IV-17 · Dix-septième cahier de la quatrième série · 1903-06-05

Affaire Dreyfus. Débats parlementaires

Charles Péguy

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| NSSSS paraissant vingt fois par an UE

8, rue de la Sorbonne, au rez-de-chaussée

RS Sur les documents, renseignements, contributions, |

Ro Use les travaux et les œuvres concernant l’affaire Drey fus |

3 publiés dans les trois premières séries des ca iers, se |

: Sixième cahier de la quatrième série, cahier de cour- … |

rier, courrier de Paris, invéntaire des cahiers, en forme

de catalogue, un cahier de 72 pages, un franc

Vient de paraître chez Pages libres, 8, rue de la

€ Sorbonne, rez-de-chaussée, Paris, cinquième arrONdis=

k sement, le trente-et-unième mille de ee.

ae Docreur Oxo. — Précis de l’Aîfaire Dreyius,

é lettre à un ami qui ne sait pas, préface d’ANATOLE

À France, une piqûre in-36 de 72 pages, trente centimes

Ps Nous reviendrons sur cette brochure. — Adresser LE |

  • commandes à M. André Bourgeois, administrateur des

‘3 cahiers, 8, rue de la Sorbonne, rez-de-chaussée, Paris, …

D textes et documents

|: Char nb: e des Députés, huitième législature, session | _ordir aire de 1903, compte rendu in extenso, soixantecinqui ème séance, séance du lundi 6 avril. — Journal 2 officiel du mardi 7 avril 1903 : mm Présidence de M. ÉmENNE, vice-président. ( | À Discuss ion des conclusions du rapport de la commission ; char gée de procéder à une enquéte sur les opérations ù électo rales du deuxième arrondissement de Paris et ten dant à la validation de ces opérations : MM. Jaurès, | Nbuelen Millevoye, Henri Brisson, Godefroy Cavaig’nac, | _ Syveton, Massabuau, Paul Beauregard, rapporteur. h M. LE PRÉSIDENT. — L’ordre du jour appelle la disiSsion des conclusions du rapport de la commission | rargée de procéder à une enquête sur les opérations MAC Ur él pos du deuxième arrondissement de Paris. | La commission conclut à la validation des opérations La parole est à M. Jaurès. | I. J URÈS. — Messieurs, c’est contre les conclusions ; rapport, c’est plus encore contre la façon dont la

ÿ commission a conduit l’enquête, que j’ai demandé la 7 Dans la période électorale, M. Syveton s’est appro- , prié l’afliche de la Patrie française dénonçant aux bons ’ citoyens le ministère de l’étranger ; il l’a faite sienne, il Je lui rends cette justice que durant toute l’enquête” il a gardé nettement la même attitude. Il ne s’est pas fait humble ; il n’a cherché ni à équivoquer, ni à rusers. “ il a essayé de démontrer qu’il avait le droit de dénon- » cer le Gouvernement républicain d’alors comme le Vi ministère de l’étranger et, par conséquent, son adversaire, M. Mesureur, qui avait soutenu ce Gouvernement, comme le candidat de l’étranger. 4 La thèse de M. Syveton et de ses amis est celle-ci. Une tentative a été faite après le procès de Rennes pour faire casser par la justice civile la décision de la justice militaire. Cette tentative n’a avorté que parce que M. le général de Galliffet, ministre de la guerre, s’y est. opposé. M. de Galliffet a marqué son opposition par ” une lettre écrite au président du conseil ; il lui disaït : 1 « Si vous vous risquez à cette tentative, ily aura, d’un à côté, le législateur, le pays, l’armée et, de l’autre, les dreyfusards, le ministère et l’étranger. » Et M. Syveton dit: « Pour justifier l’affiche de la Patrie française et l’usage que j’en ai fait, il me suffit de démontrer que la À phrase de la lettre du général de Galliffet est authentique. » de C’est d’abord cette démonstration d’authenticité que, par ses témoins, MM. Lemaître, Judet et Cochin, il à à | apportée devant la commission. FA Messieurs, je ne conteste en aucune manière l’authen-…

& ticité de la phrase attribuée à M. le général de Galliffet ; | Fi faut bien que de temps à autre on se serve contre nous de pièces authentiques. (Applaudissements et : | rires à l’extrême gauche et à gauche) Celle-là est du j nombre. On pourrait se demander, même si toute la È lettre de M. de Gallifiet se réduisait à cette phrase, si | | vous aviez le droit d’en conclure que tout un parti, Ù | | tout le grand parti républicain était le parti de l’étranlé nue Peut-être pourrait-on s’étonner que la lettre entière … n’ait pas été produite devant la commission. Je ne veux De pas chercher à atténuer le sens de cette phrase; je m’étonne seulement un peu de la facilité, de la com- | — plaisance avec laquelle la commission a accepté les à | explications du général de Galliffet. IL invoque contre À ele, pour ne pas lui donner le texte complet de la À lettre, le secret professionnel, alors que cette lettre _ que le secret professionnel lui interdit de montrer à une commission du Parlement, il l’avait montrée à 7 M. Jules Lemaitre, à M. Judet et à d’autres. ui, Je m’attendais à ce que la commission exprimât, sur nie e pont, dans son rapport, au moins un étonnement et _ un regret; elle n’y a pas songé. M: Pauz BEAUREGARD, rapporteur. — Vous n’expli- ‘4 quez pas les choses comme elles se sont passées ! it M. Jaurès. — Monsieur Beauregard, je m’applique à | ne prononcer aucune parole qui puisse, par la violence a des mots, ajouter à la gravité du débat, et comme j’ai une longue carrière à parcourir je vous prie de réserver vos réponses et vos rectifications pour la tribune. (Très bien! très bien! à gauche) … Les témoins de M. Syveton et M. Syveton lui-même

53 ne s’en sont pas tenus là, et voici d’abord ce que dit k M. Judet, commentant la phrase du général de ! ak ï pee Je lui demandai — [à M. de Galliffet| — un entretien. Il M | savait quel en serait l’objet et s’empressa de m’indiquer mt
à rendez-vous. Je m’en réjouis, car j’avais pris trop ardemment parti contre l’agitation Dreyfus pour ne pas souhaiter ME d’être fixé sur le mandat réel et sur les manœuvres du 15 cabinet Waldeck. Trois ans j’avais souffert avec tous LES ( ; Français de l’oppression d’une politique qui subissait à 4 nos yeux deux influences certaines, l’une directement #8 à issue de l’étranger voulant nous imposer à tout prix la À ; solution qui lui plaisait dans un procès de trahison, + | l’autre émanant d’une faction que l’opinion a flétrie SOUS. X le nom de syndicat Dreyfus. YF : Pour nous, le ministère Waldeck était à la fois le minis- D : tère Dreyfus et le ministère de l’étranger. Trois ans, es - Î l’avons proclamé, parce que nous en étions moralement CM sûrs; mais à une époque où les criminels deviennent si aisé ment innocents quand ils ne sont pas saisis en flagrant | , délit, toute preuve d’accusation est d’une importance exce p -. 3 Dans cette longue série d’incidents louches, soigneusement cachés à la nation, nous suivons désormais la série si d’audaces et de roueries que le zèle gouvernemental multi- | plia pour le salut, puis pour la réhabilitation de Dreyfus. « Peut-être serait-elle niée malgré les assertions catégoriques décisive, d’une signification imperturbable, ne survivaitpas À Voilà la conclusion que l’on veut tirer de la phrase de ‘5 M. le général de Galliffet, voilà le droit que l’on réclame; à | voilà le droit que l’on défend — la commission, par an. - témoignage consigné aux annexes de son rapport, M: Sy va veton et ses témoins ensuite — celui de qualifier tout le … parti républicain de parti qui subit la direction de

es l’étran ger. (Applaudissements à gauche.— Dénégations ) 4 Ç Je M: de Galliffet est assurément armé. Son trésor intact de È constatations, de notes et de pièces précieuses n’est pas de ‘ ù LE À _ ceux qui se vident en quelques conversations improvisées. DRE. | FRE, erends hommage à la prudence avec laquelle il défend sa ee |: 4 ae esponsabilité; je souhaite qu’il en recueille les fruits, qu’il HS Ë do benfin le droit de parler à cœur ouvert devant la seule LUN SR juni diction qui lui convienne, qu’il appelle de tous ses vœux, À! … devant la Haute Cour, pour laquelle ila la sagesse et le cou- “SE rage de faire patienter les secrets redoutables dont il est le 4 e M. Syveton, à son tour, a pris la responsabilité de it ces conclusions; il a dit qué la démonstration faite à dE A contre le ministère de l’étranger lui donnait le droit de , DS Re dire que M. Mesureur, qui avait soutenu ce ministère, La à _ était le candidat de l’étranger. st “C’est dans ces termes que l’enquête a été conduite. Et is “ savez-vous, messieurs, quel jugement la commission ; DEA que! jug _ porte sur ces procédés de diffamation à l’égard de tout _noti e parti, de tout le parti républicain? ({nterruptions : … au centre. — Applaudissements à gauche et à l’extrême que vous dans le parti républicain. En M: Jaurès. — Je vous remercie de protester et de N | rectifier, et je m’empresse de vous donner satisfaction : | je vous mets en dehors des injures de M. Judet. (Nou- |” oeaux applaudissements à gauche et à l’extrême

M. Jures-Louis BRETON. — Et en dehors du parti SÉ

M. Jaurès. — Je n’exclus personne, je ne juge per- … sonne, j’essaye de continuer ma démonstration. Je dis 3 que la commission n’a fait, sur ces procédés de polé-: mique, sur ces procédés de diffamation à l’égard detout un parti, aucune réserve sérieuse. Elle s’est bornée à regretter la violence des affiches échangées, comme s’il s’agissait là d’une des banales violences de la période électorale, comme si l’accusation portée par des Fran- çais contre tout un parti et contre le pouvoir qui gouverne au nom de ce parti de subir systématiquement la direction de l’étranger était une de ces banales injures qu’il suffit d’effacer par un regret. (Très bien! très bien!

É à gauche et à l’extrême gauche) 3

Messieurs, la question qui se pose est celle-ci : El s’agit de savoir si la Chambre ne jugera pas utile de faire la réponse que n’a pas faite sa commission; il É s’agit de savoir si nous accepterons indéfiniment ce sys- … tème de calomnies, et, lorsque nous élevons ici la parole pour répondre et pour protester, il y a des hommes, s même dans le parti dont je suis, qui nous disent: « Prenez garde, il ne faut pas rouvrir une agitation qui

Et moi, je dis qu’il ne faut pas être dupes de la tactique perfide de l’ennemi. (Très bien! très bien! à l’extrême gauche et à gauche) Il prétend clore lagita= tion pour nous et la continuer pour lui-même, il a donné … de l’amnistie une interprétation unilatérale. Au nom de È la politique d’amnistie, il prétend nous interdire de con- $ tinuer, dans l’intérêt de ce que nous avons cru et de ce que nous croyons être la vérité et le droit, des recher-

ches eg es et lui, il ne laisse passer aucune occa- (07e | sion 2 contre nous ce qui a pu rester encore Ne { | k obscuri dans les esprits. Ne | 2008 Ce sont les élections : ministère de l’étranger, parti 5 | _ de l’étranger; c’est l’affaire Humbert qui s’ouvre. On 4: …. essaye, par la déposition de M. du Paty de Clam, d’y Ge _ cssaye, par la déposition de M. du Paty de Clam, d’; } ) ra tacher l’affaire Dreyfus et de nous noyer, nous tous, ; v _ da ns la fange de l’affaire Humbert. (Applaudissements s À « ..… à gauche et à l’extrême gauche. — Rumeurs au centre so à | A Voi à comment on entend l’amnistie, voilà comment AUS 4 on pi ‘atique l’apaisement. 6 À (À Rice que cette politique perfide nous donne à nous #4 + le led roit et nous crée le devoir de répondre à toutes ces Ex 5 Be calomnies par une vigoureuse offensive. Û % à _ 1 nn prétendu, il a été dit, dans les témoigna- HA ee imprimés dans le rapport, que l’intervention présu- FE _ mée du gouvernement, après le procès de Rennes, É & . n’était qu’un épisode dans une longue série d’opérations : F4 …_louches — ce sont les paroles mêmes de M. Judet, xt : “témoin de M. Syveton. — On a dit, dans les déposi- È tions mêmes que cette action louche s’était exercée th À d’ab ord pour tenter de fausser le verdict même du pro- 4

  • cès de Rennes. } … Messieurs, je pourrais répondre que si quelque chose ÿ É 2 apu,au procès de Rennes, étonner et scandaliser, c’est - F0 _ ke faiblesse de ce gouvernement dont vous dénoncez 32 [les violences prétendues. (Exclamations à droite et au 3 ? lyaeu ce fait sans précédent que l’arrêt de la cour ! -de cassation proclamant, toutes Chambres réunies, que 3 tout : l’écriture, le papier, indiquaient que le bordereau à à

140 sur lequel Dreyfus fut condamné… (Nouvelles rumeurs LE au centre et à droite. — Applaudissements à gauche et SE à l’extrême gauche) 5 ne Il est étonnant que devant les hommes qui ont si sn, longtemps réclamé contre nous le respect de la chose 5 jugée, je ne puisse pas rappeler les décisions de la * fa) cour de cassation. (Applaudissements à gauche) re Il est extraordinaire et sans précédent que l’arrêt qui is | attribuait à Esterhazy le bordereau sur lequel en 1894. à | Dreyfus avait été condamné n’ait pas trouvé dans l’organe du ministère public à Rennes le défenseur qui était dû à la cour de cassation. (Applaudissements & AA l’extrême gauche et à gauche) A Je ne veux pas m’attarder aux détails de la procé- dure et je ne veux pas toucher au fonctionnement du : mécanisme judiciaire, mais je veux dire ici, nettement, jusqu’au bout, à ceux qui nous ont accusés d’être le - Fil parti de l’étranger, à ceux qui dans l’enquête même : ont renouvelé cette accusation, à ceux qui triomphe- | ront demain, si votre faiblesse laisse passer sans pro- vs testaitions et sans sanction cette flétrissure inscrite | contre nous dans des documents officiels (Applaudisse- Fo ments sur les mémes bancs), je veux rappeler à ceux ï qui nous accusent d’être le parti de l’étranger que, É ï moins que d’autres peut-être, ils ont Le droit de porter contre nous cette accusation, car si je voulais, moi ‘1: à aussi, recourir après vous à ces violences de vocabu- ss laire, je dirais que le vrai parti de l’étranger, c’est celui ea qui pendant quatre ans, dans l’intérêt de ses combi- ie | naisons, a fait appel par le faux à la signature d’un Je veux démontrer devant cette Chambre et devant È J

n_ Je pays que, en effet, pendant quatre ans, toute la ” | presse nationaliste, plusieurs des orateurs du parti W | nationaliste, toute la grande presse catholique ont de affirmé qu’il existait, à la charge du condamné de nt F “à … 1894, une lettre, une note écrite et signée de la main de di Guillaume II lui-même et accablante pour l’accusé. 4 k LE Messieurs, c’est l’histoire de la légende monstrueuse PES créée autour de ce faux et c’est l’histoire de ce faux , lui-même, centre de la légende, que je veux suivre pas Ke: NA SF Je serai obligé d’infliger à la Chambre, contre d k, os gré, de trop nombreuses et trop longues lectures. F AN QJespère que je pourrai la dédommager, au cours de ; ‘0 mon exposé, par la communication d’un document iné- (à ÿ Det et bref. (Interruptions sur divers bancs. — Mouve-
Je prie nos amis de ne pas s’émouvoir de quelques 4 re interruptions et je prie mes adversaires eux-mêmes de “ . ne pas se hâter ; car s’ils protestaient trop vite ce n’est ‘20 pas contre moi, ce n’est pas contre mes aflirmations, DA c’est contre les affirmations multipliées et prolongées
‘PE “où leurs amis politiques ont engagé leur respon- . sabilité et leur honneur qu’ils se trouveraient avoir ‘44e reur d’Allemagne est en allemand, mais la traduction À en a été donnée et certifiée par des garants que nos “adversaires ne récuseront pas, et vous verrez qu’à traie | vers de très légères variantes dans la traduction, le here est identique. M. Millevoye, dans une réunion ‘4 _ publique du 15 février 1898 à Suresnes, affirme qu’il y | aala charge du condamné une lettre de l’empereur … d’Allemagne, dont il donne le texte : « Que cette ca-

naille de Dreyfus envoie au plus tôt les pièces promises. sSigné : Guillaume. » DA M. Lucien Mie voye. — J’ai fait allusion à cette ou lettre, mais je n’en ai pas donné le texte. i. MERS M. Juzes-Louis BRETON. — J’ai déjà rappelé cet inci- re | dent à la tribune. ; ; M. Jaurès. — Je donne acte très volontiers à M:Mik UM levoye de cette demi-rectification ; j’avais d’ailleurs l’in- : tention de préciser tout à l’heure, car vous comptez bien ÿ que je reviendrai sur cet incident. f Le récit de la réunion se trouve dans un compte rendu du journal le Temps, que M. Millevoye n’a pas démenti à cette époque. Il se peut qu’il n’ait pas reproduit le | ; texte littéral de la lettre de Guillaume Il, tel que M. Millevoye l’a donné, maïs il me suffit à cette heure de constater que M. Millevoye ne dément pas — etilne ‘ saurait le démentir — qu’il a fait allusion à Suresnes, ; devant des milliers de citoyens, à l’existence de cette ù lettre, et qu’il en a indiqué le sens et le texte approxi- 4 La Libre Parole du 6 septembre 1899 donne le texte Re Envoyez le plus vite possible les pièces mentionnées. é Faites en sorte que la canaiïlle de Dreyfus se hâte. HN M. Rochefort, sous sa propre signature et sa propre ‘ : responsabilité, à la date du 15 décembre 1900, donne le texte que voici: à Envoyez-moi au plus tôt les pièces désignées. Faites en à i sorte que cette canaille de Dreyfus se dépêche. ot M. Ferlet de Bourbonne, un de ceux qui ont été les l propagateurs les plus actifs de la légende, a donné à ne

“ | madame Séverine, qui l’a reproduit dans l’article du è _ 20 décembre 1900, et tout récemment au journaliste | } russe, correspondant des Novosti, M. Séménof, qui a K 3 publié dans l’Européen le texte que voici : | ; » Envoyez-moi au plus tôt les pièces désignées. Faites en k sorte que cette canaille de Dreyfus se dépêche. Signé : ù Enfin, les deux grands journaux catholiques la Croix et la Vérité, affirment l’existence. (Bruit à droite) — Je reprends (Applaudissements à l’extrême gauche et à | gauche) : ces deux grands journaux catholiques, la

  • Groix et La Vérité, affirment l’authenticité de cette lettre de Guillaume II et ils en donnent le même texte. ; Le La Croix du 20 septembre 1899 : 3 Envoyez-moi le plus vite possible les pièces indiquées. : Faites en sorte que cette canaille de Dreyfus se dépêche. Et la Vérité du 17 octobre 1899 la confirme d’une ma- - A quel moment cette pièce, dont toute la grande presse nationaliste et catholique aflirme l’existence et donne té le texte, est-elle apparue ? Est-ce dès 1894 ?
  • décembre 1894, des notes obscures et ambiguës. La . ; France du 10 décembre 1894 affirme que les deux pièces _ l’élection Syveton! Ce que vous dites n’a rien à voir ; … avec l’élection. (Réclamations à l’extrême gauche)

reprenne l’affaire Dreyfus! Le pays n’en veut plus en- : | tendre parler. (Bruit) | LA, 4

M. Le PRÉSIDENT. — Je vous invite, messieurs, à écou- | ter l’orateur. | 5e A Au centre et à droite. — Nous l’écoutons! ; >! la Chambre, je l’en remercie au contraire ; mais j’aurais il le droit de me plaindre si on prétendait systématique ”| ment gêner la marche de ma discussion. - 4 M. LE MARQUIS DE Dion. — On a parlé pendant trois * ans de l’affaire Dreyfus. Cela suffit ! Il n’est pas admis- È sible qu’on la prolonge indéfiniment ! L’affaire est clas- à sée. Qu’on nous laisse tranquilles, maintenant! (Bruit (4 M. Jaurès. — Je réponds à ceux qui croient devoir f me rappeler à la question que lorsque les témoins de M. Syveton ont porté devant la commission d’enquête LE un jugement sur toute la politique de la majorité répu- ‘ blicaine depuis trois ans, comme notre collègue M. Mo: “A rel observait: « La commission d’enquête a une mission ; étroite à remplir; elle n’est pas chargée de la revue 4 rétrospective d’événements politiques; elle ne doit + s’éclairer que sur les faits qui concernent spécialement 5 la politique électorale du deuxième arrondissement », 4 le président de la commission intervint et dit: 3 « Les faits dont on parle sont connexes. » ë Je réclame pour moi le bénéfice de cette connexité. qe (Applaudissements à gauche et à l’extrême gauche) (s J’ai donné, d’après tous nos adversaires, le texte de + la lettre prétendue de l’empereur d’Allemagne. Vous ê constatez qu’elle est une réponse présumée à un envoi ne de documents annoncé. Elle est donc une réponse pré- #

; sumée au bordereau sur lequel l’accusé de 1894 avait été condamné; et tout le système qui va se développer obscurément pendant trois ans et qui ira peser enfin sur le procès même de Rennes pour troubler l’esprit des juges, tout ce système est celui-ci :

La note de Guillaume II est, en effet, une réponse au bordereau qui annonçait l’envoi de documents. Ce bordereau n’a pas été écrit sur un papier mince, sur le papier pelure qui a été soumis aux juges de 1894, il a été écrit sur du papier fort, sur du papier épais, il est arrivé

| à Berlin, l’empereur d’Allemagne y a inscrit de sa main

| en marge la note qui y est citée et reproduite, maïs il a fallu, sur la sommation de l’ambassade d’Allemagne, restituer à l’ambassade un document compromettant pour la paix internationale et pour le souverain étranger. On en a gardé des photographies et on en a fait prendre copie sur du papier mince, où on l’a décalqué. C’est ce décalque, fait peut-être de la main d’Esterhazy, qui a été soumis aux juges de 1894. Le bordereau original envoyé à Berlin était un bordereau sur papier épais où l’empereur Guillaume a inscrit la note ainsi

Ce n’est pas ma faute si ce système vous paraît

. monstrueux : il a été celui de tous vos journaux, de tous vos orateurs. (Vifs applaudissements à gauche et à l’extrême gauche)

M. Lasres. — Mais après cela, le conseil de guerre de Rennes s’est prononcé !

$ M. ze MARQUIS DE Dion. — Nous avons lu cela pen- ‘ dant trois ans dans les journaux.

M. Le PRÉSIDENT. — Veuillez garder le silence, mon- ; sieur de Dion.

M. JAuURÈS. — Je crains que ce système n’ait été celui ‘4 ÿ de vos juges. 5 PIS

A quelle date, disais-je, est apparu ce document? IL 2 y a dans quelques-uns des journaux antisémites, dès 1894, comme une première trace, obscure encore et 4 incertaine, de la légende qui se préparait, mais il est E j certain, par le témoignage même des juges, — je citerai i à le capitaine Freystætter, — qui ont dénoncé la commu : nication illégale des pièces secrètes aux juges de 1894, : il est certain, dis-je, qu’au procès de 1894 ce système rs n’a pas été soutenu et que cette pièce n’a pas été pro- Ke duite. Elle est apparue officiellement, en quelque sorte, Che à pour la première fois en novembre 1897 ; et c’est dans 44 une déposition de M. Paléologue, représentant du k ministère des affaires étrangères, que j’en trouve la 3e

M. Paléologue était chargé officiellement desrelations : f du ministère des affaires étrangères avec le service des 4 renseignements du ministère de la guerre. Déjà, en RES ë septembre et octobre 1897, au moment où l’on commen- RE çait à se préoccuper des doutes formulés par M. Scheu- ‘ à rer-Kestner et de l’enquête commencée par lui, il y eut 1 entre M. Paléologue et le lieutenant-colonel Henry plusieurs entretiens. KE

M. Paléologue témoigne devant la cour de cassation : ;

Au mois de septembre ou d’octobre 1897, j’eus l’occasion S de revoir le colonel Henry, au moment où l’on recommen- çait à parler de l’affaire Dreyfus. Je mis la conversation sur le télégramme du 2 novembre 1894.

Je lui en rappelai l’importance, en raison particulière- 4 ment de la date, l’agent B… n’ayant pu savoir, le 2 no- : vembre, lendemain du jour de l’arrestation de Dreyfus, si l’inculpé avait fait des aveux. Henry me répondit que le

Ne document lui semblait de peu d’importance, étant données be les preuves accablantes d’autre part, contre Dreyfus. Il me _ signala ce jour-là l’existence au dossier d’une lettre de l’a-

  • gent B…. dans laquelle Dreyfus serait nominativement C’est la pièce, messieurs, qui est maintenant connue, [2 | età jamais, dans l’histoire sous le nom de faux Henry. Ê Mais Henry ne s’en tint pas là avec M. Paléologue ; | comme il voyait que la production de la pièce qui est À le faux Henry ne suffisait pas à le convaincre, il poussa : plus loin sa démonstration, et voici ce que M. Paléologue dépose devant la cour de cassation : l’E Le président de la cour lui demande : Pouvez-vous dire ce qu’il y a de vrai dans les allégations
  • relatives à une lettre de l’empereur d’Allemagne à son ambassadeur en France dans laquelle il serait question de Dreyfus, comme ayant été en relations avec le gouverne- £ ment allemand, et à un certain nombre de lettres que Dreyfus aurait adressées à ce gouvernement ? | À ma connaissance, il n’y a jamais eu aucun document i de cette sorte. La première et seule fois que j’ai entendu | % parler d’un document de ce genre, c’est le 2 ou le 3 novembre 1897, par le colonel Henry, qui d’ailleurs ne fit qu’allusion à | l’existence d’une pareille pièce. Ainsi, messieurs, dans les conversations officielles engagées pour la constitution et la mise en ordre du dossier entre le ministère des affaires étrangères, . représenté par M. Paléologue, et le service des rensei- ! : gneménts, dirigé en fait à cette époque par le lieutenant- ë
  • k colonel Henry, le lieutenant-colonel Henry se risque à |

opposer aux arguments de M. Paléologue l’existence de. Ne #1 la lettre prétendue de l’empereur Guillaume. C’est la > première apparition officielle du faux, et je dis qu’il est M impossible qu’au moment où lelieutenant-colonel Henry 21 se risquait à parler ainsi de l’existence de cette pièce n au représentant officiel des affaires étrangères, il n’eùt à 4 pas en mains, matériellement, cette pièce même, car |: il était exposé à ce qu’on lui demandât communication FF matérielle d’un document aussi grave. Et, de même k 4 qu’il était prêt à produire… seu patrie, ce qui se passe ici! (Exclamations à gauche) 3 : M. LE PRÉSIDENT. — Vous n’avez pas la parole, mon- 5e sieur de Dion. à M. JAURÈS.— … et de même que lelieutenant-colonel E ’ Henry était prêt à produire matériellement à M. Paléo- pa logue la pièce qu’il lui avait récitée et qui s’appellera 5 $ plus tard le faux Henry, il était prêt à coup sûr aussi à e lui produire matériellement la pièce émanée prétendu ment de Guillaume II et dont il lui affirmait l’existence. 4 Comment le chef du service des renseignements pou- À vait-il se risquer, en 1897, à une affirmation aussi mons- - 7 trueuse ? Comment pouvait-il faire usage d’un faux aussi Ps Chambre en quelques paroles rapides que ce ne peut Tel « être qu’une pièce fausse. = M. JAuURÈS. — M. Drumont nous a dit que nous étions à étranges de contester a priori l’authenticité d’une pièce ‘ écrite ainsi par un souverain étranger; il nous a rappelé D .

6 dans un puissant article de la Libre Parole que tous les | grands souverains laborieux entraient dans le détail des 1 f _ affaires, que Louis XIV se faisait communiquer jour- ‘a nellement les rapports de police, que Napoléon l#entrait À aussi dans les moindres détails d’administration de son : immense empire, que Louis XV avait toute une police | É et toute une diplomatie occulte; il aurait pu ajouter Ha [3 qu’il nous reste du Comité de salut public des notes kde police annotées de la main de Robespierre lui- | même. VS Hi Mais, messieurs, si nous contestons l’authenticité . = possible du document attribué à Guillaume IH, ce n’est pas parce que les souverainsne peuvent pas s’intéresser | “aux choses de police, c’est parce que, lorsqu’ils Û fr emploient des instruments de police, ils les traitent | À comme des instruments, comme des choses, et qu’ils ne | s’abaissent pas à les injurier, parce qu’ainsi ils À jo s’abaissent eux-mêmes; (Très bien! très bien! à | nn l’extrême gauche. — Mouvements divers) c’est ensuite y | parce qu’il est impossible d’attribuer à un souverain D de étranger une imprudence que ses agents accrédités en … France ne commettaient pas. : he Le bordereau n’est pas signé par celui qui l’a écrit. Les correspondants, les attachés militaires étrangers | We à. Panizzardi et Schwarzkoppen, dont on a cité dans toute À ; th cette affaire de si nombreuses dépêches et de si nom- 4 breuses lettres, quand ils s’écrivaient, le faisaient sous | dr: oublie ces précautions élémentaires, il n’y a qu’un + À Î homme qui prenne la peine d’inscrire, sur un bordereau | — compromettant qu’il renvoie à Paris, tout à la fois le ‘ We nom du traître et le nom de l’empereur, c’est Guil4 19 il

laume IT! (Applaudissements à gauche et à l’extréme A

J’ajoute, messieurs, que si une pièce pareille avait ÿ existé, elle se rattache aux événements de 1894, au ni premier procès de l’affaire; elle aurait donc, dès larri- À vée de ce bordereau, révélé aux bureaux de la guerre # le véritable nom du coupable. Or, il résulte de tous les

|: documents officiels et judiciaires que, pendant trois semaines, on a été obligé de faire une enquête à | tâtons avant de faire porter le soupçon sur tel ou tel |

Donc, la pièce n’était pas arrivée alors; donc c’est à une pièce fausse; donc le colonel Henry ajoutait au faux que le général de Pellieux a produit plus tard en cour d’assises le faux le plus monstrueux, le plus colossal, d’une prétendue lettre de l’empereur allemand. |

Comment le colonel Henry a-t-il pu se risquer à pro- | duire une pièce aussi monstrueusement fausse ? Il y : était acculé, messieurs. Il savait que la preuve allait être faite qu’une erreur avait été commise en 1894 ; il

L savait que la pièce connue sous le nom de faux Henry, récitée par M. le général Billot à M. Scheurer-Kestner au mois de juillet 1897, ainsi que M. Scheurer-Kestner l’a inscrit dans ses mémoires dont une page m’a été communiquée, il savait que la communication de ce premier faux n’avait pas suffi à arrêter M. ScheurerKestner qui en avait démêlé tout de suite le caractère frauduleux, et alors ïil fallait aller plus loin et plus

Au lieu d’imaginer une pièce fausse, attribuée seule-

  • ent à des attachés militaires et qu’on pouvait disLà cuter, il fallait imaginer une pièce fausse attribuée à un $= souverain étranger, de sorte qu’on pût tout ensemble | (3 s’en servir, mais la retirer à la discussion publique en alléguant le péril que cette communication formidable ferait courir à la paix. (Applaudissements à l’extrême ee gauche et à gauche) En sorte que si ce faux a été imaginé, s’il a été É construit, c’est à raison même de sa monstruosité et À de son énormité, qui le mettaient au-dessus des dé- Ë Et puis on savait très bien que lorsque le bordereau | & serait publié, que lorsque les fac-similé d’écriture apparaîtraient, l’Allemagne, s’apercevant de l’erreur commise en 1894, ferait parvenir une communication ofli- . cielle. Et en effet, dès le 17 novembre 1897, l’ambassade | allemande faisait parvenir l’affirmation solennelle ( qu’elle n’avait jamais connu le condamné de 1894. = M. Gaston GazpiN. — C’était son devoir. M. DE L’EstouRBEILLON. — Elle ne pouvait pas dire G M. Jaurès. — Et le colonel Henry voulait être en état à d’opposer à cette affirmation de l’Allemagne une preuve à Il fallait pour la production de ce faux que le colonel Henry comptât, et c’est là ce qui est grave, c’est là ce #4 qui, politiquement, est grave, il fallait qu’il comptât sur ; la complaisance, je dirai presque sur la complicité du 4 ÿ:. haut état-major de cette époque. (Interruptions et bruit i 4 Lee M. Lasres. — Je demande la parole.

: M. Jaurès. — De quel droit, messieurs, prétendrait. DERX | | on que la politique du faux se serait nécessairemen PATES À arrêtée à un certain grade et qu’elle n’a pas pu s’élever me 74 au-dessus du grade de lieutenant-colonel ? (Rires et 4 applaudissements à gauche et à l’extrême gauche) : fe Qi “ | M. Jaurès. — Je vous ai dit tout à l’heure que je vous La, CA communiquerais un document inédit et vrai. pas: SU ! M. ze MARQUIS DE Dion. — Montrez-le-nous ! FT

F _ M. Jaurès. — Il viendra à son heure. x: 30

-_ Je dis et je démontre qu’une pareille pièce jetée ainsi “0m à officiellement par le lieutenant-colonel Henry dans la s. +04

balance où allait de nouveau se juger l’affaire, je dis | DE que cette pièce n’a pu être affirmée que par la complai- … “a he à | sance des chefs du lieutenant-colonel Henry. ‘5 ESS Oui ! pour ce qu’on a appelé le faux Henry — quoiqu’à. sa ‘? mon avis, ce ne soit ni vrai ni juste — on peut limiter. LV

  • au lieutenant-colonel Henry tout seul la responsabilité. ; 3% Le faux Henry est une dépêche qui est supposée écrite. FA ‘T4 en 1896. Quand elle arrive au ministère, le lieutenant- DR ne, | colonel Henry peut dire à ses chefs, au général Gonse, EE | ‘si | au général de Boisdeffre : « Voilà un documentquia FA ë été apporté par le service des renseignements », et le” : Ve général de Boisdeffre peut, à la rigueur, logiquement, 1100 | être trompé lui-même le premier par l’aflirmation du Mu Mais, pour la fausse lettre de Guillaume I, il ne peut. CAS

| pas en être ainsi. Cette fausse lettre n’a pas serviaupro- … à | ; b à cès de 1894, c’est-à-dire à sa vraie date; elle n’apparaît | LE } 2 “t Ÿ qu’en 1897, et, pour que le lieutenant-colonel Henry puisse ” Le À | k la produire, il faut qu’il en ait fait accepter l’hypothèse, | TRÈS É

per € eux qui dirigèrent le Drpees en 1894… (Exclama- ds. tions à droite) Écoutez, messieurs.…., par le général de 1 _ Boisdeff e et par le général Mercier. t É À 3 4 Cette lettre, qui est affirmée en 1897, est supposée re- “rt Ke monter par sa date à 1894. IL faut donc que les hommes LATE But qui ont conduit le procès de 1894, et qui savent que 12 | cette pièce n’y a pas figuré, acceptent du lieutenant- LENS colonel Henry une explication qui rend plausible l’appa- ; LEE rit on tardive, en 1897, d’une lettre qui, par sa date, sa 4 tu nature et son objet, remonte à 1894. (Applaudissements AU Autrement, il eût été trop facile au général de Bois- # 5 RE: ee . , » . A . + 2 » _deffre de dire comme chef d’état-major, en 1894 : je n’ai 1e

| pas connu ce document, j’aurais dû le connaître alors, UE nes pu isqu’il est censé avoir été écrit à cette époque, je ne LEE le connais pas, c’est un faux. SEP ps: _Ileût été trop facile au général Mercier, qui a dirigé 4. : _le procès, qui avoue lui-même devant le conseil de 0 Ê ‘4 guerre de Rennes avoir adressé aux juges les pièces se- Pa. Le crêtes, il lui eût été trop facile de dire : Mais non, cette AA : 7% pièce-là qui était la pièce capitale, la pièce décisive, je KA . nel’aipas connue en 1894 ; je n’aurais pas tâtonné en : “t # 1894 si j’avais connu cette pièce. “a __ Donc, invinciblement, dès que le lieutenant-colonel CNE à BELE enry aflirmait en 1897 l’existence d’une lettre de Guil- 7. Re aume II remontant à 1894, le premier cri du général de : 0 _ Boisdefre, le premier cri du général Mercier devait être: AU : C’est une pièce fausse ; à moins que Henry n’ait obtenu ke d’eux le silence complaisant qui a tout couvert. (ApplauPRE dissemenis à gauche et à l’extrême gauche) a: Et ainsi, bien assuré qu’il avait affermi le terrain sous DATE ta ses pas, bien assuré qu’il ne serait pas désavoué par :

des chefs auxquels, depuis 1894, le liait je ne sais quel pacte mystérieux de l’erreur commune, ayant ainsi assuré le terrain, le lieutenant-colonel Henry pouvait entreprendre la formidable campagne de publicité du ‘ + faux à laquelle vous allez assister. ; |

Dès le lendemain du jour où M. Paléologue recevait À du colonel Henry la confidence de la fausse lettre de. Guillaume II, Za Libre Parole disait — la conversation est du 3 novembre, l’article de La Libre Parole est du 4 novembre… (Interruptions et bruits à droite) Û

Vous allez voir, messieurs, que nous avons été tous | bien imprudents et bien étourdis de ue pas attacher | une suflisante importance aux articles de votre presse. | On s’est contenté beaucoup trop de hausser les épaules | devant la violence et l”énormité de certaines affirma- | tions; mais cette campagne n’est que le prolongement, | à travers ce pays, du mensonge et du faux organisés | par le lieutenant-colonel Henry au centre de l’état- ne

La Libre Parole du 4 dit : 1

La pièce accusatrice dont il a été tant parlé n’a pas été produite en original devant le conseil de guerre. Elle constituait une preuve si accablante de la culpabilité de Dreyfus, | que Münster vint trouver Mercier et le somma de la restituer. Sile ministre refusait, c’était la guerre. Le général | Mercier céda, mais il fit photographier la pièce. L’original fut rendu, et c’est la photographie qui fut mise sous les yeux des juges,

Voilà le premier décalque, dans la presse, du faux imaginé à l’état-major. Et c’est par un contre-couv, par À un choc en retour vraiment extraordinaire, le lende- 4

: main 5 novembre, qu’Esterhazy écrit à M. le Président de la République Félix Faure : ; Fe La femme qui m’a mis au courant de l’horrible machina- b … Lion ourdie contre moi m’a remis une pièce qui est une pro- Li | tection pour moi, puisqu’elle prouve la canaillerie de ae … Vous reconnaissez là une partie même du texte de LA w: nie de Guillaume II. 4 puisqu’elle prouve la canaillerie de Dreyfus et un —_ danger pour mon pays, parce que la publication avec le 4 _fa -similé de l’écriture forcera la France à s’humilier ou à 4 Ne us essieurs, vous saviez, nous savions, par les docuDee en RES Th : … ments saisis chez Esterhazy et apportés devant la cour _ de cassation, qu’il y avait eu collusion entre Esterhazyet . l’état-major; nous savions, par la lettre aux deux écri- … tures, que M. du Paty de Clam l’avertissait de la mar- : . che de Apte ‘et lui suggérait les réponses qu’il devait faire au général enquêteur de Pellieux; nous | savions par les aveux de M. du Paty de Clam lui-même, a 0 u’il avait collaboré aux lettres de menaces et de chan- 24 _ ta ge qu’Esterhazy adressait au président de la Répu- f _ bliqu e; mais ce que nous n’avions pas assez remarqué ie’ st que le lieutenant-colonel Henry avait muni Esterk he ; … > ÿ hazy, dès le 5 novembre, de la pièce dont il avait parlé | Là M. Paléologue. Esterhazy était muni d’un document 4 “ faux, mais parce qu’il portait la formidable signature É de l’empereur d’Allemagne, Esterhazy le patriote pou- ‘a “vait faire chanter le Président de la République, le 1 | Gouvernement et la Chambre! (Applaudissements à # l’extrême gauche) ‘4

Voilà l’usage qui était fait du bordereau annoté, voilà EY. nn l’usage qui était fait de la lettre de Guillaume IL. 1 qu’il le nomma comme l’auteur du bordereau le; 16 novembre, il fallut redoubler d’efforts, et l’état-major. 13 songea à s’assurer non plus seulement le concours de 1 la Groix et de la Libre Parole, maïs le concours de 4 l’Intransigeant. Et c’est alors que le commandant « à Pauffin de Saint-Morel, chef de cabinet du général de | Boisdeftre, fut envoyé chez M. Rochefort lui-même: Za hi Patrie du 18 novembre publiait sous ce titre : La vérité 4] sur l’affaire Dreyfus, une interview de M. Rochefort : 3

Je ne vois aucun inconvénient à vous répéter les paroles \ po de cet officier. Il m’a dit presque mot pour mot : Non seulement nous possédons la preuve indubitable que le commandant Esterhazy est la victime d’un infâme complot; ”| mais, en ce qui concerne Dreyfus, je suis autorisé a vous dire que nous possédons des documents absolument .
probants qui établissent pérempioirement la culpabilité du um prisonnier de l’île du Diable. Ces documents, le syndicat .… Dreyfus en ignore même l’existence : lorsque le moment sera venu on les lui servira. y à Messieurs, quelles étaient ces pièces auxquelles le commandant Pauffin de Saint-Morel, chef de cabinet du général de Boisdeffre, faisait allusion devant M. Ro- ea chefort? C’est l’Intransigeant lui-même qui nous Pin” dique dans l’article du 13 décembre 1897 sous le titre: La vérité sur le traître. — La pièce secrète. f Voici ce que publie l’Intransigeant : “y Une des fameuses pièces secrètes est une lettre de l’em- F pereur d’Allemagne lui-même. Elle fut dérobée, photogra- ni phiée et replacée où elle avait été prise. Dans cette lettre adressée à M. de Münster, Guillaume II nommait tout aù 1

long le capitaine Dreyfus, commentait certains renseigne- . ments et chargeait l’agent de l’ambassade communiquant ù avec lui d’indiquer au traître les autres renseignements à recueillir nécessaires à l’état-major allemand. MEL ….… Melle est l’origine de la principale pièce secrète. Nous pos- : _sédions depuis longtemps une version qui rous avait été AT x . fournie par une personnalité militaire des mieux placées Ê _po ar être admirablement informée, analogue à celle que ; | nous publions aujourd’hui en toute certitude. : Ain si l’Intransigeant proclame qu’une des pièces dont une per S onnalité militaire des mieux placées pour être admirablement informée avait parlé à M. Rochefort — c’est évidemment le commandant qui avait fait une | “visi e à M. Rochefort — c’est la prétendue lettre de Guillaume IL. Vous voyez, messieurs, qu’elle a fait du M… Le gouvernement de M. Méline s’émeut et, par un .- communiqué de l’agence Havas, il déclare qu’il »‘y a WE en de fondé dans des allégations relatives à de pré- tendues lettres d’un souverain étranger. M. Rochefort lui ré pond sous ce titre : Démenti négligeable : ; Billot avait sous les yeux la pièce secrète avec laquelle il lui é Lai si facile de moucher Scheurer-Kestner, quand ce vieil imbécile venait dans son cabinet lui étaler les pape- | rasses incohérentes de son prétendu dossier. EL Do rmrie dit : La naturedes révélations de notre confrère oblige le Gou- …vernement à un démenti officiel. Déjà, lors de laffaire Dreyfus, un démenti analogue avait été donné. Mais les faits restent les faits. _ La France dit : tue M. Rochefort est bien et sûrement renseigné. | Ce ne sont pas des hypothèses, ce sont des faits et le

démenti embarrassé, et en quelque sorte nécessaire, de ss l’agence Havas, n’y changera rien. A y

L’Intransigeant ajoute que : pe \ +0 L’émotion produite est très vive, [que] l’échange de dépêches entre l’ambassade allemande et Guillaume If en Fal est un signe. Il n’est que trop certain, à l’empressement que k met l’ambassadeur à opposer un démenti, que notre récit 3 est l’expression de la vérité. } 52) Vous le voyez, c’est toujours le même système : on | suscite une invention énorme, elle est démentie et on “| dit : &« Oui, mais elle est si énorme que le gouvernement ji est obligé de la démentir ». Et toute la presse nationa- 4 liste : la France, la Patrie, l”Intransigeant, que vous À n’allez pas, j’imagine, désavouer brutalement aujour- | d’hui, toute la presse nationaliste prend prétexte du | démenti officiel du gouvernement, pour aflirmer denou- 4 veau la vérité de la légende et la réalité de la pièce 4 M. Méline fait annoncer par une nouvelle note que le : gouvernement allait demander, s’il le fallait, au Parlement, les moyens nécessaires de mettre un terme à cette campagne de presse. Mais, laissez-moi le dire, | M. le général Billot avait en mains des moyens plus 1 rapides et plus décisifs qu’il a étrangement négligés. D’abord, lorsque le commandant Esterhazy prétendait avoir en mains des documents capables de jeter l’émoi en Europe et lorsqu’il venait rapporter ce document ou un À autre au ministère de la guerre, il fallait au moins Pin- 4 M. Jaurès. — Il fallait au moins demander à l’état major, qui avait communiqué à M. Paléoiogue l’exis- M

| tence de cette lettre, d’où provenait cette campagne. IL est prodigieux que vous ayez songé à menacer la presse j L: qui ne faisait que reproduire les affirmations de l’état- à _ major et que votre ministre de la guerre n’ait pas songé 4 à porter la question au cœur même de l’état-major. Re (Applaudissements à l’extrême gauche et à gauche) ._ Et puis, voilà un oflicier dont la qualité est assez im- … portante, un officier qui venait d’être attaché à la per-

  • sonne du Président de la République pendant le voyage ne “en Russie, un officier qui est le chef de cabinet de votre chef d’état-major : il va porter dans les journaux la . légende qui, peu à peu, se répand, se communique, ik ébranle toute la presse, et, en même temps, ébranle mi - Vous demandez compte à la presse irresponsable et
  • … dispersée que vous ne pouvez pas saisir, mais cet ofli- | cier que vous avez là, sous vos ordres, que vous pourLM … riez sommer de vous dire quelle communication il est allé porter chez M. Rochefort, vous ne l’interrogez pas, … vous ne le questionnez pas, et pourquoi? parce que Ês: ‘vous avez besoin de son silence pour continuer votre _ politique d’équivoque. (Vifs applaudissements à l’ex- trême gauche et à gauche) su de trente jours d’arrêts de rigueur par le ministre.
  • M:Jaurës. — Je recueille cette observation discipli- … naire de notre collègue, M. le lieutenant-colonel RousHset. Ilme dit: mais cet officier a été puni de trente jours d’arrêts de rigueur ! (Aires à gauche et à l’extrême à £ Il y a un problème qui émeut le pays et voilà un off- |: cier qui se fait, dans la presse nationaliste, le véhicule

d’une pièce fausse, d’une pièce redoutable ; oh! onle D consigne chez lui ; mais on ne le questionne pas! Qu’il 1 reste bien enfermé, mais qu’il se taise et que le monde #00 $ C’est ce que demandaït à cette heure le général %: M. LE LIEUTENANT-COLONEL Rousser. — Rien ne dit. 4 | qu’il n’a pas été questionné. ER Ë M. Lasres. — Monsieur Jaurès, le commandant Cu gnet a demandé à être questionné ; avez-vous demandé, ne | k nee ue lui posât des questions ? Vous vous en êtes Fi bien gardé. ER M. Jaurès. — Ainsi couverte par la complaisance … e } du Gouvernement de M. Méline, l’intrigue continue ; L:222 | légende se développe et la pièce fausse circule. Et, au 20) procès Zola, le lieutenant-colonel Henry a l’audace de faire publiquement allusion à l’existence de la fausse. #4 | lettre de Guillaume I. Re | Messieurs, on n’y a pas pris assez garde parce que la Me

  • pièce fausse sensationnelle connue sous le nom de faux 4 | Henry, et qui n’était pour Henry qu’un faux d’ordre K 3 | secondaire, cette pièce fausse sensationnelle à pris la place du véritable faux Henry, de celui auquel Henry É ; lui-même attachait une importance décisive, la seule Des dont il ait fait mention devant les jurés de la cour d’as-:100 sises. Voici, en effet, ce qu’il dit le 14 février, à une. | heure où il était acculé par ses contradictions au sujet | ‘34 | | Eh bien ! allons-y! Il faut vous dire que, lorsque le colo 3 | | nel Sandherr m’a remis ce dossier le 16 décembre 1894, je 1 lui ai dit : « Mais comment se fait-il que vous n’ayez Le { |

| 4 important, et je vais vous montrer une lettre de ce dos10 sier. » Il m’a fait voir une lettre, en me faisant jurer de n’en …_ jamais parler. J’ai juré; il m’a montré une lettre plus …__ importante encore que celle du dossier. IL m’a dit : « J’ai Û 4 … avec cela quelques documents, mais je les garde par devers .” moi, et je m’en servirai si besoin est. » { 5 Vous le voyez, il ne s’agit pas ici de la pièce connue É É sous le nom de faux Henry et qui est de 1896, il s’agit | A4 ; d’une lettre plus importante que toutes les autres, d’une lettre si redoutable que le colonel Sandherr avait fait A … jurer au lieutenant-colonel Henry de n’en point parler, F une lettre qui remonte à 1894 et qui est évidemment la fausse lettre de Guillaume II dont déjà le colonel Henry, le 3 novembre, a parlé à M. Paléologue. | 54 _ … Quelle est la tactique du colonel Henry ? C’est d’abord, en affirmant ainsi, sous forme implicite : … mais certaine, l’existence de cette pièce devant le jury, | S _ cest de lier ses chefs s’ils hésitaient encore, c’est de les ‘# obliger ou à le désavouer et à désavouer ainsi le procès É: de 1894 qu’ils voulaient maintenir et dont lui, Henry, avait été le principal agent, de les obliger ou à le désa-

PO) vouer ou à subir en silence le faux monstrueux qu’Henry

“5 “avait construit pour la garantie commune. Et je me, : 5e . demande, à ce moment, si Henry ne voulait pas par là 08 construire un pont qui permettait au général Mercier de passer du système d’accusation de 1894, fondé sur le Eur … bordereau papier pelure, au nouveau système d’accu1 _ sation fondé sur la fausse lettre de Guillaume Il. Il . voulait, par le mystère dont le colonel Sandherr avait —. enveloppé à l’égard de tous en 1894 cette fausse lettre 4 ® de Guillaume If, suggérer au général Mercier une R N D. hypothèse plausible qui lui permit d’accepter lexis-

tence de cette pièce fausse dont il n’avait pas été “#) fait état au procès de 1894. (Applaudissements à l’ex- TM trême gauche et à gauche) - PR

Voilà l’affirmation, et voici maintenant l’écho: D | Le 3 novembre, le colonel Henry avait parlé de Ia 14 lettre à M. Paléologue ; le 4 novembre commençait Ia ” 1 campagne de presse. Le 14 février, le colonel Henry, 4 solennellement, fait allusion à la lettre de Guillaume In n à la cour d’assises ; le 15 février, dans la réunion ue | publique de Suresnes, M. Millevoye affirme l’existence “4 de cette pièce et ilen donne approximativement le texte. k Voici le compte rendu publié alors dans le journal 2 M. Lucren Mizcevoye. — La question a déjà été | portée à la tribune par notre collègue, M. Breton. J’ai 24 M. Jures-Louis BRETON. — Vous n’avez pas répondu. | M. Lucx Micrevoxe. — Maintenant je dis que la +9 tribune n’est pas un confessionnal, et que si j’avais à pi choisir un confesseur, monsieur Jaurès, ce n’est pas Fe vous que je choisirais. (Aires à droite) des J’ignore quelles confidences vous avez pu recevoir de ER 1 Vautre côté de la frontière. (Exclamations à gauche) Ro Vous n’êtes pas non plus un juge d’instruction, et ce Ê7ANE n’est qu’à un juge d’instruction seul, et saisi légalement, 4 qu’il n’appartiendra de répondre. ‘ U M. Jaurès. — M. Millevoye demande une enquête. Je reconnais que M. Millevoye l’avait demandée déjà, ‘] par voie d’interruption, d’une façon formelle lorsqu’en ; effet mon ami M. Breton porta pour la première fois une ñ je

300 a permette de le lui dire, nous ne sommes pas ici dans

”+ _ desaffaires d’ordre civil et privé ; il s’agit de responsabiFe lités politiques (Très bien ! très bien ! à l’extrême x gauche et à gauche), et nous avons le droit de deman- ! [2 \ der des explications à un parti politique sur des affire- mations publiques qu’il a produites devant le pays. e (Applaudissements sur les mêmes bancs)

#4 ve M. Millevoye me dit qu’il ne me prendrait pas pour 2 çconfesseur ; qu’il me permette de le lui dire, il est un HA peu tard pour recourir à la confession privée lors3 qu’on a commencé par la confession publique devant —_ des milliers de citoyens réunis à Suresnes. (Applaudis- à sements à l’extrême gauche et à gauche)

de En tout cas, que vous répondiez ou non — je vous |. emprunterai une des formules que vous avez appliquées & à propos de cette affaire même à M. Casimir-Perier — ki si vous ne répondez pas, je dirai, selon votre propre F formule, que votre silence est éloquent. (Sourires à L gauche) Mais je veux lire le compte rendu du Temps, ‘4 -pas été rectifié à cette époque. 4 F M. Millevoye, faisant l’historique ‘de l’affaire Dreyfus, 4 …._ arrive à la pièce secrète. — Elle existe ? crie-t-on de toutes “ paris. — Eh bien, oui! citoyens, elle existe, a dit l’orateur.. \ (Rires à l’extréme gauche) | Nous avons eu tort d’en rire, messieurs. ; &’ RS Voulez-vous en connaître la teneur, citoyens! — Oui! à | oui! — Eh bien! la voici. Elle dit: « Que cette canaille de wi) Dreyfus envoie au plus tôt les pièces promises: signé Guil- .

