Polonais et Prussiens
Pol is et Prussiens paraissant seize fois par an | 8, rue de la Sorbonne, au rez-de-chaussée à
| Nous avons publié dans nos éditions antérieures et ! à 4 dans nos cinq premières séries, 1900-1904, un si LL À grand nombre de documents, de textes formant dos- | 114 siers, de renseignements et de commentaires; — un di: : si grand nombre de cahiers de lettres, — nouvelles, 4 SE AR romans, drames, dialogues, poèmes et contes; — un “3 4 si grand nombre de cahiers d’histoire et de philo 4 sophie; et ces documents, renseignements, textes, 1% qe dossiers et commentaires, ces cahiers de lettres, L 0 d’histoire et de philosophie étaient si considérables 1 que nous ne pouvons pas songer à en donner ici 1 jf l’énoncé même le plus succinct; pour savoir ce qui a is #4 5 paru dans les cinq premières séries des cahiers, il 44 “4 _ suffit d’envoyer un mandat de cinq francs à M. André ÿ ÿ Bourgeois, administrateur des cahiers, 8, rue de la Sor- 1 00 \ bonne, rez-de-chaussée, Paris, cinquième arrondisse- | # 58 ment; on recevra en retour le catalogue analytique 54 (40 sommaire, 1900-190f, de nos cinq premières séries. 4 14 ; Ce catalogue a été justement établi pour donner, Ai Rue autant qu’il se pouvait, une image en bref, un raccourci, M no: une idée, abrégée, mais complète, de nos éditions anté- °c 6 rieures et de nos cinq premières séries ; tout y est classé 214 18 dans l’ordre ; il suffit de le lire pour trouver, à leur © 0 ci place, les références demandées. Li 4 A Ce catalogue, in-18 grand jésus, forme un cahier 4 ‘à très épais de XII4-408 pages très denses, marqué cas
) francs; ce cahier comptait comme premier cahier de la + | sixième série et nos abonnés l’ont reçu à sa date, le 1 | 2 octobre 1904, comme premier cahier de la sixième de série; toute personne qui jusqu’au 31 décembre 1905 N
| s’abonnait rétrospectivement à la sixième série le rece- ï l vait, par le fait même de son abonnement, en tête de la si l série; nous l’envoyons contre un mandat de cinq francs fs | à toute personne qui nous en fait la demande. Me il Pour la septième série, année ouvrière 1905-1906, et L en attendant que paraisse le catalogue analytique som- À | maire de nos deuxièmes cinq séries, 1904-1909, on | peut consulter, — provisoirement, — la petite table sh ! analytique très sommaire que nous en avons établie et ” ie | que nous avons publiée en fin du premier cahier de la 1 j Pour amorcer tout travail que l’on aurait à commencer 4 ‘4 dans notre premier catalogue analytique sommaire, con- j: . sulter le petit index alphabétique provisoire que nous ; | avons établi automatiquement de ce catalogue analy- 1e _ tique sommaire dans l’index total de nos éditions anté- à rieures et de nos sept premières séries, même premier nt (
1 cahier de la huitième série. À
1 OlONQIS et Prussiens 3
150 aux Cahiers de la Quinzainè j 710 Le À : Le présent petit index donne automati- EAU
“à quement pour tout volume et pour tout F ARS
He)! a) le numéro d’ordre de ce cahier dans 0 pl FOR le classement général de nos collections 24: TOR | 108 complètes, le numéro d’ordre de la série } CAE M capitales de romain et le numéro d’ordre RAC. 1700 . du cahier lui-même, dans la série ainsi Va NEC
F2 déterminée, en chiffres arabes, de sorte F AE du:
Na que V-r17 par exemple doit évidemment se À TIRE
Ÿ lire dix-septième cahier de la cinquième UE.
NE faut, la date du fini d’imprimer, ou, à son « | FR 4 défaut, la date du cahier même; AUDE
da | d) quand il y a lieu, c’est-à-dire pour nos it Ni 44.
10 C éditions antérieures et pour nos cinq pre- An
‘RU mières séries, la page du catalogue ana- “1 6 (7 lytique sommaire où ce cahier se trouve ke ei La / MR Edmond Bernus, — La Russie vue de la Vistule, — histo ire LATE peuple polonais aux exactions de la germanisation prus- ,
:7 4 cahier pour l’inauguration 4 115 de ce. nouveau Reichstag % 4h Il a été tiré du présent cahier treize exemplaires sur 4 whatman ainsi distribués : À 1 premier exemplaire de souche, exemplaire du gérant; ï 0 deuxième exemplaire de souche, exemplaire de ladel ministrateur; 14 ES. troisième exemplaire de souche, exemplaire de lim 4 1 . . 4 18 dix exemplaires d’abonnement, numérotés de 1 à 10 5 :100 Tous nos exemplaires sur whatman sont numérotés _ à la presse et imprimés au nom du souscripteur; nos C0 tirages d’exemplaires sur whatman sont rigoureuse20 EME s 2 : DA 41 stant souscrits; nous ne vendons point d’exemplaires ne. sur whatman en dehors de l’abonnement: l’abonnement LR sur whatman à cette huilième série est de cent francs 4 pour tous pays. } :1 ne. Les Cahiers de la Quinzaine sont composés à la main, ‘20 en caractères fin dix-huitième siècle (Didot) de la fon 4 derie Mayeur (Allainguillaume et compagnie succes (ri seurs) 21, rue du Montparnasse, à Paris, sixième
aa é à. oire de Gustave Canton :108 Bernus et Péguy “ia
ÿ Note du gérant. — De ce petit index il résulte que le a présent travail de Bernus paraît en plusieurs cahiers. la D Comme on peut le voir ci-après, ces cahiers seront 4 ne paginés à la suite. Un des principaux avantages de cette Li Et méthode est de simplifier les citations. Une personne Hé 4 dès lors qui veut citer du Bernus n’a plus qu’à indiquer k ’# le nom de l’auteur, le titre et la page. Elle n’a point # 24 à indiquer le cahier, qui résulte automatiquement du ‘70 numéro de la page. à Exemple, je cite moi-même : pages 64 et 73 (cette. | “4 . indication suffit pour qu’on voie que je me réfère au 2: premier, au précédent cahier de ce travail) notre abonné M: M. René Guisan m’écrit de Lausanne, 32, rue de L si È Bourg, 24 janvier : mon cher gérant, je sais trop le ka ie F soin que vous mettez à corriger vos épreuves pour ne 2] 5 pas vous signaler, — peut-être, du reste, M. Bernus “ Va-t-il déjà fait ? — que dans le dernier cahier : À: 2 a page 64, ligne 3, il faut lire : von Pfuel À L ‘e page 73, ligne 6, lire : von Wilamowitz-Moellendorf. il 5 Hélas oui, je lis de mon mieux les épreuves. Mais il 4 4 est bien difficile de travailler quand l’auteur est à Mit Annecy et le metteur en pages à Paris-Suresnes. Et ” par une coïncidence vraiment tragique la crise de la Sa “498 maladie et la mort de Canton est venue pendant la & semaine même où Bernus avait ses épreuves à corriger.
Ù La cause polonaise a contre elle un gouvernement
| Le 1 fort, avec toute l’armée de fonctionnaires dont il dispose, 1
h la majorité du Landtag, enfin de plus en plus l’opinion 2
hi publique non seulement prussienne, mais allemande. 2
Ù En vérité, c’est une lutte tragique. Nous allons essayer M
js d’en montrer les différents côtés et de faire voir com- É
à. ment à chaque attaque les Polonais ont su répondre par à
[1 une contre-attaque, en opposant aux forces combinées +
E. de l’ennemi toutes les ressources que peuvent offrir les 4
4 lois, l’initiative privée, les conditions économiques. - f
4 C’est une guerre savante de part et d’autre. Une morne FF)
| résistance passive ou un emportement colérique ne 48 | seraient d’aucune utilité. ù | 4 Les Allemands procédant avec une méthode presque | À scientifique, il faut faire de même, et dans cette lutte à | 4 ‘vraiment digne d’être suivie de près, les chefs doivent pe | À être économistes et juristes avant d’être des politiciens. à | 4 Dans les deux camps, les efforts de l’initiative privée 11104 ‘ù | sont remarquables. Mais sur ce terrain, ce sont les Ke D olonais qui se sont organisés les premiers. « 14 f De bonne heure, ils ont compris la force que l’on ne 4 peut tirer d’associations solidement constituées. Et M R dans cette voie, ils ont été en progressant, créant sans
de la résistance du peuple polonais ae
| cesse des sociétés nouvelles, les fédérant entre elles, |
‘les perfectionnant, les soutenant financièrement avec un k esprit de sacrifice admirable. (1) La plupart de ces sociétés n’ont été fondées qu’après 1880; quelques-unes
4 cependant, comme la société Marcinkowski, qui date
; de 1841, sont plus anciennes. :
La presse polonaise fait une propagande intelligente | et incessante en faveur des groupements nationaux. En .: : même temps, les journaux mènent une campagne contre 4 ; les Xrieg’ervereine (sociétés d’anciens soldats), conjurant | les Polonais de ne pas entrer dans ces associations ù allemandes, où l’on cultive surtout le nationalisme À Chaque jour, les sociétés polonaises se font plus nombreuses et plus fortes. Le clergé a été pour beaucoup dans ce mouvement. Les nombreuses sociétés polo-
| naises dans les districts industriels rhéno-westphaliens
sont un exemple typique de ce que peut réaliser un
effort soutenu joint à un remarquable esprit d’organisa-
| tion. (3) La plupart de ces associations sont strictement
catholiques. Les Protestants n’y sont en général pas
‘4 admis. Mais à côté du but religieux, elles ont en vue
1 l’intérêt national. La première de ces sociétés, le .
L Jednosc (Concorde), fut fondée à Dortmund, en 1876.
sf (1) Sur la crainte que ces sociétés inspirent aux Allemands, (
7 voyez Franz.Wagner : Der Polenring. Berlin, 1899, pages 6 à 9; l
Ne Massow : Ouvrage cité, pages 94 et suivantes. ’ 1
LE (2) Voyez entre autres : Gazeta Torunska, 1898, numéro 87;
g Wiarus Polski, du 98 décembre 1900. Voyez aussi Bogulawsk:
W Berlin, 1901, pages 53 et suivantes.
4 (3) Sur ces associations, voyez l’ouvrage déjà cité : Die Polen im
De Û Rheinisch-westfälischen Steinkohlen-Bezirke, et la collection du Wia-
En 1901, il y avait déjà 125 associations analogues dans les districts de l’Ouest. La plupart de ces organi- ’ sations portent le nom d’un saint, qui est le patron du À groupement. Il y a des sociétés de Saint-Joseph, de h Saint-André, de Saint-Stanislas, de Saint-Casimir, de . { Saint-Wenzeslas, de Saint-Nepomuk, de Saint-Thaddée, 1 de Sainte-Bronislawa, etc. Presque toutes ont à peu près , | qi les mêmes statuts. Elles déclarent vouloir conserver à û leurs membres leur caractère ethnique, en cultivant le : à chant polonais, en organisant des conférences et des de à lectures sur des sujets d’histoire ou de littérature polo- Les Allemands accusent ces sociétés de faire de la. F f politique. Reproche naïf! Il est évident que s’efforcer de conserver et de cultiver la langue polonaise, c’est faire action politique. Il suffit même de se déclarer ” Allemand ou Polonais pour faire une action politique. | fl Tout citoyen fait constamment de la politique, et il n’y a A que les bureaucraties tyranniques pour s’en scandaliser. | | Du reste, le caractère national des sociétés polonaises Ÿ | est nettement marqué par toutes sortes de manifesta- f . tions. On y fête l’anniversaire de Mickiewicz, parfois d 1 celui de la révolution de 1848. Par contre, aucune A de ces sociétés ne participe à la fête de l’empereur ou à la célébration de l’anniversaire de Sedan. : On peut évaluer le nombre des Polonais de l’Ouest A faisant partie de ces associations à plus de dix mille. | \ Pour chaque groupement, le nombre des membres est ’ |! variable; il oscille en général entre 200 et 300. (x) 4 | | ——————————— 1 | h () Les sociétés qui comptent plus de membres sont rares. L’as- | | 1 sociation de Sainte-Barbe, à Bottrop, avait 410 membres en 1go1.
