Jean-Christophe. Le buisson ardent. 2
$ à l’année le printemps, $ Comme les fidèles se passent de main en main l’eau Ainsi nous fidèles nous devons nous passer de cœur en cœur la parole de Dieu. De main en main, de cœur en cœur nous devons nous
passer la divine Il ne suffit pas que nous ayons été créées, que nous soyons nées, que nous ayons été faites fidèles. f Il faut, il dépend de nous que femmes et fidèles, Il dépend de nous chrétiennes Que l’éternel ne manque point de temporel, Que le spirituel ne manque point du charnel, < Il faut tout dire, c’est incroyable : que l’éternité ne manque point d’un temps, Du temps, d’un certain temps. . Que lesprit ne manque point de chair. Que l’âme pour ainsi dire ne manque point de corps. …—_ Que Jésus ne manque point d’Église, De son Église. de Il faut aller jusqu’au bout : Que Dieu ne manque point | de sa création.
par _ C’est-à-dire il dépend de nous : EPAUNSEES an #5 Que l’espérance ne mente pas dans le monde. 7 ‘4 AR C’est-à-dire, il faut le dire, il dépend de nous É’HLTSS Re Que l’infiniment plus ne manque pas de l’infiniment _ Quel’infiniment tout ne manque pas de l’infinimentrien. _ 1 dépend de nous que l’infini ne manque pas du fini. 8 | Que le parfait ne manque pas de l’imparfait. Re “6 C’est une gageure, il manque de nous, il dépend de AEFARE nous ‘#4 re Que le grand ne manque pas du petit, - RE - & É % Que le tout ne manque pas d’une partie, eAE Que l’infiniment grand ne manque pas de l’infiniment
” _ Que l’éternel ne manque pas du périssable. 51
è ÉL0S _ 11 manque de nous, (c’est une dérision), il manque de DRE - nous que le Créateur ES Ne manque pas de sa créature. &:. ‘Ga dr Et comme le dernier jour il y aura un grand signe d… FRET croix sur le cercueil du monde. Fa
_ Parce que ce sera le dernier enterrement. SE si Ainsi le dernier jour il y aura un grand signe de croix re | de bénédiction. FPS Parce que ce sera l’accomplissement, +400 Le couronnement de l’espérance. s. _ Grâce unique, un infirme, une créature infirme porte ITS _ Et Dieu peut manquer de cette créature. ASS _ Elle peut manquer dans son compte et dans son © ES
- Quand il compte ses brebis, manquer à son amour et ni Cr. LE _ à son être même, = HEC _ Faire mentir son espérance. FA
Le couronnement de l’espérance Ses
Lù_ Qui est le couronnement des rameaux d’un arbre sans SF | Jésus-Christ, mon enfant, n’est pas venu pour nous CAE | conter des fariboles, 7
le porche es. es. Pendant le peu de temps qu’il avait. Qu’est-ce que trois ans dans la vie d’un monde. Dans l’éternité de ce monde. Il n’avait pas de temps à perdre, il n’a pas perdu son temps à nous conter des fariboles et à nous donner des charades à deviner. Des charades très spirituelles. | Des devinettes de sorcier. Avéc des mots à double entente et des malices et de 4 misérables finesses de finasseries. Non, il n’a pas perdu son temps et sa peine, : | Il n’avait pas le temps, j Ses peines, sa grande, sa très grande peine. Il n’a pas perdu, il n’a pas dépensé tout cela, tout son | être, tout. 1 Il ne s’est pas dépensé, tout, lui-même, il n’a pas fait cette énorme, cette effroyable dépense | De soi, de son être, (de) tout, ; Pour venir après ça, avec ça, moyennant ça, à ce prix, Pour venir à ce prix-là nous donner de la tablature Des malices, de pauvres niaiseries, des quiproquos, des roueries spirituelles comme un devin de village. Comme un farceur de campagne. Comme un saltimbanque ambulant, un charlatan dans sa voiture. 4 Comme le malin du bourg, comme le gars le plus malin
Mais quand le Fils de Dieu, mon enfant, s’est dérangé du Ciel et de la droite de son Père.
Quand il s’est dérangé d’être assis à la droite.
Il n’a point fait, il n’a point fourni cette grande
Il n’a point fait ce grand dérangement pour venir nous conter des balivernes
De quatre sous.
Des paroles en l’air.
Et des emberlificotages à n’y rien comprendre.
Mais, à ce prix-là, il est venu nous dire ce qu’il avait à nous dire.
N’est-ce pas.
Tout simplement, tout honnêtement.
Tout directement. Tout premièrement.
k Comme un honnête homme parle à un honnête homme.
D’homme à hommes.
Il ne s’est pas amusé à entortiller tout ça.
Il avait quelque chose à nous dire, il nous a dit ce qu’il | avait à nous dire.
Il re nous a pas dit autre chose.
Et il ne nous l’a pas dit autrement qu’il n’avait à nous le dire.
Comme il avait à dire, il a parlé.
Ce sont les imbéciles qui font le malin.
ÿ Et qui cherchent toujours midi à quatorze heures.
Toi quand ta mère t’envoie faire une commission chez le boulanger,
Quand tu vas chez le boulanger,
| Tu ne te mets pas tout d’un coup à raconter des choses - #4 Es Tu prends ton pain, tu payes, et tu t’en vas. ‘ < : Lui c’est la même chose il est venu pour nous faire une 4 Le Il avait une commission à nous faire de la part de son ‘4 ; Il nous a fait sa commission et il s’en est retourné. 0 1 CA Il ne s’est pas mis à nous raconter des choses extra- 4 L Rien n’est aussi simple que la parole de Dieu. % Il ne nous a dit que des choses fort ordinaires. 5 à L’incarnation, le salut, la rédemption, la parole de Dieu. S 74 Trois ou quatre mystères. EE x La prière, les sept sacrements. 4 Rien n’est aussi simple que la grandeur de Dieu. £ 3 É Il nous a parlé sans détours ni embarbouillements. 3 Ë À À Il ne faisait pas des manières, des embarbouillages. 4 bi, IL parlait tout uniment, comme un simple homme, tout 4 | crument, comme un homme dans le bourg, 7 É Un homme dans le village. à ë. Comme un homme dans la rue qui ne cherche pas ses de 4P mots et qui ne fait pas des embarras. 3 $ Aussi, soit qu’il nous parlât et qu’il nous ait parlé direc- ê Soit qu’il nous ait parlé par paraboles, : É Que nous nommons en latin des similitudes,
É 4 Puisqu’il n’était point venu pour nous dire des fariboles, 3 . Puisque toujours il nous a parlé directement et pleine- f fs ment l __ Au pied de la lettre,
- Auras du mur, Ë Toujours aussi en réponse nous aussi nous devons e lécouter et l’entendre au pied de la lettre. —_ Directement et pleinement au pied du mur. $ __ Notre frère, notre grand Frère ne nous a point trompés | ê pour le plaisir de faire le malin. #1 “#0 À Nous ne devons point le tromper pour le plaisir de faire : . les jacques. | ë Et c’est le tromper que de chercher des malices là où il Que d’entendre, que de chercher, que de vouloir ‘4 5 entendre; que d’imaginer; à __ Que de travailler; Ê Que d’entendre sa parole autrement qu’il ne la dite. # —_ Que d’écouter même autrement qu’il n’a parlé. 52 è C’est même la plus grave tromperie que nous puissions | ; lui faire. | | s’est donné. C’est la plus grave injure, peut-être la seule injure que È 4 nous puissions lui faire. É
| £ le porche TER Une couronne a été faite une fois : c’était une couronne Et le front et la tête ont saigné sous cette couronne de Et le sang perlait par gouttes et le sang s’est collé dans les cheveux. 4 g Mais une couronne aussi a été faite, une mystérieuse Une couronne, un couronnement éternel. { Toute faite, mon enfant, toute faite de souples rameaux È ; sans épines. É De rameaux bourgeonneux, de rameaux de fin mars. | De rameaux d’avril et de mai. Ë De rameaux flexibles et qui se tressent bien en couronne. 4 Sans une épine. 1 ; Bien obéissants, bien conduits sous le doigt. 1 Une couronne a été faite de bourgeons et de boutons. 1 De bourgeons de fleurs comme un beau pommier, de 4 Ge bourgeons de feuilles, de bourgeons de branches. De bourgeons de rameaux. De boutons de fleurs pour les fleurs et pour les fruits. ! Toute bourgeonnante, toute boutonnante une couronne Toute éternelle, toute en avance, toute gonflée de sève. Toute embaumée, toute fraîche aux tempes, toute tendre i et embaumante. Toute faite pour aujourd’hui, pour en avant, pour À Pour éternellement, pour après-demain.
Toute faite de pointes menues, de pointes tendres, de commencements de pointes. Qui sont les pointes des bourgeons, tendres, fraîches, Et qui ont l’odeur et qui ont le goût de la feuille et de la fleur. É Le goût de la pousse, le goût de la terre. Le goût de l’arbre. Et par avance le goût du fruit. Pour calmer le pauvre front battant de fièvre, chargé de Afin de rattraper, afin de revaloir le couronnement de Pour adoucir, pour apaiser, pour calmer, afin de rafraichir les tempes battantes, 2 Le front ardent, le front fiévreux, Lourd de fièvre, les tempes chaudes, la migraine et l’injure, et le mal de tête et pour calmer la dérision même. Pour apaiser, pour embaumer, pour étancher le sang qui se collait dans les cheveux Une couronne aussi a été faite, une couronne de sève, une couronne éternelle, Et c’est la couronne, le couronnement de l’espérance. Comme une mère fait un diadème de ses doigts allongés, des doigts conjoints et affrontés de ses deux mains
GS PS Autour du front brûlant de son enfant FT PAPNC TRS 3 20 . 2 , ee __ Pour apaiser ce front brûlant, cette fièvre, CES Ainsi une couronne éternelle a été tressée pour apaiser _ Et c’était une couronne de verdure. Ne es Une couronne de feuillage. +40 _ Il faut avoir confiance en Dieu mon enfant. ME _ Il faut avoir espérance en Dieu. j Ts 2 FE _ Il faut faire confiance à Dieu. : _ Il faut faire crédit à Dieu. 5 Il faut avoir cette confiance en Dieu d’avoir espérance 14 2 Il faut faire cette confiance à Dieu d’avoir espérance 45 Il faut faire ce crédit à Dieu d’avoir espérance en lui. _ Il faut faire espérance à Dieu. 4 à _ Il faut espérer en Dieu, il faut avoir foi en Dieu, c’est A Sy _ tout un, c’est tout le même. ï 2 ‘es 4 Il faut avoir cette foi en Dieu que d’espérer en lui LM Ve Il faut croire en lui, qui est d’espérer. ns
L_ Il faut avoir confiance en Dieu, il a bien eu confiance en = M Il faut faire confiance à Dieu, il nous a bien fait confiance 2 D Ua nous. à …._ Il faut faire espérance à Dieu, il nous a bien fait espé- ee h rance à nous. D k_ Il faut faire crédit à Dieu, il nous a bien fait crédit à 5 |_ Tous les crédits. | . Le 11 faut faire foi à Dieu, il nous a bien fait foi à nous. <: LL Singulier mystère, le plus mystérieux, 5e
- Dieu a pris les devants. : Ex Ou plutôt ce n’est pas un mystère, propre; ce n’est pas 40 …._ un mystère particulier, c’est un mystère qui porte sur É ‘2 | _ tous les mystères. RSS “l’est un redoublement, c’est un agrandissement à l’in- ne. | fini de tous les mystères. F Be. C’est un miracle. Un miracle perpétuel, un miracle ns, __ d’avance, Dieu a pris les devants, un mystère de tous A ; - les mystères, Dieu a commencé. ”_ Un miracle de tous les mystères, singulier, mystérieux 5 KR _ retournement de tous les mystères. % Mn Tous les sentiments, tous les mouvements que nous LE FE: _ devons avoir pour Dieu, ne: — Dieu les a eus pour nous, il a commencé de les avoir {TUE __ pour nous. #4
le porche se Singulier retournement qui court au long de tous les Et les redouble, et les agrandit à l’infini, Ÿ Il faut avoir confiance en Dieu, mon enfant, il a bien eu 4 : confiance en nous. 4 Il nous a fait cette confiance de nous donner, de nous L ‘ confier son fils unique. j (Hélas hélas pour ce que nous en avons fait). F Retournement de tout c’est Dieu qui a commencé. C’est Dieu qui nous a fait crédit, qui nous a fait con- | Qui nous a fait créance, qui a eu foi en nous. à Cette confiance sera-t-elle mal placée, sera-t-il dit que 6 cette confiance aura été mal placée. + , Dieu nous a fait espérance. Il a commencé. Il a espéré : que le dernier des pécheurs, Que le plus infime des pécheurs au moins travaillerait quelque peu à son salut, È Si peu, si pauvrement que ce fût. Qu’il s’en occuperait un peu. : 8 s Il a espéré en nous, sera-t-il dit que nous n’espérerons 1 pas en lui. 4 Dieu a placé son espérance, sa pauvre espérance en J chacun de nous, dans le plus infime des pécheurs. Sera:t-il dit que nous infimes, que nous pécheurs, ce sera nous qui ne placerions pas notre espérance en
Dieu nous a confié son fils, hélas hélas, Dieu nous a confié notre salut, le soin de notre salut. IL a fait dépendre de nous et son Fils et notre salut et ainsi son espérance même; et nous ne mettrions pas notre | espérance en lui. Mystère des mystères, portant sur les mystères mêmes, Il a mis en nos mains, en nos faibles mains, son espé- En nos mains passagères. En nos mains pécheresses. Et nous, nous pécheurs, nous ne mettrions pas notre En ses éternelles mains. La parole de Dieu n’est point un écheveau embrouillé. C’est un beau fil de laine qui s’empelotte autour du Comme il nous a parlé, ainsi nous devons l’écouter. Comme il a parlé à Moïse. Comme il nous a parlé par Jésus. Comme il nous a parlé tout ainsi nous devons l’entendre. Or, mon enfant, s’il en est ainsi, si c’est ainsi que nous Que nous devons entendre Dieu. F4
es Alors mon enfant quel tremblement, quel commandePE ment d’espérance. :S2 ne écrasement. Les paroles sont là. 1 RER Il n’y a pas à ratiociner, quelle ouverture sur la pensée Pin Sur les intentions, (dernières), de Dieu. Le 4 Abîme d’espérance, quelle ouverture, quel éclair, quelle …
foudre, quelle avenue. 4
TS Paroles irrévocables, quelle ouverture sur l’Espérance = Dieu a daigné espérer en nous. Espérer que nous. RS. EE: Révélation, quelle révélation incroyable. Sic non est, Loet Ainsi n’est pas 4 ox ai _ Espoir incroyable, espoir inespéré Ainsi n’est pas * x è Voluntas ante Patrem vestrum, la volonté devant votre CRE Qui in cœlis est. Qui est aux cieux. ; ‘2e De ces petits. De pusillis istis. #
Et il leur fit cette parabole, disant : + RENE à Quel homme de vous, qui a cent brebis; A. és. re | (Ceci est selon saint Luc); HSE …._ Bis’il en perd une, SE. _ Estce qu’il ne renvoie pas, (ne laisse pas), les quatre- c = Fe | vingi-dix-neuf dans le désert, = 4 ASE _ Quae perierat, qui était périe, qui avait péri, FÉES
- C’était fait. : ES … Il la place sur ses épaules se réjouissant ; TRES …_ (la pose) sur ses épaules. LTSARSR 3 Et venant à la maison, il convoque, (il appelle), ses amis RE CR n_ etses voisins, leur disant : ER Ë | Réjouissez-vous, (félicitez-vous), avec moi, parce que j’ai Ph: n_ trouvé ma brebis qui avait péri? * ei Qu il y aura autant de joie dans le ciel : PXCES FE Sur un pécheur faisant pénitence, LV mn Que sur quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas à a | | besoin de pénitence. _2 RE
le porche K
NE Or qu’est-ce que la pénitence, mon enfant, qu’est-ce Ré qu’il y a donc dans la pénitence. Quelle est donc cette & à vertu secrète de la pénitence.