4 À . Cette révélation est accueillie par un rire général. Ce sont ge pendant cinq minutes des clameurs étourdissantes.

Invalidation Syveton FA on L’orateur termine en disant que vu les déclarations de è ni M. de Bülow, la publication de la pièce secrète prouveraitle Fu parjure de l’empereur d’Allemagne et ce serait la guerre. | Re C’est toujours l’application du même système, la pro- L duction de faux monstrueux abrités par la menace à de la guerre. (Applaudissements à l’extrême gauche : En sorte que, par cette jurisprudence prodigieuse qu’on prétend instituer, il suflirait maintenant de pro- 3 duire des pièces fausses accablantes pour des adver- 14 saires, sous la signature de souverains étrangers d’Ita- jai lie, d’Angleterre, d’Allemagne, pour échapper à toute e#plication et à toute responsabilité. (Applaudissements sur les mêmes bancs) ï Eh bien! messieurs, quelles que puissent être les $ réserves que m’oppose M. Millevoye, je veux lui sou- , mettre un scrupule, je veux lui dire, en toute sincérité, il le sait: Vous êtes — et tous vos adversaires le reconnaissent pleinement — vous êtes un honnête homme ; même lorsque vous vous êtes trompé, même lorsque vous avez eu le malheur d’apporter à cette tribune des documents faux… ; M. Lucien Mircevoye. — Trompé indignement par votre ministre des affaires étrangères. : M. Jaurès. — Monsieur Millevoye — et ceci n’est pas, je vous l’affirme, une précaution oratoire; je vous donne ma parole d’honneur que je dis toute ma pensée — je mets pleinement votre bonne foi hors de cause et É je dis même que, dans l’erreur que vous avez commise, il y a deux traits qui vous font honneur. Le premier, c’est qu’à une heure trouble où la calomnie se répan_daïit impersonnelle, anonyme, inavouée, vous avez eu

“+ hi e co urage de prendre la responsabilité individuelle, la 40 responsabilité personnelle d’une accusation précise et | ‘# x redoutable ; vous vous trompiez, mais C’était un acte … de courage et de bonne foi. Puis il y a un autre trait j qui vous fait honneur. Lorsque vous avez cru que votre | 4 _ pays était livré à l’étranger pour de misérables subk +4 . sides, vous n’avez pas seulement jeté au gouffre d’innu …— famie vos adversaires comme Clemenceau, vous n’avez “54 pas craint d’apporter une liste de trahison sur laquelle +2 _ était inscrit le nom de votre ami et de votre allié de la | iveïlle, M. Rochefort. Vous aviez le courage de sacrifier à ce que vous jugiez l’intérêt de la nation trahie, même Ÿ Hi vos alliances et vos amitiés. , FAR M. Gas Syveron. — Le nom même de Rochefort rendait cette liste invraisemblable.
<hs M. Jaurès. — Mais laissez-moi vous dire qu’au moment où, à Suresnes, vous aflirmiez l’existence d’une ‘5e lettre de l’empereur Guillaume II, écrasante si elle était … authentique, il y avait deux hommes en cause, il y avait ñ } M: Zola, accusé, qui comparaissait devant la justice de 4 . son pays et il y avait à l’île du Diable un condamné ï 4 dont le sort se débattait; la pièce apportée par vous ; wa pour faire la conviction du pays et contre Zola et contre Mar: -le condamné Dreyfus, cette pièce était importante, elle …__ pouvait être décisive, elle pouvait déterminer ou la conme damnation ou l’acquittement ; et j’imagine bien qu’après 1 .. Ja cruelle expérience que vous aviez faite de la facilité À avec laquelle on peut être trompé par des documents 110 _ faux, vous vous étiez juré à vous-même de ne produire b ïe | aucune pièce mystérieuse sans en avoir vérifié l’authenq A ticité et l’origine. Vous étiez donc couvert à coup sûr à 4 par des hommes qui vous avaient garanti de haut l’au-

thenticité de cette pièce. Vous vous devrez un jour devant l’histoire de les nommer, pour vous justifier vous-même. (Vifs anplaudissements prolong’és à gauche et à l’extréme gauche)

M. Lucex Mirrevoye. — Je remercie M. Jaurès de l’hommage qu’il a bien voulu faire à mon caractère. Je suppose que nous n’avons pas l’intention de rouvrir le débat sur l’affaire Norton, qui mettrait en cause quelques-uns des ministres de la République.

Quant à l’invitation que vous m’adressez, monsieur Jaurès, je vous répondrai avec la sincérité qui est dans mon caractère.

Vous me demandez une indication précise; vous me demandez d’indiquer ici, à la tribune, sous quelles conditions une révélation ou un renseignement qui intéresse mon pays a pu m’être donné. Je m’y refuse de la façon la plus absolue (Exclamations à gauche et à l’extréme # gauche), parce que le débat soulevé en ce moment et que vous voulez réduire à des proportions que je n’accepte pas, aux proportions d’une sorte de duel de parti ou de duel de groupe, est infiniment plus étendu.

Vous oubliez que ce qu’il ya en ce moment en jeu, c’est votre pays, la France (Applaudissements à droite et au centre. — Bruit à gauche), à laquelle pendant quatre ans vous avez fait beaucoup de mal en allant chercher des arguments dans les journaux étrangers. (Réclamations à l’extréme gauche)

En disant cela, je parle pour vous sans doute, mais surtout pour ceux de vos auxiliaires.

M. ArisTiDE Brranp.— Nous n’avons jamais commis de faux, nous ! Nous n’avons pas dit de mensonges ! (Bruit) M. Lucxex Micevoye. — Je parle de ceux qui pen36

, une ans sont allés chercher dans les journaux directement inspirés par l’étranger des flots de boue Ê … sous lesquels ils ontessayé de salir l’uniforme et le dra- #23 peau français (Applaudissements à droite. — ProtestaF à tions et interruptions à l’extrême gauche et à gauche); je F. … parle de cette abominable campagne qui dure encore et : 2h _qui a eu pour conséquence cette chose inouïe de laisser _ croire qu’on peut planter impunément le drapeau fran- | çais dans le fumier (Réclamations et interruptions à 10 l’extrême gauche et à gauche) ; je parle de ce Manuel D « du soldat, de tous ces imprimés, de tous ces encoura2 | gements à la désertion. _ Je ne veux pas remuer ce fleuve de boue. Nr Je ne me reconnais pas le droit, par voie incidente, _ derouvrir ici l’affaire Dreyfus et je vous en laisse toute : — la responsabilité. (Applaudissements à droile) D M:JAuRÈS. — Je constate, en effet, que vous m’en laissez toute la responsabilité (Rires approbatifs à gau-

  • f . che) et je prends acte de votre refus de répondre. Je | E prends acte de ce fait, qu’après avoir produit publique- s ment, non pas à coup sûr pour écraser un homme, mais …— pour accabler tout un parti, une pièce d’une gravité EN aussi formidable, à l’heure où il apparaît, à d’innom-
  • ._ brables symptômes, que cette pièce est fausse et quand À | vous vous devez à vous-même, au pays, quand vous
  • devez à la France dont il ne faudrait pas usurper sans
  • | cesse le nom pour couvrir les faux (Vifs applaudisse- | ments à gauche et à l’extrême gauche), vous refusez de —… dire à quelle source cachée vous avez puisé les accusa- E tions de cette sorte. 1018 Quoi qu’il en soit, messieurs, vous voyez la légende _ se développer, s’affirmer, s’étaler de plus en plus; de

l’état-major, elle passe dans le prétoire, du prétoire dans les journaux, des journaux dans les réunions F 4 publiques et le système monstrueux qui a été imaginé 74 par le colonel Henry et ses complices prend peu à peu possession du pays. : 1 Voici maintenant qu’éclate le faux Henry. Il semblait Fig que ce faux, avoué par son auteur, devait enfin métire un terme aux polémiques. Si le bon sens de ce pays. À avait été laissé à lui-même, si la conscience de ce pays avait été laissée à elle-même, la conviction unanime se w ÿ serait faite dès le lendemain qu’une cause qu’on était réduit à servir par des pièces fausses était une cause € injuste et mauvaise. 4 Il y a eu, messieurs, dans bien des consciences, un. j mouvement de révolte ; à cette heure, bien des yeux se ” sont ouverts qui, jusque-là, étaient restés obstinément Ke clos, et parmi les hommes qui ont crié non pas leur L trouble mais leur colère, parmi les hommes qui onicrié } aux machinateurs de faux : vous avez trompé le pays À et vous m’avez trompé, il y a au premier rang celui qui M | avait été votre représentant le plus populaire, celuiqui M | avait conduit l’enquête sur Esterhazy, celui qui, au « | procès Zola, avait porté la parole au nom de l’armée avec le plus d’autorité et le plus d’éclat, c’est le général de Pellieux que je veux dire. PRE : Eh bien, lorsque le général de Pellieux a appris l’aveu. d’Henry, il a écrit au ministère de la guerre une lettre qui a été cachée au pays, une lettre qui n’a été montrée ni aux juges de la cour de cassation ni aux juges du conseil de Rennes. do | M. Massanuau. — On vous l’a montrée depuis, à « . vous ? (Bruit à gauche) À

… M: Jaurès. —… Une lettre dont lestermes appelaient une enq u ète nécessaire. Cette lettre, des personnes qui PT ont vécu dans l’entourage du général de Pellieux et qui FE [ner ses confidences désespérées m’en ont

? Fe onné le texte que je communique à la Chambre : RE

A Hentai de brigade adjoint au général de division ne

_ Dupe de gens sans honneur, ne pouvant plus espérer compter sur la confiance des subordonnés sans laquelle le A, commandement est impossible, et, de mon côté, ne pouvant { & avoir confiance en ceux de mes chefs qui m’ont fait tra- ; vaill er sur des faux, je demande ma mise à la retraite. + A (Vis applaudissements à l’extrême gauche et à gauche) 1 OM Sex: Brisson. — Je demande la parole. ; | _… M:1eE PrRésipenr. — La parole est à M. Brisson, avec ï “ l’assentiment de M. Jaurès. F)

| … M: Henri Brisson. — Monsieur Jaurès, pardonnez à : » mon émotion de vous interrompre. (Rumeurs à droite. Ge | — 4 Pplaudissements à gauche et à l’extrême gauche) | Vous avez dit, si je vous ai bien entendu — et je vous ; prè le, vous pouvez le croire, toute mon attention — que

cette lettre du général de Pellieux était datée du

M. Henrt Brisso. — Président du conseil d’alors, je : dé lare que le gouvernement dont je faisais partie n’en | a pas eu connaissance. (Nouveaux applaudissements à : gau che et à l’extrême gauche) | es GEORGES Berry. — Elle a paru dans tous les

M. RouLaxp. — C’estun effetd’audience ; un scénario 27.200 préparé. (Bruit) SEX ne L| M. Gonerroy CAVAIGNAC. — Je demande la parole. _ 4 M. GopErroy CAvAIGNAC. — Je voudrais bien savoir “21 quelles conclusions vous avez l’intention de tirer d’une nn | lettre que vous prétendez avoir été cachée et qui à été u accompagnée à la même heure d’une interview sem- ee | blable parue dans tous les journaux. (Bruit) EE Quand vous venez spéculer sur ces faits, je dis que #0 À vous jouez une pure comédie. (Bruit prolongé à gauche) il dont vous prétendez tirer parti ici et que le général de Ke Pellieux aurait porté sur ses chefs, je déclare queje n’en ai pas tenu compte. (Bruit) % De ce qui a été fait alors, je prends la responsabilité et j’apporte ici aux hommes qu’on a mis en cause et - 28 contre lesquels on dirige dans le vague je ne sais quelles # insinuations ou accusations dont on n’ose même pas on: prendre la responsabilité complète, le témoignage de 10 ma confiance entière dans leur loyauté et dans leur.” 0 bonne foi. (Applaudissements à droite et sur divers M. Her: Brisson. — Messieurs, je ne veux faire ici ü qu’une constatation. Je savais déjà par la déposition de | M. le capitaine Cuignet devant la cour de cassation, que ‘4 M. Cavaignac, ministre de la guerre, était, dès le .} 14 août — c’est la propre expression de M. le capitaine & | Cuignet — convaincu que ce que lon a appelé « le faux 1} Henry » était un faux. Or, il n’en a averti le président 4 du conseil que le 30 août, et j’apprends maintenant que 4 |

H: le 3x août, le jour où le colonel Henry mourait sous vos . verroux, vous aviez cette lettre du général de Pellieux! n; M. GrorGes BErRTHOULAT. — Elle a été publiée dans ‘à tous les journaux. 4 M. Herr Brisson. — Vous saviez, le 31 août, que le …__ général de Pellieux avait écrit cette lettre et vous déclarez que vous n’en avez tenu aucun compte et vous n’en it avisez ni le président du conseil ni le Gouvernement 4 dont cette lettre pouvait aider à former l’opinion. (Très À » bien ! très bien! à gauche)

: Ah! je vois bien la suite de vos actes. Entre le 14 août,

h, … jour où vous étiez convaincu du faux Henry, et où vous “l’aviez apporté à cette tribune, entre le 14 août et le 30 août, vous êtes allé au Mans présider le conseil géné- ; ral, dit M. le capitaine Cuignet, mais au Mans vous vous êtes rencontré et vous avez pu sans doute vous concerter sur la conduite à tenir avec le général commandant

| le corps d’armée, M. le général Mercier. (Vifs applau- , … dissements à gauche et à l’extrême gauche)

ë La suite de ce concert aurait-elle été de vous pousser É à cacher des pièces décisives au Gouvernement dont a vous faisiez partie et dont la loyauté se reposait sur “_ votre renommée. (Applaudissements à gauche et à ! l’extrême gauche. — Rumeurs au centre et à droite)

Fe Voilà ce que vous avez fait, monsieur Cavaignac. Le

  • voilà! (Nouveaux applaudissements à gauche et à l’ex-

k Eh bien! bénissez l’amnistie, car si elle n’avait pas … … été votée, vous mériteriez d’être mis en accusation. (Vifs applaudissements à gauche et à l’extrême gauche. “ — Bruit à droite et au centre)

£ Mais que serait-il besoin d’un châtiment matériel en

présence du châtiment moral qui pèse sur vous et vous 4 atteint? (Applaudissements à gauche et à l’extrême L KA Ê | gauche) Ce parti qui vous couvrait de ses acclamations … #4 | il y a quelques années, lorsque vous déposiez des pro- 22 jets de réformes démocratiques, ce parti, regardez-le, À 13 | entendez-le, écoutez-le! (Nouveaux applaudissements à … Dr: | gauche et à l’extrême gauche) MR Parmi ceux qui faisaient votre éloge j’ai le droit de 4 | me ranger. Un jour, à la tribune, j’ai rappelé que, quek 4 | ques jours auparavant, vous aviez déposé une proposi- Pa 4 tion de réforme fiscale et sociale, de réforme démocra- DE tique, et je vous ai félicité de marcher sur les traces de RE | celui dont vous portiez le nom et le prénom, de ce L Godefroy Cavaignac dont vous sembliez suivre la tradi ” Depuis de longs jours, hélas ! je passe au cimetière Montmartre devant sa statue et je salue tristement ce M) ‘ bronze. Eh bien! je me demande à cette heure où reten- 4 tit à cette tribune la révélation que vous venez d’en- > | tendre, si ce bronze ne va pas se dresser et, tenant entre, 4 | ses doigts crispés la plume et l’épée que Rude y avait de mises comme pour exprimer que ce paladin.de la Répu M blique donnait à sa cause et son âme et sa vie; je me … “4 demande s’il ne va pas se dresser devant vous et Vous crier : « Vous n’êtes plus dans la République; vous n’êtes Te 1 plus de notre lignée! » (Vifs applaudissements à gauche « 4 et à l’extrême gauche. — Bruit sur divers bancs au -« centre et à droite) DR. | A droite. — Des Bouches-du-Rhône. (Æxclamations | M}

M. Knauss. — Paris vous a répondu hier! :

: _ dire que sur la question du faux Henry ma conviction était faite le 14 août ; cela n’est pas vrai. …_ M. Cnanes Bos. — était fait avant. (Bruit au : _ M: Gopgrroy CavaIGNAC. — Ma conviction n’a été 2 faite sur le faux Henry que le jour où, après être sorti volontairement des procédures régulières, j’ai fait venir 4 . des an moi l’homme qui avait commis cel acte et où, ° obtenu de lui un aveu que personne autre que moi ne lui aurait arraché. pen: Ah oui! si j’avais voulu faire ce que vous paraissez © insinuer sans oser le dire, si j’avais voulu écarter ou $ à ke Le dissimuler l’aveu, savez-vous ce que j’aurais fait ? Hi lLe jour où le premier doute est venu dans mon 4 4 esprit, oui, j’aurais livré, sans aller jusqu’au bout de mon enquête, j’aurais livré le lieutenant-colonel . M:Pasor.— C’est ce que vous avez eu l’intention de & M. Goprrroy CAvaAIGNAC. — … à quelqu’une, mon- À sien Henri Brisson, soit de ces instructions judiciaires où vous avez su accumuler les garanties pour l’accusé ce : à tel point qu’il n’en reste plus pour la recherche de la _ vérité. (Applaudissements sur divers bancs au centre | fe à droite. — Exclamations à l’extrême gauche) ; M. ARISTIDE BRIAND.— Vous avez préféré lui envoyer | un rasoir. (Bruit) T E . GODEFROY CAvAIGNAC. — Peut-être aussi, monj* ra ur Henri Brisson, à quelqu’une de ces enquêtes parvu NE IOERERRNSE

lementaires dont on nous parle aujourd’hui, dont vous # 4 avez dirigé l’une et où vous savez si bien combien la S 1 vérité échappe facilement à ceux qui la cherchent. (Applaudissements et rires sur les mêmes bancs au à centre et à droite) +4 | Eh bien, non! Je suis sorti volontairement des voies D régulières; j’ai fait venir le coupable devant moi et | j’ai obtenu de lui ce que des voix sorties de vos rangs « | ont appelé un jour, dans un accès de franchise, le seul | atome de vérité prouvée qu’il y ait dans cette affaire; {

  • j’ai arraché de lui par ma résolution et par ma volonté | laveu que vous essayez aujourd’hui d’exploiter contre î ° nous. (Bruit à l’extrême gauche) À Vous avez encore, monsieur Henri Brisson, insinué j ou affirmé que j’aurais établi à ce sujet un concert avec î le commandant du quatrième corps. Sur ce point, c’est : bien simple : je vous oppose le démenti le plus net et le plus formel. (Applaudissements sur divers bancs, au 4 centre et à droite) D: Quant à cette autre affirmation que vous avez été singulièrement imprudent de porter ici, monsieur Henri Brisson, d’après laquelle je vous aurais dissimulé Ÿ la pièce dont a parlé M. Jaurès, je n’ai jamais, quant à moi, connu cette pièce ; aucune des personnes avec qui. jamais soufflé un seul mot. À | M. Jean Coper. — Monsieur Cavaignac, vous avez ù dit tout à l’heure le contraire ? ; : | M. Maurice Viozretre. — Vous avez dit que wous à | n’en aviez pas tenu compte ! M. Goperroy CAvAIGNAC. — Je croyais que M. Henri Brisson faisait allusion à la prétendue lettre de l’empe4%

Ne : : reur d’Allemagne, sur laquelle M. Jaurès a appuyé son ‘4 M. Jaurès. — Mais vous ne contestez pas la lettre du “. général de Pellieux ? Non! C’est entendu ! N. lettre du général de Pellieux, en quoi cette lettre était_ cle une pièce du dossier ? (Exclamations à gauche et à ( l’extrême gauche) « } M. Jaurès. — Je demande la parole ! (On rit) . . M. Goperroy CAvalGNAc.—Je demande en quoi une Er appréciation produite, formulée par M. le général de BU*, Pellieux — vous ne savez pas même s’il l’a maintenue Le _ dansson esprit (Exclamations à l’extrême gauche), et je crois savoir qu’il l’a regrettée aussitôt après l’avoir

  • …_ écrite — je demande en quoi cette lettre de M. le gé- À 3 néral de Pellieux constituait une pièce du dossier ? ({nterruptions à gauche) hi Je répète que tout le dossier a été mis à la disposiKi tion de M. Henri Brisson, qui l’a reconnu lui-même à —. cette tribune, dans la séance du 18 décembre. , £ …- … M: Henri Brisson a terminé en mêlant à cette affaire le la politique et les excommunications de parti. (ZxclaLAS mations ironiques sur les mêmes bancs) Il a prononcé fee des jugements au nom de la conscience universelle, ( Fe comme si notre conscience, à nous, ne valait pas au € moins la sienne. (Applaudissements au centre et à ét ; Vous n’êtes pas des juges; vous êtes des adversaires politiques, et des adversaires politiques que nous comh battrons sans relâche. de M: Henri Brisson évoquait ici le souvenir des républiRe _ cains d’autrefois, des républicains dont nous nous honoPMP ALU

rons de revendiquer les traditions, et faisait appela À leurs témoignages. Oui, je voudrais bien qu’on les appe 17° lât ici, les hommes qui ont fondé autrefois la Répu. | blique contre les régimes de corruption de jadis; je 4 voudrais bien qu’on les appelât ici. ‘à M. Juzes-Lours BReron. — Ils vous enverraient à … Es. | l’échafaud, ceux-là! 15 M. Goperroy CAVAIGNAG. — J’ai peut-être plus de” 0 droits que M. Henri Brisson de parler au nom de ceux | drais qu’on rappelât ici les hommes qui ont fondé la ‘al République autrefois en face des monarchies et qui ont %: 0 créé ce parti d’honnêteté politique et de fierté nationale 4 qu’était le parti républicain. Je voudrais bien qu’on rap- xl pelât ici… ({nterruptions et bruit à l’extrême gauche et nn M M. Juces-Louis Breton. — Si nous étions la Conven- | tion, il y à longtemps que vous seriez guillotiné |! ‘A M. Le PRÉSIDENT. — Monsieur Breton,je vous rappelle aan M. Gonsrroy CAVAIGNAC. — … ceux qui ont fondé le parti républicain en face de la monarchie parlementaire à de Juillet, je voudrais qu’on püt leur demander si le : régime d’aujourd’hui ressemble plus à celui qu’ils à avaient rêvé qu’à ceux qu’ils ont combattus et renver- pt M. JAURèS. — Je n’ai qu’un mot à ajouter sur cet inci 4 Je n’ai jamais dit que M. Cavaignac ait eu connais- k sance de la lettre de Guillaume IL; mais je prends acte FA

de sa déclaration relativement à la lettre du général de

  • | Pellieux : il l’a reconnue authentique et il reconnaît 714 _ Ge que cette lettre a de grave, monsieur Cavaignac, etce quiest vraiment étrange, c’est que vous n’ayez n | pas remarqué… Hit M. Gopsrroy CAVAIGNAG. — Voulez-vous me perA _ mettre un mot? (Exclamations à gauche) sh #: Je crois, messieurs, que les documents que j’apporte peuvent soutenir la contradiction, et je n’ai qu’un regret, c’est qu’on n’ait pas soumis à la même épreuve ceux G’ que M. Cavaignac apportait jadis à cette tribune. (Très … bien! à l’extrême gauche et à gauche) : Lo _jele répète, la responsabilité de tout ce qui a pu être We 21 fait au sujet de la lettre du général de Pellieux. 5 D Cependant, comme il s’agit de souvenirs qui remon- “tent à cinq années, je ne puis pas dire si elle est arri- | vée au ministère ou si elle y est arrivée avant ou après mon départ. 4 7 Le sens de mes paroles est celui-ci : je déclare que, Km ème si cette lettre fût parvenue au ministère alors que ? | jy étais, je n’en aurais tenu aucun compte. (Très bien! À Lie _très bien! à droite et sur divers bancs. — Bruit à gauche à +8 et à l’extrême gauche) Li M. Jaurès. — Voilà un fait qu’il vaudra vraiment la = peine de tirer au clair. ts A s’agira de savoir qui a pris la responsabilité, dans “4 cetie crise, de garder pour lui-même un document qui, “selon nous, pouvait éclairer le problème d’un jour déci-
  • sif . Ge qui paraît avoir échappé, à moins qu’ils ne l’aient

trop bien vu, à ceux qui ont gardé pour eux cette pièce, : 4 c’est qu’elle est grave, particulièrement grave, en ce 1 que le général de Pellieux, qui avait conduit l’enquête 4) Esterhazy qui a servi de base à tout le développement “4 | ultérieur, c’est que le général de Pellieux, rappelant ses s | souvenirs, les éclairant à la lumière de l’aveu d’Henry, accuse certains de ses chefs, non pas de s’être trompés - & al comme lui, mais de l’avoir systématiquement et délibé- « | rément trompé… (Mouvements divers) Ta Lorsqu’il dit : « Dupe de gens sans honneur », et lors- : qu’il ajoute qu’ « il ne peut garder sa confiance en ceux de ses chefs qui l’ont fait travailler sur des faux », c’est l’accusation directe de complicité morale avec 4 Henry que porte le général de Pellieux. (Applaudisse ments à gauche et à l’extrême gauche. — Exclamations Fr) Et notez qu’il dit qu’on l’a « fait travailler sur des # faux » c’est-à-dire qu’on a égaré sur des pièces fausses î l’enquête d’où devait résulter pour ce pays la lumière et “} Voilà ce qui était grave au moment où Henry avouait . le crime commis par lui, et où il importait de savoir si c’était un crime isolé ou bien s’il se rattachait à tout un 4 système de mensonge et de faux. Cette pièce pouvait ” avoir une importance capitale. En tout cas c’était le ‘à devoir de ceux qui l’avaient reçue d’appeler le général : de Pellieux à s’expliquer sur son contenu non seulement ÿ | devant eux-mêmes, mais devant tout le Gouvernement 4 responsable qui avait à prendre solidairement des déci- . | sions et des responsabilités. C’est ce devoir qui n’a pas k été rempli : et lorsque vous dites que vous ne savez pas | si le général de Pellieux n’a pas en partie retiré la pen- }

K ot sée exprimée par lui dans cette lettre, j’ai des raisons 4 de croire qu’il l’a maintenue, j’ai des raisons de croire L 5 qu’il a insisté pour que la pièce qui lui était F3 renvoyée retournât au point où il avait voulu la desti2 f ner, mais je serai d’accord avec vous, si vous le demande dez, pour réclamer que sur ce point où il importe que 4 la lumière soit faite, le ministre, le Gouvernement, nous k apportent après enquête le résultat nécessaire que doit “_ attendre le pays républicain. ss La Mais, messieurs, laissez-moi vous dire — et cela se fi rattache étroitement au plan que j’ai développé ici — D: aissez-moi vous dire qu’en cachant cette lettre du . se général de Pellieux qui aggravait la signification du L Fe faux Henry et la portée de ses aveux, on a permis au La parti du faux, au parti du mensonge de se recueillir, 3 de se ressaisir, et, après quelques journées de stupeur, | de recommencer autour d’un autre faux, la lettre de ie Guillaume Il, la même campagne plus audacieuse té encore et plus cynique. (Applaudissements à l’extrême

È … de Pellieux n’a pas manqué à Dreyfus, puisqu’il a été Hé recueilli dans l’enquête de la chambre criminelle.

M é M. JaAuRÈS. — Je demande à la Chambre, étant fatiun gué aujourd’hui, la permission de remettre à demain, Ë au début de la séance, la suite de cette discussion. o (Vifs applaudissements à l’extrême gauche et sur divers & “ | bancs à gauche. — Exclamations sur divers bancs à ‘ _ droite et au centre)

nuer à s’occuper demain de l’affaire Dreyfus, je ny M | d vois pour ma part aucun inconvénient, mais il me | semble que nous ne devons point oublier le point de Ml départ qui est l’élection du deuxième arrondissement de k 4 Paris. (Très bien ! irès bien! à droite et au centre. — ‘4 | Interruptions à l’extrême gauche) 4 Vous pourriez peut-être, messieurs, en jugeant tout À 6 de suite le cas électoral donner satisfaction au suffrage “4 universel, qui, après tout, m’a envoyé ici. (Bruit à À ; x M. MassaBuau. — Je demande la parole. (Æxclama- 4 M. LE PRÉSIDENT. — Il est d’usage que la Chambre 3] accorde à l’orateur qui le demande la remise au lende- 0 main. (Très bien! très bien!) 1 M. pe Boury. — Pas toujours! On a forcé jadis 4} M. Prache à continuer son discours. QU | remise à demain de la suite du discours de M. Jaurès, L | mais à la condition qu’il sera bien entendu qu’une fois M que M. Jaurès aura parlé, la Chambre ne prononcera 4 pas la clôture du débat et qu’elle nous permettra de lui 4 commission, permettez-moi de dire, messieurs, qu’il est ñ incompréhensible qu’on s’oppose à ce que nous propo- | sons. Il est tout naturel que M. Jaurès demande le ren- | 4 |

voi à demain, et que ce renvoi soit voté, mais rien

n’empêche que nous achevions ce soir l’examen des Jr Le

  • _ opérations électorales ‘du deuxième arrondissement. F: “4 (Interruptions à l’extrême gauche et à gauche) ave _ Je ne dis rien là qui puisse blesser personne. Je tiens 1 : dégager la respons té de la commission… (NouLT le : interruptions sur les mêmes bancs) ÿ _ Un débat a été greffé sur un autre : la commission x demande que la Chambre statue sur la remise à demain & . de cette discussion et qu’ensuite elle se prononce sur Don mi est en cause. (Très bien! très bien! au . centre et sur divers bancs. — Mouvements divers) L52 … M-ze rréspenr. — Je consulte la Chambre sur la “remise à demain de la suite de la discussion. + | 1 fAè IL y a une demande de scrutin signée de MM. Féron, | _ Bagnol, Aristide Briand, de Pressensé, Desfarges, Genet, 7 | _ Baudon, Rouby, Dubief, Pajot, Lesage, Dasque, etc. 4 | _ Le scrutin est ouvert. | 150 (Les votes sont recueillis. — MM. les secrétaires en ‘
  • font le dépouillement.) | | 24 … M2 Présipenr. — Voici le résultat du dépouillek NT . _ ment du scrutin : PE È Fe La Chambre des députés a adopté. VER En conséquence, la suite de la discussion est ren- \

Invalidation Syveton ne

Annexe au procès-verbal de la séance ï 1

à du lundi 6 avril 4

La Chambre des députés a adopté. 4

ches-du-Rhône). Barthou. Basly. Baudet (Charles) (Côtes- |

du-Nord). Baudet (Louis) (Eure-et-Loir). Baudin (Pierre). {

(Jules-Louis). Brisson (Henri) (Bouches-du-Rhône). Brunard. 4 (François). Carpot. Castellane (comte Stanislas de). ”

Fr Re ne dre-et-Loire). Chautemps (Émile) (Haute-Savoie). ChauEt Le vière. Chavoix. Chenavaz. Clament (Clément) (Dordogne).

|. 44 . Fernand-Brun. Féron. Ferrero. Ferrier. Fiquet. Fitte. | Es Fleury-Ravarin. Fournier (François). } DS Girod. Godet (Frédéric). Gontaut-Biron (comte Joseph de). | Lr « bard. Hubert. Hugon. Hugues (Clovis) (Seine). 17 _ La Batut (de). Labussière. Lachaud. Lacombe (Louis). 748) tire. Lamendin. Lanessan (de). Lannes de Montebello. F: Lefret. Lepez. Lesage. Le Troadec. Levet (Georges).

| Levraud. Leygue (Honoré) (Haute-Garonne). Leygue À Messimy. Michel (Henri) (Bouches-du-Rhône). Mil (Louis): | ; Balade. Pressensé (Francis de). Puech. : LI Selle. Sembat. Sénac. Serres (Honoré). Sibille. Siegfried. « il Simonet. Simyan. Sireyjol. ET | MM. Adam (Achille). Alsace (comte d’), prince d’Hénin. Ms | Amodru. Anthime-Ménard. Archdeacon. Argeliès. Arnal. NE

Ru Bar sard de Bois. Baron (Jules) (Maine-et-Loire). Baudry A _ d’Asson (de). Beauregard (Paul) (Seine). Beauregard (de) 5 (ind re). Benoist (de) (Meuse). Berger (Georges). Berry | —_ (Georges). Bignon (Paul). Boissieu (baron de). Bonnevay. f _ the-et-Moselle). Brindeau. Brisson (Joseph) (Gironde). ne Broglie (due de).

_ Cache. Caffarelli (comte). Caraman (comte de). Castelnau 3) Un (de) Cavaignac (Godefroy). Chambrun (marquis de). ;

_ Cornudet (vicomte). Corrart des Essarts. Coutant (Paul) | » Dansette (Jules). Darblay. Daudé. Dèche. Delafosse “…_ (marquis de). Drake (Jacques). Dubuisson. Duquesnel.

ne: Elva (comte d’). Engerand (Fernand). Ermant. j

#4 à istourbeillon (marquis de l’). | Ki Fabien Cesbron. Failliot. Faure (Firmin). Ferrette. : |. 4 _ Flandin (Ernest) (Calvados). Fontaines (de). Fouché. | …_ Gaïlhard-Bancel (de). Gaillard (Jules). Galot (Jules). | _ Galpin (Gaston). Gauthier (de Clagny). Gautier (Léon) 5 | _ Gé ard (Edmond) (Vosges). Gervaize (Meurthe-et-Moselle). | | Gévelot. Ginoux-Defermon. Gonidec de Traissan (comte NU M“ Ie): Goujon (Julien). Gourd. Grandmaison (de). Grosjean. | ra Groussaux. Guilloteaux. Guyot de Villeneuve. : sg _ Halgouet (lieutenant-colonel du). Hémon. | S | Jacquey (général). Jules Jaluzot. LA

‘in Labourdonnaye (comte de). La Chambre. La Ferronnays

. (marquis de). Lamy. Laniel (Henri). Lanjuinais (comte de).

| Larpentaye (Rioust de). Laroche-Joubert. La Rochethulon

(comte de). Lasies. Laville. Lebaudy (Paul). Lefas. Me Legrand (Arthur). Le Hérissé. Lemire. Lepelletier (Edmond). 34 Lerolle. Lespinay (marquis de). Lévis-Mirepoix (comte de). MA Limon. Ludre (comte Ferri de). ; EN: Mackau (baron de). Marot (Félix). Maurice Binder. 4 à Maurice Spronck. Maussabré (marquis de). Michel ‘4 | (comte de). Montalembert (comte de). Montjou (de). Moustier (marquis de). Mun (comte Albert de). LLC Plichon. Pomereu (comte de). Prache. Proust. Pugliesi- 4 Ramel (de). Rauline. Reille (baron Amédée). Reille (baron (Ardèche). Roger-Bailu. Rohan (duc de). Roscoat (vicomte “ du). Rouland. Rouvre (Bourlon de). Rudelle. ne | Saint-Martin (de). Saint-Pol (de). Savary de Beauregard. Fe Schneider (Eugène) (Saône-et-Loire). Suchetet. k

Bourgeois (Léon) (Marne). Boury (de). Brice (René) (Ille- ‘3h

Gaflier. Gellé. Guillain. FAR ET er hièze. Laurens-Castelet (marquis de). Léglise. Lozé. _ Mahy (de). Maruéjouls. Massabuau. Méline. Motte. LS “Un 10 (Camille). Périer de Larsan (comte du). VERS | HU tes députés dont l’élection est soumise à l’enquête : 1 …_… Caïllaux. Castellane (comte Boni de). Castillard. Cauvin dE » (nest). Chabert (Justin) (Rhône). Chamerlat. Chanoz. “ù … David (Henri) (Loir-et-Cher). Decrais. Derveloy. Des- | Hugu Les (François) (Aisne). }

MA Larquier. Le Bail. Le Mare. Le Moigne. Leroy (Modeste). | x: _ Leygues (Georges) (Lot-et-Garonne). HE ES di: |

Les nombres annoncés en séance avaient été de:

de Pour l’adoption… “1327 Re Lie Mais, après vérification, ces nombres ont été rectifiés | conformément à la liste de scrutin ci-dessus. ne ES [Les rectifications au scrutin de ce jour sont port “Eu | dans le numéro suivant de l’Oficiel, après les scrutins nn M

_ Chambre des Députés, huitième législature, session AS dé À ordinaire de 1903, compte rendu in extlenso, soixante- sal À _ sixième séance, séance du mardi 7 avril. — Journal Hour officiel du mercredi 8 avril 1903 : rl » Présidence de M. ÉTIENNE, vice-président. (ire A commission chargée de procéder à une enquéte sur é …. les opérations électorales du deuxième arrondisse- Von | ment de Paris et tendant à la validation de ces SA le ministre de la guerre, Camille Krantz, Godefroy Ne “ _ Cavaignac, Henri Brisson, Lasies, de Pressensé, LAN 14 Paul Beauregard, rapporteur. Scrutin. Pointage. NE Rejet. — Annulation des opérations électorales. ve | Projets de résolution : 1° de M. Jaurès et plusieurs Î … de ses collègues; 2° de M. Paul Constans et plusieurs mA e ses collègues: 3° de M. Magniaudé. — Demande pe “ rès — Demande de l’ordre du jour pur et- 10 TA | simple : MM. Ribot, Chapuis, Cavaignac, le prési- ’ . deni du conseil, ministre de l’intérieur et des cultes : ee | Astiei De Projets de résolution : 1° de M. Astier;

2° de M. Ghapuis et plusieurs de ses collègues. _— À Demande de l’ordre du jour pur et simple : MM. le À président du conseil, Ribot, Chapuis, Vaseille. Retrait. A — Rejet, au scrutin, de la priorité en faveur du 4 projet de résolution de M. Jaurès et plusieurs de ses ‘à | collègues. — Sur la priorité en faveur du projet de à | résolution de M. Chapuis et plusieurs de ses collègues : 1 | — Adoption, au scrutin, au fond, de la première 7 partie de ce projet de résolution. — Adoption, au | | scrutin, de la seconde partie. — Adoption, au scrutin, de l’ensemble. Ê. Suite de la vérification des pouvoirs | M. LE PRÉSIDENT. — L’ordre du jour appelle la suite Ë de la discussion des conclusions du rapport de la commission chargée de procéder à une enquête sur les 1 opérations électorales du deuxième arrondissement de 43 | Paris. il La parole est à M. Jaurès pour continuer son discours. 4 M. JAuRÈS. — Messieurs, hier dans la houle qu’a pro- - 4 voquée l’incident entre M. Brisson et M. Cavaignac, je A n’ai pas entendu deux observations présentées par à deux de nos collègues. M. Cavaignac a dit : la lettre west pas d’ailleurs nouvelle: une interview en avait 4 donné une idée très exacte dès le 3 septembre. 5 Je réponds à cela trois choses : il n’y à aucun rap- | port entre une interview dont l’authenticité ne peut être 3 assurée, où les termes ne peuvent pas être contrôlés et 3; une lettre authentique, oflicielle, signée par un homme K]

Has -omme le général de Pellieux. (Très bien! très bien! à Ÿ 4 En second lieu, entre les termes de l’interview et » ceux de la lettre, il y a de notables différences. Les D Fe expressions les plus fortes de la lettre ne se retrouvent. ” pas dans l’interview, et enfin on cherche inutilement à comment une interview publiée le 3 septembre pouvait —…_ A l’extréme gauche. — Il l’a reconnu! …_ M. Gagnez Syveron. — Permettez-moi de fixer ce : 4 _ point du débat. Je crois que la presse non seulement a donné une ; interview du général de Pellieux, mais encore elle a _ signalé sa lettre en en donnant le sens général et même 3 … une des phrases principales. Car voici ce que Le Gaulois … du 2 septembre 1898 a publié : “ Le document dont le général de Pellieux a été appelé à
“nest aujourdhui reconnu faux. Il est constant que le …_ … général de Pellieux a été trompé indignement. Il s’en est

  • expliqué avee une franchise brutale dans la lettre qu’il a …. adressée hier à M. le gouverneur militaire de Paris, — la lettre était adressée au ministre; mais, suivant la voie é _ hiérarchique, elle est parvenue au général gouverneur de —. Paris, — et par laquelle il sollicitait sa mise à la retraite —. pour éviter d’être confondu avec des gens sans honneur. —_ Ce texte établit que l’existence de la lettre, son sens k à général, une des phrases principales étaient connus dès

le 2 septembre 1898. (Très bien! très bien! à droite et sur divers bancs au centre. — Bruit à gauche) Re ET M. Jaurès. — Mon observation demeure tout entière. | ES. M. LE PRÉSIDENT. — Tout le monde le sait, mais 4 | laissez, je vous prie, l’orateur s’expliquer. RE f M. ze marquis DE Dion. — Si M. Jaurès juge que Ni l’affaire Dreyfus est, comme la triple alliance, uw contrepoids nécessaire au chauvinisme français, cela le ri à regarde; mais nous ne pouvons pas laisser passer de 74 télles paroles sans protester. FES M. LE PRÉSIDENT. — Monsieur de Dion, si vous per- “à 4 sistez à interrompre, je serai obligé de vous appliquer ‘] les peines du règlement. on | M. ze marquis DE Dion. — J’ai le droit de donner 4 mon sentiment. US vous prie encore une fois de garder le silence. ; à k pas à vous rappeler à l’ordre avec inscription au S à M. LE MARQUIS DE Dion. — M. Jaurès a déjà dit que ”} la triple alliance était un contrepoids nécessaire au 3 patriotisme français et il essaye de démontrer que : @ l’affaire Dreyfus doit jouer le même rôle. (Æxclama- :. | tions et rumeurs à l’extrême gauche) à | M. LE PRÉSIDENT. — Je vous rappelle à l’ordre avec “4 |

_inscri ption au procès-verbal. (Très bien! très bien! à _ l’extrême gauche)
À ja pulser de votre Parlement, je me sentirai très honoré we _ quand j’aurai été mis à la porte par vous tous. (Bruit) ‘4 RAM JAURÈS. — Quand l’adversaire crie, c’est qu’il se 2 sent touché. (Applaudissements à gauche et à l’extrême - Je maintiens qu’il y a une différence décisive, au : . point de vue de l’effet sur l’opinion et au point de vue | … des décisions immédiates que le Gouvernement devait … prendre, entre une interview où même il serait fait siR allusion à la lettre du général de Pellieux et Le texte si : | vigoureux de cette lettre. L | 2 . Jaurès. — Oh! monsieur Syveton! je vous en sx 12 L M. ze marQuIS DE Dion. — C’est une manœuvre pour S _ Paralyser et détruire notre pays. _ M. Pracne. — Enfin, est-ce qu’il s’agit de l’élection _ de Dreyfus? dise tout ce qu’il voudra. Tout cela n’a aucune impor- . M. 1E marquis DE Dion. — C’est un défi porté au M. Jaurès. — Laissez-moi vous dire que ces mani- c %. M tions concertées, tapageuses et injurieuses viennent __ un peu tard… (Bruit à droite) | re vous m’avez écouté en silence, parce que vous 2 … nimaginiez pas que je vous porterais les coups que je -

vous porte. (Applaudissemenis à gauche. — Exclama- ë

Vous vous êtes donné le mot d’ordre pour essayer de couvrir ma voix aujourd’hui; je vous assure… (Bruit) ÿ

M. Le MARQUIS DE Dion. — Nous avons bien le droit Ë de manifester notre opinion! 4

M. LE PRÉSIDENT. — L’orateur ne peut pas continuer ainsi, je vous prie de garder le silence. J

M. JAURÈS. — … je vous assure qu’en agissant ainsi, # vous ne servez pas votre cause devant le pays. À

M. LE MARQUIS DE Diow. — Ce n’est pas notre cause, c’est celle du pays que nous servons.

| M. LE PRÉSIDENT. — Cette attitude est intolérable! |

M. Lasies. — Monsieur Jaurès, voulez-vous me per- ë mettre une observation ?.…

M. Lasres. — Aujourd’hui, M. Jaurès veut bien faire | échange de bons procédés avec moi, et je en remercie. 4

M. Jaurès a dit qu’on s’était concerté pour l’empêcher de parler. Chacun assiste à la discussion, monsieur Jaurès, avec son tempérament. J’ai des amis qui ont le tempérament ardent, et ils le prouvent. Mais üil n’y a rien de concerté.