F de la résistance du peuple polonais ‘4 Les associations vivent surtout de minimes cotisa- ; Ê We: tions et de dons volontaires. Elles ne sont pas riches. fi ex. Celles qui; comme le Jednosc, à Bochum, ou « Saint- Le 4 À Casimir » à Bankau, ont un millier de marks à la a |, caisse d’épargne, sont rares. Chacune possède une L H bibliothèque, alimentée par la « Société des biblio- | 1 thèques populaires » de Posen. Outre des livres reli- ÿ 1 gieux, on y trouve des récits historiques capables de à _ ! fortifier le sentiment national : des vies de Sobieski, de * À ’ Poniatowski, de Kosciusko, etc. Chaque association est k en outre abonnée à des journaux polonais de l’Est, qui Ke contribuent à entretenir la communication avec la pro4 pagande nationale en Posnanie, en Silésie et en Prusse | . “Il existe aussi des sociétés qui ont un but plus spé- Ke cial. A Bochum et à Oberhausen, il y a des Sokols | (sociétés de gymnastique). A Gerresheim, il y a même ‘4 È une société de Saint-Hubert, dont les membres | s s’exercent au tir. Les sociétés de chant sont nom- 3 Fe breuses ; elles portent des noms symboliques : « Lutnia » | h (luth), « Fiolek » (violette), « Dzwon » (cloche). Très 4 « souvent elles ne sont que des branches d’une associa- J À tion catholique. Parfois elles se réunissent pour orga- À 4 niser des concours. Seulement, comme elles sont #1 4 pauvres, les prix sont modestes. À Wettenscheid, on É
- distribua aux lauréats des portraits de Mickiewicz. Fi 4 Comme presque tous les membres sont des ouvriers, 4 t 1 D les séances ont lieu le dimanche. s na 2 Les fêtes donnent lieu à de grandes manifestations. “4 2 Des sociétés entières, bannières en tête, participent à 1 ‘4 des pèlerinages à Kewlar. Dans les occasions solen- - ‘® ) nelles, les groupements s’invitent entre eux. Ainsi la -
; Société de Saint-Adalbert, fêtant la commémoration de d | ! la consécration de son drapeau, réunit dix-sept sociétés | Les Polonais ont toujours aimé les pompes brillantes, ÿ | À les couleurs vives, les emblèmes éclatants. Toute asso- | ciation a sa bannière; elle ne craindra pas de dépenser
jusqu’à 600 marks pour son drapeau. La bannière de |
l’association de Saint-Aloys a les couleurs polonaises, : é
blanc et rouge ; celle de Saint-Valentin, à Huerde, repré-
| sente le patron et la Vierge sur fond rouge. Les membres |
F4 de cette dernière société portent des insignes brillants, |
fl ÿ Le président et le porte-drapeau ont une chapska bleue
| avec plume blanche et rouge; ils sont ornés d’écharpes ÿ
} de même couleur. Les simples membres sont coiflés de
f casquettes bleues lisérées de rouge. Lors des enterre- } 1 ments, dès processions et des fêtes, les cortèges polo-
À nais sont imposants. Leur éclat est une manifestation, | 1 et l’on aurait tort de traiter tous ces oripeaux voyants ‘ LT d’accessoires négligeables. Ce serait mal connaître la
| psychologie des foules. L
LA Les Allemands se montrent de plus en plus sévères, ; souvent brutaux, vis-à-vis de ces manifestations poli- [ tiques. La police fait preuve là, comme autre part, d’un
| arbitraire étonnant. Ses procédés blessent profondément F
; les ouvriers polonais, dont les fêtes de corporation sont J | L les seules joies. Le |! Û Lorsque la Société de Saint-Pierre, à Horst, voulut ke
| 1 fêter le centenaire de Mickiewiez et que le cortège était || 4 déjà prêt à se rendre à l’église, la police défendit de , || marcher en rangs. Défense fut faite au porte-drapeau a. L (1) Voyez Wiarus Polski, 28 avril 1898. f
de la résistance du peuple polonais pin de ceindre son écharpe et au président de porter une épée. « Ce n’est pas carnaval aujourd’hui », dit assez grossiè- ;
i rement le commissaire. Mais ce qui indigna encore plus les Polonais, ce fut l’interdiction de faire une conférence
| sur Mickiewicz dans le local même de la société. (1)
Le 24 août 1894, se créa à Bochum une association À plus générale sous le nom de « Zwiazek Polakow niemiezeck », c’est-à-dire « Fédération de tous les Polo- ÿ
D Cette fédération ne s’étend qu’aux provinces non
-_ polonaises, aux Slaves de la diaspora, en particulier à ceux qui sont établis en Westphalie, en Prusse Rhé-
; nane, en Saxe et dans le Hanovre. Avec une prudence très avisée, on a évité d’englober dans cette vaste organisation toutes les sociétés polonaises comme telles.
Mais le président de chaque association est membre de
droit de la Fédération, dont le but est indiqué par le 400 paragraphe 2 des statuts. à Assistance judiciaire, organisation d’assemblées populaires, relations avec la presse, enseignement du polonais, tels sont les points principaux du programme de À cette fédération. Elle a créé des comités très actifs. L’un | gère les fonds de Saint-Josaphat, dont les intérêts
| servent à subventionner. des jeunes théologiens, afin de
ÿ former des curés polonais pour des districts industriels.
Eur. Un autre s’occupe plus spécialement des assemblées
| populaires, tandis qu’un troisième est préposé à l’orga- n
4 nisation générale de la Fédération. 1
È Dans les provinces proprement polonaises, les sociétés l
| sont naturellement encore plus nombreuses. Là aussi la : |
; () Voyez Wiarus Polski du 22 novembre 1898. |
fédération des différentes associations a donné plus de | cohésion à tout le mouvement. Des congrès réunissent de temps à autre les délégués de toutes les branches | À d’une fédération. Très souvent la Galicie y envoie des h représentants, témoignant ainsi de l’union de tous les ! Polonais, en dépit des frontières politiques. (1) | Il est inutile de dire que toutes ces associations sont j fort mal vues des autorités prussiennes. Mais aucune ; ne s’est attiré autant de haine que les sociétés de gym- | nastique dites « Sokols ». Ces sociétés, dont le faucon (sokol) est l’emblème, sont de date récente et furent | fondées sur le modèle des Sokols tchèques. Le premier : | Sokol polonais fut créé à Léopol, il y a environ une A trentaine d’années. Le mouvement ne tarda pas à s’étendre dans la Pologne prussienne. En 1886 se crée L Ë à Posen la première société de gymnastique. En peu d’années les Sokols se multiplièrent. Actuellement on | en trouve non seulement en Posnanie et en Prusse | de Occidentale, mais en Haute-Silésie, en Westphalie, fi dans la Prusse Rhénane, à Berlin, à Breslau. | En 1892, ces sociétés se fédérèrent en une vaste orgaL nisation, qui tint son premier congrès en 1896. Cette ’ Tous les membres portent le même uniforme : chemise ! rouge, pantalons bouffants gris, casquette avec cocarde ( 1 aux couleurs polonaises et plume de faucon. (3) } \ () Ainsi, en juillet 1898, un congrès de médecins et naturalistes fi LA polonais se réunit à Posen. È | (2) En 1900, la Fédération comptait 2.119 membres. RS h (3) On trouvera une bonne photographie dans Tetzner : Die if
4 “aid de la résistance du peuple polonais 7 f 1 j ’ D’après leurs statuts, les Sokols ne s’occupent que de. k 3 l OT gymnastique. Mais, sans aller jusqu’à dire comme cer- | é tains Allemands, qu’ils sont organisés de manière à É l ‘5 servir de premier groupement militaire en cas d’insur- a É rection, il est indéniable que ces sociétés poursuivent ; 4 un but nettement patriotique. Et l’on ne peut que les ñ : 1 Plus une oppression est brutale, plus la résistance cd ‘4 sait revêtir des formes ingénieuses. Lors de la domina- 2: 14 tion napoléonienne, les Allemands eux-mêmes se sont +44 servis avantageusement des sociétés de gymnastique ï }. pour réveiller le sentiment national. Ce qui était louable $ 1 au temps du père Jahn ne peut, en bonne justice, être à ‘ condamnäble lorsqu’il s’agit de Polonais. L 40 Ce n’est pas sans raison que le Sokol de Breslau fit | ÿ consacrer son drapeau à Cracovie. Le calendrier édité h ‘À par le Goniec Wielkopolski pour l’année 1897 indique ; A 14 bien ce que les Polonais attendent de leurs sociétés de . 4 Fe gympastique. On y trouve ces mots sur les Sokols : ‘a Maintenant que les troupes de la noblesse sont disparues - 4 A M et que le chef en blouse de paysan ne conduit plus le peuple è À D: au combat, le Sokol gris réunit de nouveaux régiments, : ; Si unit les classes, exerce et fortifie la force physique et crée 29:
5 une nouvelle réserve de vaillants défenseurs de la patrie.(r) 44
4 Et l’article finit par ces paroles : ÿ ‘2 Avec ton esprit, ton cœur et ta pensée, élève-toi, troupe L _ de Sokols, semblable au faucon, bien au-dessus de la vie ‘1 ‘on fade et terne de tous les jours. Mais de ton bras fort sou- *A 44 tiens le poids de l’immense travail qui t’attend : la résur- 4 14 rection de la patrie. Le zèle seul ne suflit plus aujourd’hui; 4 4 la pensée doit devenir parole, et la parole action. “a ‘te | ‘1 (1) Cité par Wagner : Der Polenring, page 8. Ha 4
- Devant ces manifestations, le gouvernement a pris
peur. La police se montre chaque jour plus tracassière,
les tribunaux plus sévères. En 1896, la police et, sur É
14 appel, le président de la province, défendent au Sokol à
‘4 de Kattowitz d’organiser une représentation théâtrale.)
. En 1904, interdiction est faite au Sokol de Tremessen, ÿ
( qui fêtait l’anniversaire de sa fondation, de paraître
h dans les rues et de prononcer des discours. Enfin, fait |
‘4 plus grave, un jugement du tribunal d’Inowrazlaw
assimile les Sokols aux sociétés politiques. (2)
| Le résultat de ces sévérités ne fut guère celui que les Yi
| Allemands attendaient. En 1905, les délégués de la
| Fédération des Sokols, réunis à Posen, décidèrent,
puisqu’on mettait obstacle à leurs exercices, de s’oc-
. cuper de la renaissance polonaise par des cours de lecde + ture, des conférences sur l’histoire nationale, etc.
dl. Il ne serait pas surprenant que le gouvernement
d n’interdise, un jour ou l’autre, les sociétés de gymnas- 4
(4 tique polonaises. Elles renaïîtraient alors sous une autre
| forme; voilà tout. Combien de ligues irlandaises ont D. été dissoutes ! N’ont-elles pas toujours trouvé le moyen é ! de ressusciter sous un autre nom ? 1 É. Il existe une association dont le but déclaré est de li. ‘préparer l’indépendance de la Pologne ; c’est la « Ligue ‘ nationale ». Jusqu’ici elle s’est surtout occupée de la | Pologne russe ; (3) mais il n’y a aucun doute qu’elle a | 6) Cest de cette Ligue qu’est issu le parti de la « démocratie A |] nationale », dont l’organe principal est le Prseglond Wszechpolski, A | à Léopol. Ce parti, que les éléments plus avancés accusent de clé- ÿ | ricalisme (voyez article de Wierny dans le Courrier Européen du ‘s
de la résistance du peuple polonais des ramifications dans la Pologne allemande. Ses chefs *
sont en Galicie ou à l’étranger. C’est à elle qu’appartient
le Musée polonais de Rapperschwyl, en Suisse. (1) Elle
est subventionnée par le « Trésor national polonais »,
qui se trouve aussi à Rapperschwyl et quiest géré par
NE un comité spécial. Le Trésor national est surtout ali-
ï menté par les dons des Polonais établis en Amérique. (2)
- Il n’est pas très riche, car si nous en croyons l”Ostmark, [A ra il se montait, en 1905, à. 302.015 francs. Ce n’est rien {
évidemment en comparaisôn des sommes énormes que | recueillent les Irlandais aux Etats-Unis. Ce n’est qu’un ‘ | commencement, mais dont pourrait sortir un jour une
à solide organisation de combat. Car dans l’intention du | comité de gestion, il s’agit bien de préparer la résurrection de la Pologne. (3) Les statuts qui régissent le
trésor national l’indiquent en toutes lettres. | L’attention du gouvernement allemand a été attirée ÿ sur cette organisation par une brochure de propagande “4 d’un libraire polonais d’Ostrowo, Witold Leitgeber, qui #5 fut condamné, en 1900, par le Tribunal d’Empire à une 5 année d’emprisonnement pour crime de haute trahison.(4) Va 9 décembre 1904), a contribué à l’organisation de la grève scolaire f’ de Varsovie. Les faits précis font défaut, tant nous sommes mal” “ renseignés sur les choses polonaises.
