Entre deux trains
Le samedi saint, comme je l’avais annoncé à la troisième page de la couverture du septième cahier, j’edministrai, de une heure à quatre heures et demie, au siège de ces cahiers, chez mon ami Tharaud, 19, rue des Fossés-Saint-Jacques, solitaire. Les Parisiens étaient partis pour la province. Et les provinciaux n’étaient pas venus à Paris. Un coup de sonnette. Mon ami René — Bonjour. Je viens te dire bonjour entre deux trains. Je suis arrivé à onze heures cinquante-neuf en gare x d’Orléans, ce matin. Ou du moins je devais arriver onze heures cinquante-neuf. Mais les trains ont souvent un peu de retard, à cause des vacances. * * È . —Tues toujours à Bayonne ? — J’ai tant roulé que je ne regardais plus même a l’heure aux cadrans intérieurs des gares. Je confondais ES à à le jour et le nuit, ce qui est la dernière des perversités. À Le - ip au Lycée de Bayonne. J’avais demandé cest.) es parents demeurent à Belval. C’est la dernière station avant Mézières. Une simple halt b défaut du Nord-Est j’avais au Ï L Nord. À déf À pu moins demandé le r aut du Nord, j’avais au moins demandé vid Yu Nord. Je serai chez moi demain mati LR 7 -+-pare dimanche de Pâques. Mais il y an qe à huit heures,
‘1 J’avais un quart d’heure “he . + prraise: À i à . e reste encore dix minutes. Et il posa sa montre sur la table. — En dix minutes on ne peut rien dire. Ce n’est pas la peine de commencer. Nous parlerons de tes cahiers quand nous aurons le temps. — Nous parlerons de ta province et de ta classe quand nous aurons le temps. ‘ je passerai plusieurs jours à Paris. ri — Naturellement. Ne suis-je pas provincial ? Et puis où De vous, les Parisiens, vous raillez, pour avoir l’air spivi- { F ; tuels, mais vous y allez tout de même. Seulement, (0 comme vous êtes lâches, vous faites semblant d’y aller pour piloter vos cousins. Vous êtes bien contents, d’avoir des cousins. A peine le tien, le fumiste orléanais, nous avait-il annoncé sa venue éventuelle que 7 4 déjà M. Serge Basset, du Matin, avait sur le dos, de- ns puis trois jours, son cousin Bernard, notable commer.. : çant de Quimper-Corentin, si nous le voulons, en tout cas un cousin plus sérieux que le tien, et plus rapide. : . VE % A. — Que veux-tu, mon ami, le sien est un cousin quo- tidien et le mien n’est qu’un modeste cousin bimensuel, L à peu près bimensuel. ne ni — Parlons des copains. 4 _ Les vacances commençaient mercredi soir. Mais |. j’avais jeudi matin une répétition que je # P it [4 É pas, et que je ne voulals pas Remettre; Tu donnes des leçons ? — Non, je les vends. — C’est ce que je voulais dire. _— Ce mot que tu as dit — et.par mamiére de plaisanterie je faisais le dégoûté en souriant — me paraît peu compatible avec la dignité des professions libé- — Mettons que je suis fort obligeant, fort oflicieux; et s sans que je me connaisse fort bien en lettres françaises, ‘à ‘à en lettres latines et en lettres grecques, je laisse les parents de mes élèves apporter chez moi de tous côtés ‘!: ceux qui sont timides en grec, en latin, et en français, 5 è et qui cependant, pour des raisons purement désinté- à: ressées, désirent, comme on dit, subir heureusement la première partie des épreuves du baccalauréat classique iQ — et j’en donne à mes amis pour de l’argent. — Tu possèdes bien tes auteurs. — Ce n’est pas étonnant : je m’en nourris. +1 Alors, j’ai donné ma leçon jeudi matin. Puis j’ai k F- fait le voyage en plusieurs fois. Jeudi je suis allé de \ ts ne vendredi de Bordeaux à Tours, L Îbis CARE Me à €n pleine ere J’aurai encore plus re s. Autant pour le retour, le nostos, hélas ! “ rentrons de mardi matin : neuf jours. Nous classe. Il faut done
es parents, comme le conscrit : Adieu mon père, adieu ma mère,
É J’ons tiré un mauvais numéro. -
! J’aurai eu cinq jours de vacances. Le gouvernement { encourage peu la vie de famille. As-tu vu quelqu’un ?
Je n’ai vu personne encore et, sans doute, je ne
verrai personne. Aucun de nos camarades ne m’est
à signalé. L’année dernière, il en était venu beaucoup pour les vacances de Pâques. F — Ce n’est nullement que le monde nous abandonne.
! Jusqu’à l’année dernière le congrès des professeurs de l’enseignement secondaire avait lieu à Pâques. Cette
ï re annéc-ci on le tiendra au mois d’août.
“4 — J’entends : ce sera un des innombrables congrès
à qui font partie de l’exposition.
À — Ils ne sont pas innombrables : il y en avait cent
de. vingt-six d’annoncés avant le commencement de l’expo-
. _ Ce n’est rien. De qui tiens-tu, monsieur, ces renseiJ AC LL gnements officiels ? 2e — Sache que le citoyen sténographe est mon ami. à a /à Aussi m’a-t-il envoyé en province un papier, une piqûre
44 _ Non, cela ne se met que Sur les monuments
Ministère du commerce, de l’industrie, des postes s et des télégraphes — ; à exposition. Mais cela n’est pas officiel. , _ Commé tu parles bien. On voit bien que tu es — Exposition universelle internationale de 1900 ss Liste des congrès internationaux de 1900. — Vraiment j’ai passé là un bon quart d’heure. Il ya le congrès de l’Acétylène avec le congrès des Actuaires, le congrès de l’Alimentation rationnelle du bétail, le congrès d’Aquiculture et de Péche. Tu connais l’aquik culture ? ! — Non seulement je la connais, mais je la pratique s j’ai dans mon bassin deux poissons rouges et un brun celui des Bibliothécaires. Le papier officiel ne porte pas seulement les noms des congrès, la date et la durée, | CE: mais il donne encore les noms des présidents et des à Fa secrétaires généraux des commissions d’organisation. ‘Æ a Le congrès d’Agriculture a pour président un certain 4 et monsieur Méline, rue de Commailles, 4, et le congrès des se de l’Écriture a pour secrétaire général un Re. pe. &8. — Comme on se retrouve. trois congrès : celui de l’École de l’Ex ositi : l’Éducation physique, — ‘position, celui de Le Et celui de l’Éducation morale — — Non : et celui de? Édncation sociale, —
la solidarité radicale is Re lancements de ngrès d’Assistance Publique et de bienfaisance privée, — — celui de l’Enseignement agricole, et, vers la fin, celui des Stations agronomiques. Il y a le congrès des méthodes d’Essai des matériaux, — Oui. Et le congrès pour l’étude des Fruits pressoir. Celui des Mathématiciens a pour secrétaire général un M. Laïsant, avenue Victor-Hugo, 162. Il ya le congrès du Matériel théâtral, sans date ni durée, Ji non plus que le congrès pour l’unification du Numé- ! rotage des fils des textiles. Celui des Associations de d ï Presse n’a ni date, ni durée, ni président, ni secrétaire 1e général, ainsi que celui de la Ramie. Qu’est-ce que la Je sautai sur mon pétit Larousse. Le mot n’y était — La ramie est une espèce d’ortie, urtica utilis, qui à pousse en abondance à Java, et dont on fait des fils, des câbles et même des tissus. LA — La culture générale, aidée d’un vieux dictionnaire ironique plus douloureusement encore joeRe année. : M. Boutroux, rue Saint-Jacques, 260, préside à l’organi- sation du congrès de Philosophie. Asa quelque idée de ce que c’est : un congrès de philosophie. ke _ Je n’en ai aucune image intéressante. — liy a dans Descartes, au discours de la srpes Fe pour bien conduire sa raison el chercher la vérité dan Les sciences, à la fin de la troisième partie, Un passage où ce philosophe réprouve non seulement le congrés, mais la simple fréquentation mutuelle des philosophes — « Mais ayant le cœur assez bon pour ne vouloir point qu’on me prit pour autre chose que je n’étais, je pensai qu’il fallait que je tâchasse par tous moyens me rendre digne de la réputation qu’on me donnait; et il y a justement huit ans que ce désir me fit résoudre m’éloigner de tous les lieux où je pouvais avoir des connaissances, et à me retirer ici, — en Hollande — en un pays où la longue durée de la guerre a fait établir de tels ordres, que les armées qu’on y entretient ne semblent servir qu’à faire qu’on y jouisse des fruits de la paix avec d’autant plus de sûreté, et où, parmi la foule d’un grand peuple fort actif, et plus soigneux de ses propres affaires que curieux de celles d’autrui, sans ee Ds manquer d’aucune des commodités qui sont dans les 1 He ei vies les plus fréquentées, j’ai pu vivre aussi solitaire >: li et retiré que dans les déserts les plus écartés. » Le « Mais je crois être d’autant plus obligé à ménage le iemps qui me reste, que j’ai plus d’espé ger bien employer; et j’aurais sans doute plusieurs l Occasions de le perdre si je publiai p’usieurs ma physique; car enco ee cie à et qu’il ny en ait aucun ne encre pour les croire, je ne pense pouvoir j
