La maison vers le lac
Dans les dix-neuf cahiers de leur septième série, cr année scolaire 1905-1906, nos cahiers ont publié : : tique du catalogue eaers Al 2 sommaire et table analytique très sommaire de la sixième série…, 7 » VII-3. — CnarLes PéÉGuyx. — notre patrie… 1 » VIl-7. — CHarLes PÉGUY. — les suppliants parallèles. — FRANÇoIs PorcHÉ. — les suppliants… 2 » l’enseignement supérieur en France. —1… 2 » | à l’enseignement supérieur en France. — IL… 3 » # réforme. — de la situation faite à la défense mili- l VIl-15. — les cahiers d’Arnold Scherer … 2 » re VIl-17. — JEAN ScHLUMBERGER. — Heureux qui 14 comme Ulysse.:…5..,5247RR ORNE RTS i$ ‘ VII18. — Roman RocLanp. — Vies des hommes ne illustres. — la vie de Michel-Ange. — I. — la lutte.. ÉPUISÉ 4 , Vil19. — Émize MoseLzy. — les retours. — les AE: Voir à l’intérieur en fin des autres cahiers les condi- s k tions et le prix de l’abonnement. { À Nous mettons le présent cahier dans le commerce; | 12 dixième cahier de la onzième série; un cahier jaune. | +” de 116 pages; in-18 grand jésus; nous le vendons “On
Ja maison vers le lac
_ périodique paraissant tous les deux dimanches LS , rue de la Sorbonne, au rez-de-chaussée È
la maison vers le lac ra
FE 3 DANCE 4 AA est Free
] ES vœux sages et nets dans un modeste enclos ‘2 Fe É Où notre humble destin serait ouvert et clos, æ F2 e très simples travaux, des heures non hâtives 3 k. . Afin d’approfondir les mêmes perspectives! Fe:
- Rester ensevelis dans une intimité a _Q wenclôt un jardinet et que recouvre un chaume, $ e _ Avoir tout sous la main, l’aliment et le baume 3 Les conserves d’hiver et les fruits de l’été! : S On se met rarement aux portes, aux fenêtres; EU : Les volets sont des yeux à qui la veille nuit, . _Ouverts dès le matin et fermés dès la nuit. # A D dehors, on le sait, c’est un glissement d’êtres #
la maison vers le lac CLS Sur d’invisibles fils où s’aimantent leurs pas; Des intérêts trapus clamant par dés sirènes F Promettent des édens dont on ne revient pas Et des Eldorados aux foules souveraines. x La maison vers le lac n’est pas loin de la route; ! Très charitablement elle reçoit, écoute Le discours attendri du pauvre pèlerin Qui ne s’en va jamais sans bénir, au matin. Il n’est jamais le même et c’est la même chose Cependant, un émoi vague, presque sans cause, Que le cœur seul comprend et que seul il perçoit, : Un baiser fraternel sur un pont trop étroit! ; à Jusqu’au tour du chemin on reconduit son frère, 4 Et l’écho décroissant de son pas solitaire Aux cavernes du cœur réveille en cauchemar : É Le lourd pressentiment d’un étrange départ. < O Frère! à très cher frère, à la même poitrine, 1 Prends mon cœur, mon doux vin, mes fruits sur la colline, 4 Puis, va plus loin emplir tes yeux — nos mêmes yeux! 4 De l’auguste splendeur d’autres et mêmes cieux! 4 Mais déjà la nuit vient ; autour des promontoires : J L’obscurité s’étend sur les vagues plus noires, 4 Le firmament grandit, recule et se dilate, 0
- Comme un œil monstrueux où la terreur éclate ; : LS : Le ciel est vertical — le jour il semble un toit, 254 Mais à l’heure des nuits n’est plus que la paroi } ; M,
Se. D’un puits mystérieux où l’Humanité ronge , É _ L’immonde et noir lichen du doute et du mensonge. sa
es: La nuit a résorbé dans l’horreur de son sein :
à a F _ Le monde rassurant que le jour avait peint, ne LR Les gais horizons clairs comme des oriflammes 1% __ Etles chemins fleuris où circulaient des femmes. 4 __ L’être ne parle plus : on n’entend qu’une voix à _ Où filtrent les terreurs sourdes des eaux, des bois; ; 3 2 Le vent impérieux, aux portes les mieux closes ‘& -_ Suggère en frissonnant la menace des choses. gs $ ._ Moi, je n’aurai point peur sous mon toit de roseaux, É Et je m’endormirai malgré le choc des eaux… # _ Jusqu’au tour du chemin j’ai reconduit mon frère, 3 4 # J’ai laissé sur son front le baiser du mystère, = _ Et mon cœur est tout blanc de mystiques amours i _. Comme un verger nombreux d’arbres serrés et lourds!
à } x! les rondes d’enfants aux pentes des pelouses! RE: Æ O Rondes de celles qui deviendront les épouses ! 54 Ë Que leurs petites voix, qui causent aux jardins, 4 Parlent d’étonnements et jamais de dédains ! 4 Comme ils sont tôt couchés, ils n’ont point peur des choses Qui semblent, sous le jour, ne pas avoir de causes 2] Et n’être qu’un décor qu’on pose au ras du sol Me Sous l’outremer joyeux d’un vaste parasol. G ne $ Ils ne voient point la nuit qui crève et qui déforme + À “4 Et qui, pour travailler seule dans les sillons iosbe De, Jette au puits où l’on dort les êtres par millions; AGE 2 Et si parfois l’enfant s’éveille, sans rancune, à S si à. Il adresse un baiser à madame la lune! T0
; Le s rondes ont fini, les rondeaux sont chantés, BE Les prés sont en labour et les coteaux plantés; é 57e É _ Les dos endoloris sont courbés aux racines Fe. _ Et les pas révoltés se trainent aux usines, +
- Sur une barricade ou sous un écriteau S F2 …. Chacun prend un outil et souvent un couteau. : ER Les longs ans, les longs mois, oh les longues semaines ! ir _ Comme les jours heureux sont des barques lointaines it Res _ Que notre souvenir perçoit de moins en moins SES CESR _ Et qui, sur le passé, ne sont plus que des points. j 24 Oh! présent délabré que l’orage secoue! ea à __ On attend le front bas et les pieds dans la boue De … Le pain miraculeux qu’un meilleur lendemain - 7 220 _ Avec des mots cléments, nous mettrait dans la main. 1 <a _ Dans un encombrement de palais et de cases, Re _ De maisons de commerce et de temples sans bases, sl _ L’homme rôde sans gloire et l’infâme souci 4
_S’installe en ricanant sous son crâne obseurci, à
_ Et la foule qui meurt, de travaux hébétée, à ER. Se : ontre un poing qui maudit au roc de Prométhée. 3 : _ Suis-moi donc, je connais un vieux magicien SE | Qui plonge dans le tout et n’en rapporte rien, à
