Le congrès de Dresde, édition GASTON RAPHAEL
be: de paraissant vingt fois par an A
_ 8, rue de la Sorbonne, au rez-de-chaussée
en G. Jacques, éditeur, 1, rue Casimir-Delavigne, puis :
moins provisoirement, la publication des Études on
Socialistes, qu’il avait commencée au premier janvier AM Nu
1903; il a bien voulu nous communiquer la liste de ses 4 An
abonnés; nous présenterons nos cahiers, dès cette fin LR 4 se pe
de la cinquième série, à ceux de ces abonnés qui ne les * 1.
connaissent pas encore; nous les traiterons en abonnés = +, SE
Hi éventuels; nous leur enverrons en octobre notre cata- %,, 120
Les Études Socialistes paraïissaient tous les deux 2
mois ; le premier numéro fut celui de janvier-février NE
à 1903; il valait exceptionnellement o franc Cinquante; *
cinq autres numéros se succédèrent, de deux en deux AS
mois; ces autres numéros valaient régulièrement un Pa
franc; l’abonnement était de quatre francs par an; le &
ÿ dernier numéro a été celui de novembre-décembre 1903; RE
ainsi avec six numéros, marqués en tout cinq francs ou
| cinquante, la première année a paru complète, et la « 13
publication a été arrêtée après l’achèvement de la
première année.
Nous nous sommes rendus acquéreurs d’un certain <
\ nombre de collections complètes et nous sommes en
mesure d’envoyer à nos abonnés les Études Socialistes,
première année complète, pour quatre francs, qui était
le prix de l’abonnement, au lieu de cinq francs cinquante, é
ÿ qui est le total des prix marqués; envoyer un mandat
de quatre francs à M. André Bourgeois, administrateur
des cahiers; nous ne saurions trop engager ceux de nos
abonnés qui veulent avoir un dossier complet du mou- 6
vement socialiste contemporain, et certains textes
nous demander cette première année des Études
Socialistes ; nous en publions à la fin du présent cahier, .
aussitôt après la table, page 249, une table analytique
sommaire; on verra tout ce qui a été publié dans ces
six fascicules; les six fascicules forment un volume si
in octavo de 384 pages très denses; on notera que à
notre collaborateur M. Sorel était un des principaux
collaborateurs des Etudes Socialistes. ‘ E
Nous prévoyons que le premier cahier de la sixième série, paraissant le dimanche 2 octobre prochain, sera le catalogue analytique sommaire de nos cinq premières séries ; nous demandons à nos abonnés, de même que nous pensons dès aujourd’hui à préparer l’établissement de ce catalogue, de penser, pour leur part, à en pré-
parer la distribution utile; c’est-à-dire que nous leur
demandons, pendant l’achèvement de cette cinquième
série, de chercher et de nous indiquer à qui nous pour-
rons utilement envoyer ce catalogue analytique som-
J maire, comme nous envoyons nos vient de paraître; pour
savoir ce qui aura paru dans les cinq premières séries
des cahiers, il suffit d’envoyer dès aujourd’hui son nom
et son adresse à M. André Bourgeois, administrateur
des cahiers, 8, rue de la Sorbonne, rez-de-chaussée,
Paris, cinquième arrondissement ; on recevra en
octobre notre catalogue analytique sommaire; pour
faire savoir à quelqu’un ce qui aura paru dans les cinq
premières séries des cahiers, il suffit d’envoyer dès
aujourd’hui à M. André Bourgeois le nom et l’adresse
de la personne à qui on s’intéresse; avertir en même
temps cette personne ; elle recevra en octobre notre
| Je n’oublie pas que je dois à mon vieux grand cousin, à mon ami Pierre Baudouin le philosophe, et à mon ami l’historien Pierre Deloire, un compte rendu des congrès où j’ai assisté pendant les années de mon apprentissage ; voici que je leleur dois depuis plusieurs années ; d’anciens abonnés veulent bien de loin en loin me rappeler ces vieilles dettes; on serait surpris si je ne répondais pas que j’ai commencé de préparer ce compte rendu; que l’on ne soit pas surpris; j’ai commencé de préparer ce compte rendu. Ne sais quand finirai ; la croissance régulière de ces cahiers, — celui-ci même est un des plus considérables . que nous ayons mis sur pied, — faisant un accroissement de mon travail, de mes charges et de mes responsabilités de gérance, réduit d’autant mes forces et mon temps d’écriture ; je ne suis point de ces grands | génies qui travaillent sans se fatiguer jamais ; je ne suis point de ces grands écrivains qui peuvent écrire au kilomètre ; et je me permets quelquefois de réfléchir, entre mes repas, ce qui fait perdre énormément de temps.
seizième cahier de la cinquième série Ne sais quand finirai ; ne nous hâtons point ; travailler n’est pas toujours écrire; et il y a des courbes, de pensée, d’action, qui sont fort loin d’être achevées. J’expliquerai, continuant mon compte rendu de gé-
. rance, comment sont organisés, comment fonctionnent | nos cahiers de courriers ; mais je suis assuré que nos abonnés n’ont pas attendu cette continuation pour s’apercevoir qu’autant que nous le pouvons nos cahiers de courriers apportent des renseignements directs ; immédiats ; où la part de la déformation est nulle, autant que nous le pouvons; où la part de l’interpréta- à tion est réduite au minimum inévitable ; en ce sens mon compte rendu des congrès fera un cahier de courrier.
Avant tout il faut savoir ce que l’on dit; un matin nous lisons dans les journaux que les élections législatives allemandes ont donné trois millions de socialistes et des centaines de mille; le lendemain matin nous lisons dans les journaux qu’il ne s’est rien passé en Allemagne; le surlendemain matin nous lisons dans les journaux que les socialistes allemands se chamaillent pour savoir s’ils feront un vice-président parlementaire qui aille à la cour en habit de cour; il faut donc que ces comme trop de socialistes français que nous connaissons, et ne soient pas comme certains socialistes fran- çais, révolutionnaires, que nous connaissons aussi; ainsi pour toute conversation, et avant même d’engager : la conversation, il faut savoir en quel idiome on parle, quel est le langage; et avant toute numération il faut savoir en quelles unités on compte; plus de trois millions peuvent ne pas valoir moins de trois cent mille.
; À défaut de renseignement direct et parmi les renseiH gnements indirects les comptes rendus officiels sont j particulièrement précieux ; non qu’ils soient particuliè- A rement exacts ; au contraire; mais parce que les 3 ; déformations y appartiennent à un type connu; et : qu’ainsi l’interprétation peut se régler presque automatiquement ; tout le monde sait aujourd’hui ce que c’est
- que le langage officiel; pour qui sait lire, ce langage est sensiblement le même dans tous les pays du monde ; l’intelligence du texte en est facilitée d’autant. | : Le compte rendu officiel allemand du congrès de | Dresde forme un épais volume in octavo de 448 pages ; très denses ; gris; la première page de la couverture 4 porte ce titre : : ueber die Verhandlungen des Parteitages der Sozial- Le dimanche 14 août prochain doit s’ouvrir, à Amster- ; dam, le sixième congrès socialiste international; ce à sixième congrès socialiste international sera le deuxième de notre connaissance; le premier, cinquième du nom, : et que nos abonnés n’ont pas oublié, fut ce grand con- ; grès de Paris 1900, l’un de ceux, le principal de ceux Ë dont je dois le compte rendu; en attendant ce compte
seizsième cahier de la cinquième série rendu direct, nous avons eu la bonne fortune de publier de ce cinquième ou premier congrès un compte rendu qui avait le double avantage d’être sténographique et. de n’être pas officiel : seizième cahier de la deuxième série, bon à tirer du mardi 13 août 1901, compte rendu sténographique non officiel de la version française du du 23 au 27 septembre 1900; un fort cahier de 216 pages et couverture, trois francs cinquante ; on se rappelle que les organisateurs internationaux ou si éminemment français du congrès, tout occupés à pré-
| parer pour le lendemain matin la révolution sociale universelle, ou peut-être à se jouer mutuellement de bons tours parlementaires politiques, car on était au temps où régnait l’unité, avaient négligé de retenir un sténographe ; le compte rendu des cahiers, sténographique, fut pris par nos sténographes assermentés, MM. Corcos frères, alors sténographes habituels du Parti socialiste français; le texte fut revu par notre collaborateur
| Hubert Lagardelle ; notre collaborateur M. Sorel voulut bien revoir les épreuves et annoter ; ce compte rendu n’étant pas officiel, je n’ai pas besoin de dire qu’il pré- sente toute garantie ; ainsi établi, ce cahier demeure le seul monument que nous ayons authentique d’un congrès qui fut important, moins par ses déclarations officielles que par ses élaborations sourdes; je dois ajouter qu’en dehors des collections complètes il ne nous en reste plus que 108 exemplaires.
Sur tous les autres textes et documents, renseignements, notes et commentaires que nous avons publiés du mouvement socialiste dans nos cinq premières séries, je renvoie au catalogue analytique sommaire que nous
e préparons pour être le premier cahier de la sixième 4 série ; ce sera la fonction de ce catalogue analytique sommaire que de présenter d’ensemble un énoncé de | tous nos travaux, de toutes nos publications anté- | Au moment où va s’ouvrir le congrès d’Amsterdam, nous avons voulu donner à nos abonnés un exemple de \ congrès national allemand ; nos abonnés ne connaissent que trop, par eux-mêmes et par nos cahiers, ce que sont les congrès français et ce qu’est devenu le socia- . lisme français; il est bon, au moment où va s’ouvrir le | deuxième grand congrès international qui sera denotre connaissance, que l’on ait un compte rendu d’un grand | congrès national allemand ; nous avons pris naturelle- \ ment le dernier congrès, le congrès de Dresde, tenu en à Non seulement le socialisme français et le socialisme : allemand forment deux parties capitales du socialisme international, mais le socialisme français et le socia- | lisme allemand forment, en qualité, en nature, peut-être les deux types autour desquels se grouperaient, théoriquement, les différentes espèces que nous connaissons 4 de socialisme dans le monde.
Le compte rendu allemand, sur qui nous avons tra4 vaillé, est un compte rendu officiel; mais il est sténo- | graphique ; d’ailleurs, si de tous les comptes rendus indirects un compte rendu officiel est le moins aventuré, un compte rendu officiel vaut mieux qu’un compte Notre collaborateur Gaston Raphaël, traducteur juré F de nos cahiers pour lallemand, a pris le Protocole allei
: seizième cahier de la cinquième série mand ; il a traduit sténographiquement les parties sté- nographiques essentielles ; il a traduit analytiquement les parties de la sténographie qui admettaient l’analyse ; il a transporté les annexes, qui, dans leur sévère et ingrate uniformité apparente, sont d’une importance | capitale, comme tout document premier, ennuyeux, non
Nous avons mis en sept, c’est-à-dire en plus petits
caractères, les parties sténographiques traduites sténographiquement ; nous avons mis en huit, c’est-à-dire en ;
plus gros caractères, les parties sténographiques tra-
duites analytiquement ; j’ai, sur le texte de Raphaël,
établi une fable analytique sommaire.
Ë tenue le dimanche 13 septembre 1903 à Î à sept heures du soir 4 « Depuis Halle (1) aucun congrès n’a vu plus de délé- 4 gués que celui qui se réunit ce soir. La grande salle du
- Trianon semble presque trop petite pour la foule de À à ceux qui sont venus. Les délégués ont pris place à six
- j grandes tables disposées en long et à de nombreuses 1 petites tables. Dans le fond et sur les côtés de la salle Ë se presse la masse des auditeurs; des centaines de - ê camarades qui désiraient entrer doivent être renvoyés
- car la salle est comble. Devant l’estrade sont assis à “ deux longues tables les représentants de la presse, qui +. en a annoncé environ soixante, et dans ce nombre _ quelques représentants de la presse étrangère. 1 « Le syndicat des tapissiers, pendant les heures que
- le travail laissait libres, avait orné la salle de la déco-
- ration la plus riche et du meilleur goût. Sur l’estrade où | se trouve la table présidentielle, contre la muraille du 4 (1) Congrès de Halle en 1890.
le congrès de Dresde | fond : la statue de la Liberté, flanquée des bustes des premiers combattants, Marx, Lassalle, Engels et Liebknecht. Un bouquet de lauriers et de palmes entoure ces statues, au-dessus desquelles l’image du soleil levant annonce la paix universelle. Des branchages et des # guirlandes de sapin, en même temps que des drapeaux, des emblèmes, des écussons ornent les murs et les colonnes de la salle. Marx, Saint-Simon et Hutten fournissent le texte des inscriptions destinées à faire souvenir et à encourager : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! — Souviens-toi qu’il faut de l’enthou-
: siasme pour accomplir de grandes choses! — Les esprits se sont éveillés ; c’est une véritable joie que de
A sept heures précises commencent les délibérations. Kaden, au nom du comité local de Dresde, et Bebel, au nom du comité directeur du parti, souhaitent la bienvenue aux congressistes. On procède aux élections. Sont élus présidents à l’unanimité Singer et Kaden.
Singer prend la présidence. On nomme neuf secré- taires, ainsi qu’une commission chargée de vérifier les mandats des délégués.
On discute aussitôt les motions relatives (1) à la fixation de l’ordre du jour. Les motions 2, 3 et 6 ne réunissent pas un nombre suffisant de signatures. La motion 1 n’est pas adoptée. Singer annonce qu’une conférence des délégués prussiens aura lieu à l’issue du Congrès. La motion 5 n’a plus de raison d’être.
() Voir aux annexes la liste complète des motions et résolutions que le congrès devait discuter.
L’ordre du jour du congrès est fixé définitivement ainsi :
-
Rapport du comité directeur : (1) a) généralités; b} caisse; c) collaboration de camarades à des organes bourgeois ; d) différend entre Bebelet la rédaction du Vorwaerts;
-
Rapport des contrôleurs.
: 3. Rapport sur l’activité parlementaire.
- Tactique du parti : a) élections au Reïichstag ; b) question de la vice-présidence ; c/ les tendances revisionnistes.
-
- Fête du Premier Mai. 3
-
Le congrès international d’Amsterdam de 1904.
-
Motions concernant le programme et l’organisation du
-
Élection du comité directeur, des contrôleurs et choix du lieu où se tiendra le prochain congrès. (2)
G@) Voir aux annexes certains renseignements extraits de ce rapport.
@2) Dans le Protokoll allemand le compte rendu de cette séance
Lundi 14 septembre. — Séance du matin
A neuf heures un quart, le président Singer ouvre ‘les débats. Il remercie les délégués étrangers, dont quelques-uns prennent la parole, et lit les télégrammes arrivés de différentes régions. On passe à l’ordre du jour.
I. — Rapport du comité directeur
Pfannkuch, rapporteur. — Nous avons eu l’an passé à nous occuper surtout de la lutte contre les tarifs douaniers et des élections au Reïichstag.
La lutte contre les tarifs a été surtout menée à Berlin. Mais dans tout le pays les camarades nous ont vaillamment soutenus. <
La campagne électorale a été préparée dès le mois de mars. Il ne nous a pas toujours été facile de fournir dés orateurs aux camarades qui en réclamaient, —parfois en termes pas trop polis. Il y a là une grosse difiiculté et je pense que les motions demandant l’établissement d’une commission de propagande ne sont
| pas en mesure de modifier la situation. Nous avons aussi fourni des feuilles volantes autant que les cama- # rades en demandaient. Mais là aussi nous aurions eu On nous a demandé de créer des secrétariats ouvriers : du parti. Nous l’avons fait seulement dans les endroits \ où le socialisme n’a pas encore pris pied. Nous estimons qu’ailleurs les organisations locales doivent se : charger de ce travail. Et je ne pense pas que le comité Notre presse a pris un grand développement. De nouveaux journaux n’ont pas été fondés, mais les anciens ont vu s’accroître le nombre de leurs abonnés et de Certaines motions concernent nos statuts d’orga- ; nisation. On demande que le comité intervienne dans un délai fixé dans les différends qui surviennent entre camarades. Assurément il interviendra le plus tôt possible. Mais on ne peut lui imposer l’obligation d’intervenir dans un délai fixé. | Le comité croit avoir pendant l’année écoulée rempli sa tâche le mieux possible. (Approbation) Gerisch, rapporteur. — Je ne puis que souhaiter que la situation financière se maintienne égale à celle de l’an passé. (Hilarité et approbation) Malheureusement beaucoup de circonscriptions ne (1) Voir aux annexes.
m’ayant pas envoyé leurs comptes je n’ai pu donner partout des chiffres exacts, en particulier en ce qui concerne la presse. Mais en général la situation de notre presse est excellente. Nous comptons 550.000 abonnés (130.000 de plus que l’an passé, grâce aux élections). En chiffres ronds les abonnements ont rapporté 3 millions et les annonces 1.700.000 marks.
3 Quant à la caisse du parti, naturellement les recettes ne sont plus égales à celles qui ont précédé les élections. Mais il ne faut pas que la baisse se prolonge. IL nous reste encore de nombreuses dépenses à prévoir.
Meister, rapporteur. — Les contrôleurs ont eu à vérifier les livres et la caisse du parti et du Vorwaerts. Nulle part nous n’avons eu la moindre observation à pré-
Les contrôleurs ont eu à s’occuper d’une lettre de Mebring demandant l’exclusion du camarade Berthold qui a écrit dans la Zukunft des articles indignes d’un
: socialiste. L’avis sur ce point fut unanime. Cependant la demande fut rejetée à égalité de voix pour et contre.
Nous avons dû également rejeter une plainte d’un mineur et d’un autre camarade. Nous n’avons pu encore g statuer sur une plainte dés camarades de Mulhouse et
Au reste nous demandons d’accorder décharge pour leur administration aux personnes qui en sont chargées
Après quelques observations de détail présentées par
.
; le congrès de Dresde certains délégués et une réponse de Pfannkuch et Gerisch, la décharge demandée est accordée. (1) Motions 7 à 16 qui ont réuni un nombre de signatures x Pfannkuch, rapporteur. — Je n’ai pas besoin de vous rappeler la plainte des camarades Heinrich Braun, Lily Braun, Heïine, Goehre et Berthold ainsi que la réponse qu’y fit le comité directeur. (2)
(2) Ces camarades écrivaient dans la Zukunft, revue dirigée par Maximilian Harden. Cette revue prétend être une tribune libre
‘ ouverte à toutes les opinions. Franz Mehring puis Kautsky prirent à partie dans la Neue Zeit, revue socialiste, les socialistes qui continuaient à collaborer à la Zukunft, où se publiaient des articles violents contre le socialisme. Ceux-ci adressèrent une plainte au comité directeur. En voici les passages essentiels (cités dans le rapport du comité) : « La Neue Zeit a jugé bon d’attaquer à nouveau des membres du parti socialiste et de porter atteinte à leur honneur parce qu’ils collaborent à des organes non socialistes. La Neue Zeit attaque particulièrement des camarades qui exposent, en signant de leur nom, leurs opinions dans un organe qui s’ouvre aux représentants des opinions les plus diverses ; et elle présente les choses de façon à laisser croire que ces camarades servent par là des visées et des forces adverses et font cause commune avec des attaques venues d’ailleurs et parues dans ce même organe. »
La réponse du comité adressée le 27 février aux plaignants . disait : « Nous ne voyons pas que pour avoir accepté l’article intitulé Concessionnards [de Franz Mehring] dans le numéro 16, la rédaction de la Neue Zeit mérite un blâme ou un avertissement. Nous aurions seulement souhaité que l’auteur en question eût donné le nom de celui ou de ceux qu’il voulait atteindre, afin d’éviter les
En même temps le comité avertissait les plaignants qu’il ferait connaître sa manière de voir sur la collaboration aux périodiques
Je vais compléter le dossier de l’affaire en vous donnant lecture des deux lettres suivantes :
Au comité directeur du parti socialiste d’Allemagne
La lettre du comité directeur du 28 février 1903 nous fait songer aux pratiques des ministères bourgeois. Il s’explique ï sur des points sur lesquels nous ne l’avions pas interrogé
à et laisse sans réponse la plainte que nous avions portée en
Nous nous sommes uniquement plaints de ceci : dans l’article de Kautsky paru dans le numéro 19, (1) on prétend
de camarades qui, signant de leur nom, écrivent dans des organes non socialistes, qu’ils servent par là des visées et
. des forces adverses, et l’on y présente les choses de façon à laisser croire qu’ils font cause commune avec les attaques contre le parti, venues d’ailleurs et parues dans cet organe. bourgeois dans l’organe central du parti. Dans le numéro 52 du 3 mars 1903 le Vorwaerts publiait :
Le soussigné a été amené à faire connaître son opinion sur certaines questions qui depuis longtemps occupent un grand nombre de socialistes et exige que l’on prenne position.
- Peut-on considérer comme compatible avec les intérêts du parti que des camarades participent comme rédacteurs ou collaborateurs à des entreprises de presse bourgeoise, dans lesquelles il est fait
’ une critique haineuse et perfide du parti socialiste ?
- Un socialiste peut-il être rédacteur ou collaborer à un organe bourgeois lorsque la condition ci-dessus n’est pas réalisée ?
Il y a lieu de répondre affirmativement, en tant qu’il s’agit de situations où le camarade n’est pas contraint d’écrire contre le parti socialiste ni d’accepter les attaques dirigées contre celui-ci.
Toutefois, dans l’intérêt du parti aussi bien que dans l’intérêt des camarades se trouvant dans ces situations, il convient de ne pas leur donner de postes de confiance qui tôt ou tard les mettraient en conflit avec eux-mêmes ou avec le parti.
Berlin, le 2 mars 1903. Le comité directeur du parti.
(1) De la Neue Zeit. De même l’article de Mehring.
le congrès de Dresde È 1
Nous n’avons pas parlé des insinuations blessantes contenues dans l’article Concessionnards de Franz Mebring dans le numéro 16, parce que nous n’attribuons aucune importance aux injures venues de ce côté, du moins autant qu’elles ne menacent pas les intérêts du parti en tant que
Nous avons écrit au comité directeur que nous voyions dans les passages indiqués de l’article de Kautsky, une
’ supposition offensante et contraire à la vérité, contre laquelle nous portions plainte. Le comité directeur, à l’instar des ministres, passe sous silence l’unique question que nous lui avions soumise.
Quant à la déclaration du comité directeur, qui nous fut annoncée, puis publiée, sur la question de savoir si et quand un socialiste pouvait écrire dans des organes non socialistes, nous n’avions, nous, aucune raison de la solliciter. Nous avions déjà auparavant notre opinion là-dessus, que nous prenons la liberté de conserver.
Berlin, le 3 mars 1903.
A cette lettre, le comité fit la réponse suivante : A Monsieur le Docteur Heinrich Braun et compagnons.
À Dans votre lettre du 3 mars courant, vous vous plaignez de ce que le comité, dans sa réponse du 28 février courant, ait passé sous silence la seule question qui lui fût soumise.
Ce n’est pas parce que nous imitons « les pratiques des ministères bourgeois », — nous ne nous attendions vraiment pas à une telle insinuation, — mais parce que toute espèce de fondement faisait défaut à ce que vous considérez maintenant comme l’essence de votre plainte, que nous n’y avons pas touché.
Vous déclarez maintenant : notre plainte visait l’accusa-
tion de Kautsky contre des socialistes qui, signant de leur nom, écrivent dans des organes non socialistes et « servent par là des visées et des forces adverses », et, en second lieu, sa manière de présenter les choses qui laisserait croire que ceux-ci font cause commune avec les attaques dirigées dans ces organes contre le parti. |
Kautsky n’a ni prétendu la première chose, ni présenté l’autre ainsi.
Pour commencer par la seconde, Kautsky a simplement .
; déclaré dans le passage, qui seul peut entrer en considération, qu’un socialiste écrivant encore pour Harden, après des attaques comme celles que Harden a lancées contre notre parti, attire sur lui le soupçon que. etc. Et en ce qui
- concerne votre plainte capitale, Kautsky n’a pas prétendu comme vous l’écrivez, qu’ils « servent des visées et des forces adverses », mais a dit : « Mais il en va autrement pour les camarades qui se produisent ouvertement comme représentants et porte-parole de notre parti. S’ils travaillent dans la presse bourgeoise, ils Le font là aussi comme représentants de notre parti, et il ne peut en aucune façon nous être indifférent de savoir quelles visées et forces ils y servent. » Cet exposé contient des choses qui se conçoivent si bien d’elles-mêmes que tout socialiste doit les approuver absolument du premier au dernier mot. / Vive approbation) Par suite, votre plainte est dénuée de tout fondement. En ce qui touche notre déclaration sur cette affaire, il est tout à fait indifférent que vous l’ayez souhaitée ou non. Seule fut décisive la question de savoir si, en présence de certains faits et phénomènes, cette déclaration était nécessaire dans l’intérêt du parti. /Très juste! Vive approbation)
Voilà tous les documents. On nous a bien compris et de nombreux journaux socialistes nous ont approuvés. Plusieurs camarades se sont adressés à nous pour savoir s’ils devaient continuer leur collaboration à des
Que la déclaration du comité n’ait pas plu aux plaignants, cela se conçoit. Braun prétend qu’elle porte
d le congrès de Dresde ; | atteinte à la liberté de pensée et qu’il eût été préférable de laisser au tact de chacun le droit de décider. Sur ce point, les avis peuvent être partagés. Mais même ’ si la déclaration du comité restreignait en quelque manière la liberté d’exprimer son opinion, il peut être dans certaines circonstances de l’intérêt du parti, — comme c’est le cas ! dans l’État, — d’accepter une fois et pour des raisons tirées « du principe démocratique une telle restriction à cette À liberté, lorsque des intérêts vitaux du parti sont en jeu. {Très juste!) Et l’on nous dit qu’il faut s’en rapporter au tact de chacun. Mais si selon le comité le tact individuel est en défaut, c’est bien le droit et dans certaines circonstances le devoir du comité d’exprimer cette opinion. Après tout ce qui s’est passé et ce que je viens de je pense que la direction du parti aurait manqué à son devoir /Très juste!) si elle n’avait exprimé officiellement son opinion {Vive approbation) d’autant plus que la majorité des camarades avait attendu depuis longtemps une telle déclaration et l’avait en partie soilicitée. {Très juste!) Je vous prie donc de voter la motion 7 et de considérer le sort des autres comme tranché par ce vote. / Vive Segitz propose de permettre aux orateurs de parler plus de dix minutes. — Adopté. La séance est levée à une heure.
Séance de l’après-midi
La séance est ouverte à trois heures un quart sous la présidence de Singer.
Heinrich Braun, de Berlin. — Je suis homme de lettres. C’est pourquoi les discussions entre gens de * lettres, — et cette histoire de collaboration n’est pas autre chose, — me sont odieuses. Nous avions expressé- ment demandé au comité directeur de trancher lui-même cette question sans la rendre publique.
: Car elle est fort compliquée. En fait, il n’est point depuis soixante ans de socialistes qui n’aient collaboré : à des organes bourgeois. Marx comme Engels, Liebknecht comme Vollmar, Bernstein comme Kautsky - l’ont fait. (Sensation) Je sais bien qu’on m’a répondu : Dans les organes dont il s’agissait, la chose était
De même le comité, et d’accord avec lui, Monsieur le Docteur Franz Mehring.… /Bebel : Monsieur le Docteur le Docteur Franz Mebring! /Bebel: Monsieur le Docteur
Singer. — Nous devons nous appeler ici camarades. Vous n’avez pas le droit de faire d’exceptions. Mais vous pouvez nommer le nom tout court.
Heinrich Braun, continuant. — Le camarade Kautsky prétend que les organes en question n’exer- çaient pas contre le socialisme une critique haineuse et perfide. Mais d’autres camarades ont contesté cette appréciation. Cela montre combien ces mots sont vagues et élastiques. À quels journaux s’appliquent-ils ?
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le congrès de Dresde Le comité va-t-il établir une congrégation de l’index dressant chaque année une liste d’organes auxquels il sera interdit de collaborer ou qu’on ne devra pas lire?
D’ailleurs, cette collaboration peut être utile au parti. De même qu’un socialiste prend la parole dans une réunion publique d’adversaires, de même un socialiste écrit dans un journal d’adversaires. Il ne sert pas la presse bourgeoïse, mais se sert d’elle pour répandre les idées socialistes.
Voilà mon opinion sur le fond de la question. Mais cette affaire a un côté personnel. Toute la querelle est sortie de l’article de Franz Mebring… Franz Mehring a une certaine ressemblance avec le caméléon; mais il se distingue d’autre part très nettement de lui. Lorsque le caméléon devient furieux, il change de couleur. Mais lorsque Mehring change de couleur, il devient furieux contre ses anciens amis. Harden était un de ces amis tendrement aimés. Rien d’étonnant à ce que Mebring, conformément à la manière de ce singulier caméléon, profite de toute circonstance, même de la moins convenable, pour se venger de Harden. : {Bebel : La comparaison vous fait honneur!) Soyez sans inquiétude au sujet de mon honneur. /Bebel: Et vous au sujet du mien!) Laissez-moi mon honneur et je vous laisse le vôtre!
Mais, me dit-on, c’est vous qui nous avez amené Mehring. Sans doute. Voici comment. Mebring avait été socialiste. Puis il avait indignement attaqué et quitté le parti. Lorsque je le connus, il semblait se repentir. Un soir, je devais faire un dîner avec Bebel et Singer à la suite d’un pari que nous avions fait. J’eus la donquichotterie de proposer d’inviter Mebring.
jamais je ne l’aurais tiré du profond mépris où il était tombé Rires) si j’avais connu entièrement son passé.
Jamais les camarades ne souffriraient le terrorisme qu’exerce Méhring dans le parti s’ils connaissaient son passé. /Très vrai!) Et c’est seulement parce que, comme le renard, /S’adressant à Mehring) vous effacez vos traces qu’il vous est possible de vous maintenir; et votre terrorisme fait le reste. Comme personnalité littéraire, vous ressemblez à un chevalier sous son armure de fer qui semble invulnérable, sur qui les coups les plus habiles glissent inutiles. Et cependant cette armure, dont vous vous
À revêtez, n’est pas de fer, mais de carton couleur de fer. Quelques bons coups et sous cette armure apparaît non le pécheur repentant que vous jouez maintenant, mais un pénitent pas du tout contrit, que la terreur fait claquer des
- dents. Vous ne vivez que du mensonge. /Grande agitation)
Je puis donner des preuves. Mebring a prétendu que la loi contre les socialistes l’avait ramené à la socialdémocratie. Mais je puis citer des articles de lui écrits contre la social-démocratie, après sa prétendue rentrée dans celle-ci. (Braun lit quelques extraits.)
{Zubeil : Et cependant vous nous l’avez amené!) Je vous ai dit que si j’avais connu ces articles — /Bebel: Vous les avez connus !) Non. /Bebel : Vous les avez connus. Vous ne dites pas la vérité. — Cloche du président. — Bebel : C’est cela qui était un mensonge.) ÿ
Singer. — Je prie instamment le camarade Bebel de cesser ses interruptions. La dignité du parti exige des débats tranquilles et objectifs.
è Braun, continuant. — Je conteste à Bebel le droit de prétendre que j’ai connu ces articles. La personne qui me les a signalés est dans la salle. (Bebel : Inouï!)
J’en arrive à la conclusion.
Qu’est donc l’activité de Franz Mebring depuis plusieurs années? Est-elle autre chose qu’une excitation des camarades les uns contre les autres? /Très juste!) est-elle autre
le congrès de Dresde br. chose que l’excitation de notre parti contre les partis étrangers ?.. Il n’y a sans doute qu’un homme en Allemagne qui soit satisfait de cette activité provocatrice, destructrice, de Franz Mehring, c’est le ministre de police prussien. (Agitation) C’est pourquoi je dis: comme ennemi, vous n’étiez pas dangereux pour nous et vous ne le seriez pas si vous deveniez à nouveau notre ennemi. {Une voix: Vous aussi! — Hilarité) Mais nous nous garderons contre vous, comme contre un ami menaçant de l’intérieur l’existence de notre parti. {Approbation et sifflets) (1)
! Hoffmann, de Hambourg. — Je regrette que Braun ait mêlé l’affaire Mehring à la question générale. J’approuve la déclaration du comité. Le mal vient en grande partie de ces gens qui, arrivés tard dans le parti, (Une voix : Socialistes de salon!) veulent conduire alors qu’ils devraient encore être conduits. (Vive
Kautsky. — Il ne s’agit nullement d’une discussion privée entre Mehring et Harden. C’est de l’article de Bernhard qu’est sorti tout le débat. Bernhard disait dans cet article, intitulé : Morale de parti, que les chefs de notre parti pensent et parlent dans le privé autrement qu’en public. C’est moi qui ai connu le premier cet article et, indigné, l’ai signalé à Mehring en le priant d’y répondre. Et loin de redouter l’approche des élections, il était nécessaire d’y répondre avant les élections, sans quoi nos adversaires auraient eu la partie trop belle auprès des masses.
Pour le fond, :
il ne s’agit pas de la liberté de pensée, mais d’une question de propreté publique. Représentez-vous qu’un camarade
eùt le bon goût de monter sur un tas de fumier et de vouloir de là-haut haranguer le public; n’aurions-nous pas le droit de lui dire : choisis une tribune plus propre. La liberté de pensée serait-elle menacée ? Assurément non. (Hilarité. — Approbation. — Une voix: Très spirituel!)
Or, il À impossible de comparer la Zukunft aux journaux dans lesquels écrivirent Marx et Engels et Liebknecht. Elle est plutôt ce tas de fumier. Après les articles qu’elle a publiés contre nous, on ne peut comprendre comment un socialiste ose encore y écrire. Jadis il eût été chassé du parti. (Vive approbation)
Braun a violemment attaqué Mehring. Mais c’est justement lui qui l’a ramené dans le parti et me l’a recommandé pour la Neue Zeit. Je l’ai reçu avec défiance, car j’estime qu’une saine défiance à l’égard de ceux qui nous viennent des partis bourgeois, à l’égard des intellectuels surtout, est de rigueur. Mais aujourd’hui Mebring a combattu depuis dix ans à nos côtés. IL mérite toute la fidélité que nous devons à un vieux camarade de combat. (Vive approbation)
Mebring est respecté par tous, même par nos adversaires, comme théoricien savant du socialisme. D’où vient donc qu’on l’attaque ?
Cela vient de ce que Mehring compte parmi ceux qui se ‘sont élevés jusqu’à la notion du socialisme scientifique, et pour qui le programme n’est pas une simple formalité qu’ils acceptent afin de rester dans le parti, mais une vérité vivante dont ils se font les champions. /Vive approbation) C’est justement parce qu’il défend le programme même contre ceux qui attaquent notre tactique, qu’il s’est attiré la haine et les attaques de ces mêmes gens qui le célébreraient comme un héros de la pensée, s’il attaquait aujourd’hui le programme avec eux. {Approbation enthousiaste)
le congrès de Dresde
Ces socialistes ressemblent aux individus qui après s’être querellés avec leur voisin vont dénoncer celui-ci pour un crime de lèse-majesté qu’il aurait commis
Braun a dit que moi aussi j’ai écrit dans des organes bourgeois. Mais c’était à une époque où la presse socialiste n’existait pas. L’exemple de Liebknecht ne doit pas servir d’excuse. Braun ferait mieux d’imiter ses vertus que ses fautes.
Je m’étonne qu’il existe encore des gens pour croire à la légende d’une presse indépendante ou à l’action d’un article. La presse indépendante est une hypocrisie politique et les articles socialistes n’ont aucune action sur la bourgeoisie. On ne peut agir sur la classe bourgeoise que par des œuvres scientifiques. Donc ces articles ne sauraient être utiles. Mais ils peuvent être très nuisibles au parti. J’espère donc que le congrès votera la motion du comité. (Vive approbation) (1)
Edmund Fischer. — Je ne suis pas homme de lettres. Je n’ai jamais écrit une ligne dans les organes . bourgeois. Je n’ai aucun intérêt personnel dans l’affaire.
| J’approuve en partie la motion du comité. Mais je ê suis indigné de la manière dont elle fut provoquée. Tout
vient de Mehring. Kautsky a prétendu que la question
était récente. C’est inexact. Depuis longtemps des
socialistes écrivaient dans des journaux bourgeois.
Kautsky lui-même a accepté comme collaborateur à la
Neue Zeit un antisémite Hans Leuss, condamné dans
la suite pour faux serment. Le comité aurait eu depuis
longtemps l’occasion de sévir. Mais le besoin de propreté
date du jour où Adler (de Vienne) publia dans la Zukunft un article contre Mebring. C’est lui, — ce personnage qui provoquerait l’indignation des ouvriers s’ils connaissaient sa vie, — qui pour des raisons personnelles a fait de cette affaire une affaire d’État.
Je ne voterai pas pour la motion du comité, parce qu’elle conduit à des injustices. Elle atteint
| d’excellents et pauvres socialistes qui vivent de comptes rendus qu’ils donnent aux journaux bourgeois. Si l’on ne peut écrire pour la Zukunft, on ne doit pas le pouvoir davantage pour aucun organe bourgeois. En réalité on ne peut trancher la question d’un coup. Il faudrait une décision dans chaque cas particulier. (Approbation
Beyer, de Leipzig, reproche à Fischer d’avoir entraîné la discussion plus que jamais sur le terrain personnel. Cette belle indignation de Fischer aurait dû se manifester plus tôt. Quant à Mebring, dit-il,
les ouvriers qui eurent affaire à lui savaient ce qui en était; mais ils se sont dit qu’une évolution toute naturelle s’était produite chez lui. /Une voix : Il a mué deux fois!)
Aussi bien vaut-il mieux se développer de droite à gauche que de gauche à droite. Et même si des socialistes ont collaboré autrefois à des organes bourgeois, aujourd’hui les choses ne peuvent continuer ainsi. L’article sur la morale de parti représente les ouvriers comme un troupeau de moutons. (Très juste ! — Bebel s’écrie : C’est ce qui a été écrit de plus violent!) Il faut que cela finisse. (Approbation) (2)
: le congrès de Dresde
Clara Zetkin. — On a dit que la motion du parti avait causé une profonde émotion. Elle n’a fait que déchaïîner une tempête dans le verre d’eau de quelques gens de lettres. Dans le parti on s’est simplement
indigné que la question püût être posée.
’ On a dit qu’il s’agissait d’un débat entre gens de lettres. C’est inexact. Il s’agit de savoir s’il est permis ensuite s’il lui est permis de collaborer en général à un
A la première question il faut répondre non.
Cette revue est telle que non seulement un socialiste | mais encore un honnête homme ne peut y écrire. (Approbation enthousiaste) D’ailleurs les articles parus dans | cette revue ne peuvent, quoi qu’on en dise, influer sur les bourgeois. De plus elle fait partie de cette presse
qui a exactement à remplir la même mission que l’église s au service de la bourgeoisie, à savoir empoisonner la conscience de classe du peuple des travailleurs.
Elle est d’autant plus dangereuse qu’elle pénètre sous le masque du faux ami dans les milieux ouvriers. Nous considérons comme une honte de s’y abonner. Est-ce pour permettre d’y collaborer ?
La seconde question est une question de tactique.
’ Au fond la question se pose ainsi : pouvons-nous nous entendre avec la société bourgeoise, la gagner, ou devons-nous la vaincre? On la discutera. plus tard. Nettement favorable à la seconde hypothèse, je me contente pour l’instant de dire ceci:
Sile temps, la force, le talent que l’on dépense à persuader peut-être tel ou tel bourgeois que nous ne sommes pas
d’aussi mauvais diables qu’il le croyait, si l’on voulait, dis-je, employer le même temps, la même force, le même talent à révolutionner les masses, au lieu de deux ou trois camarades flous venus de la bourgeoisie, on gagnerait des centaines de milliers de véritables combattants. /Approbation enthousiaste. Applaudissements) (1)
Adolf Hoffmann, de Berlin. — D’après Fischer l’on
pourrait croire que l’on discute la question : péchés de s Mebring, Braun et compagnie. La question est autre. Mebring a été coupable, c’est vrai. Mais il a fait pénitence. Et s’il a péché ce n’est certes pas une raison pour
. limiter. Il s’agit non de tout cela mais de savoir
si un camarade peut être rédacteur à un organe adverse et s’il peut en cette qualité occuper des postes d’honneur dans le parti.
Ainsi Bernhard, rédacteur à la Morgenpost, aurait pu,
étant donnée l’inintelligence d’une grande partie des
être élu député. Quelle bonne affaire pour la Morgenpost.
Et quelles difficultés entraîne cette situation pour la presse socialiste. Aux camarades qui recherchent des abonnés on répond: Eh! mais la Morgenpost coûte moins que le Vorwaerts, et des socialistes y écrivent. Pourquoi prendre le Vorwaerts? Le congrès ne peut souffrir cela plus longtemps.
Et quels sont les articles que la presse bourgeoise accepte ? Ceux qui peuvent causer de l’embarras aux socialistes et que les adversaires nous opposent tou-
| le congrès de Dresde
jours. Les écrivains libres se réclament de Liebknecht.
Que ne s’inspirent-ils de son esprit au lieu d’imiter ses
défauts ? Il est très juste de faire remarquer avec quelle
rapidité les intellectuels venus à nous veulent passer
J’estime beaucoup les intellectuels, — Liebknecht en était ; un aussi, — qui viennent à nous pour travailler avec nous, mais non pour nous jeter sans cesse des bâtons dans les roues et jouer au commandant parmi nous… Il est temps que nous disions à ces camarades : usez donc la substance grise de votre cerveau à critiquer nos adversaires. Si vous ne le pouvez pas, alors il vaut mieux, je le déclare franchement, que vous nous épargniez votre présence. {Vive
La masse des ouvriers n’est pas avec eux. Leur départ n’amênerait aucune scission. (Approbation enthousiaste et prolongée) (1)
Stadthagen. — Jusqu’à un certain point je ne suis pas d’accord avec la proposition du comité, car elle ne me semble de loin pas aller assez avant… Si nous l’acceptons, c’est bien le moins que nous puissions faire dans l’intérêt du parti.
La nécessité d’une telle résolution est prouvée par la conduite même de Braun et de Fischer. Après la correspondance qu’a lue Pfannkuch, on peut bien dire qu’il n’existe dans les partis bourgeois aucun document où la simple vérité soit ainsi déformée. C’est inoui. Par contre ces gens écrivent pour la Zukunft,
cet ignoble organe, des articles qu’on ne peut appeler ni socialistes, ni moraux, mais infiniment malpropres.
La Neue Zeit a protesté là contre de la façon la plus aimable et la plus douce.
Et si l’on porte plainte contre cet article de la Veue Zeit, c’est cela qui est une atteinte à la liberté de pensée, comme il ne peut s’en produire de plus grave dans le parti. Vous agissez comme les réactionnaires qui suppriment la liberté en prétendant la défendre.
3 Si le comité avait publié cette plainte, peut-être bien que certains électeurs eussent pensé différemment sur
Je ne sais d’ailleurs comment on peut adresser des reproches à Mebring, qui s’est élevé au prix de tant de peines jusqu’au socialisme. Il est faux également de prétendre que c’est lui qui a tout mis en mouvement. Autrefois déjà, la commission de propagande avait, à l’unanimité, refusé d’inscrire Bernhard parmi ses orateurs. Et avec raison. La besogne que font les camarades dans la presse dite indépendante ressemble à une trahison. En tout cas il est impossible de leur donner des postes de confiance.
Ils prétendent pouvoir agir utilement par leurs articles. Ils ne réussissent qu’à accréditer dans le public la croyance à une double tendance qui existerait dans le parti. Il est impossible de leur accorder des postes de peut-on avoir confiance en vous?!) C’est une infamie que de supposer la social-démocratie capable d’agir ainsi.
Braun, par la manière de son discours, par ses réponses mouvementées à des interruptions qui n’ont pas eu lieu, m’a fait songer à Thérèse Humbert. /Hilarité) Seul le bouton de culotte a manqué. /Grande hilarité) Vous n’avez même
31 ,
. le congrès de Dresde ; pas pu fournir un bouton de culotte à l’appui de vos plaintes contre l’oppression de la liberté de pensée. Il s’agit évidemment, sous prétexte de faire place à la liberté de pensée, de supprimer dans le parti la liberté de pensée au profit de ceux qui veulent se rapprocher des partis bourgeois.
Ceux-là s’intitulent revisionnistes. En réalité ce sont ceux que les partis bourgeois mènent par le nez, dont
J ils se servent pour jeter la discorde dans le parti. Ilsles couvrent d’éloges et accablent d’injures leurs adversaires. Bien des circonscriptions électorales auraient simplement chassé de tels camarades. Le comité va moins loin. Il ne demande que le minimum indispensable si l’on veut éviter une scission. (Vive approbation) (1)
La discussion est remise au lendemain.
Victor Adler, de Vienne, demande la parole au sujet d’un détail relatif à Liebknecht. Si celui-ci a écrit dans un journal bourgeois de Vienne, c’est qu’il ignorait au juste la tendance de ce journal. Cette erreur de Liebknecht ne saurait être un argument contre l’établisse-
ment d’une règle en cette matière. (2)
Singer donne connaissance de télégrammes de félicitations.
Fin de la séance à sept heures du soir.
Mardi 15 septembre. — Séance du matin : Singer ouvre la séance à neuf heures un quart et salue
le camarade docteur Studer, membre du conseil national suisse. Allocution de Studer.
Avant de passer à l’ordre du jour on entend le rapport de la commission chargée de vérifier les mandats des 263 sont délégués par les divers groupements, 57 y assistent de droit en qualité de députés au Reichstag, contrôleurs, membres de la rédaction du Vorwaerts et de la Neue Zeit. 314 mandats sont inattaqués. Les autres ! sont presque tous déclarés valables sur la proposition de la commission. Celui de Bernhard est annulé parce qu’il lui a été donné dans des conditions irrégulières. Toutefois le camarade Bernhard aura le droit de prendre part à la discussion. (1) |
On revient à l’ordre du jour : Collaboration de camarades aux organes bourgeois. La résolution 120 déposée | depuis est incorporée à la discussion.
Ulrich, d’Offenbach. — Il ne s’agit pas d’une que-
à le congrès de Dresde relle de gens de lettres, mais de graves désordres survenus dans le parti. Deux questions ont été discutées hier : celle de la collaboration et celle du linge sale lavé
A la première question il faut répondre nettement par
, la négative. De tels procédés ne peuvent que nuire au
La seconde partie n’est que le prolongement de querelles qui durent depuis longtemps. La responsabilité des scènes d’hier revient en partie aux chefs et aux camarades qui acceptent facilement les intellectuels et leur donnent des postes de confiance. Il y a là un abus contre lequel il faut donner des armes au comité directeur. La motion 7 n’est pas assez précise ni assez énergique. La motion 16 serait préférable. Votons en tout cas la motion 7. Elle ne mettra sans doute pas fin aux désaccords, mais elle sera le commencement d’une action salutaire. (Vive approbation) (x)
Docteur Quarck, de Francfort-sur-le-Mein. — Quelle triste impression la discussion d’hier doit-elle avoir faite sur les auditeurs. Après notre victoire de trois millions de voix nous n’avions rien d’autre à faire que d’écouter les incroyables maladresses de Braun et consorts ! /Très juste!) Je ne souscris même pas à ce qu’a dit la camarade Zetkin, que j’approuve pour le reste, sur la tempête dans un verre
- d’eau; non, il ne s’agit même pas d’une tempête dans un verre d’eau, mais de beaucoup moins, d’une mare berlinoise, dirais-je presque. / Approbations et protestations)
Les ouvriers ne s’en soucient guère. Il ne s’agit que d’une misérable querelle de gens de lettres berlinois.
