Le Socialisme et les intellectuels
de: Citoyennes et Citoyens, li Les organisateurs de cette réunion m’ont offert, et j’ai accepté volontiers, cette présidence comme un signe de hi | l’alliance qui réunit dès maintenant dans une action commune le Parti Ouvrier Français et le Parti Socialiste Révo1e lutionnaire, j à à L Cette union n’est pas un fait accidentel, elle s’est pro- Ë duite déjà plus d’une fois, mais j’espère que, cette fois-ci, { : elle sera définitive et produira tous ses effets. a Déjà, il y a une douzainé d’années, nous avons assisté des événements semblables à ceux qui se sont produits ! dans ces derniers temps; nous avons vu un gouvernement opportuniste reniant ses promesses, déchirant ses pro- grammes, lasser tellement le pays que le césarisme avait cru le moment venu pour l’attaquer et le remplacer. Alors, certains socialistes se sont laissé entrainer, les uns d’un ” côté, les autres de l’autre (1); nous avons, les uns et les autres (2), combattu de toutes nos forces sur le terrain Ÿ socialiste exclusivement, portant fièrement le drapeau socialiste et ne voulant l’incliner devant aucun des partis Si 1 ES he bourgeois (3). C’est alors que nous nous sommes renconPT % ‘i trés, Parti Ouvrier Français et Parti Socialiste Révolution- k 4 (M. Vaillant veut dire sans doute : les uns avec Boulanger, les é À CE @) M. Vaillant veut dire sans doute : ceux qui étaient avec Bou: , ‘4 langer et ceux qui étaient avec la République Sands &t De (@) M. Vaillant nomme sans doute ainsi le ee l’alliance antiboulangiste. f
naire, et nous avons déclaré dans un manifeste qu’il fallait rester fidèles au socialisme pour le faire triompher. Eh bien, citoyens, douze ans après, les mêmes circonstances se sont produites, et nous retrouvons le Parti Ouvrier Français, prenant avec® lui le drapeau socialiste en mains, ne voulant nous mêler à aucun des partis bourgeois, ÿ et prétendant aflirmer qu’il faut rester fidèles aux principes de la Révolution, si nous voulons que cette Révolution triomphe, que la classe ouvrière s’émancipe. C’est dans ces conditions que nous nous sommes rencontrés de nouveau et, de même que douze ans auparavant nous avions fait un manifeste dans lequel nous déclarions qu’il fallait que le parti socialiste restât le parti de la Révolu- f tion, de même par un nouveau manifeste nous déclarions que nous ne pouvions accepter aucune déviation qui nous ferait changer cette ligne par des actes ou des paroles; que note resterions fidèles à l’idée de la Révolution, à l’idée de l’émancipation de la classe ouvrière, combattant d’après les principes de la lutte de classe. Et, par ce manifeste, nous va signions de nouveau un pacte d’alliance, ï A LE nce p lique, qui a produit certaines es qui s’en vont diminuant de jour en jour, et ÿ pouvons espérer que, de même qu’après la cri , Das nous avons vu tous les Lie ses me ii ù, Dar dire, dans le giron de la révolution, cui doter ee AT + - [1 tous les socialistes, même ho ution, qui doit comprendre séparer pour une action Fe 5 ë 4 on peut s’en i tions historiques. Je le dis, il ée dans certaines condi- RE unis Pour cette grande lutte y u por que nous resterons NÉ n qui n’est plus le rs continue tous les jours, ‘ l’union se fait dans le Parti S pe de plus en plus be. Conscience les uns et les autr Ocialiste; mais nous avons Parti Socialiste Révolutio res, Parti Ouvrier Français et Le duit c’est parce quil Se que si cette union se croyons que l’uni et dans le cerveau de tous: évo- Ë % lon est le produit de cette f. M res orce, que l’unité, ÿ
élaborée par cette mé f elle ne peut se fonder d’une Les se fonder; mais } du parti socialiste qu’à la condition Er développement ration de l’unité nous donnions au Pal Se Prépathode, la direction et les principes de CE #elu mé. la force du Parti Socialiste jusqu’ici ae ho IN . A pre D OCiauste Jusqu’ici, et qui la’ feront plus 14 ; encore avec l’Unité réalisée dans un Parti ayant la Révo- lution pour guide et pour but. de Ù Voilà, citoyens, ce que nous avons pensé, et actuellement Ne qu avons-nous à faire en dehors de cette union, et de cette action commune qui a produit de grands résultats et en produira de plus grands encore? C’est d’examiner toutes ) : les circonstances qui se produisent, de telle façon que fe notre propagande autant que notre action en public soit fl formée de tout ce qui concerne le Parti Socialiste, non pas l à seulement comme événements incertains, mais comme évé- k ce nements très certains, qui doivent nous permettre de 4 5: retrouver au milieu des conflits la complexité de la vie; Ed à. voilà la manière que nous devons suivre, le but vers lequel i F5 doit tendre tout l’effort socialiste. ét FO C’est ainsi que nous avons vu le développement du sociaL) ‘4 lisme prendre des proportions de plus en plus considéraci bles; nous avons vu la masse ouvrière préoccupée par la propagande socialiste et nombre d’ouvriers, restés long- temps indifférents, chez qui la conscience de classe n’était pas éveillée, venir rejoindre les rangs organisés des syndi- cats et des comités politiques; par le fait que cette masse a be. été pénétrée, le parti socialiste grandissait de pus ra Le. et nous n’avons aucune inquiétude, car si quelque 3 nu “us tion pouvait se produire, il était évident que les Len
- Re: ouvriers qui rejoignaient les uns les Syndicats, es *.” à les Comités, par ce fait qu’ils étaient encadrés dans se ad Pe/À organisations qui avaient pour pratique constante, as ) terrain syndical ou sur le terrain politique, la lutie de classe ouvrière sur la classe capitaliste, ils ne pouvait” Q » ‘é ils devaient rechercher les chemins qui les me: k s’égarer, ils devai d dire 3 ln Révolution, jent directement à l’action socialiste, à ne aff AS naien à évident que notre propagande n’avai 180 D’autre part, il est éviden Re il est évident que “14 pas seulement de ce côté des ré 3 S
parmi les personnalités intelligentes de la LE ET il y en à beaucoup qui, par dégoût, par haine de l’injustice, Per conscience, s’aperçoivent qu’il n’y a pas possibilité, Les un être intelligent, d’avoir une satisfaction dans un mOn e inégal de privilèges capitalistes; beaucoup ont tourné leurs yeux vers le socialisme et sont venus se joindre à nous. Nous avons salué tous les concours, toutes les venues parmi nous, mais nous avons aussi à nous demander quelle force ils nous apportent, parce que ce que nous désirons, ce qui est indispensable, c’est que ceux qui viennent à nous apportent leur concours à l’action socialiste et ne cherchent pas à faire dériver le socialisme vers une action propre; 5 en un mot, le socialisme doit gagner les efforts de tous, et tous doivent concourir à cette action commune; tous doivent i être animés des principes de l’action socialiste. Il est donc tout naturel que nous nous demandions si, dans ces adhésions qui viennent, il y a tout bénéfice pour nous; il faut donc que nous fassions connaître, non pas seulement à ceux de nos amis qui peuvent avoir des idées différentes des nôtres, mais aussi à ceux qui adhèrent au “4 Parti Socialiste, ce que nous avons le droit d’attendre ia . Quel est le résultat obtenu jusqu’ici de ces adhésions? Si ns les intellectuels aux manuels, il est bien évi- ‘ AR : fa ris qué nous concevons qu’il y a une diffé- EE À is nee . nos habitudes; ce que nous voulons, 3 ro ne xs d’intelligence, mais apportant leur effort AT 2 - ulement pour l’action socialiste, telle qu’elle a été déter- minée non pas par la fantaisie de l’un ou de l’autr x De pas par des conceptions particuliè as ec UOn par des vues intéressé P ières et spéciales, non pas œ ee essées et personnelles que nous répudi né” et méprisons profondément, mais telle qu’ née par la force des choses : ar le dé qu’elle est détermila lutte de la classe are : RYAlOR pement même de Be. mot pour son PTE RE Ds ii émancipation,enun , Lives événement du monde. volationnaire, qui est le a ans ces conditions il me sembl uen plus intéressante que a pas de or, que vous allez entendre d Farah est propo- ppée avec cette En
! té, cette netteté, cette force de pensée et d’ex i k qui sont la Caractéristique du citoyen Lafar Lg Suite je donne la parole. {Applaudissements a a à its commencerai par vous demander votre indulgence grippe; si je n’avais eu peur de désappointer des cam. rades, et de vous avoir fait venir pour rien, je serais dans {; #1 mon lit au lieu d’être ici à causer avec vous. Mais je suis Ei venu coûte que coûte, nous allons faire le possible et avec Pet votre indulgence je crois que je réussirai. fl | j Je commence par dire que je me félicite de faire cette conférence sous la présidence du citoyen Vaillant, non É | seulement parce que cela indique l’union étroite qui existe entre nos deux organisations, mais aussi à cause du caracLE tère de Vaillant. Vaillant est un intellectuel du Parti sociahe ra liste, et sans contredit, personne ne peut le nier, c’est le hi. 4 plus savant des socialistes français ! (1) /Cris de: Vive la “ F Commune ! — Applaudissements à gauche). et peut-être mème des socialistes européens, maintenant que nous ! n’avons plus parmi nous ni Marx, ni Engels, ni os Nous avons choisi, avec le groupe socialiste, cette Li. rence, parce que le Parti socialiste vient de ni deu Éd. crise ; non pas une crise précisément de croissance, ; on l’a dit, mais une crise amenée par les re s, qu sont dernièrement venus en plus ou moins gra ur ù de dans le parti socialiste. Il est done absolument intér À der quelle est la situation des intellectuels y % A dans la société actuelle, quel est le rôle strict qu Rates dans le siècle, et comment la bourgeoisie a tenu les ‘elle leur avait faites au siècle dernier. PRESSE ’ iècle dernier la Révolution fut pré- dr: $ Vous savez qu’au siecle ne Encyclopédistes, philo- È VF A parée par les intellectuels, pa
sophes du dix-huitième siècle. Jamais dans Yhistoire il n’y a eu un tel déploiement d’intelligence, d’énergie qu’il en a été déployé dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. Ainsi donc la bourgeoisie avait le devoir de récompenser les intellectuels. Elle leur promit que dans le monde qu’elle allait fonder, ils auraient honneur et avantages, et, annon- çant que ce monde-là allait être entièrement nouveau, elle disait qu’elle apportait des principes éternels, nouveaux, quoique éternels ils étaient nouveaux, c’était drôle tout de même. Elle annonçait cela. Aussi des intellectuels, entre autres Camille Desmoulins, bien avant la proclamation de la République, avaient demandé qu’on commençät une nouvelle ère et que cette ère prit naissance le 14 juillet. Je n’ai pas besoin de vous dire comment elle a tenu ses En ie de comment elle a réalisé la liberté, “se ! que raillerie elle pa . DL ne, pee une RonMère et Grn rie es, de ses ateliers d’État et de ses Mais pour vous mont rien de nouveau, je vous ra Lie np n’apportaït que n’étant pas formulés écrit H:Que 6 DrneIpes, que lation done de” re ri 4 nulle part, ont trouvé leur : H bares vivant sous le régi s sauvages, dans des tribus barMais il ny avait e régime communiste. aujourd’hui, pour le s EE jusqu’à un siècle, jusqu’à effet, le jour même qu’ell : urgeol- conmenpall es beutiérouts. et l e ouvrait boutique, elle ‘S ER nale qui rédigeait les droits fe hi même Assemblée Natio- +. r établissait l’égalité légale de t Fo du citoyen, qui votait la loi électorale qui é ous les citoyens devant la loi déve Lac A D Ibissait Pinégalité des dj PA Vo Le crutin. L’Assemblée Nati 7. des citoyens orale où il étdit dit qu ale de 1790 a fait une ane Payer une somme brins : ; our être électeur, il faut C’est-à-dire envir à trois journées d faut payer une somme é “ira, et pour être éligible il “+ à-dire cinquante-ci quivalente au marc d’ar Res e mille De se sont révoltés contre ns et Loustalot ont dit : « M cette loi et Ca- u : (Mais avec votre loi Ne
E 1 es votre devin, ER (), l’auteur du Contrat s omment la bourgeoisi ni électeur ni ses promesses vis-à-vis de bourgeoisie à commencé à Av î Mais, demandons-nou S intellectuels. s sociétés précédentes on s’était ue ce que jamais dans les se ? Mais l’Église catholique upé du sort des intellec. à théocratique, admet dans son sn . une démocratie quand ils rentrent dans ses rangs, i us les individus et ‘1 leurs titres mondains ; ils sont “ ds dépouillent à sa porte tion théocratique de l’Église, ct tous lee siens l’organisa. ti droit d’aspiree anx plus hautes dipiités do l’Église la papauté, pui us hautes dignités de l’Église, jusqu’à ! papauté, puisque Sixte Quint avait été De rl enfance, et pendant tout le Moyen-A. été poréher dans son f D jalousement d’attirer dans ie : s = si occupé Et tous les savant i EN ROME s, et ceux qui ne voulaient i he res re ceux qui voulaient rester en Ales a is ! à étendait sur eux sa mai î ! ds était très eflicace. Non seulement elle des ae a os 4j F elle leur laissait absolu titierté, à cette k ‘ dant, c’est-à-dire de développer leur science comme islen. mt | nr mais en gardant toujours les dehors religieux. insi Copernic put écrire son livre sur les Révolutions des corps célestes, où il déclare que c’est la terre qui tourne autour du soleil, au lieu d’être le centre du monde plané- taire ; son livre fut dédié au pape, et jamais Copernic ne fut tracassé ; il était chanoine et de plus le livre était écrit ‘ en latin. Mais un sièclé plus tard, quand Galilée professa, à Venise et à Florence, la théorie de Copernic, qu’il la sortit ï 54 du sein de l’Église, que le peuple fut à même de l’apprécier, immédiatement la main du Vatican s’étendit sur Galilée; 5 5 l’illustre vieillard dut renier sa science, sa foi scientifique ad % À. et même plus tard, alors que le protestantisme avait été triomphant, au dix-septième siècle, nous voyons des hommes comme par exemple Mersenne, qui était de l’ordre | » “ AK des moines, et fut grand géomètre du dix-séptième siècle, LS (1) M. Lafargue avait par inadvertance dit, Et insistant : « ROUS- ‘1 seau, Jean-Baptiste Rousseau. » Le citoyen sténographe a corrigé.