(1) Ce musée très intéressant et trop peu connu se trouve dans
ni le château de Rapperschwyl, acheté à cet effet par le comte Plater. \ Il renferme une précieuse série d’objets historiques et de souvea} nirs polonais (entre autres le cœur de Kosciusko), enfin une 4 bibliothèque de plus de 40.000 volumes. + | ii (2) Voyez Ostmark, X, 11, page 87, qui cite le journal principal ‘4 des Polonais d’Amérique : Zgoda, du 14 septembre 1905. Voyez if aussi la revue Dla Ojczyzny, qui paraît à Paris depuis 1906. | 47 (3) Voyez Gazeta Handlowo-Geografic:na, du 30 janvier 1go1; cité } 1 dans Polenstimmen, page 97. ë (4) Voyez Massow : Polennot, pages 115 et suivantes; Ostmark,
| La dernière création polonaise est la « Straz » (garde), À | vaste ligue de défense, fondée en 1905 (1) par ce même. hi \ M. de Koscielsky, en qui l’empereur avait naguère cru î deviner un allié. Cette société est la contre-partie slave À de « Ostmarkenverein » allemand. Elle est destinée à ; centraliser toutes les forces polonaises, de manière à à donner une unité puissante à leur action. Elle se 4 divise en sections, dont chacune a un but déterminé. ; L’une s’occupe des questions commerciales et indus- \ trielles, une autre des luttes électorales. Parmi les groupes locaux, celui de Berlin paraît déjà assez puissant. (2) L’organisation générale est ingé- Le pays polonais est divisé en starosties. (3) A la tête de chacune de ces circonscriptions est un militant, qui est responsable devant le comité général. Au-dessous des starostes sont des commissaires, (4) qui sont sans (] doute appelés à être les rouages essentiéls de la | € Straz ». Ils doivent entre autres créer des tribunaux il d’arbitrage, de manière à ce que les litiges entre Polo- ! nais ne soient jamais portés devant la justice alle- | fi Il n’est pas encore possible de savoir quel succès aura | \ cette organisation combinée sur une si vaste échelle. | ’ Mais la tentative est en tout cas intéressante. Ti Ces efforts persévérants, cette organisation pratique, | 4 (1) La première réunion générale eut lieu à Posen, le 18 juin 1905. | | 1 (3) La Posnanie est divisée en 40 starosties, plus une starostie 14 | pour chacune des villes de Bromberg, Inowrazlaw, Gnesen et : | | Ostrowo, et quatre pour la ville de Posen. | L i | (4) A Posen, chaque commissaire a un groupe de dix maisons à Ë l4 surveiller. | à
“144088 de la résistance du peuple polonais ï ces sacrifices n’ont pas été perdus. Non seulement les Ÿ ! ! Polonais ont maintenu leur nationalité, mais ils ont par11 { fois absorbé une partie de la population allemande. Ce ï à travail d’assimilation, qui s’est accompli dans le cou- ! _ rant du dix-neuvième siècle, surtout à partir de 1850, est À
ù extrêmement intéressant; il n’y a pas de preuve plus F
grande de la vitalité de la nationalité polonaise. On a 6
É. remarqué depuis longtemps que les enfants issus de ’ “4 mariages mixtes, lorsque la mère est slave, sont
ie presque toujours polonais de langue et de sentiments.
4 Il est très difficile d’évaluer le nombre des Allemands
1 qui sont venus ainsi grossir les rangs polonais. Les __ : Allemands, pour émouvoir l’opinion, sont naturellement
k portés à exagérer ce nombre. Müller prétend que, de ; À 1850 à 1900, au moins 70.000 Germains ont passé dans à Hi: le camp polonais. (1) Fircks se contentait du chiffre de |
45.000; il est vrai qu’il écrivait à une époque anté- | de Il semble probable que le chiffre de 50.000 n’est pas
É exagéré. (2) Comme preuve de cette assimilation, il y a ï 104 les nombreux Polonais portant des noms allemands. (3) ‘0 En 1884, dans les écoles primaires de la ville de Posen, | À € 79 enfants à noms allemands recevaient l’enseignement À “À religieux en polonais, parce que leurs familles ne par- l 4 laient que cette langue. Très souvent les Allemands ont . 1 A fi LATE s’agit, bien entendu, que du dix-neuvième siècle. Des | M. familles nobles allemandes ont été polonisées bien avant et ont { :: #1 parfois transformé leur nom. Ainsi les « von Stein » sont devenus ; : des « Kaminski », les « von Hutten » des « Czapski », les « von
17 Wedel » des « Blonski ». ÿ x
Ni: (3) En voici quelques exemples : Baierlein, Leitgeber, Hedinger,
4 ; Hermann, Klein, ne 14 Neumann. (4
, 1 . graphe, (2) soit en les traduisant. (3) Ces transforma- 4e tions ont été dans beaucoup de cas l’œuvre des curés, dà ; avant la laïcisation de l’état-civil. Mais souvent aussi fa 4 elles ont été faites volontairement, car ce n’est pas le ‘à 1 nom seulement qui a changé, c’est la langue et la natio- A. k nalité. Le gouvernement prussien est devenu très 3 }. sévère en cette matière et cherche à regermaniser, ou É | même simplement à germaniser les noms polonais. (4) È L’exemple le plus typique de la polonisation volon- Ci : . taire d’Allemands est l’histoire des colons appelés PRE. « Bamberger ». Ce cas a été étudié de près, si bien que ” à l’on peut suivre les étapes de cette curieuse transfor- - Ce f Après la guerre avec la Suède et la peste de 1709, la % Posnanie était fort appauvrie et avait perdu beaucoup à d’habitants. Les autorités de la ville de Posen déci- 4 |4 dèrent de faire venir des colons allemands; seulement, È (4 comme on ne voulait que des catholiques, on s’adressa 1 1 à la Bavière. Les premières familles d’immigrants, au 4 | nombre d’environ trente, arrivèrent en 1719. Elles À Li (1) Voyez une longue liste de noms polonisés dans l’article du 4 à ( docteur Koerner : Polinisierte Familiennamen : Ostmark, X, 12. de LA Voyez aussi Ostmark, IV, 10 : Namensveränderungen, et Massow : 1 | (2) Schulz devient « Szulc », Schumann « Szuman », Schônebeck V F, |A (3) « Schmidt » (forgeron) devient « Kowalski » ou « Kowa-._ | lewski », « Berg » (montagne) devient « Gora » ou « Gorek ». Fi 4 v (4) Sur les lois et décrets relatifs aux noms, voyez Ostmark, IV, | s | 11, page 88 et suivantes ; et VII, 11, page 73. ‘À | 6) Voyez A. von Bogulawski: Ouvrage cité, pages 22-29, et surtout a: | à l’ouvrage de Bär : Die Bamberger bei Posen, sugleich ein Beitrag A | zur Geschichte der Polonisierungsbestrebung’en in der Provinz Posen, D
J de la résistance du peuple polonais venaient des environs de Bamberg, et le nom de « Bamberger » fut appliqué aussi aux quelques familles venues sf un peu plus tard du Wurtemberg. Les colons s’établirent dans les villages de Ratai, Demsen (Dabrèc en % polonais), Luban, Wilda, Ierzye, Wirnary, Gurczyn, et Hi. même un peu plus loin, à Czapary et Wivrek. Chose curieuse, leurs descendants restèrent Allemands et conservèrent même leur dialecte franconien jusqu’après | 1850. La polonisation s’est accomplie il n’y a pas long- | temps, presque subitement. 1 En 1851, l’école est encore absolument allemande à ES Wilda. En 1867, les habitants de ce village protestent, parce que leur nouvel instituteur ne sait pas assez bien à l’allemand. Mais dès 1880, un rapport du commissaire 4 de district signale qu’aucun habitant catholique de ù Wilda ne s’est désigné comme Allemand. Peu de temps ; après, les enfants ayant été mis par l’administration ; dans la catégorie de ceux qui devaient apprendre le ca- $ téchisme en allemand, les parents rédigèrent une péti- è tion pour protester. Ils y disaient entre autres : « Nous, nu leurs parents et tuteurs, sommes et avons été Polonais, de et nous voulons aussi les élever comme Polonais. Ni ñ nous, ni nos enfants ne savons assez d’allemand, pour ; que ceux-ci puissent apprendre dans cette langue les nt saintes vérités de la religion. » Du reste, les noms des fi) enfants sont déjà absolument polonais : ce sont des Fe Wladislaw, des Kaz’mierz, des Stanislaw, etc. Dans à . les autres villages, le changement s’est effectué déjà un re peu plus tôt. En 1858, à propos d’une inspection scolaire à à Ratai, l’inspecteur signale dans son rapport que les “k allemand. Un rapport de 1867 constate que les enfants
lisent mal l’allemand et sans le compréndre. En 1882, ; les pères, qui portent presque tous des noms germa- | niques, protestent, parce que l’on veut apprendre à è 3 leurs enfants le catéchisme en allemand. « Nous | sommes, disent-ils, de religion catholique et de nationalité polonaise. » \ Aujourd’hui la polonisation est complète. Les « Bamk berger » ne se distinguent plus des Polonais que par le ‘costume pittoresque des femmes. Lors du recensement de 1880, tous se sont fait inscrire comme Polonais. Ils votent en bloc contre les candidats allemands, et la politique de germanisation n’a pas d’adversaires plus Ces faits sont très caractéristiques. Ils prouvent la force d’expansion des Polonais. Ils montrent surtout . que ceux-ci savent se faire aimer. Le gouvernement À } prussien pourrait en tirer une utile leçon. Ce n’est pas fi par des coups de bâton que l’on gagne les cœurs. Actuellement, cette transformation en faveur des Polonais s’est certainement ralentie. Pourtant la race | slave n’a pas perdu cette faculté d’absorber pacifiquement certains éléments germaniques. Le ministre Bosse | a cité à la chambre des députés le fait suivant. (1) Un | père demande que ses enfants reçoivent l’instruction | religieuse en polonais. Or, une enquête établit que ce père, converti au catholicisme, est Allemand, que la : mère est Allemande et protestante, et que les deux | il: parents savent mal le polonais. L
40 Mais les Allemands à leur tour,se sont organisés. Et ne devant leur offensive redoutable, les Polonais doivent, D. 5 pour le moment, surtout songer à défendre leurs posi-
BU tions. Aux groupements polonais les Allemands déci- #4 dèrent d’opposer une société qui centraliserait toutes ‘1 les tendances germanisatrices; qui, réunissant et groune pant les forces allemandes des provinces orientales, |
: s’adresserait en même temps à toutes les provincesetà
Ë Éo tous les pays de l’Empire, de manière à seconder le 14
: k. 4 gouvernement dans sa politique anti-polonaise et même
LR à l’inspirer et le pousser, s’il se montrait trop lent ou
4 Cette société se constitua en automne 1894, peu après
| le fameux pèlerinage des Allemands de Posnanie à Var- *
‘#08 zin, auprès de Bismarck. Elle commença par s’appeler | 14 « Société pour le soutien du germanisme dans les | ‘4 Marches de l’Est ». (1) Mais ce nom un peu long fut rem- | k À placé, en 1900, par celui plus court de « Deutscher Ost- ca +4 markenverein » (Société allemande des Marches de 1 | É 4 l’Est). A la tête de cette organisation se trouvaient trois sul 4 (1) « Verein zur Fôrderung des Deutschtums in den Ostmarken ». 1
grands propriétaires allemands de la province de Posen : de
MM. Ferdinand von Hansemann, Kennemann, et le site major en retraite von Tiedemann. Les Polonais, réunis- 1
sant les initiales de ces trois noms, surnommèrent cette peu société « H. K. T. », et dès lors entrèrent dans le voca- 4 bulaire politique les mots nouveaux de « hakatisme » ‘ et « hakatiste », pour désigner les tendances les plus ‘