Ce sont des procédés de police, auxquels on ne s’attendait guère dans le parti.
En ce qui concerne la collaboration, la grande majorité pense qu’on ne saurait l’interdire trop formellement. L’exemple des anciens ne peut excuser les erreurs d’aujourd’hui. Et lorsqu’on reçoit de l’argent d’une force ennemie, on ne se sert pas d’elle, mais on
En ce qui concerne les intellectuels, il y a lieu de se défier de ceux qui viennent à nous avec éclat. Ils doivent prendre leur place dans le rang comme les autres.
D’ailleurs, le comité n’est-il pas un peu coupable, qui leur donne plutôt des postes d’honneur que de travail, alors que le travail ne manquerait pas pour eux? Quant à la résolution 120 qui prétend leur imposer un stage dans le parti, c’est une absurdité.
La résolution du comité elle-même est beaucoup trop élastique. On sent que Auer, absent du comité ce jourlà, n’a pas participé à la rédaction. Elle conduirait à une sorte d’inquisition et de mise à l’index.
Toute la question est une question d’instinct démocratique, lequel doit être développé, non de haut en bas, mais de bas en haut. Dresser de nouvelles tables de lois ne peut avoir qu’un succès passager et ne fait qu’embrouiller l’affaire. Fortifiez le mouvement démocratique par le bas, en lui confiant, conformément à la résolution de Berlin I, la première décision dans le cas douteux. (1) d
Zubeil, de Berlin. — Il ne s’agit pas d’une mare | berlinoise mais d’un symptôme grave dans le parti. IL faut agir. Il ne faut surtout à aucun prix adopter la réso-
le congrès de Dresde lution de Berlin II. Elle pourrait s’intituler résolution Bernhard. Tout dépendrait de l’influence personnelle d’un camarade dans une organisation locale.
Ce qu’ont dit Fischer et Braun de Mebring est incroyable. Comment pouvaient-ils ignorer son passé, et ignorer que ce passé était connu des ouvriers ?
Braun s’est indigné de l’ukase du comité, publié en pleine campagne électorale. Mais c’est lui qui, par ses articles, reproduits par la presse de chefs-lieux d’arrondissement, a causé les plus grandes difficultés aux
C’est pourquoi nous ne devons pas prendre de mollasses résolutions, mais montrer nettement qu’il n’y a point de place chez nous pour ceux qui ne veulent pas se soumettre.
Quarck a dit que l’on pourrait occuper les intellectuels à rédiger des feuilles volantes. Mais nous en aurions bientôt qui nous prouveraient l’existence de Dieu. Non, il n’y a qu’un moyen : mettre ces camarades parmi les autres et les éprouver.
C’est pourquoi je ne puis que vous demander d’adopter la résolution de Brême. / Vive approbation) (1)
Bernhard, de Berlin. — Le qualificatif d’intellectuel pourrait ne pas m”atteindre, car je puis prouver que j’ai été longtemps commis dans un magasin. Mais
F je l’accepte. Par contre, je ne puis laisser dire que je suis venu au socialisme d’un autre parti. Je n’étais rien avant d’être socialiste et, depuis que je le suis, jai fait mon devoir comme les autres.
1 36
Il faut que mon article ait été bien gauche pour qu’on
C’est pourquoi je déclare franchement qu’aujourd’hui je suis d’avis qu’il eùt mieux valu ne pas l’écrire et que je n’écrirai plus d’articles semblables. /Bravo! et rires]
Mon intention était d’ailleurs de repousser certaines attaques dirigées contre le parti. J’ai droit à une interprétation loyale de mon article. Lorsque la critique de Mebring a paru, j’y ai répondu par une simple note, rectifiant son interprétation. Je ne songeais pas à soulever la question de principe de la collaboration aux organes bourgeois. C’est l’article de Mehring qui a montré qu’on voulait faire de mon article une affaire d’État. On prétend maintenant que la question occupait les ouvriers depuis longtemps. C’est inexact. Ils n’y ont pensé qu’après la déclaration du comité. Et j’ai toujours trouvé qu’ils désiraient une décision particulière dans chaque cas particulier.
Lorsque j’ai demandé à entrer dans le parti, je nai pas caché ma situation. On m’a répondu que je pouvais comme tout autre travailler dans une entreprise bourgeoise, à condition de ne pas écrire contre le parti. Plus tard seulement, la commission de propagande a refusé de m’inscrire sur la liste des orateurs. Malgré cela, je n’ai pas cessé, pendant la période électorale, de parler, de faire de la propagande partout, même dans les circonscriptions de Zubeil et de Stadthagen.
Si j’ai protesté contre les reproches qui m’étaient adressés au sujet de mon article, c’est qu’ils émanaient de Mehring. Personne ne songe à entraver son activité dans le parti, quoi qu’en ait dit Kautsky. Mais si quel-
N le congrès de Dresde qu’un n’a pas le droit de parler sur la morale, c’est lui. Non seulement il a changé deux fois d’opinions, écrit S des attaques les plus violentes contre la socialdémocratie (Ici des extraits d’articles de Mehring qui \ font sensation dans le congrès) maïs il a été lié avec | Maximilian Harden, lui a demandé de fournir du travail au socialiste Schoenlank, et l’assuraiïit de son amitié. IL { lui envoyait même, le 11 septembre 1892, ce mot :
Si vous trouvez jamais opportun ou nécessaire de régler vos comptes avec Schoenlank, adressez-vous en toute confiance à moi. Je connais le moyen d’apprivoiser l’animal.
Je ne reproche pas ces choses en elles-mêmes à Mehring, mais bien d’avoir recours, aujourd’hui comme
jadis, au mensonge. Et, chose plus grave, lorsque, revenu à la social-démocratie il a écrit pour elle, il a eu l’audace d’insérer, dans sa nouvelle brochure, des passages d’articles écrits jadis contre elle, en remplaçant simplement un mot par un autre, comme par exemple « vrai » par « faux ». (Gitations)
Dans la résolution du comité, les mots « critique haineuse et perfide » sont malheureux. Pour ma part, mon tact politique ne m’a pas dit que je ne devais plus écrire d’articles de politique commerciale dans la Zukunft. Et la seconde partie de la motion est encore
s plus malheureuse. Elle divise les camarades en camarades de première et deuxième classe. Si l’on m’avait conseillé de ne pas me mettre en avant, je l’aurais fait. Mais imposer cette mesure à tous les camarades qui
‘0e se trouvent dans ma situation, c’est les déclasser.
D’ailleurs, qu’appelle-t-on occuper un poste de con-
1 fiance? Être orateur du parti? Mais alors je fais
remarquer que le camarade Pfannkuch se plaignait de la pénurie d’orateurs surtout pendant la période électo- | rale. De plus
si l’on va jusqu’aux dernières conséquences on ne pourrait pas conseiller aux ouvriers de l’État ou des usines à contrôle sévère d’entrer dans le parti /Vives protestations) ‘ car au moment où la chose se saurait, ils entreraient en conflit avec le parti ou bien avec le syndicat. /Nouvelles
Si l’on a vu un tel conflit dans mon article, il fallait m’en rendre responsable et non supposer d’une manière
- générale que les journalistes le résoudraient au détriment du parti. Et si l’on ne veut pas qu’ils écrivent dans la presse bourgeoise, il faut tâcher qu’ils trouvent à s’occuper dans la presse socialiste sans craindre d’être brusquement renvoyés. Je n’ai jamais refusé de travail- 6 ler pour le parti soit dans mon domaine de la politique commerciale, soit par la propagande. (Approbation )(1)
La discussion est suspendue.
Les camarades de Dresde ont invité le congrès à une promenade en vapeur sur l’Elbe, annonce Singer. Le congrès se montre peu disposé à perdre une journée. Sur la proposition Singer, la réponse définitive est
Fin de la séance à une heure un quart.
Séance de l’après-midi
Trois heures un quart. Présidence de Singer.
La commission de vérification des mandats signale qu’à Mulhouse, par suite d’une division entre les socia-
| listes de là-bas, deux mandats ont été donnés. La com-
| mission propose d’en annuler un. — Adopté.
“ On revient à l’ordre du jour. Une nouvelle résolution,
portant le numéro 128, a été déposée.
{ Bebel. — Plusieurs orateurs se sont plaints de la longueur du débat actuel. De nombreux camarades ont dd éprouvé des sentiments de malaise et de dégoût. Je les | comprends. Mais ce débat, cette opération étaient né-
cessaires. Il estimpossible que dans un organisme aussi grand que la social-démocratie allemande, certains
È phénomènes morbides ne se produisent pas. Mais quel que soit le dégoût que l’on éprouve à porter le bistouri
dans de semblables abcès, l’opération est indispensable.
! Et la social-démocratie a sur les autres partis, qui sont if tous plus atteints qu’elle, l’avantage de faire ces opéra- ”
tions au grand jour. Si l’on veut dire que la question actuelle est secondaire je répondrai que c’est une erreur. Les nombreuses
4 résolutions présentées prouvent que tout le parti la con-
sidère comme importante. L’article de Bernhard n’a fait que fournir l’occasion de réagir contre un état de | choses ancien et intolérable. Ce fut l’opinion du comité. De là sa déclaration. <
Que la formule trouvée par lui ne soit pas parfaite, c’est possible. Le camarade Quarck a prétendu que Auer, absent du comité ce jour-là, en eût trouvé une meilleure. Je n’en sais rien. Mais que n’emploie-t-il sa puissance critique à la trouver lui-même cette formule.
Si lui ou un membre du congrès la trouve, nous nous sommes déclarés prêts à l’adopter. Jusqu’ici personne
. ne l’a trouvée. La motion 8 des camarades de Berlin II est superflue, puisqu’il va de soi que l’organisation locale devra toujours décider en première instance. Afin d’éviter toute fausse opinion ou interprétation, je À vous prie donc de la repousser. De même la résolution 16. Sans doute elle est nette, concise et tranchante. Mais il s’agit de savoir si elle atteint tous les cas et si ensuite elle ne vous amènerait pas à commettre des
Dans la pratique, il faut examiner chaque cas. Ainsi, dans l’affaire Bernhard (dont on n’a pas voulu faire une affaire d’État, quoi qu’il en ait dit) nous savions qu’il collaboraït à la Berliner Morgenpost. Bien que ce journal soit le principal concurrent du Vorwaerts (ce qui serait bien aussi une manière d’envisager la question), nous avons estimé à l’unanimité, que, pour l’instant, il n’y avait pas lieu de prier Bernhard de cesser sa collaboration.
Mais il en va autrement pour la Zukunft.
Comme l’un des plus anciens parmi vous je déclare ceci: | il y a quelques années j’aurais tenu pour impossible qu’il existät des éléments tombés moralement assez bas /Appro- à bations enthousiastes) pour écrire jusque dans ces derniers temps dans la Zukunft, et entretenir encore avec Monsieur î
f: le congrès de Dresde ; qn Si Bernhard et d’autres camarades comme Braun, | Lily Braun, Goehre, Borchardt publient leurs attaques È (Ici une citation) contre le socialisme dans la Zukunft, fr c’est sans doute parce que leurs articles y sont mieux 4 payés que dans la presse socialiste. Car la Zukunft n’est qu’une spéculation financière très habilement ê Et il faut vraiment manquer de tact, de conviction socialiste /Très juste!] pour se laisser prendre par ce Harden, $ dont le passé ressemble à celui de certaines dames /Une voix : oh! oh !) — Qui dit oh! oh!? — et se mettre à la remorque de ce séducteur, parmi la longue traînée de ses Lors de la fondation de la Zukunft, Harden envoya une circulaire à Engels, Liebknecht et moi pour solliciter notre collaboration. Engels, se trouvant en Angleterre, répondit par un refus poli. Liebknecht et moi nous ne répondîimes pas. En 1893, je lus dans la Zukunft à deux articles odieux contre la social-démocratie. J’écri- : vis alors à Harden pour lui demander comment il avait eu le toupet de solliciter notre collaboration. Il me ré- ; pondit qu’il ne comprenait pas ma colère et avait voulu de simplement mettre à ma disposition une tribune libre. Je l’envoyai définitivement promener. De là les coups Û qui, de temps en temps, me sont administrés par la è Zukunft. Je ne me suis pas soucié de ceux-là plus que fo des autres. : : Et que ne m”a-t-on pas fait avaler dans ces derniers temps, ‘1 {Très bien! hilarité) que n’a-t-on pas dit du sénile Bebel, 4 du vieux bougre qui est incapable d’avoir encore une idée : sensée, {Hilarité) qui, dans le parti, est devenu la risée des | enfants. /Grande hilarité) Je n’ai fait qu’en rire. /Très bien!)
Je vais vous livrer un secret de famille : Il arrive souvent que l’on m’envoie ces articles et que je les lis le matin pendant que je prends mon café avec ma femme. Je lui dis alors : tiens, Julie, voilà encore un article d’insultes furieuses ; étonnant, très amusant. Ma femme est prise de curiosité, — nous sommes curieux aussi nous autres hommes, — elle veut lire l’article et elle se fâche. /Très grande hilarilé) Je lui dis : ne dis donc pas de sottises, je ne fais qu’en rire. Et en effet cela m’amuse, car je sais alors que j’ai raison. {Vive approbation) Mais lorsque je reçois des éloges, je me gratte l’oreille et me demande : es-tu dans le bon chemin ? {Très juste!)
Je reviendrai tout à l’heure sur les deux articles de la Zukunft. Pour l’instant, je voudrais parler de Mehring. Je suis un de ceux qui le connaissent depuis le plus longtemps. Je l’ai connu à la fin des années soixante alors qu’il était jeune et démocrate. Puis je lai perdu de vue. Lorsqu”en 1878, parut sa brochure contre le socialisme et certains socialistes,
je me dis : Voilà une énigme psychologique, et jusqu’à cette heure j’ai trouvé en lui des séries d’énigmes psychologiques.
Ces attaques nous furent très sensibles par suite de leur forme extraordinairement adroite, — Mebhbring est en ce sens l’un des plus brillants sinon le plus brillant écrivain de l’Allemagne jusqu’à cette heure, — et aussi parce que ces attaques devaient donner l’impression qu’elles contenaient beaucoup de vrai.
Puis vint la loi contre les socialistes avec tous ses terribles effets. Aujourd’hui encore, après que toutes les per- } sécutions ont passé sans m’avoir nui, lorsque ma pensée se reporte à ce petit état de siège, lorsque je me représente comment nous reçümes l’ordre de nous rendre au bureau de police, comment nous fùmes, tels des criminels, mis sous
1e le congrès de Dresde à la toise et mensurés, comment nous fûmes photographiés a et obligés de déguerpir dans les trois jours, je ne l’oublieis rai jamais de toute ma vie. Et si je devais vivre jusqu’au û jour où je pourrais dire à ceux qui vivent encore : mainte- ; nant je vais vous faire voir comment vous avez agi, — je le
4 Puis vint la victoire de 1881 malgré la loi. Ce fut sa
ï: mort sinon effective, — elle dura encore neuf ans, — du N moins pratiquement. Elle fut moins sévèrement appli- | quée. À ce moment parurent dans la Weserzeitung des ps correspondances de Berlin. On y parlait avec compé- a tence de la social-démocratie et on la défendait contre à les menées policières. De qui étaient ces articles? De Fi ce même Franz Mehring. Et je me trouvai de nouveau devant une énigme psychologique. En 1883-84 et années 2 suivantes, Mebring entra à la Volkszeitung de Berlin ® et défendit encore avec plus de chaleur la social1 démocratie.
s proposa de me mettre à nouveau en relations avec Mehring, et d’inviter celui-ci à un diner que nous devions
faire ensemble à la suite d’un pari. Il prétend maintete nant qu’à cette époque il ne connaissait pas le passé
’ de Mehring.
; Non, Heinrich Braun, vous l’avez connu, vous connais-
j siez ses articles, vous connaissiez sa brochure. Vous saviez
è très exactement ce que cet homme avait fait, et c’est un honneur pour vous, — je vous en tiens un très grand compte, Fr — de l’avoir malgré cela amené à nous. Comment pouviez-
‘ vous vous permettre d’inviter Mehring au dîner, sans x vous être assuré qu’il était prêt à y venir! {Très juste!) y Comment pouviez-vous venir me poser cette question ? de J’affirme sous serment ce que j’ai dit ici. Je laisse à vous
et à tous les camarades le soin de prononcer le jugement sur Heinrich Braun et moi. /Braun : Mais seulement après que j’aurai parlé !) C’est encore Braun qui a introduit Mehring dans la rédaction de la Neue Zeit. Il écrivit à Kautsky, absent de Berlin. Celui-ci eut des scrupules. Braun répondit : adresse-toi à Bebel. Kautsky m’écrivit alors et je lui Après que Mebring s’est depuis six ans converti de nouveau au socialisme, et qu’il se repent, comme j’en suis persuadé, de ce qu’il a fait jadis contre nous, applique, toi ; aussi, le beau précepte de la Bible : un pécheur qui fait , pénitence est plus agréable au Seigneur que quatre-vingtdix-neuf justes. Et c’est ainsi que depuis 1888 Mehring collabora à la Neue Zeit. Et l’on ne peut guère reprocher qu’une chose à sa collaboration : les attaques personnelles, même contre des amis de la veille, auxquelles il a le tort de se laisser entrainer par la passion. Après la chute de la loi sur les socialistes, je propo- Ë sai à Dietz d’écrire une histoire du parti. Mais après deux années de travail, je m’aperçus que mes occupa- | tions ne me permettraient pas d’arriver au bout. J’ac- | ceptai avec empressement l’offre que fit Mehring | d’écrire cette histoire. Il l’a écrite. C’est une œuvre ’ admirable, à qui on ne peut reprocher aussi que des attaques d’animosité personnelle contre certains individus, et une fausse appréciation du rôle de Schweizer. ) Pour moi je n’écrirai pas une histoire du parti, mais un | livre sur mes souvenirs; je l’ai commencé cette année. ‘ C’est l’un des travaux que je me propose de faire à Kuessnacht, où je ne dors pas. /Hilarité) Donc j’ai commencé; je
DE ne sais quand viendra le dernier chapitre, mais il viendra. Re Je tiendrai bien jusque-là. / Vives approbations) Je ne songe pee. pas à mourir /Nouvelles et vives approbations) et je ne
pe: deviens pas non plus paresseux. /Approbations enthou- ‘ts siastes et prolongées) J’espère réserver encore, s’il est. Die nécessaire, à mes chers amis et ennemis maint mauvais
ne. Puis Mehring, — sans parler de son activité de jour- 0 À publication des œuvres posthumes de Marx.
pe Là tout ce qu’on peut blämer dans les autres ouvrages ” ‘4 est évité, {Très juste!) c’est un travail hautement scientiLT F fique, et lorsque Braun, Fischer, Bernhard, etc., seront “0 oubliés depuis longtemps, les œuvres d’un Mehring seront Be encore considérées dans la littérature allemande comme 105 une grande action. / Vive approbation) C’est ma conviction Re sincère et loyale que je soutiens à la face de tous.
‘4 Bernhard a lu ce matin la lettre au sujet de Schoenno lank. Elle est profondément regrettable.
si Je sais bien que Schoenlank et Mehring étaient les amis ‘4 les plus intimes, inséparables comme les frères siamois. ‘4 Puis soudain la rupture et finalement ces attaques terribles D contre Schoenlank. C’est de nouveau ce moment psycho-
46 logique /Hilarité) dont j’ai parlé. Qu’on me comprenne bien : “0 un très, très désagréable moment psychologique, une 1 action que je ne puis pardonner à Mehring, je le déclare #04 s carrément, si au cours de la discussion il n’est pas en Ra mesure de donner des explications suffisantes. / Vive approLE: bation) Je défends Mehring où je crois pouvoir en toute | ne 5 conscience le défendre, mais la lettre sur Schoenlank est D. y quelque chose qui répugne violemment à tous mes senti5 ments, me blesse très gravement, et pour quoi le moment DA | JS psychologique peut servir d’explication mais non d’excuse. 08 Je crois m’être assez étendu sur la question Mebring. Je
regrette d’être obligé d’éprouver encore quelque temps votre patience, mais je me sens en ce moment, je ne veux pas dire dans le rôle du procureur, mais de celui qui doit dans le plus grand détail expliquer pourquoi nous nous occupons de ces questions. Il faut que j’examine quelques articles de la Zukunft. Il s’agit tout d’abord de l’article : l les rouges prima donna, du 26 novembre 1892, où les chefs du parti, comme le titre l’indique déjà, sont raillés de la . manière la plus abominable, en première ligne Liebknecht, Singer, Auer, moi et Vollmar, — Vollmar en était encore à cette époque. — /Hilarité) (Suivent des citations.) D’autres articles du même l genre parurent à des intervalles inégaux. Avant d’écrire dans cette revue, on avait donc le devoir de
- s’informer sur la Zukunft, puis le devoir d’envoyer, comme je l’ai fait, un coup de dans une certaine partie de son individu. /Hilarité et Le 22 novembre 1902 Harden publia un article intitulé Obstruction, où il prend vivement à partie les . socialistes et loue le comte de Bülow. Cela fut écrit en novembre de l’année passée, à ces heures de notre combat le plus pénible contre la majorité du Reïichstag. Et si même tous ceux qui collaboraient à la Zukunft, Lily Braun, Bernhard, Goehre, Borchardt /Une voix : Stroebel aussi), — on crie Stroebel aussi. Je n’en sais rien, mais je ne crois pas que‘dans ces dernières années il | ait travaillé à la Zukunft, — n’avaient pas su quelle était la | Zukunft en 1893-94, ce qu’elle a écrit en 1902, vous l’avez à tous lu, tous sans exception, et celui qui avait encore 1 quelque sentiment d’honneur, comme femme, homme et à comme camarade, celui-là devait se dire : tu t’es laissé entraîner à complaire à ce Harden, et voici qu’il insulte : notre parti de la façon la plus vile, maintenant il faut bri47
Nr, le congrès de Dresde | : ser avec lui et lui jeter sa collaboration au visage. Mais Ô qu”a-t-on fait? Rien du tout. / Vives exclamations de mépris Zukunft et empoché l’argent. Le parti devait se laisser insulter. Et maintenant je le demande à chacun de vous: Quelle sentence morale mérite celui qui dans de telles cirSe, con$tances a le courage de continuer à écrire pour la Zukunft ? (Une voix : le fouet. — Approbation enthousiaste ; et prolongée. Applaudissements] C’est là le point décisif, c’est de cela qu’il s’agit, Je veux oublier et pardonner tout ; ce que la Zukunft a écrit en 1892-93 et années suivantes “À contre nous, mais non ce qu’elle écrivit en 1902 aux jours À les plus pénibles du combat soutenu par le groupe parlementaire contre un monde d’ennemis… Et dans ce grand moment historique pour le parti, pendant ce combat qui a rapporté au parti plus d’honneur et de dignité qu’aucun À autre auparavant, il y a parmi nous des traînards qui attaquent le parti par derrière en soutenant une telle feuille de leur collaboration, en lui donnani de la considé- | ration morale, afin qu’elle pût continuer à combattre et salir le parti. /Cris : Fi!) Une telle conduite ne mérite à mon sentiment qu’un vigoureux fi! /Approbations enthousiastes. Applaudissements et sifflets) Je suis depuis plus de quatre décades dans la lutte politique; je n’ai pas toujours été socialiste et pendant un certain temps j’ai combattu le socialisme aussi ardemment que je l’ai répandu depuis. à Mais mon honneur n’a été jamais jusqu’à cette heure ï souillé de la moindre tache de rouille. /Approbation enthousiaste, longtemps prolongée) Et je veux révéler à ceux que cela regarde un secret, si c’est là un secret. Les adversaires : disent toujours : le vieux Bebel, il n’y a rien à faire, il a les masses derrière lui. Pourquoi donc a-t-il les masses derrière lui? Parce qu’ils sont obligés de se dire : il a com- ; mis mainte bévue, fait mainte bêtise, s’est parfois laissé entraîner par son tempérament, mais même dans sa bêtise il fut toujours l’honnête homme. /Approbation enthousiaste) Par ses fautes mêmes il a cru servir le parti, et on ne peut le toucher. /Vive approbation) Et si vous, que cela regarde, vous voulez avoir la même influence, eh bien! faites
comme moi. {Approbation enthousiaste. — Agitation) Je regrette beaucoup d’être obligé de dire ces vantardises, — comme on les appellera sans doute dans la presse adverse. — Mais lorsqu’on fut, et lorsqu’on est encore comme moi Vobjet d’attaques personnelles, il faut bien parler une fois, lever les voiles et dire comment il se fait que les choses sont ainsi. Elles sont ainsi, parce que toujours je me suis tenu honnêtement sur le terrain de la lutte de classe, - _ parce que je suis aujourd’hui encore d’accord avec ces masses d’où je suis sorti.
Et mon expérience me permet de vous dire : éprouvez bien tout camarade nouveau, mais éprouvez deux et trois fois les intellectuels. Il ne faut pas les repousser : nous avons besoin de leur intelligence et de leur savoir. Mais précisément parce qu’ils sont intellectuels, leur premier devoir est de s’informer auprès des prolé- taires comment pensent les masses qui savent mieux qu’eux de quoi il s’agit dans la lutte du prolétariat.
C’est donc une grave question que vous débattez.
Je vous en prie, je vous en prie à genoux, ne prononcez pas un jugement hâtif, mais demandez-vous d’abord comment il se fait qu’une chose semblable ait pu arriver, comment il se fait que tout d’un coup, avec une violence de forces élémentaires, que le parti n’avait pas connue, non pas sur un signal venu d’en haut, mais de bas en haut, la colère et l’indignation se soient fait jour. Dans la misé- rable question de la vice-présidence, la colère et l’indignation sont montées depuis les masses jusqu’en haut; / Vive approbation) les masses se sont dit : nous avons livré un combat si glorieux, nous sommes devenus plus puissants que jamais, des temps difficiles, très difficiles, nous at-
. tendent, et voilà que certains messieurs arrivent avec cette question d’intérêt spécial pour eux, — ceux-là n’ont aucune espèce de sentiment pour ce que pense et sent vraiment la
à Qu’on ne vienne pas me dire : vous vous trompez, méfiez-vous des provocateurs, des gens qui vous ï entourent. (Grande hilarité) C’est moi qui suis le pre ‘à mier et le vrai provocateur. (Très grande hilarité) J’ai trouvé Mebring et Kautsky trop doux. Je reprocheraïi xva même longtemps à mon ami Kautsky d’avoir supprimé k, quelques paroles à mon article. (Nouvelle hilarité) On
a parlé d’éviter l’agitation dans le parti. C’était impos-
#1 sible. On a perdu en partie le contact avec les masses, ü on ne les connaît plus. Partout ce fut une indignation À générale. Il s’agit de savoir jusqu’où elle ira. Il dépend é beaucoup de certaines gens qu’elle reste dans des limites raisonnables. En tout cas le parti aura l’œil j ouvert désormais, et ne se gênera pas pour laver la tête à ses chefs, dès que quelque chose lui déplaira dans F leur conduite. Quant à l’article même de Bernhard celui-ci l’a ré- ï tracté aujourd’hui même. Il serait cruel d’insister. Car on ne saurait être plus piteux qu’il ne le fut. Qu’est-ce ; qu’un socialiste qui écrit un article dont il n’a pas mesuré toute la portée? à Oui, mais ce n’est pas tout, cher camarade Bernhard! il à ne suffit pas que vous disiez : je n’écrirai plus d’article ï, semblable ; je vous demande si vous voulez encore écrire \ des articles pour la Zukunft? {Bernhard : Non!) Je suis ë heureux d’entendre cela de votre bouche, et moi aussi je dis ici : un pécheur qui se repent m’est plus agréable que quatre-vingt-dix-neuf justes! /Vive approbation et hilarité) Je me doutais de votre intention d’après votre discours. nr Mais je voulais un non formel, afin que Harden ne püt ki pas vous remercier. Vous voyez combien je suis votre
Et je puis bien vous le dire : votre article renfermait des principes tout à fait dangereux. Vous avez rétracté, vous êtes hors de cause. Mais d’autres pensent comme vous.
Vous disiez en parlant de la masse : « A des enfants aussi les parents et maîtres taisent bien des choses qu’ils voient en réalité, sans qu’ils soient cependant traités de menteurs. Le pédagogue politique ne doit pas oublier que la majorité du troupeau du parti vit avec des conceptions nées des sentiments de la masse, vit dans un stade d’enfance, mais : que l’on ne peut se passer de cette masse pour le combat… » Et plus loin : « Et lorsqu’elle est formée, lorsque chacun des individus qui en fait partie a atteint une conception plus ou moins précise de la fin et du but de sa vie, est-ce que les chefs doivent par des scrupules et des doutes détruire ce sentiment de bonheur, et replonger dans l’existence anonyme de la masse des hommes dont la vie commençait à avoir un sens, sous prétexte que ces chefs ne peuvent supporter les sentiments de mauvaise humeur qu’éprouve leur âme de cultivés, obligés à ne pas dire toujours toute la vérité et à taire bien des choses ? » Les âmes de cultivés des chefs qui se taisent devant la masse, qui laissent tomber en elle autant de gouttes de vérité qu’ils le jugent bon, mille tonnerres, je me suis dit : c’est inoui ce que l’on jette là au visage du parti. Celui qui expose de tels principes ne peut de par le droit rester plus longtemps dans le parti. {Très bien et approbations enthousiastes) -
Je voulais demander l’exclusion de Bernhard. J’accepte sa rétractation et n’ai plus de raison d’agir. Mais d’autres pensent comme lui.
On parle beaucoup du terrorisme des chefs, mais dans aucun parti il n’existe moins de terrorisme des chefs que ; dans la social-démocratie, et il est juste, il est nécessaire qu’il en soit ainsi. Celui qui chez nous veut être chef, doit agir comme veut le parti et non comme il veut. /Appro-
14 le congrès de Dresde
F- bation) Il doit exécuter ce que la masse cherche à obtenir, ii ce qu’elle sent et pense. Ils sont les ouvriers du parti, non 1 les généraux et les chefs qui disent : je marche en tête et à vous devez nous obéir. Ceux-ci ne le souffriraient pas. 4) Encore une fois il faut tirer les choses au clair, un scandale “NN tel que la collaboration à la Zukunft doit cesser, ne doit “4 plus se produire, et c’est pourquoi je prie ceux-là aussi HA qui n’approuvent pas tout à fait la rédaction du comité, de id se dire : nous devons la voter dans l’intérêt du parti. On a ÿ prétendu à plusieurs reprises, et les explications de Heine nue j ne disaient pas autre chose, qu’il s’agit de restreindre la dl liberté de pensée. Eh ! que diable, si c’est cela la liberté de Ÿ pensée, le droit d’écrire dans n’importe quel organe sans à considérer les intérêts du parti! /Heine : Mais je n’ai pas s’ encore parlé du tout sur cette question!) Déjà dans mon ÿ article j’ai exposé que cela ne serait plus du socialisme mais de l’anarchie. / Vive approbation) Cessons alors d’être k un parti. Pas d’unité dans le parti, mais de l’union, dit l Heine. Non, union et unité ! Sans union pas d’unité ! /Appro-
- bations enthousiastes) Sans unité des principes et des confl victions, sans unité de but, pas d’union, pas d’enthousiasme à pour le combat. /Très bien!) Aucune possibilité de mettre ë en ligne, de mener au combat les régiments, brigades et j corps d’armée, de remporter des victoires, comme nous en ne avons remportées, et comme nous voulons en remporter de #4) nouvelles, quand bien même tout un monde d’ennemis se ‘ lèverait contre nous! /Approbation enthousiaste et longue-
Fe Docteur Michels, de Marbourg.— Aprèslesparoles | A de Bebel prononcées avec une ardeur si juvénile, j’ai ï peur que les miennes ne paraissent séniles. Cependant M je voudrais insister sur deux points. La résolution du : comité n’est pas applicable. On pourrait collaborer aux ri organes scientifiques ? Mais où se séparent la science
et la politique ? N’y a-t-il pas des sciences réactionnaires, comme l’économie sociale bourgeoise ?
En ce qui concerne la conversion des intellectuels je comprends qu’il ne faille pas leur confier aussitôt les premiers postes. Mais je ne pense pas que la défiance doive être, comme on l’a dit, le premier de nos principes.
La défiance est digne d’une secte, non d’un grand
La suite de la discussion est renvoyée à mercredi.
Singer annonce qu’il a reçu une demande de vote nominal sur la question.
Mercredi 16 septembre. — Séance du matin | La séance est ouverte à neuf heures un quart. Présidence de Singer. . Ledebour, de Berlin. — Il me semble qu’on ne peut 3 plus apporter d’éclaircissements à cette affaire. Seuls ceux qui ont été attaqués personnellement ont encore besoin de parler. Je prie tous les autres orateurs de re- | noncer comme moi à la parole. Werner, de Berlin IT, renonce à la parole. Heine, de Berlin.— Bien que n’étant pas directement attaqué j’ai été mêlé au débat. Je vous prie de m’ac- | Auparavant un mot au camarade Adolf Hoffmann. | Il a prétendu que pendant la campagne électorale nos ÿ adversaires lui avaient opposé des articles des revisionnistes, entre autres des miens. Je n’ai jamais écrit dans un seul journal bourgeois. Je ne me suis jamais : occupé que d’études juridiques ou de polémiques avec nos adversaires. Le congrès d’Erfurt a décidé que lorsqu’on accusait un camarade d’une incorrection on F devait prouver ou rétracter. J’attends que Hoffmann fasse l’un ou l’autre. J’arrive à la question elle-même. On a parlé de la lon- | gueur des débats. Les uns ont dit qu’ils étaient inutiles, d’autres, comme Bebel, très graves. Je suis de son avis. :
Ù le congrès de Dresde 1 Mais si on l’avait laissé parler le premier, les douze ow | quinze orateurs précédents eussent été inutiles. Je dé- clare que je voterai contre la résolution du comité |
| parce qu’elle est insuffisante. Je suis loin d’approuver ni la collaboration à des journaux bourgeois, ni l’article
à de Bernhard. Maïs je voterai cependant contre parce
, qu’il est impossible d’établir ici une règle générale.
Je proteste contre une parole de Bebel qui a prétendu
que bien des chefs pensaient comme Bernhard.
Pour moi je ne connais aucun camarade qui approuverait de tels principes. Et dans un article de la Sosialistische Monatschrift paru l’an passé, bien avant celui de Bernhard, j’ai montré que le parti de la social-démocratie n’est pas fait par les chefs mais par les masses, et que nos adversaires s’imaginent à tort qu’il en va chez nous comme chez eux.
Hier ont été dites sur cette question bien des paroles graves et importantes. Personne ne pourra se soustraire au souvenir de ce que nous avons vécu. Nous avons eu le pathétique de l’accusation, le pathétique du repentir, le pathétique de la condamnation, le pathétique du pardon…
| Mais permettez-moi d’ajouter quelques mots.
| Pour juger en connaissance de cause Bernhard luimême, il faut ne négliger aucune circonstance. IL ne faut pas oublier que son article, maladroït et condamnable, témoignait d’une bonne intention : il voulait défendre le parti. De plus Bernhard est jeune et, même comme journaliste, il est resté honnête.
IL convient aussi, dans un parti qui aime la justiceet la vérité, de dire quelques mots pour la défense de Harden. Il existe bien d’autres gens que Mehring ayant une psychologie compliquée. Il faut donc être prudent.
Je suis loin d’approuver la politique de Harden non
seulement contre nous mais encore contre tous les partis. Je condamne le ton haineux et personnel de ses critiques. Mais en soi, l’idée de fonder en Allemagne une tribune libre était défendable.
Troisième point. Bebel à fait allusion à l’un de mes articles où je réclamais Liberté de pensée et unité d’action. Cela ne signifie point que le premier adversaire venu puisse s’intituler socialiste et que nous devions le respecter.
Je demande seulement qu’un parti qui compte trois millions d’adhérents soit dans les détails tolérant et accorde la plus large liberté de pensée.
Dans l’action politique il est évident qu’il faut être
- uni et que la minorité doit se soumettre à la majorité
dans toutes les questions tactiques et non se séparer d’elle. C’est ce que nous avons toujours proclamé.
Nous acceptons la tactique du parti. Nous ne voulons pas suivre notre propre chemin, mais celui du parti, et nous | nous considérons comme liés par les décisions du parti.
Goehre. — Puis vint dans le discours de Bebel une ‘ troisième partie, dans laquelle il a jeté à la face de tous les camarades qui ont collaboré à la Zukunft, et à la mienne en particulier, les plus graves offenses /De nombreuses voix : Très juste ! Grande agitation) qui à ma connaissance aient jamais été dans un congrès jetées à la face de camarades. {De nouveau : Très juste! — Avec raison!) Vous dites : avec raison ! Nous allons en causer… Je n’ai à parler que de la troisième partie et je vous rappelle les paroles prononcées par le camarade Bebel aux applaudissements d’un grand nombre de camarades, après qu’il eut caractérisé la “ Zukunft et l’article publié par elle pendant la discussion douanière. Il a dit textuellement : « On s’est tu, on a con-
, le congrès de Dresde |
tinué de travailler à la Zukunft, et empoché l’argent. |
| {Grande agitation) Le parti devait se laisser insulter, et | maintenant je le demande à chacun : quelle sentence morale mérite celui qui dans de telles circonstances continue à écrire pour la Zukunft? » Il a dit encore : « Les ‘
f Braun et les Goehre, qui avaient lu cet article de combat,
j k auraient dû avoir honte. » {De nombreuses voix : Très juste!
É —Stadthagen: Faites-le rétrospectivement!— Grande agita-
: tion), — À vous je ne réponds pas, camarade Stadthagen,—
| leur honneur aurait dû les retenir, {Vive approbation) non
| seulement leur honneur de parti, mais leur honneur
Très bien!) Ils se sont consciemment fait payer par mon-
sieur Harden, ils sont des irréguliers du parti, fi sur eux!
| {De nombreuses voix : Très juste ! Très bien !) Je précise les | choses. Et c’est de cela qu’il s’agit pour moi. Par ces
À attaques mon honneur a été traîné de la façon la plus ignominieuse dans la boue non seulement devant le congrès, non seulement devant tout le parti allemand, mais devant tout le monde où pénètre ce discours. / Vive agitation) Et
1 j’ai le devoir, si je veux continuer à me respecter moi-même, de protester contre ce traitement. /Très bien!) C’est pourquoi vous devez me permettre, dans ce moment décisif pour
; moi, de jeter un court regard en arrière sur mon passé.
{Grande agitation. — Cris: Vous socialiste! — Interrup-
Singer. — Je prie à nouveau de cesser les interruptions qui entravent les débats.
; Goehre, continuant. — Mon passé public date de
À 1890 et depuis je n’ai cessé de défendre les intérêts
? prolétariens. J’ai travaillé trois mois dans une usine. J’avais l’intention de rester ouvrier. Lorsque je rede-
ÿ mandai une place de pasteur le consistoire saxon me
4: la refusa indirectement à cause de ma brochure : Trois
L une à Francfort-sur-l’Oder. Au bout de six mois l’armée
boycottait mon église. Malgré la défense supérieure, j’allais dans les réunions publiques,
car je ne me soucie d’aucune autorité, quand je crois être dans le vrai.
On n’appelait le pasteur des ouvriers. Je reçus blâme
, sur blâme, des punitions disciplinaires. Je m’en allai. Je fis d’abord de la politique sociale. Puis je devins socialiste. Lorsqu’en 1899 j’allai trouver Bebel pour lui annoncer mon projet, je lui disais en même temps que
je désirais rester quelques années dans l’obscurité. Je n’y réussis pas. Mes compatriotes de Chemnitz me demandèrent de leur raconter dans un discours comment j’étais devenu socialiste. Mon discours eut un grand retentissement, fut imprimé et 500.000 exemplaires furent vendus comme brochure de propagande. lorsque l’on me proposa un siège au Reichstag devaisje refuser? Si je n’avais pas travaillé on aurait dit : Voyez cet intellectuel : il est dans le parti, maïs il ne fait rien. Et maintenant on dit : voyez cet intellectuel, comme il travaille, comme il se pousse en avant!
Qui donc peut en examinant ce passé, trouver une tache k sur mon honneur? Qu’il se lève et qu’il parle. Moi aussi : j’ai fait des sacrifices ; je n’ai pas été en prison /Une voix :
Ça viendra) mais à ma manière, — je dis cela même au risque d’être soupçonné de me vanter, dans cet instant c’est , à mon devoir de le dire, — à ma manière j’ai fait moi aussi des sacrifices. J’ai perdu ma profession et mon traitement, | j’ai perdu ma situation sociale, j’ai perdu en partie ma famille, mais jusqu’à hier je n’avais pas perdu mon hon- ‘ neur. {Approbation} Il était réservé au camarade Auguste Bebel de le traîner dans la boue aux yeux de tous.
le congrès de Dresde Et pourquoi? Parce que j’ai écrit quatre articles dans la Zukunft depuis quatre ans que je suis socialiste. Et de quoi traitaient ces articles? Deux d’entre eux traitaient des questions religieuses. « La religion est chose privée », dit notre programme. Aussi n’ai-je jamais, quoi qu’on en ait dit, fait de propagande religieuse dans le parti. J’ai toujours combattu l’Église, qui ne repré- sente pas vraiment la religion, mais n’est qu’un phénomène de l’État de classe. Mais j’ai le droit, d’après le programme même, de soutenir mes idées religieuses. Ne pouvant le faire dans la presse du parti, j’ai cherché au dehors un organe et n’en ai point trouvé de meilleur que la Zukunft. D’ailleurs, comme je parlais de la banqueroute prochaine de la religion actuelle, n’était-ce pas en quelque sorte parler en faveur du parti ? Le troisième article portait sur les coopératives de consommation. Le congrès de Hanovre a décidé qu’elles formaient un terrain neutre. J’ai donc bien le droit d’en parler. J’opposais d’ailleurs les comités de surveillance des coopératives à ceux des banques bour- À geoises, — c’était peu après les krachs saxons, — et ma conclusion était tout à l’éloge des premiers. Le quatrième, mais le premier en date, n’était autre que mon discours de Chemnitz répandu à 500.000 exemplaires. Et voyant que Harden acceptait cet article, je me suis dit : Voilà une tribune dont je pourrai me servir, d’autant plus que dans la Zukunft je ne suis responsable que de ce que je signe. Est-ce un crime? Hier on a estampillé cela un crime. Sans doute, chez Mehring, tout est une énigme psychologique! | {Très bien!) Et chez Liebknecht, que je vénère profondé- ment, une telle collaboration était une bêtise qui n’était là |
que pour être faite. Chez nous c’est un crime! /Bebel : Très juste!) Le camarade Bebel dit : très juste. /Bebel : Parfaitement, très juste!)
Je reconnais d’ailleurs que si j’avais connu tout le passé de la Zukunft je n’y aurais pas écrit. C’est une faute. Mais si je suis coupable, c’est de légèreté, non de perfidie.
si Bebel s’était tellement inquiété de cette question dans l’intérêt du parti, pourquoi ne m’a-t-il pas appelé au printemps dernier? /Bebel : Très bien! je ne suis pas un maître d’école !) Vous l’avez bien été hier! Camarade Bebel vous savez quels étaient mes sentiments envers vous, /Bebel: Je ne sais rien!) avec quelle adoration je levais les yeux vers vous. /Exclamations de Bebel) Je ne dis pas cela pour gagner votre bienveillance, camarade Bebel, mais parce que c’est la vérité. IL eùt été le devoir de Bebel, qui hier s’est donné le rôle de gardien du parti, de m’avertir, moi qui suis un intellectuel venu on ne sait d’où, qui n’ai point de contact avec le prolétariat et ne sais pas ce qu’est la lutte de classe! /S’adressant à Bebel) Vous auriez dù faire mon éducation sur ce point. Si vous ne l’avez pas fait, ou bien c’est que vous n”attachiez pas tant d’importance à l’affaire, {Très juste!) ou bien même les non inities pourraient concevoir le soupçon, qu’on avait réservé toute l’affaire jusqu’à aujourd’hui, afin de tendre pour ainsi dire un piège, dans lequel on tombe {Cris : oh! oh! — Grande agitation) et sur lequel on ferme la trappe. {Grande agitation) Je ne dis pas que je le prétende, cela est d’ailleurs indifférent. Les choses ne sont plus dans cet état, mais dans un état beaucoup plus grave. Les discours de Hoffmann, Zubeil et Bebel m’ont clairement montré ceci : on veut me sacrifier, moi et quelques autres camarades, afin de conserver Mehring au parti. /Rires et grande agitation. —
-_ Approbation. — Bebel crie : Quelle folie des grandeurs !)… Et je serais vraiment dénué d’honneur, je n’aurais pas la moindre parcelle de sentiment démocratique, si, camarade
4 le congrès de Dresde A
Bebel, je ne ripostais pas à cette attaque contre mon hon- ‘4
neur, si je ne disais pas : même un chef de parti, qui salit
l’honneur d’un homme irréprochable jusqu’aujourd’hui,
afin de couvrir un ami, dont l’honneur est aux yeux de
beaucoup chiffonné depuis longtemps, même ce chef de
parti, oui, lui seul, mérite que l’on dise fi sur lui! /Agita- 4
Hoffmann, de Nowawes, renonce à la parole. (Bravo)
Seger, de Leipzig. — Permettez à un ouvrier de dire
comment il envisage la question. Les intellectuels ont
fait là une excellente réclame à Harden. Goehre prétend |
| n’avoir jamais fait de propagande religieuse. Cependant,
à une fête syndicale, il a dit aux ouvriers de ne pas se
laisser enlever leur Sauveur. C’est Auer qui couvre tou- ]
| jours les intellectuels. La collaboration à un organe |
bourgeois ne peut se comparer à un discours dans une
réunion adverse. L’argument de la restriction à la
liberté de pensée est une hypocrisie. Ce congrès aug- 1
} mentera notre dégoût des intellectuels.
