dispensable qu’à chaque spécialité soit affectée une ; ! (1) Et encore! Voyez Marseille, pour ne rien dire des petites

salle, petite ou grande, garnie de livres usuels à portée î de la main, salle où le professeur fait ses conférences, ‘3 où les étudiants se rencontrent sans interruption de TES 9 heures du matin à 10 heures du soir. C’est dans ces mi: coins intimes que se fait le bon travail de « séminaire » ie comme disent les Allemands. L’élève est sûr d’y ren- 20 contrer ses camarades et son maître. Il y travaille is avec profit et avec gaîté. La grande salle de la Biblio- . thèque où il n’est vas permis d’ouvrir la bouche, de su s’entretenir d’une difficulté avec ses professeurs et ses ; condisciples, ne saurait remplacer en aucune manière à, ces petites ruches laborieuses où s’écoule le meïlleur du FaLS temps du travailleur. Paris en possède quelques-unes, ; mal agencées et trop peu nombreuses, — à la Sorbonne. HAE Elles font encore défaut dans la plupart des Universités # de province. Les taudis qu’on appelle « Facultés des Lettres » sont À 4 trop exigus pour qu’on puisse établir les 8 ou 10 salles Fa d’étude (1) qu’exige une Faculté des Lettres et une Fa- Ÿ utilisant les greniers. Mais ailleurs c’est physiquement impossible, faute de place, et l’on voit la Faculté des (1) Il en faut au moins : une pour la philosophie, une pour la phi- x lologie grecque et latine, une pour l’allemand et langlais, une ii pour la langue française et la philologie romane, une pour Par- ; chéologie et l’histoire de l’art, une ou deux pour l’histoire, une ou deux pour la géographie. ; Il est indispensable qu’un crédit permette de se tenir au courant | en achetant les livres usuels et en s’abonnant à quelques revues. : ; Cest de la sorte quest organisé le travail dans les Universités | allemandes, même les plus modestes. | | (2) Toulouse, qui essaye d’organiser des séminaires juridiques et 14 économiques, a peine à y parvenir faute de place. Bordeaux ne peut 1 K même tenter l’expérience. Que dire des petites Facultés réduites à se contenter d’amphithéâtres sales et humides ! n°

Ge } Lettres de Nancy se plaindre de « n’avoir pas même de

My Parfois le Droit et les Lettres ont été placés dans un -

ia vieux « Palais universitaire », construit sous l’Empire

1 par un architecte inexpérimenté, et servant en outre

4 aux Sciences et même à la Médecine. Quand on s’est

. décidé, il y a vingt ans, à loger les Facultés dans des

% locaux décents, on a songé d’abord, — très justement, —

a à la Médecine, aux Sciences. Mais, faute de crédits, la

10 construction des nouveaux bâtiments a trop souvent

: 7508 traîné en longueur, en sorte que les Facultés de Droit

5e et de Lettres demeurent dans le statu quo.

4 Partout c’est le même spectacle. Tout traîne en inter-

; minables négociations faute d’une subvention efficace

de l’Etat. Ou bien, quand elle s’offre, elle est insufi-

; Même dans les localités où l’on aboutit, le résultat est mesquin. Ce mot de mesquin caractérise, au surplus, tout ce que l’on fait en France. Il semble que chez nous

Mir on ne sache plus faire grand. Or cela est absolument nécessaire. Jamais on n’arrivera à produire la décentralisation scientifique et artistique en France avec un personnel numériquement insuffisant, des bibliothèques indigentes, (1) des bâtiments (:) I y a de grands progrès depuis 1896. Mais combien nous j sommes encore loin de l’Allemagne ! Deux ou trois bibliothèques F s’enorgueillissent de leurs 80.000 volumes (thèses non comprises). Qu’est-ce-là en comparaison des 600.000 volumes de Leipzig, des 800.000 de Strasbourg ou de Gœættingen ! — J’ai laissé de côté les , Bibliothèques Universitaires parce qu’il existe à ce sujet un travail excellent où lon trouvera tous les renseignements nécessaires et qui édifiera le lecteur sur la misère, grotesque parfois, de ces | établissements en France. Voyez Jules Laude, Les Bibliothèques Universitaires allemandes et leur organisation. Paris, Bouillon, … 1900, in-8. (Extrait de la Reoue des Bibliothèques).

incommodes, vieux, sales, dispersés. (1) Il ya des villes où l’on ne voit même pas l’Université. Les habitants eux-mêmes semblent ignorer son existence. :

Tout cela doit changer. Il faut que chaque ville universitaire ait l’orgueil de son Université, qu’elle la sache belle, gaie à voir et à fréquenter, peuplée de maîtres.

Pour arriver à ce but il faut de l’argent. Oh! pas énormément. Il n’est pas question d’américanisme. Mais il en faut un peu. Les villes sont en général pleines de boune volonté. L’obstacle, je l’ai déjà dit, à propos du personnel, c’est le département. Il n’est ni assez riche ni assez peuplé pour supporter la part de dépense qui in- ‘ combe, en Allemagne, à la province. Il faut excepter cependant les départements du Nord, du Rhône, de la Gironde, des Bouches-du-Rhône. Aussi le secours de l’Etat, quoique nécessaire, est moins pressant pour les Facultés des Lettres et de Droit de Lille, de Lyon, (2) de Bordeaux, de Marseille. Pour toutes les autres il faut que l’État fasse fonction de « province », car pour ceux des départements de l’antique Normandie, Bretagne, (3)

(1) On ne saurait croire combien la dispersion des bâtiments nuit au prestige d’une Université. Les Allemands le savent bien. A Strasbourg ils ont eu soin de grouper les services universitaires sur une magnifique avenue longue peut-être comme les ChampsElysées, bornée aux extrémités par l’Observatoire et le palais de VPEmpereur. Pour qui vient de France le spectacle est impressionnant.

(2) Signalons cependant que l’Université de Lyon a engagé toutes } ressources pour la création de bâtiments et d’enseignements nouveaux. La loi militaire de 2 ans en lui enlevant des centaines d’étudiants payants va diminuer les revenus de l’Université d’une manière grave. L’Etat lui doit une véritable indemnité d’expropriation.

(3) Imaginez la Bretagne avec ses 3 millions d’habitants, la Normandie avec ses 2 1/2, contribuant de leurs deniers à soutenir leurs Universités : Rennes et Caen auraient des palais à l’instar de leurs sœurs allemandes et américaines. Mais l’Ille-et-Vilaine, mais le Calvados, sont impuissants réduits à eux seuls.

  1. | vergne, Poitou, etc., qui ne possèdent point des Facuk ; ÿ 2 tés, celles-ci ne sont d’aucun intérêt. La munificence d’un Men. conseil général ira peut-être jusqu’à entretenir un où Sa deux boursiers, à donner une subvention de 500 francs ; au laboratoire de Chimie agricole, mais ce sera tout. 4 # Le concours de l’État apparaît donc comme partieu 371 \ . lièrement indispensable aux dix Universités de Besan1 çon, Caen, Clermont, Dijon, Grenoble, Montpellier,

je En ce qui touche la Faculté des Lettres et en général

hi l’Université, Montpellier n’est ni au large, ni à l’étroit : ; Que ; sa situation est, en somme, satisfaisante, 3 ‘7 à Pour Aix, le seul remède est le transfert à Marseille. ‘ ‘2 Sinon il n’y a même pas lieu de s’en occuper. Me On n’a donc à se préoccuper présentement que de ! 9 Facultés, que nous allons passer en revue par ordre ; ne d’importance. Les améliorations possibles des Facultés : 344 des Lettres étant liées à celles des autres Facultés, nous

é « dirons un mot de celles-ci à l’occasion. : +4

Nancy. — Installation déplorable : un amphithéâtre

4 trop petit, deux salles de cours insuffisantes, un cabinet de À pour le doyen, une salle d’examen. | C’est absolument honteux. ; | LS Cette Faculté ne peut s’agrandir sur place, non plus 5 que la Faculté de Droit, que : 1° par le transfert d… | l’École de Pharmacie à côté de la Faculté de Médecine; ; i 2° par le déménagement des services de Physique de la | Fun Faculté des Sciences. Celle-ci demande un Institut dd Ç physique, — qui serait construit à côté de l’Institut

__ de chimie. Le coût s’élèverait à 500.000 francs, ce qui ; n’ést pas exagéré, si l’on réfléchit que la Faculté des FE | Sciences de Nancy est notre première Faculté de ce fe genre en province. La Physique y est enseignée par ( deux professeurs d’une notoriété européenne, Bichat (1) ù: et Blondlot. Celui-ci est l’inventeur des fameux rayons N. Grâce à ce dernier effort, Nancy, sans présenter, — loin de là, — l’aspect magnifique de Strasbourg, — pos- à séderait une installation très convenable pour les Sciences. Le départ du service de Physique et de l’École de Pharmacie permettrait enfin au Droit et aux Lettres de se mettre à l’aise, — la Faculté de Droit du côté des ; anciens bâtiments des Sciences. La Faculté des Lettres, : augmentée des locaux actuels de l’École de Pharmacie, | serait à peu près suffisante. Elle s’étendrait tout autour MS du jardinet pharmaceutique actuel. Avec un musée de sl moulage qui commence à s’installer au rez-de-chaussée, Net ’ — elle présenterait au regard de l’étranger un aspect | sinon luxueux, du moins propret. C’est tout ce qu’on peut demander pour l’instant. Toulouse. — Les bâtiments reconstruits il y a quinze à vingt ans sont trop étroits, — comme toujours. La
Faculté des Lettres ne peut s’étendre qu’en achetant une caserne voisine. Les bureaux de la Guerre en , demandent 150.000 francs, somme qui est, paraît-il, fort exagérée. La Faculté a préféré ne pas se laisser exploi- | ter. Mais, comme elle n’a pas eu un sou dans la réparti- , tion de l’emprunt de 1 million, contracté il y a deux ans par l’Université (au profit des Sciences et de la Méde- (1) Bichat vient de mourir.

ÿ cine), il n’y a aucun moyen de sortir de cette situation. | Des démarches auprès du Ministère de la Guerre pour-

  • raient lui valoir soit un rabais considérable, soit, | F ce qui vaudrait beaucoup mieux, l’offre gratuite des bâtiments et du terrain occupés par la caserne en Rennes.— Tout était logé dans le petit et incommode | « Palais Universitaire » inauguré il y a quarante ans. La situation était intolérable. La construction de la Faculté des Sciences devait y apporter un soulagement. L’espace laissé libre revenait aux Facultés de Droit et des Lettres. Mais la construction a traîné en longueur et quand le bâtiment a été achevé et inauguré on s’est aperçu, — toujours, — qu’il était trop petit. On construit en ce moment une annexe. En attendant, les collections d’histoire naturelle encombrent encore le vieux « palais ». | Si bien que la Faculté des Lettres se compose à l’heure actuelle de 2 amphithéâtres, dont l’un contient 60 à 80 personnes et l’autre 30 à 40; plus 2 salles de confé- | rences trop petites (15 personnes au maximum !}; plus une salle de réunion pour les professeurs et un cabinet ù pour le doyen. L’Archéologie et l’Histoire de l’Art, d’ailleurs sans professeurs, sont représentés par quelques | plâtres dans un couloir. L’Institut de psychologie expé- | rimentale, le seul qui existe en province, a dû solli- ! | citer l’hospitalité de la Faculté des Sciences, pourtant : ï à l’étroit dans ses nouveaux bâtiments. De même le petit Institut, — en formation, — de géographie. Les Lettres et le Droit ont besoin pour s’agrandir de la place occupée au rez-de-chaussée par l’École de | Médecine dont il y aurait lieu de presser le départ. ,

Une question vitale pour cette Université, petite mais active, c’est la construction d’une bibliothèque universitaire et sa fusion avec la bibliothèque de la ville. On parle de construire un bâtiment à la Motte. Il sera séparé des Facultés, chose regrettable pour les Lettres et le Droit dont la bibliothèque constitue le principal « Institut ». Ce qu’il eût fallu il y a quinze ans, quand on se décida à construire une Faculté des Sciences, c’était la transporter sur la côte, à la Motte ou mieux encore au Jardin de Thabor; puis transférer à côté d’elle les Lettres et le Droit, en un mot abandonner le vieux nid à rats, le « Palais » du quai Saint-Georges. Comme toujours, on a fait petit et mesquin.

Grenoble. — L’Université, depuis quatre ou cinq ans, a pris une réelle importance. Elle tend à devenir, comme Genève et Zurich, une Université internationale. Les cours de français professés pendant les vacances 3 ont attiré peu à peu plusieurs centaines d’auditeurs. Quelques-uns ont eu l’idée d’y étudier pendant toute une année. Si bien qu’à l’heure actuelle, le mouvement ayant pris de l’extension, cette petite Université est celle qui, après Paris, compte le plus d’étudiants étrangers, Allemands, Anglais, Italiens. La Faculté de Droit est la seule de France dont la fréquentation soit estimée par les autorités allemandes comme équivalente à celle d’une Faculté germanique. Il s’est même fondé une « Association allemande des anciens étudiants de lUniversité de Grenoble ». :

Cette vaillante petite Université n’a pas rencontré auprès de l’Administration dela rue de Grenelle l’appui que lui méritaient ses efforts et ses succès.

; si 4 J’ai déjà dit quele personnel dela Faculté des Lettres, na et même de la Faculté des Sciences, était d’une insuffiDR , sance numérique scandaleuse. Le mot n’est pas trop 7 We fort. Il n’y a pas d’Université allemande, suisse ou ita- c ie. lienne, de cette importance, qui se contente de 7 chaïres

à aux Lettres ; c’est la moitié de ce qu’il lui faudrait. na ; Aux Sciences manquent pour la Biologie 3 maîtresde x ve L’installation, au premier abord convenable (elle date à Fe de 1875), s’est révélée d’une insuffisance extrême. Il est à sh impossible de faire tenir trois Facultés (Sciences, 1 | 4 \ Lettres, Droit) et une bibliothèque dans un petit bâti- : ment rectangulaire. Tout y étouffe. ae

5 La première chose est d’en faire sortir la bibliothèque

à ue et de lui bâtir un local à part. (1) La place laissée libre à (he permettra aux Lettres et au Droit de s’agrandir. Ces | Facultés en ont grand besoin, la première -surtout. Elle 4 ax n’a même pas d’amphithéâtre suffisant pour contenir le k 7) public. En juillet dernier, il s’est trouvé beaucoup trop ;

“: - étroit devant l’affluence des étrangers. % ñ Il faut signaler aussi l’installation désolante de la 18 Faculté des Sciences: la géologie est logée dans des 4 18 combles étouffants. Le poids des collections compromet “à £ la solidité du bâtiment. C’est intolérable. (2) 3 ë Par un curieux hasard, je reçois le Temps (16 août |

ne (1) La fusion avec la Bibliothèque de la Ville n’est ni possible ic À da ni même souhaitable. F ‘22 PA (2) Etant donné la situation de Grenoble et l’importance de ses $

s collections, il eût fallu 2 chaires, l’une pour la Géologie, l’autre \S

Faculté s’est payé un Maître de conférences sur ses ressources 4

à pourtant misérables. Ce sont là cependant des dépenses d’Etat. J

| 8

  1. au moment où j’ai fini d’écrire ces lignes sur V

L’Association française ne pouvait se réunir à Grenoble ge sans s’y occuper très particulièrement de géologie. Grenoble à est merveilleusement située pour les études géologiques : À pendant de longues années, Lory y a fait des travaux de Ÿ premier ordre; et son successeur, M. William Kilian, un de $ nos plus distingués et actifs géologues de province, a Wmaintenu haute et ferme la tradition établie. Mais le Con- K grès s’est demandé, non sans stupeur, comment le labora- $

‘ toire de géologie de Grenoble avait pu être logé de la et pitoyable manière que chacun a pu constater, en visitant M: les admirables collections réunies par Lory et son succes- LE

Les locaux sont une honte pour l’Université, par leur A insuffisance et leur insalubrité, Imaginez un grenier, où nul F particulier ne voudrait se loger et où le personnel du laboratoire travaille, depuis le mois de mai, par des tempéra- Ÿ tures, — enregistrées jour par jour, — qui vont jusqu’à 35°! Et dans le laboratoire d’enseignement, le plus fréquenté, la J température est de deux ou trois degrés plus élevée! Cela ex n’est pas admissible. L’État, qui s’occupe si volontiers de la Ke salubrité des habitations particulières, pourrait s’occuper BAL un peu de celle des locaux qu’il impose aux professeurs et +4 élèves des Universités. Charité bien ordonnée… Il faut se hâter de faire au laboratoire de géologie, — qui, en réalité, 3 devrait être érigé en « Institut géologique », vu l’importance ‘: 4

_de Grenoble au point de vue spécial dont il s’agit, et À des travaux qui sy font, — une installation décente, et ë hygiénique, qui ne soit point la risée du monde scienti- 4

Si le laboratoire de géologie de Grenoble a déjà beaucoup sa fait pour les études de géologie alpine, et pour l’étude des 4

A questions générales suggérées par les montagnes, — clima- (aù tologie, glaciologie, etc. — sous Gueymard d’abord, puis, $ quarante ans durant, sous Lory, la tâche qui se présente Li au titulaire actuel reste très considérable encore. Beaucoup ùT de monographies s’imposent, faisant pendant à celles qui nan

! ont été déjà exécutées; la carte géologique au 80 millième à n’est point encore terminée, et si la collection véritablement Lt unique des céphalopodes du méoconien a été déterminée et y classée, d’autres collections veulent être rassemblées ; il faut REA continuer les observations relatives aux glaciers, commener cées il y a dix ans par M. Kilian et ses collaborateurs, È MM. Flusin, Offner et Jacob (on en trouvera un bon résumé { général dans l’étude de M. Kilian sur les Glaciers du Dau- : phiné, dans le volume offert par Grenoble aux membres du ge Congrès) ; il faut continuer les observations sismologiques, ! — car c’est au laboratoire de géologie de Grenoble que se trouve la seule station sismologique existant en France; il } faut, enfin, que le laboratoire, très vivant, très productif, 3 (voir la belle série des Travaux du laboratoire de géologie Fe et les mémoires des différents chercheurs venus à Grenoble pour y faire des études originales) soit mis en situation de donner tout ce qu’il peut donner sous l’impulsion d’un chef plein d’ardeur et d’une science depuis longtemps recon- | 8 On voit l’effet produit sur les Français. Que serait-ce ’ sur des étrangers ? Nous serions leur risée. Il faut vraiment que nos Ministres n’aient pas de conscience pour | tolérer des choses semblables. On dirait que le seul but | de nos Ministres de l’Instruction publique depuis 1896 soit de tout cacher au Parlement pour ne pas | s’attirer de désagréments: un homme qui demande des crédits est toujours mal accueilli. De leur côté, les à Directeurs de l’Enseignement supérieur ont le tort de ne point présenter au Ministre toute la vérité. (x) Ces réflexions émises à propos de Grenoble valent É pour toutes nos Universités. (1) Au moment de donner le bon à tirer (24 novembre 1905) je : ; reçois de Grenoble un mot qui m’apprend qu’une amélioration à : cette situation est peut-être en bonne voie.

Dijon. — Ici, c’est plus drôle encore : la Faculté des Lettres n’a pas de domicile fixe et ne sait pas si elle en Elle a droit actuellement au logement suivant, rue Monge, dans les bâtiments de l’Académie : 1 amphi- Ë théâtre de 300 places, 1 petit amphithéâtre de 50 places, | 1 antichambre transformée en: salle de conférences. La Bibliothèque universitaire est en construction rue Chabot-Charny, au coin de la rue du Petit-Potet. Malheureusement, c’est à un kilomètre de la rue Monge. k On imagine combien cela est commode pour les confé- rences où professeurs et étudiants ont besoin de livres | pour une heure ou deux, puis les rendent à la Bibliothèque pour en emprunter d’autres momentanément ! C’est simplement rendre le travail des conférences de séminaire impossible. Aussi la Faculté des Lettres a-telle demandé à suivre la Bibliothèque universitaire sur un terrain à côté de celle-ci touchant d’autre part à la future bibliothèque municipale. Malheureusement l’acquisition de deux immeubles bâtis sur ce terrain coûterait au moins 100.000 francs. La construction de la Faculté, si modeste soit-elle, coûterait au minimum 200.000 francs; c’est en tout 300.000 francs au bas mot. L’Université qui vient de s’endetter pour construire un Institut œnologique est absolument hors d’état d’assumer une pareille charge. La Ville croit son rôle terminé par la cession d’une parcelle de terrain. Quant au Ministère, il déclare ne vouloir rien donner. Alors quoi ? ï Comme il est physiquement impossible que la Faculté des Lettres puisse vivre dans les locaux actuels de la rue Monge, la Ville a consenti, pour cinq ans seule- |

1 * tites salles (d’anciennes sacristies, je crois) où l’on Fe

% installe actuellement le service des langues vivantes

_ * et celui de géographie. De plus, le recteur concède xt

  • provisoirement la salle des Actes et l’ancienne Acadé- à |

4 mie du dix-huitième siècle : on espère y installer un LS

ii petit musée de moulages. — D’ici quelques années, ces

En abris dispersés seront retirés à la misérable Faculté qui 3

pont, deviendra ce qu’elle pourra. Beau spectacle à montrer |

mt aux étudiants étrangers qui commencent à la fréquenter! |

À Que ne s’agissait-il d’une école primaire”? L’argent, qui (

de. se cache quand il s’agit d’enseignement supérieur, se :

1e Caen. — Tous les services universitaires (droit,

Ë : lettres, sciences, médecine) sont concentrés dans le 3

à « Palais universitaire », vilain cube de moellons au

à _ milieu de ruelles. Enserré de trois côtés il ne pourrait J

s’étendre que du côté de la place Saint-Sauveur, dont il l

à est séparé par des constructions qu’il faudrait expro-

3 L’État, la Ville, l’Université, viennent de se cotiser 4

4 pour construire sur une des ailes du « palais », en bor- j

é dure de la rue Saint-Sauveur, une bibliothèque univer- À sitaire (coût 280.000 francs) qui suffira pour un demi- à

à siècle. On espère que son transfert dégagera les autres :

: “#4 ailes. Mais ce sera, à coup sûr, d’une façon très insufli-

: sante. En effet, la Faculté des Lettres ne possède, faute

: de place, ni salle d’étude pour les professeurs et pour ÿ

(1) Une combinaison préférable eût été de placer l’ensemble de 4

| l’Université dans un grand terrain vacant par suite de la liquida-

16 tion d’une congrégation. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

les étudiants, ni musée archéologique. Le petit matériel 3 de géographie est serré dans une armoire (sic). Le pro- CE fesseur de philosophie voudrait inaugurer l’enseigne- ie ment de la psychologie expérimentale, impossible, il n’y ne a pas de place. Le secrétariat même est aménagé de la è Ÿ façon la plus incommode. +44

La Faculté de Droit est aussi malinstallée. Le doyen ie réclame un cabinet pour recevoir les étudiants et leurs 4 parents. Pas de salles de conférences. ï

A la Faculté des Sciences les services de physique et NT

de zoologie sont à l’étroit. Les collections de géologie, ÉG zoologie, d’ethnographie, ne peuvent être entretenues, 4 faute de crédits et de personnel. ;

La Faculté des Sciences devrait être transportée sur la £ hauteur. La chose est déjà faite pour la Botanique. Il serait : nécessaire d’en faire autant pour la Chimie, la Physique, | et, au besoin, la Géologie et Minéralogie. Des pavillons 4

modestes, briques et fer, suffiraient et seraient peu coû- | Ainsi dégagé le « Palais » n’en serait pas moins maus- . A sade, (1) mais deux Facultés, Droit et Lettres ainsi que se 3 la bibliothèque pourraient y tenir commodément. “é Poitiers. — Aucune place n’est disponible ni pour un É service de géographie, ni d’archéologie, ni de psycho- ; (1) On a tenu sans doute à le reconstruire entre les rues Pasteur £ et Saint-Sauveur pour des raisons sentimentales. C’est sur cet em- & placement qu’étaient les « Grandes Ecoles » de l’Université de Caen 15 depuis 1476. Voyez la description de Ch. de Bourgueville, sieur de 4 Bras, Les recherches et antiquitez de la province de Neustrie.. mais o plus spéciallement de La Ville et Université de Caen (Caen, 1588, in-{°) 4 ‘ pages 328-329 de la réimpression de Trébutien (1833). Le vieil histo- Le rien caennais les qualifie de « grand, magnifique et superbe bâti- À 123 2

