V-14 · Quatorzième cahier de la cinquième série · 1904-04-20

Gaston Paris

Joseph Bedier

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: 30. Demdnde. — Quelle opinion a-t-on de ses enseignements sur ces sujets ? Réponse. — Une très haute opinion. À 31. Demande. — Quelles furent quelques-unes des plus belles paroles de Jésus? Réponse. — Sa parabole du bon Samaritain; l’enfant prodigue; le souci du berger pour ses brebis perdues; les vierges sages et les vierges folles; le semeur qui sortit pour semer son grain ; la veuve et son denier; et

  • son miséricordieux appel à ceux qui sont fatigués et lourdement chargés, de venir à lui pour trouver le
  1. Demande. — Quelle est la valeur de ces paroles de Jésus ? Réponse. — Elles sont aussi exquises que des paroles
  2. Demande. — Arriva-t-il jamais à Jésus de dire ou de faire des choses que nous aurions tort d’imiter? Réponse. — Oui. Dans un moment de colère et d’impatience, il a « maudit » ses ennemis et les a invectivés. (x) IL employa la force matérielle (2) contre les changeurs; il méprisait les lois de l’hygiène et de la propreté, et il détruisait la propriété du prochain. (1) Luther excusait souvent sa véhémence en citant l’exemple de Jésus : « Que pensez-vous du Christ. quand il appelait les Juifs une génération adultère et perverse, une race de vipères, d’hypocrites et des enfants du démon? Que pensez-vous de Paul, qui appelle les ennemis de l’Evangile des chiens et des séducteurs ? » — Luther. Propos de table. (@) Voir l’histoire de son recours au fouet contre les marchands du Temple.

DA : le monde sans Dieu De | | 1 34. Demande. — Donnez des détails. ni ! 4 ©” Réponse. — Dans ce temps-là, en Orient, les gens in à \ mangeaient avec leurs doigts, car on ne se servait ni de Ci couteaux ni de fourchettes, et quand on demanda à il ai Jésus pourquoi ses disciples ne se lavaient pas les mains 14 avant de manger, il défendit cette habitude malpropre 4 en disant que rien de ce qui entrait dans le corps il ni venant du dehors ne pouvait causer de mal à per19e je sonne. (1) C’est aussi la doctrine des Derviches, qui ne h Lo se lavent jamais. | 0 35. Demande. — Est-il vrai que rien de ce qui entre f ‘4 k . dans le corps venant du dehors ne peut nous causer

‘4 ; Réponse. — Non. Les germes de maladies, les gaz LR putrides, les nourritures toxiques ou les substances (} Fi médicamenteuses, les liqueurs qui causent l’ivresse, etc.

di De nous endommagent fréquemment à la fois l’esprit et le : 0 36. Demande. — Quand Jésus détruisit-il des biens 128 appartenant à son prochain ? | 4 . Réponse. — Quand il fit noyer un troupeau de deux à L mille pourceaux sans s’assurer au préalable le consenL 4 } tement de leur propriétaire. (2) | NES 37. Demande. — Personne serait-il autorisé aujour- | pu d’hui à faire ce que Jésus fit dans cette occasion ? dust Réponse. — Nos lois punissent des actes comme ï ÿ (1) Nul doute que les moines et anachorètes du Moyen-Age qui Je cultivaient la malpropreté comme une vertu ne se rappelassent 4 cette célèbre parole de Jésus.

  1. Demande. — Mais si Jésus était Dieu, n’a:t-il pas

Réponse. — Si c’est la réponse, alors il est absurde que nous ayons une opinion quelconque en ce qui le concerne. Si Jésus pouvait faire tout ce qui lui plaisait, sans égard pour le bien ou le mal, tels que nous les comprenons, alors nous n’avons aucun étalon auquel nous puissions même juger qu’il était bon. Nous ne pouvons pas respecter ou aimer quelqu’un qui est purement une énigme.

  1. Demande. — Serait-il équitable de déduire de ce qui précède que Jésus était sévère et injuste?

Réponse. — Non. Bien des passages de l’Écriture le décrivent comme le plus doux, le plus généreux et le plus fraternel des hommes, celui qui « allait faisant le

  1. Demande. — N’est-ce pas une contradiction ? à

Réponse. — Non, si nous ne le regardons pas comme un Dieu, car dans tout homme il y a deux natures : la meilleure et l’autre. Les meilleurs des hommes ne sont pas toujours dans leur mieux; ainsi de Jésus luimême.

  1. Demande. — Est-il bien de découvrir les deux faces de la nature d’un homme ?

Réponse. — Il est nécessaire de le faire. Nous ne pouvons pas comprendre la nature humaine si nous ne comprenons pas aussi ses contradictions.

  1. Demande. — Que fut l’enseignement de Jésus touchant le mariage? |

1 le monde Sans Dieu £ Réponse. — Il préférait le célibat (x) etrecommandait l’exemple de ceux qui deviennent eunuques (2) pour | R l’amour du Royaume des cieux. (3) 43. Demande. — Quel était l’enseignement de Jésus touchant l’avenir ou le « Royaume des cieux » ? | Réponse. — Il enseignait que l’autre monde était plus important que celui-ci et, au lieu de s’efforcer de substi- | tuer le bien à l’injustice dès lors et ici-bas, il conseillait F la non-résistance au mal. (4) 44. Demande. — Que disait-il à ceux qui pleuraient et ; souffraient, et qui étaient persécutés et dépouillés de leurs libertés et de leurs droits? Réponse. — I] leur disait de se réjouir et d’exulter de L À joie, car ils auraient leur dédommagement dans l’autre (1) On peut voir par le passage suivant de quelle manière l’Église a interprété cet enseignement de Jésus : « Si quelqu’un dit que l’état : de mariage doit être préféré à l’état de virginité ou de célibat, qu’il l soit anathème… » (Canon du concile de Trente.) à (2) Dans l’un des évangiles apocryphes une femme demande à | Jésus pendant combien de temps ce monde de péché durera. À quoi fl Jésus répond : « Aussi longtemps que vous, femmes, vous vous te marierez et porterez des enfants. » \ j | () Il est curieux que les catholiques, qui croient au célibat des Ê prêtres, font de saint Pierre, — un homme marié, — leur apôtre fl préféré, tandis que les protestants, qui croient au mariage, montrent \ une préférence marquée pour saint Paul, le célibataire. } Ÿ (4) « Et si quelqu’un t’ôte ton manteau, ne l’empêche point de à prendre aussi l’habit de dessous. Donne à tout homme qui te | demande. Et si quelqu’un t’ôte ce qui est à toi, ne le redemande pas. » j :(# (Luc, VI, 29-30.) — « Ne résiste pas au mal ; et à celui qui te frappe à A 1 une joue présente lui aussi l’autre. » (Luc, VI, 29.)