Nous ne craignons pas les coups que vous nous portez. Je vous le prouverai tout à l’heure en essayant à de vous en porter qui vous gêneront beaucoup plus que les vôtres ne nous gênent. (Applaudissemenis à droite.

M. LE PRÉSIDENT. — J’espère que maintenant on écoutera vos bons conseils, monsieur Lasies, et que

M. JAuRÈS. — Il est donc entendu que les amis de

4 M. Lasies ne retarderont pas le moment où il pourra KL nous porter des coups décisifs. ; M. Massapuau. — On ne le laissera pas parler. ; M. Jaurès. — M. Grosjean — et c’est la deuxième

  • observation qui m’avait échappé et que je relève d’un ! mot, je l’ai vue ensuite au Journal officiel — n’a dit: mais qu’importe que la lettre de M. le général de — Pellieux n’ait pas été connue d’abord dans son texte “ authentique? M. le général de Pellieux a néanmoins été entendu par la cour de cassation, qui a pu recueillir _ son témoignage. …— … Messieurs, de très bonne foi M. Grosjean a commis une erreur matérielle, que, tout à l’heure, je lui ai fait constater à lui-même. Il y a aux annexes de la cour de cassation des incidents où M. le général de Pellieux intervient; mais ils se réfèrent à des enquêtes discipli- “ naires sur Esterhazy antérieures à la découverte du . faux Henry. M. le général de Pellieux n’a point été _ entendu comme témoin devant la cour de cassation, il ; est probable qu’il l’aurait été à la requête de la défense si celle-ci avait été saisie du texte authentique de la LE lettre; — et voilà un des effets du silence gardé par , a l’honorable M. Cavaignac. f: M. Grorces GRosJEAN. — Voulez-vous me permettre un mot, monsieur Jaurès ? (Exclamations à gauche et à l’extréme gauche) M. JAuRÈS. — Très volontiers ! (Bruit à droite) Messieurs, je prie M. Grosjean de s’expliquer. M. Grorces GrossEan. — L’intérêt qu’avait la cham- …. bre criminelle à recueillir le témoignage de M. le géné- ral de Peliieux consistait à savoir de lui ce qui s’était È ‘passé au cours de l’enquête Esterhazy, qu’il avait con-

duite. Il n’était point nécessaire, pour faire appeläce L témoignage, de connaître la lettre dont M. Jaurès vous a lu hier le texte à cette tribune. J’ajoute que si cette ; 4 lettre vous a privé d’un moyen d’émotion sur l’opinion, É elle n’a pas privé les juges d’un élément d’appréciation « et voici pourquoi : Si considérable que soit l’intérêt que vous attachez à ce document, vousreconnaîtrez cependant T4 que: les aveux d’Henry avaient une force autrement considérable. Eh bien! je vous rappelle que arrêt de la 1 cour a écarté, comme fait nouveau, le faux, les aveux À et la mort d’Henry. 3 ; M. Jaurès. —Vous ne contestez pas vous être trompé M. Jaurès. — Nous discuterons ensuite sur les con D séquences de votre erreur. (Bruit à droite) 4 M. ze MARQUIS DE Dion. — Alors, la Chambre est À transformée en cour de cassation! Qu’on nous donne la : orateurs, vous vous plaindrez ! 34 M. Jaurès. — L’aveu d”Henry a donné tout à coup à ; la lettre de l’empereur Guillaume une importance nou è velle et un rôle plus grand. ; _ Après l’aveu du faussaire reconnaissant qu’il avait 4 fabriqué une pièce pour charger un condamné, il n’y É avait plus que deux attitudes à prendre : ou bien ceux | qui avaient soutenu jusque-là la culpabilité du condamné de 1894 devaient reconnaître que cette culpabi- Ë lité devenait plus que douteuse, puisqu’il avait fallu lappuyer de pièces fausses ; ou bien ils devaient expli- | quer que si le lieutenant-colonel Henry avait fabriqué :

Res ‘une pièce fausse, ce n’était pas pour appuyer une accu__ sation fausse, c’était pour suppléer devant l’opinion par ÉE une pièce qui pût être produite, une autre pièce plus 4 grave qui ne pouvait pas être montrée, et comme par ‘3 hypothèse le faux Henry pouvait être montré, comme _ le faux Henry représentait une correspondance entre A … les attachés militaires de deux grands pays, il fallait

  • pour expliquer que l’autre document ne pût pas être produit lui donner une origine beaucoup plus haute. 7e _ Et voilà pourquoi on est alors remonté jusqu’à la _ lettre impériale, voilà pourquoi au lendemain du faux 4 f Ë Henry, ceux qui voulaient maintenir la condamnation ‘8 “ . de 1894 ont adopté comme système fondamental que le É faux Henry était destiné à suppléer la fausse lettre de | À _ Guillaume IL, qui ne pouvait pas être produite. Avant ge .…. J’aveu d”Henry cette fausse lettre ne constituait qu’une h sorie de réserve et, suivant l’expression d’Esterhazy …— lui-même, une « garde impériale »; mais après l’aveu : 14 . d’Henry, cette réserve devenait Le véritable corps d’ar-
  • mée; c’est la lettre de Guillaume II qui devait donner à #4 fond dans la bataille. < Ta 2 à Messieurs, le nouveau chef, celui qui hérite des pou- “1 “voirs de la direction et des documents d’Henry disparu, Les celui qui va maintenant donner le mot d’ordre à toute
  • la presse nationaliste, en organiser et en coordonner d. “x les mouvements, M. le général Mercier, ne s’y est pas 4 - trompé, et dès le lendemain ou le surlendemain de —_ laveu d’Henry aussitôt que le parti nationaliste, d’a- :4 bord accablé, se ressaisit et se retrouve, c’est la lettre j _ de Guillaume II qui devient son moyen suprême de

encore, lui, à ce moment, le temps de se ressaisir tout < à fait ; il fait des réserves, mais il commence à indiquer “A Le crime du colonel Henry est à la fois odieux et stu À pide. A quel sentiment misérable ou à quelle idée biscor- T0) nue a pu obéir le chef du service des renseignements ? Je à le cherche vainement. Peut-être, s’il ne s’était suicidé hier, aurait-il essayé d’expliquer qu’il avait fabriqué un docu- 4 dont la divulgation eùt pu compromettre la sûreté de VE- 3 tat. Ce serait là en tout cas une excuse étrange attendu que ce témoignage ne pourrait servir qu’à infirmer la sincé- F rité des autres. 1 M. Rochefort est traversé par le doute ; mais le doute 4 n’habitera pas longtemps en lui. (Sourires à gauche) $ La Patrie du 3 septembre précise le système et elle - le met en quelque sorte sous le patronage d’Henry lui- 4 Nous devons à une indiscrétion de connaître la déclara- | tion suivante qu’aurait faite le colonel Henry : à « J’étais obsédé par l’impossibilité de rendre publiques les pièces établissant de façon irréfutable la culpabilité de Dreyfus. Cette publication mêlerait l’étranger à l’affaire et serait grosse de conséquences pour la France. IL fallait | cependant faire la contre-partie de l2 campagne poursuivie k en vue de prouver l’innocence du traître. Devant cette impérieuse nécessité, j’ai fabriqué une pièce, j’ai fait un faux, je l’ai fait en mon âme et conscience 25 # (ÆExclamations ironiques à l’extrême gauche et sur dans l’intérêt de la justice, acculé par l’impossibilité où nous nous trouvons de livrer à la publicité des documents secrets. »

…_ ]l pouvait, sans péril, livrer à la publicité les docu- « ments secrets émanés de Schwarzkoppen ou de PanizES . » … » … zardi. Quel était donc, sinon la lettre impériale, le

  • document secret qu’on ne pouvait sans péril livrer à la 4 publicité ? (Applaudissements sur les mêmes bancs) _ M:zrE marquis DE Dion. — Il n’y a que les morts qui M: Jaurës. — C’est pour cela que vous parlez! (Rires … à l’extrême gauche. — Interruptions à droite) ; _ M:1e marquis DE Dion. — Ce n’est pas très spiri- . … M. Jaurès. — Le 3 septembre, dans le Petit Journal, « M. Judet qui est venu dans l’enquête formuler le sys- . ième de défense de M. Syveton, dit : 14 L’explication du faux qu’il a commis, qui brise si lugu- …. brement toute une carrière de devoir et de vaillance, se — tire du sentiment exagéré des responsabilités personnelles .—.. devant une menace de revision. Il savait que le dossier Dreyfus renfermait des documents capables, par leur divul4 gation, d’entraîner des complications internationales et la ” guerre. Voilà pourquoi il voulait mettre en circulation des “ pièces qui dispensent de recourir aux autres, aux plus “… graves, sortes de billets de banque dont la valeur fidu- —. ciaire reposait à ses yeux sur l’existence de pièces authenH tiques maintenues prudemment dans l’ombre. ne … M: ne Boury. — C’est l’Argus de la presse! (Rires

M: JAURÈS. — La Libre Parole du 3 septembre repro- duit l’article de M. Judet, et ajoute : ue Je ne crois pas qu’on ait encore formulé aussi heureuse- … ment, aussi exactement l’explication du faux. di: Et la Patrie du 3 annonce que, pour faire valoir ce …— système, pour faire accepter au pays l’idée d’une pièce 1 69

Invalidation Syveton Re FE de,

ue formidable qui avait obligé l’état-major. EE substituer des pièces fausses d’une gravité moindre, un véritable syndicat d’officiers va se constituer; ce

sera le bataillon carré de la défense nationale autour ” Nous croyons savoir, EPL dit ée journal, LT ER | qu’un général qui a joué un rôle prépondérant dans les dernières affaires rela-

: tives à Dreyfus serait disposé à quitter l’armée, si ce n’est déjà fait, et à déchirer tous les voiles. L’idée dun groupement d’officiers supérieurs et généraux qui rés gneraient leurs fonctions et proclameraient ensuite la vérité, fait son chemin. Ces officiers connaissent le secret de l’affaire Dreyfus ; ils estiment que si la revision du pro … cès Dreyfus doit se faire, les nouveaux débats ne pourront pas avoir lieu à huis clos et qu’il faudra tout dire à ia France. « C’est la guerre certaine, » disait l’un d’eux ce # matin. Pourquoi est-ce la guerre ; sinon parce qu’on aurait à produire un document qui mettait personnellement en cause un souverain étranger ? 1

Messieurs, le système se propageait si abondamment. dans la presse nationaliste de France qu’il y futrépondu par une communication officieuse de la Gazette de « Cologne, du 7 septembre : 4

Les soi-disant feuilles d’état-major francais continuent à n vouloir faire croire que la France, par tous les documents | du procès Dreyfus, va au devant d’une guerre menaçante L avec l’Allemagne. On sait à peu près aujourd’hui, grâce aux e communications de certaines feuilles, à quels documents, on fait allusion et qu’il s’agit certainement des prétendues : M lettres de l’empereur allemand.

Nous pouvons attendre iei avec un grand calme ces : publications. Car, il est à peine nécessaire de le dire, ilme peut s’agir que de faux, un empereur allemand ne corres-

AR AS avec les espions au service de l’Allemagne. Si 6 F quelque agent subalterne ou même un officier supérieur a

_ falsil é le nom de l’empereur, nous n’y verrions pas de

  • raison pour que Allemagne, de ce chef, déclare la guerre à la France. Ce serait tout au plus pénible pour les officiers

É qui auraient donné un instant dans le piège d’un faux … aussi grossier que ridicule. É Vous me permettrez de dire, puisque très souvent de

—…. véhémentes déclarations de patriotisme sont jetées dans

| nos débats, qu’il y aurait eu peut-être quelque patrio-

| tism e à ne pas organiser notre état-major de telle sorte ? “€ que nous obligions l’étranger à le rappeler d’une façon _si humiliante au bon sens élémentaire et au sens commun. (Réclamations à droite. — Applaudissements L | à l’extrême gauche et à gauche) M. Puezæsi-Conri. — Parlez-nous donc de l’opinion î

que professe sur votre compte Liebknecht.

DEUM. Lasres. — Vous trouvez cela très bien, monsieur À : le ministre de la guerre; pour moi, je trouve cela écœu- 1 rant. (Applaudissements à droite. — Interruptions et 1 . M: Jaurès. — Mais, messieurs, c’est le journal la }

: Groix qui a formulé le système avec le plus de suite,

4 avec le plus de perfidie dans les mois de septembre et _ doc: obre qui ont suivi les aveux d’Henry.

F 5 Groix essaye, avec une science tout à fait perfide,

A _ d’exploiterl’équivoque diplomatique qui s’était produite das

  • en 1894. Cette équivoque avait été créée tout ensemble

| par la faute de l’ambassade allemande et par la faute - 1 du ministère français de 1894. Ÿ

_ L’ambassade allemande avait pris, à propos d’une :

; ‘affaire antérieure d’espionnage, l’engagement qu’aucun

4 Ness de l’ambassade ne continuerait à se livrer

à Paris à cette sorte d’opération. L’engagement fut. que oublié, ou bien un des attachés militaires se livra à « 3 quelqu’une de ces opérations sans avoir prévenu lam- 5 bassadeur lui-même, si bien que, lorsqu’en 1804 un. ia . bordereau fut trouvé à l’ambassade allemande, le démenti ‘4 opposé par l’ambassade n’était pas inspiré seulement M par des raisons de fierté et de susceptibilité natio-. ‘4 nales, il sy mêlait encore le dépit de la constatation É qui était faite que des règles de convenance internationale n’avaient pas été observées. 3 4 De son côté, le gouvernement français, le ministère 41 de cette époque, tout en ayant la sagesse de consentir 4 à des communiqués à l’agence Havas qui atténuaient 4 ce qu’il pouvait y avoir de fâcheux dans les événements qui se produisaient, eut le tort d’employer des formes M ambiguës qui paraissaient non pas atténuer, mais À démentir la vérité, et où il paraissait nier qu’un borde- 1 reau eût été trouvé dans une ambassade étrangère. k Messieurs, cette équivoque, la démarche faite par À M. de Münster auprès du président de la République, ont été savamment exploitées. Et comme, au procès 1 Zola, M. Casimir-Perier, adoptant une règle de prudence” ” outrée, dont heureusement il s’est départi devant la 5 cour de cassation et devant le conseil de guerre de 1 Rennes, où il a dit toute la vérité, comme M. CasimirPerier avait dit au procès Zola : « Mon devoir n’em- 74 pêche de dire toute la vérité », le parti clérical essaya M de profiter de cette réticence et de l’obscurité qui res- M tait dans le pays sur les incidents diplomatiques de $ 1894 pour y glisser la légende de la fausse lettre de I! fut entendu que si, à cette époque, des communi- à

…. qués furent échangés, s’il y eut visite de l’ambassadeur : _ d’Allemagne au président de la République, c’est parce 2 que la pièce saisie portait une signature et une annota4 tion de l’empereur d’Allemagne lui-même, que l’ambasal sadeur était venu exiger la restitution de cette pièce et qu’on n’avait ensuite pu produire au procès qu’une pho- …—. iographie expurgée de ce document redoutable.

à . Voilà comment, à la faveur de l’obscurité qui était = restée en 1894 sur les rapports diplomatiques de la _ France etde l’Allemagne, une grande partie de la presse à catholique a essayé d’acclimater la légende de la lettre de Guillaume II. (Mouvements divers)

La Croix des dimanche 4 et lundi 5 septembre dit :

| Cependant la revision du procès Dreyfus s’impose et chacun sait que cette revision c’est la guerre. Ce n’est plus | un secret pour personne que la retraite inexpliquée de M: Casimir-Perier s’est produite après la scène de M. de — Münster réclamant sous menace de guerre les papiers volés. di, Les papiers furent restitués contre l’avis du président, Ils sont de nature à rendre un conflitinévitable, si on invoque — les réclamations faites par M. de Münster comme une fe épreuve. Donc, c’est la guerre quand nous ne sommes pas prêts et quand l’ennemi qui attend cette explosion a des res camps de 200.000 hommes approvisionnés à la frontière.

  • La Croix, du 28 septembre 1898, sous le titre : Gasi- mir-Perier et les pièces secrètes, raconte ceci :

M. Casimir-Perier déclare dans l’intimité ceci : Münster s’est fâché. Perier a reconnu qu’en effet il y a une pièce, & mais qu’on pourrait s’en passer au procès. Soit, mais je | “ demande absolument qu’elle soit rendue.

KE _ ajoutait l’ancien président : £ _ Elie fut restituée.

Ce document a été photographié. Il contient, paraît-il, + : des instructions détaillées, peut-être de la maïn de lempereur lui-même, instructions dont l’ensemble donne toute authenticité et, incidemment, il nomme en toutes lettres le traître Dreyfus. Bon nombre de personnes l’ont vu. Quel | qu’un qui a vu ce dossier a déclaré qu’avec une/seule pièce pl on convaincrait les plus aveugles. 3

Messieurs, c’est à l’aide de ce système que, pendant tout le mois de septembre et tout le mois d’octobre, la à

, presse catholique essaye d’abolir peu à peu dans ce : pays l’effet produit par l’aveu d’Henry.

C’est au moyen de ce système, c’est en dénonçant le ministère qui semblait vouloir prendre l’initiative de la : revision comme un ministère de trahison tout ensemble

et d’aventures, qui n’allait pas craindre, pour réhabiliter un coupable, d’exposer la France à la guerre par f la production de documents redoutables, c’est au “ moyen de ce système que, pendant tout le mois de sep- ;. . tembre et tout le mois d’octobre, le parti clérical a 1 combattu le ministère Brisson, le ministère de la revi- à

Si vous lisez la Croix de cette époque, vous y verrez | la haïne implacable, (Rumeurs à droite. — Applaudisse- h. ments à l’extrême gauche et à gauche) l’appel à la À eurée contre le ministère de lumière et de revision. È

Et c’est avec le système que je viens de vous mon- È trer de la fausse lettre de Guillaume glissée à la faveur } de l’obscurité et de l’équivoque diplomatique de 1894, | c’est avec ce système qu’on essayait de batire en + brèche la conviction de vérité et de bon sens qui avait commencé à se produire dans le pays. C’est avec ce : système qu’on battait en brèche le Gouvernement qui L

1e _voulai donner à la révélation du faux Henry, par la 64 revision, sa sanction nécessaire. fi Aujourd’hui, messieurs, il vous est facile de désaAn _vouer cette presse. ({nterruptions à droite. — Applau- 4 … dissements à l’extrême gauche et à gauche) Aujour- PAUNE d’hui, quand je vous apporte les citations de vos propres journaux, quand je saisis, que je dénonce votre sys- 14 _ tème non pas d’après les imaginations de vos adver- | saires, mais d’après les publications permanentes de Rn . vos propres amis, il vous est facile de railler et de A parler d’une sorte de revue rétrospective et d’Argus de Ho die presse ! C’est la vôtre, c’est celle dont vous vous êtes ler FE l’extrême gauche et à gauche) ; . M:Gasron GazriN. — Non, non, je ne connais pas % … cette presse, je ne connais pas la Croix! Je n’ai jamais ouvert un numéro de la Croix. Er | s’adresse pas à vous personnellement, ni à vous, monST Bite … 6 sieur Pugliesi-Conti. Veuillez garder le silence ! d connais pas la Croix; quel est ce journal? Où paraît-il ? M. Peut-être est-il publié en Allemagne ! (Applaudissements à l’extrême gauche) Non, me dit aussi M. PugliesiConti. En vérité, messieurs, laissez-moi.. (Vives inter- \ _ raptions et bruits à droite) : ; 410 M. Puezæsr-Conri. — Parlez-nous donc de M. Urbain È Gohier et de son opinion sur l’affaire. Il nous serait agréable de la connaître. (Bruit) ee à: M. LE PRÉSIDENT. — Monsieur Pugliesi-Conti, je vous de rappelle à l’ordre.

M. Jaurès. — Vous donnez ici, messieurs, un spec- PA tacle singulier ! (Applaudissements à l’extrême gauche « et à gauche. — Interruptions à droite) Ê ss Divers membres à droite. — C’est vous qui le don bien attristant que vous nous donnez. (Très bien! très 6 bien ! à droite. — Interruptions à gauche) à M. Jures-Lours BRETON. — Nous comprenons cela ! k martyriser la patrie! Pa. M. Puezxæsr-Coxrr. — Vous êtes les pires ennemis de < la patrie. à M. LE PRÉSIDENT. — Je serai obligé de vous rappeler à l’ordre, avec inscription au procès-verbal, si vous à M. Jaurès. — Dans les citations que j’ai faites, dans Æ les extraits que j’ai apportés à cette tribune depuis 2 l’origine du débat, je n’ai pas pris, par une sorte de : sélection trop habile, tel ou tel journal représentant À exclusivement telle ou telle catégorie de l’opposition à nationaliste, conservatrice ou catholique; j’ai emprunté È des citations, des articles à tous vos grands journaux 4 de toutes vos nuances, de toutes vos catégories; j’ai À emprunté des citations décisives à la France, à la ; Presse, au Jour, à la Patrie, à l’Intransigeant, à la Libre Parole, à la Croix, à la Vérité, à tous vos journaux. à M. JaAuRËs. — Et maintenant, je dis que c’est un sn spectacle étrange, lorsque dans tous vos journaux je 4

\ retrouve et je dénonce le même système, lorsqu’il est -# apparu qu’il n’ÿ a pas chez eux l’inspiration ou la fan4 taisie de tel ou tel individu, mais que c’est un plan d’ensemble, un plan commun où se résument les procédés ù de bataille de toutes les fractions de votre parti, (Bruit l à droite) c’est un spectacle singulier de voir, mainte- . nant que vous avez tiré de cette presse et de ses aflirmations.. ({nterruptions à droite. — Vifs applaudisse- ñ ments à l’extrême gauche et à gauche)… maintenant $ que vous avez tiré de cette presse, de ses affirmations, £ de ses inventions, de ses systèmes, de ses mensonges, ” tout le parti électoral et politique. ({nterruptions à é droite et sur divers bancs) 3 M. Anraime-MÉNARD. — Mais c’est vous qui en avez f fallait désavouer dans la période électorale. Vous êtes les élus de ces faux. (Bruit. — Exclamations à droite) Ÿ M. JAURÈS. — … tout le parti électoral et politique que A vous en pouviez tirer, lorsque l’heure est venue de rendre des comptes… (ÆExclamations et bruit à droite. — Applaudissements à l’extrême gauche et à gauche)

  • M. pe L’EsrourBeIzLon. — Le pays vous en demandera des comptes! M. Borcner. — Vous vivez de pourriture, voilà la M. Pracxe. — Qui a ouvert les écluses du syndicat? M. Jaurès. — … lorsque je fais défiler devant vous une cohorte d’articles de journaux dont les mensonges sont désavoués maintenant parce qu’ils ne peuvent plus | servir… (Applaudissements sur les mêmes bancs) 4 77

M. Louis Orrrvier. — Nous ne désavouons rien du A M. Jaurès. — … il est étrange de voirtout un partise : M renier lui-même en reniant.. (Interruptions à droüe. — ns Fe Applaudissements à l’extrême gauche et à gauche) Ts M. Louis Ocuivier. — Nous ne sommes pas des rené 4 M. Lucrex Micevoye.—Nous ne renions absolument - rien, rien, rien! (Applaudissements à droite. — Hxcla ”« mations à gauche) Ë De M. Massaguau. — Nous ne désavouons rien! (Nou M. Jaurès. — Je dis qu’ilest prodigieux de voir tout 3 un parti se renier lui-même en reniant aujourd’hui. ï “4 M. Cacuer. — Ce n’est pas vrai! “#6 | M. Savary DE BEAUREGARD. — Nous protestons | contre vos paroles. SR prêter à un parti de la Chambre une telle attitude. 59 M. GEorGEs BERRY. — C’est une inexactitude de plus 4 | que vous portez à la tribune. Fa | M. LE PRÉSIDENT. — Je fais appel à tous nos collè- + gues pour qu’ils laissent la discussion se poursuivre de | dans le calme. - 4 M. Jaurès. — Vous l’aurez: pour le moment, je l’ai. 2514

Quel triomphe, pour moi, de vous faire hurler en À _ vous citant votre presse ! (Vives réclamations à droite 4 et au centre. — Applaudissements à gauche) …_ M. Cacmer. — Il est naturel que nous nous révoltions

  • en vous entendant parler contre les intérêts de la M. Jaurès. — Cest le désaveu public et collectif de Û È : toute la presse de l’opposition par toute l’opposition. 16 (Applaudissements à gauche et à l’extréme gauche) L » M. LE PRÉSIDENT. — Vous avez protesté. C’estentendu. Maintenant gardez le silence. M. Jaurès. — … contre toutes les inventions… \ M. GEorces BERRY. — Vous parlez de désaveu : : oubliez-vous que Urbain Gohier vous a désavoué ?
  • (Très bien! très bien! à droite) e M. LE PRÉSIDENT. — Monsieur Berry, vous n’avez pas ë la parole. ‘a M. GeorGEs BERRY. — Je dis que nous n’avons rien 4 M. ze PRÉSIDENT. — Monsieur Berry, je vous rappelle F à l’ordre. (Réclamations à droite) ë M. Savary DE BEAUREGARD. — Nous ne sommes pas disposés à nous laisser injurier ! it M. LE PRÉSIDENT. — Quand vos orateurs seront à la ; W : tribune, je leur maintiendrai la liberté de la parole. … Pour le moment, la parole est à M. Jaurès seul. (Très _ bien! très tien!) M. Jaurès. — Messieurs, je m’étais borné à des lec- & tures, non pas à des lectures de journaux de la majo-

rité, mais à des lectures de journaux de la minorité et ; 1 on me disait sans cesse d’un ton railleur : Mais qu’est-ce ‘4 que cela ? “4 La Croix a dit ces choses : que nous veut la Groix ? E | — L’Intransigeant a produit ce système : qu’est-ce 1 que l’Intransigeant ? ; à | M. Rochefort a signé cet article ? — Où donc réside E maintenant M. Rochefort? (Rires et applaudissements à É | l’extrême gauche. — Réclamations à droite. — Inter- | ruptions et bruit) 4 M. GABRIEL SyYveron. — L’orateur invente des 4 interruptions. Personne n’a dit cela. : | M. JaAurÈs. — C’est M. Drumont, c’est Za Libre | Parole. Tout cela n’est rien ? D M. Jaurès. — Expliquons-nous bien alors ! 14 Je me suis efforcé de démontrer, hier et aujourd’hui, 1 que votre presse, toute votre presse, dès 189% a affirmé 1 l’existence d’une prétendue lettre de l’empereur d’Alle- 4 magne annexée à un bordereau sur papier épais. J’ai 4 démontré, hier et aujourd’hui, par des citations multi- 1 pliées de toute votre presse et de plusieurs de vos N orateurs, que c’est avec ce système que vous prétendiez ‘4 maintenir votre opinion dans l’affaire Dreyfus. Tout à 1 l’heure, M. Millevoye me disait : non, nous ne désa- 1 M. JAuRÈSs. — Eh bien! j’en prends acte. Il est À entendu par conséquent, que vous maintenez aujour- 4

ne M. Luce Mizevoye. — J’attends le résultat de — votre enquête. D’ailleurs, je vais vous répondre. ei M. Jaurès. — Il est entendu, dis-je, que vous main- à tenez aujourd’hui l’affirmation produite par vous à k Suresnes sur la lettre de Guillaume II. Ni les uns, ni les | autres vous ne désavouez rien.

M. Cacner. — Nous maintenons le jugement de

M. Le MARQUIS DE Dion. — Parlez-nous de lélection M. Jaurès. — Vous pourrez, en m’obligeant à lutter 84 contre des interruptions continues, essayer de briser { mes forces, (Dénégations à gauche) je vous avertis que vous n’y réussirez pas.

Je vous dis : Oui! expliquons-nous. Il faut savoir si vous prenez la responsabilité de votre presse et de ses affirmations collectives et permanentes. (Applaudissements à gauche)

À droite. — Ce n’est pas la question!

responsabilité des affirmations de M. Gohier ?

| M. Jaurès. — Il faut savoir s’il sera permis à un ? parti quel qu’il soit, de produire toutun système d’accusations par sa presse, à l’heure où ce système d’accusations peut servir ses intérêts politiques, il faut savoir s’il lui sera permis pendant quatre ans. ({nterruptions M. Puezxæsi-Conri. — Nous répondons de l’enquête ; de nos juges militaires, voilà de quoi nous répon_ dons. M. ze Marquis DE Dion. — Mais quel rapport cela , at-il avec l’élection de M. Syveton ?

M. ze président. — Monsieur de Dion, laissez-moi K. à diriger le débat ou venez prendre ma place. (On rit.) E M. Jaurès. — Il faut savoir s’il sera permis à ce parti ‘à | pendant quatre ans, delaisser faire sa presse, de laisser ne à parler ses orateurs, de permettre à quelques-uns de ses ; orateurs et à toute sa presse, la propagation de mons- nn | trueuses légendes, qui peuvent servir un intérêt de ‘4 | parti, et puis, quand la vérité apparaît, (Exclamations | à droite) quand vous avez retiré de cette légende mons- E | trueuse toute la substance, tout le profit que vous pouvez en retirer, et lorsque le moment est venu pour vous 4 ou de vous solidariser avec le mensonge collectif et 4 permanent de votre presse pendant quatre ans, ou de 4 la désavouer, il faut savoir si vous allez renier votre ‘4 presse et vous renier vous-mêmes. (Applaudissements 1 A droite. — Nous ne renions rien. È M. JAUuRÈs. — Eh bien ! c’est entendu, vous prenez à 4 votre compte ces affirmations. 7 : M. Puczresir-ConrtI. — Nous nous solidarisons avec ‘4 notre armée et avec nos juges militaires de Rennes. 4 M. LE MARQUIS DE Dion. — Mais cela n’a rien à voir È. avec l’élection Syveton. (Bruit à gauche) À M. LE PRÉSIDENT. — Je vous prie encore une fois de 4 garder le silence. L’orateur discute le rapport présenté à la Chambre. 4 M. Jaurès. — Vous prenez donc à votre compte les à affirmations de M. Millevoye surla lettre de Guillaume IE, 4 à votre compte les aflirmations de l’Intransigeant, de F la Patrie, de la Croix, de La Libre Parole sur la lettre ÿ de Guillame II. Il est entendu que cette presse est avec 1 vous. (Applaudissements à l’extrême gauche) +4

*à M. Pucuæsi-Conri. — Parlez-nous donc de l’opinion . du général de Galliffet sur la culpabilité de Dreyfus. L M. Jaurès. — Maintenant vous comprenez bien que sile système que je viens d’esquisser tout à l’heure, …_ d’après les journaux de l’opposition, vous comprenez

  • bien que si ce système a été aflirmé et propagé par

toute la presse de l’opposition, après le faux Henry et

  • avant l’arrêt de la cour de cassation, ce système est . | devenu plus nécessaire encore lorsque la cour de cassa- ‘ion eut attribué à Esterhazy le bordereau sur lequel _ avait été condamné Dreyfus. C’est alors qu’il fallut

substituer plus que jamais à tous les documents frap_ pés de caducité et de néant un document nouveau. de Mais ce n’est pas seulement dans la presse que se _ … faisait cette propagande de légendes et de mensonges.

Les hommes compromis de l’état-major, ceux qui vou-

laient maintenir à tout prix l’arrêt de 1894, essayaient

de calmer autour d’eux les inquiétudes de conscience qui commençaient à s’éveiller jusque dans le monde où … ils vivaient. Pour calmer ces inquiétudes de conscience, Î … ils allaient affirmant, eux aussi, l’existence du borde- “ _ réau annoté et ils en faisaient voir des photographies à ceux dont ils voulaient rassurer la conscience troublée. M. Scheurer-Kestner écrit dans une page de ses mé- _ moires que, dès novembre 1897, l’état-major proposait

ce système de bordereau annoté :

écrit-il, inventait tous les jours une nouvelle histoire.

. Cela l’amusait beaucoup, et comme le dit le général de Sancy « à M: de Bernis, qui l’a conté à un de mes amis, voici un Ê nouvel échantillon de la fécondité d’esprit de nos grands | 83

chefs. Il y a eu un incendie, racontait donc le général 7 1 de Saney, à l’ambassade d’Allemagne. C’est pendant cet incendie qu’on a dérobé le bordereau, accompagné de plusieurs lettres de Dreyfus adressées à attaché mili- “4 taire. Le comte de Münster est venu déclarer au ministre 2 | des affaires étrangères qu’il demanderait son passeport si ; on ne rendait pas le bordereau. Quant aux lettres de Dreyfus, il n’en parlait pas. Le bordereau lui a été rendu, mais D. on en a fait faire une copie et cette copie a été faite par à Esterhazy lui-même. De là, le papier pelure sur lequel le É: bordereau a été écrit. On n’a donc pas l’original au minis- D | tère de la guerre, mais seulement la copie faite par 4 Esterhazy. Et le général de Sancy ajouteit: « On s’amuse 4 beaucoup de cela à l’état-major. » 4 | Cette photographie du bordereau annoté, le général 4 Mercier, avec ses amis, l’ont pendant deux ans colpor-
tée ; et, ici encore, nous allons voir si vous désavouerez pe les affirmations de votre presse. (/nterruptions à ( Mais il y a mieux ici que les affirmations des jour- L | veton qui est en discussion. ; M. Jaurès. — Il y a des hommes qui témoignent que F] cette photographie du bordereau frauduleux a été mon- 4 trée, et je ne serai pas démenti par M. Émile Olliviersi je rappelle les termes exacts d’une déclaration faite par ë I n’a jamais vu ni jamais dit qu’il eût vu le bordereau ; annoté par l’empereur d’Allemagne et restitué par Casimir- : Perier à l’ambassadeur de Münster, mais qu’un de nos És amis, absolument digne de confiance, a vu une des huit ! photographies qui en avaient été tirées avant la restitu- Le :

. Un des efforts principaux, l’un des plus habiles fait ke par les faussaires, a été de convaincre de l’authenticité | de la pièce un homme qui avait, pendant des années, | vécu en Allemagne et qui pouvait, de son autorité, authentiquer en quelque sorte la pièce, c’est du colonel Stoffel que je veux parler. (/nterruptions à droite)

On avait su que le général Schneegans avait parlé de ces photographies du bordereau ; il a été interviewé par termes volontairement estompés, mais où la vérité

Je n’ai pas vu le général de Boisdeffre depuis près de vingt ans, il n’a donc pas pu me prendre pour confident. Néanmoins, je me souviens vaguement avoir entendu parler par le colonel Stoffel d’une lettre de l’empereur d’Allemagne au prince de Münster à propos de Dreyfus; quelqu’un colportait, paraît-il, cette lettre autographiée.

Allez-vous récuser, messieurs, le témoignage direct et personnel de M. Robert Mitchell, racontant à M. Ranc qu’il tient du colonel Stoffel lui-même que celui-ci a vu

la photographie du bordereau annoté.

C’est vous, M. Mitchell, vous même — lui dit M. Rance, dans Le Radical du vendredi 7 février 1902, — c’est vous, M. Mitchell, vous-même qui, le premier, —et vous ne m’avez pas demandé le secret, — m’avez parlé de fausses lettres de l’empereur Guillaume. Nous étions sur le boulevard en face du Crédit Lyonnais, souvenez-vous-en. Vous teniez la chose du colonel Stoffel et, comme moi, vous vous esclaffiez de l’imbécillité des gens qui croyaient à ce faux

6 impudent et grossier. s

Et le Gaulois du 7 février, sous la signature de M. Robert Mitchell lui-même, écrit à M. Ranc :

Mon cher confrère, vous me rappelez fort à propos que, sur le boulevard, en face du Crédit Lyonnais, je vous ai

parlé, sans vous demander le secret, d’une lettre de lempereur d’Allemagne où se trouvait affirmée la culpabilité de Dreyfus. Votre mémoire vous a bien servi. Il est exact, "" en effet, que le colonel Stoffel m’a révélé l’existence de ce F8) document et j’avoue, en toute sincérité, que je n’ai pu croire Es à son authenticité. Je ne dirai pas qu’à ce sujet je me suis NN esclafté, selon votre familière expression ; mais il est vrai que j’ai montré quelque surprise. J’avais tort, car la lettre … ‘4 existe ; elle n’émane pas, ilest vrai, de l’empereur allemand, B. mais je crois qu’on n’aurait pas grand’peine à retrouver ses 4 Elle arrivait juste à point pour jeter le trouble dans les “4 esprits non prévenus « et créer une présomption contre le 10 bureau des renseignements militaires ; is fecit cui prodest ».. | k + C’est entendu, messieurs, c’est nous qui avons fabri- k 4 qué le faux bordereau annoté. (Applaudissements à ‘: ‘à | l’extrême gauche et à gauche. — Interruptions et rires ne Mais je retiens — vous pouvez sourire et les beaux FE. | esprits en peuvent railler; mais cela demeure, cela aura ne | ses conséquences ; cela portera ses fruits — je retiens où que le parti de l’état-major et du faux avait convertià NN l’idée du bordereau annoté le colonel Stoffel. (Applau- E dissements à l’extrême gauche et à gauche) | 0 J’en retiens que le colonel Stoffel s’était fait l’agent ll de cette propagande, j’en retiens que le colonel Stoffel 4 affirmait l’existence de cette lettre, de ce document ; et 1 il est facile, après avoir désavoué, au moins à demi, la 4 presse qui colportait publiquement la légende et le 4 faux, il est facile aussi de railler quand on apporte à 4 cette tribune cette sorte de propagande occulte et mon- À daine ; mais elle est dans vos habitudes, elle est un des È secrets de votre action; (Applaudissements à gauche et à à l’extrême gauche) elle est un des moyens subtils par ‘4

lesquels on fausse l’opinion des salons, qui fausse, peu . à peu, l’opinion d’un monde plus étendu; et comme les 2 officiers fréquentent le monde où vous faites colporter ces pièces fausses, comme la caste d’où sortiront les

.… juges qui jugeront demain le procès fréquente aussi ce _ monde… (Zxclamations au centre et à droite) — vous effrayez pas avant l’heure, (Applaudissements à … gauche et à l’extrême gauche) et comme vous savez -… bien que les officiers, qui peuvent être appelés éventuellement à juger ces sortes de procès, rencontrent et . subissent, dans ce monde, cette sorte de propagande; nu comme vous savez qu’il était ainsi facile de propager, …_ de bouche en bouche, la légende monstrueuse, après è … avoir montré la photographie de la pièce fausse dans ù … quelques salons, il était facile de préparer ainsi l’action occulte que cette pièce fausse jouerait dans les prétoires militaires. (Vifs applaudissements à l’extrême gauche

_ Mais, messieurs, après tous ces efforts de propagande, _- propagande de presse et propagande mondaine.. (InterLi ruptions à droite) Voulez-vous savoir à quel degré elle ge s’était produite, comment elle s’était organisée et sys- « tématisée ? Écoutez la déposition du comte de Turenne devant la chambre criminelle, le 24 janvier 1899 : | Le seul fait que je puisse porter à la connaissance de la

  • cour, c’est une conversation que j’ai eu l’honneur d’avoir |

  • avec M. le comte de Münster le 24 avril dernier, 1898. A cette époque le bruit courait dans Paris que des lettres émanées

— de l’empereur d’Allemagne étaient renfermées dans un des

; dossiers. Personnellement, je ne croyais pas à l’existence

_ de ces lettres.

Ÿ: Le soir dont il s’agit, M. de Münster m’ayant pris à part,

me parla des bruits courant sur l’existence de ces lettres. IL d comprit aussitôt à ma réponse que je n’y croyais pas; Fe il me dit qu’il en était très heureux et il ajouta qu’il était très satisfait de pouvoir me confirmer dans mom Quelques jours après, je rencontrai M. Hanotaux, je crus J devoir lui faire connaître l’impression qui résultait pour | moi de ma conversation avec M. de Münster. 4 9 M. Hanotaux ne parut pas surpris et me remercia simple- À M. LE MARQUIS DE Dion, ironiquement. — C’est très M. JaAuRÈS. — Ce n’est pas grave, mais c’est un indice plus sérieux que vous n’imaginez. Lorsque leffort occulte et obscur que vous avez fait pour tromper l’opinion, lorsque cet effort est surpris, vous haussez les ”# épaules : « C’est une bagatelle! » Mais c’est par cette M œuvre patiente, obscure, subtile de mensonges quoti- | diens, par la propagande dans tous les mondes que vous opérez peu à peu et que vous faussez les juge- “ ments. (Applaudissements à gauche et à l’extrême 4 gauche) l Cette double propagande,propagande par la presse et M propagande mondaine, dont le général Mercier était l’ar- J tisan principal et le centre, voici qu’à la veille de l’ouver- 1 ture du procès de Rennes, elle pose devant le général | Mercier un dramatique problème et lui crée une grave M responsabilité. Le général Mercier avait le droit d’être Î | préoccupé quand le procès de Rennes allait s’ouvrir. Une demande de mise en accusation devant la Haute Cour | | avait été déposée contre lui par un ministère qui | s’étonna peut-être lui-même le lendemain de l’avoir risquée, par l’honorable M. Charles Dupuy, mais la r

re Chambre statua qu’il serait sursis au vote sur le renvoi É: du général Mercier devant la Haute Cour, jusqu’à ce “ que le conseil de guerre de Rennes eût prononcé. En ’ sorte que le conseil de guerre de Rennes allait statuer F non seulement sur Dreyfus, mais sur le général Mercier

  • et que le général Mercier était acculé à obtenir la con-
  • firmation du jugement de 1894, s’il ne voulait pas voir ; s’ouvrir devant lui les portes de la Haute Cour. (Applau- : dissements sur les mêmes bancs) À Il se demanda s’il allait faire usage publiquement devant le conseil de guerre de Rennes du document photographié qui avait servi depuis des mois à raffermir u_ Ja conviction chancelante de ses amis: beaucoup de ceux autour de lui qui avaient propagé la légende esti- ‘ maient que l’heure était venue pour lui de s’exécuter, | que l’heure était venue pour lui de se découvrir. On lui disait : Vous avez fait notre conviction au moyen du bordereau annoté et de la photographie qui nous a été l montrée par le colonel Stoffel et par d’autres, il faut que devant les juges de Rennes vous produisiez enfin la vérité, toute la vérité. pe Cette sorte de sommation lui était adressée par la Libre Parole en juillet. Elle lui était adressée -_ par M. Déroulède dans une lettre écrite par lui à _ M. Galli le 7 août 1899, quelques jours avant l’ouverture du procès. M. Déroulède le suppliait, le sommait presque de ne réserver aucun des secrets d’État qu’il Quelqu’un porta au journal Le Petit Caporal, le 3 août 1899, un article qui résumait tout le système du bordereau annoté qui devait être dans le procès de | Rennes le système du général Mercier. Il l’annonça, le

3 août, sous le titre : L’Empereur d’Allemagne et | l’affaire Dreyfus. — La pièce secrète. FFT SEC | Demain, nous publierons une communication des plus graves sur la pièce secrète du procès Dreyfus. TERRE Cette communication traite aussi, avec une compétence. L::8i) | particulière, la question des actes personnels de l’empereur 4 d’Allemagne dans cette affaire. Nous croyons que la lecture d’une telle communication peut jeter sur le drame qui va se dérouler à Rennes un jour nouveau. D | Au témoignage qu’il en a rendu ces jours-ci etquia été publié, c’est M. Ferlet de Bourbonne qui avait porté | cette communication au Petit Caporal. Je suis sûr qu’il en prendra la responsabilité. | Le lendemain, 4 août, le journal disait sous le même ch | Nous annoncions hier que nous publierions aujourd’hui une communication des plus graves sur la pièce secrète du procès Dreyfus. Cette note nous a valu la visite d’un per- M sonnage dont le nom est intimement mêlé à l’affaire Dreyfus et qui est appelé à se rendre à Rennes pour déposer au procès qui se déroulera la semaine prochaine, (2 Sur les instances de notre visiteur et pour lui laisser sa complète liberté d’action et de déposition, nous avons 4 consenti, dans l’intérêt de la justice, à priver nos lecteurs : d’un article vraiment sensationnel et dont tous les termes 4 étaient, nous en avons reçu l’affirmation catégorique, 4 l’expression de l4 vérité. Cette vérité sera du reste : démontrée au cours du procès d’une façon irréfutable par 4 le témoin auquel nous faisons allusion, et comme, d’après “& les renseignements qui nous parviennent, nous avons lieu È de croire que les juges du conseil de guerre de Rennes jugeant en leur âme et conscience, ne se laisseront ‘4 influencer par aucune cause étrangère à la justice, c’est 4 avec confiance que nous attendons le verdict. “+

: ME 1 à résulterait de l’article que ce serait le général

  • Mercier lui-même qui aurait demandé au Petit Caporal de ne pas publier un système qui devait être soutenu $ . au procès de Rennes. M. Ferlet de Bourbonne déclare, ._ — je m’empresse d’ajouter que je n’ai pu, sur ce point, “D contrôler son affirmation, — que c’est notre collègue, il … l’a déclaré dans un article récent de l’Européen, . M: Firmin Faure qui est allé au Petit Caporal, au nom k du général Mercier, demander qu’on ne publiât pas le

système qui devait servir de règle à l’accusation, au

pe général Mercier devant le procès de Rennes. 1 « Pourquoi supprimer à la veille du procès l’exposé ke d’un système qui depuis des mois ou plutôt depuis des +0 années faisait le fond des affirmations de presque toute k … la presse d’opposition, pourquoi le supprimer? Si

  • c’était vrai, le général Mercier devait une fois de plus “ea laisser s’en produire l’expression; jamais, depuis des « années, il n’avait pris la peine de démentir le système k que la presse de l’opposition avait créé. Pourquoi a prend-il la peine, à la veille du procès, d’en arrêter … l’expression ? Pourquoi? c’est parce qu’il ne voulait É ‘pas avant l’ouverture des débats que ses mains fussent “ liées par un système précis. Il voulait se réserver, selon 1 le tour des débats, ou bien de produire publiquement Le bordereau annoté, et de le jeter aux juges en disant :
  • « On l’a voulu ; dût la guerre sortir de là, jai été obligé … de produire toute la vérité devant le pays. » Ou bien, il voulait se réserver un moyen d’agir d’une façon plus it discrète et plus occulte en créant autour des juges un … état d’opinion qui déterminât leur verdict sans l’expa poser à la discussion directe et contradictoire du _ système qui, depuis des années, s’aflirmait sans qu’il le

démentit. (Applaudissements à gauche et à l’extrême 1 Voilà pourquoi avant le procès de Rennes le Petit 4 Caporal fut prié de ne pas produire le système qui ‘4 avait fait jusque-là le fond même de l’accusation. : Mais à Rennes, le général Mercier n’a pas pu le produire publiquement ; il n’a pas pu, parce qu’il s’est heurté dès la première audience à la déclaration décisive de M. Casimir-Perier, affirmant qu’il disait tout, qu’il ne restait pas d’inconnu dans l’incident diplomatique de 1894. Mais, si le général Mercier n’a pas pu produire publiquement le système qui était le sien et celui de ses amis, il a tout fait, dans sa déposition même, 4 pour en suggérer l’hypothèse à l’esprit des juges et M pour jeter ainsi la confusion et le trouble dans iles con- | Il a affirmé que l’empereur Guillaume lui-même était 4 1 en correspondance directe avec ses chefs d’espionnage. Il a affirmé que, dans la nuit du 5 janvier 1895, la | guerre avait été à nos portes et il a essayé d’indiquer à. ainsi que si l’on ne pouvait pas dire la vérité tout 4 entière, C’est parce qu’en 1894 un conflit mortel avait M été sur le point d’éclater entre la France etl’Allemagne. Enfin il a dit aux juges, leur suggérant ainsi l’hypothèse ÿ des manipulations multiples du bordereau, il leur a dit, ‘4 dans sa déposition: ; Je laisse de côté Î Retenez bien, messieurs, ces paroles : À Je laisse de côté toutes ces considérations relatives aux f écritures parce que je considère qu’elles ont peu d’impor- à tance, attendu que, quelle que soit la personne qui a fait |

92 4

‘ C bordereau, quelle que soit la personne qui l’a écrit, je { “persiste à croire qu’il est du capitaine Dreyfus.