Docteur Heinrich Braun. — Après les innom-
| brables attaques dirigées contre moi, il faut que je
1 reprenne la parole. Je puis parler en toute franchise de
| la Zukunft puisque, malgré des invitations répétées, je
n’y ai jamais publié une ligne. Ma femme était décidée
; à ne plus y écrire. Elle n’y eût peut-être jamais écrit si $
| la Neue Zeit n’avait refusé ses articles. Pour être juste
il faut reconnaître que la Zukunft est une revue à b
laquelle collaborent des notabilités de tous les pays. Et É
jusqu’à ce congrès on n’avait pas reproché aux socia- ;
Pour Bebel, je necomprends pas comment ilapu,en #*
couvrant Mehring de couronnes de laurier, ôter leur
honneur à un certain nombre de camarades. J’attends
que lorsqu’il aura reconnu sa faute, il la répare selon
son habitude. Jusque-là, il vaut mieux ne pas parler de \
ce pénible incident. <
Je passe à l’affaire Mehring. Je fais remarquer tout d’abord que je ne suis pas responsable de ce débat. Je
: voulais éviter la publicité. Si j’ai pris la parole, c’est
parce que j’avais été à maintes reprises provoqué.
Bebel m’a reproché de n’avoir pas dit la vérité. Il pré-
tend que je connaissais bien Mehring lorsque je l’ai
Je n’ai jamais prétendu que ceci : Je connaissais assuré- ment le passé de ce Franz Mehring, mais je ne connaissais pas son passé tout entier; car, si je l’avais exactement connu, je n’aurais jamais tendu la main pour tirer Mehring de la boue.
Bebel et Kautsky m’ont reproché d’avoir moi-même ; introduit Mehring dans la Neue Zeit. C’était un peu par | donquichottisme, par exagération du sentiment de à justice. Mais aussi parce que je pensais qu’on pouvait utiliser son talent.
Si Kautsky veut se souvenir et communiquer sincèrement ses souvenirs. /Violentes interruptions. — Cris : Insinuation) Camarade Stadthagen, vous n’avez pas besoin : de vous faire l’avocat de Kautsky. /Cris : Vraiment? —
Kautsky et d’autres : C’est honteux! — Cri: Faiseur de scan-
dale!) C’est honteux pour toi, Kautsky. /Grande agitation.
— Cloche du président) | Singer. — Je prie de cesser les dialogues. |
il nous dira que je lui ai recommandé Mehring comme ÿ
collaborateur précieux, mais à condition que le rédac- de.
| le congrès de Dresde É teur en chef le tint dans certaines limites. Au contraire, . Kautsky lui a littéralement livré la Neue Zeit. C’est un À
Singer. — Cela n’a plus de rapport avec le sujet. IL |
) ne s’agit pas de l’activité de Mehring à la Neue Zeit.
| (Très bien!)
Braun. — Cependant Bebel et Kautsky n’ont repro- ; ché de l’y avoir introduit. | Singer. — Vous avez le droit de réfuter ce reproche, | mais une critique de l’activité de Mehring n’a point de 1 rapport avec le sujet. (Très bien!) Braun. — Alors je passe. J’ai dit à plusieurs reprises que les camarades avaient été péniblement impressionnés de voir l’édition des œuvres posthumes de Marx confiée à Mehring. N’avait-on pas Conrad Schmidt ou 5 Bernstein pour la faire? Bref, les paroles de Bebel ne : modifieront pas le jugement qui a été porté sur Mebring. ? Il est au pilori et Bebel ne l’en fera pas descendre. Ces débats ont duré assez longtemps. Je ne veux point répondre à toutes les attaques dirigées contre moi. J’arrive à la conclusion. Selon moi, la discussion aeuce . résultat que les différends sont dans l’essentiel effacés. Bernhard a avoué son tort. Lui, Goehre et d’autres, cessent leur collaboration à la Zukunÿft. Ce n’est pas sur l’ordre de Bebel, comme diront nos ennemis, mais dans l’intérêt du parti. Et c’est pourquoi je conteste une autre parole de Bebel prétendant que le désaccord est dans le parti. Nous nous plaçons tous au point de vue de la conception matérialiste de l’histoire, nous voyons dans la lutte de classe l’instrument du progrès et dans l’état socialiste le but final. Les divergences dont on fait tant de bruit entre radicaux et revisionnistes ne sont que des
petites rides à la surface du parti. Pour ma part je ne suis que socialiste, je désire ardemment que nous sortions de ces divergences artificielles pour nous unir | dans une vigoureuse action. Si cette discussion y contribue elle n’aura pas été inutile. (1)
Singer. — J’ai reçu cinq demandes de clôture. L’une d’elles porte que l’on devra cependant donner la parole au camarade Mehring. J’avais l’intention de demander cela moi-même au congrès.
Krueger, de Dresde, parle pour la clôture. Sans doute la question est importante. Mais les camarades attendent qu’on étudie aussi les autres résolutions.
Katzenstein parle contre la clôture. Sans doute on a ; perdu du temps, mais il faut cependant discuter maintenant la véritable question qui touche à l’existence matérielle de tant de camarades.
La clôture de la discussion est votée.
Singer lit deux lettres de rectification : l’une du camarade Jaeckh, rédacteur à la Leipziger Volksseitung, l’autre de Harden.
Mehring. — Samedi dernier j’ai reçu de plusieurs camarades cet avis : venez à Dresde, on prépare un grand coup contre vous ! /Agitation) Ce coup s’est révélé identique à ces attaques qui jusqu’à présent étaient un privilège non envié des cercles littéraires bourgeois, pour lesquels pendant des semaines et des mois on forge dans une embuscade sûre des armes afin de tuer un homme sans défense. {Interruptions. — Oh ! Oh! sans défense !)
Oui, on a recherché dans vingt-cinq années de ma vie tout ce qui pouvait me rendre suspect et je ne puis ;
; le congrès de Dresde de. 1 en deux jours rassembler les matériaux nécessaires j “ès pour répondre. Ensuite il est possible de dire en deux & « ” minutes plus de calomnies qu’on n’en peutréfuter en deux
heures. Si je voulais répondre à tout il me faudrait trois A jours. Je le ferai plus tard. Pour l’instant je déclare s seulement que je n’ai jamais écrit une ligne pour le ù parti sans y avoir été invité. Ceux qui m’attaquent \ attaquent les anciens congrès, le comité qui m’a fait $ l’honneur de me confier les travaux que j’ai exécutés.
: Tandis que les plus hauts représentants du parti m’ont 4 appelé aux tâches les plus honorables, ici au congrès se ] A déchaîne depuis trois jours une attaque, qui n’a point son
égale en lâche et sale perfidie dans les classes sociales les ; plus pourries, et qui après la victoire du 16 juin discrédite |
le parti, j’allais dire le prostitue ! /Grande agitation) Aussi
je déclare que je suspends ma collaboration à la Neue Zeitet |
à la Leipziger Volkszeitung (Bravo) jusqu’à ce que les auto-
\ rités compétentes du parti qui ont entendu les attaques f dirigées contre moi et peuvent les examiner, m’invitent à È la reprendre. / Vive approbation) (1)
Boemelburg proteste contre la permission accordée L
à Mehring de parler après la clôture. Il aurait pu appor- | | ter des faits nouveaux dans le débat. Singer lui répond 4 | qu’il y avait lieu de présenter ces observations plus tôt. { Suit une série d’observations pour faits personnels :
F présentées par Adolf Hoffmann, Bernhard, Bebel, : £ Stadthagen, Heinrich Braun, Kautsky, Heine et Goehre. à { La séance est levée à une heure un quart. (2) t 74 (1) Protokoll, pages 248-250. Les pages 248 et 249 étant prises en il Re très grande partie par des notes, le discours de Mebring ne rem- 4 ï plit en réalité guère qu’une page du Protokoll. LA
Séance de l’après-midi ; Trois heures un quart. Présidence de Singer. :
- Il a été présenté sur cette question une nouvelle 3 motion, 132, par Quarck. Singer annonce qu’elle ne : sera plus discutée mais comprise dans le vote.
- Pfannkuch, le rapporteur, a la parole pour dire, [selon l’habitude allemande], le dernier mot. Il veut se limiter à l’essentiel. Pour répondre à Braun qui s’était plaint que la lettre du comité ne figurait pas entière | dans le rapport, il en donne lecture. Il se déclare heureux | de la décision prise par Bernhard, Lily Braun, Goebre, Heiïne de ne plus collaborer à la Zukunft. Il défend le texte adopté par le comité. Personne n’en a proposé de meilleur. Tout le monde est d’avis que quelque chose doit être fait. Les divergences ne portent que sur la rédaction. Il prie d’adopter la motion 7 et de repousser les autres. « Le congrès décide de voter d’abord sur la motion 7 et de considérer, au cas où elle serait adoptée, le sort des autres comme tranché par là même. | | Après un vote nominal là motion est adoptée par 283 voix contre 24 et 4 abstentions. Sont vues les motions et résolutions 8 à 16, 120, 128,
Bebel. — J’ai déjà déclaré que je comptais bien ne pas faire une affaire d’État de ce différend. Le Vorwaerts avait refusé d’insérer une déclaration de moi. Tout le | monde en fut étonné surtout après que le texte de la | déclaration eut été connu. Il n’y avait aucune raison de | ne pas l’insérer. Ne pas le faire était porter atteinte à | la liberté de pensée. Toutefois ce n’était point l’avis de la rédaction et en particulier du camarade Eïisner. Ils crurent simplement agir dans l’intérêt du parti. Je demandais nettement l’insertion, sans quoi je ferais paraître cette déclaration avec commentaires dans la ; Leipziger Volkszeitung, tout en laissant à Eisner le | temps de réfléchir. Il continua à garder sa façon de
| voir et moi la mienne. La commission de la presse s’oc- i
cupa de l’affaire et me donna raison. La rédaction pu- ; blia ma déclaration en la faisant précéder de quelques | mots. Je ne pouvais rien demander de plus. L’affaire
était terminée pour moi. l
Cependant quelques observations. Il y aura lieu de revenir sur l’attitude politique du Vorwaerts. J’indi- ; querai très nettement ma façon de voir, et soumettrai À une résolution au vote du congrès.
On m’a reproché de ne pas m’être adressé à la commission de la presse moi-même. Mais cette commission n’est guère renseignée que par la rédaction des journaux. J’en avais fait l’expérience dans un différend que |
, j’avais eu auparavant avec Gradnauer. |
Cette commission avait en outre trouvé mauvais les |
|.
reproches que j’adressais à Heine dans ma communication. Voici ce dont il s’agissait. Le 17 juin 1903 le $ comité directeur s’était réuni. Nous espérions connaître déjà les résultats généraux des élections du 16 et pouvoir prendre une décision au sujet du scrutin de ballottage. Le congrès de Munich avait décidé que les socialistes devaient s’abstenir. Mais dans plusieurs circonscriptions un agrarien se trouvait en ballottage avec un libéral. Il fallait choisir entre la décision du congrès et l’intérêt du parti. Nous ne pouvions rien ouvertement contre la décision. Mais nous fimes avertir officieusement les camarades de voter pour le libéral. Or les électeurs de Marbourg furent mal informés. Le secré- taire du parti Pfannkuch leur écrivit qu’en vertu de la décision de Munich ils avaient le droit de s’abstenir. En même temps Heine télégraphiait au candidat libéral, avec qui il était lié, la décision du comité. Celle-ci fut publiée. D’où grande colère des électeurs de Marbourg pris entre deux décisions. Ils furent vivement attaqués par le Vorwaerts et d’une façon arrogante par Heine. Je pris leur défense dans ma note au Vorwaerts. La rédaction supposa que j’avais oublié moi-même la décision du comité et voulut ne pas me mettre dans l’embarras. Ce fut une des raisons pour lesquelles elle ne voulut pas publier ma note.
La seconde raison fut qu’elle jugea certaines phrases où je protestais contre des propos tenus, me disait-on, par Heine, offensantes pour celui-ci. Mais en réalité elles ne l’étaient nullement. 4
Sans doute si je n’étais trouvé à Berlin et non à Kuessnacht cette affaire n’aurait pas eu lieu. Mais : j’estime toujours que la rédaction a fait preuve d’une
; le congrès de Dresde 240
k rigueur exagérée en refusant ma note. Elle a des j droits certainement, mais fort difficiles à préciser. Aussi
; serait-ce une folie de vouloir voter une résolution sur ce
point. La rédaction a simplement eu des torts à mon
| égard. Elle les a réparés. Je suis satisfait. (1)
Eisner. — Je ne veux point m’étendre sur cette
ÿ petite histoire de rédaction. Il y aurait sans doute beaucoup à dire. Je ne suis pas encore tout à fait con-
| verti à l’opinion de Bebel. Cependant j’ai d’autant
À moins de raisons de parler que les camarades dans le
) pays attendent de savoir enfin quel travail le congrès
- Auer. — Puisque mon nom a été prononcé, il faut
( que je dise quelques mots. D’abord je fais remarquer
À que personnellement je n’ai eu aucune action dans l’af-
faire de Marbourg. Cette affaire prouve à nouveau que
nous devons être très prudents dans nos votes sur la
| tactique du parti qui engagent l’avenir. (Nombreux :
2 très juste)
à Quant à la note de Bebel, il m’a paru qu’elle conte-
nait trop d’animosité personnelle pour être publiée
4 huit jours avant le congrès actuel. Je crois d’ailleurs
dE que si j’avais pu causer cinq minutes avec Bebel, l’af-
< faire eût été arrangée. En tout cas j’ai cru agir dans
À l’intérêt du parti et c’était mon devoir. (Approbation)
Gerisch. — La rédaction avait déjà refusé bien
d’autres notes et l’on venait justement de refuser un
article de Bernstein. Aussi avons-nous cru pouvoir
refuser la note de Bebel.
| Dans l’affaire de Marbourg, c’est nous qui avions con-
seillé à Eisner de prendre cette attitude. Il ne pouvait | ensuite se démentir lui-même dans son journal. Nous lui avons donné raison. Heine. — Je ne parlerai point de l’affaire de Marbourg, qui relève de la tactique. Quelques mots seulement sur les paroles que j’aurais dites sur Bebel. Je l’aurais accusé dans une réunion de dormir à Kuess_ nacht et de se réveiller brusquement pour frapper de grands coups. Ce n’est point ce que j’ai dit. J’ai dit que dans son repos de Kuessnacht il arrivait à Bebel, le gardien du parti, de s’endormir, d’être eflrayé par ù des fantômes imaginaires et de sonner à tort de la ® | trompe d’alarme. Ces paroles n’avaient aucune importance. Le rédacteur du Vorwaerts ne les a point mises dans son compte rendu. Et sur une interruption j’ai déclaré que je n’avais nullement voulu blesser Bebel que j’honore beaucoup. Si quelqu’un ne s’était pas avisé d’écrire cela à Bebel, jamais on n’aurait parlé de cette affaire. Ce quelqu’un aurait dû en tout cas ajouter mes explications qui suivirent. Il eût mieux fait | même de ne point lancer cette affaire personnelle. É (Stadthagen : Affaire de Marbourg !) I faut cependant remarquer à la fin que cela dure depuis à trois jours. Presque aucun orateur ne peut terminer son “ discours sans être dérangé par les interruptions incessantes ou les conversations privées de Stadthagen. /Nom- Ê breuses voix : Très juste !) Personne ne peut m’en vouloir, si à moi aussi, selon le mot de Bebel, la moutarde me monte au nez. /Hilarité et très bien!) : Stadthagen. — Par mon interruption je visais le ton | extrêmement blessant de Heïine dans l’affaire de Marbourg.
é le congrès de Dresde D’ailleurs ses paroles sur Bebel ne sont pas aussi
insignifiantes qu’il les présente. Dans la réunion où elles furent prononcées, elles soulevèrent un violent tumulte. Il s’agit de savoir si les camarades ont compris ses paroles comme une offense où non. Si Heine parlait plus franchement, on le comprendrait f Heine. — Je n’ai point remarqué de tumulte. C’est | seulement l’interruption de quelqu’un qui m’a montré que mes paroles n’étaient pas comprises. Peu importe | d’ailleurs. Le point essentiel est que ce quelqu’un a fait | ® à Bebel un rapport incomplet. (1) :
Gerisch, remplace Pfannkuch comme rapporteur.
, — À Munich on nous avait chargés d’amener une entente
avec l’organisation spéciale polonaise. Les négociations
entamées ont échoué.
Nous avions fait les propositions suivantes : reconnaissance de l’organisation polonaise, à la condition que cette organisation fit de la propagande et de l’organisation parmi les populations de langue polonaise en Allemagne. Rattachement de l’organisation polonaise au parti allemand. Reconnaissance par elle du
| programme du parti et de sa hiérarchie. Délégation au congrès allemand selon les statuts du parti. Droit de former des sections dans les divers lieux où se trouvent
des groupes du parti. — L’entente ne put se faire sur ces propositions.
En ce qui concerne la presse, nous fimes la proposi- à tion suivante : un organe polonais, rédigé selon les | conditions posées par les statuts d’organisation du parti, création d’une commission depresse, où serait délégué un homme de confiance du comité directeur. Sur ce point
. il n’y eut pas de différend.
En ce qui concerne les candidatures au Reïchstag, le comité allemand avait proposé : choix des candidats par les camarades organisés de chacune des circonscriptions électorales. — Les Polonais demandèrent 4 tout d’abord que le camarade Winter ne pût être choisi. Nous répondimes que si une circonscription le choisissait, il devait être porté comme candidat. Nous ne pûmes nous entendre.
Le comité directeur rédigea un procès-verbal qu’il soumit aux intéressés. Nous demandâmes au comité polo- | nais de déclarer s’il voulait continuer les négociations.
Elles continuèrent en s’appuyant sur une erreur qui s’était glissée dans le procès-verbal. Les Polonais
L avaient demandé que dans les circonscriptions où, d’après le dernier recensement, les Polonais étaient en majorité, seuls les camarades parlant allemand et polonais pussent être portés comme candidats. D’après le protocole, nous aurions fait cette concession. Grâce à cette erreur, le comité puis le congrès acceptèrent nos
Or, nous n’avions nullement l’intention d’accepter | cette demande polonaise. Nous ne voulions pas lier ainsi les camarades, ni surtout les lier au dernier recensement. Il y avait donc un malentendu.
| De plus, les camarades de la Haute-Silésie nous j firent remarquer que même si les Polonais se ralliaient 3 au programme d’Erfurt, ils avaient voté des résolutions | concernant des questions tout à fait étrangères à ce k | parti, comme la restauration de l’État polonais par F exemple. Afin de les apaiser, je leur envoyai une cir- J | culaire non destinée à la publicité où je disais : Si les Polonais acceptent le programme d’Erfurt, il est évident qu’ils ne pourront en avoir un autre à côté. (Très juste!) | Dans cette circulaire, les camarades polonais virent un ” changement de nos dispositions. Chose surprenante, : car ils savaient que nous refusions d’intervenir dans | 4 les questions de nationalité. , Vint la dernière conférence. Nous avions rédigé par } écrit et soumis aux Polonais nos propositions. Et nous \ avions préparé par mesure de prudence un second procès-verbal conforme aux indications des Silésiens. À Cette fois tout fut fini. | On nous a reproché ce second procès-verbal. Mais ‘k nous avons agi de bonne foi. Nous avons toujours Di été les premiers défenseurs de la nation polonaise ÿ ’ opprimée. Mais nous ne pouvions laisser s’introduire ÿ b dans le parti des questions de nationalité qui eussent à fait tort aux questions ouvrières. Si quelqu’un a le Ê droit de faire un reproche, c’est plutôt nous-mêmes. | Car toutes les délibérations eussent été inutiles, si dès ; l’abord les camarades polonais nous avaient avertis que pour eux la question nationale primait toutes les ÿ Haenisch, de Dortmund. — Il ne peut être question
de longs débats sur la question polonaise. Les faits exposés ont fait sur moi une impression pénible, en ; particulier le second procès-verbal que l’on voulait faire à signer aux Polonais. On demandait aux délégués polo- 0 nais de déclarer qu’ils n’ont point de programme parti- ; culier réclamant l’indépendance de la Pologne. Mais 4 cela est compris dans le programme d’Erfurt. Il s’agis- 3
F sait seulement de savoir si les socialistes polonais font ; | du chauvinisme. Autant que j’en puis juger : non. Je 1 m’en tiens donc au point de vue de Kautsky, Marx, | Engels, Liebknecht : les Polonais ne doivent pas douter 4 que nous tenons leurs revendications pour aussi légi- F times que celles de tout autre peuple. (Approbation)
Katzenstein. — Je veux présenter simplement deux { observations. Dans l’affaire du second protocole il me : Ù semble que le comité directeur n’a pas agi conformé- ment aux principes du parti. De même que nous laissons | aux organisations locales le soin de régler les affaires ; locales, de même nous devions respecter les efforts des Polonais vers l’indépendance nationale. Nous ne devions | pas plus les désapprouver de vouloir secouer le joug prus- | sien que nous ne désapprouvons les Arméniens de vou- | loir secouer le joug turc. : Pour la question des langues, je ne comprends pas 7 comment elle a pu être posée. Si nos députés doivent | être les hommes de confianee des électeurs, ne faut-il ; pas qu’ils connaissent au moins leur langue? F Nous avons confiance dans le comité directeur pour ; le respect des principes du parti. Aussi espérons-nous A que dans cette question il saura dans l’avenir en tenir Ledebour, de Berlin. — J’approuve les deux ora- ;
19 le congrès de Dresde | teurs précédents. Je veux ajouter quelques faits. D’où :
“3 sont venues ces conditions posées aux Polonais? Uniquement de la camarade Rosa Luxembourg. Elle avait proposé que l’agitation en vue de l’indépendance de l’État polonais ne fit plus partie du programme. C”eût
N été une honte pour les Polonais s’ils eussent accepté.
; Le comité directeur, qui ignore la langue polonaise, se
j laisse conseiller et guider par la camarade Luxem-
Ù bourg, l’ennemie déclarée de l’organisation polonaise. Il a eu beau affaiblir sa proposition en remplaçant les mots « pour l’indépendance de l’État polonais » par « pour la restauration de la Pologne ». C’était encore
D’ailleurs, comment se fait-il que le comité directeur prenne conseil de la camarade Luxembourg ? On pré- tend qu’elle représente la majorité des camarades polonais. C’est inexact. Elle n’a derrière elle qu’un faible groupe dont le journal la Gazetta Ludowa est l’organe.
Or ce journal compte 37 abonnés payants. Il recevait 2.600 marks du comité directeur, soit 70 marks par abonné. J’espère que cette subvention va cesser et que nous n’entendrons plus parler de cette histoire. :
Rosa Luxembourg. — Quand on connaît tous les détails de la question, elle n’apparaît pas telle qu’on la | présentée ici. On a parlé des tendances conciliatrices des Polonais. Elles ne les ont pas empêchés de sortir, il y a deux ans, de la social-démocratie et de présenter des candidats contre les candidats socialistes. On pourrait aussi, d’après les paroles de leurs défenseurs, s’imaginer que les Polonais étaient opprimés par la social-démocratie allemande. Il n’en est rien. J’aurais
: été la première à me révolter dans ce cas contre le
comité directeur. En réalité, les Polonais n’ont pas d’autres véritables défenseurs que les socialistes. | Mais il s’agit de savoir si les socialistes polonais agiront de concert avec les socialistes allemands comme parti de classe, ou si dans la propagande la question nationale sera mise au premier plan. Assurément nous ne contestons pas aux Polonais leurs droits à l’indépen-
- dance nationale. Mais nous, qui nous en tenons à la conception matérialiste de l’histoire, nous nous occupons È moins des droits que des possibilités. Nous nous demandons si les revendications nationales ne contrarient pas les revendications socialistes. {Singer avertit par un coup de cloche que les cinq minutes accordées à l’orateur vont être écoulées.) Rosa Luxembourg : Oh mon Dieu! /Grande hilarité) Je prie de demander à l’assemblée si je puis encore parler. /Ledebour : Je propose de doubler pour la camarade les cinq minutes. /Hilarité) Ledebour parle longuement de la question polonaise | qu’il ne connaît pas. Il eût mieux fait de se renseigner auprès de moi ou de quelques autres, au lieu de s’en 1 rapporter à quelques individus dont il s’est fait le pro- | Je propose la résolution suivante : « Le congrès, approuvant la conduite du comité directeur dans les | négociations avec l’organisation polonaise, passe à | l’ordre du jour. » ; à Ledebour.— Je propose que la camarade Luxem- ; bourg parle encore dix minutes pour s’expliquer sur les 37 abonnés de la Gazetta Ludowa. (Très bien! — Hila- ; Sur la demande de Singer, Ledebour retire sa propo77 |
: le congrès de Dresde DR | sition. Singer annonce qu’il a reçu une demande de clô- - Loebe, de Breslau, parle contre la clôture, car aucun + Ù camarade des régions polonaises n’a encore pris la . ; La clôture est votée. 54e Piannkuch. — A la place de Gerisch, obligé de ÿ ; partir, je me suis chargé de dire le derniermot. D’après 1 ; ces débats, on pourrait croire que nous vivons en état : d’hostilité avec les socialistes polonais. C’est faux. f 4 Nos sentiments à leur égard sont ceux que nous avons » à l’égard de tous les socialistes. Et le comité directeur | n’avait reçu d’autre tâche que celle de rétablir une Les négociations ont échoué, mais non de notre faute. ; : Si les Polonais pensent que la question nationale prime t les autres, nous sommes d’un autre avis. Nous pensons | : qu’il vaut mieux donner les principes socialistes pour | base à l’organisation et à la propagande socialiste. | | On nous reproche le second procès-verbal. C’est le ; camarade Bebel qui eut l’idée de demander aux délé- » gués polonais de déclarer qu’ils s’en tenaient, en ce 4 M: qui concerne la question nationale, à la décision du ù congrès international de Londres. On ne pouvait leur : J Ils refusèrent et se sont mis eux-mêmes hors du parti { allemand. Nous n’avons plus de soins particuliers à avoir 4 1 pour eux. Et cependant je fais remarquer que nous À avons soutenu pécuniairement les camarades polonais : 4 candidats aux dernières élections. Nous avons fait ce
| que le devoir demandait. Aussi la résolution Luxem- AU. _ bourg est-elle parfaitement justifiée et je vous demande FER 4 de l’adopter. (Approbation) (1) ï 7
N La résolution est adoptée. Les paragraphes ret2de ; l’ordre du jour sont terminés. ï 8 À Les camarades Beck, Efftinge, Mannheimer et Paeplow Fa
M font porter au procès-verbal qu’ils n’ont pas voté pour la ‘RU résolution 7, parce qu’elle ne va pas assez loin. à ao _ La séance est levée à sept heures un quart. He
Jeudi 17 septembre 1903. — Séance du matin
La séance est ouverte à neuf heures un quart. Présidence de Kaden.
On met en discussion le paragraphe III de l’ordre du
Rapport sur l’activité parlementaire
S’y rattachent les motions 69-88, les résolutions 100 et 121 et l’amendement 131 à la résolution 85. La résolution 86 est retirée.
Le rapporteur Stadthagen. — Camarades! le rapport sur l’activité parlementaire est si étendu que je n’ai que peu de choses à ajouter.
Il est évident pour tous que toute la iégislation et l’administration prouvent toujours plus clairement que le capitalisme tend de plus en plus à s’asservir toute la vie de l’Etat.
S’il m’est permis de parler de la session prochaine, je voudrais avant tout mettre en garde contre la con-
le congrès de Dresde ‘0 fiance exagérée dans le parlementarisme que mani- } festent certaines résolutions. L’essentiel pour nous doit ; | être de révolutionner les esprits. 1 Le prochaïn Reichstag devra tout d’abord s’occuper 4 des nouveaux traités de commerce. Il sera impossible ‘ de les conclure aux conditions posées par le nouveau | tarif. Ce tarif est une menace inouïe pour le pays. À au De même les projets de lois sur les questions ou- | vrières, sur le droit de coalition, sur la journée de 4 où huit heures. Nous ferons notre devoir comme par le ; $ passé. Mais je ne crois pas juste de prescrire au groupe | de commencer par telle ou telle question. Je prie donc de rejeter les motions qui à ce point de vue sont | La motion 60 est superflue. Il vaudrait mieux la retirer. La motion 70 demande au groupe de dépo- | ser un projet de loi sur le droit de coalition. C’est déjà : fait. Il eût mieux valu nous indiquer ce qu’on repro- } chaïit à notre conduite sur ce point.— Le groupe eût fait k ce que demande la motion 71 sans qu’il fût besoin. de le lui rappeler. Je regrette que la motion 72 ait réuni assez de signatures. Je ne comprends pas pourquoi nous deman- Ë derions le service d’un an. Nous demandons une armée } de milices afin d’éviter les mauvais traitements qui sont à la conséquence de l’armée envisagée comme protectrice des injustices sociales. Il est si naturel de demander la suppression de la justice et du code militaires que je x m’étonne que la motion ait pu être présentée. La demande formulée par la motion 73 est si compréhensible qu’il est inutile de s’y arrêter. Les résolutions touchant le mode de vote sont bien E
jolies. Mais ne croyez pas que le groupe ait le pouvoir À de les faire adopter, surtout la motion 79.
De même les autres motions touchant les lois d’as- ‘ surance, les revendications féministes, la protection des enfants. Toutes ces questions figurent dans notre pro- . gramme. Mais ne vous laissez pas aller à l’illusion que nous pourrons réaliser nos désirs.
La motion 88, proposée par un fanatique de l’air marin, est inacceptable telle quelle. Nous ferons notre possible en faveur de l’hygiène populaire. Mais le congrès n’a guère besoin de s’occuper de ces questions de
. La résolution 100 demande beaucoup. Telle qu’elle est, elle ne peut être exécutée.
Je vous en prie, n’oublions pas notre but, ne nous perdons pas dans les détails. Ne croyons pas trop au parlementarisme. Faisons de la propagande. Cherchons à gagner à la lutte de classe les millions d’ouvriers qui nous sont encore étrangers. (Vive approbation)
La discussion est ouverte.
Michels retire la motion 69, qui sera discutée en même temps que la question de la vice-présidence.
Keil, de Stuttgart, défend la motion 73; Mueller, = de Glauchau, la résolution 85; Krohn, de Constance, la motion 85, paragraphe 3; Trilse, d”Elberfeld, les motions 71, 80 et 83; Ottilie Baader la motion 85: Taeterow, de Berlin, combat la motion 72 ; Strassenmeyer, d’Essen, défend la motion 71; Hering, de Flensbourg, la motion 79.
Adolf Braun demande la clôture qui est rejetée.
La citoyenne Kaehler, de Dresde, combat la motion 85 bis; Stoessel, de Bromberg, défend la motion 87;
le congrès de Dresde Rauch, de Limmer, la motion 758; Katzenstein la | motion 72; la citoyenne Ihrer, de Pankow, la mo- « tion 83. | La clôture est votée. En dernier lieu la parole est Stadthagen. — La différence d’opinions entre moi et certains des camarades vient de ce qu’ils exagèrent ; la valeur des propositions de loi. Depuis 1900, nousen avons présenté quinze et une seule a été discutée parce que c’est la majorité qui dirige le Reïichstag, et non | à pas nous. À Je vous prie d’adopter la motion qui renvoie la plupart de ces motions au groupe à fin d’examen. Et | j’entends par là que nous ne devrons pas à tout prix présenter des projets de loi mais parler au Reichstag à | la première cccasion des questions soulevées. (Approbation) ; au groupe à fin d’examen et l’on passe à l’ordre du jour sur les résolutions 72, 85 bis et 88. La résolution 100 est retirée. (1) 1 Le congrès international d’Amsterdam en 1904 | e Le rapporteur Singer. — Je ne crois pas qu’il soit | nécessaire de m’étendre longuement sur le sens et l’uti- | lité d’un congrès international. Je remercie les délégués étrangers qui, par considération des élections alle-
mandes, ont retardé d’un an le congrès fixé d’abord à
Le bureau international nous a envoyé récemment un ordre du jour provisoire. Il a été publié par notre presse. Jusqu’à présent personne n’a exprimé le désir, — quelques motions mises à part, — de le compléter. Nous l’avons donc approuvé.
; A notre ordre du jour figurent les motions 4 et 4 bis, demandant de faire discuter au congrès international la question du droit de vote pour les femmes. Je ne puis que les approuver. De même la motion Molkenbuhr demandant que ce même congrès discute la question des assurances ouvrières.
Et je conclus en rappelant la parole de Marx: Prolétaires de tous les pays, unissez-vous, eten espérant que les délégués allemands au congrès de 1904 seront aussi nombreux que possible. (Approbation)
Clara Zetkin. — Ce que demande la motion 4, ce n’est pas une déclaration de principe du congrès en faveur du droit de vote pour les femmes. Ce que nous voulons, c’est que toutes les fois où le prolétariat devra lutter pour l’extension du droit de suffrage, il soit tenu / compte du droit de suffrage pour les femmes.
Mais nous n’approuvons pas la motion 4 bis demandant que cette question figure à l’ordre du jour du congrès comme article spécial. Car, en dépit de certaines féministes, nous ne voulons pas demander spé- cialement le droit de vote pour les femmes. Nous le demandons comme l’une des nombreuses réformes que le prolétariat doit obtenir en matière de suffrage.
Je vous prie d’adopter la motion 4 et de repousser la
! le congrès de Dresde “4
Molkenbuhr. — Camarades ! cette question des as- À
surances ouvrières mérite d’être étudiée par le proléta- M
riat international, car elle apparaît dans un pays ou 4
| dans un autre et elle y est traitée de façon confuse.
Cela s’applique surtout à la France et au projet d’assu- À
rance contre la vieillesse et les accidents émanant de Mille- 4
3 rand. Le camarade Millerand a si bien perdu le sentiment %
de la solidarité internationale que, dans son projet, il fait À
payer des cotisations aux étrangers résidant en France mais 4
ne leur donne aucun droit. /Sensation)… Les conseillers 4
de Bismarck sont allés plus loin que le camarade Mille-
Et pour nous, Allemands, la chose est importante. 1 » Lorsque nous réclamons des assurances les gouvernements nous répondent : nous ferions davantage si les ;
gouvernements étrangers marchaient aussi. Il faut leur 1
enlever cette excuse. à î }
Il faut que le congrès d’Amsterdam complète sur ce |
à point les résolutions du congrès de Paris au sujet des
lois de protection ouvrière. (Bravo !)
Heinrich Braun. — J’appuie la motion 4 bis. Elle à
est moins inutile que la motion 4. Ilne faut pas mépriser les efforts faits par les féministes et par les libé- À
raux pour obtenir le droit de vote pour les femmes et il È
ne faut pas nous laisser devancer par eux. |
’ Niemeyer, de Hambourg, appuie la motion de 9
Clara Zetkin. — Il ne s’agit pas de déprécier les
efforts des féministes et autres. Mais pour l’instant, en é
Allemagne du moins, ils ne sont pas appréciables. Il ne 4
s’agit pas non plus de nous laisser devancer par les
autres partis même réactionnaires qui espèrent se servir
de l’obscurantisme féminin contre les progrès des hommes. C’est à nous d’éclairer et de rassembler les femmes autour de nous. Mais la motion 4 suffit à marquer cette tendance. La clôture est votée. } Singer conclut en demandant de voter la motion 4 bis car ce ne sont là après tout que des propositions pour l’ordre du jour du congrès qui en tiendra le compte qui lui conviendra. : . La motion 4 bis est rejetée; la motion 4 et la motion Molkenbuhr sont adoptées. Sur la proposition de Singer la résolution suivante du congrès de Munich est renouvelée : « Le congrès invite les camarades à envoyer le plus de délégués possible au afin de témoigner du sentiment de solidarité internationale. » Kaden donne lecture d’une adresse de sympathie envoyée par le congrès aux grévistes de Crimmitschau qui est adoptée à l’unanimité. F Peus, de Dessau, déclare qu’il a été empêché de voter la veille et eût voté contre la motion 7. (1) La séance est levée à une heure un quart.
Séance de l’après-midi À Trois heures un quart. Présidence de Singer. À Singer. — La résolution suivante a été présentée : { « Le congrès exprime à l’unanimité toute sa reconnais- à sance, son approbation et tous ses remerciements au à groupe pour les mesures prises au Reichstag en vue de j repousser les tarifs usuraires, en particulier par l’em- 1 ploi énergique de l’obstruction. » Je propose de l’exa- ; Personne n’élève de protestation, — ne demande la parole. j — Je puis donc considérer que le congrès a adopté cette ré- ‘ solution. /Bebel: Adopté à l’unanimité, sans quoi je demande k le vote.) IL n’y a point d’opposition et je constate que le ! congrès a adopté à l’unanimité. /Bravo!} Ù IV. — La tactique du parti | Sont en discussion les motions et résolutions 89-91, Le congrès décide de lever la limitation du temps ï accordé à chaque orateur, et de donner d’abord la parole aux camarades Bebel et Singer, représentants des cf Bebel. — Camarades, à la suite de notre victoire, nos amis, à l’intérieur comme au dehors, et nos ennemis se sont demandé : Que va faire maintenant la socialdémocratie? Quelle influence le succès aura-t-il sur la conduite du groupe ? C’est la première question que je
Nous avons gagné 900.000 voix, soit environ 43,7 0/0. Au lieu de 58 députés, nous en aurons 81, soit 20,4 o/o du Reiïichstag. Nous avons gagné surtout aux dépens des partis modérés de gauche. Le chiffre des députés de la gauche n’a donc guère changé. Il y aura plus « d’hommes » pour faire entendre les revendications libérales ou ouvrières. Mais dans les votes . c’est toujours le centre qui décidera. D’autre part, à la suite des élections, les partis de droite vont s’unir plus que jamais. Les bourgeois iront ; à eux. La Xreuzzeitung a même dit qu’il fallait oublier les dissentiments entre protestants et catholiques. (Sensation) Et ils seront plus réactionnaires qu’auparavant. Ce n’est pas sans raison que depuis plusieurs années l’empereur se fait l’ami du pape. Nous savons que parmi nos électeurs il se trouve des gens qui ont voté pour nous sans être socialistes. Loin de nous en cacher nous sommes fiers de le dire. Et pourquoi donc ont-ils voté pour nous malgré toutes les horreurs que nos adversaires ont dites de nous? C’est la stagnation complète, pour ne pas dire le recul | manifeste, dans la satisfaction des besoins les plus élémentaires de la civilisation non seulement dans l’Empire mais encore dans chaque Etat qui amène de nombreux éléments à la social-démocratie ; c’est la triste gestion des finances dans les États et dans l’Empire, et le manque de plan et de but dont souffre notre politique commerciale. Dans les derniers conflits le gouvernement n’a été ni tout à fait pour les agrariens ni contre eux. Maintenant il est aux prises avec les difficultés. Les nouveaux traités de commerce ne
- pourront même pas être discutés à la prochaine session du 1 y à un manque absolu de direction dans la politique è intérieure et extérieure, une soudaineté, des oscillations
#l le congrès de Dresde 4
perpétuelles.. De plus la politique militaire et maritime :4 avec les charges colossales qui en résultent a provoqué
d dans le peuple le plus grand mécontentement… De même la politique mondiale, d’où nous n’avons tiré que des
| humiliations ridicules, comme en Chine, à Haïti, au Venezuela… Puis le peuple entend toujours ettoujours parler de 1 nouveaux crédits pour l’armée, pour la marine, de nouveaux plans coloniaux… Il sait que ce sont là des frais sans aucun avantage qui, loin d’amener un état de tranquillité et de | sécurité, ne font qu’accroître l’agitation et l’indécision. 1 (Très bien! Très juste!) Le danger d’une catastrophe croît en proportion de ces préparatifs… Et toutes ces charges sont | supportées par les classes ouvrières. IL en sera toujours ainsi malgré les aflirmations du centre et malgré le changement survenu au ministère des finances.
M. de Thielmann a été remplacé par M. de Stengel,
un catholique bavarois, parce qu’on espère qu’il brisera | plus aisément l’opposition du centre à de nouveaux ; impôts indirects. Et cela signifie en même temps que la
4 Bavière donne son adhésion entière à la politique impé- : riale. Que certains de nos camarades ne l’oublient pas, | qui prétendaient que l’on pourrait susciter dans les divers États et surtout en Bavière une vive opposition
; Et quelle est la situation des finances ? On n’a pu équi- | librer le budget de cette année que grâce à un emprunt de 72 millions de marks, emprunt qui par sa nature même est un viol de la constitution. Le budget précé-
dent s’est soldé par un déficit de 30 millions de marks. Les divers États devront payer.
J’ai appris que, tandis que l’Empire payait autrefois
“hr comptant, aujourd’hui il n’en est plus de même. /Sensa-
tion) L’empire ne peut souvent plus payer immédiatement,
44 les caisses sont vides.
A cela viennent s’ajouter la nouvelle loi exigée par le Reichstag sur l’augmentation des pensions aux invalides, qui demandera vingt millions de marks, et le nouveau projet de loi militaire, le nouveau projet sur la marine, dépenses qui s’élèveront à des centaines de millions. Les dépenses pour l’armée, la marine, les pensions, la dette de l’Empire atteignent dans le pré- ï sent budget la somme colossale de 1030 millions de marks. Elles iront sûrement pendant la prochaine Nos adversaires s’étonnent de nos succès. Mais déjà D les soutiens de l’État sont attaqués. L’armée est dans le plus grand mécontentement. A côté de cela les charges augmentent sans cesse. Et si La crise qui sévit en Amérique et ne fera que s’aggraver, si l’Amérique au lieu d’acheter des fers et des aciers inonde le marché ne des siens, nous aurons une crise dont on ne peut prévoir | les conséquences. C’est cela que je voulais exprimer | hier dans mon discours en disant que des temps pénibles nous attendaient. Je ne songeais point à la | social-démocratie mais à l’empire. Car je ne crois pas qu’on engage la lutte avec nous. On ne s’attaque pas à un parti qui sur dix millions de suffrages en a réuni trois millions. Et si l’on s’attaquait à nous, si l’on recourait à des lois d’exception nous aurions d’autres millions avec nous, nous aurions les ouvriers catholiques, tous les ouvriers. Si le centre veut essayer, nous sommes prêts. Mais dès maintenant je ne doute point de l’issue de la lutte. (Vive approbation) Et alors se pose cette question: devons-nous changer notre tactique ? Un parti a toujours le droit de changer sa tactique, à condition cependant de ne jamais se
le congrès de Dresde | mettre en contradiction avec ses principes. On peut à ; discuter pour savoir si jusqu’à présent nous avons été # en contradiction avec nos principes. Seuls le parti lui- à même et les succès peuvent décider. Or le succès a été Ë tel que de ce point de vue nous n’avons rien à changer L: à notre tactique victorieuse. (Vive approbation) En À outre il peut être nécessaire de changer la tactique F: . parce qu’elle est insuffisante. De ce côté non plus nous l’ ne voyons pas de motif de changement. Ou plutôt si. ê L’approbation que nous avons reçue nous impose le devoir d’être encore plus énergiques, plus hardis et plus entiers. (Approbation enthousiaste) F Je sais bien que certains camarades, — et non parmi É ceux qu’on appelle les revisionnistes, — ont fait une k proposition. Ils veulent que le groupe s’occupe au À Reichstag de présenter des projets de résolutions, de T4 lois, etc. Sans doute, mais il y a là des illusions qu’il faut détruire. Quoi qu’on en ait dit, c’est moi, l’homme peu pratique, à principes, l’homme de la négation, qui, | depuis trente-six ans que j’appartiens au Reichstag, ai présenté le plus de projets de loi. Maïs je vous avertis: ces projets supposent un travail de préparation énorme. Le groupe n’a ni les matériaux ni le temps nécessaires pour les élaborer. Il faut laisser ce travail aux conseillers payés pour le faire. De plus nous ne réussirons jamais à faire adopter ces projets par la majorité du Reichstag. Enfin l’activité législative est telle dans tous les Parlements, qu’on ne peut terminer le vote d’une loi sans s’apercevoir qu’elle a déjà besoin d’être modifiée. (Très Juste!) Cela vient de ce que les divergences entre les classes sociales se sont aggravées. On ne fait plus que des demi-lois parce qu’on ne peut plus en faire de com-
plètes. Cela ne veut pas dire que nous devions nous ; désintéresser de la lutte. J’aime beaucoup trop la lutte moi-même pour m’y résoudre, même si cette pensée me venait par instants. Mais il ne faut pas nous faire d’illusions. Pour donner un exemple je vous citerai ceci: voilà trente ans que Bismarck avait déposé un projet de loi sur la journée de dix heures aussi bien dans les villes que dans les campagnes. Qu’est-il devenu ? Personne n’est partisan plus convaincu que moi de la journée de huit heures. Eh bien! je déclare que si aujourd’hui nous obtenions la journée de dix heures nous en serions contents. (Approbation et agitation)
Telle est notre situation. Nous resterons un parti isolé et d’opposition. Cela ne signifie pas que nous n’accep-
- terions pas de concessions quand nous pourrons en obtenir et quand elles nous sembleront en valoir la peine. Mais comme dans le groupe les avis sont partagés, qu’il s’y livre de vifs combats sur la valeur de ces concessions et qu’il s’en livrera encore de plus vifs, il importe que le parti prenne conscience de la situation et dicte sa tactique au groupe. Il ne s’agit pas de fixer la conduite à tenir dans tous les cas.
