II-10 · Dixième cahier de la deuxième série · 1901-02-20

Cahier d'annonces

Charles Péguy

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Nous n’eussions jamais pensé à nous assembler pour condamner la Société nouvelle de librairie et d’édition. Réciproquement nous n’acceptons pas la condamnation Ë prononcée contre les cahiers par la majorité d’une assemblée générale de la même Société. . Georges Bellais, co-fondateur démissionnaire de la Société nouvelle Daniel Delafarge, ancien élève de l’École Normale Supérieure ; À de la Société nouvelle; René Lavaud, ancien élève de l’École Normale Ernest Tharaud, ancien élève de l’École Normale 4 $ Je suis profondément heureux que des amis éprouvés garantissent ma défense. Ils me laissent ainsi le loisir de travailler. Nos abonnés trouveront annoncés dans ce cahier plusieurs moyens de travailler eflicacement. Nos Fe et suivantes, les éléments d’une action urgente. ” a+

Depuis plus de deux semaines le duel atroce engagé entre la Petite République et le Petit Sou vérifie surabondamment tout ce que nous avons dit depuis l’institution de nos cahiers. Mais nous ne serons pas le mauvais prophète, qui se réjouit du mauvais événement.

Nous n’interviendrons pas dans ce duel épouvantable. Nous l’enregistrerons plus tard, comme historiens, s’il y à lieu, quand il aura momentanément épuisé ses effets. Présentement nos sentiments sont les sentiments des militants véritables.

Hubert Lagardelle, qui revient d’une longue et réconfortante tournée dans les vallées de la Saône et du Rhône, à son retour nous disait qu’il avait ou des militants avoir les larmes aux yeux en lisant que l’adminis-. tration de la Petite République envoyait au syndicat du Creusot la somme de 2.292 francs 45. Un ami de Paris nous dit qu’il a vu dans son arrondissement des militants pleurer. Nos sentiments sont les mêmes.

Il est lamentable que le plus crapuleux des bandits bourgeois, M. Edwards, par la puissance de ses sales millions, fasse la loi dans la moitié du parti socialiste. Il est lamentable que les guesdistes, les blanquistes mangent le pain de cet homme et boivent à ses banquets. Il est lamentable que la plupart des allemanistes et des

indépendants aient aussi longtemps mangé son pain et bu son champagne. Il est lamentable que vingt députés, mains de cet homme, dupes ou complices. Mais il est déplorable que la Petite République ait au moins commis une erreur de deux mille et des cents. francs dans l’administration d’une souscription. IL est déplorable que l’on ait pu démontrer que toute l’instal-

lation de ce journal reposait en définitive sur un commerce déloyal de paletots, sur une atroce exploitation du travail à domicile, sur une implacable application du

Ce duel est sans issue. Que M. Edwards ait ou n’ait pas quarante ou soixante millions, il est assez riche pour étre indémolissable en régime capitaliste. Il pourra

toujours payer la copie des journalistes. Il y aura donc toujours des journalistes qui lui apporteront de la copie, pour son argent. Aujourd’hui même, dans le même temps que la Petite République publiait un copieux re-

censement de ses infamies passées, de ses combinaisons

présentes, il recueillait M. Jacques Dhur, M. Eugène

Thébault, M. Louis Marsolleau, anciens rédacteurs de e la Petite République. ,

s Il est encore permis de supposer que Jaurès lit la

Petite République. Il doit donc savoir comme cette campagne est grave. Elle disloque le parti socialiste officiel dans ses fondements économiques. Elle est sans aucun doute la plus grave atteinte que l’on ait jamais portée à l’unité socialiste formelle, apparente. Il est permis de porter ces atteintes. Mais on doit au moins savoir ce que l’on fait. Il y aurait enfantillage coupable à s’imaginer que des congrès et des comités pèsent quelque poids auprès de ce débordement de haines. Quand un parti n’a pas eu le courage de se conformer aux lois les plus simples de l’hygiène morale, quand il a renié la justice pour la faveur, la sincérité pour la complaisance, et la vérité pour l’unité factice, quand il ” abandonne la réalité des mœurs pour la vanité des phrases, quand il renie son idéal pour des manies politiques, il est inévitable que des empestements pour- M rissent les organes. La révolution sociale sera morale, ou elle ne sera pas.

Nous attirons instamment l’attention de nos amis universitaires sur la campagne universitaire commencée à Paris pour les étudiants russes. Nos amis ont lu.et lisent dans les quotidiens les détails de l’atroce, persé- cution exercée contre nos camarades russes. Nous ne pouvors donner ici que des renseignements généraux. Un comité d’étudiants jeunes s’est formé spontanément au quartier. M. Louis Lapicque, maître de conférences à la Faculté des Sciences de l’Université de Paris, s’est mis, avec son empressement jeune, à leur entière disposition. .

Nous reproduisons d’abord l’affiche apposée aux murs . du quartier par les étudiants. Cette affiche a été aussi réduite en prospectus. On remarquera que les signatures sont individuelles, personnelles. Aucun des groupes régulièrement constitués au quartier ne s’est engagé dans la manifestation commune. Le groupe catholique a sans doute refusé par peur des collectivistes. Le groupe collectiviste a sans doute refusé par méfiance des catholiques. Ainsi de suite. Au contraire les noms

d’hommes les plus éloignés figurent individuellement et è personnellement sur l’affiche. On remarquera aussi que les signatures sont purement universitaires.

Pour les Étudiants Russes Nous vous convions à venir témoigner à la fois votre sympathie pour les Étudiants Russes et votre attachement aux libertés universitaires.

la suite de désordres scolaires, plusieurs centaines d’Étudiants de Kiev ont été, monstruosité juridique, condamnés au service militaire par une commission spéciale où siégeaient côte à côte gendarmes et professeurs et envoyés dans des régiments. Les Étudiants de la Russie toute entière, indignés, se sont solidarisés avec leurs camarades et ont cessé de suivre les C’est la question de la juridiction universitaire qui se trouve ainsi posée à l’état aigu. Les professeurs fran- çais, sans distinction d’opinion politique, s’accordent pour déclarer que cette juridiction peut seule assurer l’ordre et la dignité nécessaires aux études.

Les événements s’aggravent et donnent cruellement raison à nos maîtres : des émeutes et des violences sont intervenues. Nous n’avons pas en tant qu’élèves de l’Université à nous en occuper ; mais sur la question purement universitaire qui est l’origine des troubles, nous avons le devoir d’affirmer notre sympathie pour nos camarades de Russie.

La Science est internationale, les Universités du monde entier sont solidaires, nous voulons envoyer aux Étudiants Russes le témoignage de notre admiration pour le courage avec lequel ils défendent les principes essentiels de tout enseignement supérieur. Camarades, faisant abstraction pour un moment de nos opinions politiques, unissons-nous pour exprimer aux Etudiants Russes notre unanime sentiment de MEETINCSALLE D’ARRAS, 3, rue d’Arras, le mercredi 27 mars à huit heures et demie du soir Il sera perçu 0 franc 25 pour les frais Hesse (Lettres), Dantez Le Hire (Docteur en droit), (Agrégé de philosophie), Wersxopr (Lettres).

dixième cahier de la deuxième série “# Le comité d’initiative ayant besoin d’établir sa per- manence au cœur du quartier, nous sommes heureux qu’il ait accepté de l’établir dans nos bureaux. Un délégué se tient tous les jours de la semaine, le dimanche excepté, de deux heures à six heures, dans nos bureaux à la disposition des étudiants.

On n’a préparé aucun texte pour les maîtres. Les professeurs, maîtres de conférences, répétiteurs, chargés de cours, instituteurs qui veulent manifester leur soldarité aux étudiants russes écrivent des lettres personnelles à aux soins de M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, rue de la Sorbonne, au second

Is doivent spécifier s’ils autorisent ou non M. La- À picque à faire un usage public de leur lettre. Hi

Ceux de nos abonnés qui ont à écrire à M. André Bourgeois n’ont qu’à introduire dans leur lettre une

Le comité d’initiative a préparé un texte pour les élèves, étudiants de toutes écoles et facultés. Des feuilles imprimées circulent pendant les cours et conférences et recueillent les signatures. Ces feuilles sont ainsi En faveur des Étudiants russes (1) Ç Camarades des Universités Russes, ) C’est avec indignation que nous apprenons les mesures oppressives dont vous êtes victimes; la constitution monstrueuse de ces commissions spéciales où siègent côte côte gendarmes et professeurs; l’incorporation pénale de plusieurs centaines d’entre vous dans les régiments de Sibérie. — C’est avec un douloureux serrement de cœur que nous songeons à tous ceux qui, expulsés de l’Université ou incarcérés, ont perdu brusquement tout espoir d’avenir.

D’accord avec nos professeurs, nous aflirmons que l’indé- pendance absolue de la juridiction universitaire peut seule assurer l’ordre et la liberté dans les études, nécessaires aux progrès de la science et de la pensée. C’est pour l’existence même des Universités que vous luttez; professeurs et étu- diants sont tous de cœur avec vous.

Nous souffrons de ne pouvoir combattre à vos côtés pour la liberté des études et de la pensée. Mais recevez tout au moins notre encouragement fraternel ; soyez sûrs de l’admi- Ï ration et de l’ardente amitié des Etudiants de France.

Î (1) Permanence, 16, rue de la Sorbonne, au second, de deux

heures à six heures, tous les jours, excepté le dimanche.

dixième cahier de la deuxième série Es Les étudiants qui veulent envoyer leur nom écrivent aux soins de M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, rue de la Sorbonne, au second

Adresser les souscriptions pour cette propagande

aux soins de M. André Bourgeois. Ceux de nos abonnés qui ont à écrire à M. André Bourgeois n’ont qu’à introduire dans leur lettre une feuille adressée à M. Maritain ou à M. Coulon.

Demander à la même adresse des feuilles imprimées que l’on fera très utilement circuler dans les Facultés de province à la rentrée de Pâques.

Les feuilles imprimées ont reçu à Paris plus de sept cents signatures. Elles continuent à circuler. e

Nous ne saurions trop engager nos amis à envoyer leur signature.

M. Lapicque a bien voulu nous donner par écrit des ” renseignements généraux. Il a remis à jour pour les cahiers un double feuillet que l’on avait fait circuler, imprimé, au premier moment. Voici la nouvelle version, plus complète, arrêtée au 24 mars

Les journaux nous ont apporté, il y a quelques semaines, des nouvelles vraiment étranges de l’Université de Kiev. A la suite de désordres universitaires, des centaines d’étudiants étaient condamnés au service miülitaire par une commission spéciale où siégeaient côte côte gendarmes et professeurs.

Qu’est-ce que c’est que cette pénalité? Qu’est-ce que c’est que cette juridiction? Cela semble un cauchemar.

. Les renseignements étaient très incomplets, passablement incohérents ; les journaux nous informent très mal sur la Russie.

pour camarade un Français qui est né en Russie et y a passé toute sa jeunesse. D’en causer avec lui, j’ai ressenti de ces événements une impression plus forte et plus vivante qu’à la simple lecture d’un fait divers. J’ai voulu savoir ce qui se passait.

J’ai pu trouver des témoignages différents par leur source et par leur tendance; je les ai contrôlés par les textes officiels, notamment par le rapport du ministère de l’instruction publique paru dans le Messager du Gouvernement (en russe). Les faits sont simples et clairs qu’on les prenne à une source ou à une autre, ils sont toujours les mêmes ; seule varie la couleur sous laquelle ils sont présentés.