- Sinon des mots chantants qui provoquent les songes Re: . Et sèment le pavot sous des dais de mensonges: +5 C’est à l’heure où la lune à travers le vitrail TR. _Tend d’un souple tapis le bureau du travail, rs
: Et d’un regard ami qui m’invite et m’obsède EN. M’accompagne à la table où son pas me précède. OR. | Le beau globe en cristal qu’aucun fil ne retient, É F . Roule, silencieux, sur l’éther qui le tient; £ : Il est bleu, vers la lune, et vers le soleil, rose, à Mais sa double couleur l’une à l’autre s’oppose; De É N Il monte, puis descend, ainsi qu’un ludion, ; à j Sous l’invisible main qui lui fait pression. È 3 C’est sans doute un jouet de force et d’équilibre : 1 : Construit par le souci d’un dieu savant et libre, à ; ë __ Ou, c’est peut-être un mot que la Divinité ‘140 : _ A scellé pour jamais dans la sphéricité. ‘4
Qu’importe ! que ce soit verbe ou bien mécanique ! Le
: Viens endormir ta peine à ce spectacle unique! 120 5,583
; a ÊTRE au sort incertain, l’enfant, sort de l’église, : 7% ÿ L Le mystère d’aimer lui fit verser des pleurs; ss LE Il sort et voit s’ouvrir la porte des douleurs, 2 4 La porte de la vie, au porche de l’église. À D Il se retourne encor : au fond, l’encens, des fleurs, 3 à L’atmosphère factice où son àme s’est prise, F 5 Devant lui, le soleil brutal, flamme précise, 5 Ë Le Éclaire le réel, le monde des ardeurs. ë fs, _ Pourquoi ne pas rester dans la fraicheur de l’ombre # É Re Mystique, dans le soir mystérieux où sombre a Le désir insensé de vivre et d’être fort? a 2 Sur le lac non troublé des croyances premières F: 7 Une nef lourde d’or, de feux et de prières 4
- _ Te conduit lentement aux rives de la mort! 3 à
- IL faut d’abord grandir - RARE. | à faut d’abord grandir; c’est un long temps qui passe xt re A se bâtir un corps, à se créer des sens St À Te Dont nous nous servirons pour brûler des encens 2: 155 | A certain dieu niais, maladroit et salace. L 24 On perd ses meilleurs ans à songer à la race, ‘ SAP Fe À la Patrie! on vit dans un fou contre-sens, c Le Eh On bâtit des futurs sans giîter aux présents, AS Le À Éd Que la vie est donc brève et falot le destin, CR LS
- PER Et que le soir d’un jour est près de son matin; A NET HE { Comme insensiblement le sablier s’écoule! De PRE. pe - Avant Sagesse, Mort entre malgré le bruit; NN PTE Le palais supputé m’apparaît un réduit, es 3 1 ° Plus rien entre les murs, tout glisse, tout s’écroule! x FPE |
TS L’échelle de Jacob PARUS LKR O° abrite un instant sous de frêles poitrines TES [ES Le rêve clair obscur que des morts ont rêvé, LARASE = Et la chair anonyme à l’œuvre inachevé SR
- Apporte avec la foi l’amour où tu t’obstines. EE - _ Sous l’argile d’un corps à l’argile enlevé RE . Onsent courir un feu pris aux tombes voisines; ; É _ L’homme est le feu follet qui tremble sans racines É S _ Etrentre dans le sol dont il s’était levé. A De rx L’échelle de Jacob où l’esprit ascensionne . Tes ci LE _ Est à chaque échelon l’astre qu’on abandonne; 2 __ Chacun de nos tombeaux ouvre un nouveau chemin. LA _ Les soirs d’amour, les soirs de sang, les soirs de lutte Ge 3 _ Sont des clairons d’ardeur pour l’ange et pour labrute; > a _ Qui forgent en saignant un mutuel destin. RE
Je veux un masque E suis très las du masque indifférent et triste | J Que le destin m’a mis pour parcourir la piste; ; Ni poète ni fou, je suis le figurant ; Qu’un stupide ténor repousse au dernier rang. Ë Je feins de mépriser sa chanson et son geste, Ses lauriers enfantins, son or que je déteste, L Mais mon cœur emmuré, qui par effroi s’est tu, . Comme en un noir ghetto voit noir en sa vertu. l Ma vaine dignité du fond de la coulisse Fe Très incomplètement se sépare et s’immisce # Au drame triomphant que la Passion fait : # Par le banal concours du désir et du fait! 4 Trop souvent en pleurant je soulève la toile 4 Pour me recommander aux splendeurs de l’étoile ÿ Cependant qu’aux tréteaux, devant moi, des bras forts Ë Étranglent des désirs ou renversent des forts! %, : L’orchestre a des élans de rut et de fanfare, 5 C’est un étalon fou qui se cabre et s’effare, -
Et les grelots perdus dans les bois lourds et chauds Le RS Sont l’appel énervant du sang et des couteaux. 4 LE Cependant je m’enferme en une triste chambre Ë
- Où se meurt un pavot qui se parfume d’ambre, 5 ES: Et là, mes tristes yeux en l’étang d’un miroir É 5 S’attristent de mon front, calme comme un manoir Ÿ 5 Dans l’or d’un soir d’été, dans l’uni des pelouses, G Ée Dans la sécurité des clôtures jalouses. é À D” Ah! Ah! suivre les pas retentissants de ceux 3 Si Qui sont chaussés la nuit de cothurnes heureux! 53 ss Prendre un masque géant de comédien antique £ « 4 Ë Le Mettre sur mon corps froid l’anonyme tunique gr 3 Que le débauché prend comme un voleur de nuit e Ë Æ 34 Et qu’il laisse en lambeaux au Remords qui s’enfuit! £ 3 Les Prendre un masque géant où s’élargit la bouche L °# _ Sous le déchirement de son rire farouche, ; à Le à Le masque antique et lourd et qui pleure et qui rit % 14 Sur la brutalité consciente de l’esprit! 4 Me. Ê Dans mon cœur vide et clair, hélas! plus d’hirondelles, 34 a Plus de reflets mouvants, plus d’images, plus d’ailes !. s 44
LES CIGARE O sol! en te frappant mes pas sont très joyeux THE ER Es De sentir que tu sers de sarcophage immense ! EU FEI re Tu satisfais mon cœur d’un désir de vengeance CA Es Qui l’habite parfois quand je suis loin des cieux! KT SÈUIENS __. Tu les renfermes donc, ces fous, ces orgueilleux ; ARE SAR Qui passaient en riant dans leur vaine insolence 1 16 Et dont les chars traînant l’inutile opulence : Fe Fe Écorchaient tes beaux flancs de leurs sillons boueux : T4 Fr Ceux qui s’étaient construit d’élégantes demeures Se er a ; ne ; Afin de s’y distraire en profanant les heures, RSR SFA RE Ë Ceux qui pour ne pas voir pleurer les malheureux VESAESS PRIT A leurs palais tremblants du tumulte des fêtes Pense À ee _ Mettaient d’épais rideaux et des vitres discrètes. Res A Fe . _ Tu les renfermes tous — et je me sens joyeux! ONCREE