Le parti ne peut qu’indiquer la route à suivre. Lorsqu’il l’aura fait le groupe devra la suivre, qu’il le veuille ou non. {Heine : Très juste!) Camarade Heine vous y serez obligé, cela va de soi. Ce serait joli s’il en était autrement. Le mot d’ordre serait: qui n’obéit pas est expulsé. /Vive approbation) Je ne rapporte cette remarque à aucune personne en particulier, je la fais tout objectivement. Si le congrès donne une direction au groupe, il faut que le groupe s’y
Il ne faut pas que rien se produise qui puisse donner à nos adversaires la moindre possibilité de dire: voilà donc
93 « ; le congrès de Dresde # in les résultats de cette puissante victoire; il en va de la social- ; ; démocratie comme de tous les partis bourgeois ; lorsqu’ils “. ont atteint une certaine hauteur, ils tombent, abandonnent ‘4 | leurs principes et c’en est fini d’eux. /Très juste!) Nous : sommes devenus sous beaucoup de rapports les héritiers / des partis bourgeois mais non au sens où l’entendait Heine 4 dans son article des Monatshefte, au sens où nous devrions | | « remplacer » le libéralisme bourgeois, non, mais au sens L où nous devons le dépasser. /Heine : J’ai écrit à « réaliser » ce qu’il s’était proposé! Cela signifie bien le dépasser!) A réaliser et à dépasser, mais je n’entends pas cela de la même 4 façon que vous… Mais il va arriver dans tout ce débat que nous nous querellerons sur des idées. Vous avez déjà vu cela hier. Bernhard a écrit un article, sur l’importance duquel il ne . pouvait y avoir aucun doute. Mais il nous a dit: « Oui ce n’est É pas ce que j’ai voulu dire, mais je n’étais pas en état de ù m’exprimer clairement; je regrette d’avoir fait cela. Je à donne ma parole que je n’y reviendrai plus. » Et en juges | bienveillants nous avons dû dire: « Si tu as fait une chose 4 dont tu ne prévoyais pas l’importance, il faut te pardonner. » Puis vient Goehre avec l’article de la Zukunft, — ! qu’il n’avait pas lu! Ne nous abusons pas. On dira de d nouveau qu’on ne s’est pas exprimé clairement, qu’on n’a : pas voulu dire ce que d’après le sens logique des mots on F devait faire entendre. Et finalement il arrivera ce qu’on a k vu à Hanovre et ailleurs : après plusieurs jours de discus- Ÿ sion on a adopté une résolution, mais dans la suite on est 4 resté aussi divisé qu’auparavant. /Approbation) Qu’on ne h vienne pas parler d’union et d’unité dans le parti. Hier déjà 4 Braun a pincé cette corde en prétendant que nous étions { unis dans le parti. Cela n’est pas vrai, je le conteste de la façon la plus formelle; jamais et à aucune époque nous ? n’avons été plus divisés que maintenant, jamais et à aucune À époque les différences n’ont été plus grandes que mainte- É nant! /De nombreuses voix: Très juste!) Essayez d’arranger À la chose ou passez par dessus avec de bonnes paroles, À pour mon compte j’en ai cordialement assez! / Vive appro- É: bation et applaudissements).…. À | 94
La base de tout le mouvement revisionniste est, comme F
on sait, la brochure de Bernstein, qui pour son bonheur #
était alors à Londres, car depuis qu’il eut l’occasion de 3 ;
revenir en Allemagne, ce que je lui souhaitais de bon cœur, : 4
— n’y ai-je pas moi-même contribué autant que je pouvais? 4
— je suis persuadé que loin d’avoir gagné en considération Et
il a perdu /De nombreuses voix : Très juste!) et non seule- ” à
ment parmi les radicaux, mais encore parmi les revision- +3
nistes plus que partout ailleurs… /Très juste!) Bernstein }
{ s’est pour ainsi dire révélé comme l’enfant terrible (1) de
ses amis. Et parce que sa considération avait déjà baissé Fr
dans les masses, on n’attacha pas grande importance à ses 4
paroles lorsqu’il demanda pour la première fois d’élire un ‘à
“vice-président, qui eût même à faire la visite à la cour ;
voulue par la tradition du Reichstag. /Grande agitation) 1
Pour moi, ce qui m’irritait tant, — Auer peut en témoigner 4
d’après mes lettres, — c’est que je me disais : est-ce que 4
Bernstein, même de son point de vue, pouvait faire quelque 4
chose de plus bête, de plus absurde que de choisir le £
moment où régnait dans tout le parti la plus grande joie à 4
cause des succès aux élections, où dans tout le parti, à 23
l’exception d’une infime minorité, on était persuadé qu’il u
s’agissait maintenant de tirer profit de la victoire, de 4
marcher de l’avant, de passer à l’offensive, d’attaquer plus à
vivement, de surpasser, grâce à la force du plus grand d
nombre, ce qu’on avait fait jusqu’alors, oui, de choisir ce à *
moment pour soulever la question de la vice-présidence 4
(Rires et approbation) et de déclarer que même la visite à 4
la cour ne devait pas nous gêner! Et cela dans un moment à
où les discours de Breslau et Essen /Approbations enthou- £
siastes et prolongées) brülaient encore le visage de tous les 4
socialistes, comme s’ils avaient reçu un soufflet de la pire à
espèce! {Approbation enthousiaste) Cela dans un moment
où apparaît de plus en plus à tous ceux qui peuvent n
penser ce qui se prépare là-haut; dans un moment où l’on :
est obligé de se dire : nous avons affaire à un représentant 4
(1) En français dans le texte. x
95 1
% le congrès de Dresde 4 de la classe dominante qui a annoncé souvent : en dernier « ressort, l’armée est là pour marcher contre l’ennemi inté- 4 rieur! /Nouvelles et vives approbations) Bernstein croit-il : que tout cela soit effacé des cervelles prolétariennes? / Vive % approbation) Croit-il que l’un de nous doute que la puissance fi énorme dont cet homme est le chef sur terre et sur mer Ê sera mobilisée au jour où il croira qu’il est temps de la mener contre nous? La parole est-elle oubliée qu’il prononça un jour : si l’on vous en donne l’ordre, vous devez tirer sur . votre père et votre mère! Celui qui ne voit pas cela, celui ÿ qui ne sait pas cela doit cesser de jouer au politicien! ) {Approbations enthousiastes et prolongées) 1 Bernstein avait déjà beaucoup baissé dans ma considé- 1 ration, et autant que je pouvais l’observer de mon obser- . # vatoire de Kuessnacht /Grande hilarité) une grande partie À de la presse a aussi jugé inutile de faire grande défense 4 contre lui. J’étais indigné que ce grand moment fût troublé î par cette maladroïte intervention. Mais il est une chose que ï je veux vous dire : bien que j’aie été blämé par une grande partie de la presse, même par la partie qui d’ordinaire ne % prend pas position contre moi dans les questions de ik tactique, j’ai d’autre part, — et je puis vous fournir les 4 preuves écrites, — reçu justement en ces jours plus d’appro- d bations des camarades que je n’en reçus jamais depuis : que j’appartiens au parti, — et vous savez cependant que # depuis des années le parti a soutenu de durs combats. Ne Tous ces camarades étaient heureux que, pour ainsi dire, D la sonnette fùt enfin pendue au chat. {Vive approbation) ê % Telles étaient les dispositions dont, à Berlin et particuliè- 4 rement dans notre organe central, on n’a rien vu, ni Ÿ entendu. / Vive approbation. — Des voix : Malheureusement!) à C’est vraiment surprenant, mais c’est ainsi: on a perdu É: dans les postes capitaux le contact, on a perdu l’intelligence il de l’âme du parti, l’on n’est pas en état de comprendre ce # qui s’y passe. 4 Avons-nous jamais vu, dans les quarante années d’existence du parti, une tempête d’indignation pareille à celle 1 qu’a soulevée cette question? je veux dire à partir du 1 moment où le camarade Vollmar entra de son côté dans y
l’arène et, non content de s’approprier ce qu’avait dit Bernstein, l’étendit à sa façon, l’approfondit et l’étaya d’arguments plus solides.
On se souvient du discours-programme de Vollmar au Colosseum, à Munich, en 1891, discours qui fut salué par les acclamations de la presse bourgeoise. On dit alors: Oui, c’est le seul homme du parti qui sache sentir le pouls des temps. De même aujourd’hui. C’était particulièrement monsieur Naumann, qui est assis là devant moi, qui le conjura formellement : « Vous êtes l’homme de la situation ! Descendez de vos montagnes bavaroises, mettez-vous à la tête et le peuple vous recevra avec transport. » /Grande hilarité) Assurément, il n’en alla pas tout à fait ainsi. Il y eut des transports à Munich; il y en a toujours là-bas dès que Vollmar arrive. /Hilarité) Munich est la Capoue de la personne ne se promène à la longue impunément au milieu des cruches de bière. {Nouvelle hilarité) À Munich périssent les plus fermes soutiens du parti. Plus d’un camarade — j’en vois ici quelques-uns de ce genre assis à plusieurs tables, /Grande hilarité]) — et après quelques années de Munich, ils étaient brisés de corps et d’âme. Telles sont mes impressions, et si je devais moi-même aller à Munich, je crois que j’aurais peur de moi-même. /Violente hilarilé)
L’intervention de Vollmar fut saluée non seulement par les acclamations et les applaudissements des camarades munichois, mais encore par la presse bourgeoise presque sans exception. /Très juste!} On en est venu peu à peu, dans notre parti, à se faire entourer dans certains milieux d’un cercle de journalistes bourgeois servant de corybantes. N’ai-je pas lu dernièrement: Vollmar, le roi non couronné de Bavière! {Grande hilarité)
Mais le parti bavarois, dans sa grande majorité, ne veut rien savoir de son roi non couronné dans cette question.
Bayreuth a commencé par se détacher de Vollmar, puis toutes les autres grandes villes de la Bavière. Et :
_ parmi les députés du Landtag bavarois Loewenstein, | Segitz, Haller, Ehrhart se sont séparés de lui. 4 4 Et tout ce mouvement est parti d’en bas. De toutes ‘4 parts s’est élevé dans le parti un cri d’indignation. (Approbation enthousiaste) Or, cela aussi a été contesté. 1
Auer, par exemple, dans le dernier numéro des Sozia- 1 listische Monatshefte, — il n’écrit plus que là; la Neue Zeit 4 semble ne plus exister pour lui, — a dit avec son esprit à habituel qu’une affaire accessoire avait été transformée et E. décorée du nom d’affaire d’État… Je ne doute pas que ce
soit sa conviction la plus sincère, qui répond bien à‘son > caractère. Mais chez aucun camarade du parti je ne regrette 4 autant que chez lui qu’il ait pu juger de la sorte des évé- | nements qui démontrent que l’âme du parti bouillonne 1 toute entière… /Vive approbation) Un tel jugement n’a pu $ être porté que par quelqu’un qui a perdu toute base fixe, le terrain des principes. /Très juste!) 4 En ce qui touche la question de la vice-présidence À elle-même, je me suis déjà expliqué sur ce sujet dans 7 mon article de la Neue Zeit. Je n’ai pas à revenir ici À sur les détails. Je me contenterai de répondre aux cri- } | tiques dont il a été l’objet. On m’a reproché de croire 4 à une conjuration. Sans doute une conjuration était À inutile. Entre gens de mêmes dispositions, l’entente se ë fait spontanément. Vollmar commença. Les autres 4 vinrent d’eux-mêmes. Mais lorsqu’ils virent que les 4 neuf dixièmes du parti désapprouvaient Vollmar, qu’ils couraient à une défaite devant le congrès, (Vive appro- | bation) ils tournèrent court et prétendirent que la chose n’avait point l’importance qu’on lui attribuait et que le congrès n’avait pas à s’en occuper. | Oui, si seulement nos adversaires n’épiaient pas tous
nos actes, s’ils n’essayaient pas par les éloges qu’ils | donnent à tous ceux qui parmi nous occasionnent des divergences, de diviser le parti.
Certes ces camarades n’en peuvent rien, ils ne les ont pas provoqués, ces éloges. Mais si quelque chose de semblable d m’arrivait, — cela ne peut m’arriver et je m’en réjouis. Aussi longtemps que je pourrai respirer, écrire et parler, L il n’en sera pas autrement. /Vive approbation) Je veux rester l’ennemi mortel de cette société bourgeoise et de cet : Etat, pour en saper les conditions d’existence et, si je puis, les faire disparaître. /Approbation enthousiaste) : _ Si cela m’arrivait, je dirais à ces gens de s’occuper de leurs affaires. J’ai même averti un jour Heïine du : danger que présentaient les éloges excessifs que lui LE adressait M. de Gerlach. Heine m’a donné raison. | Cependant les éloges ont continué.
Le plus triste dans toute cette affaire est que les journaux bourgeois qui avaient soutenu les revision- ; nistes furent ceux qui les raillèrent le plus et les ‘ lâchèrent. Dans la Neue Zeit, j’ai déjà fait allusion à un ; article de la Frankfurter Zeitung et j’ai ici une autre communication du correspondant berlinois de ce jour- 4 nal, dont le Vorwaerts n’a nullement parlé. 4
Je remarque en passant, camarades, que les principaux organes du parti ne jugent pas qu’il vaille la peine de faire connaître à leurs lecteurs ces tendances et jugements, et : cependant, si cela avait eu lieu, les choses n’en seraient jamais arrivées au point où elles en sont… Si le Vorwaerts L avait reproduit les passages essentiels de l’article Morale # de parti et l’avait critiqué en dix lignes, le parti aurait ù $
‘ épargné ici tout un jour de débats. /Eisner : Mais je n’avais :
pas lu cet article.) Je ne vous en fais pas un reproche; À mais je vais proposer de changer cela dans l’avenir. Et si un travailleur comme vous, que je considère comme impos-
le congrès de Dresde be sible à remplacer pour la partie politique du Vorwaerts, b: n’a pas de temps pour ces choses, je vous répondrai : je ne % désire pas du tout que vous vous en occupiez. Vous êtes 4 un camarade parfait et un journaliste extraordinairement 4 capable, mais pour ces choses je désire quelqu’un d’autre, 4 car vous êtes encore un camarade trop jeune. Vous ne “4 connaissez pas l’histoire du parti, vous ne connaissez pas 3 les personnes ni la situation, et il arrive ainsi, qu’à côté de 4 vos articles brillants et de haute valeur intellectuelle, vous 4 écriviez parfois sur le parti des choses qui nous font à 4 nous, les anciens, dresser les cheveux sur la tête. /Eisner : pe Mais cela se modifie avec le temps!) Oui, camarade Eisner, mais cela dure trop longtemps et le parti peut recevoir 4 d’ici là de sérieux dommages. Aussi voudrais-je que vous fussiez dépossédé de cette partie du Vorwaerts et réduit à 4 celle où vous pouvez servir le parti de merveilleuse façon. È Ce n’est nullement une animosité personnelle qui me fait 4 parler, mais au contraire le grand respect et la grande RE estime que j’ai pour votre personne. 4 Or, ce journaliste bourgeois s’est moqué de nous en à même temps qu’il nous nuisait. Il nous disait : Bien, | . . 4 vous vous prenez aux cheveux. Mais pourquoi donc ? | Personne ne songe à vous accorder un siège de vice- | Et l’on tombe ainsi au fond du revisionnisme. Nous : devons, dit-il, accroître notre pouvoir, participer au | gouvernement. C’est la même théorie que de l’autre É côté des Vosges. Ah ! oui, qu’arriverait-il donc si l’un de nous était ministre ? Croyez-vous qu’il pût proposer É les lois qu’il voudrait ? que la bourgeoisie le laisserait entrer dans le ministère ? Ce serait seulement dans le | cas où elle saurait qu’elle pourrait ainsi détruire de l’intérieur la social-démocratie, ou en faire quelque chose | d’autre que ce qu’elle est. (Approbation enthousiaste) On ne nous accorderait qu’une parcelle infime de pou100
voir en échange d’énormes concessions que nous serions obligés de faire. Comme le disait Heine un jour, il faudrait accorder des canons afin d’obtenir des droits. | (Heine : Ainsi vous revenez sur cette histoire!) Je n’ai jamais rien entendu de plus naïf que ce discours. Car plus vous fortifiez le gouvernement, plus vous affaiblissez le parlement.
C’est pourquoi il faut combattre énergiquement la tendance à voter les budgets. Cette tendance vient de l’Allemagne du Sud, où le revisionnisme a particulièrement sa demeure. Et cela ne tient pas seulement à Munich-Capoue, mais encore aux conditions économiques beaucoup moins développées là-bas que dans l’Allemagne du Nord. Et ce n’est pas le Sud moins développé qui doit essayer d’imposer une nouvelle tactique au Nord qui l’est davantage. Les députés du Sud ont cru devoir voter les budgets de leurs États. é Pour ma part, je n’y consentirais qu’à la condition que les gouvernements nous aient donné satisfaction sur | les questions fondamentales. Or, les gouvernements du Sud ont accepté toutes les mesures de répression réactionnaire contre nous aussi bien que les autres. Nous ë avons déjà entendu sur ce sujet des déclarations extraordinaires. Quelqu’un n’a-t-il pas dit qu’à la longue | nous ne pourrions refuser de voter le budget de l’empire ? (Sensation et grande agitation) Comment est-il possible de poser une question qui renverse toute notre | base de combat ? Si l’on continue ainsi, nous ne serons plus que la risée de nos adversaires. (Vive approba- |
De même pour la tactique des Bavarois dans la question des droits électoraux. Elle n’a réussi qu’à
! le congrès de Dresde de donner dans leur pays la majorité au centre et pour E. longtemps. De même dans la question des chemins de % fer. Le congrès de Mayence avait décidé de demander à la fusion des chemins de fer allemands sous l’autorité Ÿ 7 de l’empire. On a tenté un pronunciamiento contre cette 1 décision. On a voulu tenter une union des chemins de 4 fer du Sud. Mais quand chacun est rentré chez lui, il À les a trouvés dans une telle situation que personne n’a É osé faire la proposition. L: Si des hommes de la valeur de Vollmar commettent de È telles erreurs, de tels faux pas, il faut bien que cela tienne N à une autre cause qu’au hasard. Cela tient à ce que tous # leurs sentiments, toutes leurs idées en ce qui concerne le 1 parti, leurs principes et leur tactique se sont entièrement | modifiés. Le revisionnisme se distingue par sa grande A modestie. /Hilarité et approbation) C’est même une distinc- 1 tion capitale. On est content de la plus petite bagatelle, 1 mais pas de hâte, pas d’énervement, pas d’intervention des 4 masses. Plus que partout ailleurs on aurait pu en Bavière, 4 dans la question des droits électoraux, gagner à nous tous 4 les ouvriers catholiques. Mais il aurait fallu mener une L campagne de protestation. Au lieu de cela on s’est dit : 4 du calme! du calme! point de bruit ni jour ni nuit. Nous ‘4 i trafiquons derrière des portes closes, nous saurons bien ÿ emmancher l’affaire; mais surtout ne soulevons pas les L: masses, cela pourrait déranger nos combinaisons. /Agita- 4 tion. Très juste!) Voilà mise en pratique une partie de LM cette morale dont parlait Bernhard dans son article. {Très juste!) Is pensent : « Plus nous serons modestes et 1 mieux nous vaincrons »; moi je dis : « Plus nous serons ‘4 modestes, moins nous obtiendrons. » /Approbation) Marx ’ dit dans son Capital : « Si l’on ne peut sauter aucune phase 4 nécessaire du développement, on peut cependant en abré- + | ger la durée. » Oh ! il n’y a point de politicien plus réaliste À ; que notre Marx si méconnu. On ne peut sauter une phase, ! ( mais on peut l’abréger. Toute notre activité tend à abréger
les phases du développement afin d’amener la société Mais chez les revisionnistes l’on dit au contraire : Ah! pas si vite! pas tant de hâte! Ce ne sont pas les paroles mais le sens : les masses ne sont pas encore mûres! Com- 5 ment pouvez-vous vous imaginer que ces masses seraient en état, si demain le gouvernement tombait dans nos mains, de s’en servir? Je répondrai : Ah! ne vous brisez pas les têtes des autres! Que savez-vous combien nous avons d’intelligence avec nous, si nous avons les masses de notre côté? /Très bien!) Que n’ont pas fait nos cama- + rades dans les syndicats, dans les conseils de prud’hommes, . $ dans les parlements! Que n’ont pas fait particulièrement les hommes.— je ne parle pas maintenant des intellectuels, — | qui sont venus du prolétariat au Parlement! Je m’atten- : dais à ce qu’ils remplissent bien leur rôle, mais j’ai été + pénétré d’admiration en les voyant s’acquitter si merveilleusement de leur devoir /Sensation).. Donc, que savezvous de l’intelligence des masses? Vous n’en avez aucune idée. {Très bien!) Toujours dans les grands mouvements populaires les hommes nécessaires se sont trouvés là au moment voulu. Et si jamais il a existé un mouvement de civilisation qui ait produit les hommes nécessaires et aussi les femmes, c’est la social-démocratie. {Approbation enthou- 5 Si par une circonstance quelconque nous pouvions demain déloger nos adversaires de leurs places et nous y mettre, ne ; vous faites pas de soucis, nous saurions déjà ce que nous Ë avons à faire. /Vive approbation) Ah! ces points de vue ? mesquins, cette étroitesse, cette timidité, cet éternel calmer, temporiser, « diplomatiser », pactiser! /Grande hilarité et É approbation) Naturellement tout le génie politique est du : côté de nos revisionnistes, toute l’habileté diplomatique de leur côté. On aperçoit leur génie politique dès mille mètres k de distance /Hilarité) et l’on sent leur habileté diplomatique + à cent mètres. /Nouvelle et grande hilarité) Au contraire, je ë vous dis que les hommes à cheval sur les principes, les F gens qui, aujourd’hui plus que jamais, représentent dans le parti le point de vue idéaliste et révolutionnaire, ceux- f 103 3
le congrès de Dresde #13
là ne sont pas des diplomates, pas des hommes d’État, ne F: veulent pas en être, — maïs je dis ceci : S’aperçoit-on qu’un ‘à homme est un homme d’État, il a déjà cessé d’en être un. ‘Si {Très bien! et grande hilarité) Si quelqu’un laisse percer le de. diplomate et va jusqu’à le révéler expressément, il cesse d’en N: être un. /Très juste!) C’est en un mot l’effort pour se rap- F procher de la société bourgeoise. / Vive approbation). C’est 4 là l’effort que font les hommes qui s’appellent revisionnistes. Lu C’est éternellement le même combat, ici la gauche, là la il droite et au milieu le marais. Ce sont les éléments qui ne L. savent jamais ce qu’ils veulent ou qui, plutôt, ne disent ä jamais ce qu’ils veulent. /Approbation) Ce sont les malins 1 qui toujours sont aux écoutes : Comment cela va-t-il ici? F Comment cela va-t-il là-bas? qui flairent toujours le côté ‘4 où se trouve la majorité pour y aller ensuite. / Vive appro- À bation) Cette espèce de gens nous l’avons aussi dans le he parti. /Nouvelle et vive approbation) Toute une bande est à apparue pendant ces débats à la lumière du jour. Il faut % dénoncer ces camarades. /Dénoncer!?} Oui, je dis bien p: dénoncer, afin que les camarades sachent ce que sont ces : indécis. L’homme qui du moins défend ouvertement son É point de vue, avec qui je sais où j’en suis, contre celui-là k je puis combattre, il est victorieux ou bien moi, mais ces f éléments pourris qui se dérobent toujours et évitent toute $ solution claire, qui disent toujours : mais nous sommes ’ tous unis, nous sommes tous frères, ceux-là sont les pires À de tous. /Vive approbation) Ce sont ceux que je combats } le plus! {Approbation enthousiaste) 1 Mais s’il existait encore un doute sur la justesse de cette ; opinion, je trouverais ma meilleure justification dans les 2 déclarations de l’ennemi. Elles sont pour moi le meilleur f baromètre. /Vive approbation) Et je demande : La tendance Ÿ revisionniste n’a-t-elle pas été cajolée et louée de toutes les à façons par nos adversaires, ne l’a-t-on pas soutenue mora- | lement autant que possible? La Frankfurter Zeitung a été. f pour ainsi dire désignée comme l’organe des revisionnistes jl Quelles que soient les divergences qui me séparent de É
monsieur Naumann, bien que je ne croie pas qu’il ait en politique la vue longue, toujours en ce qui concerne la tac ! tique qu’il suivait contre nous, il a été très habile. /Et cependant il n’a pas réussi!) Certainement il n’a pas réussi. Croyez-vous donc, camarades, que le revisionnisme réussira jamais dans notre parti? / Vive approbation) Non, camarades, il ne réussit pas, mais il cause du tort au parti. /Très juste!) j Il divise nos forces. {Très vrai!) 11 entrave notre développe- À 5 ment, il nous contraint à la division, à des luttes intestines,
alors que le contraire devrait se produire. {Très juste!)
Toute une série de camarades a été égarée. {Très vrai!) k Que ces gens combattent honnêtement, je n’en doute pas, j’ai moi-même déclaré au sujet des intellectuels ce qui en était. J’ai dit comment plus d’un oublie trop tôt ce qu’il a appris comme socialiste, comment beaucoup croient plus ou moins qu’ils sont les conducteurs nés du prolétariat, (Approbation) comment plus d’un croit que le prolétariat doit être fie de l’honneur qu’il lui fait d’accepter un mandat. /Très vrai!) Il n’y a point de mauvaise intention, point de trahison volontaire, mais c’est un mal pour le
A côté des intellectuels vient une autre partie des revisionnistes, les anciens prolétaires parvenus, /Très juste!} gens qui aperçoivent maintenant la dernière étape de leur vie. Vous n’avez qu’à appliquer la conception matérialiste R de l’histoire pour avoir la solution de l’énigme. Ce qui vaut pour tous les adversaires, vaut aussi pour nous. Puis l’idée que l’on a en soi de l’homme d’État, qu’on est un génie diplomatique. Cette croyance jointe à la fréquentation d’hommes d’autres tendances amène peu à peu sur des voies comme celles que j’ai signaléesaujourd’hui.
Enfin il y a naturellement des soi-disant prolétaires. Oui, ce sont les ignorants, les non-informés, ce sont ceux qui suivent un homme qu’ils respectent et à qui ils croient devoir être reconnaissants. Mais s’il était possible d’établir ce que le vrai prolétariat pense du revisionnisme, le revisionnisme aurait un bel État-Major, mais l’armée derrière lui serait fort petite. / Vive approbation)
Et parce que le revisionnisme après les dernières élec-
; le congrès de Dresde ie 4 tions, — je ne m’en cache pas, je ne dissimule rien, —s’est at sensiblement accru dans le groupe, /Sensation) parce que 7 1 je sais que ces gens naturellement cherchent à faire PU.
prévaloir leur opinion dans le groupe, parce que je sais 4
Hu que cela conduira de nouveau à des luttes et à des frotte 2 ments continuels les plus désagréables et les plus pénibles, 4 Le pour toutes ces raisons je me suis dit : Il faut maintenant de x que le congrès, que la représentation du parti décide une ‘4 bonne fois quelle devra être dans l’avenir la tactique du 1 | groupe. /Approbation) J’ai déjà dit dans l’une de mes pre- ‘4 | mières déclarations: « Je sais que dans le groupe des luttes particulièrement difficiles nous attendent au sujet de la tac- 4 : tique, mais je sais aussi que lorsque le parti doit prononcer à ai en dernière instance, les questions sont tranchées autrement re À que dans le groupe. {Très juste!) Nous serons obligés plus à qu’auparavant de nous adresser au parti afin qu’il décide de 4 | la tactique du groupe. » De ce point de vue nous vous avons : soumis la résolution avec la modification que j’ai lue au A début. Je vous prie d’examiner et d’apprécier de ce point É de vue notre résolution. Et si vous croyez que la résolution ( exprime ce qui doit être exprimé, votez-la à une énorme k majorité {Des voix : A l’unanimité!) et je suis persuadé que si cette ligne de conduite est donnée, que si d’autres mesures 1 sont prises, pour répandre dans l’avenir la clarté, la vérité 2 et le savoir sur toutes les questions importantes du parti; 4 alors je suis persuadé que le parti continuera sa course vic- 3 torieuse et qu’il remplira de la façon la plus brillante sa ; mission historique. /Approbation enthousiaste et pro- 8 La séance est levée à six heures et demie. É:
Vendredi 18 septembre. — Séance du matin La séance est ouverte à neuf heures dix sous la pré- f sidence de Singer. Après lecture de quelques télé- grammes et quelques mots sur la question des mandats on passe à l’ordre du jour. 4 Ont été présentées les résolutions 140 (amendement annoncé par Bebel à la résolution 130) puis comme amendements à cette résolution, les résolutions 141 et 142; a été présentée la résolution 139. La résolution 111 est retirée. La parole est donnée à : Von Vollmar. — Camarades, Bebel vous a décrit hier la situation du parti comme il se la représente et a produit un grand effet. En essayant de lui répondre aujourd’hui je sens tout mon désavantage. D’abord je n’ai jamais prétendu posséder un talent d’orateur égal | au sien. Puis j’ai l’habitude de faire appel non au sentiment et à la passion mais à la réflexion. Or cela k devient impossible chez nous. Il n’est plus possible de garder le calme dans une discussion. Jamais on n’a apporté autant de passion, autant de confusion que
le congrès de Dresde 4 dans l’affaire actuelle. Ce sera ma tâche de ramener f un peu de calme et de clarté. | Toute l’affaire est sortie de la question de la vice- ù présidence. Dans mon discours de Munich, qui est imprimé, j’ai déclaré que la manière dont Bernstein avait traité la question ne me plaisait pas. Si je n’ai 1 pas été plus net, c’est que je n’ai pas l’habitude de F jeter la pierre à celui que tout le monde attaque. A mon avis le moment était mal choisi. Mais il est hors | de doute que Bernstein avait le droit de soulever cette À question. Tout camarade a toujours le droit de soulever à une question qui lui paraît importante. (Très juste!) Et 4 ce qui m’a décidé à intervenir, c’est la manière dont on À Bebel m’a reproché hier ma façon d’intervenir. Il a À dit que je le faisais avec une certaine mise en scène, À que j’avais toujours l’air, dans les rares occasions où je / parlais, d’annoncer un nouvel évangile. Je ferai remar- { quer qu’en 1894 il avait déjà fait le même reproche ÿ aux Munichois et qu’il s’est attiré de l’homme de F confiance du comité à Munich une réponse dont il ne s’est pas vanté. ; Pour moi je répondrai à Bebel que pour cette annoncia- à tion d’évangiles, en particulier des apocalyptiques, {Grande hilarité) je considère beaucoup trop cela comme sa spécia- | lité /Nouvelle hilarité) pour m’en mêler. Au reste tout ce { récit montre que lorsque la puissance inventive de Bebel est mise en mouvement, il devient absolument incapable de voir les choses dans leur état naturel. /Agitation) Je n’aurais pas répondu à ces reproches si mon silence n’eût fini par être mal interprété. Je disais dans | mon discours que tout camarade a le droit d’émettre
une opinion et qu’il a droit à une réponse courtoise, et î qu’il était inadmissible que quelqu’un le traitât d’ignorant parce qu’il exprimait un avis différent du sien, et laissât libre cours à l’animosité personnelle. Et je n’avais avec intention nommé aucun nom afin que l’affaire ne prît pas une tournure personnelle.
- Or Bebel s’est plaint qu’à propos de cette question on se soit plaint que la liberté de pensée fût menacée. C’est, disait-il, une habitude de crier à la violation de ; la liberté de pensée, habitude qui ne peut que nous diminuer aux yeux des adversaires. Sans doute. Mais 4 à qui la faute? A ceux qui crient, ou à ceux qui violent la liberté de pensée? Et je m’étonne que justement ; Bebel se soit plaint, lui qui protestait si haut parce que le Vorwaerts refusait de publier une déclaration de lui. N’est-ce pas la même chose lorsqu’on tombe, comme on l’a fait, sur celui qui fait usage de son droit d’expri- ; mer sa pensée. Car il ne faut pas se payer de mots. Il ne faut pas que la liberté de pensée ressemble au droit le droit de te plaindre, mais gare à toi si tu en uses. C’est ainsi que l’on agit à l’égard de Bernstein. Il ne peut écrire un mot sans être assailli de toutes parts. C’est pour cette raison que j’ai parlé à Munich, bien £ que le moment me parût mal choisi et l’affaire, comme je lai dit à quelques amis, ratée. J’ai parlé aussi parce que c’est moi qui autrefois avais soulevé le premier cette question dans le groupe parlementaire. Sur cette question de la vice-présidence je me contenterai de quelques remarques. On a accusé les revisionnistes d’avoir attaché d’abord à cette question | une très grande importance et d’avoir dit ensuite, afin
de se tirer d’un mauvais pas, qu’elle n’en avait aucune. î | Comme le congrès a été abreuvé de personnalités, je ne s veux pas pour ma part faire à cette accusation la réponse que j’ai l’habitude de faire à ceux qui m’accu- : sent de manquer de courage. Je me contenterai de prouver que cette allégation est en ce qui me concerne Je n’ai parlé de cette question que dans mon discours de Munich qui est imprimé et dans une réunion prépa-
‘ ratoire au congrès. Je disais expressément dans mon discours que je n’attachais pas une importance exagérée à cette question et que nous devions avant tout essayer d’obtenir des avantages réels, et de conquérir la puissance politique. J’ajoutais que notre action au Parlement n’est pas quelque chose d’isolé, mais se rattache à toute notre propagande et ne doit servir qu’à
; accroître notre force dans le pays.Il n’était pas possible | d’être plus net. J’ai même poussé l’objectivité jusqu’à Ë donner dans mon discours les arguments contre la vice-présidence aussi bien que les arguments pour. J’ai même poussé l’objectivité jusqu’à dire que malgré tout la question n’était pas dénuée d’importance, car la viceprésidence pourrait fortifier notre influence au Reichstag. On l’a nié. Mais alors je demande : si la viceprésidence est inutile, pourquoi sommes-nous d’accord pour la revendiquer sans accepter toutefois les devoirs de représentation, visite à la cour, etc.? Il faut donc que la chose ait quelque importance. Et c’est pourquoi | je n’ai pas attaché grande signification à ces devoirs représentatifs. Je comprends bien que la masse ait pu s’émouvoir. J’ai songé moi aussi à la personne dont : Bebel parlait hier. Mais je suis habitué à laisser moins
de place au sentiment. J’ai considéré ces devoirs comme de simples formalités qui n’atteignent aucun des principes du parti. Et je crois qu’un jour viendra où tout le parti devra les considérer de même et que mes paroles n’auront pas été inutiles. En attendant, la masse du parti en a décidé autrement. La question est tranchée. Je n’ajouterai donc plus qu’une rectification à un mot de Bebel. Il m’accuse d’avoir dit que la forme de l’État, monarchie ou répu- . blique, importait peu. Et il fait le tableau riant des avantages que nous procurerait une république, si pâle fût-elle. Je crois au contraire que si nous avions une république en Allemagne, elle réagirait’énergiquement ; contre toute extension de la liberté politique. Mais je ne veux pas discuter parce que cette question ne peut | être élucidée ainsi en passant et ensuite parce que nous ne sommes pas près encore de devenir une république. Mais je fais constater que j’ai dit dans mon discours : « Nous ne sommes point des républicains ; bourgeois dont toute la pensée s’épuise dans la forme à de l’État. Pour nous, l’organisation sociale est plus ; importante. » Je m’étonne que Bebel, qui se réclame 3 de la conception matérialiste de l’histoire, ait vu là- 1 quelque chose à reprendre. S’il avait lu plus soigneuse- à ment mon discours, il aurait évité une pareille bévue à 4 mon égard, d’autant plus qu’il répète en d’autres : termes dans son article ce que j’avais dit dans mon A Et je quitte cette question qui est tranchée. Sans A doute, quelques-uns vont trouver cette fin trop peu 3 ; dramatique, et que le congrès est frustré d’un spectacle | , sensationnel. Car nous avons des gens qui s’entendent
le congrès de Dresde à élever la moindre chose à la hauteur d’une affaire d’État, d’une question de principes, qui ne sont à leur aise que lorsqu’ils voient le parti dans un danger, afin de pouvoir l’en sauver. (Hilarité) Il est dommage que nous n’ayons point d’histoire de la tactique. On pourrait l’appeler une histoire de la décadence du parti. (Très bien!) Ce que l’on y verrait l’enlizement, l’embourgeoisement, la négation des principes, l’abandon de la lutte de classe condamnés de fois, — pour voir aussitôt qu’après chacune de ces condamnations, la socialdémocratie a bu le prétendu poison et s’en est fort bien trouvée. (Hilarité) Ainsi, Liebknecht avait proposé autrefois au faible groupe d’entrer au Reichstag, de protester et de quitter aussitôt la salle des séances. Nous ne devons pas, disait-il, abandonner notre attitude négative. La participation aux débats parlementaires ne nous apportera aucun profit. Je n’insiste pas. De même, en 1884, un grand débat s’est élevé dans le parti sur la participation à la réunion des anciens (Seniorenkonvent) au Reichstag. Il y eut même un referendum dans le parti. On parla de négation des principes. Chose curieuse, on dit exactement comme aujourd’hui : cette attitude nous gâte tout le succès électoral. (Sensation) On ajouta : le prolétariat va s’éveiller et saura séparer le bon grain ÿ de l’ivraie. Mais depuis, on s’est habitué à la chose et cette participation, si elle ne produit pas grand/chose, nous procure toujours d’intéressants renseignements. De même, la lettre de Marx sur le programme d’union de Gotha. Ille condamnait et prétendait que l’idée socialiste n’avait pas encore pénétré à profondeur de peau. Et cependant le parti s’est accru.
De même, la question des bureaux de placement ; mixtes, qui fut débattue au congrès de Cologne en 1898. Des délégués socialistes avaient siégé dans un congrès à côté des délégués bourgeois. Bebel partit en campagne et déclara que c’était une comédie, et que l’appel aux sentiments d’humanité était en opposition directe avec la lutte de classe. (Bebel : Très juste!) N’empêche qu’un an après, (Bebel : Deux ans!) le même Bebel prit part à Zurich à un congrès des représentants de ces ‘De même, la question des syndicats et de l’unification des tarifs. Lorsque l’unification des tarifs des typographes fut obtenue, que n’a-t-on pas dit sur le syndicat U des typographes, parce que cette unification des tarifs émoussait l’acuité de la lutte de classe. Aujourd’hui, on poursuit partout cette unification parce qu’elle est une excellente mesure en faveur des ouvriers. Pour les syndicats, une citoyenne pleine de talent avait démontré avec force que l’utilité des syndicats ne pouvait être que restreinte et que d’ailleurs leur fin était proche. Jamais ils n’ont été plus florissants qu’aujourd’hui et nous souhaitons tous leur extension. É Au Reichstag, lors des lois d’assurance et de protection ouvrière, de vifs débats se sont engagés dans le groupe, ainsi que l’a dit hier Bebel, pour savoir si nous | garderions notre attitude négative ou voterions pour les lois qui nous sembleraient les moins mauvaises. La | dernière opinion l’a emporté. La propagande n’en a pas souffert et nous avons très bien pu faire comprendre aux camarades quelles raisons nous avaient déterminés. Enfin, j’ai étudié à ce point de vue la participation
ù le congrès de Dresde 7
4 aux différents votes. En 1884, les Berlinois avaient j
déclaré « corrompante » la participation aux élections
municipales. Peu après, ils y ont pris part. Je ne pense 4
pas que le parti en ait souffert. !
à Je ne sais pas, car je connais aussi peu les affaires prussiennes que vous connaissez bien les affaires bavaroises,
(Très bien! — Grande hilarité) je ne sais pas s’il est vrai
que les conseillers municipaux berlinois portent avec fierté
une chaîne officielle, sur laquelle se trouve le portrait de
Frédéric-Guillaume II. /Grande hilarité) Je répète, je ne |
sais pas si cela est vrai, mais c’était dans le Vorwaerts, c’est
, donc sans doute vrai. {Une voix : C’est vrai!) Eh bien, F
pensez donc: les bas de cour nous brüleront les mollets,
mais l’image royale sur la poitrine ne nous cause aucun
La participation aux élections pour les Landtags a À
été discutée pour la première fois à Munich, d’où, L:
comme chacun sait, viennent toujours les mauvaises
choses. (Hilarité) En 1886, les libéraux avaient décidé, |
en Bavière, d’accorder un siège aux socialistes si, au É
premier degré, le nombre de leurs élus pouvait décider .
du vote définitif. Le 28 octobre 1886 parut, dans le
Sozialdemokrat, un puissant article, que tout permet
d’attribuer à Bebel, où il avertissait le parti d’être sur 1
ses gardes, de ne point se corrompre, de ne point se
laisser aller à un tel compromis qui ne serait qu’une
trahison, même si les adversaires avaient l’audace de
nous offrir un mandat. (Grande hilarité) Malheureusement, nous n’eûmes pas assez d’élus pour agir à
l’encontre de cet article.
L A Cologne, en 1893, Bernstein proposa de prendre
| part aux élections pour le Landtag prussien. Tout le
monde tomba sur lui,— moins haineusement qu’aujourde 114
d’hui toutefois. — Bebel, comme rapporteur, démontra
qu’un compromis avec les partis ennemis doit amener nécessairement la démoralisation.
La motion Bernstein fut rejetée. Bientôt après, le vent
. tourna; Bebel ne vit plus aucun danger ni aucune honte à ces compromis. Il y eut encore quelques protestataires.
La résolution de Cologne fut annulée en partie. A Mayence, en 1900, elle le fut tout à fait. Bebel donna cétte définition, qui mériterait de prendre place dans une encyclopédie :
Un compromis est une entente avec un second en vue de se soutenir réciproquement pour obtenir une chose qu’on ne pourrait obtenir par ses propres forces.
Depuis, les Prussiens ont usé du compromis de façon à nous rendre jaloux, nous, les Bavaroïs, qui avions commencé. Ils ont été jusqu’à le recommander dans des circonscriptions où l’appui des socialistes pouvait tout
- au plus faire élire un libéral.
Je vous demande pardon de cet exposé historique. Il
devait être fait. Vous voyez que notre mouvement, notre
…_ tactique ne sont pas quelque chose de fixe et immuable,
. mais qu’elles évoluent sans cesse. Cette évolution n’est
— pas terminée aujourd’hui; elle ne s’achèvera jamais.
(De nombreuses voix : Très juste!) Et cette évolution
— eût dû nous rendre prudents, nous avertir de ne pas |
“ crier à chaque instant à la fin du parti. Au contraire,
- c’est après chaque grand succès que les cris recom-
| mencent de plus belle.
Et jamais ils n’ont été moins justifiés qu’aujourd’hui. Je vais le prouver à l’aide des propres paroles de Bebel.
le congrès de Dresde 4 J’ai fait mon discours de Munich le 27 juillet 1903. ) Bebel a dû le connaître au plus tard dans les premiers : jours d’août. IL a écrit à ce sujet dans la Stuttgarter Volkswacht : « Ces idées de Vollmar ne contiennent rien de nouveau pour moi, car elles ont été déjà exposées par lui en 1898 sans que la majorité du groupe ait cru devoir les adopter. » J’avais même déjà parlé de cette vice-présidence en 1895 et annoncé qu’elle reparaîtrait tôt ou tard. Eh bien, pourquoi n’a-t-on pas protesté en 1895? (Bebel : Ce fut fait.) Non, on a simplement | répondu que l’on ne voulait pas s’en occuper, mais il
Donc Bebel commence par dire que la chose n’a rien de nouveau. Quelques semaines après, changement soudain et complet : « Vollmar a fait de la question de la vice-présidence une affaire d’État. (Bebel : Dans le parti!) Elle renferme une bonne partie, la partie essentielle de la question d’une nouvelle tactique. » — Je vous demande : Comment une chose peut-elle être insignifiante puis soudain la partie essentielle d’une
Et si c’est la partie essentielle, où sont les autres parties? J’ai parlé dans mon discours de Munich de la tactique à suivre après nos nouveaux succès. Bebel s’est plaint seulement que le passage fût trop court. Dans un article de la Neue Zeit, il a dit :
Si ce court paragraphe contient le nouveau programme, je puis me compter parmi les partisans de Vollmar. /Sensalion) Ce que Vollmar réclame de nous dans son discours comme étant notre devoir, nous l’avons déjà fait honné-
| tement, mais il n’a pas dépendu de nous que le succès positif ne füt pas de notre côté.
Et c’est cela la nouvelle tactique des revisionnistes, la fin de l’unité dans le parti! Je cherche en vain qui a pu porter un tel jugement à propos de mon nom. Sans doute Bebel a parlé d’une explosion des sentiments du peuple. Oui, mais je suis trop hérétique pour y croire sans autre examen. J’en ai déjà vu de ces explosions populaires. Je sais combien la plupart des genS sont restés calmes et combien il y avait de personnes aux endroits où l’on s’agitait. . Et je suis d’avis que la flatterie est aussi condamnable lorsqu’elle s’adresse au peuple qu’aux grands /Heine : Très | juste !) Et je considère comme de la flatterie de raconter que le sentiment populaire est sûr et infaillible. Je n’ai point une mince opinion de la masse et du sentiment du peuple, - | mais l’histoire des mouvements populaires et en même | temps l’histoire de notre propre parti m’apprennent que cette conscience populaire peut se tromper ou être trompée aussi bien que l’individu. Donc je ne puis me déclarer . satisfait par des concepts aussi vagues. IL faut que je m’appuie sur des chosés et des personnes plus tangibles. à Je me demande même comment une telle affaire a pu
- subitement se produire. Ou plutôt je me le demanderais si je ne connaissais Bebel que depuis hier. Je ne suis pas de ceux qui aiment à dire des paroles désagréables aux gens lorsque c’est inutile. Aussi m’est-il très pénible « que Bebel dans ces derniers jours ait dit lui-même que … son tempérament lui avait souvent joué maint tour et fait faire mainte bêtise. Il a ajouté qu’il demandait que
- l’on crût à son honnêteté dans tous ces cas. Personne n’en doute. Mais cela est vrai des autres aussi. (Très Juste!) Nous avons chacun nos tempéraments. Pour ma part je ne juge pas le mien si bon que je veuille l’im- « poser aux autres, d’autant plus que je me suis aperçu
le congrès de Dresde qu’une volonté voulant à tout prix se soumettre les esprits a beaucoup plus de pouvoir que le calme et la Mais il en est ainsi : Nous avons des tempéraments
1 différents, et cela est très bien, car ce serait du joli si nous
: montions tous comme une soupe au lait. /Hilarité) Oui, oui mon cher Bebel, si j’avais eu un dixième de ta façon de t’emporter, nous aurions bien eu d’autres crises dans le parti. Aussi devons-nous nous faire au tempérament les uns des autres. Et Bebel ne pourra pas dire qu’on n’a pas, — comme il est juste en raison de sa situation et de ses services incomparables, — tenu largement compte de son tempé- rament. Mais il faut, étant donné ce qui s’est passé, que cela soit dit, et particulièrement par un homme, qui comme moi a été attaqué depuis des années par Bebel et d’autres sans avoir pour ainsi dire bougé, à plus forte raison répondu… Mais tout a une fin et la patience la plus grande aussi. Et je te dis : Quelque compte que l’on tienne du tempérament, il ne peut cependant fournir une lettre de franchise pour tout. /Vive approbation dans une partie de l’assemblée. — Bebel : Je ne le demande pas non plus.) Et si l’on a dit que le parti n’est pas là pour suivre la moindre idée du revisionnisme, — ce que j’approuve absolument, car je ne sais quelle monstruosité c’est là et n’ai jamais vu élever telle prétention, — il n’est pas là davantage pour être le jouet de l’imagination surexcitée et de la nervosité de certains individus. /Vive approbation dans ; une partie de l’assemblée. — Grande agitation et sifflets) Dans un parti démocratique on ne saurait accorder à personne une telle situation d’exception. Un tempérament | déréglé, impulsif ne nuit pas seulement sur les trônes princiers mais encore sur les trônes des partis. /Appro- | bation dans une partie de l’assemblée. — Agitation) Qui | veut diriger les choses et les hommes doit savoir avant tout se dominer lui-même. /Sifflets. — Approbation dans | une partie de l’assemblée) Et celui qui est aussi sensible au | moindre frôlement de sa personne que l’est sinon toujours du moins parfois Bebel, devrait d’autant plus se garder de
tomber sur ceux qui pour l’instant lui sont incommodes avec une telle absence de choix dans les expressions et les procé- dés, comme cela s’est produit dans la présente discussion. {Approbation dans une partie de l’assemblée. — Agitation et sifflets) Un article de Bernstein gâte à Bebel toute la joie du succès aux élections. Oui, mais ne songe-t-il pas à l’effet que produit sur d’autres camarades sa façon de discuter et de procéder ? Bebel a fait beaucoup pour le parti. Mais il y a d’autres personnes,— parmi lesquelles je me compte, — qui ont sacrifié leur existence, leur vie, leur santé et leur temps. Ils ont bien au moins le droit de ne pas être dégoûtés par d’autres de leur activité. (Approbation dans une partie de l’assemblée) Bebel a prétendu que nous n’étions plus d’accord ni sur le socialisme, ni sur la démocratie. Assurément, sans quoi il n’aurait pas parlé au parti comme il la fait. Il porte des jugements sur tout et sur tous, sur la politique et l’honneur des camarades, il donne des notes et des avertissements, s’adresse personnellement | non seulement aux camarades, mais encore à nos | auditeurs, s’en prend à un individu comme hier au rédacteur du Vorwaerts, sépare les camarades en — camarades de première et de seconde qualité, en vrais 2 et demi ou faux socialistes. (Hoffmann, de Hambourg : f Il dit ce qui est.) Bebel a parlé hier des intellectuels. Il x estime qu’il faut leur savoir beaucoup de gré d’être G venus au socialisme, en raison des luttes qu’ils ont dû d soutenir. Mais si l’un d’eux ne partage pas son avis, ! c’est qu’il n’a rien compris au socialisme, — bien qu’il : soit socialiste depuis de longues années. — Les ouvriers : … ont l’instinct de classe infaillible. Mais si l’un d’eux se
le congrès de Dresde permet d’être, comme on dit, revisionniste, il a perdu cet instinct. Ce sont des parvenus. Et comment se fait-
il que d’autres soient des parvenus sans avoir perdu leur instinct de classe ?