Les voici aussi objectivement que possible. On suivra facilement, j’espère, comment des événements minuscules ont entraîné le monde universitaire russe dans une grave et douloureuse crise dont nous ne pouvons encore prévoir l’issue.

Les étudiants de l’Université de Kiev ayant manifesté. contre un professeur qu’ils accusaient d’ignorance, ie Re général gouverneur de la ville intervint pour révoquer ce professeur. Les étudiants, estimant qu’une question universitaire devait être réglée par l’autorité universi- VO täire, ne trouvèrent pas qu’une telle mesure füt de nature L) È à leur donner satisfaction. : 3 À Sur ces entrefaites, un incident d’un autre ordre vint augmenter le mécontentement ; un étudiant, en compa- =. gnie d’une fille, et plus ou moins ivre, avait échangé des mr coups de poing avec un cocher de fiacre; divers jour- +. naux de la ville racontèrent inexactement l’incident, et- ET y ajoutèrent des appréciations fort désobligeantes sur … l’honorabilité des étudiants en général. Les étudiants se réunirent, chose interdite ; ils wou- ES laient « opposer aux outrages un démenti collectif ». Un inspecteur de police pénétra dans la réunion, quise dispersa à la première sommation.

La répression du délit fut cette fois extrémement - douce: seuls, le président de la réunion et les deux assesseurs se virent infliger quelques jours de prison universitaire, punition tout à fait anodine. Maïs comme: ils voulaient que l’on prit au sérieux l’objet de leur réunion et que leurs doléances parvinssent au recteur

par une autre voie que par un rapport de police, les punis eurent recours à la tactique très employée en Russie sous le nom de résistance passive: ils ne se rendirent pas à la prison et furent exclus de l’Université pour insoumission.

Les étudiants organisèrent alors un nouveau meeting à l’Université même, dans l’espoir de décider le recteur à y venir. Ils s’introduisirent à midi dans une salle de cours qu’ils trouvèrent ouverte. La salle était plutôt petite : ils s’y entassèrent environ quatre cents et firent savoir qu’ils attendraient le recteur jusqu’au moment où il consentirait à les entendre. A trois heures, heure habituelle de la fermeture, le recteur, sans leur avoir donné de réponse, quitta l’Université et prévint la police. Les bâtiments de l’Université furent aussitôt entourés par un cordon de troupes, gendarmes, cosaques et fantassins, fusils chargés. Les « émeutiers » continuèrent à attendre leur recteur. Ils avaient déjeuné d’un peu de pain et de charcuterie ; comme ils étouffaient dans la salle trop petite, aux doubles fenêtres clouées et calfeutrées, ils brisèrent quelques vitres et

Ce fut le chef de la gendarmerie, le général Novitzky, qui perdit le premier patience.

buit heures du soir, il pénètre dans la salle avec une dizaine de gendarmes, sabre au clair. Les étudiants persistant à demander le recteur, le général l’envoie chercher ; le recteur vient : « Monsieur le recteur, dit le

président de la réunion, il y a huit heures que nous vous attendons ; mettez-vous au fauteuil, nous avons des demandes à vous soumettre. » Le général, après quelques pourparlers, somme les étudiants de sortir

Louis Lapicque 4le trente par trente pour qu’on prenne leurs noms; cet ordre est exécuté sans résistance. Le lendemain, les trois cent quatre-vingt-douze étudiants dont on avait ainsi constaté la présence étaient déférés à une commission mixte, convoquée spécialement, par le ministre de l’instruction publique (x). C’allait être la première application de l’oukase du Voici, textuellement traduits, les articles 1 et 2 de cet oukase, intitulé : Règlement provisoire concernant le service militaire des élèves des écoles supérieures exclus pour désordres collectifs. Article 1. — Les élèves des écoles supérieures, pour l’or- à ganisation collective des désordres à l’intérieur des écoles ou au dehors, ou pour l’excitation à ces désordres; pour V4 l’abstention organisée des exercices scolaires, ou pour ps l’excitation à cette abstention, seront exclus des écoles et incorporés dans les régiments, même lorsqu’ils ont une li dispense acquise soit par leur situation de famille, soit par leur degré d’instruction, ou même lorsqu’ils n’ont pas encore l’âge de la conscription, ou encore lorsqu’ils ont tiré un numéro qui les dispense du service. Article 2. — Pour connaître des délits énumérés dans l’article 1, il est institué auprès de chaque école supérieure un conseil composé du curateur du district scolaire, président; des membres du conseil universitaire qui disposent du pouvoir disciplinaire ; des représentants des ministères (1) On m’a assuré que les professeurs de Kiev avaient demandé se réunir pour examiner l’affaire et que la permission leur avait été

Dès sa promulgation, les ministres de la guerre et de la justice firent, chacun en ce qui le concernait, les réserves les plus expresses sur la légalité de ce règle- Quant à la nécessité de cette juridiction d’exception, voici sur quoi elle était établie.

Auprintemps de 1899, des troubles graves s’étaient produits à l’Université de Pétersbourg; nous avons eu à ce moment en Europe de vagues échos des scènes de la rue, des charges de cosaques frappant la foule coups de fouets; les autres Universités russes, par solidarité, organisèrent la grève, avec obstruction, tout ce que l’oukase nomme l’abstention. Il y eut des arrestations en masse; un professeur, qui est un savant illustre, avait suspendu son cours, n’ayant plus d’étu- ! diants ; il reçut l’ordre formel de le reprendre : « Trèsbien, répondit-il, mais où dois-je le faire ? A l’Université, ou à la prison? »

Le général Vanovsky fut chargé d’une enquête; son rapport conclut que la responsabilité des troubles retombait sur la police, pour sa brutalité, et sur les autorités académiques, pour leur maladresse. Le géné- ral déclarait que les sociétés secrètes d’étudiants, dont on voulait faire un danger politique, n’étaient que des sociétés de secours mutuels, et que pour les empêcher d’être secrètes, il n’y avait qu’à les autoriser. Il ajoutait que, dans ces circonstances, la politique la plus sage comme la plus juste était une large indulgence.

Mais les mesures étaient déjà prises indépendamment de ce rapport; l”oukase du 29 juillet avait été promulgué.

Cet oukase n’avait pas encore été appliqué ; on le considérait généralement en Russie comme devant res- j ter à l’état d’épouvantail. Le Ministre de l’Instruction publique trouva nécessaire d’y recourir contre les étudiants de Kiev.

Par télégramme, le curateur du district reçut l’ordre de réunir d’oftice le conseil prévu par l’article 2. Les membres de l’Université désignés pour en faire partie étaient le recteur et les quatre doyens de Kief; les” autres membres, outre le curateur, étaient le général de gendarmerie Novitzky, un procureur militaire et un

Aux termes du rapport officiel : « La commission tint quinze séances du 11-24 décembre au 31 décembre- ( janvier, interrogea ceux qui se rendirent à la convocation, prit connaissance des dépositions écrites de ceux qui ne s’y rendirent pas, et, après avoir jugé la conduite de chaque participant, arrêta à la majorité des voix (1): tous les étudiants ayant pris part à la réunion du 7 dé- cembre sont déclarés coupables et condamnés à être exclus de l’Université et incorporés dans l’armée pour les durées suivantes : 2 étudiants pour trois ans, 5 étudiants pour deux ans, tous les autres, y compris un étudiant d’une autre université, à savoir 385, pour un an; le jugement sera soumis au Ministre de l’Instruction publique. »

(1) D’après un renseignement digne de foi, les voix se sont ainsi partagées : pour l’incorporation, le curateur du district scolaire, le recteur, deux doyens, et le général Novitzky ; contre, deux doyens, le procureur militaire et le procureur civil.

1.4 _ Le ministre confirma le jugement pour les 2 étudiants de la première catégorie et les 5 étudiants de la deuxième ; de plus, pour 176 étudiants de la troisième ; les 209 autres eurent leur peine commuée. l

On dit que huit d’entre eux, à l’arrivée au régiment,

Suivant le système de la résistance passive, ont refusé de prêter le serment de fidélité, ont été condamnés mort, puis leur peine aurait été commuée en celle des

Ces condamnations eurent tout de suite un retentissement énorme. Non pas tant pour leur sévérité (en Russie, on a là-dessus un autre standard que nous) qu’à ‘cause de la juridiction monstrueuse dont elles émanaient.

Les étudiants des autres Universités se solidarisèrent avec leurs camarades de Kiev. Ils tinrent des réunions,

ou bien ils cessèrent simplement d’aller au cours. » Nouvelle série de répressions; l’abstention tombe elle-

même sous le coup de l’oukase. A Pétersbourg, l’oukase

est appliqué une deuxième fois; avec plus de modé-

ration, avec quelque honte, semble-t-il, vingt-huit condamnations seulement.

Ensuite, plus rien de légal: dans toutes les Univer-

sités, l’enseignement cesse. Ou bien les Universités sont

4 (1) À partir d’ici, ma documentation n’est pas aussi rigoureuse nous n’avons plus de rapport officiel comme guide; nous trouvons

une série de nouvelles fragmentaires, dans les journaux, déjà suffi- » santes pour nous révéler la gravité de la situation ; et puis j’ai eu

communication de lettres privées, tout à fait dignes de confiance, qui éclairent ces nouvelles.

fermées officiellement, ou bien les amphithéâtres sont vides à l’heure des cours. Les manifestations paraissent dans les rues. En beaucoup de villes, les ouvriers se joignent aux étudiants ; des usines se mettent en grève, parce que; disent les ouvriers, « nous avons besoin des étudiants et nous ne voulons pas qu’on tue les Universités ». La police répond par des charges de cosaques et des arrestations en masse. A Pétersbourg, la foule; manifestants et curieux, est littéralement écrasée sous les pieds des chevaux. Quatre étudiants et une étudiante sont morts. Des officiers, qui veulent s’interposer, sont eux-mêmes brutalisés. Lisez la protestation émouvante signée de quarante-cinq écrivains russes de toute opinion, publiée dans le Français du 22 mars, dans l’Aurore et la Petite République du 23, écoutez cet émouvant cri d’appel d’une indignation qui ne peut se faire jour que par la presse française, et à qui la presse fran- çaise marchande si impitoyablement son concours. Quarante-cinq écrivains, hommes et femmes, beaucoup illustres, risquent délibérément la Sibérie pour faire entendre au monde, et au tsar lui-même, la vérité qui provoquera la justice. Le Temps donne une analyse de cinq lignes, avec trois ou quatre noms pris dans la liste des signataires, juste de quoi désigner des victimes. Les autres journaux font le silence. Criez, intellectuels russes qu’on égorge! Personne ne vous entendra : La France est trop bas ! Non ! La presse et le gouvernement trahissent par leur silence vendu la cause de l’humanité, trahissent la France elle-même, dont c’est l’honneur traditionnel de répondre à l’appel de la justice. Mais la France vaut

mieux que ce que sa presse et son gouvernement voudraient faire croire. , L’Université française, du moins, a prouvé qu’elle a une conscience.

J’ai été trouver les professeurs et les étudiants, je leur aiexposé ce qui se passe, et je leur ai demandé: Qu’est-ce que vous pensez de cette juridiction pour un

Modéré, socialiste, ou conservateur — athée, catholique ou protestant — j’ai trouvé en chacun une même révolte, une même explosion de sympathie attristée pour les professeurs et les étudiants russes.