et précurseur de Descartes ; cet homme religieux correspon- à dait librement avec Hobbes, le père du catholicisme (1) mo- derne, ainsi qu’on le voit dans la correspondance avee de Sorbières (9), et le traité de Give. est vrai que l’Église avait ses raisons pour montrer €e libéralisme; elle a voulu monopoliser la science, elle a voulu, comme le clergé de l’antique Égypte; être seule connaître et à savoir dans le monde; elle a répété au Moyen-Age, ce que le clergé égyptien avait fait aux premiers âges de l’humanité; rappelez-vous que c’est en Égypte que les penseurs grecs ont été chercher les éléments de leur philosophie et de leur science. l On ne peut pas accuser la bourgeoisie d’avoir un amour désintéressé pour la science ; non, la science, pour elle, é n’existe qu’à la condition d’avoir des applications indus- ! trielles; elle ne voit dans la science que des applications pratiques; elle n’a aucune curiosité pour les hautes spécula- tions, et si elle les permet à ses savants, c’est bien à son se corps défendant. La meilleure preuve du mépris de la bour- ie dés boueyogise: IL: carne si bien l’esprit grossier É È ‘ Eh bien, pour montrer la sollicitude que la bourgeoisie a i à érer la situation qui est faite à la propriété de sant ue matérielle et à la riété devant la loi, à la propriété demeure dans la famille ot Las 2 ucher la propriété, elle D. $ F qu’aucun pouvoir puisse arrête ansmet de père en fils, sans que les phénomènes économi: r cette transmission. Il n°ÿ a ENT” paraître de la famille. Quels « qui peuvent la faire dis- De En propriété matérielle boecie que soit la source de la “rs Inment sacrée, elle est sacro-s e, cette propriété est abso- ‘4 ce fait est. ce qui s’est passé Rs la meilleure preuve de Fe. sémaphore de Durban, qui à ernièrement : l’exécution du el —— à voyait des dépêches héliogra- ! aux Bocrs, leur ann : <ntraient dans le port, la quantité d’homs mo Suerre qu’ils em ortai : , laquelle cet homme $ : p lent, trahison Pour fe D es ecévait une grasse atificati hs. torité militaire à mis la main sur hote Pa l’a fusillé, mais elle n’a pas touché sa prb Ne Le * né cette Propriété, représentée par 125,000 francs, fruit de 520 4 trahison, était déposée dans une banque de Durban; de | aujourd’hui cette propriété est aux enfants du traître, à non veuve, qui vont devenir d’honorables bourgeois. /MouKe La sement) ra Et ce qui s’est passé en Angleterre se passe partout, ne Est-ce quon a songé en France, lorsqu’on a condamné “ LA Bazaine, à toucher à sa propriété; est-ce que, pour le à Panama, pour Lesseps, Cottu, St-ce que la loi avait les Et . 4 moyens de leur faire rendre gorge ? Oh! non, n’importe à comment la bourgeoisie garañtit la propriété. Elle est +4 De sacro-Sainte et on ne peut pas y toucher. F4 Mais est-ce que la propriété intellectuelle est placée dans x la même position? Il n’y a qu’une seule propriété intellec- ï tuelle réellement garantie, la propriété littéraire et artistique. h F Et encore; l’écrivain, l’artiste, ne jouit de sa propriété que de son vivant, et pendant un certain temps après sa mort, je crois en France cinquante ans; au bout decinquanteans, 1 tout le monde a le droit de s’enrichir avec les œuvres de Balzac, par exemple; ainsi, vous le voyez, cette propriété, Le. la seule protégée, n’est protégée que temporairement; mais Ÿ. à. cette propriété littéraire n’intéresse que quelques éditeurs, et c’est pour cela qu’on lui a donné cette protection, tandis Los | que la propriété des inventions, qui intéresse toute la na CE % À. geoisie, ah! celle-là on ne lui a donné aucune portier un brevet pour garantir sa propriété; et ce n’est p SA À ke i le ège, c’est lui-même qui doit se protéger, p que si on essaie de le voler, c’est lui-même qui Er 5 : ore il ne peut se protéger que pendan De procès, et enc ; ns en France: au bout de quinze ans le plus merveilleuse invention ess Aya publie et tous peuvent s enrichir avec i it-on : mais c’est Aussi, dans les familles RE . la nature a un malheur, d’être inventeur; l’invention est destiné au marqué au front du génie de ie une partie de sa malheur, var il #arnts 2 A ne: il je trouve, ‘ 1; A mate er pour les lui voler; ou bien il a appliquer ses idées, il Jui faut un sen Se ES Ft quand il peut les appliquer, c’est dans les de “ pour le bec Auer, qui a augmenté Éd gs à x d’éclairage du gaz, il y avait longtemps que © était inventé; na jamais la Compagnie du gaz n’a voulu l’utiliser, et c’est Ps lorsque l’électricité est venue lui faire concurrence, ilya Se deux ou trois ans, qu’elle s’est décidée; c’est-à-dire qu’au- : A jourd’hui Auer n’a plus son brevet. (Mouvements divers) L: Et ce sont non seulement les inventions les plus utiles, 5 les plus difficiles, qui ruinent l’inventeur, ce sont quelque- . fois les plus simples, celles qui sont immédiatement réali- D } sables. Ainsi dernièrement, mourait à Paris, dans la misère, 4 ! un homme qui a enrichi les Compagnies de chemins de fer, les Compagnies minières, et leur a fait gagner des centaines di de mille franes, des millions : c’est l’homme qui a eu l’idée de transformer en briquettes ces masses de charbon qui entouraient les gares; eh bien cet homme qui a enrichi DS sax ainsi les compagnies est mort dans la misère absolue. 43 US Et remarquez que tandis que les inventions ne sont nulle- , se ment protégées, les marques de fabrique sont protégées # Ai ne Pourquoi? Parce que la marque de fabrique t Er x Moon. he a bourgeoisie est la classe la plus * %- + tag bouleverse pt ee paru dans l’humanité; elle tee tai ent les moyens de production, et en En. A] Ar ue constamment les moyens de production, elle RU: PS raies la société humaine, elle bouleverse
- arriver à ce résultat ces u de tra et pour Moyens de production, il lui faut de ‘” constamment ses ) des inventions. Aussi la b es Inventions et toujours d’inventions. ourgeoisie a-t-elle des fabriques qui ont fondé en Pr On se Rs associés et ù t FER ait jamais existé, à Menlo Park; Bi sin pa ù es ouvriers d’élite, tous les moyens es Ingénieurs, se 5 des recherches et des res Ra ue Po qu’une découverte est faite, la Société l’exploite Mis son, qui est lui-même un très bon homme d’a Miss rm [Q _ ni les moyens d’Édison. terre il y prises rance, mais je sais qu’en Angle- ÿ a des fabriques d’inventions. Siemens, le grand a nt de machines électriques, a de grands ateliers ni à Lon vège et à Berlin ; à côté de ces ateliers il y a des laboFA ratoire s, où des ingénieurs et des électriciens sont occupés Lie à faire de nouvelles recherches, de nouvelles applications ee de l’électricité, comme par exemple les grandes usines d’aniF line de Francfort, c’est là où a été trouvée l’antipyrine, qui plusieurs douzaines de chimistes sont occupés spécialement à étudier les eaux mères (2) du goudron pour découvrir de nouveaux produits; et quand dans ces maisons on fait une nouvelle découverte, c’est la maison qui prend le brevet, et qui donne une gratification plus ou moins importante l’inventeur à titre d’encouragement. On peut dire que toutes “4 les fabriques, que toutes les usines, sont des laboratoires ?- CE Le d’inventions; en effet, les principales inventions, les prin- j À cipaux perfectionnements de l’outillage ont été faits par ù des ouvriers au cours de leur travail; mais comme l’ouvrier n’avait pas d’argent pour prendre le brevet, et ét moins pour utiliser son invention, c’est le patron qui pren le brevet en son nom, et quand le ministre veut récompen- de 1 ser le travail, c’est le patron qu’il décore… {Rires et ns pe” dissements à gauche) L’ouvrier, lui, continue à ren 40 — il n’est pas un intellectuel — il turbine sous Sa 1 (1) Le citoyen sténographe a conjecturé ici : ee garanti que ‘a €) Un citoyen chimiste, que j’ai consulté, ne m’a cette expression eût un sens.
sale et crasseuse; et pour seule consolation — vous savez ù qu’il faut bien se contenter de celles que l’on a — il a celle de savoir que son patron s’enrichit, que son patron non seulement s’enrichit, mais se couvre d’honneurs! {Applaudissements aux mêmes places) Mais il faut non seulement desinventions à la bourgeoisie, il lui faut des intellectuels pour appliquer ces inventions, pour surveiller leur fonctionnement ; aussi on s’est mis, aujourd’hui, à tout fabriquer, aussi bien des carottes que des intelligences [Bruyante approbation]; on s’est mis à fabriquer des intellectuels à Mulhouse, dans l’Alsace, où se trouvaient les patrons les plus intelligents, les plus phi- à lanthropes et par conséquent les plus exploiteurs de France! Ex La bourgeoisie a fondé des écoles de chimie, de physique de rie où les fils de ses ouvriers allaient recevoir une ueation très complète, trè éri i lui fournir les TU ee Le dont elle avait besoïn pour ses usines & si à pense avec le Conseil Municipal, et le dét int à Paris, s’entendit d’années de cela; je ne sais pas : (. Il y a une vingtaine au débat: ces écoles er Là est encore le cas, mais ss écoles communales : c’étaient les rs personnel dans les nu telligents, ceux qui avaient l’es its garçons les plus in- NP choisis pour recevoir cette ni rit le plus éveillé, qui étaient D EE, étaient en partie nourris us très supérieure; ils F Fe matin et 50 francs par ma . aient le petit déjeuner le Bd Fu garçon n’allait pas à RARE po rouvaient en ce que le ment cette fabrique, cette écol RS d’hui il y a non seule- Dre la bourgeoisie fabrique en ole, mais une foule d’autres; D NE He et d’autres en des chimistes, des ingé- ie en e pas la première fois que cel : les anciens, les grands a arrive dans l’huSr maitres d’esclaves de l’an- pale de Physique et de Chimie industrielle,
tiquité, mais ils développaient li ë aient l i leurs esclaves, ils en faisaient ee ra Fa sm Le des littérateurs, leur apprenai ee faisaient l’Odyssée, pour ge LP”enaient, par exemple, l’liade et Re y se Pour être toujours à côté du maître qui les ache- pour que le maître pût briller non pas à leurs dé. Pens, mais à cause de leur talent.
ne Mais ce qu’il y a de curieux, c’est que, dans l’antiquité Fe C’était l’esclave qui était cuisinier qui était payé, coté le pa plus cher: il est vrai que c’est encore aujourd’hui le cas; je #s suis sûr que M. de Rothschild paye beaucoup plus son chef Fe de cuiAne ne n’importe quel professeur de faculté n’est
F% payé par l’Etat. {Rires et applaudissements)
Fu Les esclavagistes antiques faisaient cela pour donner de bn la valeur à leur marchandise, pour augmenter la valeur de leurs esclaves, tandis que la bourgeoisie, si libérale, siphi- Le lanthrope, ne donne l’instruction que pour diminuer la à valeur des intellectuels. Midas, d’après la fable antique, avait le propre de transformer tout en or; la bourgeoisie ! à transforme en marchandise tout ce qu’elle touche; aujour- [s r d’hui les capacités intellectuelles sont devenues une mar- Ë chandise ; on achète des chimistes, on achète des ingénieurs, des pharmaciens, comme on achète du guano.. {Rires et à Une voix. — Et comme on achète des députés aussi! /Ap- Ni plaudissements et protestations) F . Le citoyen LAFARGUE. — Les gens qui n’ont pas de ee 7 Lo re de veau à vendre, ont leur conscience, on là leur achète. PT: À Eh bien, de même que les capacités DA L h devenues une marchandise, elles doivent RAR S gs ye bissent le sort des marchandises; quand, as Mais quil k À beaucoup d’huiles, le prix des és RE w un i s, le prix des hui les arrivages sont rares, ‘ingénieurs, de chi-
no. quand sur le marché, il y £ dites diminue;
à mistes, le prix des chimistes les à de Chimie fonc- i tionne, depuis qu’elle jette tous les ans, 1
v rix des chimistes puis ot chimistes Phys Vingaine d’années a considérablement baissé; 1 raisonnablement, on Li { de cola, on payait un che plus on l’engageait.À donnait 5 à 600 francs par mois; jours plus d’égards pour Y’année; les patrons, A ont Ion ient beaucoup d’égards l’employé qu’ils paient o ist s abondent sur le pour celui-ci; depuis QU baissé, ils sont payés RO AGE PAS i- ils ne sont plus engagés ape un ne nord, ils sont engagés à l’année; dans les railin 3 è renvoie avec les manœuvres; le patron dit à son ° ù ya crever où tu voudras, parce que je suis sûr qui al - pagne prochaine, j’en “HAE autant que jen be ne pas seulement ainsi pour les chimistes, vous le savez bien, mais dans toutes les branches, il y a abon- L } dance d’intellectuels ; quand une place est libre, il ya tou- { jours non seulement des dizaines, mais des centaines de concurrents, et ce sont ces centaines d’intellectuels, qui se pressent pour obtenir cette place, qui fait que son prix baisse, et tombe même quelquefois au-dessous du salaire de louvrier manuel. {Applaudissements) Et la misère dont ces intellectuels souffrent est bien plus terrible encore pour Da ü eux que pour l’ouvrier; l’ouvrier, depuis l’enfance, a été ee l élevé à supporter la rudesse de la vie, il a roulé dans la rue et partout, son corps est dur, il peut supporter cela; EE tandis que l’intellectuel a été élevé en serre chaude; il a 7”. été obligé de passer des années dans les écoles; son système D « | i nerveux s’est affiné; mais il souffre dix fois plus que l’ou- MP vrier; ses souffrances sont exagérées, et à côté de l’ouvrier À = S ‘2 qui, lui, met son bourgeron et c’est suflisant, il faut qu’il ait, D de ic » quan ce serait seulement le blanchissage. . Ainsi, aujourd’hui, la situation de l’intellectuel est infé- à rieure à celle de l’ouvrier, et c’est ainsi que la bourgeoisie (1) Ge nombre a été majoré par le citoyen Lafargue. a récompensé les industri gnifique révolution du siècle (ui avaient Préparé sa ma. È Jaurès, dans sa Préface de l’Histoir Socinr: be ce fait; il dit : € Socialiste remarque ii: qu’une société mercantile et Pr ge intellectuelle pa délicatesses… » © ofensé en toutes ses Et plus loin il dit tuel au socialisme @) ble moral amène l’intellec. Eh bien, malheureuse lectuels ne sentent ps. cc Rest Pas exact; les intel. d ntent pas l’abaissement dans lequel ils sont ans cette société, Dans la société antique un homme libre dk considérait descendre au rang des esclaves quand il venLe sn Son travail. Cicéron a dit : l’homme qui vend son tra- à vail, descend au rang des esclaves; Socrate et Platon ont pr attaqué les sophistes qui faisaient payer leurs leçons; ils nn disaient 4 non, la pensée est tellement grande, tellement Le haute, qu’elle ne doit jamais être payée! {Vifs applaudis- î 4 Aujourd’hui, qu’ils sont devenus mercantiles, les intellec- h tuels ne sentent pas cette dégradation; aussi, quand ils se n. trouvent en présence de socialistes, ils leur demandent mais comment, dans la société future, va être payé le tra- vail intellectuel ?.. /Rires). — Est-ce qu’il sera mis sur le pied d’égalité avec le travail manuel ?… Mais, imbéciles d’intellectuels, c’est 4a bourgeoisie qui be fait cette grossière égalité; aujourd’hui c’est elle qui, non seulement met le travail intellectuel au niveau du travail Note 6 4 manuel, mais le met au-dessous, et c’est le socialisme qui ad À A relèvera le travail manuel en même temps que le travail intellectuel… /Applaudissements et mouvements divers) — Jaurès compte sur les intellectuels, pour… nee: he a conjecturé ici : les intellectuels. ) ‘à 5 nt à cu ee une nouvelle crise sociale, . “à ï é ù les prolétaires saisiron ouvelle et plus profonde Révolution o j Hiarole pour transformer la propriété et la moralité, »
Une autre. — Si nous n’avions qu’à compter sur eux, ne serait pas fait en l’an deux mille… (. Rires) Une autre. — Ce ne serait pas à la fin du monde. Une autre.— I vous faut compter sur les gueules noires! Le citoyen LAFARGUE: Après avoir examiné la situation faite aux intellectuels, nous allons examiner leur rôle historique! Li à Une voix. — Vous confondez l’ouvrier intellectuel avec l’ouvrier et l’intellectuel, ce n’est pas la même chose! {Mouvement. — Cri : Silence les ministériels) Le citoyen LAFARGUE. — Hy a eu en France des gouver- nements nombreux qui se sont succédé, plus ou moins réac- tionnaires ; ils ont trouvé toujours les intellectuels prêts les servir. (Approbation à gauche) Et ce ne sont pas seulement les professeurs de Facultés qui ont { ou 6000 ou 10000 francs par an, qui ont une ee peuvent à peine la faire vivre, qui ont courbé échine pour laisser passer l’orage; mais ce sont les Le de la science qui devaient parler à pied d’égalité mi es Éd et les rois, qui ont incliné, abaissé leur Fe. ds applaudissements à gauche) C’est Cuvier, “à Révol ntredit un des plus vastes génies modernes, que la a pris dans la domesticité d’un grand seigneur ‘44 : à ue CL, €p lique, qui a servi Napoléon, qui a servi (2 servilité à Le dis-PHiipp. Charles X, qui a prêté serment de :: 10e ouis-Philippe, qui l’a fait pai À A servi la science, aussi ! /A i à droite et dans les tribunes) ; FÉES ë je prends leur rôle Seine 2e Lys pas le contraire, mais
du rôle scientif . ntifique, Et je di à abaisser sa his à fente éMpereurs, n’avait pas ee yen Larareue. — Je vous dis Peut-être des choses vous paraissent un Peu nouvelles, un peu désagréa as Une voix. — 11 n’y a que des socialistes, ici! “4 Une autre, — Nous Sommes entre camarades! a des camarades qui veulent faire des observations, eh bien, je me ferai un plaisir de leur répondre, de leur donner les explications qu’ils me demanderont. {Longue agitation. — Non seulement les savants se sont mis au service du goube. vernement, mais ils ont falsifié la science, pour rendre service au gouvernement et à la bourgeoisie. /Exclamations 7. 1 Je vous disais qu’au dix-huitième siècle il y eutun bien beau “à, mouvement intellectuel avec les Encyclopédistes. La science ad à alors était démolisseuse, elle était révolutionnaire. Pourquoi? Parce que la bourgeoisie était révolutionnaire, parce que la bourgeoisie avait besoin de détruire l’idéologie aris- tocratique, et l’idéologie chrétienne. Mais une fois que la ad Le bourgeoisie est arrivée au pouvoir, la bourgeoisie a pensé : è À D maintenant que je suis maîtresse de toutes dE nr a j’ai besoin de la religion pour me soutenir. Elle a es savants de tourner casaque, ils ont one RU pa :à vous en citer un fait bien curieux : c’est … KP il “A livre de Darwin, paru sous l’Empire. L!