(5) Matthieu, V, 12; et aussi : « Heureux ceux qui sont dans l’afflic-

\ tion, car ils seront consolés. » (Matthieu, V, 4.) — « Vous êtes bienheuMN) reux, pauvres, parce que le Royaume des cieux est à vous. Vous êtes

  1. Demande. — Quel serait l’effet d’un pareil enseignement ?

Réponse. — Pendant qu’il aiderait peut-être quelques personnes à supporter les maux de l’existence, il découragerait la généralité des hommes de tout effort en vue de redresser les torts qu’ils soufirent présentement.

  1. Demande. — Quel autre effet aurait-il encore ?

Réponse. — Il encouragerait les riches et les puissants à répondre au cri de justice des opprimés en leur conseillant de se satisfaire avec la récompense qui leur est _ promise dans l’autre monde.

  1. Demande. — Les pauvres ont-ils le droit de se plaindre de leur condition actuelle s’ils doivent en être dédommagés dans une vie future ? .

Réponse. — Non; car ils seraient assurés que justice leur sera rendue dans l’autre monde, et puisque leurs oppresseurs seraient sûrement punis là-bas, ils

  1. Demande. — Convient-il d’être content dans la pauvreté et l’oppression ?

Réponse. — Ce serait une trahison envers nos semblables d’encourager ces maux en nous y soumettant. je

bienheureux vous qui avez faim maintenant, parce que vous serez ja rassasiés. Vous êtes bienheureux vous qui pleurez maintenant, parce “ que vous serez dans la joie. » (Luc, VI, 20-21.) — « Maïs malheur Ê à vous, riches, parce que vous avez déjà reçu votre consolation. » d (1) Comparer à la parabole du blé et de l’ivraie qui grandissent ensemble jusqu’au jour de la moisson.

Y le monde sans Dieu… à 49. Demande. — Est-ce une bénédiction d’être pauvre, # nr faible et misérable ? 40 Réponse. — C’est un grand malheur. M 50. Demande. — Que devons-nous faire alors ? pr) Réponse. — Faire tout au monde pour améliorer oi: notre condition, dès à présent et ici-bas. ; Br 51. Demande. — Résumez les vues de Jésus au sujet 1 Réponse. — Ceux qui possèdent leur récompense . maintenant, comme le Riche, par exemple, rouvriront 71 les yeux en enfer; tandis que ceux qui, comme Lazare, ï EL souffrent ici-bas, iront dans le sein d’Abraham. (1) * : À » NP 52. Demande. — Jésus n’a-t-il pas blämé ceux qui : 11 font le mal ? ‘# s Réponse. — Oui, il a parlé en termes d’une vertueuse ‘+ indignation contre tous ceux qui, sachant le bien, pré- ! ‘1 fèrent le mal. t ;

53. Demande. — Dans l’ensemble, l’influence de Jésus à

2 at-elle été bonne ou mauvaise ? ’ K Réponse. — Ses paroles d’amour et de bonté ont par- } ‘i fumé les siècles, mais ses doctrines théologiques ont Le 1 causé beaucoup de haïne et d’effusion de sang. $

  1. Demande. — Définissez le mot « église ». ;

Réponse. — Il dérive du grec « ecclesia », qui veut dire assemblée ou congrégation.

  1. Demande. — Définissez cette idée. |

Réponse. — Au commencement l’Église fut d’abord une république de fidèles de la même foi, — une organisation en Esprit; ensuite il s’éleva graduellement une séparation entre les clercs et les laïques. L’enseignement dans l’Église fut monopolisé par le prêtre et l’évêque, qui prétendirent aussi au pouvoir de sauver ou de damner les âmes pour l’éternité. République à l’origine, l’Église devint un corps hiérarchisé.

  1. Demande. — Quelles sont les plus anciennes

Réponse. — Les églises Catholique, Grecque, Armé- nienne et Nestorienne ; et les églises modernes sont les

  1. Demande. — Existe-t-il d’autres Églises ?

Réponse. — Les églises libérales, — savoir l’église

LUS le monde! sans Dieu MNPANONPARARNNES 174 Unitarienne, Universaliste, et Non-Sectarienne,— Unseca \ tarian. 1 5. Demande. — Fraternisent-elles entre elles ? Ki Les progrès des sciences ont arrêté toutes les persécu- à ; tions de secte à secte qui ont jadis déshonoré l’humajh nité. 1 6. Demande. — Coopèrent-elles quelquefois sur le 51 terrain de la charité et de la réforme des âmes ? 1 Réponse. — Plus dans ce pays (1) que dans aucun | M autre, ce qui est un symptôme plein d’espoir, car il

PE, montre que l’esprit de tolérance gagne du terrain. 1 7. Demande. — Quelles causes contribuent à cette “. Réponse.— L’instruction et le commerce; et aussi les à ne efforts et les exemples d’hommes et de femmes coura- À Le 8. Demande. — Quelle est l’Église Chrétienne la plus 6 ji: Réponse. — L’Église Catholique. 3 ‘à « 9. Demande. — Comment l’Eglise Catholique est-elle | AN: Réponse. — Elle fut organisée à peu près à l’époque | RU où l’Empire romain a été converti au christianisme. ne. L’empereur Constantin (2) fut le premier empereur

Mo chrétien et le protecteur de l’Église Catholique.