Près de quatre-vingts professeurs français (je ne me suis adressé encore qu’à une partie d’entre eux, et j’ai bien peu de refus) ont écrit et signé leur sentiment, pour l’envoyer à leurs collègues de Russie,avec des nuances diverses, avec une réprobation exprimée ou implicite; tous ont dit :« Ce qui se passe en Russie est abominable ; une juridiction purement universitaire peut seule assurer à la fois l’ordre et la dignité nécessaires aux

Les étudiants n’ont pas été moins unanimes : le cercle catholique est indigné comme la Ligue démocratique des écoles. Les groupes n’ont pas pu se décider signer un appel collectif en tant que groupes. Chose étrange, il y a des pudibonderies, des craintes de compromission, plus fortes pour une étiquette de groupe que pour une signature d’homme. Mais les individus

ont subi loyalement la poussée de leur conscience. Marc Sangnier, du Sillon, à signé l’affiche commune côté de Ludovic Marchand, des Socialistes Révolutionnaires internationalistes. L’officielle et timorée Asso1 19

ciation générale des étudiants avait, elle, courageusement, pour une fois, décidé en Comité de prendre part au meeting; ce n’est que devant le refus des groupes

extrêmes qu’elle a renoncé à paraître en nom; le pré- sident et plusieurs membres de son comité ont signé. Mercredi, donc, tous les étudiants enverront leur

L’ex-professeur Milukov, un historien qui compte Paris beaucoup d’amis, avait rédigé une supplique adressée au tsar dans les termes du plus pur loyalisme, aussi bien que du patriotisme le plus élevé; on la arrêté, et on a saisi sa supplique avant qu’il ait pu la faire parvenir à son souverain.

Les Universités de Belgique et d’Italie sont animées du même mouvement. J’ai reçu ce matin une protestation signée de vingt et un professeurs de l’Université de Bruxelles. Étudiants et professeurs vont se réunir en un meeting.

A Rome, Labriola et Enrico Ferri ont dû, aujourd’hui je crois, organiser un meeting dans la cour même de l’Université. C’est donc une large manifestation universitaire qui se prépare et qui fera éclater la sympathie des intellectuels de l’Europe occidentale pour les émeutiers de

Si violents que soient les mouvements là-bas, ce sont en effet des mouvements universitaires. Le gouverne-! ment russe, une partie du gouvernement russe, ne veul pas le reconnaître; il nie la pensée libre, parce qu’il la redoute. Pierre Karpovitch a tué d’un coup de revolver le ministre de l’instruction publique, ce Bogoliepov qui avait fait prendre en 1899 l’oukase qu’il a faitappliqueren janvier 1901. Le gouvernement russe fait dire que ce n’est pas un crime politique. Karpovitch, qui est un « petit bourgeois » etnullement un étudiant, sera déféré à la jus- tice de droit commun pour meurtre. Affaire sans relation, comme vous voyez, avec la crise universitaire. En réalité Karpovitch était étudiant il y a deux ans; s’il ne l’est plus, c’est qu’il a été exclu de l’Université, et pour éviter des châtiments plus graves, il avait franchi la frontière. De l’étranger, où il était en sûreté, il est revenu en Russie, sacrifiant délibérément sa vie. Voici ce qui me paraît caractériser la situation en Russie : à Moscou on a promené le drapeau rouge; sur le drapeau était écrit : Abolition de l”Oukase de

Maitre de conférences à la Faculté des Sciences de l’Université de Paris Nous lisons dans la Petite République datée du dimanche 24 mars le texte annoncé par Lapicque de la grande protestation russe. Nous reproduisons ce texte dixième cahier de la deuxième série Nous soussignés, hommes de lettres russes, privés de la possibilité d’exprimer librement nos idéessur les besoins de notre pauvre patrie, empêchés par la censure de parler de ce qui se passe sous nos yeux, d’indiquer une issue à l’épouvantable situation dans laquelle se débat notre société, conscients de nos devoirs envers le peuple, nous recourons à nos confrères étrangers pour mettre le monde civilisé au courant des atrocités qui se commettent chez nous. Le 17 mars, place de Kazan à Pétersbourg, la police se jeta sur une foule inoffensive et désarmée de plusieurs milliers de personnes, hommes, femmes et enfants, et sans aucune provocation se

mit à frapper avec une brutalité et une férocité sans

égales. Les cosaques, entourant la foule et l’empê- chant de circuler, chargèrent sans sommation la masse compacte, pour la plupart de curieux, frappant avec leurs fouets et écrasant littéralement les malheureux qui tombaient sous la poussée des

Les policiers-saisissaient au hasard les gens qui leur tombaient sous la main, les frappaient sans merci, à coups de poing ou de sabre. Ceux du public, même des officiers en uniforme, qui imploraient la cessation du carnage, étaient brutalisés ou même arrêtés.

Tels sont les faits dont plusieurs d’entre nous ont été les témoins oculaires. Des atrocités analogues ont été commises récemment dans d’autres villes de la Russie.

Pleins de terreur et d’angoisse devant l’avenir réservé à notre pays livré aux fouets de cosaques et aux sabres de sbires; f

Convaincus que notre indignation est partagée par tous nos confrères russes dont nous n’avons pas eu le temps d’obtenir la signature, par toute la société intellectuelle russe, par tous ceux chez qui n’ont pas encore été détruits les sentiments de dignité et d’humanité Convaincus également de ce que nos confrères étrangers ne resteront pas indifférents à ce qui se passe chez nous,

Nous faisons appel à la presse du monde entier pour donner le plus de publicité possible à la constatation des faits lamentables dont nous avons été

Marie WATSON, PIERRE WEINBERG, exprofesseur à l’Université de Pétersbourg; G.

dixième cahier de la deuxième série ‘4 l’Université de Pétersbourg; Gorky (ALExXIS à l’Université de Pétersbourg ; VLaprmim Lessevrrcn, professeur de philosophie l’Université de Pétersbourg ; MARIE LETKOv, femme de lettres; D. Manixe-Sipirrak, MixnaiLovsky, directeur de la revue Pétersbourg ; P. LesHAFT, professeur d’anatomie à l’Université de Pétersbourg.

Nous publierons dans un prochain cahier la supplique

de Milukov, la nouvelle protestation russe, le compte

rendu des réunions tenues au quartier.

Vient de paraître à la librairie Armand Colin Origines et Développement

Professeur à la Faculté des lettres de l’Université de Paris Ce livre est le premier en date qui mérite le nom d’histoire de la Révolution française. Extrait de l’avertissement Dans cette histoire politique de la Révolution fran- çaise, je me propose de montrer comment les principes de la Déclaration des droiïts furent, de 1789 à 1804, mis en œuvre dans les institutions, ou interprétés dans les discours, dans la presse, dans les actes des partis, dans les diverses manifestations de l’opinion publique. Deux, de ces principes, celui de l’égalité des droits et celui de la souveraineté nationale, furent le plus souvent invo- qués dans l’élaboration de la nouvelle cité politique. Historiquement, ce sont les principes essentiels de la ss Révolution. On les conçut et on les appliqua différem- Pa ment, selon les époques. Le récit de ces vicissitudes, voilà le principal objet de ce livre. En d’autres termes, je veux raconter l’histoire politique de la Révolution au point de vue des origines et se La conséquence logique du principe de l’égalité, c’est la démocratie. La conséquence logique du principe de la souveraineté nationale, c’est la république. Ces deux conséquences ne furent pas tirées tout de suite. Au lieu de la démocratie, les hommes de 1789 établirent un ré- gime censitaire, bourgeois. Au lieu de la république, ils organisèrent une monarchie limitée. C’est seulement le roaoûtr792 que les Français se formèrent en démocratie par l’institution du suffrage universel. C’est seulement le 22 septembre 1792 qu’après avoir aboli la monarchie ils se formèrent en république. On peut dire que la forme républicaine dura jusqu’en 1804, c’est-à-dire jusqu’à l’époque où le gouvernement de la république fut confié à un empereur. Mais la démocratie fut supprimée altérée profondément par une combinaison du suffrage

universel et du suffrage censitaire. On demanda d’abord à tout le peuple d’abdiquer ses droits en faveur d’une classe, la classe bourgeoise, et ce régime bourgeois, c’est la période du Directoire. Puis on demanda à tout le peuple d’abdiquer ses droits en faveur d’un homme, Napoléon Bonaparte : c’est la république plébiscitaire, c’est la période du Consulat. Cette histoire de la démocratie et de la république

pendant la Révolution se divise donc naturellement en la république, c’est-à-dire la formation des partis démocratique et républicain sous le régime censitaire, sous la monarchie constitutionnelle

Ces transformations de la cité politique française se manifestèrent par un très grand nombre de faits et dans des circonstances très complexes. — —

— — Les faits qui ont exercé une influence évidente et directe sur l’évolution politique, voilà… ceux qu’il faudra choisir pour y concentrer le plus de lumière. Les institutions, régime censitaire et régime monarchique, suffrage universel, constitution de 1793, gouvernement révolutionnaire, constitution de l’an III, constitution de

l’an VII, le mouvement d’idées qui prépara, établit, modifia ces institutions; les partis, leurs tendances et leurs querelles, les grands courants d’opinion, les révo-

  • lutions de l’esprit public, les élections, les plébiscites,
  • la lutte de l’esprit nouveau contre l’esprit du passé, des —. forces nouvelles contre les forces de l’ancien régime, de

l’esprit laïque contre l’esprit clérical, du principe rationnel de libre examen contre le principe catholique d’autorité, voilà surtout en quoi consista la vie politique de la France. D’autres faits eurent une influence, mais moins directe : ce sont par exemple les batailles, les actes diplomatiques, les actes financiers. Il est indispensable de ne pas les ignorer, mais il suffit de les connaître en gros et dans les résultats. — —

— — J’ai donc laissé de côté l’histoire militaire, diplomatique, financière. Je ne me dissimule pas que c’est là une abstraction qui peut paraître dangereuse, etque je m’expose au reproche d’avoir faussé l’histoire en la tronquant. Mais toute tentative historique est forcément une abstraction : l’effort rétrospectif d’un esprit ne peut embrasser qu’une partie de l’immense et complexe réalité. C’est déjà une abstraction de ne parler que d’une période, et, dans une période, de ne parler que de la France, et, dans la Révolution, de ne parler que de la politique. — — Il n’est pas, en histoire, de livre qui se suffise à lui-même, qui suffise au lecteur. Le mien, comme les autres, suppose et exige d’autres lec- Voilà comment j’ai choisi les faits. Voici dans quel ordre je les ai exposés.