À logie expérimentale. On a trouvé, d’ailleurs, un moyen 4 : excellent pour empêcher la Faculté de s’apercevoir : qu’elle est à l’étroit : c’est de ne lui donner de profes- s. seur ni de géographie, ni d’histoire de l’art, ni de psy- 1 En la réduisant à trois chaires comme une Faculté | 4 espagnole on pourrait même faire en sorte qu’elle se Il est vraiment regrettable que, non seulement la $ Faculté des Lettres, mais toute l’Université, soit con- ; centrée dans un vieux bâtiment au centre de la ville. : On verra (r) que cette Université pourrait être, comme L ; | Caen, un lieu d’études pour les Anglo-Saxons. Seulement il serait nécessaire de faire des dépenses assez fortes. Ce n’est pas seulement la Faculté des Lettres, ; mais toute l’Université qu’il faudrait déménager. Le ë dE Collège des Jésuites ferait admirablement l’affaire, mais l Clermont-Ferrand. — Par extraordinaire, la Ville et 4 l’État ont fait une chose intelligente ; ils construisent à frais communs une bibliothèque où fusionnent les ser- : vices universitaires et municipaux. Il reste cependant beaucoup à faire. L’Observatoire | du Puy-de-Dôme, dépendance de la Faculté des Sciences, ; | est sans logements, sans abris, sans instruments sufti- ( ») Voyez plus loin, page 153. (2) [La situation de l’Observatoire s’est un peu améliorée depuis, non certes grâce à l’administration de la rue de Grenelle, — mais le : par suite de l’intervention des sénateurs et députés du départe- F ment du Puy-de-Dôme.] . TR

Le service de Chimie à la Faculté des Sciences est très à l’étroit. De même les Sciences naturelles. Que | dire de la Faculté des Lettres! Besançon. — Ce qui prime tout, c’est la nécessité de construire un bâtiment pour la bibliothèque universitaire, unie ou non avec la bibliothèque municipale. Tant que l’entassement actuel durera, inutile de songer à améliorer la Faculté des Lettres. La Faculté des Sciences a besoin d’un Institut de L’École de Médecine devrait être reconstruite. Besançon, comme Clermont, manque d’une Faculté de Droit. Le voisinage de Dijon rend à Besançon ce | Partout les négociations sont engagées, — et depuis des années, et partout le temps se passe en bavardageet en paperasse. Le Directeur de l’Enseignement supérieur se prétend animé de bonnes intentions, mais, sans fonds suffisants. Il serait nécessaire que l’État fit un dernier sacrifice, une fois pour toutes, et qu’on ne mît pas dix où quinze ans encore à négocier. Pour les Bibliothèques, les Facultés des Lettres, les Facultés de Droit, on peut tout finir en deux ou trois ans; il est inutile de gâcher quatre fois plus de temps en répartissant sur un trop grand nombre d’exercices la | contribution de l’État. Les sacrifices demandés au pouvoir central n’ont, du reste, rien que de modeste. Pour les Sciences physiques et biologiques de nouvelles découvertes viennent, heureusement, enrichir le stock de nos connaissances, et

ca exigent des laboratoires imprévus et des instruments Ko coûteux. Pour les Lettres et le Droit le principal Gé. % (a « ipstitut », c’est la Bibliothèque. 4 20 Que celle-ci soit suffisamment spacieuse, qu’il existe ï ” des amphithéâtres, huit à dix petites salles de confé- -14 | rences, un musée de moulages, et voilà des Facultés 4 Ne. satisfaites pour une période presque indéfinie. Il y a peu

j ou point de surprises avec elles. 4 2: Quand ces divers travaux auront été terminés, linstal- “ ce lation matérielle de nos Universités sera convenable. #1 Mais il est permis de regretter que l’on n’ait pas, ily a 4 qe. vingt-cinq ans, formé des plans plus rationnels, plus 4 +87 hardis si l’on veut. À 7 On pouvait, sans dépenser beaucoup plus, créer de 4

  1. véritables cités universitaires. Ainsi à Toulouse, au lieu | 13 de laisser près de Saint-André dans un quartier bruyant, 4 à au milieu de casernes, les Facultés des Lettres et de ES À Droit, qui sont ratées, il eût été plus sage de les placer, 1 At: à côté des Facultés de Sciences et de Médecine, aux à : JE allées Saint-Michel, dans le plus beau quartier de la 4 5 ville. Il eût fallu, il est vrai, faire des expropriations 3 : assez coûteuses. (1) Celle du Collège des Jésuites eût : 4 #1 permis le prolongement de la grande artère toulousaine, ; 2 la rue d’Alsace-Lorraine, jusqu’aux allées Saint-Michel. È On aurait ainsi dégagé le Palais de Justice et pu bâtir + à: à côté la Faculté de Droit. En face et à côté des Facul3 tés de Médecine et de Sciences auraient pris place la 4 Fe Faculté des Lettres et l’Administration académique. La mA (1) La vente des terrains où sont bâties les Fret pro et di D Lettres et l’Académie eût permis de récupérer une partie des %

capitale de l’ancien Languedoc eût offert aux yeux de | 44 l’étranger un bel ensemble cohérent comme en pré- me sentent les Universités des petits royaumes et duchés pi À De même, à Bordeaux, il est fâcheux que l’on laisse ea la mesquine et incommode Faculté de Droit place Pey- a. Berland, la Faculté de Médecine et de Pharmacie coupée 1 en deux ou trois tronçons. (1) 74 Que n’eût point fait de la pauvre Université de Caen Bt un ministre intelligent ou un particulier opulent! Avec 0 £ ses vieilles et superbes églises, son fleuve, sa belle #2 campagne, la mer si prochaine, on en eût fait un petit LA Cambridge. On sait l’intérêt passionné qu’Anglais et 11 Américains portent à la Normandie, qui est pour eux és presque une patrie. C’est par centaines qu’on eût attiré Fu les étudiants anglo-saxons et aussi leurs familles. Seule- “2 ment, il eût fallu tenter quelque chose de neuf : FE construire des bâtiments scolaires pour les étudiants. ji Le vieux Collège eût fait merveille. Comme il ne ii: renferme presque plus d’internes, il n’y a guère de rai- Ne ds son d’y laisser le Lycée. Celui-ci, — tout au moins ee le premier cycle, — aurait dû être transporté sur la hau- Hu Le champ des courses, entouré de sa belle et double ù N rangée d’arbres, eût fait un joli ground à l’américaine, FRE où étudiants et étudiantes, français et étrangers, (HER (1) L’Université se trouve actuellement dispersée en 5 endroits 14 Raphaël, cours Barbey, jardin public. Si, vers 1880, on eût adopté à un plan mieux conçu et suffisamment vaste, on aurait pu grouper $ tous les services dans un graÂd et vaste palais universitaire K À d’aspect imposant. Et cela n’aurait pas coûté plus cher. ÿ |

: 2XP sables, (1) dans l’idée des Anglo-Saxons, aux études uniPA _ versitaires. ; F4 La vallée haute de l’Orne eût offert aux amateurs du k canotage un terrain plus beau que la Tamise à Oxford ; ou la Cam à Cambridge. Comme installation, on aurait 4 eu horreur du vilain cube de pierre implanté au milieu & de ruelles qui constitue le « palais » actuel. On aurait AS fait dix à quinze pavillons légers, les uns autour du ] ground, les autres sur la hauteur, près du Jardin Bota- Mais, à supposer que ce plan eût germé dans une cervelle quelconque, il aurait plongé dans le plus pro- < SE fond ahurissement le ministre ou le recteur auquel il aurait été soumis. L’idée de faire neuf et grand paraît / décidément étrangère aux cerveaux français. (2) Tout js ce qu’on peut leur. demander c’est une médiocrité Ï décente, et c’est tout ce que réclament nos Universités, | L honnêtes filles, curieuses seulement d’une propreté | s (:) Au point que tout étudiant immatriculé est tenu de faire . deux heures de sport ou gymnastique par jour. (2) Deux exceptions : Lyon présente un bel aspect avec ses deux grands bâtiments en bordure du Rhône. Montpellier, quoique ? très simple, donne l’impression d’une cité vraiment universitaire. : Deux ou trois Universités convenables sur 14, c’est peu. (3) On lit dans Le Temps du 4 août 1904 : ; « Le gouverneur général vient de décider que l’inauguration 4 officielle de la nouvelle médersa d’Alger aura lieu entre le 15 et | le 20 octobre prochain. La nouvelle médersa est un très beau À monument surmonté de coupoles élégantes et dont les formes gra- 4 3 cieuses se détachent sur le fond de la Casbah au-dessus du lycée ( d’Alger. Elle a été construite sur les plans de M. Petit, qui s’est inspiré des meilleurs spécimens de l’architecture arabe. Sa décora- 1 « tion intérieure a été l’objet d’un soin tout particulier. L’architecte 1 s’est appliqué à reproduire les motifs d’ornementation des édifices les plus remarquables de Tlemcen. Des inscriptions en caractères À arabes orientaux ou maugrébins s’enchevêtrent sous les coupoles

Nous abordons maintenant un terrain entièrement nouveau. Il s’agit des Maisons d’Etudiants. Nos villes de province (exception faite peut-être de Montpellier), pas plus que Paris, du reste, ne sont agencées pour la vie d’étudiant. Ceci a des conséquences très graves. On s’est étonné que les familles françaises ne donnent pas, autant qu’il est désirable, à leurs enfants au sortir du lycée, l’éducation universitaire, si en faveur en Allemagne, en Suisse, en Scandinavie, aux États-Unis. Les raiavec des dentelles de plâtre et fomment un ensemble des plus harmonieux et des plus agréables à Pœil. D’autres inscriptions rappellent les noms des savants musulmans de l’Algérie… L’édification de ce monument a produit la plus heureuse impression sur % la population musulmane à qui elle a montré sous une forme tangible la façon dont le gouvernement de France sait donner satisfaction aux aspirations intellectuelles et morales de ses sujets indigènes. « L’administration poursuit également la construction d’un nou-

  • veau bâtiment pour l’installation de la médersa à Tlemcen. Cest le même architecte, M. Petit, qui en a dressé les plans et devis. Le type choisi pour ce monument se rapproche plutôt de celui des palais mauresques d’Alger, composé de galeries entourant une cour centrale. Bien que de proportions plus modestes, la médersa de Tlemcen ne le cédera en rien au point de vue artistique à celle 1 d’Alger. L’entrée, notamment, sera remarquable par la richesse des motifs d’ornementation. L’inauguration de cette nouvelle médersa pourra probablement avoir lieu en avril 1905, c’est-à-dire L à l’époque où se tiendra en Algérie le Congrès des orientalistes. » I est très beau de donner des palais à des écoles de théologie musulmane. Seulement, il ne faudrait pas loger nos Universités de province dans des taudis. La description d’une de nos Facultés de Droit ou des Lettres en regard de celle des médersas algériennes 4 ferait un contraste violent.

1 a : sons ne sont pourtant pas difficiles à comprendre. « ÿ Ë Ets On ne tient pas à laisser seul un jeune homme, presque FES Era un enfant, (1) sans confortable, sans surveillance aussi, tra à dans une de nos maussades cités provinciales. En fait, 4 Ë. les trois quarts peut-être des étudiants de province ha- dy

bitent avec leur famille la ville d’université, ou bien si f

de ; la famille n’y habite pas, les étudiants prennent des 1 av inscriptions mais restent at home et ne suivent pas les ; f cours. À plus forte raison les familles étrangères hé- Si % sitent-elles à envoyer au loin leurs enfants. j : | 5 Le Et cependant il est assuré que nos Universités provin- : _ ciales auraient rapidement une nombreuse clientèle 4) el d’étrangers (Paris effraye les familles) si l’on était sûr #4

  1. ; que les jeunes gens, au moins de dix-huit à vingt-et-un ï 1 ans, y trouvent des établissements leur offrant le vivre 1 1 et le couvert, sous la surveillance des autorités univer- P 8 sitaires. Inutile d’ajouter que la fréquentation des

2 Français et des étrangers dans une même maison au-

3 rait les plus heureuses conséquences pour les uns et $ à ù pour les autres. 43 : Ces « maisons d’étudiants » ne consisteraient pas seu-

3 lement dans une bâtisse de pierre ou de brique. Il serait $ Le nécessaire qu’on y retrouvât, en petit, le confort et l’agré- . d. ment des Universités anglo-américaines. Nous ne pour- Ÿ 7 rons offrir aux étrangers et aux nationaux des pelouses | ë _ et des parcs immenses comme les Transatlantiques. 4

28 Tout au moins peut-on agencer une salle d’escrime et ,

  • É de gymnastique, des douches ; on peut, — en province, ne dr (1) D’autant que chez nous les études secondaires se terminent de ; ‘ très bonne beure, vers dix-sept ans, soit trois avant l’époque nor- # DA male où PAllemand quitte son « gymnasium ». Aux États-Unis les ù Re études se prolongent encore davantage. 4

— offrir un jardin. Sans atteindre nullement au luxe ; k anglo-saxon, la « maison » doit être une ruche d’une pro- À % naturellement, ou mieux encore un salon-cabinet de tra- 2 vail et une petite chambre à coucher bien ventilée. La Fi surveillance doit être à la fois intelligente et assez À ferme. C’est dire que la « maison » doit être dirigée non { par un « fonctionnaire », mais par un professeur d’uni- a versité. Rien de « sous-off » dans son administra- é +

Dans les villes où la place ne fait pas défaut, il se- 5 rait bon de flanquer cette petite cité universitaire de 10 quelques pavillons destinés aux professeurs de facultés Fe ou de lycée qui consentiraient à éduquer les étudiants ni: étrangers par trop ignorants de notre langue. Cela per- 5 mettrait, en outre, de loger décemment quelques profes- je, seurs. Le contraste est trop souvent pénible entre le à professeur de faculté français logé à l’étroit en apparte- Û ment au milieu de la ville et son collègue germanique à habitant une belle villa au milieu des ombrages. En a tout nous avons Pair de pauvres. 1 1

Est-il besoin d’ajouter que les raisons données en fa- L8A _veur des maisons d’étudiants valent encore bien mieux 14 en faveur des « maisons d’étudiantes ». Il serait temps : À d’organiser l’enseignement supérieur des femmes. Et il . A m’est pour cela besoin d’aucun crédit. Les Facultés sont ÿ là qui rempliront, que dis-je, qui remplissent ce rôle. De dE plus en plus l’élément féminin les fréquente et il n’y a a pas lieu de s’en afiliger. Cet auditoire est plus attentif, D plus sérieux que l’autre. — Oui, il est bon que nos Fa- a ï cultés soient de plus en plus hantées par les femmes. F2 Ce qu’il faut regretter c’est qu’elles ne le soient pas da- pe

3 vantage. Élèves des écoles normales primaires, jeunes 1 | filles sortant du lycée, étrangères, toutes ont avantage

à compléter leur instruction. j

£ Pour deux au moins de ces catégories d’auditrices

une « maison » d’études et de refuge est indispen-

J’insisterai sur l’intérêt qu’il y a à attirer les étran-

| gères. Les Allemandes s’assimilent rapidement les usages et les idées de la France. Pour les Italiennes on ne sait : l’expérience faite à Grenoble est trop récente ;

: néanmoins elle semble heureuse. Les Anglaises, Écos-

, saises, Américaines ne demandent qu’à venir en France. Paris les attire naturellement mais effraye les familles. S’il existait en province des Universités dignes de ce nom, pourvues d’une organisation moderne pour les études et le séjour, les anglo-saxonnes viendraient en foule en France. Ceci a une réelle importance. En Amérique, aux États-Unis du moins, la langue française ne vit plus que par les femmes. En dépit des assurances optimistes de la presse, le français est en décadence continue auprès des étudiants. A peine 30 0/0 ap-

prennent à le Lire; les deux tiers s’en tiennent à l’alle- :

ù mand à cause de l’énorme production scientifique de nos voisins qui, dans certaines branches, atteint 50 o/o du monde entier. Chez les étudiantes américaines, au contraire, les deux tiers restent fidèles au français.

Elles le parlent souvent mal. Mais elles sont si désireuses de se perfectionner et de connaître la France qu’il faut encourager le plus possible ce bon vouloir.

Presque toutes nos Universités de province peuvent et doivent attirer étrangers et étrangères. Je ne vois guère que Lille, ville enfumée, qui ne puisse avoir cet

espoir. (1) Lyon, en dépit de ses efforts, n’aura jamais | qu’une clientèle restreinte. On préférera toujours une ville plus gaie, ou plus pittoresque. ;

Mais Grenoble, Nancy, Dijon même, commencent à avoir une clientèle, surtout la première. Montpellier n’a cessé de voir les Levantins et Égyptiens la fréquenter.

Il importe extrêmement de hâter ce mouvement.

Montpellier, Marseille devraient être de véritables métropoles intellectuelles pour les « Africains » de l’AI- | gérie-Tunisie, les Égyptiens, les Levantins, les Grecs, Roumains, Bulgares, même les Russes du Sud-Ouest.

Grenoble commence à être connu en Italie et surtout en Allemagne. Clermont, Besançon, à portée d’excursions pittoresques, attireraient aussi les étudiants allemands, grands voyageurs on le sait, si elles avaient un semblant d’organisation. J’ai dit que Caen serait, — à condition d’être transformé, — une Université pour Anglo-Américains. De même, bien que dans une plus faible mesure, Rennes et Poitiers.

Il faudrait attirer Espagnols et Portugais à Toulouse et Bordeaux. Cette dernière surtout devrait jouer un grand rôle. Ni le Mexique, ni l’Amérique Centrale, ni l’Amérique du Sud n’ont d’Université véritable,

  • au moins pour les lettres et les sciences. (2) Longtemps Mexicains, Cubains, Colombiens, Argentins, Brésiliens, n’ont connu qu’une seule initiatrice intel-

F lectuelle, la France. Puis l’Allemagne est venue, mais

() Sauf pour l’Institut dirigé par Calmette. Il attire quelques étudiants, mais ce sont des gens ayant fait leurs preuves qui viennent compléter une instruction déjà forte. Le cas est donc

. (2) Sauf le Chili, qui a appelé des professeurs, tous Allemands.

EP ici sans très grand succès, nous faire concurrence. à Aujourd’hui les Etats-Unis exercent sur tous ces Mot peuples une véritable fascination. PARIS même ne - FAR semble plus pouvoir lutter que péniblement contre des “HS organismes puissants et perfectionnés comme Harvard EVA près de Boston, Columbia à New-York, Yale à New4 Haven, Chicago, Palo-Alto en Californie. (1) Maïs tout el en subissant l’attraction de l’Amérique du Nord, les 1 reviendraient peut-être si nous avions quelque chose à È An leur offrir et si nous nous rappelions à leur souvenir. i. Après Paris, Bordeaux, en relations d’affaires avec . à l’Amérique du Sud, pourrait nouer aussi des relations ee. d’un autre genre, si elle offrait aux études une belle, MAT: riche et commode Université. Dans l’état de choses acV3 tuel la Médecine et les Sciences sont à peu près logées . (08 convenablement, mais le Droit et les Lettres, je le | 7 répète, montrent des installations ridicules. Or l’instalLen lation matérielle a une très grande importance aux yeux É {#10 des peuples jeunes qui jugent d’abord sur l’apparence. À li N’insistons pas davantage. ; 114 Un nouvel organisme apparaît nécessaire : la « Mai- | Fe son d’Étudiants », en province du moins. (2) Les fonds | À (1) Fondée par Leland Stanfford au moyen d’un capital de 180 mil- : Fe (2) Elle ne le serait pas moins à Paris, mais c’est là que l’institu- 1 F2” tion serait le plus difficile à établir à cause des frais considérables k . PE qu’elle entraînerait. Combien il est regrettable qu’on n’ait pas, re comme il en fut question vers 1883, reconstruit les Facultés dans ÿ le genre américain! Des vieillards, dont le dernier vient de dispaet raître, refusèrent de bouger pour ne pas changer leurs habitudes et éviter un déménagement. Le résultat c’est que la Sorbonne #. étouffe dans sa ceinture de pierre. On ne sait où mettre les livres } et les laboratoires. x

nécessaires seront considérables. Ce ne sont pas nos AA Universités, certes, qui sont capables de les four- 1% _ nir, non plus que les « Sociétés d’Amis de l’Univer- 200 _ sité ». Sauf à Paris et à Lyon, la munificence de ces 300

__ Sociétés semble épuisée quand elles ont distribué HR _ 5oo francs de prix en médailles. Elles ont un intérêt de pes

propagande et de réclame, mais il ne faut attendre ‘5

_ d’elles aucune somme, si minime soit-elle. L’État peut A

_ seul assurer la vie à cette entreprise, mais son action De.

-_ doit être provoquée par l’initiative privée. ETS

Toutes les Universités n’ont peut-être pas besoin de Lo

cette organisation et il n’est pas prouvé que la question Se

soit mûre partout. Pour l’instant il suffit de la poser. c “à

Ce qu’on peut demander, c’est l’assurance que si un er

projet bien conçu est présenté, l’initiateur soit assuré SLR de l’appui, d’abord moral, plus tard pécuniaire, du Le

Parlement. Ne pas oublier, en effet, qu’il s’agit d’un or- 5 ganisme officiel ou semi-ofliciel. Il serait désolant de fe

_ voir cette idée captée par le parti catholique et faussée RL è par lui de la manière que l’on devine. : Re

/ : Les cadres. — Les méthodes. — Les grades

Une remarque préalable doit être faite : le système

des « Facultés » ne répond à rien, il n’est plus de notre temps. Il demande à être remplacé par celui des groupes d’études, des « Instituts ». Il est absurde, pour ne citer que deux exemples, que la Géographie soit coupée en deux, une partie sous le titre de Géographie générale à la Faculté des Lettres, l’autre, la Géogra- |

3 phie physique, à la Faculté des Sciences. Il n’y a aucune 4

raison profonde de placer l’Économie politique à la J Faculté de Droit, etc. — L’ensemble des connaissances Mathématiques, Physique, Chimie, Biologie, Histoire et 1 Sociologie. A côté sont les écoles spéciales ou écoles d d’application, l’École de Médecine dépendant de la Bio- | logie, l’École de Droit de la Sociologie, etc. ! k

On a commencé au Congrès international de l’Ensei-

gnement Supérieur en 1900 à critiquer l’organisation

| actuelle, véritable legs du Moyen-Age. L’idée d’unrema-

136 4

niement total de nos cadres d’enseignement gagne lentement les milieux universitaires. Devant l’opinion publique le problème n’est même pas posé. IL convient donc d’attendre, tout en ne perdant pas de vue que le système actuel est destiné à craquer. (1)

Il a, du reste, déjà subi des atteintes. C’est ainsi que la première année de Médecine, consacrée à l’étude des sciences physiques, chimiques, naturelles, — le P. C. N. comme on dit, — a lieu à la Faculté des Sciences. Les résultats en ont été très bons ; d’abord au point de vue de la solidité des connaissances générales des futurs médecins. Ensuite, les plus distingués des étudiants en médecine et pharmacie, — dans deux ou trois centres, tout au moins, — continuent parfois à fréquenter la Faculté des Sciences et à lui demander un ou plusieurs de ses « certificats d’études supérieures ». Il est seulement regrettable que ce mouvement n’ait pas pris plus d’extension. Peut-être y aurait-il lieu de relever le niveau scientifique des études médicales et pharmaceutiques en exigeant du futur médecin ou pharmacien, sinon les trois certificats que l’on demande à un licencié ès-sciences, du moins l’un d’entre eux.

Une question d’un intérêt capital serait le rapproche- | ment, en attendant la fusion en une grande « Faculté de Sociologie », des Facultés actuelles des Lettres et de Droit. De l’aveu général, le niveau de la masse des étudiants en droit est très bas. Il manque un intermédiaire entre la Faculté de Droit et le Lycée, d’où l’on sort en

(1) Je demande la permission de renvoyer à un mémoire paru dans la Reoue Internationale de l’Enseignement en 1904. — En Amé- rique le système des Facultés n’existe plus ou, pour mieux dire, n’a jamais existé sérieusement.

_ France plus jeune que partout ailleurs (sauf l’Espagne _ toujours). D’autre part, il est fâcheux que les futurs re Ba: _ professeurs de lycée n’aient aucune notion de Droitni 14 k 4 . d’Économie politique. Une année commune, propédeu hu. tique, serait de la plus haute utilité pour les unsetpour % Ë les autres. Elle pourrait comprendre par exemple : 1° une à ‘3 partie commune avec des notions générales de droit, le 173 _ droit constitutionnel et l’histoire du droit français, un

ie dl ï cours d’économie politique; l’histoire contemporaine

a depuis 1848 (1) et la géographie économique; 2° au

ë HS choix : soit la continuation des études de philosophie et

ê 1 physiologie soit de littérature ancienne ou moderne. ; 124 D’autres combinaisons sont également possibles. La F BA Faculté des Lettres, avec un personnel supplémentaire ; ‘1 % fourni par les professeurs de Droit, serait parfaitement

+158 désignée pour cette tâche.