Mon enfant c’est singulier, c’est étrange, c’est inquiétant.
= Qu’est-ce qu’il y a donc d’extraordinaire dans cette À 7% Comme c’est inquiétant. a Quelle est cette vertu, ce secret, qu’est-ce qu’il faut Dans la pénitence, | % pour que ce pécheur, ë Pour que un vaille cent, ou enfin quatre-vingt-dix-neuf, 2 (Pour compter juste), , * Pour que ce pécheur vaille autant, 4 Pour que ce pécheur, ce seul pécheur qui fait pénitence vaille autant, réjouisse, fasse autant de joie dans le | ù ciel que quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas À &: besoin de pénitence. “4 Et pour que cette brebis égarée fasse tant de joie au Qu’il en laisse dans le désert, in deserto, dans un endroit ? Les quatre-vingt-dix-neuf qui ne s’étaient point égarées. En quoi, quel est donc ce mystère, | En quoi un peut-il valoir quatre-vingt-dix-neuf. | Ne sommes-nous pas tous enfants de Dieu. Également | sur le même pied. | En quoi, comment, pourquoi une brebis vaut-elle
£ Et surtout pourquoi c’est justement celle qui s’est égarée, j’ qui avait péri, qui vaut justement les quatre-vingtdix-neuf autres, les quatre-vingt-dix-neuf qui ne | s’étaient pas égarées. | Pourquoi, quel est ce mystère, quel est ce secret, c’est suspect, comment, pourquoi, en quoi une âme vaudrait-elle quatre-vingt-dix-neuf âmes, c’est un peu fort. C’est tout de même un peu fort, quand on y pense. Quelle est cette manigance. C’est justement cette âme qui était perdue, qui avait péri, qui vaut autant, qui fait autant de joie dans le | A ciel que ces quatre-vingt-dix-neuf autres. | Que ces quatre-vingt-dix-neuf qui ne s’étaient point | Qui ne s’étaient point perdues, qui n’avaient point péri. Qui étaient demeurées fermes. C’est injuste. Quelle est cette invention, cette nouvelle C’est injuste. Voilà une âme, (et c’est justement celle qui s’était perdue), qui vaut autant, qui compte autant, qui réjouit autant que ces quatre-vingt-dix-neuf malheureuses qui étaient demeurées constantes. Pourquoi ; en quoi; comment. Voilà un qui pèse autant dans la balance de Dieu que quatre-vingt-dix-neuf. Qui pèse autant ? Peut-être qui pèse plus. En secret. On ne sait jamais. J’ai bien peur. Secrètement on a l’impression qu’il pèse plus, quand on lit cette parabole. Donc voilà un pécheur, disons-le, qui pèse au moins autant que quatre-vingt-dix-neuf justes.
Re le porche - LIRE | “: Qui pèse même peut-être plus. On ne sait jamais. Quand Ÿ une fois on est entré dans l’injustice. 2” 5-4 | Disons le mot voilà un infidèle, il faut le dire, il ne faut | Re pas avoir peur du mot. au : E Qui vaut plus que cent, que quatre-vingt-dix-neuf à AE fidèles. Quel est ce mystère. he ë Quelle serait donc cette vertu extraordinaire de la pe - Qui passerait cent fois la fidélité même. “à A S Il ne faut pas nous en conter. Nous savons très bien FS ce que c’est que la pénitence. k Un pénitent c’est un monsieur qui n’est pas très fier de HE Qui n’est pas très fier de ce qu’il a fait. k Parce que ce qu’il a fait, il faut le dire, c’est le L À Un pénitent c’est un monsieur qui a honte de soi et de ê- son péché. Le Qui voudrait bien se terrer. Ye: EN Surtout qui voudrait bien ne pas l’avoir fait. 1 ‘ Se cacher, se sauver de la face de Dieu. Es Et qu’est-ce aussi que cette drachme qui vaut neuf | + ANEX drachmes, à elle toute seule. ’ À: Qu’est-ce qu’elle vient faire. 4 à Et pourtant c’est celui-là, nul autre, c’est cette brebis,
c’est ce pécheur, c’est ce pénitent, c’est cette âme à h
FA Que Dieu, que Jésus rapporte sur ses épaules, aban- … F donnant les autres. ë
Enfin je veux dire (seulement) les laissant pendant ce 4 A temps à elles-mêmes. & Fa La pénitence, nous le savons, ça n’est déjà pas si bril- 2 “à lant que ça. LE Ça n’est pas si reluisant,. ; à (Il est vrai que Dieu ne quitte jamais personne). , | C’est un sentiment honteux, je veux dire un sentiment 4 PS: d’une honte. L D’une honte légitime et due. 1 » En somme c’est un acte honteux. _ La pénitence ça n’est déjà pas si malin que ça. Alors 4 Fu Non seulement ce pénitent en vaut un autre, non seuleF ment il vaut un juste, ce qui serait déjà un peu 4 Mais il en vaut quatre-vingt-dix-neuf, il en vaut cent, il ee vaut tout le troupeau. ; : Autant dire. | Dans le besoin on sent qu’il vaudrait plus et qu’on k _ l’aimerait davantage _ Dans le secret du cœur. £ Dans le secret du cœur éternel. Alors quoi. . Mon enfant, mon enfant, tu le sais, quoi. C’est justement cela. C’est qu’elle avait péri; et qu’elle a été trouvée. C’est qu’elle était morte ; et qu’elle a revécu. : C’est qu’elle était morte et qu’elle est ressuscitée. à Puisqu’il faut tout prendre au pied de la lettre, mon “ :
F Littéralement comme Jésus était mort et est ressuscité À 4 d’entre les morts, 4 r an Ainsi cette brebis était perdue, ainsi cette brebis était . Ainsi cette âme était morte et de sa propre mort elle : ca est ressuscitée d’entre les mortes. 4e Elle a fait trembler le cœur même de Dieu. k : Du tremblement même de la peur. Ë ” Du tremblement d’une inquiétude 5 Et en suite, et ainsi, et aussi . | De ce qui est lié à la crainte, à la peur, à l’inquiétude. Ë oi De ce qui suit la crainte, la peur, l’inquiétude. ; Ÿ De ce qui marche avec elles, de ce qui est lié à la. ve D’une liaison indéliable, d’une liaison indéfaisable, j £ Temporelle, éternelle, d’un indéfaisable lien g Elle a fait trembler le cœur de Dieu ‘18 Du tremblement même de l’espérance. 4 = Elle a introduit au cœur même de Dieu la théologale | l Voilà, mon enfant, quel secret. Voilà quel mystère. ; . + Voilà quelle grandeur, (cachée), quelle source inrs croyable de grandeur il y a dans cette pénitence.
— Dans cette honteuse pénitence. Secrètement, publique-
- ment honteuse et réellement
- Peut-être la plus glorieuse de toutes. C’est qu’une pénitence de l’homme . Est un couronnement d’une espérance de Dieu. Cette honteuse pénitence, honteuse de soi, et qui ne sait . où se cacher, Où cacher sa tête, honteuse, sa tête rouge de honte, pourpre de honte, Sa tête couverte de cendre et de terre, … En signe de honte et de repentir, Où cacher sa honte et son péché. Mais Dieu n’a point honte d’elle. Car l’attente de cette pénitence, L’attente anxieuse, l’espérance de cette pénitence A fait jouer l’espérance au cœur de Dieu, A fait surgir un sentiment nouveau, Presque inconnu, comme inconnu, je sais bien ce que je veux dire, A fait sourdre, a fait battre un sentiment comme inconnu au cœur même de Dieu. Au cœur comme nouveau. D’un Dieu comme nouveau. Je m’entends, je sais ce que je veux dire. D’un Dieu éternellement nouveau. | Et cette pénitence même A été pour lui, en lui, le couronnement d’une espérance
le porche s “ FSPISRES Car tous les autres Dieu les aime en amour. RS: É Mais cette brebis Jésus l’a aimée aussi en espoir. Et tous les autres, tout le monde Dieu nous aime en Il faut tout prendre au pied de la lettre, mon enfant. Dieu a espéré, Dieu a attendu de lui. . Dieu, qui est tout, a eu quelque chose à espérer, de lui, . point, il s’est mis à ce point, sur ce pied d’avoir à espérer, à attendre de ce misérable pécheur. Telle est la force de vie de l’espérance, mon enfant, La force de vie, la promesse, la vie, la force de vie et de promesse qui source au cœur de l’espérance Et qui rejaillit dans la pénitence même, 4 Dans la basse pénitence. Telle la force unique de sève au cœur d’un chêne. ë Nous sommes tous enfants de Dieu, mon enfant, égale- 4 ment; sur le même pied. k Ë Il faut tout entendre au pied de la lettre, mon enfant, « x.
Fe É: a littéralement cette âme qui a fait jouer l’espérance de LS _ Dieu, qui a couronné l’espérance de Dieu £ . | S 4 Comme Jésus morte (plus morte que Jésus) de sa propre ‘4 : mort est ressuscitée d’entre les mortes. BE: (Plus morte que Jésus, infiniment plus morte, éternelleF4 ment plus morte, car elle était morte de la mort 5 Comme Jésus elle est ressuscitée d’entre les morts. Ê :. Et comme nous sonnons nos Pâques à toute volée pour é mu célébrer la résurrection de Jésus, | F L Christ est ressuscité! ES. 4 Ainsi Dieu pour chacune âme qui se sauve sonne pour <4 nous des Pâques éternelles. e_ Etildit : Je l’avais bien dit.
Singulier renversement, singulier retournement, c’est le
Ê monde à l’envers. EE Vertu de l’espérance. Fe -_ Tous les sentiments que nous devons avoir pour Dieu, ; LA * C’est Dieu qui a commencé de les avoir pour nous. | a C’est lui qui s’est mis à ce point, sur ce pied, qui ya Re été mis, qui a souffert d’y être mis, à ce point, sur ce Es ne pied, de commencer de les avoir pour nous. HE Singulière vertu de l’espérance, singulier mystère, elle F0 n’est pas une vertu comme les autres, elle est une | ea vertu contre les autres. ë | Elle prend le contre-pied de toutes les autres. Elle it de s’adosse pour ainsi dire aux autres, à toutes les autres, 4 139
le porche és & Et elle leur tient tête. A toutes les vertus. A tous les Elle les remonte pour ainsi dire, elle va à contre courant. ; Elle remonte le courant des autres. Elle n’est point une esclave, cette enfant est une forte Elle réplique pour ainsi dire à ses sœurs; à toutes les | vertus, à tous les mystères. Quand ils descendent elle remonte, (c’est très bien fait), Quand tout descend seule elle remonte et ainsi elle les : double, elle les décuple, elle les agrandit à l’infini. C’est elle qui a fait ce renversement, ce retournement le plus fort de tout, | (C’est peut-être ce qu’elle a fait de plus fort), (Qui eût cru que tant de pouvoir, qu’un pouvoir suprême était donné à cette petite Ce retournement que tout ce que nous devons faire < é pour Dieu, ; | C’est Dieu qui prend les devants, qui commence de le # faire pour nous. e 3 Tout ce que nous devons lui dire, lui faire, faire envers 4 Et tout ce que nous devons avoir pour Dieu, | C’est Dieu qui commence par l’avoir pour nous. Celui qui aime se met, par cela même, “ #
—_ Par cela seulement, dès par cela dans la dépendance,
Celui qui aime tombe dans la servitude de celui qui est
C’est l’habitude, c’est la loi commune.
Ë C’est fatal.
Celui qui aime tombe, se met sous la servitude, sous un joug de servitude.
Il dépend de celui qu’il aime.
C’est pourtant cette situation-là, mon enfant, que Dieu s’est faite, en nous aimant. £
Dieu a daigné espérer en nous, puisqu’il a voulu
Ë espérer de nous, attendre de nous. :
Situation misérable, (en) récompense de quel amour,
« Gage, rançon de quel amour.
Singulière récompense. Et qui était dans la condition,
; dans l’ordre même, dans la nature de cet amour.
; Il s’est mis dans cette singulière situation, retournée, dans cette misérable situation que c’est lui qui attend de nous, du plus misérable pécheur.
Qui espère du plus misérable pécheur.
Qui ainsi dépend du plus misérable pécheur.
Et nous.
Voilà où il s’est laissé conduire, par son grand amour, voilà où il s’est mis, où il a été mis, où enfin il s’est
Où nous devons être, c’est lui qui s’est mis.
A ce point, sur ce pied.
Qu’il a à craindre, à espérer, enfin à attendre du dernier des hommes.
Qu’il est aux mains du dernier des pécheurs.
(Mais le corps de Jésus, dans toute église, n’est-il pas D: aux mains du dernier des pécheurs. : A la merci du dernier des soldats) À Qu’il a à redouter, tout, de nous. | (Qu’il ait à redouter, c’est déjà trop, c’est déjà tout), (Si peu que ce fût, et ici c’est tout) : (Si peu que ce fût, quand ce ne serait presque rien, rien | pour ainsi dire) ‘ à Telle est la situation où Dieu par la vertu de l’espé- . Pour faire le jeu de l’espérance, S’est laissé mettre En face du pécheur. 4 ; Il craint de lui, puisqu’il craint pour lui. ee: Tu comprends, je dis : Dieu craint du pécheur, puis- | qu’il craint pour le pécheur. 1 Quand on craint pour quelqu’un, on craint de ce quel- E C’est à cette loi commune que Dieu s’est laissé mettre. À A ce niveau commun. ; C’est à cette loi commune qu’il a souffert d’être mis. Il faut qu’il attende le bon plaisir du pécheur. F , Il s’est mis sur ce pied. Il faut qu’il espère dans le pécheur, en nous. É Il faut, c’est insensé, il faut qu’il espère que nous nous Il ne peut rien faire sans nous. E | Il faut qu’il écoute nos fantaisies. | Il faut qu’il attende que monsieur le pécheur veuille . bien un peu penser à son salut. Fa
“ Voilà la situation que Dieu s’est faite. …_ Gelui qui aime tombe sous la servitude de celui qui est Celui qui aime tombe sous la servitude de celui qu’il Dieu n’a pas voulu échapper à cette loi commune. è , Et par son amour il est tombé dans la servitude du … Retournement de la création, c’est la création à l’envers. Le Créateur à présent dépend de sa créature. Celui qui est tout s’est mis, a souffert d’être mis, s’est laissé mettre sur ce niveau. Celui qui est tout dépend, attend, espère de ce qui n’est Celui qui peut tout dépend, attend, espère de ce qui ne (Et qui peut tout, hélas, car on lui a tout remis, On lui a tout confié, On lui a tout donné, __ On lui a tout remis, en mains, dans ses mains pécheresses, On lui a tout permis. É En toute confiance. On lui a remis, on lui a permis son propre salut, le corps de Jésus, l’espérance de Dieu.
le porche Dieu s’est mis sur ce pied. Comme la plus misérable Soufileter librement la face de Jésus, Ainsi la dernière des créatures peut faire mentir Dieu Ou lui faire dire vrai. Comme Jésus dans les siècles des siècles a remis son Dans les pauvres églises A la discrétion du dernier des soldats, . Ainsi Dieu dans les siècles des siècles a remis son 4 A la discrétion du dernier des pécheurs: 1 Comme la victime se rend aux mains du bourreau, ‘ Ainsi Jésus s’est livré en nos mains. | Comme la victime se livre au bourreau, F Ainsi Jésus s’est livré à nous. , Et comme le prisonnier se livre au gardien de prison, | L Ainsi Dieu s’est livré à nous. , ” Comme le dernier des misérables a pu souffleter Jésus, b _ Ainsi le dernier des pécheurs, un malheureux infirme, Le plus infime des pécheurs peut faire avorter, peut M faire aboutir ; Une espérance de Dieu; Le plus infime des pécheurs peut découronner, peut | Une espérance de Dieu.