ES ie uR les confins d’un champ où nul bétail ne broute 5 12 Dissimule au passant, d’un rempart de roseaux ; 51 Les aspects croupissants et malsains de ses eaux. ë 2 Nul bruit, nulle chanson lorsque la route est blanche ee Du soleil de midi qui lentement se penche : = Sur les coteaux brülés de son pas trop ardent, 5 Fr Et descend dans l’éther les gradins d’occident ! 4 Sous les nénuphars lourds de mouches et d’aromes 5 Et sous des floraisons qui se creusent en dômes, 5 43 . Sous son revêtement tout frais de vert-de-gris, 220 “ Le marais berce, endort mille yeux assoupis. 42 É: er Des insectes blottis sous l’eau que rien ne ride se æ È. Suspendent le travail de leur recherche avide, = 2 _ Dorment en sûreté dans le berceau de fil Re …_…. Qu’ils tissent autour d’eux comme un abri subtil; “à % Tout le long des roseaux des mouches mordorées E. = Promènent les joyaux de leurs ailes diaprées, 4 __ S’arrêtent un instant quand parfois un crapaud #4 Æ ee Vient respirer et montre un peu de laide peau ; E
la maison vers le lac Re 1 Tout dort, et cependant tout vit et tout fermente Sous ces humidités que le soleil aimante Malgré l’hostilité de l’ombre et des fraîcheurs à Vers une éclosion de forme et de couleurs! | Mais le soleil se meurt, il saigne dans l’espace, : Ensanglante les lacs qui recèlent sa trace, 3 Laisse aux buissons ardents son écharpe en lambeaux Et dans les Océans met sa gloire aux tombeaux ; L’horizon a päli, la coupole se creuse, Sa voûte s’élargit sur la plaine peureuse, Mais-bientôt quelques-uns viennent sonner du cor Sous les astres naïissants et sous la lune d’or! 4 Or, le marais s’éveille au soir qui le délivre, è Il accorde sa voix. La lune aussi fait vivre, 4 Et son rayon blafard dans l’office des nuits ; Fait tressaillir au fond la matrice et le puits. j ; : Le doux vent des étés qui rôde dans les plaines 1 Et trouble d’un pied frais le calme des fontaines, Sur le bord du marais s’arrête un seul instant, | S’étonne de la lune en ce miroir stagnant, S’amuse à mélanger en soufflant sur leurs toiles, Les insectes tout noirs aux petites étoiles, 1 Et fait s’entrecroiser dans leur balancement : À Les formes de la fange aux yeux du firmament! à É Cependant dans la boue où son ventre repose, E Le crapaud monstrueux et triste a pris la pose à De grotesque chanteur, de barde humilié 4 Dans un cachot charnel par la laideur lié. : 2544
à Sur le limon visqueux il se tend avec crainte, $
à à Vibrante catapulte il projette la plainte
ê De l’éternel exil dans l’animalité : -# Vers les remparts d’éther de la divinité. 4 Il est des corps puissants et des formes heureuses 6 À Qui déplacent l’azur. È Les aigles sur le roc posent leurs serres creuses, | 1 Les pinsons sur le mur. Ê Des pas légers et forts et des ailes véloces,
1 A la proie, au plaisir,
; Emportent leurs ardeurs en des combats atroces
k. Vers le but à saisir.
F2 Le sol durci répond, retentit et résonne ; < É | : Lui reprend par l’élan la force qu’il lui donne $ ES: Et fuit à l’horizon. = É L’enfant court en jouant, l’homme agit et s’empresse
- Vers la femme ou l’ami; ++ Des rendez-vous lointains unissent l’allégresse de. Ils foulent en chantant le long ruban des routes 4 à 4 Tordus dans les champs verts; ï 2 Is vont ainsi portant leurs credos et leurs doutes à à A des climats divers. 3 Fe. Il en est qui la nuit, cherchant la solitude
ee. A deux, d’un même pas, .
-la maison vers le lof SERA à Viennent très lentement sous la sollicitude LE TÉPRRNE Des arbres dans les champs, des astres dans la nue, LEE ee. Du doux crapaud chanteur. ‘ “ me. 4 Ils ignorent ce soir la fatale advenue Aù L : à Un mutuel amour les endort et les berce, de 4 à Et ce sont des fourmis 3 + 7 4 \ Qui refont des palais pour la dent de la herse | ‘4 F Et les socs ennemis. ! A : $ Que leur rêve est touchant! Que leurs chansons sont douces! RC È Ils sont beaux, car trompés ‘4 È À Par les illusions pacifiques des mousses 4 . î ; Dans les taillis épais, Re 3 RE TE Ils ne verront jamais que leur beauté provoque CA . cs L’éclosion des vers. , ; Ë e. : Sous leurs pas lents, la mort que leur amour révoque 4 ua Prépare ses déserts. 54 a eue Adieu le bel amant ! assez la belle amante ! , h 2 st Rendez vos seins, vos yeux, il n’est plus rien qui mente, Ft Plus rien qui dise vrai! ir pe.
- On va vous séparer, alors tout sera vide! Se è O seins, seins de mes nuits, fruits sous ma lèvre avide, ë Re À
- O mes félicités précises et mystiques PE MT AS NE O jumelles ardeurs, à spasmes en cantique, Lines De ; ë ; Avez-vous même été! ù à ee : 3104
f Les morts ne sont jamais dans la tombe ou dans l’urne Le
RER Enfant pieux, mais fol, FN “PE Ton père, ce matin est mort, prends son cothurne, 3 # K RS , Sans peur frappe le sol! Re x _ Comme un essaim vibrant les allègres vaillances 4 0 _ Entends ses actions clamer leurs résistances, +2 Me Et son cheval hennir. ss Dr: - Contemple l’arsenal; seraient-ce des dépouilles Re 228 Ces gloires que jamais n’entamèrent les rouilles : T0 Or, il est là des arcs comme il est des cuirasses; ;
- 5 _ Les tordait au feu pris dans les désirs tenaces Si RSA De sa virilité. $ 4 __ Ton père n’a laissé ni cadavre ni cendre : ji
- Du sang vermeil et chaud que tu peux bien entendre NES LE Dans ses canaux puissants. LH re Tombeau mouvant, vivant, tu portes tes ancêtres ! 2 LT Il est des disparus, x ne. _ Mais il n’est point de morts dans des caisses de hêtre! Ke De. Les morts se sont accrus, 226 “4 _ Les morts vivent en toi; brise les maléfices Re. _ - - De l’urne et du caveau, <
- _ Sauve leurs durs efforts, leurs vertus et leurs vices, ‘ 4 _ Relève le flambeau! LES
Fa. la maïson vers le lac
“ : L’ouragan dérisoire a démoli la tente, ! RU.