YEN (2) Cf. Jules Simon, la liberté de conscience, pages 32-35. ;

  1. Demande. — Quelle sorte d’homme était-ce ? Réponse. — Il était à la fois cruel et faible. Parmi beaucoup d’autres crimes, il assassina sa femme et son fils ; néanmoins il a présidé, revêtu de ses vêtements impériaux, les conciles importants de l’Église. (1)
  2. Demande. — Quel effet produisit son impérial patronage sur l’Église primitive ? Réponse. — I1 rendit l’Église avide de richesses et d’influence, et le clergé ambitieux, intrigant, sectaire et intolérant.
  3. Demande. — Puis encore ? Réponse. — C’est depuis lors que les prélats, pontifes et papes prétendent à une autorité universelle sur toutes choses, aussi bien temporelles que spirituelles.
  4. Demande. — L’Église Catholique devint-elle Réponse. — Elle devint avec le temps plus puissante que l’Empire romain.
  5. Demande. — Quel usage l’Église fit-elle de cette Réponse. — Elle ajouta sans cesse à ses ressources à pécuniaires et politiques, domina la conscience des peuples, mit à mort tous les hérétiques, et proclama é (4) Constantin, dans sa robe de soie brodée d’or, a présidé le A _ Concile de Nicée, réuni pour procéder contre l’hérésie d’Arius. Au F concile de Chalcédoine, les prêtres présentèrent l’adresse suivante | à l’empereur : « Vous avez établi la Foi, exterminé les hérétiques. à Que le roi du ciel garde le roi de la terre, telle est la prière de l’Eglise et du clergé », etc.

140 le monde sans Dieu MERE : ke que nul ne pouvait avoir Dieu pour père, à moins qu’il nt | n’acceptât aussi l’Église pour mère. (1) AVS 15. Demande. — Quel est le verdict de l’histoire sur ‘1 les persécutions de l’Église Catholique ? 47 Réponse. — Qu’elle a causé plus de souffrance inutile 1 sur la terre qu’aucune autre institution. (2) ÿ él 16. Demande. — L’Église Catholique regrette-t-elle ‘1 son passé ?

Réponse. — L’Eglise Catholique croit qu’elle ne peut

di: jamais se tromper, et en conséquence elle n’a pas de Al 17. Demande. — Pourquoi ne persécute-t-elle plus 18 Réponse. — L’État ne le permet pas. ” (3) Cf. Jules Simon sur le massacre de la Saint-Barthélemy, Liberté Fe de conscience, pages 43-84. Dans son Histoire de France, Henri Martin WA cite ces terribles mots d’un prêtre catholique en réponse aux sol4 dats qui se plaignaient de ne pas reconnaître les catholiques des {1 hérétiques : « Tuez, tuez tout », réponditle prêtre, « Dieu reconnaîtra 2 A les siens. » La joie de l’Europe catholique lors du massacre de la 4 hi: Saint-Barthélemy fut si grande que le Parlement français décida A] qu’une procession annuelle serait instituée à Paris pour commé- pi morer le fait. Heureusement, cette mesure ne fut jamais exécutée. A A Rome, toutefois, Grégoire XIII organisa une procession qui par- ‘4 courut les rues en chantant et louant Dieu pour le massacre des A hérétiques, Le même pape commanda aussi une fresque représen- ! 1e tant les scènes de massacre de la nuit de la Saint-Barthélemy, et LE on peut la voir encore aujourd’hui à la Chapelle Sixtine. Dans un 1 sermon prêché devant ce pape, quelques jours seulement après le et massacre, Muret, le prédicateur, disait : « O nuit mémorable! O la ;

tt plus glorieuse de toutes les solennités de l’Eglise! Dans cette nuit 4

A les étoiles elles-mêmes ont lui plus brillantes », etc… Le sermon se Ru) terminait en déclarant que Charles IX, Catherine sa mère, et le ‘ Pape étaient bénis entre tous les hommes d’avoir été choisis pour LA exécuter le massacre des huguenots! — Les prédicateurs de la Ligue, Jai de Labitte.

  1. Demande. — L’influence de l’Église Catholique a-t-elle été entièrement mauvaise ?

Réponse, — Non, elle a aussi servi l’humanité de plusieurs manières, — en protégeant les pauvres, en encourageant les arts, et en formant une coalition européenne contre les envahisseurs asiatiques.

  1. Demande. — Comment l’Église Catholique perditelle son prestige? !

Réponse. — Au seizième siècle, un moine allemand se rebella et réussit à créer une fissure dans l’église. C’était Martin Luther, (1) l’auteur du mouvement religieux connu sous le nom de la Réforme.

  1. Demande. — Toutes les Églises protestantes datent-elles de la Réforme ?

Réponse. — Oui, sauf l’Eglise d’Angleterre.

  1. Demande. — Quel a été le fondäteur de celle-ci? |

Réponse. — Henri VIII d’Angleterre, qui s’était querellé avec le pape.

  1. Demande. — Quel était le motif de la dispute?

Réponse. — Le Roi souhaïtait de renvoyer sa femme pour en épouser une autre, et le pape ne voulait pas

. (©) Sur son lit de mort, Martin Luther put dire qu’il avait vaincu trois papes, un roi et un empereur.

(2) Il existait d’autres motifs de discussion, mais le désir du roi de renvoyer la reine Catherine pour épouser une femme plus jeune, précipita la rupture entre l’Angleterre et Rome. Pendant longtemps

: après, l’Eglise d’Angleterre demeura, sauf en nom, catholique romaine de croyance et de pratique. Cf. Mosheim, Ecclesiastical history. On dit que Charles V, parent de la Reine d’Angleterre, usa

ue le monde sans Dieu PNR Ne 23. Demande. — Que fit alors le roi? 4 ut : Réponse. — Il fonda une nouvelle Église, dont il k. devint le maître absolu, et qui lui laissa faire ce qui ï 24. Demande. — Quel est le nom de l’Église, d’Amé- x Réponse. — L’Amérique n’a ni Église d’Etat ni Eglise a 25. Demande. — Toutes les Églises y sont-elles tolé- ‘ Réponse. — Oui, et toutes les religions; mais tandis À qu’en Amérique l’État ne confère à l’Église aucun droit 14 propre, — en exemptant d’impôts les biens des Eglises (8 il force indirectement le public à payer pour elles. 4 26. Demande. — L’Eglise est-elle aujourd’hui sur un ‘ pied d’égalité avec l’État dans aucun pays ? à ; Réponse. — Non. L’Église, qui jadis gouvernait à la : fois les rois et les peuples, est maïintenant partout 4 subordonnée à l’Etat. ‘À is de son influence pour empêcher le pape d’accorder le divorce. È “a Henri se maria six fois, envoya trois femmes à l’échafaud, et fit ’ aussi décapiter sir Thomas Moore pour avoir refusé de le recon- ÿ naître comme le chef suprême de l’Église. Léon X a appelé M % Henri VII « le Défenseur de la Foi » pour avoirécrit contre Luther. À qu @) Henri VIII changea la formule du serment du couronnement É à qui devint comme il suit: « Le roi jurera alors de mainténiret M :q garder les droits légaux et libertés du temps jadis accordées par les {k qu très justés Rois Chrétiens d’Angleterre à la Sainte Église d’AngleMt terre, sans préjudice à ses juridiction et dignité royales. » Nous mue avons ici la première affirmalion formelle de la suprématie de | Qu l’État Séculier sur le Spirituel. Les théologiens de Westminster, qui \e0 ont formulé un des credo les plus autocratiques qui soient, l’ont 0 présenté au Parlement comme « leur humble avis ».