- Et c’est de nous que Dieu attend Le couronnement ou le découronnement d’une espé- rance de lui. | Le Créateur a besoin de sa créature, s’est mis à avoir | besoin de sa créature. Il ne peut rien faire sans elle. | C’est un roi qui aurait abdiqué aux mains de chacun de ses sujets Simplement le pouvoir suprême.
- Dieu a besoin de nous, Dieu a besoin de sa créature. Il s’est pour ainsi dire condamné ainsi, condamné à cela. __ Il manque de nous, il manque de sa créature. Celui qui est tout a besoïn de ce qui n’est rien. Celui qui peut tout a besoin de ce qui ne peut rien. Il a remis ses pleins pouvoirs. Celui qui est tout n’est rien sans celui qui n’est rien. Celui qui peut tout ne peut rien sans celui qui ne peut Ainsi la jeune espérance Redresse tous les mystères Comme elle redresse toutes les vertus. Nous pouvons lui manquer.
Fais Ne pas répondre à son appel. FRE D Ne pas répondre à son espérance. Faire défaut. Man- Sa . quer. Ne pas étre là. Re. ES * Les calculs de Dieu par nous peuvent ne pas tomber | & fs * Les prévisions, les prévoyances, les providences de :]
- Par nous peuvent ne pas tomber juste, à à …_ ‘Les conseils de Dieu par nous peuvent manquer. Se
La sagesse de Dieu par nous peut défaillir. x
rev Effrayante liberté de l’homme. “5 E per Nous pouvons faire tout manquer. SE 8 à : Nous pouvons être absents. à (4 “à Ne pas être là le jour qu’on nous appelle. : < 3 “a ÿ Nous pouvons ne pas répondre à l’appel 4 FU (Excepté dans la vallée du Jugement) a Ù Le Nous pouvons manquer à Dieu. ë ke Hit Voilà le cas où il s’est mis, “3 MINES Il s’est mis dans le cas d’avoir besoin de nous. ‘à | BA Bien, mal placée, cela dépend de nous. ‘ Le _ quelle force incurable d’espérance. 1 pee En nous. 3 È Quel dépouillement, de soi, de son pouvoir. « 3
4 Nous pouvons faire défaut. n 4 Nous pouvons faire faute. : Ë Nous pouvons être défaillants. à Er, À ï Celui qui fait tout s’adresse à celui qui ne peut rien : à Ë Celui qui fait tout a besoin de celui qui ne fait rien. N Et comme nous sonnons à toutes volées nos Pâques, | Dans nos pauvres, dans nos triomphantes églises, . (à Dans le soleil et le beau temps du jour de Pâques, ae _ Ainsi Dieu pour chacune âme qui se sauve ge: …_ Sonne à pleine volée des Pâques éternelles. Es Et dit : Hein, je ne m’étais pas trompé. J’avais raison d’avoir confiance dans ce garçon-là. C’était une bonne nature. Il était de bonne race. : Fils de bonne mère. C’était un Français. ÿ J’ai eu raison de lui faire confiance. Et nous nous avons nos dimanches, | Notre beau dimanche, le dimanche de Pâques, Et même le mardi de Pâques, qui est aussi fête, : Tellement la fête est grande. * (C’est la fête de saint Loup). : _ Mais Dieu a aussi ses dimanches dans le ciel. F _ Son dimanche de Pâques.
| 2e le porche Rs Et il a aussi des cloches, quand il veut. ; 3 Et qu’est-ce que c’est aussi que ces dix drachmes. LARGES Qui est comme qui dirait dix livres parisis. Qu’est-ce que c’est encore que cette affaire des dix Fa Qu’est-ce qu’elle vient faire ici cette drachme qui en | Fi Drôle de calcul, comme qui dirait une livre parisis qui ; Neuf autres de la même. Quelle drôle d’arithmétique. | : C’est pourtant ainsi, mon enfant, que sont faits les % « comptes de Dieu. s Ë ; Ainsi étaient faits, mon enfant, les comptes de Jésus. Il : ; est indéniable; il ne fait aucun doute qu’il y a deux ë ; & races de saints dans le ciel. Deux sortes de saints. (Heureusement qu’ils font bon ménage ensemble). - 2 De même que les soldats du roi et les capitaines Sont d’une race ou d’une autre mais sont tous des Et ils font tout de même une seule armée. ; Et ils sont tous les soldats (de l’armée) du roi, et les Mais enfin ils proviennent d’une province ou d’une autre. Ou d’une marche, Les uns de l’une, les autres de l’autre.
Ê Ou d’outre Loire ou de par ici de la Loire. FR Ainsi, (et autrement), il faut le dire il y a, il faut dire 3 le mot il y a deux races de saints dans le ciel. | Deux races temporelles. É Deux sortes de saints. Tout le monde est pécheur. Tout homme est pécheur. Mais enfin il y a deux grandes races, il y a deux Il y a un double recrutement des saints qui sont dans à le ciel. | I1 y a ceux qui viennent, il y a ceux qui sortent des Et il y a ceux qui sortent des pécheurs. Et c’est une entreprise difficile. C’est une entreprise impossible à l’homme. , Que de savoir quels sont les plus grands saints. ; Ils sont tellement grands les uns et les autres. . Il y a deux extractions (et tous pourtant, ensemble, ï également ils sont des saints dans le ciel. Sur le : même pied) (Des saints de Dieu) Il y a deux extractions, ceux qui viennent des justes et | ceux qui viennent des pécheurs. Ceux qui n’ont jamais inspiré d’inquiétudes sérieuses Et ceux qui ont inspiré une inquiétude Ceux qui n’ont pas fait jouer l’espérance et ceux qu ont À fait jouer l’espérance. | Ceux dont on n’a jamais rien craint, rien redouté de
Mae sérieux, et ceux dont on a failli désespérer, Dieu S RS _ nous en garde. FFE
Ceux dont on n’a jamais rien entendu dire. | SE 5 FAN Et ceux dont on a entendu dire Me
- jé sa deux races de saints dans le ciel. Lo
‘$TRs Les saints de Dieu sortent de deux écoles. EE. dev. _ De l’école du juste et de l’école du pécheur. +72
_ De la vacillante école du péché. M
ni : Heureusement que c’est toujours Dieu qui est le maître
__ JIlya ceux qui viennent des justes et il y a ceux qui
__ viennent des pécheurs. ca
Heureusement qu’il n’y a aucune jalousie dans le ciel. …
ITA Puisqu’il y a la communion des saints. 4 HÉNUS Heureusement qu’ils ne sont point jaloux les uns des |
“ autres. Mais tous ensemble au contraire ils sont fiés 22 _ comme les doigts de la main. É 1 Car tous ensemble ils passent tout leur temps toute À 1 leur sainte journée ensemble à comploter contre Dieu. E : Pour que pied à pied la Justice É Pas à pas cède le pas à la Miséricorde. 4 Ils font violence à Dieu. Comme des bons soldats ils ; ;
… (Is font la guerre à la justice …._ (Ils sont bien forcés) À Pour le salut des âmes périclitantes. 1 —_ Ils tiennent bon. Tout müûs, tout animés d’espérance, (Mais aussi ils en ont un appui, un patronage, une Û $ Quel patron, mes enfants, et quelle patronne.
_ Quel (autre) complot au-dessus d’eux, couvrant leur | __ Patronnant leur grand complot. Mes
Quelle avocate auprès de Dieu. Car nos patrons et nos saints, nos patrons les saints ; à
4 Ont eux-mêmes un patron et une patronne. Un saint et une sainte. 20 _ Qui est autant É Se (Et septante fois autant) au-dessus d’eux qu’ils sont s> ” au-dessus de nous |
le porche ; à Qui est pour eux ce qu’ils sont pour nous, et septante fois ce qu’ils sont pour nous. Telle est la folie de l’espérance. | Et couverts, encouragés par ce haut complot, É Par la protection de ce haut complot, : Tout nourris d’espérance ils tiennent bon comme des | Ils luttent pied à pied, ils défendent le terrain pied à pied. 7 ; On ne peut pas imaginer tout ce qu’ils font, tout ce qu’ils inventent l Pour le salut des âmes périclitantes. E Lambeau à lambeau ils vous arrachent Au royaume de perdition Ainsi Dieu n’a pas voulu, à I1 ne lui a pas plu, Que dans le concert il n’y eût qu’une voix. 4 Et à son contentement. Il n’a pas voulu être loué d’une seule voix Par un seul chœur 4 Mais comme dans une église de campagne il y a plusieurs voix | Par exemple les hommes et les femmes. ds: Ou encore les hommes et les enfants.
, Ainsi dans le ciel il a plu, il a été agréable à sa sagesse. | Et à son contentement. D’être loué, d’être chanté, d’être combattu par deux woix. Par deux langages, par deux chœurs. ; Par les anciens justes et par les anciens pécheurs. Pour que pied à pied la Justice reculât | Devant la Miséricorde. Et que la Miséricorde avance. Et que la Miséricorde gagne. s’en mélait pas, Ou quelle femme ayant dix drachmes, (C’est encore selon saint Luc, mon enfant, Si elle a perdu une drachme, : Si elle en perd une, Est-ce qu’elle n’allume pas sa chandelle, Et balaye sa maison, Jusqu’à ce qu’elle trouve ? Et quand elle a trouvé, Elle convoque ses-amies et ses voisines, | (Is convoquent tout le temps leurs amis et leurs voisins, dans ces paraboles), Réjouissez-vous avec moi, Parce que j’ai trouvé la drachme que j’avais perdue.
- Ainsi.je vous le dis, ; $ “4 De Il y aura de la joie devant les anges de Dieu, + Le Sur un pécheur faisant pénitence. Il y avait une grande procession; en tête s’avançaient é »* les trois Similitudes; “3 ÿ la parabole de la brebis égarée; 4 la parabole de la drachme égarée ; 3 À la parabole de l’enfant égaré. ne. Ë Or autant qu’un enfant est plus cher qu’une brebis, &s Et infiniment plus cher qu’une drachme, ‘2 s- Autant qu’un enfant est plus cher au cœur du père, —È ss (De son père qui est en même temps, qui est déjà, | d’abord, qui est premièrement son pasteur), 4 ; Qu’une brebis même n’est chère au cœur du (bon) 4 Autant la troisième Similitude, “4 | Autant la parabole de l’enfant égaré 4 PE Est encore plus belle si possible et plus chère, 1 Est encore plus grande que les deux Similitudes anté- Que la parabole de la brebis égarée, “ Et que la parabole de la drachme égarée, È
e Toutes les paraboles sont belles, mon enfant, toutes les de paraboles sont grandes, toutes les paraboles sont Toutes les paraboles sont la parole et le Verbe, ü < La parole de Dieu, la parole de Jésus. ; Elles sont toutes également, elles sont toutes ensemble À | La parole de Dieu, la parole de Jésus. $ : Sur le même pied. k (Dieu s’est mis dans ce cas, mon enfant, ï Dans ce mauvais cas, 5 D’avoir besoïn de nous) _ Toutes elles viennent du cœur, également, et elles vont ë £ Elles parlent au cœur. $ … Mais entre toutes les trois paraboles de l’espérance | | Et entre toutes elles sont grandes et fidèles, entre toutes
- elles sont pieuses et affectueuses, entre toutes elles sont belles, entre toutes elles sont chères et près du se … Entre toutes elles sont près du cœur de l’homme, entre toutes elles sont chères au cœur de l’homme. Elles ont on ne sait quelle place à part. Elles ont peut-être en elles on ne sait quoi qui n’est pas, HAE ; qui ne serait pas dans les autres. l C’est peut-être qu’elles ont en elles comme une jeunesse, comme une enfance ignorée.
Entre toutes elles sont jeunes, entre toutes elles sont fraîches, entre toutes elles sont enfants, entre toutes | elles sont inusées. . Depuis treize et quatorze siècles qu’elles servent, et | depuis deux mille ans, et dans les siècles des siècles ; jeunes comme au premier jour. ; Enfants comme au premier jour. 3 Et depuis treize cents ans qu’il y a des chrétiens et quatorze cents ans, 4 Ces trois paraboles, (que Dieu nous pardonne), | Ont une place secrète dans le cœur. 3 Et que Dieu nous pardonne tant qu’il y aura des chré- L Aussi longtemps c’est-à-dire éternellement, $ Dans les siècles des siècles il y aura pour cestroispara- . ; Une place secrète dans le cœur. î Et toutes les trois elles sont les paraboles de l’espé- Entre elles. Sœurs entre elles comme trois enfants toutes jeunes.
j. Et comme plus intérieures que toutes les autres. Répondant comme à une voix intérieure plus profonde. | Mais entre toutes; entre toutes les trois voici la troisième e. parabole qui s’avance. F Et celle-là, mon enfant, cette troisième parabole de | l’espérance, Non seulement elle est neuve comme au premier jour. 3 Comme les deux autres Et dans les siècles elle sera neuve, Aussi neuve jusqu’au dernier jour. _ Mais depuis quatorze cents, depuis deux mille ans qu’elle Et qu’elle fut contée à des hommes innombrables, (Depuis cette première fois qu’elle fut contée), A des chrétiens innombrables, A moins d’avoir un cœur de pierre, mon enfant, qui l’entendrait sans pleurer. Depuis quatorze cents, depuis deux mille ans elle a fait £ pleurer des hommes innombrables. Dans les siècles et dans les siècles. Elle a touché dans le cœur de l’homme un point unique, un point secret, un point mystérieux. (Elle a touché au cœur). Un point inaccessible aux autres. On ne sait quel point comme plus intérieur et plus profond. Des hommes innombrables, depuis qu’elle sert, des chrétiens innombrables ont pleuré sur elle, . (A moins d’avoir un cœur de pierre).