Es Mais n’a rien emporté, - RE 5
e k Sois le guerrier nouveau qui demeure et s’implante
5 Par son fils escorté; ; Û
2h Sur de sages desseins ou des reins de chimères ,
ae Chevauche l’horizon;
1 EE Impose ton armure aux regards des mystères,
Es Suis le nuage d’or ! ou bats du fer aux forges, Ÿ
5116 Agis pour toi, par toi! -
1440 De multiples butins il faut que tu regorges
3 ; Etant ta propre loi!
; Ne À Mais ne crains point d’aimer la tendresse et la lune
de La plainte du crapaud!
< SE Ni le son de la cloche expirant dans la brune
ES Au-dessus du hameau! ;
É N peu d’herbe qu’on voit par le grillage noir U Que forment les barreaux d’une triste cellule, Un vol intéressant de quelque libellule L Qui disparaît, puis, seul, vous laisse avec le soir!
Un cyprès solitaire, un mur blanc qui recule
à De vingt pas seulement l’enclos vain du vouloir, £ 4 C’est l’horizon choisi du cœur en désespoir $ Que la vie a cloîtré comme en un ergastule! 4 Mais la besogne est douce, et simple de creuser Fe Chaque matin la fosse où l’on doit déposer de Le corps si torturé du cilice de l’âme.
D Ame, on renfermera comme un germe ce corps | Ë Dans le sol préparé par l’oflice des morts, “4 Et tu partiras seule à l’astre qui t’acelame!
Hs ourQUoOI semer des fleurs sur un parvis profane ? + ect P Le vent du carrefour, le vent méchant qui fuit, : F5 Fe Flétrira sur leur sein tes larmes de minuit. ue, à F | Pourquoi semer des fleurs sur un parvis profane ? 4 Dee 2 Ecoute : dans les champs mystérieux du soir À Res _ L’âme rêveuse va par les fécondes landes j 4 HN Chercher pour ses autels de mystiques guirlandes ; a FE Et les subtils parfums qu’exige l’encensoir. U 3 à : La contemplation l’enferme en son domaine; ARE Me ÿ Chant très lointain, très doux, un vague écho ramène M 2 Un cantique entendu dans un temple rêvé. RUE: | à Par l’extase adorable où l’Esprit pur s’isole, Re a L Plus de forme, plus de couleur, plus de parole! Be | Se O cantique entendu dans un temple rêvé! PR 4]
Fe 7 xp chaque matin — à Dieu, que je me trompe! — NA LS Les sons agonisants dans les bois d’une trompe; STE. . Ce n’est point un salut au jour victorieux - a. _ Qui vient de terrasser les ombres sous les cieux, % _ Et ce n’est point l’appel, même infiniment triste 4 eu _ D’un pâtre, à la patrie où le bonheur existe! de 56 _ J’ai crainte d’exprimer ce que j’ai pressenti, HS _ Mon cœur terrifié sent qu’il est averti. ë _ Oh! que souvent alors je cours à ma fenêtre TR _ Afin de voir passer l’archange ou bien le reître, e _ Qui me proclame un sort dont je restais hanté. ; | Plainte, se renforcer tragique et si dolente En _ De l’écho du rocher d’où s’enfuit un corbeau SE … Dans l’effroi de mon cœur où surgit un tombeau! Se:
; : IGNY, noble habitant des champs interstellaires, : V Dit le drame sacré des âmes solitaires; ! “ Il allume la cire ardente de son cœur, ; Re Puis son aile rejoint un angélique chœur 1 “È Qui déroule dans l’air son cortège de gloire = ; Ms Vers les remparts dorés de la cité d’ivoire. ; k 4 On ne s’y souvient plus que rien ait commencé, L j Le mystique présent n’a pas eu de passé, 3 | 4 Partant plus de remords, plus de ces affreux songes : Où l’on voit revenir tous les anciens mensonges. ; ’ On ne se souvient plus, pas même des étés, 1 | Ni des vaines moissons d’autres félicités, E ‘54 On entend, lorsque Dieu tait ses voix éternelles, À La palpitation des palmes et des ailes. : à L’instant définitif n’est plus qu’éternité; Les formes sont essence, immutabilité. i Le verbe est enfermé par des sceaux de lumière È Sous des fronts qui jamais n’ont besoin de prière.
Mais qu’une nuit terrestre a de langueur sacrée ; RES _ Et que de feux vivants sa couronne est parée; PE: ë _ Comme elle s’assoupit, tendre sous la terreur PA 2 _ Du réveil incertain du cœur contre le cœur; RE VE: La vie, au port divin rentre, quand le soir tombe, É _ Et l’étoile au ciel noir veille sur sa colombe; VC REESE _ Elle gémit d’espoir dans le vent qui s’en va HÉSES _ Porter à l’infini l’amour qu’elle rêva, TE ee _ Tandis que le rocher, le vallon et la dune RTE ES _ Absorbent l’âme fraiche et triste de la lune! AR.
& el N° allons à pas lents vers un soir incertain. — 5 s Le sentier tôt rompu, comme un fil qui se casse, 2 “Nes Ne nous montrera plus le chemin où l’on passe 3 La Et la Mort aux doigts secs nous prendra par la main. E.