violéntes du parti germanisateur. He
L’ « Ostmarkenverein » attira dès l’origine pas mal de L
grands propriétaires terriens. Parmi les premiers adhé- M nt
rents on trouve le baron d’Unruh, les comtes von der 1
Si bien qu’on accusa d’abord les organisateurs d’avoir ‘4 avant tout en vue des intérêts conservateurs. (1) Mais il à
n’en était rien, et très rapidement, la bourgeoisie, 50 grande et petite, vint accroître le nombre des germani- 1 ; sateurs organisés. La société a recruté beaucoup d’adhé- 4 i rents dans le monde universitaire. Professeurs et étu- 4 diants sont parmi ses plus fougueux partisans. Des di associations d’étudiants tiennent à donner leur cotisa- : 1 ! tion. (2) Dans beaucoup de villes universitaires, il y a fr une « section locale académique » de l’Ostmarkenverein. # ‘% Les instituteurs et les petits fonctionnaires viennent 4 aussi en foule. (3) XS
(2) Ainsi, à Breslau, font partie de lOstmarkenverein : les ni É « Burschenschaften », la société universitaire de gymnastique, le LA | « Verein deutscher Studenten », l « Akademischer landwirtschaft- je. | licher Verein ». Voyez Ostmark, I, 4, page 27. ‘ { 6) Le député polonais de Jazdzewski se plaint du grand nombre 5 ER | demployés postaux faisant partie de la société (Chambre des V1 | députés, séance du 21 janvier 1896). CE
| de la résistance du peuple polonais A la fin de la première année, la société comptait déjà environ 3.500 membres rien qu’en Posnanie et | environ 1.000 en Prusse Occidentale. En peu de temps, elle fit des progrès étonnants. En juin 1903, elle avait 30.197 membres; (1) un an après elle en avait environ 35.000. Toutes les grandes villes de l’Allemagne ont leur } | section; il y en a à Berlin, Künigsberg, Stettin, Halle, | ( Les femmes font preuve de la même ardeur que les | hommes. Dans beaucoup d’endroits, elles brodent les | | drapeaux des sections. (2) Ne pouvant faire partie de lOstmarkenverein, elles fondent une association ana- | logue, la « Société des femmes allemandes pour les Les organisateurs de l’Ostmarkenverein ont eu la sagessg de ne pas exiger des membres une forte cotisation, ce qui aurait nui au recrutement. Il suffit de | payer trois marks. Tous ceux qui paient au moins quatre marks reçoivent la revue mensuelle Ostmark, 5 qui est l’organe officiel de l’association. \ Chaque année, une assemblée générale réunit les 11 * délégués de tous les groupes locaux. Quant aux séances Fi des sections, elles se ressemblent naturellement toutes. Fe Après lecture du procès-verbal, on s’occupe des questions | administratives et l’on reçoit les membres nouveaux. 14 Ensuite un membre fait une conférence sur un sujet Nu. 5.110 en Silésie, 1.750 en Prusse Orientale, et 11.992 dans le reste Re de l’Empire. Ù
touchant la question polonaise. La partie officielle se
termine par les classiques « hoch ! » en l’honneur de le
’ l’empereur. D”ordinaire les membres restent encore x
1 quelques heures ensemble à boire de la bière en chan-
\ tant des chansons patriotiques. De temps à autre, les
ù sections organisent une fête ou un bal. Tous les Allemands de la localité y sont invités. A la fête organisée
par le groupe de Czarnikau (14 juin 1896), les sociétés
| allemandes de gymnastique et de chant figurèrent en 4
troupe, avec fifres et tambours. j
| Parfois ces fêtes ont un caractère plus général. Ainsi,
en juin 1900, M. de Tiedemann organisa chez lui, dans
son domaine de Seeheim, un « deutscher Tag » (mot à
. 1.500 invités. Les sections de la Posnanie, de la Prusse
Occidentale, même de la Silésie, de la Poméranie et
} de Berlin y envoyèrent des délégués. Des musiques
d militaires se firent entendre ; il y eut de nombreux dis1 cours, un banquet somptueux, des feux d’artifice. On ‘
l envoya un télégramme à l’empereur. (1) 14
IL Les membres influents font de grandes tournées de
fi propagande à travers l’Allemagne. Chaque conférence |
l’A augmente le nombre des adhérents. (2) La société se }
| montre inlassable dans sés efforts pour faire connaître 1
| ce qu’elle appelle « le danger polonais ». Elle répand
| des brochures à des milliers d’exemplaires. (3) Les tl
| titres en sont bien suggestifs : Le capital allemand et le ‘à
Polonisme, Le petit livre de Sedan, L’ Allemagne veut- ll
AR elle conserver les Marches de l’Est où non? En 1992 + L paraît un Recueil de chants de la Société des Marches #4 orientales. Des rimailleurs patriotiques s’empressent #4 d’emboucher la trompette de guerre. Toutes sortes de ne. sentinelles viennent se placer à côté de la célèbre ô
- « Garde du Rhin ». Coup sur coup surgissent une À
ms M « Garde dans l’Est » (Wacht im Osten), une « Garde
ci À * sur la Vistule » (Wacht an der Weichsel), une « Garde |
#4 sur la Wartha et la Vistule » (Die Wartha-und
‘4 Cette propagande méthodique ne reste pas infrucSA tueuse. En se proposant de « mobiliser les éléments |
Me) germaniques », l’Ostmarkenverein a effectivement
“dk réussi à transformer la question polonaise : de prus-
‘ sienne, elle est devenue allemande. Les appels conti11 x nuels au combat ont secoué les catholiques allemands
al et ont même ressuscité la vieille intolérance nationaliste ï
M chez certains libéraux et radicaux. (1) Le comité central.
0 surveille jalousement les membres de la société; il #
a: n’hésite pas à sévir contre ceux d’entre eux qui montrent
ÿ le moindre signe de faiblesse envers l’ennemi. Il exclut 4
1 non seulement ceux qui ont donné leur voix à un can4 i didat polonais, (2) mais encore ceux qui se sont abste- (
FA nus de voter.eh faveur d’un Allemand ou qui ont vendu we
‘4 L’association surveille de très près la presse polo- u
Ne (1) La Posener Zeitung, principal organe libéral de la Posnanie,
48 remplaça son directeur H. Wagner, partisan d’une politique de BA. conciliation, par M. Goldbeck, #dont les sentiments hakatistes F De. étaient connus. Voyez Massow : Ouvrage cité, page 253, puis 302 Der: et suivantes. j
naise et publie des extraits soigneusement choisis des # | journaux slaves. (1) Elle est d’autant plus redoutable ï qu’elle a parmi ses chefs des hommes connaissant admi- # | rablement les conditions économiques des provinces à | orientales, sachant le polonais, n’ignorant aucun des | moyens propres à écraser une nationalité au profit d’une | À autre. Elle a ses spécialistes pour les questions juridiques, pour les questions scolaires, pour la colonisa- fl tion intérieure. Germaniser les Polonais est une tâche ‘ | difficile. Ce qui importe d’abord au parti hakatiste, c’est | d’attirer dans l’Est le plus d’Allemands possible. Aussi | lOstmarkenverein s’occupe-t-il de chercher des places L | convenables pour les artisans allemands, tailleurs,‘cor- x donniers, selliers, serruriers ; il indique des bourgs où à j des médecins et des avocats pourraient s’établir avan- ‘4 ÿ tageusement. (2) Son comité directeur décide de faire î rs venir en Posnanie des apprentis allemands, de préfé- F4 rence des orphelins, qui seront dans la main de la sol’A ciété. (3) Il fonde des sociétés ouvrières et constitue un 4 V4 fonds spécial pour permettre à de jeunes ouvriers ou | | cultivateurs allemands de suivre des écoles pratiques j | et agricoles. (4) Il aide les agriculteurs à trouver des , 4 prêts, en Ss’abouchant avec une société de crédit berli- ! 14 noise. (5) Il recommande les maisons de commerce alle- QU. mandes, ce qui est une manière de boycotter le com- K merce polonais. Par des subventions à des acheteurs j15 | (3) Id., VI, 4 : Deutsche Lehrlinge für den Osten. Ur
de la résistance du peuple polonais , germaniques, il enrpêche même pariois qu’un magasin # ne tombe en main polonaise. (1) Ï
L’argent ne lui manque pas, car outre les cotisations, f
des dons importants viennent alimenter sa caisse. }’, Ferdinand von Hansemann lui donne une grosse somme, ; ; Ë qui permet de constituer un fonds particulier, portant le hi nom du donateur. | | | É Après la mort d’Adolphe von Hansemann, sa veuve Ÿ crée un nouveau fonds, en faisant à la société un 1 : cadeau de cent mille marks. Et pourtant, les sacrifices que s’imposent les Polonais sont si grands, que tout | cela ne lui semble pas suffisant. En décembre 1904, la société lance un appel aux Allemands, afin de créer un « trésor des Marches de l’Est »; (2) et les dons ne L tardent pas d’affluer. : Aussi l’association crée-t-elle sans cesse de nouvelles bibliothèques. Elle peut se permettre le luxe d’ériger” des statues à son patron, Bismarck, dont la dure silhouette orne la couverture de l”Ostmark. Les Polonais de Posnanie ont ainsi la douleur de contempler un monument de leur oppresseur à Posen même; ceux de la Prusse Occidentale auront bientôt une « colonne | | de Bismarck » sur le « Turmberg », près de Karthaus. (3) L’Ositmarkenverein est soutenu par deux autres asso- ; ciations nationalistes, l« Allgemeiner deutscher Schul- | verein », qui s’occupe de la propagation de la langue j allemande, (4) et l’ « Alldeutscher Verband ». Cette der- js (4) Voyez son organe périodique : Das Handbuch des Deutschtums 4
| nière ligue, la plus agressivement chauvine que nous 3
A connaissions, a des prétentions autrement grandes que |
notre pauvre « Ligue des patriotes ». C’est l’association
h impérialiste par excellence. (r) Dans la déclaration de #
44 principes qui se trouve en tête de toutes les brochures
dE publiées par son comité, on peut lire ces mots : « Le. . 14
ji « peuple alleman& est un peuple de maîtres (ein HerrenLil « volk) ; comme tel il doit être considéré et respecté par
« tous les autres peuples, partout, sur toute la terre. »
( Une organisation qui a des théories pareilles ne pou-
| vait manquer de s’associer au mouvement anti-polonais. |
Elle a publié des brochures qui sont le pendant de celles
éditées par l’Ostmarkenverein. (2) Le 9 septembre 1894,
elle émettait une série de vœux pour hâter la germanisation des provinces polonaises. (3) Elle a aussi fondé
11 une société évangélique dans le but d’établir des
fi maisons d’orphelins en Posnanie. Il ne s’agit pas, bien
1} entendu, d’orphelins polonais, mais d’orphelins alle-
| 1 mands de l’Ouest à transplanter dans la province de
| 1 Posen. (4) Cette alliance de la germanisation et de la è
| IN (1) On aurait tout intérêt, en France, à mieux connaître cette :
| 1h association aux prétentions insatiables, qui a joué un rôle assez
j considérable dans le conflit marocain. Elle s’occupe activement de
} la germanisation en Alsace-Lorraine, dans le Sleswig, en Bohème, ’
| voire en Belgique, au Brésil, etc. En 1898 elle comptait plus de À
| - 14.000 membres et 96 sections, dont trente à l’étranger. Son organe A
| est la revue Die Alldeutschen Bläiter. 1
| A consulter : Hugo Grell, Der Alldeutsche Verband, seine Ge- hf
| schichte, seine Bestrebungen und Erfolge. ?