donner des démonstrati h jo ii e ; ations, toutefois, à cause qu’il est À Possible qu’ils soient accordants avec toutes les di ÿ ! : verses opinions des autres hommes je prévoi es di- à serais souvent diverti par les tie ne à naître. » qu’ils feraient f ie aître mes fautes, qu’afin que, ÿ si j’avais quelque chose de‘ bon, les autres en eussent |) par ce moyen plus d’intelligence; et, comme plusieurs peuvent plus voir qu’un homme seul, que, commen- çant dès maintenant à s’en servir, ils m’aidassent aussi de leurs inventions. » es Cela serait favorable, sinon au congrès, du moins au de commerce des philosophes, au travail en commun, à la de mutualité. 4 « Mais encore que je me reconnaisse extrêmement sujet à faillir, et que je ne me fie quasi jamais aux premières pensées qui me viennent, toutefois l’expérience que j’ai des objections qu’on me Dee. peut faire m’empêche d’en espérer aucun profit : car j’ai “5 déjà souvent éprouvé les jugements tant de ceux que « 3. 0 j’aitenus pour mes amis que de quelques autres à qui w ë je pensais être indifférent, et même aussi de quelques- uns dont je savais que la malignité et l’envie tâche- LR. raient assez à découvrir ce que l’affection cacherait D”: e mes amis; mais il est rarement arrivé qu’on m’ait M ‘ F objecté quelque chose que je n’eusse point du tont pré- vue, si ce n’est qu’elle fût fort éloignée de mon sujet, en sorte que je n’ai quasi jamais rencontré aucun censeur
b ou moins équitable que moi-même: remarqué non plus — Ceci va non seulement contre tout congrès pr commerce de philosophes, mais contre toute aca mi et contre la vénérable institution des thèses _ Et je n’ai jamais remarqué non plus, que par le moyen des disputes qui se pratiquent dans les écoles, on ait découvert aucune vérité qu’on ignorât auparavant; Car pendant que chacun tâche de vaincre, on s’exerce bien plus à faire valoir la vraisemblance qu’à peser les raisons de part et d’autre; et ceux qui ont été longtemps bons avocats ne sont pas pour Ÿ cela par après meilleurs juges. » - — M. Boutroux ne présiderait donc pas à l’organisation d’un congrès de philosophie — car ces raisons doivent lui sembler valoir, non pas seulement parce sé qu’elles sont de Descartes, mais parce qu’elles ont de - la valeur — s’il n’avait sans doute résolu de conduire 3 É, €” souvent sa raison et ses actions selon les trois ou F He quatre maximes de la morale que Descartes s’était - formée par provision. Je lis au commencement de la J % nt. « La première était d’obéir aux lois et aux coutumes j de mon pays, retenant constamment la religion en laAS Re it la grâce d’être instruit dès mon lea dtiolans a de en toute autre chose suivant ns fes da : s modérées et les plus éloignées de ne çant dès lors à ne Compter pour rien les miennes Propres, à cause que je les voulais toutes remettre à l’examen, j’étais assuré de ne pouvoir mieux que de suivre celles des mieux sensés. Et encore qu’il y gl €n ait peut-être d’aussi bien sensés parmi les Perses ou t les Chinois que parmi nous, il me semblait que le plus Li vus était de me régler selon ceux avec lesquels j’aurais à vivre; et que, pour savoir quelles étaient véritable. ti ment leurs opinions, je devais plutôt prendre garde à ce qu’ils pratiquaient qu’à ce qu’ils disaient, non seule- ment à cause qu’en la corruption de nos mœurs il ya peu de gens qui veuillent dire tout ce qu’ils croient, La mais aussi à cause que plusieurs l’ignorent eux-mêmes; bi car l’action de la pensée par laquelle on croit une chose Pi étant différente de celle par laquelle on connaît qu’on ÿ Li la croit, elles sont souvent l’une sans l’autre. Et, entre l L plusieurs opinions également reçues, je ne choisissais à que les plus modérées, tant à cause que ce sont tou- jours les plus commodes pour la pratique, et vraisem- {l blablement les meilleures, tout excès ayant coutume d’être mauvais, comme aussi afin de me détourner Ru moins du vrai chemin, en cas que je faillisse, que si, 4 : ayant choisi l’un des extrêmes, c’eût été l’autre qu’il eût À Oril est incontestable que les lois, les contes Fe religion de ce pays, c’est de faire l’exposition ANSE ) <, selle, et quand on n’a pas l’honneur de JHeAre chanter en son honneur un Te Deum laïque d’honneur.
ibuent leur philosoAinsi font nos philosophes. Ils con à De phie à la splendeur de l’exposition. 7$ Lu ilosophie, ou leurs congrès leurs philosophies, ou leur philosophie, — Allons, allons, admettons qu’ils y aillent M x vision, qu’ils se gouvernent en ceci euiv on des opinions les plus modérées et les plus éloignées Fe l’excès, qu’ils suivent les opinions des mieux on, admettons que ce ne seront pas des philosophes internationaux réunis en congrès, mais que ce seront des congressistes internationaux qui d’ailleurs et de leur métier seront des philosophes ou des professeurs de [ss — Rien, je distingue et je concilie. ( — Ah bien. —Il y ale congrès du Repos du dimanche, le congrès des Sapeurs-pompiers (des officiers et sousofficiers), celui de Sociologie coloniale, celui des Spé- cialités pharmaceutiques. Je pense que des sténo- graphes sténographieront le congrès de Sténographie : ) on n’est jamais si bien servi que par soi-même. — Etl’on n’est jamais trahi que par les siens. Il y a [ol le congrès des Syndicats agricoles, et c’est M. le mar- ir de Vogüé, rue Faber, 2, qui préside à son organi- “JR sation. Ilyale congrès du Tabac (contre l’abus). Je ne on, L° vois an congrès antialcoolique, et c’est dommage. Û E nya que le congrès Végétarien. Encore n’a-til — Éa revanche il y a deux congrès Sens sation française. grès pour l’Alcooli- à. congrès pour l’Alcoolisation franIl
pas décemment dns te eV ainsi on ne pourrait et la rosace violette < C’ionneur aux Présidents Ÿ ï quoi servirait le Congrès ? A quoi servi aux. Et alors ne è ervirai
- Exposition? Mais rassure-toi : le pre nie us di comme de es Premier sera le congrès second scra modestement le congrès d His le Nous dev. F4 Ce Vitoniinre ons encourager la viticul à à ture, la sylvi l’Horticulture, que préside humblement SA em Châteauneuf-sur-Loire ou des envir ns À » Paris, sans doute avec la finesse épaisse Lu, un peu antisémiti + Ini À E à S os de et grasse qui lui est habituelle. h “ es les gloires nationales que ces présidents, les ns “h : modestes et les gloires proprement glorieuses. ah M aston Boissier, 23, quai Conti, préside à l’organisa- à tion de l’Histoire comparée. Les congrès des enseignehe ments sont nombreux : congrès des Associations des i î J Le anciens élèves des Écoles supérieures de commerce; de l’Éducation physique et de l’Éducation sociale, déjà nom- 1 Fe més, celui de l’Enseignement agricole, déjà nommé, celui de l’Enseignement du dessin, celui de l’Enseignement Le. des langues vivantes, celui des Sociétés laïques d’Ensei- Ë de gnement populaire, celui de l’Enseignement primaire, è celui de l’Enseignement secondaire, celui de l’Enseigne- * « D, h ment des sciences sociales, celui de l’Enseignement suvi 4 périeur, celui de l’Enseignement technique, commercial : et industriel, celui de l’Épicerie — Non, je suis allé trop loin sur la liste. Rends-moi mon papier, imprimé à ( l’imprimerie nationale. Tu n’as vu personne, alors ? Que F É devient notre ami Gaston Desbois ? 4 _ Il va bien. Il est marié. Il est abonné aux cahiers, 4 11 s’est abonné à vingt francs. Il était riche, quand il
s’est abonné. Je viens de lai faire son changemen en troisième au Lycée de Vesoul. Pour Le récompens — Ah oui, aux petits teigneux? Il était aussi des Hat ne des petits teigneux? Quels petits tei- FE Tu n’as donc pas lu l’interview de Guesde, que lui (1 — Ah! c’est ça tes petits teigneux! Si, je l’ai lue. Non seulement je l’ai lue dans la Petite République — — Malheureusement la Petite République ne donnait qu’un extrait, comme toujours. 1 | — Non seulement je l’ai lue dans La Petite République, mais le prochain cahier, si les nécessités de la mise en -_ Pages nous le permettent, la donnera tout entière 1 he ne | d’après le Temps, avec les annexes. C5 Pa sappelle plus que {es petits teigneux : Bonjour, tei. Nr 4 &neux, bonjour. — Comment va la leigne? — Allons, ss ; + au revoir, teigneux, Ce n’est pas spirituel spirituel. C’est . l comme toutes les plaisanteries scolaires, militaires, céli- Écoute, Sa me fait plaisi ces . devenu teigneux. il esthétisait P’aisir. Quand il était en Sorbonne, 2 “peu. Mais ça devait se pass Que C’était un bon Garçon, très si Passer, parce Î » trés sincère. Je suis content Fais su Rés ” le verras, tu Jui donneras le bonth ‘ * 7h n’auraïtpas dit, dans le temps, qu’il f serait des premiers à trinquer. ; ; L gneux. n soir : avait osé dire au peuple que l’hypothèse de Dieu n’était pas plus intéressante ù que l’hypothèse du droit de propriété. Alors, tu. comdi prends, la circulaire Leygues — Li — J’entends bien. C’est vraiment un très brave garEN çon. Et notre camarade Léon Deschamps ? Li — Il a encore été refusé à l’agrégation de grammaire. qu Alors il enseigne le français et l’allemand au collège de a Coulommiers. C’est un bon poste. Il est près de Paris. voulait devenir latiniste. Il travaillait de préférence le latin, à l’école — vs — Le français, l’allemand, l’histoire de l’art et un M Fa peu de philosophie. Toujours la culture générale. 44 — Cela me rappelle avantageusement un vieil ami de ma famille, un ancien instituteur, qui était devenu pro- fesseur de français et de gymnastique à la pension Vion, ba. — Deschamps vient à Paris de loin en loin. “4 — Il a tout de même plus de deux heures de chemin à. L de fer. Je connais bien Coulommiers. J’y ai fait mes « | Il pe abonné à huit francs, parce qu’il n’est pas riche. Il est à dix-huit cents. es __ Bien. Raoul Duchëne ? j ee d’avoir un garçon. J’ai reçu la circulaire.