Réponse. — Qu’une Eglise qui obéit au pouvoir séculier au lieu de lui commander ne peut pas être une

  1. Demande. — La constitution américaine reconnaît-elie la religion chrétienne d’une manière quelconque ?

Réponse. — Non. Les mots « Dieu » ou « chrétien » ne figurent pas dans la constitution américaine. (2)

  1. Demande. — Les protestants ont-ils jamais persécuté au nom de leur religion?

Réponse. — Presque autant que les catholiques, mais les protestants ont honte de leurs persécutions

  1. — Demande. — Les persécuteurs catholiques ou protestants étaient-ils toujours de méchants hommes ?

Réponse. — Non. C’était fréquemment leur sincérité qui les conduisait à persécuter. Croyant fermement que Vhérésie causait la damnation des âmes, ils employaient le fer et le feu pour l’exterminer. (4)

(1) Autrefois l’Église s’arrangeait de cette objection en déclarant que le Roi était « l’oint du seigneur, délégué par le Christ au gouvernement de la terre et que l’obéissance au Roi était l’obéissance à Dieu ». Mais la valeur de cet argument s’est évanouie avec le « droit divin » des rois. L’Etat moderne exerce son autorité comme venant de l’Homme, — et non comme venant de Dieu.

(2) George Washington, dans son message au Sénat, en 1776, constata que le gouvernement américain n’était « en aucun sens fondé sur la religion chrétienne ».

| (4) On a fait observer aussi que peut-être l’hérétique était brûlé

au pilori parce qu’il était plus facile de le réduire au silence par le

feu que par des arguments. L’Eglise dans ce temps-là revendiquait

le droit de tuer tous ceux qu’elle ne pouvait pas convertir. Cf. Story

À le monde sans Dieu 4 31. Demande. — Pourquoi l’hérésie n’est-elle pas 4 dénoncée de nos jours avec autant de véhémence qu’au | Réponse. — Parce que nous avons appris qu’un doute honnête vaut mieux qu’une croyance aveugle. (1) 32. Demande. — Un homme qui ne sait pas douter peut-il savoir comment croire? | Réponse. — Pas avec intelligence. Q 33. Demande. — Comment appelle-t-on la foi qui est 34. Demande. — Analysez et définissez la superstition. Réponse. — Attribuer à un objet des vertus ou des “4 pouvoirs qu’il ne possède pas estune superstition. | 35. Demande. — Donnez un exemple. | Réponse. — C’est une superstition de porter sur son ! corps une chaîne, une image ou un crucifix en croyant ; qu’il possède des pouvoirs bienfaisants ou des vertus.

1 36. Demande. — Comment appelle-t-on un objet 1 investi de vertus imaginaires ? \ @) I y a plus de foi vivante dans un doute honnête que dans la à moitié des credo. (Tennyson.)

  1. Demande. — En quoi les Églises libérales diffèrent-elles des orthodoxes a

Réponse. — Les Unitariens et les autres Églises libérales soumettent dans une certaine mesure les doctrines de la religion au jugement de la raison.

  1. Demande. — Les orthodoxes ne font-ils pas de même ?

_ Réponse. — Pas au même degré, car ils croient que k la Révélation est une autorité plus haute que la raison.

  1. Demande. — Quelles sont les croyances des

Réponse. — C’est très difficile à dire, car les Églises libérales ne suivent ni la Révélation ni la raison exclusivement, mais elles s’efforcent de se faire guider un peu par toutes deux. ’

Fà le monde sans Dieu VPN 1 \ 4. Demande.— La Révélation ne peut-elle se concilier 1 avec la raison? 4 à Réponse. — Quand la Révélation s’accorde avec la Le raison, il n’y a que de la raison. C’est seulement quand à elle est en désaccord avec la raison, qu’il existe, ou $ qu’on pense qu’il existe, une révélation. 1.4 À 5. Demande. — Développez votre pensée. | Réponse.. — Quand la Révélation enseigne que!

l’homme est mortel, elle ne fait que nous répéter ce « à que nous savons; mais quand elle enseigne que homme
MAC a été créé parfait, elle enseigne ce qui est contraire à | Ù notre raison ou à notre expérience et c’est ainsi qu’elle | ù prend le caractère de révélation. | | 6. Demande. — Quelles sont quelques-unes des doc- À trines orthodoxes que l’Église libérale rejette ? 14 Réponse. — L’expiation, la damnation éternelle; de l’inspiration plénière de la Bible; un diable personnel; 4 la dépravation totale, etc. | il 7. Demande. — Citez quelques-unes des doctrines M 4 orthodoxes que l’Église libérale accepte. ki ï Réponse. — Un Dieu personnel; Jésus sans péché; il l’immortalité de l’âme: le devoir de la prière; la supé- fi riorité de la Bible sur tout autre livre, et les rites du 4 baptème et de la communion. Certaines Églises libé-

rales sont plus rationalistes que d’autres.