, Bebel va plus loin. Il distingue des pays de diverses qualités. Il a dit il n’y a pas longtemps que tout le duché de Bade méritait d’être fourré dans un sac et noyé dans le lac de Constance. (Bebel : Non, je n’ai pas dit cela!) En tout cas je l’ai lu dans la presse du parti. (Bebel : Non, cela n’a pas paru dans la presse du É parti ! — Une voix : C’était à Lubeck.)
Maintenant c’est le tour de Munich, la Capoue de l’Allemagne, où l’on se noie dans la bière et le vin, où le sentiment politique se corrompt, où, comme il disait, — il est remarquable combien il a eu ces jours-ci de réminiscences bibliques : {Grande hilarité. — Bebel : Tu veux dire sans doute que je commence à devenir pieux ?) On périt corps et âme. /Bebel : J’ai dit âme et esprit) Bah ! c’est le corps ) que la bière détruit d’abord. /Hilarité) Donc Bebel explique Ë toute la nature des Munichois par le vin et la bière, ce qui : est assurément une conception ingénieuse de la psychologie des peuples. Puis, dit-il, tout vient de ce qu’au point de vue économique nous sommes restés très en arrière. | J’ai trouvé intéressant de voir que le jugement de Bebel répond à peu près à celui de Bismarck, qui parla un jour gl de l’indiscipline malsaine du Sud, que les hobereaux prus- : siens regardent de leur haut. Mais, Bebel, tout le monde ne peut pas être Prussien. /Grande hilarité) Au reste, les ] qu’ils viennent à Munich… Il ne manquait plus que de dire que l’on regrettait l’adhésion de Munich et de toute l’Alle- | magne du Sud au parti. Car si Munich exerce une si perni- | cieuse influence, elle doit se faire sentir dans tout le parti. “4 Je m’étonne que Bebel n’ait point dit cela l’an dernier au congrès de Munich. C’était l’endroit opportun
3 cependant. De même, pourquoi n’a-t-il pas parlé à Munich des élections du Landtag bavarois ? Après tout ce qu’on nous avait dit, après toutes les menaces qu’on nous avait faites, nous vous y attendions. Personne n’a soufflé mot. Et maintenant il vient soulever cette question sur laquelle je serais obligé de parler pendant une 4 heure pour l’exposer exactement. Bien entendu, je suis persuadé que Bebel connaît les affaires bavaroises très exactement jusque dans les plus petits détails, bien mieux que nous autres Bavarois. Je n’ai aucun doute à cet égard, je n’ai point le droit d’en avoir. {Hilarité) Mais il faut que je lui dise cependant que son histoire nous a rendu un très grand service, et que par son jugement le nombre des formules qui forment l’arsenal de nos adversaires s’est accru d’un joli peu. /Très juste !} Certainement les Munichois lui en seront très reconnaissants, ne serait-ce que parce que de nature ils ont un faible tout particulier pour un caractère cassant, arrogant et autoritaire./Très bien !} Mais laissons là le côté l épisodique. Je vous demande : sur quel ton Bebel a-t-il parlé à tout le parti ? « Je ne souffrirai pas, — je laverai la tête, — j’espère réserver à mes amis et à mes ennemis encore plus d’un mauvais moment, — j’ai les masses der4 rière moi, — je règlerai les comptes. » Je, je, je, — est-ce le d langage d’un homme à ses pairs, ou n’est-ce pas plutôt le j langage d’un dictateur ? /Grande agitation, vive approbaU tion, violentes protestations et sifflets) C’est ainsi que le {Grande agitation) Il fallait que cela fût dit enfin. {Une voix : IL était grand temps.) } Afin de prouver qu’un grand danger menaçait le » parti, Bebel a réuni un certain nombre de faits témoi-
- gnant des divergences d’opinions. Je ne puis les examiner tous. Je ferai remarquer simplement qu’au congrès d’Erfurt, en 1891, il s’aperçut que beaucoup plus de
le congrès de Dresde k |
délégués approuvaient mon discours « que je ne m’y
attendais », menaça de se retirer et en même temps de
lever l’étendard de la rébellion contre le congrès. De
même après le congrès de Cologne, en 1894, il se rendit
immédiatement dans une réunion de Berlin, s’emporta
contre le congrès et se demanda si on allait abandonner la lutte de classe et faire place à l’opportunisme.
Vous voyez, c’étaient exactement les mêmes paroles
Bebel a parlé hier des luttes qui se livraient dans le
| groupe parlementaire. Sans doute il y en a eu. Mais
si tous devaient être du même avis, autant revêtir un |
uniforme ou une camisole de force. Il n’est pas
vrai que ces luttes soient plus violentes qu’elles ne
l’aient jamais été. Mais il est vrai, par contre, que .
Bebel s’est trouvé plus souvent dans la minorité qu’autrefois. (Bebel : Ce n’est pas une raison !)
Ce serait peut-être la véritable raison pour laquelle le
parti serait en danger, et pour laquelle toute cette discussion s’est élevée. /Vive protestation) Qu’un groupe nombreux soit plus difficile à diriger qu’un faible, qu’il ne soit
pas si facile d’y obtenir l’unanimité, cela va de soi. Si l’on
voulait donc ramener toute l’affaire à une formule, il faudrait dire que malheureusement le parti est devenu trop n
grand. /Protestations et approbations) Et en fait, je ne suis
pas éloigné du tout de voir dans cette grandeur ce que l’on
appelle le danger. Bebel ne s’est-il pas plaint un jour ouvertement, que Pierre et Paul vinssent à nous, et qu’il préfére- |
rait une poignée de gens sûrs ? |
D’ailleurs quelle contradiction! On prétend que les |
revisionnistes ne sont rien, puis on vient dire qu’il faut
se mettre en garde contre eux parce qu’ils pourraient
obtenir la majorité dans le groupe. Et finalement on
prétend que la masse est hostile au revisionnisme. Mais que diable, n’est-ce pas la masse qui élit les députés ? Ou bien pourquoi ne dresse-t-on pas tout de suite la liste des camarades triés sur le volet qui aurontle droit Bebel a fait hier allusion au millerandisme. Il m’a comparé à Millerand. Je l’en remercie mais dois dire modestement que je ne me sens pas à sa hauteur. Mais il ne s’agit pas de cela. Je vous demande : puisque le millerandisme nous menace si dangereusement, pourquoi Bebel n’a-t-il pas protesté à cette séance du Reichstag où le chancelier nous a dit qu’il nous souhaitait un Millerand ? C’est lui Bebel qui a répondu au chancelier : « Je ne puis vous dire qu’une chose, c’est que si ce Millerand allemand entrait dans un ministère il devrait rester socialiste, sans quoi nous le malmènerions tout comme les autres ministres. » (Sensation) Eh bien, si le danger était si grand, il aurait dû dire qu’il n’y avait même pas à penser à une pareille chose. (Vives interruptions)
Je signale un autre incident de cette séance. Le chancelier exposa un singulier programme social. Les ouvriers ne doivent pas réclamer des choses qui entraveraient la puissance de la concurrence allemande sur le marché mondial, ou bouleverseraient l’ordre social. Mais les patrons doivent contribuer de tous leurs efforts à réduire de plus en plus les différences entre les classes et à rendre les classes pauvres plus fortunées. Et que répondit Bebel? : « Un beau programme, monsieur le chancelier, et si le chancelier veut employer son influence à réaliser ce programme, il trouvera en nous, socialistes, ses alliés les plus fidèles. » (Sensation)
le congrès de Dresde Celui qui dans sa carrière politique dit de telles paroles n’a pas le droit de corriger au crayon rougeles discours des autres. Et si moi je les avais prononcées, oh! alors, la lutte de classe n’aurait pas été affaiblie seulement, mais encore trahie ! (Très vrai!)
Bebel aime à nous reprocher les éloges que nous adressent nos adversaires. Il ferait mieux d’être ainsi que moi insensible aux éloges comme aux blâmes et de n’y attacher aucune importance. D’ailleurs s’il venait en Bavière il verrait qu’on le loue là-bas comme le socialiste modèle tandis qu’on nous déchire à belles dents. Je puis lui citer aussiles éloges que lui adressait récem- | ment le Tag de Berlin. Il vaudrait mieux que lui et nous tous protestions contre le byzantinisme de la presse du parti. Lisez le scandaleux article paru dernièrement dans la Saechsische Arbeiter-Zeitung. (Bebel : Très | juste! Je l’ai énergiquement condamné!) Oui, mais tu } ne l’as pas dit ici. (Bebel : Je puis encore le faire; je l’ai dit à plusieurs de mes amis.) k
Bebel justifie ses attaques par cette allégation qu’on nuit au parti. Mais peut-on lui nuire davantage qu’en criant aux trois millions d’électeurs qui ont mis leur con- t fiance en nous, que jusqu’à présent nous avons joué Le une comédie, qui doit enfin cesser ? (Approbations et À protestations) Peut-être Bebel a-t-il voulu dire autre chose. Mais qu’il se rappelle ce qu’il a dit sur les articles dont on doit peser toutes les conséquences. Où, quand, 4 par qui une telle comédie a-t-elle été jouée? Pour ma | part je n’en ai jamais eu connaissance et j’espère que personne n’a conscience d’en avoir joué une.
Car si ce mot avait un sens, il pourrait signifier seule- j ment qu’il existe dans le parti des gens ayant conçu depuis
longtemps le plan de proclamer leur souveraineté absolue en écartant ceux qui leur sont incommodes, mais ne trahissant pas ce plan avant le moment où ils croient l’occasion favorable. /Très juste!) .… Je ne dis pas qu’il en soit réellement ainsi. Mais quelle autre idée peut-on se faire - dans le pays de cette parole? Et puisqu’il en est ainsi, je proteste énergiquement contre cette expression et dis qu’elle : porte au parti, — naturellement contre la volonté de Bebel, — le tort le plus grand qui lui ait été fait depuis longtemps. L {Approbations et protestations) Et s’il y a un danger dans le parti, il consiste uniquement en ceci que des gens s’imaginent être obligés de faire prévaloir leur opinion à tout 5 _ prix, persistent avec entêtement dans leurs desseins, sont querelleurs et en un mot se conduisent en autoritaires. Et je vois un autre danger dans certaines menaces de violence, qui n’ont pas encore complètement disparu, et qui sont d’autant plus dangereuses qu’elles se produisent à un moment où elles font un grand plaisir aux provocateurs. Malgré tout ce que j’ai dû dire contre Bebel, ce n’est pas lui, mais Kautsky que, dans toute cette affaire, je regarde comme le personnage principal, surtout parce qu’il a l’avantage d’être plus conséquent. Kautsky est le fanatique de la théorie, le professeur allemand devenu parti, /Hilarité) qui laisserait plutôt périr le monde ou même le parti, que d’enlever une seule cheville à ses belles constructions théo- | riques. /Approbations et protestations. — Une voix : C’est ! absurde!) Vous ne me persuadez pas. Je vais donner des Kautsky nous a souvent montré ce qu’il pense de la liberté é de pensée et d’opinion dans le parti. Dans un article fa- | meux contre Bernstein : La retraite des dix mille, il a dit : « Il est ridicule de demander dans le parti la même liberté de pensée que nous réclamons de l’État. » /Sensation) La Neue Zeit, disait-il à Lubeck, n’est pas faite pour laisser se mesurer les diverses opinions et tendances existant dans le parti, mais pour défendre l’unité du parti. L’unité du parti, c’est-à-dire l’autorité unique de son opinion. /Très juste ! Vives protestations. — Kautsky : Il n’y a pas un mot de cela.
le congrès de Dresde ce que vous ayez montré qu’ici au moins il y a un peu de liberté de pensée. IL me semble que si vous avez écouté Bebel vous avez le devoir de m’écouter aussi. / Vive approbation) Sans cela vous auriez l’air de vouloir terroriser. {Vives approbations et protestations) Singer. — J’ai demandé de cesser les interruptions. Je renouvelle cette demande en l’adressant d’ailleurs | aux uns comme aux autres. : Von Vollmar. — Donc l’unité du parti est l’autorité de son opinion. Il a une fois appelé textuellement la | nouvelle tendance un soulèvement. C’est à réprimer ce soulèvement qu’il travaille depuis plusieurs années. Jusqu’à présent il n’y a pas réussi dans les divers congrès. Mais il s’imagine aujourd’hui que l’occasion est propice. Il s’imagine que l’opinion est assez surexcitée | contre Bernstein et après l’avoir déjà personnellement | condamné il espère faire ratifier cette sentence par le congrès. Du même coup il espère faire condamner tous les revisionnistes. Il a cherché longtemps une formule définissant exactement leurs crimes. Il a fini par les accuser de vouloir entrer avec les partis bourgeois dans une même majorité. Eh bien je vous demande : ; qui donc a soutenu de tels principes ? Pour ma part je ÿ n’ai jamais dit que ceci dans mon discours de Munich : À « Pratiquement la situation est aujourd’hui telle que ÿ le libéralisme a perdu aux dernières élections la der- ÿ nière possibilité de regagner son influence perdue. k (Sensation). Et nous socialistes nous ne pourrions l que nous réjouir si les éléments vraiment libéraux de la bourgeoisie se ressaisissaient et tout au moins dans ; la lutte contre la réaction sur le terrain politique et intellectuel rivalisaient avec nous; mais au reste ils 4
devraient se rendre compte que les événements se dérouleraient en Allemagne comme en Belgique, et que les premiers postes de l’opposition appartiennent désormais au socialisme, à côté et sous la conduite de | qui les libéraux de gauche auraient à agir. » Je n’ai | rien dit d’autre à ce sujet. Si l’on veut nous faire un : procès de tendance de la pire espèce, (Très juste ! — Grande agitation) qu’on apporte du moins quelques _ Aussi incroyables sont les idées de Kautsky sur la Il a dit en dernier lieu que la critique devait être suspendue pour un temps, qu’il fallait cesser de douter de l’opinion momentanément régnante, de la tactique. /Grande agita- : tion. — Sensation) De douter, — en propres termes! J’ai remarqué ce mot parce qu’il me rappelait les leçons decaté- chisme de ma jeunesse. /Une voix : Est-ce textuel? — Grande agitation) « Il faut écarter le doute. » Cherche toimême le passage! /Bebel : Ah! ah!— Une voix : Il y a É écarter !) Ainsi la liberté de pensée ne doit pas être inter- : dite mais ajournée, {Très bien! — Hilarité et agitation prolongée) la critique ne doit pas être supprimée mais suspendue pour un certain temps. {Une voix : Écartée) (1) C’est, si je comprends l’allemand, la même chose. Vous trouverez ce procédé chez le pape et dans l’Église. {Très bien! — Agita- | tion) Là aussi la critique de la Bible n’est que suspendue jusqu’à ce que le pape reconnaisse sa justification et constitue une commission qui examine la chose ; on peut alors critiquer jusqu’à ce que le nouveau dogme soit établi. $ : Non, camarades, ou bien la liberté de pensée, de critique, existe entière, sans réserves, ouelle n’existe pas./Très juste!) () Von Vollmar avait employé le mot eingestellt, qui signifie suspendre, et Kautsky le mot zurueckgestellt, qui signifie littéralement
le congrès de Dresde ; Sans cela il se produit ce qui arrive dans l’état actuel, où la liberté de pensée et d’enseignement existe sur le papier,
- mais doit être dans la pratique utilisée avec tact, afin de j ne point provoquer de scandale public. {Agitation) Non, ce Ë n’est pas ce que nous avons choisi et il est honteux qu’une | telle opinion sur la social-démocratie ait pu non seulement ; être exprimée, mais encore conçue. {Très juste!) Car s’il y a un principe fondamental, une racine vitale de la social- 1 démocratie, c’est la liberté absolue de pensée, de recherche, À d’examen des principes, des buts et de la tactique. /Très bien!) Celui qui veut y apporter la moindre restriction, f veut faire tomber le grand mouvement de civilisation qu’est notre parti au rang d’une secte. {Très bien !} Sans 4 doute un mouvement de la grandeur du mouvement socia- 1 liste resterait encore un certain temps imposant extérieu- î rement, serait peut-être d’autant plus imposant aux yeux 1 des adversaires, parce qu’il aurait une unité d’opinions com-
e plète, uniforme. Mais la conséquence nécessaire serait le dépérissement du parti, /Très juste!} la suppression de à tout air frais et par là de tout développement futur. Il faudrait avant tout supprimer de notre nom le mot « démo- : * cratique » {Bebel : Oui, si on en arrivait là !) et renoncer à gagner et à conserver des hommes indépendants, libres j et vivants. /Bebel : Tu vois des fantômes que tu forges toi- À
Singer, interrompant.— Je prie de cesser les dialogues ! {Une voix : Dis-le à Bebel!) $ Vollmar, continuant. — Car je vous le dis : si l’on me 4 destine une muselière, il m’est assez indifférent que ce # soit une muselière policière ou religieuse ou démocratique. À {Approbation et sifflets) Il ne vaudrait plus la peine de Lo risquer sa vie /Bebel : Risquer sa vie? où ?) Et ne sacrifies- 4 tu pas ta vie en partie, ne mets-tu pas ta vie au service du k parti? /Bebel: Je ne parle pas du tout de cela !) Et crois-tu Fe que d’autres ne le font pas aussi? {| Donc je dis : je ne jugerais pas qu’il vaille la peine ê d’exposer toute son ‘existence, de combattre, de renverser d toutes les autorités, simplement pour mettre une nouvelle . idole à leur place ! Seuls des fanatiques et non des socia128 j
listes peuvent y consentir. /Bebel : Très juste!) Et lorsqu’un danger de ce genre apparaît même de loin, il faut le
J’en arrive à la résolution. Sur le premier point je n’ai rien à dire, puisque le parti a déjà décidé.
Je ne comprends pas les phrases vagues sur les tendances revisionnistes. Pour ma part je n’ai jamais été « bebelien », ni « bernsteinien », ni marxiste. Je me contente d’être socialiste. Je n’ai jamais entendu parler d’avances faites au parti bourgeois et j’ai toujours parlé de la conquête des pouvoirs par le socialisme.
Le paragraphe 3 disparaît, puisque ces tendances n’existent pas. Pour le paragraphe 4 je demande à qui il s’applique ?
Donc, du point de vue esthétique je déclarerais cette résolution inacceptable. Mais il faut se placer au point de vue politique pratique. Et puisque des camarades craignent des tendances qui n’existent pas selon moi, mais qui d’après eux pourraient un jour exister, et veulent dès maintenant les prévenir, je ne m’opposerai pas à cette façon de voir. (Sensation)
Quant au dernier paragraphe, je ne le trouve pas 1 assez radical. (Très bien! — Hilarité) Car, voyez-vous, il n’existe pas de radicaux ni de réactionnaires absolus. On trouve toujours un plus réactionnaire ou plus radi-
4 cal que soi. Ainsi je ne pourrais citer une seule circonstance où dans la pratique au Reïchstag les revisionnistes se soient trouvés d’un côté et les radicaux de l’autre. (Sensation) Bebel confirmera que souvent nous avons marché ensemble, tantôt à gauche, tantôt à droite. (Sensation) Et il est remarquable que le radical Kautsky ait proposé de ne plus réclamer le remanie129
le congrès de Dresde | ment des circonscriptions électorales, ce qui serait l’abandon d’une de nos plus anciennes revendications. (Bebel : Naturellement il ne peut en être question !) Mais Kautsky l’a proposé ! (Bebel : Je suis de ton Si donc vous voulez condamner une tendance, des j principes qui selon moi n’existent pas, l’affaire sera { tranchée par le vote de la résolution. ; Il en serait autrement si vous vouliez atteindre cer- À tains individus. Je m’empresse de dire que cette inten- b. tion n’est pas dans la résolution. Mais j’ai entendu dire j par de nombreux camarades que l’on avait cherché L une rédaction telle qu’elle devint inacceptable pour 4 Vives interruptions) Dans ce cas il eût fallu avoir le | courage d’aller jusqu’au bout, de nommer les noms et de dire à ces individus : Soumettez-vous ou sortez. Quoi qu’il en soit, je ne vois pas cette intention dans la résolution, je n’ai rien à ajouter et je conclus. Camarades, je ne conteste pas qu’il y ait eu des sujets de mécontentement. Des camarades nouveaux | sont parvenus trop vite aux postes d’honneur. Avant j d’être officier il faut être soldat. D’autres faits qui ‘| paraissaient insignifiants se sont ajoutés et l’orage a à éclaté. Mais après nos explications, le congrès devrait F être convaincu que tout a été singulièrement grossi, Je y ne nie pas que des fautes aient été commises, par moi k aussi, — je ne suis pas de ceux qui veulent à tout prix avoir raison. (Bebel : Est-ce pour moi que tu dis cela ?) il Comment done, j’en suis bien loin. (Grande hilarité) À Je pense donc que tout sera tranché par la résolu- l tion et que le parti, — au contraire de ce que disait
Bebel, — pensera que l’union et l’unité dans le parti sont plus grandes que jamais. (Approbation et protestation) Le parti reconnaîtra
qu’il est grand temps de finir ces querelles intestines et que nous avons devant nous une tâche exigeant toutes nos forces, et pour laquelle chaque force trouvera son emploi, de même qu’il est dit dans la Bible que l’on peut servir Dieu des manières les plus différentes. Il faut agir dans les centres industriels autrement que dans les circonscriptions rurales, dans le Sud que dans le Nord, mais partout nous pouvons employer honnêtement nos forces, et nous n’avons qu’à tâcher d’agir dans un même sens et non en sens contraire. Je pense qu’après cette explication pénible, mais devenue nécessaire, le parti trouvera la solution juste en ce sens qu’il saura repousser énergiquement toute tentative d’entreprendre quelque chose d’une manière non objective, mais personnelle, blessante et autoritaire, et ramener les chefs de droite et de gauche à leur poste devant l’ennemi pour le combat commun. /Vive approbation) (1)
Singer annonce qu’il a reçu un nouvel amendement à la résolution 130 (résolution 143).
Une demande de réduire à dix minutes le temps de chaque orateur est rejetée.
Ledebour.— Puisqu’il est certain que nous ne pourrons terminer cette semaine, je propose de décider que nous siégerons lundi de la semaine prochaine.
Singer. — Le moment est très mal choisi pour cette motion. Nous verrons bien. Ne nous prenez pas notre temps.
La motion Ledebour est rejetée.
La séance est levée à midi trois quarts.
Séance de l’après-midi La séance est ouverte à trois heures, sous la prési- à dence de Singer. Kolb, de Karlsruhe. — Avant de parler du revisionnisme, je vous signale un article violent de la Leipziger Volksseitung sur la Morale de parti. Il est signé des | initiales G. J., soit Gustave Jaeckh. Ce Jaeckh était 4 autrefois rédacteur dans le duché de Bade. Il était 1 revisionniste. Il partit à Leipzig et écrivit directement s contre le socialisme. Aujourd’hui il est radical et ñ recherche toutes les occasions de tomber sur les revi- (4 Maintenant au fait. Je conteste l’existence de revi- À sionnistes, tels qu’on les a dépeints. La résolution prouve ! à d’abord combien on est peu fixé sur le revisionnisme. De ) tout temps il y a eu des revisionnistes dans le parti, à c’est-à-dire des gens qui sur les questions de tactique ‘4 pensaient autrement que d’autres. Plus le parti sera 11 grand, plus il existera de différences analogues. L’es- % sentiel est que l’on ne fasse pas de cette différence Ï d’opinions une trahison des principes. 5. En ce qui concerne la vice-présidence il n’est pas ÿ vrai que nous ayons reculé après avoir vu l’indignation à du parti. J’ai de tout temps considéré cette question fl comme secondaire. Mais je ne pouvais admettre la À manière dont on attaquait Bernstein. D’ailleurs si l’on of déclare qu’on veut occuper ce poste il faut accepter les A formalités. Jamais les formalités ne nous ont arrêtés. 4 132 4
| Et celles-ci nous sont imposées tout comme les
La question de la tactique se pose dans tous les pays. Nous voyons partout des revisionnistes et des antirevisionnistes. Pour nous la discussion se ramène en dernière analyse à la question de savoir si nous sui-
__ vrons la théorie des catastrophes de Kautsky ou celle de l’évolution de Bernstein. Dans la pratique nous nous en sommes toujours tenus à la seconde.
Les soi-disant revisionnistes estiment que le but de nos efforts sera atteint par une évolution organique, que nous devons ramasser toutes nos forces pour acquérir de l’influence et parvenir peu à peu à notre but. Kautsky partage cette opinion mais il croit que ce que nous voulons atteindre ne peut l’être que par l’effondrement de l’État capitaliste, il pense que cet effondrement viendra nécessairement. Nous au contraire nous disons qu’il n’est pas nécessaire qu’il vienne. {Vives interruptions : Nous, y voilà donc!) Oui, certainement toute la discussion tourne autour de ce point. /Une voix : Eh bien alors !) Tous nos chefs n’ont-ils pas déclaré que nous voulons atteindre le but par les moyens légaux? Nous le répétons sans cesse. Mais alors il faut avoir le courage d’être conséquent. Il ne faut pas dire que l’effondrement viendra nécessairement, parce que dans ce cas un moment viendra aussi où la violence décidera et non plus
Kautsky prétend que nous ne pouvons pas obtenir la
… puissance par ruse mais qu’il nous faut la conquérir. Je suis de son avis. Mais il s’agit de s’entendre sur le mot conquérir. (Des voix : Ah! ah!) J’estime que tout ce que nous avons obtenu et obtiendrons a été conquis, parce que la classe dominante ne nous a rien donné
Il ne nuit pas au parti de discuter ces questions. Au
le congrès de Dresde É contraire, on y gagne plus de lumière. Pratiquement la question ne se pose pas aujourd’hui. Maïs elle se posera plus tard, puisque, d’après Marx, nos attaques contre la propriété devront amener des changements dans la superstructure politique. C’est pourquoi je vous demande de rejeter l’amendement. Pour le moment la résolution n’a aucun sens et nous ne pouvons cependant ( pas engager l’avenir. (Très juste!) Personne ne veut une revision des principes du parti, au contraire, nous j savons qu’ils sont vrais et sûrs, et nous voulons continuer le combat sur cette base. k Le discours qu’a prononcé Bebel hier nous a causé ; le plus grand tort. On nous le servira longtemps, tandis que jamais nos adversaires ne nous opposent les E éloges adressés par la presse bourgeoise aux revisionnistes. (Très juste! — Protestation) Bebel a de nouveau É tapé sur les Allemands du Sud. Ils ont fait leur devoir k cependant. Dans les centres industriels la propagande est bien moins pénible que dans les contrées arriérées $ économiquement. Et cependant l’accroissement des ‘ voix a été plus grand dans le duché de Bade que dans la moyenne de l’empire. Bebel a parlé des ouvriers À parvenus. Il ne se doute pas de la jalousie qu’excitent à ces ouvriers en bonne situation, occupant des postes G dans le socialisme. Que vont-ils faire maintenant? Il Ë n’est pas vrai non plus que les revisionnistes aïent perdu ‘4 le contact avec le peuple. À J’ai au contraire l’impression que c’est Bebel qui a ÿ perdu ce contact avec les masses. /Grands éclats de rire. } — Une voix : La dernière revision !) On ne prend pas contact avec le peuple en parlant dans ; des réunions où se trouvent des milliers de personnes, mais
en se mêlant à lui chaque jour dans les syndicats et les coopératives, où l’on apprend à connaître les ouvriers avec leurs qualités et leurs défauts. Alors les ouvriers n’apparaissent pas sous un jour aussi idéal que les voit Bebel.
Enfin l’attitude de Bebel n’a pas inquiété les revisionnistes seuls, mais encore d’autres camarades. Ce qu’a dit Vollmar était nécessaire. Que peut faire Goehre, que peuvent faire les rédacteurs du Vorwaerts après les paroles de Bebel ?
Je ne sais pas quelle forme prendra la résolution. Je ne puis en aucun cas voter pour l’amendement. J’aurais pu voter pour la résolution primitive. /Hoffmann, de Berlin : Alors il faut la modifier !) Le congrès n’est-ilici que pour les Berlinois? /Grande agitation et interruption) Tenez-vous donc tranquilles. Nous ne vous avons pas interrompus. Les débats ne peuvent se poursuivre ainsi. /Très juste! — Grande agitation) Il est clair que nous devons être unis sur toutes les questions fondamentales, sur les questions concernant la lutte actuelle. Mais cette unité existe en fait. Pour le reste nous ferons mieux de ramasser nos forces, afin de pouvoir sur tous les points continuer la lutte avec succès. {Approbation dans une partie de l’assemblée. — Sifflets) (1)
Stuecklen, d”Altenbourg. — Les revisionnistes pré- tendent qu’il n’existe point de différences entre nous. Le discours de Kolb vient de prouver combien elles sont profondes. (Bebel : Très juste!) Je ne vois pas comment on pourrait les masquer. Vollmar est un orateur captivant. Mais lorsqu’il arrive à un point délicat il sait bien le tourner. Nous avons souvent discuté jusqu’ici, mais sans subtilités.
Nous avons de nombreux intellectuels dans le parti.
le congrès de Dresde S’ils voulaient se tenir tranquilles, rien de mieux. Mais ils veulent tout d’abord démontrer l’inexactitude d’un des points de notre programme. La presse bourgeoise en prend note. Au congrès suivant se produit la discussion. L’intellectuel se dérobe, l’unité est rétablie, mais il est un homme arrivé et se présente au premier siège vacant. Je n’ai point de respect pour ces intellec- : tuels. Il faut renforcer la résolution de Lubeck de telle sorte qu’un accord ne soit plus possible, car notre de- | voir est de prêcher la lutte de classe. On a parlé de | scission. Il pourrait tout au plus s’agir de quelques intel- 4 lectuels qui refuseraient de nous suivre. Libre à eux de | Bernstein demande que le vice-président socialiste | aille à la cour s’il le faut. Après les socialistes de salon voici les socialistes de cour! C’est sans doute Vollmar qui sera le candidat à ce poste. Mais quelle figure fera le vice-président socialiste dans ce milieu où l’on nous a refusé le droit de nous nommer Allemands ? (Vive approbation) Que fera-t-il si l’on vient lui dire qu’il est | temps que le parti devenu grand entre dans l’ordre Bebel a dépeint les Bavarois comme des moutons è qui suivent aveuglément Vollmar. Ce n’est pas exact. Bien des villes se sont déclarées contre lui. Le groupe 4 socialiste du Landtag bavarois compte onze députés. T Ils n’auraient qu’à se soulever : ils viendraient sûrement à bout de lui. | La responsabilité de ces incidents revient aussi au | Vorwaerts. Comme organe central il devrait servir de ! norme au parti. Au lieu de cela il est un conglomérat | des opinions les plus diverses. |
On a beaucoup parlé de la liberté d’opinion. Mais ; cette liberté aussi a des limites. La liberté d’opinion doit-elle aller jusqu’à laisser brûler la maison où ces opinions se combattent ? Il faudra tracer une certaine limite à cette liberté. Notre parti sera toujours prolé- tarien et révolutionnaire, et il dépendtoujours des camarades que la direction du parti ne tombe pas aux mains d’une poignée de camarades intellectuels, qui n’ont aucun contact avec le peuple. (Vive approbation) (1) Une motion demandant de réduire à dix minutes le temps accordé à chaque orateur est rejetée. Meist, de Lennep.—D’après Vollmar le revisionnisme ne serait qu’un mannequin, qu’on se serait fabriqué afin de taper dessus. Je suis d’avis que depuis plusieurs années le revisionnisme cherche à influencer notre tactique. (Très juste!) Il est en opposition avec le sentiment des masses. Et bien que Vollmar ait dit qu’il ne faisait pas appel au sentiment, il estimpossible de ne pas tenir compte du sentiment des masses. Il est bien superflu de discuter sur la manière dont disparaîtra l’état capitaliste. Dans l’âme populaire il faut que l’élément de combat reste vivant ! Selon moi il n’existe pas de liberté d’opinion absolue, 56 surtout dans une lutte politique devant se livrer dans le cadre déterminé d’un parti. parle de cette place, il parle au nom de millions de cœurs ouvriers! (Vive approbation) Je ne suis point pour le byzantinisme. Mais j’estime qu’il est besoin d’un
le congrès de Dresde chef qui veille sur le programme et son exécution. Et aussi longtemps que ce chef a comme Bebel les masses derrière lui, il n’est pas un dictateur, mais celui qui exprime les convictions du gros des camarades. (Vive approbation) C’est de même le devoir de Kautsky de veiller au salut de notre programme. | Je me trouvais le jour des élections à Ronsdorf, lieu | historique, où Lassalle prononça ces mots: « J’entends È déjà en esprit le pas sourd des bataillons ouvriers. » Ce ne sont plus des bataillons, plus des régiments mais. ( des corps d’armée qui viennent. Lorsque la nouvelle de notre victoire arriva retentirent des acclamations telles que je crus que le plafond de la salle allaït être soulevé. l Pendant cinq minutes je ne pus dire un mot. Et je me disais : « Qu’est-ce donc que cette joie qui remplit âme | populaire ? C’est la foi en la victoire, la conviction que | la social-démocratie leur tiendra parole, que nous continuerons à travailler fidèlement selon nos principes, et qu’au besoin nous montrerons la porte aux éléments qui tentent de nous détacher de notre vieille tactique Katzenstein.— Aprèsles potins qui nous ont occupés Fe les premiers jours, ces débats théoriques sont récon- # fortants. Malheureusement la manière dont la discussion & a été engagée est pénible. Il y a eu des errements 2 regrettables des deux côtés. Sans doute la liberté doit avoir dans un parti certaines limites. Mais dans ces limites la discussion doit rester libre, sans qu’on vienne
- parler de scission ni d’exclusion. Je ne comprends pas comment Stadthagen a osé parler d’exclure des hommes }
qu’il ne vaut pas et qui ont dans le parti beaucoup plus de partisans que lui et Bebel ne se l’imaginent.
De quoi s’agit-il? De tendances qui se manifestent de manières fort diverses. On oppose à la tactique révolutionnaire la conception matérialiste de l’histoire, la nécessité d’une évolution lente. Mais l’homme est doué de volonté et peut tout au moins hâter cette évolution. Dans la nature même nous voyons des actes soudains. Sans doute une révolution est inutile parce qu’elle: détruit sans construire. Le devoir du socialisme est d’établir un gouvernement qui travaille consciemment à l’établissement de la société socialiste.
Les revisionnistes craignent que les masses ne soient pas prêtes. Mais Bebel a déjà signalé les trésors d’intelligence inexploités que renferme le prolétariat. Nous devons nous efforcer de développer les syndicats, les coopératives et toutes les institutions de culture des
Mais tout cela n’amènera pas l’acte décisif. Je suis opposé à la grève générale, qui n’amènerait pas l’avè- nement de la société socialiste. Mais il faut nous rendre compte que nous pouvons toujours entrer en lutte avec les classes dirigeantes. f
Il faut nous unir pour une action commune. Il faut
_ d’abord reviser notre programme que personne, pas même Kautsky, n’accepte plus entièrement, et en faire
- un que tous puissent accepter. Il nous faut ensuite des projets de loi conformes à cenouveau programme. Sans
… doute le groupe n’a pas les moyens de les imposer au Reichstag, mais ils fournissent d’excellents moyens de
Il est temps de passer au travail pratique. Il ne peut
le congrès de Dresde | être question de scission. Il est temps de mettre fin aux
excitations des deux parties. J’aime à lutter contre des adversaires, non contre des camarades. Ce n’est pas à moi, je pense, que Bebel a fait allusion en parlant du marais. (Bebel : Non!) Mais je puis lui dire que la plupart des camarades ne veulent plus se rattacher à aucune aile. Si je suis, sur les points essentiels, de son avis, j’ai appris beaucoup du côté adverse et j’approuve ce que Vollmar a dit de l’autoritarisme. On a parlé beaucoup des intellectuels. En Scandinavie, où ils ne jouent aucun rôle, le parti socialiste serait avec nos revisionnistes. Et, bien souvent, ce sont chez nous les intellectuels qui sont les plus radicaux, — pour devenir après un échec ultra-opportunistes, — parce qu’ils de concert, travaillons pratiquement mais en considé- . rant toujours nos principes. C’est alors que nous réussirons à briser l’État de classes. (Vive approbation) (1)
Timm, de Munich. — Il m’arrive qu’on me serre la main avec mélancolie en me disant: Eh bien, toi aussi, tu es passé au revisionnisme ! Je veux vous conter une période de ma vie qui pourra vous servir peut-être d’enseignement. Je suis allé, en 1898, à Munich, avec grande défiance. Je comptais y trouver la royauté de Vollmar. Il n’en est rien. On n’y ménage pas Vollmar à l’occasion et on n’y lutte pas moins qu’ailleurs. Voilà ce que j’ai pu voir.
C’est Bebel qui nous a accusés. Mais que ne pourraiton dire de sa façon de soulever des questions dans le | parti pour les laisser tomber ensuite, comme l’an |
dernier au sujet des élections bavaroiïses et cette année f au sujet de son différend avec le Vorwaerts. Mais Bebel occupe naturellement une position exceptionnelle et l’on ne dit rien contre sa manière de procéder. Sans lui, nous n’aurions pas eu les débats sur la presse à ce
De même pour la question de la vice-présidence, que l’on aurait dû traiter avec le plus grand calme. Cela regarde le groupe. Pour l’instant, elle ne joue qu’un rôle théorique. Quel rôle elle jouera dans l’avenir, (Bebel : Ah! ah!) nous pouvons nous en remettre tranquillement à l’évolution sur ce sujet. Et que signifient toutes les paroles lorsqu’on sait que d’autres aussi ont pris part à des réceptions bourgeoises. Bebel n’a-t-il pas assisté à un dîner chez le comte Ballestrem? (Bebel : Je n’ai jamais assisté à un diner. — Grande agitation) Alors à une soirée, peu importe au reste. Cela ne rentrait pas 1 dans vos obligations. (Grande agitation) Molkenbubr prendra-t-il encore part à des réceptions comme celle qu’avait organisée la commission de statistique ouvrière et où assistaient le sous-secrétaire d’État Lohmann et feu Woedtke? Je demande à Bebel s’il acceptera les : invitations du national-libéral Siegle? (Grande agitation. — Une voix: Ce sont des racontars de bonne femme. — Très juste!) Mais ce sont des histoires qui F ne font pas partie des obligations, tandis que la viceprésidence peut être importante pour les ouvriers. (Non! non!) J’ai dû raconter ces histoires parce que Bebel a usé contre nous de moyens démagogiques. Hier, il a fait appel aux instincts les plus bas des Très juste!) contre les chefs des syndicats et autres \
le congrès de Dresde camarades occupant des postes. Il a dit que certains ouvriers parvenus pouvaient être aussi dangereux que les intellectuels. C’est Bebel, qui est aussi un parvenu, qui fait appel aux plus bas instincts. (Nouvelle agitation) Quant au revisionnisme, il n’est point possible de le É définir. Les opinions changent avec les individus et avec les époques. C’est pourquoi je préfère une politique pratique et ai déposé une résolution, — n’émanant pas de moi d’ailleurs, — demandant que le groupe présentât au Reichstag des projets de loi. Bebel a signalé les difficultés. Eh bien, notre parti est si grand que ces J projets pourraient être rédigés et serviraient puissam- | ment à répandre nos idées dans les masses. On pourrait par exemple étudier à fond la question des impôts | directs. Même les protestations contre les tarifs douaniers sont venues trop tard et manquaient d’unité. Pendant les élections, nous avons manqué de netteté, l surtout dans les pays rhénans, où nous pourrions | apprendre beaucoup du centre. De cette façon, on peut rendre plus aiguë la lutte que soutient le prolétariat. Et ce n’est pas là, je pense, parler en revisionniste, $ mais bien en radical. { Au fond, nos gens qui possèdent la culture scientifique 2 devraient se réjouir de ce qu’un mouvement se dessine à dans le peuple, prouvant qu’il s’efforce de se former un jugement personnel. Qu’on ne traite pas aussitôt les ouvriers d’hérétiques. Si un principe a fait son temps, qu’on le discute, mais sans s’échauffer. Je tiens Kautsky pour très étroit. Karl Marx était autre, il prenait contact } avec le peuple : mais Kautsky ne bouge pas de Friedenau, savant de cabinet, savant de parti, et si quelqu’un
touche à une thèse posée par lui, alors cela va mal
- dans le parti, cela ne peut durer.
Ceci s’applique aussi à Bebel. Il est exact qu’il ne connaît plus l’état d’âme du peuple. Partout on l’accueille avec transport, il parle devant de grandes assemblées, les masses l’approuvent, mais en vertu même du milieu où il se meut, ilse fait des idées fausses.
Pour l’instant, il n’y a point de danger, car Bebel est au moins un dictateur génial. Mais où un autre ne nous conduirait-il pas? A la scission sans doute. (Agitation. une, je serais le premier d’avis qu’il serait nécessaire de m’exclure. (Vive approbation) Maïs il faut réfléchir et voir où nous allons.
Car s’il n’y a point de raisons de fait pour la scission il semble en exister d’autres. On entend dire de temps à autre que Bernstein cause tout le mal et qu’on ne peut plus travailler avec lui. D’autres prétendent qu’Auer est le plus suspect et qu’il est nécessaire de le remplacer par un autre. (Grande agitation. — Vives protestations. — Des voix : Qui dit cela ?) On me l’a — Des voix : Ce n’est pas vrai! Mensonge, mensonge! — s Richard Fischer s’élance vers la tribune et crie : Maintenez votre affirmation, c’est vrai. Camarades Adolf Hoffmann et Taeterow vous devriez avoir le courage de le dire, mais vous n’êtes pas trop lâches cependant ? — Grand tumulte) Oui, camarades, il faut bien rechercher les motifs de cette agitation. Si ces tendances n’existent pas, tant mieux, mais il ne faut pas les faire
Si ce débat a une utilité, c’est de faire perdre encore
le congrès de Dresde
davantage aux ouvriers leur foi dans les autorités. Et
c’est justice. Nous savons apprécier le génie d’un chef,
mais démocrates, nous devons le remettre à sa place démocratique. Je savais que dans mon discours je cite-
rais des détails. Mais ce débat roule sur des bagatelles.
Ce débat théorique a pour moi beaucoup moins d’importance que n’en aurait par exemple une division sur | les questions pratiques. Mais les congrès ne peuvent
plus se passer ainsi, sans quoi les ouvriers finiront par
se fâcher et nous dire de rester chez nous en épargnant
leur argent. Nous devons rester plus unis. Les louanges
de nos adversaires ne doivent pas nous troubler. Bebel
lui aussi a été loué par le Berliner Tageblatt pour son à attitude envers les syndicats. J’espère que nous serons bientôt débarrassés de cette petite querelle. (Approba- | tion et sifflets) (1)
Auer. — Avant d’aborder la véritable question je !
d’une lettre de Bebel à laquelle je n’aurais pas répondu d:
on a raconté que les rapports entre lui et moi seraient 1
bien tendus. En réalité il n’en est rien. Je n’ai pas
répondu à cette lettre parce que comme membre du à
comité directeur j’en reçois tellement, que je suis obligé à
à un moment de ne plus répondre afin de laisser le tor- Û
rent se calmer. J’ai pris connaïssance de ce qui concer- L:
nait les affaires du parti et je n’ai pas répondu aux A
points de discussion parce qu’une lettre n’avance à rien |
et parce que huit jours plus tard nous devions nous
Bebel m’a reproché de ne pas repousser les éloges |
des adversaires. Je pourrais lui répondre d’abord que s’il m’arrive par hasard d’être loué cela n’est pas si fréquent que je ne puisse accepter. (Hilarité) Ce serait une raison suffisante. Mais je préfère vous dire que dans ces éloges l’intention était si claire que personne 4 ne pouvait s’y tromper. Et vous ne me croyez pas assez puéril pour que ces éloges me soient montés à la tête. D’ailleurs Bebel lui aussi a été loué. Lorsqu’au début | de notre mouvement les journaux bourgeois opposaient le petit tourneur Bebel à Liebknecht, il n’a point protesté. Les raisons qui valaient pour lui valent aussi pour moi.
Venons au fait. Les débats sur la collaboration aux organes bourgeois ont mis en discussion Mehring. Kautsky puis Bebel l’ont défendu. Et je ne conteste pas son grand talent. Mais cette défense, et peut-être une parole de Mehring déclarant que le comité directeur porte avec lui la responsabilité de tout ce qu’il a fait pour le parti, ont fait naître un bruit. On prétend que pour être soutenu ainsi, Mehring doit être en possession de secrets qui obligent le comité directeur à le défendre. Je suis de ceux qui ont cherché à utiliser le talent de Mehring, mais sans lui assurer la situation
N prépondérante qu’il a conquise peu à peu dans le parti.