rÉvolution des Espèces (1) à paru, tous les professeurs æ la Faculté, tous les membres de l’Institut se sont lev és contre ce livre, et Se sont mis derrière Flourens; au moins lui avait l’excuse de ses quatre-vingts ans pour attaquer et combattre cette théorie, et ce spectacle a été donné par la France, patrie de Lamarck, de Geoffroy-Saint-Hilaire, le père de la théorie de l’évolution, que Darwin n’a fait que compléter et mettre à l’abri de toute critique. (Applaudissements à gauche) Et quand, plus tard, l’émoi clérical, car c’était pour faire plaisir au parti clérical que les savants Se déclaraient antidarwiniens, quand l’émoi clérical se fut un peu apaisé sous la République, les savanis sont devenus naturellement d darwiniens ; aujourd’hui il n’en est pas un qui n’avoue qu’il est darwinien et qui ne l’avoue naturellement, ce qui prouve que lorsque les savants combattaient le darwinisme, ils le combattaient contre leur propre conscience. {Vives prolestations à droite. — Applaudissements à gauche) Une voix. — Même Pasteur? ue a a Si vous avez des observations a. savants sont devenus NES per Macaiee i rwiiénp en faveir de In bourseoisies ils see Galton, déclarent aujourd’hui que, par le f mienne, Spencer, Re classes supérieures de la société. d’ pour la vie, ce sont les Re plus dignes, ce sont elles qui He aujourd’hui qui sont les que la classe ouvrière mérite sa si leur situation, tandis Ts ë aujourd’hui la classe ouvrière A: SItUAON inférieure. Ainsi nes misère au nom de Dieu, mais : ne plus condamnée à la 3 + &. de la science! {Longs pe tie condamnée au nom en ents à gauche et vives graphe conjecture ici de l’Origine des espèces.
Protestations i ses fraudul 4 droite) Jamaïs il n’y a eu une b
euse pareille à celle-]à et enqueronte de ces intell i » ét M. Brunetière, qui Î Rio ectuels qui ne sentent as 1 7% Qui est un
ë qui même accompli Pas leur dégradation et Ë plissent avec beaucou de joi servile, n’a pas senti toute la vérité de € Joie leur tâche :Fai arlé ce mi £enre humain, qui pen dû . l’émancipatrice du nité, aujourd’hui, parce qu’ I onheur de l’huma- » Parce qu’elle est accaparée, monopolisé par la classe bourgeoise, fait le malheur & ù . it Ï $ Toutes les applications de la sci ? ans 11 £ € la science n’ont eu pour résultat Le que d’augmenter le travail de la classe ouvrière, le travail É 4 ee se l’éclairage; c’est à la fin du siècle dernier que les FA [| ’ rl ectionnements du mode d’éclairage ont commencé; c’est “4 alors qu’Argand et Carcel ont trouvé leur lampe à double Ée courant; Chevreul a trouvé la bougie stéarique; au milieu de ce siècle le gaz, plus tard le pétrole; tout dernièrement l’électricité, qui est le soleil de la nuit.
Quel en a été le résultat pour la classe ouvrière et la grande masse de l’humanité? C’est que les ateliers qui, avant, étaient fermés pendant la nuit, sont ouverts la nuit et le jour, et les hommes, les femmes, les enfants du
prolétariat ont été tenus à la tâche la nuit et le jour, juste-
ment à cause des progrès de la science. /Applaudissements
à gauche. — Exclamations à droite) N’est-ce pas une ban-
r 0 Ceux qui ont lu les journaux de la révolution doivent PT: A savoir que, lorsqu’on s’occupa de l’abolition des privilèges A | aristocratiques; il y eut un cri général dans tous les journaux, parce qu’on disait qu’il y avait des nobles qui faisaient , L: battre les étangs la nuit par les serfs pour faire taire les Æ# @/) grenouilles. Eh bien, qu’est-ce que cela? Mais battre les étangs la nuit, ce n’est rien en comparaison du travail de nuit dans les usines, du travail dans la pestilence, dans ces 5. milieux mortels; il y a des industries où il faut que à l’homme protège sa bouche, ses yeux, tous ses ue ë, tellement il est entouré de germes de mort, et Us . cause des progrès de la science! La science, parce qu
dus : par italiste, est une arme possédée aujourd’hui Par la classe A ie terrible entre ses mains pour ne e Les économistes ? ils ont vendu la science; depuis Ricardo et Adam Smith il n’y a plus de science économique, tous les économistes ne font que répéter ce qu’ils ont dit, ou purs de plus en plus mal, de plus en plus confus; pourquoi Parce que les phénomènes que Ricardo et Adam Smith étudiaient à la fin du siècle précédent et au commencement de celui-ci étaient si peu développés qu’on ne pouvait pas voir où ils pouvaient aboutir, tandis qu’aujourd’hui il faudrait être aveugle pour ne pas voir où marche la société, et c’est parce qu’ils seraient obligés de conclure comnre le socialisme, qu’ils ont tué la science. Is ne sont aujourd’hui . que des compilateurs, que des ressasseurs, des rapetasseurs; il n’y a qu’une science qui existe encore, c’est la statistique. Pourquoi? Parce que la bourgeoisie a besoin, pour ses spéculations, d’avoir des statistiques bien faites; ainsi la statistique de la production du blé dans le monde est RER bien faite, parce que les spéculateurs Le besoin d avoir des chiffres précis pour faire leurs granes spéculations; et même les plus grands statisticiens, on M. Giffen, le grand statisticien de Londres, se seres nos chifres contre la classe ouvrière, pour démon- à e n’a jamais été plus heureuse qu’ anjourd’hni, P reuse qu’elle ne l’est a se Le re Sul nomistes, aujourd’hui, ils sont des aboyeurs , : autres voleurs ont lancé 1 i , VS l’économiste qui était à é leurs mines d’or Sd gistes, car la bourgeoisie qui Fe et ils sont aussi des apolo- 34 = IT qui n’a pas l’éducation Se on LE qui est incapable, ne et pour combattre le socialisme, dons éfendre ses théories mistes qui sont des apologistes, c onne ce rôle aux écono- nn contre le socialisme » Qui, pour argent comptant, À es intellectuels de la littéra flatieurs, des Pen mon Dieu, ce sont des les œuvres dont ont besoin da de PRIMES ils lui font &oûts dépravés, et ils ne k
somprennent pas la grandeur £. ils ne comprennent pas la su qu’ils auraient à jouer, adorent, ur de ce Molière qu’ils SEA Molière est être l’écrivat Pie. cri “3 0n remplirait cette salle q écrits sur Molière: il y a des ke es volumes SE Chercher la date de tel acte, la d D RE rie ‘HAE se Le ous les morceaux d’acte o l jeune ; et qui, s’ils tr i ente, quand il était “ Jeune ; qui, si ouvaient une de ses crottes, l’enchâsse. Faitut dans l’or et la baiseraient bénévolement; ces gens ne ds ps Les la lettre et ne voient pas l’esprit, Fa blement De de Molière; vous êtes probaet es 101, Je vous demande s’il en est un seul Fu qui ait fait ressortir le caractère politique et révolutionnaire Le à de Molière, de cet homme qui a poignardé, avant “ Beaumarchais, avant les Encyclopédistes, la noblesse ; qui, ‘ après s’être attaqué à l’Église s’est adressé à la philosophie, ne qui dans Don Juan et le Cocu imaginaire s’est attaqué au scepticisme, qu’aujourd’hui on veut nous sortir contre le socialisme. Car à cette époque c’étaient des prêtres, Huet, évêque d’Avranches, Pascal et P. (1) qui disaient : l’homme ne peut rien connaître, sa raison ne vaut rien; il faut qu’il Es. s’incline toujours, c’est la foi seule qui peut l’éclairer. Et . Molière s’est moqué de cela dans cette admirable comédie ns. qu’est Sganarelle; mais il faut remonter à l’époque athé- nienne, à Aristophane, pour trouver des poètes avec lesquels AGE ‘a à les événements politiques et philosophiques soient montrés CT % À. sur la scène. On a signalé peut-être ce côté, mais très Mais il y a l’autre côté que jamais on n’a vu: c’est l’homme ! Fa de sa classe, l’homme qui a fait le Bourgeois gentilhomme, qui a fait Georges Dandin, et qui a dit aux Bourgeois cf 1e voyez-vous, si vous allez vous mêler avec les aristocrates, vous serez ridiculisés, volés, battus; arrière! formez voire
ss 1 sans ton intellectuel il n’a pu conjecturer utilement.