; j La grande objection c’est qu’on allongeraït ainsi d’un

0 _an les études de la licence en droit. Mais serait-ce un

g 5 mal? En somme, dans cette année propédeutique, on étu-

FRA dierait à peu près la moitié du programme de la pre-

mière année de droit actuelle. On serait plus au large

à de pour traiter ensuite le programme de licence qui étouffe

4 En Belgique, ce n’est pas une mais deux années

’ 4 d’études préalables à la « Faculté des Lettres et

A Philosophie » qu’on exige des étudiants en Droit.

so Ÿ Genève a organisé une « Faculté de Lettres et de Socio-

D logie » qui joue un rôle sensiblement analogue à celui

ï “à (1) Un doyen d’une Faculté de Droit affirme connaître des À DR étudiants de licence qui ignorent totalement ce qu’est la guerre de

SUR 1850! On cite cet exemple comme typique, on en pourrait fournir sa

que nous voudrions attribuer chez nous à cette première sa année commune. k É Cette idée est dans l’air. Plusieurs l’ont eue d’une RS façon tout à fait indépendante. On s’est toujours heurté N au mauvais vouloir des Facultés de Droit, surtout des Kæ juristes. Par une contradiction amusante ce sont les 140 mêmes qui déplorent l’absence de culture de leurs étu- # diants. Néanmoins, si les pouvoirs publics envisageaient $ de bon œil cette réforme, l’opposition des juristes se 4 calmerait vite et l’on viendrait à bout de leur résistance. à La question est à creuser. Il y a 10.000 étudiants en 1 droït en France. Il est très fâcheux que la majorité soit : condamnée à ne faire que des études insuffisantes. Il nt est temps de comprendre que le « Droit » au sens à strict, (1) quand on ne cherche pas à aller au delà, ne

constitue pas une culture. 14 En attendant cette importante réforme, plaçons-nous, 4

faute de mieux, en présence du système actuel. Je me PE bornerai à l’étude des Facultés des Lettres, le sujet “4 m’étant mieux connu; mais il ne faut pas oublier que le Pl système d’enseignement des Facultés de Droit et de Méde- # cine doit être également l’objet de sérieuses préoccupa- # _ tions. Les Facultés des Sciences seules paraissent 4 _ échapper pour l’instant à la crise. pe (1) Des hommes politiques bien intentionnés voudraient réduire 1. ou faire disparaître le droit romain ét l’histoire du droit français Le des programmes de ces Facultés. C’est justement leur enlever la ve seule portion scientifique de leur enseignement et les ramener à une di ; plate préparation pseudo-juridique. L’enseignement du droit ainsi FE amputé waurait plus rien à faire avec les études supérieures. On : A ÿ étudierait le code, la procédure. C’est très utile, indispensable même. ES | Mais, dépourvu de tout esprit historique et sociologique, cet ensei- de gnement n’aurait pas plus de valeur scientifique que celui de la à Comptabilité ou de la Sténographie. . 1862

Cette tâche, même ainsi restreinte, me sera facilitée

par un pénétrant mémoire de M. Charles Seignobos, |

ï le Régime de l’enseignement supérieur des lettres,

A analyse et critique. (1)

5 Il est certain que, à Paris surtout, nos professeurs de Faculté organisent le travail d’une façon déplorable. La tâche du professeur d’Université est triple : 1° commu-

; niquer aux étudiants les résultats acquis; cela se fait

4 par des cours généraux à périodicité rigoureuse et suffisamment nombreux; — 2° apprendre à travailler,

; développer le sens critique; on y parvient dans des « séminaires » intimes avec un nombre restreint d’étudiants éprouvés; — 3° enfin exposer aux étudiants et au grand public, dans des cours ouverts, le résultat de ses propres travaux ou celui de ses confrères français et

Nos professeurs remplissent bien en général, — avec ‘ plus ou moins de talent, — la troisième partie de ce proL gramme. Mais les deux premières sont sacrifiées, et ce | . sont justement celles qui sont essentielles. | | La première n’existe presque pas, — ou même souvent à la Sorbonne, — pas du tout. Des cours d’histoire à générale, par exemple, réclament plusieurs heures par | semaine (3 ou 4 au moins). Aucun professeur n’y Con- 1 | sacre plus d’une heure (sic). Quelques-uns même, en ; certaines branches d’études, se bornent à adresser des | conseils, corriger des copies, etc., simple exercice d’en- . La seconde est soi-disant exister. En réalité elle consiste en préparation d’agrégation, ce qui n’a abso- (1) Paris, 1904, in-8°, édité par le Musée pédagogique. .

lument aucun rapport, quoi qu’on dise, avec le « sémipäire » tel qu’il existe en Allemagne, et, à Paris, à l’École des Hautes Études. Un étudiant lit un travail scolaire rédigé hâtivement. Le professeur indique comment il faudrait faire en vue de réussir au concours, un | camarades écoutent d’un air morne. Cet exercice n’est indéfinissable. Je m’explique la stupeur des étudiants allemands et américains qui ont assisté à ces exercices qui vraiment ne riment à rien. — Oh! je sais bien qu’il y a çà et là un homme de talent qui réussit à tirer parti de cet instrument. Il n’en est pas moins défectueux. Paganini jouait du violon sur une seule corde. N’empêche qu’il est préférable d’en avoir quatre à un violon.

Un exercice de séminaire consiste en explications cri- l tiques faites par un groupe d’étudiants avancés sous la direction du professeur, ou encore dans la recherche commune d’un problème d’histoire, de philologie, de littérature. Chacun reçoit sa tâche qui consiste, soiten un dépouillement d’archives, etc., soit dans l’examen d’un ouvrage. Les résultats sont vérifiés en commun. (1) C’est -grâce à ce procédé qu’un professeur allemand peut renouveler en quelques années toute une branche d’études. Ses seules forces n’y suffiraient pas. Quant au profit que retirent les jeunes du travail en commun sous la direc- : tion d’un maître, on ne saurait l’exagérer.

(x) Certains professeurs parisiens s’imaginent faire leur devoir 1 en prenant un à un soit à la Sorbonne, soit chez eux, quelques étudiants distingués préparant un mémoire ou une thèse, en lisant ; leurs notes et en les guidant de leurs conseils. Ce n’est pas cela du tout diriger un séminaire d’études. |

LA Des exercices de ce genre ne doivent pas, ne peuvent

| pas se renouveler trop souvent. Néanmoins, le minimum Ë Pe de durée d’un séminaire c’est 1 heure 1/2 à 2 heures par LR

L “h * semaine. Il doit être, sinon avec le personnel actuel, du ra

4 pe moins avec le personnel futur, exigé de tout professeur, G es et comme c’est en cela que consiste le meïlleur de sa 4 Va éliminé de l’enseignement supérieur. È à La seconde, — le cours général, — est tout aussi mal |

4 conçue. Il est nécessaire que l’étudiant absorbe une

à certaine masse de connaissances pendant son séjour à

si l’Université, des faits, des mots, des idées. Cela ne se F

‘44 peut que par une série de cours constituant des cycles.

ÿ à Prenons par exemple l’étudiant en histoire. Il doit savoir

me l’essentiel de l’Histoire du monde occidental, tout au

% moins, pendant 25 ou 30 siècles. Il ne peut s’assimiler

p: un aussi vaste ensemble de faits que si on les lui pré

4 sente sous une forme méthodique. L’étudiant est fondé ;

a: d’exiger que pendant les trois ou quatre ans qu’il pas-

gi j sera à la Faculté on lui ait appris les éléments de son

é A métier. C’est ce qu’on fait pour l’étudiant en Droit. Les |

ve cours de licence forment un ensemble. Rien de pareil |

sa dans nos Facultés des Lettres, surtout à la Sorbonne. #4 On ne peut recueillir que des bribes d’histoire. M. La 7 visse fera pendant dix ans l’histoire de Louis XIV etne | e fera que cela. (1) A Berlin, un professeur allemand | FE emploiera, lui aussi, dix, quinze, vingt années à appro- $

(1) ai signalé à la Société d’Histoire moderne qu’en quinze ans il 4 4 ny avait pas eu un seul cours sur l’Histoire des Etats-Unis à la Sor-

54 bonne. Pendant le même espace de temps pas un seul cours sur | my l’Histoire d’Espagne, d’Angleterre, d’Italie, d’Allemagne, des paÿs É 4 Scandinaves, — jusqu’au seizième siècle! Cest à n’y pas croire. à

fondir l’histoire d’un souverain prussien, mais, EN OUTRE : | FA

1° il donnera régulièrement chaque semaine, du 15 oc- ts tobre au 15 juillet, 4 heures de cours d’histoire générale | embrassant une longue période ; oh! je sais, des cours Es très terre à terre, presque dictés, mais infiniment utiles ; par ia masse de renseignements qu’y recueille un étu re diant; c’est parce que nous n’avons pas ces humbles sn cours dédaignés de nos brillants maîtres, que les étu- 4 diants américains quittent Paris et filent à Leipzig ou à e. Berlin en déclarant qu’on ne peut rien apprendre chez 534 nous, — et c’est vrai; 2 il dirigera hebdomadairement tk un séminaire de 2 heures. La causerie d’une heure du à même Lavisse, préparatoire à l’agrégation, n’a aucun se rapport, je l’ai dit, avec cet exercice. : # J’ai cité l’exemple de Lavisse parce qu’il est le plus Ne en vue, à juste titre, des professeurs d’histoire de la Sor- La) bonne. (1) Mais les autres ne font guère mieux, non par ‘4 mauvaise volonté ou impéritie, mais parce qu’ils sont - sat victimes d’une organisation surannée. Le malheur c’est * né que les étudiants, eux aussi, en sont victimes. #4 Ce qu’on vient de dire de l’histoire peut se répéter de 40 à | toutes les autres branches d’études. 22 . L’organisation de cours cycliques d’histoire générale F apparaît donc comme indispensable. Pour ne pas avoir Mes l’air trop tyrannique, on peut se contenter de 3 heures 4 par semaine au lieu de 4 comme en Allemagne, et SE même réduire ce chiffre à 2 si le professeur fait, en outre, ki un cours public. Mais il faut à tout prix exiger et le plus jh (1) [Depuis la rédaction de ces lignes, M. Lavisse a quitté la Sor- F: 1

\ bonne pour la direction de l’Ecole Normale. J’ai cru bon cepen- a

dant de les maintenir.] ‘HE

Ne tôt possible que, chaque semaine, le professeur titu : 864 laire (1) donne au public studieux : LE ne 1° 2 heures d’exercice de « séminaire » ; rs 2 2° 3 heures de cours publics ou fermés. : Rens En tout 5 heures par semaine au lieu des 3 heures Ra, actuelles. C’est un minimum. Je répète qu’en Alle nr magne la plupart des professeurs « ordinaires » donHi nent 6, 7, 8 et parfois 10 heures par semaine. On peut : 54 et on doit exiger des nôtres 5 heures sanS aucun re414 mords. 4 Il faut se hâter d’ajouter que les résistances qu’on Fa rencontrerait ne seraient nullement provoquées par des Pen motifs de paresse ou d’égoïsme. Nos professeurs d’enLe seignement supérieur (2) travaillent énormément. Je 22 puis leur rendre cette justice, moi qui les fréquente pour An: ainsi dire journellement. Ce qu’ils redoutent au conL’E = # . 4 : traire, c’est que leurs fonctions « professorales » n’emes piètent sur leurs travaux scientifiques, où ils voient, — We avec pleine raison, — le meilleur de leur tâche. ke On peut les rassurer par la combinaison suivante : es couper en 2 semestres l’année scolaire ainsi que cela se “0h pratique en Allemagne, en Suisse, etc. Un semestre EU sera consacré à l’enseignement, un autre à la recherche 000 personnelle êt à la préparation des cours et conférences dE e de l’année suivante. Ce procédé serait, je crois, excellent. | 14 Poursuivre de front le travail personnel et la besogne ÿ ” (1) On doit peut-être moins demander au maître de conférences, à f: qui est moins rétribué et qui a parfois (en province) ses thèses de * & doctorat à préparer. Néanmoins, même pour les maîtres de confé- 4 hey « rences, le nombre d’heures exigible peut être raisonnablement | Es (2) Sauf en province, quelques vieux découragés. Mais ils dispa-
és, raissent chaque jour. ‘

professionnelle est épuisant et, en outre, décevant. La [\LÉ préparation des cours mange un temps énorme ; d’autre Fe part la recherche poursuivie entre deux conférences est 4 fiévreuse, hâtive, inefficace : on travaille mal. La } à réforme préconisée remédierait au mieux à ce double me

Mais si on se décidait à l’adopter il faudrait être plus é exigeant envers les professeurs qui en bénéficieraient. A F l’heure actuelle les « conférences » commencent au début Li de novembre, les cours en décembre (parfois même en janvier!) (2) L’année scolaire est terminée avec le mois k de juin (quelques vieux professeurs se permettent même de finir dès le mois de mai!) Si l’on coupe l’année scolaire en deux, chaque moitié devrait être allongée car | le semestre scolaire serait, autrement, ridiculement ; écourté et, vraiment, l’État n’en aurait pas pour son EAU argent. Le semestre d’hiver devrait commencer le 15 octobre comme dans les Universités allemandes.

Il finirait invariablement le dernier jour de février. Le semestre d’ « été » commencerait le 1° mars avec un 4 autre personnel. La Fête Nationale du 14 juillet marquerait le terme de l’année scolaire. Les vacances de Pâques seraient réduites d’une semaine pour égaliser les deux semestres.

(1) En Allemagne pourtant, les professeurs enseignent toute HA Vannée, à raison de 6 à 8 heures par semaine. Il est vrai qu’ils ù obtiennent, je crois, des congés assez fréquents avec plein traite- &

(2) Et quel sans-gêne ! Plus d’une fois on voit un public de plu- NE sieurs centaines de personnes attendre une demi-heure dans un & amphithéâtre et contraint de s’en retourner fort peu satisfait. Le »3 professeur a ajourné l’ouverture du cours ! Et trop souvent, nulle ra affiche visible, nulle communication de l’appariteur n’a averti A : le public de son erreur. né

‘æ C’est, en somme, le système suivi par la Faculté des 7ù Sciences de Paris, muni seulement de deux rallonges de 4 quinze jours, l’une avant, l’autre après l’année scolaire è $ Avec une organisation qui donnerait au professeur D titulaire sept mois et demi par an pour le repos, les à ke travaux personnels, la préparation des cours et confé- ; rences, on pourrait exiger, pendant les quatre mois et

demi d’enseignement, 5 heures et même davantage

J par semaine, soit 1 heure par jour de cours, confé- dE rences, entretien. En effet, si nous demandons à l’Etat 7 des sacrifices pour la création de nouvelles chaires, une 4tà installation matérielle suffisante, en revanche nous ÿ trouvons juste que ces sacrifices trouvent leur contre Cette organisation de l’enseignement semestrielle ne LA peut, malheureusement, être établie partout. Elle n’est possible que dans les Facultés possédant un nombre de , : chaires élevé. Je ne vois guère à l’heure actuelle que Paris, Lyon et Bordeaux où elle puisse être introduite. ci Dans les petites Universités provinciales elle me paraît difficile à établir tant que le nombre des chaires demeuse rera aussi faible qu’il l’est maintenant. Et, malheureu- : 4 sement, c’est pour les professeurs de ces petits centres EQ que l’organisation semestrielle serait la plus utile. Les k ressources des bibliothèques locales sont tellementinsuf- (Fa fisantes que l’on ne peut vraiment faire du travail utile | qu’en venant à Paris pendant les vacances. Les lacunes k de nos bibliothèques universitaires de province sont effrayantes. (1) Pour les combler il faudrait des millions : (1) Consulter le mémoire de Jules Laude cité plus haut, page 112.

qu’on ne leur donnera certainement jamais. Il serait donc nécessaire que les provinciaux eussent du temps ë à eux pour venir travailler à Paris ou faire une tournée $ à l’étranger.

Malheureusement, loin de leur fournir les loisirs nécessaires aux recherches scientifiques, on leur rogne , | leurs vacances. Au mois d’août 1903, alors que tout le monde était dispersé, le Ministre de l’Instruction publique donna ordre brusquement aux recteurs de rappeler, pour le 15 octobre, les professeurs de Faculté, dans le but de faire passer leurs examens aux candidats de baccalauréat refusés en juillet. L’intention n’était pas

mauvaise. (1) Le procédé fut jugé cavalier. On parlait | de ce ton aux professeurs de Faculté au lendemain du coup d’État de 1852 et nul ne s’en étonnait. Le gouvernement républicain avait habitué l’enseignement supé- rieur à plus d’égards. On peut beaucoup obtenir de ce corps, — en y mettant des formes. Le sans-gêne brutal de l’Administration a causé, en province surtout, je le sais, une impression pénible. (2)

Cette année le Ministre vient de renouveler la mesure É et il est évident qu’à l’avenir elle sera maintenue. Raïson de plus pour adopter le système semestriel : Les professeurs en congé le 1° mars, feraient passer les examens de baccalauréat et de licence à la session de juillet; ceux qui finissent l’année le 14 juillet, feraient passer la session d’octobre.

(1) Le Ministre voulait que dès la fin d’octobre les classes de lycée | , () Personnellement, cela m’est fort égal. L’École des Hautes-

Etudes n’a pas d’examens.

Ye Nos Facultés des Lettres préparent à la Licence et à FA À l’Agrégation. Tel est l’emploi le plus sérieux de leur nn temps. ER rA Laissons pour l’instant l’agrégation. Depuis trente 108 ans on a tout dit sur ce fléau national, mais personne 44 n’a tenté sérieusement d’y porter remède. Nous verEEE rons en terminant s’il n’est pas possible d’en diminuer } # la malfaisance. — L’agrégation, étant un concours pré- ER: paratoire à l’Enseignement secondaire, n’avait rien à SM faire, en bonne justice, avec l’Enseignement scientifique 514 d’une Faculté. On semble l’avoir compris et la récente ’ paf réforme confie cette préparation à l’École Normale de LA la rue d’Ulm. Nos Facultés vont donc être débarrassées 1 L Reste la licence. Elle seule forme la matière de l’enen seignement d’Université. On sait, en effet, que pour le 4 doctorat d’État, il n’est pas nécessaire d’avoir mis les ‘ pieds à la Faculté. (2) Quant au doctorat d”Université Lt créé en ces dernières années, il n’est recherché que par ; DE : les étrangers. Comme il ne confère aucun avantage, les … Fe étudiants français le dédaignent absolument : ce serait FU (1) Du moins cela semble résulter des récents décrets. Mais on qui dit que personne n’en saisit la portée, principalement ceux » sn qui les ont inspirés. 44 VA (2) Jai eu des amis qui m’ont demandé de les guider à la salle es de doctorat au moment où ils allaient soutenir leur thèse de docNE teur ès-lettres. Ils ignoraient totalement les détours du « Sérail ».

du temps et de l’argent perdus. L’équivalent du « doc- . torat de philosophie » allemand et américain, c’est donc notre licence. Mais quel équivalent! — En Allemagne, il faut trois années de scolarité pour passer son doc- s torat (x) qui est la clôture naturelle des études universi- ; taires. Aux États-Unis le minimum exigé est de quatre ; ans. Chez nous, un an suffit, et il n’y a pas de scolarité exigée. On peut être licencié dès 17 ans sans avoir fré- quenté la Faculté sinon pour prendre les inscriptions. Cette organisation est imbécile, cela va de soi. Aussi est-elle unique au monde; notre pays en a le monopole. Ainsi, un tout jeune homme sorti du lycée à 16-17ans, F4] soit trois ans plus tôt que son camarade allemand ou suisse, peut obtenir, — et obtient quelquefois, — un grade dont on ne décerne ailleurs l’équivalent qu’à un homme de vingt-cinq ans au moins, après plusieurs années de sérieuses études. ‘ | La force de l’habitude est telle que nos professeurs ne sont pas extrêmement choqués de cette réglementation. Ils n’en connaissent pas, pour la plupart, l’origine. J’ai tenté de la déterminer et suis arrivé à ce résultat qui LEE n’étonnera aucun historien. L’organisation de la licence par Napoléon I# n’offre aucune originalité. L’empereur s’est borné, en 1808, à reprendre les règlements de FA l’Ancien Régime. Or, en étudiant ceux-ci, j’ai vu que pour la licence ils n’avaient quasi pas bougé depuis le treizième siècle. Si bien qu’en 1905, la licence ès-lettres à (1) En pratique, l’étudiant allemand ne le passe jamais avant & cinq ou six années d’études universitaires, soit vers vingt-cinq, 2 _ vingt-six ans, et même plus tard. Aux Etats-Unis, on attend parfois jusqu’à la trentaine. Nr.

‘à Le est régie par une règle remontant certainement à Phi4 | lippe-le-Bel, et probablement jusqu’au règne de LouisIX. 15 En pratique, il est bien rare que l’étudiant arrive à $ décrocher sa licence en un an. Mais la faculté de sepré-

senter au bout d’un si faible temps a des inconvénients

Ë à que M. Seignobos a bien mis en lumière. (1) à: L’absence de scolarité n’est pas moins funeste. Les à petits jeunes gens sortis des bonnes maisons se pré- 5 parent avec quelque précepteur ecclésiastique. Les {8 boursiers mêmes se laissent gagner par la nonchalance ; et sont irréguliers : ils prennent ainsi des habitudes, ; sinon de paresse, tout au moins de négligence, qui leur à sont mauvaises. Enfin, le professeur, n’ayant aucun audi3 toire assuré, se décourage et s’attriste. Fe La première chose à obtenir, c’est une scolarité obli- . 1 gatoire. Sans cette mesure préalable, toute tentative de relèvement de nos Facultés des Lettres est frappée | . d’avance de stérilité. Ce n’est pas être trop exigeant que de demander dix DE à douze heures par semaine, la moitié de ce qu’on exige ë d’un enfant. Les Allemands, eux, se bourrent de cours W jusqu’à l’indigestion. (2) Les Américains, pour éviter cet | \ excès, ont imposé un maximum hebdomadaire de | 16 heures, un minimum de 12. Ces chiffres paraissent Un minimum d’âge est aussi à exiger. J’ai dit ailleurs que les Universités belges avaient été, de 1830 à 1890 (2) Trop souvent ceux qui viennent à Paris tombent dans la À È paresse et la débauche, et ne font plus rien, preuve que, entre l eux et nos étudiants, il y a moins une différence de race quede

environ, frappées de stérilité pour n’avoir pas pris dé précautions contre lenvahissement d’enfants de 15 à 16 ans. On ne peut guère, en effet, à moins de talents supérieurs bien rares, aborder l’enseignement supérieur avant 19 ou 20 ans. On devrait interdire aux Facultés des Lettres de recevoir des étudiants âgés de moins de ÿ 18 ans accomplis : c’est l’extrême limite. Je connais des exemples d’étudiants traînant des années inutiles, de 17 à 20 ans, dans une Faculté : leur cerveau n’était pas mûr. Les mêmes vers 21-22 ans se réveillaient et devenaient d’honnêtes travailleurs. Il n’en demeurait pas moins qu’il eût mieux valu, pour leur profit intellectuel - et physique, pousser leurs études plus loin au lycée, — è ou même tout simplement ne rien faire du tout, — que d’entrer prématurément dans une Faculté.

Quelle doit être la durée des études de licence?

M. Seignobos préconise deux ans. (1) Je crois ce délai insuffisant. Il ne faut pas oublier que nos étudiants sont É très jeunes et qu’ils ne savent à peu près rien au sortir du lycée. Leur instruction est presque entièrement à refaire en première année. Trois années, comme pour la licence en droit, constituent à mon sens le minimum

Prenons comme exemple l’étudiant en histoire : la ; première année serait consacrée à la revision de l’in- : struction générale, à l’étude de l’histoire antique (Orient,

Grèce, Rome), à l’acquisition d’une seconde langue, vivante ou morte.

( ») Cest ce que demandent aussi tous les professeurs de province 4 que j’ai consultés. |

(2) Quatre si l’on adoptait le système d’une année commune au Droit et aux Lettres.