Ont pleuré par elle. ET ta Dans les siècles des hommes pleureront. ‘a Rien que d’y penser, rien que de la voir qui pourrait. 7 Re Qui saurait retenir ses larmes. À us Dans les siècles, dans l’éternité des hommes pleureront 4 à sur elle ; par elle, 4 _ Dans l’éternité jusqu’au jugement. Se. ; Au jugement même, dans le jugement. Et È , C’est La parole de Jésus qui a porté le plus loin, mon ‘4 C’est celle qui a eu la plus haute fortune E. ne Elle a éveillé dans le cœur on ne sait quel point de ‘ Aussi elle a eu une fortune dl Elle est célèbre même chez les impies. - 4 A Elle y a trouvé, là même, un point d’entrée. Et 3 ns Seule peut-être elle est restée plantée au cœur del’impie Comme un clou de tendresse. x E | | Or il dit : Un homme avait deux fils : E | Et celui qui l’entend pour la centième fois, ; | - C’est comme si c’était la première fois. 4 à re Qu’il l’entendrait. 3 | Un homme avait deux fils. Elle est belle dans Luc, Elle est belle partout. È
Elle n’est que dans Luc, elle est partout. ni,
7 Elle est belle sur la terre et dans le ciel. Elle est belle è È
| Rien que d’y penser, un sanglot vous en monte à la UE “ C’est la parole de Jésus qui a eu le plus grand reten- ; Dans le monde. É ë, Qui a trouvé la résonance la plus profonde : -_ Dans le monde et dans l’homme. _ Au cœur de l’homme. … Quel point sensible a-t-elle trouvé … Que nulle n’avait trouvé avant elle, ; & Que nulle n’a trouvé, (autant), depuis, _ Insoupçonné encore, … Point de douleur, point de détresse, point d’espérance. _ Point de meurtrissure au cœur de l’homme. Point où il ne faut pas appuyer, point de cicatrice, point de couture et de cicatrisation. Où il ne faut pas que l’on appuie. à _Attachement unique, liaison du cœur fidèle, … Et du cœur infidèle.
| le porche FAR D. : Toutes les paraboles sont belles, mon enfant, toutes les : paraboles sont grandes. 3 Et notamment les trois paraboles de l’espérance. 4 Et toutes les trois paraboles de l’espérance en outre ; | sont jeunes, mon enfant. | . Mais sur celle-ci des centaines et des milliers d’hommes « : ont pleuré. = Des centaines de milliers d’hommes. 4 Battus des mêmes sanglots pleuré les mêmes larmes. ; Se recommençant les uns les autres. È Roulés des mêmes sanglots 4 Dans une communion de larmes. 4 Couchés, penchés, soulevés des mêmes sanglots pleuré È les mêmes larmes. 5 Secoués des mêmes sanglots. 4 Pleuré comme des enfants. ) Un homme avait deux fils. De toutes les paroles de Dieu C’est celle qui a éveillé l’écho le plus profond. Le plus ancien. ; Le plus vieux, le plus neuf. Le plus nouveau. Un point d’écho unique. : C’est la seule que le pécheur n’a jamais fait taire dans son cœur, F 160 4
: 4 _ Quand une fois cette parole a mordu au cœur …__ Le cœur infidèle et le cœur fidèle, “ Nulle volupté n’effacera plus É- La trace de ses dents. & Telle est cette parole. C’est une parole qui accom2 pagne. - É Elle suit comme un chien è Que l’on bat, mais qui reste. F Comme un chien maltraité, qui revient toujours. Fidèle elle reste, elle revient comme un chien fidèle. Vous avez beau lui donner des coups de pied et des à coups de bâton. ù Fidèle elle-même d’une fidélité Ainsi elle accompagne l’homme dans ses plus grands C’est elle qui enseigne que tout n’est pas perdu. G Il n’entre pas dans la volonté de Dieu Qu’un seul de ces petits périsse. _ C’est un chien fidèle Qui mord et qui lèche Et les deux retiennent Quand le pécheur s’éloigne de Dieu, mon enfant, A mesure qu’il s’éloigne, à mesure qu’il s’enfonce dans les pays perdus, à mesure qu’il se perd Il jette au bord du chemin, dans la ronce et dans les Comme inutiles et embarrassants et qui l’embêtent les biens les plus précieux. Les biens les plus sacrés. La parole de Dieu, les plus purs trésors.
| | le porche Le US ) Mais il y a une parole de Dieu qu’il ne rejettera point. Sur laquelle tout homme a pleuré tant de fois. : : Sur laquelle, par la vertu de laquelle. Par laquelle Et il est comme les autres, il a pleuré aussi. ; Il est un trésor de Dieu, quand le pécheur s’éloigne 4 Dans les ténèbres grandissantes. E Quand des ténèbres . 5 : : Voilent ses yeux il est un trésor de Dieu qu’ilnejettera 1 point aux ronces de la route K | Car c’est un mystère qui suit, c’est une parole qui suit … Dans les plus grands à On n’a pas besoin de s’occuper d’elle, et de la porter. E Cest elle ; S £ C’est elle qui suit, c’est une parole à la suite, c’est un trésor qui accompagne. - Les autres paroles de Dieu n’osent pas accompagner j l’homme à ; Dans ses plus grands E Mais en vérité celle-ci est une dévergondée. ê Elle tient l’homme au cœur, en un point qu’elle sait, et “4 ne le lâche pas. 4 | Elle n’a pas peur. Elle n’a pas honte. Ne. Et si loin qu’aille l’homme, cet homme qui se perd, À 6 En quelque pays, À Loin du foyer, loin du cœur, î
Là Et quelles que soient les ténèbres où il s’enfonce, Les ténèbres qui voilent ses yeux, Toujours une lueur veille, toujours une flamme veille, : un point de flamme. Là Toujours une lumière veille qui ne sera jamais mise … sous le boisseau. Toujours une lampe. à Toujours un point de douleur cuit. Un homme avait De deux fils. Un point qu’il connaît bien. A Dans la fausse quiétude un point d’inquiétude, un point 4 d’espérance. Toutes les autres paroles de Dieu sont | fs pudiques. Elles n’osent point accompagner l’homme Es dans les hontes du péché. Elles ne vont pas assez avant. Dans le cœur, dans les hontes du cœur. — Mais celle-ci en vérité n’est pas honteuse. On peut dire qu’elle n’a pas froid aux yeux. … C’est une petite sœur des pauvres qui n’a pas peur de manier un malade et un pauvre. Elle a pour ainsi dire — Et même réellement porté un défi au pécheur. Elle lui a dit : Partout”où tu iras, j’irai. _ On verra bien.
- Avec moi tu n’auras pas la paix. £ Je ne te laisserai pas la paix. - _ Et c’est vrai, et lui le sait bien. Et au fond il aime son Tout à fait au fond, très secrètement. ’ Car tout à fait au fond, au fond de sa honte et de son péché il aime (mieux) ne pas avoir la paix. Cela le À rassure un peu.
le porche LT Un point douloureux demeure, un point de pensée, un point d’inquiétude. Un bourgeon d’espérance. F3 Une lueur ne s’éteindra point et c’est 4 la Parabole troisième, ‘74 4 la tierce parabole de l’espérance. Un homme avait deux Il y avait une grande procession. En tête les trois « Similitudes D _s’avançaient. La foi, dit Dieu, ça n’est pas malin. “à Tout le monde croit. Je voudrais bien voir comment ils - Oui je voudrais savoir comment ils feraient pour ne pas Comment ils s’y prendraient. ‘4 J’éclate tellement dans ma création. , Jusque dans Îles gouffres de la mer et dans les abîimes Dans les profondeurs des gouffres. à Dans les éclairs et dans la foudre d’un ciel d’orage, À Quand le ciel est lourdement chargé, 4] Qui sont comme une déchirure du ciel. ù Et dans le fracas du tonnerre qui est un déchirement « du ciel. $ Et dans le roulement d’un tonnerre lointain. Dans le roulement ét le déroulement d’un tonnerre ”
FA Et dans les jours si beaux quandil ne fait pas un souffle de vent …__ À moins d’être aveugles comment feraient-ils pour ne _ pas me voir.
- La charité, dit Dieu, ça n’est pas malin. Ça ne m’étonne “3 pas non plus. _ Ces pauvres enfants sont si malheureux qu’à moins d’avoir un cœur de pierre
- Comment n’auraient-ils pas charité de leurs frères. Comment n’auraient-ils pas charité les uns des autres. Mais l’espérance, dit Dieu, (un homme avait deux fils), que ces pauvres enfants voient tous les jours comme Et que tous les jours ils croient que ça ira mieux le Justement le lendemain matin. Tous les jours depuis qu’il y a des jours. _ Et qu’un soleil se lèvera meilleur. _ Que tous les matins en se levant ils croient que la journée sera bonne. Cette journée. l Et que tous les soirs en se couchant ils croient que le Que justement le lendemain, que le jour du lendemain
le ‘porche Tree LS | Sera, fera une bonne journée. - FER Depuis tant de temps qu’il y a des jours. Hat Et que ça recommence. ‘s : Que tous les démentis ne comptent pas, tant de dé- 74 mentis qu’ils reçoivent précisément tous les jours. ÿ ? Que les démentis ne soient comme rien, ne les arrêtent 4 pas, que les démentis de tous les jours, ; Innombrables comme les jours, . ; Innombrables dans les innombrables jours que les ; à Ne les désabusent pas de cette idée, de cette conviction Que le jour d’aujourd’hui sera un jour meilleur, L k Un autre jour, un jour nouveau, un jour frais, un jour 4 Un jour levant, ; 4 Un jour enfin, une bonne journée, À Un jour pas comme les autres, 75 Après tant d’autres qui étaient tous les uns comme les LR Qu’il a même oubliés. # Oubliés aussitôt que passés. | ._ Oubliés aussitôt que touchés. Le Oubliés aussitôt que eus. 5 Qu’ils croient que ce matin eh bien ça va marcher. - S À Qu’ils croient quand même, que ce matin ça va bien,
_ Et je n’en reviens pas moi-même. ë
… Et il faut que ma grâce soit tellement grande. FRE
Et qu’ils oublient instantanément les jours mauvais. $
à _ Presque avant. Presque d’avance. Ne ” Qu’ils étouffent pour ainsi dire comme d’avance dans es _ leur mémoire les jours mauvais Lire … Qu’ils absorbent les jours mauvais presque avant qu’ils N 3 Avant qu’ils soient écoulés. 2 fs _ Avant qu’ils soient échus. ne
- Ayant qu’ils soient tombés. É . Comme une terre ardente qui absorberaïit les ingrati__ tudes du ciel. ,
- Qu’ils boivent les jours mauvais pour ainsi dire plus vite que les jours mauvais ne pleuvent. _ Les jours mauvais qui pleuvent comme une pluie 4
u… Comme une pluie grise, comme une infatigable pluie, É
ÿ Tombant, descendant d’un ciel rayé. Re. M. Plus que d’un ciel gris. mu. Comme une oblique pluie infatigable. FX Lu… Qu’ils absorbent tout ce qui tombe comme une bonne ES |“ terre de Lorraine, si & Comme une terre généreuse et saine, SE k - Bien juste, bien à point, bien meuble, Re
le porche Fe FER
boit tout ce qui tombe et ne se laisse pas envahir en
marais et en marécages.
Et en mares et en bas fonds et en marécages pleins de
boue et de vase,
Et du limon de l’âme et de plantes poisseuses y
Et de bêtes visqueuses. Gluantes.
Mais qu’au contraire de tout ce qui tombe et des innombrables pluies et des jours mauvais innombrables
: Aussitôt, instantanément, presque avant ils fassent une j
Une eau vive, une eau claire, une eau douce.
Une belle eau transparente.
Une eau pure et qui jaillit et qui coule en ces prés
Aux rives de Meuse.
Une belle eau lorraine, une âme d’une belle eau et la
source même de l’espérance.
Que ce soit juste avec cette matière, avec ces innombrables jours mauvais qui pleuvent et qui pleuvent à
Qu’ils fassent, qu’ils jaillissent, qu’ils fassent sortir,
qu’ils fassent jaillir cette source même de l’espérance.
Cette innombrable source et’ce fleuve innombrable.
Ce fleuve le plus grand de tous mes fleuves.
Voilà ce que j’admire, moi, qui m’y connais pourtant.
Et qui connais ma création. Et l’œuvre des Six Jours.
Et le repos du Sept. 3
Voilà ce qui m’étonne. Et pourtant je ne suis pas facile 4
Voilà ce qui me passe et je n’en reviens pas moi-même. ‘4
ùÙ Et il faut que ma grâce soit tellement grande. 4 Les jours mauvais pleuvent; sans se presser; sans se à lasser; l’heure après l’heure, le jour après le jour. F4 Les jours mauvais pleuvent. 1 _ Et de toute cette eau qui glisse inlassable du ciel, (d’un E= ciel qu’ils pourraient dire mauvais), pe ? De toute cette eau qui glisse par terre, de toute cette F6 3 (D’autres en feraient des marais et des marécages ‘3 pleins de fièvres et tout peuplés de sales bêtes £ Mais eux, la bonne terre, ma terre meuble et bien S Ma bonne terre d’âmes, bien labourée par mon Fils Re depuis des siècles et des siècles, bé _ Ma bonne terre saine de Lorraine ils recueillent toute “40 cette eau qui tombe. Fi Et merveille ils n’en font point des marais et des boues e et des vases. Et des algues et des scolopendres et des plantes f Mais merveille c’est cette eau même qu’ils recueillent et ils n’en sont point embarrassés. Car merveille c’est de cette eau même qu’ils font jaillir la source.
le porche FRS C’est cette eau, c’est la même eau qui court au ras des + C’est la même eau saine qui monte aux tiges du blé CE pour le Pain. C’est la même eau saine qui monte aux sarments pour C’est la même eau saine qui monte en l’un et l’autre bourgeon, en l’un et l’autre bourgeonnement, : En l’une et l’autre Loi. C’est la même eau, recueillie, c’est la même eau, saine, assainie, qui fait le tour du monde. $ Qui revient, qui reparaît, qui a fait tout le tour de ma C’est la même eau recueillie qui rejaillit, qui ressource. Dans la nouvelle fontaine, dans le rejaillissement jeune. | Dans la source et le ressourcement de l’espérance. ; Vraiment, dit Dieu, mon Fils m’a fait de très bons Depuis quatorze siècles qu’il ameublit cette terre ‘# Depuis quatorze siècles que mon Fils laboure et cultive à À cette terre, : Il m’a fait de très bons laboureurs et cultivateurs. x Et des moissonneurs et des vignerons. Des fins vigne Ces jours mauvais qui pleuvent et qui pleuvent et qui partout ailleurs empoisonneraient des pays entiers. Des nations, des peuples entiers, des créations entières.