| 1 (2) Christian Petzet : Die preussischen Ostmarken. Munich, 1898. f
| Docteur Reissmann-Grone : Die slatwische Gefahr in der Ostmark, |
| | 1899. Rappelons que cest une section de cette société qui a publié I
: [à louvrage déjà cité sur les Polonais du bassin rhéno-westphalien. |
| (à (4) Voyez Petzet : Ouvrage cité, pages 67-68, et Ostmark, X, 12 de
hi charité chrétienne ne peut qu’être agréable au Dieu des ‘1 Il est inutile de dire que l”Ostmarkenvereiïn est bien à 4 en haut lieu. Les ministres le comblent d’éloges du haut 0 | de la tribune et l’empereur lui fait adresser des télé- ; “#4 grammes d’approbation par son chef de cabinet, le très ‘4 redoutable M. de Lucanus. (1) à
DU - Cette société repousse l’accusation d’être intolérante ;
L 4! elle déclare n’avoir aucun fanatisme, ne vouloir nulle : ment l’écrasement de la nationalité polonaise. « Seu- ‘4 lement, ajoute un de ses défenseurs, nous sommes 1 forcés de repousser l’élément polonais du sol et du ter1 rain en danger. » (2) Point n’est besoin de pareils naïfs ni - Pour tout homme impartial, l’Association des Mar12 ches de l’Est, de par son but même, ne peut être : ‘M qu’intolérante et oppressive; elle y est condamnée. ni Fondée pour la guerre, elle a contribué dans une large nu mesure à semer la haine. , je D Lors de sa fondation, l’ancien député polonais 4 _ Dr. Skarzynski écrivit une brochure de protestation : 4 Nasza sprawa (Notre cause). Les paroles que lui dicte 104 son indignation sont vives, mais elles correspondent à ne: Des lèvres d’hommes d’État allemands, des lèvres de la Le f majorité du Reichstag, dans la presse comme dans la litté- M rature et l’histoire, retentit, du Rhin à la Wartha, sous le 4 { signe H. K. T., le cri unanime : Crucifiez, détruisez, anni- (70 hilez la nation polonaise récalcitrante… On a créé un véri1 (n) Voyez Temps du 19 novembre 1904. 3 à
Lu table enfer dantesque pour deux ou trois millions de : 11 1 sujets, et à l’entrée on a mis l’inscription : Poloni! Lasciate 1208 ne ogni speranza! L’Allemand met un genou sur la poitrine du is Polonais, il lui serre la gorge, lui arrache la langue et ré- 4 clame encore de l’affection. fi > ‘1 L’association hakatiste se trouva blessée par ces 14 paroles, et pour bien prouver qu’elles étaient menson- ©
gères, elle intenta un procès à l’auteur, qui fut con- : 40 ; damné à 300 marks d’amende! (1) à ni Les journaux polonais n’ont pas cessé de protester k, iX
contre les encouragements prodigués à l’Ostmarken- 11 k verein. (2) Plusieurs se donnèrent le malin plaisir de AU publier la liste des adhérents locaux. (3) C’était assez : habile. Beaucoup d’Allemands, craignant de perdre M leur clientèle polonaise, reculèrent ou du moins n’osèrent 4 ‘a à
plus donner leur adhésion. Quelques-uns adressèrent “VA | des rectifications aux feuilles polonaises, les suppliant 50 | de faire connaître qu’ils n’ont aucune relation avec l’as- Der i sociation. (4) Un Allemand de Czersk écrit à la Gazeta DA. Gdanska qu’il n’appartient nullement à la Société, qu’il D:
n’a fait que boire un verre de bière dans son local, que À a
F du reste les tendances des hakatistes lui sont anti- 0 Si auparavant les rapports entre Polonais et Alle- 0
mands étaient déjà tendus, la création de l’Ostmarken- ik À | verein les rend presque impossibles. Désormais c’est la ‘1 () Voyez le compte rendu de ce procès dans Osimark, I 198 ’ Ain ÿ
| (2) Voyez entre autres le Czas (de Cracovie), 1897, numéro sg. : 1 | (G) Voyez par exemple Gazeta Gdanska, 1897, numéro 99. PE: h { (4) Voyez les extraits de la Gazeta Grudzionska cités par Wagner: à ‘4 g. Der Polenring, pages 65 et 66. Voyez aussi Ostmark, Il, 10, page 80, f \o xl
ñ de la résistance du peuple’ polonais
de haine avec toutes ses manifestations, avec ses colères Le | légitimes, avec ses exagérations aussi. Les Polonais se j
| replient sur eux-mêmes. Ils fêtent avec bruit leurs anni- Î
“ versaires nationaux : la constitution de 1793, les.révo- ÿ
‘49 lutions de 1830 et de 1863, même la bataille de Tannen- Pr
4 berg. (1) Par contre, les journaux donnent le mot à
1 d’ordre de ne pas participer à l’anniversaire de { |
4 Sedan, (2) de ne tolérer aucune mélodie allemande aux U
fi fêtes polonaises. (3) Une société de Sokols, invitée à | l’inauguration d’un monument en l’honneur des soldats
se tombés dans la guerre de 1870, refuse d’y aller, décla-
b * rant que les Polonais n’ont aucune raison de se réjouir
Ÿ de cette guerre. (4) Lors de la triste expédition de
HA Chine, les Dziennik Berlinski (5) engagent les Polo-
H nais à ne pas envoyer un seul volontaire. Lorsque la
: Prusse fêta le bicentenaire de son érection en royaume,
) la population s’abstint. (6) Le Lech (7) signale et
stigmatise les rares Polonais qui ont illuminé à cette
{ occasion. Un aumônier militaire catholique, à Marien-
We werder, chargé du sermon à l’occasion de la fête de
l’Empereur, prêche sans même nommer Guillaume. Il
Ê est naturellement destitué. (8) L’assemblée du cercle
} d’Ostrowo, dont la majorité est polonaise, refuse de
fe voter une subvention pour un monument de Guillaume
11e ° (4) Voyez l’article de l’Orendownik cité par Wagner : Polenring,
ï pages 79 et suivantes.
4 6) Numéro du 9 juillet 1900.
he (6) Voyez Dziennik Slonski du 5 janvier 1901; Dziennik Berlinski
DA du 15 janvier 1901; Dziennik Kujawski du 18 janvier 1901. |
dt (7) Numéro du 31 janvier 1go01.
Premier. (1) On ose ce qu’on n’avait jamais osé. Un comte polonais hisse sur son château un drapeau avec ‘ l’inscription : « Mort aux Allemands ». (2) Les conûlits sont journaliers. À Posen, on parodie les chants natio- ; è 1 naux prussiens; (3) à Schwetz, on trouble le service j | catholique allemand par des chants polonais. (4) Des Allemands sont insultés et chassés d’un des plus grands | | cafés de Posen. (5) Le ton des journaux devient de plus | en plus acerbe. Les articles où l’on engage les Polonais | à ne pas épouser d’Allemandes ne se comptent plus. (6) . Et ces conseils portent. Une Polonaise, fiancée à un de. jeune maître d’école, apprenant qu’il a assisté à un sermon allemand, rompt avec lui. (7) | Que parfois la colère dicte des paroles grossières ou / naïvement stupides, qui pourrait s’en étonner? La polémique d’un peuple opprimé ne peut pas toujours garder le ton de dignité qu’on aimerait à lui voir conserver. (8) Les airs pudibonds que prennent les Allemands en citant ces articles sont un peu ridi- ; Du côté allemand, ce n’est pas seulement le ton de la | (2) Voyez Petzet : Ouvrage cité, page 22. | G) Voyez Schlesische Zeitung, 27 juin 1897. PARU | (6) Voyez Gazeta Grudzionska, premier mars 1899; Gazeta | Gdanska, 18 octobre et 27 novembre 1900; Dziennik Berlinski, | 23 avril 1901; Wiarus Polski, 6 août 1go1, etc. | (7) Voyez Gazeta Torunska, 19 octobre 1900. A (8) Voyez supplément de la Gazeta Grudzionska : Przyjaciel # Daiatwy du 29 mans 1900, où l’on accuse les Allemands de manger 1) avec leurs poules et leurs cochons. Voyez aussi la description bur- j | lesque d’un hakatiste dans le Xatolik du 27 janvier 1900, ainsi que Particle violent des Dziennik Polski du 25 mai 1897. $
F4 de la résistance du peuple polonais Faut TE M à Ye presse qui est haïneux, (1) ce sont les actes des auto- ‘| 1° rités qui deviennent de plus en plus… russes. 7 “: Les étudiants polonais de l’école technique de Dresde ‘à avaient formé une société, la « Letichia ». Cette société 1148 fut dissoute, parce qu’elle n’avait pas participé au 188 « Kommers » organisé par les étudiants allemands pour # ‘é Fe fêter l’anniversaire de l’empereur. (2) Que dire de ces 4 Ne. réjouissances de commande, de ces fêtes imposées, de … ‘4 cette hypocrisie ordonnée? Pas un Allemand n’a songé 1e . que des petits faits pareils rappellent l’époque où la 008 Prusse était sous la botte de Napoléon. 41 Les procès de presse deviennent de plus en plus nomon. breux. (3) En 1900, un rédacteur de la Praca est | “4 condamné à deux mois de prison, pour avoir parléen 4 termes trop vifs de la Commission de colonisation. el Malheur à qui proteste trop fort contre l’Ostmarken- L
- Me verein. Ce délit coûte, en 1901, 35 marks d’amende àla :410 Quand il s’agit d’un journal polonais, les amendes 14 sont beaucoup plus fortes; ce détail ne manque pas de Î L saveur. Un article contre l’Association des Marches de 140 l’Est coûte au Xuryer Poznanski 500 marks. Pour le 4 même crime, le rédacteur du Goniec Wielkopolski, PR (à) La Kreuzseitung (15 janvier 1896) part en guerre parce que 1 Due les programmes imprimés de concerts donnés à Posen comportent #4 ES une traduction polonaise. ER en. La Xülnische Volksseitung ayant employé lPexpression « peuple Es polonais », la Rheinisch-westfälische Zeitung écrit: « En Allemagne, RS il n’y a pas de peuple polonais. Le peuple polonais a cessé d’exisRe ter avec l’année 1795, car là où il n’y a pas d’Etat, il nyapasnon
| Agé de vingt et un ans, est condamné, en mai 1902, à ÿ Tout membre de l”Ostmarkenverein a le droit d’in- 4 \ tenter un procès, pour injure personnelle, à un Polonais f qui a mal parlé de la puissante société. C’est ce qui l ( ressort d’un jugement intéressant. Le fait vaut la peine ni d’être raconté, ne fûüt-ce que pour montrer que la À fameuse phrase « il y a des juges à Berlin » a perdu sa Î valeur. Les tribunaux de Guillaume II ne sont pas ceux 3h | de Frédéric II. Un certain Sarnowski, invalide mili- : | taire, avait, dans une lettre privée, nommé l”Ostmar- ‘u kenverein en ajoutant l’onomatopée « Brr! » Cette lettre | tomba par hasard entre les mains d’un monsieur de V.., à | qui se déclara injurié, vu qu’il était membre de la à société hakatiste. Sarnowski eut beau faire valoir qu’il Pr s’agissait d’une lettre privée, qu’il ne connaissait pas < De M. de V…, qu’il ne l’avait pas nommé, il fut condamné | le 21 septembre 1897, par le tribunal de Preussisch- à M Stargart à deux mois de prison, et son appel fut | Un fait singulièrement grave, c’est que beaucoup de $
- juges font partie de l’Ostmarkenverein. Comment, dans ‘ un procès entre un membre de cette société et un Polo- 1 h nais, le juge pourra-t-il être impartial? N’est-ce pas la ; | négation même du principe judiciaire qui veut qu’on ne k JU puisse à la fois être juge et partie? C’est ce que déve- ‘11 | loppa le député Mizerski à la Chambre des députés * | prussienne, dans la séance du 17 février 1902. Le : 14 2 (2) Voyez Breslauer Zeitung, 5 janvier 1898, et Ostmark, II, 1, |
4 de la résistance du peuple polonais
“ | ministre écarta dédaigneusement cette protestation, aux
S applaudissements de la majorité. Et l”Ostmark, rendant |
14 compte de la séance, invita tous les juges à faire partie
Ë, de la société anti-polonaise.
F Quelques jugements feront encore mieux voir quelle
5 NR est l’impartialité des tribunaux prussiens. }
3h L’instituteur Wonzel, à Witaschütz, qui avait dit du à
4 curé Szadzynski qu’il « empoisonnait l’âme des en-
à fants », fut absous. Le jugement déclara que ce terme
4 correspondait à la réalité, vu que le curé polonais
D ; avait blâmé la prière allemande imposée aux en-
Fe Par contre, le rédacteur Nowicki, à Ostrowo, est
4 condamné à 100 marks d’amende pour avoir écrit dans.
À un article de la Gazeta Ostrowska, qu’un instituteur
É allemand avait la « fureur de germanisation ». (2)
ï à Toute manifestation polonaise expose à de sévères
6 Le président de la société industrielle catholique de
| Schneidemühl est condamné pour avoir symbolisé par
: un tableau vivant la constitution du 3 mai 1791. (3) Le
‘ président d’une société de Schroda est condamné pour
1 avoir organisé une conférence sur Mickiewicz. (4) Un ;
4 habitant de Koschmin met à sa fenêtre l’inscription
À « La Pologne n’est pas morte »; coût : 150 marks. (5)
La même amende est infligée à un ouvrier du nomde .