Quoi qu’il en soit, je puis affirmer que Mehring n’est pas en possession de secrets dont le comité aurait à rougir. (Approbation) Les camarades peuvent être tranquilles. Il n’est personne qui nous contraigne au silence par ses menaces. Ce bruit est sans fondement. (Approbation)
Dans ce débat on a discuté pour savoir s’il convenait de conserver notre attitude purement négative. Il y a
le congrès de Dresde longtemps que les circonstances ont décidé. Si quelqu’un proposait aux quatre-vingt-un députés d’envoyer cinq ou six des leurs au Reiïchstag tandis que les autres feraient de la propagande dans le pays on se moquerait de lui. Nous nous sommes développés, notre tactique a changé. Non parce que nous sommes devenus plus avisés, ce n’est guère possible, (Hilarité) mais parce que les circonstances nous y ont obligés. Par contre, lorsqu’on vient nous demander comme les camarades de Teltow-Beeskow (Bebel : Cest la résolution Timm) de nous occuper surtout de projets de lois, cela me semble une exagération. S’il est un point où je sois d’accord | avec Bebel, c’est celui-là. La préparation d’une loi est un énorme travail. On ne s’improvise pas législateur. À Laissons ce travail aux conseillers, contentons-nous de critiquer et, s’il y a lieu, d’amener par des propositions précises des améliorations. Lorsque Bebel dit qu’il s’est toujours occupé de législa- U tion d’une façon positive et pratique, je ne puis que confirmer ses paroles. Il y a d’ailleurs longtemps que nous à sommes d’accord sur la nécessité d’intervenir pratique- } ment. Mais nous sommes divisés sur la valeur des con- À cessions à demander. Les uns les estiment importantes, À les autres insignifiantes. C’est une question de tempé- î j’approuve encore Bebel lorsqu’il dit que nous n’avons ÿ jamais été moins divisés que maintenant sur les ques- | tions de principe. Je pensais même que ce congrès  serait une fête où nous célébrerions notre victoire. Jus- | qu’ici je n’ai rien vu de la fête. Cela peut venir encore, puisqu’il me semble que les tempêtes s’apaisent. Mais { | cela ne change rien à ce fait qu’il n’existe point dans le
parti de différences de principe mais seulement des différences de tempéraments. Peut-être aussi certaines déclarations ont-elles été faites de part et d’autre. Mais ! qui n’en a jamais faites ? Ce n’est pas une raison suflisante pour nous quereller, pour employer des expressions telles qu’elles ont été retirées après avoir été prononcées. Et je suis obligé de reconnaître que c’est Bebel surtout qui, par ses articles et ses discours, a 1 suscité cette émotion. : En l’entendant je me suis demandé ce qui s’était passé. Comment! tous nos succès ne peuvent pas compenser un discours de Bernstein ? Bebel nous a dit qu’il avait dû depuis dix ans avaler tant de choses qu’il ne pouvait plus y tenir. Mais avaler est un acte nécessaire à la vie. (Hilarité) Et croit-il qu’il ait été le seul? D’au- | tres aussi ont dû avaler bien des choses. A mesure que le parti grandit, il se trouve plus de personnes avec lesquelles on ne s’entend pas toujours. Mais dire qu’on ne peut plus y tenir me semble une forte exagération. l
naissance et le sexe il pourrait en effet être un Messie. $ (Très grande hilarité) Mais je vous assure qu’il n’a au moral aucune des qualités requises. Édouard Bernstein est un bon camarade, mais il possède un talent vraiment remarquable pour frapper à côté. (Grande hilarité) Soyez tranquilles, le nouveau Messie n’est pas dangereux.
Bebel est venu cependant nous dire que les consuls devaient veiller, qu’il fallait attacher le grelot au chat. Après les élections, où radicaux et revisionnistes ont combattu côte à côte, où Bebel a lutté pour les uns :
| le congrès de Dresde
comme pour les autres, après notre victoire, je ne me
doutais vraiment pas qu’un grand danger menaçait le
socialisme. À quoi bon toute cette agitation? On a
parlé de millerandisme et de jaurésisme. On considère
aujourd’hui la présence de Millerand dans le ministère |
comme une honte, Jaurès comme un homme qui a con-
; duit le socialisme au camp bourgeois. Mais pourquoi
| n’a-t-on pas dit cela au congrès international de Paris?
C’est moi qui ai présenté la résolution rédigée par
Kautsky, et tout le monde a été satisfait alors. Kautsky ;
pense autrement aujourd’hui. Maïs ce n’est pas une !
raison pour reprocher aux gens de penser aujourd’hui
comme il pensait autrefois. (Très bien!)
On a dit aussi que le nombre des revisionnistes dans ;
le groupe parlementaire s’était accru. Qu’en sait-on? J
Attendez de les voir à l’œuvre. Et ce symptôme n’était L
pas suflisant pour justifier les scènes que nous avons É
J’en arrive au fait même. Qu’entend-on par revision- ;
nisme, par un revisionniste ? Telle est la question mise 4
au concours. Avant de prendre les résolutions les plus à
tranchantes il faudrait cependant s’entendre là-dessus. À
J’ai cru longtemps qu’un revisionniste était celui qui d
soumettait à la critique certains articles du programme À
d’Erfurt. Après les déclarations que nous avons enten- ë
dues sur la critique, cette interprétation est inexacte. à
Alors voici les deux caractéristiques du revisionniste L:
que j’ai pour ma part réussi à découvrir dans tous les ï
articles et discours : le revisionniste est celui qui renie %
la lutte de classe et d’autre part cherche à rapprocher L|
la social-démocratie de l’aile gauche des partis bour- il
Mais s’il n’y en a pas d’autres, je concède qu’un tel revisionniste serait un traître au parti et je proteste contre l’application qu’on m’a faite du titre de revisionniste. C’est une calomnie. Il arrive dans certaines circonstances qu’on agisse de concert avec les gauches. C’est nécessaire. Mais se rattacher à elles serait notre perte. Notre force réside dans la conscience de classe et dans la classe où nous recrutons nos adhérents. Lors- | que, jeune camarade, je vins à Hambourg, on gagnait ainsi des voix. On disait à un ouvrier : « Tu es ouvrier? — Oui! — Alors il faut voter pour un candidat ouvrier ! » Cette parole agissait plus que les théories sur la loi du salaire, la plus-value, etc. J’ai compris à ce moment ce qu’était la conscience de classe. Et celui qui m’accuse de vouloir en faire fi, me croit vraiment plus | bête que je ne suis. (Très bien !) Le revisionnisme étant défini, la question se pose : Qui est vraiment revisionniste ? Pour ma partje repousse cette épithète. Tous les camarades qui ont parlé avant _ moi l’ont repoussée. Il n’existe pas encore de liste de proscription, mais on a déjà prononcé des noms. L’organe socialiste de Koenigsberg a proposé un referen- | dum sur ceux qui peuvent rester dans le parti et ceux qui ne le peuvent pas. D’autres journaux ont protesté. Mais il suffit que la question ait été discutée. Je ne sais pas où l’on s’arrêterait, surtout si la majorité du groupe | est formée de revisionnistes. Les meneurs ne doivent- : ils pas trouver eux-mêmes qu’on va trop loin ? s | Camarades, on nous a dit : maintenant il s’agit d’ar- [ | borer son pavillon, de se déclarer. Mais ne l’avions- 4 nous pas fait dans la dernière campagne électorale ? | Celui qui oserait le nier ne se rend certainement pas
le congrès de Dresde compte du sens et de la portée de ses paroles. (Très juste! — Agitation) De quel droit adresse-t-on ces reproches? Depuis trente-cinq ans je combats pour le parti, je n’ai jamais craint d’être appelé socialiste, je n’ai jamais vu les camarades redouter ce nom. Allonsnous leur reprocher de n’avoir pas arboré leur pavillon ? Il me semble impossible de répéter qu’on a tou- | jours joué une comédie. (Bravo!) Ou s’il y a eu comé- | die, il y a eu aussi des comédiens, et alors qu’on cite l : des noms et des faits. (Nombreuses approbations)
Sans doute il existe parmi nous des tempéraments différents, des gens plus ou moins habiles. Il y a même des gens plus ou moins sûrs. Mais si cela est vrai, si { l’on estime que les consuls doivent de nouveau veiller 3 au salut de tous, je pense qu’ils ont agi au moment le : plus inopportun. Ce n’est pas après les élections qu’il L fallait pousser le cri d’alarme, mais avant. Au lieu de à soutenir ces gens, il fallait les empêcher d’être élus. Je 1 trouve même qu’il y a là un manque d’égards envers ; lâme populaire. On lui recommande des candidats et lon vient lui dire : Halte, tu t’es trompée. Moi, le pré- tendu revisionniste, je ne me serais jamais permis d’agir L ainsi. Heine, le revisionniste, a été élu à Berlin, centre f intellectuel de l’Allemagne. (Hilarité) Quoi de plus Ÿ facile que d’empêcher cette élection s’il était aussi dan- =
Vollmar a déjà cité un certain nombre de faits qui : prouvent combien la tactique peut changer avec les cir- | 1874-75 eurent lieu les premières tentatives de fusion entre les deux fractions socialistes allemandes, Bebel, qui achevait sa prison, nous écrivit une lettre de dix-
huit pages. Il s’opposait à cette fusion et nous appor- 14 tait un programme détaillé des conditions que nous | devions imposer à la fraction dite d’Eisenach. Autrement, disait-il, dès ma sortie de prison je lèverai | l’étendard de la révolte contre cette fusion. (Bebel : As- ñ tu cette lettre? — Agitation.— Je désireraisla voir.) La : _ fusion se fit cependant. Sorti de prison, Bebel en devint : le plus chaud partisan. Ce n’est pas un reproche que je | lui adresse. Mais je voudrais montrer que toute chose dépend des circonstances dans lesquelles on l’envisage. ; D’ailleurs Marx et Engels nous écrivirent de l’étranger | une lettre dans le même sens et durent peu après $ reconnaître qu’ils s’étaient trompés. Comme second exemple je citerai la question des à élections au Landtag prussien. Les combattants n’étaient pas ceux d’aujourd’hui, mais le danger, paraît-il, était déjà le même. À Dans une brochure Liebknecht écrivait : « Dans la discussion actuelle il s’agit d’un changement complet dans la | vieille tactique du parti, d’un changement de tactique qui nl équivaudrait à un changement de l’essence même du parti. L Il s’agit de maintenir ou d’abandonner le point de vue de la lutte de classe /Sensation) qui nous sépare des partis i bourgeois. Nous sommes en présence d’un acte décisif, en | . présence de cette question : resterons-nous le vieux parti socialiste, ou devrons-nous franchir le Rubicon de la lutte de classe et devenir l’aile gauche des partis bourgeois? (Sensation). S’il en était ainsi, s’il s’agissait d’abandonner gauche bourgeoise, vous ne devriez pas maintenant participer à ces élections. » Je ne cite cet exemple que pour montrer où l’on en arrive avec de semblables prophéties, avec de semblables principes, qui par une nécessité inté- rieure ne peuvent être maintenus, parce qu’ils sont jetés ;
4 le congrès de Dresde
Û bas par la marche du temps et de l’évolution. J’ai fini. Mais je voudrais encore vous dire ceci: Pensez ce que vous voudrez de nous, mais le reproche d’abandonner le sentiment conscient de la lutte de classe, de vouloir livrer le parti à la gauche bourgeoise, ce reproche, je le repousse avec indignation comme une misérable calomnie! /Vive approbation et applaudissements) (1) 1
Le congrès décide de s’ajourner. Suivent des observations pour fait personnel.
Adolf Hoffmann, de Berlin. — Lorsque Timm a parlé de ce qui se tramait contre Auer, Richard À Fischer s’est avancé et a dit quelques paroles que dans ù le tumulte je n’ai pu saisir. Elles m’ont été rapportées par des camarades et confirmées par Fischer. Je ne 1 pensais pas qu’il fût admis de rapporter en public des ‘ conversations privées. (Des voix : Ah! ah! — Ag’itation) ÿ Puisque le comité directeur doit être réélu, je ne me cache pas d’avoir parlé en privé de cette réélection. C’est le droit de tous. Et j’ai dit que si les choses $ s’étaient passées comme Bebel les avait racontées, il ñ se pourrait bien que le congrès ne fût pas de l’avis LS
Bebel. — On m’a reproché ma phrase sur les Badois et le lac de Constance et de l’avoir rayée du protocole. à C’est absurde. Car de telles déclarations sont très a remarquées et ne peuvent être supprimées. En fait j’ai f dit cette phrase au congrès de Lubeck privément àun camarade badois. Il en a ri et moi aussi. w |
Richard Fischer, de Berlin. — Au sujet de Auer, je À: répète ce que j’ai dit. Dans une réunion des délégués M!
berlinois, Adolf Hoffmann a dit : Nous verrons si nous À réussirons à Dresde ce que nous avons tenté à Lubeck. | (Sensation. — Agitation. — Stadthagen crie : C’est 1 faux! — Grande agitation) Ce que vous (à Stadthagen) # contestez ne me regarde pas. Des camarades m’ont dit que l’on tramait ici quelque chose contre Auer. (Sensation. — Grande agitation) J’ai demandé à l’homme : de confiance du comité dans ma circonscription. Il m’a dit que c’était inexact. D’autres m’ont affirmé que si. Je n’aurais rien dit si l’on n’avait essayé de couvrir ces menées des noms de Bebel et Singer. (Sensation. —
Adolf Hoffmann. — Les paroles de Fischer contiennent deux inexactitudes. D’abord je ne suis arrivé qu’à la fin de cette réunion des délégués, quand la question du comité était tranchée, ensuite je n’avais pas du tout indiqué de nom.
Taeterow. — Loin de m’être prononcé contre Auer, c’est moi qui ai dit que l’on ne pouvait prendre de décision avant qu’il se fût prononcé lui-même. Mais parler de cela était mon droit.
Singer. — Puisque mon nom a été prononcé, je suis obligé aussi de faire une observation pour fait personnel. Tous ceux qui me connaissent, et ils sont nombreux ici, penseront qu’il me suflit de déclarer que je n’ai jamais désiré ni dit qu’Auer pourrait sortir du comité. (Vive
Fischer. — Je sais que Singer avait démenti la chose. Mais peu importent les circonstances où Hoffmann en a parlé. D’autres camarades ont connu ce bruit.
Liepmann, de Berlin. — J’ai présidé cette réunion
Fi grès de Dresde A rie Fi dont parle Fischer. Nous y avons arrêté une liste pour ; A ; le renouvellement du comité, que j’ai communiquée à ; 1 Auer. Il n’avait nullement été question de lui. Nous s) : avons eu une réunion aujourd’hui. Quelqu’un a proposé ; R de ne plus réélire Auer. Nous avons décidé de ne point 1l PA nous lier par une décision et la plupart des délégués À à m’ont déclaré qu’ils voteraient pour lui. ; Stadthagen. — Nous avons appris ce matin que
Fischer répandait partout ce racontar. Nous avons Fe chargé l’un de nous de lui dire qu’il était faux. Et si cependant il a maintenu ses inexactitudes. (Très juste! 1]
— Fischer : C’est faux! — Grand tumulte) 24 ! | Bebel. — Ce matin Victor Adler m’a dit : Tu nas 4 : pas idée des bruits qui circulent dans ce congrès. (Très À ï Juste!) Je lui répliquai que l’excitation de part et d’autre de J : rendait cela compréhensible. J’avais donc comme tout. À le monde entendu parler du bruit sur Auer, mais j’avais
prié de me laisser hors de cause. J
| Adolf Hoffmann. — Donc il est établi qu’à Berlin U nous n’avions pas parlé d’Auer. Ici j’avais déclaré 4
qu’un travail en commun entre Bebel et Auer ne me ‘1
| semblait plus possible. ‘3 Fischer. — Ce que j’avais dit se rapporte à ce qui de Ë s’est passé non à Berlin mais dans cette salle. Fina- à 9 lement cela n’a plus été contesté que par Stadthagen, k.
ce qui ne compte pas. (Grand tumulte. — Interrup- f 1 Stadthagen. — (Grand tumulte. — Clôture!) Il 4
| faut bien que je parle encore une fois. Nous avons fait A dire à Fischer que ce bruit n’était pas fondé. Un ami de À 4 la vérité aurait dit cela au lieu de servir ces infamies : au congrès. (Rires et grand tumulte) 4
s R _ Auer. — Cessez donc ce jeu cruel. Qui y résisterait? se Fischer. — Je suis prêt à prouver devant unecom _ mission que les dernières paroles de Stadthagen étaient _ fausses. (Mouvement et tumulte. — Stadthagen : #8 k Fe: Singer donne lecture d’une déclaration de Mehring (2: TE _ où celui-ci se justifie des accusations portées contre lui he au sujet de sa lettre sur Schoenlank. 402 La séance est levée à huit heures et demie. (1) 14
; Samedi 19 septembre. — Séance du matin : La séance est ouverte sous la présidence de Singer à | neuf heures un quart. Singer lit une lettre du camarade Borchardt (de | Charlottenbourg). Il déclare qu’il continuera à publier ! des articles dans la Zukunft. La déclaration du comité | est une tutelle indigne d’écrivains libres, et du parti, ) malgré l’approbation donnée par le congrès au comité. | Sur la proposition de Singer le congrès décide de | siéger dimanche et lundi et de régler par un vote | sur propositions écrites, sans discussion, le point 9 Hi de l’ordre du jour (ville où se tiendra le prochain ÿ congrès). La discussion sur la tactique est continuée. Kautsky. — D’abord quelques observations person1 nelles. Vollmar m’a représenté comme le pape socia- $ liste. Il l’a fait à l’aide de citations. Mais dans ces citar tions il y a un mot de moi et l’autre a été ajouté par j lui. (Sensation) Si j’ai dit que la liberté de pensée ne ï pouvait être la même dans l’État et dans un parti, c’est
que nous appartenons à l’État, que nous le voulions ou
| non, tandis que nous entrons volontairement dans un
parti. Si j’ai parlé de soulèvement c’est à propos de la
nouvelle méthode française qui correspond à notre
F revisionnisme et même à l’anarchisme adapté aux à | besoins de la chasse aux mandats. | Vollmar a cru bon de parler des bruits qui circulent À
- dans ce congrès. Comment cet homme sérieux y a-t-il a. attaché de l’importance? Croit-il vraiment que nous 8 n’aurions pu donner à notre résolution une rédaction } qui la rendît inacceptable pour certaines personnes ? 4 Nous voulions donner au congrès l’occasion de se pro- 2
noncer contre une tendance déterminée. (Très juste !) à
Venons au sujet. Notre résolution part de cette idée 1
qu’il existe dans le congrès deux tendances. Vollmaret
Auer ont prétendu qu’il n’existait que des différences 1 personnelles. Mais alors si les scènes que nous avons ;
vues ne sont que l’effet de haïnes personnelles, ce con-
grès nous laissera l’impression la plus déprimante. L En réalité le contraste existe. Nous avons cherché ”
jusqu’ici à agrandir l’abîme qui nous sépare des classes 4 dirigeantes, à les exciter contre nous, à les effrayer À
afin d’arriver à des événements aigus, à une lutte où NL
nous devions vaincre. La nouvelle tactique cherche à À
éviter les conflits, à les tourner. L’ancienne repose sur 4 la théorie de Marx. La seconde ne se justifie que si 1 la théorie marxiste est fausse. De là la nécessité de la ê reviser et le nom de revisionnisme. 4 L’histoire d’une résolution votée à Hanovre par les KL: revisionnistes à la suite d’une confusion, m’oblige à 4 bien préciser le sens de la nôtre. Le deuxième paragraphe de notre résolution con- L damne une tactique qui voudrait au lieu de vaincre les pouvoirs établis leur faire des avances. Qu’est-ce |
à dire ? Le revisionnisme veut éviter les conflits et faire |
j progresser le prolétariat par les moyens pacifiques et À légaux. Sur quel terrain trouverons-nous les plus grands 4 conflits ? Sur le terrain du pouvoir public. C’est ce pouvoir qui permet aux classes dominantes d’oppri- ‘ j mer les classes prolétariennes. Elles n’hésiteraient pas à mutiler les syndicats ou le droit de vote le jour où Ni elles seraient menacées de le perdre. C’est d’elles que À dépend tout. Or l’on nous dit : Obligez la bourgeoisie à À partager avec nous une partie de cette puissance. Mais 4 on ne peut contraindre qu’un vaincu, et si nous avons À vaincu la bourgeoisie il n’est plus besoin de partager %, avec elle. (Vive approbation) Pour l’y obliger ilfaudrait . | d’ailleurs persuader à une partie de cette bourgeoisie 4 qu’elle a intérêt à partager avec nous. C’est une chimère. û Et cela n’est facile que par des avances faites à la 1e bourgeoisie. C’est cette tactique que nous condamnons. ide Quelques faits éclairciront cette opinion. Le résultat ! pratique ce n’est pas chez nous qu’il faut le chercher, À mais en Angleterre avec le fabianisme et en France d avec Jaurès et Millerand. À ce propos Auer a parlé « 4 de ma résolution du congrès de Paris. Il a dit que 2 j’avais approuvé son discours. En effet j’en ai approuvé :. la forme extrêmement habile sous laquelle il a éludé la ; à difficulté, mais je me suis toujours prononcé très net4 tement contre l’entrée d’un socialiste dans un ministère 13 bourgeois. Auer a dit juste le contraire de ma pensée. , 1 Sans doute un cas Millerand n’est pas possible chez nous. if Et les dernières élections ont anéanti tout espoir de 5 voir se former une grande gauche libérale. Mais si cela à: … était, comment obtiendrions-nous un ministre socialiste? s Uniquement comme en France, en formant avec les parM tis de gauche une majorité de gouvernement.
le congrès de Dresde
ÿ C’est là ce que nous conseille Bernstein. A propos de Bernstein, Vollmar m’a accusé de lui sauter à la gorge dès qu’il ouvre la bouche. C’est inexact. Lorsque la discussion a commencé sur le revisionnisme je suis resté six mois sans répondre. Lorsqu’il a soulevé la question de la vice-présidence je suis resté deux mois sans ré- pondre. Je n’ai répondu qu’au moment où le silence ) serait devenu de la lâcheté. (Très juste !) Si jamais j’ai Î eu de l’irritation contre Bernstein, elle a disparu depuis que j’ai vu comment les revisionnistes le traitaient, si bien qu’il mérite de la pitié. (Vive approbation)
Bernstein prétend que le nombre de ceux qui dans la bourgeoisie seraient prêts à faire sa part au socialisme | augmente sans cesse, et que leur influence croîtrait si | le socialisme renonçait à ses formules surannées et avait le courage de s’intituler ce qu’il est : un parti démocrate-socialiste de réformes. Non ce ne sont pas des formules, mais notre puissance et notre volonté d’en user d’une façon déterminée qui nous valent l’inimitié de la bourgeoisie. Cette inimitié ne cessera que si nous changeons notre volonté et non pas nos formules.
Bernstein nous cite ensuite l’exemple des ouvriers anglais qui obtinrent le droit de vote en s’alliant aux { libéraux. Mais historiquement son exemple est contestable et je ne pense cependant pas qu’il veuille nous = recommander la même politique en Allemagne ? |
Bernstein, plus clairvoyant que Jaurès et Auer, s’est déclaré contre ma résolution du congrès de Paris. Pour montrer comment le prolétariat peut conquérir le pouvoir politique il cite l’exemple de l’Angleterre, de Broadhurst et Burt qui représentèrent, quoique non socia- ; listes, le prolétariat dans un ministère anglais. Mais ils |
étaient tous deux de ces ouvriers qui sont vendus à la | bourgeoisie, des gueux, dont Marx disait déjà que le : prolétariat anglais devrait se débarrasser. (Très juste !) S’il en est ainsi, pourquoi n’avons-nous pas condamné une politique de conquête fragmentaire du pouvoir politique ? On nous aurait répondu que le revisionnisme allemand n’en est pas là, non qu’il ne veuille pas, mais parce que nos adversaires ne veulent pas. Chez nous le revisionnisme en reste par la force des circonstances à ses débuts. Mais les faits ont leur logique et nous de- :vons prévoir ce qui arriverait. (Très juste!) Et c’est le malheur du revisionnisme allemand qu’il ne présente jamais un programme arrêté. Il veut suivre d’autres chemins tout en restant dans la même voie. Il déraille, car le déraillement est la forme classique d’une action où le but n’est rien et le mouvement tout. (Approbation Passons au second paragraphe de la résolution. Les revisionnistes conservent la conception matérialiste de l’histoire mais veulent en même temps se rapprocher des partis bourgeois. Cela n’est possible qu’en insistant sur les circonstances qui semblent affaiblir les antagonismes de classe et en ignorant celles qui les renforcent. ; Bernstein va jusqu’à dire que ces antagonismes pren- Ë nent des formes plus douces. Eh bien, voyez les événements de ces dernières années. Où sont ces formes plus douces? Dans tous les pays elles deviennent au contraire plus dures. Ceux qui voteront notre paragraphe signifieront qu’ils désapprouvent ces idées de Bernstein. Tant mieux : nous ne tenons pas à vivre en désaccord ; avec nos camarades. Un autre point de notre résolution exprime le désir |
J que le groupe devenu plus fort reprenne avec plus de é vigueur la lutte contre la politique du gouvernement, en particulier contre sa politique coloniale. J’insiste sur ; ‘ la politique coloniale, car elle trouve l’appui des revisionnistes. Elle fournit un terrain d’entente avec les par- À à tis bourgeois. Les revisionnistes,— cen’estpasunehonte | | que d’être revisionniste, mais un malheur pour l’indi- à vidu et le parti, (Vive approbation) — défendent comme À | nous les intérêts des ouvriers. Ils se rattrapent sur les P peuplades non civilisées. De plus Bernstein dit ceci: vous reconnaissez que l’expansion coloniale est une È conséquence nécessaire du capitalisme, pourquoi essayer de résister à une nécessité? Mais la suppression D de la petite industrie est, elle aussi, une conséquence nécessaire du capitalisme; est-ce une raison pour que . nous participions à cette suppression? Non, les capita- | listes peuvent aller aux colonies si bon leur semble, k mais qu’ils ne demandent pas au peuple allemand de sacrifices afin que la bourgeoisie rentre dans ses frais. j Je vous prie de relire notre résolution avec soin. Je % ne vous demande pas de la voter tous. Je demande 1 seulement que ceux-là la votent qui sont capables de É l’accepter sans réserves. Sans doute je désire qu’elle * réunisse le plus grand nombre de voix possible, car en montrant que la masse nous approuve, nous ferons à passer aux revisionnistes le goût de la revision. K ‘ Si nous votons cette résolution nous fêterons digne- a ment le quarantième anniversaire de la social-démo- i j cratie allemande, du jour où Lassalle sépara le prolé- # £ tariat de la bourgeoisie et lui montra que tous les partis 4 bourgeois étaient également ses adversaires. Nous À
célébrerons aussi le cinquante-cinquième anniversaire 4 des journées de juin 1848, où le prolétariat s’est violem- F ment arraché de la bourgeoisie. Nous célébrerons notre ; victoire moins sanglante, mais aussi importante, de juin 4 dernier etnous montrerons à la bourgeoisie qu’il n’existe fe: que deux camps, nettement distincts. (Approbation % Bernstein. — Camarades, nous pouvons remercier 4 le camarade Kautsky d’avoir ramené la question du ñ revisionnisme à une discussion théorique. Personne ne À l’en remercie plus que moi, car dès le début j’étais ‘4 décidé à voter contre la résolution. Je ne crains pas de k déclarer que je suis revisionniste, et même si vous ÿ Qu’est-ce que le revisionnisme ? Que veut-il ? Si tous Le ceux qui n’acceptent point aveuglément le programme 4 s’appellent revisionnistes, ils sont très nombreux. Mais 0 comme les esprits critiques sont beaucoup plus difficiles î à réunir que les dogmatiques, chacun d’eux a des opi- ! ï nions différentes. Personnellement je n’ai jamais eu bi l’illusion que je serais sur tous les points d’accord avec ; | Vollmar, Auer ou Heïne. Je n’ai pas plus de relations ÿ avec Vollmar qu’avec Bebel. Lorsque Bebel lance une à à déclaration de guerre, les revisionnistes se serrent, <t ne serait-ce que pour défendre la liberté de pensée. k Mais en réalité il n’existe point de tendance revision- de . niste qui conspirerait contre le parti. (Très juste!) ? A mon idée la tâche du revisionnisme se borne à la |
- théorie. Jamais nous n’avons mis en doute la deuxième 9 partie de notre programme, les revendications poli- de
le congrès de Dresde
tiques et économiques. Donc point de danger pour le parti. Nous voulons seulement reviser les cinq premiers paragraphes et en partie le sixième de la première partie de notre programme.
Or c’est la conduite des revisionnistes dans la pratique qui devra déterminer votre jugement. Puisqu’on m’a si violemment attaqué, je suis bien obligé de parler de moi. Qu’ai-je donc fait? Après le discours de l’empereur à Breslau contre les socialistes je lui ai répondu dans une grande réunion. Les camarades de Breslau | n’ont pas été déçus et aucun ne peut avoir de doute sur ma pensée relativement à la constitution de l’empire. J’ai été l’un des premiers qui aient dans le groupe proposé de parler de ce discours à Berlin et je l’ai fait avec la plus grande netteté. Pendant la période électo- | rale j’ai parlé jour pour jour dans les réunions, si bien | que le soir des élections je n’ai même pas pu dire merci { à mes électeurs. A Goerlitz un national-libéral m’a Ÿ interpellé au sujet de mon attitude envers la monar- | chie. Je lui ai répondu que le socialisme considérait la forme de gouvernement comme secondaire, mais qu’il était un parti démocratique donc républicain. Ce n’est ù pas parce que j’ai soulevé la question de la vice- : présidence qu’il faut me reprocher d’être infidèle à nos ‘
On a dit que j’avais fait cette proposition à la suite de considérations théoriques. On me représente comme quelqu’un qui passe son temps à des subtilités et à se demander quel paragraphe du programme il pourrait reviser. C’est inexact. J’ai fait ma proposition à la suite des derniers événements du Reïchstag. Il ne faut pas nous dissimuler que nous avons subi une défaite. (Be-
bel : C’était une victoire morale!) Sans doute maïs en pratique une défaite. D’autres camarades m’ont dit la Ÿ même chose. (Ledebour : Qui a dit cela?) Je n’ai besoin FE de nommer personne! (Ledebour : Alors ne rendez personne suspect). Camarade Ledebour, vous savez bien ; que je cause très peu avec vous. (Ledebour : Et moi : \ pas du tout!) Comme vous voudrez. Les élections nous | ont amplement dédommagés de notre défaite. Mais * savez-vous si de pareilles manœuvres se produiront _ toujours juste avant les élections? Savez-vous même si ; l’on n’essaiera pas de restreindre le droit de vote? Bebel voit les choses en rose. Mais voyez ce qui s’est passé ‘ en Belgique où nos camarades ont échoué. Le lende- È main de leur échec des articles parurent chez nous qui les condamnaient et moi, l’opportuniste, je protestai | demandant si un jour nous ne serions pas obligés d’en ‘à venir aux mêmes moyens. En tout cas il me semble : indispensable de nous assurer les garanties qui sont f en notre pouvoir, pour nous protéger au moins contre une surprise au Reichstag. C’est pour cette raison que à je suis convaincu de la nécessité de réclamer un poste de vice-président sans nous laisser effrayer par les for- à On a discuté sur l’utilité d’un vice-président. Soit. È C’est affaire d’appréciation, quoique, dans la dernière 4 lutte au Reichstag, nous n’y aurions peut-être pas perdu. ; Mais je voudrais poser une question à Bebel. Camarade Bebel, si tu reconnaissais l’utilité d’un vice-président, te 3 laisserais-tu effrayer par ces formalités? (Bebel hausse les épaules et dit : Je ne peux pas répondre; le président ne le permet pas!— Grande hilarité) C’est ton droit ï de t’abstenir, mais ton silence prouve que la question
le congrès de Dresde Va: n’est pas si simple. Et s’il en est ainsi on pouvait bien contester l’utilité du vice-président, mais pourquoi toute 1 l’indignation contre moi? f Kautsky a de nouveau parlé des antagonismes de ; classe. Il opère toujours avecdes idées fossiles, pétrifiées. (Bebel : Eh ! eh!) Ses déductions sont logiques. Mais le Î point de départ est faux. Il prétend que toutes les % classes bourgeoises sont également hostiles aux 4 ouvriers. Mais n’y en a-t-il pas, comme les débitants, les brasseurs, qui ont intérêt à être bien avec eux, à 4 voir leur consommation augmenter ? Et n’y a-t-il pas ! hostilité entre les bourgeois de sorte que les uns sont ; forcés de se rapprocher des ouvriers ? Nous avons les y protectionnistes et les libre-échangistes, les agrariens et les industriels. Ce sont ces luttes qui empêchent le $ succès de la réaction. Il n’est pas possible d’opérer L avec des concepts si uns que bourgeoisie et réaction. 4 Il vaut mieux essayer de profiter de ces divisions. k J’ai dit aussi que lattitude du Reïchstag envers l’em- % pereur n’était pas la même que dans d’autres monar- à 3 chies, et que nous nous rapprochions davantage d’une É: république. Kautsky m’a fait dire que l’Allemagne est À une république. Je n’avais que répété ce qui se trouve È dans la préface d’une édition socialiste de la constitu- î tion allemande : que l’empereur allemand n’est pas un 2 monarque de l’empire allemand mais a seulement le À On n’a reproché d’exalter par là la valeur du parle- É mentarisme. Ce reproche m’a amusé. Comment aurions- + nous obtenu tous nos avantages si nous ne nous étions | sans cesse transformés au Parlement ? Vollmar et Auer à l’ont déjà montré. Je n’ajouterai qu’un exemple. Au :
début les Berlinois voulaient interdire aux députés ! socialistes de travailler dans aucune commission parlementaire sauf celle de revision des mandats. Nos ; adversaires n’auraient-ils pas eu beau jeu pour dire aux k ouvriers que nous négligions leurs intérêts ? Nous avons travaillé et nous avons gagné des sièges. Par là
. nous avons empêché les syndicats d’aller vers les partis | bourgeois. Ne nous payons ni d’illusions ni de déclama- | tions et tenons le parlementarisme pour ce qu’il est : 3 une grande puissance dans la vie politique, que nous À devons tenter de mettre à notre service. $
Pour ces motifs je maintiens ma résolution. Je serais
un lâche si je la retirais parce que le parti est disposé
contre elle. Je ne crains pas d’être seul ou dans la minorité. On m’a opposé l’indignation qui s’est fait jour de
toute part. Lorsque j’ai exposé mon projet dans une :
réunion à Berlin, on m’a contredit, mais je n’ai remarqué |
aucune indignation. Possible qu’ailleurs elle se soit
manifestée. Mais cette indignation ne m’arrêterait pas.
Bebel dit que les chefs doivent suivre les masses. Je |
crois qu’ils sont les avoués des masses. Ils doivent
s’entendre avec leurs mandants, mais ils doivent avant ;
tout défendre selon leur conviction les intérêts des ouvriers, au besoin s’opposer à ceux-ci et donner leurs
arguments. Dans l’espèce il fallait laisser le soin de :
trancher cette question aux députés, qui sont meilleurs
juges que les étrangers au Reichstag.
Si vous votez cette résolution je suis persuadé qu’à ;
la première occasion où l’utilité d’un vice-président sera |
| démontrée, Bebel sera le premier à la fouler aux pieds.
Pourquoi fermer la porte devant nous pour être obligés
_ ensuite de passer par un trou ? Rejetez si vous voulez |
| le congrès de Dresde ma proposition mais ne votez pas une résolution si générale. Était-il d’ailleurs habile de fournir des arguments à nos ennemis en proclamant que les formalités de cour étaient des fourches caudines sous lesquelles nous ne passerions pas ?
On a parlé des éloges que m’accordait la presse | bourgeoise. Je ne puis pas empêcher de nommer mon nom. Jamais je n’ai recherché ces éloges. D’ailleurs 1 jamais je n’ai été loué par la presse provocatrice, et maintenant les éloges vont moins à moi qu’à Kautsky. à
Dans la question de la liberté de pensée je suis plus près de Kautsky que de personne. Un parti n’est pas un ; congrès académique. Les doutes doivent avoir une Ë limite. Mais que faut-il condamner ? Certainement pas ) les opinions sur l’évolution probable, mais les divergences sur les principes politiques. Et jamais je n’ai À attaqué ces principes. 4
Kautsky, pour montrer les pernicieux effets de la nou- L velle méthode, a parlé de Millerand et des ouvriers ! anglais. Jamais je ne me suis prononcé absolument : pour le ministère Millerand. Mais si son influence a été À si désastreuse pour le parti français, c’est que ce parti à était déjà divisé et qu’il n’a pu alors qu’aggraver la ê division. Je suis persuadé aussi que partout des ÿ moments de crise viendront où une alliance avec les É radicaux de gauche se fera, et que si un parti organisé ; et conscient comme la social-démocratie allemande sou- Ê tient et contrôle un ministre, son ministère ne peut avoir L que des effets heureux. k
Pour juger les ouvriers anglais, Kautsky s’est référé | à Marx. Mais vous savez que Marx, que j’estime beau- | coup comme savant, a mal compris le mouvement
anglais. C’est le camarade marxiste Hyndman qui
la écrit dans une brochure. Dans lespèce, Burt et Ë
Broadhurst ont agi d’accord avec leur organisation. ;
Sorti du gouvernement, Burt a repris sa place dans É
celle-ci. Et le vieux Burt a été un de ceux qui ont 3
protesté contre la guerre sud-africaine. Ils se sont |
peut-être trompés, mais ce ne sont pas des gueux. ÿ
. Kautsky m’a reproché d’avoir approuvé la résolution j
de Hanovre. Mais la lettre que j’écrivis à Auer n’était :
pas destinée au public. (Xautsky : Jel’ignorais.) Etaussitôt après j’ai publié un article où je disais que je me
serais déclaré contre la résolution, si j’avais été à À
Hanovre. Je ne refuse jamais les discussions. 4
Kautsky m’a reproché de me prononcer pour la poli- :
tique coloniale mais de refuser les crédits uniquement
parce que nous n’avons pas confiance dans le gouver- i
nement. Mais c’est ce que nous disons toujours au sujet .
du budget. Et il va de soi que si nous votions les cré-
dits nous exigerions des garanties contre les horreurs
habituelles. Et qui nie, pour les États-Unis par exemple, 4
les résultats de la colonisation ?
Enfin il m’a reproché d’avoir dit que l’on ne doit pas
pousser trop loin la lutte contre le libéralisme. J’ai dit a
que les attaques du socialisme étaient dirigées uni- ÿ
quement contre le libéralisme, et que cependant il
existait des différences entre les divers partis bourgeois. Maïs autrement, dans toutes les circonstances, je :
me suis toujours déclaré ouvertement socialiste. ‘4
Pour tous ces motifs, je ne puis voter pour la résolu- 4
tion. Je ne la trouve pas habile : elle servira nos adver- 4
Saires. Puis c’est une décision prise d’après l’humeur j 4
ou plutôt la mauvaise humeur du moment, comme lha- |
0 le congrès de Dresde Du ï Na bitude s’est introduite d’en prendre. Nous as ao Rs toujours protesté contre les lois « d’humeur », allons- Ko F4 Le nous nous démentir ? Cette résolution veut étouffer une De. FA tendance dans le parti. Croyez-vous? Si les circon. ‘ 104 stances ont fait naître cette tendance, elle reparaîtra #0 pes toujours. Retirez la résolution, (Rires) — je sais bien 14 ‘de que vous ne voulez pas; mais je suis persuadé que #4 c’est ce qui vaudrait le mieux. Renoncez à cetteréso- À 13 lution de façon à ce que nous puissions quitter ceconx? grès comme des camarades qui défendent en commun Ki, la grande cause commune. ( Vive approbation et applau- 4104 Les délégués Vollmar, Boemelburg, von Elm, prient ci de rayer leurs noms de la liste proposée pour l’élection ‘4 À du comité et des contrôleurs. “# pa Singer lit trois déclarations des délégués berlinois ‘4 4 relatives à l’incident Auer. a. #5 La séance est levée à une heure un quart. : K
Séance du soir C: La séance est ouverte à trois heures sous la prési- D: dence de Singer. Il annonce que quatre camarades Ê polonais regrettent dans une lettre le vote de la motion he:
- Rosa Luxembourg. Ce vote n’a été possible que parce :4 que le congrès a été mal renseigné. 4 demande de clôture est rejetée. 4 Molkenbuhr. — L’article de Bernstein était mala- #0 droit. S’ila cru devoir l’écrire au lendemain des élections NE parce qu’il devait en parler, c’est une erreur. On n’est 4 pas obligé d’émettre un nouveau projet dans chaque “4 Bernstein exagère l’importance d’un vice-président. Ni Il n’existe au Reichstag qu’un président. Si le vice- “4 président ne partageait pas ses opinions, celui-ci ne le D … laisserait pas présider. D’ailleurs, en cas de conflit avec A.
- la majorité, le vice-président ne pourrait que se dé- L à . mettre, si même on ne l’y contraignait pas. (Très juste!) J À H: … Il est inexact aussi de s’imaginer que si le parti T0 socialiste, le deuxième numériquement au Reichstag, ‘à : ne réclamait pas un siège de vice-président, il pronon- 3 : … cerait lui-même sa déchéance. La prétendue iradition 71 % qui veut que le parti le plus nombreux fournisse le | ‘4
- président, le second le premier vice-président, le troi- 14 1 sième le second vice-président, n’existe nullement. Elle #4 … n’a été établie ni suivie par aucune des précédentes : à È En réalité ces postes ont été donnés ou enlevés ou 4
le congrès de Dresde | quittés pour des raisons politiques. Lorsqu’un nationallibéral par exemple s’apercevait qu’il était dans la minorité il s’en allait. Or l’antagonisme entre nous et les autres partis n’est certes pas inférieur à celui des autres partis entre eux. Qui voudrait donc contraindre un de nos camarades à proclamer l’adoption d’un projet ù contre lequel lui et les siens auraient voté ? 4 De plus nous ne pourrions obtenir ce poste que par la L faveur de la majorité. Et nous n’allons pas la solliciter 4 au moment où nous sommes en état de réclamer ce que | nous voulons. È Toutes les questions accessoires tombent donc d’elles- 4 mêmes. Toute cette discussion provient de l’exposé F: historique faux qu’a donné Bernstein. S’il avait réfléchi É: il n’auraït jamais publié son article. Malheureusement L il conserve son opinion. j Sur les faits je suis donc parfaitement d’accord avec 4 Bebel. Maigré cela je me vois obligé de relever certaines À de ses expressions, qui m’ont surpris et peiné. Je ne À comprends pas comment il a pu parler de « comédie À dans le socialisme », alors que c’est là une expression | 4 chère à nos adversaires. Je ne comprends pas comment A il a pu dire que nous étions moins unis que jamais. M C’est inexact. Il suffit de parcourir l’histoire des discus- à sions de nos congrès pour voir que le parti est plus uni que jamais. (Vive approbation) Désunis, aurions-nous M remporté notre victoire du 16 juin? Et n’est-ce pas précisément parce que rien ne nous divisait que la F question insignifiante de la vice-présidence a soulevé | toute cette agitation? É Je dois dire qu’en fait la question d’aller ou non à la cour est déjà tranchée. Un socialiste peut être contraint
d’y aller sous peine de perdre son mandat. (Sensation) Le paragraphe 68 du règlement du Reïichstag dit que dans le cas d’une adresse présentée à l’empereur, le président fixe le nombre des députés devant la porter et le sort désigne ces députés. Le cas ne s’est pas | présenté. Mais si un socialiste avait été désigné, ilserait bien contraint d’y aller.
Nous pourrions même être appelés au besoin à élire é un président, à faire partie de la majorité gouvernementale, (Sensation) dans le cas peu vraisemblable où par exemple une majorité favorable aux traités de commerce se formerait contre les hobereaux. C’est ce qui s’est passé au sujet du traité avec la Russie.
C’est pourquoi je tiens la résolution proposée pour dangereuse. Elle nous enchaîne. Elle nous fait dépendre non de notre décision mais de celle des autres. Elle parle des devoirs imposés par le règlement. Mais il est absurde de vouloir nous en faire dépendre. (Nom- | breuses voix : Très juste !) Nous devons pouvoir décider librement. (Nouvelle approbation) S’il plaisait à la majorité de mettre dans le règlement que le Reichstag doit se soumettre au protocole de la cour, nous ne à dépendrions plus seulement du règlement mais du : protocole. J’estime le premier paragraphe tout à fait superflu. Le groupe saura ce qu’il devra faire. Ou si l’on n’a pas plus de confiance en lui, décidez que l’entrée ) au bureau du Reïichstag devra être votée par le groupe à la majorité des deux tiers ou des huit neuvièmes ou à l’unanimité. Un membre au moins protestera. Mais ne faites pas dépendre votre décision de choses sur lesquelles vous n’avez aucune influence. (Très juste!) ;
Je ferai remarquer d’ailleurs que dans le groupe la j
le congrès de Dresde PENSE distinction entre revisionnistes et non revisionnistes È n’existe pas. Dernièrement Bebel a proposé de demander 4 la revision d’un article du code pénal. C’est le revision- 1 niste Heine qui l’a combattu. La proposition a été 3 | repoussée. J’estime que la résolution est inutile parce 4 que le parti veut conserver sa tactique. Son adoption À favoriserait les revisionnistes, car ce serait avouer que 4 la tactique ancienne ne suffit plus. Je préférerais un | ordre du jour motivé disant que nous n’avons aucune 4 raison de modifier notre tactique. Elle nous a donné 4 la victoire et nous la donnera encore. (Vive approba- 1 Singer lit une déclaration de Rosa Luxembourg L annonçant qu’elle répondra dans la presse à la lettre ; des camarades polonais. 1 La clôture est votée à une grande majorité. 4 Bebel. — Sur la demande de nombreux camarades, | j’indiquerai l’attitude des auteurs de la résolution 130 à 4 l’égard des nombreux amendements proposés. ‘à Sur l’amendement 144 je ne puis rien dire, n’ayant pas L consulté les autres auteurs. Nous ne pouvons accepter 4 l’amendement 141 en ce qui concerne la suppression du L mot revisionniste, mais nous acceptons la fin. De même 4 Après une protestation de Legien disant que le congrès sanctionnerait ainsi ce mot de revisionnisme, Ÿ on passe aux observations pour fait personnel. : Bebel, autorisé par le président à revenir sur la À séance de la veille. — Eisner s’est ému des paroles que , j’avais prononcées à son sujet. Maintenant que j’ai lu à
mon discours imprimé, je comprends qu’il ait pu
s’émouvoir. Mais je n’ai nullement voulu l’offenser. J’ai à
songé à une organisation nouvelle que je proposerai
mais non à déposséder Eïisner de sa situation au “u
Vollmar m’a reproché mon attitude dans la question j
. des bureaux de placement mixtes. Mais la pre- . mière réunion dont il s’agissait était privée, tandis que la seconde était un congrès pour les mesures de pro- À tection ouvrière. IL a parlé de mon attitude dans la “À question des lois d’assurances. Mais au début on en À discutait les fondements. Nous protestions, car nous les trouvions trop mesquins, tandis que plus tardils’agissait ‘41 de modifier ces lois. Vollmar a lu un article du Zuericher ! Sozialdemokrat du 28 octobre 1886. L’article n’est pas : signé. Je ne me rappelle pas l’avoir écrit, sans cependant pouvoir l’affirmer. 11 m’a reproché de n’avoir pas soulevé | à Munich la question des élections au Landtag bava- x rois, Mais c’est parce que je ne voulais pas le faire dans la capitale de la Bavière. Enfin il a lu une phrase de ma réponse au chancelier où je lui annoncais que nous serions ses plus fermes soutiens. Mais il n’a pas ! lu la suivante, où je lui disais que sa nouvelle politique
- était impossible. Vollmar n’aurait pu tirer les conclu- |
… sions qu’il a tirées. Je ne réponds pas sur d’autres , points à Vollmar, parce que j’estime les auditeurs i capables d’apprécier les deux discours.