isième. Il avait dit devant plu à Chambéry, en troisi ëse du droit de propriété ne instituteurs ar Ain sociales que l’hy- ‘imposait pas plus sont ie rs ne s’impose dans les enquêtes scienti par ne m’étonne pas de lui. Toujours il a dit partout ce qu’il pensait et toujours il a pensé cela. — Il est abonné ? — Je lui sers éventuellement les cahiers. Il ne m’a pas répondu encore. F — Tout de même c’est amusant, que ce soient Desbois i et Duchêne ensemble qui aïent payé les premiers pour les Universités populaires. Tu te rappelles un peule léger dédain que Desbois avait pour les manifestations intem- peslives et un peu ridicules de Duchène ? Et tu te rap- pelles tout lemépris que manifestait hautement Duchène 18% pour les esthétismes de Desbois ? Il est admirable que j Fe tout cela ait aussi bien tourné. k . ee — Ils étaient aussi profondément, aussi sincèrement, Re { tre, Desbois avec ses excès de finesse, et Duchéne avec EE . ses excès de simplicité rugueuse. Alors quand ils ont , été lâchés dans la vie, invinciblement ils ont fait tous les deux leur métier d’universitaires, qui consiste à enmoins sur la pa : Se ue) hs Pl ue Sur quelques-uns ie Ars élèves, ou, au pis aller, élèves, une heureuse influence,
hi sn . ils n’enseignaient pas encore assez à leur pe Paturellement pensé à enseigner le peuple. i| es AE el pas assez dans la journée, ils Ée plaisir pens à enseigner le soir. Ils ont l’A aggravé ce métier d’universitaire, qui est un des s’A plus onéreux, des plus meurtriers. Ils ont enseigné. de Ils ont surenseigné. Ils continueront. Et quand un jour, à sous le prochain ministère Méline — Ribot — Barthou — Poincaré — Leygues — Charles — Dupuy — DeschaM nel —Sarrien — Léon — Bourgeois — Mesureur — Loc0; kroy — Peytral — Zévaès — car ce ministère espéré el finira bien par nous tomber sur le dos —quand un jour le fu hasard des persécutions gouvernementales antiteigneu- ses les aura tous les deux assemblés en quelque trou me perdu de province oùils crèveront communément de faim, è ; tous les deux, l’ancien esthète et l’ancien brutal pour- ront se donner une poignée de mains solide. Et quand he sera venu le Jour du Jugement dernier, qui estune hypode “a thèse, quand Dieu, qui est une hypothèse, pèsera dans sa balance hypothétique les actions non hypothétiques De des hommes, il se trouvera que ces deux professeurs, l’ancien esthète et l’ancien brutal, auront plus fait pour Fe cs préparer ce que nous nommons indivisiblement la révo- lution sociale et la révolution morale que tout le Comité CT < — Tais-toi, tais-toi, mon vieux, tu t’emballes, et cela t’empêche de parler proprement. Tu voila dire sans x ? doute que ces deux professeurs, n08 anciens El ades, xs ui auront plus fait pour préparer la ROIS sociale 2 ÿ ? “ nos dignitaires du Comité général n auront fait pour là ) discréditer et pour l’enrayer. ne _ C’est cela que je voulais dire.
Je te demande pardon. Crest une rs ar . de corriger toujours * : c’étaient des devoirs son di moi, comme si € à qu’on dit devant U ville pas. C’est une habitude ou des Jogons. Ne m su Ye . sus Mon père est incaprofessionnelle. Je n’en ai pas A tpaysan. Et puis, pable de marcher vite, parce qu il ont payes s ire ? rois-tu que toi-même tu ne sois pas univers! Î — Je le sais bien. der — Crois-tu que tes cahiers ne soient pas universi- — Crois-tu qu’il n’y ait pas dans ce que tu écris aux cahiers des insistances maladroïtes qui sentent leur — À la bonne heure. — Qu’est devenu notre ancien camarade Hubert Plantagenet, qui passa plus d’un an de sa vie aux dialogues de Platon ? 5 er récemment une conférence publique et populaire sur “4 : £ l’alcoolisme. J’attends qu’il me l’envoie. Il a laissé sup- HA) poser à tous ces Normands, m”at-on dit, qu’ils n’étaient : a pas la première et la seule race du monde. Il a laissé à an j supposer qu’il n’est ni beau, ni bon, ni bien — ni patrio- , tique de se soûler. Ces nouveautés pénétraient dans la mémoire des assistants, Ë — I enseigne les sciences naturelles dans une région me ue fait bon ménage avec les instituteurs. I a ençant à ses auditeurs que lorsqu’on au étudier scientifiquement la création du monde toute son histoire, on examine attentivement les ie et Fa ct les eaux, les couches de terrains, et la lente jh is ae né formations des couches de terrains, à Bible ü © se guide pas aveuglément sur la sainte à + IUne parla pas de la lutte des classes. ‘ L’auditoire fut un peu étonné, mais entendit bien h — Toujours agrégé, heureux, prospère. Syndicataire n à HE cahiers. 11 m’envoie ponctuellement dix francs par LA — Tiens, cela me fait penser que j’ai un mois de #7 — Rassure-toi : je te les aurais demandés directement. Ici, mon ami René Lardenoïis, m’ayant demandé si j’avais la monnaie de cinquante francs, que j’avais, me sh. donna dix francs pour ses deux mois. L AL: — Il vaut mieux que je te les donne tout de suite. En à rentrant de chez moi, je n’aurai plus un sou. Et puis je ‘4 n’aurai pas le temps de m’arrêter à Paris. La vue de la monnaie que je lui rendais sembla dé- i be terrer de sa mémoire une réflexion négligemment ense- : SE 1 — Crois-tu, me dit-il brusquement, que la vie et le ro budget de tes cahiers ne soient pas une vie et un bud- ‘ 4, — Ta classe ettes leçons payantes, ce son les abon- À
- ME” nements à huit francs, les abonnements à vingt francs, les souscriptions mensuelles régulières et les souscrip- !
