Vraiment vrai
où Mon cher Péguy, 44 J’ai le plaisir de vous annoncer la naissance des Cahiers La politique est une belle chose. IL est noble et beau
- d’être radical socialiste, d’organiser des réunions éleetorales, de rédiger des programmes, de fonder des comités pour soutenir une candidature. De bonnes polémiques personnelles ont aussi leur agrément et quand les adversaires se sont réciproquement couverts de boue, c’est un beau spectacle. Le seul ennui, c’est que tout cela ne fait peut-être pas avancer les choses. Un certain nombre de jeunes gens se faisaient ces réflexions. Ils auraient préféré au tintamarre électoral une propagande persévérante et désintéressée qui n’eùt exposé que des idées et des faits, qui eût plus visé à l’éducation _ morale qu’aux succès de scrutins. Ils pouvaient longtemps se faire à eux-mêmes toutes ces sl réflexions. Une action commune leur était impossible : ils (a me se connaissaient pas. gi Il s’est trouvé un homme qui les a mis en rapport, qui à ” s’est dit : « Ces jeunes gens s’ignorent, il faut les présenter 10 les uns aux autres. » \8 Il nous a donc envoyé à tous des cartes d’invitation, . appelées je crois convocations, et nous a réunis. HR Cet homme, c’est le commandant de recrutement de Ke Nevers, qui convoqua ses réservistes pour leur faire faire 1 madame Garnier, que huit ou dix Nivernais, hommes —_ d’études et de bonne volonté, firent connaissance. Ils _ s’aperçurent qu’ils avaient des idées communes, des ten- ‘# dances pareilles. Ils regrettèrent de ne s’être pas connus K plus tôt, mais convinrent du moins de ne pas se perdre de th vue, et d’essayer d’agir ensemble. ‘(ah Pendant une marche-manœuvre dans laquelle je remplissais avec honneur et fidélité les importantes fonctions ee d’homme de communication, l’idée me vint de fonder ici
1 Deux amis qui à l’école de section se trouvaient être file de base réfléchirent à l’idée, l’approuvèrent, et ce fut placés en grand garde que l’idée définitivement adoptée, nous passämes à l’exécution.
Une collecte fournit les premiers fonds, — et voici ce qui fut décidé Nous fonderons une petite revue, mensuelle du moins au début, rédigée par des Nivernais, traitant les questions générales au point de vue local, et s’adressant à nos compatriotes.
En dehors de la Nièvre, nous nous adresserons aux Nivernais socialistes, libertaires, ou simplement indépendants, que leurs occupations ont amenés à quitter le pays.
Dans cette revue, nous étudierons les conditions du travail dans le Nivernais, et commencerons par des monographies sur les divers syndicats. Nous essaierons de mettre un peu d’entente parmi les bonnes volontés qui s’occupent te ici d’enseignement populaire. Enfin, tous très épris de notre pays, nous essaierons, si cela est possible, de redonner un peu de vie intellectuelle à la région. — Il sera interdit de s’occuper de politique locale. En ce qui vous concerne, je vous demande, au nom de mes camarades, si vous nous autorisez à vous emprunter le nom des cahiers, et à publier des Cahiers Nivernais. Ce nom est parfait, mais, bien entendu, nous en choisirons un autre si cet emprunt vous ennuyait.
Pour nous aider à retrouver les Nivernais de Paris qui peuvent nous aider — ne füt-ce que de leur sympathie — nous vous prions de les adresser à M. Dunois-Catonné, rue de Paris, à Nevers, secrétaire de la rédaction.
È M. Emmanuel Defert, 45, boulevard des Batignolles, va se mettre en relations avec le Groupe des Nivernais de
5 Nous souhaitons que les cahiers nivernais naissent et se vivent justes, vrais, utiles, prospères, libres, qu’ils travaillent solidairement avec nous, mais qu’ils soient libres de nous aussi.
À Ce cahier a élé composé et tiré au tarif des ouvriers syndiquës
Bee Le: prix de nos abonnements ordinaires est à peu près _ égal au prix de revient; le prix de nos abonnements de _ propagande est donc très sensiblement inférieur au prix _ de revient. DENT: Nous envoyons éventuellement nos cahiers à qui nous — Les demande. — Nous envoyons pour soixante centimes renseignements nécessaires.
_ Nous acceptons que nos abonnés paient leur abonne- ee. —_ mentpar mensualités de un ou deux francs. À Fat M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, FE reçoit pour l’administration et pour la librairie tous 5 les jours de la semaine, le dimanche excepté, — de ù ÉE huit heures à onze heures et de une heure à sept À M. Charles Péguy, gérant des cahiers, reçoit pour … La rédaction le jeudi soir de deux heures à cinq heures. à