classe, opposez-la à celle-ci, et Lee i és é nous le faisons aussi aujourd’hui, € de difficultés dns disait tout à l’heure Vaillant, à ‘la nous disons, comme !€ lisai : ie. classe ouvrière : séparation complète avec la bourge Les intellectuels politiques ne sont que des re Se remarquez que les grands financiers comme Rothse i France, les milliardaires comme Gould et Vanderbilt, ou les grands polymillionnaires comme le duc de Westminsler, ne daignent pas être députés ou ministres, mais ils y mettent leurs commis. /Rires) Et c’est parmi ces intellectuels que se trouvent les pires ennemis de la classe ouvrière. Non seu- A lement ce sont de grands ennemis, mais encore cé sont des ennemis jésuitiques, ils sont les dupeurs de la classe “al Contrairement à ce que pense Jaurès — et Vaillant ne me démentira point — la propagande dans les milieux intellectuels est la plus difficile. Quand nous sommes rentrés de l’exil, Vaillant, Guesde et moi, nous sommes venus nous fixer dans le quartier latin; Vaillant demeurait rue Monge, moi boulevard de Port-Royal, Guesde à la Pitié : nous nous d sommes trouvés en contact avec des centaines de jeunes gens. Au premier moment nous avions l’air de les convertir, 1e nous croyions que nous avions fait de nouveau des adeptes Le: ca a mn et puis, nous tournions le dos, il n’y avait ‘# he, 4 rien. C’était le sable de la mer qu’on prend dans la main et qui glisse entre les doigts… (Rires) ‘4 1 . amis, bourgeois décoré de la légion d’honneur. (Rires) Des î z donc, il faut que jeunesse se passe: be moi, voyez-vous, sous Louis-Phili « i passe; É sociétés secrètes ; j’ai fait partie de éette délé Rene été j ë élégation qui a à trouver le roi pour lni demander Ja gràc de B a voyez, aujourd’hui, je sui À grâce de Barbès; Eh bien, les bour J° suis un très bon bonapartiste tendent même pas e réa tellectuels, aujourd’hui, ils n’atntrer dans leurs foyers, ils n’at69
tendent pas d’avoir d socialisme ; immédiatement sers Le tendon Lo Ho onverlis, ils deviennent des anti-socialistes.. Fe ne voix. — Et les députés Socialistes? É 1 Une autre voix. — pt Vaillant? Le Le citoyen Lararaur. — Je ne comprends pas, aussi je } ‘ ne réponds pas. 4, Nous avions cru, Vaillant et beaucoup d’entre nous ont cru que c’était notre manière de faire la Propagande qui ne Pouvait pas leur convenir. (Mouvement) Vous le voyez, j’excite votre colère, ici. F4 Une voix. — Oh! non, cela n’arrive pas jusque-là ! Le citoyen LararGue. — Quand Jaurès est venu au s04 0 cialisme /Cris prolongés de Vive Jaurès), nous avons accueilli à avec plaisir sa venue; il trouvera un autre langage que nous n’avons pas su trouver, il aura une influence… Une voix. — I l’a eue! Le citoyen LAFARGUE. — sur lés milieux intellectuels, A En effet, il a ébranlé les milieux universitaires, et depuis la Li venue de Jaurès au socialisme, il y en a beaucoup qui rx viennent en même temps. Mais, comme le disait Vaillant tout à l’heure, ils ne viennent pas pour être militants, ils CTI | a viennent pour être les chefs du socialisme… à ” Le citoyen LArARGUE. — Voilà des hommes très nee gents qui ont passé des années à apprendre leur scene Fi spéciale, et qui s’improvisent du jour au lendemain sociaS bu ñ i croient que c’est une science qu’on improvise, du parce qu’ils nee les mœurs des huîtres, croient qui, re iétés humaines. (Rires el que cela suffit pour diriger les sociétés h k Une voix. — Ce n’est pas flatteur pour Milleran
. Le citoyen LAFARGUE. — Ils viennent au nie de nous former le socialisme. {Trés bien, à gauche) pe é éories et son organisation et Ils veulent réformer et ses théories e us sa tactique, et les réformes théoriques qu’ils proposenl k ge sont des réformes absolument ridicules, ECG nous disent : que ces théories aient pu être bonnes \4 : ) cinquante ans, aujourd’hui elles sont démodées, elles son trop simplistes, parce que, dans notre société, on ne peut tracer de ligne de démarcation entre les classes « parce qu’il y a des ouvriers qui sont rentiers, ayant un livret de caisse d’épargne, ou qui ont une ou deux ou trois actions, û tandis qu’il y a des rentiers qui travaillent pour compléter leurs rentes ».. Mais à ce compte-là il n’y aurait pas de E* ‘ règne animal, ni de règne végétal, puisqu’on ne peut éta- blir la démarcation entre les deux règnes; il n’y aurait non plus plus de jour ni de nuit, parce qu’on ne peut établir clairement la démarcation entre le jour et la nuit; si vous dé- cidez d’une manière pour le méridien de Paris, dix lieues plus basil faut l’établir différemment ; et s’il fait nuit ici, aux antipodes il fait jour. Par conséquent, il n’y a ni jour ni nuit… (Rires et exclamations à droite) Permettez, c’est le raisonnement qu’ils font pour démontrer qu’il n’y pas lutte ‘à de classe, c’est simplement reprendre la vieille théorie bour- +0 ns +. Lya absolue égalité dans la société, il y ) ntérêts, comme disait Bastiat. 0 CET. pie autre théorie qu’ils attaquent est celle qu’on appelle Ils prétendent que c’était bon peut-être lorsqu’on était ro- ARS . ique, lorsqu’on pouvait faire des barri è RS. la théorie de la Révoluti ire des barricades, de faire sa raison d’être ere sp aujourd’hui cela n’a plus + NS à > par es choses marchent si bien que Re nous arr ue En effet, d’un côté : intellectuels dont le sort va nRIeUs, € est que ce sont les soutiennent que le sort des UE ant de jour en jour qui en jour. 1és va s’améliorant de jour
F “Lt aun autre côté la ositi De ë rant, le t intérer ROSIUOn des capitalistes va empi- » “€ taux de l’intérêt diminue: il était à Ë nue ; il était à Cinq, il est tombé à trois, à deux, peut-être arrivera-t-il à rien: al 1 ombé lalistes n’auront pas de rai time a donne dE capitaux, } aison d’être; ils donneront leurs À ; I , \eureux de travailler, Comme disait M. Waldeck. d ts théorie-là est Purement enfantine et prouve leur absolue ignorance des phénomènes économiques. Au siècle dernier Adam Smith reconnaissait déjà, en Angleterre, pour un pays très développé à l’époque, que 3 ° était un je taux normal pour les capitaux de tout repos qui ne courent aucun risque, comme ceux qu’on place sur fonds |3 d’Etats, de &ouvernements; en France, un économiste con- sidérait que c’était 4°, parce que la France est à un degré ne de développement économique inférieur à celui de l’Anglest. terre; aujourd’hui les financiers considèrent que 3 °/, c’est
le taux normal de tous les capitaux qui ne courent aucun risque; et c’est toujours autour de ce taux de 3 °/ qu’est la rente; elle est tombée à 2 °/,, mais depuis quelques années, il a remonté, même au-delà de 3 ‘/+ Pourquoi? Parce que ! les capitaux sont comme les intellectuels, sont comme toute espèce de marchandises : quand il ÿ en a beaucoup le prix tombe, mais quand il n’y en a pas le prix augmente; dernièrement l’ouverture de la Chine, la construction de tous he. ces grands chemins de fer en Russie, en Perse, demandent des capitaux énormes; partout ils AO URARE ROBE (ei) rares; alors qu’on pouvait autrefois emprunter es Le: jourd’hui on ne,pourrait le faire; voilà PORE la pré Fee terie, c’est une erreur de messieurs les intelle : ve Maintenant, s’ils attaquent la théorie, ils attaquen s les organisations. Or, on a voulu désorganiser le See “+ socialiste; cela a été dit, publié dans les due le Er nd à voulait désorganiser les organisations qui pes pour ds ae iali tous, € } AS i liste. Le socialisme pour aus soi, c’est ce qu’on a voulu. /Applaudissem j é plus rares. È (1) Le citoyen sténographe a conjecturé p Jusqu’ici la tactique du parti socialiste a été : Es le parti socialiste, de lui éviter tout contact avec ! a ai bourgeoise libérale, aujourd’hui au contraire on veut no méler avec les sociétés des droits del’homme et du citoyen, on veut nous mêler avec la bourgeoisie libérale; on veut nous faire entrer dans les ministères. {Vifs applaudissements à gauche). On veut nous compromettre… {Applaudissements prolongés) C’était une crise « nécessaire », parce qu’elle s’est produite en Allemagne en 1899; lorsque la loi de répression de Bismarck a été levée, les intellectuels se F3 sont rués vers le parti socialiste et se sont présentés comme r chez nous avec des théories nouvelles. Ainsi il ne fallait pas faire la guerre au capital, mais à Dieu, qui n’a jamais Eh bien cette crise, loin de désorganiser le Parti Ouvrier , Français, le Parti Socialiste Révolutionnaire, elle nous a fait au contraire serrer les coudes. Je viens dernièrement d’assister à un congrès dans le Centre, et je vous assure que je n’avais jamais vu tant d’ardeur parmi nos camarades, comme à Melun, dimanche, et le fait que nous sommes ici, Vaillant et moi, non seulement décidés à marcher la main dans la main, aujourd’hui, mais dans l’avenir, prouve que cette crise a été on ne peut plus utile pour le ! ne Mn he nous sommes unis, el que nous sorti- as qu e toutes ces luttes et de toutes ces en- ‘5 Mais les intellectuels ont Ô ès i à : V cienne production artisane le travail intellectuel - De étaient combinés. Liheue de Pénre) Fi la production moderne ces LR ee n. ais aujourd’hui dans ra So) le travail intellectuel, Bien entend Menus Paie ok Vriers manuels qui font un avai, Lg à beaucoup d’ou- le mécanicien, mais il ÿ Cagnes à semi-intellectuel, comme “ie deux fonctions. Ysion très nette établie à bien aujourd’hui Jourd’hui on ne peut Concevoir la production
èrne Sans que ces de d ee ux travaux ne Soient intimement € peut pas concevoir un chemin de fer sil » pas de mécanicien, des ingénieurs, des chef + si ny a ne peut pas concevoir la productio, eiS de gare; on À . Production moderne, sans l’étroi union du travail intellectuel et manuel, qui ont t - ra A a on les deux écrasés sous le même capital k | Li au Re s s’affranchissent; il faut que tous les deux aient Fee IOPCE: Si lun s’affranchit, il ‘affranchit l’autre du j coup. Si la classe intellectuelle s’affranchit, elle see le travail eue Jusqu’ici c’est la classe ou- ! | € qui a pris les devants ; c’est elle qui s’est organisée en parti socialiste, c’est elle qui a lutté, a bravé toutes les Et les poursuites qu’on exerce contre la classe ouvrière P ‘4 sont autrement terribles que celles que les gouvernements . Dir font contre les propagandistes socialistes, car l’ouvrier de l’atelier, on le renvoie c’est la misère pour lui; non seule- . E ment on le renvoie lui, mais on renvoie sa femme, ses enfants, c’est la misère absolue. /Applaudissements) k Eh bien, malgré toutes ces misères, la classe ouvrière 1 1h s’est constituée dans les centres industriels; c’est elle au1 jourd’hui qui porte le drapeau de la révolution. Est-ce que les intellectuels veulent rester en arrière? Est-ce qu’ils ne veulent pas suivre les ouvriers? Est-ce qu’ils veulent attendre que les ouvriers les affranchissent ? Est-ce que l’heure n’est pas venue pour eux de se mêler à la révolution La production moderne sera bientôt généralisée, elle bou- à leverse tout; vous avez un journal à Paris, ages des machines; vous avez des machines à Ste e N Fta de tout qu’un seul métier. Autrefois il fallait des ann q à ur être ébéniste, par exemple. Maintenant si on est mécaL ù po il ste plus qu’un seul 5e nicien on peut labourer, semer, il ne Te pus légalité se métier, mécanicien. Le résuliat qui se produii, € bis , 70 ARR itions de production. if Cela crève les ye À i e vous , | isme, M. Durkheim, que flambeaux de LE ES ande influence, dans sa diviFR connaissez, car il a eu une gr
sion du travail (1), lui qui prétend Lier les ts se à prétend connaître la production économique, a _. toujours la société ira comme elle va aujourd’hui; qu hommes seront parqués les uns dans la cordonnerie, les autres dans la bonneterie, tandis que la produetion moderne tend à ne faire qu’un seul métier : mécanicien. On changera de métier, de milieu, et cela au plus grand profit de son intelligence et de sa santé. Mais il y aencore un autre résultat, c’est que le mécanisme abrège le travail ; jusqu’à aujourd’hui, toute machine, quand elle entrait dans l’atelier, au lieu de chasser des heures de travail, chassait des ouvriers. Eh bien, lorsque la machine sera entre les mains de la société, au lieu de chasser les ouvriers, elle chassera les heures de travail, c’est-à- à Ë dire qu’on peut entrevoir une société où on pourra avec un travail de deux ou trois heures par jour faire tout le travail social nécessaire; et après on se développera intellectuellement. Ceux qui veulent faire de la peinture, feront de la peinture ; non pas pour la vendre ; ils feront comme Zeuxis qui disait : je ne vends pas mes tableaux, parce a le roi de Perse n’est pas assez riche pour les : !… (Applaudissements} On ne vendra pas son traauste, on sera seulement heureux de trouver des ie La en et on n’aura pas même besoin de ments de travail seront cite pan Hs ie ; e que tous les in : , lors- D dinifines 1e md La ar seront utilisés pour Lo sera affranchie. Eh bien! Sos GE a pensée sera libre, À HS Venez avec nous pour affranchi sons aux intellectuels : salariat. Venez avec na ir la pensée du joug du les mains de la one arracher la science d’entre d’hui un instrument de Lo qui en fait aujourrte Pour la classe ouvrière Q) De la division du travait social. Alcan. €z-la pour en faire un l’humanité ; voilà votre pin ; - bonheur pour Ne nous vous appelons, Applandissements Pride Avant de donner la Parole aux personnes qui la demanha deront, je crois que je devrai adresser tous mes remercie- l ments au citoyen Lafargue pour l’intéressante conférence qu’il vient de faire. ‘ ny a certaines interruptions qui se sont produites, a .. Comme si, d une façon queleonque, Lafargue avait attaqué ce qui est le fait de l’intelligence et de la science dans le ue monde, tandis qu’au contraire il les a glorifiées, et il n’a fait que la critique de ceux qui, n’étant pas organes de si ne. grandes fonctions, se servent de leur science pour des fins absolument égoïstes, et il célébrait le moment où, dans la société prochaine, ces organes étant rendus à la fonction, à les hommes étant dignes de cette fonction, nous ne pour- à rons que louer ceux qui donneraient des moyens plus grands à l’humanité, C’est pourquoi je crois que la confu- sion qui a pu naître est maintenant dissipée à la seule réflexion. Mais cependant si quelqu’un a des observations de à faire, sur la demande du citoyen Lafargue, je lui donne J’ai demandé la parole, parce que je crois . a
” q 4 Lafargue a beaucoup généralisé. Vous Fe Fe laisser de che à Taine, c’est de prendre des petits fai . () Le citoyen Crépin est, me dress secrétaire populaire du quinzième arrondissement. E Er:
Ne AE èse qu’il voulait soucôté tous ceux qui déplaisaient à la thèse qu tenir. i je le dis Le citoyen Lafargue — nous nous connaissons, j ei mouvement chez les intellectuels, qu’il faut no suis bien peu qualifié pour prendre leur dé ense, é entré à l’âge de treize ans dans l’usine — parce quon peut entrer plus tôt — mais j’ai eu de longues fréquentations avec Guesde et Vaillant et Lafargue. Souvent = vous savez qu’il y a des proscriptions contre les socialistes — j’ai remarqué ceci: quand on se frotie contre un mur frai- “ chement peint, on attrape de la peinture; quand on se frotte avec des personnes intelligentes, on finit par avoir, k non pas de l’esprit, mais plus de compréhension. Vous avez entendu parler des Universités populaires; je ne saurais pas défendre leur cause, c’est une très belle cause, mais avec un mauvais avocat ; elle se défendra elle- Ù même, si je puis vous expliquer ce que nous espérons faire, et comment certains intellectuels viennent à nous. Si vous voulez bien me le permettre, je vous lirai le programme que nous avons rédigé « Nous unes Je parti des opprimés ; nous recherchons la cause d’une misère si lourde qu’elle ne saurait se perpétuer.. » . . demandons surtout qu’on écoute; nous appelons A F. el a ar accueillons tout le monde avec défé- ÿ , Car ils doivent être les bienvenus ceux qui viennent ‘2 t ds a peuple pour discuter avec lui. :, JR jan “un mouvement très marqué; et j’ai rencontré des Jeunes gens qui m’interrogeaient, me disaient, me mont Dee - des brochures de Viviani ; ils ne veulent pas faire 1 pre eur rité, cela les dégoû : a cha- de .. A et quand ils trouvent, faisant partie ss dé lon des visites, des ouvriers malheur : s égagent du Mont-de-Piété eux, ils ee été le paletot d’un pauvre i pour qu’il puisse aller travaill ouvrier maison, ils me ibinitésient Le et, allant de maison en Programme du Parti Ouvrier cure petites brochures, le Guesde; le socialisme utopiq signé Paul Lafargue, Jules brochures de Jaurès, et rs cie d’autres isalent : croyez-vous que
ne viens, j’allais déranger jes ao! Quelquefois, je me Do et Lafargue étai, à 8 rédacteurs, ce inielognes orage. Ban dans les Uni Tui demandaient s’il fallait rés “V2 “# Hier nous sommes allés is Bo : JL t;le tableau était auditeur an Conseil 11158) ch Par terre, des adre us FR : nous étions tous les deux Nes ne “% Nous allons avoi i : “un véritable université a dans le quinzième une ‘4 prendre Je titre en mauvais no ape — Car on peut E° Dans , 7° de Sen servir; la nôtre est socialiste, avec nous des intellectuels ? SONONENONS acceptée À Lorsque nous avons défilé de ù î blique, nous avons déployé notre . on ‘3 Université, sur notre terrai a ut Fe. mai etl ain, séra inaugurée le premier * #Æ e pue Anatole France avec nous, {Vifs applau- ) dissements à droite)… Je vous prie, citoyar 1% applaudir, c’est inutile, cela a Paie ea br Fe citoyen Lafargue a donné des ouvrages “Univers Lve ; Ur > pour l’Université i Ni populaire du quinzième, qui sont lus et appréciés, qui sont ‘| entre les mains de tous les camarades s\c’est un camarade qui a répondu à l’appel que nous avions fait, tandis que d’autres, comme le citoyen Deville, pour des raisons de santé, n’est pas venu. È Je ne répondrai pas directement, mais je crois répondre 0 6 d’une certaine manière; j’appartiens au deuxième arron é À ne dissement. Dernièrement il y a eu üne réunion sous le titre à Le Réveil des premier et deuxième arrondissements. Îlest à (1) Le citoyen Demesy représentait au Congrès le Syndicat des bourreliers de Toulouse, adhérent au Parti Ouvrier Français.