La deuxième année porterait sur le Moyen-Age et les Sciences auxiliaires (paléographie, diplomatique, biblio- Ni Le Moyen-Age a été sacrifié dans les nouveaux pro- & grammes d’enseignement secondaire. On a eu peut-être raison en ce qui concerne la masse des écoliers. Mais f) pour le futur historien ou professeur, cette époque est et sera toujours capitale. Son intérêt sociologique est de ( premier ordre. Il importe de consacrer à la Faculté un ù an à cette période qui sera de moins en moins étudiée au F) Lycée. D’ailleurs il n’y a pas que le Moyen-Age Français. Le Moyen-Age Allemand, Italien, Anglais, Byzantin, offre un intérêt parfois passionnant. Ÿ La troisième année serait consacrée aux temps a modernes et à la Géographie. On le voit, même réparti sur 3 années, ce programme L’acquisition des langues et des littératures classiques nl et modernes exige des efforts non moins pénibles, non En deux ans on n’obtiendra rien de bon. Je serais d’avis, au surplus, pour ménager les forces de l’étudiant de graduer ses efforts, de lui permettre de passer ses examens en détail à la fin de chaque année scolaire (1) et non pas en bloc comme cela se pratique V ( ») Cest ce qu’on fait à la Faculté de Droit, à l’Ecole des Chartes. Imagine-t-on le baccalauréat et la licence en droit passés en une seule fois! Cela deviendrait, — bien inutilement, — un examen fort

(us) ent d’un profit plus réel que deux années de mn rée totale des études universitaires pourrait, au Ro n’être nullement augmentée si l’on usait de la ne très heureuse inspiration, le ministre vient i oO e à toutes les branches d’études l’institution du © d’études supérieures qui fonctionnait depuis | a ir l’agrégation d’histoire et de géographie. M is, nul ne pourra se présenter à une agrégation o que de l’ordre des lettres ou des sciences s’il ne

ce certificat. Z Facultés ont mission d’y préparer et il semble | =. | emier abord que nous allons posséder enfin, — 3 un siècle de tâtonnements, — l’équivalent du ? torat philosophique » allemand, copié par les ricains depuis trente ans. Eh bien! j’éprouve des es très sérieux sur l’efficacité de cette réforme @pparence excellente. Je crains que, — en province du moins, — ce ne soit un fiasco. Le sort du diplôme d’études historiques peut nous servir d’exemple. Il n’a pas eu grand succès hors Paris, — et toujours pour la même raison : pas de scolarité exigée. : Les candidats se préparent aux épreuves dans leur Collège, ou chez eux. Allez donc organiser, comme en (G) Dans la nouvelle organisation de l’Ecole Normale et des bourses de licence on épargne aux élus (on a bien raison) la « partie commune » de la licence. La première année sera consacrée à la licence spécialisée, la deuxième au diplôme d’études, la troisième à l’agrégation. Un an pour la licence! Imaginez un toute l’Histoire! On se demande ce que les gens qui préparent les Décrets ont dans la tête

” pour Ferdinand Lot 1° 2 ANTENNES hi * La deuxième année porterait sur le Moyen-Age et les AA Le Moyen-Age a été sacrifié dans les nouveaux prode grammes d’enseignement secondaire. On a eu peut-être N: raison en ce qui concerne la masse des écoliers. Mais fi pour le futur historien ou professeur, cette époque est

R et sera toujours capitale. Son intérêt sociologique est de

OA premier ordre. Il importe de consacrer à la Faculté un

ou 1 an à cette période qui sera de moinsen moins étudiée au

Ki Lycée. D’ailleurs il n’y a pas que le Moyen-Age Français.

(is Le Moyen-Age Allemand, Italien, Anglais, Byzantin,

se À offre un intérêt parfois passionnant.

à x La troisième année serait consacrée aux temps

“ modernes et à la Géographie.

! On le voit, même réparti sur 3 années, ce programme

le L’acquisition des langues et des littératures classiques

Fi £ et modernes exige des efforts non moins pénibles, non

1 À En deux ans on n’obtiendra rien de bon.

Fa Je serais d’avis, au surplus, pour ménager les forces RU de l’étudiant de graduer ses efforts, de lui permettre de

k LS passer ses examens en détail à la fin de chaque année : ne scolaire (1) et non pas en bloc comme cela se pratique Le Trois années d’études graduées fatigueraient moins … {; (1) C’est ce qu’on fait à la Faculté de Droit, à l’Ecole des Chartes. 4 4 Imagine-t-on le baccalauréat et la licence en droit passés en une À Vi seule fois! Cela deviendrait, — bien inutilement, — un examen fort

et seraient d’un profit plus réel que deux années de ss La durée totale des études universitaires pourrait, au À surplus, n’être nullement augmentée si l’on usait de la : Par une très heureuse inspiration, le ministre vient s

  • d’étendre à toutes les branches d’études l’institution du diplôme d’études supérieures qui fonctionnait depuis Ÿ 1896 pour l’agrégation d’histoire et de géographie. Désormais, nul ne pourra se présenter à une agrégation À .. quelconque de l’ordre des lettres ou des sciences s’il ne possède ce certificat. FAN Nos Facultés ont mission d’y préparer et il semble au premier abord que nous allons posséder enfin, — après un siècle de tâtonnements, — l’équivalent du « doctorat philosophique » allemand, copié par les e Américains depuis trente ans. Eh bien! j’éprouve des doutes très sérieux sur l’efficacité de cette réforme d’apparence excellente. Je crains que, — en province du | moins, — ce ne soit un fiasco. Ce Le sort du diplôme d’études historiques peut nous À servir d’exemple. Il n’a pas eu grand succès hors Paris, — et toujours pour la même raison : pas de scolarité exigée. j Les candidats se préparent aux épreuves dans leur Collège, ou chez eux. Allez donc organiser, comme en | (:) Dans la nouvelle organisation de l’Ecole Normale et des ul bourses de licence on épargne aux élus (on a bien raison) la # « partie commune » de la licence. La première année sera consa- ts crée à la licence spécialisée, la deuxième au diplôme d’études, la Er troisième à l’agrégation. Un an pour la licence! Imaginez un À toute l’Histoire! On se demande ce que les gens qui préparent les } Décrets ont dans la tête. à

Allemagne et aux États-Unis, en Belgique, etc., des

1 logiques, philosophiques, etc., avec des candidats qui

M ont le droit de ne paraître à la Faculté que le jour de

dé l’examen et qui abusent de ce droit.

% Faute d’avoir prévu l’absentéisme, — bien excusable :

puisqu’il n’est pas interdit, — les promoteurs de la

É réforme de 1896 ont vu leurs projets échouer presque

FG complètement en province. A Paris même, les étu-

(a diants préparant le diplôme sont infiniment moins nom-

6 breux (1) qu’on n’eût espéré. La plupart, du reste, —

| et j’en connais, — ne vont à la Faculté que de loin en

: Ce qui s’est passé pour l’Histoire se passera infailli-

1 blement pour les autres branches d’études et pour la

Ÿ même raison.

ï Il est donc nécessaire, si l’on ne veut pas éprouver de gros mécomptes, d’imposer l’assiduité. Mais l’on ren-

; contre une opposition inattendue chez certains profes-

à seurs, — de Paris naturellement. Ils invoquent la

à « liberté de la recherche ». Belle liberté qui consiste à

ë ne rien rechercher du tout, — que le moyen d’attraper

; un diplôme, à peu de frais. — Je crois que le vrai motif,

3 c’est la crainte que le trop grand nombre d’étudiants ne

d nuise à leurs travaux scientifiques. Ces partisans du

ki laisser filer sont enchantés que les deux tiers des étudiants ne viennent pas suivre leurs conférences. Les

13e provinciaux, eux, sont consternés, mais on ne leur

(1) Parfois le chiffre tombe à 12 ou 15. C’est misérable si lon

di, songe qu’il y a soi-disant près de 300 étudiants en Histoire à la

| 154 4

demande jamais leur avis. On ferait bien rire les univer- ne

_ Sitaires américains si on leur parlait à ce propos de +

Car, enfin, de deux choses l’une : ou l’enseignement Ne d’un maître est utile ou il ne l’est pas. Dans le premier ; cas, on doit exiger que l’étudiant fréquente les cours et de surtout les conférences de Séminaire d’un ou deux professeurs, — cela dans son propre intérêt. S’il ne l’est pas, — qu’on supprime les professeurs de Facultés : ils j volent l’argent de l’État.

Les professeurs, directeurs et ministres qui se refusent

_ à imposer une scolarité aux candidats aux diplômes

diction avec eux-mêmes. L’obligation, ils en recon- | naissent la nécessité, puisqu’ils viennent d’instituer le À stage d’agrégation. Si l’on admet, et cela est nécessaire, qu’il faut imposer une préparation pédagogique au futur professeur, à plus forte raison la préparation FA scientifique doit-elle être obligatoire. \

Je le répète avec une conviction profonde : la réforme : avortera si l’on n’institue pas le stage scientifique obli- Ré

Il n’aurait rien d’effrayant. On demanderait au candi- à dat, étudiant de troisième année, de suivre par semaine ÿ ; 8 heures de cours généraux et 4 heures d’exercices de 1

(1) En Allemagne, pays de la Lernfreiheit, un séjour universitaire n de trois années et la fréquentation d’un Séminaire scientifique est :*4 obligatoire pour quiconque embrasse la carrière de l’enseignement l pie secondaire. Et quelle assiduité! Jamais un étudiant ne se permet- 2) trait, — sauf en cas de maladie, — de manquer une conférence. Ne Chez nous, donnez-leur un petit travail à faire, ils s’en vont. En À Aliemagne, un exemple de ce genre, un seul, se produisant en 4 vingt-cinq ans dans une Université, fait scandale. 4

F Séminaire, en tout 12 heures par semaine. Si l’on n’ose t:

“à ; demander cela à un étudiant, autant renoncer à faire de vs | l’enseignement supérieur en France. r ap. Ve Quant à la « liberté », elle consisterait pour le candi-

re dat à choisir le ou les professeurs auxquels il désire

pe particulièrement s’attacher au cours de sa troisième

A année d’études.

4 Ces certificats d’études supérieures vont donc consti-

È tuer avec la licence la tâche propre des Facultés des

: | Lettres, tandis que le stage pédagogique et la prépara-

; tion à l’agrégation seront réservés à l’École Normale. #0 Les diplômes d’études apparaissent donc dès mainte-

ñ nant comme hors de l’agrégation : ils sont une condition

4 préalable à l’agrégation, ils ne sont plus l’agrégation.

7e - Dès lors, pourquoi ne pas le dire carrément ? — Ces

ne diplômes sont la continuation pure et simple de la

j licence. Pourquoi donc ne pas fondre les deux grades

‘ On va objecter qu’il n’y aurait à cela aucun intérêt

he pratique. C’est une erreur. J’ai dit plus haut que les

4 programmes de licence étouffent resserrés en deux

É années. Il faut trois ans. Mais, au cours de la troisième

a année, les étudiants ont parfaitement le temps de com-

4 poser le mémoire critique et de préparer l’explication

Ha de texte qui constitueront l’essentiel de leur examen de

ke diplôme d’études supérieures. (1) Le système que je

dr préconise n’entraîne donc pratiquement aucune augmen-

k ‘ tation de la durée de scolarité. 11 rend l’obtention des

: f: (x) L’épreuve des « Sciences Auxiliaires » serait mieux à sa place

KAC à la fin de la deuxième année ; mais elle west pas si absorbante

ne qu’on ne puisse également la subir à la fin de la troisième année.

grades à la fois plus facile et plus scientifique par le SD

  • système des trois paliers. a

Un autre avantage, et considérable, c’est d’obliger Me: tous les licenciés à faire preuve d’esprit critique puisque We le diplôme d’études supérieures deviendrait le terme de # la licence.

Actuellement que se passe-t-il pour l’Histoire, la seule z branche d’études pourvue du diplôme depuis 1896? Croyez-vous que la majorité des étudiants reçus licenciés sollicite le diplôme d’études ? En aucune manière. La plus grande partie se contente de la licence. Or celle-ci, même avec deux à trois ans de scolarité, n’est pas une épreuve scientifique si elle n’est appuyée d’un diplôme d’études. Personne ne me contredira sur ce point, — et il est exorbitant que depuis 1889 un grade aussi bas, N une espèce de bachot, — ait pu valoir la dispense de deux ans de service militaire. — Le même phénomène se reproduira pour toutes les études, littéraires, philo- ‘ sophiques, philologiques. Suspendus entre la licence et l’agrégation les diplômes d’études ne seront recherchés NE que par une infime minorité de licenciés. La plupart de 14 Ÿ ceux-ci, en effet, en présence de la difficulté de l’agré- 5

. gation, se résignent à demeurer dans un simple collège F4 et non dans un lycée. C’est au point que pour certaines 4 Universités de province nommant bon ou mal an 3, 4, À 5 licenciés d’histoire, il s’écoule parfois quatre à cinq F ans avant qu’elles aient à examiner un candidat au É: diplôme, lequel est toujours un professeur de collège # qui a cessé depuis longtemps de mettre les pieds à la 1e Faculté. Il n’est pas besoin d’insister sur les inconvé- a nients que présente, et pour le professeur de collège et 3 pour ses élèves, la possibilité d’enseigner avec un grade |

; qui, dans l’état de choses actuel, est considéré justement

ÿ comme quelque chose de très bas. En fusionnant le

La diplôme avec la licence on remédie à tous ces inconvé-

à nients. On donne des élèves à nos Facultés de province

24 et on renforce considérablement la valeur de notre per- 9

j* sonnel des « collèges ».

; Enfin, le doctorat d’Université prend une significa-

tion. Ce titre s’obtiendrait le plus simplement du monde

en faisant imprimer le mémoire (1) manuscrit du

Ÿ Nous aurons ainsi par cette fusion de trois choses

; actuellement sans lien (licence, diplôme d’études supé-

; rieures, doctorat d’Université) l’équivalent du doctorat allemand et américain et même mieux. Il ne serait pas indispensable que le doctorat d’Université fût exigible pour obtenir une place de professeur de collège; mais

il faudrait, du moins, qu’un certain avantage y fut attaché, par exemple, en cas de concurrence, une préfé-

| rence au candidat pourvu de ce titre sur celui qui en est

Il est, en effet, absurde de déclarer, comme le font les règlements actuels, que le fait d’écrire et d’imprimer

{ un travail critique ne doit créer absolument aucun avantage. On dirait que c’est une action blämable. Aussi, |

| presque personne à Paris, et nul en province, ne s’y

2 (1) Il est recommandé que ce mémoire soit précis et court. Il ne chargera donc pas beaucoup le budget de l’étudiant. On saït, Ù

ÿ d’ailleurs, que les Facultés des Lettres de France sont celles du À monde entier qui demandent les droits les plus modérés à leurs auditeurs. Enfin beaucoup de ces petits mémoires peuvent être L imprimés dans des revues (cela se fait en Allemagne, en Amé-

T rique, parfois même chez nous). L’étudiant n’aurait souvent à ;

; payer que les tirages à part, ce qui ne coûte pas cher.

frotte. Seuls les étrangers sollicitent notre doctorat a, d’Université parce que chez eux cela a de la valeur. e C’est franchement idiot. Ne saute-t-il pas aux yeux que , la chose injuste c’est de favoriser le concurrent pares- 4 seux, le « roublard » qui, sachant que le travail personnel n’est pas encouragé par l’Administration de la & rue de Grenelle, s’en fie à l’intrigue du soin d’obtenir une place. Supposons cette réforme réalisée. Qu’est-ce qui distinguera désormais le licencié de l’agrégé? deux choses, 1° le stage professoral et pédagogique; 2° le concours sur un programme variant chaque année. | a) On a reconnu, — un siècle environ après les peuples germaniques et anglo-saxons, — que le professorat était un métier et que ce métier il était nécessaire de l’apprendre. La Pédagogie est à la fois science et art. Comme science elle est la Psychologie de l’enfant et de l’adolescent. C’est une science expérimentale. Elle a sus- | cité en Allemagne, en Suisse, aux États-Unis, des “ observations innombrables consignées dans des milliers | de livres et d’articles. La connaissance de cette littéra- ; ture est nécessaire, car elle a produit des résultats | remarquables. C’est grâce à elle que toute l’ancienne ; pédagogie routinière est tombée dans le discrédit. K Comme Art, elle consiste à appliquer dans un but déter- 1 miné par un idéal social les méthodes fournies par les # données de l’expérience. Le futur professeur, après avoir acquis les faits qu’il (Si devra enseigner, doit donc apprendre la manière de les 1 faire pénétrer dans des cerveaux enfantins ou adoles- | cents. Le principe de la nouvelle réforme de l’École $

: Normale est donc excellent et on ne doit s’étonner que 3 d’une chose, c’est qu’on ait attendu si longtemps pour a la réaliser. Seulement une remarque troublante s’impose à nous. i S’il est excellent que les élèves d’un lycée aient pour d professeurs de véritables pédagogues, pourquoi la chose semble-t-elle superflue en ce qui concerne les élèves ; d’un collège? Nulle connaissance pédagogique n’est, en effet, exigée du licencié professeur. Ce qui accroît notre étonnement, c’est que cette sépa- | ration des établissements secondaires en lycées et col- | lèges est particulière à la France. Partout il y a des | Fi établissements d’importance inégale, mais il n’y a que chez nous qu’on ait établi une barrière, d’un côté la i canaille (les collèges), de l’autre l’aristocratie (les lycées), et un personnel spécial pour chaque catégorie. Je crois inutile d’insister sur l’extravagance de cette conception. C’est un legs du dix-neuvième siècle, — du premier Empire. — Établie par Napoléon par raison d’économie, et aussi parce que le personnel professoral faisait défaut, cette organisation a fait son temps. La k routine seule prolonge son existence. È Il ne doit y avoir en France qu’une seule catégorie N d’établissement secondaire, (1) qu’on l’appelle lycée, : | à collège, comme on voudra, peu importe. Selon la | richesse des localités, la densité de la population, le lycée ou collège sera de premier ou de dixième ordre; | mais s’il doit exister des différences de degrés, il ne È | doit y en avoir aucune de nature. | | (1) Je supplie qu’on ne comprenne pas : un seul type d’enseigne- | : ment, ce qui serait tout le contraire de ma pensée. Ë

L’établissement de 10° ordre a droit, tout comme le De grand lycée parisien, lyonnais, bordelais, à un per- Ë sonnel expérimenté. C’est dire qu’il est intolérable qu’on à ÿ Ini envoie un tout jeune homme « licencié », ignorant le È premier mot de son métier. Un stage pédagogique est SERA exigible pour l’enseignement du collège aussi bien que Aer. du lycée. Je ne crois pas que personne puisse le con- nt C’est alors qu’apparaît l’absurdité de la récente ré- Eee forme qui n’admet pour toute la France qu’une seule École Normale, celle de la rue d’Ulm. Eu Il serait extravagant de vouloir concentrer à Paris ‘É tous les futurs agrégés. (1) C’est à l’égard des Univer- : sités provinciales une mesure injustifiable, suggérée pe au Ministre par les professeurs de la Sorbonne et de À Normale. Que serait-ce s’il fallait instruire les licen- 6 En bonne justice, chaque Université de province de- # vrait avoir, comme aux États-Unis, son séminaire péda- 2 É gogique où les futurs professeurs de collège et de lycée, sans distinction aucune, apprendraient leur métier. Le 140 lycée, — et les écoles primaires de la ville, — serviraient, A

    • comme dans les autres pays, de champs d’expérience. # La plupart des Universités ont déjà, du reste, de petits 4 cours d’histoire d’éducation, faits généralement par le ; professeur de philosophie; c’est un embryon à déve- +28 lopper. (2) Seulement, — c’est toujours amusant ce qui se Ÿ : (1) Il est vrai que les promoteurs de la réforme se défendent, de dit-on, de cette pensée. Alors on ne comprend plus. . + (2) Les chaires de psychologie expérimentale dont je réclamais ÿ ie la création seraient, dans ce domaine encore, de la plus haute

F4 passe chez nous, — ces cours ne sont suivis que par les

  • élèves de l’École normale d’instituteurs, nullement par é les candidats au professorat de collège et de lycée. Il D suffirait d’un arrêté ministériel pour porter remède à ; cet état de choses. Le décret du 19 novembre semble, “. d’ailleurs, inviter les Universités à préparer pédagogiquement tout au moins les licenciés. | : ti b) Le concours d’agrégation. — On ne saisit plus quelle serait la signification des épreuves écrites et À orales de ce concours. La valeur scientifique du can- | didat est établie par le diplôme d’études supérieures; ” sa valeur pédagogique par le stage et l’enseignement pédagogique. Alors quoi? | L’agrégation est un procédé d’élimination pour écarter la majeure partie des postulants à une chaire de lycée. i Malheureusement il n’est pas assuré que la sélection se fasse d’une manière probante. Nos agrégations ont un programme qui change tous les ans. Réussissent ceux L qui ont de la mémoire et un certain tour de main. Ce ne sont pas nécessairement les meilleurs, ni aupointde . vue scientifique (et la preuve c’est que des Professeurs
  • de Facultés, membres de l’Institut, seraient certaine- £ ment refusés à l’agrégation), — ni au point de vue professionnel, puisque d’excellents professeurs de collège, formés par plusieurs années de pratique, très bien cotés par leurs supérieurs, appréciés des élèves et des 4 familles, — échouent invariablement au concours. L Le concours, tous les défauts d’institution tiennent en ce seul mot. Il est admissible pour des emplois de | bureaucrates. Il est malfaisant pour choisir des éducateurs. 1

Mais, comme il n’y a pas d’autres moyens d’arriver, les jeunes gens s’épuisent pendant des années à préparer des concours. On voit des hommes y user toute leur | jeunesse de 25 à 35 ans; et cette préparation ne leur est d’aucune utilité. Le programme changeant chaque année, tout le travail d’une année est perdu pour l’année suivante. Pendant ces six, huit, dix années, les plus Ë fécondes précisément de la vie d’un homme, un profes- ? seur allemand, suisse, américain, développera ses con- f naissances, voyagera, composera des livres. Chez nous il potassera les Manuels. Et pourtant, cette agrégation haïssable, ce fléau intel- ” lectuel de la France, nos professeurs et nos administrateurs y tiennent. Leur raison profonde c’est qu’ils ne voient pas par quel autre procédé on pourrait opérer la sélection. Ils redoutent l’ingérence des hommes politiques. L’agrégation est une barrière contre les méfaits | , de l’intrigue et du « piston ». Ne pourrait-on, sans la supprimer encore, en atténuer la malfaisance ? Je crois la chose possible. D’abord laisser plus de jeu à laction du jury. Sa conscience en général est admirable. Le ministre pour- 4

  • rait lui accorder une certaine initiative. Au lieu, par exemple, de déclarer qu’on recevra cette année 10 agré- gés d’histoire, ne pas fixer un chiffre ne varietur, mais 4 une moyenne. Car souvent 10 c’est trop peu, et parfois 5 aussi c’est trop. Au jury de fixer le chiffre définitif des candidats qui méritent d’être reçus. Si ce chiffre dé- À passe le nombre des places disponibles, le surplus des E candidats attendra d’être placé: ils seront au moins à délivrés de ce cauchemar. Je suis sûr qu’ils accepte- it ‘ raient avec enthousiasme cette réforme. Pour prévenir

à ; des abus on pourrait déclarer que l’initiative du jury : F ne saurait aller à dépasser d’un tiers, par exemple, 14 le chiffre moyen arrêté par le Ministre. (1) Il serait à. d’ailleurs facile d’arrêter le flot en laissant de temps de à autre (tous les cinq ou six ans) une année blanche,

: sans Concours.

ù Ceci n’est qu’un léger palliatif.

| Allons plus loin. Le titre d’agrégé ou plutôt de profes-

; seur titulaire de lycée (car pourquoi garder cette vieille

14 dénomination qui date de Louis XV?) devrait être acquis par un double procédé : 1° le concours actuel, —

F* avec cette importante innovation : interdiction de sy

présenter plus de deux fois, pour éviter un surmenage

fs épuisant et stérile. En Allemagne, on ne peut affronter

à plus de deux fois la Staatsprüfung, sorte d’agrégation sans concours. En Russie, la sévérité est excessive : on

A ne peut affronter plus d’une fois un examen. C’est trop.

ï Mais chez nous l’excès inverse, la possibilité de s’y pré- *

ÿ senter presque indéfiniment est déplorable; 2° —la pra-

tique de l’enseignement dans un collège, ou dans un

lycée de second ordre, pendant un certain nombre

| d’années. Il est bien évident en effet qu’un licencié

is pourvu de diplôme d’études supérieures, d’un certificat

cn de pédagogie, justifiant enfin de 6,8, 10 ans, — si l’on veut,

| — de professorat, est plus qualifié qu’un étudiant frais

_ émoulu de l’Université pour recevoir de l’avancement et

? passer dans un lycée important. Actuellement cela estim- à (x) Cela se fait déjà, mais dans des cas exceptionnels. Quand le : 11°, par exemple, est ex-æquo avec le 10°, ou séparé par un quart Le À de point. Mais il faut des démarches pressantes, la croix et la à bannière. Il convient d’accorder plus de confiance à des hommes id de conscience.