…_. Ces pluies et ces pluies qui partout ailleurs envahi18 raient, | Fe Envaseraient d’un limon crasseux la terre végétale, . Noïieraient toute pousse et bourgeonnement 4 : __ Sous les varechs et les vers de vase. a Tous ces jours mauvais qui pleuvent et pleuvent E 4 Partout ailleurs inonderaient, noieraient, de souillures, h à de bavures, 3 La bonne terre végétale, | : & Enliseraient, couvriraient de pestilences à a Toute ma création. 2 Mais ici, dit Dieu, dans cette douce France, ma plus Fe … Dans cette saine Lorraine, Ë 3 Ici ils sont bons jardiniers. ba : C’est des vieux jardiniers finis, des fins jardiniers depuis Es . quatorze siècles qu’ils suivent les leçons de mon Füs. RE Ils ont tout canalisé, tout ameubli dans les jardins de AR De l’eau qui sert à inonder, à empoisonner (riant) eux ils 5 - s’en servent pour arroser. L Peuple de mon Fils, peuple plein de grâce, éternelleme ment plein de jeunesse et de grâce. b Les eaux mêmes ‘du ciel, tu les détournes; pour tes Ma colère même, tu la détournes ; pour tes mystérieux, h pour tes merveilleux jardins. Les pestilences mêmes tu les détournes et elles ne Ka l’atteignent pas et elles ne te servent que de fumier È Pour tes mystérieux, pour tes merveilleux jardins. E O peuple tu as bien appris les leçons de mon Fils.
le porche EME Qui était un grand Jardinier. Peuple secrètement aimé c’est toi qui as le mieux réussi. Peuple jardinier toujours une eau saine arrosera tes 5 Peuples; peuple qui ne recules devant aucunes pestilences. O mon peuple français, Ô mon peuple lorrain. Peuple Peuple laboureur et cultivateur. Peuple qui laboures le plus profondément Les terres et les âmes. Toujours tes eaux seront des eaux vives. Et tes sources toujours des fontaines jaillissantes. Toujours tes rivières seront des eaux courantes et tes Et tes secrètes sources dans tes mystérieux. Dans tes merveilleux, dans tes douloureux jardins. Toujours une eau courante, une eau saine arrosera tes Toujours une eau saine montera dans ton Blé. ù Toujours une eau saine, rare, abondante, une eau pré- | cieuse, toujours une eau saine montera dans ta Vigne. # Peuple qui fais le Pain, peuple qui fais le Vin. : O ma terre lorraine, Ô ma terre française, Peuple qui suis le mieux, qui as le mieux pris les leçons À de mon fils. ; Peuple accointé à cette petite Espérance. Qui jaillit partout dans cette terre. À Et dans les mystérieux. Dans les merveilleux, dans les très douloureux jardins des âmes
- Peuple jardinier qui as fait pousser les plus belles fleurs È Par la grâce de cette petite Espérance. k. Peuple qui fais reculer les pestilences R Par l’ordre. Par la propreté, par la probité ; par la clarté. t+ Par une vertu qui est en toi, par une vertu propre, par : |: une vertu unique. F Peuple jardinier, qui laboures et qui herses, F Qui bêche et qui râtisse, S Qui ameublit la création même. fe Et je le dis, dit Dieu, je le déclare : Rien n’est aussi pro- à fond qu’un labour. Ë À Et rien n’est aussi beau, je m’y connais, Rien n’est aussi grand dans ma création Que ces beaux jardins d’âmes bien ordonnés comme en font les Français. Toutes les sauvageries du monde, on peut m’en croire, je le sais peut-être, Toutes les sauvageries du monde ne valent pas un beau jardin à la française. Jardins très douloureux des âmes françaises. Toutes les sauvageries du monde ne valent pas un beau C’est là que j’ai cueilli mes plus belles âmes.
le porche LISE Toutes les sauvageries du monde ne valent pas une Peuple honnête, peuple de jardiniers c’est lui qui fait pousser les plus belles âmes Très douloureux jardins des âmes ont poussé là | Qui ont souffert sans rompre l’alignement Le plus dur martyre z Et c’est ça qui est difficile; c’est ça qui est rare Le plus recreusé martyre “4 Sans rompre l’ordonnance. à Très douloureux jardins des âmes ont poussé là que Toutes les sauvageries du monde ne valent pas un bon jardin de presbytère. Avec ses tournesols. è Que les enfants appellent des soleils. 4 Et c’est des soleils, si je veux. 3 Un bon jardin de curé. É Bien requiet; bien requois. ; C’est là que j’ai cueilli mes plus belles âmes | Les sauvages diront que ce jardin n’est pas grand et | qu’il n’est pas profond. L Mais moi je sais, (dit Dieu), que rien n’est grand ÿ comme l’ordre et que rien n’est profond comme le 4 Peuple honnête, plein de jeunesse,
“à _ Les eaux du ciel, tu n’en es point intimidé.
a Tu n’en es point embarrassé, les eaux du ciel tu les
“4 Les jours mauvais pleuvent et pleuvent, ils ne te cor-
He _ Au contraire, peuple qui assainis tout.
3 France ma fille aînée.
_ Les jours mauvais tu n’en fais point des corruptions et
Fs des pestilences.
Des eaux corrompues, des eaux mortes.
(4 Les jours mauvais tu n’en fais point des mortes eaux.
—_ Mais jardinier, peuple jardinier tu en fais ces beaux
_ Qui arrosent les plus beaux jardins
_ Qu’il y ait jamais eu au monde.
pe Qui arrosent les jardins de ma grâce, les éternels
À Moi je sais, dit Dieu, jusqu’où un Français peut se
Sans rompre l’alignement. Je sais jusqu’où un Français peut ne pas rompre une
Et ce qu’ils souffrent en dedans, et jusqu’où, Quelles épreuves ils portent, sans bouger d’une ligne, Comme un beau pont, comme une belle voûte bien
{ = Quels sacrifices ils m’apportent, (en secret), nul sacrifice n’est si profond . Qu’un labour français.
le porche De Une eau pure, une eau saine, une eau courante monte Dans les tiges de la loi du Pain. Une eau saine, une eau courante monte, une eau rare Dans les sarments de la loi du Vin. Une eau lorraine, une eau française monte dans le De l’une et l’autre loi. >; Français, dit Dieu, c’est vous qui avez inventé ces beaux jardins des âmes. Je sais quelles fleurs merveilleuses croissent dans vos f Je sais quelles épreuves ; Infatigables vous portez. Je sais quelles fleurs et quels fruits vous m’apportez en 4 C’est vous qui avez inventé le jardin. F Les autres ne font que des horreurs. Fi Vous êtes celui qui dessine le jardin du Roi. É Aussi je vous le dis en vérité c’est vous qui serez mes | C’est vous qui dessinerez mes jardins de Paradis. Il a dû y avoir quelque chose, dit Dieu, entre nos Fran- çais et cette petite Espérance. :.
ÿ- Peuple laborieux, peuple du plus profond labeur. è Ce n’est pas lui qui stagne-et croupit dans les marais de la paresse. à Dans les mares stagnantes, dans les fosses, dans les Dans les croupissements et dans les boues de la ” Dans les croupissements du désespoir. Dans les croupissements et dans les boues du péché. Peuple alerte, peuple jardinier les jours mauvais Ils ne déposent point, chez lui ne s’extravasent point En mares croupissantes mais peuple maraîcher Des marais mêmes il fait les plus beaux jardins. Il fait pousser les plus beaux légumes, les plus beaux Et son âme est toujours une eau courante et une eau Et son travail est toujours une eau courante. ; Et sa prière, je le sais, est toujours une eau courante. Singulier peuple, il faut, dit Dieu, qu’il y ait eu quelque Qu’il se soit fait quelque accoïintance entre ce peuple & et cette petite Espérance.
Ils y réussissent trop bien.
Il faut qu’ils aient fait entre eux une espèce d’adoption. 4 Ils ont adopté l’espérance et l’espérance les a adoptés. | Non point certes comme un père une fille et comme une | fille un père. ; Mais plus familièrement. : | D’une accointance, d’une adoption plus familière. 1 Ils sont avec elle, (je connais les familles à Des hommes), comme un oncle avec sa nièce. 3 Dans les maisons où il y a un oncle il a avec les ANS Et ensemble les enfants ont avec lui 1 Une liberté, une familiarité propre 3 Que le père n’aura jamais. L Une connivence, une entente secrète, non déclarée. Mais ils n’ont pas besoin de la déclarer. Ils n’ont pas besoin de la déclarer à eux-mêmes. : De la voir. D Elle y est. 3 Le père est l’ascendant direct, il a le front sourcilleux, les yeux froncés, il est tout chargé d’une responsabilité directe. J Et les enfants le sentent bien. Il est au-dessus. TT Et les enfants le sentent bien. d Le lien du père au fils est un lien sacré, qui pèse, un Et les enfants le sentent bien. j L’oncle a une liberté, (et l’âge en même temps, et l’expérience), il fait tout ce qu’il veut, il est pour les
_ Tout l’amusement de la vie.
Les enfants le savent. Avec lui seul avec lui de lui les £ propos sont amusants, de lui avec lui seul avec lui les jeux sont amusants.
Lui seul est familier. 6
- C’est ainsi que ces Français se sont mis avec cette | Elle ne se plaît qu’avec eux. | Elle écoute tous leurs propos. Il n’y en a que pour eux. - | Tout ce qu’ils disent est bien. Elle se reconnaît en eux. | Il n’y a que leurs histoires qui sont bonnes. Elle ne quitte pas leurs genoux. Elle se les fait conter vingt Voilà comment ces Français se sont mis avec cette : enfant Espérance.
- Singulier peuple toute eau leur est une source vive. Toute eau qui tombe leur devient une eau courante.
Par le ministère de l’espérance.
Toute eau, toute eau mauvaise leur devient une eau
Les eaux mauvaises les rendent souvent malades.
Les eaux mauvaises ne les empoisonnent jamais.
Ils boivent impunément de tout.
Par cette accointance qu’ils ont avec cette petite Espé-
le porche AE On se demande, on dit : Mais comment que ça se fait 3 Que cette fontaine Espérance éternellement coule ; Qu’elle jaillit éternellement, qu’elle source éternellement, Qu’elle coule éternellement, Où cette enfant prend-elle tant d’eau pure et tant d’eau Tant de jaillissement et tant de ressourcement. | Est-ce qu’elle les crée? À mesure? ; — Non, dit Dieu, il n’y a que moi qui crée. . — Alors où prend-elle toute cette eau. | Pour cette fontaine jaillissante. |
Comment que ça se fait que cette éternelle fontaine Que cette éternelle source Il doit y avoir un secret là-dedans. Pour que cette source éternellement ne se trouble point Pour qu’éternellement elle ne tarisse point aux ardentes ardeurs de juillet. — Bonnes gens, dit Dieu, ça n’est pas malin. IS Son mystère n’est pas malin. Et son secret n’est pas difficile. Si c’était avec de l’eau pure qu’elle voulût faire des Des sources d’eau pure,
r Jamais elle n’en trouverait assez, dans (toute) ma … Mais c’est justement avec les eaux mauvaises qu’elle 1 fait ses sources d’eau pure. : Et c’est pour cela qu’elle n’en manque jamais. Mais aussi c’est pour cela qu’elle est l’Espérance. Maintenant comment elle s’y prend pour faire de l’eau S pure avec de l’eau mauvaise, De l’eau jeune avec de l’eau vieille, c Des jours jeunes avec des vieux jours. …_ De l’eau neuve avec de l’eau usée. Des sources avec de la vieille eau. ; Des âmes fraîches avec des vieilles âmes. Des sources d’âme avec de la vieille âme. De l’eau fraîche avec de l’eau tiède. Malheur à celui qui est tiède. Des matins jeunes avec des vieux soirs. Des âmes claires avec des âmes troubles. De l’eau claire avec de l’eau trouble. De l’eau, des âmes enfants avec des âmes usées.
; | le porche NÉETS Des âmes levantes avec des âmes couchantes. à Des âmes courantes avec des âmes stagnantes. è Comment elle y réussit, comment elle s’y prend, Ça, mes enfants, c’est mon secret. Parce que je suis son Père. Des âmes neuves avec des âmes qui ont déjà servi. Des jours neufs avec des jours qui ont déjà servi. Des âmes transparentes avec des âmes troubles. Des âmes levantes avec des âmes couchées. Des jours transparents avec des jours troubles. Si c’était avec des jours transparents qu’elle fit des | Si c’était avec des âmes, avec de l’eau claire qu’elle fit des sources. | Avec de l’eau claire qu’elle fit de l’eau claire. . Si c’était avec de l’âme pure qu’elle fit de l’âme pure, - Parbleu, ça ne serait pas malin. Tout le monde pourrait en faire autant. Et il n’y aurait là aucun secret. Mais c’est avec une eau souillée, une eau vieillie, une Mais c’est d’une âme impure qu’elle fait une âme pure et c’est le plus beau secret qu’il y ait dans le jardin du monde.
Si c’était avec de l’eau pure qu’elle fit de l’eau pure, elle sait bien ce qu’elle fait, elle est maline. Si c’était avec de l’eau pure, si c’était de l’eau pure qu’elle fit jaillir en source d’eau pure, Elle en manquerait tout de suite. Elle n’est pas si bête, elle sait bien qu’elle en manquerait tout de suite. | Mais c’est des eaux mauvaises qu’elle fait une source Elle-sait bien qu’elle n’en manquera jamais. . La source éternelle de ma grâce même. ; Elle sait bien qu’elle n’en manquera jamais. Et il faut que ma grâce soit tellement grande. C’est d’une eau mauvaise qu’elle fait ses fontaines. Aussi elle n’en manquera jamais. Ses fontaines parfaitement pures. C’est du jour impur qu’elle fait le jour pur. Elle n’en manquera jamais. C’est de l’âme impure qu’elle fait l’âme pure. Elle n’en manquera jamais. Il y avait une grande procession. C’était la procession _ de la Fête-Dieu. On portait le Saint-Sacrement. Aussi
- en tête les trois Théologales :
le porche SET OR Marchaient. Voyez, dit Dieu, cette petite, comme elle À Regardez-moi voir un peu. Les autres, les deux autres marchent comme des grandes personnes, ses deux grandes sœurs. Elles savent où elles sont. Elles sont décentes. Elles savent qu’elles sont dans une procession. Surtout une procession de la Fête-Dieu. | Où l’on porte le Saint-Sacrement. Elles savent ce que c’est qu’une procession. Et qu’elles sont à la procession, à la tête de la procession. | Elles vont à la procession. Elles se tiennent bien. Elles s’avancent comme des grandes personnes. Sérieuses. Qui sont toujours un peu fatiguées. Re \ Mais elle elle n’est jamais fatiguée. Voyez voir un peu. Comment elle marche. Elle va devant vingt fois, comme un petit chien, elle : revient, elle repart, elle fait vingt fois le chemin. Elle s’amuse avec les guirlandes de la procession. « Elle joue avec les fleurs et les feuilles | | Comme si ce ne fussent point des guirlandes sacrées. | Elle jouerait à sauter par dessus les feuillages Elle n’écoute rien. Elle ne tient pas en place dans les < Elle voudrait tout le temps marcher. Aller de l’avant. Sauter. Danser. Elle est si heureuse. (O peuple, peuple jardinier, qui pour les processions Fais pousser les roses de France. Jardinier du roi, jardinier de fleurs et de fruits, jardinier
4 _ Peuple tu es mon jardinier. ‘4 Jardinier dans le verger, jardinier dans le potager, jardi3 nier dans le jardin. ; Jardinier dans le champ même. Tes forêts sont plus propres que le parc même du Tes bois (les plus sauvages) sont plus propres que le verger du roi. | Tes champs et tes vallons sont plus propres que le pi jardin du roi. Dans tes champs les plus étendus je ne vois pas une
- Peuple laborieux j’ai beau regarder tes champs sont à purs comme un beau jardin. mt Et tes vallons au loin qui se recourbent mollement. ; __ Pleins de fécondité. Bien gonflés sous la main. Avec des recreux de secret. . Peuple diligent la charrue et la herse et le rouleau, la et le cordeau | Ne s’ennuient pas dans tes mains. ‘ Ne chôment pas dans tes mains. d Tu n’as pas peur d’y toucher. Tu ne les regardes pas j de loin avec des cérémonies. | Mais la charrue et la herse et le rouleau et la pelleetla Tu en fais des bonnes honnêtes ouvrières, des outils
- d’honnête homme. * {“ Tu n’as pas peur de les approcher.
le porche ER 1
La paume de ta main polit le manche de l’outil, lui 1 donne un beau luisant de bois. +22
Le manche de l’outil polit la paume de ta main, lui donne un beau luisant de cuir
; Tes outils tu en fais des outils alertes. Des outils diligents. Des outils honnêtes. s
Des outils qui vont vite. Et ils sont bien emmanchés.