beaucoup parlé des es Énorec 7e be des statuts au citoyen Lafargue, de manière à lui mor je 4 “4 quel est le rôle. de ces universités. Je ne généralise pas, k En: dis ce qui se ‘passe dans les premier et deuxième arron- * :h “. On a parlé du mouvement politique, eh bien dans ce pe
- Réveil où il y avait Anatole Francé, on ne doit pas s’oceuper de politique; c’est vrai que, par compensation, 1 on ne doit pas cracher par terre, ni être alcoolique. Mais n’empêche pas que si je voulais, je pourrais beaucoup parler. Vous dites, il y a le mouvement coopératif et le ue. mouvement politique, eh bien dans le premier et le nr. deuxième il est défendu de s’occuper de politique. Faites » du socialisme avec cela. Voilà done un mouvement nouveau; avec le mouvement coopératif, il y a les universités populaires, et le mou- a: vement politique. S’il faut qu’il n’en reste qu’un, je voterai ” 720 ! pour le mouvement politique; mais du moment qu’avec le “4 mouvement syndical, il y en a Quatre, et du moment “ qu’avec celui-ci les ouvriers peuvent s’instruire et arriver dl an socialisme, je crois que ce sera toujours un de pris. Voilà ce que je voulais dire. {Vive approbation à droite) Fe: Quand on nous a annoncé une confé j k ? et Intellectuels, surtout lorsque ss, jet a PA is pes. Fe . dE nee un des représentants les plus auto- De &e tendre à une définit pren j’avais le droit de m’at- 5È constaté qu’il s’est produi , ; en effet, j’ai qui a un sens qui n’a pas été encore pen ar ec tUAliSMe, si on indique la source où ce core peut-être défini. Mais ke Vous verrez qu’il a une signifi 1ot a pris naissance, alors Vous conviendrez avec pue tout à fait spéciale, actuelle sociqliste intellectuel, que lorsqu’on dit à l’époque » ce ne sont pas les ouvriers FI _ à la défense d’une certaine pas Se Justice, se sont Lavrov: le ne Nha du Philosophe russe à. sr les œuvres de Lavrov, Re po. qui conie cré la moitié de ses fins V à consa- ) F nalité humaine, le rôle “ Dre rôle de la person- phase du mouvement révolutionnaire oéas 7e Crtaine ! à His » Contre l’absolutisme et contre le Capitate 4 Eh bien, chez Lavrov Vous trouverez non pas seulement à 11 >: définition, mais le développement de ce qu’il appelle se intellectuel ; vous verrez que Lavrov lui attribue un très Tes grand rôle historique. Je ne veux pas faire-de conférence, je ne Suis pas préparé pour cela, je vous dirai quelle est “4 peu près la définition de l’intellectuel : c’est un homme qui, armé de l’esprit critique d’une part, et d’autre part soulevé F Par un esprit de justice, tend, en se développant toujours, h. en s’assimilant toujours la science, en s’approchant toujours du groupe actif, à réaliser un certain idéal. Voilà la définition de l’intellectuel. Et Lavrov explique même les conditions dans lesquelles ils trouveront l’application de L. Et Lafargue nous parlera justement de ces intellectuels, %-.. 4 de ces personnes qui, armées de l’esprit critique et du désir de réaliser la justice, arriveront à la réalisation de leur idéal. Mais est-ce que les fondateurs du socialisme scientifique n’étaient pas avant tout des intellectuels? Est-ce que Lafargue et Vaillant n’étaient pas avant tout des intellecLA tuels?.. S F. Une voix. — Ils ne sont même que cela. Le citoyen Rusanoviren. — Est-ce qu’en eee . Fe domicile dans le cinquième, ils se sont tri Hs ‘ls ont trouver des adhérents; et je trouve que les efforts qu
été fait sans succès. Nous av faits n’ont pas été tout à rs laudissements Le citoyen Zévaès. — Membre du Parti Ouvrier Le citoyen Rusanovrren. — Qui appartient à la jeunesse. Une voix. — Ce n’est pas un ouvrier! Le citoyen Zévaès. — Ce n’est pas un indépendant! (Applandissements aux mêmes places) j i ‘Une voix. — Tant mieux pour les indépendants! = d Le citoyen Rusanoviren. — Nous avons des représentants très éminents de ces intellectuels, qui, s’ils n’ont pas créé le socialisme, l’ont formulé. Ce n’est pas dans un milieu intellectuel qu’on méconnaîtrait le rôle d’une formule, une formule c’est une force énorme. Les intellectuels ont donné au socialisme sa formule et son développement scientifique. Le rôle en est immense. Vous verrez que, dans la bourgeoisie française, il y a a cette double caractéristique : esprit critique et désir de servir la cause des déshérités. Supposons enfin, pour parler %e de cette cause particulière, que ce ne füt pas un individu ED MES de la classe bourgeoise qui ait été injustement condamné… Voix diverses. — Ah !enfin.. Nous y voilà. {Vive appro- Re r. bation et protestations bruyantes) SR #. de Parlez! Parlez ! — Il répond très bien) — de ferai simplement que Lafargue n’a pas parlé de cela ! Pris parti, parmi ces i Certes, Parmi ceux qui ont intellectuels qui ont pri d’un innocent injustement condamné il ed sonnes qui entendaie 6 ‘ L y avait des pernt ne défendre que cette cause. { cahi du Un, OX. — Ce pauvre Alfred… {Rires) il Le citoyen RUBANOVITCH. — Pourano: h Ont dévié : c’est parce qu’il Hrquoi certains indivique déshérité et frappé par l’inj Y à, au-dessus d’un in Fra toujours victime de cette tee ute une classe qui est Es. que a formulé très simplem : : ice. Le Socialisme scientif. ni: prolétariat qui nt cela, en disant: Il at qui est tous les jours souffrant d’une 5% le ce Parce que le fruit de son travail lui est volé une injustice ne suis convaincu qu’une partie de daté “és Eh bien, je ae commencé son action par une sim pa ourgeoisie, qui a, uneinjustice individuelle, si elle appli e”#4i0n Contre ni que, elle viend ue, e, si elle applique son esprit critin. à , Viendra certainement au socialisme… à . Le choy en VAILLANT. — Nous n’avons pas à entrer dans ces questions. Le citoyen RuBANovrreu. — J’ai fini ; eh bien, je dis qu’il ya certainement des intellectuels qui vont plus loin que celte cause individuelle, et qui apportent au socialisme leur force. Et ce sont ces intellectuels. Dr ÿ Cri : Et Galliffet ?.. /Longue agitation) “0 Le citoyen Rusaxoviton. — J’étais peut-être parmi les D É- trois ou quatre premiers socialistes qui ont protesté… à Une voix. — Lisez l’Aurore de ce matin! (1) (1) L’Aurore du vendredi 23 mars contenait un article d’Urbain L LE Gohier contre les conseils de guerre, intitulé : à bas/ où je relève cette phrase : « Et ces radicaux, ces socialistes du Parlement, qui ont F, sf : résisté aussi fort et aussi longtemps qu’ils ont pu à la cause de la D Vérité, pour ne pas s’intéresser à un bourgeois riche, à un officier d’état-major, à un juif, ne vont-ils pas se rattraper maintenant ? Il ne w : 3 s’agit plus d’un privilégié; il s’agit des pauvres, des humbles soldats, ii des fils de petits électeurs, des fils de paysans et d’ouvriers, de la chair du peuple. Vont-ils laisser les iniquités, les supplices, les assassinats durer et se multiplier sans fin? »
ment des intellectuels vers le peuple, pour l’éclairer ; Je salue ce mouvement parce qué c’est la répétition de celui (: qui a eu lieu en Russie, où les intellectuels sont venus au peuple et de cette union sont sorties de grandes choses, comme vous le savez. {Vifs applaudissements à droite et dans les tribunes) Rubanovitch a répondu à des choses que Lafargue n’a pas dites et c’est là qu’est la confusion ; Lafargue n’a nulle- “ L ment critiqué le rôle de l’intelligence dans le développe- ment du socialisme, il a critiqué le rôle d’individus et non le que . rôle o ces hommes devienne tellement adé- a fonction qu’ils doivent rempli ‘il n° de critiques à leur adr + mplir qu’il n’y aura plus Se ner adresser ; ils deviennent les collabora- arti, mais tant qu’ils joueront un rôle indivi il ya place pour sa critique. individuel crois par consé : - Fe les Fra a ss ss sis citoy en Rubanovitch, dans lrque j ;, n’a pas répondu au citoyen La- ‘4 Quand le cito. ; LL: rence sur les intellectuels. ne re : annoncé une confé- s& re dans les journaux sociali quand il a maintes fois dénoncé Le danger social, i lalistes, que les intellect ti OClal, je me suis toujours d rec uels sont un v Fr que ce danger social n’ait emandé comment il se Ras qui a analysé tous les de prévu par Marx. iste, qui a prévu toutes les di nt de la société capitarienne aurai £ s difficultés que la cest ait à vaincre, qui a pré que la classe proléta- ‘ geois, le socialigme PR le socialisme petit en, tous les socialismes,
le enfin, comment n’a:t-il as pré à intellectuel ? Pes prévu le danger du Socialisme ‘1 des intellectuels ; il n’y en a qu’un Para Où Marx parle. le plus ancien, où il parle de l’alliance Men cire, prolétariat qui souffre et les Mtellegiee de dans le Manifeste un à uels; ily a encore Fe historique : les i Passage où Marx parle de l’évolution de dit Pas un mot sur le danger que les intellectuels Pourront ni. ie I y a encore un autre fondateur du socialisme scienti- fique, Lassalle, qui a Prononcé un grand discours : Ja e “a danger des intellectuels, mais l’utilité des intellectuels. L É Alors, je me demande comment un des représentants du socialisme scientifique peut maintenant trouver tout à coup un danger qui n’a pas été aperçu de ceux-là pendant tout le mouvement socialiste. Je crois qu’il ne s’agit pas ici des intellectuels en eux-mêmes, mais des intellectuels qui ne sont pas venus à telle ou telle fraction. {Longue agita- tion). Si les intellectuels étaient venus à cette fraction, le f citoyen Lafargue ne les aurait pas dénoncés.. (Approbation, applaudissements et murmures) , bi: 54 Une voix. — C’est une affaire de boutique! Le citoyen Rarrororr. — Il y a une campagne contre Les intellectuels, une campagne stérile, sans conclusion. Quelle [14e 7 est la conclusion de la conférence du citoyen Lafargue? Il n’en donne pas. Il se contredit lui-même; il a user par chasser les intellectuels par la porte “ il si ne k par la fenêtre. fRires et ap piandieennen ” t: venez , 4 montré ke danger qu’ils sont etil a fini en disan : ven ds Û Fe. nous. Il a parlé des intellectuels anti-darwiniens, qui o! el fité de la science. pour défendre les intérêts capitalistes, A ; ou Darwin aussi était un intellectuel dont la science dia intellectuels socialistes et des intellectuels, anti socialistes. {Applaudissemenis, agitation, la voix de l’ora- ê teur est couverte par des interruptions continues) Ce On ne peut pas attaquer les intellectuels en général, j comme on ne peut pas attaquer les juifs en général, parce 1 A qu’il y en a des bourgeois et des prolétaires. Il ne faut pas généraliser et mettre les intellectuels comme une classe part; et voilà pourquoi Marx, qui est le véritable fondateur du socialisme scientifique, et qui n’a opéré qu’avec des notions claires et définies, n’a pas parlé des intellectuels. Je vous demande pardon que ce soient deux Russes l’un après l’autre qui viennent parler et je demande votre indul- è gence pour ma prononciation, j’ai le tort non seulement d’être un intellectuel, mais un intellectuel russe; et si les ne intellectuels russes prennent ici la parole, c’est qu’ils ont eu une douloureuse, longue expérience. On a longuement discuté dans les journaux socialistes russes dirigés par Lavrov, dans d’autres, dans nos groupes, partout, cette question. Pour nous c’est une question déjà rebattue, Et si, dans un pays où le socialisme est un grand Lis fondé en partie par ce même Lafargue, par ce même a ant, si on discute maintenant sur les intellectuels, je ee ns cest un retour à l’enfance! /Vifs applaudisJe le comprends quand un parti n’e éfini Li on opère avec des notions on. en ne « rs C’est comme de discuter sur l’utilité : nant. D. ui universités : sur l’utilité de la science, sur les PR EU populaires. ne propos d’un Mcrl Route ei gens ubliciste russe, à à a: dit: j’ai vu qu’on y diseutait sur ati eee à Londres, a se iné suis ah un Fi q utilité de la science, alors, qu’il est impossible que le s sr un journal sérieux, parce questions élémentaires. Oclalisme discute encore sur ces Une autre, — Jus que le citoyen n’a rien compris! — Alors, c’est un imbécile ?
el A Raproronr. — Plekhanov, fondateur du parti le émocrate, avait quelques velléité contre les i Sités et rancunes ‘f. 0 es intellectuels… 11 faut ajouter qu’il s’est produit Le récemment à Saint-Pétersbourg des mouvements Purement : “4 ouvriers qui ont rejeté les intellectuels 3 Üs ont dit, les synMe. dicalistes, il ne faut pas d’intellectuels, parce qu’ils demandent la lutte politique et des places de députés. n’en faut pas. (Rires et applaudissements) et c’est main- F Fu tenant Plekhanov qui demande grâce pour les intelleciuels atlaqués jadis par lui. Mais je crois qu’ils n’ont qu’un tort, es les intellectuels : allant dans le Parti Ouvrier, ils seraient Je bien reçus. (Applaudissements et longues Protestations) se Une voix. — Nous irons à vos conférences Jaurès, nous F4 Une autre voix ironiquement. — À bas les idées, vivent ‘34 les individus ! {Longue agitation) Le citoyen VAILLANT. — J’espère que personne n’a l’in11 tention de troubler cette réunion… on: {l Une voix. — À bas les inquisiteurs!