_possible, — et c’est inique. (1) Que l’on exige, si l’on veut, 4 du professeur, simplement licencié, — des garanties nou- RL velles, soit. On pourrait lui demander le doctorat d’État. | Un petit nombre a eu l’héroïsme de conquérir ce titre, mais il ne leur a valu au point de vue de l’avancement ù aucune faveur de l’Administration; ceci encore est à injuste et maladroit. Le seul avantage qu’on accorde dans le décret du 19 novembre au licencié docteur, c’est la dispense du diplôme d’études supérieures pour se présenter à l’agré- gation. C’est une dérision. Le doctorat d’État exige plusieurs années de recherches, 2 thèses dont l’impression | coûte 2, 3, 4.000 francs. Le diplôme d’études ne coûte d rien ou presque rien et s’obtient en une année au prix La justice exige qu’un licencié diplômé, docteur, : ë pourvu d’un certificat de pédagogie, de bonnes notes J d’inspection, puisse après un certain nombre d’années (dix, si l’on veut) d’enseignement dans un Collège, recevoir de l’avancement et passer dans un lycée, et Grâce à ce procédé nous nous acheminerions peu à 1 | peu, sans secousses, sans rompre brusquement avec les
(1) [Cet état de choses est un peu atténué par une mesure récem- À ment prise en faveur des chargés de cours de lycée simplement SR admissibles à l’agrégation. Ils pourront, après un certain temps, : recevoir le traitement des agrégés. M. Simyan approuve,avec raison : eroyons-nous, cette réforme dans son remarquable rapport (celui > de 1906) sur la situation désolante de notre Enseignement Secon- % daire. Voyez Reoue Internationale de l’Enseignement, 15 septembre #3 (2) Comment peut-on faire signer à un Ministre des choses de ce FA genre ? Le Ministre n’est pas coupable, mais bien ses inspirateurs. É Comme toujours, Administration de la rue de Grenelle ne cherche 0 qu’à décourager l’effort personnel. HR 165 14

vieux errements, vers la disparition du concours. Après nl | ‘é MU dixou e ans de pratique il apparaîtrait, en effet, N % aux yeux des plus prévenus, que les professeurs de 35

à *à _ lycée recrutés par le second système sont supérieurs à WA ceux que forme le premier procédé, le procédé actuel. à Ke f: En résumé, pour guérir les maux présents, il est néces- Enr. 1° D’imposer aux aspirants à la licence et aux Ne _ diplômes d’études assiduité et scolarité. É 74 f 2° De séparer radicalement de l’agrégation les di De : plômes d’études et de les fondre avec la licence. ER 3 De supprimer la distinction entre lycées et collèges L. 44 et d’assurer au personnel de ces derniers une meilleure Ë Fa situation quand ils ont acquis des titres.

Nos Facultés des Lettres de province

Les Facultés des Lettres n’ont pas d’étudiants. Telle | est la phrase qu’on entend répéter quand on propose

des réformes. Mais ce n’est qu’une phrase. £ Laissant de côté les Universités comme Lyon, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, etc., où l’on reconnaît qu’il ya tout de même des étudiants en lettres, bornonsnous à parler des « petites » Universités, Dijon, Caen,

Est-il vrai qu’elles n’ont pas d’étudiants ? ”$ Elles n’en ont pas beaucoup, la chose est certaine. à

_ Mais s’est-on demandé : 1° s’il était possible, et même | désirable, qu’elles en eussent beaucoup ; 2° si la faiblesse de l’effectif des « Lettres » n’est pas la règle dans tous < les pays ? x Il ne faudrait pas presser beaucoup l’interlocuteur ; pour s’apercevoir qu’il serait incapable de répondre à # cette double question autrement que par des phrases 1 vagues ou par des assertions de simple obstination. Se Rx doute-t-il que, avant l’accroissement formidable de ÿ population des trente dernières années, en Allemagne, :

rie mec . Ferdinand Lot ET NN De les « Philosophische Fakultäten » ne comptaient, au £ _ milieu des Mathématiciens, Chimistes, etc., qu’un À 11 1 nombre peu élevé d’historiens, de philosophes, de phiLP. lologues, 40 à 50, pas davantage, et quelquefois moins #1 ; dans les petites Universités ! Et cependant le personnel ‘ASS des professeurs était déjà extrêmement considérable, et FN les Universités allemandes étaient les premières du Par Actuellement même, quand on voit les totaux impo- ; pe. : sants des Philosophische Fakultäten, il ne faut pas 144 oublier que la « Faculté de philosophie » allemande \ 4 comprend à la fois la Faculté des Sciences et la Faculté 8 des Lettres et, en outre, la Pharmacie, enfin les étu_ diants, — fort nombreux, — en Économie politique et | PS sociale. On sait, en effet, que chez nos voisins les k Sciences politiques et économiques ne font jamais parRe tie de la Faculté de Droit. (1) Dans ces gros totaux, ne e nous le dissimulons pas, philosophes, philologues, his- ù toriens ne forment qu’une minorité, même à l’heure % 4 De même en Suisse, là où on sépare en deux, comme ve en France, la « Faculté de Philosophie ». Ainsi à FriL bourg, en Suisse, la section Histoire-Philologie comptait ia l’an dernier seulement 51 étudiants pour 22 professeurs Rte (x ordinaires, 6 extraordinaires, et 2 lecteurs). ; LL : De même en Russie. Ainsi la Faculté bhistorico- à Ë philologique de l’Université de Kazan avait 55 auditeurs à a pour 22 professeurs (12 ordinaires, 2 extraordinaires,

  • (1) Serait-ce faire preuve de « rosserie » que d’attribuer à cette ‘1 ex. circonstance le caractère scientifique que les études économiques he ont pris en Allemagne ?

De même en Belgique. je En Italie, à l’Université de Pise, la Faculté des Lettres RC comptait 68 étudiants pour 22 professeurs (11 ordinaires, i 3 extraordinaires, 2 chargés de cours, 6 privat-dozents). 4 Et cet exemple n’est pas unique. Ron De même aux États-Unis, dans les Graduate depart- | ments des Universités. (1) Ë Nous ne sommes pas plus mal partagés que les autres, S ni même lés plus mal partagés. A côté des étudiants « réguliers », il faut compter en ; outre les jeunes professeurs de collège venant le jeudi A préparer leur agrégation; enfin, les « correspondants » ré retenus au loin et qui envoient des copies à corriger. — 4 L’Allemagne n’admettrait pas ce système. Rien ne vaut l’enseignement direct. Le système des professeurs de » jeudi est presque aussi déplorable. Si le jeune professeur dé est suffisamment instruit, sa présence est inutile. S’il ne ue k l’est pas, c’est fous les jours qu’il lui faut fréquenter la RU Faculté et on ne doit pas lui confier même une simple % chaire de collège. Ÿ De même les rhétoriques supérieures préparatoires à Me (1) En Allemagne même, quand les statistiques distinguent dans “ la Faculté de Philosophie les étudiants en histoire, philosophie, 1 philologie, des étudiants en mathématiques et sciences naturelles, [ le nombre des premiers, — quoique supérieur à celui de tout autre LC: pays, — n’a rien bien souvent d’extraordinaire, ainsi, à Tubingue, . go étudiants pour 21 professeurs. En Allemagne encore on voit à C Gættingue un gros chiffre d’étudiants en philosophie, histoire, sa lettres, etc., 284. Mais ils ont 41 professeurs (Lyon, notre plus Er grande Faculté des Lettres provinciale, en a 27). Sur ces 41, on :: 108 Giessen, pendant l’été de 1903, sur 500 étudiants environ de la £ ; Faculté de « Philosophie », 7 seulement étudiaient l’histoire. n: L’Université n’en possède pas moins 3 professeurs d’Histoire, 1 de ie h Géographie, 1 &Histoire de l’Art, tous « ordinaires ». s.

(24 à l’École Normale dela rue d’Ulm retiennent des centai es _ d’étudiants dont la place serait dans les Facultés des #4 Lettres. Mais on s’obstine, avec une sorte de rage mal Fe $ faisante, à soutirer à ces Facultés leurs élèves désignés … à Fe, ï et on leur reproche ensuite de n’avoir pas d’étudiants!

: Enfin, une dernière raison, la plus importante de

s WE toutes, c’est que la moitié de l’enseignement secondaire F. 4 est donnée, en France, dans des établissements libres, 4 en immense majorité confessionnels. Or, les lois fran- “4 çaises n’imposent au personnel de ces établissements ‘4 aucune condition de grade. Les pays germaniques ne 4 professent pas cette sereine indifférence. Ils veulent he des garanties de ceux qui formeront les adolescents. De Re pays. Il est clair que si l’État français était aussi con- ‘0 scient de ses devoirs que les États allemands ou les Ke : cantons suisses, le public scolaire de nos Facultés des 14 Lettres et des Sciences doublerait en peu de temps. PL. Le public des « étudiants en lettres », raréfié artifi- à à ciellement(r) par une organisation surannée, ne constitue 44 pas l’unique auditoire des professeurs des Facultés. Les :5es plus petites ont des étudiants bénévoles, érudits locaux ”s. désireux de compléter leurs études. Les élèves des à To écoles normales d’instituteurs et d’institutrices consti- ‘4e tuent un public fort intéressant par sa curiosité intellecFa tuelle et son attention. Certains cours publics ont ct plusieurs centaines d’auditeurs. Enfin l « extension Ex: universitaire » s’est organisée un peu partout. 4 a On le voit, telle petite Faculté qui ne compte pas plus x de fo ou 50 étudiants en lettres sérieux et réguliers, ‘13 (1) On serait presque tenté d’écrire « artificieusement ». do

possède en réalité dans la ville une clientèle de plu- 12 sieurs centaines de personnes. On ne s’étonnera plus ‘4 alors de voir si occupés nos professeurs (1) de « petites » 7 E Facultés des Lettres. Ils ont souvent beaucoup à faire 64 sans qu’on s’en doute au premier abord. FR Ne nous laissons pas non plus tromper par les appa- # 4 rences. On est mal impressionné en entrant dans telle con- à férence, d’histoire, par exemple, à la vue du petit nombre pe de disciples réunis autour du professeur. En Allemagne 4 Mais en ce pays où, ainsi que chez nous, la majorité “4 des étudiants se prépare au professorat, l’enseignement es du professeur de lycée n’est pas spécialisé comme en É, France. On enseigne au gymnase plusieurs branches à | 4

la fois : pas de professeur spécial d’histoire, de philo- 308 sophie, etc., mais il faut professer à la fois, par exemple ‘à

” l’histoire et la philologie classique, la philosophie | ‘2 (réduite à la logique) et les mathématiques, etc. Il n’y a 108 même päs un professeur spécial pour le français et un ‘2 autre pour l’anglais ; — dans les gymnases il faut RAC. savoir à la fois enseigner les deux langues. Cette orga- 116

| nisation oblige les futurs professeurs, étudiants de la Dr moins à l’Université que leurs camarades français. Ils 4

  • étudient un peu de tout à la fois. Il en résulte que tel n cours d’histoire bondé d’auditeurs dans une Université F4 allemande ne renferme qu’un assez petit nombre :54

(1) Parfois trop. Certains maîtres de conférences se laissent à

_ absorber par lextension, l’œuvre des étudiants étrangers, les DEL: cours publics, les conférences, etc., au point de négliger de pré- LL parer leurs thèses de doctorat. Et cela dans de très petites Uni- : 244 171 4

RO d’ « historiens » véritables. Mais l’étranger, qui ne sait LR pas, s’étonne, admire, et, rentré en France, demeure

‘0 confondu de la médiocrité du public scolaire. Il s’écrie

alors à son tour : « Les Facultés des Lettres n’ont pas

À d’étudiants en France! » Mais si! Elles en ont tout de

même. Seulement le public d’étudiants de la Faculté ne

122 se transporte pas en bloc de cours en cours : il se scinde

N , chez nous en quatre ou cinq morceaux. Et c’est si vrai

ne que les professeurs de français et de latin ont, même

‘4 en France, un public appréciable, parce que leur ensei-

LS gnement est utile pour passer la partie commune de la

ë Cela a moins « d’œil » (passez-moi l’expression) mais

; ; au fond cela vaut mieux, car le système allemand n’est

É à pas bon. Nos voisins seront contraints tôt ou tard d’y

2 renoncer. D’ailleurs, partout où le système de spéciali-

és sation existe, le nombre des étudiants est forcément

restreint. En Belgique, tout le monde, futurs historiens,

à préparatoires, — avant de se spécialiser, — à la « Faculté

De de Philosophie et de Lettres ». Puis vient une période

107 de trois ans d’études « spéciales ». Ce système est

4 excellent. Il combine les mérites des méthodes alle-

AE mandes et françaises et en supprime les inconvé-

se nients. (1) Que voyez-vous dans les deux premières

hs (1) Du côté français les inconvénients existent aussi, bien que

; moins graves. Ainsi jamais vous ne verrez d’étudiants en grec et

ta latin à une conférence d’Histoire ancienne dans les très rares Uni-

ne versités françaises où il existe un professeur d’histoire ancienne.

  • De même pour l’Archéologie, pour les cours de Philosophie

à ancienne. C’est absurde, même scandaleux. Qu’est-ce que peut bien

  • être l’acquisition des langues et littératures anciennes si le profes-

oi seur sait des mots mais est autorisé à ignorer de l’Antiquité son #24

années : dans les cours d’histoire contemporaine où 1088 doivent assister les futurs juristes aussi bien que les j A futurs historiens, des auditoires qui rappellent les NES énormes rhétoriques françaises d’il y a trente ans. Puis, quand les étudiants se spécialisent, faisant les uns du Le IR droit, les autres de la philosophie, etc., ces auditoires Ms: -

  • fondent. Un de mes jeunes amis trouvait, ce printemps PAST dernier, dans une Université belge, dans les cours BR spéciaux d’histoire, 3 étudiants pour 4 professeurs. 1 AÈTS Nous n’en sommes pas là, même dans la plus petite 10 Faculté française, sauf à Aix, mais j’ai dit pourquoi —: les Pi _ étudiants restent à Marseille. — Je dois ajouter, du ; reste, que la chose n’étonne ni ne scandalise nos voisins ‘2 belges. Etant donné le système, elle est forcée. Même +200 dans les énormes Universités américaines, le public dé- ; sk bordant qui remplit les cours des quatre premières ‘M À années, — à peu près communes à tous, — se restreint ; St dans des proportions extrêmes dans le Graduate depart- ‘id ù ment, c’est-à-dire dans les Hautes Études où commence Le : histoire, ses institutions, son droit privé, ses mœurs, ses idées? “ed F C’est un formalisme vide. — En Allemagne ceci est impossible. Les tr . « philologues » forment l’auditoire le plus assidu des cours d’his- Mt. toire et d’art antiques. Comment n’est-il jamais venu à l’idée des 3 De professeurs de « lettres » d’exiger de leurs étudiants des connais- US sances aussi fondamentales? Cest qu’en vérité ils sont demeurés FH « rhétoriciens ». Ils se croient « philologues ». Simple illusion. Vi 4 L’important pour eux ce n’est pas la Vie antique, ce sont les mots 4 Re des textes qu’ils expliquent. Cest le contraire chez nos voisins. D: Depuis les réformes de Wolf ils sont « philologues » jusqu’à la DER Les nouvelles conditions exigées pour l’agrégation de grammaire #1 # d (18 juin 1904, arrêté) marquent un recul à ce point de vue. La leçon (NS d’institutions antiques cesse d’être demandée au candidat. Par une 2702 contradiction amusante on exige, — et c’est une innovation excel- Fais lente,— une composition sur la civilisation des candidats aux agré- Ne -_ gations de langue vivante (allemand, anglais, espagnol, italien). — ENS y La civilisation gréco-latine, cela n’offre donc aucun intérêt au regard :L’ ÈS

E< “4 la spécialisation. J’en sais, pour les plus grands centres 204 . d’Amérique, des exemples à peine croyables. ,

LACS Qu’on cesse donc de se récrier sur la faiblesse numé- Den! : rique du public scolaire de nos Facultés des Lettres et

De que nos professeurs eux-mêmes essuyent leurs pleurs. ‘10 Notre organisation ne permet pas que chacun d’eux aït 15 un nombreux auditoire et partout où fonctionne une Da organisation analogue c’est la même chose. Ce qu’il que faut regretter c’est que des règlements malfaisants,

He comme l’institution du concours d’entrée à Normale, pré-

HS cipitent en rhétorique supérieure à Paris des provinciaux

:% qu’on retire, — presque de force, — aux Facultés provinRes ciales. Qu’on restitue à celles-ci ces écoliers de vingt ho ans qui leur reviennent de droit, — en supprimant les

}. rhétoriques supérieures de Paris; qu’on exige de tout

GE. futur éducateur, quel qu’il soit, où qu’il enseigne, non seux. ns lement la licence mais un diplôme d’études supérieures D: Ÿ et un certificat pédagogique; (1) qu’on retienne enfin PS jusqu’au certificat d’Études supérieures les licenciés pré- ‘5 maturément envoyés dans un collège, — et nos Facultés FES des Lettres de province auront autant d’élèves que le com-

PC: portent et notre structure sociale et notre population. (2)

A (1) On objectera que cette mesure profiterait aux Facultés catho-

PL liques et non aux Facultés d’Etat. Pas nécessairement. D’ailleurs à tré Paris, à Lyon, à Toulouse, les étudiants de la Faculté catholique

Dur fréquentent aussi des cours de la Faculté d’Etat. C’est par cette

ms dernière qu’ils sont examinés et jugés. Il n’y a donc aucun danger

| AS sérieux. À Lille et Angers seulement, les Facultés catholiques verme: raient augmenter le chiffre de leurs élèves sans que les Facultés Er @Etat en profitassent. L’inconvénient est insignifiant.

‘10e (2) On a esquissé plus haut un système d’études communes qui

Del durerait un an seulement (et non deux comme en Belgique) et qui

Lt préparerait à la fois à la Faculté des Lettres et aux études juri-

1% diques, économiques, politiques, englobées sous le titre fallacieux

Dx. de « Faculté de Droit ».

_L’erreur que je viens de dénoncer a des conséquences 1 graves. Sous prétexte que nos Facultés des Lettres ont Le peu d’élèves on les laisse dans un état d’anémie tel que “4 n’en offre aucun autre pays Européen (sauf l’Espagne). 1 On se refuse à les doter du personnel enseignant indis- 4 ‘pensable. La division arbitraire de notre enseignement 40 en « Facultés » contribue à fortifier le préjugé. Êee Supposez qu’elle n’existe pas ou bien que, — comme en Allemagne, — on confonde dans un chaos appelé ” « Faculté de Philosophie », étudiants en philosophie, è etc. etc. Il paraîtrait tout naturel d’installer partout chez LE nous les enseignements qui manquent à nos Facultés, tels ee ; que psychologie expérimentale, histoire de l’art et archéo- 4:12 logie, langues orientales, sociologie, etc., parce que le ‘E chiffre global des étudiants d’une telle Faculté serait ns Avec notre système, au contraire, les têtes de bois de 5 la rue de Grenelle ne peuvent s’y résoudre. Comment Ne admettre qu’on crée des chaïres ou des conférences pour 21008 une Faculté des « Lettres » qui a si peu d’élèves! — On 4 oublie que les enseignements qui nous manquent #À dépassent très souvent le cercle très restreint de la D: Faculté des Lettres et s’adressent à presque tout le ti public scolaire de l’Université et, en outre, au public He. 2 () Jai cité plus haut l’exemple de Giessen qui sur 500 étudiants ‘à de la Faculté de Philosophie n’en compte que 7 à 8 pour l’histoire, Ox. ce qui n’empêche pas le personnel des professeurs d’être nom- : AUS

: \ extra-scolaire, instituteurs, institutrices, « gens du . LE monde », jeunes filles des classes supérieures du lycée, 5 etc. Si ces enseignements sont placés à la Faculté des “4 Lettres, c’est que, dans l’état actuel de notre organisation, 4 | comme on l’a vu plus haut, on ne peut pas les mettre É autre part, — voilà tout. À = Enfin, si l’État doit les établir, c’est par simple probité JA envers la province française. Il est impossible de faire Dee des études sérieuses dans une Faculté dépourvue d’un : personnel numériquement suffisant. Pour ma part, je me | refuserais à conseiller d’étudier l’Histoire dans une Faculté des Lettres de province pourvue seulement de 4 2 professeurs (enseignant en outre la Géographie); — : 1 ou bien l’ensemble si complexe désigné sous le titre de 4 « Philosophie » sous un unique professeur : et c’est le | cas de 8 de nos Universités provinciales sur 14. À Les étudiants et leurs familles savent très bien s’en | rendre compte, — et ils vont à Paris. — Jamais on ne décentralisera si l’on s’obstine à n’offrir aux provinciaux

  • que des Facultés anémiques installées d’une façon défectueuse. En refusant personnel, matériel, bâtiments, sous | prétexte qu’à l’heure actuelle ces Facultés sont peu j peuplées, l’Administration tourne dans un cercle vicieux.

à Nos Universités françaises sont-elles a a à On lit dans le Rapport de M. Simyan sur le Budget + y EN de l’Instruction publique (exercice 1904), page 26 : k AR k Le vice capital de notre enseignement supérieur, ne ‘4748 craignons pas de le dire au Parlement, car il est le grand NOR. __. coupable, c’est le nombre trop grand de nos Universités. ee 1 À Les grands esprits qui ont eu l’initiative de la réforme, les hi: Renan, les Berthelot, les Michel Bréal, les Ernest Lavisse, LUE ei les Taine, les Gabriel Monod et tant d’autres, les ministres JS et les directeurs qui se sont efforcés de traduire leurs idées ‘s 9 en projets de loi, tous demandaient que les Universités Re é fussent peu nombreuses et puissamment outillées. Guizot 12 7 n’en voulait pas plus de quatre; Claude Bernard, Pasteur, Die: _ Berthelot,necroyaient pas possible d’allewau-delà de cinq ou 11e ke k six. En tout cas, de l’avis de ceux-là mêmes qui entrevoyaient SV _ clairement la difficulté de lutter contre les influences locales, PARUS | à malheureusement toujours prépondérantes dans les assem- on” À blées, il ne fallait pas dépasser le nombre de huit. On sait D “4 ce qu’il advint : pour ne pas perdre à jamais l’espoir de ; 4 réaliser la réforme, on dut se résigner à tenir compte des HAS \ nécessités de la politique et des intérêts particuliers. ‘LATE __ fait preuve de bon sens. L’opinion que les Universités ; 112

“qu françaises sont trop nombreuses, je la connais : je l’ai me partagée et, jeune blanc bec, j’ai répété ce propos vers .

1892. Je la tenais de mes maîtres qui eux-mêmes la

4 tenaient des leurs. C’est une opinion historique, une | assertion que l’on se transmet sans la discuter, comme | 5 chose d’évidence, sans réfléchir que les conditions qui e $ lavaient fait naître n’existent plus aujourd’hui. Elle à semble s’être fait jour après la célèbre mission de Victor Cousin, en Allemagne, mission dont il consigna ah les résultats dans un livre paru en 1835. à A cette époque, en effet, on commença à être frappé à des inconvénients de l’organisation française. (1) On | rêva pour la France une résurrection de l’Enseignement ë Supérieur. Mais l’idée de réduire les « Académies » à e 4 ou 5 Universités ne fut pas provoquée chez les Cousin et les Guizot par le spectacle des Universités allemandes É | qu’ils admiraient tant à juste titre, — car celles-ci étaient nombreuses, comme aujourd’hui. — Elle dut leur être

inspirée par des raisons pratiques. La vie politique et ;

j (1) L’organisation de Y « Université de France » date de 1808. — Dès
1809, Charles de Villers en dénonçait l’insuffisance. Avec une sagacité vraiment merveilleuse ce Français, professeur à Gœættingue, à prévoyait les maux qu’elle devait engendrer, maux dont nous | ; avons souffert pendant trois quarts de siècle et qui n’ont pas tous 2 Il y a mieux encore : Dans une supplique présentée par Haffner C . à la Convention pour lui conseiller d’épargner l’Université de y 4 Strasbourg, ce professeur montrait qu’elle n’avait rien de com- ” | mun avec les fantômes d’Universités des vieilles provinces $ françaises, mais qu’elle se rapprochait de Gættingue et de Halle, les deux plus célébres Universités de l’Europe au dix-huitième ; siècle. Il conseillait de refondre, au contraire, nos Universités sur d le modèle des deux célèbres établissements du Hanovre et de la i Saxe prussienne. Et cela est écrit en 1792! Il n’y avait naturellex! ment aucune chance que la voix du pauvre Haffner fût entendue, mais on conviendra que l’obscur professeur de Strasbourg était

intellectuelle était morte en province. Croire qu’on “4 pourrait y trouver 12 à 15 villes en état de devenir des L L. jamais le Parlement de l’ère Louis-Philippe n”eût x consenti à allouer des crédits suffisants. Il n’attribuait 4 pas à l’Enseignement Supérieur de toute la France 4? (Paris compris) la somme que touche en 1904 une seule FU Université allemande. Dans ces: conditions, si l’on eût à voulu créer des Universités véritables, il est évident k qu’on n’eût pu dépasser le chiffre de 4 ou 5. — Ces rai- : . sons valurent aussi sous l’Empire, ou plutôt celui-ci se désintéressa volontairement de l’Enseignement Supé- AS Les motifs qui guidaient, plus ou moins confusément, k les réformateurs (1) des années 1833 et suivantes, à r’existent plus de nos jours. La province française, r depuis vingt-cinq ans, s’est reveillée de son engour- fi dissement de trois siècles. Il est vrai que son agitation * est surtout politique. Mais c’est excellent cela! Qu’ils Ç

; sont assommants les peuples qui « ne font pas de poli- e tique »! Il serait fâcheux évidemment que la politique ‘ absorbât toute la force de la province, mais cela n’est | pas. Il y a des signes de curiosité intellectuelle, — encore trop faibles, — mais indéniables. (2) D’autre part, un Parlement démocratique se montre HE généralement mieux disposé envers les besoins scienti-

fiques du pays qu’un gouvernement despotique ou oligar- ‘à () Réformateurs théoriques. Leur conception n’a pas aboutiet , ‘6 YPun d’eux a été longtemps au pouvoir. N’est-ce pas mauvais | 2) Esthétiquement, — la province française demeure à peu près ‘ nulle, — par malheur. ?