‘4 Et dans le texte revisé par lui, qu’il a fait ensuite distribuer aux juges, on lit:

: Je persiste donc à croire que le bordereau a été écrit par ni le capitaine Dreyfus ! mais je n’attache pas grande importance à cette question parce que même si le bordereau a . été écrit par un autre, son examen cryptographique va ..… démontrer qu’il n’a pu l’être que sous l’inspiration du

1 M. Maurice Viozcerre. — C’est un joli misérable !

è M. Juzes-Lours BreToN. — C’est un fou simplement ! g M. Jaurès. — Voilà le système. Mais, prenez garde !

_ Ce n’est pas autant que vous l’imaginez de la folie pure; — c’est le point par où le système du bordereau ‘annoté, qu’on n’ose pas produire publiquement et officiellement - $ vient cependant aflleurer comme par une pointe à la _ surface du procès.

Le général Mercier avertit les juges qu’ils ne sontpas en face de l’écriture première et originale; illes avertit 5 . que peu importe de quelle main est le bordereau qui k, est sous leurs yeux. Qu’importe que ce ne soit pas l’écri- Ç ture du capitaine Dreyfus? et on leur suggérait ainsi : Qu’importe que le bordereau qui vous est soumis ne soit pas le bordereau original? Si un décalque est intervenu, si une copie en a été faite, si, dans cette …. copie, se rétrouve la trace d’une autre main, qu’importe? L’auteur original, le véritable inspirateur, c’est le capi- …_ taine Dreyfus, et c’est ainsi que M. le général Mercier

plaudissements à l’extréme gauche)… par toutes les si | indications de son témoignage, le système qu’on n’osait ES. | pas produire directement. C’est toujours le même pro- 4 cédé, le procédé occulte, le procédé insinuant, le procédé À et à l’extrême gauche) : a ”. |

Il faut bien que dès lors l’esprit des juges soit hanté | de cette hypothèse. L’un d’eux lui demande : EN Mon général, a-t-on jamais fait l’hypothèse que le bor | dereau sur papier calque pouvait bien être la copie d’un. RU | Voilà des années que ce système est propagé, qu’on - 4 | y a mêlé le général Mercier, voilà la première fois que 4 ce système fait, par une question des juges, son appa- “é 4 rition officielle dans le procès. Que va faire le général” “4 Si ce système est faux, s’il veut le désavouer, il va nn saisir l’occasion qui lui est donnée de protester publi- q à quement contre une invention qui est compromettante 1 pour lui-même. Ne l’oubliez pas, en 1894, ce n’est pas : 4 sur le bordereau en papier épais, c’est sur le bordereau 4 “4 en papier mince que Dreyfus a été condamné; par ue ._ conséquent, si le bordereau de, 1894 n’était qu’une % 4

  • copie, un décalque du bordereau original, le général. Mercier aurait assumé en 1894 la lourde responsabilité ; 4 de faire juger un homme sur un document dont il n’aurait pas révélé aux juges le véritable caractère. (Très a ; : bien! très bien! à gauche) 4 Le général Mercier va protester ? Écoutez : (10 J’ai vu — dit le général Mercier d’un air détaché — j’ai ‘4 vu cette hypothèse dans les journaux, mais elle n’a jamais | 3

avons toujours admis que le document sur papier pelure

F. ; était bien le document original du bordereau.

F Le général Mercier ne dit pas : l’hypothèse est fausse,

absurde, impossible; il dit — retenez bien ces paroles

% profondément calculées d’un homme qui a du moins le

“à mérite de les mesurer toutes exactement — : « L’hypo-

-… ihèse n’a pas été faite à ce moment-là », — c’est-à-dire

. en 1894, indiquant ainsi le changement de système qui, < 3 dans son propre esprit, s’est produit postérieurement ; 4 à l’intervention d’Henry et à la légende de Sandherr par

… tout le système qui s’est développé dans la presse

à - nationaliste et cléricale. (Applaudissements à gauche et

_ à l’extrême gauche)

. Au risque de faire huer encore un journal de nos

| adversaires par nos adversaires eux-mêmes, je vais

— Lire et je dois lire la lettre ouverte que le Gaulois du

. 14 août 1899 adressait au général Mercier, le surlende-

4 main de sa déposition.

“4 e Le témoignage du général Mercier est du 12 août, la … Lettre est datée du 13 et elle paraît dans le Gaulois du

à A Monsieur le général Mercier

. Dans votre déposition vaillante, loyale, irrésistible, vous

… avez dit une grande partie de la vérité ; mais l’avez-vous

_ dite tout entière? J’en doute et voici pourquoi : vous « constatez que l’empereur d’Allemagne s’occupe journelle-

î … ment des affaires d’espionnage ; qu’à la suite de la remise

— du bordereau l’empereur d’Allemagne a éprouvé une vio-

| de lente colère, telle que, pendant quelques heures, la guerre

« …_ avait paru imminente; mais ce que vous ne dites pas, c’est

ge ce qui a org irrité l’empereur au point de menaces de

guerre et ce qui l’a ensuite calmé. Votre silence, sur ce. point, laisse planer, sur votre déposition, et sur toute 4 l’affaire une obscurité redoutable. et que je sens dans les esprits. Un homme des plus sérieux m’a expliqué ainsi L | qu’il suit le drame dont vous n’avez soulevé qu’un coin. ÿ

Le bordereau avait été écrit par Dreyfus sur papier fort | et envoyé au chef de l’espionnage allemand, de l’empereur

En face de chaque pièce se trouvait indiqué le prix exigé. L’empereur renvoya le bordereau à Paris avec une note ‘4 de sa main, en allemand, dont le sens était que décidé- ment cette canaille de Dreyfus était bien exigeant, qu’il | fallait veiller à ce qu’il livràt le plus tôt possible les docu- |

Ce bordereau ainsi annoté fut remis au colonel Henry. | On comprend l’émoi de l’ambassade d’Allemagne quand on À s’aperçut de la disparition du fameux document.

Le comte de Münster tempête, menace; il ne se calme que sur la promesse solennelle de ne jamais parler de : l’incident; mais avant de communiquer aux ministres ‘À

ï politiques le bordereau, le ministre de la guerre en a fait 201 faire une photographie ; vous possédez un des exemplaires F de cette photographie et vous l’avez apportée sur vous à ni

Ces faits expliquent le quiproquo d’Esterhazy; pour ‘1 motiver les poursuites sans découvrir l’empereur d’Alle- D magne on chargea Esterhazy de décalquer sur papier ! pelure la photographie du bordereau en omettant l’anno- } tation de l’empereur d’Allemagne. Ainsi, Esterhazy a pu dire avec vérité que le bordereau avait été écrit par lui; vous avez pu soutenir avec vérité qu’il était l’œuvre de \

Si cette affirmation est très sérieuse et très exacte, confirmez-la : si elle est en partie erronée, rectifiez-la. Quoi s que vous disiez, la France honnête et patriote l’acceptera ê comme l’expression définitive de la vérité. À

Mais le général Mercier se taisait. L’article du Gaulois ù était distribué à Rennes dans les cercles militaires, À

|: * envoyé directement aux juges, il faisait l’objet de leurs hr Et représentez-vous l’impression que produisaient de 4 pareilles affirmations sur l’esprit de ces officiers habi- À _ tués à voir dans le général Mercier, ancien ministre de la guerre, justicier de 1894, le défenseur de la justice et s le défenseur de l’honneur de l’armée. : ; Ses amis, les journaux qui le soutenaient et le glorifiaient lui disaient par lettre ouverte : « Vous avez sur vous une photographie du bordereau annoté. » Et il ne | démentait pas, il gardait le silence ! Les ofliciers juges S’il ne parle pas, c’est parce qu’il ne veut pas compromettre la patrie, / | _ (Vifs applaudissements à l’extréme gauche et à gauche) 18% c’est parce qu’il ne veut pas jouer la France … … et la paix sur cette carte décisive, mais nous voilà infor- ‘4 més, nous voilà avertis. Dans sa déposition, il nous a dit kr autant qu’il pouvait nous dire, il nous a avertis autant 1 qu’il pouvait nous avertir et le silence d’acquiescement par H lequel il consacre à cette heure les révélations autorisées | de ses amis, est une confirmation nouvelle de la lettre de _ l’empereur. Fa L’œuvre de sophistication, l’œuvre de falsification des esprits se continuait. (Nouveaux applaudissements à l’extrême gauche et à gauche) LE Messieurs, la preuve que les juges étaient hantés de | cette hypothèse dont on les imprégnait, saturés de cette atmosphère de légende dont on les enveloppait, je la 5 trouve dans des détails en apparence minuscules, mais | qui révèlent à ceux qui veulent observer de bonne foi ê …. la réalité profonde des choses comme des symptômes

superficiels révèlent au médecin la lésion profonde de FA Quand madame veuve Henry, le 16 août 1899, vient. 64 L< déposer devant.les juges de Rennes, écoutez les ques- 4 vous voulez, que posent les juges. Elle vient de raconter : que le soir où le bordereau accusateur avait été remis M à son mari, le jour où il l’avait trouvé parmi les papiers ”} débrouillés et reconstitués par lui, il lui avait dit : « J’ai bien peur qu’un officier français ne soit compromis à dans une aventure de trahison, » et il était, dit-elle, resté à Nic. veiller préoccupé et anxieux jusque vers minuit. LEUR Ce papier que votre mari dépouillait, le soir, tard, vous rappelez-vous si c’était du papier épais? 3 3 kr: (Exclamations et rires à droite) DT bien! très bien!) hi] | Madame veuve Henry.— Je n’ai pas vu le bordereau de 3 x C’est entendu ! J’ai perçu quelques ricanements dont .. 4! | je ne m’émeuspas, et je dis : Pour tous les hommes qui | ont le courage de chercher de bonne foi, même à des | É | indices qui peuvent paraître légers d’abord mais qui à 46 la réflexion sont décisifs, je leur demande si ce n’est -pas le signe d’une grave préoccupation d’esprit chez les 4 juges de Rennes. Voici un autre détail qui pourra . exciter la verve de certains de nos collègues. 2
Le même membre du conseil de guerre. — Mais vous … k l’avez vu travailler sur ce papier? à ER 1

Mada me veuve Henry. — Il avait des papiers de toutes, ! _ sortes. Il était onze heures du soir. Je n’ai pas vu. DER

  • Un autre membre du conseil. — Voulez-vous nous dire, è ire vous plait, si dans les bureaux où travaillait le colonel A Henry il y avait une table? # le Madame veuve Henry. — C’était dans la salle à manger. . l … Le même membre du conseil. — Il y avait une table, quand vous y étiez, vers onze heures du soir, et que le colonel …_Henry était occupé à travailler? Ce papier était sur la _ Madame veuve Henry. — Sur la table, tous les papiers …étaientépars ; il y avait une toile cirée qui couvrait toute . — N’y avait-il pas une partie de la table qui était dégarnie …. M: JAURÈS. — Oui, messieurs, la question est bizarre, f déconcertante, si on ne se rappelle pas pour avoir ai à consulté les hommes qui font du décalcage, que pour
    faire les travaux de décalque il faut le point d’appui solide et homogène d’une table qui ne soit pas recouverte d’une substance un peu fléchissante. Le juge du conseil de guerre était si hanté de l’idée, qu’à peine en 1 ‘po ssession du bordereau sur papier épais auquel venait it de faire allusion son collègue, le colonel Henry avait dû se préoccuper d’en prendre des décalques, qu’il demanda w S’il y avait sur la table où il travaillait, une toile cirée, ‘et il demanda à madame veuve Henry si un coin de la toile cirée n’était pas relevé de façon à mettre la table ÿ _ Messieurs, après tout ce travail de suggestion produit sur l’esprit des juges et qui se révèle par les questions en apparence étranges que je viens de commenter rapi4 dement devant vous, de même que dans la première

semaine du procès le journal le Gaulois était venu afir- M mer le système du bordereau annoté, dans la dernière M semaine, le 6 septembre 1899, c’est la Libre Parole, trois #4 6 jours avant le verdict, qui reproduit, elle aussi, pour M les juges le même système et quiles avertit — messieurs, vous allez souligner de voire attention ce passage — M que le général Mercier lui-même avait dans sa déposi- « 4 tion donné l’indication discrète du système : 4 5 Les deux bordereaux. — L’extraordinaire visite de M. de En Münster à l’Élysée devient au contraire tout ce quiyade M plus simple, de plus naturel et de plus logique si l’on admet M qu’en apprenant l’arrestation de Dreyfus, l’Allemagne se soit sentie compromise et qu’elle ait redouté qu’on ne M retrouvât sur le document saisi quelques traces de cette ». compromission. Plusieurs journaux, tant français qu’étran- | gers, ont un instant éventé cette piste que nous avons de À bonnes raisons de croire des plus sérieuses. À: | Le vrai bordereau. — Mais si le bordereau qu’on nous -# présentait jusqu’à ce jour n’est pas le vrai bordereau, 4 quel était donc le bordereau inconnu, et qu’est-il devenu ? 1 L’Allemagne, dit la Libre Parole, voulut bien passer M léponge, mais à la condition qu’il ne serait jamais question du vrai bordereau. D’un commun accord il fut convenu que ce document serait dorénavant considéré non seule- | ment comme n’existant plus mais comme n’ayant M jamais existé. Les deux gouvernements s’engagèrent àn’en M jamais faire état, à n’y faire jamais la moindre allusion M quoi qu’il arrivât. Dès ce moment et par cette grosse faute à de M. Casimir-Perier, l’affaire Dreyfus devenait un véri- M table casse-tête chinois, une énigme dont le secret ne M pouvait être pénétré que par de très rares initiés. 4) L’annotation. — Qu’était maintenant ce véritable borde- ai ; reau ? Dans sa teneur, il ne différait en rien du bordereau « Éxi ET 00 .:

1% qui fut au procès de Rennes et qui, selon toute vraisemL 0 212 . o . « blance, n’est qu’un fac-similé, une photographie, mais le . bordereau initial, le vrai, portait quelque chose de plus, …_ quelque chose d’essentiel, une annotation écrite et signée à de la main d’un très grand personnage. 4 Cette annotation qui se composait de deux phrases, ; n’était pas écrite en français, cela va sans dire. Nous …. croyons cependant pouvoir affirmer que la traduction suivante en reproduit très fidèlement le sens : Envoyez le — plus vite possible les pièces mentionnées ; faites en sorte que la canaille de Dreyfus se hâte. 2 Vous voudriez connaître le nom de l’annotateur ? Nous } ne le dirons pas. Mais… — À: G nous pensons qu’en relisant | attentivement certaines dépositions du procès de Rennes, ! … il ne sera pas impossible de le deviner avec quelque _ certitude de ne pas se méprendre. | Ainsi on avertit les juges du véritable sens du témoignage du général Mercier.

Messieurs, quel effet toutes ces déclarations, toutes | ces suggestions ont-elles pu produire sur l’esprit des . juges ? Ils vivaient dans ce milieu militaire, ils vivaient “…. sous l’action immédiate des grands chefs, qui résu-

  • maient pour eux tout le prestige de la vie, et il n’est

… pas douteux que dans le milieu même qui les envelop- . pait on essayait de les diriger vers une solution particulière. … Je n’ai pas besoin de rappeler à M. Syveton.. (Ah !

M. ze puc De Roax. — Enfin ! on va parler de l’élection. C’est la première fois depuis l’ouverture de la

M. Jaurès. — Je n’ai pas besoin de rappeler à

Invalidation Syveton &e de M. Syveton l’article qu’à la mort du colonel de Villebois- ‘à Mareuil il lui a consacré, article vigoureux, d’ailleurs, M. Syveton rappelait un des épisodes de la vie du “4 colonel de Villebois-Mareuil, et M. Syveton qui, comme moi, a assisté, au moins pendant une partie des débats, au procès de Rennes, rappelait, dans un article | 4 de l’Écho de Paris, à quelle propagande se livrait le M colonel de Villebois-Mareuil. . Il le montrait — je crois pouvoir reproduire à peu # près de mémoire le passage où il parle de cet incident (Mouvements divers) — M. Syveton me rectifiera si je M | me trompe, — M. Syveton montrait le colonel de Villebois-Mareuil sur le canapé vert d’un hôtel de Rennes, assis côte à côte d’un officier qu’il n’a pas nommé — mais qui est, à n’en pas douter, M. de Bréon — tout employé, disait-il, à le disputer à son “0 Non, on ne disputait pas M. de Bréon à son confes- M seur, on essayait de le disputer à sa conscience : il fal- 4 lait plier cet homme. 4 Un membre à droite. — Êtes-vous sûr de cela, mon M. GEorGEs BERTHOULAT. — Vous n’avez pas le droit ne de faire parler ce grand mort! (Exclamations à l’ex- 5 \ trêéme gauche. — Applaudissements au centre et à droite) Je proteste! Si vous aviez entendu comme moi 4 le colonel de Villebois-Mareuil avant son départ pour M sa campagne au Transvaal, vous sauriez quel grand idéal de patriotisme l’animait, idéal que vous êtes peut- #4 être incapable de comprendre. (Nouveaux applaudisse- À à ments au centre et à droite. — Bruit à gauche) }, ; 102 1

: 12 M. Jaurès. — Je ne veux pas qu’il y ait de malener tendu et je ne veux forcer en rien le sens des déclara- ‘14 tions de M. Syveton. Je constate seulement, d’après ci M. GaBrteL Syveron. — Voulez-vous me permettre À 3 M. Gagriez Syveron. — J’ajoute un détail qui était,

  • je crois, dans mon article, mais je n’en suis pas tout à “. faitsûr: M. de Villebois-Mareuil était le cousin de M. de * ? — Bréon; il n’y avait donc rien d’étonnant que, dans cette 4 Ke ville, où ils se trouvaient ensemble, ils eussent des | . entretiens à l’hôtel où était descendu M. de Villeboïis-
  • Mareuil et où j’étais descendu moi-même. : M. de Villebois-Mareuil n’avait pas entrepris une _ campagne de catéchisation sur M. de Bréon, mais il madit: « C’est étonnant comme mon cousin de Bréon
    4 est orienté vers le dreyfusisme par son propre confes- ‘ seur, et nous discutons là-dessus ensemble. » (Mouve- | M. Jaurès. — C’est entendu, et je suis heureux de } prendre acte des précisions de M. Syveton. | Fa M. Jaurès. — Ainsi lorsqu’on croit remarquer que _ sous l’inspiration, dit-on, de son confesseur….
  • … À bas la calotte ! (On rit.) - fi M. JauRÈs. — … Un des juges du procès de Rennes
  • semblait incliner vers l’acquittement de l’accusé, un M. Gasrez Syveron. — C’était son cousin!

M. Jaurès. — Un autre officier, son cousin — je ne. “ conteste pas que ce fût son droit — mais un autre M officier, non muni de documents spéciaux, essayait de faire dériver dans un autre sens la conviction du É: digne de vous, monsieur Jaurès. à M. Jaurès. — Messieurs, presque tout le clergé régu- 2 lier ou séculier avait pris parti dans l’affaire… (Vives ; réclamations au centre et à droite) k. M. Aynarp. — Ce n’est pas exact! (Si! sil à 4 M. JAURÈS. — J’ai dit: presque tout le clergé; je ne 4 prétends pas qu’il n’y ait eu de nombreuses et nobles 4 | exceptions. Mais l’immense majorité du clergé régulier h et séculier considérait que lacquittement du juif con- 4 | damné par l’autorité serait une défaite pour l’Église 4 elle-même et pour le principe d’autorité. (Applaudisse- 1 ments à l’extrême gauche et sur divers bancs à gauche. n | — Vives protestations à droite et sur divers banes au 4 centre) il M. GAyrAUD. — Comment pouvez-vous dire cela ? 1 Vous savez bien que c’est faux! Al M. JaAurÈs.— Et alors, lorsque dans ce clergé presque 1 | tout entier, obstiné à maintenir quand même une déci- 1 sion d’autorité; lorsque dans ce clergé un homme se 4 trouve confident, à cette heure de crise, d’un des juges | qui doivent juger, et lorsqu’on apprend qu’au lieu de | s’abandonner au vertige de l’esprit d’autorité et de | caste, cet homme, par hasard, rappelle son devoir à À celui qui demain sera juge et quine doit en effet être | qu’un juge cherchant la vérité, on s’inquiète, on s’émeut :

& (Applaudissements à l’extrême gauche et à gauche) et

ÿ on mande auprès de cette conscience inquiète et tour-

13 mentée un officier pour lui rappeler qu’avant ses devoirs

envers la vérité et envers l’Église, il a des devoirs envers une corporation armée qui exige quand même le

: sacrifice d’un homme! (Applaudissements à l’extrême

M. Jures AurFrAy. — Vous n’avez pas le droit de dire cela du colonel de Villebois-Mareuil.

M. Puczxæsr-Conri. — Parlez-nous donc de l’ingérence . des rabbins juifs et des pasteurs protestants dans cette

_ affaire. Vous oubliez le rôle qu’a joué notamment

M. JAuRèS. — Et lorsque cet officier éprouvait ainsi le besoin de se défendre, contre combien de sollicitations avaient à lutter les autres juges, enveloppés partout de l’influence militaire elle-même et de la légende créée et alimentée pendant quatre ans!

Messieurs, il viendra sans doute un jour où, comme les juges de 189/, les juges de Rennes, lorsqu’ils sentiront peser trop lourdement sur eux le fardeau de cer-

( taines inquiétudes et de certains souvenirs, diront exactement quelles sont les causes qui ont déterminé leur jugement. Nous savons combien ceux de 1894 ont hésité à avouer ce fait pourtant grossier, brutal, de la communication illégale des pièces secrètes. Il à fallu trois ans avant que l’un d’eux commençât timidement à parler, et on n’a pas pu obtenir le témoignage des autres, quoiqu’aujourd’hui cette communication ne soit plus contestée, quoiqu’elle ait été reconnue à Rennes par le général Mercier lui-même. Aussi ce ne serait pas miracle

Invalidation Syveton LP ER ne si les juges de 1899 ne parvenaient pas à débrouiller tout de suite et à affirmer tout haut, bien vite, les influences diverses qui ont pu agir sur eux. NS 84 Mais ici qu’il n’y ait pas d’équivoque ! Ce n’est pas d’une procédure de revision qu’il s’agit, et, même si le À système du bordereau annoté, si la légende de la lettre A de Guillaume II, dont je vous ai raconté l’histoire, 5 n’avait pas eu sur l’espritdes juges de Rennes l’influence 1 troublante qu’elle a eue sans doute, même si le verdict : À s’expliquait uniquement ou surtout par d’autres causes, 4 le programme politique et social resterait, la respon- 4 sabilité politique et sociale resterait, et nous, hommes À 4 politiques, nous, parti républicain, nous aurions le < devoir de chercher comment, du service des renseigne- # aussi monstrueuse légende. (Très bien! très bien! à M Mais il y a eu déjà quelques balbutiements de confi- a h | . dences, le trouble de l’un au moins des juges a com- D | mencé à se laisser deviner; je ne ferais ici qu’une allu- D | sion, si je ne craignais de forcer le sens du récit que j’ai entre les mains, et c’est par un scrupule de loyauté Ne que je veux en donner une lecture complète à la # Monsieur, je crois de mon devoir de vous faire connaître + dans l’intérêt de la vérité, les diverses conversations que e j’ai eues au courant du mois d’octobre dernier, avec le 21 commandant en retraite Merle, juge en 1899 au procès de “à Rennes, dans l’affaire Dreyfus. ke C’est le témoignage d’un médecin, M. Dumas, qui À : s’offre à certifier devant toute juridiction, sous la foi du 5 serment, l’exactitude de son récit. Vous allez voir qu’il 4

ne convient pas d’en forcer le sens. Ce n’est qu’une: -: » indication, mais je crois de mon devoir de la donner à RE Chambre dans sa teneur littérale. MA À

  • re. première conversation à ce sujet date du und n_ Je me trouvais avec lui à Avignon en excursion. ps …._ Comme je lui demandais s’il avait été souvent juge dans _ les conseils de guerre : FAR __ — Souvent, m’a-t-il répondu. PAS %, ie C’est parfois une grande responsabilité à endosser ? mo FA _ — Jamais. Pour ma part, j’ai toujours suivi ce que me 12 One _ dictait ma conscience. ge -_ — Et vous n’avez jamais eu de doute après condamna- RS M .— Cependant pour le capitaine Dreyfus, il me paraît qu’à LU “> _ votre place, je serais ravagé de doutes. RC ÿ . — Non, oh! non; là, la certitude était absolue. : à 7 …. — Absolue? une certitude; vous voulez dire votre con- tas —__ _ — Oui, certainement, mais elle était absolue. ce à ._ — Et cependant, moi qui ai suivi chaque ligne de ce ES … … procès, j’aurais acquitté sans l’ombre d’un doute. A7 …_ — Il était impossible à un autre qu’un juge de se faire ; ‘2 une conviction. è _ … — Pourquoi? puisque tout se passait au grand jour ? ; — Non! non! pas tout. En et _— Mais alors enlevez-moi toute angoisse à ce sujet. C’est ‘5 une véritable souffrance pour moi que de croire à l’inno- ï _ cence d’un homme deux fois condamné. Citez-moi la dépo- …. sition qui vous a convaincu. Est-ce celle de Mercier ? d A LE Non, non. Mais nous parlons de l’affaire Dreyfus, et ee n’en parle jamais. Il ne faut pas en parler, vous ne % À | pouvez pas savoir. se — C’est donc le dossier secret qui vous a édifié ? _ — Non, non, ne m’en parlez plus. — Cest donc la déposition secrète de ce misérable CzerHE Ge 107

— Non, d’aucune façon. Ne vous occupez pas des déposi- 5 tions, on ne peut pas se faire une impression sur elles. ne Nous avons eu des éléments que vous ne pouviez pas con- 4 naître et qui nous ont fixés. ‘4 — Enfin, voyons, le bordereau est d’Esterhazy. IL ne A peut y avoir de doute. 4 — Laissez de côté Esterhazy et le bordereau; tout cela n’a rien à faire là-dedans. ‘4 — Mais alors, ce serait donc vrai, cette abominable E histoire d’un bordereau portant une annotation signée de À l’empereur d’Allemagne, d’un bordereau sur papier épais et où Dreyfus serait nommé dans l’annotation ? 4 — Quoi? Que dites-vous ? 4 Le commandant Merle paraissait stupéfait et épouvanté. D: J’ai répété les mêmes termes. 4 — Ne parlez pas d’une affaire pareille. Il ne faut jamais 4 en parler, cette affaire pourrait remonter sur l’eau. de — Mais elle y est remontée, commandant. ; . Une enquête va être demandée par la famille auprès des à juges, pour savoir s’ils ont subi une pareille pression, une 4 — Ne parlez pas de cela, je ne veux pas en parler. b Il fuyait, marchaït vite, agité. ‘4 — Pourquoi, si vous êtes sùr de vous ? Pourquoi, si vous h: n’avez pas fait erreur ? # — Non, je n’ai pas fait erreur. Il était coupable. ‘4 — Mais si votre conviction s’était faite sur une pièce 4 — Non, non, je ne veux pas parler. : 4 — Mais vous pensez bien que je n’ai pas deviné cela. Si je le sais, c’est qu’on a parlé. 4 — Mais Mercier lui-même en a parlé. I en a parlé à Emile Ollivier, à la princesse Mathilde. D’autres enfin ont , — En tout cas, ce n’est pas moi, non ce n’est pas moi qui à ai parlé. Si quelqu’un a parlé, ce n’est pas moi.
Je vous ai résumé là, monsieur, cette première conver- A | sation en tâchant de reproduire jusqu’aux termes précis À

eè Mébnlèyés par le commandant Merle. Si j’ai dù, comme pour En _ tout récit de conversation, émonder bien des détails, je n’ai pas écrit un seul mot qui n’ait été prononcé. ne. Revenu à Montpellier avec le commandant, j’ai contiA nué à le voir tous les jours. A la fin de la semaine, le À dimanche 19 octobre 1902, je me suis trouvé à Saint-Georges S chez son frère. 4 En causant seul avec le commandant, je lui ai demandé : — Eh bien, commandant, que comptiez-vous faire ? \ — À propos de quoi? € — À propos du bordereau annoté communiqué à Rennes : et pour établir votre bonne foi. La mort de Zola a pu retarD der la demande d’enquête, mais d’un moment à l’autre, elle à _ — Écoutez, docteur, m’a-t-il dit, vous croyez bien que … … tout le monde peut être trompé ? (A Avignon, j’avais tâché de lui démontrer nettement la fausseté de la pièce en “4 — Certes, et je ne doute pas de votre sincérité. 14 en cas d’enquête, que de le reconnaître. \ L’arrivée d’un tiers a changé la conversation. Mais je
me suis cru, deux jours après, autorisé par cette déclara- une lettre au commandant sur ce sujet. Je lui ai répété Me: notre conversation d’Avignon et de Saint-Georges, j’ai tâché de lui démontrer l’évidence de l’inauthenticité de la …… pièceet la gravité de la pression secrète exercée sur les EX juges. Je l’adjurai enfin, pour se laver de tout soupçon de à complaisance coupable, de prendre l’initiative de la réparation. k À mon retour, j’ai vu le commandant dans la soirée du | vendredi 24 octobre. Pressé par moi de parler, il a répondu | 1 qu’il ne voulait rien faire et a ajouté à plusieurs reprises : fs « Je n’ai rien dit. » Et comme je lui faisais remarquer que je ne pouvais m’associer à son silence, et lui demandais de me laisser libre de parler à sa place, il m’a répondu : … … « Faites ce que vous voudrez, mais pour ma part, formellek ment, je n’ai rien dit. »

Dans ma conversation à Saint-Georges, avec le comman- % A dant Merle, j’ai négligé un point important. i #3 Quand je lui demandais ce qu’il comptait faire au sujet ‘10 du bordereau annoté, il hésita. Je lui dis alors : « Enfin, voyons, commandant, cette pièce est fausse. » E à C’est alors qu’il me dit : « Écoutez, docteur, vous admet- M” tez bien qu’on peut être trompé de bonne foi! » ‘& Je ne veux exagérer en rien la valeur de cette pre- 5 mière confidence. Mais pour quiconque sait avec quelle réserve étroite les juges se sont toujours défendus contre 4 des communications et des confidences de cet ordre, il E y a de quoi éveiller tout au moins un commencement 4 d’inquiétude dans les esprits. à Je n’ajoute rien au point de vue du fond de l’affaire 4 dont ni vous ni moi ni le Gouvernement ne sommes 4 juges, mais je dis que le problème politique reste, et je dis à nos adversaires, à ceux qui ont apporté ici dans M l’élection dont vous avez à juger le caractère et la 4 moralité, ({nterruptions) à ceux qui ont apporté ici E contre le parti républicain l’accusation formelle d’être | ‘4 le parti de l’étranger, à ceux qui ont apporté contre la ‘4 A droite. — Pas contre tout le parti républicain. ‘4 M. Jaurès. — Messieurs, vous aggravez l’injure en la précisant. (Applaudissements à l’extrême gauche et à. : 4 M. Jaurès. — J’ai le droit de dire à ceux qui ont M apporté ici contre le Gouvernement dela majorité répu- : M blicaïine, celui d’hier continué par celui d’aujourd’hui, j

le droit de leur dire qu’après la campagne menée autour _ d’une pièce fausse et d’une légende inepte et coupable _ pendant quatre années, une alternative redoutable se … pose pour eux. Ou bien le parti nationaliste a cru à la réalité de ces pièces et à la vérité de cette légende et K jamais un parti ne descendit plus bas dans l’ordre de l’intelligence. (Vifs applaudissements à l’extréme _ gauche et à gauche. — Interruptions et bruit à droite) ‘4 M. xx coMTE DE LANJUINAIS. — Ce n’est pas poli, mais _ cela n’a pas d’importance. à #: M. JAURÈS. — … ou bien il n’y a pas cru. (Nouvelles . de … Vous serez toujours libres, messieurs, d’échapper “à un des termes de l’alternative en vous réfugiant … dans l’autre. (Rires à gauche) “ Ou bien il n’y a pas cru et jamais parti politique n’est … descendu plus bas dans l’ordre de la probité. (Applau_ dissements à l’exiréme gauche et à gauche) — Messieurs, je n’attends pas de ceux qui ont parlé, pre inventé en votre nom, qu’ils viennent s’expliquer ici à fond sur les affirmations produites par eux. : Déjà M. Millevoye a refusé de s’expliquer. ({nterrup_ tions à droite) F M. Luce Mnrevoye. — Je ne refuse pas du tout de m’expliquer. Je m’expliquerai s’il le faut dans un débat “contradictoire portant sur l’affaire tout entière. de M. Jaurès. — Le 25 décembre 1900, dans un article que je recommande encore aux méditations irritées de nos collègues de droite. M. ze Baron Xavier Reizze. — Nous ne sommes pas irrités, mais écœurés.

M: Jaurès. — M. Rochefort, sous le titre : Les Mys- :. tères du Mont-Valérien, raconte toute l’histoire du bor- À dereau annoté, et il s’offre à en témoigner soit devant le M jury, soit devant une commission d’enquête quelconque; ÿ puis il ajoute : ÿ “ . À cette époque il y avait peut-être du patriotisme à se Ë Eh bien, messieurs, je dois à M. Rochefort des excuses. J’avais cru qu’il avait pris parti violemment dans M cette affaire par esprit de parti, par passion mauvaise; M je suis obligé de reconnaître qu’il était de bonne foi, je suis obligé de reconnaître qu’il a pris au sérieux la ” pièce de Guillaume IT. Oui, l’état-major l’a converti. d Il l’a converti le premier afin de se servir de lui | comme d’une caution envers les autres; il en a fait, 1 dans cette affaire, la dupe fondamentale. (Rires. à Messieurs, je n’espère pas que M. Rochefort s’ex- 1 plique, tout en ayant déclaré que le patriotisme faisait maintenant une loi de s’expliquer ; c’est un patriotisme M. JaAuURÈSs. — Et maintenant, j’imagine que la prudence viendra corrigerles élans de ce patriotisme. Non! ils ne parleront pas; non! ils ne s’expliqueront pas, même après les affirmations d’eux que j’ai produites à cette tribune et dont ils devraient prendre la responsa= bilité en indiquant les origines du système allégué par. eux. Ils garderont le silence pour continuer à s’abriter dans l’équivoque. Mais il est démontré maïntenant — et ÿ

_« ela suflirait — qu’on peut parler à cette tribune de ces … choses, (/Znterruptions à droite) qu’on peut parler du … bordereau annoté, de la fausse lettre de Guillaume I, à sans déchaîner des orages. La guerre ne gronde plus … sur nos têtes, le prétexte patriotique, allégué par eux, | est dissipé, (/nterruptions) ils peuvent parler sans A ébranler la paix de l’Europe. (Applaudissements à l’ex- .… trême gauche et à gauche) Eu Qu’ils parlent donc ! Qu’ils s’expliquent ! NE - Quant à nous, qui avons vu dans quelles conditions, 2 “encore mystérieuses, la lettre du général de Pellieux a _ fait une courte apparition au ministère de la guerre; quant à nous qui avons vu par le témoignage officiel, : — devant la cour de cassation, de M. Paléologue, que Ca notre service des renseignements a été l’officine où a | à été fabriqué le faux monstrueux et inepte @e la lettre _ Guillaume IL, (Rumeurs à droite) nous avons un double | devoir : D’abord le devoir de demander au gouvernement républicain, au Gouvernement responsable envers “la majorité et envers Le pays, de chercher comment il “est possible, dans le mécanisme des bureaux de la à ‘guerre, qu’une pièce aussi grave que la lettre du géné- ral de Pellieux, apparaissant au moment où elle pou- à vait jeter une lumière décisive, ait été subitement mise « sous le boisseau; nous avons le devoir de demander à “ ce Gouvernement comment il a été possible à notre : service des renseignements d’accréditer une légende dangereuse et scélérate. (7rès bien ! très bien! à _ M:pe Bourx. — C’est l’affaire de la justice ! Pia M Jaurès. — Non; ce n’est pas empiéter sur l’ordre — judiciaire; ce sont des questions d’ordre exclusivement

politique et gouvernemental. ré Applaudissemenis Le “5

Nous avons le droit et le devoir de le connaître, et M nous avons en même temps le devoir de condamner par un vote précis l’abominable système de calomnie électorale par lequel on a essayé de ruiner le crédit du parti républicain dans ia conscience même de la patrie. 144 (Nouveaux applaudissements sur les mêmes banes) Nous avons le devoir d’y mettre un terme et de prouver 2. au parti nationaliste déclinant que son impuissance É À d’aujourd’hui ne doit pas être une excuse à ses méfaits

M. Fin FauRE. — Si vous n’aviez pas eu la candidature officielle vous ne seriez pas ici. 4

< M. JaAuRÈs. — Si vous ne le faisiez pas, vous consa- Je creriez vous-mêmes une jurisprudence électorale, poli tique, de calomnie meurtrière allant jusqu’aux racines. ‘4 | mêmes de la vie nationale de ce pays. Que le parti qui. F a, depuis cinq ans, la responsabilité de tant de fautes commises, de tant de faux accumulés, que ce parti ait osé contre nous, contre la République, se dresser en accusateur; si vous le tolériez, ce serait la stupeur de l’histoire, le scandale de la conscience:et lan honte de la raison. (Applaudissements vifs et répétés à l’extrême gauche et à gauche. — Bruit prolongé à droite.— L’orateur, de retour à son banc, reçoit les féli- M citations de ses amis.) 4

la guerre. Li |

Messieurs, le Gouvernement entend faciliter dans ia

plus large mesure, la recherche et la mise en évidence “. de la vérité dans l’affaire dont il s’agit aujourd’hui. _ (Applaudissements sur divers bancs)

…._ M. Famrex-CesBron. — Mais les juges ont parlé!

_je tiens à affirmer que l’honneur de l’armée n’est à

aucun degré engagé dans cette affaire. (Applaudisse-

à ments) Des condamnations ont été prononcées, je le

3 reconnais, mais à aucun moment, je n’ai pu être heu- a …. reux de voir condamner, pour le plus infâme des crimes,

A un officier français. (Nouveaux applaudissements)

_… M.zE comte Du PÉRIER DE Larsan. — Nous sommes

_ tous de cet avis.

M. LE PRÉSIDENT. — Bien entendu, tout le monde par-

Fe tage ce sentiment.

& l’honorable M. Jaurès dans l’examen assez détaillé qu’il

Ki a fait de cette affaire. Je m’en tiens au jugement du

d: dernier conseil de guerre. (Vifs applaudissements au

“ la conscience de ce pays a singulièrement été inquiétée

b: par l’apparition des circonstances atténuantes dans un

crime de cette nature. (Mouvements divers)

, M. Juzxæn Gousox (Seine-Inférieure). — Le décret de . … grâce l’a rassurée.

. comme membre du Gouvernement, respectueux de la …. vérité légale, je comprends parfaitement les inquiétudes … et l’anxiété de certains d’entre vous.

EX - Pour apporter en ce moment une contribution à la: Ë — vérité, j’apporte la lettre du général de Pellieux, dont

il a été question. (Applaudissements à gauche. — Mou RU Les secrets dont j’ai la garde et que je conserve, je les communique au Parlement. (Applaudissements à M gauche. — Exclamations et rires à droite) FE M. Gayraup. — C’est un étrange moyen de les con ‘3 communique dans la limite où je le crois possible. ‘2 Il y a d’abord une lettre du 31 août 1898 : 4 Le général de brigade de Pellieux, commandant le Gépar- he tement de la Seine, adjoint au général de division comman- 4 dant la place de Paris. 14 1e J’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien transmettre M à M. le ministre de la guerre la demande ci-jointe que je lui adresse, : 14 Vu et transmis : :Ui « Le général commandant la place de Paris, À Il n’y a rien avec cette pièce. Pourquoi n’y a-til Mais voici une note : ti J’ai l’honneur de retourner cette demande au général 4 commandant la place de Paris. Le général de Pellieux a bien ne: voulu consentir à la retirer. ‘# Le gouverneur militaire de Paris, er, | 13

  • Donc une pièce est arrivée au ministre.

…. Elle est arrivée au gouverneur et le gouverneur l’a

_ retournée à son tour.

k _ Continuons l’historique. Ceci est du 31 août 1898. 0 Le 4 juin 1899, le général Zurlinden, gouverneur de ‘ “ Paris, écrit au ministre de la guerre : k Monsieur le ministre,

J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint une lettre du

—…._ général de Pellieux du 31 août 1898, dont je vous ai parlé —_ Gette lettre est écrite Le 4 juin 1890.

Je crois que, pour fixer complètement votre opinion sur

, ” cet officier général, il serait utile que vous le fissiez venir { dans votre cabinet. En quelques minutes de conversation , vous verriez certainement plus clair dans son intervention | et son rôle qu’à la suite de longues recherches. We: C’est à la suite d’un entretien avec So M. Cavaignac, alors ministre de la guerre, que le général - 2 de Pellieux a retiré sa demande du 31 août 1898. à … (M. Godefroy Cavaignac fait un signe Ge dénéga- | M. re PRÉSIDENT. — Le silence convient dans la circonstance.

  • _ d’envoi adressée au ministre de la guerre ; elle est du + RER juin 1899 et voici la lettre d’envoi qui accompagne la

C’est le général de Pellieux qui renvoie sa lettre. -: À Monsieur le gouverneur militaire de Paris ; : F0 C’est la voie hiérarchique. 2 Monsieur le gouverneur, Conformément au désir que vous m’exprimez dans votre É lettre du 3 juin, j’ai l’honneur de vous adresser la demande bo - guerre en date du 31 août dernier. ‘4 Voici la lettre que le général de Pellieux a conservée É: pendant dix mois et qu’il renvoie au ministre de la . guerre. Elle arrive avec sa date du 31 août 1898 : | Monsieur le ministre, À Dupe de gens sans honneur, ne pouvant espérer conserve. la confiance de mes subordonnés sans laquelle il n’y a pas ‘+ de commandement possible, ayant perdu de mon côté la f: | confiance de ceux de mes chefs qui m’ont fait travailler sur des faux… A l’extrême gauche. — Voilà! à ; .… J’ai l’honneur de d vous prier de vouloir bien liquider ma retraite pour ancien … neté de services. Voilà, vérifiée, certifiée officiellement, la lettre dont il vous a été donné lecture hier. (Applaudissements à : l’extrême gauche et à gauche) 3 Je le répète, je n’examine absolument pas la question, F mais le Gouvernement, désireux de faciliter absolument 4 la recherche de la vérité dans cette affaire, accepte en- à tièrement d’être chargé de procéder administrativement 4 à une enquête. ( Vifs applaudissements à l’extrême gauche et à gauche) 4 118 9

F. J’ajoute que, pour sauvegarder ma responsabilité, je me propose, d’accord avec le Gouvernement qui en a j _ ainsi décidé, de me faire assister par un certain nombre . de magistrats dans le dépouillement des pièces auquel û . il sera procédé. (Applaudissements répétés sur les à M. Lasres. — Je cède mon tour de parole à M Ca- M. Camizre KRANTZ. — Je demande la parole pour ! FA Sur plusieurs bancs. — Parlez ! …__ pour un fait personnel. : M. Camrcce KRANTZzZ. — J’ai demandé la parole pour _ confirmer ce que M. le ministre de la guerre vient de “_ dire et pour expliquer dans quelles circonstances le k ministre de la guerre de juin 1899 a pris connaissance dela lettre du général de Pellieux. À cette époque, bi: 4 juin 1899, l’arrêt de revision était rendu. Le Gouverne- … ment, dont j’avais l’honneur de faire partie, avait décidé -_ de rechercher, après le prononcé de l’arrêt de revision, N toutes les responsabilités qui pouvaient être enga- s M. Pauz DecomBre. — Très bien! M. Camizze KRANTZ. — . dans l’affaire Dreyfus et

  • que cette revision avait révélées. Ayant succédé M. de Freycinet au ministère de la guerre et conformé- ment à l’engagement qu’il avait pris dans le conseil, je … meésuis occupé de rechercher ces responsabilités et ‘ai eu notamment à m’occuper du général de Pellieux.

C’est à cette occasion qu’ayant appris par M. le général ss e Zurlinden, gouverneur de Paris, que le général de Pek > lieux, le 31 août 1898, à la suite de la découverte du faux Henry, avait demandé sa mise à la retraite et M avait ensuite retiré cette demande, j’ai demandé com- Fe. munication de la lettre qu’il avait écrite. 3:00 M. Gusrave Rouaxer. — Elle n’avait donc pas paru à À | dans les journaux ? « 1 M. Camuxze Knraxrz. — Ce n’est pas dans les jour naux que le ministre de la guerre a coutume de” rechercher ce qui concerne les officiers sur le sort des- À quels il peut avoir à se prononcer. (Applaudissements 4 à droite et au centre) 74 J’ai pris connaissance de cette lettre ; j’ai fait veni® “4 dans mon cabinet le général de Pellieux et, après M lavoir entendu, je me suis absolument refusé à le s déplacer. (Applaudissements au centre et à droite) J À M. Jures-Louis BRETON. — Cela n’empêche pas que sa letire avait été escamotée par M. Cavaignac. (Zxcla- À 1 mations et bruit au centre et à droite) ET M. Gopgrroy CAvaIGNAC. — Je n’ai tout d’abord … 4 qu’à renouveler ici la déclaration que j’ai faite hier 0 devant la Chambre. Cette déclaration était celle-ci : Je prends la responsabilité de tout ce qui a été fait et 4 j’estime qu’en présence d’une lettre comme celle du . général de Pellieux, le ministre de la guerre n’avait ‘4 qu’une résolution à prendre, c’était de n’en point tenir k | compte. (Exclamations ironiques à l’extrême gauche et 4 | à gauche. — Applaudissements à droite et au centre) | Cette première déclaration faite, afin que personne ne | ne puisse supposer que dans l’examen des faïts je 4

‘3e cherche à dégager ma responsabilité, j’en arrive à la …. précision sur des faits qui n’ont, à mes yeux d’ailleurs, ge je le répète, aucune importance. (Aires ironiques à

1 Lorsque M. le général de Pellieux s’est adressé au à gouverneur militaire de Paris, M. le général Zurlinden F — et je suis ici autorisé à parler au nom de M. le géné- …_ ral Zurlinden — lorsque le général de Pellieux est venu h apporter au gouverneur militaire de Paris la lettre qu’il | lui avait adressée, celui-ci a fait ce que font en pareil _ cas tous les chefs militaires, toutes les fois qu’ils se trouvent en présence d’une demande faite dans un pre- | mier mouvement qu’ils peuvent juger irréfléchi ; il a dit _ au général de Pellieux : Je garderai votre lettre ; nous

“ en reparlerons dans quelques jours.