HÉe Nous irons lentement, sans heurt et sans secousse,
LISE Vers l’or attendrissant d’un beau jour sans regrets ; LS “ La Nos yeux emporteront tous les graves reflets « à CA ep, De notre illusion qui fut toujours si douce. ; Le Fa Notre âme se promène au fond d’un noir jardin. — DR De ne Rêvons toujours — crois-tu qu’il soit encor lointain | à Cet ineffable soir qu’aucune aube n’éveille ? ÉTRCRTES
- Il se peut que déjà, du haut de l’éther froid, L FE CE 5 Une invisible nef descende au monde étroit, RUES fi Et que, déjà, la Mort vers nos fronts appareille
En x! qu’il est triste d’être un inlassable cœur, BEA ENS 4 ! a Re À Un chemineau d’amour sur d’incertaines routes, ASTRA 4 se __ Naïf et tendre enfant qui, sans cesse aux écoutes, “+ __ Suit inlassablement un pire esprit moqueur ! > E E ‘s _ Les êtres sont pour lui de poignantes déroutes, ESS -_ Pas un qui le proclame un seul instant vainqueur, LES _ Pas un qui soit fécond par sa divine ardeur, — L’<T 3 _ Sa gerbe est dispersée aux vents, aux froids, aux doutes. à _ O monfrère! à ma sœur, je vois des ciels d’été, 4 : À 4 Voulez-vous avec moi goûter la pureté Re _ D’un soir aromatique au fond de la vallée? UE Mes pleurs trop lourds, trop chauds, sont de mystiques fruits cs Pan sein délicieux qui nourrirait vos nuits! vs Pourquoi donc mépriser mon âme désolée! 5
Sonnet sans titre è E suis donc encor là; je rêve et me morfonds. 3 < J Mes jours crachent le sang sur tant de feuilles mortes! C’est le vent du malheur qui fit fermer ces portes 4 Où le foyer s’éteint sous de calmes plafonds. Ë D’un esprit opulent j’ai vidé le tréfonds; N. be Mes chagrins déchaînés, mes peines en cohortes | ; Ont tout anéanti des moissons les plus fortes, É Et mes remords blessés saignent dans des bas-fonds. 4 Cependant je rêvai de bâtir des exemples 4 D’amour et de beauté, comme on bâtit des temples 11 Sur des bases de marbre et sous des plans d’azur! = Mon cœur se gonfle ainsi qu’une voile latine, ÿ | Et si la Mort m’emporte à l’étoile voisine | AR Je vivrai sans aimer pour être heureux et pur! D |
2 es cygnes ont passé de l’une à l’autre rive É | ; Cependant que mon cœur allait à la dérive, /
É- Et les rames semblaient deux ailes qui jamais : Ne remonteront plus en essors aux sommets,
Et dans le lac, miroir qu’encadre un or d’automne, ; À - Jai regardé glisser le passé qui s’étonne : C4 D’avoir été longtemps, d’être encor, sans savoir 4
‘4 L’origine des jours qui le mènent au soir! ‘&
4 J’ai quitté les chemins qui s’en vont aux demeures,
“2 J’ai perdu le sentier où circulent les heures, ;
Les J’ai lassé les soucis sur mes pas résolus 0 _ Et ceux qui me suivaient ne me reverront plus. = 11 Maintenant viens saigner dans les chambres désertes, _ Cœur loyal, cœur ardent — et dénombrer tes pertes; 2 Ft. à _ Un christ divinement t’accueille et te sourit, ï
3 Ses délicates mains vont langer ton esprit, —
D. 11 enduira ton front et tes humbles méninges S _ De son humilité plus fraîche que des linges! ‘4
20 4
Dans le puits très profond de mes renoncements ÿ: .. L’adorable reflet de vos rayons célestes res TA
- S’infiltre et transfigure en des enchantements L’infiniment petit de mes vertus modestes. de : Vous avez regardé l’argile où je suis clos, PE NE É ne Vous avez pénétré dans la chambre où j’adore, RTS
- É Et mon cœur sous son toit construit de boue et d’os 3 : ’ Vibre comme une cloche en sa cage sonore. DA NE “4
PRES L’étrange passant > À Fate ET et dur passant que vous avez couvert SEINE ._ Li Du dédaigneux haïillon qui maudit et renonce, ANSE . Cherche par le mépris où son regard s’enfonce RE. __ L’éden qu’il n’a pas vu, mais qu’il a découvert. È _ Son pied sûr fut toujours insensible à la ronce, 5 à _ Son front comme un rocher a des marques d’hivers, red _ Ses rides ont fait peur au carrefour pervers, PE FES TS F + Et sa mitre, à l’étoile, est un feu qui l’annonce. ‘ _ Le rude impéraior a crié vers l’exil, DE. Et, serrant son archet comme un sceptre subtil, ANS _ Il rêve de lions vieillis aux altitudes. LÉ _ Suivons-le pas à pas, pieds et fronts nus, sans bruit, “+ __ Car, parfois il s’arrête, il regarde la nuit, TRE _ Et fait pleurer son cœur au fond des solitudes. Nes ÿ:
‘AI déjà fait le tour des possibilités s J Et de vagues destins usé les avenues; — Les doigts frais du vent fou font aussi dans les nues 4 4 Leur dessin dérisoire et plein d’étrangetés! 4 ; Je n’ai point rencontré de mages, d’inconnues £ à Fe À Ni de religieux ivres d’austérités, | É Les cailloux du chemin étaient numérotés, = : ï Toutes les passions étaient déjà connues! 4 s L’intérêt n’est donc plus qu’à l’éternel décor, “4 Immobile tantôt comme une idole d’or F, Et fluide tantôt comme l’eau de ses fleuves! À Or, je ne comprends rien au monde que je vois, . | Je n’entends rien non plus de son intime voix, #4 | dE Mais sa détresse aiguë est chère aux âmes veuves! -. 4
1 EST la voix gutturale et mâle des chanteurs % 4 C Qui m’empoisonne ainsi d’indicibles langueurs, - 6 É- Et qui me fait rêver des heures dissolues G E Où mon âme est si loin des forces résolues. k “4 Une fête càline attend les violons 3 3 Qui font évanouir mes résolutions. L É. Une valse sans fin, ardente et populaire, $ _ D’un rythme très lassé de pauvre poitrinaire, 3 $ Tourne dans l’air trop chaud d’un pauvre carrefour, 2 D _ Sous une nuit d’été très longue pour l’amour. % 4 Oh, redonner ce sang bien trop lourd dans mes veines, ÿ 4 Dans la très lente mort de ce qui fut mes peines; : 5 : Retrouver par la joie et par l’inconscient . 4 Cette ingénuité du cœur neuf et liant! x # #4 O se débarrasser des formules acquises, ; DS Du fardeau de savoir, et des vertus apprises! Ë __ Vibrer! mais seulement sous la force du vent, 4 … Et non pas comme un luth qu’on tourmente souvent! %
Lu la maison pers le lac EN 2 ne 11 faut aller pleurer aux pieds d’une inconnue a 7 D’une jeune de corps, la première venue, | RÉ 22 OU 4 Et se prendre au filet magique du plaise L Où palpite en saignant la colombe désir! a : La race a préparé pour l’amour, des esclaves AS 2 4
Rene Brunes surtout — avec des lèvres, des yeux graves!