Rte is plus libres. — Je le sais bien, mais plus, Dr onnef _ Naturellement, tout à fait libres. — Et tes on ments gratuits, ce sont nos conférences € — La preuve en est que ce sont nos salaires de classe et de leçons qui nourrissent tes cahiers. — Je le sais mieux que toi. — Mes cinq francs par mois représentent une demi- heure de leçon. Tu ne le sais pas mieux que moi. — Je voulais dire que je m’en suis aperçu avant toi, puisque c’est l’économie même de ces cahiers. — Parlons peu, mais parlons bien. Parlons proprement. Et Lucien Deslandes ? — Pas plus agrégé qu’avant, toujours timide, malade et malheureux. Il est en congé en Sologne chez ses parents, qui sont pauvres. Il m’envoie ponctuellement à la fin de chaque mois une souscription de vingt sous, exactement de vingt-et-un sous, sept timbres de trois sous dans la lettre où il me donne de ses nouvelles. C’est quelqu’un de vraiment rare. a des sentiments rares et son cœur est muni UE 1er de tristesse. Dans ton avant-dernier cahier tu as parlé pe finalement de notre ami Pierre Baudouin. Qu’est-il \ ne Ce Marcel Baudouin est mort. Pierre Baudouin a été érleusement malade, Je suis allé i e allé le voir la semai toujours à la campagne ? — Qui, en Seine-et-Oi bourg. Je suis allé L 15e, à une heure de Paris-Luxem. RTS € le voir, sachant que le docte aurait pas le temps de reveni 4 octeur evenir me voir de sitôt. l — Le docteur n’est pas revenu ? ” Non, il m’a fait dire que les commissions qu ait M An à Paris étaient beaucoup plus a et il était inutile que j’allasse 1 A L 30 erre Baudouin dans la maison de an: C’était àl’aube du printemps. ent des teintes et des lueurs, des nuances claires et neuves et blanches de bonheur insolent semblables aux nuances que les Japonais ont fidèlement vues et qu’ils ont représentées. Les branches des arbres des bois transparaïssaient merveilleusement au travers des bourgeons et des feuilles ou des fleurs Fi moins épaisses comme la charpente osseuse d’un ver. tébré transparaît dans les images radiographées de son corps. Notre ami Pierre Baudouin, qui est un classique, ‘4 et même, en un sens, un conservateur, me dit qu’il redoutait l’incertitude anxieuse de cette jeunesse et la ‘4 transparence mystérieuse des arbres. Il attendait impaDE. tiemment l’heure prochaine où les arbres auront leur Le. beauté pleine, où le feuillage épais cachera normalement, ‘é naturellement, décemment, convenablement, modesteSE ment la charpente intérieure. Il admet qu’en hiver les ww | arbres à feuilles caduques soïent des squelettes, parce ë que l’hiver est la saison de la mort. Mais il demande Le 4 : ment de leur feuillage habituel. Car il convient, me e disait-il, que nos regards humains nous donnent pra . ‘304 nement les images végétales des végétaux patients. D Mais il ne convient pas que n0S regards humains nous
donnent d’eux sans appareil je ne sais quelle image mystérieuse, animale et radioscopée. Je le reconnais bien là. ILest toujours aussi extraordinaire. Mais il n’en est pas moins capable d’accepter la beauté de ce printemps. Vois, me disait.il, aucun arbre à fleurs, soigneusement et artificiellement cultivé par des jardiniers décorateurs, n’est aussi beau que les fleurs utiles des arbres à fruits. Quelle fleur de parade, À quels catalpas, quels magnolias et quels paulownias ÿ sont aussi beaux que ce vieux poirier tout enneigé de ses flocons de fleurs? Quel enseignement pour qui sait e k = Jele reconnais bien là : il déteste le langage figuré, mais il est passionné d’instituer des paraboles. Parfois ilestextraordinairement sage, et souvent je me demande s’il n’est pas un peu fou. Croit-il toujours que l’on ne peut parler aux hommes sinon en instituant des 1 : e et ridicule que celui de ce pauvre - ae os 16 sait pas bien comme il fera pour donner Ted Ryan È année prochaine à sa femme et à ses enfants re à. ès mais qui attend comme une bête de somme que la + . I il og ja norpece d’istituer des dialogues, des; \ FE eo le taire le poèmes et des drames ainsi que pouvaient Loc s auteurs des âges moins pressés — Îla toujours cette incapaci à Enr ridicule? capacité parfaite à sentir le n’est plus en qu ses que j’en connaisse, est parfois ridicule. Sapercevoir comme il que l’on < fe. ins, it Fe jours drame en trois pièces co Varie ee aletion un d’acten bisasres ét : pen un nombre incalculable eu Compte fait, six ou huit heures de représentation, d’une représentation qui ne viendra jamais, exigeant, i en attendant, 552 — je dis sept cent cinquante-deux pages d’impression, d’ailleurs non foliotées, ce qui, vraiment, n’est PaS commode, pages dont la moitié sont restées tout à fait blanches, ou à peu près, et dont la seconde moitié portent de si rares et de si singulières ù écritures que, vraiment, ce n’était pas la peine, — un centimètres de long sur presque seize centimètres et demi de large et au moins quatre centimètres et demi Le d’épaisseur, mesurée au dos, — et pesant, tout sec, è entends bien : pesant 1 kilo 520 — un kilogramme cinq à cent vingt grammes, c’est-à-dire plus d’un kilo et demi, ! plus de trois livres. à — Îl ne désespère pas de faire un jour des livres dont ge le poids aille jusqu’à passer deux kilos et qui sens doute serviront à ceux qui les auront de la main de l’auteur, car personne jamais ne les achètera. Ceux qui les jardin à labourer, seront forcés de Ja de > dr à tique en chambre, seront heureux d voie à Li fe sition des livres aussi lourds, qui les dispensero: 4 3 tous les noms de tous les citoyens qui les on les re t faits, compositeurs, metteur en pages, ne industriellemen us rote et ceux que j’ignore ?
— Toujours. Il cherche le moyen d’y mettre sep) Le fondeurs de caractères et les fabricants de finira par les chiffonniers qui ont ramassé le chi “ . Il finira par avoir l’air d’être payé pour faire de la — Il finira suspect : encres Lorilleux, papie — Que pense:t-il des cahiers? = Je le lui ai demandé : Je suis ton ami, me réponditil. Quel dommage que tu passes tout ton temps, que tu dépenses tous tes soins à un travail aussi futile. Qu’importent ces quinzaines ? Et qu’importent les événements de ces quinzaines ? Et qu’importent ces attaques et ces accusations quinzenières. Je sais aussi bien que toi, — sans en avoir l’air, car je ne suis pas nouvelliste et je n’en fais pas profession, — je sais aussi bien que toi $ que M. Vaillant est devenu un redoutable maitre d’école et M. Guesde un archevêque dangereux pour la santé sociale. Je sais aussi bien que toi que M. Alexandre ZLévaès est un misérable escroc de consciences, en admettant qu’il n’ait jamais été un jeune escroc d’argent. Es, Je sais tout cela. Et j’en sais bien d’autres. Mais qu’im- LANTA 29 porte le passage de ces misérables événements? Le mn. 4 ds mL vous passez, les forces que vous dépensez à 4 Ex ques et à ces accusations est la contribution fr one a en de ces gens. Vous accroissez SN —. -2l ant eurs combinaisons si par vous, ct
- dérément — À ce moment : 1 .ourcissez inconsi- a deuxième personne du singulier . - » Puisque ces cahiers
ti duelle. — Tu alourdi L abilité personnelle, indivi. pensée, inconsidérément la vi ce Le c vie et la pensée de tes amis 1] ne. amarades, correspondants-et lecte ü ecteurs en les appesan. ssant sur ces laideurs t FR j 7 ; et sur ces vilenies. Cela est mal sain. Mieux vaut garder son âm rude : - e sereine et traiter les to RER age 7eme rai un moment que tes cahiers LT ME F ic ainsi. L’heureux et providentiel avertisse ne we Re grippe , ainsi que l’auraient nommé nos amis (ER chrétiens, faillit te détourner des contingences vaines, à 3 ÿ “ Alors tu revins au Pascal. Mais pour traiter honnêtement 7 ‘cette grande question de l’immortalité de l’âme ou de Fi sa mortalité, je ne dis pas pour l’épuiser, à peine les cahiers entiers d’une année entière, ou plutôt à peine les cahiers enticrs de quatre ou cinq ans pouvaient-ils suffire. Mais tu as redouté le ridicule, qui n’existe pas, et qui n’est qu’une imagination sociale ; toi qui n’es pas un peureux, tu as redouté le ridicule, et pourtant le ridicule n’est qu’une imagination des peureux. Et tu as ‘4 redouté l’autorité des censeurs, toi qui fais profession d’ignorer toutes les autorités. Pressé de toutes ces peurs, tu nous a donné quelques misérables citations du grand Pascal, citations lamentablement mesquines et déplorablement tronquées et inconvenablement La 4 brèves : au lieu qu’il était honnête simplement de nous M 4 À donner des citations quatorze ou quinze fois plus lon- es, puisque les citations capitales afférentes à le question que tü osais mettre en cause étaient au m ) ÿ’ YF quatorze ou quinze fois plus longues. Tu as négligé cu bonnement, — et cela serait scandaleux s’il y aval .! e quelque scandale, — tu 28 négligé bonnement rs considération que toute la démonstration de la vérité -
des prophéties, pour m’en tenir aux ee sn “ F sont liées indissolublement à cette question le a de la mort. Comment en effet examiner utilement a question de limmortalité de l’âme ou de sa mortalité si l’on n’a pas examiné d’abord la question de savoir si vraiment il y a eu quelque miracle, et, avant tout, ce que c’est qu’un miracle et surtout la question capitale de savoir si en un sens tout n’est pas miracle, ou n’est pas un miracle. J’admets que l’on résolve ces questions par la négative et pour ma part d’homme, après y avoir # À ‘ longtemps pensé, crois bien que je suis disposé à nier qu’il y ait des miracles particuliers ou individuels, tout Es en réservant pour longtemps encore mon opinion sur la É Ë question de savoir s’il n’y a pas miracle ou un miracle à universel — car l’universel est d’atteinte un peu plus dificile. Comment examiner un peu la question de l’inmortalité de l’âme si l’on n’a pas commencé par étudier la question du salut, qui enveloppe celle de la rie et de la prédestination. Et qui a commencé à +4 .sait bien quand il a commencé, mais il ne sait pas comment ahorder une seule des questions qui sont afférentes à cette vie av ue à AVS « UE rie avant d’avoir au moins essayé mort. Comment procéder à l’acti action quotidienne, et comment se guider aux i E ; L. moins de commenc se Immencé par essayer au er d’examiner les grands prob be Sinon, et si vous êtes aveugle, qu’i problèmes. ST = ug’e, qu’importent les specta- .