1e (4) Id., IV, 12, page 104. Les considérants du jugement sont sin- |
Stiller, qui a osé orthographier son nom à la polonaise | À
| et écrire « Sztyller ». (1) : a
k Le tribunal de Beuthen frappe un gymnaste qui a tra- x) versé quelques rues de Kattowitz dans le costume des 2 #00
ï Sokols. Les juges voient dans le port de ces vêtements À 1 « un scandale » (grober Unfug). (2) En 1904, un écolier A 1 1 de treize ans, à Woszcykowo, est condamné à trois 1 mois de prison pour crime de lèse-majesté. Parlant de EUR |
| la révolution de 1863 et de la guerre russo-japonaise, ce Ë) bambin avait prononcé des mots peu convenables sur À le roi de Prusse. (3) ï
Le verdict dont nous venons de parler est très d
” prussien. En voici un qui a une couleur locale plutôt A
Le 15 novembre 1905, le tribunal d’Empire rejette le ‘ie
4 pourvoi de treize jeunes gens de Gleiwitz (Haute- °
À Silésie), condamnés pour avoir « tenu des réunions À
| secrètes, dans lesquelles on lisait des journaux et des
“ livres polonais, et où on chantait même des chants ‘0
À défendus ». (4) Des chants défendus! Ces trois mots k
LL sont terriblement et en même temps joyeusement élo- CF
Fi quents. Notez bien qu’il ne s’agit pas de chants chantés N
j À en public, au théâtre ou dans la rue; ils ont été chantés à
l’A dans une réunion secrète, c’est-à-dire dans un lieu privé, We
LA entre gens de même opinion. Ces chants sont donc à
| interdits non quant à leur effet, mais pour eux-mêmes; 4
leurs paroles ou leur mélodie sont punissables « en soi ». FT 4
Enr Cette opinion philosophique ou juridique est si caracté- F0 ‘38 ristique, que l’on peut en faire un critérium, et diviser a les pays en ceux où il y a des chants punissables « en ï he. soi » et les autres. Dans la première catégorie il y a la À F3 Prusse, la Russie et peut-être la Turquie; dans la Ne. L’anecdote suivante est aussi très instructive. En Ée 1897, une société allemande de chant, à Miloslaw, É- demanda à M. de Koscielski la permission de célébrer 0 | une fête dans un bois lui appartenant. Le seigneur
- polonais prêta son bois et s’entretint même aimable- À 2 ment avec ses hôtes. Le même jour, la société de chant a ‘4 polonaise avait sa fête annuelle, mais la police lui ne défendit de défiler dans les rues, ce qui avait été permis D: aux Allemands. M. de Koscielski en fut blessé. Deux ans De après, dans un discours électoral, il rappela l’incident A 4 en critiquant la tenue de la société allemande. Celle-ci 4 (2 É. se hâta de lui intenter un procès, et il fut condamméà “t 200 marks d’amende. (1) On pourrait faire de ceci une : Re jolie fable à morale politique : « Le député polonais et Î 1 D, les chanteurs reconnaissants. » 4
| | Tous ces jugements de tribunaux sont importants 1 | comme symptômes d’un état d’esprit; ils sont graves en À 11 LL tant que manifestations d’un état moral particulier. A ne __ ce point de vue, certes, on ne saurait trop les méditer. F Mais pratiquement, ils sont presque négligeables. Ce * : n’est pas dans les prétoires que se livre la vraie bataille, ï ‘f
- celle qui décidera de l’avenir prochain de la nation P “ polonaise. L’issue du combat dépend avant tout des 10 M conditions économiques des provinces orientales. Les (a u Allemands l’ont compris sur le tard. Aussi se sont-ils 1 _ mis fiévreusement au travail, compulsant les stalis- % IN . tiques, faisant enquête sur enquête, nommant des com- 40e NW missions de spécialistes. De ce labeur est sorti un vaste (7510 M” programme, très étudié, très solide, dont tous les points ‘ M tendent au même but : augmenter le nombre des Alle- 2488 | mands, de manière à noyer l’élément polonais, à le sub- Val | merger, pour arriver à l’engloutir. Tant que les Polo- CNPAU W nais formeront une majorité compacte, il n’y aura pas 11 moyen de les germaniser. ne
‘4 Il s’agit donc en premier lieu de faire venir un N ” nombre considérable d’immigrants allemands dans l’Est. “0 | _ Ce n’est pas chose facile, car rien n’attire l’Allemand de MR IW l’Ouest dans les provinces orientales. Celles-ci, excep- A
de la résistance du peuple polonais du.
| tion faite de la Silésie, sont pauvres, presque misé- ÿ
rables; et nous avons déjà vu que cette pauvreté a été fl
va jusqu’ici la plus solide garantie contre l’envahissement 4
À germanique. La Prusse Occidentale est restée arriérée ñ
à tous les points de vue, surtout les landes de Tuchel ë
| (cercle de Konitz) et la Cassubie. En 1829, l’inspecteur k
Ÿ des forêts von Pannewitz publia une description de ces W
ÿ contrées désolées. (1) Les habitations, relate-t-il, sont
ù sordides; les hommes vivent dans le même local que
: les oies et les cochons. Une table grossière, un banc, un
k poêle, quelques sacs remplis de mousse et de paille en
à guise de lits, voilà tout l’ameublement. Les fourchettes
: ’ sont un luxe rare; on ne se sert guère, pour manger, que
1 de cuillères en bois. Des flambeaux de résine éclairent
} ces taudis, où règne une odeur infecte. La saleté est
he incroyable. Les paysans ne se peignent jamais et se
J À lavent rarement; aussi la vermine pullule-t-elle. On voit
3 ) souvent, en plein hiver, des enfants courir sur la neige
C2 pieds nus et sans autre vêtement qu’une chemise. La |
4 nourriture est exécrable. Beaucoup d’habitants n’ont à
Ne jamais goûté de pain. Plusieurs cuisent des pousses de % sapin dans de l’eau, avec du sel, et se nourrissent de
à cet aliment singulier. ;
É Encore en 1852, Lengerke trouve un état de choses |
He: analogue. (2) De grands progrès ont été accomplis . ht depuis lors, mais la Cassubie comme la Masurie n’en
sont pas moins misérables, si on les compare avec les | D provinces occidentales. La population est habituée à se k 1 (1) Das Forstwesen von Westpreussen. Voyez Vallentin : Ouvrage L
71008 cité, pages 34 et suivantes. |
4 passer de tout confort. Dans beaucoup de grands domaines, il n’y a ni lits ni même de couvertures pour
les domestiques et les ouvriers agricoles. Chacun se case , comme il peut, dans la grange ou l’écurie. (1) N La partie slave du pays est la plus pauvre. La situafi tion est meilleure dans le district de Danzig que dans f celui de Marienwerder, qui compte plus de Polonais. 4 Il en est de même en Posnanie. Ceux qui y ont voyagé, 4 en s’écartant des grandes routes et des lignes de cheF mins de fer, ne peuvent oublier les maisons basses et | sordides, couvertes de chaume, croupissant dans la i boue et le fumier. | | Comment, dans ces conditions, un Allemand, habitué
au bien-être, serait-il tenté de s’établir dans ces pays ?
Dans l’Ouest, on dit couramment que la Posnanie est
une contrée si désolée, « que les lièvres et les renards s’y 4 qi disent bonne nuit ». Aller dans l’Est équivaut à s’exiler. F Pour attirer les gens de l’Ouest, il faut transformer les 1 provinces polonaises, y rendre la vie confortable et ÿ ll agréable. La première chose à faire sera de tirer ces | | contrées de leur isolement, (2) en améliorant les routes, (à en augmentant les lignes ferrées, en agrandissant le l système de canaux. (3) Il faut, en outre, pour que les L Allemands se sentent chez eux dans les villes poloVA naises, créer des moyens de distraction et d’instruction \ _ nécessaires. A ce point de vue, on a déjà beaucoup fait ! Ni dans le cours des dernières années. ; (1) Voyez Vallentin : Ouvrage cité, page fo. de hi) { Ostprovinzen. Dansig, 1901. — Voyez aussi Ostmark, I, 11: Der (4 Grosschiffahrtsweg Berlin-Stettin und die wirtschaftliche Hebung des ‘1 Ostens ; et id., III, 12 : Das Verkehrsbedürfniss der Ostmarken. #
2118 de la résistance du peuple polonais 7 7 È créé aussi à Bromberg et à Thorn. L’État est entré dans 4 $ la voie indiquée par | « Alldeutscher Verband »; il a à % alloué une subvention de 160.000 marks pour la con- L À struction d’un théâtre allemand à Kattowitz. A Posen, F k on à ouvert un nouveau musée, le « Kaiser Friedrich Ÿ 1 , Museum ». Dans tous les centres importants on a k SU fondé des bibliothèques populaires. À Posen, on a créé ’ ‘4 la « bibliothèque Empereur Guillaume », (1) qui est 4 déjà très riche. Grâce à la réclame faite par l”Ostmark ) kenverein, (2) les dons affluent sans cesse de toutes 1 les parties de l’Allemagne. Le grand-duc de Saxex _ Weimar envoie un grand stock de livres; la biblio-
thèque de Breslau fait don de tous ses doublets.
1 au chiffre d’un million, est mise à la disposition du h président de la province de Posen, pour fonder des bi- | % bliothèques, créer des locaux de réunion, en un mot | L: : pour soutenir par des créations analogues la cause | ‘à allemande, sans qu’il ait à rendre compte de ses dé- |
- On crée de nouveaux établissements d’instruction. K En 1898 s’ouvre à Posen une école pour jeunes filles. (3) À En 1903, on inaugure dans cette même ville une « Aca- . L | qui ne prépare cependant pas aux examens. (4) Car les È k (2) Voyez son appel dans Ostmark, II, 1. ” Er G) « Gewerbe-und Haushaltungsschule. » En 1898, elle compte 1 : déjà 220 élèves. Voyez professeur H. Albrecht : Handbuch der Dr. (4) Voyez une critique assez acerbe de cette création dans le À 12 4
Allemands ne veulent pas entendre parler d’une Uni r’ versité régulière à Posen, qui deviendrait très vite le à lieu de rassemblement des étudiants polonais. (1) Par ‘à
À contre, ils réclament encore la fondation d’un « institut Lo k Le 6 octobre 1904, l’empereur lui-même préside à . ÿ l’inauguration d’une école technique à Danzig. Il profite he: | de l’occasion pour faire un discours, dans lequel il ne hi cache pas le but germanisateur du nouvel établisse- À
| ment : « Créée sur le sol que l’action énergique de FRE À l’Allemagne a autrefois ouvert à la civilisation, la nou- 1
| | velle école technique sera comme une tour solide d’où U | la science allemande et l’esprit allemand se répandront ti k dans le pays, pour le stimuler, le faire progresser et le Fe … Des sociétés spéciales s’associent aux efforts de l’Ost- x a markenverein pour venir en aide aux ouvriers agricoles 1 1 allemands. (4) Il existe en outre à Posen une « Asso- | (4 ciation allemande des logements ouvriers », qui pro- 1 (| cure aux familles peu fortunées des habitations à bas di 4 Évidemment l’introduction de l’industrie dans les el ï provinces polonaises serait très favorable à une vaste 1 1 immigration allemande. Mais, comme nous l’avons déjà 4 lu cité, page 43. Ostmark, VII, 10, page 63. L Pi 14 (3) Traduction du Temps, 8 octobre 1904. to | (4) Spécialement l « Ausschuss für Wohlfahrtspflege auf dem \Qes |A Lande », dont l’organe est Das Land, publié par Sohnrey, un spé- NT le cialiste pour les questions de colonisation intérieure. ie | k 65) Voyez Temps, 17 janvier 1905, rubrique La germanisation de la ri
1 de la résistance du peuple polonais | ; dit, la Posnanie et la Prusse Occidentale sont des pays h agricoles, qui ne se prêtent pas à l’industrie. L’ « indus- { trialisation de l’Est », que prêchent certains écono- ; h mistes allemands, (1) ne semble pas avoir de grandes k l En attendant, les chefs du mouvement hakatiste ré- L d clament une augmentation des garnisons en Posna- à ; nie. (2) Il s’agit naturellement de garnisons allemandes, car les Polonais sont exclus du recrutement régional. À On les envoie dans le neuvième corps d’armée, dans le Lu Mecklembourg ou le Sleswig-Holstein, malgré les in- ; convénients que ce système présente en cas de mobili- ÿ sation. Une garnison peut avoir une importance relati- | vement considérable dans une petite ville, où grâce aux soldats, des maisons de commerce trouvent un excel- ; lent débouché. Aussi a-t-on réclamé de toutes parts des | 4 garnisons dans les petites localités si nombreuses en 3 Posnanie. L’administration militaire a commencé à % A obtempérer à ces vœux. Un ordre du cabinet impérial, A daté du 2 janvier 1902, donne aux villes de Wreschen 4 à et de Schrimm un bataillon d’infanterie. e. La conquête du sol est un des points principaux du | à programme hakatiste. Acheter des terres aux Polonais } Ê pour y établir des Allemands, tel avait déjà été le but À
- de Flottwell. Seulement le gouvernement prussien a 1 : longtemps commis l’erreur de-chercher à maintenir en