U Quelques jours après, le général de Pellieux est venu retrouver le général Zurlinden et il a repris sa lettre; ceci confirme et explique notamment les pièces mêmes

apportées tout à l’heure par M. le ministre de la Sur plusieurs bancs à gauche. — Mais non!

Ni M. Goperroy CAvAIGNAc. — Je vous demande

; Ceci concorde absolument avec les deux pièces qu’a … apportées M. le ministre de la guerre, la lettre de

transmission du général Borius au général Zurlinden et la lettre en retour du général Zurlinden au général … Borius, ne contenant plus la lettre reprise par le général de Pellieux.

| Donc à ce moment je tire de là, s’il vous plaît de

  • tirer des conclusions, je tire cette première conclusion

que, contrairement à ce que M. Jaurès a dit hier, le” FR général de Pellieux n’a pas maintenu ce qu’il avait dit 3 dans sa lettre. (/nterruptions et dénég’ations à l’extrême à gauche et à gauche) ETES Je vous demande bien pardon! C’était contesté hier 4 et c’est établi aujourd’hui et par les déclarations que M j’apporte et par celles qu’a apportées M. le ministre de 4 la guerre. (Mouvements divers) Je n’admets sur ce point aucune dénégation. Je dis F 4 que les déclarations que j’apporte de M. le général 4 Zurlinden et celles que M. le ministre de la guerre a t apportées sont parfaitement concordantes. (Protesta- À tions à l’extrême gauche et à gauche. — Applaudisse- n ments à droite et sur divers bancs) ne marquer que dans la lettre adressée par le général Zurlinden, gouverneur militaire de Paris, le 4 juin, il 14 y a le post-scriptum suivant. ‘4 M. Goperroy CAvaIGNAC. — Nous allons en parle tout à l’heure, monsieur le ministre de la guerre. + A l’extrême gauche. — Lisez! lisez! (Bruit) * M. Goperroy CAvAIGNAC. — Monsieur le ministre D. pas interrompre ma discussion. (Applaudissements à ”| droite. — Vives exclamations et protestations à l’ex- i tréme gauche) Vous imaginez-vous, messieurs, par NA hasard, que je suis ici pour subir vos volontés ? M. LE PRÉSIDENT. — Parlez en face, monsieur Cavai- ;

à me convient, et puisqu’on nrinterrompt de ce côté, » (l’extrême gauche) je parlerai aux gens qui m’inter3 rompent. (Rumeurs et protestations à l’extréme gauche.

M. 2e PRÉSIDENT. — Messieurs, vous ne pouvez pas empêcher M. Cavaignac de s’expliquer. Il a été appelé …._ à la tribune, il doit avoir le droit de discuter librement. Votre dignité est engagée à l’écouter dans le silence le plus complet.

M. Gopgrroy CAvAIGNAC: — Vous figurez-vous que nous prendrons en face de vous l’attitude d’accusés ?

. (Qui! oui! à l’extrême gauche. — Applaudissements à

… droiteet sur divers bancs au centre) Nous sommes en présence d’adversaires politiques, et s’il vous plaît de soulever ici des incidents personnels. (Bruit)

M. Goperroy CAvarsNAc. — je vous demanderai s’il y a sur vos bancs quelqu’un qui soit prêt à nous

_ répondre au dehors ou si vous êtes tous des lâches comme M. Jaurès. (Bruit prolongé. — Applaudissements à droite et sur divers bancs. — Exclamations et ; … protestations à l’extréme gauche) ; Je reviens à l’examen des faits. 4 à M. ALBERT PouLAIN. — Je fais remarquer que M. CaL vaignac a proféré une injure que personne n’a relevée, car elle n’atteint personne. (Bruit)

M. LE PRÉSIDENT. — Je n’ai pas entendu les paroles que vous relevez.

M. Goperroy CAVAIGNAC. — Je reviens à l’examen des faits, et je dis qu’il y a un premier point établi, (Bruit à gauche) sur lequel, malgré la diversion de

M. le ministre de la guerre, je rappellerai l’attention de

Invalidation Syveton ne la Chambre : c’est que la lettre adressée par M. le. MS : général de Pellieux à M. le général Zurlinden lui a été. remise par celui-ci trois jours après; c’est la raison. Ë 2 pour laquelle elle ne se trouve pas dans le dossier. di: J’ajouterai, puisqu’en vérité, hier, on a paru attacher M tant d’importance à ce que cette pièce du dossier, B. comme on disait, eût été entre les mains du ministre M de la guerre et qu’il l’eût gardée et dissimulée à ‘4 M. Brisson, ce que M. Brisson n’a pas craint de venir 14 gauche et à l’extrême gauche. — Applaudissements & 4 M. LE PRÉSIDENT. — Vous vous servez d’un mot, monsieur Cavaignac, que je ne puis tolérer. 1% M. Hexrr Brisson. — Je demande la parole. (Æu- 4 meurs à droite. — Applaudissements à gauche et à de: l’extrême gauche) 4 M. Henri Brisson. — M. Cavaignac ne peut pas dire Pellieux, car il a dit hier, répondant à M. Jaurès, qu’il ne se rappelle même plus s’il était encore au ministère M de la guerre lorsqu’elle y est arrivée. (Vifs applau M dissements à gauche et à l’extrême gauche) ; M. Goperroy CAvAIGNAC. — Je suis autorisé par M M. le général Zurlinden à dire ici qu’il a gardé cette M pièce et qu’elle n’a jamais été au ministère de la guérre. M Voilà une déclaration positive et nette. (Applaudisse-

qu’a citée M. le ministre de la guerre, à cette phrase

dans laquelle M. le général Zurlinden explique que … c’est à la suite d’un entretien avec moi que M. le gé- « néral de Pellieux aurait retiré sa lettre. M. le général 4 Zarlinden commet sur ce point une erreur. (ÆxclamaLe tions à lextrême gauche et à gauche) Je n’ai pas vu le 4 général de Pellieux er je ne l’ai pas déterminé à retirer sa lettre. Mais j’ajoute, pour vous mettre tout à fait à à l’aise que ce point n’a aucune importance. (ÆxclamaF3 tions ironiques sur les mémes bancs) … Vous paraissez très préoccupés d’engager ma respon- } … sabilité dans cette affaire. …_ M. Jures-Louis Breron. — Vous l’y avez engagée ; | tout seul. M.1e PRÉSIDENT. — Monsieur Breton, je vous rappelle M. Gopgrroy CAVAIGNAC. — Je vous dis : ne vous … inquiétez pas de la voir vous échapper; ma responsabi- … lité, je l’engage devant vous. Je déclare d’abord que je di prends, comme chef, la responsabilité de ce qu’a fait M. le général Zurlinden, vous entendez bien; et je dé- … Clare ensuite que si la lettre, au lieu d’être venue entre “ ses mains, et d’être restée là, était venue entre les k miennes, j aurais fait exactement ce qu’il a fait, j’aurais considéré que cette lettre était un acte irréfléchi et sans _ portée, (Applaudissements à droite et sur plusieurs bancs au centre. — Interruptions et bruit à gauche) et

  • je lui aurais demandé de la retirer. ÿ M. Viozcerre. — Vous avez dit le contraire hier. M: Goperroy CAvVAIGNAC. — Je prends donc nette- .… ment aujourd’hui, comme je l’ai prise hier, la responsa- | … bilité de tout ce qui a été fait dans cette affaire. (Très … bien! très bien ! à droite)

M. Jaurès a mis ici le parti nationaliste en cause. Il a parlé de ces accusations qui ont été portées contrela 4] majorité actuelle au cours des opérations électorales, 54 | que nous sommes censés discuter. Je n’ai pas à parler ici de la forme de ces attaques. Ce n’est pas de la ‘4 forme, mais du fond que je veux parler. On a mis le 4 parti nationaliste en cause. LE: Eh bien ! oui, nous nous sommes trouvés au cours de 4 la dernière campagne électorale, en face de M. Jaurès; 0 et nous avons dit au pays qu’on l’entraiînait à son insu dans une entreprise de désorganisation nationale. F ‘à et sur divers bancs au centre) Ne | M. Jaurès et la majorité nous ont répondu à ce « R:: moment que la question n’était pas là; que le débat, : 1 entire nous était purement politique, qu’il s’agissait seu- 1 _ lement de la défense de la République et du progrès 1 Eh bien! je dis qu’aujourd’hui en engageant, en imposant à la Chambre le débat qu’il a apporté ici, M. Jaurès s’est chargé de prouver lui-même que c’est 4 nous qui avions raison. Il est assez manifeste, par la Nu futilité même des arguments qu’on a apportés à cette M tribune, (Applaudissements à droite et sur divers bancs ‘2 au centre) qu’il s’agit d’une entreprise politique. On a ne viendra pas prétendre que c’est par amour de la ‘4 vérité qu’on a apporté ici les allégations que nous 4 avons entendues en ce qui concerne particulièrement M la lettre du général de Pellieux. Nous nous trouvons en ‘4 présence d’une entreprise politique nettement caracté- M risée! Vous n’êtes pas ici les serviteurs de la vérité, M

À | vous êtes simplement les esclaves de vos passions et de

  • vos rancunes politiques. (Nouveaux applaudissements sur les mêmes bancs)

Eu M. OcraAve Vice. — Vous ne réussirez pas à tromper M. Gonxrroy Cavaicwac. — C’est l’importance de la … séance d’aujourd’hui ; M. Jaurès a imposé à la majorité . une entreprise nouvelle qui donne raison à tout ce que 4 nous avons dit au cours de la campagne électorale ; _ (Applaudissements à droite) ïil vient d’arracher la é … Chambre à cette entreprise qui paraissait absorber son a attention, à cette entreprise où elle a transformé l’an- …_ cienne politique anticléricale du parti républicain, qui était une politique de neutralité religieuse, où elle l’a transformée en une entreprise dans laquelle elle met . la puissance de l’État au service d’une lutte contre une doctrine religieuse. (Applaudissements sur divers bancs “ la majorité qui n’en voulait pas, la continuation de ce à que nous avons appelé et de ce que nous appelons en- “core une œuvre de désorganisation et de reniement a national. (Applaudissements sur les mêmes bancs)

D - S’il pouvait y avoir un doute sur la nature et le 4 caractère même de cette entreprise, ah! j’en trouverais = facilement la preuve dans les déclarations successives

de M. Jaurès ; il a avoué lui-même un jour devant son

  • parti que ce qu’il présentait ailleurs comme une cam- .… pagne de justice et de vérité n’était au fond qu’une entreprise contre l’organisation militaire elle-même.

3 M. Jures-Lours Breron. — Ce n’est pas clair. (Æxcla_ mations à droite)

_. M. Goperrox CAVAIGNAC. — Puis il a prononcé ici

ï même, à cette tribune, au mois de juin dernier, des paroles de reniement national, (Applaudissements sur LS divers bancs au centre et à droite) lorsqu’il a dit que ; # nous devions proclamer à la.face du pays que la . France n’avait plus rien dans le fond de sa conscience. Les qui l’empêchât de réclamer le désarmement simultané des peuples. (Applaudissements sur les mêmes bancs) Ce qu’on vise, ce ne sont pas telles ou telles person 4% nalités, mais bien l’institution militaire elle-même. Cet aveu a échappé à M. Jaurès dans la surprise de son 4 débat de l’autre jour avec M. Ribot, il a prononcé ici 4 | des paroles que je veux citer textuellement; il a dit… 4 A l’extrême gauche. — Est-ce un faux? 4 M. Goperroy CAvaiGNAc. — Messieurs, j’entends une 4 interruption que je relève. % Vous voulez, vous, un débat personnel… 2 M. GopErroy CAvAIGNAC. — Vous n’en avez pas 4 l’air. (Exclamations et bruit à l’extrême gauche) ‘4 juger si j’ai défendu le droit de parole de M. Cavaignac. . l’heure — et je répète mes paroles pour qu’elles soient $ entendues — si vous étiez tous des lâches comme E M. Jaurès. (Vives protestations à gauche et à l’extrême gauche. — Cris: A l’ordre. — Applaudissements à 2 M. Jaurès. — Je demande la parole… (Très bien! | très bien ! à l’extrême gauche) 4

Laissez-moi dire que je n’ai pas été, que je ne suis “ pas et que je ne serai pas dupe de la diversion grossière Ÿ de. Cavaignac. Cette provocation préméditée et per- | 3 sonnelle que rien dans mes paroles n’avait justifiée, _ et qui est simplement la convulsion désespérée d’un (l homme aux abois, ne relève que de mon dédain. (Vifs F applaudissements à l’extrême gauche et sur divers bancs , à gauche. — Rumeurs à droite et sur divers bancs au —._ je crois que le règlement n’a plus à intervenir. (Mar_ ques d’assentiment) | La parole est à M. Cavaignac.

M. Jaurès. — La parole est à M. Cavaignac. (Applau- #à dissements à l’extrême gauche. — Exclamations et rires

| A droite. — C’est M. Jaurès qui est dictateur.

M. Le PRÉSIDENT. — J’occupe encore le fauteuil, messieurs, et j’ai moi-même donné la parole à

4 sion et je n’ai plus qu’un mot à ajouter. Je dis qu’il est

| clair, aujourd’hui plus que jamais, que nous sommes en

d présence d’une entreprise de désorganisation nationale. (Applaudissements sur divers bancs au centre et à

1 Et lorsque vous prétendez que ce n’est pas l’institu-

4 tion militaire elle-même que vous attaquez, et que vous

$ ne tentez pas, après avoir renié la pensée nationale, de briser entre les mains de la France l’instrument qui est

réponds parles paroles mêmes que vous avez pronon- #4 cées à cette tribune. (Bruit à gauche. — Applaudisse- A] Vous avez dit, il y a quelques jours : ü | Et lorsque le pays tout entier, lorsque les honnètes gens. É. | du pays tout entier ont vu la profondeur de corruption, dire que cette politique de faux… avait empoisonné la 26 conscience de l’armée elle-même… ñ (Applaudissements à l’extréme gauche et sur divers ‘4 Ainsi il est bien établi par votre aveu même et par les £. applaudissements que la phrase de M. Jaurès vient de | recueillir, il est bien entendu que ce n’est pas telle où À telle personne que vous visez ici, et s’il en est que vous È visiez plus particulièrement parce qu’elles ont eu l’hon- oi neur, dans des circonstances difficiles, d’être les défen- ê seurs des idées que vous attaquez, de cela encore,nous % sommes fiers. Sachez-le bien, en face de vous, en face + des idées que vous avouez aujourd’hui, vous nous trou- À verez armés d’une résolution inébranlable. (Applaudis- î sements sur divers bancs à droite et au centre) ÿ Il est possible que nous ne soyons qu’une minorité. L (Oui! oui! à l’extrême gauche) Il est possible, dis-je, que nous ne soyons qu’une mi-
norité, mais nous sommes une minorité résolue et une À minorité forte. (ÆExclamations ironiques à gauche et à ; l’extrême gauche.— Applaudissements sur divers bancs î à droite et au centre). forte de ce qui a été autrefois la grandeur et l’honneur du parti républicain et du parti ÿ socialiste lui-même. à

î que votre parti est un parti républicain ! . A l’extrême gauche. — Vous pouvezlui parler d’honhi À Paurz Consraws (Allier). — Le parti socialiste est _ de bonne foi, lui! ide ÿ . M: £E PRÉSIDENT. — Vraiment, messieurs, ces inter- : . ruptions sont intolérables. ; … M. Pauz Cowsrans (Allier). — L’orateur n’a pas le | _d oit, monsieur Cavaignac, de parler du parti socialiste, … cela ne le regarde pas ! Nu M. Gopsrroy CAVAIGNAC. — … forte d’une foi indes_tructible dans la puissance et dans l’avenir des idées je que nous représentons. (Applaudissements sur divers bancs au centre et à droite.—Rumeurs à l’extrême gau- : . che et à gauche) ka k ‘4 M: Henri Brisson. — Je demande la parole pour un “ fait personnel. (Vifs applaudissements à gauche et à pie l’extrême gauche) … Voix nombreuses. — A la tribune ! | (M: Henri Brisson monte à la tribune. — Vifs applaub diss ements à gauche et à l’extrême gauche) l k M. HenriBrisson.— M. Cavaignac a tout à l’heure pro- ; k noncé le mot « faussement » en l’accolant à ce que j’avais î à hier et à mon nom. Je lui demande s’il applique ce < K m ot « faussement » à l’assertion que j’ai produite hier, à savoir qu’il n’avait pas communiqué au GouverneFA ment ni à moi la lettre de M. le général de Pellieux. pa pplaudissements à gauche et à l’extrême gauche) Fe A droite. — Il ne l’avait pas. £ M. Gopernoy Cavaicnac. — J’applique cette afürM ie + N

mation à la phrase dans laquelle vous avez dit que vous appreniez — en feignant d’ailleurs de l’apprendre au M cours de la séance… (Applaudissements à droite. — Réclamations à gauche) que vous appreniez que javais | gardé une pièce qui ne vous avait pas été communi- F quée et que cette pièce était la lettre du général de Pel lieux. (Mouvements divers) ; ne.

M. Henri Brisson. — Donc il reste acquis que M: Ca- M vaignac n’a pas communiqué au Gouvernement dont il 4 faisait partie la lettre de M. le général de Pellieux. M (Applaudissements à l’extrême gauche et à gauche. — 4

A droite. — Puisqu’il ne l’a pas eue! 4

M. Henri Brissow. — Il reste acquis de plus parla parole écrite de M. le général Zurlinden, que c’est après à une conversation entre M. le général de Pellieux et” : M. Cavaignac que M. le général de Pellieux a retiré M cette lettre. (Vifs applaudissements à gauche et à l’ex- à

M. Gonerroy CAvaAIGNAc. — Je demande la parole. (Rumeurs à l’extrême gauche) à à

M. LE PRÉSIDENT. — Vous n’avez pas le droit de pro- | tester ainsi, messieurs. Une question a été posée, écoutez 4 la réponse. Me

M. Goperroy CAVAIGNAC. — Il reste acquis que ce % n’a pas été à la suite d’une conversation qui n’a pas eu à lieu, que M. le général de Pellieux a retiré sa’lettre. 4

Il reste acquis que, contrairement à ce que vous ayez affirmé vous-même, la lettre du général de Pellieux n’a jamais été au ministère de la guerre. (Applaudissements l’extréme gauche) 4

demande la parole. (Applaudissements à gauche et à _ l’extrême gauche) _ la guerre. lecture à la Chambre. (Non, non ! à droite. — Applau_ dissements à gauche) LA M: LE PRÉSIDENT. — Messieurs, vous l’avez voulu ! _ aucune conclusion de moi-même, dela version de la lettre à général Zurlinden, gouverneur militaire de Paris, lettre qui est datée du 4 juin 1899 : D octuun — C’est à la suite d’un entretien avec M. “ Cavaignac, alors ministre de la guerre, que le général de Le Pellieux a retiré sa demande du 3r août 1898. nur applaudissements à l’extréme gauche et à gauche) par préciser bien exactement ce que j’ai dit hier, parce pi j’aicru comprendre parlesinterruptions de quelques- “uns de mes collègues qu’il était dans la pensée de . quelques-uns d’entre eux que j’avais dit hier avoir reçu : . la lettre du général de Pellieux. . M: Fraxçors Fournier. — Vous l’avez dit! “M. GusraAve Rouaxer. — C’est au Journal officiel. % M. Mauran. — Vous vous êtes repris ensuite ! & .M: Gopgrroy Cavarcnac. — Je ne l’ai pas dit du tout! (Bruit à l’extrême gauche) J’ai même, afin qu’il Le eût aucune équivoque, interrompu M. Jaurès après :

qu’il avait repris la parole — et chacun s’en souvient. Pour bien préciser quel était le sens de mes déclara- « tions, j’ai dit : « J’ai pris et je prends, je le répète, 1 responsabilité de tout ce qui a pu être fait au sujet de ” la lettre du général de Pellieux. » (Exclamations à l’ex- Ÿ 3

Mais, messieurs, je donne lecture du Journal officiel. :

] ({nterruptions et bruit à l’extrême gauche et à gauche) Si vous voulez, nous allons nous reporter à la sténo-

M. FRANCIS DE PRESSENSÉ. — Reproduisez-nous votre

vous prétendez créer ici une équivoque. ; ë

A l’extrême gauche. — Ne renversez pas les rôles ! l

M. Gongrroy CAvalGNAc. — Je vous demanderai « quelle est votre singulière conception de la loyauté. . ({nterruptions à l’extrême gauche)

A l’extrême gauche. — Vous n’avez pas le droit de u dire cela ! 4

prendre une partie de la pensée d’un homme sans en prendre le reste… (Applaudissements au centre et sur

M. Gusrave ROUANET. — Il y a simplement deux pas-”

M. LE PRÉSIDENT. — La tâche des interrupteurs est vraiment facile! (Très bien ! — On rit.) f

M. Goperroy CAVAIGNAG. — J’ai dit — et ma déclaration ne pouvait avoir qu’un sens — que je prenais la responsabilité de tout ce qui avait été fait; mais comme mes souvenirs remontaient à cinq années, je ne

_ pouvais pas savoir et je ne savais pas effectivement à “re moment-là, si la lettre était parvenue au ministère _de la guerre avant ou après mon arrivée. —. Voilà les paroles que toute la Chambre a entendues et vous pouvez, messieurs, si cela convient à vos passions politiques, fouiller toute la sténographie ; je vous La éfie de trouver une parole de moi par laquelle je _ déclare avoir reçu la lettre. (Bruit à gauche) à — A l’extrême gauche. — Si, vous l’avez dit ! M. Gopgrroy CAvaIGnac. — C’est un peu fort! 3 M: Maurice Viorerte. — Vous avez dit à peu près textuellement que vous l’aviez reçue et que vous n’en aviez tenu aucun compte, et c’est pour cela que je vous ai répondu dans une interruption. . M. GopErRoY CAVAIGNAC. — Vous aurez beau faire “pour introduire dans ce débat la déloyauté de vos inL erruptions. (Zxclamations à l’extrême gauche) M. Maurice Viozcerre. — C’est vous qui… — M. ze PRÉSIDENT. — Monsieur Violletie, vous n’avez é . pas la parole! à —M. Gonxrroy CAvaIGNAC. — Je répète donc ici quel à été hier le sens de mes déclarations et pour répondre à ce que vient de dire M. le général André, qui essaie de tirer une conclusion d’une note de M. le général “Zurlinden et qui a reproduit cette note après la déclaration que j’avais apportée, je vais vous lire la lettre ton ème que m’a adressée le général Zurlinden:. & Monsieur le député. … M. CHarces Bos. — La signature est-elle légalisée ? A l’extrême gauche. — Quelle estla date de cettelettre?

M. Goperroy CAvAIGNAC. — Elle est du 7 avril 1903. M. ARISnIDE BrrAND, — C’est une lettre de complaisance. (Bruit) Monsieur le député, toutes réflexions faites, voici comme à mon avis, doit être rétablie l’affaire de la lettre du géné- F. ral de Pellieux, demandant sa mise à la retraite, dont on a parlé hier lundi, à la Chambre des députés. de Aussitôt après la découverte du faux Henry, le général. Borius, alors commandant de la place de Paris, le chef : immédiat du général de Pellieux, est venu me trouver dans mon cabinet, aux Invalides, pour m’apporter cette lettre du général de Pellieux et appeler mon attention sur M sa gravité. 3 Je fis venir immédiatement le général de Pellieux. Il était 4 très surexcité, très énervé à l’idée qu’on pourrait l’aceuser d’avoir cité trop légèrement une pièce fausse au procès Zola ; douloureusement préoccupé surtout de la pensée que ses enfants pourraient un jour lui reprocher de n’avoir pas assez défendu l’honneur de leur nom. (Vifs applaudissements sur un grand nombre de J’essayai de le calmer, de lui demander des explications sur les accusations qu’il formulait; mais je ne pus rien en obtenir ; et je restai convaincu, — je le suis encore aujourd’hui, — que le général de Pellieux avait cédé ce jour-là à un premier mouvement de colère et de révolte bien compréhensibles ; et qu’il était de mon devoir d’attendre que le calme se fût fait dans l’esprit de cet excellent oflcier, qu’il importait d’essayer de maintenir dans l’armée… Au centre. — Voilà la vérité ! .… Je conclus en lui disant que je désirais lui donner le temps de réfléchir avant de transmettre sa demande ; que

_ je garderais sa lettre pendant deux ou trois jours; et à qu’ensuite je la lui renverrais par le général Borius, afin qu’il puisse agir à tête reposée. Ë M. Rmor. — Cette lettre est très honorable pour le | M. Maurice Durrerz. — C’est ainsi qu’un chef soucieux de ses devoirs doit agir. (Très bien! très bien!) . M: Jures-Lours Breton. — Est-ce que vous trouvez que cette lettre est honorable pour M. Cavaignac ? M. Pauz Gureysse. — Alors, monsieur Cavaignac, … ce que M. le ministre de la guerre a lu du général Zurlinden serait d’après vous un faux ? _ M. Gonrrroy CavalGnac. — Ainsi que vient de le . dire M. Ribot, c’est une lettre très honorable pour le .… général Zurlinden, et j’estime que je m’honore en couvrant ce qu’il a fait de ma responsabilité, et, en décla- …. rant, comme je l’ai fait à toutes reprises qu’à sa place et si j’avais été saisi de la lettre, j’eusse agi comme lui. … (Interruptions à l’extrême gauche.— Applaudissements . au centre et sur divers bancs) ÿ M. Arisripe Brranp. — C’est vous qui avez besoin .… Le général Borius fut prévenu, la lettre fut retournée … quelques jours après. Depuis, je n’en ai plus entendu …. parler, quoique j’aie vu plusieurs fois le général de Pellieux. C’était un homme énergique ; s’il avait voulu main- “._ tenir sa demande, rien ne l’en aurait empêché; et régle- “ mentairement rien ne s’y opposait. H Les états-majors du gouvernement militaire de Paris

n’ont pas été mêlés à cette affaire. Il est probable qu’on ne é trouvera rien dans les archives. es

Et ici M. le général Zurlinden commet une erreur F puisque M. le ministre de la guerre a retrouvé les pièces qu’il est venu lire à cette tribune. (Exclamations à et applaudissemenis ironiques à l’extréme gauche) 6

Vous êtes bien fiers, messieurs, de votre infaïllibilité si vous pensez qu’un homme ne puisse pas même se tromper sur des probabilités de cet ordre.

M. le général Borius est mort; le général de Pellieux | aussi. Je reste donc seul pour faire la lumière sur ce triste incident, et sur la suite qui lui a été donnée, dont j’accepte toute la responsabilité.

Peut-être ai-je parlé de cette affaire à votre chef de cabinet? Mes souvenirs ne sont pas précis à cet égard… |

M. Pauz Gouzx. — Mais la lettre qui a été lue par M. le ministre de la guerre est précise. Le général Zurlinden dit qu’il a parlé à M. Cavaignac.

M. GopErroy CAvAIGNAC. — Attendez un peu, monsieur Gouzy. Vous allez trouver la réponse aussi formelle que vous pouvez le désirer à l’ailégation qui a été apportée ici par M. le ministre de la guerre.

M. Gusrave RouaneT. — C’est un faux, alors?

Ÿ M. Pauz Gouzy. — Il s’agit d’une lettre signée du général Zurlinden, ce n’est pas une allégation!

J’ai cru hier vous en avoir parlé à vous-même, mon ancien ministre; mais j’ai fait une confusion; c’est pour une autre affaire, concernant aussi le général de Pellieux…

Mais enfin, messieurs, vous êtes véritablement bien extraordinaires ! Vous êtes véritablement bien assurés

_ devotre mémoire, si vous essayez de tirer argument,

à _ cinq ans après, de ce qu’un homme… (Nouvelles inter-

ruptions sur les mêmes bancs).

| M. Gopgrroy CAvarGnac. — De quelle date est la

… lettre dont M. le ministre de la guerre a donné lecture ?

G M. Mausan.— L’allégation dont vous parlez est écrite ù

de la main du général Zurlinden et signée par lui.

| M. Goperroy CAvVAIGNAC. — Et après? Qu’est-ce que cela prouve ? Cela prouve que M. le général Zurlin-

… den, sur un fait qu’il ne connaissait pas et qu’il n’avait

  • pas de raison de connaître, a eu une interprétation à

. ce moment et que, dans ses souvenirs, il retrouve ’

. aujourd’hui que cette interprétation a donné lieu à une

À M. Ursceur. — Ses souvenirs étaient plus exacts il

L C’est pour une autre affaire concernant aussi le géné-

… ral de Pellieux, que j’ai prié un autre ministre, peut-être

. M. Krantz, de faire venir cet officier général dans son

Je vous autorise à faire de cette lettre à la tribune de

ÿ la Chambre l’usage qui vous paraîtra convenable.

; Je vous demande en vérité, messieurs, ce que vous

k cherchez. Vous cherchez, alors que des hommes vous

apportent, sur des événements qui se sont passés il y

“ a cinq années, des souvenirs qui ne sont pas d’une

… précision absolue, vous cherchez à savoir comment les

choses se sont passées. Quel intérêt cela a-til puisque

‘4 je vous déclare que si M. le général de Pellieux était

L venu me trouver, j’aurais fait précisément ce que vous

pensez pouvoir me reprocher d’avoir fait ? (Applaudis- É sements à droite et sur divers bancs) Quel est done Pin- 7 térêt de ce débat ? Que cherchez-vous à faire? Vous -° cherchez ici à créer des équivoques. ({nterruptions à È Quel intérêt cela a-t-il que les choses se soient pas M sées d’une façon ou d’une autre, que M. le général Zur- k linden ait fait iui-même ce qu’il’s’honore d’avoir fait, à ou que j’eusse fait moi-même ce que je m’honorerais d’avoir fait, quelle importance cela at-il pour le but k, politique que vous poursuivez ? (Applaudissements à à droite et sur divers bancs. — Bruit à gauche) $ avez trahi votre président du conseil. : M. Goperroy CAvAIGNAC. — Quant à ma responsa- { bilité, je l’affirme ici pleine et entière solidaire avec 1 celle de M. le général Zurlinden. (Vifs applaudissements j à droite et sur divers bancs) 4 M. LE PRÉSIDENT. — La parole est à M. Lasies pour une demande d’ajournement de la discussion. { prendre la parole dans ce débat malgré ce que je pourrais appeler, sans avoir d’intention blessante contre lui, les provocations de M. Jaurès ; jusqu’au dernier moment j’avais pensé que le Gouvernement, soit par une parole, soit par une indication quelconque, aurait fait comprendre à la Chambre combien il était mauvais pour le repos du pays de réveiller cette affaire qui Pa si longtemps divisé… ({nterruptions à gauche) et qu’un gouvernement soucieux de ses devoirs n’aurait pas dû permettre de réveiller ici. (Applaudissemenis à droite.

“ M. Gustave Rouaxer. — C’est la commission d’en_ quête qui a commencé ! 4 M. Riomreau, président de la commission d’enquête.— __ Je demande la parole. 4 M. Maurice Viozretre. — C’est M. Beauregard qui Û $ a réveillé l’affaire. ; M. Gusrave Rouaner. — Il ne fallait pas accepter le _ témoignage de M. Judet. M. SAVARY DE BEAUREGARD. — Vous ne nous donnerez pas le change. M. Lasies. — Messieurs, dans un débat récent, lorsj qu’eut lieu cet incident sensationnel entre l’honorable | M. Ribot et l’honorable M. Jaurès, je dis à M. Jaurès : 1 « Vous voulez prendre la responsabilité de réveiller l’affaire Dreyfus ; je vous la laisse. » Et M. Jaurès de sa 4 place me répondit: « Je l’accepte. » À Il a montré aujourd’hui qu’il acceptait en effet toute la À responsabilité ; il a repris l’affaire depuis ses origines. — Je pensais qu’au moins M. le ministre de la guerre dirait que l’incident était clos, que le conseil de guerre avait

  • rendu son verdict et qu’il ne fallait plus le discuter. ë M. Lasræs. — Or, à notre grand étonnement, nous

bune et.

Ya A gauche. — Faire son devoir. iG M. Lasres.— … et déclarer qu’il allait se faire l’auxi- … … liaire, je ne veux pas dire le complice, de ceux qui veu- -_ lent renouvelerl’agitation de l’affaire Dreyfus. (Applaudissements à droite et au centre. — Bruit à gauche et à ï l’extrême gauche)

M. Henrr Micez (Bouches-du-Rhône). — De ceux à qui veulent la lumière et la vérité. 5h M. LAMENDIN. — Ce n’est pas un ministre qui dit des 4 faux à la tribune celui-là ! F M. PAsrRE. — Il ne fait que son devoir. L M. Lasres. — Ce que je dis vous fait sourire, mon sieur le ministre de la guerre? i M. Lasres.— C’est tout ce que vous avez à répondre ? à Eh bien! permettez-moi de vous faire connaître ce que à pense l’étranger de l’affaire. (Æxclamations à l’extréme ÿ gauche. — Applaudissements à droite) Il faut que vous entendiez ces paroles et qu’elles restent sur votre conscience. (Nouveaux applaudissements à droite) | doute nous lire une correspondance qui vient de Paris. (Applaudissements et rires à gauche) M. Lasres. — Je ne comprends pas la portée de votre Écoutez cet article du Reichswehr, de Vienne, n° 1834, en date du 14 mars 1899. Je ne sais si c’est une correspondance de Paris; c’est l’écho de l’étranger que j’apporte ici pour qu’il reste dans votre conscience et que vous preniez vos responsabilités. (Très bien ! très bien! : Le rempart de la patrie élevé par un patriotisme ardent et grâce à d’immenses sacrifices pécuniaires s’effondre Grâce à l’Affaire, l’organisme de l’armée française est atteint de consomption incurable, un abîme s’est creusé entre l’armée et la nation où se sont engloutis avec d’innombrables milliards l’orgueil et l’espérance de ia France — sa foi dans sa puissance militaire. |

M Chacun est maintenant libre de couvrir de boue et d’injure l’armée française qui seule maintient ce pays au rang _ de grande puissance. % En face de ces maux, un gouvernement qui n’est jamais sûr : du lendemain, une représentation nationale agitée par toutes f les passions du jour et courbée par elles comme le roseau sous la tempête. É ({nterruptions à l’extrême gauche) Aucune armée au monde ne saurait demeurer saine et : vigoureuse dans de telles conditions. Et une armée aussi | foncièrement nationale que l’est l’armée française, ne peut _ que succomber à la contagion. : ; L’armée française a subi un Sedan intérieur dont la

répercussion sera plus profonde et plus durable que celle

E de la catastrophe du premier septembre 1870, car une défaite | sur le champ de bataille peut bien être le plus terrible | coup de la fatalité, mais ce n’est point une honte indélé- ; Mais le Sedan intérieur que la campagne dreyfusarde a infligé à La France est une défaite sans espoir ni ressource. _ ny a plus de relèvement possible, car vous avez volon- É tairement détruit la seule chose qui l’eût permis : la disei__ pline. L: et à l’extrême gauche)

Voilà l’œuvre à laquelle vous voulez coopérer, mon_ sieur le ministre de la guerre.

: M. Lasres. — Il aurait suffi d’un mot, lorsque M. Jau- Ë . rès est venu dire ici — et il était dans son rôle — que 4 Vétat-major prussien avait rappelé l’état-major fran- à çais au devoir et à la conscience. Vous n’auriez pas dû …. laisser passer une pareille parole sans protester. (4p-

4 - 143

M. GusrAve RouUANET. — Il n’a pas dit cela! C’est à M. Lasres. — Je sais bien, monsieur le ministre, que 4 vous avez dit qu’avant tout vous vouliez la lumière et 4 la vérité. : Oui! Vous prenez les formules de ceux qui vous 1 applaudissent et vous soutiennent. La lumière et ia vérité ce sont de bien belles choses, mais la France, $ qu’en faites-vous dans tout cela, monsieur le ministre? à (Applaudissements à droite et sur divers bancs. — La lumière ! La vérité! Vous osez venir dire quevous . ; allez marcher avec ceux qui les réclament! Eh bien, moi, je veux me défendre contre les accusations portées contre tout mon parti par M. Jaurès. M. Jaurès | a dit, et il veut faire planer ce doute sur tout le pays, | que nous étions le parti des faussaires. Oui, je me souviens que l’honorable M. Breton, au moment de la discussion sur l’amnistie, est monté à cette tribune pour nous dire que nous étions le parti des faussaires. Je suis monté après lui à la tribune et j’ai dit ce que je vous dis de nouveau aujourd’hui: Nous avons assez de ces accusations. Les faussaires, ils sont chez vous. (Applaudissements à droite) 4 M. Jures-Louis BRETON. — Vous l’avez dit, mais àl fallait le démontrer. M. Lasies. — J’avoue que j’ai eu un moment d’inquié- M. Henri Micuez (Bouches-du-Rhône). — Monsieur Lasies, vous avez raison si par « faussaires » on entend ceux qui dénoncent les faux. M. Lasres. — Monsieur Michel, je vous remercie de

« l’interruption que vous m’adressez, avec l’autorité qui _ s’attache à votre nom dans votre parti. Vous venez nous . dire que vous êtes le parti de la vérité parce que vous _ êtes ceux qui dénoncent les faux. Mais qui donc a dénoncé le faux que vous nous reprochez, si ce n’est _ celui que vous attaquez si violemment aujourd’hui? … M. Gusrave RouaANer.— Il était dénoncé avant. _ M. Lasws. — Permettez-moi de préciser, monsieur Rouanet, les faits que j’apporte à cette tribune ; je n’en … ai pas pour longtemps. (/nterruptions) Je vous en supplie, dans une tâche si délicate et si périlleuse nous ne … combattons pas à armes égales ; vous avez eu M. Jau-

  • rès ; pour lutter contre lui, je fais appel à votre attention. (Parlez! parlez!) Donc M. Michel nous dit que c’est vous autres qui

… dénoncez les faux ; et dans une discussion qui a duré … deux jours, M. Jaurès est venu reprocher au parti natio- … naliste de s’être appuyé sur le faux Henry. Mais le faux Fe Henry, il a été puni dès qu’il a été connu ; il n’a pas servi

au conseil de guerre de 1895 ; il n’a jamais servi à faire

  • condamner Dreyfus, tandis que vous autres vous avez L’fait un faux à l’aide duquel vous avez essayé de le faire p k acquitter. Vous n’en parlez pas de celui-là? Je viens

vous rafraîchir la mémoire. { Applaudissements à

M. Vazerze. — De quel faux parlez-vous ?

M. Lases. — M. Jaurès, pour étayer sa discus-

“sion, est allé chercher tous les journaux nationa-

« listes qui ont mené la campagne; il est allé chercher une parole prononcée par notre honorable collègue

M. Millevoye, dans une réunion publique à Suresnes.

Il y avait d’autres documents que vous pouviez cor- “4 sulter; il y avait d’autres documents que les journaux qui passent au jour le jour. Vous aviez les archives M parlementaires, tous les débats qui ont eu lieu au M cours de l’affaire Dreyfus. Et vous, qui êtes si soucieux 3 de la lumière et de la vérité, vous auriez vu, en lisant « ces débats, qu’il subsiste des points obscurs sur lesquels, nous, nous avions voulu porter la lumière. Cette M lumière, vous l’avez étouffée, de complicité avec le M. Henri Micuez (Bouches-du-Rhône). — Faitesla; nous ne demandons pas mieux. 4 M. Lasies. — Certes, nous n’aurions point parlé de cette affaire que nous croyions oubliée, affaire qui fut provoquée par la lettre du général de Gallifiet à M. Waldeck-Rousseau. Je suis peut-être un des premiers qui l’aient connue, je n’en ai jamais parlé à per- M sonne; je ne voulais pas prendre sur moi la responsa- ” bilité de renouveler cette agitation dans le pays qui 4 vient à peine de s’en relever et qui en a tant souffert. IL … faut que ce soit vous qui la recommenciez! (Applaudissements à droite) F é Il vous serait bien commode, si nous nous taisions, de dire dans vos journaux et dans les réunions publiques que nous sommes le parti des faussaires et de l’état-major. Mais je ne veux pas que le pays reste sur cette impression, qu’il croie un seul instant que vous voulez la lumière et la vérité. Vous en parlez trop pour le vouloir. La lumière, vous ne la voulez point, non, vous ne la voulez pas et vous la redoutez, je vais vous le prouver. Et votre ministre qui se met à votre dévotion

| pour accomplir cette triste besogne ne la veut pas

_ de vantage. (Applaudissements à droite et sur divers

… bancs au centre) Car, si vous l’aviez voulue, vous auriez pu faire la lumière.

…. faux a été dénoncé. Par qui l’a-til été? Est-ce par le

— premier venu? Non. Qui avait découvert le faux Henry ? | C’est le commandant Cuignet. | grand honnête homme ! (Très bien ! très bien!) 4 M. Lasrs. — Lorsque le commandant Cuignet a

Ÿ découvert ce faux, vous vous êtes inclinés devant cet Le officier de l’état-major qui, comme vous le disiez, était par hasard un honnête homme. IL avait découvert le k —… faux Henry, et dès qu’il l’avait eu découvert, il n’avait \

… pas hésité à le montrer à son ministre.

114 Maïs cet homme a découvert un autre faux, et lors- | … qu’ilest venu vous dire : Un faux a été commis par les

. défenseurs de Dreyfus, vous avez mis un bâillon sur sa

_ bouche et vous l’avez jeté aux oubliettes au Mont-

  • Malérien. (Applaudissements au centre et à droite)

… M. Lasrs. — Oui, M. Jaurès aurait pu consulter les

. débats parlementaires ; il aurait vu ce qui s’est passé à

… cette tribune lorsque, me faisant l’écho du commandant à Cuignet, je suis venu dénoncer le faux Panizzardi. Il _ aurait constaté que le Gouvernement avait étoufté le 1 Hdébat dont on né voulait pas. En lisant le texte de l’in_ terpellation que je vous adressais, monsieur le ministre

_ dela guerre, sur la façon dont vous agissiez vis-à-vis ‘ S RS commandant Cuignet, M. Jaurès aurait vu que vous

me vouliez pas de la lumière que le commandant Cui-

gnet vous proposait de faire. Sa franchise vous fit peur, ne et vous avez reculé devant elle. RU 8 M. Jaurès est venu nous lire un document qu’il déclarait inédit et qui devait nous écraser, c’est cette lettre M du général de Pellieux, lettre qui traîna dans tous les 1 bureaux de rédaction. 533 Moi, je viens lire un autre document qui n’a traîné É dans aucune rédaction, qui était mon secret à moi tout ï seulet dont je n’ai point jusqu’ici voulu parler. C’est vous qui ny avez obligé. Oui, pour me défendre, je veux vous attaquer. J’en ai assez! (Applaudissements à | Ce document, il faut que ce ministre l’entende; ce ) ministre qui a dit à la tribune, pour vous flatter, qu’il F voulait favoriser la découverte de la lumière, (Applau M dissements sur les mêmes bancs) ce ministre qui songe , bien plus à son rôle de politicien qu’à son devoir de soldat. (Nouveaux applaudissements sur les mêmes M. LE PRÉSIDENT. — Monsieur Lasies, je vous invite É à surveiller vos paroles. ÿ M. MaRrcEL Sempar. — C’est un système de provoca- ÿ tions calculées et que vous ne pouvez pas laisser conti- M nuer, monsieur le président. û M. LE PRÉSIDENT. — J’avertis monsieur Lasies qu’il s’engage dans une voie où je ne pourrai pas le laisser M. Lasres. — Monsieur Sembat, je vous afiirme qu’il discussion. Je viens de dire toute ma façon de penser. Si ma pensée a revêtu une forme trop vive, je le regrette, et je tâcherai à l’avenir de modérer mes expressions. |. 148

4 IA fant que ce ministre entende comment il vous … aidera à faire la vérité; il faut que vous sachiez ce qu’il F a fait lorsqu’il pouvait la découvrir. | Un officier, le même qui avait découvert le faux … Henry, est venu déclarer qu’il y avait un autre faux, le ” faux Panizzardi. Il l’a dit et il a employé la voie … hiérarchique pour arriver jusqu’au ministre de la disais, il a jeté cet officier dans des oubliettes, il l’a mis Y au Mont-Valérien pour le bâillonner, l’empêcher de Mais il s’est trouvé qu’à travers les grilles de la prison une parcelle de vérité a pu m’arriver. Je n’ai pas voulu la publier alors ; mais maintenant vous m’y obli- . gez; vous en porterez la responsabilité. (Applaudisse_ ments à droite) ”. Cette lettre, je n’ai pas demandé à son auteur la per_ mission de la püblier parce qu’il m’aurait dit : « Du É moment que cela peut servir à une cause patriotique, à ‘à publiez-la et ne vous inquiétez pas de moi. » (Applau- …. dissements à droite) Cet officier a déjà brisé sa carrière L’ pour la défense de la cause nationale ; si vous la brisez « encore une fois de plus, peu lui importe! (Applaudissements à droite et sur divers bancs) | Le faux Panizzardi fut dénoncé à la tribune. M. Jaurès n aurait bien pu relire les explications que donna M. Del- | cassé ce jour-là, à la question que je lui posais; cela eût été plus intéressant que le récit de la réunion pu- « . blique donnée par M. Millevoye à Suresnes ou que la lettre du général de Pellieux. Il aurait dû consulter les à comptes rendus de nos débats ; il y aurait vu qu’il est

des points où il fallait porter la lumière; et peut-être < alors M. Jaurès, homme indépendant, aurait été avec 4 nous pour vous demander de la faire. ray T TER Au lieu de cela qu’avons-nous vu? Dès que le faux : fut dénoncé, immédiatement, dans la presse gouvernementale, ministérielle, il y eut un mot d’ordre donné : ; ne point répondre à l’accusation qui avait été portée, si nette et si précise. 4 | Avec le commandant Cuignet nous avons cherché 4 dans tous les journaux de Paris et de province une seule accusation contre nous, qui nous aurait permis 4 de poursuivre ceux qui nous accusaient. Nous n’avons pu relever un seul acte. Le mot d’ordre était donné, et vos journaux écrivaient tous les jours : L’affaire Paniz- % zardi et l’affaire Cuignet, mais il n’y a rien là-dedans. Rien dans l’affaire Cuignet? Écoutez, messieurs: Le 24 décembre 1902, je recevais du Mont-Valérien … cette lettre : 4 Mon cher ami, l: : Je lis dans la presse de ce matin que des efforts sont 4 faits en vue de faire croire qu’il n’y a rien dans l’affaire BE. En réponse à cette insinuation, voulez-vous simplement faire connaître ce qui suit : À La dépêche Panizzardi contient l’aveu formel de la culpa | bilité de Dreyfus et de la complicité de l’attäché militaire | italien. Quand j’ai eu signalé l’existence de la dépêche; et à j’ai été le premier et le seul à le faire, il s’est produit un véritable affolement dans le camp des défenseurs de Dreyfus. On s’est adressé à l’étranger pour obtenir des argu- M ments : et le concours de l’étranger a été payé par un acte # de trahison commis par des Français contre la France. 4

he Mais on s’est efforcé de me faire revenir sur mon témoi- …_ gnage et on a employé successivement à cet effet la tenta- ‘tive de subornation, la menace sous condition et enfin le

  • lé commandant Cuignet soit entendu; un gouvernement
  • ne peut rester sous le coup d’aussi graves accusations. : M: Lasres. — Vous me direz : Mais le conseil de
  • _ guerre de Rennes a eu lieu, la cour de cassation, toutes _ chambres réunies, a examiné l’affaire, pourquoi le com_ mandant Cuignet n’a-t-il pas parlé 2… … Je demande la parole. | M. Lasies. — Écoutez la suite de cette lettre : J’ai dénoncé tous ces crimes avec preuves à l’appui au gouvernement de M. Dupuy; le Gouvernement n’a rien fait . et s’est tu. J’ai voulu alors dénoncer ces faits à la cour de
  • cassation, toutes chambres réunies : on m’a empêché de _ parler; je le prouverai par témoins. J’ai été mis en non-activité, non pour l’article du Petit
  • Journal, maïs parce que je voulais, malgré tout, faire connaître la vérité. M. Krantz, le ministre qui a proposé, en dehors de son initiative et après coup, ma mise en non_ activité, reconnaîtra l’exactitude de ce que j’avance, je
  • fournirai des témoins. A Rennes, on m’a empêchéde parler et maintenant on recommence à agir sur moi; des essais “ … de rapprochement étaient tentés par M. Paléologue. Je four_ nirai des témoins. Je dirai pourquoi je n’ai pas pu parler à Rennes et pourquoi je veux parler maintenant. Qu’on ne dise pas qu’il n’y a rien dans l’affaire ; il y a crime de faux, crime de forfaiture, crime de trahison, sans compter le Ah ! s’il n’y a rien dans l’affaire Cuignet, pourquoi ne pas me confondre ? Ce serait si facile! On me jette en prison, . onme traite, par ordre du Gouvernement, de façon humi- … liante; on m’a appliqué le régimeréservé aux officiers punis h

d’arrêts de forteresse pour dettes. Il a fallu mes protesta- ‘4 tions pour faire cesser ce régime. 4

Eh bien! n’importe! je parlerai quand j’aurai enfin arraché le bâillon que depuis deux ans on tient serré sur M ma bouche. Je parlerai et les honnêtes gens de toute opi- 1: nion et de tous les partis jugeront et, j’en suis sûr, parta- à geront mes conclusions. 120

çais : le pays l’entendra! Le ministre de la guerre lais- 1 sera-t-il, cette fois, parler le commandant Cuignet? E

M. Francis DE PRessensé. — M. Lasies vient denous M donner lecture d’une lettre du commandant Cuignet, 1 alors je pose cette question : Est-il vrai que le comman- 1 dant Cuignet, de concert avec le général Chamoïn, S. devant la cour de cassation, toutes chambres réunies, 1 a signé un procès-verbal par lequel il a déclaré recon-, f naître l’authenticité absolue de la dépêche Panizzardi 1 et retiré toutes les articulations qu’il avait proférées à contre elle. (Applaudissements à l’extréme gauche et à ï

M. Lasres. — Messieurs, ne vous hâtez pas d’applaudir. M. de Pressensé, avec une bonne foi à laquelle je é rends hommage, vient de commettre une bien grande effet un procès-verbal signé par le commandant Cuignet et le général Chamoin ; et M. Delcassé a lu ce procèsverbal à la tribune, lorsque j’ai demandé à interpeller sur l’affaire Panizzardi; mais ce procès-verbal n’était pas seul; j’ai redemandé la parole et j’ai dit à M. Del cassé : Pourquoi lisez-vous des pièces tronquées, vous,

‘4 ministre des affaires étrangères? Ah! vous venez nous

mn: dire qu’il y à un procès-verbal signé Chamoin et Cui-

. ticité de la pièce.