- À Le citoyen VAILLANT. — Il ne faut pas que la réunion se transforme en réunion publique. Le citoyen Dally a la ie parole et ensuite le citoyen Lafargue répondra. ve | Sue + it établi une équivoque assez bizarre semble qu’il se soit éta » quive sellectuel. ét; sait cette équivoque certainement les difficultés qui n’auraient pas été faites. s avec éloquence S° Les camarades précédents nous ont parlé avec éloqu à == , ngrès le Groupe d’action mn () Le citoyen De postes ns Socialiste Rérlnior licaine socialiste de 1 + tes-Alpes), du É. . et le Groupe socialiste de Veynes (Hautes-Alp
ésir de sacrifice, et je longues qu’ils ne parlent que dans leur, d’affection et d’estime; et je suis heureux de leur re dre cet hommage. f PR ALE On, citoyens, il y’a une équivoque, et facile à dissiper: par une simple définition. Je ne veux pas la prendre lans mon cerveau, mais dans l’histoire des évolutions qui se sont-produites, Il s’agit de savoir ce quest un intellectuel qu’est-ce qu’un intellectuel? Étymologiquement c’est un homme qui s’occupe des questions d’intelligence. Un ou- vrier finissant son a b c, ouvrant un livre, par cela même c’est un intellectuel. Et alors la discussion n’existe plus. Mais il y a une autre définition de ce mot, c’est la définition que l’usage lui a donnée : un intellectuel, c’est un homme qui s’occupe ordinairement et fait profession de s’occuper des choses de l’intelligence, qui est émancipé, soit par son travail, soit par son intelligence, soit par sa fortune. Voilà ce que nous appelons un intellectuel. Or, qu’a fait l’intellectuel, en venant à nous? Il est venu à nous et ne nous a point créés. Je commence par Lafargue, noire grand enseigneur de science et de choses socialistes ; a Je rappelle Guesde, cet autre enseigneur de choses socia- ER:
listes; mon ami Zévaès, mon petit camarade du quartier latin, ue J’ai été si heureux de voir élu à la Chambre; il est jeune, et je ne le lui reproche pas, moi qui ne suis pas 7. 7% encore (?) député; il a été élu avant que je ne le sois, car je ne le suis pas. Mais je suis heureux parce que je sais ce que Zévaès a apporté à la Chambre : un cœur absol dévoué à nos idées € ‘ 7 -2980lument h
 À ommunes, une intelligence noble, in- + “4 à Zévaès à Ouu portier directement au peuple. Il a plu courir tous les risques de la misère directement au Peuple pendant d HAL: pour parler de le peuple l’ayant jugé digne de jui Payer” TUà € que bre, pour en faire ce qu’il est jme, « envoyé à la Chamque agitation et marmares) » C’est-à-dire un député. {Lonh bien ‘qu’ont fai : ep: ait ces ont été frappés de cel, - intellectuels et qui sont-ils? Is bourgeoise, de notre se ns es sortis de notre classe
s instruction avait pu être dans le peuple: Pas venus immédiatement Peuple; au moment du triomphe de Populaire tout entière, au moment où ils celte classe Ke, peuple se réveillait: ils ne RÉ ae ont senti que le ï ils ne l’ont pas su par leur iidipne à ee Cr ils ont cessé d’être intelligents. Ils ont senti qu’il er ge i Fe contre lequel il n’y a rien à faire. à ais yen 4 qui ont senti que des idées autres venaient d au monde, ils n’ont point abdiqué, car ce sont des hommes *. | ; qui au cœur ont un sentiment profond de générosité, ils À | ont cherché à rendre service à la classe populaire et pour Li. rendre service à la classe populaire, quel a été leur pre- l : mier acte? Il a été cette maladresse de ceux qui n’ont pas Li na su abdiquer leur bourgeoisie, leur famille, qui n’ont pas su 5 8 abdiquer leur classe, n’ont Pas su venir dans le peuple, F É vivre de sa vie, vivre de sa misère, qui n’ont pas enfin 1 1 connu la faim pendant quelques jours, fussent-ils avocats, } 4 professeurs, qui n’ont pas fait à leurs idées le sacrifice de leur vie, qui sont venus à nous avec tous les préjugés de la tradition bourgeoise qui tient en ses mains tout l’enseigne- ment classique; et de même qu’on avait fondé pour des bourgeois et des fils de bourgeois des universités, ils ont voulu fonder dans un excellent sentiment… Po. Une voix. — C’est un discours électoral! Allez, on vous Le. nommera député, ne dites plus rien! ‘ nf #4 À Le citoyen DazLy. — Je ne suis pas candidat… : d’y 1 Une voix. — Vous le serez! & À Le citoyen DLL. — Ils sont venus à nous avec des idées » 7 ni D, bourgeoises, préconçues, quiléir avaient tie RE Le 4) leurs maîtres, qu’on n’enseigne que par les Universités. les ont pensé qu’ils avaient assez de science pour enseigner “à ouvriers, mais ceux-ci n’avaient pas assez de temps pour à entendre leurs enseigne A e tout le monde de dix heures a préparé une loi pour qu ia Le citoyen Zévaës. — Très bien! ca
r avons dit : vous i ité, mais vous vous êtes trompés ; 1! ÿ avez agi avec a I y a une question qui prime une question primordiale. ! ÿ #&° ; ler ‘1, votre enseignement, c’est la liberté de ce même peuP Une voix. — Réduisez, c’est une répétition générale. — On vous nommera, allons, vous serez nommé (L’orateur ne peut continuer par suite des interruptions} Tous ceux qui sont venus à cette tribune n’ont pas atla- H qué la conférence. (Rires) Ils ont dit: vous eussiez dû définir l’intellectuel. Marx n’a pas dit cela, n’a pas fait cela. Nous, marxistes, nous ne voyons pas par Marx, mais eux, ! qui ne sont pas marxistes, ne jurent que par Marx. /Rires) On est venu parler des Universités populaires, je n’en avais pas parlé; on est venu parler des affaires russes, des crises qu’il y a eu en Russie entte les intellectuels et les ouvriers. Cela peut être très intéressant, je ne le conteste pas, mais cela n’est pas en question. {Mouvement prolongé) Ne J’ai dit que, dans la production artisane, le travail intel- el lectuel de le travail manuel sont fondus dans la même per- ie » sonne; j’ai montré dans tout mon discours que les intel- É, Molière PAFARGUE, — J’arriverai tout à l’heure à Lee J’ai dit que les intellectu: été pis els ont ét iqué “ mt
- bourgeoisie, comme on Bleue de ne por AE ki audissements) Et que cette fabricati : sures… dante que la valeur d eorication avait été si abon- dessous de la vale : avail intellectuel est tombée au- que toute espèce de formule algébri + Cela vaut mieux de Marx, je vous dirai que l’on me Min et puisqu’on a parlé dans tout Le Capital. € trouve pas une définition
du travail simple, la valeur, et la définition ro vers FARGUE, — M. dise, il développe, analys REX commence par la marchanHa je n’ai yse, critique les hén: ai pas commencé par fair, ,.> PRénOMènes, moi jamais, il n° F faire une définition, je n’en ferai FE » y a que les pédants qui font 4 Ù n ferai ne. {Vifs applaudissements à gauche) C de Lei tnitions! sas Parce que la définition que vous d eu scholastique, ire sera pas bonne demain, et ce qui RS aujoufd’hui ne n’est pas bon pour la France 4. RE pour la Rüssie rait pu donner en 1848 des battle ne que Mart auil 1° 44 ghea à capitaliste n’était pas développe ne l’est aujourd’hui, ne serait pas bonn: mA js définitions ne comptent done ra de pr actuellement. Les N Vous m’avez parlé tout à l’heur iè ai parlé de Molière que pour most pi é ÿ a fus et les intellectuels, qui, au siècle dernier, étaient des lutionnaires, étaient des esprits d’attaque qui démo‘issaient toute l’idéologie de l’ancienne société aristocratique et féodale, et qui, aujourd’hui, ne sont que de misérables domeshe. tiques de la classe capitaliste. fApplaudissements)… Ils à 4 ne comprennent pas… Ra 53 Une voix. — Et Anatole France? a à Le citoyen LAFARGUE. — Remarquez qu’il y a des excepL tions. Anatole France est un des esprits les plus émancipés ne F Le citoyen LararGue. — Mais est-ce qu’il n’y a pas ensuite tous les pornographes qui écrivent dans les journaux, des hommes de grand talent, comme Sylvestre, qui prostitue son talent pour plaire à toutes les prostituées du monde. , {Très vifs applaudissements glans toute la salle) — Cela sort à de Polytechnique ! Est-ce que ce n’est pas une honte de voir
des intellectuels ravaler ainsi leur talent, leur intelligence ne et leur instruction ?… {Approbation générale et totale) HA Aujourd’hui le travail intellectuel est une marchandise, de et c’est comme marchandise que je l’ai examiné ici; ete est “ii une marchandise qui se déprécie tous les jours. Et je dis aux intellectuels : eh bien vous, qui êtes des intellectuels, 4 est-ce que vous n’ouvrirez pas les yeux; est-ce que Vous n° ë verrez pas l’abime où vous allez vous précipiter; est-ce que vous ne vous révolterez pas contre cette misère? Pourquoi est-ce que nous avons trouvé tant de difficultés à faire de la propagande dans les milieux intellectuels, tandis que, Re ! lorsque je suis allé dans les villes ouvrières, où jamais je n’avais tenu de réunion, trouvant des ouvriers qui n’avaient FA L jamais entendu parler de socialisme, quand je leur en parlais, 7 leurs yeux s’éclairaient.. Ils comprenaient ce que je disais. Pourquoi? Parce qu’ils travaillaient dans l’usine, parce qu’ils étaient sous le joug patronal direct, qu’ils étaient Fe Éeligies dans une production commune et qu’ils voyaient Ke ï s ne pouvaient s’émanciper individuellement. re . ee est différent ; il croit que, par sa roublardise… ifs applaudissements à gauche)… que par son is intelligence, ses Connaissances, il pourra s”émanciper indi- an {Vifs applaudissements à gauche)… Vous es : ce n’est pas vrai! Je suis heureux de cette parole NT: à et je voudrais que tous les intellectuels en disent int h nisée, la classe on re hui la classe ouvrière s’est orga- : À és nes l’ennemi, Et les intellectuel À enlever les positions de ont rien fait pour cela… D SNS Une voix. — Et vous avez fait beaucoup ! Le. camarade Zévaès ; ie ve citait tout à l’heure le jeune Pari nous, parce qu’il est un deg pro 00* de l’avoir actifs que nous ayons sa des Propagandistes les plus tout; il ne reste pas au P le parti socialiste ; il court parle pays — avec le permi alais-Bourbon, il circule d is de voyager des Co: ans tout
4 | Nous aimerions avoir des intellectuels Parmi nous, des
b: fl intellectuels venant parmi nous apprendre la science socia.
liste et ne s’improvisant pas socialistes pour Nous impo-
ser un socialisme de leur fabrication. (Applandissements
j Rappoport croyait me lancer une pointe terrible en disant:
a s’ils étaient avec vous, vous seriez enchantés |… Vous avez
parfaitement raison, citoyen Rappoport, parce que les
‘hi intellectuels qui ne sont pas avec nous, ne songent qu’à
4 # une chose : se servir du socialisme personnellement, Mais
à l. le parti socialiste est fort maintenant, et si les intellectuels
i veulent s’émanciper, ils le feront non Pas par philanthro.