È à É passé ne fut point à ceux qui sont passés À 3 Meilleur que le présent à qui soupire encore £ _ Et marche sans qu’un dieu sous ses pieds harassés ? 4 Fasse croître un gazon qui soulage et décore. : 4 Un ciel toujours ouvert devant les envols d’âme È
- A toujours reculé jusques à l’infini É » L’oasis mensonger qu’un vain rêve réclame, 5 ‘4 _ Le palais glorieux dont on se croit banni. 4 “_ Les regards élargis sous les beaux fronts de marbre ; __ Ont sommé dans la nuit des Apparitions, È es Mais le chuchotement du vent autour de l’arbre À A _ Dit toujours son mensonge aux générations. È … Tous ont été trompés, et chacun et chacune, 3 Fe Ayant avec la vie hérité l’espoir vain, EF Va, par les soirs bénins offrander à la lune ? Un cœur plein d’idéal, d’émoi, de doux levain. è
On apporte à Moloch de tendres consciences, $ Des fruits de pur bonheur müris en des Corfous, 4 Les pains blancs de l’esprit, les gâteaux des seiences | à Et les rêves de miel des sages et des fous. 4 , Puis aussi tout le long des terrasses romaines, ee. Devant la discipline austère des cyprès, É C’est Caton, c’est Brutus dont les vertus humaines k Apprendraient à des dieux d’énergiques secrets. & Ce sont de grands desseins, des efforts sans cuirasse 4 Qui s’offrent noblement aux lances du destin; Le fracas de leur chute enseignera la race, 4 C’est un flambeau foulé qui jamais ne s’éteint. 24
; Et puis, et puis ce sont des pleurs et des cantiques, 4 Les modestes manteaux et les voiles pudiques, ‘ E | Les remords de l’ascète honteux d’un appétit. D | Pour qui donc tant de fleurs sur les parvis d’ivoire, 4 Pour qui donc les vertus que votre cœur lia | En gerbe, où la douceur sert de lien à la gloire, À Antigone parlez, et vous Cordélia ! _ Vos bienfaisantes mains qu’un miracle seconde, D ! Ont guidé le vieillard au seuil mystérieux $ + D’un domaine qui s’ouvre où se ferme le monde, 4 Et grâce à vous le mal est devenu le mieux. #
her | Croyez-vous que jamais ces arcs et ces portiques,
_ Ces temples aux degrés veinés de notre sang “ne Ces chemins tapissés de nos blanches tuniques, É 4 P Verront passer un dieu plus juste que puissant? À _ Les autels sont parés sous des firmaments vides, #4 4 _ Le sacrifice est prêt pour qui ne viendra pas; 4 3 En vain sur le sol dur des oreilles avides 4 4 Se penchent, espérant la lourdeur de son pas. e. _ Gardez ces monuments pour votre apothéose, 4 __ O mortels obstinés dans vos nobles efforts; : 1 4 cn Sur les frontons sans dieu que le héros repose, 5 54 “2e Et consacrez le temple aux mânes de vos morts! :
L ne faut plus chanter le soir des chants d’amour. — 4 I Jette au flot courroucé ta vaine mandoline 4 Et son rythme indolent qu’un vain désir domine, 2 .J ne faut plus chanter le soir des chants d’amour. ; 4
è Le monde fatigué vers le néant s’incline. 4 E ; Le veilleur effrayé tombera de sa tour, “à Et peut-être, demain, à l’heure où naît le jour, : 14 4 Le dernier matin descendra la colline. 4 Déjà j’ai vu le soir des esprits, deux à deux, 4 en Effleurer nos maisons de leurs pieds lumineux ! É e Redis des chants pieux sur une austère corde. g ES. -#
- Pour attendre l’instant si trouble mais prochain RCD Il faut chanter, la nuit, sans l’espoir du matin, 7 Un long cantique où l’âme à l’esprit pur s’accorde! ee |
3 3 : 4 A nuit m’a délivré de vos discours ingrats : 54 1 Et me reprend au jour qui me tordait les bras; Ê _ Je laisse les outils, les marteaux et l’enclume, é s _ Je souris à celui qui m’apporte la plume; : ; _ J’illumine la chambre où je suis visité : à _ Par le vieux vagabond des vieilles nuits d’été. À | | DS: C’est un cœur d’autrefois qu’un miracle conserve, z k
_ Il a rôdé partout, il faut encor qu’il serve; Ë
_ Dans l’astre de ce soir il reconnaît celui ee …_ Qui depuis dix mille ans, sur les pâtres, a lui; Ka _ Dans l’homme de ce soir qui s’étonne d’un leurre ; 4 _ I reconnaît aussi le vieil Adam qui pleure, 3 _ Et son doigt amaigri d’où glissent tous anneaux, | ee Dans l’éther endormi, fait d’antiques signaux. Ne _ Ilsait ce qu’est l’amour et ce que vaut la lune À “FLE our guider le mortel en quête de fortune, #
- la maison vers le lac Re C’est lui qui, par les temps, porte l’espoir, présent Û 5 Que les siècles méchants font tenir au présent, : 3
- Lui qui, les nuits d’été, tire les artifices, 4 : ‘4 Sur les néants pompeux construits en édifices ! ; Vagabond tu viendras, je n’ai point peur de toi, %
- Et ma chanson nocturne attestera ma foi. 4 5 Qu’importe ce qui fut, les jours morts, les momies? x Sous la lune, au jardin, les fleurs sont endormies ; 7.154 Dans chaque radicelle et dans chaque rameau F0 Démon souflle la vie avec un chalumeau, ; 3 RUE Et d’un bras diligent que sa tâche surmène : à RE Répand autour de nous des outres d’oxygène; E DA __ La terre est en puissance et les réveils sont prêts. 4 RE.” .… Je veux bien écouter le vent dans les cyprès! 4
à ‘EST un grand parc perdu dans un cirque de bois
4 E Qui l’isole et l’encadre ainsi qu’un tableau rare.
4 La lune ronde luit; une biche s’effare, À Le silence est troublé par une doublé voix. LE Une femme au balcon du château se sépare
S De l’amant qui redit leurs suprêmes émois; “4 Il sort de ses bras nus pour la première fois, Et le divin amour les décore et les pare.
4 Le vent, très tristement, dans les bois de cyprès,
; Module la chanson des éternels regrets; 1 Mais eux n’entendent point la douce voix qui pleure. x ;
É. Leurs fronts unis, très blancs, vers un temple futur,
E Se tendent anxieux aux appels de l’azur,
-S Dans l’étoile incertaine ils cherchent leur demeure ! ï
UE de jours enfuis dans des ans disparus ; Q Sans qu’un chant de mon cœur ait modulé l’ivresse à De vivre, ni l”ardeur où notre amour s’empresse, 4 Ni les nobles combats des penseurs jamais crus! De Les jours ainsi tombés ne sont que feuilles mortes; : É Elles couvrent le sol de leur solennité, 12 Qui monte, emprisonnant les gonds noirs de nos portes! | Les jours ainsi passés ne sont sur un miroir , 54 | Qu’un souffle exténué d’enfant près de la tombe, : L’image sur l’étang, quand l’hiver la nuit tombe, : “3 | D’un solitaire oiseau qui monte dans le noir! “ ; De | Les jours ainsi passés sont des lampes éteintes ax ; à # Sur la carte du monde et la carte des cieux, GRR. 4 Ce sont des cris perdus en appels anxieux HECTARES ê Dans le désert pérdu des neiges sans empreintes. … PS 2500 4
|__ De tout ce qui passait rien n’est resté vivant; #
__-+ Mon esprit a nourri des heures inutiles, - cr
de Sur l’océan des jours je n’ai point fixé d’îles, : À
__ Je me suis morfondu sur un sable mouvant. 5 :
_ Des nuits ont rayonné sans qu’elles soient encore 5 3
E. Si belles qu’au moment où je les savourais, *
-_ Ils sont défunts aussi les avrils etles mais à
+4 « * », Sans qu’un rayon d’esprit ait fixé leur aurvore. : À
- Pourquoi n’ai-je point dit tous les enchantements, 4 à
“ Les incantations que murmuraient les choses ;
à Au cœur extasié des plus minimes causes 4
__ Sous la suggestion de leurs rayonnements! #
- Hélas! défunts aussi les parfums du sublime -
_ Et les jardins secrets de mon cœur scrupuleux, à :
__ Défunts les lourds soleils et les buissons en feux à Es Qui s’allumaient toujours sur la plus haute cime! ,
.__ Saignez mes lächetés et montez sur la croix : ;
| Êee Que ce soit un gibet à vos fantômes lâches, À
= A vos renoncements pour les plus nobles tâches, +.