Auer a cité contre moi une lettre que j’ai écrite il y a à
trente ans en prison. Je m’étonne qu’il ait eu le temps $ de la lire puisqu’il n’a pu lire les autres. Il a prétendu | que c’était une missive secrète. C’est inexact : le î directeur de la prison l’avait lue. 1
. le congrès de Dresde
Heine. — Je ne répondrai pas à Bebel mais à Kautsky. Il reproche aux revisionnistes, parmi lesquels on me compte, de s’être prononcés en faveur de Millerand. Pour ma part je me suis prononcé contre lui. Kautsky a représenté tous les revisionnistes comme soumis à Bernstein. Dans un article des Sozialistische Monatshefte j’ai spécifié que chacun de nous se réservait le droit de critique vis-à-vis de Bernstein. C’est ainsi que, malgré Kautsky, je n’ai pas approuvé ce que disait Bernstein de la lutte de classe. C’est ainsi que j’ai écrit que la théorie de Bernstein sur la peur que causerait notre phraséologie au libéralisme était insoutenable. Nous l’effrayons moins par nos cris que par nos réformes. J’avais soumis cet article en manuscrit à Vollmar qui l’approuva. Je signale ce fait afin de montrer que le revisionnisme n’existe pas. (Approbations et protestations)
Suivent quelques répliques de Vollmar, Eisner, Bebel, Kautsky, Vollmar, Heine. Plusieurs phrases de l’un ou de l’autre provoquent volontairement une grande
On passe au vote. On décide que les nombreux projets de résolutions sur la tactique seront tranchés par le vote sur la résolution 130 modifiée par la résolution 140. On décide de voter d’abord sur les nombreux
Le paragraphe 1 modifié de la résolution 130 (résolu- | tion 140) est adopté à une grande majorité, de même | que l’amendement 144 (deuxième partie), et finalement | tout le paragraphe 1 ainsi modifié. |
La résolution 141 est rejetée. Les paragraphes 2 et 3 | de la résolution 130 sont adoptés sans modification. L’amendement 143 est adopté. Le paragraphe 4 de la résolution 130 est adopté sans L’amendement 142 est rejeté. L’amendement 141 est 1 adopté pour sa première et deuxième partie. L’amen- | dement 144 est adopté de même que le paragraphe 5 de la résolution 130 ainsi modifié. Un amendement Luxembourg-Zetkin-Stadthagen : demandant que la propagande socialiste dans le pays soit considérée comme l’affaire principale, afin de gagner maintenant en profondeur, est rejeté. : La résolution est maintenant ainsi formulée : « Le congrès demande que le groupe fasse valoir ses droits à occuper un poste de vice-président et de secré- taire par des candidats pris parmi lui, mais refuse d’accepter les obligations de cour, ou de se soumettre à des conditions non justifiées par la constitution de l’empire. | « Le congrès condamne de la façon la plus formelle les tendances revisionnistes, qui prétendent modifier : notre tactique passée, éprouvée, victorieuse, reposant sur la lutte de classe, et mettre à la place de la conquête du pouvoir politique par la défaite de nos adversaires à une politique d’avances à l’ordre de choses établi. | « La conséquence d’une telle tactique revisionniste serait de remplacer un parti qui travaille à transformer le plus vite possible la société actuelle bourgeoise en une société socialiste, qui est donc révolutionnaire au
F le congrès de Dresde ; ù meilleur sens du mot, par un parti qui se contenterait ; de réformer la société bourgeoise. « Aussi le congrès est-il persuadé, à l’encontre des % tendances revisionnistes, que les antagonismes de % classe ne s’affaiblissent pas, mais au contraire deviennent re plus aigus et déclare : 1 « 1° Que le parti décline la responsabilité de la situation politique et économique reposant sur la production capitaliste et refuse pour cette raison tous les crédits de nature à maintenir la classe dirigeante au pouvoir. pi « 2° Que la social-démocratie, conformément à la | ? résolution Kautsky votée au congrès international de | Paris en 1900, ne peut rechercher une part de gou- | ; vernement dans la société bourgeoise. « Le congrès condamne en outre toute tentative pour pallier les antagonismes de classe afin de faciliter un à « Le congrès espère que le groupe usera de sa puissance | accrue par le nombre de ses membres comme par le puissant accroissement des masses électorales derrière lui, pour éclairer aujourd’hui comme autrefois sur le , but de la social-démocratie ; que, conformément aux }
principes de notre programme, il l’emploiera à défendre
| avec toute la force et l’insistance possibles les intérêts “3 de la classe ouvrière, à réclamer de même l’extension À droits pour tous, à mener avec plus d’énergie encore | 4 qu’il n’a été possible, le combat contre le militarisme | LH et le marinisme, contre la politique coloniale et de
| puissance mondiale, contre l’injustice, l’oppression et | l’exploitation sous toutes leurs formes, et à travailler + énergiquement à l’achèvement de la législation sociale et à l’accomplissement des missions politiques et civili- ; satrices de la classe ouvrière. »
| On vote sur l’ensemble au scrutin nominal. La réso- \ lution est adoptée par 288 voix contre 11. Ont voté contre : Bernstein, Gertrude David, von Elm, i
Par là sont tranchées les résolutions : 89, 90, 91, 101,
Le vote pour le comité directeur a donné le résultat
suivant : Sont élus présidents Singer (286 voix), Bebel
j Comme lieu du prochain congrès, Brême a été
À Les résolutions 104 et 108 (deuxième phrase) sont retirées. La résolution 117 est rejetée.
- Le congrès décide d’ouvrir une discussion spéciale
i sur la résolution 139. ;
| Heine. — On me reproche d’avoir, dans l’affaire
j de Marbourg, désavoué le parti au profit d’un de mes amis, de Gerlach. Mais il n’est pour moi qu’une
ff connaissance. On m’a reproché de n’avoir pas protesté
R le congrès de Dresde contre les éloges qu’il m’adressait. Je l’ai fait au congrès de Lubeck. Il a continué : je n’ai pu l’en empé- cher. Quant à ma déclaration dans le Vorwaerts, je reconnais que la forme n’était ni nécessaire ni de circonstance. Mais je ne pense pas que ce soit une raison pour que le congrès sanctionne cette affaire par une résolution aussi décisive. Si elle était votée, je la considérerais comme un rappel à l’ordre.
Michels, de Marbourg. — Les paroles de Heïine nous ont surpris. Mais pour ne pas accroître le nombre des questions de personnes dont le parti a déjà dû s’occuper, nous retirons notre résolution. (1)
V. — Fête du Premier Mai
motion 65 ne réunit pas assez de signatures.
Piannkuch, parle à la place du rapporteur Karl 4 Fischer. — Je n’aurais pas cru que les motions fussent maintenues. Je pense qu’il n’y a aucune raison | de modifier le principe actuel. L’étendre soulèverait des questions économiques fort complexes. Je vous 4 propose de rejeter les motions et de renouveler la résolution de Munich.
Une demande de clôture est rejetée.
Friedeberg, de Berlin. — Je vous demande de voter pour la motion 63. La fête de mai plus étendue L aurait l’avantage de faire connaître les vrais socialistes |
dans nos trois millions d’électeurs et d’élever un jour | par an l’armée ouvrière au-dessus de son travail. Elle aurait l’avantage de rapprocher les syndicats et le parti et d’accentuer dans ceux-ci le caractère de la lutte de classe. |
Weidner. — Il me semble que le congrès devrait |
. discuter une fois la question de la cessation du travail K le Premier Mai et des indemnités à donner à ceux que
les patrons puniraient d’une retenue de salaire. É
Sur la proposition de Singer, le congrès décide de ?
s’ajourner et de siéger le lendemain, afin de discuter ;
les résolutions restantes. |
Dimanche 20 septembre. — Séance du matin 4 . La séance est ouverte à onze heures un quart, sous 1 la présidence de Kaden. . Eitzerodt, de Krefeld. — Il est regrettable que la Ê fête du Premier Mai n’ait pas encore pris l’extension et 4 le caractère que nous souhaitons. Maïs il n’est pas tou- s jours possible de ne pas travailler ce jour-là, car les à | caisses des syndicats seraient vidées par les dédom- > magements qu’elles auraient à verser aux ouvriers { punis par les patrons. Heureusement que quelques-uns “4 | autorisent le Premier Mai. Je partage le point de vue î Krueger, de Dresde. — Les ouvriers ne désirent ‘4 aucune modification au Premier Mai. En tout cas il ne . faut pas reporter la fête au premier dimanche de mai, e car elle perdrait son caractère. ; ; Bushold, de Friedberg. — Nous désirons que le à comité publie une feuille volante afin de répandre chez Es nous la fête du Premier Mai. Pour cette raison, je vous À prie de voter la résolution. î Gewebhr, d”Elberfeld. — Il ne faut rien changer à la , fête. Il faut laisser aux organisations locales le soin de Ë la répandre. (Approbation) ;
| le congrès de Dresde Loebe, de Breslau. — On est mécontent chez nous du peu de succès de cette fête qui n’a aucun caractère démonstratif. Aussi demandons-nous la cessation géné- rale du iravail ce jour-là ou la suppression de la fête. La résolution de Munich est votée à nouveau. Singer prend la présidence. VII. — Résolutions touchant le programme | et l’organisation | Les motions 66 et 68 (sur le programme) ne réunissent pas le nombre de signatures voulues. Singer. — Les motions touchant l’organisation se divisent en trois groupes. Le premier a trait au para- Ÿ graphe 2 de l’organisation, qui traite de l’exclusion, | le second à la représentation du groupe aux prochains “ congrès, le troisième à un changement dans la repré- ’ sentation des circonscriptions au congrès. Il y a de plus la résolution 134, demandant l’ajournement à l’an prochain. Je propose de discuter d’abord la résolu- 4 La résolution 134 est votée. Les autres résolutions | sont renvoyées au comité. a) Propagande. Motions et résolutions 36, 37, 38, 39, k
k La résolution 114 est retirée.
| Seules les motions et résolutions 36, 53, 54, 55, 56, 59, « 112, 119 et 133 réunissent les signatures suflisantes et
- sont mises en discussion.
Après une intervention d’Auer, la motion 36 est rejetée. La motion 53 est retirée. La motion 54 est rejetée. La motion 55 est rejetée, la motion 56 retirée,
la motion 59 rejetée, de même la résolution 112. La résolution 119 est votée. La résolution 133 est rejetée.
b) Motions et résolutions concernant la presse. — les motions 49, 50 et 52 sont mises en discussion et toutes trois sont rejetées. <
c) Motions et résolutions concernant le prochain congrès. La motion 92 est retirée. La résolution 138 est rejetée à une grande majorité.
L’ordre du jour du congrès est épuisé.
Schmalfeld, de Brême, remercie le bureau pour la manière pleine de tact dont il a présidé les débats et invite les congressistes à venir en nombre à Brême
Singer. — Je remercie Schmalfeld pour les paroles qu’il vient de nous adresser. Je remercie les camarades de Dresde pour l’accueil qu’ils nous ont fait.
Camarades, pour la quatorzième fois j’ai l’honneur de résumer nos débats. Nous avons toujours discuté des questions importantes avec la plus grande fran- : chise. C’est dans cette franchise que réside notre force. (Approbation) Elle ne serait possible dans aucun autre parti politique. Et si nos adversaires espèrent que des dissentiments naîtront de nos discussions passionnées,
40 ils se trompent. Contre nos adversaires nous sommes ‘4 tous unis. (Vive approbation) Far F Nous avons discuté à ce congrès des questions d’imDe portance capitale. Il ne faut pas s’arrêter aux person . nalités qui devaient nécessairement être faites. Le l je congrès, et dans son immense majorité le parti, veulent ne que le programme, la tactique, Paction, la propagande : £ du parti ne soient pas modifiés. (Vive approbation) Les É masses conservent leur point de vue révolutionnaire de 1] la lutte de classe. C’est ce qu’a montré notre réso- “ \ lution, que tout le monde devra suivre et respecter. is Nous pouvons être contents du résultat de ce congrès. 13 Nous pouvons être contents que la volonté du parti se ‘a soit aussi nettement manifestée, que nous ne voulions pas M diplomatiser, que nous ne voulions pas avoir dans notre ; parti d’homoncules d’État, {Très juste!) mais que nous … 2 soyons décidés à poursuivre notre droit chemin, le chemin % qui nous conduira à notre grand but après avoir vaincu ni nos adversaires. {Approbation enthousiaste) ÿ 4 1 Nous voyons maintenant devant nous le travail pra- M 1 tique. Tous ceux qui occupent des postes dans le parti À
vont s’y consacrer. Ils prendront vos décisions comme
- normes et chercheront toujours à mettre en valeur la 4 Ke volonté du parti. 4 | D Je w’ai point besoin de vous signaler la gravité de la si situation. Mais quoi qu’il arrive, la social-démocratie | “4 fera son devoir comme par le passé, saura résister à | \ # l’assaut de la réaction et montrer aux classes an | ee: geantes que des millions d’ouvriers ne veulent plus se | La laisser priver de leurs droits. (Vive approbation) Dans 1 4 deux États vont avoir lieu des élections pour le Land- Û
_ tag. Nos camarades y participeront. La lutte électorale Ë favorisera notre propagande et prouvera combien est À misérable le système électoral à trois classes, qui prive bla: les ouvriers de leurs droits. (Approbation) 4 . Et maintenant, camarades, haut les bannières ! Après 4 ( comme avant, en avant au combat, en avant à la victoire ! 2.
- Sans nous laisser égarer par les événements, marchons MAD: conscients du but, de ce que nous voulons atteindre et de 2 ce qui est contenu dans notre programme, allons coura- 1% | geusement et résolument au travail. # : Comme toujours le bien du parti sera notre étoile. Nous va à _ l’affirmons en faisant retentir comme au ‘début de nos DE. ï délibérations notre vieux cri de guerre : Vive la social- ; 1 _ Enthousiasmés, les délégués répètent trois fois ce cri ‘2h et chantent debout la première strophe de la « Marseil- ‘43 & laise des travailleurs ». 14 . Singer. — Le congrès est clos. à
- — Camarades de Hanovre, Berlin, etc.: Mettre à n
. l’ordre du jour : les résultats des dernières élections au L
-
Reïichstag et désigner comme rapporteurs les camarades #4 . Bebel et Vollmar. À … 2.— Camarades d’Elberfeld : Mettre à l’ordre du jour du ë
-
congrès : la jurisprudence allemande dans le droit civil et ht { 8. — Camarades d’Essen : Que le congrès délibère sur É — l’établissement d’une loi minière générale dans l’empire et E … mette à l’ordre du jour comme point spécial la question de À « la journée de huit heures. ‘ ‘a 4. — Les citoyennes d’Altona, Berlin, Dresde, etc., pro_ posent d’ajouter au point 5 de l’ordre du jour : « Le congrès Ée déclare : dans les luttes que soutient le prolétariat pour la À “conquête du droit de suffrage universel, égal, secret et # — direct dans l’État etla commune, le droit de suffrage pour x « les femmes doit être par principe maintenu dans la pro- ë . pagande et réclamé avec toute l’insistance possible. » ÿ Æ bis. — Camarades de Francfort-Lebus : Proposer au \
-
bureau international de Bruxelles, qui prépare le congrès à
-
socialiste international de 1904 à Amsterdam, que la ques- si tion de la conquête du droit de suffrage pour les femmes 4
_ soit mise à l’ordre du jour. 4
S.— Camarades de Francfort-sur-le-Mein : Organiser n
… pendant le congrès une conférence des délégués prussiens HA
le congrès de Dresde qui provoquera un échange de vues sur les prochaines élections au Landtag. 6. — Camarades de Gera : Mettre comme point spécial à l’ordre du jour : les tendances revisionnistes au sujet de la tactique du parti dans le sein du parti social-démocratique Rapport du comité directeur 7. — Le comité directeur soumet à la décision du congrès la proposition suivante :
- Peut-on considérer comme conciliable avec les intérêts du parti la participation de camarades en tant que rédacteurs ou collaborateurs à des entreprises de presse bourgeoises, dans lesquelles on se livre à une critique haineuse ou perfide du parti social-démocratique ?
- Un camarade peut-il être rédacteur ou collaborateur à ÿ un organe auquel la condition ci-dessus énoncée ne s’ap- . plique pas? À k I1 y a lieu de répondre affirmativement en tant qu’il | s’agit de situations dans lesquelles le camarade n’est pas contraint d’écrire contre le parti social-démocratique ou Fi d’insérer des attaques dirigées contre celui-ci. | Toutefois l’intérêt du parti, comme l’intérêt des camarades Ÿ se trouvant dans cette situation, veut qu’il ne leur soit \1 accordé aucun poste de confiance, parce que cela les mettrait À tôt ou tard en conflit avec eux-mêmes et leparti. - pi
- — Camarades de Berlin II : La question de la collabo- nl ration de camarades à des organes qui ne sont pas social- h démocratiques ou ne sont pas publiés par des socialistes n’est 4 pas réglée d’une façon définitive par la déclaration du Ni comité. Les organisations locales auront à décider d’après #
chaque cas particulier si des camarades peuvent devenir : ou rester rédacteurs ou collaborateurs à de tels organes et k dans quelle mesure on peut leur donner un poste de con4 fiance dans le mouvement ouvrier. ( 9. — Les camarades de la douzième circonscription à saxonne, le camarade Paul Scholz et 194 camarades de la deuxième circonscription de Berlin adhèrent absolument à “la déclaration du comité parue dans le Vorwaerts du 2 mars 4 1903 concernant la collaboration d’écrivains du parti à des à feuilles bourgeoises et espèrent que le congrès de Dresde à fera sienne l’opinion du comité. D 40. — Les camarades de Hambourg II estiment néces1 saire que la question de la collaboration de socialistes à j des organes politiques de la bourgeoisie soit soumise par : le congrès à une discussion approfondie, et espèrent que / par une décision du parti une norme sera tracée qui empé- \
chera dans l’avenir des faits comme ceux qui au printemps
; dernier donnèrent lieu à de vives discussions. vi 414. — Camarades de Hamm {Hambourg III) : La colla- £. boration littéraire et générale à des organes bourgeois n’est ‘à pas permise aux camarades sans l’assentiment du comité. k 12. — Camarades de la onzième circonscription du Hae novre : Que le congrès prenne nettement position contre 4 les camarades qui par leur collaboration à des journaux ge politiques adverses ou soi-disant indépendants nuisent à la ÿ considération du parti et mettent sans cesse des obstacles F à la propagation de nos idées et à la diffusion des jour- & naux du parti. È 13. — Camarades d’Essen : Il est interdit aux camarades ss de se livrer à des polémiques dans les revues et organes | 44. — Camarades de Berlin IV : Il y a lieu de prendre position contre les camarades qui par leur collaboration à des journaux politiques adverses ou soi-disant indépendants nuisent à la considération du parti et mettent sans cesse
le congrès de Dresde J des obstacles à la propagation de nos idées et à la diffusion , des journaux du parti.
-
— Les camarades de Stettin ne considèrent pas comme conciliable avec l’honneur d’un camarade de collaborer à des organes bourgeois, qui acceptent dans leurs colonnes des articles haineux contre la social-démocratie. Contre les exposés à caractère scientifique ou purement scientifiques il n’y a rien à objecter. :
-
— Camarades de Brême : Des camarades ne peuvent être rédacteurs ou collaborateurs à des journaux ou revues non social-démocratiques que s’il s’agit de journaux scienti- x fiques, techniques ou littéraires qui évitent la lutte contre la social-démocratie.
-
— Camarades de Jueterbog, etc : Considérant que à l’opposition bourgeoise dans les circonscriptions où il lui appartenait de décider les ballottages en faveur de la socialdémocratie ou de la réaction, a fait passer les mandats aux mains de cette dernière, le congrès décide qu’à l’avenir les camarades s’abstiendront rigoureusement dans les ballottages entre deux candidats bourgeois.
48.— Le comité propose de donner au paragraphe 2 des ; statuts d’organisation la rédaction suivante :
« Ne peut appartenir au parti celui qui s’est rendu coupable d’une grave infraction aux principes du programme du parti ou d’une action déshonorante. \ 4
Un tribunal arbitral convoqué par le comité décide s’il y & a lieu à exclusion. La moitié des membres est désignée par É ceux qui demandent l’exclusion et l’autre moitié par à celui que cette proposition concerne. Le comité désigne le \
« Dans les endroits ou circonscriptions électorales dans 4 lesquels les affaires du parti sont gérées par une organi- +
194 4
à sation locale, l’exclusion d’un membre hors de cette orga- à nisation est équivalente à l’exclusion hors du parti tout : entier. L’exclusion hors de l’organisation ne doit donc | se produire que par la voie du tribunal arbitral indiquée ; « Les intéressés ont le droit d’en appeler de la décision . du tribunal arbitral dans un délai de six semaines à la _ © Siun’camarade contre qui une demande d’exclusion à est déposée renonce à l’arbitrage, ou néglige de nommer, 1 dans un délai fixé par le comité, des arbitres, il est ; considéré comme exclu sans autre formalité. 4 « Par la mort, la démission ou l’exelusion, l’ex-camarade 4 perd tout droit qu’il aurait pu acquérir par sa présence
dans le parti contre le parti, le comité directeur, La eom-
mission de contrôle ou contre certains camarades. » 1 19.— Camarades de Hambourg II : Donner au deuxième F alinéa du paragraphe 2 la rédaction suivante : « Les organisations locales décident si un membre continuera d’ap- ) partenir au parti, et pour les membres isolés le comité x directeur. Les intéressés ont le droit d’en appeler aux con- ‘ trôleurs et en dernière instance au congrès. »
20. — ‘Camarades de ‘Berlin III : Le comité directeur est
3 ! chargé de soumettre au prochain congrès un projet régle1 mentant à nouveau la représentation du groupe et des con-
da 21. — Camarades de Teltow-Beeskow, etc. : Le comité é directeur est chargé de soumettre au prochain congrès un x projet réglementant à nouveau lareprésentation du groupe 22. — Camarades de Chemnitz.: Le groupe du Reichstag doit se faire représenter au congrès par des délégués.
le congrès de Dresde à 23. — Camarades de Leipzig-campagne : A l’avenir le groupe du Reichstag ne devra se faire représenter au congrès que par un certain nombre de délégués. 24.— Camarades de la quatrième circonscription saxonne: Supprimer dans le deuxième alinéa du paragraphe 9 des statuts d’organisation : « Les membres du groupe du Reichstag », et remplacer ces mots par : « Le bureau du groupe du Reichstag. » 25. — Camarades des première et deuxième circonscriptions wurtembergeoises : Modifier le paragraphe 9 en ce sens que seule une délégation du groupe du Reichstag sera autorisée à participer au congrès et non tous les députés au Reichstag. Le chiffre de cette délégation sera fixé par le 26. — Camarade Windhoff et trois camarades de Dusseldorf : Ajouter au paragraphe 2 des statuts d’organisation la phrase suivante : « Ce dernier est obligé de convoquer le tribunal arbitral dans un laps de quatre semaines après déposition de la demande d’exclusion. » 27. — Camarades de la onzième circonscription électorale du Hanovre : Régler la représentation proportionnelle J au congrès d’après les voix social-démocratiques données aux élections pour le Reichstag. Les membres du Reichstag venant au congrès sans un mandat de délégué n’auront que voix consultative et leurs circonscriptions devront supporter.leurs frais. La représentation du groupe au congrès doit incomber au comité directeur. { 28. — Camarades de Berlin III : Régler la question de $ la représentation au congrès de sorte que l’on arrive au système du vote proportionnel, c’est-à-dire que les circonscriptions ayant fourni 5.000 voix social-démocratiques puissent envoyer un délégué; de 5 à 20.000, deux; et audessus de 20.000, trois. 29. — Camarades de Brême : Le congrès charge le comité directeur d’informer le prochain congrès si une modifica196 ‘
È tion du paragraphe 9 des statuts d’organisation faite d’après
74 les propositions suivantes serait utile :
À La représentation des circonscriptions au congrès sera à 4 l’avenir réglée sur le nombre des voix social-démocratiques ; données aux précédentes élections pour le Reïichstag; les
circonscriptions qui auront donné jusqu’à 10.000 voix
x pourront envoyer un délégué; de 10.000 à 25.000, deux; au-
L dessus de 25.000, trois; avec cette restriction cependant que
les circonscriptions de moins de 1.500 voix devront remettre |
À leur mandat au délégué de la circonscription voisine.
; Les frais de délégation aux congrès seront supportés par
É la caisse du parti; cependant, afin de les couvrir, les orga-
: nisations ayant droit à une délégation propre devront céder
à la caisse du parti un tant pour cent de leurs recettes
k annuelles qu’il y aurait lieu de fixer.
30.— Camarades de Leipzig-campagne et Chemnitz : Le
nombre des délégués d’une circonscription ne peut pas
k 31.— Camarades de Marbourg : Création d’un fonds
destiné à couvrir les frais de voyage des délégués aux con-
- — Camarades de Kobourg : Sur la proposition de
Fhomme de confiance ou du bureau de l’organisation locale
le comité est obligé d’accorder les frais de voyage (troi-
: sième classe aller et reiour) pour un délégué sur la caisse
| du parti. Les indemnités quotidiennes de l’un comme les
/: indemnités et frais de voyage des autres délégués seront
4 supportés comme par le passé par les circonscriptions.
1 33. — Camarades de Brakel, près Dortmund : Le comité
; directeur est élu pour deux ans. Après deux ans la moitié
à du comité est sortante et remplacée par d’autres membres.
2 Les membres sortants ne sont pas rééligibles les deux pre-
34.— Camarades de Dusseldorf : Il faut créer une orga- ; nisation une de tout le parti permettant un contact plus aisé avec le comité directeur et des camarades entre eux.
le congrès de Dresde es
-
— Camarade Erbe, de Hambourg : Chaque membre du parti paiera une cotisation annuelle de 3 marks dans les villes’et au besoin de 1 mark dans les campagnes. Des cartes de légitimation uniformes seront distribuées dans tout le parti. $
-
— Camarades de Cologne, etc. : Il est nécessaire que dans les districts où la propagande rencontre des difficultés particulières, — spécialement dans les régions inféodées au | centre, — des secrétaires du parti rétribués soient créés; là où les camarades ne peuvent le faire par leurs propres ressources, le comité directeur devra donner les secours
-
— Camarades de Siegen : Charger le comité directeur dans les circonscriptions où la propagande n’a pu encore prendre solidement pied, d’assurer par des secours un revenu certain à un colporteur de publications du parti.
-
— Camarades de Dusseldorf : Dans les villes où cela est possible, établir des cours destinés à former des
-
— Camarades de Chemnitz : Que le comité réfléchisse aux moyens les plus rapides pour créer une école, où l’on formerait des conférenciers et des rédacteurs.
-
— Camarades de Dusseldorf : Que le congrès décide qu’un travail décisif d’éducation concernant tout ce qu’il est utile de savoir devra être entrepris sans tarder. Il devra être organisé et exécuté avec méthode par un office central qu’on pourrait créer à cet effet.
-
— Les camarades de Fuerth proposent ce qui suit : Afin de décharger le comité directeur il faudra créer une commission de propagande, qui devra garder un contact constant avec les bureaux des organisations provinciales et des divers États.
à E La tâche: de cette commission sera : d’organiser-une pro- à pagande systématique par la parole et la plume, en tenant spécialement compte de nos revendications à l’endroit de la Cette commission sera élue par les camarades au siège du comité directeur, et son président aura place et voix dans le comité directeur. 1 42. — Camarades d’Elbing : Que le parti fasse parmi les prolétaires qui chaque année partent au service militaire, avant leur départ, une propagande appropriée en faveur du socialisme. En particulier il faut éclairer les futurs . soldats sur leur devoir envers « l’ennemi intérieur » F comme lon dit. 43.— Camarades de Marbourg : Que le parti décide de F ; fixer à l’organe central, en ce qui concerne sa conduite à l’égard des organisations locales dans les questions de tactique, des limites déterminées n’allant pas au delà de la 44. — Camarades’ de Schoeneberg : Quele congrès trouve les moyens de baisser le prix du Vorwaerts et des bro- $ chures du parti. ‘ 45. — Camarades de Francfort-sur-le-Mein : Tenter des É démarches pour que les revues mensuelles, bi-mensuelles, 3 hebdomadaires existant dans le parti: Neue Zeit, Sozialis3 tische Monatshefte, Kommunale Praxis, et la revue hebdo1 madaire annoncée de Braun,.soient réunies et fondues en : une:grande revue universelle suivant. tous les courants et tendances.de notre parti, et.au prix le plus bas possible. : 4 « Neue Welt ». Journaux de mars et de mai 1 2 46. — Camarades .de Teltow-Beeskow, etc. : Voir si au sujet des gravures de la Neue Welt il ne serait pas possible
le congrès de Dresde / de les améliorer et d’imprimer la Neue Welt sur du meilleur papier. De même il faut apporter plus de soin à l’exécution des motifs des journaux de mars et de mai. 47. — Camarades de Schmargendorf : La Neue Welt et le supplément du Vorwaerts doivent être mis au service | de la culture théorique des masses. Dans ces organes il faut imprimer en plus des exposés d’économie politique, d’anciennes publications du parti ayant une valeur durable. Publications pour la jeunesse 48. — Le camarade Langemach, de Francfort-sur-leMein, propose de remplacer la Huette disparue ou de faciliter sa réapparition. 49. — Camarades de Magdebourg : Que le comité directeur s’occupe plus que par le passé de publications pour la ; 50. — Camarades de Teltow-Charlottenbourg : Le prix de l’agenda ouvrier doit être abaïssé de 60 à 50 pfennigs. 51. — Camarades de Rothenbourg : Des annonces de ; loterie d’aucune sorte ne devront être publiées dans les { journaux du parti. à 52. — Camarades de Breslau : La presse du parti est | tenue pour les annonces de demandes de travail de prendre | au préalable des renseignements auprès des organisations Brochures et feuilles volantes ! 53. — Camarades de la dix-huitième circonscription saxonne : Toutes les brochures paraissant à la librairie du
parti (librairie du Vorwaerts) devront être éditées dans le même format.
- — Camarades de Bielfeld- Weidenbrueck : Les brochures paraissant dans les librairies du parti devront être
55.— Camarades de Brême : Considérant les faits inouis
] d’espionnage politique qui se sont, surtout pendant les dernières années, produits dans les sociétés militaires, et considérant les empiétements qui en résultent sur les droits politiques de leurs membres, le comité directeur est chargé
- de publier annuellement une feuille volante où seront réunis les cas les plus typiques, et où les réservistes à la fin de leur période seront avertis des dommages soit matériels soit politiques au point de vue de la liberté qu’ils risquent en entrant dans ces sociétés.
Il faudra remettre en temps voulu cette feuille aux organisations locales ou aux hommes de confiance du comité à fin de distribution et la céder au plus bas prix possible. « 56. — Camarades de Berlin I et IV : Le comité directeur est chargé de publier une brochure appropriée à une distribution en masse, qui traite du système militaire actuel
et des mauvais traitements qu’il entraîne.
- — Camarades de la cinquième circonscription de ; Nassau : Publier une brochure de propagande contenant le rapport annuel du groupe parlementaire, des commentaires | de notre programme, l’exposé des motifs pour lesquels nos | députés du Reïichstag ont voté contre les diverses assurances ouvrières, et destinée spécialement aux circonscrip-
à tions rurales peu avancées; céder cette brochure aux
comités électoraux au prix de revient, afin qu’ils puissent la distribuer gratuitement, ou même couvrir entièrement
Pa les frais sur la caisse centrale.
- — Camarades de la troisième circonscription de
Brunswick : Charger le comité directeur de publier sous
| forme de brochure les principaux discours sur les budgets
des postes et des chemins de fer et la distribuer aux |
- — Camarade Erbe, de Hambourg : Publier une petite brochure contenant le programme, les statuts d’organisation du parti, tous les noms et adresses des organes du parti, des journaux syndicaux, des secrétariats ouvriers, maisons syndicales, leur organisation et quelques renseignements sur les coopératives. Cette brochure devra être délivrée gratuitement à tous les camarades et aux nouveaux
; Fête du Premier Mai
60.— Camarades de Friedberg-Buedingen : Que le congrès décide : le comité directeur est chargé de publier chaque ! année au Premier Mai une feuille volante, dans laquelle les revendications ouvrières sont mises en lumière sous s une forme accessible à tous, afin que celle-ci soit distribuée en grandes masses ét que l’on puisse faire plus de propagande pour nos revendications de mai. ;
-
— Camarades de Brême, etc. :’ Que le congrès se déclare pour le maintien de la fête du Premier Mai avec son caractère habituel.
-
— Camarades de Magdebourg : Ne pas restreindre la fête du Premier Mai par ordre du parti, mais au contraire faire en sa faveur une: propagande plus intense que jamais.
-
— Camarades de Dusseldorf et Berlin IV : Demander au congrès de décider le chômage absolu le Premier Mai.
63 bis. — Circonscription Nieder-Barnim: La fête du Premier Mai doit être plus qu’auparavant mise au premier plan. Elle doit avoir lieu le premier mai.
- — Camarades de Breslau: Que le congrès donne à la résolution concernant la fête du Premier Mai la rédaction
\ « Conformément aux résolutions des congrès ouvriers internationaux de Paris en 1889, Bruxelles en 1891, Zurich |
en 1893, Londres en 1896 et Paris en 1900, le congrès fait un )
devoir aux ouvriers et organisations ouvrières de faire des
démonstrations par des réunions tenues le soir du premier
mai en faveur des revendications de classe du prolétariat, à
particulièrement en faveur d’un système suflisant de pro- ; i
tection ouvrière et d’une réduction de la durée du travail. »
65.— Camarades de Muenchen-Gladbach : Reporter la fête ;
du Premier Mai au premier dimanche de mai. ÿ
; 66. — Camarade Welker, de Wiesbaden: Donner au #
paragraphe 6 du programme la rédaction suivante: ?
6. La religion est chose privée. D’où les revendications
a) Séparation de l’État et des Églises actuelles; ;
b] Suppression de toutes les dépenses faites sur les fonds :
publics pour les Églises ou religions ; à
€} Suppression de l’enseignement religieux confessionnel |
… d) Le remplacer par un enseignement de la morale sans Re
fondement métaphysique, par un vaste enseignement des
seiences naturelles, un enseignement scientifique de Fhis- Cu
toire des religions ; Ç
À e} Interdiction de tout enseignement religieux dogmatique !
à des enfants au-dessous de seize ans; 3
f] Lutte contre toutes les fantaisies religieuses par la À
2 culture intellectuelle de leurs adeptes ; .
È g) Sortie des communautés religieuses dont on ne partage
k plus les croyances.
j Le congrès décide d’adopter comme conséquences de ;
(4 ces revendications l’addition suivante aux statuts d’organi- |
« Seules des personnes qui n’appartiennent à aucune : RCE
) communauté religieuse confessionnelle peuvent revêtir des
le congrès de Dresde 0e charges du parti et être présentées comme candidats aux | élections municipales, aux Landtags, ou au Reïichstag. » { 67. — Camarade Woischnig, de Francfort-sur-l”Oder : Que le parti donne lui-même ou essaie de donner par des indications fournies par lui une direction et un but uni- ) formes dans la question agrarienne, et particulièrement
- dans la question des biens-fonds et du sol. : 68. — Camarade Reinke, de Barmstedt: Ajouter l’article suivant au programme : Employer les fonds de réserve amassés dans l’intérêt des ouvriers en vertu de la législation de protection ouvrière à acheter en première ligne des biens-fonds d’un seul attenant autant que possible, et . en se servant au besoin du droit d’expropriation. Administration de ces territoires pour le compte des institutions j d’assurance, mais dans un sens favorable aux ouvriers.
- — Camarades de Marbourg : La conduite du groupe du Reïchstag à l’égard du gouvernement doit partout et toujours se conformer aux principes républicainsdémocratiques. i
- — Camarades de Stettin: Le groupe devra dans le « plus bref délai possible soumettre au Reichstag un projet de loi organisant le droit de coalition de telle sorte qu’il ne ‘ puisse plus être exposé aux atteintes des tribunaux et de la
- — Camarades d’Elberfeld : Le groupe est chargé de présenter à nouveau et sans retard dans la prochaine session du Reichstag les motions demandant la suppression des paragraphes sur les crimes de lèse-majesté et l’établissement d’une loi suffisante sur la responsabilité des ;
- — Camarades de Berlin 1: Le groupe est chargé de s commencer une propagande méthodique contre le milita204
risme en présentant un projet de loi, et en insistant en particulier sur les points suivants :
a) Suppression de la justice et du droit militaires ;
b) Reconnaissance du droit de légitime défense contre les
c) Service d’un an pour tous.
- — Camarades de la deuxième circonscription wurtembergeoise : Que le groupe du Reichstag prenne aussitôt que possible position en faveur de l’unification des chemins de fer allemands par la création d’une société d’exploitation
: commune à tout l’empire et en faveur de l’abaissement des tarifs pour voyageurs.
-
— Camarades de Teltow-Charlottenbourg : Charger le groupe d’agir de sorte qu’à l’avenir les élections pour le Reichstag aient lieu un dimanche.
-
— Camarades de Cassel: Le groupe socialiste du Reichstag est prié de veiller autant que possible à ce que : la vérification des mandats des députés soit terminée au moins à la fin de la première année après la réunion du
-
— Camarades de Jueterbog : Le groupe doit présenter une motion d’après laquelle les députés dont l’élection est contestée par la commission de vérification des mandats
seraient privés de leur siège et de leur voix jusqu’à décision
-
— Camarades d’Elbing, etc: Le groupe socialiste devra agir en sorte que les gouvernements dans les votes futurs ordonnent un modèle uniforme pour les urnes électorales.
-
— Camarades d’Elbing : Les urnes électorales doivent pouvoir être fermées. Les voix ne seront pas comptées à la fin de l’élection, mais l’urne fermée sera envoyée au commissaire électoral qui établira le résultat pour toute la circonscription.
le congrès de Dresde OT
79. — Camarades de Flensbourg : Présenter une motion s
imposant aux autorités le devoir de mettre à la disposition
de chaque député, quelle que soit la tendance politique qu’il 4
représente, un local convenable, où il puisse rendre compte
de son mandat.
; 80. — Camarades d”Elberfeld : Lors de la discussion des
projets de loi de protection ouvrière il faudra insister énergiquement pour que toutes les améliorations faites dans
l’intérêt des assurés aient un effet rétroactif.
81.— Camarades d’Essen : Il faut insister pour qu’il soit
engagé par des mesures légales une lutte efficace contre la
maladie du ver des mineurs.
82. — Camarades de la circonscription de Strasbourg-
campagne: Présenter au début de la nouvelle législature k
une motion en faveur de la journée légale de dix heures 28
et insister avec force pour l’obtention de cette mesure pro- a
83. — Camarades de Brême, etc. : La propagande en
faveur de la journée de huit heures doit être faite plus
énergiquement que jusqu’ici ; il est nécessaire que le groupe
du Reichstag présente sous peu un projet de loi instituant
légalement la journée normale de travail de huit heures
et veille avec toute l’énergie possible à sa réalisation.
84. — Camarades de Cassel : Le groupe du Reichstag a
le devoir de créer des commissions pour les différentes 1
À parties de la législation sociale, à qui incomberait la tâche
de débrouiller et préparer les matériaux nécessaires.
85.— Les citoyennes de Berlin, etc., etc. : Que le groupe È
du Reïichstag prenne énergiquement position en faveur
- L’introduction de la journée légale de huit heures pour À toutes les ouvrières adultes, qui pour une courte période de transition, fixée légalement, pourrait être facilitée par la réduction de la journée actuelle à dix ou neuf heures. 4 Pour les ouvrières non adultes réduction du maximum J
$ à quatre ou six heures, élévation de la limite d’âge jusqu’à ë dix-huit ans, et instruction complémentaire obligatoire dans laquelle rentreraient l’économie domestique, l’hygiène et À les soins à donner aux nourrissons. Pour toutes les ouvrières suppression des heures supplé- mentaires et liberté le samedi après-midi. à 2. Interdiction absolue du travail de nuit pour les 3. Interdiction de l’emploi des femmes dans toutes les occupations nuisibles à l’organisme féminin. Favoriser légalement l’établissement dans les usines et ateliers des aménagements qui protègent la santé de celles qui y sont occupées. Remplacer les matériaux employés au cours du travail qui nuisent à la santé par d’autres inof- 4 4. Extension des mesures de protection au travail à domi- £ cile, conformément à la décision du quatrième congrès syndical de Stuttgart. ‘ 5. Création d’inspectrices du travail. | 6. Droit de suffrage actif et passif pour les femmes pour È les élections au conseil des prud’hommes. : 7. Garantie de la liberté absolue de coalition pour les 3 8. Interdiction de faire travailler les femmes huit semaines : après l’accouchement, si l’enfant vit, et six semaines dans / le cas de fausse couche ou d’enfant mort-né,. 1 Droit pour les femmes enceintes à cesser leur travail ‘4 sans perdre leur place, dès que au cours de la grossesse ; . Certains signes se manifestent qui rendent le travail Suppression des autorisations exceptionnelles, qui sur d 4 un certificat médical permettent la reprise du travail avant : ha la fin du délai légalement établi. ; A Développement des mesures de prévoyance pour les à femmes enceintes ou accouchées de la part des caisses | d’assurance contre la maladie par les moyens suivants : | Accorder aux femmes enceintes ou accouchées une |
: le congrès de Dresde RAD subvention durant la durée du délai établi, absolument de ces mesures aux femmes des membres de la caisse. Il sera possible d’exécuter ces mesures en uniformisant les assurances contre la maladie, par la réunion de ces caisses en fédérations susceptibles d’avoir un capital, par un droit d’administration très étendu des assurés par euxmêmes et enfin par des subventions de l’État. Création de maternités, de maisons pour femmes en- j ceintes et accouchées, d’institutions pour mères allaitant leurs enfants, organisation par les communes des soins à 85 bis. — Camarades de Francfort-Lebus : Soumettre au Reïichstag pendant la prochaine législature un projet de loi étendant aux femmes le droit de suffrage universel, égal et direct. 86. — Camarades d’Essen : Le groupe socialiste lors de la discussion des droits de succession est chargé de récla- ï mer l’élévation de ces droits. 87. — Camarades de Bromberg : Le groupe est prié de porter au Reichstag, dès qu’une occasion se produira, la question du procès pour désordre public à Bromberg et la dure condamnation qui s’en suivit. 88. — Camarade Erbe, de Hambourg : Pour combattre les maladies pulmonaires, le groupe soumettra au Reichstag le projet suivant: i Étant démontré que l’air marin est chargé de sel et par î là désinfecte mieux les poumons que l’air des champs, et | qu’une cure dans les bains de mer procure une guérison | plus rapide et après guérison une plus grande force de | résistance, le gouvernement fournit les fonds nécessaires à la création de sanatoriums sur les îles de la mer du Nord et de la Baltique, ainsi qu’à la construction de vaisseaux | pour malades. | 89. — Camarades de Berlin II, III, etc., etc. : Le groupe doit faire valoir ses droits à un siège de vice-président au
| Reichstag, sans accepter toutefois les devoirs conventionnels.
- — Camarades de Mannheim : Notre groupe doit à tout prix maintenir ses droits à un siège de vice-président au Reichstag. Il a confiance dans le tact et la conscience de soi-même de l’élu éventuel, et pense que celui-ci saura dans
e l’exercice des devoirs qui lui sont imposés sauvegarder la dignité de la représentation du peuple et la puissance de son parti.
- — Les camarades de Cologne-ville désirent que la
- solution de la question de la vice-présidence soit laissée au groupe. Ils ont confiance dans les représentants élus de la social-démocratie et pensent que ceux-ci trancheront la 4 question de façon à sauvegarder l’honneur et l’intérêt du
| 92. — Camarades de Schoeneberg : Tenir les prochains congrès entre Noël et le premier janvier. | 93. — Camarades de Stettin : Tenir le congrès de 1904 à s 94. — Camarades de Mannheim : Tenir le congrès de ; 95. — Camarades de Darmstadt : Tenir le congrès de | ÿ 96. — Camarades de Brunswick : Tenir le congrès de f 97. — Camarades de Brême : Tenir le congrès de 1904 à ‘à 98. — Camarades d’Essen : Tenir le congrès de 1904 à
- — Camarades de Berlin V : Tenir le congrès de 1904
le congrès de Dresde
4100.— Camarades de Teltow-Charlottenbourg : La vic- |
4 toire électorale du 16 juin oblige la social-démocratie à des
efforts plus grands et plus profonds afin d’acquérir une
L influence positive sur les destinées de la politique allemande. Notre tâche n’est pas épuisée par la critique des
classes dominantes et de leur politique, par la résistance
aux attaques hostiles au peuple de la réaction, par la seule
amélioration des projets du gouvernement et par des motions stimulantes. Le groupe socialiste du Reichstag est
devenu par la confiance des électeurs le législateur autorisé
du peuple allemand. Plus le gouvernement bureaucratique
se pétrifie dans l’intérêt des classes Gominantes dans un
travail de rapiéçage stérile ou dans des attaques insolentes
et insensées contre l’évolution historique nécessaire se ;
produisant dans le prolétariat, d’autant plus grand est le +
devoir du groupe socialiste du Reichstag de faire profiter
la législation actuelle de la force créatrice infinie du principe démocratique et socialiste. Le résultat d’une semblable
tactique est triple; elle obtient des réformes utiles et importantes, elle découvre la pauvreté intellectuelle et l’étroitesse haineuse des avoués des classes capitalistes et de
leurs agents gouvernementaux, montre les bornes et les
limites en deçà desquelles dans la société actuelle des amé-
liorations décisives sont impossibles, et fait ainsi la lumière
sur le et en faveur du programme social-démocratique.