Hi pie, non pas Par condescendance pour la classe ouvrière, mais
il Pour eux-mêmes; s’ils veulent s”émanciper, ils rallieront le
“4 4 parti socialiste ; autrement ils seront toujours en arrière,
je € {Applaudissements et longues Protestations ; exclamations
La | bi Les camarades Sarraute et Estève demandent la parole, qui leur
a a est refusée,
È ! di. Le citoyen EsTÈève. — Merci, citoyen Vaillant, É : La séance est levée.
notre Maître Villiers de l’Isle-Adam la lumière Qui perd les yeux k à perd’Ila ‘beauté de : Le homme qui serait L “à Le enfermé vivant dans
À 4. Une voiture attelée de trois chevaux en flèche, et ï “ abritée contre le soleil par un tendelet de toile écrue rouge et blanc, emmena Clément et sa mère de la os 4 ( (a côte humide et malsaine de Timor dans la mon- ! “ tagne. Les chevaux, petits et énergiques, ne s’arré- À 1 taient pas de trotter aux côtes, qui étaient longues . | et raides. Le voyage dura deux jours. | Les frères de Clément étaient des jeunes gens _N il robustes, sans culture et religieux. Ils menaientla (4 vie ordinaire des planteurs. Aux heures chaudes de hu. la journée ils faisaient la sieste. Le matin et le soir ils surveillaient le travail des nègres dans les e. rizières, dans les plantations de théiers et de Se É caféiers. Tous les mois ils recevaient d’un planteur voisin une revue qu’ils passaient, après l’avoir lue, <y i à un autre voisin. Le dimanche, ils allaient à la 2 # É. messe à vingt kilomètres de leur maison. Ils accueil- ‘5 lirent amicalement leur nouveau frère. Mais ils furent déçus par le maigre développement de à corps. Clément s’étonna de la petitesse du pre où tournait la pensée de ces grands garçons qui ne
parlaient que des champs, des serviteurs, Fe Re dans cette solitude, était redevenu ee petite fille, la dernière née de la maison, 1008 4 de suite, fut très près de son cœur. Élisabeth “a . ji dès qu’elle le vit, cet étrange frère tombé du Ciel. l
Elle le conduisit par la main, fidèle comme son La maison était sans livre et sans musique. ne Dehors brûlait le soleil. La forêt était tout près, L avec sa végétation d’arbres monstrueux. Clément écrivit à Majorel: Maître, qui vous : dira combien: je vous regrette? Pourquoi ai-je eu 4 F- X la lâcheté de partir? J’aurais dû résister à ma mère Ÿ. 2 2 a et lui dire : Laïsse-moi aux charmes de ces paysages 4 à ÿ F Eh humains que je comprends. — Pendant toute la ere Là traversée, j’ai entendu nommer des pays de rêve : SN l’Égypte, l’Arabie, l’Inde aux millions de Dieux. Les passagers s’étonnaient de la beauté des cieux, “4 des terres et des mers. La nuit, des raies phosphoescentes — qu’est-ce que des raies phosphorescentes? — suivaient le bateau; et l’on disait que ROUE °uverte par l’étrave était sanglante, vue dans e lle merveilleuse. La route qui nous la lumière î EE us ouverte par l’ombre des arbres, hl L’eau ruisselait partout; des indigènes nous croih Aux alguillonnant des bœufs qui tiraient des chariots aux roues pleines. Dans une forêt, trois (| Paons qui marchaient sur la route devant nous se sont envolés: et ma mère, émue par la beauté du spectacle ‘et oublieuse, m’a dit : Regarde leurs Ë À ’ queues éployées ! — Mes dents se sont serrées, et je hi : me suis retenu de pleurer. à j : Mes frères me méprisent pour ma faiblesse ; mon he père est une intelligence caduque. Maître, je. n’aurais pas dû venir ici: JY meurs d’ennui. La ri fête de cette nature qui est autour de moi, et qui n’est pas pour moi! Élisabeth entr’ouvrit la porte. Si léger Los le bruit, il réveilla Clément de son sommeil. En i même temps un oiseau chanta. C’est done bien étonnant un loriot? Tu n’en avais pas’encore entendu ici ? Mais il y en a beaucoup autour de la maison. Les premiers colons en apportèrent avec eux. Ce sont de très vieux émi- D Clément s’habilla et sortit pour entendre de plus près l’oiseau. Élisabeth l’accompagna. leur approche l’oiseau s’envola et d’arbre en arbre il les conduisit jusqu’à la forêt où il se perdit. i Ils demeurèrent quelques minutes aux aguets. Ils s n’entendirent plus rien. : 1% — Cette forêt étrangle le chant des oiseaux dans A Ex leur gorge. Elle m’est odieuse. — Comment sont donc les forêts là-bas ? i =? à ee — Dans noire vrai pays il n’y a pas de forêts, à petitesœur ; il y a seulement des bois où poussent des °. vs plus petits et moins serrés, dont les feuilles rement enjre: les troncs. L’homme taille les branches, abat lès abat les arbres] est
à la lumière qi le maître. Ici nous Sommes des étrangers. La forêt nous haïit, elle préfère les grandes bêtes. , 4 # — Tu veux rire. Dans les Champs qui sont k à Poussaient autrefois des arbres. On Y à mis le feu: En On a déterré les racines. Et là où les charrues ont . Passé, la forêt n’est plus revenue, +R — Les bois de là-bas sont pleins d’oiseaux — de bi. À toute espèce d’oiseaux — de loriots, de mésanges, pu # de pieds noirs, de rossignols, de fauvettes, de merles, Ÿ a de sansonnets. 4 4 Li — Est-ce donc parce que tu n’entends pas de à chants d’oiseaux que tu es triste d’être venu chez Ni nous ? — Tu es trop curieuse! Et d’abord si je n’étais pas venu ici, je n’aurais pas pu t’embrasser. É — Cependant tu n’es pas heureux d’être avec nous. DU Tu rêves toujours à des choses lointaines. Élisabeth défendit Clément contre ses frères. Elle leur disait Ne vous irritez pas contre Jui. Et ne croyez pes que son air en allé soit un air de mépris: Fiane à demeurer seul dans sa chambre et s’il ne vous l accompagne pas au dehors, c’est que cette nature 1 Î est morte pour lui. Il me l’a laissé comprendre. A4 La forêt sans oiseau est sans charme. Mais un jour nn il finira par trouver sa joie dans le bourdonnement fé des insectes. Déjà les sources infiltrent dans son cœur le sentiment de la beauté de cette terre. que ce pays que Clément n’aimât pas ; mais c’est nous qu’il n’aime pas. Il a vécu trop longtemps sans nous Fe connaître. Nous avons poussé ici comme des jeunes arbres, de jeunes animaux, de jeunes sauvages. Lui, F il aime une civilisation exquise, que nous ne pou- à: 4 F. vons soupçonner mes frères ni moi. Il nous trouve l « ä des barbares, il regrette la nature et plus encore les Rs hommes de l’Europe occidentale. Le Les six garçons répétèrent ensemble : 54 ho — C’est bien cela, il regrette les hommes de l’Eu- ‘à cs mieux : il regrette ses amis. pourrez le devenir.
à la lumière — Tu es plus fine Te nous tous, Élisabeth, mai nous pensons que tu n’a : re à uras pas raison ; Clément “ nest pas de notre race. j (ea tendu sous la véranda, par delà les côllines de. vertes, Clément aurait pu voir une mer diamantine. FA Une lunette marine était orientée vers la méditer. {l Fa ranée de l’Insulinde. Élisabeth guettait Je passage là des vapeurs qui faisaient le service de Timor à Java ‘4 et à Batavia. Elle avertissait son frère et lui nomol 1 mait les bateaux. A des intervalles réguliers, un j domestique piquait les heures en frappant avec un maillet un cylindre de bois suspendu aux branches d’un arbre, dans la cour. La nuit, il était réveillé par le frôlement d’une aile de chauve-souris, entrée par la fenêtre ouverte, “4 ou par le cri plaintif des lézards qui se donnaient la chasse sous les meubles; quelquefois aussi par le v à rugissement d’un tigre rôdeur ou par le grondement
d’un volcan en éruption. ne k < a Son père se reprochait de l’avoir jadis abanM donné. Il disait à sa femme ‘4 — Pardonne-moi; tu étais plus clairvoyante. id Nous n’aurions jamais dû nous séparer de lui. C’est un étranger qui est revenu parmi nous. Ah! Ma- jorel que vous êtes puissant sur les âmes!
Madame Saint-Adjutory lui répondit: ï — Oui Majorel. — Mais Clément a subi une 1: À fluence plus puissante encore. — Ne le lui as-tu jamais demandé ? Elle encouragea son mari à cette hardiesse. Clément s’expliqua devant son père : — Non vraiment, je n’ai jamais été amoureux. — Alors pourquoi, chez nous, traînes-tu un si grand ennui? pourquoi tant regretter l’Europe? . — Je suis cruel de vous attrister ainsi, vous qui ‘4 m’aimez; je voudrais revoir Majorel. Vous l’avez connu cet esprit divin! 11 me donnait l’illusion que 4 se Fr. j’étais un homme comme un autre, il ouvrait pour /: à pr Ÿ moi les portes du monde visible. C’était un enchan- ‘À : M: É menait dans le passé, dans le présent, dans l’avenir, D RSS il exaltait ma vie. ï sou clame” ar atst pri va ui été sous É , Comme toi. Aime-t-il toujours le cinquième siècle de la Grèce? la lumière he _ Souviens de son enthousiasme di e parlait de ce temps où la vie de quel mes fut si belle, Et déteste.t-il touj mag Ji À toute la beauté — Ja beauté d’Aspasie, la beauté 1e d’Alcibiade, la beauté du monde, la beauté de la LE — Et d’avoir méprisé la vérité — Li 4 — Sans doute parce qu’il dégoûta ses disciples ME 10 des recherches des Ioniens? kr. ‘4 — 11 disait que sa doctrine annonçait Jes temps à où le souci du sombre royaume des morts occu1 | peraïit tous les esprits. — Et l’empereur Julien? l’aime-t.il toujours? — Toujours : il haïssait l’esprit chrétien. ‘5400 — Des légions d’étoiles se levaient au-dessus de nos têtes, quand, allant et venant sur la digue, nous CESR Le: nous entretenions du Christ. Il me le représentait dans la Judée. — Vu, PU ces paroles. L’influence de Majorel avait été siprodon 4 fonde, que son mari la subissait encore! Elle 3 — N’achève pas; tu parlerais du Christ comme -.i s’il était un homme. A la dérive de tes souvenirs, tu redeviendrais le blasphémateur que tu as été. -
Toi, Clément, songe àton père. I n’est plus le au ciple désespéré de personne. Avec la croyance, n . retrouvé, sur cette terre que tu maudis, la joie humaine. Laisse-toi pénétrer par la simplicité de la vie que nous menons ici; par cette nature dont tu devineras la beauté avec le temps. La saison est F Î insupportable pour toi. L’atmosphère est trop M l chaude, trop humide, chargée d’orage; mais bientôt vont venir des mois plus doux. Ettu goûteras la 1 A l -_ suavité de l’air qu’on respire dans cette forêt, sur D: È les pentes de cet antique volcan. Des nuits vont venir, si calmes, que tu sentiras leur paix efleurer ton visage. à — Cet impitoyable soleil me tue. L’homme ne peut réfléchir ici. Il faut qu’il vive comme une bête, ä comme une plante. Je sais qu’au loin, devant nous, . large, surgir des îles glorieuses. Autour de nous, | af per les temps clairs, du sommet de cette montagne F # éclatants de l’univers! Mai par les astres les plus îles, les volcans NS 4 re. font la mer, les les voir! J ‘ iles, à moi, qui ne puis pas ‘ de regrette l’Euro : ï pe. Là-bas, j’avais de livres, des musiques, de l’air frais où agile. — ù la pensée est
la lumière lade onu d’orgueil, malade de regret, ma — Qu’importe que je sois malade d’orgueil regret ou d’amour si je suis malh hs Ta désolation m’afflige, Il aurait fallu ne jamais ps et de l’espace, dans les combinaisons innumérables du possible, nous avions eu la chance, merveilleuse vraiment, de nous rencontrer, il est triste que ‘notre amitié préparée par des séries d’événements inconnus de nous, et nouée par notre volonté, soit à la merci d’Êtres oubliés, des étrangers en somme; ton père et ta mère. Comparées aux unions spirituelles, lesunions par le sang ne sont rien. Tu étais mon vrai fils. Je de a À t’avais délivré de la Terreur divine. J’ai soufflé sur les formules décrépites du bien et du mal et j’ai fait s’évanouir à tes pieds leur prestige. Tu es devenu un homme libre. Le climat que tu subis énerve et 16” 4 rend lâche. Ton père fut un affranchi, lui aussi, et vois: les Esprits du soir et les Esprits du matin, les à idées enfantines et séniles l’ont entraîné dans le cercle de leurs rondes. Il s’est débattu et à la brume k il s’est noyé dans la fontaine.
Les frères de Clément couchèrent ” pes étendus le corps d’un gros 018620 ee tesques C’était une sorte de goéland aux ailes geo qui s’était laissé tomber dans la cour. L re ge - 148, yulsivement ses ailes avant de se raidir dans la mort. Clément rabattit les paupières sur ses et comme il avait cru reconnaître en lui un eue des mers d’Europe égaré dans l’Insulinde, aidé d’Élisabeth, il l’emporta dans la forêt et l’enterra au pied d’un figuier géant. nn Le soleil disparu rougissait encore le ciel. La nuit appareillait pour un nouveau voyage. - — Élisabeth, la vie de cet oiseau est enviable! il a parcouru le monde sur ses larges ailes. Il a ‘4 connu tous les temps: les jours de grand soleil et lesbrumes. Son ventre a effleuré la crête des va- : Fe la +” gues, et sa forte carcasse a résisté aux tempêtes à #4 PU X É comme celle d’un steamer! le gaillard happait les 4 À « tr poissons dans la mer, et il a crevé, sans doute, JS avec son bec, plus d’un cadavre de noyé flottant ie entre deux eaux. Par quelle étrange aventure est-il sou s’échouer ici, le vieux Viking? Il a connu dormait sur les promontoires. Il s’élançait dans l’espace aux premiers rayons du soleil; il tournait dans la lumière; ou bien, repliant ses ailes, il
(] la lumière t à la houle atlantique, qui le bereai sur é Sale à ses ondes allongées. I…1 a PU Voir dans le cie] turne ce ie 26 pourrait Imaginer le plus grand des poètes, s’il était aveugle, Cassio ée, 1 É.. © “zard, la Grande Ourse, Andromède qui attend Li. SO amant au bord de la Voie triomphale! 1 — Comme tu t’exaltes Pour un misérable oiseau démonté par la rafale. 4 — d’envie tous les Êtres qui voient, j’envie les. à plantes elles-mêmes. Je n’ai jamais tant regretté la à lumière! La terre se meut silencieusement dans re l’espace; il me semble que personne au monde n’aurait plus joui de voir les aspects divers de sa ke. — Frère, en t’attristant ainsi tu nous fais injure. Il ÿ a tant d’amour autour de toi qu’il devrait en . L. naître invinciblement du bonheur. — Je ne t’en veux pas, mais sois plus sage. Majo- Æ À rel savait t’enlever à toi-même et te guérir du désesen ] 4 poir. Nous sommes moins savants que lui et nous ( 4 ne connaissons pas les baumes d’oubli ; mais nous se te faisons tous ici le don de nos cœurs. Ne le . d À dédaigne pas. Clément essaya de dissimuler son ennui. I: pri plaisir, le soir, à entendre la musique des indi- gènes, revenus des champs. Il restait là très sn dans la nuit, écoutant sans S8 lasser des histoires Li accompagnées par des flûtes, des cithares, un vio- F lon européen. Des battements de gongs rythmaient Le d’incompréhensibles mélodies qui engourdissaientla “ pensée de Clément. Des harmonies, entendues sous nn d’autres cieux, accouraient du fond de sa mémoire. Quand les chants et les instruments se taisaient, = ! brusquement réveillé, et rendu au monde réel, il écartait autour de lui ses mains, touchait la tête, L: les épaules ou les jambes d’un de ses frères étendu près de lui. — À quoi songes-tu? Et lui n’osa jamais répondre franchement ve Je songe que ces musiques ne sont pas moins 5 ” Fe éloignées de moi que vos âmes. Li #4 + Ilcraignait qu’Élisabeth ne lui demandit : F. A ( x , 4 En quoi donc es-tu si dissemblable de nous? ; ANSE nn. res é 7 il avait une culture plus HAleue? — 1] se qu hs une sensibilité plus sentait d’un autr. , autre civilisation, pres : e temps, d’une Presque d’un autre règne.