accidentels; et si Vous êtes sourd, qu’i 1} Le de l’opinion ; qui sait? tu as sans doute eu Pas tes abonnés, de tes Souscripteurs, que sais-je ? malgré Ce que tu dis au commencement de la deuxième ne { de la couverture, que la souscription ne confère aucune ! ent libres. Ainsi ta as préféré maltraiter les questions, parce que tu t’es imaginé, comme un ignorant que tu es, qu’elles ne se défendent pas. Et tu as préféré maltraiter Pascal, — car c’était le maltraiter, fl que de le citer aussi brièvement, — parce qu’il est mort, et que tu crois qu’il ne peut plus rien dire, — au Ï lieu de te représenter, comme tu le devais selon les q conseils de La cupidité naturelle, qu’étant mort il ne f pouvait te réclamer aucun droit d’auteur et qu’ainsi tu pouvais cn citer tant que tu voulais sans alourdir ce que tu nommes l’établissement de tes cahiers. Mais non, F tu préfères l’attaquer au citoyen Lafargue, un homme qui n’existe pas, que pas un de tes lecteurs ne connait, qui je soupçonne à présent que tu introduis arbitraire- i +7, ment quelque apparence d’existence pour avoir ensuite le facile plaisir de le combattre. Vanité littéraire de ce facile plaisir. Comment n’as-tu pas vu, si tu CR SMCRrE Ps que tu fais le jeu de ces gens-là quand tu imprimes
. d leurs discours et quand tu les critiques. N’as-tu pas vu ‘4 que tu fais le jeu de ces joueurs-là, que tu Jeu Hi une importance artificielle, et qu’ainsi que je te lai ” à le méfait le plus redoutable qu’ils pourraient commet x serait de s’imposer à l’attention de braves gens, comm
Je sont sans doute la plupart detes lecteurs; de Le les honnêtes gens de leur vie et les travailleurs travail et les ouvriers de leur œuvre. ne Là est le vice capital de tes cahiers : ils sont intéres- sont trop personnels, trop individuels, et qu’on Uy ee à trop. D’abord cela n’est pas rigoureusement exact. Et à ensuite j’aime encore mieux qu’on parle et qu’on écrive à la première personne du singulier, et même à la troisième, comme César, mais en se nommant, que de ï se manifester sous le nom de critique objective ou de méthode proprement sociologique. Votre ami Pascal me semble avoir été injustement sévère à l’égard des écrivains et en général des auteurs. Ce mot d’écrivains, et surtout ce beau mot d’auteurs, pour qui l’entend au sens originel, a un sens professionnel très honorable et tout ce que l’on peut dire c’est qu’il y a beaucoup moins de bons auteurs que de bons charpentiers. Mais ce n’est pas de la faute aux bons auteurs s’il y avait et surtout s à s’il y a plus de mauvais auteurs que de mauvais char- LE pentiers. Ou plutôt c’est un peu de la faute aux bons d ae g ù ae qui “i top faciles aux camaraderies litté- 1: J + à ï tea rne ent que la faute en est aux mauvais N, 25 q qui est M qi au public et aux snobs, É d’exercices. Croyez bien _. es FRE Dre d Hart , que si le public avait reçu journaux A ce Cyrano de Bergerac, dont les n’aurait n je Edmond Rostand les journaux ont dit es es ce Jeune Aiglon, dont
Î È ré à me basis (Con est tout étonné et ravi; se un livre croient trouver un homme, sont tout Il ; a 2 ne She auteur. Plus poetice quam humane ï apprennent delle pr os qui Ini ) on voit que le style est naturel. » Après : et on trouve Ÿ un homme, il nous renvoie à Méré, Discours de la fi Conversation, page 76 : « Je disais à quelqu’un fort ‘ savant qu’il parlait en auteur. Eh quoi! me répondit cet hi homme, ne le suis-je pas? — Vous ne l’êtes que trop, fr s repris-je en riant, et vous feriez beaucoup mieux de rh parler en galant homme. » A quoi M. Havet ajoute: l’E « C’est plutôt encore Montaigne que Méré qui a dû d inspirer à Pascal cette pensée : et à qui s’applique-t-elle mieux? » Après la citation latine, au mot poetice, É Î M. Havet nous apprend que cette phrase est de Pétrone, au chapitre 90, où elle n’a pas le même sens que dans LL. Pascal. Maïs il pense que Pascal emprunte sans doute k quelqu’un cette citation. Enfin, après ces mots, et même ! , & de théologie, M. Havet se demande si c’est là un retour sur les Provinciales. Je suis d’accord avec Pascal Pure } | que l’on est tout étonné et ravi quand on s’attendait de +, voir un auteur et qu’on trouve un homme. Sole
. # cela suppose que l’on n’est ni étonné ni ravi quand on s’attend de voir un auteur et qu’on ne trouve Tee à Et je ne suis pas si difficile que Pascal. is ee : pas toujours l’étonnement et le quand je crois trouver un homme et que j qu’après toute est en use $ dit so 10éter fait son métier, et que Sl cet omme du trouver malheureux, mais seulement moins heureux, ce qui est tout à fait différent. Je suis un pee comme ce quelqu’un de Méré, non pas que Je S0IS fort savant. répondrais comme ce quelqu’un : « Après tout, ne le suis-je pas ? » Et je ne vois pas bien ce que l’on pourrait m’opposer. Je ne vous reproche donc pas, en méthode générale, que l’on ne voie que vous dans vos cahiers. Je ne vous reproche pas non plus, dans l’espèce, que je ne voie que vous dans vos cahiers. J’admets très bien que ceux qui vous ont assez vu n’aillent pas vous voir encore dans vos cahiers. Mais moi je ne vous ai pas vu bien souvent, surtout depuis que je suis malheureux. À La question ne se pose done pas pour moi. — Je le laissais ainsi aller, à la deuxième personne du pluriel, parce que j’entendais bien qu’il ne s’adressait 7: 2 e , seul; mais je constatais que ce pluriel conve- . He que ses phrases fussent bien pleines, œ pour di N te “ top visible, — que vous faites supportable, On … en nr rostents Cela est in. ‘essants, Vous voule ea are pue vos cahiers inté- intéressent DE ee CN SE acts qu’ils te ie . ecteur, qu’ils intéressent mon- L EL VOUS y réussissez trop souvent.
F Vous présentez les demandes et 1 s blèmes et les solutions comme ell à “ ke pre Fa étaient intéressantes, comme elles # . ee ou parfois Pa intéressantes, ÿ P confme elles sont intéressantes, mais non pa comme elles sont. Écoutez, je suis votre ami : je “ f demande certains jours si vous ne cherchez pas à ne jé que la probité native. hi Je ne fais aucune réserve sur ta sincérité; mais je ne \l me fais aucune illusion sue ton intelligence : elle est n. Mayenne: et pen perspicace. Tu as une aversion sincère ! de la démagogie, et tu tends à exercer une espèce par- He ticulière de la démagogie, une agogie de quelques-uns, 51 ; une aristagogie, qui est la plus dangereuse agogie, parce ki * qu’elle est la moins grossière. Tout homme qui veut plaire est à sa manière un démagogue. Tu lis beaucoup de journaux, trop de journaux, pour ta santé, beaucoup trop de quotidiens, et nous savons combien est vaine l’action du journaliste, et toi-même, si je te pressais, bn tu en conviendrais. Alors? Pourquoi L’es-tu fait jour- nu naliste? Car tu es journaliste. Au lieu que tu pourrais employer ta jeunesse finissante à lire les bons auteurs, l US) à | qui sont nombreux, que l’on connaît mal, et que tu ne CT \ connais pas. Puis tu emploierais ta maturité commen- Les travaux épais font plus pour l’action que les fantai- Ÿ sies plus ou moins réussies, que vous croyez jee rade ; Descartes et Kant ont plus fait pour préparer ce qu il F- y a de bon dans ce que vous nommez la Révolution Sociale que toutes les boutades et tous les calembours ‘1 des journalistes. Faisons des livres. épais.