L’ordre chronologique s’imposait, et j’ai pu le suivre strictement dans presque toute la première partie de ce travail. Il n’y avait, en effet, pour la période de 1789 à qu’à exposer, à mesure qu’elles se rencontrent, les manifestations des idées démocratiques et républicaines, en les plaçant dans le cadre de la monarchie constitutionnelle et du régime bourgeois. Pour les trois

bourgeoise, république plébiscitaire, il eût été difficile d’exposer à la fois, dans la même suite chronologique, les institutions, la lutte des partis, les vicissitudes de ‘ l’opinion publique. Ç’aurait été mettre dans le récit la confusion qui a existé dans la réalité, surtout pour la période de la république démocratique. J’ai cru devoir exposer tour à tour chacune de ces manifestations de la même vie politique, comme en plusieurs séries chronologiques parallèles. Je sais bien qué les vicissitudes de l’opinion publique et celles des institutions sont connexes, se trouvent dans un rapport continuel d’influence réciproque. Aussi ai-je montré cette connexité, toutes les fois que c’était nécessaire. J’ai tâché de faire voir que ces phénomènes divers n’étaient séparés que dans mon livre, et non dans la réalité, que c’étaient les aspects d’une même évolution. — — 1 thode ni de mon plan, j’espère qu’on aura du moins, quant à ma documentation, une sécurité, qui vient de la nature de mon sujet. Je veux dire qu’on n’aura pas à craindre qu’il m’ait été matériellement impossible de j connaître toutes les sources essentielles. Il n’en est pas de même pour d’autres sujets. L’histoire économique et sociale de la Révolution, par exemple, est dispersée en tant de sources qu’il est actuellement impossible, dans le cours d’une vie d’homme, de les aborder toutes ou même d’en aborder les principales. Celui qui voudrait écrire, à lui seul, toute cette histoire, n’en pourrait approfondir que quelques parties et n’aboutirait, dans ! lensemble, qu’à une esquisse superficielle, tracée de { seconde ou de troisième main. Pour l’histoire politique,

si on la réduit aux faits que j’ai choisis, il est possible di à un homme, en une vingtaine d’années, de lire les lois de la Révolution, les journaux influents, les correspondances, les délibérations, les discours, les procèsverbaux d’élection, la biographie des personnages qui ont joué un rôle. Or, voilà un peu plus de vingt ans que j’ai entrepris cette lecture. J’ai commencé, en 1879, par ÿ étudier les discours des orateurs, et, depuis quinze ans, he dans mon cours à la Sorbonne, j’ai étudié les insti- is tutions, les partis, la vie des grands individus. J’ai donc eu le temps matériel d’explorer les sources de mon sujet. Si la forme de ce livre sent l’improvisation, mes recherches ont été lentes et je les crois complètes dans l’ensemble. Je ne pense pas avoir omis une source importante, ni avoir émis une seule assertion quinesoit directement tirée des sources. — — — pa — — Quant à l’état d’esprit où je me suis trouvé en j écrivant ce livre, je dirai seulement que j’ai voulu, dans la mesure de mes forces, faire œuvre d’historien, et non pas plaider une thèse. J’ai l’ambition que mon travail puisse être considéré comme un exemple d’application de la méthode historique à l’étude d’une époque défigurée par la passion et par la légende. Pris dans nos bureaux ou franco Franco à domicile en province ou à l’étranger Seul ou dans une commande inférieure par exception, au lieu de 12 francs 10 francs Dans une commande égale ou supérieure Vient de paraître dans les éditions de la revue Pris dans nos bureaux ou franco Franco à domicile en province ou à l’étranger Seul ou dans une commande inférieure Dans une commande égale ou supérieure Livre indispensable. Des gens bien informés assurent que les deux principaux intéressés ont eux-mêmes établi deux ou trois cents pages du livre. Table des matières Mercier. le dossier secret. le bordereau. le huis clos. l’arrestation. le procès. à l’enquête. . la dégradation. la Libre Parole. la chute de Mercier. be. la capitulation de Mercier.

dixième cahier de la deuxième série de Une bibliothèque monumentaire de l’affaire Dreyfus ji est ainsi constituée : Ju Le Procès Zola devant la Cour d’assises de la Seine et la Cour de cassation (7 février-23 février; 31 marsavril 1898). Compte rendu sténographique in extenso et documents annexes. Deux volumes 10 francs l”Affaire Dreyfus. — La revision du procès à la Cour de cassation (27, 28 et 29 octobre 1898). Compte rendu sténographique in extenso. Un volume 2 francs; 5 l’Affaire Dreyfus. — La revision du procès. Enquéte s de la Cour de cassation. Instruction de la Chambre cri- Fe minelle. Instruction des Chambres réunies. Pièces an- l’Affaire Dreyfus. — La revision du procès. Débats de la Cour de cassation. Rapport de M. Ballot-Beaupré, conclusions de M. le procureur général Manau, mémoire ie et plaidoirie de maître Mornard, arrêt de la cour (29,30 et 31 mai, premier juin 1899). Compte rendu sténogra- i phique in extenso. Un gros volume 3 francs 50; ù l”Affaire Dreyfus. — Le procès de Rennes (7 août- di les Preuves, de l’ancien Jaurès 1 franc 50; k Histoire des Variations de l’État-Major, par quatre Joseph Reinach. Histoire de l’affaire Dreyfus Les douze volumes, dans nos bureaux ou franco

Vient de paraître à la Société nouvelle de librairie et d’édition, 17, rue Cujas, Paris

Pris dans nos bureaux ou franco Franco à domicile en province ou à l’étranger : Seul ou dans une commande inférieure Dans une commande égale ou supérieure Ce compte rendu a d’autres qualités et rendra d’autres services que le compte rendu sténographique non officiel de la version française en préparation aux cahiers.

Vient de paraître à la Société nouvelle de librairieet . Pris dans nos bureaux ou franco à n Franco à domicile en province ou à l’étranger : - Seul ou dans une commande inférieure Dans une commande égale ou supérieure Il est indispensable que les véritables militants aient ce livre. Ils y verront, sur une expérience déterminée, en quoi consiste l’unité formelle que l’on voulait nous faire.

Plusieurs désabonnés dédaignaient nos annonces, Nous annonçons les institutions où un honnête homme ordinaire peut collaborer. Nous ne demandons aux initiateurs de ces institutions ni leur avis ni leur finance.

Il n’est pas donné à tout le monde de démolir tout un gouvernement avec un morceau de carton. À tous ceux de nos abonnés qui veulent travailler modestement nous annonçons les organes et les moyens d’un travail modeste et moléculaire.

Nous ne pouvons annoncer avant que les institutions fonctionnent. Ce soin revient aux quotidiens. La plupart des institutions que nous annonçons nous paraissent assez durables pour que nous puissions les annoncer utilement en cours de route. Nous donnons ainsi des annonces plus exemplaires.

Autant que possible nous reproduisons les affiches

mêmes et les prospectus officiels des institutions. Il me sera permis de recommander personnellement

  • l’œuvre des Journaux pour tous, que j’accueillis avec empressement à la librairie Georges Bellais au temps où j’en avais l’administration.

dixième cahier de la deuxième série L’action des Journaux pour tous est moléculaire, en

ce sens qu’elle attaque un par un les citoyens qu’on lui ,

L’action des Journaux pour tous est d’éducation, en ce sens qu’elle fait lire aux personnes signalées des journaux et des publications qu’elles n’auraient pas lues d’elles-mêmes. ; L’action des Journaux pour tous est nouvelle ence sens qu’au lieu de propagander en vase clos elle atteint sans cesse de nouveaux citoyens soigneusement choisis parmi les non convertis convertissables. Enfin elle est d’administration et non de gouvernement. Des jeux de fiches bien tenus sont sa seule puissance. Elle ne sert qu’à donner la communication entre k des citoyens libres.

Le seul défaut de l’œuvre n’est pas de sa faute. Les f journaux qu’elle envoie ne sont pas parfaits. Mais ils valent beaucoup mieux que les journaux qu’ils sup- : ù

L’œuvre des Journaux pour tous présente l’occasion d’un exercice exact aux républicains sincères qui envoient les journaux. Dépenser régulièrement deux centimes une ou plusieurs fois par jour, copier régulièrement soi-même sur des bandes une ou plusieurs adresses par jour et mettre à la poste régulièrement constitue un traitement que l’on peut recommander contre la frivolité habituelle, contre la propension au bafouillage

Nous reproduisons d’abord l’affiche récemment composée pour cette institution

VOUS SAVEZ TOUS que la Croix estdistribuée gratuitement tous les dimanches dans tous les villages Que Le Petit Journal est le seul journal de Paris qui soit mis en vente régulièrement dans toutes les communes de France Que ces deux feuilles se valent et que la lecture en est dangereuse et funeste parce qu’elles répandent partout des renseignements incomplets, erronés ou

VOUS DÉSIREZ TOUS que la presse républicaine pénètre enfin partout pour dissiper l’ignorance et l’erreur, pour instituer la libre discussion.

NOUS VOUS OFFRONS un moyen pratique de collaborer à cette œuvre d’éducation en dépensant deux centimes par jour (1).

Quand vous avez lu votre journal, NE LE DÉTRUISEZ JAMAIS, mais envoyez-le à un camarade de province qui le lira avec joie et le fera lire avec fruit.

Pour cela, il suflit d’envoyer une carte postale avec votre nom, votre adresse, et le titre de votre journal ou de vos journaux au Secrétaire des ‘JOURNAUX POUR

TOUS”, 17, rue CUJAS (cinquième arrondissement). Il ,

ë vous fournira l’adresse d’un correspondant.

(1) Si des camarades de bonne volonté se voyaient forcés de renoncer à cette d légère dépense, qu’ils nous demandent des bandes toutes timbrées : nous les leur

M. Émile Boivin, l’infatigable secrétaire des Journaux pour tous, a bien voulu rédiger pour nous la notice que l’on va lire : SAENDES L’œuvre des Journaux pour tous est une œuvre dreyfu- » siste : elle a été entreprise au mois de mai 1809, alors. que M. Ballot-Beaupré préparait son rapport à la Cour . de Cassation, que le lieutenant-colonel Picquart était au Cherche-Midi, et que Déroulède passait en cour d’as- À ” sises. Elle est dreyfusiste, car elle a pour programme l’éducation politique des citoyens par la communication de la vérité, par la libre discussion. Elle ne se recommande d’aucun parti politique, mais de ce qu’il y a de sincère, de juste et de vrai en chacun d’eux. Les socialistes, les radicaux, les républicains collabo- F. rent ensemble à l’œuvre des Journaux pour tous, 4 comme ils ont collaboré à la défense de la justice et . de la vérité dans l’affaire Dreyfus. — En fait, l’œuvre des Journaux pour tous répand à la campagne le plus l grand nombre possible de publications de toutes sortes, 7 tous les journaux, toutes les revues, toutes les brochures, pourvu que ces publications soient propres et honnêtes. L’œuvre ne sert que de trait d’union entre des per- à sonnes; elle donne la communication entre ceux qui veulent envoyer leurs journaux après lecture et ceux qui veulent ou peuvent lire autre chose que le Petit ÿ Journal et la Croix. Elle a donc deux clientèles qu’elle A Paris et dans quelques villes de province, elle a recruté jusqu’ici 2.300 adhérents. Ces adhérents n’ont pas donné leur collaboration par complaisance ou par j