la lumière k | Dans la forêt il y avait un large espace quadr gulaire appelé le Champ des Dieux, ‘Pavé de Fi dalles, disjointes par l’effort d’une végétation irré. pressible. Toutes les religions qui abordèrent cette pi. île — les fétiches, Brahma, Bouddha, Mahomet créèrent dans ce lieu saint des temples et des Ne boles. Les tremblements de terre avaient écroulé les Lu sanctuaires ; les feuillages des arbres n’ombrageaient , que des ruines. — Une statue de Siva, haute de dix pieds, enfoncée jusqu’au nombril dans les trachytes “ à épanchés du volcan supérieur, dominait ce masd. sacre. La voûte qui protégeait sa tête contre les pluies et le soleil, dans sa chute écorna sa tiare, cassa deux de ses quatre bras, brisa son chasse- mouches. Il gardait dans une de ses mains une fleur vs de lotus. : . À ses pieds, sa femme Dourga, la vierge pure, À gisait en deux morceaux, démontée de son taureau Ÿ Nandi. Des coulées de lave avaient tracé parmi ces débris des voies stériles, suivies à certaines fêtes de ne) l’année par des théories de pèlerins qui rampaient sous la brousse pour baiser les idoles de bois, les à 14 emblèmes phalliques, les dieux does aux us Ée d’animaux et aux corps androgynes, l’éléphant Janesh, déesse de la Sagesse, Gourou, es ” sa longue barbe, sa cruche d’eau, son ee son trident, les Bouddhas ventrus aux yeux 0e Fét
— ou pour invoquer Allah dans l’aire chaotique Li) d’une mosquée sans coupole. 1 k l’angle nord-ouest de cette ville morte, une chapelle chrétienne assemblait chaque dimanche les oi)
colons des alentours. Clément avait accepté d’y accompagner sa famille, mais c’était un scandale de 1{ voir, debout dans l’église, ce jeune homme qui ne % faisait aucun geste de prière. E :!
la lumière L Clément ne recevait plus de lettres de Majorel. ù n maître ne se Souvenait déjà plus de lui? Il écri. vit des lettres Suppliantes. si — Maître, les nouvelles que j’ai de vous et les F4 “ histoires Tue vous me contez sont ma plus grande joie. Pourquoi me délaissez-vous? Avez-vous cessé a de m’aimer? Vous aurais-je involontairement blessé? ra Peut-être Pensez-vous que je n’ai Pas assez résisté “à au chagrin. Vous haïssez la faiblesse. Fa Majorel, lui aussi, attendait en vain des lettres de a Clément. Madame Saint-Adjutory interceptait tous les messages; son mari ne se résignait pas à cette 1 — 11 ne faut tromper personne: jamais Clément in n’a été plus triste. Tu exaspères ses regrets. #2 — Le salut de son âme vaut un mensonge : ils ES © finiront par s’oublier.
Les courriers 5e succédèrent : Clément n’eut ss cun soupçon d’être trahi. Sa nes affirma pus appris de Reims que Majorel était malade. Un jour elle dit : Majorel est mort. Majorel est mort. — Clément n’avait jamais imaginé que son Maître pouvait mourir. L’homme qui lui avait appris l’histoire des vieilles civilisa- - … #1! tions humaines dans les plaines sacrées de l’Eu- à phrate, du Gange et du Nil était le contemporain de ces âges reculés, et comme sa naissance se perdait dans le Mystérieux Autrefois, sa fin était réser- ©‘ vée à un incalculable avenir. — Il se retira pour le pleurer au bord d’un étang des bois. Il se tenait accroupi au milieu des fougères, si immobile, que Ft RE x. des chevreuils et des cerfs, près de lui, venaient A RENT boire. La cloche des repas tintait, il ne l’entendait F “d rs ras pas. Ses frères se mettaient en quête, le ramenaient F: x à la maison. Insoucieux des tendresses familiales, il 23 % “à Mes poursuivait ses rêveries sur d’anciens récits de — Les mages de Chaldée étudiant les astres au e l’Iran. Les troupeaux d’esclaves ramenés à coups de fouet dans A À courses des pirates phénici ssur. Les . la lumière Élisabeth Surprit par hasard le mensonge de sa k f tue maintenant son ami. Î | F4 Clément venait dans une allée, Ses mains appe4! Es laient les arbres, caressaient les troncs. 1 & 4 — Que deviendrait-il, si les arbres fuyaient, si la à nature était traîtresse. Toi qui ne vois ni les men. î 4 songes ni les pièges, tu as droit à la vérité. Quand Clément arriva près d’elle, elle lui BE. — Non, Majorel n’est pas mort.
— Vous m’avez trompé.Je veux partir. Madame Saint-Adjutory répondit avec fierté — Si je t’ai menti, c’est que je t’aime. Je croyais que tu nous donnerais la tendresse qui ne pourrait plus aller à un autre. — Vous avez joué avec ma douleur. Je veux . partir. Quand je serai loin de vous je vous pardon- ë + nerai votre mensonge. . Madame Saint Adjutory se révolta contre la — Pourquoi me parles-tu ainsi? Tu n’as donc ‘4 jamais menti? Pars. Emporte à ton ami ton cœur inhumain. Je te souhaite de ne souffrir par personne comme je souffre par toi. Élisabeth choisit un moment où elle était seule : / Ÿÿ ” a avec son frère pour lui faire ses adieux. À à # à — Je t’attendrai. Tu nous reviendras moins se te rs l’empreinte de ton visage
LiE la lumière Te Dans les he i à El % des re nee ra de la traversée Clément eut le : cd pour la vie qu’il avait quittée, Il sentit à, qu’il laissait derrière lui beaucoup d’amour, h ; pese qu’elles étaient loin, il découvrait le p charme familier des discussions sur l’étendue des bois, la culture des rizières, le métrage des champs. Il se demanda même avec intérêt si la récolte de e coton partirait par voie anglaise? La question ‘ n’était pas encore résolue à son départ. “| Une vieille manie de son enfance le tour- menta. Avec ses doigts il refoulait ses yeux élasti. ! L ques dans leurs orbites. Accoudé au bastingage, il traversa le golfe du Bengale un pouce dans chacun , 4 de ses yeux. A Ceylan une très belle fille s’embarqua. Sur son x . © 3 passage les débardeurs nègres ethindous gardèrent, D . immobiles au bout de leurs bras, les ballots qu’ils portaient, en offrande à sa beauté. Elle faisait tourner entre deux doigts de sa main droite in ombrelle rouge à manche d’ivoire. Elle embaumait ë une odeur de thé et de bois des îles. Lo Le hasard fit d’elle aux déjeuners le xomue fa Clément. Elle fut longtemps Le un me à singulier étranger était sveies
Clément s’amusa de sa méprise : il vourmat # E tête vers les objets qu’elle désignait. Pourquot _ L ‘ paraissait-il jamais ému par le spectacle de chosen Vous êtes beau — — la grâce enfantine der traits — — — mais vos yeux — VOS See — Elle va découvrir le mystère. Et il trembla que sa grâce pour lui n’en fût — Vous ne voyez pas —— regardez bien. Ce doit pourtant être clair — clair comme le jour — clair comme la nuit. — _. La lumière du soleil qui pénétrait ses paupières les animait d’un artificiel éclat. AE Sr Son ombrelle, qu’elle changea d’épaule, jeta de F- ne ra l’ombre sur le visage de Clément. La lumière qui + -d At jouait au fond de ses yeux fut éteinte. Éi. nt — Vos yeux sont morts ! Seriez-vous aveugle ? \ SES C’était la fille d’un consul anglais. Elle descendit 1 D. nn Se ru coururent aux flancs du nord éventèrent le e sorti de Suez les brises du visages, apportant les claires la lumière pensées, et chassant des cervell es les souveni Clément salua Alexandrie avec la joie de l’Hellène qui revient des pays barbares dans sa patrie, Près de Malte un Passager lui raconta une histoire qui embellit La fin du voyage. Saint Louis, parti pour la croisade, éprouva une violente tempête: ses chevaliers, des gens de l’Ilede s France, de la Champagne et de la Picardie, cru. rent leur dernier jour arrivé et furent pris de h frayeur. Le roi demeura calme au milieu d’eux. Et d comme ils s’étonnaient de son intrépidité, Le saint k répondit : N’ayons point de crainte; à cette heure, s les moines de Citeaux sonnent les cloches et chantent pour nous. Reims était seul à attendre Clément. Nous allons chez lui. Un bateau de pêche Le l s’était échoué au bout de l’estacade, démonté par les À é k ‘ grandes marées de ces derniers jours. Quelques hommes de l’équipage se cramponnaient aux ma- tr driers qui étayaient les planches de la jetée; la mer | i 14: les recouvrait à chaque instant. Majorel voulut les à | FL” secourir : il s’était ouvert le ventre sur un pieu. la lumière MUa pas quand ils entrèrent. garde leur fit signe av; : Ps gne qu’il dormait. Au mili Séveilla et distingua des Btres dans 1 à clarté de la vei (ans la t illeuse. Clément S’approcha de lui. Il ml le reconnnt. L. C’est toi, Clément? Je savais que tu arrivais Sans que je t’aie entendu. Dis-moi, avant que je meure : De quoi me remercies-tu le plus? — le Maître vous m’avez appris à aimer la vie et Le ne pas trop regretter la lumière! Le — C’est bien cela. Je t’ai appris à aimer la vie. d: ee Reims te dira que je me suis exposé à la mort d ee par sentiment du devoir ou par amour des hommes. ri Ne le crois pas. J’ai voulu courir un beau risque. ” Jamais je n’ai tant vécu qu’au moment où la vague m’a jeté sur ce poteau éclaté. ñ Les ténèbres éternelles commencèrent à s’appesantir sur les yeux du moribond, qui agita les bras hors de son lit pour retenir une chose qui fuyait. Il Pr. #4 À Reims s’approcha de lui. Majorel devina sa — Je ne me confesserai pas. Dans ma vie jen? ai Bb fait ni bien ni mal. Je n’attends, après ma mori, 4% punition ni récompense.
Le jour encore lointain fit pâlir la pan à ù LA E étoiles. Majorel ouvrit les yeux pour contempler travers les fenêtres blémies et sans rideaux le céré monial de l’aurore — sa dernière aurore. Il vit mourir Vénus, mais il ne vit pas s€ lever le Clément demanda à l’abbé de le laisser seul avec 2: e le cadavre. Il s’assit au chevet du lit et songea : 0e Celui qui a voulu mettre la lumière dans mes Dh mains est aussi aveugle que moi. Celui qui a joui Fa de l’universelle beauté ne jouira jamais plus de +1 rien. Celui qui aimait tant la force et l’agilité de son corps est inerte. Il est mort depuis cinq minutes à peine, son corps est encore chaud, et il est aussi de mort qu’Alcibiade ou que Darius.
ms et adresses des pers FH Sr RAR ANSE ne des abonnements éventuels HiAT qui nous atui s d’ailleurs; RE ou des abonnements 81 atuits payé :! en nous envoyant des documents j correspondants le Ft Toutes les fois que nos deux P ttons en \ | F: désirent et nous ÿ autorisent, TOUS RAA 15 amanitaitont, c’est-à-dire que nous donnons 4 true) des deux le nom et l’adresse de la personne — qui reçot l’abonnement payé, — qui pare l’abonnement reçu Et Pour pouvoir envoyer à nos futurs abonnés des collec tions complètes, nous avons renoncé rigoureusement ï ‘ : à Administration et rédaction le lundi et le jeudi, CEE de 2 heures à 5 heures. Adresser toute la corres- LA 11: pondance à M. Charles Péguy, 19, rue des Fossés- S j Saint-Jacques, Paris. — Je prie la personne qui s’est Es { i# 1 en vain présentée deux fois lundi dernier 7 courant de “4 LE à vouloir bien me pardonner. Je fus retenu à l’imprimerie plus longtemps que je ne m’y attendais, parce que le cahier devenait plus épais que je ne l’avais perisé. De Suresnes je fis téléphoner à quelques amis que j’ai, les priant de vouloir bien monter garder la maison et recevoir en ma place. Ils aimèrent mieux aller préparer en quelque Sorbonne les examens utiles. J’avais pensé que Je reviendrais pour deux heures. Mais les voies de com- k munication de Suresnes à Paris sont embarrassées * ÊT” on plus que partout ailleurs, à cause de l’ Exposition. Je ne “8 a ? pes au siège de ces cahiers qu’à trois heures et “ae hu : e trouvai, comme un simple abonné, la maison vide. Le concierge seul put me donner quelques rensei- = LE pes sur ce que devenaient les cahiers. Je ne revis Cr € La soirée aucun de mes amis. Je n’ai pas depuis de leurs nouvelles. Je les reverrai Red rs re se portent bien. Il est vi cs l * AL est vivement regrettable que l’ Puisse pas tout faire soi-mé PER O e ie Parmi les républicain iali J’ai toujours vu toute efficacité fuir en de t lles né ” fl é es exactitudes. Aussi longt s Manifesterons des indignation 0 1 S Où que nous allongerons És de: S r’écriminatio an pas eux heures un quart, il y. S’Éer. Une Dour la canaille n ationaliste Y dura de beau Jos he. {uand j’ai peur que la néplige Je ne: & tout og ÿ cagee dcheux de la prochaine indiférers E Le ters. Je ne veux pas ressembler à celà: les murs, et qui pie voir encore les laque. ion et qui samedi dernier Darlait encore 18) ‘leurs parisiens de nationalisme aux abois. avons 4 6 1e vraiment notre état de situation ie $ tré le huitième cahier à 800 exemnlais el nous avons fait 5 1 services, dont 6 aux imprimenré Fe lion, 1 7, rue Cujas, Paris, le premier roman de. érôme et Jean Tharaud : le Coltineur débile, un beau vatan à In-18 jésus de 116 pages, pour un franc. A présent que nous avons fini de publier la lumièr e, Ë nous en préparons un tirage à part très restreint, eue beau volume in-18 jésus à peu près. de méme épa ser, pour un franc. Nous prions ceux de nos correspondants ÿ qui voudraient nous l’acheter de vouloir bien nous en. di avertir. Ajouter o fr. 50 pour les frais d’envoi en pro} vince et à l’extérieur. !
- A ceux de nos abonnés fermes et gratuits quinol sp auront fait la commande et qui nous auront nf % n à un franc pour les frais d’envoi, nous enyerrons ns aucun retard la Jeanne d’Arc de Marcel et-Pierre 214 Nous avons donné le bon à tirer de ce neuvième Cdi À M pour l’intérieur, le mardi 8 mai; les imprimeurs ame D D eux-mêmes donné le bon à tirer de la couvertan ee De Le dixième cahier sera sans doute en retard de pi 1550