C’était mon ami René Lardenois qui se réveillait. f — Non, mon ami, je n’interrompais pas notre ami Pierre Baudouin. Le malheureux continuait comme il fi voulait. Et je me serais fait un scrupule de le troubler. D’abord je connais à peu près bien tous ses sentiments, et je ne m’en moque jamais, surtout devant lui. Puis i rien de sa part ne saurait m’étonner. Enfin le pauvre f malheureux, s’il est parfaitement décidé à n’écrire que des dialogues, poèmes, histoires, drames, et autres grandiloquences, a été si longtemps privé d’écrire ce qu’il voulait et de parler comme il voulait, qu’il se laisse inattentivement aller à laisser déborder sa parole non écrite, sous n’importe quelle forme, et qu’il y aurait eu quelque cruauté à vouloir endiguer ce débordement. — Alors il consent à parler en prose ? — Îl parle comme il peut. Je lui demandai seulement si, après cette vive cri- à hi, il avait encore l’intention de s’abonner aux cahiers, que je lui servais éventuellement. j der LESLU ( she faire le commencement IE ds Û porte quoi, loin qu’on puisse faire n’importe « \ 4? quoi, pour me donner le désavantage de contribuer YOus tuer, vos cahiers et vous. Je suis occupé à v © es une terre que ma femme avai pé à vendre nié vente me vait en Bourgogne; cette ‘apportera quelques centaines de francs rapporterait beaucoup plus si Me Aussitôt que je les aurai touch *_ on fait ce qu’on peut. Cinquantaine de francs Fe. Je vous donnerai une H * ‘oyennant quoi vous me
al : mas comme abonné ferme. Ce sont mes réserves erniéres ; mais je suis trop pauvre pour ménager mes réserves. Je ne sais même pas si nous avons le droit de “] É.. nous ménager des réserves. Je préfère vous donner d’une seule fois tout ce que je pourrai Pour le moment, car si Je Vous promettais de vous Verser des souscriptions !à mensuelles régulières, je ne le Pourrais pas, et même si sl sincère; je ne m’aperçois pas quand les mois passent. h: un nouveau calendrier pour avoir ses étrennes, je ne 1h Saurais pas qu’un an s’est passé, je ne saurais pas que - | je vieillis. Vous pouvez donc me compter parmi vos He Ha — Je te compterai quand tu auras versé. * L Hie — Tu feras comme il te plaira. à al — S’il en est ainsi, tu trouveras aux cahiers, aussitôt que j’aurai le temps d’en exposer Fonfeals ins réponse non négligeable aux reproches que tu m’as faits. Me. — Oui, dit Lardenois : c’est un des nombreux articles que tu as promis et que tu ne feras jamais.
k è i nus les 1 — Puis je lui demandai ce Lara de un exemplaire et dont j’ai gardé la méme d Marcel Fe *y L’œuvre avait à peine atteint son milieu quan Près : . ) 4 Baudouin cessa d’y travail Baudouin la continua et Fe. edi 21 juillet 1896. Pierre il avait ‘+ finit d’écrire à Paris a J révoyait pas les disettes . 4 quelque argent, et qu as mille exemplaires et on futures, il ft imprimer. On tir clicha, car ce Pierre Baudouin n’avait alors MR ps de ce que c’est qu’une opération de librairie. ur mille exemplaires, l’auteur en donna au moins deux cents à ses amis, à ses camarades, aux amis de ses amis et aux camarades et amis de ses camarades et amis. Ceux qui avaient quelque argent et qui syaent que l’auteur n’en avait pas beaucoup achetaient le volume au prix marqué : dix francs. Ceux qui n’avaient pas d’argent, et ils étaient nombreux, l’acceptaient bien amicalement. On ne fit aucun service de presse, l’auteur k déclarant que la véritable publication n’aurait lieu que plus tard. Les exemplaires qui demeuraient dormirent ‘É un long sommeil dans les maisons de plusieurs amis et pour la plupart dans la librairie de la Revue Socialiste, alors autonome et domiciliée passage Choiseul, 78. Un seul exemplaire fut vendu commercialement, et encore l’auteur est-il autorisé à considérer cet achat comme un témoignage de cordialité personnelle. Un bon nombre À À d’exemplaires furent perdus, parce que le brocheur : Ê inattentif, dépourvu de tout foliotage, ahuri de l’aspect inaccoutumé des pages, avait effectué des interpolations D: he extraordinaires. La publication n’eut jamais lieu. C’est ne z une opération qui déplaît invinciblement à ce Pierre k - É “À Baudouin. Et si elle avait lieu elle ne réussirait pas. à fit transporter plus tard les exemplaires inpubliés 4 ts rs a Société Nouvelle de librairi d’édition, dont ils doivent ee nn. rieur. Un recensement de ; € magasin exté- Fe mon ami René Lardenois prit sur ma tabl #i ne quelques mots incompréhensibles ail ; : un; sept fois ci trente-cinq et un trente-si .. ? St lois cinq trois dix: Six, et je retiens trois ; sept et Al n fois deux douze et je retiens un; cinq fois six ‘1 Quatre; six et deux huit; un; neuf et un dix. Un chiffre à droite, Il mit une virgule. - BE Et s’écria brusquement : mille dix-huit kilos, quatre cents grammes : il n’est pas étonnant qu’il soit encomDe bré, le magasin. {1 l J’entendis alors qu’il avait calculé le poids total de ces six cents ou six cent soixante-dix volumes. Je Int ll — Je ne sais ni par expérience ni par témoignage que }. le magasin soit encombré. C’est sur le calcul aussi que p je fondais cette supposition. Notre ami Pierre Baudouin me conta qu’il avait alors de grandes ignorances et qu’il avait eu soïn de signer - ‘4 les exemplaires qu’il vendait et donnait à ses amis et camarades ; et même, ayant un respect superstitieux lé de sa signature et de toute écriture sienne, il avait eu soin d’éviter que les mots qu’il soussignait fussent de 4. we ÿ simples formules vaines ou menteuses. Mais, depuis, il “4 ‘ A advint cette histoire incroyable. : que pendant xs ns Aaine affaire dont le nom m’échappe et qui, ma € de Baudouin, passionna la France et le monde au ous des deux dernières années, pendant cette certaine à affaire dont Baudouin m’a cependant livré k Le . — Je crois me rappeler que tel fut bien le nom qui de ae ya quelques personnes encore, plusieurs historiens, qui n’ont pas oublié ce nom. — Pendant l’affaire Dreyfus donc, si tel est bien le nom que nous devons lui donner, il advint cette histoire incroyable : que plusieurs de ceux qui avaient BCE k les exemplaires les plus amicalement et SHARE signés s’imaginèrent que l’auteur, leur ami, était aflilié f à un mystérieux syndicat formé à seule fin de livrer L Â la France entière, de Calais à Perpignan, de Brest à Nice, de Domremy à Orléans, passant par Jargeau, É.. Reims et Rouen, sans compter les colonies. Ceux qui 4 À voulaient pourtant lui garder leur estime ancienne ima- à inèrent que, sans être affilié, il contribuait sottement ‘ ou naïvement à faire les affaires de ce syndicat. Il saisit ñ rapidement cette occasion qu’il avait de faire quelque 4 D démarche ridicule, Un jour que la menace d’un coup . . deforce définitif était plus imminente, il écrivit à un 2 à de ses anciens amis que ces soupçons lui devenaient insupportables, et que l’ami eût à y renoncer, ou à lui 6: L Fe s Ja Jeanne d’Arc. L’ami lui renvoya la Jeanne so WT Pierre Baudouin était à peine remis de cet émoi . À È ue A D Ag ortle nom n’échappè était onbiée. “plié. incrovable + ce malheureux une histoire encore Yable : parmi les destinataires qui étaient ne censés affiliés au mêmes dicat de livraien a. respectable minorité D. 4€ livraison que Ini, une M ‘se déclara. qui °rté, peu nombreuse, mais compacte, A