‘à 8. Demande. — Comment les Églises libérales justi- ) fient-elles la position qu’elles ont prise? | ’ Réponse. — Généralement d’après la Bible. à

_ Réponse. — Exclusivement d’après la Bible. 40. Demande. — Quel est le but principal de l’enseignement des Églises libérales? Réponse. — Elles s’inquiètent peu de la théologie et beaucoup des âmes. 41. Demande. — Les Églises libérales sont-elles en Réponse. — Elles n’augmentent pas numériquement, mais leur influence a été grande dans le monde religieux. (1) Elles ont obligé les orthodoxes à délaisser bien des croyances et des pratiques enfantines ou ridicules, et ont contribué à ramener l’attention des fidèles morale. Les Églises libérales ont rendu à la religion le service inestimable de l’arracher aux dialectiques . stériles pour la ramener aux réalités concrètes. existent dans ce pays ? (1) À Réponse. — Le Spiritisme, la Théosophie, la Science … 413. Demande. — Quelle est la doctrine spirite ? … Réponse. — Elle enseigne que nous pouvons commu- F ï niquer avec les esprits des morts. 4 14. Demande. — Comment essaye-t-on de prouver … cette assertion ? À Réponse. — Par des citations de la Bible et par le

le monde sans Dieu témoignage d’hommes et de femmes actuellement « vivants. À 45. Demande. — Qui sont ceux-ci ? Î Réponse. — Généralement des mediüms, qui gagnent leur vie en donnant des consultations ou en organisant des séances. | 16. Demande. — Quelle est la réputation de ces Réponse. — Elle n’est pas des meilleures. | 17. Demande. — Qu’est-ce que la Théosophie ? Réponse. — Cette doctrine enseigne qu’il existe des « « Sages », ou « adeptes », ou « maîtres », qui sont devenus dieux et qui dirigent les affaires humaines ‘et révèlent l’avenir aux vivants. 18. Demande. — Quelles sont les autres doctrines de la Théosophie ? Réponse. — La doctrine de Karma ou Justice et de la « Réincarnation. (1) 49. Demande. — Quelle est la valeur de la Théosophie en tant que religion ? Réponse. — C’est une pure spéculation. 20. Demande. — Qu’est-ce que la Science Chrétienne ? Réponse. — La croyance qu’une certaine dame de” 1 = la Nouvelle Angleterre a récemment reçu une révélation … À spéciale de Dieu. ù ; () « Nous récoltons dans cette vie ce que nous avons semé dans } une existence précédente », telle est l’idée fondamentale du Boudl: dhisme et de toutes les philosophies religieuses de l’Orient.

  1. Demande. — Précisez la nature de cette révé-

Réponse. — Rien n’existe que Dieu ; Dieu est santé et pureté ; donc les maladies et le péché sont des illusions.

  1. Demande. — Ceci est-il logique ?

Réponse. — Non; car si Dieu est tout, de qui la maladie et le péché sont-ils des illusions ?

  1. Demande. — La maladie est-elle une illusion de « l’esprit mortel ? » (1)

; Réponse. — La maladie est l’effet d’une ou plusieurs causes, telles que l’ivrognerie, la débauche, la malpropreté, etc. Si ces causes sont des illusions, alors leurs effets sont des illusions aussi.

  1. Demande. — Les fâächeux effets de l’ivrognerie ou de la malpropreté peuvent-ils être traités, sans écarter

Réponse. — Ce n’est pas possible.

  1. Demande. — Quelles sont les autres prétentions des Savants Chrétiens ?

Réponse. — Ils prétendent traiter avec succès, pour une somme d’argent, toute espèce de maladie, sauf celles qui sont du domaine de la chirurgie. (2)

() Les Savants Chrétiens, en appelant le mai du nom d’ « esprit mortel », ont seulement changé un nom sans régler ce qui concerne la chose.

(2) Voir la défense de madame Eddy, [la fondatrice de cette religion!, quand elle alla chez un dentiste. — Mélanges.

à le monde sans Dieu 26. Demande. — Que font de l’argent ces Savants : Réponse. — Ils l”emploient pour les nécessités du \ 27. Demande. — Les Savants Chrétiens croient-ils au ? 28. Demande.— Que doit être un jugement impartial ne sur la Science Chrétienne ? à Réponse. — Comme tous les systèmes humains, il contient à la fois de la vérité et de l’erreur. à 29. Demande. — Existe-t-il dans ce pays (1) des mouvements religieux dont l’élément surnaturel soit complètement banni ? L Réponse. — Il existe des organisations Éthiques, (2) Positivistes et d’autres associations rationalistes qui font de la science leur autorité la plus haute dans les matières de croyance et de conduite. | 30. Demande. — Quelle est la nature de leur enseiDu) gnement ? \ Réponse. — Il est purement pratique. Faire de notre “4 vie ici-bas l’usage le plus élevé que nous pouvons, sans fi établir aucun rapport entre cette vie et une vie avant, Î ou une vie après, et sans aucun rapport, non plus, avec À des dieux, des démons, un ciel ou un enfer. 44 (2) [Pour la culture de la morale.]

  1. Demande. — Cet enseignement nie-t-il Dieu et la vie future ?

Réponse. — Non; car il sait que nous n’avons pas encore de connaissances assez certaines sur ces questions pour en traiter d’une façon définitive et positive.

  1. Demande. — Est-ce là une attitude convenable de l’esprit?

\ Réponse. — Oui, et c’est aussi celle qui est le plus : pleine d’espérance, car jusqu’à ce que nous comprenions notre ignorance, nous ne chercherons pas à

  1. Demande. — La connaissance de notre ignorance est-elle le commencement de la science ?

Réponse. — Oui, et la promesse des lumières

l () « Rien n’éloigne un homme de la science et de la sagesse

…. comme de croire qu’il les possède toutes deux. » (Sir W. Temple.)

(2) Comme ce catéchisme est écrit en partant de ce point qu’il n’existe pas de surnaturel, il est inutile de donner ici un exposé

  • plus complet de la philosophie de ces Sociétés indépendantes.

1 1. Demande. — Qu’est-ce qu’un credo?

à Réponse. — Une règle de foi, c’est-à-dire une expres-

s sion autorisée des doctrines d’une Eglise. (1)

ù 2. Demande. — Quelle est l’origine du mot?