We chique. (1) Il n’existe donc plus de raison profoude LT pour réduire à un chiffre aussi bas le nombre denos PU Universités, voilà ce qu’il faut se dire et non pas répéter 538 machinalement une opinion vieillie. Eu : Au reste, Liard et Lavisse devaient succomber justeEr: ment en 1892, dans leur premier projet, parce que leur 5h a proposition renfermait une contradiction secrète. Ils Nu voulaient décentraliser fortement et ils auraient abouti El. contre leur gré à augmenter l’engorgement de Paris. 7448 Tous deux ont montré avec beaucoup de force l’incon- “he vénient que présentait la dispersion des Facultés. PousRe sant à l’extrême ce système, ils disaient : Iln’y a d’UniNS: versité véritable que là où sont réunies quatre Facultés, <a Lettres, Sciences, Droit, Médecine. — La conséquence pe ) c’est que les petites Universités devaient disparaître. Du Elles auraient disparu, mais sans augmenter sensibleFe ment les 7; ou 8 « grandes » qu’on voulait conserver. Li La « province » française est morte et nos départements

  • ne se sentent pas solidaires. L’Allemagne pourrait faire te cette opération de réduire ses Universités (elle s’en garde 16 bien). (2) Ainsi il est lourd pour le Grand-Duché de Bade it (1) Renan crut longtemps le contraire, — de là son antipathie pre- ï miére contre la Démocratie. Il en revint plus tard. On ne te s’explique pas comment le préjugé put demeurer si longtemps 4 enraciné dans son esprit. Il avait eu cependant le spectacle de Piny différence, disons mieux, de la haine des assemblées de Père de ra Louis-Philippe et de l’Empire, à l’égard de la culture intellectuelle. Ho: Et les « ruraux » de l’Assemblée Nationale de 1872-1877. Comme ils SE auraient écrasé l’Enseignement Supérieur, s’ils en avaient eu le f at () Elle va certainement en augmenter le nombre. L’Académie de , a { Posen a été créée il y a deux ans. Hambourg, Francfort et peut- F hi être Cologne peuvent transformer d’un moment à l’autre leurs 4 Fe riches établissements de haute Science. D’autres villes suivront. ei, Avant dix ans l’Allemagne comptera trente Universités. ” 1 180 4

d’entretenir deux coûteuses Universités, Heidelberg et 4 Freiburg-im-Brisgau. Une seule pourrait suflire. On É: supprimerait la première que les Badois iraient tous à r.

  • Freiburg. Pourquoi? parce qu’ils sont solidaires l’un de 2) » l’autre, qu’ils se sentent peuple dans un peuple plus ne ‘#4 grand. Pour la mème raison la Bavière, qui entretient L : trois Universités, pourrait supprimer Erlangen qu’elle Me serait sûre que les deux autres, Munich et Würzburg, 1 verraient leur population scolaire augmenter. x Mais en France ! Est-ce que le Calvados est solidaire T4 de la Seïine-Inférieure? Et vous voudriez qu’il le fût ‘4 d’un département breton, Ille-et-Vilaine, auquel aucun 10

lien ne le rattache dans le présent et ne l’a jamais rat- ee taché dans le passé? C’est pure absurdité. Supprimez Ne. l’Université de Caen. Pas un seul de ses 500 étudiants +1 n’ira à Rennes. Tous prendront le chemin de Paris et + augmenteront un total déjà formidable (12.000 étu- Ke diants). Supprimez Dijon. Combien d’étudiants pren- je dront le chemin de Lyon? Mettons un tiers, pour faire 24 la part très belle à l’adversaire. Mais les deux autres 4 tiers rappliqueront sur Paris, — toujours. Supprimez 4 Clermont, vous augmenterez Lyon peut-être de dix étu- 4e diants et je n’en réponds pas. Bordeaux n’en gagnerait ; certainement pas 50 à la suppression de Poitiers, etc. FE

__ Croire qu’on créera des centres peuplés par la des- a truction des petites Universités, c’est commettre une er- Di: reur grossière, c’est ignorer la structure administrative FN
et sociale de la France moderne. La proposition con- ; k traire pourrait se soutenir avec beaucoup plus de jus- 51 À _ ‘tesse. Ce n’est que par la multiplication des petites 4 Universités qu’on réussirait à désengorger Paris. Ki. | J’ai dit que les départements des anciennes provinces 4 4

4 ? ne sont aucunement solidaires entre eux. La ville univer- ; Pr sitaire attire à elle les étudiants du département, presque Me pas ceux du ressort académique, équivalant à peu

je près à la vieille « province ». Viendra-t-il jamais à . i l’idée d’un habitant de Troyes d’envoyer ses fils étu- É ie dier à Dijon plutôt qu’à Paris sous prétexte que l’Aube

nil. fait partie du ressort académique de Dijon? Est-ce

EN qu’au point de vue « universitaire », Rouen, Le Havre,

sY08 Le Mans se sentent unis à Caen parce que les départe-

1 ments de la Seine-Inférieure et de la Sarthe sont rattapur chés à l’Académie de Caen? — La division en Acadé-

Fe # mies est au point de vue de l’enseignement supérieur

14 entièrement factice. On peut dire en gros que chaque

“a Université provinciale n’a comme clientèle que le dé x partement où elle est établie et que tous les autres

s hs départements ressortissent de Paris. (1) Le seul moyen

e. efficace de décentraliser ce serait certainement de mul-

WaY tiplier les Universités. On ne le fait pas pour des rai-

1 sons d’économie, voilà tout. :

4 Il est, d’ailleurs, radicalement faux de prétendre que

16 la France ne peut avoir 15 Universités. L’Allemagne en Nue a 21 pour une population supérieure d’un tiers. La pro-

‘0 portion est donc la même. Aux États-Unis on ne craint | Ê nullement de multiplier les Universités. L’État de NewF York en a cinq, (2) et cependant Columbia, à New-York, A est un organisme colossal, avec 6 ou 8.000 étudiants et

Ni ë (1) Il y aurait une petite réserve à faire pour les Universités très. ï An élgignées de Paris. Je regrette de n’avoir pas le temps de dresser 1 n le tableau pour chaque Université de l’origine de ses étudiants. Il | 1èy serait piquant de voir combien appartiennent au ressort acadé-, à mique, — en dehors du département. Ÿ ri] (2) Columbia, à New-York, une autre dans la même ville, Uni-

8 millions de revenus. De même le gigantesque Har- ne vard, avec ses 9.000 étudiants, ses 7 à 8 millions de N° rente, n’empêche pas que le Massachusetts ne possède DA 5 autres centres universitaires. (1) L’État d’Ohio en ; #2 h compte également 5. (2) On pourrait multiplier ces À CA Qu’on cesse de nous rebattre les oreilles avec ces or: vieux sophismes. Nous n’avons, certes, pas trop d’Uni- A versités. Dissipons cette chimère quela suppression des Ki 4 petites Universités favoriserait les grandes. Le Français ; * de province ne connaît que deux villes, sa ville natale et Fe: Paris. Comme il n’existe pas en France de capitales secon- . daires comme en Allemagne, il n’y a pas de « grandes 54 Universités » provinciales possibles. Nous pouvons LS entretenir des moyennes et des petites Universités. La cri structure sociale de notre pays nous interdit les Leipzig, vs et les Munich. #2 Relevons encore un propos très fréquent mais incon- ; 3 _ sidéré. Avec le développement des chemins de fer toute 1e _ Université trop proche de Paris serait fatalement con- % . damnée. — Comment expliquer alors que, par le nombre er _ des maîtres et des élèves, pour la richesse de ses reve- en: _ nus, l’Université de Leipzig tienne tête à celle de Ber- LE _ lin? — La distance en chemin de fer entre ces deux ve _ villes n’est pas plus considérable que celle qui sépare ni _ Rouen de Paris! + 4 _ Je ne fais état que des importantes Universités : 50 à 60 pour les Wa États-Unis ont été jugées dignes de figurer dans la Minerva. Ainsi, #4 pour une population double de la nôtre, les États-Unis ont, — L 24 _ déduction faite des non-valeurs, — un nombre d’Universités qua- ÉVr

2 Comment expliquer que Leïpzig, à son tour, ne nuise f nullement à la prospérité de Halle qui est plus impor- Ÿ tante que Lyon même, notre première Université pro- à vinciale. Et Halle est à une heure d’express de Leipzig! Gættingue, à son tour, est proche de Halle. Giessen est à 40 kilomètres de Marburg, etc. Les Universités allemandes sont aussi mal distribuées que possible ; ? elles se touchent et, — cependant, — toutes sont pros- : ‘ pères, toutes sont peuplées. (1) | La proximité de Paris n’est pas la vraie raison de la | langueur de certaines de nos Universités provinciales. : Les causes de leur malaise sont tout autres et je pense k les avoir indiquées. Ÿ

( Il est si vrai que le nombre des établissements d’enseignement supérieur n’est pas exagéré chez nous, que la force des choses les a maïntenus, ou même les crée, là où on voulait les supprimer ou les entraver. Pour la médecine, il a bien fallu faire fléchir la rigueur des

, principes. Nantes, Angers, Reims, etc., ont conservé leurs Écoles bien que n’étant pas sièges universitaires, et si les Sciences et les Lettres, (2) très coûteuses et peu fréquentées, n’ont point suscité de créations sauf à Angers (Université catholique), il en va autrement du

È Droit. Marseille et Nantes ont créé des Facultés libres de Droit. Ces deux villes aspirent, — la seconde incon-

sciemment peut-être, — à être des Universités complètes.

” (1) [ I faut dire aussi que dans l’Allemagne du Sud, les étudiants bavarois, badoïs, etc., sont obligés, — je crois, — de passer un certain nombre de semestres dans une Université régionale.]

(2) Je ne tiens pas compte des cours soi-disant « supérieurs » de Chambéry, Rouen et Nantes. C’est de la vulgarisation faite par ; les professeurs de lycée. C’est très méritoire, mais cela n’a que de trop lointains rapports avec la besogne de Faculté. % |

On crut fortifier Rennes en refusant le Droit à Nantes, fortifier Montpellier en n’accordant pas à Marseille de | « Faculté » de Médecine. Vaines précautions ! Nantais ; et Marseillais restent chez eux et s’organisent tant bien ; que mal. |

Dans le Midi, le nombre des Universités est suffisant. de la région du Sud-Ouest. Marseille ferait de même pour l’ancienne Provence, si on lui amenait d’Aïx le Droit et les Lettres. Lyon est notre première Université provinciale. Grenoble suflit au Dauphiné et à la Savoie.

Mais dans le Centre, — demeuré très rustique et quasi barbare, — il est bien évident que Clermont, avec deux Facultés seulement (Lettres et Sciences) est insuffisant. :

Dans l’Ouest, entre Rouen, Caen et Poitiers, il existe une lacune visible. Le parti clérical s’en est très bien aperçu et il a installé à Angers une Université. Nantes,

à défaut d’Angers, pourrait devenir le siège d’une Université d’État sans nuire véritablement à Rennes.

Seule, la région du Nord et de l’Est ne semble pas en | mesure de pouvoir résister à l’attraction parisienne. ;

Le meilleur moyen de se rendre compte de la malfaisance de l’idée qui inspirait certains hauts fonctionnaires lorsque, en 1892, ils voulaient supprimer la moi- ; tié de nos Facultés de province, c’est de passer celles-ci t

deaux. Encore moins à Montpellier, la seule Université ÿ française qui ait une tradition ininterrompue et qui |

7 ressemble à une bonne petite Université allemande où 3 #4 suisse. Il eût été impie de toucher à Nancy, succédané | de Strasbourg. Quant à Lille, c’est la force même des 1160 choses qui avait poussé l’État à y concentrer toutes les > 4 Facultés,en 1888. Le succès de l’Université catholique, ? “L.* établie déjà en cette ville, montrait la nécessité de grouper tous les établissements d’enseignement supé-

: rieur et de n’en point laisser la moitié à Douai. | ï Supprimer Aix-Marseille serait politiquement dangereux. On l’eût bien voulu dans l’idée, — très fausse, — | que Montpellier en profiterait. On n’osa. On se contenta | | de mutiler l’Université provençale en la laissant coupée s ! en deux : on maintint à Aix le Droit et les Lettres.

j Je crois qu’on aurait épargné Rennes. Il était inadmissible, en effet, que tout l’Ouest, un quart, presque À un tiers, de la France demeurât sans Université. Même dans le dessin plus radical encore de Victor Cousin,

  • Rennes était une des 4 ou 5 Universités projetées. Mais on faisait sauter et Grenoble et Dijon et Poitiers et Caen et Clermont et Besançon. ; En ce qui concerne Grenoble tout le monde se rend j compte à l’heure actuelle qu’on eût fait une grosse sot- ; tise. De toutes nos Universités (après Paris), c’est celle | ë qui attire le plus d’étrangers depuis quatre ou cinq ans. s}

Elle a presque supplanté Genève et Lausanne où l’on :

ñ apprenait le français, mais non précisément l’amour de NE (1) [Ce mouvement vers Grenoble va s’arrêter. On m’écrit de

cette ville que la Faculté des Lettres, réduite à sept professeurs, ,

Es secondés par deux chargés de conférences, tirés du Lycée, doute } ie qu’elle puisse lutter plus longtemps contre la concurrence de À FAT Genève, dont le personnel est le triple de celui de la Faculté

F Câen est demeurée misérable. Supprimez-la et, — 38 À comme je l’ai dit plus haut, — toute la population sco- |. A4 è laire se dirigera vers Paris. Pas un étudiant n’ira à 5H _ Rennes, pas un, on peut en être sûr. !: TA

| Supprimez Poitiers. Sur ses 600 étudiants combien

iront à Bordeaux? Pas 50 à coup sûr. Le reste viendra DE

grossir les effectifs parisiens. Et le même raisonnement de

| s’applique aux trois autres. : 1104 Ne vaut-il pas mieux, pour Caen et Poitiers, tenter $ à “# d’y attirer les Anglo-Américains, ainsi que Grenoble 5 1 ; R fait pour les Allemands et les Italiens ? s 0 | Au reste, à Caen, à Poitiers, à Dijon, l’Université {2fA4 n’est pas en son entier misérable. En chacune de ces À à k villes la Faculté de Droit compte 3 à 400 étudiants. ‘4 | C’est beaucoup. Bien des Universités allemandes n’en 515 É ont pas autant dans leurs Juristische Fakultäten. Pour- 29 À quoi donc supprimerait-on ces Facultés ? 35 ! D’autre part, quoi qu’il advienne, on y maintiendra à 44 | coup sûr les Ecoles de Médecine. , De 4 Restent les Sciences et les Lettres. Ces Facultés sont’ {2 peu fréquentées par le public scolaire. Mais on ou- 14e blie que leur action dépasse, comme on l’a vu, le petit j : nombre des étudiants de licence et d’agrégation. La 4 Faculté des Sciences de Caen rend des services à l’agri- T4 culture de toute la Normandie par ses cours de chimie 2 et de botanique agricoles. De même Dijon pour le vi- Wii | gnoble bourguignon avec sa station œnologique. De *154 même Clermont à l’Auvergne avec son institut limno- 1 | logique ; Besançon à l’industrie horlogère, ete. (1) Et ces 2) G) Et l’électricité industrielle qu’on commence à enseigner par- 4 nt tout. Les ouvriers sont nombreux aux cours du soir, même à (re

M0) services méritent bien le maintien de ces Facultés, dût- peu suivi du public. (1) 1 S Pour les Lettres, on conviendra qu’il serait humiliant à que de vieilles cités comme Caen et Dijon, où un petit ‘ mouvement intellectuel ne cessa jamais malgré l’engour- , ! dissement provincial, se vissent privées de cours d’his5 toire, de philosophie et de littérature. Ce serait une 4 Ceci dit, il y aurait lieu cependant de se demander s’il convient de maintenir Clermont et Besançon qui | n’ont pas de Facultés de Droit et sont, par suite, très è peu peuplées. Je viens de dire les services rendus 2: ; par les Facultés des Sciences de ces deux villes à l’agriculture et à l’industrie locale. Leur suppression : serait donc fâcheuse. En outre, en supprimant Clermont, } on laisserait sans établissement supérieur tout le Centre | de la France entre Dijon et Bordeaux. Ce seraït un Clermont, par une Faculté de Droit. 9 Pour Besançon l’inconvénient serait, semble-t-il, moins 3 ; sensible à cause de la proximité de Dijon. (2) La chose è serait, cependant regrettable. Depuis 1896, les deux 3 $ petites Facultés de Besançon n’ont cessé d’avoir un ! k () Il conviendrait à ce propos de rappeler les paroles de Renan sur la nécessité qu’il y a pour Etat à entretenir les Hautes Mathé- | : matiques. Au reste, ce service est réduit à Caen, Poitiers, Clermont, 4 Dijon au strict minimum + 2 professeurs, Fun pour les mathéma- x tiques et l’astronomie, l’autre pour la mécanique pure et appliquée. ; Impossible de faire moins. À (2) Dans un petit pays voisin la proximité de Genève n’a empêché, cependant, ni la création de l’Université de Lausanne, ni celle de ä VAcadémie de Neuehätel. —

__ public fidèle qui s’accroît lentement mais constamment. ‘CR à On sait, d’ailleurs, le goût des Francs-Comtois pour la Re à Science et l’Érudition. Le Doubs et le Jura comptent ; parmi nos meilleurs départements pour le recrutement | des professeurs et des savants. Est-ce là qu’il convient F % | de supprimer l’Enseignement Supérieur? ES À La discussion qui précède est purement hypothétique. F ; Après les sacrifices pécuniaires consentis par ces six EE villes depuis dix ans, personne n’oserait plus leur ee . ser ses e # à enlever leurs Universités. Mais j’ai voulu montrer dans 1h F les lignes précédentes que la suppression de ces six F5 Universités n’était pas fondée en raison. ;

81 Dans un très intéressant projet de 1oï sur les Archives . F _ publiques, d’un certain nombre de Députés, projet © ne _ suscité par M. Ernest Coyecque, on trouve au sujet F F; “ de l’École des Chartes des assertions peu exactes et LA # | quelques propositions dangereuses. 54 L’auteur prétend que, comme tout organisme, l’École jl ‘0h À doit se transformer sous peine de vieillir et de périr. IH | n’oublie qu’une chose, c’est que cette École a subi, en 1 É , 1848 et à la fin de l’Empire, deux mouvements tellement _ … 4 profonds qu’il n’y a plus que le nom de commun entre ) 4 elle et l’établissement fondé sous la Restauration. Pro- : 15 | grammes, méthodes, personnel, esprit même, tout a 44 | changé. En outre, par une suite d’améliorations conti- > 4 nues, le corps des professeurs et le Conseil ont amené f NE: Les l’Enseignement et le système d’examens à un degré de car 3 perfection qui défie toute comparaison, non seulement FE ‘ en France, mais en Europe. Les examens, en particulier, 1408 4 sont combinés de telle sorte que l’étudiant est tenu en in S ki haleine; mais, comme le nombre des cours a été calculé _ … À _ de façon à ménager ses forces, iln’y a aucun surmenage. À 1 Gi ee 1 L’épreuve de la thèse, — manuscrite, — enfin est de la pe plus haute importance. Elle compte pour un tiers dans 2

; le classement final. (r) C’est une prime donnée à l’orig-

; nalité, au travail personnel. Dans l’Université c’estle

contraire : on développe les qualités de mémoire. Com-

À parez à cette organisation perfectionnée cette chose | | informe : la Faculté des Lettres.

L’autre reproche est mieux fondé : l’enseignement d’Archivistique et de la Bibliothéconomie n’est pas assez |

| Seulement ce n’est pas la faute de l’École mais de l’État.