‘ enthousiasme momentané : ce sont des adhérents con_ vaincus et, sauf quelques rares exceptions, opiniâtres chaque jour ils font œuvre efficace de collaboration en écrivant une ou plusieurs bandes pour leur journal, en allant, au besoin, au bureau de poste; quelques-uns, méme, en lisant le journal pour y souligner ce qui leur semble intéressant ; ils entretiennent ainsi une discus- sion libre, une correspondance, rudimentaire mais régulière. Souvent cette correspondance imprimée s’achève en correspondances personnelles, privées; l’envoyeur et le destinataire lient connaissance, parfois se font visite et causent pendant les vacances. L’œuvre a ainsi réussi à créer « une habitude moralisatrice ». (1) Les destinataires des Journaux sont d’abord des instituteurs, cultivateurs, ouvriers qui ont connu l’œuvre par les revues pédagogiques, les journaux locaux, ou les relations personnelles, et qui, dans leur désir de s’instruire, se sont adressés directement à elle. (2) Le plus grand nombre de ces correspondants spontanés sont des instituteurs qui ont créé des associations amicales d’anciens élèves, des cours d’adultes, et qui n’ont rien à faire lire aux adhérents ainsi groupés. Il advient souvent que les journaux et les brochures envoyés à ces adresses passent dans tout le village. Que s’il y a (2) Une lettre entre mille « J’ai vu que vous envoyez des journaux gratuits pour tous. Si je vous écris, c’est que je ne suis pas riche et cependant je voudrais en lire pour savoir ce qui se es dans notre pays et ailleurs,

surtout pes notre République. Voilà donc : je vous prie FL vous } ayez la bonté de m’envoyer un de vos Fes Four De Je vous dirai sioge d je suis un ouvrier journalier, et cependant j’aimerais à lire, — Pas autre chose à vous ge er le moment, … « Agréez donc mes salutations. »

parmi ces demandeurs des avares qui ne sollicitent l’envoi que parce qu’il sera gratuit, l’œuvre ne peutni ne veut le savoir : mieux vaut donner en vain que de bi refuser à tort. Nous sommes assurés d’ailleurs que les abus sont peu nombreux. jt Une autre partie intéressante de la clientèle de cam- ne pagne est celle que l’œuvre va trouver d’elle-même, sans qu’ils aient rien demandé. Nous avons, un peu br partout, des agents de bonne volonté, simplement et spontanément choisis parmi nos correspondants fidèles ; À ces précieux collaborateurs se chargent de nous envoyer des listes de noms : pour que la liste soit bien faite et complète, il faut que chaque nom soit suivi de ren- re seignements utiles, exacts : lectures habituelles du (4 futur destinataire — le plus souvent Le Petit Journal ou un journal local, — état d’esprit, journal qu’il conviendrait d’envoyer à titre d’essai. On échoue quelquefois ; à souvent on ignore le résultat de la démarche; mais presque toujours le journal est accepté ; de là à le lire il n’y a qu’un pas; quelquefois on réussit tout à fait : j nous avons reçu des lettres d’où il apparaissait que la s lecture des journaux républicains avait été une révé- Autant que possible, l’œuvre engage ses collaborateurs à entrer en relations avec leurs correspondants c’est le meilleur moyen de rendre agréable et significa- à tive la tâche quotidienne. Elle y réussit très souvent elle peut se vanter d’avoir fait naître des amitiés véritables entre des hommes qui sans elle ne se seraient jamais connus. Aux bureaux de l’Œuvre même on reçoit chaque jour un courrier intéressant, plein d’une sympathie sincère,

venue de tous les coins du pays. Nos correspondants savent qu’ils parlent à des amis et nous content soigneusement tout ce qu’ils trouvent intéressant. Un cultivateur nous écrit du dernier orage, des gelées qu’il redoute; un instituteur nous écrit de la lutte qu’il soutient contre le curé; si l’on vient à ne plus recevoir de journaux, on a tellement pris l’habitude qu’on réclame purement et simplement, sans fausse honte

Ça m’étonne beaucoup de ne plus recevoir vos journaux voilà le dixième jour que j’en ai point reçu. Je ne comprends pas s’ils passent ailleurs ou si vous ne m’envoyez plus. Je vous remercie beaucoup de ceux que vous m’avez envoyés. Auparavant, j’avais beaucoup de visites de mes voisins : tous mes camarades venaient me voir pour s’instruire sur vos journaux, et maintenant que j’en reçois plus, personne vient me voir.

l’Œuvre compte environ 2.300 expéditeurs. Un très petit nombre de nos collaborateurs se fatiguent et renoncent. Plus de 7.000 personnes ont été ou sont encore desservies : 2.000 au moins attendent leur tour.

L’Œuvre a fait de très nombreuses distributions de livres ou de brochures, grâce à des donateurs Tolstoi. . Les temps sont proches … . Déclaration des Droits de l’Homme, … . Environ 20.000 brochures de Bouglé, Duclaux, Reinach, Havet, André Léo, Yves Guyot, Le Pic, Baggio, Fournière,

Elle a pris des abonnements de propagande au “à Radical, à l’Aurore, à la Petite République, au Petit ‘1 Bleu, au Paysan de France, au Réveil des Vosges, grâce à des collaborateurs qui préféraient la dépense re en bloc à l’effort quotidien. Des administrations de journaux ou de revues mettent d’elles-mêmes des abon ‘” nements à sa disposition : le Paysan de France, le Volume, les Cahiers de la Quinzaine. Enfin, par imitation et avec l’appui — au moins moral — du comité de ; id Paris, il s’est créé des sections des Journaux pour tous à Belfort pour le territoire de Belfort, à Saint. Claude pour le Jura, et à Chambéry pour la Savoie. ‘14 L’Œuvre des Journaux pour tous s’est développée . lentement, régulièrement; elle a marché pas à pas. Nous avons plus de confiance dans cette méthode, — N: que les circonstances nous ont d’ailleurs imposée, —que dans un essor impétueux et sans lendemain. La création du comité la Propagande socialiste est une application partielle du principe des Journaux pour tous. Le comité sera collaborateur des Journaux pour tous exactement au même titre que le lecteur de Petite République ou de l’ Aurore envoyant son journal à une adresse indiquée : c’est dire à la fois la liberté d’action de chacune des deux œuvres à l’égard de l’autre, et leur complète solidarité. F À Nous reproduisons d’après les journaux le programme ‘ de la Propagande socialiste. k Il importe de faire connaître les principes et la doctrine du socialisme, au moment où la lutte économique devient de plus en plus äâpre, et où le socialisme grandissant, s’il ne peut plus être nié, est calomnié. Il importe, avant tout, de les propager là où le Parti n’a pas d’adhérents, et on doiït dire qu’il n’y a pas moins de vingt départements qui, aux dernières élections législatives, n’ont pas rallié mille voïx

Voilà pourquoi un certain nombre de socialistes, ouvriers, étudiants, employés, se sont réunis, sans distinction d’organisation, et ont créé le comité « la Propagande socialiste », qui enverra des brochures de propagande dans toute la France, et en premier lieu dans les régions qui ont été, jasqu’à présent, les plus rebelles à nos idées. Ce sera, nous l’espérons, en même temps anéantir l’action de nos adversaires et frayer la route à notre parti.

Assurée de l’appui de l’œuvre « les Journaux pour tous », qui lui fournira des adresses et lui procurera des correspondants, « la Propagande socialiste » est certaine du suc- cès, si les camarades viennent à elle assez nombreux pour rendre son action eflicace. « La Propagande socialiste » fait appel à toutes les bonnes volontés socialistes, sans exception, sans distinction d’école.

La cotisation a été fixée à 25 centimes par mois.

Les assemblées générales qui auront lieu tous les mois décideront du choix des brochures; la commission exécutive réglera les affaires courantes.

Pour « la Propagande socialiste »:

N. B. — Envoyer les adhésions et les communications au ) citoyen Georges Weill, secrétaire, 9, rue des Feuillantines les souscriptions au citoyen André Hesse, trésorier, 24, rue des Halles.

« La Propagande socialiste » demande des correspondants

dans toutes les villes de province.

Au dernier moment l’ami qui nous a communiqué les renseignements suivants nous fait parvenir cette notice. pense avec raison que l’on ne connaît bien une œuvre Ë; “4 que si l’on connaît l’histoire des initiateurs. Notre ami René Bazin avait été embrigadé tout jeune dans des œuvres dont le but avoué est de faire « du bien à leurs membres en les exerçant aux œuvres de charité ». s’en évada et courut à ceux qui croyaient possible une vie morale sans fondement religieux, à Paul Desjardins, à M” Jules Lagneau. Il aima longtemps les longues causeries. Mais l’homme d’œuvres qui était en luis’éveilla. La morale sociale doit être active, nous dit-il, et il fonda, dans l’esprit de l’Union pour l’Action morale, la . Société des Visiteurs. Di. Ses amis du même âge n’ont pas oublié la conférence de propagande qu’il fit à l’École des Sciences politiques. M. Anatole Leroy-Beaulieu en combattit âprement les con- “#8 clusions. René Bazin n’y gagna qu’un seul collaborateur, un gentilhomme russe. ‘4 Depuis, sa vie fut d’une extraordinaire intensité. Les hommes sont exigeants et n’admettent pas qu’on se donne à moitié. Les miséreux lui prirent tout son temps, lui mon- ‘à trèrent toute leur misère. Bazin fut épouvanté. Il connut alors pourquoi l’instinct, qui ne trompe guère, avait empé- ché fes camarades d’École, riches et heureux, de collaborer - 744 avec lui. C’est que l’ignorance des misères humaines est le plus solide rempart du bonheur, de l’optimisme, et du libé- ‘2 ralisme économique. Vanterait-on la concurrence si l’on en avait vu de près les victimes? Ainsi René Bazin devint socialiste, non dans les salons, É mais dans les mansardes. Mais comme il était venu au socialisme par un sentiment profond de solidarité, il ne fut jamais un sectaire. Ses opinions et ses sentiments conduisirent sa vie même. Il ne voulut point passer riche parmi les pauvres, et appli- “4 quant ses principes jusqu’en leurs extrêmes conséquences, He: il vécut à peu près comme un ouvrier. Sa famille indignée a le combattit, ses chefs le méconnurent, ses amis le raiïllè- e. rent. Il ne se laissa pas entamer. Mais c’était un de ces cœurs de fabrique trop fine qui ont besoin de l’amitié de ce quiles entoure. Il mourut de chagrin le »5 octobre 1900, âgé de trente et un ans. Un ami nous avait communiqué cette annonce

rue de Lille Autorisée par Arrêtés du Préfet de Police en date des 19 février 1896 et 11 mars 1898

But. — L’objet de la Société est de préserver de la misère définitive : elle intervient en faveur de ceux qui ont besoin d’une aide temporaire pour échapper à l’indigence.

La Société laisse en dehors de son action tous ceux qui sont incapables de travailler et ne peuvent ou ne ( veulent vivre que d’aumônes.

Caractère. — La Société fait appel aux personnes soucieuses de remplir leur devoir de solidarité sociale, et qui ont reconnu l’insuffisance de l’effort individuel en matière d’assistance. Elle associe et organise les bonnes volontés dont elle multiplie ainsi la puissance.

Elle se tient en dehors de toutes questions politiques et religieuses.

Elle recherche la coopération des diverses œuvres et institutions publiques et privées.

Mode d’action. — La Société accepte tous les concours et sous toutes les formes. Elle se compose de membres Bienfaiteurs et de membres actifs ou Visiteurs.

Les Visiteurs voient à domicile les familles qui sont adoptées après enquête, ils apportent à chacune d’elles l’appui moral ou matériel reconnu le plus efficace, sans se cantonner dans un mode unique d’assistance : pla-

dixième cahier de la deuxième série cement, avances d’argent, dons de vêtements, recom- ‘1 mandations aux œuvres spéciales et aux diverses administrations, etc. Taie

Le secours pécuniaire est donné en principe sous la forme d’un prêt gratuit, aussi élevé que possible, accordé en vue d’un besoïn déterminé, et remboursable par acomptes. ‘2 Les Visiteurs se réunissent en groupes de quartiers; “4 un bureau central relie les groupes et gère les services Situation et résultats. — 1896-1900 : La Société Caisse de prêts gratuits. Familles adoptées depuis l’origine, … . Remboursements des prêts en 1899 : 1.234 fr.