Ki Posnanie le régime de la grande propriété terrienne, (1) qui s’est développée au détriment de la petite pro- | Or, la grande propriété, telle qu’elle existe dans l’Est, 4) 14 est un obstacle à la germanisation, bien que la plupart A des grands domaines soient entre les mains d’Alle- s | D’après la statistique du Dr. Kirstein pour 1899, 32 0/0 | seulement appartenaient à des Slaves. Mais l’influence des grands propriétaires allemands est minime, parce à | que beaucoup d’entre eux ne vivent pas dans la province; L ils n’y viennent guère qu’en été ou pour la chasse. (3) É Et puis surtout, leur intérêt économique les oblige à À employer de préférence des ouvriers agricoles polonais, qui réclament un moindre salaire que les Allemands. | On sait qu’ils sont même forcés de s’adresser pour la Ë moisson à des travailleurs de la Pologne russe et de la (4 Galicie, auxquels la frontière, fermée par Bismarck en l 1885, a dû être de nouveau ouverte en 1890 par le | | 1 chancelier de Caprivi. il | Partout les ouvriers agricoles allemands diminuent, | W (1) La Posnanie est la province où le régime de la grande pro- ? priété est le plus développé. La Poméranie occupe le second rang; l ensuite viennent la Silésie, la Prusse Occidentale et la Prusse | 14 Orientale. Voyez Vallentin : Ouvrage cité, pages 18 et suivantes. À (2) De 1816 à 1880, le nombre des habitations paysannes est à 1 tombé de 48.151 à 39.383, alors que la population ne cessait de s’ac- ‘ 16 (3) Les propriétaires polonais, au contraire, gèrent en général et | eux-mêmes leurs propriétés. En 1889, sur 74 propriétaires alle- ko 14 mands de la Posnanie, 47 seulement (possédant en tout 158.996 hec- Dr 1 tares) demeuraient dans la province, tandis que les 27 autres ) LA (représentant 161.631 hectares) vivaient autre part. Des 75 grands “a
140 de la résistance du peuple polonais FOIE ‘ dans les cRittergüter » aussi bien que dans les domaines à à. \ de la couronne. Ainsi, dans le domaine de Krotoschin Ri 1 compte plus que 181. 1 Le même phénomène se produit dans les grands do4 maines affermés : dans ceux du prince de Reuss, dans Di ceux du duc de Saxe-Cobourg-Gotha, à Samter; dans É _ ceux du prince polonais Sulkowski (cercle de Lissa), à qui sont pourtant affermés à des Allemands. Cette _ nécessité de s’adresser au travail polonais est encore 1 bien plus grande pour les nombreux spéculateurs, qui À À b,: n’achètent des propriétés que dans l’intention de les “ revendre avec bénéfice. k ’ } 4 Il n’est donc pas étonnant que ce soit justement dans s | k __ les régions où il y a le plus de vastes domaines que les À x Polonais ont le plus augmenté. (1) En outre, ces x _ immenses propriétés entravent l’augmentation des Alle | ‘4 mands, qui auraient besoin de fermes de rapport 4 #1 moyen, Que l’on songe que dans les provinces orientales 3 __ de la Prusse un cinquième du sol se trouve dans les _ mains de seulement 2.498 personnes. (2) Que de terrain 4 | perdu pour le germanisme! 1 _ Les grands domaines sont aussi proportionnellement | 4 moins productifs que les petites propriétés. Il y a une _ déperdition énorme, qui fait tort à la cause alle__ mande. (3) Beaucoup de grands domaines sont grevés | 214 Les possesseurs de biens équestres (Rittergüter) ont, 4 1100 124
À il est vrai, des privilèges politiques, grâce auxquels les” k Allemands conservent la majorité au Landtag provin- ÿ cial et dans plusieurs assemblées de cercle (Kreistage) à : de la Posnanie. Mais cet avantage est peu de chose en k comparaison du détriment occasionné par le régime ‘ (1 terrien au progrès du germanisme. Aussi le gouverneK : ment prussien a-til changé de tactique. Il s’efforce Ft l maintenant d’acheter des grandes propriétés, pour les | morceler et y établir le plus grand nombre possible Fa Il n’était guère possible de suivre complètement À l’exemple de la Russie, qui, par des lois d’exception, a j cherché à développer dans l’Ouest la propriété russe au détriment des Polonais ; politique qui du reste n’a donné fi que des résultats piteux. (1) Nous verrons cependant la ; È Prusse se rapprocher peu à peu de ce système. É 1 La loi du 26 avril 1886 créa une commission de colo- j À nisation et mit à sa disposition un fonds de cent mil- (: VA lions de marks, pour acheter des terres en Posnanie { 14 et en Prusse Occidentale et y établir des colons alle- ns f 1 mands. (2) En 1898, la Chambre des députés accorda ; À (1) Voyez Kowalewsky : {nstitutions politiques de la Russie, cha- ’ L (2) Le texte de la loi est reproduit dans l’ouvrage de Sohnrey, Ut À A consulter, sur cette importante question de la colonisation : À u. Berlin, 1891. — Sering : Die innere Kolonisation im ôstlichen L | Deutschland. Leipzig, 1803. — Denkschriften über die Ausführung CA 4 des Gesetzes vom 26 April 1886, betreffend die Befürderung deutscher À à L } Jahre 1886-1898, dem preussischen Landtage in den Jahren 1887- 1 1 1899 zur Kenntnissnahme vorgelegt. (Ce sont les rapports officiels.) 5 | L gebiete in Posen und Westpreussen. Berlin, 1897 (avec deux cartes #
400 de la résistance du peuple polonais L’ART
pour le même but cent nouveaux millions, et en 1902, {
“4 150 millions de marks. Une pareille dépense prouve |
4 l’importance que le gouvernement prussien attache à la
conquête du sol. (1)
7 La Commission de colonisation a son siège central à À
% Posen. Elle a à sa tête un président, qui dirige l’œuvre. (2) |
; La commission, qui dépend directement du ministère
1 de l’intérieur, comprend les deux présidents supérieurs
1104 de la Posnanie et de la Prusse Occidentale, cinq com-
1 missaires représentant les principaux ministères, le pré-
; sident de la « Commission générale » de Bromberg, le
14 « “ape 06 » de Posen, plus cinq |
fe grands propriétaires de l’Est. Pour les achats la com-
4 mission s’adjoint deux taxateurs et un arbitre, afin de
à les départager en cas de désaccord.
À ” Le travail qu’elle a à fournir est considérable. Elle
k a à choisir et à acheter les terrains, à les administrer
2 jusqu’à la vente et à les mettre en état, à organiser les
ÿ; futurs groupements en répartissant les lots et en faisant
a construire les bâtiments nécessaires, à choisir les colons
F2 et à les établir, enfin à surveiller les nouveaux habi-
es : qui donnent les résultats jusqu’en 1896). — Docteur Gehre : Die ‘ 1
a sion. Berlin, 1902 (avec une bonne carte). — Langhans : Xarte der
te * ( ») Les propriétés étant vendues et non données, Etat ne perd
en réalité qu’une partie des intérêts. Cette perte a été évaluée |
fo de 1/2 0/0 à 1 o/o par an, c’est-à-dire environ trois millions et demi
7 de marks annuellement.
Ne (2) Au début, le président était le gouverneur de la Posnanie, ”
12 comte de Zedlitz. Mais on profita de sa nomination au ministère
‘4 de l’instruction publique pour donner à la commission un présine dent particulier,
| tants, qu’elle ne perd jamais de vue, même lorsqu’ils k ont acquitté leurs dettes envers elle. fi
Les achats sont faits d’après une tactique savante. (1) é
| Au début, on fixait les colons au beau milieu des Polo- : ; 1 nais, où ils ne pouvaient avoir aucune chance d’entamer la majorité slave. L’expérience n’a pas tardé à faire s’y abandonner le système des îlots. Actuellement on place Ë les nouveaux villages de telle sorte qu’ils ne soient pas a
isolés, mais qu’ils forment une chaîne, chaque centre à soutenant les autres. On groupe par exemple les colo- } nies allemandes de manière à entourer les petites villes À
où l’élément germanique s’est encore maintenu. On ren- \
force la population allemande là où elle semble faiblir. ie
On tend aussi à séparer les Polonais prussiens de leurs ge frères de la Pologne russe par une solide barrière ger- Re Al Naïurellement, il y a un plus grand avantage à acqué- +1 1 rir des propriétés polonaises. Mais la commission est \ù 4 souvent obligée d’acheter à des Allemands, soit pour 6 4 compléter ou arrondir une colonie, soit pour empêcher il ’ qu’une propriété allemande ne tombe en main polonaise. ; Les acquisitions faites par le gouvernement sont déjà ñ considérables. À la fin de l’année 1808, il avait acheté : (2) Fe 4
û de la surface totale. 4 À Lu Vos Stumpfe : Ouvrage cité, pages 227-234; voir aussi les è k k (2) Sur le détail des acquisitions à cette date, voyez Gehre: : 4 Ouvrage cité, pages 22-29. Pour les années 1886-1896, on trouvera Ki4 | + des chiffres dans Petzet : Ouvrage cité, pages 53 et suivantes. 5
U : Jusqu’en 1900, la commission avait acheté 64.400 hec- ch : fi tares (soit 43,7 0/0) à des Allemands et 83.035 hectares | 4 Avant la terrible loi de 1904, elle avait à lutter contre | “à de grandes difficultés. Grâce à la concurrence que lui Î : faisaient les sociétés polonaises, le prix des terrains k “1 avait considérablement haussé. Il arrivait assez sou 4 vent que des propriétaires allemands eux-mêmes se h “1 _ livraiïent à un véritable chantage, menaçant de vendre …__ leurs terres à des Polonais, si bien que parfois la com- * d mission a été obligée d’acheter des propriétés bien au- | ! 3 fs dessus de leur valeur. M 1 + Une terre achetée n’est pas immédiatement divisée et
- donnée à des colons. Souvent la propriété acquise, ù Re: ayant été négligée, se trouve en très mauvais état, et + $ 8 les colons qui s’y établiraient de suite auraient, pen- , 10 dant les premières années, des dépenses considérables hi RU à faire, sans pouvoir compter sur aucun profit. C’est du | 10 reste ce qui est arrivé au début et ce qui donna une : mauvaise réputation à l’œuvre entreprise. 4 4 1 . L’expérience a profité. Pendant plusieurs années, É he. parfois six ou sept, la commission administre la pro14 priété. Ce temps est mis à profit pour mettre la terre ‘0 en état. Outre le drainage, la canalisation des eaux et _ le curage des fossés, on améliore le sol au moyen de | 1 fumier et d’engrais artificiels. Les fonds marécageux
Ee. sont convertis en prés. Les routes sont empierrées; des
184 1 chemins sont tracés ou régularisés. En même temps, il s 1 s’agit de construire les bâtiments nécessaires, fermes,
à (&) De 1886 à fin septembre 1903, la commission a acquis ri
(| granges, étables, laiteries, etc., ou tout au moins de À réparer ceux qui existent. Ici aussi on a tâtonné avant ki
de contenter les colons. Lorsqu’on leur livrait les bâti ‘à ments tout prêts, ils les trouvaient parfois trop petits. à
J Actuellement on laisse le colon bâtir selon ses goûts et À selon l’habitude de son pays d’origine. (1) Mais la com- À | mission, représentée par l’administrateur temporaire, \ k
\ lui vient en aide. On lui indique un bon architecte, on is
lui procure des ouvriers, on lui livre au prix coûtant du À bois, des pierres de taille, des briques et des tuiles. : É Souvent aussi l’administrateur se charge de toute la construction, en s’inspirant des désirs du colon. En :# attendant, celui-ci loge avec sa famille soit dans une Ke
K baraque provisoire, soit dans l’auberge construite 4 h d’avance par les soins de la commission. 3 ki Le plan d’un centre de colonisation doit être soigneu- à
ñ sement étudié. Il s’agit d’ordinaire d’un véritable ; ‘à village. C’est un nouveau travail qui exige une grande à
4 Le terrain est divisé en lots: inégaux; il y en a pour 4 ll tous les besoins, mais chaque lot doit être assez grand ? f ; pour permettre à une famille d’y trouver de quoi vivre. he F Sur une terre peu fertile les lots seront naturellement De L plus grands. Il y a des parcelles de 120 hectares, L |
d’autres de cinquante à dix, plusieurs n’en ont que À
| cinq. Les lots les plus petits sont destinés aux ouvriers À | et aux artisans : forgerons, charrons, etc. L’exemple + MW suivant montrera d’après quels principes le partage se gr 1 () Voyez les plans et descriptions des différents types de fermes à : | ! dans Sohnrey : Ouvrage cité, pages 52-83. { | Ni
Fa de la résistance du peuple polonais
Le) Le domaine équestre de Tarnowo (cercle de Posen- |
ÿ Ouest), qui a une superficie totale de 1.195,55 hectares,
; fut divisé de la manière suivante : 4
ÿ 1,78 hectare fut employé pour la maison d’école Î
\ 2,07 hectares furent pris pour les places, chemins, etc.; l
89,41 hectares furent réservés en cas de besoin. Ÿ
S Le reste fut partagé en lots pour les colons, à Î
4 6 propriétés de 30 à 25 hectares, 40 de 25 à 13 hec218 tares, 15 de 13 à 4 hectares, 3 au-dessous de 4 hectares.
3 Les lots préparés et cadastrés, il s’agit de faire
6 venir les colons. Pour les attirer, la commission fait de ÿ
! ‘ la réclame dans toute l’Allemagne. Au commencement, À
4 il fallait lutter contre le préjugé et préparer l’opinion, !
1 car la Posnanie a été longtemps regardée comme un 1
| pays sauvage, presque inhabitable. Même parmi les
4 paysans recrutés par le gouvernement, les histoires les
; plus invraisemblables avaient couru au début. La 1
1 femme d’un colon saxon, à peine arrivée, s’enferma {
: dans sa chambre pour pleurer, s’écriant qu’on lui avait
$ dit que, pour aller dans l’Est, il fallait s’armer de fusils
À et de revolvers, afin de se défendre contre les cosaques
à et les loups. (1y |
à ; Pour recruter ses colons, la commission a des agents 1
spéciaux, en particulier dans le Hanovre et le Sleswig-
À Holstein. Elle se sert aussi de la presse et fait éditer . $ des brochures de propagande. (2) Au bout de peu de 4 ÿ temps déjà, elle reçut plus d’offres qu’elle ne pouvait
| | 0
d’achat; la commission ne put établir que 605 familles. ‘.