_ A vos désertions des devoirs et des droits! 1
__ J’ai vu passer ainsi qu’en une léthargie L
_ Le spectacle pompeux de l’auguste univers, 4
É _ Et pas un geste, un cri, pas le plus humble vers, :
| N’a jailli de mon cœur pour encenser la vie! k
O jour! superbes dons, à nuits, discrets bijoux, ESS #4 Flots qui coùrez pareils aux larmes des poètes, - k E 3 Clairs et féconds, lointains d’or de tant de retraites, 4 EE Éclats de tant de fleurs, de roses et de houx; 504 Et vous, cœurs enchantés qui cheminez la lande, Es Ë ; En parfumant le sol d’un beau rêve — et de sang, ; : 4 Pardon! — des pleurs de feu me brûlent en glissant, 4 Le remords m’a tressé sa poignante guirlande! ‘4 Pardon! le jour décroît; mes yeux sont fatigués à ; D’avoir cherché là-haut le geste qui pardonne; % : Je vois bien la Patrie où votre àme moissonne, à
- £ Mais pour franchir la rive, où donc seront les gués 2. Bi
A A tour est blanche au bord des flots indéfinis, ca M Puis un désert encor du désert la sépare; E Des flottes de l’éther elle semble le phare, 1 Auprès d’elle les lacs sont des miroirs ternis. : Sans porte elle est close, elle a l’éclat qui sépare; | Les oiseaux n’osent point y suspendre des nids, Û 4 Au large les marins se sentent des bannis,
2 - Ils pleurent, et leur cœur en enfance s’égare.
-% Blanche tour, je mourrai, mes destins sont connus,
Et tes degrés d’ivoire attendront mes pieds nus!
- Habitacle divin, d’où je vis Dieu souvent, + 4 Puisses-tu par la nuit de Noël — pas avant! — à 4 . Te coucher solitaire en un linceul de neige!
: UEL archet traduira la royauté des cœurs, è à Be Q Des cœurs ardents, des cœurs plus chauds que les poitrines! 3 S Is sont les purs miroirs des figures divines, : 1° 5 Et sous la chair d’un jour ils usent leurs ardeurs! “4 Qui donc pourra chanter le lys sur les collines, me : F2 _ Le soir d’été, l’azur, les mystiques langueurs ? : Pie Quel archet traduira la royauté des cœurs, 4 ue Des cœurs ardents, des cœurs plus chauds que les poitrines! “4 La tour d’ivoire et d’or qu’abrite la forêt 7” s : S’illumine des feux d’un pur foyer discret; 25 Le cœur, le divin cœur, très doucement s’allume. Ki ie Ë - La tragique chanson du vent capricieux REG Re. Meurt; — qui donc chantera ? — tous les regards descieux | Se penchent sur le cœur ardent qui se consume! : s 2
F Hs ERMONS soigneusement les lourds volets de bois! : 4 LE F La nuit vient : elle est triste; et dans l’ombre elle allume rent _ Les phares presque obscurs qui dominent la brume : ner Ë. S Du bord des caps lointains des infinis trop froids. 1 re F4 _ Laissons la nuit dehors de l’humaine fenêtre, é ._ N’allons plus contempler ses regards clairs et durs, é 7 D Cr Is apportent au cœur leur douloureux peut-être _ Et l’étrange reflet des problèmes futurs. 4 _ Ta lampete mesure un foyer circulaire : ; _ Qui garde ton esprit d’un halo tutélaire. Te Ferme bien les volets : sphinx avide, la nuit à #4 _ Rôde, chante, soupire : endors-toi, c’est minuit. À x r 7. Le sornmeil te descend dans ta magique tombe, à _ Dors; la lampe meurt, le feu meurt, là neige tombe, # _ Mais le temps, qui chez toi s’est fait familier, 2 _ Frappe d’un marteau d’or sur le balancier! = _ Sous la protection circulaire des lampes! a
Des maux, des mots. É N* nous promènerons sous des lunes d’étés; } “4 Nous parlerons d’amour et de théologie 4 Afin d’illuminer d’un éclair de magie f 4 É Notre destin qui rampe au fond des cécités. 3 : : Nous nous évaderons du corps, de la sanie, EX Nous briserons les os et les nécessités A | Et comme fit Samson, sous nos fronts irrités 4 L’Esprit effondrera la maison qu’il renie. è Car nous ne voulons plus être si peu, si brefs; K Notre âme construira de gigantesques nefs d Où processionneront de fortes Destinées. <#0 Les lexiques sont pleins de mots… Dépêche-toi, :: | La Mort emporte jà des tuiles de ton toit, » +38 Et ton seuil est fendu par le pied des années! un
& A propos de « Dorian Gray » ee
È L- trouble byzantin qu’exhale l”Équivoque ; : ; x Fait rêver Lohengrin dans les jardins du soir, F ‘ès Un parfum double sort de l’unique encensoir, ? ES: Mais nul ne sait nommer la forme qu’il invoque! ï 5e Le palais nuptial qu’un rêve seul peut voir : 4 S’émeut très doucement d’un mutuel colloque; :
- 5 Un soupir double sort d’un seul cœur qui l’évoque, = Et le lit renié ne fut qu’un reposoir. ! . Nous n’adorerons plus comme font les barbares : l : Deux idoles sans voix sous deux formes avares : Ë : Notre beauté sera l’archange au sexe pur. — : 7 ‘4 La terre évolua comme veulent les nombres, À 15 Mais l’encens byzantin fume sur ses décombres, e LE Et Platon, en extase, attend l’Homme futur! : É
Es archanges vieillis erraient au bord des flots; : D Ils devisaient entre eux des jeunes matelots, ji Des veuves qui vont voir la mer du fond des rues, Fe à
à Des flottes qui seront des choses disparues!
É Le ciel vaste se mire au grand miroir de tain, 4 Et chacun y sourit au Retour si certain 4
| Qui reviendra porteur de fruits et d’abondances ; 3 Et qu’on invitera pendant huit soirs, aux danses. ; 4 Mais plus longtemps encore on irait écouter De Les récits merveilleux dont on voudrait douter. : 4 En ses contours précis que l’océan englobe, d = Soit que le soleil nu, sur le sol africain, 1 Fit pleuvoir ses traits d’or sur des faces d’airain, :4
Soit que, sous son filet d’argent pâle, la lune +3
- Fit rêver l’occident d’amour et de lagune. CR Le matelot aussi, dans des yeux étrangers 2 à | | A vu passer l’éclair des ruts et des dangers, ef :
14 Pi Et dans des soirs d’orgie en de lointains bosphores, : : $ 1 Il a vu s’allumer de monstrueux phosphores ! & x Mais quand il reviendra, la Madone et Jésus D. DE Souffleront sur son front l’oubli de tant d’abus, À 4 Et le soir où, du corps, s’envole la colombe, É | Ils Paccompagneront à sa modeste tombe… ‘ # Les archanges vieillis chantaient au bord des flots, : & è Mais c’était un cantique et non point des sanglots. ; La E Des hommes sont venus comme en pèlerinage É: 3 - Avec des instruments de sonde et de pesage, à À Mais avant de partir, de se livrer aux vents, Be ; x Ils avaient consulté leurs oracles savants, É À Et leurs solides nefs simples et non parées, el K Chevauchaient à leur gré sur le dos des marées. 4 4 Ils n’allaient point pêcher, comme font les marins, 4 É Les souples habitants des abîmes salins; +20 EE Refusant de capter sous des filets avides # 1 Les poissons plus nombreux que la mer n’a de rides, Ke.