% M. Lasres. — … reconnaissant que les chiffres du soi-

— disant décalque correspondent au texte donné par les

affaires étrangères. Oui! il y a un procès-verbal; mais

à côté, portant le numéro suivant, il y a un autre

… procès-verbal signé par les mêmes signataires, commandant Cuignet et général Chamoin, et qu’a refusé de

… signer M. Paléologue, un autre procès-verbal où le général Chamoiïn et le commandant Cuignet déclarent

que, dans la pièce qu’on leur a communiquée, l’écriture de l’adresse en clair et de la signature n’est pas celle de M. Panizzardi, que c’est un faux. (Applaudissements à

« droite et sur plusieurs bancs au centre)

L. le commandant Cuignet et le général Chamoin, après

_ avoir signé un procès-verbal proclamant l’authenticité

  • de la dépêche Panizzardi…

l M. Firm Faure. — L’exactitude de la version, ce

be qui n’est pas la même chose!

M. FRANCIS DE PRESSENSÉ. — … auraient fait ensuite des réserves portant sur l’écriture. Mais comment me fera-t-on croire, quand il s’agit d’une dépêche en chiffres, que ces dépêches ne soient pas écrites de la main

de l’expéditeur, mais de celle du chiffreur, et que toute

  • la difficulté a porté sur l’interprétation de ce chiffre, qu’ils ont pu reconnaître ou ne pas reconnaître l’écriture de Panizzardi? (Vifs applaudissements et rires à l’ex-

_ trême gauche et à gauche)

M. Jures-Lours BreroN. — Vous avez tort de parler. de l’affaire Dreyfus, monsieur Lasies, vous n’en con naissez pas le premier mot. 4 M. Lasres. — Il y aici une question debonnefoipour nous tous et il faut que les explications soient claires 4 et nettement données. Voici les pièces auxquelles je Voici le premier procès-verbal signé par M. le général M Chamoin, M. Paléologue et M. le commandant Cuignet: tion, les soussignés : | 4 MM. le général Chamoin et le commandant Cuignet, délé- à gués du ministre de la guerre, , D’une part, M. Paléologue, secrétaire d’ambassade, délégué du ministre des affaires étrangères, se sont réunis le 27 avril 1899, dans le cabinet de M. le premier président, à l’effet de procéder au déchiffrement du M ù décalque du télégramme du 2 novembre 1894, signé Pa- ; nizzardi, tel qu’il a été remis à M. le premier président de la cour de cassation par l’administration des postes et télé- graphes, avec les explications contenues dans la lettre du chef du cabinet du sous-secrétaire d’Etat de cette administration, en date du 22 avril 1890. ce La traduction, opérée de concert par les trois délégués, a fait ressortir le texte suivant : « Si le capitaine Dreyfus n’a pas eu de relations avec vous, il serait bon de charger l’ambassadeur de publier un démenti officiel, afin d’éviter les commentaires de la presse. » # En foi de quoi, lesdits délégués ont signé le présent procès-verbal.

fs à Mais lorsqu’on a communiqué aux deux premiers

  • signataires de ce procès-verbal, ce décalque… …_ M. LaAsres. — Mais monsieur de Pressensé, l’adresse
    —_ n’était pas en chiffres; on n’envoie pas de télégrammes avec une adresse en chiffres. (Très bien! très bien! sur …. divers bancs. — Interruptions à gauche et à l’extrême 4 _ Veuillez me laisser achever ma discussion qui n’est pas aisée; donnez-moi toute facilité à cet égard. Vous nous dites que ce n’était que des chiffres; mais les réserves portent sur Le texte de l’adresse et sur la . signature, non sur les chifires. À Voici d’ailleurs le procès-verbal qu’a refusé de signer
  • M. Paléologue et qui, séance tenante, quelques minutes . après le refus de M. Paléologue, a été signé par MM. le …— général Chamoin et le commandant Cuignet : En Paris, le 27 avril 1899 H À Les soussignés, général Chamoiïn et commandant Cuignet, _ ontopéré le déchiffrement du télégramme du 2 novembre 1894 en présence de M. Paléologue, sur une copie conforme … au calque de l’original déposé au bureau de la rue Mon-
  • taigne par le lieutenant-colonel Panizzardi, ou par son a Ce calque a été remis à la cour par l’administration des _ postes et télégraphes. Il est signé: Panizzardi. k, L’examen de l’écriture, texte et signature, a permis de _ reconnaître que ladite écriture n’est pas de la main de Pa- … Les soussignés ont fait part de cette constatation à M. Paléologue.

Non! nous ne voulons pas nous laisser traiter departi M des faussaires. Lorsqu’il y a eu un faux commis parmi les nôtres, il a été immédiatement dénoncé et puni. Il a % 4 été dénoncé par cet officier que vous avez frappé après, “4 par le commandant Cuignet. C’était un honnête homme lorsqu’il a découvert le faux Panizzardi. Oui, à ce moment, il était un esprit droit et clair M voyant, lorsqu’il a dénoncé un faux qui pouvait favo- * riser vos menées et vos projets. Mais, je vous le demande, à vous tous, qu’auriez-vous 4 dit à M. Cavaignac si, lorsque le commandant Cuignet ‘4 a découvert le faux Henry, il avait agi vis-à-vis delui M comme a agi le général André lorsque le commandant 4 Cuignet a découvert le faux Panizzardi ? (Applaudissements répétés à droite) Lorsque le commandant Cuignet a dit au ministre de Ë la guerre d’alors: La pièce que vous avez lue à la tri Ê bune est un faux, le ministre de la guerre qui, prévoyant 4 cependant tous les tracas que cette découverte provo- $ querait, sans hésiter un seul instant. 4 M. Lasres. — … A puni le coupable, tandis que lorsque le commandant Cuignet a découvert le faux Panizzardi, qu’a fait le ministre de la guerre, général André ? I1la fait enfermer au Mont-Valérien. La voilà, votre | justice! Le voilà, votre amour dela vérité ! (Applaudissements prolongés à droite et sur divers bancs) M. Mausaw.— Le ministre de la guerre d’alors n’était pas le général André. M. Ferxaxp EnGEranD. — Mais si! ces faits se sont à M. Lasres. — Monsieur Maujan, quand vous serez

4 © ministr e de la guerre et que je vous interpellerai, vous “à TA mn e ré pondrez. (Très bien ! très bien! à droite. — Inter- ! n_ En attendant, laissez-moi continuer. “ Autre fait plus grave, monsieur le ministre de la 1 + guerre : lorsque le commandant Cuignet est sorti du j ._ Mont-Valérien; lorsqu’il eut subi la peine que vous lui R à aviez infligée parce qu’il voulait dire la vérité dont vous p A. _ prétendez être le partisan, il vous a renouvelé ses accuFe _ sations par lettre, vous ne me démentirez pas! (Très j bien ! très bien ! à droite) “….… vous a dit: Monsieur le ministre de la guerre, j’ai | » découvert un crime; je le dénoncerai; je veux pour- P | suivre ceux qui l’ont commis. Vous avez dit: Vous vous ki 18 tairez : si vous ne vous taisez pas, je trouverai bien le j 4 moyen de vous empêcher de parler. ‘4 Voilà ce que vous avez dit au commandant Cuignet! |_ guerre dément-il ce fait? : É lument de tradition parlementaire qu’une interpellation 4 _ ne soit pas adressée à un ministre en cours de séance. 4 …_ M. Lasies m’adresse une interpellation à laquelle je 10 ne puis pas répondre. (Rumeurs à droite et sur divers Ne bancs au centre) Je ne me rappelle pas si la peine dont

il s’agit a été infligée par mon prédécesseur, je ne peux

‘200 pas l’affirmer. (Bruit sur les mêmes bancs) : 0 été infligée par vous, monsieur le‘ministre ! 5 M. Camuze KRANTz. — Je demande la parole. (Bruit

M. Lasres. — Je ne puis pas suivre la discussion au : “4 milieu de toutes ces interruptions. 210

M. Came KRANTz. — Un mot seulement. j 4

M. Lasres. — La discussion est tellement délicate et ! M diflicile qu’il m’est impossible de la suivre au milieu de ‘à toutes ces interruptions. Je prie mes amis de vouloir ‘À bien me la laisser achever sans m’interrompre, j’ai fini L dans quelques instants. ‘à

M. Lasres.— M. le ministre de la guerre me reproche ‘ de lui adresser une interpellation. Mais depuis deux jours que fait donc M. Jaurès si ce n’est une interpella- L tion à nous tous ? Parce qu’il exprime vos idées, vous Ÿ ne vous en plaignez pas. Vous vous prétendez partisan 4 de la vérité ; eh bien, avec moi, la vérité vous tient à la b: gorge et elle ne vous lâchera pas. (Applaudissements à ® droite et sur plusieurs bancs au centre) 3

Vous n’aviez pas le droit de vous faire le complice de à M. Jaurès et de ses amis ; ils sont dans leur rôle, eux, 1 en cherchant à perpétuer dans le pays l’agitation pro- f voquée par l’affaire Dreyfus, qui est et doit rester une 4 affaire close. S’ils ont des arguments nouveaux à faire 1 valoir, qu’ils s’adressent à la justice. Mais, pour l’hon- 4 neur de l’armée, vous n’auriez jamais dû, vous, leur h tendre la main. (Applaudissements sur les mêmes bancs) Le Ils ont jeté l’accusation contre nous tous ; nous nous défendons. Vous êtes de leur côté; c’est votre affaire, s

M. Jaurès nous a dit que nous renïions les nationalistes ; non, nous ne les avons pas reniés; et il faui lui rendre à lui-même cette justice qu’il ne renie pas les

| éer ts de ses amis. Quand, à la tribune, nous avons lu | des libelles disant aux jeunes soldats qu’il n’y avait D: plus de patrie, plus de drapeau, qu’il fallait déserter la : caserne, M. Ribot, accomplissant le devoir que vous ._ auriez dû accomplir, s’est tourné vers M. Jaurès et lui a à demandé s’il reniait ces écrits, très bravement, M. Jau- …_ rès a refusé de les renier. Voilà vos amis, général —…._ André. (Applaudissements à droite et sur divers bancs | . au centre) C’est avec eux que vous voulez recommencer Ja bataille ; c’est vous qui nous avez déclaré la guerre. à Eh bien! nous l’acceptons, nous aussi. Mais nous dirons au pays que c’est vous qui êtes responsable de cette dis- | | corde que vous allez de nouveau déchaïner. (Interrup- & 4 … lions et bruit à gauche) Messieurs, si je voulais aller au …—_ fond de votre pensée, je découvrirais peut-être le véri2 “a table mobile qui vous pousse. Irais-je jusqu’à dire que M. Jaurès et ses amis veulent détruire en France toute k idée de patriotisme ? (Protestations à gauche et à l’ex- … trême gauche) Je n’irai pas jusque-là, convaincu du 3 - reste, que le patriotisme est au-dessus de leurs attaD ques. M. Marcez SEMBAT, ironiquement. — Vous êtes trop % M. Lasres. — Je n’ai posé qu’un point d’interrogation. ({nterruptions à l’extrême gauche) Laissez-moi 3 achever. Si vous ne voulez pas aller jusque-là, il est facile de démasquer votre but caché: il y a une ques3 tion qui est liquidée, c’est la question des congrégations. …_ Les congrégations, vous les avez exécutées, vous avez accompli la première partie de votre programme, mais É É: à présent vous vous trouvez en face de votre programme Re économique et comme vous ne voulez pas l’exécuter,

vous cherchez une diversion dans l’affaire Dreyfus. j 4 (Applaudissements à droite et sur plusieurs bancs au ‘4 centre. — Exclamations et interruptions à gauche) : Voilà ce que vous voulez, monsieur Jaurès, avec tous ‘4 vos amis. “4 Ah !ïil y avait des questions autrement importantes L à traiter à cette tribune. Il y avait la question des LA retraites ouvrières, il y avait la question de l’impôt sur 4 le revenu, mais votre Gouvernement vous a dit qu& n’en voulait pas et alors pour faire diversion, commeül 4 n’y a plus de moines et qu’il n’y aura bientôt plus de | curés, vous avez tenté Ge ressusciter l’affaire Dreyfus; voilà la vérité. (Exclamations à gauche et à l’extrême À Et je dis à M. Jaurès: Vous et vos amis, de compli- i cité avec le Gouvernement actuel, vous trompez les à masses ouvrières ; vous ne voulez pas exécuter le pro: “| gramme économique à l’aide duquel vous avez capté 4 leur confiance. (Vives protestations à gauche et à l’ex- F tréme gauche) Vous ne voulez pas tenir vos promesses 4 et vos engagements ; vous avez pris toutes ces admira- k bles forces vives du prolétariat français. 1 M. Pauz Consrans. — Vous le traitez, vous, comme 1 l’ont fait le père de M. Cavaignac et Galliffet. | M. Lasres. — Ne parlez pas de Galliffet! Vous avez Ë léché ses bottes. (Bruit) Non, vous ne voulez pas qu’on se trouve en face de vos programmes économiques parce que le Gouvernement que vous soutenez, qui vous tient, ne veut pas de L ces réformes économiques… à M. Pauz Consraxs. — Nous verrons si vous les vo- s

5 ta HAT LLases. — …ettoutes ces forces vives du socialisme,

| que vous égarez, vous voulez les jeter aux pieds du 4 veau d’or et les enchaïîner derrière un juif millionnaire.

k: | (Applaudissements à droite. — Interruptions à l’ex-

is Moilà ce que j’ai voulu dénoncer et je le résume d’un mot. Le parti des faussaires, dites-vous ? Quand il y a A *à eu des faux parmi nous, nous les avons punis, nous les

_. avons condamnés. C’est vous qui restez le parti des _ faussaires que vous couvrez. (Vives protestations à ù al gauche et à l’extréme gauche. — Applaudissements à : ii » Si réellement vous voulez la vérité, si vous voulez un : ti grand débat, usez donc de votre influence sur le mi-

Le … nistre de la guerre, et dites-lui de faire comparaître le _. commandant Cuignet, de le nommer commissaire du é À: Gouvernement. Nous verrons alors si vous osez reprenE - drece débat. Vous ne l’oserez pas. (Exclamations à D: gauche. — Très bien ! très bien ! à droite)

7 _ Non, quand on vous a mis la vérité sous les yeux,

” . vous n’en avez pas voulu.

… M:Jures-Louis Brerow.— Il faut une certaine audace hi: _ pour dire cela!

M. Lasrs.— Et la preuve, c’est que quand le ministre

18 de la guerre envoyait au Mont-Valérien celui qui J ‘à voulait la faire voir, vous l”applaudissiez parce qu’il

du . refusait mon interpellation !

jet Cependant l’officier qui venait la proclamer, cette

Ê vérité, était celui qui avait découvert le faux Henry.

—. Mous l’avez frappé, vous avez voulu briser son avenir;

D. ce n’est pas un élève des jésuites cependant; c’est un

De fils du peuple, un élève de l’Université. (Vifs applaudis-

sements à droite et sur divers bancs) Vous avezété sans T4 pitié pour lui, monsieur le ministre de la guerre, parce qu’il a découvert que les faussaires étaient du côté de D. vos amis. (Applaudissements à droite. — Rires ironi- - cl ques à l’extrême gauche) 1540

On a accusé vos prédécesseurs d’être les chefs des. ‘7 faussaires de l’état-major ; vous, monsieur le général 4 André, vous êtes le chef des faussaires de je ne sais 4

M. LE PRÉSIDENT. — Monsieur Lasies, je ne peux pas # laisser passer un pareil langage.

M. Lasies. — Voilà dans quel parti et dans quelle cause vous allez ternir vos étoiles de général. (Bruit

M. LE PRÉSIDENT. — Véritablement vous abusez ! ; |

M. Lasres. — En descendant de cette tribune, je vous # mets au défi de laisser parler le commandant Cuignetet :] de lui laisser faire la lumière. Si tout à l’heure M. Jau- À rès nous propose un projet de résolution, nous y ferons } une addition et nous verrons si M. le ministre de la | guerre et ses amis l’acceptent. Vous voulez découvrir | les responsabilités du faux Henry, c’est entendu! mais il faudra aussi vous résigner à découvrir toutes les 1 responsabilités du faux Panizzardi. À

Vous êtes du côté de Dreyfus, général André, restez-

y; nous, nous sommes et nous restons du côté de La , France ! (Vifs applaudissements à droite et sur divers bancs au centre. — L’orateur,en retournant à son banc, reçoit les félicitations de ses amis)

Sur divers bancs. — A demain ! |

M. Francis DE Pressensé. — Messieurs, M. Lasies a

  • 162

| déclaré que le parti des faussaires n’était pas le parti K

| qui avai compté dans ses rangs l’auteur du faux

E | vous me prétendez pas la lui enlever, j’imagine. (A Ki à FA Â2s M. Francis pe PRESSENSÉ. — … mais que c’était notre ne parti pare que d’après notre collègue, la dépêche È x _Panizzardi est un faux.

Je ferai une première remarque : c’est que le com- ne …._ mandant Cuignet, le même officier qui, du fond de rés sa cellule du Mont-Valérien, a écrit la lettre dans la-

. quelle il renouvelait ses accusations, avait signé devant FE

Dr. La cour de cassation, de concert avec le général Chamoin, un procès-verbal par lequel il déclarait recon-

‘4 M. FERNAND ENGERAND. — Vous jouez sur les mots. ax “4 M. Lasies a déclaré qu’après avoir signé ce procès- | 1 verbal, le général Chamoiïn et le commandant Cuignet 4} … en avaient signé un second dans lequel ils s’étaient …_ appuyés sur le fait que la signature ne leur semblait

  • pas être de l’écriture de Panizzardi pour révoquer en :
  • doute l’exactitude de ce télégramme.

” $ … Je ferai remarquer à la Chambre que jamais un télé- ; ‘4 . gramme chiffré n’a été signé dans toute l’histoire de la …. M: Fernanp ENGERAND. — Celui-là l’était, vous prou- “ . vez donc que c’était un faux. … M: Lasres. — Je demande la parole.

M. FRANCIS DE PRESSENSÉ. — … que jamais onp’amis autre chose qu’un sceau de nature à faire reconnaître. l’origine de la dépêche.

J’ajoute que quand on prétend que la dépêche Paniz- à zardi est un faux, on a singulièrement oublié Fhistoire ÿ de cette pièce. Est-ce que son apparition dans l’affaire. ; Dreyfus date de 1899 et de la procédure devant la cour ä de cassation ? N’est-ce pas déjà en 1894, au moment où © | le procès s’engageait, qu’elle a été versée et que le chef À du bureau des renseignements à ce moment, le colonel É Sandherr, qui avait reçu ou donné la première interpré- ( tation entièrement défavorable à l’accusé de cette dé- | pêche, consentit à faire l’épreuve qui s’est faite sur les bases mêmes indiquées par lui ? Cette épreuve a donné le résultat qui a été reconnu et proclamé authentique | par le colonel Sandherr et le bureau des renseignements « a en 1894 et a prouvé que la dépêche Panizzardi devait être traduite comme le ministère des affaires étrangères l’avait traduite la première fois. k

Voilà La vérité sur l’histoire de la dépêche Panizzardi; même au bureau de l’état-major en 1894, elle a été reconnue comme authentique par le colonel Sandherr et par le bureau des renseignements lui-même. Ceux qui depuis lors se sont efforcés de la faire passer pour | un faux ou bien ils ont oublié cette histoire, ou bien, ils essayent une fois de plus de faire illusion au pays irompé par des faux dont ils sont les fabricateurs: (Applaudissements à l’extrême gauche et sur divers bancs à gauche. — Bruit à droite et au centre)

M. Lasres. — Ce n’est pas moi qui ai rouvert le débat ; seulement on nous a convoqués à la bataille;

_ je vous ai répondu que nous serions présents. Vous . voulez que nous nous battions, battons-nous ! Vous | verrez qui remportera la victoire. (Applaudissements à Ê ‘à - avait entendu parler de la dépêche Panizzardi; je sais Se: bien qu’il circulait des versions multiples. C’est pour 4 cela que M. le ministre de la guerre aurait dû écouter . le commandant Cuignet lorsqu’il voulait faire la lumière ! D sur ce côté obscur. | di Vous voyez, monsieur de Pressensé, que votre esprit ; .. Silumineux n’est pas toujours très éclairé. t ‘M Le commandant Cuignet vous l’a dit, monsieur le 1 ministre de la guerre ; faites-le comparaître puisqu’il prétend prouver que la dépêche Panizzardi est un faux. À Hi vous, monsieur de Pressensé, qui êtes un homme de … bonne foi, au lieu de nous combattre, vous devriez vous Da unir à nous… (/{nterruptions à gauche et à l’extrême … M. Maurice Viozcetrte. — En tout cas, c’était en

“4 M. Francis DE PREssENSé. — C’est nous qui deman- . dons l’enquête, monsieur. _ M. Lasres. — Alors vous demanderez qu’elle porte | aussi sur ces faits et que le commandant Cuignet soit ia porte sur tout. …__ M. Lasræs. — Nous y apporterons chacun notre con44 tribution en faisant connaître ce que nous savons. —. M. de Pressensé a dit que le commandant Cuignet et

le général Chamoïin avaient reconnu l’exactitude du È texte de la dépêche Panizzardi. Ils ont reconnu que le. # $ chiffre qu’on leur soumettait correspondaït bien autexte donné par le ministère des affaires étrangères; mais ÿ dans un autre procès-verbal, ils ont déclaré que le : décalque qu’on communiquait ne pouvait être qu’un faux, parce que l’adresse et la signature n’étaient pas de M Panizzardi. M. de Pressensé dit que jamais les dépêches À ne sont envoyées en clair. Il y avait un moyen L simple de vérifier si c’était un faux ; c’était de remettre ; * loriginal. (Bruit à l’extrême gauche) i Voulez-vous me permettre de terminer par une anec- : dote bien courte? M. de Freycinet était ministre de la l guerre ; depuis longtemps le commandant Cuignet réelamait .la communication de l’original de la dépêche é ; | Panizzardi et, au ministère des postes on répondait: À l’original a été détruit, conformément au règlement; 1 trois mois après, toutes les dépèches sont détruites et ; c’est pour cela qu’on ne donne qu’un décalque, l’original de la dépêche a été détruit. | Cette version donnée par le Gouvernement d’alors était déjà une version fausse car, en ce qui concerne les dépêches diplomatiques, le règlement, au lieu de dire qu’elles doivent être détruites, dit textuellement qu’elles à doivent être conservées. Si M: de Pressensé qui est un esprit chercheur et curieux, veut se reporter à la page 143 de l’instruction sur le service des télégraphes,, il verra à l’article 28 que « les originaux des dépêches officielles classés par jour sont enliassés par mois et conservés indéfiniment dans les archives ». (Très bien! très bien! à droite) M. FraANGIS DE Pressexsé. — Un télégramme adressé

Pa D énément italien n’est pas une dépêche ofliee. È M. Lasres. — On entend par là les télégrammes offi__ ciels émanant des agents diplomatiques. À

_ A l’extrême gauche. — Mais non chiffrés. N M. Lasres. — Par conséquent le Gouvernement que . vous couvrez de votre protection, qui couvrait déjà 7 Dreyfus de sa protection, a commis un premier menRe songe en disant qu’il n’avait pas l’original de la dépêche …. Panizzardi parce qu’il s’était conformé au règlement … pour la détruire; c’est là un premier mensonge et nous 4 Lorsque M. Charles Dupuy, alors président du conseil, 1 a fait parler le commandant Cuignet, il lui a dit: « Voici 14 Voriginal de la dépêche Panizzardi que vous réclamez “Le commandant Cuignet prit entre ses mains le dé- Ù mu. calque que lui tendait le président du conseil, il l’exa- à mina avec soin. …_ Pendant qu’il l’examinait, M. Dupuy s’approcha du . commandant Cuignet et lui dit : « Vous voyez, c’est bien l’original. » …—.. « Non, dit le commandant Cuignet, ce n’est pas l’ori- … ginal. C’est un décalque. — Enfin, dit M. Dupuy, un . … décalque ou un original c’est la même chose, mais, dans È tous les cas, vous reconnaissez bien l’écriture de Paniz- k __ zardi? Et tenez, ajouta M. le président du conseil, voyez ï la signature de M. Panizzardi avec cette singularité \ particulière qu’il a mis un + à l’allemande et l’autre …_ M. le commandant Cuignet a dit à M. Dupuy, devant M. de Freycinet, ministre de la guerre : Cette pièce est

un faux, l’écriture n’est pas de Panizzardi, j’ai ici dans < ue ma serviette deux cents exemplaires de l’écriture de Panizzardi, voulez-vous comparer ? | 5 $

M. Dupuy congédia le commandant Cuignet et n’a pas … | voulu l’entendre. Re Quelques jours après M. de Freycinet était démis- : ‘4 sionnaire, il n’avait pas voulu tremper dans un commencement de faux que vous prépariez. (Applaudisse- ‘4 ments sur divers bancs au centre et à droite. — Bruit 4

à l’extrême gauche) L de cassation n’a-t-elle pas reconnu que ce décalque M était un faux ? Il serait intéressant d’avoir sur ce È M. Lasres. — Par conséquent, jusqu’à ce que la lumière soit faite, c’est vous qui êtes les faussaires, et | si vous voulez vous laver de cette accusation, il faut, | que vous fassiez comparaître le commandant Cuignet. ] (Applaudissements à droite et sur divers bancs au | M. FRANCIS DE PRESSENSÉ. — J’ai appartenu moi-même … à la diplomatie pendant un certain temps. Chiffreur L dans une ambassade, j’ai été constamment chargé de È chilfrer des dépêches, tantôt pour l’ambassadeur, tantôt À pour l’attaché militaire. Si on avait reconnu à un mo- à ment donné mon écriture sur une dépêche de l’attaché militaire de France à Constantinople, elle n’en aurait pas moins été authentique, puisque c’était moi le chitfreur, et on aurait pu dire que ce n’était pas l’écriture de l’attaché militaire de France. Si vous vous fondez sur des suppositions pareilles, vous avez tort et vous

D: trahissez une complète ignorance des choses de la

  • D’ailleurs permettez-moi de vous faire observer que
  • sila traduction de la dépêche de 1894 a été faussée — _ ce qui est absurde — ce n’est pas par M. Delcassé, qui … n’était pas ministre des affaires à ce moment, mais par M. Hanotaux, qui ne vous est pas, je pense, suspect. … Or cette dépêche a été versée au débat; elle a été re- -_ connue authentique par le service des renseignements . lui-même, et vous ne pouvez avoir, sur ce point, rien de sérieux à alléguer contre elle. (Très bien! sur divers ? M. GEORGES GRrosEan. — Le chiffre du colonel Pa_ nizzardi lui était particulier ; il n’était pas celui de : A gauche. — Comment le savez-vous ? F pourrais relater à cette occasion ur incident fort grave dont je n’abstiendrai de me faire l’écho ici; mais j’af- — firme l’exactitude de mes renseignements. PA M. Fraxcs De Pressexsé. — Le chiffre de l’attaché militaire est toujours particulier à l’attaché militaire et c’est le chiffreur de l’ambassade qui est chargé de chif- … frer avec le chifire de l’attaché comme avec le chiffre de « l’ambassadeur. Voilà la vérité. (Très bien! très bien! sur divers bancs à gauche) … J’attaché étant présent à l’ambassade. Ne n’obligez pas M. LAsrEs. — Je vous ai indiqué à quelle source vous. “ pourriez trouver la vérité et la lumière. Il s’agit de savoir si vous voulez aller jusqu’à cette source, si

vous voulez faire comparaître le commandant Cu J

Mais dans votre parti, on s’est servi non pas seulement de pièces fausses, mais encore vous dénaturez jusqu’aux sentiments des morts, qui ne sont pas là pour “4

M. Jaurès en lisant l’autre jour la lettre du général de Pellieux a eu l’air de dire que le général de Pellieux. M était resté jusqu’à la fin persuadé qu’on lui avait 4 fait commettre des faux pour faire condamner un

Permettez-moi de vous dire que vous connaissez bien “4 mal le général de Pellieux : s’il avait cru qu’un innocent M | avait été condamné, il l’aurait crié bien haut. Comme il est mort, vous pourriez vous dire que c’est par ceux qui l’entouraient que vous savez que l’état-major était considéré comme un ramassis de faussaires. (Mouve- 4

Eh bien ! moi, je veux vous lire une lettre du général | de Pellieux ; la vôtre est de 1898, celle-ci est du 11 février

Cette lettre est écrite à celle qui était sa confidente,à sa mère.

Ma chère mère, -

J’ai vu hier matin M.., et je voulais t’écrire dans l’aprèsmidi; mais j’ai voulu attendre aprèsla magnifique conférence de M. Quesnay de Beaurepaire à laquelle j’ai assisté hier soir, après avoir naturellement pris part, dans la limite de mes k moyens, à la campagne qui vient d’aboutir au dessaisisse- È ment de l’ignoble chambre criminelle.

ra Vous voyez l’opinion qu’il avait sur ceux qui combat- à _laient de votre côté. $ Où en sommes-nous en France et qu’avons-nous fait pour … mériter une magistrature pareille? Et ce qu’on a appris n’est rien encore. __ M. Vazeue. — Ce déballage est joli! .. auprès de ce que nous savons et

  • dirons: Certains des membres de cette Chambre doivent être et seront — s’il y a encore une justice au monde — _ ‘traduits devant les tribunaux pour forfaiture. Enfin! À
  • chaque jour suffit sa peine. Un grand point est acquis et | …_ nous pouvons attendre avec plus de confiance. …. M. Gusrave Rouaxer. — Il était crédule ! .… je ne serais pas étonné d’ailleurs qu’un ” coup de théâtre se produisit. Dreyfus voyant ses aflaires
  • mal tourner renouvellera ses aveux et dénoncera ses complices, — car ilena; — et c’est ce que craignent les juifs. .… L’aveu de Dreyfus, nous l’avons eu! Il a accepté sa grâce qu’il traîne aujourd’hui comme un boulet, dont
  • ilvoudrait se débarrasser. (Applaudissements sur divers ; … banës à droite et au centre) - Voix diverses. — À demain ! La clôture ! | Insiste-t-on pour le renvoi ? (Non ! non!) La parole est à M. le rapporteur. _ M. Paur BEAUREGARD, rapporteur. — La Chambre , | .… reconnaîtra aisément que, montant à la tribune en tant

que rapporteur de la comunission d’enquête, Va # trouve dans une situation assez singulière. MR Voilà deux jours que nous discutons au sujet de “F4 Yélection du deuxième arrondissement de Paris. mA M. LE RAPPORTEUR. — … et jusqu’ici nous n’en avons S À pas parlé. Vous avez vu, messieurs, avec quelle extrême 4 adresse M. Jaurès a su tisserle lien léger qui, il y a vingt- * quatre heures, a rattaché, plus ou moins exactement, la question que nous avions à traiter au vaste développement qu’il a donné à l’affaire Dreyfus. Et puis, au moment où il allait descendre de la tribune, nous avons vu vaguement réapparaître le même lien; mais, dans « 4 intervalle, au cours d’un discours qui a duré quatre À ou cinq heures, vous conviendrez, messieurs, qu’il n’y E avait plus aucune espèce de rapport entre le sujet | annoncé de notre discussion et les développements que nous entendions. Il résulte de Ià que nous nous trouvons et que particulièrement M. Syveton se trouve dans 4 une situation qui n’est pas équitable. (Interruptions à l’extrême gauche) Oui, c’est pour lui se trouver placé dans une situation injuste que de voir les conditions de à son élection réglées au milieu des passions que déve: M loppe fatalement parmi nous tout débat sur l’affaire “#4 M. Gusrave Rouaner. — Il fallait tenir ce langage à 4 M. LE RAPPORTEUR. — Je vais précisément répondre sur ce point. | ; M. LAMENDIN. — Si vous parliez de l’élection Syveton! Ë (On rit. — Mouvements divers) À M. LE RAPPORTEUR. — Je sais bien qu’on seraït heu- J

ÿ reux de rendre la commission d’enquête responsable _ du réveil de l’affaire, mais le procédé est vraiment trop simpliste. La commission d’enquête avait une mission i parfaitement définie : l’élection du deuxième arrondissement était attaquée, la commission devait accueillir tous les témoins qui lui étaient adressés par les plaignants, ; comme elle devait accueillir ceux que lui adressait la défense. (Très bien ! très bien! au centre) | C’est ce qu’elle a fait. Elle n’a pas admis — et vous | madmettriez pas, messieurs, — qu’elle pût s’arroger le droit de supprimer un témoignage quelconque. Quant à | moi, je ne me charge pas de supprimer des pièces. Nous avons entendu un certain nombre de déposanis, _ nous avons reproduit aux annexes les dépositions reçues; mais si vous voulez, d’autre part, savoir quel a été l’esprit de la commission, permettez-moi de vous dire que vous n’avez qu’à lire les onze pages qui com4 posent tout mon rapport, et vous verrez alors que nous nous sommes bien gardés de donner à certaines dépo- | sitions qui avaient pour objet très précis de justifier le contenu d’une afliche, et pas davantage; nous nous ï sommes, dis-je, bien gardés de donner à ces déposi- | tions une importance exceptionnelle. % Voici, en effet, comment la question est traitée dans mon rapport :
Nous inspirant du motif de déférence qui avait guidé le neuvième bureau, nous éviterons d’entrer dans un examen com. paratif, fatalement irritant, des affiches apposées par les deux candidats. Il nous suflira de constater que, si des violences et des accusations réciproques ont été échangées, aucune affiche de M. Syveton n’offre le caractère d’une manœuvre déloyale et qu’il a été loisible à son adversaire de répondre k à chacune d’elles. Nous ajouterons, spécialement en ce qui

concerne l’affiche qu’avait surtout visée M. Berteaux — c’était: * 2) ë l’affiche dite « de l’étranger » — que les seuls témoignages par nous recueillis au sujet des affiches de M. Syveton ont De confirmé — dans la mesure du possible — l’authenticité du fragment de lettre qui en constitue le fond. ‘Le ; M. Gustave Rouaxer. — Lisez donc la déposition de M. Judet, dont tous vos journaux ont fait état! PE É à M. Le RAPPORTEUR. — Monsieur Rouanet, vous répé- M tez éternellement les mêmes phrases sans jamais écou- à ter les réponses qui y sont faites. C’est un système 4 qui vous est particulier. (Très bien! très bien! au 4 centre) Quoi qu’il en soit, je ne perdrai pas mon #4 temps à défendre lélection du deuxième arrondis sement contre des accusations qui ne se sont pas 4 4 Je me borne à vous apporter, au nom de la commis: sion d’enquête, la déclaration suivante : Nous avons 1 | examiné les divers chefs d’accusation; nous n’avons 4 L’élection du deuxième arrondissement a été une élection loyale — oui, toutes les déclarations reçues, | 1 comme l’examen des faits eux-mêmes, nous ont dé- D montré que l’élection de M. Syveton était une élection 4 résultant du mouvement qui s’était produit à Paris. 1 Remarquez bien, d’ailleurs, messieurs, que cette élec 1 tion se trouvait toute préparée par les élections muni- | cipales qui l’avaient précédée, car, dans trois quartiers L sur quatre, l’opinion représentée par M. Syveton avait 1 triomphé; et dans le quatrième on était arrivé en | quelque sorte à l’égalité puisqu’il y avait une diffé | rence d’une seule voix. 4 Dans ces conditions, nous ne pouvons que vous ;

_ demander de suivre la majorité de votre commission.

g Je sais — et je ne m’en étonne pas trop, connaissant

_ comme vous les passions qui nous agitent dans cette

enceinte — qu’il est sur ces bancs bon nombre de dé- putés qui ne demanderaient pas mieux que d’invalider

M. Syveton; c’est incontestable. Nous savons très bien

. que M. Syveton assume sur sa tête un grand nombre

… de rancunes, mais que voulez-vous ? Je suis obligé de

. vous dire : Vous ne pouvez pas l’invalider. (Très bien! très bien! au centre) Vous étiez largement représentés

… dans la commission; si nous avions la majorité constituéé par six membres, vous aviez, vous, une minorité représentée par cinq membres.

Eh bien! ces membres de la minorité ont suivi les

_ séances de la commission d’enquête. J’aperçois en face de moi l’un d’eux, M. Morel, à qui je suis particulièrement heureux de rendre hommage, car il a été

  • vraiment d’une exactitude en même temps que d’une loyauté et d’une bonne foi à laquelle nous rendons tous

_ justice. (Très bien! très bien!) t Quand l’enquête à été terminée, que s’est-il passé? Les six membres de la majorité ont voté la validation;

. il n’y a pas eu une voix pour l’invalidation. Nos collègues de la minorité ont fait des réserves.

| M. Morez. — Réserves très justifiées !

M. Riorreau, président de la commission. — Et partagées par la majorité.

M. ze RAPPORTEUR. — Ils ont dit qu’il y avait dans les afliches des attaques, des accusations qui les froissaient. Cependant l’un d’eux a formellement déclaré

que, si excessives que lui parussent ces attaques, elles

_ ne lui semblaient pas pouvoir motiver l’invalidation.

| 179

Nos collègues, ne voulant pas paraître les couvrir par ; un vote positif, se sont abstenus. pee 5 C’est, je crois, la seule voie que vous puissiez suivre. Je ne vois pas, messieurs, comment vous pourriez aller plus lain. Il me paraïîtrait incompréhensible que la E. Chambre, sans même avoir attaqué mon rapport,” “4 substituât une opinion partiale à l’opinion réfléchie de °0 la commission. ÿ 4 Je le répète, que ceux qui ont per trop le désir d’in- 4 valider s’abstiennent et laissent faire aux autres. Ces autres feront un acte de justice. Comme rapporteur de ne la commission, messieurs, je termine en vous disant: au nom de la loyauté, au nom de la justice, la valida- 4 | tion s’impose. (Très bien! très bien! au centre et sur . Je mets aux voix les conclusions de la commission

  • qui tendent à la validation des opérations électorales M dü deuxième arrondissement de Paris. È Il y a une demande de scrutin, signée de MM. Rous- à set, Brice, Guilloteaux, Congy, Jacquey, Corrart des Essarts, Jules Auffray, Gauthier (de Clagny), Ernest M Engerand, de Saint-Pol. 1 Le scrutin est ouvert. (Les votes sont recueillis. — MM. les secrétaires en é Jont le dépouillement.) /à M. ze PRÉSIDENT. — MM. les secrétaires m’informent qu’il y a lieu de faire le pointage des votes. à (L’opération a lieu dans la forme habituelle.)

à rifié sur les conclusions de la commission tendant àla £ valide ion des opérations électorales du deuxième Wa _ arrondissement de Paris. SU La Chambre des députés n’a pas adopté. fr ER conséquence, les opérations électorales du Pan … deuxième arrondissement de Paris sont annulées. Ha _ Avis en sera donné à M. le ministre de l’intérieur. Het … [Icivient dans le Journal officiel discussion des conclu- Hat) . sions du rapport de la commission chargée de procéder US ca à une enquéte sur les opérations électorales de la 54 … première circonscription du onzième arrondissement A” run. Nous omettons ce compte rendu; la commis- LR de sion d’enquête proposait d’annuler les opérations élec- ! | torales; au contraire la discussion conduisit à la k

Projets de résolution DR

Chambre de trois projets de résolution que j’ai reçus. M Le premier est signé de MM. Jaurès, Maujan, Henri M Brisson, Charles Bos, Gouzy et Jean Codet. Il est ainsi

La Chambre, prenant acte des déclarations du Gou-. Fe

vernement et repoussant toute addition, (Exclamations

à droite) passe à l’ordre du jour. 55108

M. Risor. — Je demande la parole. ; 4 M. Lasrxs. — Je la demande également. 70 Thivrier et Walter, et est ainsi conçu : ; Ë à

La Chambre, applaudissant en toute occasion à l&

. révélation de tout scandale et de tout crime qui décon- “ sidère le militarisme et en accélère la ruine au profit. du socialisme, décide une enquête sur tous les méfaits M du militarisme et sur les réclamations contre les jugements des conseils de guerre. Le troisième est ainsi conçu : À La Chambre invite le Gouvernement à s’opposer 1 énergiquement à toute reprise de l’affaire Dreyfus: M

| pe l’invite également à faire aboutir au plus 16 la 4 4 réforme Jiscale et la loi sur les retraites ouvrières. Cetordre du jour est signé de M. Magniaudé.

  • La priorité a été demandée pour l’ordre du jour À signé de MM. Jaurès, Maujan, Henri Brisson, Charles ie Bos, Gouzy et Jean Codet.
  • M: Risor. — Nous demandons l’ordre du jour pur et | Me PRÉSIDENT. — L’ordre du jour pur et simple est _ La parole est à M. Ribot. ñ M. Rwor. — Je demande à la Chambre la permission … de préciser le sens du vote que nous allons émettre et . de dégager en même temps la responsabilité d’un cer- . tain nombre de mes amis. ; J’ai entendu lire les ordres du jour motivés qui sont “ déposés. On peut discuter sur les nuances qui les / séparent. M. Jaurès demande qu’on ouvre une enquête, si j’ai bien compris. F . Un autre ordre du jour qui a la prétention peut-être . d’être plus habile, plus insinuant, se borne à prendre acte de la déclaration du Gouvernement. | M. Jaurès. — C’est ce que je fais, monsieur Ribot. M. LE PRÉSIDENT. — C’est le seul qui prenne acte des _ déclarations du Gouvernement. à M. Rwor. — Fort bien. Nous avons assisté, ce n’est
  • pas la première fois, à une nouvelle façon de pratiquer
  • le régime parlementaire. _ Il n’était bruit, depuis quelques jours, dans cette Chambre, que de l’intention presque unanime de la

majorité d’écarter, comme elle le doit et comme au 1 fond elle le veut, cette misérable affaire apportée par | À M. Jaurès, d’accord avec M. le ministre de la guerre, et que nous avons vue rentrer avec son triste cortège | 4 de violences et de haïines que l’on croyait éteintes. (Applaudissements au centre et à droite) 0 M. Maurice Viorzerre. — C’est M. Syveton qui l’a …# M. RimorT. — Il n’était question, depuis quelques à jours, que d’écarter toute motion, quelle qu’elle fat, qui jetterait de nouveau la Chambre dans tous les périls de cette affaire. Et hier encore un groupe, auquel je m’aï 3 pas lhonneur d’appartenir, qui est plus près de M | M. Jaurès que je ne le suis, n’a pas caché sa pensée. } Ke j M. Rmor. — J’ai le droit assurément de m’emparer à de manifestations publiques. Ce groupe a dit — je ln … d rends hommage, c’était la vérité qui sortait de sa déli= bération — que si une motion, quelle qu’elle soit, M était faite, quoi que chacun pût penser du fond de l’affaire, on serait d’accord pour dire nous n’avons pas M le droit de la discuter, c’était la vérité, je n’entends, | pour ma part, discuter le fond de l’affaire avec per- 4 M. Gusrave RouanET. — Vous ne l’avez jamais ? M. Risor. — Non, monsieur! je ne lai jamais dis- À M. J. Tuierry. — Et nous nous en honorons. À une loi qui eùt dû s’imposer à nous tous. 11 Je n’ai pas voulu mêler, comme vous l’avez fait, vous, : à

À dans un intérêt de parti, la politique à la justice.

_ (Applaudissements au centre et à droite)

|. J’ai été de ceux qui, dès les premiers jours — et nous

ü n’avons été que 5> dans cette Chambre — ont voté un

_ ordre du jour disant que jamais, sous aucun prétexte,

= nous n’entrerions dans cette affaire, que ce n’est pas

… ici qu’elle devait être discutée avec nos passions, avec

tout ce qui fausse, tout ce qui obscurcit notre juge-

ment, tout ce qui fausse et tout ce qui obscurcit aussi |

_… l’œuvre de la justice. J’ai voté cet ordre du jour. Nous

. n’avons été que 75, je le rappelle à notre honneur. (Très

.… bien ! très bien! au centre et à droite) J’ai été fidèle à

| ce point de vue. Je n’ai pas été comme vous, monsieur

-… Jaurès, expliquer à Lille, comme vous l’avez fait,

  • l’intérêt que vous aviez à vous jeter dans cette affaire

._ et comment vous travailliez pour un intérêt de parti et

…. contre ce que vous avez appelé le militarisme et ce que

  • j’appellerai, moi, l’esprit militaire et l’armée française.