Peuple premier, tu es le premier dans le potager. 3
Le premier dans le verger. Le premier dans le jardin.
Le premier dans le champ.
Tu es le seul dans tout cela. :
Tu fais pousser les plus beaux légumes et les plus beaux :
Tu cueilles les plus beaux légumes, tu cueilles les plus
Tu cueilles les plus belles feuilles mêmes.
C’est toi qui couches les plus belles jonchées de feuil- à
Aux pieds des trois Théologales. ñ
Aux pieds graves de ma fille la Foi tu couches les plus ÿ beaux, les plus sérieux feuillages
Aux pieds saignants de mon ardente fille, de ma fille la Charité tu couches les plus beaux, les plus tendres
Les plus frais au pied.
3 Si frais que la fraîcheur vous en remonte au cœur et
…_ Et qui sont comme un baume au cœur endolori. fe. Car ils sont comme un baume au pied endolori fl Au pied saignant, au pied ensanglanté. Aux pieds de . k Cendrillon de cette enfant ma petite Espérance 14 Peuple tu jettes les plus jaiïllissants feuillages L Jonchés, couchés. Des feuillages plein les rues. Et aux ; pieds des grandes Processions, Peuple, et aux pieds du grand Saint-Sacrement, Aux pieds du Très Grand peuple tu sèmes les roses de | Peuple qui couches aux pieds des grandes Processions Les plus grandes Fleurs, les plus grandes Feuilles. Les plus belles, les plus grandes fleurs de la terre charj nelle. Les plus grandes fleurs du monde Les plus grandes fleurs de terre et d’âme. Les plus grandes fleurs de race et de terre. Et de terre. k Peuple qui as fait de ton royaume un jardin. Jardinier du roi. Royaume du roi. Peuple qui as fait de tes champs un jardin. Peuple qui sans compter aux pieds du Très Haut î Jettes les fleurs, jettes les âmes, Sachant qu’il en poussera toujours. | Que tu en feras toujours pousser. Péuple, peuple, le seul qui ne comptes jamais avec Peuple du roi, peuple roi, je te Le dis, je te prendrai au
le porche ” ARTS Moi aussi je suis roi je te prendrai au roi pour mon Jardinier du roi je te prendrai au roi À Le jour du Couronnement 4 Pour dessiner mes jardins à Dans mon royaume de Paradis. : Peuple je te ferai mon peuple jardinier. ‘34 Peuple ami du eordeau et du plantoir. E. Et tu me feras de ces belles roses de France. Et de ces beaux lys blancs de France À Qui portent un col non ployé. E Peuple de pépiniéristes, pays de roseraies, peuple Peuple patient, qui as la patience (et le goût) de Peuple qui ne cesses point de désherber. Plus vite et # plus constant et plus infatigable que la nature même. J : Plus penché sur la terre, plus courbé, plus penché à désherber, toi qui vas plus vite et qui est plus con- 1 stant et plus infatigable à désherber pl Que la mauvaise herbe à pousser (et ce n’est pas peu dire) Que la mauvaise nature même à faire pousser la mau- Peuple qui suffis plus à arracher la mauvaise herbe que la mauvaise nature à la faire pousser. (Et ce n’est pas peu dire. Si quelqu’un le sait, c’est
à Peuple plus opiniâtre, plus patient, plus recommençant
ï. que la mauvaise nature même
Quand je regarde tes champs j’ai beau regarder je n’y
: vois pas une mauvaise herbe.
| Ni un chardon pour les ânes. Ni cette ivraie que mon
Fils nommait la zizanie
: Et qui lui servit beaucoup pour ses similitudes. Un
ÿ homme avait deux fils.
Et que vous autres vous nommez de l’ivraie et du
| _ Peuple laborieux quand je regarde tes champs.
Ni dans tes moissons cette affreuse maladie.
Quand les blés ont la maladie. Et surtout les seigles.
Cet ergot, cette carie du seigle, cette affreuse
& Pourriture sèche qui empoisonne
Qui ose empoisonner le pain même.
Quand je regarde vos champs, Français,
Puissiez-vous désherber ainsi be
Vos âmes aussi | ;
De toute cette mauvaise herbe du péché.
De cette carie, de cette odieuse qui ronge
| Peuple qui jettes par brassées
Les beaux lys de France au col non ployé,
1 Aux pieds de la Très Sainte et de l’Immaculée.
le porche ne.
Voyez cette petite, dit Dieu, comme elle marche. E Elle sauterait à la corde dans une procession. Elle marcheraït, elle avancerait en sautant à la corde, 4 À par quelque gageure. D Tellement elle est heureuse ; | (Seule de toutes) Et tellement elle est sûre de ne jamais se fatiguer. ; | Les enfants marchent tout à fait comme des petits ; (D’ailleurs ils jouent aussi comme les petits chiens) Quand un petit chien se promène avec ses maîtres Il fait vingt fois le chemin. Vingt fois le trajet. 1 C’est qu’en effet il ne va pas quelque part. Ce sont les maîtres qui vont quelque part. Et ce qui l’intéresse, c’est précisément de faire le | Pareillement les enfants. Quand vous faites une course À avec vos enfants Ou quand vous allez à la messe ou aux vêpres avec vos Ou entre messe et vêpres quand vous allez vous promener avec vos enfants
“ - Ils trottent devant vous comme des petits chiens. Ils È avancent, ils reculent. Ils vont, ils viennent. Ils Ils font vingt fois le trajet. Cest qu’en effet ils ne vont pas quelque part. » 7 Ça ne les intéresse pas d’aller quelque part.
Ils ne vont nulle part.
Ce sont les grandes personnes qui vont quelque part
Les grandes personnes, la Foi, la Charité.
Ce sont les parents qui vont quelque part.
A la messe, aux vépres, au salut.
Qui s’efforcent, qui se travaillent pour aller quelque part
Ou même qui vont se promener quelque part.
Mais les enfants ce qui les intéresse ce n’est que de faire le chemin.
D’aller et de venir et de sauter. D’user le chemin avec
De n’en avoir jamais assez. Et de sentir pousser leurs
Ils boïvent le chemin. Ils ont soif du chemin. Ils n’en ont jamais assez.
Ils sont plus forts que le chemin. Ils sont plus forts que la fatigue.
Ils n’en ont jamais assez (Ainsi est l’espérance) Ils cou-
. rent plus vite que le chemin.
Ils ne vont pas, ils ne courent pas pour arriver. Ils arrivent pour courir. Ils arrivent pour aller. Ainsi est l’espérance. Ils ne ménagent pas leurs pas. L’idée ne
54 leur viendrait même pas
le porche TES De ménager quoi que ce füt. ‘1 l Ge sont les grandes personnes qui ménagent. Si D Hélas elles sont bien forcées. Mais l’enfant Espérance 3 | Ne ménage jamais rien. ; 4 | Ce sont les parents qui ménagent. Triste vertu, hélas s { qu’ils ne s’en fassent point une vertu. “5 Ils sont bien forcés. Si solide que soit ma fille la Foi, Ferme comme un roc elle est bien forcée de ménager. $ Si ardente que soit ma fille la Charité 4 | Brûlante comme un beau feu de bois D | ._ Qui réchauffe le pauvre dans la cheminée || Le pauvre et l’enfant et le mourant de faim, Elle est bien forcée de ménager. n | La seule enfant Espérance ‘4 Est la seule qui ne ménage jamais rien. nn || Elle ne ménage pas ses pas, la petite bougresse, elle ne | ménage pas les nôtres. D || Comme elle ne ménage point les fleurs et les feuilles | Et les roses de France et les beaux lys de France Ainsi dans la petite, dans la longue procession, dans la | | dure procession de la vie elle ne ménage rien {| Ni ses pas ni les nôtres L’ Dans l’ordinaire, dans la grise, dans la commune pro- [! | De tous les jours Il (Car ce n’est pas tous les jours la Fête-Dieu). - Ut Elle ne ménage pas ses pas, et comme elle nous traite [| comme elle | h Elle ne ménage pas non plus les nôtres, |
- Elle ne se ménage pas; et pareïllement, ensemble elle ne ménage pas non plus les autres. : Elle nous fait recommencer vingt fois la même chose. ; Elle nous fait aller vingt fois au même endroit. Qui est généralement un endroit de déception Ça lui est bien égal. Elle est comme une enfant. Elle est une enfant. Ça lui est bien égal de faire marcher les grandes per- | La sagesse terrestre n’est point son affaire. Elle ne calcule point comme nous. Elle calcule, ou enfin elle ne calcule pas, elle compte (sans s’en apercevoir) comme une enfant. Comme une qui a toute la vie devant soi. ( Ça lui est bien égal de nous faire marcher. Elle croit, elle compte que nous sommes comme elle. Elle ne ménage point nos peines. Et nos travails. Elle Que nous avons toute la vie devant nous. Comme elle se trompe. Comme elle a raison Car n’avons-nous point toute la Vie devant nous. _ La seule qui compte. Toute la vie Éternelle. Et le vieillard n’a-t-il pas autant de vie devant soi que l’enfant au berceau.
Sinon plus. Car pour l’enfant au berceau la Vie …. La seule qui compte est masquée par cette misérable — Qu’il a devant lui. D’abord. Qui est devant. Par cette Re la misérable vie terrestre.
Il faudra qu’il traverse. Il faudra qu’il passe par toute cette misérable vie terrestre 4 Avant d’arriver, avant d’atteindre, pour atteindre à À la seule vie qui compte. Mais le vieillard il a de la Prudent il a mis derrière lui cette misérable vie À Qui lui masquaiït la Vie éternelle 4 A présent il est débarrassé. Il a mis derrière lui ce qui était devant. Ÿ : Il voit clair. Il est plein de vie. Entre la vie et lui il ny a plus rien. Il est au bord de la lumière. Il est sur le rivage même. Il est à plein. IL est au bord de la vie éternelle. On a bien raison de dire que les vieillards sont prudents. Ainsi comme cette enfant avait raison de compter ; Que nous sommes comme elle. 4 Que nous avons toute la vie devant nous. Nous l’avons autant qu’elle. Que lui importe De nous faire faire vingt fois le même trajet. | A | Elle a raison. Ce qui importe 4 (Et de nous faire aller vingt fois au même endroit Qui est généralement un endroit de déception . | Terrestre) ce qui importe 4 Ce n’est pas d’aller ici ou là, ce n’est pas d’aller quelque Terrestre. C’est d’aller, d’aller toujours, et (au contraire) de ne pas arriver. C’est d’aller petitement dans la petite procession des
__ Grande pour le salut. Les jours vont en procession Et nous nous allons en procession dans les jours. Ce qui importe C’est d’aller. D’aller toujours. Ce qui compte. Et comme C’est le chemin qu’on fait. C’est le trajet lui-même. Et comme on le fait. Vous faites vingt fois le même chemin terrestre. Pour | Et vingt fois vous aboutissez, vous parvenez, vous | Péniblement, laborieusement, difficilement, Au même point de déception Et vous dites : Cette petite Espérance m’a encore
- J’aurais dû me méfier. C’est la vingtième fois qu’elle La sagesse (terrestre) n’est point son fait. Je ne la croirai plus jamais. (Vous la croirez encore, vous la croirez toujours). On ne m’y prendra plus jamais. — Sots que vous êtes. Qu’importe cet endroit où vous vouliez aller. Où vous croyiez aller. Voyons, vous n’êtes pas des enfants, vous saviez bien Que ce point où vous alliez serait un point de déception Terrestre. Qu’il en était un d’avance. Alors pourquoi y êtes-vous allé. Parce que vous comprenez très bien le manège de cette
LAS le porche à +
Pourquoi suuvez-vous toujours cette enfant de déception. F: , Pourquoi donn#z-xous les mains au manège de cette A Toujours, et la vingtième fois’ .plus premièrement que la Pourquoi y allez-vous de vous-mêmes. , 4
; Toujours, et la vingtième fois plus couramment que la
C’est qu’au fond vous savez très bien ce qu’elle est. E Ce qu’elle fait. Et qu’elle nous trompe. 4 Parce qu’elle est la seule qui ne nous trompe pas. ‘à Et qu’elle nous déçoit { E Toute la vie - Parce qu’elle est la seule qui ne déçoit pas S Pour la Vie. Et c’est ainsi qu’elle est la seule à ne point nous décevoir. Car ces vingt fois qu’elle nous fait faire le même chemin | Sur terre pour la sagesse humaine ce sont vingt fois
qui se redoublent 4 Qui se recommencent, qui sont la même | Qui sont vingt fois vaines, qui se superposent | Parce qu’elles conduisaient par le même chemin | Au même endroit, parce que c’était le même chemin. |
Mais pour la sagesse de Dieu Rien n’est jamais rien. Tout est nouveau. Tout est | Tout est difiérent. Au regard de Dieu rien ne se recommence,
; Ces vingt fois qu’elle nous a fait faire le même chemin n pour arriver au même point Pour le regard humain c’est le même point, c’est le même chemin, ce sont les vingt mêmes fois. Mais c’est cela qui trompe. | C’est cela qui est le faux calcul et le faux compte Étant le compte humain. Et voici ce qui ne déçoit point : Ces vingt fois ne sont pas la même. Si ces vingt fois sont vingt fois d’épreuve(s) et si ce chemin est un chemin de sainteté Sur le même chemin la deuxième fois fait le double de la première Qu’importe d’arriver ici ou là, et toujours au même Qui est un endroit de déception | à C’est le chemin qui importe, et quel chemin on fait, et quel étant on le fait Comment on le fait. C’est le trajet seul qui importe. Si le chemin est un chemin de sainteté Au regard de Dieu, un chemin d’épreuves Celui qui l’a fait deux fois est deux fois plus saint j Au regard de Dieu et celui qui l’a fait trois fois Trois fois plus saint et celui qui l’a fait . Vingt fois vingt fois plus saint. C’est comme ça que C’est comme ça que Dieu voit. | | 197
Le même chemin, deuxième n’est plus le même. pe Tous les jours, dites-vous, tous vos jours sont les Sur terre, sont le même. | Partant des mêmes matins vous acheminent aux mêmes | Mais ils ne vous conduisent point aux mêmes soirs Tous les jours, dites-vous, se ressemblent. — Oui, tous 7 les jours terrestres. | Mais rassurez-vous, mes enfants, ils ne ressemblent Au dernier jour, à celui qui ne ressemble à nul autre. : | Tous les jours, dites-vous, se recommencent. — Non ils ’ Au trésor éternel des jours. | Le pain de chaque jour au pain de la veille. La souffrance de chaque jour (Quand même elle recommencerait la souffrance de la Au trésor éternel des souffrances. La prière de chaque jour 2 | (Quand même elle recommencerait la prière de la veille) | Au trésor éternel des prières. | Le mérite de chaque jour n | (Quand même il recommencerait le mérite de la veille) LA Au trésor éternel des mérites. Jr Sur terre tout se recommence. Dans la même matière. HA 4 | Mais au ciel tout compte ‘x 0 Et tout s’additionne. La grâce de chaque jour 2 (Quand même elle recommencerait la grâce de la veille) A » !