ARTICLE PREMIER. — La Société a pour but de venir en aide à des familles qui, se trouvant dans l’impossibilité momentanée de subvenir à leurs besoins, sont reconnues susceptibles d’échapper, grâce à un appui temporaire, à la ARTICLE 2. — La Société fait appel à toutes les bonnes volontés. Elle se tient en dehors de toutes questions et de toutes opinions politiques ou religieuses. ARTICLE 3. — La Société se compose de membres d’hon- neur, de membres actifs ou visiteurs, de membres bienfaiteurs. ARTICLE 4. — Le fonctionnement de la Société repose essentiellement sur l’initiative et sur l’activité des Visiteurs. Chaque Visiteur se tient en relations amicales et suivies avec la famille qui lui est confiée ; il la voit à domicile, se rend compte de ses besoins et lui prête : 1° Un appui moral, sous forme de conseils, encouragements, renseignements, démarches et recommandations, 2° Un appui matériel, en lui procurant des ressources et du travail, et en provoquant en sa faveur des avances d’argent. Il est aidé dans sa tâche par le Groupe dont il fait partie, les services généraux et les ressources de la Société. ARTICLE 5. — Les Visiteurs se répartissent en Groupes locaux et autonomes, dont le champ d’action tend à se limiter au territoire d’un quartier. Chaque Groupe tient des séances périodiques pour S’entretenir des besoins des familles admises, prendre les déci-

dixième cahier de la deuxième série 74 te sions et voter les dépenses nécessaires. Il élit son bureau ‘ et arrête son règlement. : *] 138 Anrice 6. — Chaque groupe désigne des membres char: gés spécialement des enquêtes. Ces enquêteurs, conjoin nn tement ou non avec ceux des autres groupes, se réunissent en une ou plusieurs commissions, qui statuent sur l’admis- : 80e sion des familles. AS 44 Ne sont enquêtées, en vue de l’admission, que les familles présentées par un membre de la Société ou par les œuvres 1%

et associations avec lesquelles elle échange des services, 4

ARTICLE 7. — Les intérêts communs aux Groupes et la à direction générale de la Société sont confiés à un comité central composé des Présidents des Groupes et du Bureau le)

sident, qui représente la Société, un Vice-Président, un Se crétaire et un Trésorier. ne:

Il est élu par les Présidents de Groupes pour quatre ans ne et renouvelable tous les ans par quart. Les membres sor- 138 tants sont rééligibles. On ne peut être à la fois Président d’un Groupe et membre du Bureau de la Société. ‘5 Nul ne peut faire partie de ce Bureau s’il n’est Français, “2 j

majeur, et s’il ne jouit de ses droits civiques, civils et de ARTICLE 9. — Le Bureau de la Société, avec l’aide d’ad- “l joints choisis par lui, organise et dirige un certain nombre de services généraux mis à la disposition de tous les Visi- nn teurs en faveur des familles admises et qui sont notam- ‘4

Un service de relations avec les institutions d’assistance Un service de renseignements pratiques. 4 v:

Ressources de la Société ps 1° Les cotisations annuelles ou mensuelles des Visiteurs

3° Les subventions, dons et affectations spéciales 4° Le produit des ressources créées à titre exceptionnel

ARTICLE 11. — Les Visiteurs fixent eux-mêmes l’importance de leurs cotisations. Ils versent au moins 2 francs 1° Donateurs, qui versent au moins 20 francs par an, ou peuvent se racheter de toute souscription par un versement de 300 francs une fois effectué 2° Adhérents, qui s’engagent à fournir à la Société des ressources régulières, de quelque nature et de quelque étendue qu’elles soient, ou à lui rendre des services équivalents.

ARTICLE 13. — Peuvent recevoir le titre de Dames patronnesses les Dames qui prêtent leur concours à la Société pour les quêtes, loteries, ventes de charité, etc.

Assemblée générale. — Revision des Statuts

ARTICLE 14. — L’assemblée générale des membres de la Société se réunit une fois par an. Elle entend les rapports sur la situation morale et financière, approuve les comptes de l’exercice clos, et nomme deux Censeurs pour examiner ceux de l’exercice courant.

ARTICLE 15. — Les statuts sont votés par l’Assemblée gé- nérale. Ils ne peuvent être modifiés que sur la proposition du Comité central, ou du dixième des membres de la Société.

ARTICLE 16. — Les mineurs ne peuvent faire partie de la Société sans l’assentiment de leurs parents.

ARTICLE 17. — Le Président fera connaître à l’autorité compétente tous les changements survenus dans la composition du bureau et chaque année il lui adressera un compte rendu sur la situation morale et financière de la Société.

dixième cahier de la deuxième série - Anricie 18. — Nul ne peut assister aux réunions s’il n’a été reçu membre actif dans la forme prévue par les statuts. ARTICLE 19. — La Société devra se pourvoir d’une autorisa- tion spéciale pour chaque fête organisée par ses soins, à laquelle seraient admises d’autres personnes que les socié-
ARTICLE 20. — En cas de modifications aux statuts, ‘l:2 Société devra demander de nouveau à la préfecture de police l’autorisation prescrite par l’article 201 du Code pénal. . ARTICLE 21. — En cas de dissolution, la liquidation s’effec- +14 tuera selon les règles du droit commun. RE à M. Noyelet, secrétaire, adressera des imprimés de la Société à quiconque voudra bien lui en faire la demande. w Il se tient au siège social tous les jours, de dix heures & M midi et de deux heures à sept heures, à la disposition des personnes qui seraient désireuses d’obtenir des renseigne ments oraux sur le fonctionnement de la Société. ne Un visiteur a bien voulu rédiger pour nous la notice que l’on va lire. Il nous a promis pour plus tard de Si nouveaux renseignements et un bref historique.

Sous la présidence de M. Louis Havet, professeur au Collège de France, la société des visiteurs a tenu le dimanche 10 février son assemblée générale. La société des visiteurs « a pour but de venir en aide

à des familles qui, se trouvant dans l’impossibilité momentanée de subvenir à leurs besoins sont reconnues susceptibles d’échapper, grâce à un appui temporaire, à la misère définitive. » (Article premier des statuts) Elle laisse donc de côté toutes les misères chroniques, l’indigence permanente causée par la vieillesse, les maladies incurables, un gain insuffisant, etc. ; elle ne s’occupe que des misères aiguës, des souffrances causées par des crises passagères, suite de chômage, grève, maladies gué- rissables, etc. Elle n’ignore pas qu’il est presque impos- “LV sible aux ouvriers d’économiser dans les moments de prospérité assez d’argent pour pourvoir aux mauvais jours; qu’une fois la misère entrée dans un logis elle s’y as accroche et qu’il est souvent impossible de l’en chasser sans des concours extérieurs; que l’ouvrier convalescent, obligé de travailler, ne guérit jamais tout à fait; que le chômeur lassé de chercher de l’ouvrage se couche, un jour, comme un animal blessé; que ces malheureux perdent toute initiative, toute capacité d’efforts, se résignent aux salaires de famine, aux aumônes des œuvres cléricales, à la déchéance défini-

tive. Elle veut conserver à l’homme sa: dignité d’homme

et avant qu’il ne soit tombé elle l’aide comme un ami 4 3 aide son ami. Ne. Mais, dira-t-on : pourquoi ajouter une œuvre nouvelle à tant d’œuvres de charité, impuissantes à résoudre la question sociale? Vous avouez que vous ne pouvez rien faire pour les indigents et vous espérez améliorer. le sort des familles en état de crise. Allons donc!les efforts individuels sont vains ; la philanthropie n’a jamais sauvé personne et a tout au plus diminué l’énergie et les revenus des philanthropes. Employez tout le temps, tout l’argent que vous pouvez en de vains he efforts à étudier attentivement la vie ouvrière; créez des syndicats, des coopératives, demandez l’abolition ‘4 de la propriété individuelle, vos travaux, pour ne pas “ vous donner, comme la charité, des satisfactions immé- diates, au moins ne seront pas de nul effet. ‘4 f cela je répondrai que les visiteurs ne sont pas des be impassibles. Mais il ne leur est pas possible, en atten- M dant la révolution sociale, de déjeuner gaiement, dd passer au théâtre une bonne soirée, de causer même joyeusement avec des amis, sans être hantés par les misères qui à toute minute se sont dressées devant eux, F * s sans avoir le désir d’essayer de sauver au moins celui. que le hasard vient de leur jeter à la face, souffrant dans sa chair ou dans les siens. Ils ont individuellement essayé. L’expérience leur k démontra que de par le monde il existe encore quelques \00 petits fromages de Hollande; ils y gitèrent leurs amis malheureux. Mais ils s’y donnèrent beaucoup de peine, car ils avaient rarement dans leurs relations la relation “À y utile. Alors ils se syndiquèrent, et quand ils eurent mis leurs relations en commun ils réussirent quelquefois ; F et quand au lieu de dix ils furent cent, ils furent deux cents, ils réussirent presque toujours. Leur tâche est donc analogue à celle des syndicats et des coopératives. Ils s’efforcent de tirer, grâce à l’association, le meilleur parti possible de la société actuelle. Mais comment s’y prennent-ils ? Le visiteur se tient en relation amicale et suivie avec la famille dont il a pris la charge; il va la voir chez elle, lui donne des conseïls, des recommandations, l’aide dans ses démarches il lui prête sur l’honneur des sommes assez élevées, qui lui sont remises par le groupe ou section de quartier auquel il est aflilié. Quant aux renseignements dont le visiteur a besoin pour découvrir des emplois ou donner des conseils, il les trouve au bureau central où sont organisés divers services : 1° de relations avec les institutions d’assistance ; 2° de placements ; 3° de renseignements pratiques ; 4° un oflice de consultations et de renseignements médicaux et d’hygiène. Vainement on chercherait dans les autres œuvres un fonctionnement aussi simple et aussi heureux. Ce n’est certes pas dans les froides institutions organisées sur des bases administratives où un fonctionnaire assis derrière un grillage distribue maussadement de maigres pièces de monnaie ; ni dans les institutions confessionnelles qui prennent les jeunes gens à la sortie de l’école et les englobent, sous prétexte de charité, dans des œuvres de prière en commun. Dans ces dernières, hélas ! vont beaucoup de généreux qui, dès l’enfance, ont besoin de partager leur pain ou leur cœur avec les misérables. Combien de jeunes gens, presque incroyants, navons-nous pas vu entrer dans des œuvres confessionnelles parce que les républicains n’avaient pas su orga-

niser des foyers d’amour, et qui, resserrés peu à peu” 4 ï dans de discrets réseaux, rentraient doucement dans \ #4 le giron des Églises ; certes, la Société des Visiteurs peut se vanter d’avoir conservé à la République bien des jeunes gens qui jadis s’en fussent détournés faute de pouvoir dépenser leur sensibilité dans une œuvre Mais elle fait mieux que de les conserver à la Républi- M que. Beaucoup en arrivant à la Société des Visiteurs croient à la souveraine efficacité de la philantropie. Ils s’imaginent qu’il suflit, pour sauver un monde, de disperser pour autrui un peu de son superflu, un peu de ses. loisirs. Mais quand ils ont fréquenté dans les tristes He logis des ouvriers, quand ils ont comparé ces doulou- 1 ÿ reuses existences avec leur vie trop facile, et sans insécurité; quand ils ont assisté aux séances de nos ‘12 commissions d’enquête où nous sommes obligés de refuser les familles nombreuses parce que seul l’Étatou des établissements publics pourraient soulager de telles 54 3 infortunes, ils s’inquiètent, s’irritent, etc.; de grands problèmes sociaux, ignorés jusqu’alors, se dressent impérieux et menaçants devant eux. Ils sont conquis. Selon leur tempérament ils deviennent socialistes aigus ou modérés, mais aucun ne reste bourgeois. C’est pourquoi nous disons aux socialistes : Entrez la Société des. Visiteurs ; vous y trouverez le moyen d’aider vos amis malheureux; envoyez-nous surtout ceux de vos amis que vous n’aurez pu convaincre par fe: vos plus habiles arguments: Nous en ferons des … M