« (Applaudissements au centre et à droite)

Je n’ai eu dans cette affaire d’autre intérêt que celui de

_ la justice, je n’en connais pas d’autre. Et si tout à

É Fheure il était révélé un fait quelconque qui fût un fait

« nouveau et qui permit de reprendre cette affaire, mais

de la reprendre, comme elle doit l’être, devant les

  • juges compétents, avec la procédure que la loi:a

  • tracée, je serais le premier à m’en réjouir et personne

ici dans cette Chambre ne pourrait s’en afiliger, car la 4

*” réhabilitation d’un officier français, tous nous devons la x désirer de tous nos vœux, de toute notre âme. (Applau- F + dissements au centre, à droite et sur divers bancs à À gauche) Maïs il faut que cela se fasse comme la loi l’a

« voulu, suivant les formes légales et non pas dans le

1218 181

tumulte d’une mêlée parlementaire où l’on vient rap- ne. peler tous les souvenirs brülants de la lutte électorale, … 14 toutesleshainesmalassoupies, toutes les colères ettoutes À A les passions, c’est-à-dire tout ce qui est le contraire, la ‘0 négation même de la justice. (Applaudissements sur les mêmes bancs) ; D

Ce que je dis là — vous le pensez tous — c’est ce L. qu’une dure et cruelle expérience avait appris à vos 4 devanciers et dont vous sentez vous-mêmes la vérité. 1

M. Gusrave Rouaner. — Il fallait le dire à la com

M. Rimor. — Oui, quand vos devanciers ont vu le mal que cette affaire avait fait au pays, lorsqu’on L l’avait détournée du terrain judiciaire pour la porter { sur le terrain politique, quand ils ont vu ce déchirement, M quand ils ont vu combien nous donnions à ceux qui regar- Ù dent cette malheureuse France se déchirer de ses propres 1 mains un spectacle afiligeant, ils ont pris un engagement À vis-à-vis d’eux-mêmes ; ils ont dit dans un ordre du jour : présenté par M. Chapuis et qui a réuni ici 425 voix contre 70: quoi qu’on nous dise désormais à cette tri- À bune, quelle que soit l’éloquence qui s’y épanche, non, l nous n’oublierons pas ce qui s’est passé, le mal qui a été fait à notre pays ; sous aucun prétexte nous ne lais- 1 serons reprendre l’affaire sous la forme d’une agitation ; politique. N’est-ce pas cela que nous avons voté et que | 425 voix ont ratifié ? |

M. Capuis. — Je me permettrai de dire un seul mot: vous rappelez l’ordre du jour voté par la Chambre J législature dernière, et je ne lé regrette pas. ]

M. Risor. — Ni moi non plus. à

‘#4 : M. Crapurs. — Je suis de ceux qui pensent qu’il eût

k. _ été préférable de laisser en dehors du Parlement l’agi-

  • tation qui se poursuit encore aujourd’hui sur l’affaire

| Dreyfus. (Applaudissements sur divers bancs)

Mais permettez-moi d’ajouter que j’ai pu à la suite de

  • cette discussion regretter personnellement de ne pas avoir eu connaissance de la lettre du général de Pel-

_ lieux. (Applaudissements à gauche) Car je me sou-

viens que, au moment même de l’aveu du faux Henry, j’ai écrit une lettre au journal l’Éclair dans laquelle je considérais que malgré le faux Henry il ne fallait pas

__ poursuivre la revision.

4 Je regrette cette lettre pour cette raison que si j’avais connu la lettre du général de Pellieux, j’aurais été de ceux qui auraient pensé, tout en différant d’opinion

avec plusieurs de mes amis politiques, qu’il y avait

_ lieu, dans l’intérêt de la justice, de faire la revision. (Applaudissements à l’extréme gauche et à gauche)

M. Rwor. — J’applaudis d’autant plus volontiers aux

  • paroles de l’honorable M. Chapuis, qu’il exprime un sentiment qui a été le mien. (Bruit à gauché)

| Après la découverte de ce crime — car ce faux du

colonel Henry a été un crime — il n’aurait dû y avoir qu’une voix dans ce pays pour faire la revision. Et je

_ me permets de dire à M. Cavaignac, sans vouloir le moins du monde l’attaquer.. (Mouvements divers à

lextréme gauche) Non, je n’ai pas à faire la besogne que vous avez faite, ce n’est pas mon rôle. Mais je puis

. lui dire que le jour où très courageusement il a annoncé à ce pays qu’il avait découvert ce faux qu’il avait eu le malheur de faire afficher sur les murs de la France, il eût rendu à notre pays un immense service dont nous

lui serions tous reconnaissants s’il avait lui-même ut Ls la direction de ce procès de revision. Il l’eût fait accep- | ter par tout lemonde. (Très bien! très bien !) ei ‘116

A l’extrême gauche. — Il s’en est bien gardé! 572 M. GoDEFROY CAVAIGNAC. — Puisque vous me mettez en cause dans des termes à la courtoisie desquels je M rends d’ailleurs hommage, veuillez me permettre de ‘4 M. Risor. — Très volontiers. 21e M. GoperroY CAVAIGNAG. — Vous avez répété ce que vous aviez dit l’autre jour que j’avais eu le malheur de “0 | faire afficher un faux. Je ne sais pas si la formule est e. très exacte. +4 La responsabilité que j’ai prise, il faut bien le préci- M ser, C’est celle d’apporter à la tribune, de livrer par | conséquent à la discussion publique de tous, en don- 4 | nant les raisons sur lesquelles j’appuyais ma conviction 4 d’alors, une pièce qui, remarquer-le bien, avait déjà été ‘À utilisée devant la justice. J 4 M. Jaurès. — Cela, c’est vrai! ‘4 M. GopErroy CAVAIGNAC. — … au procès Zola, sans qu’on en eût donné la communication au public. J’ai À apporté ici loyalement le débat devant l’opinion publi= que et si je n’ai peut-être pas servi en le faisant — et É encore cela n’est pas sûr — les intérêts du parti auquel j’appartiens, il y a une chose dont je suis bien sûr, c’est que j’ai servi les intérêts de la justice et de la vérité. (Exclamations à l’extrême gauche et à gauche) M Sur le second point, je n’ai qu’un mot à dire. Vous il é dites: Pourquoi, monsieur Cavaignac, lorsque vous 4 avez découvert le crime et que vous en avez arraché à

4 laveu, n’avez-vous pas permis de liquider l’affaire en . acceptant la revision et en y donnant votre assentiment. …_ Ah! monsieur Ribot, je ne l’ai pas fait parce que ma . conscience était engagée par une déclaration que j’avais apportée à cette tribune même le jour où j’y ai déclaré que jamais, quant à moi, je ne ferais appel à la raison d’État ou à la raison du salut public pour maintenir au -_ bagne un innocent; mais où j’ai déclaré en même temps que tant que j’aurais, moi, la conviction que lPhomme était coupable, jamais je ne donnerais mon consentement à la revision. (Æxclamations à l’extréme

M. Jaurès. — Vous vouliez être juge unique !

; M. Goperroy CAvVAIGNAC. — Si, après la déclaration -que j’avais faite, si, contrairement à ce qui était resté

  • dans ma conscience, ma conviction, j’avais apporté

alors mon adhésion à la revision, j’entends bien que toutes les attaques de ce côté (la gauche) auraient dis-

_ paru et qu’on tiendrait aujourd’hui un autre langage. Mais j’aurais en même temps, moi qui avais déclaré ne

  • vouloir accepter la revision que si je croyais l’homme innocent, j’aurais en même temps apporté mon témoi-

gnage à une cause que, dans ma conscience, je ne croyais pas juste. Voilà pourquoi je n’ai pas voulu engager la revision. (Applaudissements au centre et à

M. Riot. — L”honorable M. Cavaignac a agi sans aucun doute dans la sincérité de sa conscience; je regrette qu’il n’ait pas pu, à ce moment, avec la situation qu’il avait, mettre fin comme il convenait aux

déchirements de ce pays. Mais il remarquera et la ds Chambre verra le danger extrême qu’il y a à apporter % fe 8 devant elle, à soumettre à ses délibérations, des docu. ments qui ne devaient pas être apportés à cette tribune. | #4

  • Que vous le vouliez ou non, monsieur Cavaignac, vous 4 #4 avez à regretter — et vous le regrettez assurément — 1 que nous tous qui n’avions pas pu vérifier l’authenticité de ce document, qui devions croire, sur parole, le mi: nistre responsable de la guerre, vous regrettez assuré- 1 | ment que nous ayons donné notre vote pour faire - N aflicher une déclaration dont la fausseté matérielle a .

(M. Cavaignac fait un signe d’assentiment) 4 | Qu’est-ce que cela prouve ? Cela prouve qu’il ne faut pas que la politique entre dans la justice. (Applaudis- 5] 1 sements au centre et à droite) Cela prouve que jamais, sous aucun prétexte, il ne faut que vous vous instituiez M# ici des juges, comme vous venez de le faire, écoutant 4 les échos… 2 À l’extrême gauche. — Mais non! 4 M. Risor. — Comment: non! Mais on aurait pu croire M qu’il s’agissait de l’épilogue du procès de Rennes. $ $ M. Gusrave Rouaner. — C’est l’épilogue d’une ré- { | ponse à un rapport. À M. RiBor. — On apporte ici des deux côtés des plai- 4 doiries et aussi des passions, c’était inévitable. Que 4 | peuvent faire les membres de cette Assemblée ? Comment peuvent-ils apprécier si un document est vrai ou | faux ? Comment peuvent-ils en déterminer la portée 1 judiciaire ? Est-ce là notre tâche ? Non, quand nous la À prenons, nous usurpons un droit et nous introduisons 4 dans ce pays un ferment de désordre, un germe de 5%

‘ danger, parce que nous sommes ici pour faire les

affaires du pays, pour opposer doctrine à doctrine et

  • non pour juger; nous ne pouvons à aucun degré juger, nous sommes trop nombreux, nous ne sommes pas pré- parés ; nous n’avons pas les formes judiciaires, nous sommes à la merci des surprises d’une éloquence enflammée où des passions s’entrechoquent, nous ne sommes pas des juges; nous ne pouvons pas l’être. (Applaudissements au centre et à droite)

M: Francis pe PRESSsENSÉ. — Nous demandons des

M. Risor. — Ce n’est pas ici qu’il faut les demander !

M: Rwor. — Et voilà pourquoi, en 1900, nous avons émis ce vote si considérable par le nombre de suffrages qu’il a ralliés, et voilà pourquoi M. Waldeck-Rousseau s’emparant de ce vote, disait : J’y vois la volonté du pays, le pays ne veut plus laisser entre les mains des partis cette arme mortelle de l’affaire Dreyfus, je prends Sénat et à la Chambre une proposition d’amnistie qui devait éteindre toute haïine, toute récrimination, et devait, non pas faire obstacle à une revision légale si elle apparaissait possible, mais chasser de nos délibé- rations tous les ferments, tous les détritus de cette misérable affaire, en abolir s’il était possible le souvenir. Je me rappelle le langage que tenait M. WaldeckRousseau. Il est vrai que c’est de l’histoire déjà fort ancienne et que M. Waldeck-Rousseau, s’il voit où on est en train de conduire la majorité qu’il a contribué à former de ses propres mains, doit avoir, à cette heure, bien des sujets de réflexions et peut-être d’inquiétude !

M. Jaurès. — Des inquiétudes paternelles. Ce |: A M. Riot. — En tout cas, s’il avait été aujourd’hui au ne. banc du Gouvernement, ce n’est pas lui qui auraït tenu k. ou laissé tenir le langage qui a été tenu tout à l’heure. 1 ({Interruptions à l’extrême gauche) 4 M. le ministre de la guerre non seulement a accepté l’enquête qu’on ne lui avait pas encore proposée, mais il s’est précipité au devant d’elle et il a dit : Je veux À être le collaborateur de M. Jaurès pour découvrir la ñ Quel est ce langage de la part d’un ministre de la à guerre ? Est-ce qu’il est chargé de préparer les éléments À de revisions futures ? | M. ARISTIDE Brianp.— C’est une question de responsabilité politique. à M. Risor. — Non, ce n’est pas une question de res- # M. Risor. — Non, monsieur Briand. Lorsqu’un mi- l aistre fait ce que la loi ne lui permet pas de faire, vous fi n’avez pas le droit de le couvrir ; (Très bien! très bien! { au centre) la constitution est violée et la loi méconnue. ï C’est le garde des sceaux, le garde des sceaux seul qui 4 M. FRANGIS DE PRESSENSÉ. — Vous connaissez les M. Risor. — Les grandes enquêtes anglaises ne por- j tent jamais sur des questions de justice. | une grande enquête faite en Angleterre sur la guerre. j M. RiBoT. — Quand vous voudrez faire une enquête F

| sur la guerre de Chine, nous sérons prêts à le faire. (1 rès bien ! très bien! au centre) : M. Francs pe PRESsENsÉ. — Pourquoi sur la guerre dl de la Chine et pas sur autre chose ? M. Rmor. — Il ne s’agit pas de cela, il s’agit de la procédure de revision (Dénégations à l’extrême gau- … che) que vous introduisez en ce moment contrairement L àla loi; malgré la loi, vous engagez la responsabilité “… dela Ghambre. Voilà ce que vous faites. ‘À . Le ministre de la guerre n’a aucune compétence pour | faire cette enquête. Ce qui est véritablement mons- É£ | trueux, vous me permettrez de le dire, — le mot n’est | pas trop fort, — c’est ce qu’a ajouté M. le général -… André. Je comprends que lui, qui est un militaire, ne se | rende pas compte de ce qu’il nous a dit (Mouvements — divers) et de ce qui a été sans doute ratifié par M. le président du conseil. Mais j’ai noté avec surprise les D: paroles que j’ai entendues. M. le ministre de la guerre — nous à dit qu’il allait instituer une commission dans ‘à : laquelle il appellerait des magistrats. (Dénégations à | …. gauche et à l’extrême gauche) : —. M:Srmvan. — Il n’a pas dit cela. ie M. ÉmLe Comses, président du conseil, ministre de ÿ _ l’intérieur et des cultes. — Non!

  • Aucentre. —Si!si! il l’a dit! ; M: Riorreau et plusieurs de ses collègues. — Nous Ft l’avons tous entendu ! ‘# et des cultes. — Je demande à dire un mot de ma place, si monsieur Ribot le permet.

du conseil, avec l’assentiment de M. Ribot. ë % ne. M. Émize Couees, président du conseil, ministre de :1 l’intérieur et des cultes. — Je ne me rappelle pas très M exactement les expressions dont s’est servi M. le mi- É: nistre de la guerre, mais je sais ce qu’il avait mission ; 1 de déclarer. (Applaudissements à droite et au centre: M. Massaguau. — Voilà le compte rendu télégra- à | phique qui est apposé dans les couloirs ! (Applaudis- ”. sements à droite et au centre) 14 du conseil et non pas à M. Massabuau. 1 et des cultes. — Il paraît que ces messieurs de la droite N veulent juger sans entendre — ils en ont probablement l’habitude. Quant à moi, j’écoute toujours mes adver- À saires et ne les ai jamais, par des clameurs, empêchés À de s’expliquer. (Très bien! très bien! à gauche) & A droite. — Mais nous vous écoutons ! “ # guerre a dit qu’il se proposait de procéder simplement ï à une enquête administrative, secondé par des magis- À traits et voici pourquoi : il s’agit, vous le savez, messieurs, d’un dossier secret qu’il ne connaît pas, dont il 1 n’a jamais vu aucune pièce, à propos duquel il est exposé d’un jour à l’autre à des attaques qu’ilne peut pas réfuter. À Ce dossier a été scellé par un magistrat de la cour de À cassation; c’est en présence de ce magistrat aidé de | quelques autres qu’il pourrait ouvrir ce dossier, (Mou- À vements divers) examiner et cataloguer les pièces, si besoin en était, afin de couvrir sa responsabilité et de |

_ m’être pas accusé, comme cela ne Fanrait manquer de D se produire, soit d’avoir soustrait des pièces à ce dos- « . sier, soit d’en avoir introduit de nouvelles. (Applaudis- | sements à gauche et à l’extrême gauche) M. Axrmme-Méxarp. — C’est une revision alors? ….. enquête judiciaire. Il ne s’agit pas là de la nomination LS d’une commission et encore moins d’un procédé en vue d’une revision. . M. Massasuau. — C’est exact! ni . A droite. — Alors, qu’est-ce que cela veut dire? % | mettre d’ajouter — bien que je ne sois pas juriste — et +4 je demande pardon à la Chambre si je me méprends | 18 sur ce point, qu’en vous disant ce qu’il se proposait de _ faire, M. le ministre de la guerre parlait d’une chose qu’il a le droit de faire. (Très bien! très bien! à gauche) À Voici d’ailleurs le passage du compte rendu télégra- … phique. Je lis exactement ce qu’a dit M. le ministre de D} la guerre : « Le ministre se fera assister par un certain nombre de magistrats dans le dépouillement des pièces ; “qu’il aura à faire. » (Applaudissements à gauche et à DT … M: Simyax. — Le ministre de la guerre n’a pas dit à M. Risor. — J’accueille très volontiers l’explication 4 dire qu’elle me surprend un peu. Je ne crois pas que 4 dans un pays comme le nôtre le ministre de la guerre, FR ÿ détenteur de ce dossier, ait besoin de se défendre contre :à les soupçons. (Applaudissements au centre. — Excla- } _mations à l’extrême gauche et à gauche) Soit!

M. Jaurès. — Vous rappelez-vous, monsieur Ribot,à | quelles calomnies, à quelles inventions fut en butte non E | pas un individu, mais une collectivité: la chambre cri minelle? M. le ministre de la guerre a le droit de vou- + loir ne pas être dessaisi comme l’a été la chambre cri minelle! (Applaudissements à l’extrême gauche et à M. Rmor. — Alors, monsieur Jaurès, il faudra faire surveiller, cautionner le ministre de la guerre par les 4 magistrats de la cour de cassation, et je pense que M. le ministre de la guerre cautionnera à son tour là Messieurs, cela est indigne de nous! (Rumeurs à À l’extrême gauche) Quand on dit qu’on invitera de hauts “4 magistrats de ce pays à faire le dépouillement d’un dossier, cela n’a jamais voulu dire qu’on les inviterait Le. simplement à garantir qu’aucune pièce n’avait été détournée. (Interruptions à l’extrême gauche) Non, ce ; 1 n’est pas pour cela que sont faits les magistrats. Car j 5 enfin, quel rôle leur ferez-vous jouer? Je voudrais que 4 M. le ministre dela justice füt à son banc, je lui deman- 4 derais ce qu’il pense de ce rôle qu’on destine aux magis- ‘à magistrat qui acceptera une pareille besogne, une fonc- ù tion aussi humiliée! (Applaudissements au centre et sur 4 Soit ! vous le voulez, vous ferez comme vous voudrez, 4 mais vous entamez là une procédure illégale dans son è principe, étrange dans ses procédés, qui ouvre de nou- ; veau l’ère des agitations. Eh bien! vous me permeïtrez tout au moins de ne pas en prendre avec vous la responsabilité. (Oui ! oui! 192 1

:2 à l’extrême gauche) Je ne voterai pas l’ordre du jour : # qui prend acte des déclarations du Gouvernement, …. parce qu’en le votant j’assumerais la responsabilité à qu’on veut nous faire partager. , 5 Que M. Jaurès triomphe, cela lui est permis. fé M. Jaurès. — Est-ce que je triomphe ? À M. Rwor. — Vous avez le triomphe modeste, je le À M. Jaurès. — C’est une modestie durable! à M. Riot. — Que M. Jaurès triomphe ! il a raison, < - mais que direz-vous demain, vous tous qui, ces jours x . derniers, manifestiez votre sentiment intime et qui Ë regrettiez que notre collègue lançât à nouveau l’affaire ; __ à la tribune et dans le pays, vous qui lui donniez un — avertissement que vous aviez le droit de lui donner. à ({nterruptions à l’extrême gauche) M: Cuarzes Bos. — J’ai demandé la parole pour | M. RimoT. — … vous qui disiez que vous vous refusiez _ à le suivre et que si une motion était proposée, vous 4 répondriez par l’ordre du jour pur et simple ?.. N’est-ce pas exact ? Y at-il quelqu’un qui puisse le contester? 4 Quelles seront demain vos réflexions à vous membres _ de la majorité? Ne Et alors qu’est-ce que c’est donc que cette majorité ? Qu’est-ce que ce Gouvernement? Lorsqu’un homme à qui on a prodigué les avertissements, à qui on a demandé de ne pas donner suite à son projet, de ne e pas reprendre cette malheureuse affaire, et qui est allé … le matin trouver le ministre de la guerre et d’accord | avec lui, a organisé cette enquête. (Bruit à l’extrême

M. Jaurès. — Comment cela ! monsieur Ribot? #18 L Je vous donne ma parole que vous êtes mal informé! M. Jaurès. — Depuis que j’ai annoncé que j’avais M l’intention à propos de l’affaire Syveton de répondre au 1 rapport de la commission, je vous affirme que je mai 4 . jamais vu M. le ministre de la guerre. (Mouvements di- : 1 M. PAUL BEAUREGARD. — Ceci est une hypocrisie. M Je constate que vous n’avez nullement attaqué mon M M. Risor.— Eh bien! monsieur Jaurès, cela ne prouve Ki qu’une chose, c’est que M. le ministre de la guerre a n. pris les devants, qu’il s’est précipité vers cette demande L d’enquête que son devoir strict aurait été d’arrêter. 4 (Vifs applaudissements au centre et à droite. — Interruptions à l’extrême gauche) 4 M. Le PRÉSIDENT. — Messieurs, laissez parler M. Ribot! 4 M. Risor.— Et sur quoi allez-vous enquêter, monsieur { le ministre de la guerre, assisté de M. Jaurès ? , M. Lasres. — Très bien!
M. RiæoT. — M. Jaurès nous l’a laissé entendre hier Ë quand il a dit, aux applaudissements de ses amis, que : la politique du faux ne pouvait pas s’arrêter au grade ) de lieutenant-colonel, qu’elle pouvait monter plus haut. j C’est cela que vous allez chercher ? C’est pour cela que vous allez faire cette enquête ? C’est pour jeter un peu plus de soupçon. À M. Francis DE PRESsENSÉ. — Voyez donc ce que le A général de Pellieux écrivait dans sa lettre! F

…_ M.Rwmor. — … pour jeter, s’il est possible, un peu si _ plus de boue sur cette malheureuse armée française. En … (Wifs applaudissements au centre et à droite. — Inter- . ruptions à l’extrême gauche et à gauche) % Ah! permettez ! il faut s’expliquer ici. : A l’extréme gauche. — Esterhazy, ce n’est pas

  • deses intentions et de sa politique et quand il est allé … à Lille en 1900 et qu’il s’est expliqué avec Jules Guesde, il à dit: Oui, dans mon parti, il y avait les politiques — qui ne voulaient pas marcher, parce qu’on était trop près des élections et parce qu’ils ne voulaient pas compromettre leur siège électoral. Moi, je me suis jeté en avant; mais nous n’avons pas perdu notre temps parce WE qu’en accumulant ainsi les attaques contre l’armée. ({nterruptions à gauche et à l’extrême gauche) û A droite. — Lisez le texte! k M. Risot. — Oh! je vais lire. (Applaudissements au centre et à droite) Ce n’était pas du temps perdu, car pendant que s’étalaient » ces crimes, pendant que vous appreniez à connaître toutes ces hontes, tous ces mensonges, toutes ces machinations, nt le prestige du militarisme descendait tous les jours dans l’esprit des hommes. (Très bien! très bien! à l’extrême gauche) Attendez! vous allez voir ce que c’est que le militarisme dans l’esprit et dans le langage de M. Jaurès. | Le militarisme n’est pas dangereux, sachez-le, seulement parce qu’il est le gardien armé du capital ; il est dangereux

aussi parce qu’il séduit le peuple par une fausse image de (Très bien! très bien ! à l’extréme gauche) ‘21

.… par je ne sais quel mensonge de dévouement et de “

(Rumeurs au centre et à droite)

M. Jaurès. — Je maintiens cela absolument. F

Lorsqu’on a vu que cette idole, si glorieuse- ÿ ment péinte et si superbe, lorsqu’on a vu que cette idole j qui exigeait pour le service de ses appétits monstrueux | M des sacrifices de générations. ; |

(Très bien! très bien ! à l’extréme gauche) à:

.. Lorsqu’on a vu qu’elle était pourrie, qu’elle ne conte- ë nait que déshonneur, trahison, intrigue, mensonge. sl

(Rumeurs prolongées au centre et à droite) 1

M. Lasres. — Vive l’armée ! (Bruit à gauche) re

Plusieurs membres à droite et au centre. — Oui! vive

l’armée ! (Interruptions à gauche) fl}

.… Alors, le militarisme a reçu un coup k mortel et la révolution sociale n’y a rien perdu.

Voilà comment vous parlez de l’armée en France. (Réclamations à l’extrême gauche.— Applaudissements ÿ au centre et à droite) 1

M. Risor. — Eh bien! je plains le Gouvernement | obligé de vous suivre comme il l’a fait.

(M. Walter interrompt violemment au milieu du (

(Vives protestations au centre et à droite. —

Cris : À l’ordre. — Bruit prolongé) :

  • contre la parole abominable qui vient d’être prononcée. qu 4 M. Lastes. — Je demande la parole. t . dignité d’une assemblée ne permet pas d’entendre. (Ré- i — clamations à droite) J’ai rappelé M. Walter à l’ordre. — M:1e PRÉSIDENT. — Vous insistez sur un mot que je ; n’a pas entendu. ({nterruptions au centre et à droite) are 0 Plusieurs membres à droite. — Mais nous avons en- * _ tendu, nous! …_ A droite. — La censure! (Bruit prolongé) | . M. Pracue. — C’est une honte! 4 ._ M. Rocer-Bazzu. — C’est une ignominie! —. M.Z2E LIEUTENANT-COLONEL Rousser. — Allons-nous- BR
  • droite se disposent à quitter la salle des séances. — J 14 . M. Lasxs. — Monsieur Ribot, ne continuez pas.
  • M. Jaurès. — Monsieur Ribot, voulez-vous me céder une minute la parole ? 4e a. Ribot quitte la tribune où il est remplacé par …— M: LE LIEUTENANT-COLONEL Rousser. — Ce n’est pas |

à vous, monsieur Jaurès, de prendre la parole. 5

M. Cacner. — Vous n’avez pas à expliquer la parole d’un collègue. (Bruit prolones) ; TS M. LE LIEUTENANT-COLONEL Rousser. — Nous avons tous entendu l’interruption. ‘ l M. JAURÈS. — Qu’avez-vous entendu ? à a dit qu’il y avait des m… (1) dans l’armée, à et je tiens à ce que ce soit au Journal officiel, (Bruit à { (Vives rumeurs et protestations au centre et à droite) ÿ Permettez à M. Walter de s’expliquer. Î M. WALTER. — Pour les besoins de votre cause, b) (Bruit à droite) vous avez voulu entendre autre chose à que ce que j’ai dit. (Vives réclamations sur les mêmes M Je répète mes paroles : J’ai dit que l’on n’a jamais ! attaqué l’armée dans son ensemble, mais ceux qui, 4 dans l’armée, comme Esterhazy, étaient des m… 4 (Applaudissements sur divers bancs à l’extréme gauche 4 — Vives interruptions à droite et au centre. — Bruit 1 M. LE PRÉSIDENT. — Je vous rappelle à l’ordre avec 4 M. Gaston GaALpix. — Ce n’est pas ce que M. Walter 1 () M. Walter avait dit des maquereaux.

  • 198

avec inscription au procès-verbal. Le règlement ne me

permet pas d’aller plus loin. (Bruit à droite)

k La parole est à M. Ribot. k . M. Rimor. — Messieurs, je ne suis remonté à la tri- $ … bune que par déférence pour M. le président de la _ Chambre, car j’avais fini ce que j’avais à dire. j Je terminais en plaignant sincèrement M. le président reux pays de France qui mériterait certainement de n’être pas ainsi troublé (Applaudissements au centre et .… sur divers bancs) par toute cette politique violente et

Avant-hier, M. le ministre de la guerre, qui n’assistait pas à la séance où se discutait cependant un projet de loi qui concernait son département, prenait la parole

. dans l’Isère. J’ai lu dans un journal radical quelques- . unes des paroles qu’il a laissé tomber. Il a dit : J’obéis à l’invitation publique et je sors de mon rôle naturel de gardien de la défense nationale pour faire de la politique, et quelle politique!

… rosité, maisnous ne voulons pas aujourd’hui être généreux; =: nous voulons mener la lutte jusqu’au bout; nous voulons écraser nos adversaires, nous voulons établir dans ce pays le règne de la libre pensée.

Voilà le langage que tenait M. le ministre de la

…. guerre! (Très bien ! très bien! à l’extrême gauche)

_ Cela vous plaît?

Qui donc parlait il y a quelques mois à ce pays d’a-

à paisement et de concorde? Voilà de quelle façon déri-

soire on répond à ces paroles de paix. Vous voulez À pousser jusqu’au bout tous vos avantages, troubler ce pays jusque dans ses masses les plus profondes. Soit! 1 mais le pays un jour se réveillera, jugera voire poli A ‘| tique; vous jugera, vous, monsieur le ministre de la M | guerre et la politique néfaste par laquelle vous compro- 4 mettez tous les intérêts les plus graves de la France. D (Vifs applaudissements au centre ei sur divers barcs. M | — L’orateur, de retour à son banc, reçoit les félicita- 1 tions d’un grand nombre de ses collègues) ‘4 M. MaGxraupé. — Je demande la parole sur mon M | ordre du jour. 4 et des cultes. — Avant les dernières paroles prononcées \ ] par M. Ribot, qui a nettement repoussé la politique du À | cabinet et posé la question sur le terrain politique, le ” centre et à droite) Ve L’ordre du jour pur et simple laissait, en effet, sub- À sister les déclarations du Gouvernement et ne lui était pas contraire; voilà pourquoi je dis qu’avant l’intervention de M. Ribot, le Gouvernement pouvait hésiter : t dans la pensée de réunir sur l’ordre du jour pur & “4 simple un plus grand nombre de voix républicaines. (4 (Très bien ! très bien!) “à Mais après les paroles de M. Ribot portant nettement “4 le débat sur le terrain politique, il est impossible au | président du conseil de ne pas repousser l’ordre du jour 4 pur et simple. (Applaudissements à gauche et à l’ex- {

A droite. — Tant mieux! sur son ordre du jour. M. Macxrauné. — Je suis peut-être bien osé de pren_ dxe la parole dans ce grand débat; mais j’en ai le cou-

  • rage parce que je sens que, d’un côté de cette Chambre comme de l’autre, on est en train de faire beaucoup de mal à mon pays et à la République.

Les dernières élections législatives ont donné une imposante majorité au parti radical et au parti radical-

_ socialiste; et cependant depuis un an, dans cette

. Chambre, on dirait qu’il n’y a que deux politiques en présence, celle que M. Ribot représente si dignement et celle que M. Jaurès représente non moins dignement.

M. Hugsarp. — Et nous, qu’est-ce quenous sommes ?

M. Macnraupé. — Je vais vous le dire, mon cher

Cela nous vaut certainement de très nombreux discours que j’écoute avec attention et que je relis même. Mais je déplore que le parti radical et le parti radicalsocialiste soient en quelque sorte étouffés entre ces deux politiques qui ne représentent pas l’opinion de la majorité du pays. (Très bien! très bien! à droite) Notre parti est un parti de réformes et, dans cette Chambre, on s’occupe de tout excepté des réformes. (Applaudissements sur divers bancs à gauche)

Si M. Jaurès, comme M. Lasies, ont des faits nouveaux à présenter dans l’affaire Dreyfus, ils n’ont, il me semble, qu’à les soumettre à M. le garde des sceaux qui fera le nécessaire. Mais quand nous voyons ce qui se passe dans cette Chambre aujourd’hui, et à propos

de cette affaire dont le débat n’est même pas ouvert, jugez ce que ce sera ensuite lorsque ce débat sera ‘4 rouvert. (Applaudissements sur divers bancs à gauche) 4

Au cours des magnifiques discours que nous avons. 4 entendus, on a prononcé à différentes reprises le beau 4 mot de justice. La justice! nous l’appelons de tous nos È vœux; mais nous l’appelons particulièrement pour le peuple qui attend toujours avec une inlassable patience que j’admire. Nous n’avons qu’un moyen d’arriver à ÿ réaliser cette justice, c’est d’étudier de bonnes et sages lois et de les discuter avec toute la maturité qu’elles M réclament. Ces lois sont dans nos esprits et dans n0S cœurs, mais pour arriver à les faire aboutir, il nous à faut envisager bien nettement le but que nous nous proposons. Pour l’atteindre, nous devons suivre le droit 1 chemin, sans nous laisser détourner dans les sentiers épineux où l’on veut nous conduire. À

A l’extrême gauche.— Ce sont là des mots! À

M. MaGnrauDÉ. — en reprenant l’affaire Dreyfus qui À n’a, vous l’avouerez, qu’un rapport bien éloigné avec les À réformes fiscales et sociales. (Applaudissements au M centre et sur divers bancs)

En terminant, je ne saurais mieux faire que d’évo- 1 quer le souvenir des paroles si hautes et si sages de k notre très distingué président, M. Léon Bourgeois, lorsqu’il disait le 28 mai 1900 : e

Je suis de ceux qui pensent qu’il n’y a actuellement F qu’un parti, ou que les partisans d’une certaine politique, qui peuvent être intéressés à faire revivre et à agiter l’affaire Dreyfus. Ce sont ceux qui aperçoivent dans les phases qui l’ont accompagnée et qui recommenceront si elle renaissait, un affaiblissement pour la République ellemême.

Je suis donc résolu,

je ajoutait l’honorable M. Bourgeois,

, à combattre et à condamner tout acte

  • par lequel le Gouvernement essayerait de ressusciter l’af-

_ faire Dreyfus.

Ce sont ces paroles si sages, si clairvoyantes, si

_ imprégnées du plus pur patriotisme, que je vous demande aujourd’hui de confirmer en votant l’ordre du

jour que j’ai eu l’honneur de déposer sur le bureau de

. la Chambre. (Très bien ! très bien!)

| M. ÉuLe Caaurewrs. — Je demande la parole.

M. Cuarzes Bos. — L’honorable M. Ribot vient de à

. dire qu’un groupe politique très voisin de celui de l’honorable M. Jaurès avait décidé tout récemment que si l’affaire qui fit l’objet du procès de Rennes était évoquée à propos de la validation de M. Syveton, il clôturerait le débat par l’ordre du jour pur et simple. Je reconnais que M. Ribot a pu se croire autorisé à parler

ainsi. Il est exact, en effet, qu’une communication a été faite à la presse, je ne sais par qui, disant que le groupe

. auquel j’ai fait allusion avait voté cet ordre du jour. Mais je dois rétablir les faits.

; Le groupe s’est occupé du débat qui devait être soulevé par M. Jaurès, mais il n’a pris aucune décision. Chacun de ses membres s’est réservé de prendre une

… résolution à la suite des révélations qu’aurait apportées M. Jaurès. Les faits sont rétablis exactement et je ne

. crois pas qu’aucun des membres de notre groupe ayant assisté à cette réunion puisse s’inscrire en faux contre

_ ce que je viens de dire.

L’honorable M. Ribot a parlé tout à l’heure de la m= | nistie. Son langage devrait être écouté de tout le monde - si on ne voulait pas interpréter contre nous seuls lame a nistie qui a été votée il y a trois ans par la Chambre. LE) La commission a été singulièrement imprudente en entendant MM. Lemaître et Judet, qui n’avaient rien à faire dans l’élection Syveton, et il est certain que si la 4 commission n’avait pas recueilli ces dépositions inté- 1 ressées, M. Jaurès n’aurait pas apporté ce débat à la Fe | J’explique maintenant le vote qu’un certain nombre E de mes amis et moi-même allons rendre; il nous est impossible après les révélations qu’a apportées “ l’extrême gauche et sur divers bancs à gauche) de clô- i turer ce débat par l’ordre du jour pur et simple. 1 Nous voterons donc l’ordre du jour proposé parles M gauches et qui prend acte des déclarations du Gouver- . 4 nement, ordre du jour que le Gouvernement a accepté 4 et par lequel nous lui demandons d’accomplir simple- 4 ment des actes politiques. 14 M. ze pRésipenr. — La parole est à M. Émile Chautemps. 71 k M. Éuize CnauremPs. — Je veux faire une simple. 4 déclaration au nom de quelques amis qui, comme moi, M ; étaient disposés à voter l’ordre du jour pur et sirnple; A après la déclaration très catégorique de M. le président M du conseil, ne voulant pas de crise ministérielle… 4 (Exclamations et rires ironiques à droite. — Applau- M dissements à l’extrême gauche et à gauche) nous voterons l’ordre du jour accepté par le Gouvernement. M M. le président du conseil, par ses déclarations, a

| déplacé le débat. Tout à l’heure nous étions appelés à voter sur la question portée à la tribune par M. Jaurès, F et nous ne voulions pas suivre M. Jaurès. Il s’agit _ actuellement d’une question de politique générale et _ nous restons d’accord avec le Gouvernement. (Très | bien! très bien ! sur divers bancs) | Mais il faut qu’on le sache bien, nous sommes très nombreux dans cette Chambre, infiniment plus nom_ breux encore dans le pays, qui avons le ferme dessein de nous en tenir, en ce qui concerne l’affaire Dreyfus, à ce mot d’un ancien ministre de la guerre : « L’incident … est clos. » (Applaudissements sur divers bancs. — Mou- | Une autre considération nous permet de voter l’ordre … du jour motivé qu’adopte le Gouvernement : c’est qu’à s’en tenir à la lettre de cet ordre du jour, il s’agit simplement de prendre acte des déclarations de M. le … ministre de la guerre, et non pas de les approuver. (Æxclamations ironiques au centre et à l’extrême Eh oui ! nous prendrons acte des déclarations du _ général André sans les approuver, et si nous voulions tout à l’heure voter l’ordre du jour pur et simple, c’était | précisément parce que nous n’approuvions pas le _ ministre de la guerre de nous avoir engagés de gaieté de cœur dans une enquête qu’on ne lui demandait pas. (Mouvements divers) La déclaration de M. le président … du conseil transforme le vote que nous allons émettre en un vote sur la politique générale du cabinet, et nous … sommes plus que jamais résolus à soutenir cette poli- : tique. (Applaudissements à gauche et sur divers

M. Astier. — Tout à l’heure M. Ribot a parlé d’une « communication à la presse qui faisait connaître les É 24 décisions d’un groupe important de la Chambre. Rs C’est moi qui, dans le groupe radical-socialiste, avant 34 le débat qui vient de se dérouler, avais proposé de suivre la politique adoptée dans la dernière législature ‘4 ù et de nous efforcer de laisser les affaires judiciaires sur E le terrain judiciaire. (Très bien! très bien! sur divers M L’événement a prouvé que nous avions été clair voyants, mais M. Jaurès avait le droit de venir ici, en réponse aux essais de justification contenus dans le 4 rapport de M. Beauregard, soutenir la thèse qu’il asou tenue si brillamment. C’était son droit et c’était son ‘1 Mais nous, nous sommes une Assemblée politique, et « 34 -_ comme nous voulons fermement ne pas rouvrir l’ère des discordes, nous devons ne pas entraver l’action de la + justice et laisser au Gouvernement le soin de faire res pecter la légalité. Nous ne voulons pas intervenir dans une affaire qui est du ressort judiciaire; mais la ques- À tion a été élargie par M. Ribot, et puisque c’est la poli- e. tique générale du Gouvernement qui est en jeu, je dépose un ordre du jour qui donnera sa véritable sign 1 fication à ce débat : % La Chambre, confiante dans le Gouvernement et A repoussant toute addition, passe à l’ordre du jour. (Interruptions sur divers bancs. — Applaudissements à l’extrême gauche) k

À résolution, signé de MM. Chapuis et Péret. Il est ainsi

La Chambre, confiante dans le Gouvernement, et résolue à ne pas laisser sortir l’affaire Dreyfus du domaine judiciaire, passe à l’ordre du jour.

Le cinquième projet de résolution est celui de

4 L’ordre du jour pur et simple est-il maintenu ?

et des cultes. — Le Gouvernement repousse l’ordre du

_ jour pur et simple.

_ M. Ro. — Messieurs, je voudrais bien que l’on püût voter sans équivoque. J’ai entendu tout à l’heure mon excellent ami, M. Chautemps, dont je connais l’esprit très gouvernemental, pour avoir gouverné quelque ;

  • iemps avec lui, donner une explication un peu singulière du vote qu’il allait émettre.

Il disait : je vais prendre acte des déclarations du Gouvernement, mais il est entendu que cela ne veut pas dire que je les approuve. (Rires au centre)M. Chau-

temps critiquait donc, sous la forme la plus aimable,

les paroles et l’action de M. le ministre de la guerre.

Nous avons déposé l’ordre du jour pur et simple parce qu’il avait cette signification que nous ne vou-

… lons pas approuver l’initiative, prise dans cette séance par le ministre de la guerre, et sa résolution d’ouvrir

. une enquête afin de rouvrir l’affaire Dreyfus.

Voilà le sens que nous attachons à l’ordre du jour pur et simple. |

Si c’est là le sens que M. Chapuis attache à son ordre

du jour, je suis tout prêt, voulant que la Chambre puisse 4 se prononcer avec netteté, à retirer notre ordre dujour, en votant sur l’ordre du jour de M. Chapuis et en ; demandant la division. EST ER Vous ne pouvez me demander de donner un vote de ? confiance au Gouvernement; si j’avais voulu le lui donner ces temps derniers, j’aurais pu le faire, mais je n’ai É jamais eu cette tentation; vous conviendrez que laittitude qu’il a tenue dans cette séance n’est pas de nature 4 à me faire changer de résolution. La majorité peut renouveler sa confiance au ministère; elle la renouvellera aussi souvent qu’elle voudra jusqu’au jour où à elle s’apercevra où on la mène, c’est son affsire et non 4 la mienne. Je ne voterai pas la confiance, mais ie suis | prêt pour épargner un trouble à ce pays. ({nterruptions | à l’extrême gauche. — Applaudissements au centre) | oui, il y a quelque chose qui pèse plus pour moi que la question de savoir si M. Combes restera quelques semaines de plus sur les bancs du ministère, cela c’est une question contingentie ; il y a une question beaucoup plus grave, c’est celle de savoir si on va troubler de nouveau le pays contre sa volonté, que vous connaissez aussi bien que moi; eh bien, si vous le voulez, je retirerai mon ordre du jour et je vous Gemanderai moï- même de voter la seconde partie de l’ordre du jour de M. Chapuis ; ce sera l’ordre du jour de 1900 qui sera rappelé à cetie Chambre et qui sera consacré à nouveau. Mais ce sera aussi la condamnation et la répudiation de l’initiative prise par M. Jaurès. (Applaudissements au centre et à droite. Interruptions à gauche) M. LE PRÉSIDENT. — L’ordre du jour pur et simple est

5 ho: a Ch ambre est appelée à se prononcer sur la priorité : _ à accorder à l’un des cinq projets de résolution dont j | elle est saisie. Ë ee M: Cuapuis. — Après les déclarations qui ont été 1 … faites par le Gouvernement; nous disant qu’il n’avait #4 pas l’intention, en consultant le dossier, de rouvrir l’af_ faire (Rumeurs au centre et à droite) et de recommenNicer ici des discussions qui divisentle pays, j’ai déposé AU | Rs an ordre du jour. Contrairement à l’opinion person- | nelle de M. Ribot, j’ai confiance dans le Gouvernement, 1 | j’approuve sa politique. IInous a présenté une loi contre … les congrégations, et je m’honore de l’avoir votée. (/n- terruptions à droite) C’est mon affaire; vous faites la _ politique qu’il vous convient, je fais celle qui me semble —_ Désireux surtout que l’affaire Dreyfus ne sorte pas $ du domaine judiciaire, j’ai cru devoir l’indiquer ÿ _ dans mon ordre du jour. J’estime que la Chambre ; | peut le voter; nous affirmerons ainsi d’un côté la con_ fiance que nous avons dans le Gouvernement que | nous soutenons ; nous affirmerons d’autre part la ; _ nécessité de ne pas rouvrir devant le Parlement une affaire qui nous a tant divisés. (Très bien! très bien! L d ai Je profite de ma présence à la tribune pour dire que k | je suis de ceux qui aiment et respectent l’armée parce | qu’elle est la sauvegarde de l’indépendance de mon CP « _ pays. (Applaudissements) Je suis de ceux qui veulent s la voir forte ; mais je suis aussi de ceux qui ne pardon- È nent pas les fautes commises pour obtenir un jugement

au moyen de procédés contraires à toutes les règles du de E On a bien fait d’y mettre ordre; on a eu raison de frapper les coupables et on devra, dans l’avenir, procé- ‘ei der à toutes les épurations nécessaires pour faire de cette armée une armée soumise à la République. (A4p> voter sur la priorité. É Il y a cinq ordres du jour. ‘4 La priorité a d’abord été demandée pour celui de 4} Gouzy et Jean Codet, qui est ainsi conçu : OUR 4 La Chambre, prenant acte des déclarations du Gou- à vernement, passe à l’ordre du jour. À du conseil. 4 x et des cultes. — Je ne pense pas que lorsque M. Ribot parlait de prolonger de quelques semaines l’existence ° du cabinet, il pût croire que personnellement j’attachais la moindre importance à cette prolongation. Ë M. CHenavaz. — Nous y tenons tous. ; dans différentes circonstances que je n’attachais au pouvoir d’autre prix que celui d’être en mesure d’a complir la tâche que j’ai assumée. (Applaudissements 1 Mais je comprends la tactique nouvelle de M. Ribot. : Il avait présenté un ordre du jour pur et simple, sur

4 lequel les opinions pouvaient commencer à se compter; f ilen a prévu le sort et il l’a retiré pour laisser le Gou- Ê + L vernement face à face avec d’autres ordres du jour. … Messieurs, je constate que les ordres du jour main_ tenus aflirment tous la confiance dans le Gouvernement. ne. La Chambre me permettra dès lors, quelque jugement

. qu’on puisse porter de ce côté, (la droite) de ne pas 1$ prendre parti pour l’un ou pour l’autre de ces ordres du

  • _ jour. (Applaudissements à gauche. — Rires et applau5 dissements ironiques à droite) 8 M. Vazeuze. — Messieurs, l’heure à laquelle nous à sommes arrivés m’interdit de longues explications. “vous voulez hâter la fin de cette discussion, il faut ; M. pe Boury. — Nous pourrions tous expliquer notre È , vote; on n’en finirait pas. É M. Vazerrze. — Il ne s’agit pas d’explication de vote; à . j’étais inscrit dans la discussion… 7 M. LE GÉNÉRAL JACQUuEY. — Elle est close. Re M. Vazerre. — Non, puisque nous discutons les _ ordres du jour.

nistie me permettait de prendre la parole aujourd’hui

à pour constater, comme le faisait hier M. le président . _ du conseil, qu’il y a une force des choses, une justice \ . imimanente plus puissante que la volonté des hommes. … Et quand M. Ribot a prétendu que c’était de par notre

. volonté que nous entendions rouvrir l’affaire Dreyfus, il _ oubliait que c’est au contraire par le fait même de

Invalidation Syveton ASS ni: l’homme qui dit : « L’incident est clos » que ce débat. 3 s’est rouvert hier. “4 M. MassaBuau.— C’est exact. +. M. VAZEILLE. — J’ajoute que, quoi que vous fassiez, | tant que vous n’aurez pas fait la lumière complète sur % cette affaire, vous la traînerez aux pieds comme um S boulet. Et voilà pourquoi je m’étais proposé de déposer 4 au cours de cette discussion, une demande d’enquête parlementaire, dans des conditions qui permettraient ; d’arriver à la vérité entière. vernement d’une enquête administrative. + La façon dont s’est déroulé ce débat ne m’a pas permis de donner les explications que j’avais à fournir. Je suis convaincu que l’occasion se représentera pour moi : de les exposer intégralement à cette tribune. (Mouve- : Sur un grand nombre de bancs. — Aux voix! | priorité du projet de résolution de MM. Jaurès, Maujan, Henri Brisson, Charles Bos, Gouzy, Jean Codet, ainsi conçu: La Chambre, prenant acte des déclarations du Gou- | vernement, passe à l’ordre du jour. Il y à une demande de scrutin, signée de MM. Lassalle, Féron, Raymond Leygue, Basly, Lucien Cornet, de Pressensé, Jules-Louis Breton, Trouin, Selle, Charpentier, Bagnol, Baudin, Debaune, Sireyjol, Chamerlat,

… (Les votes sont recueillis. — MM. les secrétaires en font le dépouillement. ) ; pes _ La Chambre des députés n’a pas adopté. (Applaudis- ‘at: sen rents au centre et à droite) aR pe M. Cuaruis. — Je demande la priorité en faveur de # Second lieu, par M. Magniaudé. Insiste-il ? Ù tion de M. Chapuis et je lui cède mon tour de priorité. —… M. Asmær. — J’ai réclamé la priorité pour mon ordre f OM | MaGnrAuDé. — C’est possible, mais j’ai demandé . la priorité après M. Jaurès et j’ai cédé mon tour de re A priorit é à M. Chapuis, me ralliant à son texte. AC © M LE PRÉSIDENT. — C’est exact. Je vais appeler la “Chambre à se prononcer sur la priorité du projet de S ésolution de MM. Chapuis et Péret, dont je rappelle x W. La Chambre, confiante dans le Gouvernement, et _ résolue à ne pas laisser sortir l’affaire Dreyfus du domaine judiciaire, passe à l’ordre du jour. ra . Massapuau. — Je demande la parole pour expli_quer mon vote.