; 2 Au trésor éternel des grâces. Et c’est pour cela que la È Seule ne ménage rien. Quand Jésus travaillait chez son 2 père à Tous les jours il faisait la même journée. 4 Il n’avait pas une seule histoire È Excepté une fois. 5 ‘à C’est pourtant le tissu, dans ces mêmes jours, È C’est le réseau de ces mêmes journées d Qui constitue, qui éternellement constitue Fi la Vie admirable de Jésus avant sa prédication _ Sa vie privée is Sa vie parfaite, sa vie modèle. fa Celle qu’il offre en exemple, en Modèle inimitable à ; A tout le monde, sans aucune exception, ne laissant __ A quelques rares élus (et encore c’est en outre et non pas au contraire) pi Les exemples de sa vie publique à imiter Les modèles inimitables de sa Prédication (Et de sa Résurrection). _Pareïllement, ensemble avec lui, à l’imitation de lui Sur terre, sur nos chemins de la terre nos pas effacent nos pas. Car les chemins de la terre ne peuvent pas garder plusieurs couches de traces. Mais les chemins du ciel gardent éternellement toutes couches de traces Toutes traces de pas.
: le porche CARS Sur nos chemins de la terre il n’y a qu’une seule à 3 matière, la terre, 4 Nos chemins de la terre ne sont jamais faits que de la même terre, Et c’est elle qui sert tout le temps, et elle ne peut servir : qu’une fois A la fois. C’est la même terre qui sert tout le temps. | Elle ne garde jamais qu’une couche de traces à la fois. | Pour en recevoir une il faut qu’elle en sacrifie une autre. à La précédente. Toujours la précédente. 4 Une trace efface l’autre. Un pas efface un pas. Un pied : efface un pied. À | C’est pour cela que nous disons que nous faisons le même chemin. C’est que ce même chemin est un chemin, un même chemin de la même terre. i Dans la même terre. Mais les chemins du ciel reçoivent éternellement des Et celui qui passe à la onzième heure dans les chemins du ciel (Un homme avait deux fils) Pour aller à son travail et celui qui revient de son 2 Imprime dans le sol une empreinte neuve à Qui est son empreinte propre et éternellement il laisse g- L : Intactes les empreintes de tous ceux À: ; k Qui sont passés avant lui. Qui sont passés depuis la à
- Et même et pareillement 6 “ Intactes ses propres empreintes à lui rs Qui est passé avant lui. A C’est le miracle même du ciel, le miracle de tous les F jours du ciel, mais sur terre È Celui qui suit efface les traces de celui qui précède.
- Les pas effacent les pas Dans le même sable. ! Celui qui marche derrière efface les pas de celui qui | Et nous-mêmes quand nous faisons, Hs Quand nous recommencçons vingt fois le même chemin, Ka Quand vingt fois nous nous marchons derrière nous2 mêmes, ë Nous-mêmes nous effaçons la trace de nos (propres) à De nos anciens pas. C’est pourtant ce que Jésus a fait A son imitation c’est pourtant ce que Jésus, ce que Dieu nous demande À ceux qui n’ont point reçu de vocations propres Et même aux autres. À nous qui n’avons point reçu de vocations propres Toute la vie. Et même à ceux qui ont reçu des vocations propres
le porche ge Pendant toute leur vie privée, et même ailleurs, et même L Pendant les trente ans de leur vie privée, et même en autre temps Car dans la vie publique même les jours ressemblent Partant des mêmes matins vers les acheminements des Car dans toute vie il y a bien peu de jours qui ne ressemblent pas à tous les jours. Mais tous ces jours comptent. Dans la vie même de Jésus, dans la vie publique même Dans la prédication combien de jours n’étaient-ils pas les mêmes. Combien de prédications n’étaient-elles pas les mêmes < et temporellement ne se recommençaient-elles pas. jour de la Crucifixion. Et un jour de la Résurrection. Pendant trente et pendant trois ans tous les autres jours Mais tous ces jours comptent. Car sur terre vingt fois nous effaçons nos propres traces Et nous faisons vingt chemins qui se superposent le ‘ même. K Mais dans le ciel ils ne se superposent point. Ils se é mettent bout à bout. Et ils font le pont 5 Qui nous fait arriver de l’autre côté. # Un seul était trop court. Un seul chemin. Mais vingt + (Bien que chacun des vingt soit le même que l’autre)
- Sont assez longs. Ainsi quand nous disons que l’espé- | É rance nous trompe. :4 Et quand en même temps secrètement dans notre cœur 1 nous nous faisons ses complices & Pour qu’elle nous trompe, u al Au fond nous savons très bien ce que tout cela veut à _ Et que cette sourde complicité que nous avons avec elle É Pour qu’elle nous trompe J Est ce que nous avons en nous % De plus agréable à Dieu. E _ Orelle nous traite comme elle. __ Comme elle se traite elle-même.
- . Comme si nous étions comme elle. “à C’est-à-dire comme si nous étions infatigables. ES Et elle nous fait faire vingt fois ce chemin. fe Qui n’est pas le même. -_ Comme si nous étions infatigables. E Les enfants ne pensent même pas à la fatigue.
- Ils courent comme des petits chiens. Ils font le chemin
- Et par conséquent vingt fois plus de chemin qu’il n’en
- Qu’est-ce que ça leur fait. Ils savent bien que le soir (Mais ils n’y pensent pas) Ils tomberont de sommeil Dans leur lit ou même à table ; Et que le sommeil est la fin de tout. —. Voilà leur secret, voilà le secret d’être infatigable. _— Infatigable comme les enfants.
- Infatigable comme l’enfant Espérance. ;
Et de recommencer toujours le lendemain. PPS 1 Les enfants ne peuvent pas marcher, mais ils savent “4 | très bien courir.
L’enfant ne pense pas même, ne sait pas qu’il dormira
; Que le soir il tombera de sommeil. C’est pourtant ce Toujours prêt, toujours disponible, toujours présent, Toujours en dessous, comme une bonne réserve, E Celui d’hier et celui de demain, comme une bonne Comme un renforcement d’être, comme une réserve — Inépuisable. Toujours présente. : Celui de ce matin et celui de ce soir Qui lui met cette force dans les jarrets. 4 Ce sommeil d’avant, ce sommeil d’après ; C’est ce même sommeil sans fond ; Continu comme l’être même i Qui passe d’une nuit à une nuit, d’une nuit à l’autre, s qui continue d’une nuit à l’autre ; En passant par dessus les jours | , En ne laissant les jours que comme des jours, comme 4 des ouvertures. ÿ C’est ce même sommeil où les enfants ensevelissent leur être 4 Qui leur ‘maintient, qui leur fait tous les jours ces Et ce qu’il y a dans des jarrets neufs : ces âmes
- . Ces âmes nouvelles, ces âmes fraîches. : EE: Fraîches le matin, fraîches à midi, fraîches le soir. ‘2 Fraîches comme les roses de France. 2 Ces âmes au col non ployé. Voilà le secret d’être He: Cest de dormir. Pourquoi les hommes n’en usent- “4 J’ai donné ce secret à tout le monde, dit Dieu. Je ne l’ai : % pas vendu.
- Celui qui dort bien, vit bien. Celui qui dort, prie. à (Aussi celui qui travaille, prie. Mais il y a temps pour . _ Et le travail et le sommeil sont les deux frères. Et ils A - s’entendent très bien ensemble. L…_ Et le sommeil conduit au travail et le travail conduit Fe Celui qui travaille bien dort bien, celui qui dort bien RE travaille bien. Fe D faut, dit Dieu, qu’il y ait une accointance, __ Qu’il se soit passé quelque chose A Entre ce royaume de France et cette petite Espérance. _ Ily a là un secret. Ils y réussissent trop bien. Pourtant
- Qu’il y a des hommes qui ne dorment pas. -_ Je n’aime pas celui qui ne dort pas, dit Dieu. …_ Le sommeil est l’ami de l’homme. ÿ Le sommeil est l’ami de Dieu. | Le sommeil est peut-être ma plus belle création.
le porche 4 Et moi-même je me suis reposé le septième jour. Celui qui a le cœur pur, dort. Et celui qui dort a le ? C’est le grand secret d’être infatigable comme un enfant. D’avoir comme un enfant cette force dans les jarrets. Ces jarrets neufs, ces âmes neuves Et de recommencer tous les matins, toujours neuf, Comme la jeune, comme la neuve Espérance. Or on me dit qu’il y a des hommes 1 Qui travaillent bien et qui dorment mal. | Qui ne dorment pas. Quel manque de confiance en moi. C’est presque plus grave que s’ils travaillaient mal à mais dormaient bien. Que s’ils ne travaillaient pas mais dormaient, car la N’est pas un plus grand péché que l’inquiétude K Et même c’est un moins grand péché que l’inquiétude y Et que le désespoir et le manque de confiance en moi. A Je ne parle pas, dit Dieu, de ces hommes £ Qui ne travaillent pas et qui ne dorment pas. pr Ceux-là sont des pécheurs, c’est entendu. C’est bien fait pour eux. Des grands pécheurs. Ils n’ont qu’à f Je parle de ceux qui travaillent et qui ne dorment pas. | Je les plains. Je parle de ceux qui travaillent, et qui ainsi En ceci suivent mon commandement, les pauvres Et qui d’autre part n’ont pas le courage, n’ont pas la confiance, ne dorment pas.
| Je les plains. Je leur en veux. Un peu. Ils ne me font A pas confiance. fs Comme l’enfant se couche innocent dans les bras de sa 4 mère ainsi ils ne se couchent point fi Innocents dans les bras de ma Providence. È Ils ont le courage de travailler. Ils n’ont pas le courage de ne rien faire. Ils ont la vertu de travailler. Ils n’ont pas la vertu de ne rien faire. Les malheureux ils ne savent pas ce qui est bon. Ils gouvernent très bien leurs affaires pendant le Mais ils ne veulent pas m’en confier le gouvernement pendant la nuit. : ë Comme si je n’étais pas capable d’en assurer le gouvernement pendant une nuit. Celui qui ne dort pas est infidèle à l”Espérance. Et c’est la plus grande infidélité. ; Parce que c’est l’infidélité à la plus grande Foi. Pauvres enfants ils administrent dans la journée leurs affaires avec sagesse. Mais le soir venu ils ne se résolvent point, ma sagesse L’espace d’une nuit à m’en confier le gouvernement. | Et l’administration et tout le gouvernement. Comme si je n’étais pas capable, peut-être, de m’en occuper un peu. : De gouverner et d’administrer et tout le tremblement.
11808 J’en administre bien d’autres, pauvres gens, je gouverne à 4 la création, c’est peut-être plus difficile. ; ss 1 à Vous pourriez peut-être sans grand(s) dommage(s) me È laisser vos affaires en mains, hommes sages. | Je suis peut-être aussi sage que vous. ; Vous pourriez peut-être me les remettre l’espace d’une Ne nuit. G L’espace que vous dormiez l Et le lendemain matin vous les retrouveriez peut-être #4 pas trop abimées. 4 Le lendemain matin elles ne seraient peut-être pas É plus mal. EE: Je suis peut-être encore capable de les conduire un peu. 4
- Je parle de ceux qui travaillent : Et qui ainsi en ceci suivent mon commandement, “à Et qui ne dorment pas, et qui ainsi en ceci À J Refusent tout ce qu’il y a de bon dans ma création, o Le sommeil, tout ce que j’ai créé de bon, c 4 Et aussi refusent tout de même ici mon commandement “4 9 - Pauvres enfants quelle ingratitude envers moi É Que de refuser un aussi bon, R. Un aussi beau commandement. Pauvres enfants ils suivent la sagesse humaine. S La sagesse humaine dit Ne remettez pas au lendemain à Ce que vous pouvez faire le jour même. L Et moi je vous dis Celui qui sait remettre au lendemain 4 Est celui qui est le plus agréable à Dieu. 4 Celui qui dort comme un enfant Est aussi celui qui dort comme ma chère Espérance.
#4 Et moi je vous dis Remettez à demain J Ces soucis et ces peines qui aujourd’hui vous rongent
3% Et aujourd’hui pourraient vous dévorer.
: Remettez à demain ces sanglots qui vous étouffent
4 - Quand vous voyez le malheur d’aujourd’hui.
à Ces sanglots qui vous montent et qui vous étranglent.
À Remettez à demain ces larmes qui vous emplissent les
| yeux et la tête.
…_ + Qui vous inondent. Qui vous tombent. Ces larmes qui
l vous coulent.
Ë Parce que d’ici demain, moi, Dieu, j’aurai peut-être
LA La sagesse humaine dit : Malheureux qui remet à
e Et moi je dis Heureux, heureux qui remet à demain.
Heureux qui remet. C’est-à-dire Heureux qui espère, Et a e- qui dort.
: Et au contraire je dis Malheureux.
- Malheureux celui qui veille et ne me fait pas confiance. | Quelle défiance de moi. Malheureux celui qui veille. Et
1 Malheureux celui qui traîne surles soirs et sur ses nuits. Sur les avancées du soir et sur les tombées de la nuit. Comme une traînée d’escargot sur ces belles avancées.
_ Comme une traînée de limace sur ces belles tombées.
_ Mes créatures, ma création.
BL - Les lents ressouvenirs des soucis quotidiens.
À . Les cuissons, les morsures.
… Les traces sales des soucis, des amertumes et des
le porche GITE Les traces de limaces. Sur les fleurs de ma nuit. 1 En vérité je vous le dis celui-là fait offense | A ma chère Espérance. Qui ne veut point me confier le gouvernement de sa vie. Pendant qu’il dormirait. Qui ne veut point me confier le gouvernement de sa nuit. F Comme si je n’avais pas fait mes preuves. ; 4 Qui ne veut pas me confier le gouvernement d’une nuit Comme si plus d’un. . 14 Qui avait laissé ses affaires très mauvaises en se couchant. L d Ne les avait pas trouvées très bonnes en se levant. B: Parce que peut-être j’avais passé par là. Les nuits se suivent et se tiennent et pour l’enfant les nuits sont continues et elles sont le fond de son être C’est là qu’il retombe. Elles sont le fond même de sa à Elles sont son être même. La nuit est l’endroit, la nuit : crée, où il se fait. Où il fait son être. 1 Où il se refait.