Paraissant le premier et le 15 de chaque mois Ÿ BELGIQUE : Bruxelles, 14, rue du Béguinage Le Mouvement Socialiste paraît deux fois par mois, en une forte livraison de 64 pages. Il est avant tout une revue concrète et d’actualité, indispensable à tous les militants socialistes, qui peuvent y trouver les renseirue d’ordre théorique et pratique nécessaires Le Mouvement Socialiste publie : 1° des articles d’exposition et de discussion théoriques, et des études sur l’évolution et la constitution du socialisme dans les divers pays; 2° des articles d’actualité générale et socialiste ; 3° des articles sur la tactique et l’organisation socialistes ; 4° des études de législation ouvrière; 5° des correspondances sur la situation potins et socialiste dans les divers pays; 6° des articles de critique littéraire, artistique et musicale; 7° des études d’économie sociale; 8 des monographies de Syndicats, de Coopératives, de Bourses de Travail, des enquêtes sur l’action des Municipalités socialistes, la situation de l’agriculture, etc. ; 9° une revue critique des œuvres d’économie, d’histoire, de philosophie, etc., qui paraissent; 10° un index bibliographique donnant un compte rendu, succinct mais suflisamment complet, des livres et des revues de France et de l’étranger. Le prix minime du Mouvement le rend accessible toutes les bourses, et il se recommande aussi par son Pour faciliter la propagande, l’Administration fait de notables réductions aux groupes ouvriers qui s’enpre à prendre régulièrement un nombre déterminé Envoyer un mandat postal à la Société Nouvelle de Librairie et d’Édition,

Secrétaire de la Direction: Émile Société nouvelle de Librairie et d’Édition De Secrétaire de rédaction : Jean LONGUET

depuis sa Fondation

René Arot (la Martinique). — Docteur V. Augagneur H. Hanriot (Le Havre). — Jean Jaurès (Paris). — Hubert Monod (Paris). — Anatole de Monzie (Paris). — A. Morizet — Fernand Pelloutier (Bruyères-de-Sèvres). — Eugène Petit (Paris). — Francis de Pressensé (Paris). — Ponard (SaintClaude). — P. Poux (Paris). — Docteur Rappoport (Paris).

dixième cahier de la deuxième série bart (Paris).— Georges Sorel (Boulogne-sur-Seine). — Sopgue j (Bruxelles). — Louis de Brouckère (Bruxelles). — Auguste (Bruxelles). — Emile Vandervelde (La Hulpe). — Gaston a Max Quark (Francfort-sur-le-Mein). — Paul Singer (Berlin). (Vienne). ne ITALIE. — L. Bissolati (Rome). — Ettore Ciccotti (Milan). Articles de théorie ou de tactique ADLER : Théorie et tactique d’après Bernstein. — BELFORT À Bax : Bernstein et la théorie socialiste de l’histoire. —

“ Berxsren : Des forces de la Démocratie industrielle. — Démocratie industrielle et démocratie politique. — Démocratie et socialisme. — ÉnouarD BERTH : À propos de la lutte de classe. — Pauz DramaAs : Le cas Millerand, — Excecs : Lettres inédites sur la politique socialiste. — A. GRAZrADEI : La théorie du profit (réponsê à Jaurès). —

J. Gozpsreix : La question de la dépopulation en France. — JEAN Jaurès : Bernstein et l’évolution de la méthode socialiste. — La leçon des fêtes de Bruxelles. — Karr Kaursky : Démocratie et lutte de classe. — Jaurès et Mille- rand. — Le cas Millerand et le socialisme français. — Huserr LAGARDELLE : Le socialisme et l’affaire Dreyfus. — propos des Universités populaires. — Le parti socialiste et la crise. — Rosa LuxemBurG : Le cas Millerand, — Karz Marx : La Commune. —Marcez Mauss : L’action socialiste. — Louis Réveunx : La liberté de l’enseignement. — ÉMILE VAXDERVELDE : La décadence de la propriété personnelle. Histoire et organisation des partis socialistes Enquête sur l’organisation intérieure des partis socialistes Braux. — Le parti socialiste allemand. BissozATI. — Le parti socialiste italien, IGzesras. — Le parti socialiste espagnol. à VANDERVELDE. — Le parti socialiste belge. ñ TrogLsrrA. — Le parti socialiste hollandais. ApLEr. — La Démocratie socialiste en Autriche. F5 ELrLcexpoGex.— Le parti socialiste autrichien. eo BorGB3ERG. — Le parti socialiste danois.

dixième cahier de la deuxième série

A. BrAux : Le prétendu « Caporalisme » des socialistes allemands. — PAuz FAucoxxer : Les débats sur la tactique au congrès de Hanovre. pe:

CorneLissex : Le socialisme en Hollande (réponse à Vliegen).…

L’unité du parti ouvrier anglais. — QueLcu : L’organisation ] unitaire du socialisme anglais. — A propos de l’unité du

RENÉ Aror : Le socialisme aux Antilles.

GEORGES FauQuET : L’organisation du parti socialiste et les syndicats. — JEAN JAURÈS : L’unité socialiste. — PniLIPPE Lanprtœu : Les fédérations départementales. — W. Lies KNECHT : Soyons unis. — HUBERT LAGARDELLE : Pour l’unité socialiste. — Le congrès national du socialisme français. — L’œuvre du congrès. — Le congrès socialiste international.

— Vers l’unité. — La lecon de la conférence Guesde-Jaurès. congrès de l’unité socialiste. — Le second congrès du parti socialiste français. — MarcEez Mauss : L’union et la question ministérielle. — Ponarp : Réflexions d’un militant ouvrier avant le congrès national de 1900. — RÉVELN : Le congrès général du parti socialiste. — L’œuvre du congrès national. La Politique à l’Étranger Louis BERTRAND : La Banque nationale en Belgique. — P. La CnEsnais : Remarques arithmétiques sur les élections - belges. — AuGusTE DEWINNE : Le nouveau régime électoral belge. — Les alliances électorales et le parti ouvrier belge. — Le résultat des élections en Belgique. — ELLENBOGEN L’antisémitisme à Vienne. — Orro Pour : L’antisémitisme et les élections municipales à Vienne. — Errore CIcco®rt L’unité italienne. — G. PixARD1 : Les élections italiennes: — Jean Deck : La situation en Finlande. — Issayey « Les finances russes. — PABLo IGzesras : Les élections législatives en Espagne. — Marcez Mauss : La guerre du Transvaal.

  • Supexum: La justice de classe en Allemagne. — PoPoviTcx Situation économique de la Serbie. — Rivière : Les Trusts

Max ALBERT : L’Inspection du travail en France. — ouvrière en Allemagne. — E. Briar : Congrès de la Prud’homie, — Pau DramaAs : La loi du 9 avril 1898, sur les accidents du travail. — FAUQUET : La réduction de la journée de travail. — Le congrès international pour la protection légale des travailleurs. — HiLFERDING : L’Inspection du travail en Autriche. — HuBERT LAGARDELLE : La nouvelle loi sur la durée du travail. — ANATOLE DE MONZIE Le droit ouvrier.— Les conseils de l’Industrie et du Travail en Belgique. — Les conseils du travail en France. — MARIUS Mourter : La réforme de la loi sur les syndicats : le projet Waldeck-Rousseau-Millerand.— Rivière : La législation du travail en Australie. — L’industrie à domicile.

Danemark. — La fin du lockout danois. — Brrar : La bourse du travail de Paris. — Le syndicat des ouvriers en instruments de précision. — Apozr BRAUN : Les syndicats allemands. — Coupar : L’union des ouvriers mécaniciens

de la Seine. — Vicror Dazce : Les employées et leur congrès. — Dewinxe : La question syndicale en Belgique. — Euro : Grève générale des mineurs belges. — Pau Fauconxer : Les secrétariats ouvriers en Allemagne. — fédération des Bourses de Travail. — GuérARD : La Confé- dération du Travail. — À. Hameznx : La fédération française des travailleurs du livre. — H. Haxrior : Les employés de magasin au Havre. — Le mouvement ouvrier au Havre. — d _ HixrerpiNG : La grève générale des mineurs autrichiens. dixième cahier de la deuxième série Laporte : Les travailleurs de la voie ferrée. — Deux congrès des travailleurs de chemin de fer. — JEAN LoNGuer Le congrès international des mineurs. — Norrt : Organisation des ouvriers et employés de chemins de fer en Italie. — A. Ocrors : Les Dockers belges. — Le premier congrès fédéral des Bourses du Travail. — La fédération des Bourses du Travail et ses congrès. — Réven : La grève de Calais. — Rivière : La crise de l’industrie textile. — MAXENCE Rozpess : Les grèves du Creusot et de Montceau-les-Mines: HAERT : La fédération des ouvriers gantiers et ses congrès.

Émize Aumerr : La verrerie ouvrière d’Albi. — ANSRELE La coopération et le socialisme. — Bocx : La coopérative « l”Abeïlle suresnoiïise ». — DEewinne : La coopération en Belgique. — XAVIER GuILLEMN : L’Avenir de Plaisance. — rique. — Marcez Mauss : Le congrès des coopératives socialistes. — Samson : La coopérative « l’Union de Lille ». Socialisme et militarisme Russie. — Pauz Fauconwer : La réforme militaire. — GaAsTON VANDERMEEREN : La propagande antimilitariste en Belgique. BRuNELLIÈRE : L’agriculture dans l’ouest de la France. — Huserr LAGARDELLE : Le programme agraire du P.O:F: jugé par le P. O.F. lui-même. — VANDERVELDE : Influence des villes sur les campagnes : le Limbourg et Anvers, la province de Liège. — Les villes tentaculaires. — Le recensement agricole en Belgique. — VLmGEn : La question

CraBrouIzLAUD : L’œuvre de la municipalité socialiste de Roubaix. — Maurice CHARNAY : L’action socialiste au conseil municipal de Paris. — Le gaz à Paris. — GHESQUIÈRE La municipalité de Lille. — HuBerT LAGARDELLE : Les élections municipales et le parti socialiste. — MARPAUx L’œuvre de la municipalité socialiste de Dijon. — SINGER L’action socialiste au conseil municipal de Berlin. — EMILE VINcr : Le socialisme municipal en Belgique. Docteur V. AuGAGneuR : Les vraies causes et les vrais remèdes de l’alcoolisme. — L. GraAux : Les habitations ouvrières. — Maurice LAUZzEL : L’alcoolisme. — ANDRÉ SPrRE : Le budget d’un alcoolique. — Docteur VERHAEGHE Le parti socialiste et la lutte contre l’alcool. — La lutte contre l’alcool. E. Berru : Le socialisme et M. Faguet. — MARCEL LANDRIEU : La concentration des forces ouvrières dans l’Amé- rique du Nord.— A. Lévy : Réponse de Kautsky à Bernstein. Les industries monopolisées aux États-Unis. — La Pré- voyance sociale en Italie. — La participation aux béné- Arts et littérature Henry BAUER : Critique littéraire. — Bouran : L’Anneau d’améthyste, d’Anatole France. — DE BrouckèrE : Le socialisme et les intellectuels. — Emize Buré : Chroniques dramatiques : En Paix. — Le Ressort. — La Robe rouge. — La Poigne. — Desnars : Art et socialisme. — Les Façades, — Corot et les impressionnistes. — J. Dazou : L’art à l’Exposition. — ANATOLE FRANCE : Science et prolétariat. — A. Feromwanp HéroLp : Henry Becque. — Le fruit d’immor- talité (nouvelle). — JEAN Jaurès : L’art et le socialisme. —

dixième cahier de la deuxième série Manrivs-Ary LeBLoxp : Résurrection, de Tolstoi. — La char- pente, de J.-H. Rosny. — Maurice MAGRE : L’adieu du wer- À rier (vers). — Le mineur (vers). — Octave MIRBEA& : Scru- $L pule (nouvelle). — Wiczram Morris : Une lecon de roi és (nouvelle). — CHaRLes PÉGux : Les récentes œuvres de Zola. j GxAUD : De la constitution d’un théâtre populaire. — Hymne au jour (vers).