Ra Réponse. — Il vient du premier mot du symbole des Ë apôtres (credo, je crois). À 3. Demande. — Quelle est l’origine de l’idée? ‘4 Réponse. — Les dissentiments et les désaccords entre les fidèles sont responsables des credo du

K 4. Demande. — De quelle époque datent les premiers 28 dissentiments dans l’Église ?

ni. Réponse. — Le premier eut lieu entre les Apôtres Ni Pierre et Paul; le premier représentant le parti Juif ni dans l’Église, et le second le parti des Gentils. Ki (1) On l’appelle aussi un « symbole » ou une « confession » de Aa (2) On prétend que Jésus a proclamé la nécessité d’un credo 459 quand il a dit : « Quiconque donc me confessera devant les

ï \ hommes, je le confesserai aussi devant mon père qui est aux

hr. cieux. » (Matthieu, X, 32, 33; Epître de Paul aux Romains, X, 9,10.)

  1. Demande. — Le désaccord fut-il sérieux ?

Réponse. — L’Apôtre Paul le considéra comme tel, car il accusa Pierre de dissimulation, d’hypocrisie, et d’une conduite inique. (1)

  1. Demande. — Quel était l’objet primitif d’un

Réponse. — D’établir par force l’unité de la croyance et d’excommunier les hérétiques. (2)

  1. Demande. — En pratique quelle fut la première tentative appuyée sur ces credo?

Réponse. — Celle d’empêcher personne de penser

    1. Demande. — Quel est le credo considéré comme le plus ancien ?

Réponse. — Celui des Apôtres, qui, nous le savons de façon certaine, n’a pas été rédigé par les Apôtres du tout.

  1. Dernande. — Pourquoi, alors, l’appelle-t-on ainsi?

Réponse. — Pour la même raison que les Évangiles ont été attribués aux Apôtres, — pour leur donner une plus grande autorité.

  1. Demande. — Qui alors est l’auteur du Symbole des Apôtres?

Réponse. — La question de cette origine est entourée d’une aussi grande obscurité que celle de l’origine des

(1) Lire l’Épître de Paul aux Galates, et aussi les premiers chapitres de l’Apocalypse et les Actes des Apôtres.

(2) Hérésie vient d’un mot grec et signifie « examiner », « choisir ».

| 99

110 le monde isans Diet NON le. 411. Demande. — Quels sont les points fondamentaux Li de ce credo ?

00 Réponse. — La croyance dans la Trinité, l’Immaculée 2 : Conception de Jésus et la résurrection de la chair.

4 12. Demande. — Quelles preuves donne-t-on à l’appui N de ces aflirmations ? \

‘4 ; Réponse. — Aucune. On accepte de croire qu’elles

k fe sont vraies. 54 13. Demande. — Les Mahométans et les Bouddhistes me. offrent-ils des preuves à l’appui des doctrines de leurs Un. Réponse. — Non, ils acceptent également les leurs.

de % 14. Demande. — Comment pouvons-nous savoir Dee laquelle de ces doctrines admises est la vérité ? 40 Réponse. — La coutume générale a été d’admettre 1° que le credo du pays dans lequel on est né est le vrai. 4 15. Demande. — Est-ce une bonne coutume ? ‘08 Réponse. — C’est une très mauvaise coutume, car 3] } elle nous prive du plus grand privilège de la vie, — la ‘1 poursuite de la vérité ; elle fait de la vérité la posses-

ne sion d’une dénomination d’Église ou d’une secte, et la

4 créature du climat ou des limites géographiques; et 1 elle nous fait croire que tandis que nous sommes nous-

! ‘4 mêmes inspirés et élus par Dieu, tous Les autres

ds hommes sont damnés. | 1 k 46. Demande. — Parlez-moi maintenant du symbole

‘ Réponse. — Celui-ci a été formulé par une assemHN blée de 318 évêques dans la ville de Nicée, près de … he { Constantinople, en l’année 325. Ce concile a excom-

munié les Ariens (1) et a fulminé l’anathème contre eux pour avoir mis en doute le dogme de la Trinité. .

  1. Demande. — Quel est ensuite le plus important

Réponse. — Celui d’Athanase, qui est Le plus désagréablement dogmatique et intolérant des anciens credo et qui est unique dans ses clauses damnatoires. Néanmoins il était tenu en haute estime. (2) On le chantait comme un cantique dans toutes les Églises et il est encore en vigueur dans le christianisme officiel.

    1. Demande. — Quel est le credo de l’Église

Réponse. — L’Église grecque ou orientale soutient que le Saint Esprit procède du Père seulement et non du Fils. Pour cette hérésie elle fut excommuniée par l’Église catholique, mais l’Église grecque, en retour,

  1. Demande. — Quel est le credo de l’Église anglicane ?

Réponse.—Il consiste en trente-neuf articles adoptés en plusieurs fois, et finalement promulgués solennellement en 1628 par Charles premier comme « la Déclaration de Sa Majesté ».

  1. Demande. — Quel en est l’objet ?

Réponse. — « D’abolir la diversité des opinions » et « d’extirper du pays les doctrines papiste et calviniste ».

() Les sectateurs d’Arius, qui avaient des opinions hérétiques sur la divinité du Christ.

D le monde sans Dieu ‘4 Ù 21. Demande. — Était-il obligatoire en Angleterre de ; Réponse. — Oui. Même les universités d’Oxford et de ‘4 Cambridge exigeaient de tous ceux qui prenaient un 0 grade qu’ils souscrivissent aux trente-neuf articles avant L de recevoir leur diplôme ; un Bill du parlement obli4 geait tous les professeurs et prédicateurs à y sou- : 22. Demande. — Cette loi atteignit-elle son but ? ‘ 23. Demande. — La coercition peut-elle empêcher les Don! gens de penser ?

Réponse. — Elle peut seulement les empêcher d’ensei3 gner ce qu’ils pensent.

  1. Demande. — Que sont des gens qui pensent une 1 chose et enseignent une autre ? j 25. Demande. — Que s’ensuit-il ? É Réponse. — Que le seul résultat de la coercition est he de faire des hypocrites. F3 26. Demande. — Quel est le plus important des nr \ Réponse. — Le symbole de Westminster, formulé par | hi. une assemblée consistant en cent cinquante membres n choisis et réunis par un Act du Parlement en 1643 pen ‘1 dant le court règne du Presbytérianisme en Angle-

  2. Demande. — Quelles sont les idées dominantes de ce Symbole?

Réponse. — La prédestination, le salut des enfants élus (x) seulement, la damnation de tous les gens et de toutes les nations qui ne:sont pas chrétiens et l’emploi de ia force matérielle contre tous les hérétiques.