: La nuit est l’endroiït, la nuit est l’être où il se repose, Où il rentre. Et il en sort frais. La nuit est ma plus ; Or pourquoi l’homme n’en use-t-il pas. On me dit qu’il | y à des hommes qui ne dorment pas la nuit. À La nuit est pour les enfants et pour ma jeune | Espérance ce qu’elle est réellement. Ce sont les enfants qui voient et qui savent. C’est ma jeune espérance Qui voit et qui sait. Ce que c’est que l’être. Ge que c’est que cet être la nuit. C’est la nuit qui est Les enfants savent très bien. Les enfants voient très Et ce sont les jours qui sont discontinus. Ce sont les jours qui percent, qui rompent la nuit _ Et nullement les nuits qui interrompent le jour. C’est le jour qui fait du bruit à la nuit. Autrement elle dormirait. Qu’il entoure, qu’il cerne, qu’il ensevelit les jours mêmes. Qu”ii fait une bordure auguste aux agitations des jours. Les enfants ont raison, ma petite Espérance a raison. Toutes les nuits ensemble Se rejoignent, se joignent comme une belle ronde, comme une belle danse De nuits qui se tiennent par la main et les maigres Ne font qu’une procession qui ne se tient pas par la
Les enfants ont raison, ma petite Espérance a raison.
: Les nuits toutes ensemble 4
, Se rejoignent, se joignent par dessus les bords des
jours, se tendent la main : 4
.. Par dessus les jours, font une chaîne et plus qu’une
Une ronde, une danse, les nuits se prennent la main
à Par dessus le jour, du matin au soir 4
Du bord du matin à celui du soir, se penchant l’une 4
vers l’autre. E
Celle qui descend du jour précédent se penche en
; Celle qui monte 24
Du jour suivant 4
Et les deux se joignent, joignent leurs mains, , %
: Joignent leur silence et leur ombre ; RE.
Et leur piété et leur auguste solitude 3
Par dessus les bords difficiles d
j Par dessus les bords du laborieux jour.
Et toutes ensemble, ainsi se tenant la main, -
4 Débordant par dessus les bords, les poignets liés
Aux poignets toutes les nuits l’une après l’autre
Ensemble forment la nuit et les jours l’un après l’autre Ÿ
Ensemble ne forment pas le jour. Car ils ne sont jamais 3
que des maigres jours À
4 Qui ne se donnent pas la main. Or de même que la vie
En grand (si je puis dire) n’est qu’un passage entre « Ç deux bords
Une ouverture entre la nuit d’avant et la nuit d’après
- Entre la nuit de ténèbres et la nuit de lumière | . Ainsi en petit chaque jour n’est qu’une ouverture. | Un jour.
à Non pas seulement entre la nuit d’avant et la nuit 4 Entre les deux bords. Mais comme les enfants le voient, comme les enfants le Ë sentent, et ma jeune Espérance, comme les enfants le R
- Dans la nuit, dans une seule et même, ë . Dans la seule et même nuit F Où se retrempe l’être.
- En plein dans la nuit. fs C’est la nuit qui est continue, où se retrempe l’être, …_ Cest la nuit qui fait un long tissu continu, Cd Un tissu continu sans fin où les jours ne sont que des . Ne s’ouvrent que comme des jours. … C’est-à-dire comme des trous, dans une étoffe où il y a _ des jours. Dans une étoffe, dans un tissu ajouré. C’est la nuit qui est ma grande muraille noire Où les jours ne s’ouvrent que comme des fenêtres D’une inquiète et d’une vacillante
- Et peut-être d’une fausse lumière. ‘ Où les jours ne s’ouvrent que comme des jours.
- Où les jours ne s’ouvrent que comme des lucarnes. { Car il ne faut point dire que la chaîne des temps | … Serait une chaîne sans fin Où la maille suit la maïlle, où le chaînon suit le chaînon,
Où les jours et les nuits se suivraient égaux dans une même chaïne. 3 Un chaïnon blane, un chaïnon noir, la nuit accrochant le jour, le jour accrochant la nuit. 4 Mais ils ne sont point égaux, ils n’ont point la même dignité dans cette chaîne. i C’est la nuit qui est continue. C’est la nuit qui est le Du temps, la réserve d’être 1 Et le jour n’ouvre là dessus que par de méchantes fené- S tres et des poternes. 2 C’est le jour qui rompt et le jour n’ouvre là dessus Que par de pauvres jours ; De souffrance. C’est le jour qui crève et les jours sont ; comme des îles dans la mer. 4 Comme des îles interrompues qui interrompent la mer. Mais la mer est continue et ce sont les îles qui ont tort. … Ainsi ce sont les jours qui ont tort et interrompus ils interrompent la nuit. l Mais ils ont beau faire et eux-mêmes | Ils baignent dans la nuit. : Comme la mer est la réserve d’eau ainsi la nuit est la C’est le temps que je me suis réservé. Tous ces jours fiévreux ont beau faire. ÿ : Comme en pleine mer, en plein dans la nuit ils baignent M en pleine nuit. Ce sont eux qui sont dispersés, ce sont eux qui sont Æ Les jours sont des Sporades et la nuit est la pleine mer Où naviguait saint Paul
Etle bord qui descend de la nuit vers le jour È Est toujours un bord qui monte Un bord abrupt et le bord qui remonte du jour vers la Est toujours un bord qui descend. Dans la pleine nuit. O nuit, ma plus belle invention, ma création auguste entre toutes. Ma plus belle créature. Créature de la plus grande Qui donnes le plus de matière à l’Espérance. . Qui es l’instrument, qui es la matière même et la rési- Ë dence de l’Espérance. Et aussi, (et ainsi), au fond eréature de la plus grande 4 Car c’est toi qui berces toute la Création … Dans un Sommeil réparateur. Comme on couche un enfant dans son petit lit, Comme sa mère le couche et comme sa mère le borde Et l”embrasse (Elle n’a pas peur de le réveiller. | Il dort tellement bien). Comme sa mère le borde et rit et le baise au front Et lui aussi rit, lui rit en réponse en dormant. Ainsi, Ô nuit, mère aux yeux noirs, mère universelle, Non plus seulement mère des enfants (c’est si facile) Mais mère des hommes mêmes et des femmes, ce qui est si difficile, C’est toi, nuit, qui couches et fais coucher toute la
- Dans un lit de quelques heures. (En attendant). Dans un lit de quelques heures
le porche | LRREMENERSERES
Image, faible image, et promesse et avant réalisation ei
du lit de toutes les heures. TF3
Eee En attendant le lit de toutes les heures. #4
; Où moi, le Père, je coucherai ma création. ; 1
; O Nuit tu es la nuit. Et tous ces jours ensemble “4
! Ne sont jamais le jour, ils ne sont jamais que des jours.
Semés. Ces jours ne sont jamais que des clartés. 2
Douteuses, et toi, la nuit, tu es ma grande lumière
Je m’applaudis d’avoir fait la nuit. Les jours sont des
flots et des îles 2
3 Qui percent et qui crèvent la mer. à
Mais il faut bien qu’ils reposent dans la mer profonde.
Ils sont bien forcés. ?
| ° Ainsi vous autres jours vous êtes bien forcés. “4
Il faut bien que vous reposiez dans la profonde nuit. 4
Et toi nuit tu es la mer profonde
Où naviguait saint Paul, non plus ce petit lac de Tibé-
gs Tous ces jours ne sont jamais que des membres E
Démembrés. Ce sont les jours qui émergent, mais il u
faut bien qu’ils soient assis dans la pleine eau. +
Dans la nuit pleine. Nuit ma plus belle invention c’est « Ê toi qui calmes, c’est toi qui apaises, c’est toi qui fais
Tout démanchés du travail du jour. 4
C’est toi qui calmes, c’est toi qui apaises, c’est toi qui
Les corps meurtris, les membres meurtris du labeur, “à _ les cœurs meurtris du labeur | Ë O Nuit, à ma fille la Nuit, la plus religieuse de mes 3 É: La plus pieuse. | » De mes filles, de mes créatures la plus dans mes mains, ù la plus abandonnée. F Tu me glorifies dans le Sommeil encore plus que ton É É Frère le Jour ne me glorifie dans le Travail. ‘ Car l’homme dans le travail ne me glorifie que par son f Ë. Et dans le sommeil c’est moi qui me glorifie moi-même Ë par l’abandonnement de l’homme. “_ Et c’est plus sûr, je sais mieux m’y prendre. Nuit tu es pour l’homme une nourriture plus nourrissante que le pain et le vin. F4 Car celui qui mange et boit, s’il ne dort pas, sa nourri- | LA ture ne lui profite pas. £ Et lui aïgrit, et lui tourne sur le cœur. À Mais s’il dort le pain et le vin deviennent sa chair et es son sang. Pour travailler. Pour prier. Pour dormir. Nuit tu es la seule qui panses les blessures, Les cœurs endoloris. Tout démanchés. Tout démembrés. _ © ma fille aux yeux noirs, la seule de mes filles qui = . & sois, qui puisses te dire ma complice. ; _ Qui sois complice avec moi, car toi et moi, moi par toi FR Ensemble nous faisons tomber l’homme dans le piège à de mes bras - …_ Et nous le prenons un peu par une surprise. -
le porche < É Mais on le prend comme on peut. Si quelqu’un le sait, c’est moi. Nuit tu es une belle invention | y De ma sagesse. | Nuit 6 ma fille la Nuit ô ma fille silencieuse | Au puits de Rébecca, au puits de la Samaritaine C’est toi qui puises l’eau la plus profonde Dans le puits le plus profond O nuit qui berces toutes les créatures Dans un sommeil réparateur. O nuit qui laves toutes les blessures Dass la seule eau fraiche et dans la seule eau profonde Au puits de Rébecca tirée du puits le plus profond. Amie des enfants, amie et sœur de la jeune Espérance O nuit qui panses toutes les blessures Au puits de la Samaritaine toi qui tires du puits le plus La prière la plus profonde. | O nuit, à ma fille la Nuit, toi qui sais te taire, Ô ma fille Toi qui verses le repos et l’oubli. Toi qui verses le baume, et le silence, et l’ombre O ma Nuit étoilée je t’ai créée la première. js Toi qui endors, toi qui ensevelis déjà dans une Ombre : Toutes mes créatures x Les plus inquiètes, le cheval fougueux, la fourmi laborieuse, Et l’homme ce monstre d’inquiétude. Nuit qui réussis à endormir l’homme -
_ A lui seul plus inquiet que toute la création ensemble. Ë L’homme, ce puits d’inquiétude. “à Comme tu endors l’eau du puits. | 3 O ma nuit à la grande robe Ë Qui prends les enfants et la jeune Espérance É Dans le pli de ta robe | Mais les hommes ne se laissent pas faire. O ma belle nuit je t’ai créée la première. CET presque avant la première Toi par qui descend sur terre un avant goût
- Toi qui répands de tes mains, toi qui verses sur terre Fe: Avant-coureur de la paix éternelle. à Avant-coureur du repos éternel. A ‘ Un premier baume, si frais, une première béatitude ] Avant-coureur de la béatitude éternelle. s Toi qui apaises, toi qui embaumes, toi qui consoles. Toi qui bandes les blessures et les membres meurtris. Toi qui endors les cœurs, toi qui endors les corps Les cœurs endoloris, les corps endoloris, Les membres rompus, les reins brisés De fatigue, de soucis, des inquiétudes ; Toi qui verses le baume aux gorges déchirées d’amertume
- O ma fille au grand cœur je t’ai créée la première
E Presque avant la première, ma fille au sein immense | TS Et je savais bien ce que je faisais. ? 4 | Je savais peut-être ce que je faisais. = Toi qui couches l’enfant au bras de sa mère Re à = à : L’enfant tout éclairé d’une ombre de sommeil 7 Tout riant en dedans, tout riant secret d’une confiance “2 | Tout riant secret d’un pli des lèvres sérieux LR Fe Toi qui couches l’enfant tout en dedans gonflé, déborFe dant d’innocence Le Et de confiance { z Toi qui couchais l’enfant Jésus tous les soirs 4 Ë Au bras de la Très Sainte et de l’Immaculée. : & Toi qui es la sœur tourière de l’espérance. $ k O ma fille entre toutes première. Toi qui réussis même, : Ë Toi qui réussis quelquefois > ‘e Toi qui couches l’homme au bras de ma Providence >. 2m O ma fille étincelante et sombre je te salue es Toi qui répares, toi qui nourris, toi qui reposes ë
- O silence de l’ombre £ à: Un tel silence régnait avant la création de l’inquiétude. % _ Avant le commencement du règne de l’inquiétude. S Un tel silence régnera, mais un silence de lumière à É: é Quand toute cette inquiétude sera consommée, MO À Quand toute cette inquiétude sera épuisée. k Quand ils auront tiré toute l’eau du puits. É Après la consommation, après l’épuisement de toute À : cette inquiétude | ël
Car dans ce règne d’inquiétude tu rappelles, tu com- 4 3 : mémores, tu rétablis presque, ‘ Tu fais presque recommencer la Quiétude antérieure : ‘4 . Quand mon esprit planaït sur les eaux. 3 74 Mais aussi ma fille étoilée, ma fille au manteau sombre, 4 4 tu es très en avance, tu es très précoce. : Fe. . Car tu annonces, car tu représentes, car tu fais presque 4 é 14 commencer d’avance tous les soirs 3 | _ Ma grande Quiétude de lumière % é_ Nuittues sainte, Nuit tu es grande, Nuit tu es belle. à Nuit au grand manteau. Ln_ grande fille et ma créature 5-24 3 _ © belle nuit, nuit au grand manteau, ma fille au man- 2 h_ Tu me rappelles, à moi-même tu me rappelles ce grand ee | silence qu’il y avait dl sa Avant que j’eusse ouvert les écluses d’ingratitude. S | Ettu m’annonces, à moi-même tu m’annonces ce grand ? | _ Quand je les aurai fermées. ; : | O douce, ô grande, à sainte, 6 belle nuit, peut-être Ja | 14 F4 plus sainte de mes filles, nuit à la grande robe, à la ce 5 | ‘4 Tu me rappelles ce grand silence qu’il y avait dans le : | monde # | - Ayant le commencement du règne de l’homme. KR Tu m’annonces ce grand silence qu’il y aura (
le porche : se Après la fin du règne de l’homme, quand j’aurai repris mon sceptre. Et j’y pense quelquefois d’avance, car cet homme fait vraiment beaucoup de bruit. Mais surtout, Nuit, tu me rappelles cette nuit. La neuvième heure avait sonné. C’était dans le pays de mon peuple d’Israël. : Tout était consommé. Cette énorme aventure. Depuis la sixième heure il y avait eu des ténèbres sur tout le pays, jusqu’à la neuvième heure. Tout était consommé. Ne parlons plus de cela. Ça me fait mal. ë Cette incroyable descente de mon fils parmi les hommes. Chez les hommes. Pour ce qu’ils en ont fait. Ces trente ans qu’il fut charpentier chez les hommes. Ces trois ans qu’il fut une sorte de prédicateur chez les | Ces trois jours où il fut une victime chez les hommes, ; Parmi les hommes. i Ces trois nuits où il fut un mort chez les hommes. £ Parmi les hommes morts. : Ces siècles et ces siècles où il est une hostie chez les Tout était consommé, cette incroyable aventure Par laquelle, moi, Dieu, j’ai les bras liés pour mon à
Cette aventure par laquelle mon Fils m’a lié les
| | 4