M. Massaguau. — Je voterai l’ordre du jour de î M. Chapuis d’autant plus volontiers que, comme je
l’aurais dit à cette tribune si je n’avais cédé mon tour D de parole à un de nos collègues qui m’en avait prié, i que je m’étonne qu’on vienne chercher des responsabilités quand une loi d’amnistie les a mises hors de :

M. LE PRÉSIDENT. — Je mets aux voix la priorité du

projet de résolution de MM. Chapuis et Péret.

M. ASTER. — Je tiens à faire observer que je maintiens mon projet de résolution.

signée de MM. Bouctot, Fleury-Ravarin, de Castelnau, Cibiel, Lechevallier, de Caraman, Eugène Motte, Marot, de Boury, Ballande, Cornudet, Charles Benoist,

Le scrutin est ouvert. 4 |

(Les votes sont recueillis. — MM. les secrétaires en font le dépouillement.)

M. ze PRÉSIDENT. — Voici le résultat du dépouillement du scrutin :

È Nombre des votants. 1.1.1

La Chambre des députés a adopté. (Applaudissements au centre et sur divers bancs) |

Au centre. — Nous demandons la division.

M. 1e PRÉSIDENT. — On demande la division après les on .… La Chambre, confiante dans le Gouvernement. NicJe mets aux voix cette partie du projet de résolution. » Ily a une demande de scrutin, signée de MM. Salis, | Berger, Charles Chabert, Fouquet, Coulondre, etc. Le scrutin est ouvert. ë ‘4 . (Les votes sont recueillis. — MM. les secrétaires en … font le dépouillement.) …. M.2e PrRÉsienT. — Voici le résultat du dépouillefe: ment du scrutin: sus #4 La Chambre des députés a adopté. Li. Je mets aux voix maintenant la seconde partie du -… projet de résolution de MM. Chapuis et Péret : 1 _ .… et résolue à ne pas laisser sortir l’affaire Dreyfus … du domaine judiciaire, passe à l’ordre du jour. M. Famrn-Cessron. — C’est un blâme pour le . ministre de la guerre ! (Bruit à gauche) à … publie, signée de MM. Bouctot, Cibiel, Marot, Eugène _ Motte, de Castelnau, de Caraman, Lechevallier, de

. Le scrutin est ouvert. ‘ 2 (Les votes sont recueillis. — MM. les secrétaires en. 4 font le dépouillement.) “4 Nombre des votants #10 Ne 008 458 ; La Chambre des députés a adopté. é Je mets aux voix l’ensemble du projet de résolution. Il y a une demande de scrutin, signée de MM. Buyat, Le scrutin est ouvert. (Les votes sont recueillis. — MM. les secrétaires en M font le dépouillement.) j ment du scrutin : Nombre des votants! “20cm 325 | ) La Chambre des députés a adopté. ; Chambre 55 voix pour la politique de M. Jaurès et la. réouverture de l’affaire Dreyfus. Il importe que le pays + « le sache. |

…_ Annexe au procés-verbal de la séance EAU Re du mardi 7 avril eut Ë 4 les conclusions de la commission d’enquête tendant à F4 _ da , validation des opérations électorales du deuxième arron- É FC dissement de Paris. (Résultat du pointage) 1 Nombre des votants. …+ 509 JE RUN SEE Pour l’adoption … 928 El La Chambre des députés n’a pas adopté. s ARE _ Amodru. Anthime-Ménard. Archdeacon. Argeliès. Arnal. LA 4 _Ballange. Bansarddes Bois. Baron (Jules) (Maine-et-Loire). ; … Barrois. Bartissol. Baudry d’Asson (de). Beauregard (Paul) é 6 eine). Beauregard (de) (Indre). Benoist (de) (Meuse). ue k. Boissieu (baron de). Bonnevay. Bonte. Bonvalot. Borgnet. » (Laurent). Bourgeois (Paul) (Vendée). Boury (de). Brice Ke _ (Jules) (Meurthe-et-Moselle). Brice (René) (Ille-et-Vilaine). , . Brindeau. Brisson (Joseph) (Gironde). Broglie (due de). $ ) de Cachet. Caffarelli (comte). Capéran. Caraman (comte de). . Carnot (François). Castellane(comteStanislas de). Castelnau

(de). Cavaignac (Godefroy). Chambrun (marquis de). à: Cochin (Henry) (Nord). Cornudet (vicomte). Corrart des

(Jules). Dion (marquis de). Drake (Jacques). Duclaux-

Estourbeillon (marquis de l).

Flourens. Fontaines (de). Forest. Fouché. Fouquet(Camille). R

Gaffier. Gailhard-Bancel (de). Gaillard (Jules). Galot (Gules).” Galpin (Gaston). Gauthier (de Clagny). Gautier (Léon) - (Calvados). Gérard (Edmond) (Vosges). Gervaize (Meurtheet-Moselle). Gévelot. Ginoux-Defermon. Gonidec de Traissan (comte le). Gontaut-Biron(comteJoseph de). Goujon (Julien): Gourd. Grandmaison (de). Grosdidier. Grosjean. Groussau. Guiilain. Guilloteaux. Guyot de Villeneuve.

Halgouet (lieutenant-colonel du). Harriague Saint-Martin.

Kerjégu (J. de). Krantz (Camille).

Labourdonnaye (comte de). La Chambre. Lachièze.

La Ferronnays (marquis de). Lamy. Laniel (Henri): Lanjuinais (comte de). Lannes de Montebello. Largentaye (Rioust de). Laroche-Joubert. La Rochethulon (comte de). | Lasies. Laurens-Castelet (marquis de). Laville. Lebaudy (Arthur). Le Hérissé. Lemire. Lepelletier (Edmond):

L erolle. Lespinay (marquis de). Lévis-Mirepoix (comte : f: _ de) + Limon . Loque. Ludre (comte Ferri de). DEL …Mackau (baron de). Mahy (de). Mando. Marot (Félix). ‘+

  • Maussabré (marquis de). Méline. Michel (Adrien) (Haute- É Loir e) Millevoye. Miossec. Montaigu (comte de). Montalembert (comte de). Motte. Moustier (marquis de). fun (6 omte Albert de). ; f © livier. Ornano (Cuneo d’). Osmoy (comte d”). l » Pain. Passy (Louis). Paulmier. Périer (Germain). Périer ; de | Larsan (comte du). Perroche. Pichat, Pins (marquis de). f! Plichon. Pomereu (comte de). Prache. Pradet-Balade. ‘ « Raiberti. Ramel (de). Rauline. Reille (baron Amédée). | (Ardèche). Roger-Ballu. Rohan (duc de). Roscoat (vicomte du). Rose. Rouland. Rousset (lieutenant-colonel). Rouvre (Bourlon de). Rozet (Albin). Rudelle. Saint Martin (de). Saint-Pol (de). Savary de Beauregard. j Schne der (Eugène) (Saône-et-Loire). Sibille. : Bachimont. Bagnol. Balandreau. Baron (Gabriel) (Bouches-du-Rhône). Barthou. Basly. Baudet (Charles) (Côtesdu-Nord). Baudet (Louis) (Eure-et-Loir). Baudin (Pierre). : à | Bepmale. Bérard (Alexandre). Bersez. Berteaux. Berthet.

(Jules-Louis). Brisson (Henri) (Bouches-du-Rhône). Brunard.

L Buisson (Ferdinand) (Seine). Bussière. Buyat. ;

Chautemps (Alphonse) (Indre-et-Loire). Chautemps (Emile)

=. Labussière. Lachaud. Lacombe (Louis). Laferre. L _ din. Lanessan (de). Larquier. Lassalle. Lauraine. Leffet. ] * Lepez. Lesage. Le Troadec. Leygue (Honoré) (Haute- j | Me simy. Michel (Henri) (Bouches-du-Rhône). Mil (Louis).

Minier (Albert). Monfeuillart. Morlot. Mougeot. Mulac. +

Ni; Pajot. Pams. Pasqual. Pastre. Paul Meunier. Pavie. _ (Francis de). Puech. ? | Les | Tavé. Théron. Thivrier. Thomson. Tiphaine. Tourgnol.

La Batut (de). Laurençon. Levet (Georges). Levraud. l Malizard. Mirman. Morel. LES le député dont l’élection est soumise à l’enquête: de FAT Caïillaux. Castellane (comte Boni de). Castillard. Gauvin Hi: 4 | Coache. Cochin (Denys) (Seine). Couyba. ie : oi nu! } _ David (Henri) (Loir-et-Cher). Derveloy. Deschanel Fabre a À . Le Baïl. Le Mare. Le Moigne. Leroy (Modeste). Leygues 4 (Georges) (Lot-et-Garonne). EP TIRNES __ Millerand. Mollard. Montjou (de). Ra FU Plissonnier. Poullan. Pourteyron. NE S Dr re

_ Thierry-Cazes. Torchut. \ ENTRE

_ M. Dunaime, porté comme ayant voté contre dans le {

Sar la priorité en faveur de l’ordre du jour de MM, Jaurès,

140 A Henri Brisson, Jean Codet et Maujan.

La Chambre des députés n’a pas adopté.

£: Bachim ont. Bagnol. Baron (Gabriel) (Bouches-du-Rhône).

Basly. Baudet (Louis) (Eure-et-Loir). Baudin (Pierre).

psa (Juies-Louis). Brisson (Henri) (Bouches-du-Rhône).

din. Lanessan (de). Lassalle. Lesage. Levraud. Leygue

(Henri) (Bouches-du-Rhône). Mill (Louis). Minier (Albert). }

Peureux. Pierre Poisson. Piger. Pressensé (Francis de):

ne. Tavé. Théron. Thivrier. Thomson. Tourgnol. Tournier

| ? MM. Adam (Achille). Alsace (comte d’), prince d’Hénin.

a Balandreau. Ballande. Bansard des Bois. Baron (Jules) Fe (Maine-et-Loire). Barrois. Barthou. Bartissol. Baudet

  • (Charles) (Côtes-du-Nord). Baudry d’Asson (de). Beauregard Pé (Paul) (Seine). Beauregard (de) (Indre). Bellier. Benoist (de) à (Paul). Bischoffsheim. Boissieu (baron de). Bonnevay. R (Vendée). Boury (de). Brice (Jules) (Meurthe-et-Moselle). b: Brice (René) (Ille-et-Vilaine). Brindeau. Brisson (Joseph) Hi (Gironde). Broglie (duc de).

É- ; Cachet. Caffarelli (comte). Caraman (comte de). Cardon. à _ Carnot (François). Castellane (comte Stanislas de). Casee telnau (de). Catalogne. Cavaignac (Godefroy). Cazauvieilh. S (marquis de). Chapuis. Charles Benoist (Seine). Charruyer. ss - (Indre-et-Loire). Chautemps (Émile) (Haute-Savoie). Chevaat lier. Cibiel. Cochery (Georges). Cochin (Henry) (Nord). ES (vicomte). Corrart des Essaris. Coutant (Paul) (Marne). « ë Cruppi. |

Desgardes. Derrien. Desjardins (Jules). Dion (marquis de). + (Fernand). Ermanit. Estourbeillon (marquis de F). 14 Fleury-Ravarin. Flourens. Fontaines (de). Forest. Fouché, À Gaflier. Gailhard-Bancel (de). Gaillard (Jules). Galot Re (Jules). Galpin (Gaston). Gauthier (de Clagny). Gautier % (Seine). Gervaize (Meurthe-et-Moselle). Géveloi. Ginoux- x Defermon. Gonidec de Traissan (comte le). Gontaut-Biron # (comte Joseph de). Goujon (Julien). Gourd. Grandmaison À (de). Grosdidier. Grosjean. Grousseau. Guiïllain. Guilloteaux. ï Guyot de Villeneuve. ‘3 Halgouet (lieutenant-colonel du). Harriague Saint-Martin. 1 Kerjégu (J. de). Klotz. Krantz (Camille). : La Batut (de). La Bourdonnaye (comte de). La Chambre. ÿ Lachièze. La Ferronnays (marquis de). Lamy. Laniel à (Henry). Lanjuinais (comte de). Lannes de Montebello. { Largentaye (Rioust de). Laroche-Joubert. La Rochethulon & - (comte de). Larquier. Lasies. Lauraine. Laurençon. Ml Laurens-Castelet (marquis de). Laville. Lebaudy (Paul). | (Arthur). Le Hérissé. Lemire. Lepelletier (Edmond). Lepez. È

er: Lerolle. I espinay (marquis de). Le Troadec, Levet (Georges). AAC \ BL fe N lirepoix (comte de). Limon. Lockroy. Loque. Lozé. s F 4 Ludre (comte Ferri de). ; : _ Mackau (baron de). Magniaudé. Mahy (de). Mando. “5 PL Spronck. Maussabré (marquis de). Méline. Menier (Gaston). ; .. Mo ntaigu (comte de). Montalembert (comte de). Morel. ; a Mon ot. Motte. Moustier (marquis de). Mulac. Mun (comte FR Albert de). Muieau. # RE el Périer (Germain). Périer de Larsan (comte du). : Perroche. Pichat. Pichery. Pins (marquis de). Plichon. ! si _ Pomereu (comte de). Prache. Pradet-Balade. Proust. - … Ragot. Raïberti. Ramel (de). Rauline. Reïlle (baron de). Roscoat (vicomte du). Rose. Rouland. Rousé. Rousset UE … (lieutenant-colonel). Rouvre (Bourlon de). Rozet (Albin). ua Saint-Martin (de). Saint-Pol (de). Sandrique. Savary de Beauregard. Schneider (Eugène) (Saône-et-Loire). Sibille. | Ta _ MM. Arago (François). Astima (colonel). LES

| Bérard (Alexandre). Bichon. Bourgeois (Léon) (Marne). :

: Caillaux. Castellane (comte Boni de). Castillard. Cauvin M David (Henri) (Loir-et-Cher). Derveloy. Deschanel (Pa al). Li #1 Flandin {Étienne) (Yonne). 22 FE Fe Un. Gabriel Denis. Gérald (Georges). CSSS Re Le Bail. Le Mare. Le Moigne. Leroy (Modeste). Leygues… | 12 {Georges) (Lot-et-Garonne)… ee Me | Ro Millerand. Mollard. Montjou (de). + LS | Richard (Pierre). Robert Surcouf. Roch. . VINS l

| jte es annoncés en séance avaient été de : LAS Ÿ #24 PAPour l’adoption |. 41.11 are RAGE À CM ais, après vérification, ces nombres ont été rectifiés ES …_ conformément à la liste de scrutin ci-dessus. De | Sur! la priorité en faveur de l’ordre du jour de M. Chapuis dt _ La Chambre des députés a adopté. ï pe | J5R _ MA : Adam (Achille). Alsace (comte d’), prince d’Hénin. Me } Bala ndreau. Ballande. Baron (Jules) (Maine-et-Loire). AU Barrd is. Barthou. Bartissol. Baudet (Charles) (Côtes-du- Lau Nord). Baudry d’Asson (de). Beauregard (Paul) (Seine). Beauregard (de) (Indre). Bellier. Benoist (de) (Meuse). uu | Berger (Georges). Berry (Georges). Bersez. Berthet. PARENT | (Paul). Bischoffsheim. Boissieu (baron de). Bonnevay.

(Vendée). Boury (de). Boutard. Brice (Jules) (Meurthe-etMoselle). Brice (René) (Ille-et-Vilaine). Brindeau. Brisson | (Joseph) (Gironde). Broglie (duc de). de

Cachet. Caffarelli (comte). Caraman (comte de). Cardon. K Carnot (François). Castellane (comte Stanislas de). Castelnau À (de). Catalogne. Cavaignac (Godefroy). Cazauvieilh. Caze de). Chapuis. Charruyer. Chastenet (Guillaume). Chaumet, ; Chautemps (Alphonse) (Indre-et-Loire). Chautemps (Émile) (Henry) (Nord). Codet (Jean). Compayré (Émile). Congy. l Corrart des Essarts. Coutant (Paul) (Marne). Crappi. |

Desjardins (Jules). Dion (marquis de). Disleau. Dormoy.

Fleury-Ravarin. Flourens. Fontaines (de). Forest. Fouché.

Gaffier. Gailhard-Bancel (de). Gaillard (Jules). Galot … (Jules). Galpin (Gaston). Gauthier (de Clagny). Gautier (Seine). Gervaize (Meurthe-et-Moselle). Ginoux-Defermon.

Gode t Frédéric). Gonidec de Traissan (comte le). Gontaut_ Bir on (comte Joseph de). Goujon (Julien). Gourd, Grand- | ÿ maison (de). Grosdidier. Grosjean. Grousseau. Guillain. | Guillo teaux. Guyot de Villeneuve. Halgonet (lieutenant-colonel du). Harriague Saint-Martin. 3h | Jacquey (général). Janet (Léon) (Doubs). Jeanneney. Jules

SE erjégu (J. de). Klotz. Krantz (Camille).

£ La Batut (de). La Bourdonnaye (comte de). La Chambre.

Re. La Ferronnays (marquis de). Lamy. Laniel À (Henri). Lanjuinais (comte de). Lannes de Montebello. Largentaye (Rioust de). Laroche-Joubert. La Rochethulon

(comte de). Larquier. Lasies. Lauraine. Laurençon. Laurens- Ù ; Gastelet (marquis de). Laville, Lebaudy (Paul). Lebrun. À

Lechevallier. Lefas. Leffet. Léglise. Legrand (Arthur). Le

Lesp nay (marquis de). Le Troadec. Levet (Georges). Lévis-

Mirepoix (comte de). Levraud. Lockroy. Loque. Lozé. Ludre

(comte Ferri de).

… Ma ckau (baron de). Magniaudé. Mahy (de). Mando.

] Bin er. Maurice Spronck. Maussabré (marquis de). Méline.

(comte de). Montalembert (comte de). Morel. Morlot. Motte. | Moustier (marquis de). Mulac. Mun (comte Albert de).

Pavi e. Péret. Perier (Germain). Périer de Larsan (comte du).

Perro che. Petit. Pichat. Pichery. Pins (marquis de). Plichon.

; Pom re (comte de). Prache. Pradet-Balade. Proust. Pugliesi-

| Ragot. Raiberti. Ramel (de). Rauline. Reiïlle (baron | Amédé e). Reïlle (baron Xavier). Renault-Morlière. René #

(Ardèche). Roger-Ballu. Rohan (duc de). Roscoat (vicomte du). Rose. Rougier. Rouland. Rousé. Rousset (lieutenant-

colonel). Rouvre (Bourlon de). Rozet (Albin). Ruau. Rudelle,

Sabaterie. Saint-Pol (de). Sandrique. Sarrazin. Saumande. Savary de Beauregard. Schneider (Eugène) (Saône-et-Loire).

Bachimont. Bagnol. Baron (Gabriel) (Bouches-du-Rhône). Basly. Baudet (Louis) (Eure-et-Loir). Beauquier. Begey.

du-Rhône). Mill (Louis). Minier (Albert). ’ Pressensé (Francis de). | Salis. Sauzède. Schneider (Charles) (Haut-Rhin). Selle. ù $ | Théron. Thivrier. Thomson. Tourgnol. Trouin. Le “ Bansard des Bois. Baudin (Pierre). Baudon (Oise). Bérard
Sal (Alexandre). Bertrand (Lucien) (Drôme). Bichon. Bourgeois PAS “ (Léon) (Marne). Brisson (Henri) (Bouches-du-Rhône). 4 | _ Decker-David. Delarue. Delcassé. Delmas. Doumergue HAN

Lachaud. Lanessan (de). Lion. Es Saint-Martin (de). Sarraut (Albert). Sireyjol. Caillaux. Castellane (comte Boni de). Castillard. Gauvin i David (Henri) (Loir-et-Cher). Derveloy. Deschanel (Paul).

Le Bail. Le Mare. Le Moigne. Leroy (Modeste). Leygues (Georges) (Lot-et-Garonne). Millerand. Mollard. Monjou (de).

1 4 Les nombres annoncés en séance avaient été de :

| Mais, après vérification, ces nombres ont été rectifiés con_ formément à la liste de scrutin ci-dessus.

1 40

à Sur la première partie de l’ordre du jour de M. Chapuis

“ La Chambre des députés a adopté.

…. ches-du-Rhône). Barthou. Bartissol. Basly. Baudet (Charles)

no es-du-Nord). Baudet (Louis) (Eure-et-Loir). Baudin | … Bersez. Berteaux. Berthet. Bertrand (Lucien) (Drôme). | _ Bizot Bony-Cisternes. Bourrat. Boutard. Braud. Breton | r “(Eules-Louis). Brisson (Henri) (Bouches-du-Rhône). Brunard.

Invalidation Syveton de 5 (Indre-et-Loire). Chautemps(Emile) (Haute-Savoie). Chavoix. (Louis). Judet. Jumel. É De La Batut (de). Labussière. Lachaud. Lacombe (Louis). Lafïerre. Lamendin. Lanessan (de). Larquier. Lassalle. Lauraine. Leffet. Lepez. Lesage. Le Troadec. Levet

….. Michel (Henri) (Bouches-du-Rhône). Mill (Louis). Minier Le Ridouard. Rivet (Gustave). Rouanet. Rouby. Rougier. 2° . Ballande. Bansard des Bois. Baron (Jules) (Maine-et- / Loire). Barrois. Baudry d’Asson (de). Beauregard (Paul) _ (Seine). Beauregard (de) (Indre). Benoist (de) (Meuse).

(Paul) (Vendée). Boury (de). Brice (Jules) (Meürthe-et- nee Moselle). Brice (René) (Ille-et-Vilaine). Brindeau. Brisson 4 (Joseph) (Gironde). Broglie (duc de). Ki

Cachet. Caffarelli (comte). Caraman (comte de). Carnot (François). Castellane (comte Stanislas de). Castelnau (de) Lt Cavaignac (Godefroy). Chambrun (marquis de). Charles à des Essarts. Coutant (Paul) (Marne). ÿ

Delaune (Marcel). Denis (Théodore). Déribéré-Desgardes. LA Derrien. Desjardins (Jules). Dion (marquis de). Drake £

Elva (comte d’). Engerand (Fernand). Ermant. Estourbeillon (marquis de l). À

Flourens. Fontaines (de). Forest. Fouché. Fouquet (Camille). NM

Gañfier. Gailhard-Bancel (de). Gaillard (Jules). Galot À (Jules). Galpin (Gaston). Gauthier (de Clagny). Gautier 4 et-Moselle). Gévelot. Ginoux-Defermon. Gonidec de Traïssan (comte le). Gontaut-Biron (comte Joseph de). Goujon nn (Julien). Gourd. Grandmaison (de). Grosjean. Groussau. ÿ Guillain. Guilloteaux. Guyot de Villeneuve.

Halgouet (lieutenant-colonel du). Harriague Saint-Martin. ;

Kerjégu (J. de). Krantz (Camille).

La Bourdonnaye (comte de). La Chambre. Lachièze. La à Ferronnays (marquis de). Lamy. Laniel (Henri). Lanjuinais ÿ (comte de). Lannes de Montebello. Largentaye (Rioust de).

Laroche Joubert. La Rochethulon (comte de). Lasies à: er … Laurens-C astelet (marquis de). Laville. Lebaudy (Paul). JA ! letier (Ed mond). Lerolle. Lespinay (marquis de). Lévis- HÈA Mirepoix (comte de). Ludre (comte Ferri de). ; re j … Mackau (baron de). Mahy (de). Mando. Marot (Félix). oi (marqu s de). Méline. Michel (Adrien) (Haute-Loire). 4 … Millevoye. Miossec. Montaigu (comte de). Montalembert (com e de). Motte. Moustier (marquis de). Mun (comte (a 4 _ Pain. Passy (Louis). Paulmier. Périer de Larsan (comte (ES … du): Perroche. Pichat. Pins (marquis de). Plichon. Pomereu LA (comte de). Prache. Pradet-Ballade. Proust. Pugliesi-Conti. {St f _ Raïiber li. Ramel (de). Rauline. Reiïlle (baron Amédée). ce . Roger-Ballu. Rohan (due de). Roscoat (vicomte du). Rose. Rous set (lieutenant-colonel). Rouvre (Bourlon de). Rudelle. Saint-Martin (de). Saint-Pol (de). Savary de Beauregard. | Roue (Eugène) (Saône-et-Loire). Sibille. A

Mot Laurençon. Lechevallier. Le Hérissé. Limon. j . Pasire. Pelletan (Camille). Piger. Pressensé (Francis de). MA TA Babaud-Lacroze. Balitrand. Beharelle. Boyer (An ide). | Caillaux. Castellane (comte Boni de). Castillard. Cauvin û ; (Ernest). Chabert (Justin) (Rhône). Chamerlat. ce noz.. 47 Es David (Henri) (Loir-et-Cher). Derveloy. Deschanel (Paul). à À - Hubert. Hugues (François) (Aisne). LES à 4 Le Bail. Le Mare. Le Moigne. Leroy (Modeste). Leygues p QE (Georges) (Lot-et-Garonne). Re

$ Les nombres annoncés en séance avaient été de : g Mais, après vérification, ces nombres ont été rectifiés conformément à la liste de scrutin ci-dessus. Sur la seconde partie de l’ordre du jour de M. Chapuis Ba Chambre des députés a adopte. Balandreau. Ballande. Bansard des Bois. Baron (Jules) (Maine-et-Loire). Barrois. Barthou. Bartissol. Baudet (Charles) (Côtes-du-Nord). Baudet (Louis) (Eure-et-Loir). Baudin (Pierre). Baudry d”Asson (de). Beauquier. Beauregard (Paul) (Seine). Beauregard (de) (Indre). Bellier. 2 Benoist (de) (Meuse). Berger (Georges). Berry (Georges). (Marne). Bignon (Paul). Bischoffsheim. Boissieu (baron de).

Bouctot. Bougère (Ferdinand). Bougère (Laurent). Bour geois Et. (Paul) (Vendée). Boury (de). Boutard. Brice (Jules) (Meurthe M et-Moselle). Brice (René) (Ille-et-Vilaine). Brindeau. Brisson (Joseph) (Gironde). Broglie (duc de). Brunard. Bussière. | : Carnot (François). Carpot. Castellane (comte Stanislas DE Castelnau (de). Catalogne. Cavaignac (Godefroy). Cazau:- x : Chambon. Chambrun (marquis de). Chanal. ss ne Chaumet. Chaussier. Chautemps (Alphonse) (Indre-et ; Cornudet (vicomte). Coyrart des Essarts. Coutant (Paul). 5 l (marquis de). Disleau. Dormoy. Doumer (Paul). Drake 13 Dupuy (Pierre). Duquesnel. Durand. Dussuel. Duireil. Ne. 1 (Fernand). Ermant. Escanyé. Estourbeillon (marquis de] P) 53) Ravarin. Flourens. Fontaines (de). Forest. Fouché. Fouquet EP | Gabrielli. Gaflier. Gailhard-Bancel (de). Gaillard Gus). | | Galot (Jules). Galpin (Gaston). Gauthier (de Clagny) à

À Gervaize (Meurthe-et-Moselle), Gévelot. Ginoux-Defermon. …Godét (Frédéric). Gonidec de Traissan (comte le). Gontaut- « Biron (comte Joseph de). Goujon (Julien). Gourd. Grandxnaison (de). Grosdidier. Grosjean. Groussau. Guillain. —.. Guiïlloteaux. Guyot de Villeneuve. z Halgouet (lieutenant-colonel du). Harriague Saint-Martin. Kerjégu (J. de). Klotz. Krantz (Camille). La Batut (de). La Bourdonnaye (comte de). La Chambre. Lachaud. Lachièze. La Ferronnays (marquis de). Lamy. | Lanessan (de). Laniel (Henri). Lanjuinais (comte de). Lannes de Montebello. Largentaye (Rioust de). Laroche-Joubert. ! La Rochethulon (comte de). Larquier. Lasies. Lauraine. Laurençon. Laurens-Castelet (marquis de). Laville, Lebaudy (Zrthur). Le Hérissé. Lemire. Lepelletier (Edmond). Lepez. ………ïcrolle. Lespinay (marquis de). Le Troadec. Levet (Georges). Lévis-Mirepoix (comte de). Levraud. Lhopiteau. Lockroy. —_ Loque. Lozé. Ludre (comte Ferri de). Mackau (baron de). Magniaudé. Mahy (de). Mando. Marot Maurice Binder. Maurice Spronck.Maussabré (marquis de). ” Montaigu (comte de). Montalembert (comte de). Morel. Morlot. Motte. Moustier (marquis de). Mulac. Mun (comte _ Albert de). Muteau. ne Ollivier. Ornano (Cuneo d’). Osmoy (comte d’). ……Péret. Perier (Germain). Périer de Larsan (comte du). y Perroche. Petit. Peureux. Pichat. Pichery. Pins (marquis de). —_Plichon. Pomereu (comte de). Prache. Pradet-Balade. Proust.

Ragot. Raïberti. Ramel (de). Rauline. Reïlle (baron A (Jules) (Ardèche). Roger-Ballu. Rohan (duc de). Roscoat. pe, (vicomte du). Rose. Rouby. Rougier. Rouland. Rousé. “M Rousset (lieutenant-colonel). Rouvre (Bourlon de). Rozet M Sabaterie. Saint-Martin (de). Saint-Paul (de). Sandrique. Sarrazin. Saumande. Savary de Beauregard. Schneider , (Eugène) (Saône-et-Loire). Sibille. Siegfried. Bachimont. Bagnol. Baron (Gabriel) (Bouches-du-Rhône).

abussière. Lassalle. Lesage. Loup. (Le 4 TA NES

(Bouches-du-Rhône). Mill (Louis). RE

Pajot. Pastre. Pressensé (Francis de). Ge

“* hé on. Tournier (Albert). Trouin. AS | Basly. Bénézech. Bepmale. Bérard (Alexandre). Bertrand ;

du-Rhô &). Buisson (Ferdinand) (Seine). Buyat.

| Petitjean. Pierre Poisson. Piger. 4e ss Ds Æ Thivrier. Thomson. Trouillot (Georges). Tanigng. ce à Caillaux. Castellane (comte Boni de). Castillard. Cauvin CR (Ernest). Chabert (Justin) (Rhône). Chamerlat. Chane LE x | ! David (Henri) (Loir-et-Cher). Derveloy. Deschanel ( Paul). Es = Le Bail. Le Mare. Le Moigne. Leroy (Modeste). Leygues ‘4 Millerand. Mollard. Montjou (de). : ‘20 5fl Sarrien. Suchetet. ne 14

Les n ombr es annoncés en séance avaient été de : “a ‘4 LA Mai s, après vérification, ces nombres ont été rectifiés . conformément à la liste de scrutin ci-dessus. Sur l’ensemble de l’ordre du jour de M. Chapuis res ps « ns) sa Chambre des députés a adopté. 3 Fe un dreau. Barrois. Barthou. Bartissol. Baudet (Charles) -…(Côtes-du-Nord). Baudet (Louis) (Eure-et-Loir). Baudin ütard. Braud. Brisson (Henri) (Bouches-du-Rhône). | _Gaffarelli (comte). Capéran. Caraman (comte de). Cardon. | LT t (François). Castellane (comte Stanislas de). Sa

Chautemps (Alphonse) (Indre-et-Loire). Chautemps (Emile) LE Delombre (Paul). Deloncle (François). Denêcheau. Déribéré: un Godet (Frédéric). Gontaut-Biron (comte Joseph de). Goujon Kerjégu (J. de). Klotz. Krantz (Camille). à F ‘ù La Batut (de). Lachaud. Lachièze. Lacombe (Louis): er Lanessan (de). Larquier. Lauraine. Laurençcon. Lebaudy Eu: (Paul). Lechevallier. Lefas. Leffet. Léglise. Le Hérissé. À Lepez. Lerolle. Le Troadec. Levet (Georges). Levraud

s (marquis de). Mulac. Muteau. À 7 TRE : (Germain). Périer de Larsan (comte du). Péronneau si V Ragot. Raiberti. Régnier. Renault-Morlière. René Renoult. NE (Ardèche). Rouby. Rougier. Rouland. Rousé. Rouvre il (ourlon de). Rozet (Albin). Ruau. A Vigouroux. Villault-Duchesnoïs. Villejean. Viollette. ne ù © Bachim ont. Bagnol, Baron (Gabriel) (Bouches-du-Rhône) : k | Basly. Bepmale. Berteaux. Bouhey-Allex. Bourrat. Breton

3 Pajot. Pastre. Pressensé (Francis de). 43 ne es + Ballande. Bansard des Bois. Baron (Jules) (Maiïne-et-Lo re) : DE Baudry d’Asson (de). Beauregard (Paul) (Seine). Bea regard (de) (Indre). Begey. Bénézech. Benoist (de) (Meuse). Bérard à Bertrand (Paul) (Marne). Bizot. Boissieu (baron. de). ; Bourgeois (Paul) (Vendée). Boury (de). Bouveri. Brice. 1 (Jules) (Meurthe-et-Moselle). Brice (René) (Ille-et-Vilaine). … pt Brindeau. Brisson (Joseph) (Gironde). Broglie (due de). 7 1 ( Cachet. Cadenat. Cardet. Carpot. Castelnau à (de). | (marquis de). Chanal. Charles Benoist (Seine). harles

‘ Constans (Paul) (Allier). Cornet (Lucien). Corrart des

_ Essarts. Coulondre. Coutant (Jules) (Seine), Coutant (Paul)

x (Théodore). Derrien. Desjardins (Jules). Dion (marquis de).

ne —… Fabien-Cesbron. Fabre (Léopold). Failliot. Faure(Firmin). k (de): Forest. Fouché. Fouquet (Camille).

? # … Gailhard-Bancel(de). Gaillard (Jules). Galot (Jules). Galpin 14 (Gaston). Gauthier (de Clagny). Gauthier (Léon) (Vosges). …Gervaize (Meurthe-et-Moselle). Gévelot. Ginoux-Defermon. hs Gonidec de Traissan (comte le). Gourd, Grandmaison (de). LES Grosjean. Groussau. Guieysse. Guilloteaux. Guingand. . Guyot-Dessaigne. Guyot de Villeneuve. #4 … Halgouet (lieutenant-colonel du). Hémon. Herbet.

I: Bourdonnaye (comte de). La Chambre. La Ferronnays (marquis de). Lamy. Laniel (Henry). Lanjuinais (comte de). —Lannes de Montebello. Largentaye (Rioust de). LarocheJoubert. La Rochethulon (comte de). Lasies. LaurensCastelet (marquis de). Laville. Lebrun. Legrand (Arthur). _ Lemire. Lepelletier (Edmond). Lespinay (marquis de). … Lévis-Mirepoix (comte de). Limon. Ludre (comte Ferri de). Fe Mackau (baron de). Mahy (de). Malizard. Maret (Henry). | Marot (Félix). Maruéjouls. Massabuau. Maurice Binder. Le Maurice Spronck. Maussabré (marquis de). Meslier. Michel (Henri) (Bouches-du-Rhône). Michel (Adrien) (Haute-Loire). We Millevoye. Miossec. Montaigu (comte de). Montalembert

(comte de). Mougeot. Mun (comte Albert de).

| Ollivier. Ornano (Cuneo d’). Ozun.

: Petitjean. Pichat. Piger. Pins (marquis de). Plichon. P omer EE _ - (comte de). Pugliesi-Conti. A Rabier (Fernand). Rajon (Claude). Ramel (de). Rauline, : Roger-Ballu. Rohan (due de). Roscoat (vicomte du). E ose. 5 Saint-Martin (de). Saint-Pol (de). Savary de Beauregard. | Le Schneider (Eugène) (Saône-et-Loire). Sembat.

Caillaux. Castellane (comte Boni de). Castillard. C uvin 2 David (Henri) (Loir-et-Cher). Derveloy. Deschanel _ Sa) ae e Flandin (Étienne) (Yonne). : LES 14 Fe Le Bail. Le Mare. Le Moigne. Leroy (Modeste). Leypues Millerand. Mollard. Montjou (de). . | je Plissonnier. Poullan. Pourteyron. TES

Les nombres annoncés en séance avaient été de : Mais, après vérification, ces nombres ont été rectifiés conformément à la liste de scrutin ci-dessus.

Rectifications portées au Journal officiel du jeudi C’est par suite d’une erreur matérielle que le nom de M. le marquis de l’Estourbeillon ne figure dans aucune des catégories du scrutin du 7 avril sur l’ensemble de l’ordre du jour de M. Chapuis; l’honorable membre s’éfait volontairement abstenu et son nom devait être inserit dans la liste des membres n’ayant pas pris part au vote aux lieuet place de celui de M. d’Estournelles qui, régulièrement excusé, figure d’ailleurs dans la liste des absents par congé. 1 Dans le scrutin du 7 avril sur les conclusions de la com- E mission d’enquête tendant à la validation des opérations 3 électorales du deuxième arrondissement de Paris : ICE ê M. Capéran, porté comme ayant voté pour, déclare avoir % Dans le scrutin du 7 avril, sur la priorité en faveur de : l’ordre du jour de MM. Jaurès, Henri Brisson, Jean Codet “4 M. Jehanin déclare qu’il a été porté par erreur comme * ayant voté pour, et qu’en réalité il avait voté contre. $ 6È M. Pavie déclare qu’il a été porté par erreur comme à n’ayant pas pris part au vote, et qu’en réalité il avait voté | M. Paul Meunier déclare qu’il a été porté par erreur ES comme ayant voté contre, et qu’en réalité il avait voté nn … pour. z EX É Dans le scrutin du 7 avril, sur la priorité en faveur de en. l’ordre du jour de M. Chapuis : =: 20080 M. Capéran déclare qu’il a été porté par erreur comme n’ayant pas pris part au vote, et qu’en réalité it avait voté n pour. TER

M. Jehanin déclare qu’il a été porté par erreur comme Fo © ayant voté contre, et qu’en réalité il avait voté pour. 225% s M Paul Meunier déclare qu’il a été porté par erreur TÈs _ comme ayant voté pour et qu’en réalité il avait voté contre. CR

_ Dans le scrutin du 7 avril, sur la seconde partie de l’or- : _ dre du jour de M. Chapuis : , _ M. Capéran déclare qu’il a été porté par erreur comme s … n’ayant pas pris part au vote, et qu’en réalité il avait voté SE - % M. Jehanin déclare qu’il a été porté par erreur comme % . ayant voté confre, et qu’en réalité il avait voté pour. ns SR M. Payie déclare qu’il a été porté par erreur comme 53 … n’ayant pas pris part au vote, et qu’en réalité il avait voté PRE. M. Isnard déclare qu’il a été porté par erreur comme e sh yant voté contre, et qu’en réalité il avait voté pour. d! À _ _ Dans le scrutin du 7 avril, sur la seconde partie de l’or- FR . dre du jour de M. Chapuis : + \ … M: Louis Debaune déclare qu’il a été porté par erreur e comme ayant voté contre, et qu’en réalité il avait voté _ Da ns le scrutin du 7 avril, sur l’ensemble de l’ordre du : jou r de M. Chapuis : _ M. Vacherie déclare qu’il a été porté par erreur comme 3 na ant pas pris part au vote, et qu’en réalité il avait voté : HS M. Isnard déclare qu’il a été porté par erreur comme ; ayant voté contre, et qu’en réalité il avait voté pour. - M: Méline déclare qu’il a été porté par erreur comme | aya nt voté pour l’ensemble de l’ordre du jour de M. Cha- | “puis, et qu’en réalité il s’est abstenu. Fer SE M: Pierre Poisson déclare qu’il a été porté par erreur … Comme ayant voté pour l’ensemble de l’ordre du jour de : “M. Che puis et qu’en réalité il s’est abstenu. :

Rectifications portées au Journal officiel du vendredi Dans le scrutin du 7 avril sur la deuxième partie de © + l’ordre du jour de M. Chapuis : AL, | M. Lafferre déclare qu’il a été porté par erreur comme | n’ayant pas pris part au vote, et qu’en réalité il avait vote | M. Decker-David, absent au moment du vote et porté pat erreur comme ayant voté pour, déclare que s’il avait été présent, il se serait abstenu. É u 4 Dans le scrutin du 7 avril sur l’ensemble de l’ordre du = | jour de M. Chapuis : |

M. Jules Roche (Ardèche) déclare qu’il a été porté par E | : erreur comme ayant voté pour, et qu’en réalité il s’était M. Anthime-Ménard déclare qu’il a également été porté par erreur comme ayant voté pour, et qu’en réalité il s’était RU | M. Paul Lerolle fait la même déclaration. 23 ns. + M. Debaune déclare qu’il a été porté par erreur comme ayant voté contre, et qu’en réalité il avait voté pour. F2 M. Cloarec, empêché d’assister à la séance du 7 avril, déclare que, s’il avait été présent, contrairement à ce qui dis me. été porté par erreur, il aurait voté : 1° contre la priorité en faveur de l’ordre du jour de MM. Jaurès, Henri Brisson, A Jean Codet et Maujan: » pour la priorité en faveur de l’or dre du jour Chapuis; 3° pour la seconde partie du même “E 4 ordre du jour. RER 4 | | M. Carpot déclare qu’il a été porté par erreur, dans les Fe scrutins du 7 avril, comme ayant voté pour la priorité en faveur de l’ordre du jour de MM. Jaurès, Henri Brisson, Jean Codet et Maujan, comme ayant voté contre la priorité en 5 faveur de l’ordre du jour Chapuis, et comme s’étant abstenu

_ sur l’ensemble du même ordre du jour, et qu’en réalité

il s’était abstenu dans les deux premiers scrutins et avait _ voté pour dans le dernier. ee: Dans le scrutin du même jour sur la priorité enfaveur +24 4 e l’ordre du jour de MM. Jaurès, Henri Brisson, Jean Codet ua Maujan, M. François Arago déclare qu’il a été porté par , ni erreur comme n’ayant pas pris part au vote et qu’en réalité ;

_ il avait voté contre. :

à VB : ectifications portées au Journal officiel du samedi L

Dans le scrutin du 7 avril sur la seconde partie de l’ordre ,

_ du jour de M. Chapuis :

. M: Emmanuel Arène déclare qu’il a été porté par erreur k comme ayant voté pour, et qu’en réalité il s’était abstenu. _ Dans le scrutin du 7 avril sur la priorité en faveur de : l’ordre du jour de MM. Jaurès, Henri Brisson, Jean Codet et

AE M. Gervais (Seine) déclare qu’il a été porté par erreur -— comme ayant voté contre, et qu’en réalité il avait voté

M. Buyat déclare qu’il a été porté, dans les scrutins du 2

  • 7 avril, comme ayant voté pour la priorité en faveur de

. … lordre du jour de MM. Jaurès, Henri Brisson, Jean Codet et ç D _M aujan ; comme n’ayant pas pris part au vote sur la seconde partie de l’ordre du jour de M. Chapuis; comme ayant voté CDI vire la priorité en faveur de l’ordre du jour de M. Chapuis; .

WE comm en’ayant pas pris part au vote sur l’ensemble de l’orPa ap u jour de M. Chapuis, et qu’en réalité il avait eu l’inmt tion de s’abstenir dans le premier et le deuxième scru- | tin et de voter pour dans les trois autres. 5 357

Rectifications portées au Journal officiel du dimanc ke. & Dans le scrutin du 7 avril sur la priorité en faveur de D | l’ordre du jour de MM. Jaurès, Henri Brisson, Jean Codet ne. | M. Saumande déclare qu’il a été porté par erreur comme D | ayant voté pour, et qu’en réalité il avait voté contre. LES | Dans le scrutin du 7 avril sur l’ensemble de l’ordre dus jour de M. Chapuis : FES M. Claude Rajon déclare qu’il a été porté par erreur 4 comme n’ayant pas pris part au pote, et qu’en réalité il MM avait voté pour. M M. Albert Sarraut déclare que, momentanément absent. de la salle des séances, il a été porté dans les scrutins du 7 avril, comme s’étant abstenu sur la priorité en faveur 1 de l’ordre du jour de M. Chapuis et sur la seconde partie du même ordre du jour; comme ayant voté pour l’ensemble. du même ordre du jour, et que s’il avait été présent, ir aurait voté contre dans les deux premiers scrutins etse serait abstenu dans le troisième. LÉ Rectifications portées au Journal officiel du mercredi. | C’est par suite d’une erreur matérielle que M. d’Estournelles a été porté comme absent par congé dans les sCrutins de la séance du 7 avril. En réalité, l’honorable membre UM avait voté pour la priorité de l’ordre du jour de MM. Jaurès, Henri Brisson, Jean Codet et Maujan. Il s’était abstenu sur à | avait voté pour la première partie de cet ordre du jouret ve | s’était abstenu sur la seconde partie ainsi que sur Ven-=

; M. Mas, porté dans la séance du 7 avril comme s’élant 1 abstenu sur la priorité en faveur de l’ordre du jourde a à MM . Jaurès, Henri Brisson, Jean Codet et Maujan, déclare qu’il était absent au moment duserutin et que, s’il avait été | présent, il aurait voté pour. L’honorable membre déclare également que, porté comme ayant voté pour la priorité de … l’ordre du jour de M. Chapuis il aurait voté contre s’il avait ét é présent. Enfin, porté comme ayant voté pour la seconde partie de l’ordre du jour de M. Chapuis, il aurait voté ” _ Rectifi cations portées au Journal officiel du jeudi ; … M. Peureux déclare qu’il avait été empêché d’assister à la ; | séance du 7 avril et que, s’il avait été présent, il se serait 7 | abstenu dans le scrutin sur la validation des opéra- —… tions électorales du deuxième arrondissement de Paris. « L’honorable membre déclare également qu’il aurait voté … contre la priorité de l’ordre du jour de M. Jaurès et pour la priorité de l’ordre du jour de M. Chapuis. : on donné le bon à tirer après corrections : ; pour deux mille exemplaires de ce dix-septième cahier le mardi 28 avril 1903.