- sa conduit IT Pensa tout hant et sincèrement que par ‘à ‘ 5 uite individuelle ét sans qu’il: He … Mais senlement Ne qu’il y eût syndicat, ne enarchie et personnalisme_ à à nteur trahissait le socialisme révolutionnaire Re É. * en particulier, le poème est dédié, Pierre Baudouin . ‘ L. : ne ces de cette inculpation ou de ce malenen mil n’y comprend rien, et de cette incompréhension lui vient cet air stupide que nous lui voyons quelfl quefois. E L. Quand je vis que Pierre Baudouin me confiait ainsi ‘ l le Fée au moins partiel, de l’histoire extérieure et 14 : de l’histoire morale de son livre, je m’enhardis jusqu’à lui demander quelques explications sympathiques sur F4 È la disposition intérieure du poème. Résolument, mais 1 \ posément, il m’arrêta aux premiers mots: Non, mon ami, je ne puis vous donner les quelques explications ‘à be que vous me demandez bienveillamment. Car les quel- ques renseignements que vous me demandez sontliés El ti indissolublement aux idées, ou, si vous le voulez, aux { opinions que j’ai sur l’art, en particulier sur l’art dramatique. Et pour exposer mes opinions sur l’art dra- matique, il est indispensable que l’on fasse au moins un dialogue — Hs. _— Naturellement, interrompit mon ami Lardenois. D: — un dialogue, assez long, et que je préfère écrire L $ moi-même, aussitôt que j’en aurai le temps, ce qui ne Ne voulant pas lui faire de peine en contrariant sa manie habituelle, je me gardai bien de js ie +, n’insistai pas. Je me permis alors de lui deman sé » T0 qu’il pensait faire des six cents exemplaires In ‘à 2 Vraiment, mon ami, me répondit-il, je ny per# LES . Mais puisque vous me le demandez, je serais pas. ? ais P Jaires fussent lus. Seulement je heureux que ces EXEMP ai ne sais pas du tout comment je les pourrais ar 58 ce du. Jamais le public ne les achètera. Ils sont gs La à 1] trop lourds, trop singuliers. Je ne veux rien evo Ji aucun journaliste. Je ne veux faire aucune sollicitation Et s’il est tout à fait impossible de vendre, il est Apen près impossible de donner. Le temps n’est plus où il me restait quelque argent. Après avoir été assez riche pour faire imprimér ces gros volumes, je suis devenu assez di: malheureux pour ne pouvoir plus payer les frais, qui Fsans doute seraient considérables, de l’envoi que j’en ferais aux hommes libres à qui je les enverrais. où Voyant que ce malheureux auteur était accablé d’un vain désir, je ne pus lui dissimuler plus longtemps que ces cahiers étaient devenus récemment une puissance d’argent formidable et qu’il ne s’en fallait plus que de quelques lieues terrestres qu’ils atteignissent aux Le confins enchantés des régions où règne l’opinion publi- que. Il en parut un peu mécontent, et inquiet pour moi. 4 F Mais sans lui laisser le temps de s’abandonner à son malheureux naturel: s’il en est ainsi, lui dis-je, permet- HR x +, tezmoi d’organiser la distribution de ces exemplaires. ee ? ce mot d’organiser, son visage douteux se rassé- + EX mal. Je suis écœuré on 5 ne Le volontiers + si es gens qui réussissent. Vous, au HS VOUS n’organisez pas pour la réussite Et cela s voit. Je vous permets donc d’organiser la di M ed volumes. Agissez comme il Cuisine, » 16 ne veux rien savoir de toute cette eux. croire, lui répondis-je très sévèrement, ‘
mon plan: oies, FE vo Je vais demander à la Société Nouvelle de librairie et d’édition de vouloir bien mettre à ma disposition gratuitement et sans condition les six cent soixante-dix exemplaires dont elle a reçu le domaine et l’adminisl tration. Autant que je connaisse le conseil d’adminisl tration de cette Société, il se fera un plaisir cordial de me les accorder. Aussitôt que j’aurai sa réponse favorable, je ferai pl transporter une centaine environ de ces exemplaires au #] siège des cahiers, mais non pas tous à la fois, pour ne il pas écraser les porteurs. Et à tous les abonnés fermes et gratuits, mais non pas, bien entendu, aux éventuels, ni qui viennent le lundi et le jeudi me donner le bonjour, é hi. je leur en donnerai à chacun au moins un exemplaire. br. d- Ainsi nous serons débarrassés de quelques-uns, sans à Ici commenceront les difficultés financières. J’ai rek ne connu, après une longue expérience et de nombreux déboires, que la seule manière d’en venir à bout est id d’ouvrir un compte. On n’est pas forcé de savoir ce que l’on y mettra. Mais on ouvre un compte. Un doit et avoir. dramatique à peine solvable, tant d’envois de la Jeanne % À d’Are à nos abonnés fermes et gratuits ne Paris, de province, et de l’extérieur, mais non pas à n0$ ppernés Li < éventuels, bien entendu, et encore Fee à ceux »_ + de nos abonnés fermes et gratuits FL RE “16 reçu le volume à la première expédition ou “ei u UE À M. Pierre Baudouin. Sais-tu ce que tu i je n’ai rien. at et inhabile. Tu as le produit d’une souscription que j’ouvre aux cahiers et que nos camarades ne os ront pas d’accueillir aux Journaux pour tous. viendra-t-il de cette souscription, c’est ce que tu sAures en lisant de quinzaine en quinzaine, ou de mois en mois, c’est selon, la couverture des cahiers. — Je lis toujours attentivement la couverture, me ré- pondit-il naïvement, parce que c’est le plus intéressant. — Pour ménager les finances qui te reviennent, je commencerai par expédier aux Parisiens. Autant que je me rappelle mon ancien métier de libraire. ‘ — C’est vrai, tu fus libraire. — Autant que je me rappelle mon ancien métier, les colis postaux de Paris pour Paris, jusqu’à cinq kilos, ne coûtent que cinq sous. Cent exemplaires pour vingt-cinq francs : c’est pour rien. Il est même ennuyeux que l’on mn ne puisse pas envoyer trois exemplaires à la même per- d sonne. Cela ne reviendrait pas plus cher. Les difficultés financières commenceront à devenir sérieuses pour la 2 ù ee province, où réside la banlieue, et pour l’extérieur. En- è Fo voyé par la poste, un imprimé ordinaire, sous bande, ou F A un imprimé expédié sous forme de lettre ou de carte LA “ex postale ou. sous enveloppe ouverte peut avoir jusqu’à 4 L ère, quarante-cinq centimètres Sur toutes les faces : nous it ee ont F maximum accordé, nous Maximum est de trois + pes Mstituées. Le poids où plutôt nous aurions = . raie avantages, 4 Vantage de ne pouvoir ‘ nu Ho Ra trois kilos, mais nous n’auF plasieurs Yolirnes à ja M AVOIr pas à envoyer deux ou j En À me adresse, car deux volumes è : à ; postes exige alors qu’on affran- chisse l’envoi à cinq centimes Par cinquante grammes. _: » À Ainsi est fixée la taxe d’affranchissement. A ce taux et selon ce tarif, chacun des exemplaires nous reviendrait, i k avec l’emballage, à trente-et-un et trente-deux sous. . b Nous serions donc obérés, si la vile complaisance des prédécesseurs de M. Mougeot et de M. Millerand n’avait institué les colis postaux. L’affranchissement des colis ‘| postaux est obligatoire au départ. Ils ne doivent contei nir ni matières explosibles, inflammables ou dangehi reuses, ni articles prohibés par les lois ou règlements de de douane ou autres, ni lettres, ni notes ayant le caracFi æ tère de correspondance. Toutefois, l’envoi peut contenir es la facture ouverte réduite aux énonciations constitutives ©, 5 de la facture. Tout cela nous convient. Poids : trois, cinq ou dix kilos : nous allons bien. Pour les raisons dessus dites, nous choisissons le colis postal de trois de. kilos. À domicile ou poste restante o franc 85, dix-sept Le. sous : nous serons moins obérés. Aucune condition de É volume ni de dimension nest exigée pour les a . à 5 kilos circulant à l’intérieur de la France, de l’Alg pd FA rie, de la Corse, ou entre la Corse et la France. Bien. Nous passons. Mais l’administration dure En ve Fe Enfin nous verrons. D’ailleurs les conditions ee i des colis de cinq à dix kilos sions et de volume exigées Ja France continentale ou
je suis moralément rassuré : ces ç fra der la dimension de un mètre cinquante Sur Un quelconque. De plus, les colis de cu à de ss gés entre la France, la Corse, l’Algérie “ a k j peuvent atteindre la longueur de un mètre cinquante, la condition de ne pas excéder le volume de cinquantecinq décimètres cubes. En tout ceci nous sommes loin de compte, et nous pouvons hardiment passer. Où pas- Î serons-nous ? Jusqu’à dix kilos les colis peuvent circuler dans les relations entre la France, la Corse, l’Algérie, j la Tunisie, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse. Au delà commencent les régions mystérieuses hérissées de i tarifs bizarres. Mais on ne saurait quitter son pays sans risquer la male aventure. Enfin, je prend tout sur moi: franc; cent exemplaires envoyés dans Paris, environ vingt-cinq francs; moins de cinq cents exemplaires en- Li voyés en province et ailleurs, allons, cinq cents francs d nous sufiront largement pour le tout. Il est bien en- LE: tendu que je commencerai par envoyer à ceux de nos s Fr ml qui me feraient la commande ferme et qui 4 À n’à ee le montant des frais d’envoi. Je suis, à ee a on ou par politesse que notre ami be ra es . distraitement, Car j’avais à peine une réflexion malencontreuse.. ‘