  1. Demande. — Comment ce symbole définit-il la doctrine de la Damnation ?

Réponse. — Comme un « décret de la justice de Dieu » par lequel « en raison de la faute d’Adam »… « il a plu à Dieu de condamner » d’autres hommes « à la honte et à la colère » — « à la mort éternelle »… « et leur nombre est si certain et défini qu’il ne peut être accru ni diminué ». (2)

  1. Demande. — Comment ce symbole recommandet-il la force matérielle contre l’hérésie ?

Réponse. — Il dit : « Le pouvoir séculier a le droit et le devoir de prendre des mesures pour que l’unité et la paix soient maintenues dans les Églises, pour que toutes les hérésies soient supprimées et pour que les abus du culte soient empêchés ; et l’article 4 du chapitre XX (5) porte : GIls (les hérétiques) peuvent être valablement cités à comparaître et poursuivis par le pouvoir sécu-
lier. » Et le verset 109 du catéchisme porte que les

(1) Les calvinistes modernes admettent la probabilité de salut pour tous les enfants. — Schaff, volume I, page 795.

| (2) Le péché originel était considéré comme si grand qu’un des clergymen déclara : « Si un homme n’était jamais né, il serait

. néanmoins damné à cause de ce péché. »

(3) Les Eglises américaines ont modifié cet article.

1 le monde sans Dieu

k « Dix commandements défendent de tolérer une fausse

5 30. Demande. — Peut-il exister une Église sans aucun

Réponse. — Non. Une organisation, quel que soit son

fl but, doit avoir un programme, une déclaration de

ñ principes qui serve de lien d’union, et ceci, dans le sens

| le plus large, est un credo. \

7 34. Demande. — Pourquoi alors incrimine-t-on les

Fi Réponse. — Ce n’est pas parce qu’ils renferment un

‘ énoncé de croyances, mais parce que cet énoncé est

Ur étroit, intolérant, et fermé au progrès.

F 32. Demande. — Quel est le meilleur credo?

À Réponse. — Celui qui est le plus d’accord avec les constatations de la science, et qui se tient à la hauteur des connaissances grandissantes de l’homme.

  1. Demande. — KEtablissez la différence qui existe

À entre un credo fondé sur l’autorité et un autre fondé sur

û la science.

| Réponse. — L’un est fini, l’autre grandit encore ; lun

É est un écho du passé, l’autre est une voix du

à présent ; l’un est une immobilité, l’autre est un mouve-

4 | ment ; l’un ne peut être accepté que sous des conditions

1 inadmissibles pour la raison, l’autre accueilie toutes È

ne (1) « Non seulement il est permis de punir par la mort ceux qui F

CA travaillent à renverser la vraie religion, mais les magistrats et le

i peuple ont le devoir de le faire sous peine d’attirer la colère de

ni Dieu sur eux-mêmes. » — John Knox, History of Mary I., queen of

les forces dont le progrès des connaissances est capable de l’animer.

  1. Demande. — Devons-nous jamais souscrire à un credo qui interdit la liberté de pensée et de parole ?

Réponse. — Non. La dignité de l’homme est dans sa raison, la dignité de la raison est dans la liberté; détruire la liberté est détruire la raison et sans raison nous cesserions d’être des humains. ù

  1. Demande. — Pourquoi la liberté de parole estelle indispensable ?

Réponse. — Parce que sans cette liberté nous ne pouvons jamais savoir si le prêtre ou celui qui enseigne disent ce qu’ils veulent ou seulement ce qu’ils sont contraints de dire.

  1. Demande. — Qu’est-ce qu’un membre du clergé? | Réponse. — Un homme qui a reçu les « ordrés sacrés ».

  2. Demande. — De qui les a-t-il reçus ? Réponse. — De l’Église et par l’imposition des

  3. Demande. — D’où vient le mot clergé ?

Réponse. — Il vient des mots clèros ou clèricos, quien grec signifient un tirage au sort ou un mode de votation

  1. Demande. — Que signifie ceci? | Réponse. — Que les prêtres étaient désignés par un 1 5. Demande. — Quelle autre explication donne-t-on ? L Réponse. — On a aussi supposé que le mot grec pou- | vait se traduire par « rang » et que ce terme était

L (1) La formule de l’ordination est : « Reçois le Saint Esprit par À l’imposition de nos mains . »

  1. @) Telle était l’opinion de saint Augustin et aussi de Jérôme. } Saint Matthieu a été désigné par les apôtres pour remplacer Judas, % au moyen d’un tirage au sort. La coutume la plus répandue était

d’écrire les noms des différents candidats sur des bulletins et de les ,

4 mettre dans une boîte; alors, après avoir dit des prières, on Au remuait la boîte et le premier nom qui en tombait était considéré ki comme « choisi par le Seigneur ».

appliqué aux apôtres et aux premiers prédicateurs pour marquer leur autorité. (1)

  1. Demande. — Sous quels autres noms sont connus les membres du clergé ?

Réponse. — Sous ceux de prêtres, prélats, pontifes,

  1. Demande. — Quelle est la prétention du clergé ?

, Réponse. — Que Jésus, le Souverain, a confié « les clefs du royaume des cieux aux chefs de l’Église, » en vertu de quoi « ils ont le pouvoir de retenir et de remettre les péchés, ».. « de fermer ce royaume » et

  1. Demande. — Les prêtres ont-ils exercé un grand pouvoir dans le monde ?

Réponse.— Oui, et ils ont joui de privilèges exceptionnels.

  1. Demande. — Quels sont ces privilèges ?

Réponse. — L’exemption des devoirs civiques, des impôts et deila contribution aux travaux publics. Dans plusieurs pays un membre du clergé, quel que fût son crime, ne pouvait être cité devant un juge séculier. (3)

() Bauer, de l’École allemande, est le défenseur de cette théorie.

(2) Voir le credo de Westminster. Les mots suivants de Jésus ont été cités à la fois par les catholiques et les protestants pour établir

. leurs affirmations : « Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux, et tout ce que tu lieras sur terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur terre sera délié dans les cieux. » (Matthieu, XVI, 19.) — Cf. ce qui est dit au chapitre de la Prière relativement à la pression exercée sur Dieu.

(3) Cf. Benefit of clergy in England. Dans les pays catholiques, si quelqu’un avait frappé un prêtre, il était excommunié pour la vie, car l’absolution lui était refusée jusqu’à l’heure de sa mort.