Ils remontaient parfois au bout de leurs longs fils 4
i D’humbles linéaments qui marchent sur des cils, Pers 3 Et contemplaient la vie au fond des infusoires, 4 Ë Comme un prêtre, en tremblant, s’approche des ciboires ! 3 . Dans l’antique berceau, ce n’est plus un géant 5 ET. Qui serait endormi, bercé par l’océan, £ 5 Et qui, dès son réveil, d’une voix magnanime, 2 #4 __ Proclamerait le mot dont l’univers s’anime. 4
la maison vers le lac S F4
Dans l’immense palais aux voûtes de corail,
Un dieu de thaumaturge, un dieu nain en travail
Végète aveuglément au fond d’une cellule;
Il flotte pour nager, et pour marcher recule,
On doit le segmenter pour couper son coma,
C’est le père de tout, le Dieu Protoplasma!
Or, grâce au réactif qui seul le développe
Examinons le dieu des dieux, au microscope!
d Mais qui posera donc, au but de nos élans,
Des lauriers toujours verts sur nos fronts toujours blancs !
Les archanges vieillis attendaient, en extase;
Dans l’infini muet le fini s’extravase.
ce Nous avons en chantant, accompagné la Foi, a :
{Et porté sans faiblir l’amour avec la loi;
! Nous avons étouffé nos instincts sous la cendre, :
Et nous avons vieilli sans nous laisser surprendre {
Par les tendres discours du jeune esprit càlin, i
Qui frôlait notre chair, sous nos voiles de lin. ï
La cire des flambeaux nous a sauvés du doute,
Gouffre que la raison a creusé goutte à goutte;
Et nos psaumes couvraient les clairons de l’Orgueil ï
Dont la tunique rouge enclôt un cœur en deuil! F:
Dans les ultimes nuits, nous plaçons des veilleuses, î
Vers les lits d’hôpital et les chambres peureuses; É
Nous aidons le mourant à traverser la cour, * |
Et ne l’abandonnons que quand Jésus accourt! 4
56 4
4 £ Nous servons, servirons la Foi reine du monde, Le Si belle, et cependant si forte, qu’elle émonde è 4 Les plants empoisonnés, les herbages amers é Que le suicide mâche en allant aux enfers; ê Dans l’ombre, ses pieds longs paraissent des colombes : Le Qui pourraient s’envoler, mais demeurent aux tombes, 4 £ Afin d’accompagner les récents désespoirs Le À Qui rôdent à pas lents sous le manteau des soirs; : Ses yeux sont des autels d’où sort toute lumière, É 2 Et son sein est un dôme où flotte une prière! $ È Les archanges vieillis attendaient, en extase; 4 | Dans l’infini muet, le fini s’extravase.
‘rate FUME SERRE ne
chacun d’environ 550 reproductions de dessins. Prix : 25 francs par volume. ; ‘- Prix de souscription à l’ouvrage complet : è 22 francs 50 par volume H É” quatrième volume de l’Inventaire des Dessins du Musée du Louvre et du Musée de Versailles vient de paraître. Chaque année, depuis 1906, a été réguliè- _ rement mis au jour un volume de cette publication qui
rend déjà aux artistes, aux amateurs, aux critiques, etc., Ge les plus grands services, tant par la précision, la documentation scientifique de son texte, que par le nombre et la qualité des œuvres reproduites. Chaque volume, ; bien qu’il ne soit qu’un fragment de l’ensemble impors tant qui, dans quelques années, sera entièrement publié, ; constitue en lui-même un tout, avec son introduction,
- ses tables, où tous les noms propres d’auteurs, d’artistes, | de villes, où tous les sujets de dessins et de tableaux | S sont mentionnés, avec ses reproductions de filigranes, de papiers et de monogrammes d’artistes et de collec- ; Dans le premier volume, après une introduction sur ; l’histoire de la collection de dessins français du Louvre, ; : on trouvera la description des dessins d’Anguier, 4 ; d’Étienne Aubry, d’Augustin, de Baudoin, de Berain, de Borelly, de Boissieu, d’Abraham Bosse et de Bou- ‘4 chardon, des gouaches de Bagetti exécutées pendant la 4 campagne d’Italie par ordre de Napoléon. Ce volume : est illustré de 427 reproductions. À L’introduction du second volume est consacrée aux E amateurs de dessins du dix-septième siècle, et les artistes L 2 dont on trouve les œuvres décrites sont, parmi les plus célèbres : François Boucher, A.-Ch. Boule, les frères lot, etc. Le nombre des illustrations de ce volume est A Le troisième volume débute par l’étude de l’enseigne- 4 | ment du dessin à la fin du dix-septième siècle. Puis, < sont cataloguées les œuvres d’Antoine Caron, J.-B. Car- “4 |
_ Glouet, CR.-N. Cochin et enfin la série des Corneille si
- importante pour l’étude de la deuxième moitié du dix- 5 _ septième siècle français. Ce volume contient 705 repro_ ductions de dessins. Ex Le tome quatrième, après une étude sur les dessins __ d’Antoine Coypel, catalogue les œuvres de Corot, | _ l’illustration reproduit 610 dessins.
Le cinquième volume, sous presse, fera connaître les
- œuvres de Delaroche, Doyen, Du Breuil, Du Monstier, ‘ à .. Duvivier, Eisen, Fragonard, et le recueil, si important S
- pour l’histoire et l’archéologie, de dessins de Du Perac, : … d’après les monuments antiques de Rome. ; _ Les notes savantes qui accompagnent les descriptions de dessins ont exigé des recherches nombreuses et à
- patientes. Et on peut affirmer sans exagération que cet “_ inventaire — véritable œuvre de Bénédictins — est | unique jusqu’ici dans la Muséographie et sera, entre les | mains des travailleurs, un instrument précieux. :
- La presse a été unanime à louer ce beau travail. à
onzième cahier de la onzième série
Inventaire général illustré des dessins du Musée | du Louvre et du Musée de Versailles, école fran- : #8 çaise, par Jean Guiffrey, attaché au Musée du D Louvre, et Pierre Marcel, docteur es lettres… 6x 28