Mar BoxnevraL : Le congrès de la condition des droïts de la femme. — Cu. Boorx : Les clubs ouvriers à Londres. — Joserx Boucer : Le congrès des étudiants et anciens étudiants socialistes. — Vicror CHARBONNEL : Les jeunes catholiques et l’action sociale. — HuBERT LAGARDELLE : A la mémoire de Liebknecht. — BerNarp Moxop: Les réfugiés politiques en Angleterre. — SoreL : L’économie politique à l’Exposition. — SORGUE : Aline Valette. — EmIxE VaxDERVELDE : La nouvelle maison du peuple de Bruxelles.

« Nous répétons pour nos nouveaux abonnés ce que nous avons déclaré dès le commencement : que nous. n’avons pas institué nos cahiers pour donner sur le. mouvement socialiste les nouvelles simultanées complètes et les renseignements rigoureusement contemporains. Pour se tenir au courant du mouvement sotialiste à mesure qu’il se meut, on doit s’abonner au

Paraît le 10 de chaque mois Éditeur : Société d’éditions artistiques et littéraires, s Extrait des collections — Henri HENE. — Les Femmes de Shakespeare. 1891 HENRY BECQUE. — Hamlet et les chroniques de — Taéopore REINAcCH. — L’Hymne d’Apollon. 1897 Maurice PoTtEcHER. — Le Drame populaire. 1899 Tozsror. — Le premier Bouilleur. — RoBErT BRUSSEL. — Emmanuel Chabrier et le Rire — GÉRARD HAUPTMANN. — Avant le Lever du Soleil.

dixième cahier de la deuxième série — Eucène Morer. — Projet de Théâtres populaires. Récemment réorganisée, la Revue d’Art dramatique Hexry Lyonner. — Le Théâtre hors de France. Italie. ‘ Henry Lyonner. — Lettres inédites de Verdi. SuarÈs. — L’Amour et la Volupté au théâtre. Théâtres. Compte rendu et analyse des pièces jouées sur les théâtres du monde entier. Nous ne pouvons demander à nos amis de s’abonner cette Revue comme nous leur demandons de s’abonner au Mouvement Socialiste. Mais nous leur demandons instamment d’y faire abonner les bibliothèques. La Revue d’Art dramatique a beaucoup à faire. Le retentissement d’une pauvreté misérable comme l’Aiglon fait voir que le public des représentations théâtrales est au moins aussi abruti que les autres publics bourgeois. Un camarade nous communique cette annonce Libraires de l’Institut Pasieur de Paris, de l’Institut Pasteur de Lille, de l’École Normale supérieure, du Ministère du Commerce, du Laboratoire d’Évolution des Êtres organisés, des Laboratoires de Botanique et de Chimie physique (Sorbonne), des Bibliothèques universitaires de Paris, Caen, Rennes, etc.

La Société Nouvelle a été formée il y a un peu plus d’un an par des hommes désireux d’être utiles au travail intellectuel et à l’éducation populaire. Ils ont mis en commun, sans arrière-pensée d’intérêt personnel, leurs bonnes volontés et leurs ressources : les statuts de la Société stipulent que, sous réserve d’un faible intérêt attribué au capital social, les bénéfices seront tout entiers consacrés au perfectionnement et au développement de l’entreprise, et à la diffusion d’ouvrages de valeur scientifique irréprochable, et de doctrine sociale à la fois rationnelle et généreuse. La Société peut donc sans scrupule faire appel à la bienveillance de tous les hommes préoccupés de justice et de vérité, de tous ceux qui doivent professer une sympathie eflicace pour une œuvre de coopération désintéressée.

  • La Société peut mettre aujourd’hui à la disposition

du public des services de librairie bien organisés, et

qui fonctionnent avec toute la précision, la rapidité et le bon marché désirables.

  • Elle est én mesure d’exécuter aux meilleures condidixième cahier de la deuxième série tions tous les ordres relatifs aux publications françaises, . aussi bien littéraires et courantes que scientifiques et “4 techniques. Elle fournit les livres français avecles remises usuelles sur le marché parisien, sans frais sup- “À plémentaires de commission, le port seul étant à la charge du destinataire, sauf pour les commandes supé- Fe rieures à 30 francs, qui sont expédiées franco à Paris et en province. Elle exécute sans frais les abonnements Les agents que la Société possède aujourd’hui à Madrid, à Bruxelles, à Amsterdam et à New-York, la mettent en mesure d’exécuter promptement et au meilleur compte toutes les commandes de livres étrangers. Sauf pour les livres américains, russes et espagnols, qu’il est impossible de vendre au-dessous des prix marqués, tous les livres étrangers sont vendus avec des remises qui varient selon le pays d’origine et selon l’importance de la commande. Port à la charge du destinataire, sauf pour les commandes supérieures francs, qui sont expédiées franco à Paris et en province. Abonnements aux périodiques exécutés sans La Société met à la disposition du public, pour tous les ordres de recherches, pour la constitution de bibliothèques, pour tous travaux bibliographiques, un service gratuit de renseignements. “ES La Société s’offre à exécuter pour les particuliers, pour les bibliothèques, les cercles, sociétés, groupes, le service délicat de la fourniture d’office des nouveautés. Sur leur demande et dans les limites des ressources régulières qu’ils pourront y affecter, elle fera pour ses

clients un choix hebdomadaire ou mensuel des nouveautés les plus importantes de la production littéraire ouscientifique. Les services de cette nature qu’elle rend déjà à des bibliothèques étrangères sont un garant du soin scrupuleux qu’elle apportera à cette mission de Les commandes et demandes de renseignements Directeur de la Société Nouvelle de Librairie et d’Édition Aucun dissentiment, si profond qu’il soit, ne nous empéchera d’annoncer les institutions voisines. Jamais nous ne boycotterons des camarades. Jamais nous nétoufferons nos adversaires. Mais nous énoncerons toujours leur travail avant de le critiquer. Je suis assidäment, au moins les jeudis et les samedis, et je me permets de recommander que l’on suive assidû-

  • ment les cours de l’école socialiste instituée récemment par les actionnaires de la Société nouvelle.

installée à l’Union Moufjetard, université pop re du.

connET, agrégé de l’Université; LucIEN HERR, agrégé de l’Université; HuBerr LAGARDELLE, directeur dus LonquEr; Marcez Mauss, agrégé de l”Univer sité; Encarp MicnAu », agrégé de l’Université; EUGÈNE Penir, docteur en droit; ABEL REY, agrégé de EU ni- versité; FRANÇOIS Smmranp, agrégé de l’Université. Les cours de l’École socialiste s’adressent à tous ce ux ï] qui veulent entreprendre ou poursuivre leur éducation Ils ne sont pas faits pour satisfaire des curios tés vaines ou pour entretenir de vagues sympathies; is) veulent préparer à une action socialiste effective et L’enseignement aura un caractère scientifique. #4 Hé Le programme de la première année comporte q natre séries de leçons ayant pour objet : “URSS 1° L’Histoire des doctrines socialistes; LR L’Organisation des partis socialistes français et L’Organisation économique (coopératives, SYndEN Le Le programme sera, d’année en année, él A bte

Le Lundi à 9 heures du soir s COOPÉRATIVES ra » 111 février L Histoire du mouvement coopératif. . > » 925 février I. Nature des diverses institutions coopé-

  • 3 4 mars II. Le fonctionnement des coopératives de mars IV. L’organisation fédérale. — Coopérative et socialisme.

5° 18 mars I. Les formes d’organisation économique et le syndicat professionnel. 6° 25 mars IL. Structure syndicale et fonction syn-

7° 15 avril III. Les buts syndicaux. nu 822 avril IV. Les méthodes syndicales. 9° 29 avril V. La fonction syndicale dans la démocratie d

12° 20 mai IL. Budget communal.

février I. La formation historique du Parti. 2 21 février IL. Les éléments d’organisation et les di- ü verses formes d’action et de propa- ka 4 7 mars IV. Le mouvement politique dans ses rapports à avec le mouvement syndical et coopé-

dixième cahier de la deuxième série 5° 21 mars I. Histoire et programme du Parti. 6° 26 mars Il. Les diverses formes d’organisation et de 9° 25 avril I. Depuis la Commune jusqu’en 1889. 10° 2 mai IL. Depuis 1889 jusqu’au Congrès de Paris. 11° 9 mai II. Le Congrès de Paris et l’Unité socialiste. 7° 30 mars Karz Marx : I. La plus-value. 9° 27 avril — II. La rente foncière. Les Samedi 25 et Jeudi 30 mai à 5 heures 1/2. Les cartes d’entrée sont délivrées à la Société NouVELLE DE LIBRAIRIE ET D’ÉDITION, 17, RUE Cuyas. Elles peuvent étre demandées par correspondance. Elles sont délivrées moyennant une cotisation fixée, pour les quatre mois, à 2 francs, payables facultativement par quarts. Ce cahier a été composé par des ouvriers syndiqués

ra Nous prions ceux de nos abonnés qui nous envoient ] s des documents et des renseignements de vouloir bien écrire très lisiblement et d’un seul côté de la page. Quand leurs études sont d’ensemble et un peu longues, k ils peuvent les rédiger. Mais toutes les fois qu’ils nous envoient des renseignements pour ainsi dire instantanés, mieux vaut nous écrire privément et laisser au citoyen rédacteur le soin d’exercer son métier. La rédaction et l’administration des cahiers, la librairie des cahiers sont installées 16, rue de la Sorbonne, au second. k M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, reçoit pour l’administration et pour la librairie tous les jours de la semaine, le dimanche excepté, — de huit heures à onze heures et de une heure à sept heures. M. Charles Péguy, gérant des cahiers, reçoit pour la rédaction le jeudi soir de deux heures à cinq heures. “ Par exception pendant les vacances de Pâques M. Péguy reçoit le jeudi de huit heures à onze heures et de une heure à sept heures. Adresser à M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, 16, rue de la Sorbonne, Paris, la correspondance d’administration et de librairie: abonnements et réabonnements, rectifications et changements d’adresse, cahiers manquants, mandats, indication de nouveaux abonnés. N’oublier pas d’indiquer dans la correspondance le numéro de l’abonnement, comme il est inscrit sur l’étiquette, avant le nom. Adresser à M. Charles Péguy, gérant des cahiers, 16,rue de la Sorbonne, Paris, la correspondante de rédaction et d’institution. Toute correspondance d’administration adressée à M. Péguy peut entraîner pour la réponse un retard considérable. Nous avons pu reconstiluer avec nos retours quelques premières séries complètes. Nous les vendons au prix d’un abonnement ordinaire. Nous ne les vendons qu’à nos abonnés. Nous avons donné le bon à tirer après correction pour seize cents exemplaires de ce dixième cahier le jeudi

des Cahi Nos anciens abonnés savent et nos nouveaux abonnés noteront qu’avec le tirage où nous avons atteint nous pourrions vendre un assez bon prix la publicité de nos Mais nous sommes résolus à ne nous vendre sous aucune forme. Aussi annonçons-nous les publications, les institutions “4 et Les œuvres qui nous paraissent bonnes, sans demander aux éditeurs, aux initiateurs, aux gérants ni leur avis 2 5 ni leur finance. Nous pensions d’abord faire tout un cahier d’annonces; mais nous avons dû faire place dans ce dixième cahier à la propagande universitaire pour les étudiants russes. Nous publierons dans les prochains cahiers les annonces qui nous restent sur le marbre.