On peut donc faire un choix parmi les paysans qui 4
s’offrent et ce n’est qu’après une sérieuse enquête que
% les lots sont accordés. La plupart des acquéreurs sont
L] Prussiens, mais la Saxe et les Etats du Sud fournissent
à aussi leur contingent. (2) On cherche le plus possible à
| mettre dans la même agglomération des paysans origi-
| naires de la même contrée. Il.y a donc des villages très |
différents selon le caractère des colons, qui transportent
| dans l’Est les habitudes de leur pays d’origine. Le À
Brandebourgeois reste sec, assez égoïste et très individualiste. Le Westphalien est estimé à cause de sa
patience et de son esprit d’économie. Les colons origi-
fl paires de la Prusse Occidentale font au contraire de
L médiocres agriculteurs; ils sont malingres, peu solides 1
| et s’adonnent facilement à l’eau-de-vie. Les Wurtem- R
4 bergeois sont particulièrement recherchés à cause de
Il leurs habitudes d’ordre et de travail. Seulement ils ont À
1] des tendances particularistes et démocratiques; plu- #
l’ sieurs ont de la peine à se prussianiser. (3)
É Tous les colons, paraît-il, supportent admirablement $
| le changement de climat. 8
(1) Voyez les chiffres pour les années 1896-1898, dans Gehre : ‘3
Ouvrage cité, page 28. ‘ ‘ Le
| (2) Jusqu’en 1898, 2.947 familles (environ 18.000 individus) furent Si
établis. Là-dessus, 19 venaient de la Prusse Orientale, 1799 de à
Poméranie, 313 du Brandebourg, 162 de Silésie, 157 de la Saxe HN
‘d prussienne, 9 du Sleswig-Holstein, 104 du Hanovre, 391 de West- )0
1 phalie, 33 de Hesse-Nassau, 63 de la Prusse Rhénane, 64 du Wur- à
14 Prusse Occidentale, 114 d’autres Etats allemands; 95 étaient des eu 4
4 Allemands de Russie ou d’Autriche. S
| 1 G) Voyez la caractéristique très suggestive des colons dans a
ee Sohnrey : Ouvrage cité, pages 113 et suivantes. DL
\‘he de la résistance du peuple polonais
À En général, on fait venir de préférence des Protes
_ tants, parce qu’on craint pour les Catholiques l’influenee
110 En 1898, il n’y avait que 165 familles catholiques
4 Il va sans dire qu’on élimine les éléments dont la
i | . moralité est douteuse. Comme il s’agit de faire œuvre
W, “4 durable, on ne s’adresse qu’à des paysans donnant des
1e garanties sérieuses. Cependant il y a eu sur le nombre
_ quelques non-valeurs, des alcooliques, des paresseux |
‘À ou des chicaneurs atteints de la manie des procès. On
Le cite quelques rares cas de banqueroute. à
pi __ D’ordinaire les relations des colons avec la popula- L Re, tion slave ne sont pas mauvaises. Leurs enfants _:4 apprennent du reste vite le polonais. (2) di Rs: Tout colon doit prouver qu’il possède un capital suf- k k. fisant. Si, malgré les prévisions, le capital fixé ne À RE suffit pas, le président de la commission a le droit É.
à d’octroyer au colon un prêt supplémentaire, qui peut ï Ki. aller jusqu’au quart du capital apporté. Ce prêt doit à _ être remboursé en vingt années. L’intérêt est de 4
ù 74 Les lots ne sont pas donnés contre un capital, mais ; L’AIR contre une rente fixe que le colon a à payer au fisc. “4 Pour la première année, le nouvel habitant n’a rien à _ payer. (3) Le contrat qu’il signe l’oblige à assurer ses le de (1) Il y eut une élection où les catholiques allemands d’une Là T2 colonie, près de Gnesen, votèrent pour le candidat polonais. É $ hé. (3) Pour empêcher la spéculation, il est stipulé (paragraphe 4 des 4e 30 « Conditions générales ») qu’en cas d’aliénation du lot dans le # n° courant des cinq premières années, le colon doit au fisc la rente 4 ; 0 de la première année. - 1 ; L
ï bâtiments et son mobilier contre l’incendie ainsi que ses L a h récoltes contre la grêle. IL n’a pas la faculté de morceler son lot. En cas de vente, la commission garde le f À droit de préemption; en cas de location, elle peut à 4 refuser le gérant ou le fermier proposé par le colon. Ces po ! ‘ clauses sont destinées à empêcher les Polonais d’acquérir {1 fi des terrains ou d’en profiter. Tous les lots ne sontpas !. vendus; beaucoup sont affermés, en général pour une À | période de douze ans. Maïs on encourage le fermier à à | Les colons vivent surtout de l’élevage du bétail, car la culture du blé rapporte trop peu. Si un paysan arrive : sans bétail, la commission, qui s’occupe de tout, est là À pour lui en vendre; elle a‘des spécialistes pour choisir et
M acheter veaux, vaches et chevaux. Les colons font de ll bonnes affaires par le commerce des porcs et de la vo- 4h |” laille. Ils cultivent aussi des légumes et envoient des À 14 Toute agglomération créée a naturellement besoin de | | bâtiments d’utilité publique : bureau de poste, école, (el | église, cimetière, lavoir, etc. Tout cela incombe encore $ fl à la commission. Rien que jusqu’en 1898 (n’oublions pas ë 1 que le mouvement s’est bien accéléré depuis lors), elle | avait construit 88 écoles et dépensé plus d’un million, | pour des bibliothèques populaires. À la même date, k 15 églises, 10 chapelles et 15 presbytères avaient été Li bâtis. (r) La commission s’occupe, bien entendu, de ù trouver les pasteurs. (2) Parfois elle s’est heurtée à des Fi 14 difficultés imprévues, car il s’est trouvé parmi les colons gs 1 (1) Pour le détail, voyez Gehre : Ouvrage cité, pages 44-55. A1 DA (2) La commission a créé un séminaire évangélique à Dembowa- ta | h lonka (cercle de Marienwerder). ’ k
: 2: 0/NÈet de la résistance du peuple polonais
1% des représentants de différentes sectes. (1) La chapelle L
ù neuve d’une colonie resta absolument vide, tous les j
; Dans chaque centre, il y a aussi une auberge, ou un
débit de boisson, mais ces établissements ne sont jamais vendus ; ils ne sont qu’affermés et restent la
| propriété de la commission, qui se méfie, non sans
Ma raison, de l’influence des débitants.
; Chaque colonie forme une commune spéciale, alors |
10 même qu’elle se trouve englobée dans un village déjà
: existant, tant est grande la crainte de l’influence polo-
ñ naise. Ainsi la colonie de Leiperode ne forme exté-
| rieurement qu’un même village avec Leipe. Mais au |
point de vue politique et administratif, ce sont deux
communes distinctes, chacune ayant son syndic, son
école et son église. (2)
Toute commune organisée reçoit une dotation gratuite | en terres, qui représente en général 5 0/0 de la super-
4 ficie totale. C’est sur cette réserve que l’on prend le
If terrain nécessaire pour le cimetière, l’abreuvoir, etc. ; |
mais il faut toujours qu’il reste un pré communal
\ A aucun moment les colons ne sont abandonnés abso- |
À . lument à eux-mêmes. Par les conditions mêmes du traité |
À conclu, ils n’échappent jamais complètement à la tutelle |
+3 administrative. Celle-ci, du reste, a tout intérêt à se
ni montrer plus bienveillante que tracassière, et en cas de |
À difficultés, les colons sont heureux de pouvoir recourir |
46 à la commission. LR
Ÿ (1) A Libau il y a des « frères rhénans » et des baptistes. “A
) $ (2) En 1900, 120 nouvelles communes avaient été fondées.
L’administration a fait preuve d’initiative intelligente en encourageant la mutualité sous toutes ses formes. Grâce à elle, il existe des distilleries et des laiteries | communales. A la fin de l’année 1900, il y avait dans | | les nouvelles colonies 61 caisses d’épargne ou de prêts, 15 sociétés laitières, 11 sociétés de distillation, 14 socié- | tés agricoles, 21 associations pour la production ou “ l’achat d’engrais, etc. (1) ÿ Une entreprise privée vient en aide à celle de l’État. La « Landbank » de Berlin achète des terres dans les provinces de l’Est et ne les revend, après morcellement, qu’à des Allemands. (2) Commerce et patriotisme marchent de pair. (3) En 1900, la banque avait acheté 67.625 hectares, dont 42.250 en Posnanie et en Prusse L Occidentale. La concurrence qu’elle fait à la commission | de colonisation n’a pas peu contribué à hausser le prix des terres. On s’en est plaint parfois. Mais si l’entreprise officielle n’a qu’un but politique, tandis que l’autre ; y ajoute un but commercial, le résultat est le même pour les progrès du germanisme. Que faut-il penser de cette œuvre de colonisation au point de vue des résultats ? Elle a eu à subir des critiques très sévères. On a reproché en particulier à la commission de ne pas concéder assez de petits lots, À destinés par leur bon marché à attirer beaucoup d’ou- de vriers ou de petits métayers. Outre que les propriétés (1) Voyez Stumpfe : Ouvrage cité, pages 172 et suivantes. WP (2) Sur Pactivité de cette banque, voyez Geschäftsberichte der Ki Landbank für die Jahre 1896 und 1897, et la conférence du directeur de la banque, dans Ostmark, IX, 1 : Die Landbank in der (3) La banque fait de bonnes affaires. En 1896 et en 1897, les Re h actionnaires ont reçu un dividende de 7 o/o. f
4 de la résistance du peuple polonais k plus grandes demandent un capital élevé, souvent dif-
 ficile à trouver, elles exigent une domesticité nombreuse;
f et ce sont ordinairement des ouvriers et domestiques n polonais que ‘les colons allemands sont obligés de È 4 prendre. C’est l’ennemi installé dans la place. En 1889, ;
- dans sept colonies, il y avait, à côté de 141 ménages È F | allemands, 63 ménages polonais, représentant 354 indiFL vidus. (1) Or, cette invasion slave va en augmentant. fi 1 Ainsi dans la colonie de Lulkau, près de Thoôrn, on | À comptait, en 1896, 54 élèves allemands et 13 polonais;
1 en 1901, il y avait 56 élèves allemands et déjà 44 polo-
ÿ nais. En 1899, la colonie de Biechowo comprenait …
4 231 Allemands et 131 Polonais. En 1900, soit une année
‘4 après, les Allemands étaient 229 et les Polonais 167. (2)
Il y a donc danger que les enfants ne se polonisent peu
On a aussi fait remarquer que ces achats de terrains | à étaient une aubaine excellente pour les Polonais, qui F À peuvent se défaire à de bons prix de propriétés gre- À a. vées de lourdes hypothèques. Les Preussische Jahrf bächer (3) citent quinze Polonais, propriétaires de | Ê biens équestres, qui avec l’argent reçu de la Commis- 1 À sion de colonisation ont immédiatement racheté des 1 we terres. Delbrück (4) raconte le cas suivant, qui est L b encore plus typique. Deux voisins, un Allemand et un
Polonais, font faillite. La Commission de colonisation
A achète la terre du Polonais, qui avec la somme reçue
4 acquiert la propriété de son voisin allemand. j’ut
( ») Voyez Stumpfe : Ouvrage cité, page 53.
Malgré tout, l’œuvre de colonisation est, croyons- À :
nous, un danger sérieux pour la cause polonaise. Il ne qu
faut pas oublier que les colons, lorsque leurs affaires REC
réussissent, donnent le branle à une immigration qui ‘4
| peut être assez étendue. Nous ne connaissons pas exac- et
| tement le chiffre total des Allemands venus ainsi ren- : 4
forcer les rangs germaniques. Herr (1) indique le chitre ‘à
rond de 40.000 têtes, ce qui nous paraît exagéré. Mais ny
quand même il n’y en aurait que vingt-cinq ou trente 4
| mille, cette augmentation n’est pas négligeable. La 1
? question est surtout chose d’avenir. Si la colonisation de
continue à se pratiquer méthodiquement avec autant M
d’intensité que jusqu’ici, dans cent ans les Allemands #
auront fait un grand pas en avant. N
La lutte même que les Polonais ont entreprise, leurs “
4 efforts pour contre-balancer la prise de possession du x À
sol par les Allemands prouvent la gravité du danger. 0 Dans cette lutte, les Polonais ont fait preuve d’une he
! énergie et d’une ténacité admirables, en même \
temps que d’une intelligence pratique qui a d’abord 1
étonné, puis scandalisé et indigné leurs adversaires. hi
; De la défensive, ils ont passé à une offensive hardie. se
Eux aussi se sont mis à acheter des terres pour les A
vendre à leurs compatriotes. Et sans avoir les millions M
que l’État a mis à la disposition de la colonisation u
allemande, ils ont longtemps victorieusement combattu, f 4
jusqu’à ce que la loi brutale de 1904 les ait réduits de {a
Avec beaucoup d’habileté, ils ont su se servir d’une A
ï institution prussienne, la « Commission générale de il