- Mon ami, dit-il en me delà le vieux poirier non Moins bles onduisant par beaux esprits, vous parlez un pe je Pour plaire à vos première philosophie. Je plai Fee ere AS rois Le pere . Je plains tout jeune homme qui Ée ors passionné pour ou contre la li Pour ou contre le déterminisme, pour ou a Hberié, lisme, pour ou contre | Û contre l”idéa- ntre la morale de Kant, pour ou l’existence de Die : conte F D U, Pour ou contre Dieu, comme s’il ÿ : existait. Je plains tout ; : ri jeune homme qui, peu après f 2. in ut assis, lui douzième, aux bancs en escalier h ” o tables noires étroites, ne s’est pas violemment f Da pour ou contre les enseignements de son proj sn de philosophie. Et je plains tout homme qui n’en est pas resté à sa première philosophie, j’entends Le è pour la Doureanté, la fraîcheur, la sincérité, le bienheu- il F reux appétit. Ne plus s’occuper des grandes questions, ‘| Li mon ami, c’est comme de fumer la pipe, une habitude que l’on prend quand l’âge vous gagne, où l’on croit que l’on devient homme, alors que c’est que l’on est devenu ÿ vieux. Heureux qui a gardé la jeunesse de son appétit Bu Ainsi conclut provisoirement notre ami Pierre BauEs. douin. Mon pauvre ami, continua-t-il en me quittant, “+ méfiez-vous du bel air. Il est toujours dangereux. Mais
- 4 il est plus particulièrement désagréable quand on y A‘ % É tâche laborieusement. Soyez comme un de vos jeunes abonnés de province. On m’a dit qu’un très jeune ami à vous, tout récemment sorti du lycée, à ce que je pense, À ES ”£ “ naturellement simple ou gardé du faux orgueil par la . PF FL convenance de sa vie ordinaire, soldat ou née libéré, employé modestement quelque Le tre Lu ‘4 écrit que vous aviez traité la question de l’immorta de l’âme d’une manière qui lui plaisait, ” br one dait de traiter ainsi la question de Din: J admire la ‘ simplicité de ce. jeune homme, si s’est ne ss vous aviez traité la première question. pe j’aime !e Ainsi finit Pierre Baudouin. Je le quittai, sans plus. — Il est temps, que tu l’aies quitté. Car je te quittais avant. Et je l’eusse déjà fait, si je n’avais oublié de cor- À riger un point de ce que tu as dit. Quelqu’un qui t’aurait tout à l’heure entendu, se serait imaginé que tu pensais que le prochain Congrès de l’Enseignement Secondaire | entrait en série avec les congrès précédents. — Non, ami : si peu que je sois perspicace, et de si 4: moyenne intelligence que je sois, quand j’ai vu que la Ë Ê commission d’organisation du prochain congrès était Re présidée par l’honorable M. Croiset, rue Madame, 54, et sà quand j’ai vu que le secrétaire général en était l’honorable M. H. Bérenger, 8, rue Froidevaux, j’ai bien pensé À Rs he qu’il y avait quelque cérémonie de changée. On n’était + HS rŸ rofesseurs de l’Enseignement ISSUE Émile Ch pport général par Es auvelon, alors Professeur au lrcée Saint- M di rs . chez Armand Colin. Le Premier congrès Es avait été rapporté générale k ra M. Gaston Rabaud, alors et encor. RS D 54 hasard, fait demander Mnuaire. J’avais, à tout “a
quelqu’un de particulièrement bien sitné Pour savoir ÿ l’y aure un congrès d’enseignement secondaire officiel — administratif par son esprit, sa direction et tout le reste — international. Ce n’est Pas sans peine que le La congrès de Pâques 1899 avait renoncé à en conserver Fe ; l’initiative, — car M. Bourgeois avait autorisé les Proue fesseurs à tenir un congrès international en 1900, Mais “ le congrès de 1899 y renonça parce que tout le monde sentait bien que l’on ne pourrait faire autrement, parce que tous étaient fatigués de lutter contre les petites querelles et les tracasseries qu’on nous suscitait. C’est jé ce congrès officiel qui se tiendra du 3r juillet au 6 août. put Aura-t-on un congrès des Professeurs de l’Enseignement, ll | national « mais largement ouvert aux étrangers » — comme l’avait décidé ce même congrès de 1899 ? D’après k M ce que m’a dit ce soir un de mes collègues, la question ) iii est encore pendante, malgré plusieurs démarches faites , a 0 auprès du ministre. Mon impression est qu’il n’aura pas si lieu, que personne n’y tient, — et mon opinion EU que, s dans les circonstances actuelles, il n’est guère à désirer qu’il ait lieu, car toute action d’ensemble me paraît hé. Tels furent les renseignements que me donne ar qu’un de particulièrement bien situé pour savoir. D — Bien. Qui t’aurait tout à l’heure entendu ed ns s’imaginer que je pensais que nos pote co a ‘ A# % À de l’Enseignement secondaire public venaien ai mi ès à seule fin de participer à je ne sais quels bang ?, gr dit, à des agapes fraternelles,
somptueux ou, comme On Cl, talement. nn 1 ou pour se faire décorer gouvernemen los de “ — Je sais qu ; 8 même une réduction. Le
ë chemins de fer n’accordaient pa. Je lis dans le Rapport général que j’ai,
sentés ; nous avons aujourd’hui— en 1898 — ra de cent cinquante-trois lycées ou collèges, et beaucoup de professeurs assisteront, à ‘titre personnel, à noS Tous, délégués ou non délégués, ont d’autant plus de mérite à avoir fait le voyage que, malgré nos efforts, a nous r’avons pu le leur faciliter. A notre demande de réduction de tarif, les Compagnies de chemins de fer, 41 même celle de PÉtat, ont répondu avec ensemble par un refus bref, net et sec. Nous avons prié M.le ministre de l’instruction pu- à blique d’intervenir et il a saisi aussitôt de la question ti le ministre des travaux publics. Celui-ci a répondu : Ê Sollicitées déjà l’an dernier (1) d’accorder cette faveur aux ù 3 à mêmes congressistes, les Compagnies ont répondu par un ä refus basé sur la prolongation de la validité des billets F4 d’aller et retour qui est exceptionnellement consentie à dé: l’occasion des vacances de Pâques. La situation étant 9 ERA ee semblable cette année, une nouvelle démarche ES À outirait vraisemblablement à un nouvel échec; vous HA) econnaîtrez avec moi qu’il est préférable de ne pas s’y Pour le ministre, le conseiller d’État, 5. directeur des chemins de fer, : SA publics n’avaient fait à nstruction publique, ni celui des {© 4 nt fait l’an dernier de démarches en notre rime F. Hein : est-il bon, ce conseiller des chemins de fer, Ti ne an Pas vous exposer, Je ne sais pas ce qui L L advint l’année suivante. ms = A présent, messieurs, que nous avons finimes ‘| ‘240 Corrections, au revoir, je me sauve. Il était déjà au Premier passé, quand je le rappelai : ‘ “à Elle reposait sous le Descartes. . de — Prénds-la : il ne faut jamais exagérer l’exactitude. — Je devais rester un quart d’heure. Je suis resté il cinquante-six minutes. Je vais manquer la moitié de mes commissions. ! Fies — Tu prendras le Montrouge-Gare de l’Est pour aller à ) plus vite. Il est à moitié à traction mécanique. a — Non je veux dire qu’il y a ençore des voitures où F — Au revoir. C’est le progrès. Au revoir. Adieu. Le camarade Émile Boivin nous a fait remarquer û sévèrement que je le mettais en cause deux fois dans un article de huit pages; il m’a dit froidement qu’il avait donc, selon la justice ordinaire, le droit de me ie ! donner réponse, et que, selon la justice bourgeoise, il il pouvait me donner réponse double, c’est-à-dire me forcer ; “4 à insérer en même place un article de seize pages en ni huit. Mais, comme il nous le fit remarquer judicieuse- Di ment, les soins qu’il donne aux Journaux pour tous ne 4 Ë lui laissaient pas le loisir. d’instituer un article aussi long. Il faisait donc appel à ma loyauté naturelle, et sh bien connue. Elle ne lui fera pas défaut. Qu’il soit et 1 . qu’il demeure donc bien entendu que dans toutes les fétes socialistes, et en particulier dans la grande fête Êe organisée pour le vendredi 13 avril au Théâtre de la ‘7 ns Porte-Saint-Martin par le Théâtre Civique et la Petite Le. - République, les citoyens commissaires ne se réservent Que les strapontins, comme il est à la fois juste et indis- LS NÈ pensable, Ainsi le citoyen Boivin, quand il occupait un fauteuil d’orchestre, le gardait. momentanément pour Fos véritable titulaire, un ami commun à Ini et à moi, D. F Nous tenons en Particulier Lune as csons importantes. puissance du parti antisémitique à Paris. que l’on avait de la