Mn . le. monde sans Dieu) MINES 44 10. Demande. — Quel usage les membres du clergé 1 ont-ils fait de ces privilèges ? 4 Réponse. — Dans l’ensemble ils en ont abusé et c’est 2 ’ pourquoi ils ont été dépouillés de presque tous. ; We 11. Demande. — Comment un homme devient-il de membre d’un clergé aujourd’hui ? We. Réponse. — En passant un examen pour prouver “ F qu’il adhère au credo de l’Église dans le clergé de +5 laquelle il désire entrer. 4 4 12. Demande. — Ces examens sont-ils aussi rigoureux

  • L que par le passé ? ‘15 Réponse. — Non. Il est admis maintenant que les M % candidats Fe ordres sacrés pratiquent ce qu’on appelle 4 des « restrictions mentales ». - nn. 13. Demande. — Qu’est-ce que cela ? 4 Réponse. — C’est la faculté, tout en souscrivant au au credo tel qu’ilest, d’y lire le sens qu’on lui attribue per2e . sonnellement, — de l’accepter comme vrai au point de 11 vue théologique seulement et non au point de vue De philosophique également. Le candidat peut répondre à \ A la question : « Croyez-vous à ceci? » par les mots : « y à “4 crois », en ajoutant à part lui : « non pas suivant l’inter1 prétation commune, mais selon que je l’interprète moi40 même ». 18 14. Demande. — Expliquez ceci par un exemple. | je Réponse. — Le candidat peut dire : « Je crois dans la 4 « parole de Dieu » mais entendre par Tà non seulement mu les écritures chrétiennes auxquelles les credo limitent 14 l’inspiration, mais tout ce qu’il considère comme vrai et …

pur partout où il le trouve. De la même manière il peut } croire à la divinité du Christ, dans ce sens que tous les hommes bons et nobles sont divins.

  1. Demande.— Les gens comprennent-ils toujours ce que le candidat veut dire ainsi ?

Réponse. — S’il désirait être compris, il ne recourrait pas à la « restriction mentale ».

  1. Demande. — Un membre du clergé qui n’est plus en complet accord avec son Eglise doit-il continuer d’en faire partie ?

Réponse. — Pour une âme consciencieuse et délicate un tel lien serait intolérable. (1)

  1. Demande. — Mais un prêtre n’est-il pas obligé d’attendre que ses fidèles soient prêts pour des idées

Réponse. — Oui, si son intention est de suivre ses fidèles, mais non, s’il désire être un éducateur et un

(1) James Martineau cite la louange suivante déversée par un Français sur cette catégorie de prêtres : « Notre clergé, bien certainement, est tout entier parjure ; mais aussi, comme il est délicieusement libéral. » — Essays and Reviews, volume II, page 187.

ju Prière et Salut

(x 1. Demande. — Qu’est-ce que la prière ? 1 Réponse. — C’est une supplication adressée à Dieu ‘1 ou un désir d’être en communion avec lui. ‘on 2. Demande. — Les gens prient-ils quelquefois aussi 114 les lois de la nature ? “ 3. Demande. — Ou de grands idéals ou de grandes SN Réponse. — Non; la prière est toujours adressée à 4 une personne, parce que seule, une personne peut (4 entendre une prière et y répondre. Ur: 4. Demande. — Tous ceux qui prient croient-ils en un ner Réponse. — Ils le devraient; car si Dieu n’est pas une Re personne il ne doit pas être distinct des lois de la nature | Je ou des idéals de notre esprit. î 43 5. Demande. — Qu’est-ce qu’une personne ? ‘ht Réponse. — Un être qui sait qu’il est lui-même et non PA un autre. 14 110

  1. Demande. — Dieu peut-il être une personne ?

Réponse. — Il ne peut pas être Dieu et une personne à la fois.

Réponse: — Etre Dieu c’est être infini; être une personne c’est être fini. L’infini ne peut avoir conscience de lui-même, car une telle conscience impliquerait qu’il se distingue de quelque autre chose, et qu’il n’est pas, conséquemment, le « Tout ». Pour pouvoir dire « ceci est moi », l’infini doit pouvoir dire aussi « ceci n’est pas moi », ce qui voudrait dire que l’infini n’est pas infini.

  1. Demande. — Ne peut-il exister une personne infinie ?

Réponse. — Non, comme il ne peut exister un fini

  1. Demande. — Quelle est l’origine de l’habitude de

Réponse. — Cette habitude eut pour origine le désir des gens d’apaiser la colère et de s’assurer les faveurs

  1. Demande. — Donnez un exemple.

Réponse. — Vers la fin d’une longue sécheresse, le Pope, l’Archevêque ou le Ministre compose une prière pour la pluie, qu’il adresse à Dieu, croyant qu’il a permis la sécheresse et peut être induit à la faire

  1. Demande. — Les prières de ce genre sont-elles

Réponse. — Oui, parce qu’une sécheresse ne peut pas durer toujours. : À

le monde sans Dieu 1 12. Demande. — N’arrive-t-il pas fréquemment que 1 tandis que les uns prient pour une chose les autres À prient aussi ardemment pour le contraire ?
Réponse. — Oui. Les uns demandent à Dieu dans un endroit de faire ce que d’autres, dans quelque lieu différent, le supplient aussi ardemment de ne pas faire. 43. Demande. — Qu’y a:t-il à inférer de telles prières ? Réponse. — Que Dieu est une individualité prête à s’adapter aux convenances de chacun. 44. Demande. — Dieu a-t-il aucune action sur le temps qu’il fait? Réponse. — Pas plus que sur la loi de la chute des | 15. Demande. — Les gens prient-ils jamais pour que la loi de la chute des corps soit suspendue dans leur Réponse. — Plus maintenant. Réponse. — Ils ont appris que la loi de la chute des corps est inviolable. 17. Demande.— Quand cesseront-ils de prier à propos du beau temps? ÿ Réponse. — Quand ils apprendront que les lois qui le gouvernent sont également inviolables. A8. Demande. — Est-il aussi inutile de prier pour acquérir la sagesse, les lumières, la vertu ? Réponse. — Oui; car ces qualités ne peuvent pas | nous être données. On les acquiert par un long effort.