3 Bibliothéconomie que deux chargés de cours payés 4 6.000 et les titulaires donneront un enseignement plus

Et puis, est-il si bon de sacrifier la besogne scientifique de l’École à la préparation professionnelle, | comme semble le désirer le projet de loi? — Je vois ce L que nous y perdrions et n’aperçois pas clairement ce

A qu’on y gagnerait. Nous aurions plus de « fonctionnaires » et moins de savants et d’érudits. C’est précisé- ment le contraire qui est désirable. # g L’École des Chartes a évolué, comme toute institution 4 vivace. Actuellement elle est l’Institut de l’Histoire de # ô France. C’est une chose unique en Europe. Gardons- . À nous de l’abîimer en la bureaucratisant. Développons, ‘* Fe au contraire, son caractère original. Ë L C’est un institut d’histoire de France, mais la partie : moderne est insuffisamment représentée. On admet l depuis quelques années des thèses sur l’histoire des $ (1) Aussi voit-on les forts en thème qui n’ont que de lamémoire dégringoler à l’Ecole des Chartes à la fin de la troisième année,

däx-septième, dix-huitième siècles, la Révolution; c’est ) un mouvement à encourager. Mais une lacune très sensible, c’est que le professeur qui traite des sources de F3 l’Histoire de France (c’est à mon sens une des chaires capitales de l’École), n’atteint jamais l’époque moderne | dans son exposé. (1) La raison en est fort simple : il est j Fe physiquement impossible à un seul homme d’embrasser È une période de vingt siècles dans un exposé critique. Il Re. est visible depuis longtemps que cette matière réclame S deux professeurs, l’un traitant de la période qui s’étend Le __ des origines au quinzième siècle, l’autre du seizième au ; Si cela se pouvait, il serait bon de dédoubler aussi la chaire d’institutions politiques et administratives. Le professeur n’atteint le commencement du dix-neuvième DE siècle qu’en multipliant bénévolement (2) les- cours sup- ÿ Autre lacune : pas de cours d’Histoire générale. Ils manquent à l’École. Mais il n’est nul besoin de créations nouvelles : la Faculté des Lettres est là. Le malheur c’est que la Faculté ne fait pas son devoir. De : mon temps, mes camarades et moi y cherchions vaine- | ment les cours d’Histoire du Moyen-Age et des Temps (1) Le regretté Auguste Molinier, un des esprits les plus « mo- | dernes » de notre temps, n’y réussissait pas beaucoup mieux que son prédécesseur Siméon Luce. | (2) Tous les professeurs de l’Ecole des Chartes donnent gratuite- * ment un nombre considérable de cours supplémentaires pendant le semestre d’été. Quel contraste avec leurs collègues de la Faculté ; des Lettres de Paris (appointements 10 et 12.000 francs au lieu de Ra 5 et 6.000 aux Chartistes), pour qui tout est prétexte à interrompre pare

  • l’enseignement! Et le Chartiste donne des leçons copieuses d’une a “à heure et demie, deux heures. Le Sorbonnard arrive presque tou- +. $ jours en retard et part avant l’heure. Sa leçon n’est même pas ; d’une heure. TPE

4 _ modernes dont nous avions besoin. Les choses n’ont ; pas changé depuis. ue 6: Quand on se décidera à obliger la Faculté des Lettres : à faire tout son devoir, il sera à propos alors, mais alors x seulement, de forcer les élèves de l’École à y suivre un A D: ou plusieurs cours de cette nature. 4 de Est-il bon de réduire la durée de l’enseignement de | La première année est peu chargée. L’idée est venue 4 Rs à plus d’un de ramasser l’enseignement en deux ans. Le résultat serait désastreux. L’esprit scientifique ne ; s’acquiert pas par le bourrage intensif; il germe lente- # ment. En fait, voici ce qui se passe. En première année 2 ê l’étudiant n’est qu’un écolier. Tout ce qu’on peut lui de- 7 mander c’est de l’assiduité et une préparation honnête 4 ; à l’examen. — L’esprit critique ne s’éveille qu’au cours ; de la seconde année. Pas au début : vers le milieu de È l’année. L’étudiant a besoin d’une initiation d’une quin- “4 | zaine de mois. Mais le résultat est curieux et à pen | près infaillible. C’est seulement vers le printemps de “4

  • la deuxième année que ceux des étudiants qui donne- ; % eV ront quelque chose commencent à montrer par de petits . è travaux, certaines questions au professeur, qu’ils ont 4 le sentiment de la critique. Ils s’occupent alors de à 3 chercher un sujet de thèse, ce qui est très sérieux à ‘3 4 cette École. L ‘2 Une troisième année n’est pas de trop pour exécuter ‘4 ie les dépouillements d’archives que réclame cette thèse, LR : et passer les examens de sortie. Quelques-uns préfèrent à même ajourner la soutenance de thèse à l’année sui- D. : vante et passer une année de plus, non à l’École (ils 24

à n’en ont pas le droit et ce serait inutile) mais dans les | dépôts d’archives et les bibliothèques. 14 Réduit à deux ans, l’enseignement de l’École tombe rait au niveau d’une préparation à un concours. Ce SAS Fe serait lamentable. Cette première année qui semble à Fi: vide, — même au jeune étudiant, — combien elle lui est RE précieuse! Elle lui laisse le loisir de fréquenter la s F Faculté des Lettres, la Faculté de Droit, l’École des : “40 Hautes-Etudes qui, — pour l’histoire, — ne vit que par 2) à S _ les élèves de l’École des Chartes. (1) Elle l’empêche de se | se spécialiser trop tôt. Se C’est pour la même raison qu’il serait mauvais Ce d’exiger que le Chartiste prit le grade de licencié DR: au cours de ses études, comme le réclament des gens ‘a intelligents mais mal informés. Si c’est la licence réno- be 5 vée, cette licence sera longue à conquérir, et elle absor- Ki 5 bera tous les loisirs du Chartiste. Quel temps lui res- 1 tera-t-il pour faire ces grands dépouillements d’archives me qui sont la raison d’être, la gloire de cette école? (2) Se ‘10

__ doute-t-onde ce que cela demande de temps et d’efforts ? : 12e » AXE ë AE J’ai fait à ce propos une petite enquête auprès d’an- 43 A ciens condisciples renommés pour leur force de travail. ES 4 L’opinion unanime a été que s’ils avaient été obligés de 1288 préparer leur licence ès-lettres concurremment avec leur | 5 (:) On ne peut presque rien faire des rares élèves de la Faculté We des Lettres qui s’avisent d’aller à l’Ecole des Hautes-Etudes. Ils ne (14 sont nullement inférieurs à leurs camarades des Chartes, mais ils M + wont pas la préparation suffisante. Aussi quand un étudiant de ‘20 la Faculté manifeste des dispositions pour l’histoire médiévale, a # . on lui conseille. d’entrer à l’Ecole des Chartes. M va (2) Sans elle je ne sais plus trop comment l’on ferait pour explo- 74 rer les dépôts de la France et de l’Etranger. Les étudiants de on: « lettres », il n’y faut pas songer. Ils n’ont ni le temps nila prépa- sr je ration nécessaire. Je cherche en vain quel personnel s’y adonnerait. | | 195 4

Ly thèse des Chartes, leurs dépouillements à Paris,en pro vince, à l’étranger, eussent été rendus impossibles. Nous #2 ; aurions eu quelques licenciés de plus et plusieurs beaux Fa travaux de moins. Les gens qui décrètent de haut, sans connaître le fond des choses, peuvent, avec les meilleures intentions du monde, commettre des sottises irréparables. La loi de 1889 avait eu pour résultat de mültiplier les candidats au doctorat en droit, qui devenaient de plus en plus rares. Au début, les professeurs de Droit, les | Civilistes surtout, gémirent. Ils prédirent un abaissement 4 fut tout le contraire, au moins pour la thèse. Le niveau n’a cessé de monter. Quelques professeurs à Paris, à j Toulouse, à Montpellier, etc., se voyant à la tête d’un auditoire relativement nombreux, ont pris l’habitude en | ces dernières années d’organiser des exercices de sémi- ; | paire analogues, — toutes proportions gardées, — à ceux de l’Allemagne. Il en sortait, surtout pour le doctorat économique, des travaux de plus en plus intéressants, À sous forme de thèses. On vit, chose incroyable, des étu- 4 diants apprendre un peu d’allemand et d’anglais et faire Ÿ ; quelques voyages de recherches. Peu à peu, nos Facultés E de Droit, jusqu’alors la honte de l’Enseignement supé- rieur français, sortaient de leur néant scientifique. La nouvelle loi militaire va anéantir tout cela. ; N’y aurait-il pas moyen de parer le coup et de garder Li

  • 73 une partie au moins des étudiants de doctorat ? Evi- à demment. C’est par une anomalie particulière à notre ; pays, inconnue ailleurs (Italie, Allemagne, etc.), que le H grade de licencié suffit pour être magistrat, (1) alors 3 que le doctorat (et même quelques études de psycho- HE physiologie) seraient requises justement. Mais ceci dé- je pend du ministre de la Justice, qui n’a pas l’air de se D douter de la possibilité d’une réforme en ce sens. .
  • Il seraït possible, tout au moins, d’introduire un amen- F

dement dans la loi qu’il va soumettre au Parlement sur la réforme de la magistrature. (2) — Il exige du magistrat ue cinq ans de stage d’avocat. Ne pourrait-on proposer de À réduire ce stage à deux ans pour quiconque serait pourvu ” du grade de docteur en droit? Ce serait un bien faible | palliatif, mais, enfin, cela vaudrait beaucoup mieux que , Au cours de leurs études universitaires les étudiants oublient le peu d’allemand ou d’anglais qu’ils ont appris À au Collège. C’est fâcheux à tous les points de vue. Nos ï médecins, même les professeurs d’écoles de médecine, | : ( ») [Que dis-je? La simple capacité est suffisante pour être juge de à paix. Un récent décret (14 février 1905) a consolidé ce bas certi- ke ficat indigne d’un Etat civilisé. Des journalistes trouvent ce décret pe « démocratique ». Ce qui est démocratique, c’est de donner aux +r’ 4 jeunes gens sans fortune le moyen de faire de bonnes études et FE non de distribuer des diplômes au rabais. On a honte d’être ‘4 obligé de répéter de pareils truismes.] ss (2) [Cette loi a été enterrée cette semaine par le successeur de 4

3 ù pe savent pas un mot d’allemand. Il enrésultequenous Fi Ë ‘& sommes informés de la production germanique, qui est k ë immense et généralement excellente, — avec des retards L $ demeurent inconnus chez nous alors qu’ils se sont ; répandus dans le monde entier depuis deux, trois, quatre | ‘ aps et souvent davantage. A la Faculté des Lettres im- | possible d’entreprendre une recherche d’histoire ou de philologie avec ses élèves. Il n’y en a pas un sur dix (SA capable de se débrouiller dans un livre écrit en langue | étrangère. De même à la Faculté des Sciences. De #1 même à la Faculté de Droit avec les étudiants en doc- 4 torat : pas de séminaire possible pour les Études écono- É: miques, où il faut être capable de lire l’abondante pro duction des Allemands, des Américains, des Anglais, des à Italiens aussi, qui travaillent beaucoup depuis vingt ans. ;. : Tout travail original se trouve arrêté chez nous, — à à cause de l’ignorance de nos étudiants. Il serait done î

  • hautement nécessaire, non seulement que l’on continuât ” à cultiver la langue vivante apprise au Collège, mais encore qu’on en étudiât une seconde en cours d’études. Il ne s’agit pas d’apprendre à parler, ce qui est long et | difficile, mais simplement à lire un texte facile portant $ sur chaque spécialité, l’acquisition du vocabulaire î étant en ce cas très simple. — Si l’on juge cela néces- 1 ; saire, il faut l’exiger, car donner de « bons conseils », { c’est perdre son temps. 4 RAR On pourrait, par exemple : f ‘4 1° Pour la Faculté de Droit, demander d’expliquer une À | page écrite en allemand et en anglais (ou italien), mais L ‘aux seuls candidats au doctorat. Le niveau des étudiants

en licence est en effet tellement bas qu’on désespère ” ® fe, __ d’en obtenir quelque chose. de : % : 2° Pour la Médecine : 1° interrogation sur une langue ‘0 vivante, placée à la fin de l’examen du P. C. N.; #lec ture de deux textes médicaux en deux langues vivantes, — au dernier examen de doctorat. 08 __, 3° Pour les Lettres, — outre l’interrogation actuelle, — HS D de la « partie commune », lecture de textes de deux Rue ei 4° Pour les Sciences, — de même. 8 S | Nos étudiants ne deviendraient pas pour cela des ne polyglottes. Mais, grâce à ces exigences, ils pourraientse ap 4 débrouiller dans un livre écrit en allemand, en anglais, 4 en italien. Cela n’est pas énorme et ce serait beaucoup. (1 : ER: La dernière statistique de la Philosophische Fahkultät / en Allemagne indique un total de 16.000 étudiants. Es En : Ke Ce total englobe à la fois l’auditoire de ce que nous … Ds _ appelons Faculté des Lettres, Faculté des Sciences et, ‘6e 3 en outre, École de Pharmacie. On estime qu’en moyenne . jan pen Û les étudiants en philologie ancienne et moderne, en D £ É- histoire, en philosophie, forment 50 pour cent du total D: | de la Philosophische Fakultät. En gros nous pouvons _ donc dire que chez nos voisins, il y a, à l’heure actuelle, ë n D

: d’étudiants en « Sciences » et en « Pharmacie », de ou l’autre. : Dans la comparaison que je vais instituer avec la Le France, je laisserai de côté ce dernier groupe. La pro5 portion des étudiants en Pharmacie est beaucoup plus | forte chez nous: celle des étudiants en Sciences est très inférieure. Il est pénible, évidemment, de penser : que nous n’avons à opposer que 4.600 étudiants dans nos 2 Facultés des Sciences, (1) c’est-à-dire moins de 3.000 en déduisant les étudiants de Médecine de première année (les P. C. N.), aux 7.000 étudiants allemands en sciences | (déduction faite des pharmaciens). (2) Mais on peut j croire que l’une des principales causes de cet état de choses réside, tout au moins en ce qui touche les sciences physico-chimiques, dans le faible développement de lindustrie française. Avec le réveil des affaires la situation Mais, en ce qui concerne les Lettres, cette explication ne vaut rien. En Allemagne comme en France la majeure partie des étudiants en histoire, lettres, philosophie, philologie, sont de futurs professeurs, d’enseigne- È ment secondaire. Notre population étant inférieure d’un tiers à celle de l’Allemagne, on ne peut s’attendre à avoir ; chez nous un nombre aussi considérable d’étudiants en l me: « lettres ». On pourrait croire au moins que la même proportion qui existe entre la population des deux pays (1) Statistique des étudiants des Universités françaises au 15 janvier d 1904, reproduite dans Massé, Rapport. du budget de l’exercice (2) La différence est bien plus écrasante encore à notre désavantage. En dehors des Universités, neuf Technische Hochschulen À allemandes sont bondées de 10.000 étudiants en chimie, mathéma- (

se retrouverait dans l’effectif scolaire. (1) Il n’en estrien. La France est loin d’avoir dans ses Facultés des Lettres ; les 5 à 6.000 étudiants qu’on s’attendrait à y trouver. 6

La dernière statistique accuse pour l’ensemble des

étudiants de ces Facultés un total de 4.069, (2) un des plus élevés qu’on ait encore vu. Disons de suite que ce chiffre est trompeur. Rien que pour Paris il doit être : diminué de 5oo unités. (3) On fait figurer en effet comme | étudiants les personnes auxquelles on a remis une carte fermés. Les auditeurs de cette catégorie ne sont pas : compris dans les chiffres allemands. (4) Il est donc : nécessaire, pour rendre la comparaison sérieuse, d’opé- rer une forte soustraction du côté français.

En ne tenant compte même que des vrais étudiants, ceux qui se préparent à la licence, à l’agrégation, aux diplômes de langues vivantes, il s’en faut de beaucoup

que les totaux soient aussi élevés que veut le faire croire l’Administration de la rue de Grenelle. Elle fait , sourire les gens au courant en annonçant par exemple ; 179 étudiants pour Caen, 184 pour Dijon. D’importantes |

(1) Comme nos écoliers quittent le Lycée deux ou trois ans plus tôt que ne font les Allemands, on devrait même s’attendre à ce qu’ils se rendissent à l’Université, en sorte que l’effectif des Fa- F cultés dépassât la proportion des deux tiers. £

(2) Voyez le rapport de M. Massé (pages 430-435). °

(3) Voyez dans la Revue Internationale de l’Enseignement du 15 novembre 1904 les statistiques du rapport annuel du doyen de À la Faculté. C’est la première fois qu’on trouve effectif des étudiants % réparti par groupes d’études. i

(4) Si on faisait figurer.en Allemagne comme nous faisons les

-« Zum Besuch der Vorlesungen berechtigt », l’Université de Berlin + aurait non pas 6.000, mais 11.000 étudiants, presque autant que AA Ë Paris ! [Elle en compte davantage aujourd’hui. Les Allemands se iè sont décidés à compter cette catégorie d’auditeurs, si bien que

:, _ Facultés étrangères d’une vieille renommée n’en ont “a pas autant, et l’on voudrait que nos petites Facultés ; de _ récentes, mal installées, insuffisamment dotées de per- f N: sonnel, atteignissent ces chiffres ! C’est abuser de la cré- Br dulité publique. A la Sorbonne, même après la soustracEE tion opérée plus haut, il ne reste pas 1.500 étudiants fi | C’est qu’en effet, répétons-le, l’état d’anarchie où on sa laisse l’organisation de notre haut enseignement per- :L met aux étudiants de ne suivre ni cours ni conférences,
ne et de ne paraître à la Faculté que pour prendre les inEME Pau » ? ie scriptions et passer les examens. Il en résulte qu’un total ë c d’étudiants qui peut atteindre dans certaines Facultés | Le jusqu’à 50 o/o et même davantage de l’effectif est, au Le point de vue du travail de Faculté, absolument fictif. IL 5 _, faut avoir le courage de le dire : nous n’avons pas 4 #4 4.000 étudiants en lettres véritables, mais, au maxi- St M. mum, 2.500, plus probablement 2.000 environ, dont 1 pe Mais cela, encore une fois, est la faute de l”Adminis- # Et tration de la rue de Grenelle qui n’a jamais songé à | ] AA imposer sérieusement la scolarité. Le remède serait ÿ ; ï : (1) Ceci s’est trouvé confirmé par le rapport de M. Croiset cité é (PS ; page 201. Il signale avec satisfaction 565 étudiants comme ayant F: $ Er pris part aux travaux des conférences. Un esprit chagrin pourrait 4 2. FR demander ce que font les autres. Ainsi, de Faveu même du doyen, à

HUE sur les 2.067 étudiants de la Faculté des Lettres de Paris pendant Ë

Re Vannée scolaire 1903-1904, äl faut déduire 500 amateurs, et sur les Hat | 1.500 qui restent, il n’y en a eu que 765 d’effectifs. Il est vrai que . |

Fe M. Croiset ajoute que « ce chiffre même (765) n’exprime pas toute ke _ la réalité », mais faisons la part de optimisme officiel.

7480 (2) Pour justifier ces derniers chiffres, il me faudrait produire ici AE - des renseignements confidentiels. Je préfère m’en abstenir pour EX 1 l’instant, mais je mets au défi l’Administration de me contredire.

sa aisé : il suffirait au Ministère de quelque fermeté pour DU.

_ promulguer un décret ou même un simple arrêté impo- Ne | sant l’assiduité pour que cet état de choses changeät et FREE très rapidement. fo 3 { L’institution des maîtres répétiteurs est, enfin, une 7 cause de faiblesse pour nos effectifs. Dans nos lycées et 54 | surtout dans nos collèges, quantité de jeunes gens, simples si # bacheliers, qui devraient compléter dans les Universités LAS une instruction déplorablement insuffisante, perdent Le leur temps en des fonctions de simple surveillance, sans 108 intérêt intellectuel et même sans valeur pédagogique. (1) 2 Il est vrai que certains obtiennent d’être placés dans le LAS k lycée d’une ville d”Université. Là, peu chargés de 25e | besogne, ils sont à même de préparer leurs examens. S . Mais, sans doute, la proportion de ces élus est-elle RU % encore trop faible. Peut-être en la multipliant, en aug- Ré 1: mentant aussi le nombre des boursiers, pourrait-on PS. É augmenter la population des Facultés de quelques ) & EL centaines d’unités, mais ce serait d’une manière tant LE | soit peu artificielle et, d’ailleurs, il subsisterait encore L, Fe un gros déficit. FA Lt (1) I s’en trouve aussi dans le nombre qui sont inférieurs à ces VEN e) simples fonctions. Ceux-là, ne vaudrait-il pas mieux avoir le cou- Nas - qe à rage de les éliminer promptement. D’autant plus que le répétitorat no i devenant vraiment un marche-pied aux fonctions de professeur, ÉER De) une sélection plus sévère s’impose dès le début. On ne doit pas Te. <e É admettre dans l’enseignement secondaire, à quelque titre que-ce : +50 kel soit, des gens qui n’ont ni le goût ni les capacités suffisantes pour 749 exercer un jour un métier diflicile. SLT

| Les crédits de matériel des Universités ; | allemandes et françaises a

Dans le rapport au Ministre sur la situation de l’Uni- er

versité de Paris en 1903-1904, confié à M. Lippmann, on à

lit (pages 25-26), entre autres choses, ce qui suit : “

La subvention qu’il vous est possible d’accorder à l”Uni- es.

versité de Paris est insuffisante : une seule Université ‘

étrangère, deux fois plus petite que Paris, dépense au, \

matériel plus que l’État français pour l’ensemble de ses ë

: 16 /sic) Universités. De trop longs programmes, un trop :

faible budget : les deux faits se tiennent, car il y a incom- ÿ

patibilité entre l’esprit de programme et le développement y

de l’Enseignement supérieur. Pour qu’un peuple doué, sou- Le

vent initiateur en matière de science, n’arrive pas à com- re

prendre que les sacrifices faits pour la science constituent |

‘le plus magnifique des placements, il faut bien que la masse 3

de ceux qui le gouvernent ait reçu une éducation défectueuse ee

en quelque point essentiel et que la conception même du fe

savoir ait été faussée chez le plus grand nombre par quelque s 14

vice fondamental de l’enseignement secondaire. La réforme 1

s’en fera sans doute avec les années; l’Université de Paris FA

; serait heureuse d’y contribuer et nos successeurs auront #2

peut-être le droit de répéter le mot de Ramus cité par “4

M. Petit de Julleville : « Cette Université de Paris n’est :4

EE ‘El pas établie pour une ville seulement, mais pour le monde rs

  • , Ce sont là des paroles sévères qu’on ne saurait qu’ap- - des prouver. Il est bon que la voix autorisée d’un grand “ee È savant flétrisse de temps en temps l’abjecte avarice du 44 2 peuple français pour tout ce qui touche la haute culture, _ l’indifférence aveugle du Parlement et des Ministres. à Ceci dit, je dois ajouter que l’auteur s’est trompé, etfort … ne lourdement, quand, à l’appui de sa « remonstrance », il | FR cite (d’après la Minerva, 1904-1905, page 81), l’exemple ; r de Berlin, (1) dont les Sachliche Ausgaben pour les DA . 2.622.187 francs, — tandis que l’article 13 du Projet de F4 Budget français, pour la même année, porte seulement : j fe Universités, Matériel, Paris et province : 2.596.505 francs. : 0 M. Lippmann aurait dû réfléchir que, — s’il disait 4 À vrai, — la France, consacrant à l’ensemble de ses Uni- | A versités une somme inférieure au matériel à celle d’une 4 cf seule Université allemande, — aurait cessé d’être un ë pays civilisé. Ce n’est pas le cas. Je n’ai aucune ten4 cs dance à l’optimisme, mais il est visible qu’il se produit ÿ a à chez nous, de temps à autre, dans le domaine des 4 F sciences physiques et naturelles, des découvertes qui 4 a impliquent l’existence d’Instituts, de Laboratoires, de 4 “+ : Collections, mal outillés, je le veux bien, mais non abso- D : En lisant le rapport de M. Lippmann, j’ai aussitôt Es soupçonné une erreur de méthode dans l’interprétation 214 à | des chiffres de statistique. Cette erreur n’a pas été EUX (1) Quin’est nullement « deux fois plus petit » que Paris, mais 14 RS le dépasse, à l’heure actuelle, par le chiffre de ses étudiants et de D 4 Fe ses professeurs, si l’on tient compte des privat-dozents. H

longue à découvrir. Après avoir entretenu une corres- 3 pondance avec nos collègues allemands (r) et compulsé 14 les budgets allemands, ainsi que l’ouvrage de Lexis, F3 À cité plus haut, (2) enfin après avoir manié avec précau tion la Minerva, (3) je me suis aperçu que : les chiffres concernant les budgets des Instituts universitaires ‘à comprennent : 1° l’ensemble des ressources provenant L. aussi bien des droits payés par les étudiants que de la fi (1) Jai obtenu des réponses de MM. les professeurs Ladislas von A (lena). Je dois des remerciements tout particuliers aux correspon- | dants qui ont bien voulu menvoyer les budgets rectifiés de leurs 1% $ Universités : M. le professeur W. Lexis (Gættingen), Georg Schanz 7 | (Würzburg), M. le docteur A. Vorberg, bibliothécaire de Rostock, tk — enfin, pour Strasbourg, M. le docteur Hausmann, secrétaire de RY YUriversité, grâce à l’intervention bienveillante de M. le professeur ee: ‘4 (3) Pour les dix Universités prussiennes, on trouve les rensei- # k : gnements nécessaires dans une annexe du budget du royaume de è $ | Prusse : Preussischer Staatshaushaltsetat, Anlageband, 1, numéro 95, 3 page 251 et suivantes, qui existe à la Bibliothèque Nationale, — “4 Pour la Bavière, l’ouvrage de Lexis fait la distinction entre les l traitements du personnel « inférieur » et le budget du matériel. En JA $ ce qui touche Munich, avertissons que le plus grand nombre des k Instituts et Laboratoires est sous la direction, non de l’Université, 4 We mais de l’Académie des Sciences ; mais, comme les membres de de, cette Académie sont les professeurs de l’Université et que le publie it A qui fréquente ces établissements est formé des étudiants, il ny pi avait pas lieu de s’arrêter à une distinction purement administra- * | tive et j’ai ajouté naturellement aux chiffres de dotation de l’Uni- i%

  • versité (fournis par l’ouvrage de Lexis, pages 458-465), ceux de la 4 direction académique (fournis par la Minerca, 1903-1904, page 718). 3 — Pour la Saxe royale, Lexis opère les distinctions nécessaires. — ‘4 F De même pour la Hesse. — Pour le grand-duché de Bade, il suffit Le | de lire les chiffres de dotation des Instituts donnés par Lexis et la % x Mineroa, pour voir qu’ils sont exclusivement « sachlieñ ». — Pour ue ‘ Minerva (1903-1904, pages 463-464), montre que, tandis que le premier As | ouvrage offre les chiffres globaux (matériel et personnel), le second (£ Nix ne donne que le budget du matériel; c’est donc ce dernier qu’il 3

4 1 subvention de l’État: 2° non seulement le Matériel

  • (frais de cours, de recherches, de laboratoire, de travaux Ÿ pratiques, de collections, de chauffage, éclairage, etc.), PE: mais le traitement du personnel non professoral, tels ce que Chefs de travaux, Conservateurs de collections, a Préparateurs, Garçons de salle, Concierges, etc. Or ces 4 traitements absorbent sur l’ensemble, en moyenne 300/o

L dans les Instituts relevant de ce que nous appellerions ñ Faculté des Sciences, 40 et même 50 0/0 dans les Insti- f En France, au contraire, tous les traitements (1) sont AUS portés au chapitre 10 sous la rubrique Personnel. à Pour comparer des choses comparables il faut donc : é 1° faire subir aux budgets allemands une réduction considérable par la soustraction de tous les traitements de ce personnel « inférieur »; 2° en France, ajouter, aux chiffres des contributions de l’État français, les res- | sources provenant des droits des travaux pratiques, etc. 4 C’est à cette double opération que je me suis livré pour 140 composer les tableaux ci-joints. } J’ai étendu mes recherches non seulement aux établisne sements relevant de ce que nous appellerions en France : Facultés des Sciences, mais aux Lettres, (2) au Droit, à ‘ nous faut suivre. — Pour le Mecklembourg et l’Alsace-Lorraine, je É dois à MM. Vorberg et Hausmann des données précises (cf. note ; précédente). — Reste le Wurtemberg : la mort de M. le professeur f à L. von Jolly ne m’a pas permis d’obtenir de renseignements et s. à aucune bibliothèque publique de Paris ne possède le Budget de cet 1 2 Etat. Je me résigne donc à donner pour Tübingen les chiffres forts: À ils ne grossiront le total que d’une manière insignifiante. f e (1) Sauf de rares exceptions dont j’ai tenu compte. Den (2) Pour les Lettres et le Droit, le Staatswissenschaft, le Matériel 1 Re s’entend de l’achat des livres et des collections d’archéologie, d’histoire de l’art, de géographie, etc.

4 la Médecine. Je me suis décidé à regret à ne point

parler de ces derniers. En effet, si l’on peut dresser un ; tableau exact des ressources des Instituts d’Anatomie, Physiologie, Pathologie, Pharmacologie, Hygiène, la 4 question des Cliniques rend toute comparaison impos-

: sible entre la France et l’Allemagne, sinon pour un spé- ? cialiste qui étudierait sur place, une à une, les Univer- re sités des deux pays. Quand on voit par exemple des Facultés de second ordre, telles Rostock ou Iena, dépen- | ser 269.000 et 322.134 marks pour la Clinique générale,

| Rostock 46.850 marks pour la Clinique des maladies &, des yeux, lena 210.408 marks pour l’/rrenheilanstalt, il | saute aux yeux qu’on porte au compte de l’Université, ÿ qui reçoit des ressources en conséquence, (1) des dé- s

l penses qui sont chez nous à la charge des municipalités, $ de l’assistance publique. Nombreuses sont les petites Universités où fonctionne ce système. (2) Dans la Hesse,

le Mecklembourg, le Wurtemberg, etc., l’Université d

renferme en réalité toutes les grandes cliniques du | duché ou du royaume. Comment, dès lors, instituer une “: comparaison avec la France qui procède d’une manière toute différente. (3) f

J’aurais voulu offrir pour la France une contre-partie pu (1) Grâce à ce procédé, les chiffres des revenus allemands se : trouvent ainsi fortement grossis. Ne pas oublier non plus que les K Facultés de Théologie, dont nous n’avons pas à tenir compte, 4 augmentent aussi le total, quoique légèrement. #

| (2) A Giessen, l’ensemble des dépenses des cliniques montait, en #4 Etat Hessois versait la différence, soit 342.233 marks. Voyez Lexis, (à

(3) 11 faudrait tenir compte des subventions des villes françaises. œ

Pour comparer Caen, par exemple, à Rostock ou toute autre petite ÿ

Université allemande, signaler les 130.000 francs payés annuelle- Ke,

ment par la ville à l’hôpital et à l’hospice, etc. “a

un | Ferdinand Lot PTS UE identique aux tableaux allemands. C’est malheureusek É ment impossible. On ne trouve chez nous aucune suppu- | “a tation par Instituts ou Laboratoires. Une annexe du o Compte définitif du Budget de l’Instraction publique el divise les dépenses de chaque Faculté en « Frais de \ cours », « Travaux pratiques », € Entretien de Collecf tions », etc., mais sans indiquer quelle somme dans » ; chacune de ces catégories est affectée à la Physique, à À : la Chimie, à la Botanique, etc. Plusieurs secrétaires des RUE Facultés ont eu l’extrême obligeance d’effectuer sur le HA papier, à ma demande, une répartition dans le sens que Ne je viens d’indiquer. Mais, n’ayant eu que six réponses “1 sur quinze Universités, il m’est impossible de dresserun . tableau qui serait extrêmement incomplet. Pour les … « Lettres », le « Droit », les « Sciences d’État », les chif- : fres français étant trop mesquins ‘et trop incomplets, À: j’ai dû renoncer à donner un pendant aux tableaux allemands. Je me bornerai à en dire quelques mots dans % les observations qui suivront. F Dernière observation : nos tableaux portent sur 1903, | — et non 1904, — 1° parce que, de notre côté, cette … D année est la dernière dont on ait le compte définitif; 2° parce que, du côté allemand, l’ouvrage de Lexis, qui … renferme des renseignements qu’on aurait peine à se | procurer ailleurs, porte également sur 1903, Au surplus, le les crédits affectés par la France à son enseignement ; supérieur n’ayant, pour ainsi dire, pas bougé depuis | k lors, la chose est de peu d’importance. ÿ à En ce qui touche l’Allemagne, rappelons (1) que les … 4 G) Avertissons enfin qu’il faut grossir le total allemand de * ÉRL 5.250 marks pour l’Institut de Geophysik de Gættingue pour lequel … ; nous avons jugé inutile d’ouvrir une colonne spéciale: Dans le

chiffres sont légèrement trop élevés parce qu’ilma été % royaume de Wurtemberg pour 1903. Pour Tübingen, on k trouvera donc les chiffres totaux sans soustraction | du traitement du personnel. Mais il suffira au lecteur de ‘R ; diminuer de 30 o/o en moyenne les chiffres de cette Université en ce qui touche les « Sciences » pour arriver $ à une approximation très suflisante pour le but que k #3 j nous nous proposons, Lee: }: Enfin on a éliminé les Instituts de Pharmacie, de a 0 _ Landwirthschaft, de Science forestière, et rattaché la pi ! Géographie à la section Histoire-Philologie, pour faciliter 4 . la comparaison avec la France. Me _ tableau n° 3, pour ne pas multiplier les rubriques, on a réuni SA à la colonne Divers des choses assez disparates. Pour Berlin, les LE _ 24.350 marks représentent la portion de la dotation en Matériel de LEE VInstitut d’Océanographie; pour Bonn (240 marks), le Musée des 4 | Antiquités Rhénanes; pour Kiel (3.150 marks), le Museum oaterlän- F lié de ._ discher Alterthümer; pour Würtzburg (11.000 marks), le Wag- 4 D nerischer Museum ; les 5.400 marks de Leipzig se décomposent en f + ER ; 6.800 marks pour le Séminaire de Pédagogie, 600 marks pour une #à collection de Numismatique ; de même à Rostock, les 150 marks ù Aus 5È s’appliquent à la Numismatique; à Strasbourg (2.500 marks), à HA 1 lArchéologie chrétienne. — En majorité, on le voit, ces sommes _ »=. pa: _ s’appliquent à des Musées locaux et grossissent les chiffres, déjà ER

| es et naturelles

2 35

eue! Sciences juridiques et économiques DO |

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Le sun09 aa £ Sihs De cac gmail e ss

de | Ferdinand Lot RUE | : La comptabilité très différente des budgets français | et allemand ne permet pas malheureusement de comparer article par article les sommes affectées dans ” chaque Université à la physique, chimie, zoologie, etc. | Mais, si l’on examine le total, on voit que, — contraire , ment à l’assertion de M. Lippmann, — et à mes propres craintes, nos Facultés des Sciences font assez bonne È figure vis-à-vis de leurs émules germaniques, opposant j revenu total de 1.200.000 francs (en chiffres ronds), ce qui semble proportionnel à la population respective des deux pays. Il est vrai que nos 1.200.000 francs de dépenses doivent un peu être diminués, vu, comme je | l’ai dit, que cinq ou six de nos Facultés font fonction, non seulement de Facultés, mais de Technische Hoch- #] schulen. Par contre, il faut grossir le total : 1° de Paris Ë d’environ 400.000 francs, provenant de : 41.519 francs | pour les deuxième et troisième sections de l’École des © Hautes Études, 38.142 francs pour l’École Normale, — déduction faite des sommes consacrées à l’entretien des élèves, à la bibliothèque, etc. — 60.229 francs pour le … jar Collège de France, — absorbés presque en entier parles « Sciences », — 259.000 francs pour le Museum,— déduc- À tion faite des bourses d’études, de voyage, des frais de bibliothèques, etc. — 9° de la Province, — des sommes | consacrées par les Municipalités à l’entretien des Jardins % Botaniques qui sont universitaires, en Allemagne, et qui ‘4

comptent pour un si gros chiffre dans le total. (1) Des chiffres précis sont malheureusement très difficiles à obtenir. Pour Caen, sur les 22.251 francs de dépenses annuelles du Jardin des Plantes, 9.000 francs s’appliquent 4 rente Blot 350 francs). (2) Mais on me fait observer que, en ce qui concerne Clermont, sur les 18.000 francs de budget du Jardin des Plantes, 2.000 francs seulement sont consacrés à la Botanique, 16.000 francs servent Allemagne, il n’en est pas un peu de même. C’est à nos collègues botanistes qu’incombe le soin de nous édifier à ce sujet. — J’aurais encore voulu ajouter aux chiffres de la Province les budgets des Museums d’Histoire naturelle, « municipaux », mais dirigés presque toujours | par les professeurs de l’Université. J’ai dû y renoncer. ‘ Ces budgets sont difficiles à obtenir et ensuite üls sont . très instables. Quand nos villes ont une gestion finan_ cière embarrassée, — ce qui n’est pas chose extraordi_ maire, — c’est sur les chapitres de nature scientifique qu’elles font de préférence porter leurs économies. Si bien _ que nos Museums municipaux de province sont plutôt | une virtualité qu’une réalité concrète. (3) k (1) Le plus souvent il est impossible de distinguer les sommes

consacrées en Allemagne à l’Institut, au Museum, au Jardin Bota1 nique. Je lai fait pourtant chaque fois que je lai pu. — De

même, pour la minéralogie et la géologie, on réunit souvent en un >

; _ seul le budget combiné de ces deux services que l’on porte tantôt Ÿ 4 à l’une, tantôt à l’autre rubrique. Lo (2) Voyez O. Lignier, Essai sur l’histoire du Jardin des Plantes de ! Caen. (Extrait du Bulletin de la Société linnéenne, cinquième série, Ur, (3) Les sommes consacrées à ces établissements par les villes … nées. Elles sont colossales et défient toute comparaison.

; Néanmoins, je le répète, toutes proportions gardées, il semble que les revenus de nos Instituts « scientifiques » É (provenant tant de l’État que des ressources universi-

taires et autres) soient à peu près suffisants. La plaie de

4 nos Instituts scientifiques en réalité, — surtout en province, — c’est que l’État ne s’est pas décidé à les installer

| dans des bâtiments convenables et à débourser une

; bonne fois les sommes nécessaires pour combler les « lacunes de l’outillage et des collections. C’est ce qui explique que, avec des crédits d’entretien convenables, nos Facultés des Sciences aient trop souvent l’air minable. En outre, pour l’Allemagne, nous n’avons Cité ; que les crédits ordinaires. Mais, à chaque instant, il y a des crédits extraordinaires libéralement accordés par les royaumes et duchés du Bund. Ce sont eux qui ont permis d’installer les Instituts germaniques dans de somptueux bâtiments et de doter leurs collections de séries complètes. Ce sont ces crédits extraordinaires qui font cruellement défaut chez nous. Depuis la loi du 10 juillet 1896, l’État français s’est désintéressé de ses Universités. Pendant cette décade, au contraire, les .

4 États allemands ont eu à cœur de mettre leurs Universités, même celles qui semblaient alors végéter, au premier rang, et tous à l’heure actuelle y ont réussi.

La misère des « Séminaires » français, quand parfois il en existe, est telle, qu’il eût été ridicule de tenter de » dresser un tableau. Il n’y aurait guère eu que des zéros. fs. à mettre dans les cases. A vrai dire, il n’y a mêmepas M chez nous de séminaires vraiment constitués. A Paris, 1

ce qui fait défaut, c’est moins l’argent que l’organisation. Les bibliothèques de l’École Normale, de l’École des Langues Orientales, de l’École des Chartes, du Musée Pédagogique, à la Sorbonne les Bibliothèques Albert-Dumont, Gaston Paris, Victor Cousin, les embryons de Séminaires d’histoire, de géographie, d’archéologie déjà constitués offriraient comme fonds des ressources à peu près suffisantes. Mais tout cela est horriblement mal agencé. Les livres de l’École Normale et d’Albert Dumont devraient être répartis entre les différents laboratoires et séminaires. Mais la nouvelle Sorbonne, boîte non seulement hideuse, (1) mais incommode au possible, ne s’y prête nullement. Citons quelques exemples : la Bibliothèque Gaston Paris pourrait former le noyau du Grand Séminaire de philologie : romane qui manque à Paris et qui réunirait les très nombreux enseignements donnés à la Faculté des Lettres, au Collège de France, à l’École des Hautes Études. Ce serait pour beaucoup d’étrangers, Américains surtout qui filent en Allemagne, parce que Paris ne sait pas mettre ses richesses en valeur, une véritable révélation. (2) Mais quoi! le seul local disponible est une petite salle de l’École des Hautes Etudes où tiennent (1) A la seule exception du grand amphithéâtre, lequel sert à tout, sauf à l’enseignement. (2) MM. Brunot et Roques, dans une brochure publiée lan der-

nier, ont montré la richesse, — déparée par des doubles emplois

et des lacunes il est vrai, — de l’Enseignement de la Philologie romane à Paris. Il serait à souhaiter que l’Université de Paris, ou

|: bien l’Administration académique, publiât chaque année, vers

septembre-octobre, des annuaires de ce genre groupant sur le papier les disciplines similaires enseignées dans les divers établis-

1 sements de Paris. Ce serait une réclame excellente pour notre

4 221

| avec gêne quarante personnes et où la place fait 54 ï défaut pour les acquisitions de livres nouveaux. Il 4 nt faudrait pour bien faire une série de salles consacrées,

À l’une à la philologie romane en général, une autreàla à Ë langue et à la littérature françaises, une troisième à 4 l’Italie, une quatrième à l’Espagne et au Portugal, ue à cinquième à la Roumanie, d’autres à la littérature com-

\ parée, etc.; en un mot un petit Institut spacieux et 1 | autonome. — De même pour la philologie germa- 1 nique dont l’état à Paris est une honte.

Pour l’histoire et l’archéologie du Moyen-Age, l’École

des Chartes, dont l’accès est trop peu libéralement ouvert | < aux travailleurs sérieux, offre un choix de livres excel- ; o lent; mais la place y fait cruellement défaut. En outre, É Fl les salles de conférences étant, comme de juste, réservées K L aux professeurs de l’École des Chartes, les Médiévistes . de la Faculté et de l’École des Hautes Études n’ont pas sous la main les livres nécessaires à leurs conférences - : es de séminaire. Pour l’histoire moderne, sans le legs Flammermont il 4 : n’y aurait absolument rien. Mais il est insuflisant et l’on ‘ aurait besoin d’un spacieux Institut. Pour la géographie

j les services dispersés entre la Faculté des Lettres et la : Faculté des Sciences devraient être réunis. 4

€ _ L’archéologie et l’histoire de l’art disposent d’un local ne.

? et d’un budget dont rougirait une Université étrangère %

de second ordre. x En réunissant en deux ou trois salles contiguës certains fonds de la Bibliothèque Albert Dumont, d’une # É salle de l’École des Hautes Études, enfin de l’École M ÿ Normale, on constituerait sans frais un beau Sémijh paire de philologie classique. F

F : Pour la philosophie, on l’a déjà dit, la Bibliothèque Victor Cousin offre un fonds excellent; malheureusej ment elle est quasi inaccessible, sous les toits, et des | dispositions saugrenues empêchent de l’utiliser plus de trois fois par semaine. “ Pour l’Orientalisme, la bibliothèque de l’École des Langues Orientales a un fonds remarquable; malheureusement ses crédits d’entretien sont d’une insuflisance misérable et on a commis la lourde faute de reconstruire cette école rue de Lille, au lieu de la transporter dans le ; quartier Latin, à côté du Collège de France et de l’École des Hautes Études où se donnent des cours qui forment le complément et le couronnement de son enseignement. Si bien qu’il y aurait presque de toutes pièces à créer un Séminaire oriental (divisé en plusieurs sections) (1) des Hautes Études un embryon. Quant à la Psychologie expérimentale c’est inénar2 rable. Elle est coupée en plusieurs tronçons : École des École des Hautes Études quatrième section (histoire et si philologie), une chaire au Collège de France, une confé- ‘ rence à la Faculté des Lettres, des conférences dans les à cliniques et les asiles. A l’exception de ces dernières dont l’existence en ces lieux n’a pas besoin de se justifier, il va de soi que tout | le reste devrait être concentré dans un seul Institut he pourvu de l’outillage nécessaire.

î Mais tout cela est impossible dans la Sorbonne actuelle, qui n’a pas été appropriée aux besoins sus modernes. Le seul procédé pratique c’est de construire 1 | ad hoc, soit une série de petits bâtiments, soit un grand . Mat édifice contenant les Séminaires philosophiques, histoN riques et philologiques, non seulement de la Faculté des ; Ne. Lettres, mais de tous les établissements scientifiques de Paris. Cet édifice serait la véritable École des Hautes Études de Paris. d ; : On laisserait à la Sorbonne les cours de licence et | | d’agrégation, les cours publics, à l’École Normale la

Il ne paraît pas impossible de trouver dans le quartier Latin des terrains congréganistes qui feraient admirablement l’affaire. Quant à la question pécuniaire elle ne serait pas un obslacle insurmontable. L’Univer-

5 sité de Paris a des ressources. L’État pourrait l’aider ; en affectant à cette œuvre l’argent qu’on projette de dépenser, — fort inutilement, — pour l’agrandissement du Collège de France. É is L’immense avantage de cette combinaison serait de grouper côte à côte toutes les disciplines similaires actuellement dispersées dans cinq ou six établissements , au grand détriment et des étudiants et des professeurs qui s’ignorent les uns les autres. L’union de tous les établissements scientifiques de Paris se ferait ainsi à matériellement avant de passer dans la législation. On ù ne forcerait personne à aller étudier et enseigner dansle Grand Séminaire commun, mais le professeur de la Ne | Faculté, du Collège de France, de l’École des Hautes Études, qui préférerait à un organisme bien agencé les 4 locaux actuels, — ferait preuve d’un si faible jugement 4

qu’il est à supposer que son enseignement serait assez

Ce qui vient d’être proposé pour l’ordre des « Lettres », vaut également pour les Sciences Économiques et Juridiques. Les cours de licence resteraient rue Soufflot. Les exercices de Séminaires, qui, actuellement, sont peu ou mal organisés, se feraient à la Grande École des Hautes Études pour les candidats au doctorat et à l’agrégation. Si l’on y pouvait grouper l’Histoire du Droit et l”Économique à côté de l’Histoire générale, ce serait à plusieurs points de vue une bonne chose.

En province la situation est beaucoup plus ‘simple. Il n’existe point de budgets pour des Séminaires de philosophie, de psychologie (sauf à Rennes), (r) de philologie ancienne et moderne, d’histoire. Seules, l’archéologie et la géographie jouissent un peu partout de crédits plus ou moins instables, formés de subventions de l’État ou de l’Université, de reliquats d’exercices antérieurs,

En 1903, à Caen la géographie avait 500 francs et l’archéologie classique autant (allocations de l’Université); — à Clermont l’archéologie environ 400 francs ; — à Lille on signale pour la géographie 2.000!francs de l’Université, 1.000 francs de l’État, — pour l’histoire de Vart 550 francs de l’Université, 3.000 francs de l’État, — mais ce sont des crédits extraordinaires que je ne

: devrais pas mentionner puisque je n’ai rien dit pour

À l’Allemagne des ressources, — très fréquentes, — de ce

\ genre; — à Lyon le musée de moulages antiques a 1.500 francs, l’art moderne 500 francs, la géographie

Me _ 500 francs, l’égyptologie 200 francs; Fr Rennes la géo- # _ graphie a 300 francs; — à Toulouse la géographie et U _ l’archéologie se partagent à l’amiable 2.8/6 francs (dont 14 1.000 francs fournis par l’Université). AVE 166 _ Pour le Droit, Toulouse qui est, je crois, la seule ie _ Université de province qui ait organisé quelques véri__ tables Séminaires, ne dispose que de 300 francs; — Por | CRI fiers de 417 francs ; — Rennes de 141 francs et Nancy de 7: L’exemple de l’Allemagne montre que pour les sciences M #4 juridiques et économiques on peut partout organiser

à des séminaires avec une annuité insignifiante. Nos 1 Facultés de Droit ont des ressources suffisantes pourles ie organiser à leurs frais, comme leurs sœurs germaniques. ) e À Pour les Lettres, dont les ressources sont infiniment +: moindres, il suffirait de régulariser et d’augmenter FA légèrement la subvention de l’État connue sous le nom ha de « Entretien et accroissement des Collections ». On

AT entend par là des ouvrages de référence, d’archéologie,

Ne etc., indispensables pour les cours maïs qui ne servent 24

“ni qu’aux professeurs. Cette subvention n’est pas à dédai-

n. gner puisqu’elle atteignait, en 1903, la somme de 51.000 francs pour l’ensemble des Universités, (1) mais elle est mal répartie et n’a point de fixité, La compa- 54 HE raison avec les Universités allemandes montre que, — exception faite de Paris, de Lyon, de Bordeaux quiont 1

D Toulouse 2.333. — L’extrême irrégularité de ces chiffres, qui ne 1140 ’ tiennent aucunement compte de l’importance respective des k Universités, suffit à montrer qu’il s’agit en réalité de crédits Ke extraordinaires. ce

4 des besoins assez considérables, — un crédit de 5 à 10.000 francs est parfaitement suffisant pour entretenir

f les séminaires de chacune des douze autres Facultés des Lettres françaises. En admettant que la dépense soit supportée moitié par la Faculté et l’Université (1) d’une part, moitié par l’État de l’autre, — on voit que la charge supplémentaire qui incomberaïit à ce dernier serait fort légère. Bien plus onéreuse serait la nécessité de constituer les têtes de collections qui font défaut partout, au moyen d’un fort crédit supplémentaire réparti en un petit nombre d’annuités. Mais, au surplus, tant que nos Facultés des È Lettres de province seront logées dans les locaux actuels, il sera presque impossible, pour la plupart d’entre elles, d’établir de véritables séminaires.

En résumé, au point de vue du « Matériel », la situation de nos Facultés des Sciences n’apparaît pas comme ss réellement mauvaise. Elle est infiniment supérieure à

celle des Facultés des Lettres et de Droit. Ce dont Le ces trois Facultés ont besoin surtout, c’est d’un fort crédit extraordinaire de l’État permettant de les loger, de les installer, de les outiller. Ceci fait, les crédits d’entretien actuels pourront être considérés comme à à peu près suffisants. On devra cependant demander au Parlement que les 2.600.000 francs qu’il accorde (cha__ pitre r1) au Matériel, y soient tout entiers consacrés. Or cela n’est pas. (2) Il en faut déduire en effet les

  • (1) Je rappelle en effet que certains enseignements des Facultés M, des Lettres, comme la Géographie, la Psychologie expérimentale, YHistoire de l’Art même, constituent en réalité des services d’Uni- À xersité et non de Faculté. 1 £ (2) M. Lippmann ne s’en est pas aperçu, autrement ses plaintes 7 eussent été bien plus vives encore. à

FA 326.382 francs de l’article 2 du même chapitre, consa crés aux frais de concours d’agrégation, aux jurys de } baccalauréat, etc. ; les 88.969 francs de l’article 4 (sub- | ventions aux associations d’étudiants, prix, médailles, etc.) Ces sommes ne concernent en quoi que ce soit le 1 (articles 1 et 3). Il faudrait donc demander aux Cham- À bres de porter, en quelques annuités, le total du 4 rappeler à ce propos que, par la loi du 10 juillet 1896, l’État économisa sur les Universités 1.600.000 francs | dont 400.000 francs pour les travaux pratiques, 4 mais que le rapporteur du budget de 1898 écrivait : (1) 4 e « Nous ne voulons pas nous montrer pessimistes, mais | il va sans dire que, si le nombre des étudiants et par 4 suite celui des droits diminuaient dans des proportions k trop sensibles, la subvention pour travaux pratiques, 1 aujourd’hui supprimée, devrait être partiellement ou totalement rétablie. » La loi militaire de deux ans allant produire cet effet, on peut prier le Parlement de tenir. : ses engagements. ; Ceci obtenu, je crois que l’on pourrait estimer que notre situation est, sinon brillante, du moins honorable. (2) È (1) Voyez la préface de M. Liard à la Statistique décennale dé l’Enseignement supérieur (1889-1898) pages XXVI-XXVII. 1 (2) Je laisse de côté la question du Museum de Paris. Il est trop clair que, en regard des revenus du Botanischer Garten, ainsi que g du Museum et Instituts zoologiques de Berlin, les sommes affectées aux services similaires français sont affligeantes. 4

| rez-de-chaussée, Paris, cinquième arrondissement.

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