Aller jusqu’à ces bornes et limites, dont nous sommes encore |
très éloignés, et réaliser tout le possible, telle est notre |
tâche dans la politique quotidienne. Dans cette intention
et afin de fortilier le parlementarisme lui-même, le groupe
socialiste est chargé de s’attaquer aux questions importantes de la situation actuelle sous forme de projets de lois >
bien élaborés. Aux divers projets il faudra joindre des |
exposés des motifs et des mémoires, et il faudra obtenir |
que, selon l’usage d’autres Parlements, ces exposés soient f
insérés dans les publications officielles du Reichstag; en
même temps ces publications devront être rendues accessi210
bles à tous aux prix les plus bas, à l’instar par exemple du ; journal ouvrier de l’empire /Reichs-Arbeitsblatt). Parmi les ; sujets qui seraient à traiter en première ligne par de semblables projets socialistes positifs et approfondis, il faut citer : la réforme des finances de l’empire, la protection ouvrière, la loi sur le droit de coalition, la réforme militaire systématique, la responsabilité ministérielle, la loi “a à scolaire de l’empire, la revision du droit criminel. 4014. — Les camarades de Muenchen-Gladbach se déclarent à l’unanimité pour la conservation de nosprincipes et le maintien de la tactique actuelle. 402. — Les camarades de Berlin V approuvent la tacti- ù que actuelle. Ils voient dans les résultats des élections au Reichstag une manifestation puissante et une exhortation L à continuer la lutte contre la réaction de toutes nuances sans aucune concession aux conceptions bourgeoises, sans combinaisons d’hommes d’État, et attendent en raison de . l’aggravation des antagonismes de classe sur le terrain économique et politique, que l’on soutienne énergiquement les i revendications de classe du prolétariat. aucune raison pour le parti de s’écarter pour l’instant sous n’importe quelle forme, ou dans quelque question que cela 4 soit, de ses vieux principes prolétaires-révolutionnaires ou de ses mesures tactiques. Les camarades réunis espèrent k que le congrès de Dresde exprimera de façon non ambi- : -. guë, et telle qu’on ne puisse pas s’y méprendre, cette façon 2, 4104. — Les camarades de Berlin IV voient dans la ma- —_ aière dont le camarade Bernstein a traité publiquement la question de la vice-présidence, avant d’en avoir parlé dans …. le groupe dont il est membre, un manque de tact qui fait f plus de tort que de bien au parti, et espèrent qu’à l’avenir À le camarade Bernstein, tout en sauvegardant la liberté de &. pensée, satisfera plus aux intérêts du parti qu’au besoin de & sensation. Les camarades réunis expriment de la façon la
le congrès de Dresde plus formelle leur désapprobation à tous les camarades qui dans cette affaire se sont faits les complices de Bernstein.
de la deuxième circonscription et le comité électoral de la sixième circonscription de Berlin sont d’avis que notre groupe au Reichstag doit faire valoir ses droits à occuper le poste de premier vice-président, mais refuser l’obligation d’aller à la cour. La deuxième et la sixième circonscriptions sont persuadées que toute cette affaire est sortie d’une surestimation du parlementarisme, qu’elle pouvait avoir un si grand intérêt pour les milieux bourgeois mais non pour le parti socialiste. Au reste elles espèrent que les camarades cesseront de se livrer à toutes sortes de fantaisies et porteront davantage leur attention sur les tâches pratiques du
- — Camarades de Leipzig-ville : Les camarades réunis de la douzième circonscription électorale du Reichs-
ï tag espèrent que le congrès tranchera la question soulevée de la vice-présidence et lui soumettent dans cette intention la motion suivante:
Le congrès proteste contre l’acceptation pour des repré- sentants du peuple de participer en quelque manière à des
Il désapprouve nettement les efforts revisionnistes de certains camarades venus au jour à plusieurs reprises depuis plusieurs années et certaines tendances dans des questions de tactique ou de principe ;
Le congrès refuse absolument de laisser jamais effacer le caractère de lutte de classe de notre parti pour de prétendus
- — Camarades de Leipsig-campagne : Les camarades réunis de la treizième circonscription se prononcent nette- | ment contre les opinions soutenues par Bernstein, Vollmar et autres au sujet de la vice-présidence du Reïchstag. Ils s’opposent surtout à ce que de telles questions soient tranchées par le groupe, tiennent au contraire le congrès pour
la seule juridiction autorisée à les éclaircir. Du reste, ils. espèrent que le congrès prendra nettement position contre les « Bernsteiniades » qui se produisent chaque jour plus visiblement dans le parti.
-
— Camarades de la quatrième circonscription du Hanovre : Le congrès espère que le groupe socialiste du Reichstag, fidèle à la tradition, fera valoir ses droits à une place proportionnée à sa force dans le bureau du Reïichstag. Il espère aussi avec confiance que le groupe restera attaché à la tactique habituelle en refusant avec énergie d’accepter des obligations qui ne sont imposées ni par la constitution ni par le règlement du Reichstag. Sans vouloir porter atteinte à la liberté de pensée dans le parti, le congrès regrette cependant la manière dont le camarade et député Bernstein a pris position dans la question ci-dessus.
-
— Camarades de Reuss {branche cadette) et Crefeld: Le congrès de la principauté de Reuss (branche cadette) et les camarades de Crefeld estiment que c’est un droit parlementaire de notre groupe de réclamer, étant donnée sa force, un siège dans le bureau du Reichstag; mais ils rejettent absolument toute obligation qui ne serait pas prescrite par le règlement.
Les camarades voient dans la proposition de Bernstein sur l’occupation de ce siège de vice-président une modification de notre tactique habituelle, éprouvée, et espèrent que le congrès se prononcera définitivement contre ces tendances à la modifier qui apparaissent toujours de
nouveau. Les camarades désapprouvent formellement la ° manière de procéder du camarade Bernstein dans la ques-
« tion de la vice-présidence. 409 bis. — Conférence de la circonscription Nieder- | Barnim : Les camarades réunis se prononcent nettement . contre les efforts de certains camarades, qui tendent à détourner le parti de sa tactique éprouvée et à obtenir par des concessions aux partis bourgeois de prétendus succès, qui ne seront certainement que de faux succès. De plus, la réunion espère que le congrès prendra nettement position
. le congrès de Dresde | contre les camarades qui estiment que tout en étant socialistes ils peuvent déposer leurs élucubrations dans des feuilles bourgeoises qui ne sont pas soumises au contrôle du parti ou ne peuvent pas être suivies par les camarades. ’ La réunion espère que l’on dise d’une manière non équivoque qu’il ne peut être question de tels camarades pour | des postes de confiance dans le parti. 410. — Camarades de Francfort-Lebus : La conférence | de la circonscription exprime le désir que l’union et l’entente | parfaites entre les camarades qui se sont manifestées pendant la lutte électorale continuent à régner dans les débats | et décisions du congrès, et que l’on discute en premier lieu les revendications importantes, capitales pour les intérêts | du prolétariat, au lieu que la question relativement très secondaire de la vice-présidence ou autres prennent une grande partie du temps précieux du congrès.
- 4414. — Camarades de la deuxième circonscription
saxonne : Considérant que la tactique de nos adversaires
dans les communes rurales devient brutale, considérant |
en outre que nos adversaires disposent pour la grande
majorité des propriétés telles que maisons, domaines et |
fermes et portent un préjudice considérable à nos cama- ‘
rades qui font ouvertement de la propagande ou repré-
sentent le parti comme hommes de confiance, en ce sens: : que messieurs les propriétaires donnent simplement congé | à leurs locataires et que ceux-ci ne peuvent que difficile- 4 ment trouver un logement dans la localité, — nous propo- : sons que le parti s’efforce, dans des cas semblables, | d’acquérir des maisons ou de prendre des fermes sous sa .
- — Camarades de Brême : Le congrès recommande L aux groupes socialistes ou aux diverses circonscriptions | d’établir des dépôts où seraient conservés et classés toutes ; les feuilles volantes socialistes ou adverses concernant les ; élections au Reïichstag, les articles de journaux importants, Î de même que tous les actes et publications importants pour | la circonscription. £
% Le comité directeur est prié de donner au besoin des instructions aux circonscriptions pour l’organisation de . 413. — Camarade Erbe, de Hambourg : Résolution A. ; Le congrès élit une commission de dix personnes chargée ; de préparer des projets de loi. S À La commission fait connaître au moment opportun sur : ! quelle question un projet est préparé. Tous les camarades | fournissent les matériaux nécessaires (observations, renseignements, vœux, etc.) à la commission ; celle-ci les classe : et soumet au groupe parlementaire à fin de discussion le ; - projet qui en sera sorti. Après cette discussion, le projet est | présenté comme motion au Reichstag, afin d’amener le gouvernement à s’occuper des tâches nécessaires de notre Comme premier travail nécessaire je propose : transfor- . mation de la loi sur la maladie, les accidents, la vieillesse, | les infirmités en une loi se complétant elle-même et com1 prenant une assurance contre le chômage et une adminis- Ë par une loi d’empire : des écoles, constructions et loge- ; ments, peines et prisons, et du travail dans les prisons, etc. | La commission devra aussi prendre en main la protec- \ tion légale dans les affaires du parti, afin d’obtenir une 1 plus grande uniformité dans les jurisprudences si difré- 3 Résolution B. La presse du parti étant trop exposée à à des variations possibles du prix du papier, je demande au À comité directeur de créer soit lui-même soit avec l’aide de ; coopératives dans les circonscriptions arriérées, en parti4 culier dans les domaines du Centre, des fabriques de 1 papier lui appartenant, afin de fournir à la presse du parti : du papier convenable, de lui procurer plus d’indépendance, 3 et aussi de montrer qu’une partie du programme est réali4 sable dès aujourd’hui et de rendre plus sûre telle ou telle : 414. — 86 camarades de Flensbourg : Considérant qu’à côté des sources sociales de l’alcoolisme, les coutumes de
le congrès de Dresde
boisson (anniversaires, bienvenues, etc.) et les notions insuffisantes des masses sur les effets nuisibles des spiritueux en sont les causes, le congrès recommande à la presse du parti et aux camarades l’étude de la question de | l’alcool. Le congrès part de cette considération que l’argent dépensé pour les boissons alcooliques serait beaucoup mieux employé à la lecture qui développe l’instruction et la civilisation, et que tout endiguement de l’alcoolisme comporte une augmentation de la puissance combative du
- — Camarades de Geesthacht (Hambourg IIl) : Si les syndicats soumettent au Reichstag, aux Landtags, aux administrations municipales des pétitions, des motions qui sont favorables aux syndicats et ne sont pas en désaccord avec les principes du parti, les camarades envoyés par le parti dans ces assemblées sont tenus de les dé- Motions parvenues ultérieurement ou présentées
pendant les débats
- — Camarades de Hausham : Le comité directeur est chargé de publier sous peu et au prix le plus bas pos- | sible une brochure contenant tous les succès et améliora- | tions que le parti a obtenus sur le terrain économique ou l social au Reichstag aussi bien que dans les Landtags et les municipalités.
Il faudra joindre à la brochure un tableau montrant la force du parti relativement aux autres partis.
- — Camarades de Kiel : Ajouter au rapport annuel
pour le congrès un court résumé de l’organisation (nombre
des membres) et de la situation financière des diverses provinces ou États confédérés. |
- — Conférence de la circonscription de Dusseldorf : | Ajouter ce qui suit au deuxième alinéa du paragraphe 2 des |
Le comité directeur a le devoir de convoquer le tribunal
arbitral le plus tôt possible, mais au plus tard quatre semaines après déposition de la demande d’exclusion.
Les camarades qui refuseraient de se soumettre au tribunal arbitral seraient considérés comme exclus.
- — Conférence de la première circonscription de Nassau : Le congrès demande au comité directeur de publier annuellement après la clôture de la session du Reïichstag
i une feuille volante où sous une forme concise sera exposée activité du Reichstag et la position prise par le groupe socialiste dans les projets de loi les plus importants. Cette feuille devra être délivrée aux circonscriptions au prix de
| - revient ou, sur proposition, gratuitement.
- — Camarades de Lueckenwalde : Afin de ne pas faire du parti une maison de refuge pour les éléments faillis de la bourgeoisie, et empêcher le trop grand accroissement du nombre des intellectuels dans le parti, que le con-
| « Aucune fonction publique du parti, ni comme rédacteur ni comme orateur, aucune fonction rétribuée ne sera con- ë fiée à aucun camarade, à moins que celui-ci n’appartienne
- au moins depuis deux ans officiellement au parti comme membre des comités électoraux ou des groupes socialistes : dont il s’agit. » : 121. — Conférence de la circonscription Kolberg-Koeslin4 Bublitz : Le groupe socialiste est prié d’agir en sorte qu’aux À prochaines élections au Reichstag les commissaires élec-
toraux soient invités à ne pas diviser les districts électoy raux, surtout à la campagne, en districts de moins de trois
x 122. — Camarades de Zabrze : Les camarades de Zabrze
, et environs invitent le comité directeur à ne laisser pa- % raître qu’un seul journal polonais-allemand pour toute
£ 123. — Camarades de Nuremberg : Tenir le congrès de
le congrès de Dresde AC | 4124. — Camarades de la circonscription Dortmund- : Hoerde : La conférence de la circonscription DortmundHoerde propose de tenir le prochain congrès à Dortmund ou dans un lieu voisin. 20 125. — Thomas, d’Altona, et 24 camarades : Tenir le ; 426. — Camarade Franz K. A. Weinert, de Hambourg : | Le congrès de Dresde se déclare pour la continuation de la lutte en vue d’obtenir la liberté absolue de douane dans la politique économique du pays ; il faut continuer avec force et énergie la lutte contre la politique douanière organisée par la classe dirigeante pour son propre enrichisse- ) ment et aux dépens du peuple des travailleurs.
On en appellera au peuple afin qu’il prenne lui-même la direction de ses destinées au moyen de son organisation politique et économique de combat, et fasse exécuter sans retard des réformes dans le sens du socialisme sur le terrain économique et politique, pour parer utilement à la
Le congrès décide que les camarades de partout devront |
: organiser une propagande intense dans les milieux ou- | vriers. Il faut, afin de fortifier nos groupes socialistes, con- | voquer partout de grandes réunions populaires avec le même ordre du jour : le tarif douanier allemand, les traités de commerce, le libre-échange et discussion. Toute notre presse politique devra soutenir cette propagande et chaque citoyenne, chaque camarade a le devoir de poursuivre dans son milieu cette propagande oralement, d’appeler l’attention sur cette réunion et d’engager ày
Il est fait de même un devoir aux citoyennes et camarades de travailler partout de la façon la plus énergique à fortifier les syndicats libres et les organisations coopéra- | tives fondées et dirigées par des ouvrières et ouvriers et |
. de faire en leur faveur une propagande intense, uniforme f et méthodique. Pour atteindre ce but il faudra organiser l
? également des réunions publiques sur le même sujet :
| tarifs douaniers, traités de commerce, libre-échange et dis- | cussion, et ici également la presse syndicale devra seconder | cette propagande. Chaque citoyenne et chaque camarade devra se consacrer sérieusement à la propagande orale. 427.— Motion du camarade Franz K. A. Weinert, de | Hambourg : Nommer une commission de treize membres, afin de créer une fabrique de papier sur les fonds du parti, j qui fournirait les quantités de papier nécessaires aux imprimeries politiques et syndicales. La commission ferait | au prochain congrès son rapport sur les travaux prépa- : | ratoires. La motion présente a pour but de faciliter les moyens de fournir du papier meilleur et meilleur marché. De plus cette fabrique du parti pourra produire un béné- fice appréciable, qui ne sera pas une source de revenus négligeable pour le prolétariat combattant. 428. — Paeplow, de Hambourg, et 22 camarades : La collaboration littéraire (1) de camarades à des journaux et revues capitalistes (bourgeois) est incompatible avec les intérêts du parti. Des exceptions à cette règle ne sont admissibles que s’il s’agit de revues qui traitent exclusivement de questions artistiques ou techniques. Le comité directeur a la tâche ferme de veiller à l’exé- Û cution des principes ci-dessus et de relever de la manière à 1 la plus formelle les infractions possibles et de proposer au j besoin l’exclusion des membres du parti coupables de ces ; 429. — Résolution. Conférence de la circonscription | Dortmund-Hoerde : Il va de soi que le groupe doit réclamer | 4 le poste de premier vice-président et accepter toutes les obligations en résultant qui sont imposées par le règlement. $ Mais la conférence repousse avec indignation l’hypothèse “ d’acheter ce poste par l’acceptation des obligations de cour. ’ (1) La collaboration littéraire ne comprend pas les comptes ‘ rendus des réunions ou des tribunaux. — Note du texte.
le congrès de Dresde à
Si toute démonstration monarchiste en soi est inadmissible dans le parti, elle l’est doublement après les discours d’Essen et de Breslau. La conférence voit dans ces propositions une nouvelle manifestation de ce courant revisionniste qui tend lutte de classe prolétarienne et révolutionnaire. La confé- rence condamne ces tendances formellement, et espère que le congrès prendra une attitude semblable.
- — Résolution Bebel, Kautsky, Singer : Le congrès invite le groupe à s’en tenir dans la question du siège de vice-président et de secrétaire au Reichstag à sa conduite | habituelle, — refus de toutes les obligations non prescrites | par le règlement. |
Le congrès condamne de la façon la plus formelle les ten- | dances revisionnistes qui prétendent modifier notre tactique l passée, éprouvée, victorieuse, reposant sur la lutte de | classe, et mettre à la place de la conquête du pouvoir | politique par la défaite de nos adversaires, une politique | d’avances à l’ordre de choses établi.
La conséquence d’une telle tactique revisionniste serait | de remplacer un parti qui travaille à transformer le plus vite possible la société actuelle bourgeoise en une société socialiste, qui est donc révolutionnaire au meilleur sens du mot, par un parti qui se contenterait de réformer la société
Le congrès condamne en outre toute tentative pour pal- ; lier les antagonismes de classe afin de faciliter un ratta- (1
Le congrès espère que le groupe usera de sa puis- R sance accrue par le nombre de ses membres comme par le puissant accroissement des masses électorales derrière lui, pour défendre conformément aux principes de notre programme, avec toute la force et l’insistance possibles, les intérêts de la classe ouvrière, pour réclamer de même l’extension et la garantie de la liberté politique et de l’égalité de droits pour tous, pour mener avec plus d’énergie encore qu’il n’a été possible le combat contre le militarisme et le marinisme, contre la politique coloniale et mondiale,
« contre l’injustice, l’oppression et l’exploitation sous toutes
-
— Motion additionnelle des citoyennes de Leipzig à la motion 85 : Que le groupe du Reichstag réclame avec la même énergie :
-
L’interdiction absolue de tout travail industriel aux enfants de moins de quatorze ans.
: 2. Une réduction de la durée du travail pour les ouvriers ou ouvrières non adultes, conformément aux revendications de la conférence féministe de Munich.
. 132. — Quarck : Le congrès déclare que la collaboration de camarades à des organes autres que ceux du parti doit être en général condamnée et que les camarades s’occupant de littérature doivent éviter de fortifier les adversaires par leur collaboration. Comme il n’est point possible d’établir de lois pour les exceptions à cette règle, la décision devra dans chaque cas particulier être laissée au tact politique des camarades s’occupant de littérature ou prise au besoin par les organisations du parti en suivant la voie hiérarchique habituelle.
| 433. — Karl Schwarz et 20 camarades : Le congrès charge le comité directeur d’étudier la question de savoir
F si en réunissant les fonds il serait possible de créer des
| locaux de réunion. On souhaite vivement que le comité directeur agisse en ce sens pour venir en aide surtout dans
b les provinces de l’est.
” 184. — W. Gewehr et 23 camarades : Le congrès
! décide de s’abstenir au congrès actuel d’une revision des
: statuts d’organisation et de charger les contrôleurs de
4 concert avec le comité directeur de présenter au prochain
k congrès un projet de modification des statuts d’organisation. Les motions 18 à 39 et 41 sont renvoyées au comité directeur pour lui servir de matériaux.
- — Herbert et 23 camarades : Tenir le prochain
le congrès de Dresde AUX
- — Résolution Grunwald et 20 camarades : Le congrès exprime à l’unanimité au groupe son entière reconnaissance, son approbation, ses remerciements exprès
: . pour les mesures prises contre les tarifs de famine au Reichstag, en particulier pour l’emploi énergique de j l’obstruction.
-
— Molkenbuhr : Le congrès charge le comité direc- : teur d’agir auprès du comité international d’Amsterdam, afin que celui-ci établisse les revendications communes, que les ouvriers de tous les pays doivent adresser aux
-
— Friedeberg : Le congrès recommande au comité directeur de mettre la question de la grève générale à l’ordre du jour du prochain congrès.
-
— Docteur Robert Michels et 24 camarades ; Le , congrès désapprouve de la façon la plus formelle la con- | duite du camarade Wolfgang Heine dans sa déclaration du
: Vorwaerts du 12 août 1903 où il est dit textuellement : F
« La raison de ce bruit est simplement que les cama- à rades de Marbourg qui ont voté pour l’abstention sentent | qu’is se sont discrédités. Je comprends que cela les con- | trarie, mais ils devraient, au lieu de chercher misérablement À un bouc émissaire, trouver en eux-mêmes la raison de leur £ situation pénible, et se montrer reconnaissants à celui qui fe leur aurait épargné de se discréditer eux-mêmes et tout le | parti encore beaucoup plus, en aidant un réactionnaire à À obtenir un siège au Reichstag. » “1
Par là le camarade Heine a prétendu que les camarades de Marbourg et tout le parti s’étaient discrédités en se conformant à une décision d’un congrès.
La conduite du camarade Heïne est d’autant plus condamnable qu’il a eu le manque de tact d’intervenir en faveur d’un de ses amis, adversaire politique denotre parti, en lui transmettant par télégraphe une note du Vorwaerts dirigée contre l’organisation locale socialiste de Marbourg. |
- — Bebel, Kautsky, Singer : Modifier ainsi qu’il suit | le premier paragraphe de la résolution 130 :
« Le congrès demande que le groupe fasse valoir ses droits à occuper un poste de vice-président et de secrétaire par des candidats pris parmi lui, mais refuse d’accepter les obligations de cour ou autres non prévues par la consti- | tution de l’empire ou le règlement du Reichstag. »
1 4141. — C. Legien : Effacer dans la résolution 130 les deux mots « revisionnistes » et mettre dans le dernier para4 graphe « politique de puissance mondiale » à la place de « politique mondiale » et ajouter au dernier paragraphe « et à travailler énergiquement à l’achèvement de la législa- . tion sociale et à l’accomplissement des missions politiques et civilisatrices de la classe ouvrière ». 442. — J. Timm et 22 camarades: Motion de modification à la résolution 130. Remplacer dans le dernier paragraphe le passage depuis « les intérêts de la classe ouvrière » par: ; « Utiliser la force infinie du principe démocratique et j socialiste pour la législation actuelle. A cette fin il faut élaborer des projets de loi sur les grandes missions sociales, 1 politiques et civilisatrices de la classe ouvrière; il faudra y
k ajouter des exposés des motifs et mémoires étendus, et È prendre soin d’organiser dans les masses profondes de la
ÿ classe ouvrière une propagande puissante pour les propo-
sitions du moment, afin de contraindre les législateurs et
à le gouvernement à renoncer sur ces terrains au travail È ; inutile de rapiéçage. Parmi les questions qui devraient être
traitées en première ligne par de semblables projets de loi .
J positifs et socialistes, il faut citer: la journée de huit heures, ? (s le droit de coalition, réforme des finances de l’empire, 4 ministérielle, loi scolaire de l’empire, revision du droit
ù « Il faut poursuivre la lutte contre le militarisme et le marinisme, contre la politique coloniale et de puissance mon- à diale, contre toute politique douanière et commerciale par
laquelle la vie du peuple serait empirée, pour l’extension
le congrès de Dresde et la garantie des droits du peuple dans l’empire, les États et les communes. »
- — Amendement Wurm et 40 camarades à la résolution 130 (à ajouter au paragraphe3):
Aussi le congrès est-il persuadé, à l’encontre des tendances revisionnistes, que les antagonismes de classe ne s’affaiblissent pas mais deviennent plus’ aigus et déclare :
« 1. Que le parti décline la responsabilité de la situation politique et économique reposant sur la production capitaliste et refuse pour cette raison tous les crédits de nature à maintenir la classe dirigeante au pouvoir.
« 2. Que la social-démocratie ne peut pas rechercher une part de gouvernement dans la société bourgeoise. »
- — Motions de modification Stadthagen et 22 camarades :
« derrière lui »: « pour éclairer aujourd’hui comme autrefois sur le but de la social-démocratie ».
- Résolution 140. Après « de cour », continuer ainsi = « accepter des obligations ou se soumettre à des conditions qui ne sont pas justifiées par la constitution de l’empire ».
2 @ Braun, invalidé, a été remplacé par Bassermann, le leader du ei
(1) Goehre, ayant démissionné, a été remplacé par un socialiste. (2) Rosenow, décédé, a été remplacé par un conservateur antisémite. ;
Da) Buchwald, invalidé, a été remplacé par un conservateur :
Situation financière des journaux et revues Excédent de la vente des brochures par les
- Dépêches et nouvelles parlementaires… . . 5.029,15 : (1) Toutes les sommes sont en marks. | 229
Déficit : 3.010,44 (inférieur de 1.470 marks à celui de l’année précédente). Déficit : 7.260,06 (inférieur de 3.000 marks à f celui de l’année précédente). \ Bénéfice : 24.667,58 (supérieur de 4.643 marks à celui de l’année précédente). : Situation de la caisse du parti 635.033,58 (1) Toutes les sommes sont en marks.
Librairie du « Vorwaerts » Les débats du congrès de Dresde réveillent l’intérêt pour les congrès précédents. Aussi recommandons-nous : les Comptes rendus des Congrès Les comptes rendus fournissent d’abondants matériaux pour l’histoire du parti, ses luttes, ses principes, sa tactique. Nous avons indiqué sommairement ci-dessous les points essentiels des débats : HALLE 1890. — Nouvelle organisation. Discours de Liebknecht sur le programme. Attitude à l’égard des grèves et boycottages. Explications avec les « Indépendants ». ERFURT 1891. — Fixation du programme. Projets de programme. Exclusion des « Indépendants ». Tactique du timbre de contrôle. marks o 50 de suffrage et participation aux élections au Landtag FRANCGFORT 1894. — Vote du budget dans les Landtags : ; question agraire; trusts, rings et cartels. marks o 25 | GoruaA 1896. — Mouvement féministe ; débats sur la littéra- . ture du parti. marks o 30 |
| STUTTGART 1898. — Droit de coalition; protection des mineurs; élections au Landtag prussien, politique douanière et commerciale. HANOVRE 1899. — Affaire Bernstein; loi sur les atteintes à |: la liberté du travail ; question militaire. tactique dans les élections aux Landtags. Supplément : rapport sur la conférence féministe. Lugecx 1901. — Tarifs douaniers et traités de commerce ; question des habitations ouvrières; affaire des maçons de Hambourg ; affaire Bernstein. Municx 1902. — Élections prochaines au Reïichstag; assurances ouvrières; politique municipale; affaire de la | Comptes rendus des congrès internationaux J Paris 1889. — Avec une préface de Liebknecht. Rapports | des délégués des divers pays; suppression des armées permanentes ; fête du Premier Mai. marks o 25 } Zurica 1893. — Attitude du parti en cas de guerre; question agraire ; grève générale. marks 0 50 1 éducation et développement physique. marks 0 20 à PARIS 1900. — Lutte pour le suffrage universel; conquête ù du pouvoir politique; politique coloniale; le socialisme k dans les municipalités,
| Notre catalogue analytique sommaire. ? le Congrès de Dresde …_ Réunion préparatoire tenue le dimanche 13 sepa tembre 1903 à sept heures du soir … … 9 1 L’ordre du jour du congrès est fixé définitive- _ Première journée. — Lundi 14 septembre. — Le : I. — Rapport du comité directeur; a) fénéra- b. | . lités ; Pfannkuch, rapporteur ; b) 1. —< Rapport 1 du trésorier ; Gerisch, rapporteur ; b}°2. — Räp4 port des contrôleurs ; Meister, SLA Ege d c): 53 Collaboration de camarades à la presse boue. | % geoise; Pfannkuch, rapporteur; dossier de l’af- “7 faire ; plainte des camarades Braun, Lily 1 directeur du parti socialiste d’Allemagne; 4 réponse du comité.
seisième cahier de la cinquième série à Séance’de l’après-midi… 211. CNE Même débat; Braun; sur Mehring ; et Harden; Kautsky ; sur l’article de Bernhard, Morale de parti; la Zukunft; pour Mebring; Edmund Fischer ; Beyer; Clara Zetkin; contre la revue de Harden ; contre la participation aux revues et contre la collaboration aux journaux bourgeois; Stadthagen ; contre la Zukunft; pour la Neue Zeit; contre la collaboration; Victor Adler ; une rectification de détail sur Liebknecht. Séance du matin}; .0400 10 er AMIENS Vérification des mandats; collaboration de contre la collaboration ; contre l’abus des intellectuels ; Quarck; contre Braun; contre la collaboration ; contre les intellectuels; Zubeil ; contre Braun; Bernhard; sa défense; eût mieux valu ne pas écrire son article ; ne recommencera plus; opinion des ouvriers; contre | Mehring ; contre la résolution du comité ; ne pas | diviser les camarades en camarades de première | et deuxième classe ; hommes de confiance. | Séanceide l’après-midi. 4… NON | Grand discours de Bebel ; opération chirurgicale inévitable; indispensable ; question non secondaire ; grave; formule de résolution non parfaite; dans la pratique, il faut examiner chaque cas; distinguer la Berliner Morgenpost de la Zukunft; contre la Zukunft; contre Har- | apologétique de Mehring ; souvenirs; Braun et Ë Mebring; et Kautsky; c’est Braun qui a intro- Î | duit Mehring dans la rédaction de la Neue Zeit; k
À eomment Mehring amené à écrire l’histoire du L. parti; comment publication des œuvres post- ; humes de Marx; la lettre au sujet de Schoen3 lank ; citations de la Zukunft; Harden mépri- É sable ; vigueurs ; le terrain de la lutte de classe ; À éprouvez bien tout camarade nouveau, mais | éprouvez deux et trois fois les intellectuels ; 4 doivent s’informer auprès des masses ; colère et indignation montées d’en bas; intellectuels L nul sentiment pour ce que pense et sent vrai4 ment la masse; Mehring et Kautsky trop doux; 1 perdu en partie le contact avec les masses; le F. parti aura l’œil ouvert; Bernhard n’écrira plus l ; pour la Zukunft ; principes dangereux; antidémocratiques; âmes de cultivés ; ne demandera : pas exclusion de Bernhard ; accepte rétractation ; terrorisme des chefs ; celui qui chez nous 9 veut être chef, doit agir comme veut le parti et p. non comme il veut; objurgations; il faut voter “À la rédaction du comité ; enthousiasmes; Michels ; J où se séparent la science et la politique; conversion des intellectuels ; que la défiance ne 4 soit pas le premier de nos principes. % Ledebour ; Werner; Heine ; un mot, person- ; # nel, au camarade Hoffmann ; votera contre la | ‘à résolution du comité parce qu’elle est insuflihs sante ; contre une parole de Bebel; oui, ce sont ‘3 les masses qui font le parti; défense de Bern4 hard ; défense de Harden ; liberté de pensée et 4 unité d’action ; Goehre ; sa défense ; vivacités ; son histoire apologétique ; pasteur des ouvriers; F: discours et brochure comment il devint socia- 1 dans le parti; coopératives de consommation ;
seizième cahier de la cinquième série a fait de la propagande religieuse ; ce congrès augmentera. notre dégoût des intellectuels; la Neue Zeit; agitation ; dialogue Singer ; cama- ! rades peinés édition œuvres complètes de Marx confiée à Mehring ; Mehring au pilori ; conclusion ; les différends sont dans l’essentiel effacés ; Singer; Krueger; Katzenstein ; contre la clôture; vi deux lettres de rectification, de Jaeckh et de Harden ; Mehring ; un coup monté ; calomnies ; ceux qui m’attaquent attaquent les anciens congrès ; suspend sa collaboration à la Neue Zeit et à la Leipziger Volksseitung jusqu’à ce que les autorités compétentes du parti l’invitent à la reprendre ; Boemelburg. Séance de l’Aprés-mi0t 9029 ORNE Pfannkuch, rapporteur ; défend le texte adopté ï par le comité ; scrutin ; motion 7 adoptée; d) diffé- rend entre Bebel et le « Vorwaerts »; Bebel;non politique du Vorwaerts ; la commission de la presse; les électeurs de Marbourg; pris entre deux décisions ; phrases non offensantes pour Heine ; Eisner; demande qu’on travaille; Auer ; personnellement nulle action dans cette affaire; f devons être très prudents votes sur la tactique du parti qui engagent l’avenir; explication personnelle ; Gerisch; explications personnelles ; question polonaise; Gerisch, nouveau rapporteur ; pour entente avec l’organisation spéciale
c circulaire confidentielle aux camarades de la e procès-verbal; questions de nationalité; Hae- ù nisch; revendications polonaises aussi légi- : times que toutes autres ; Katzenstein ; deux observations ; autonomies locales et nationales; squestion des langues; Ledebour; la camarade k Rosa Luxembourg;ennemie déclarée de lorgani1 sation polonaise ; mauvaise conseillère du comité ÿ directeur; minorité des camarades polonais ; 4 la Gazetta Ludowa; Rosa Luxembourg; candi- | dats polonais contre les candidats socialistes ; \ les Polonais n’ont pas d’autres véritables défen1 É seurs que les socialistes ; question nationale au premier plan; conception matérialiste de l’his- Ë toire ; incidents; personnalités ; Ledebour ne F connaît pas la question ; Ledebour; Loebe ; d Rapport sur l’activité parlementaire; le rap- : | 4 porteur Stadthagen ; parlementarisme ; nouveaux traités de commerce; tarif; questions ; ouvrières ; droit de coalition ; journée de huit : L heures ; service d’un an ; armée de milices ; jus- É tice et code militaires; mode de vote; autres É : Le congrès international d’Amsterdam ; Singer ; | la question du droit de vote pour les femmes; : 4 des femmes ; parmi les autres réformes électo4 rales et au même titre; Molkenbuhr ; assurances
- ouvrières ; protection ouvrière ; le camarade 3 Le Millerand; Braun; féministes et libéraux ;
Niemeyer; Clara Zetkin; Singer; scrutins;
seizième cahier de la cinquième série . Séance-de l’après-midi #0)… . LENOIR Singer ; les tarifs usuraires; obstruction au Reichstag ; IV.— La tactique du parti; grand discours de Bebel; gains électoraux du parti, voix, députés ; partis de droite unis; électeurs non socialistes ont voté pour candidats socialistes ; pourquoi; la politique impériale ; intérieure, extérieure; la situation financière; nouvelles dépenses, armée, marine, pensions aux invalides, dettes; soutiens de l’État déjà minés; devons-nous changer notre tactique ; tactique et principes ; tactique victorieuse; tactique suffisante ; l’action parlementaire ; projets de loi; 4 accepter des concessions; si le congrès donne une direction au groupe, il faut que le groupe s’y conforme ; nous devons remplacer, au sens de dépasser, le libéralisme bourgeois ; Bernhard, son article, et sa rétractation; Goehre et l’article de la Zukunft; qu’on ne vienne pas parler d’union et d’unité dans le parti ; jamais et à aucune époque nous n’avons été plus divisés que maintenant; bonnes paroles ; pour mon compte j’en ai cordialement assez; la brochure de Bernstein; le crédit moral de Bernstein; l’enfant terrible de ses amis ; la vice-présidence et la visite à la cour; les discours de Breslau et d’Essen ; l’empereur et l’armée ; vous devez tirer sur votre père et votre mère ; approbations reçues ; on a perdu dans les postes capitaux le ‘ contact; tempête d’indignation; Vollmar; le discours-programme de Vollmar au Colosseum, à Munich, en 1891 ; plaisanteries sur Vollmar et Munich; hilarités; Munich la Capoue de la Vollmar, le roi non couronné de Bavière ; Bayreuth puis toutes autres grandes villes de la ; Bavière séparées de Vollmar; aussi députés ; indignation partie d’en bas ; un mot de Auer; la
| question de la vice-présidence; non conjura4 tion ; éloges des adversaires; un avertissement . à Heine ; les journaux bourgeois ; les journaux | . du parti; incident Eisner; une semonce à ; Eisner ; le fond du revisionnisme; c’est la même théorie que de l’autre côté des Vosges; la ten- ; dance à voter les budgets; vient aussi de l’Al- ; lemagne du Sud ; conditions économiques moins ; avancées dans l’Allemagne du Sud ; la tactique È des Bavaroïis dans la question des droits électoe raux ; dans la question des chemins de fer; | contre une décision du congrès de Mayence; | une union des chemins de fer du Sud; le revi- £ sionnisme se distingue par sa grande modestie ; ; les droits électoraux en Bavière et les ouvriers catholiques ; plus nous serons modestes, moins nous obtiendrons ; on ne peut sauter une | | phase, mais on peut l’abréger ; force intellec- ; tuelle du prolétariat ; syndicats, conseils de | prud’hommes, parlements; boutades ; revision3 nistes grands hommes d’État; au milieu le L. marais ; revisionnistes soutenus par nos adver- ; saires ; la Hilfe de Naumann ; revisionnisme ne réussit pas, mais cause du tort au parti; les
- intellectuels ; les anciens prolétaires parvenus ; É les soi-disant prolétaires; le revisionnisme è aurait un bel État-Major, mais l’armée derrière ; 4 lui serait fort petite; péroraison ; nous serons à ; obligés plus qu’auparavant de nous adresser au À parti afin qu’il décide de la tactique du groupe; | approbation enthousiaste et prolongée. 3 D auce du matin, 20440) re eserce : Grand discours de Vollmar ; quirépond à Bebel; ie 4 non aussi grand talent d’orateur; appel non % ‘ au sentiment et à la passion mais à la réflexion; 2 4 devenu très difficile en Allemagne; la question 6
seizième cahier de la cinquième série % de la vice-présidence; Bernstein; Bebel et les Munichois; Bebel; il ne faut pas que la liberté | de pensée ressemble au droit qu’on a au régi- |
: ment de se plaindre; défense personnelle; si la vice-présidence est inutile, pourquoi sommesnous d’accord pour la revendiquer sans accepter toutefois les devoirs de représentation; l’empereur ; simples formalités qui n’atteignent aucun
| des principes du parti; une rectification à un mot de Bebel; si nous avions une république
en Allemagne, elle réagirait énergiquement
contre toute extension de la liberté politique;
nous ne sommes pas près encore de devenir une
république ; nous ne sommes point des républi-
F cains bourgeois dont toute la pensée s’épuise : dans la forme de l’État; pour nous, l’organisation sociale est plus importante ; conception matérialiste de lhistoire ; nulle péroraison; ceux qui ne sont à leur aise que lorsqu’ils voient le parti dans un danger, afin de pouvoir l’en sauver; ce que serait une histoire de la tactique; une histoire de la décadence du parti; hilarités; historique; Liebknecht et la participation aux débats parlementaires ; participation à la réunion des anciens; la lettre de Marx sur le programme d’union de Gotha; les bureaux de placement mixtes; les syndicats et l’unification des tarifs; les lois d’assurance et de protection pour les Landtags; en Bavière en 1886; à Cologne en 1893; à Mayence en 1900 ; depuis; évolution non terminée; ne s’achèvera jamais; prudents; le discours de Munich; variations des opinions de Bebel sur ce discours ; trop héré- tique pour croire, sans autre examen, aux explo-
sions populaires; la flatterie est aussi condamnable lorsqu’elle s’adresse au peuple qu’aux grands; flatterie de raconter que le sentiment
à populaire est sûr et infaillible; cette conscience
populaire peut se tromper ou être trompée aussi
bien que l’individu; concepts vagues; Bebel;
tempérament; honnêteté; autres aussi; le temQ pérament ne peut fournir une lettre de fran-
É chise pour tout; nulle situation d’exception; les
trônes des partis; se dominer soi-même; non
camarades de première et de deuxième classe
ou qualité; intellectuels; instinct de classe; non
< pays de diverses qualités ; duché de Bade ;
Munich; vin et bière; le Sud économiquement
arriéré; tout le monde ne peut pas être Prus- 1
sien; congrès de Munich; élections au Landtag
; bavarois; les je de Bebel; c’est ainsi que le lord
; ment; au congrès d’Erfurt; après le congrès de
F Cologne; Bebel plus souvent dans la minorité
qu’autrefois; le parti est devenu trop grand;
n’est-ce pas la masse qui élit les députés; millerandisme; et Millerand; un programme du chancelier; les éloges des adversaires vont aussi à ;
Bebel; byzantinisme de la presse du parti; quelle
comédie? menaces de violences; Kautsky ; le
plutôt périr le monde ou même le parti, que
q d’enlever une seule cheville à ses belles con-
: structions théoriques; « il est ridicule de deman- ;
der dans le parti la même liberté de pensée que à
% nous réclamons de l’État »; parlera contre interrupteurs ; Singer ; Vollmar ; Bernstein et ë
ï Kautsky ; discours de Munich; leçons de caté- à
| chisme ; liberté de critique; critique suspendue, ;
comme chez le pape et dans l’Église ; racine À
vitale de la social-démocratie, liberté absolue de »
; pensée, de recherche, d’examen des principes, k
È servitude le dépérissement du parti ; force
1 apparente et force réelle; si l’on me destine
k une muselière, il m’est assez indifférent que ce
4 243
à seizième cahier de la cinquième série k soit une muselière policière ou religieuse ou démocratique ; risquer sa vie; ni bebelien, ni bernsteinien, ni marxiste ; seulement socialiste ; ni radicaux ni réactionnaires absolus; sur la rédaction de la proposition; atteindre certains individus ; union et unité dans le parti soient plus grandes que jamais ; péroraison; moyens contre l’ennemi pour le combat commun; Lede-
Séanceide l’après-midi… 41454 1…) Nes tactique, en tous pays; catastrophes ou évolution; conquérir; contre l’amendement; réponse à Bebel; Allemands du Sud; ouvriers parvenus; c’est Bebel qui a perdu le contact avec les masses; les réunions; syndicats et coopératives; Gochre; le congrès n’est-il ici que pour les Berlinois ; Stuecklen; dissidences; intellectuels ; vice-présidence; Bavarois; Vorwaerts ; limite à la liberté d’opinion; Meist; revisionnisme et sentiment des masses ; liberté d’opinion; Bebel; un chef; Kautsky; péroraison; montrer la porte aux éléments nouveaux ; limites à la liberté, mais libre à l’intérieur de ces limites; évolution et révolution, intelligence prolétarienne; syndicats, coopératives, institutions de culture des ouvriers ; grève générale; reviser programme; travail pratique; la plupart des camarades ne veulent plus se rattacher à aucune aile ; intellectuels ; Timm; Vollmar à Munich; Bebel intermittent; la viceprésidence ; personnalités ; exemples de participation à des cérémonies oflicielles; réceptions bourgeoises ; non obligatoires ; Bebel démagogue; Kautsky ne bouge pas de Friedenau;
| n Bebel orateur; dictateur génial; Bernstein ; inci- | dent Auer; agitation; chef et démocratie; Auer; | deux affaires personnelles ; une lettre de Bebel; | éloges des adversaires; Mehring n’est pas en | possession de secrets; tactique évolue; législateur; non différences de principe, mais de tempéraments; Bebel; avaler est un acte nécessaire à la vie; millerandisme et jaurésisme; revisionnisme; il fallait avertir avant les élections; deux 4 anciens exemples d’évolution ; en 1874-75 une lettre de Bebel; élections au Landtag prussien; Liebknecht; — observations pour fait personnel; Hoffmann ; incident Auer; Bebel, Badois et ‘ lac de Constance; Fischer; incident Auer; Hoff- : Stadthagen ; Bebel ; Hoffmann ; Fischer ; Stadthagen; Auer; Fischer; Singer; une déclaration apologétique de Mehring. à Béaneetdn matin 40.10 UN don Singer; une lettre du camarade Borchardt; il | continuera à publier des articles dans la Zukunft; sur la tactique; grand discours de Kautsky; À quelques observations personnelles ; n’est pas | | un pape socialiste; nous appartenons à l’État, que nous le voulions ou non, nous entrons volontairement dans un parti; nouvelle méthode : s française; revisionnisme et même anarchisme; ; Vollmar et les bruits qui courent; non pas seu- 4 lement différences et haines personnelles, mais contraste réel; ou marxisme ou revisionnisme ; { une résolution de Hanovre; avances aux pouvoirs établis ; si bourgeoisie non vaincue, ne ‘4 voudra jamais partager ; si vaincue, il n’est F plus besoin de partager avec elle; quelques
seizième cahier de la cinquième série | terre; Jaurès et Millerand en France; congrès : de Paris ; discours de Auer; contre entrée d’un k socialiste dans un ministère bourgeois; un cas Millerand n’est pas possible chez nous; nul L espoir d’une grande gauche libérale; former . avec les partis de gauche une majorité de gouvernement ; Bernstein ; un parti démocratesocialiste de réformes ; les ouvriers anglais ; Broadhurst et Burt; revisionnisme allemand n’en est qu’à ses débuts ; antagonismes de classe; la politique coloniale; en montrant que la masse nous approuve, nous ferons passer ‘ aux revisionnistes le goût de la revision; péroraison historique; grand discours de Bernstein ; personnelle; action personnelle; le socialisme considère la forme de gouvernement comme secondaire, mais il est un parti démocratique donc républicain; la question de la vice-présidence ; les socialistes belges; nous protéger à contre une surprise au Reichstag; antagonismes de classe; hostilités entre bourgeois; protectionnistes et libre-échangistes ; agrariens et industriels; il n’est pas possible d’opérer avec des concepts si uns que bourgeoisie et réaction; l’empereur allemand n’est pas un monarque de l’empire allemand, mais seulement le pouvoir exécutif; députés socialistes dans commissions | parlementaires; nulle indignation; Bebel dit 1 que les chefs doivent suivre les masses ; je crois qu’ils sont les avoués des masses; doivent s’en- | tendre avec leurs mandants, mais doivent | avant tout défendre selon leur conviction les | intérêts des ouvriers, au besoin s’opposer à ; ceux-ci et donner leurs arguments ; éloges de la presse bourgeoise; liberté de pensée; principes politiques ; évolution ; Millerand ; les ouvriers anglais; opinion de Hyndman; Burt et Broadhurst; la résolution de Hanovre; la politique
4 coloniale; la lutte contre le libéralisme; résolu F Lettre de quatre camarades polonais regret- , f tant le vote de la motion Luxembourg; Mol- È kenbuhr; article de Bernstein maladroit; vice- < L président ; tradition parlementaire; le parti est h plus uni que jamais; aller à la cour; un précé- dent; faire partie de la majorité gouvernementale; Singer; une déclaration de Rosa Luxembourg ; Bebel; incident Eisner; bureaux de ; à placement mixtes; autres explications personnelles; Heine; répond à Kautsky; les revision- . l | nistes sont libres entre eux et envers Bernstein; — scrutins; texte de la résolution votée; — Heine ; incident de Gerlach; explications person- | nelles; Michels ; — V. — Fête du Premier Mai; | Pfannkuch; Friedeberg; Weidner. À L le programme et l’organisation; Singer; — 1 conclusion; franchise; il ne faut pas s’arrêter | 1 aux personnalités qui devaient nécessairement être faites; le congrès, et dans son immense 4 majorité le parti, veulent que le programme, la tactique, l’action, la propagande du parti ne soient pas modifiés; les masses conservent leur « | point de vue révolutionnaire de la lutte de L classe; c’est ce qu’a montré notre résolution,
que tout le monde devra suivre et respecter ;
L: nous pouvons être contents du résultat de ce congrès; que la volonté du parti se soit aussi
seizième cahier de la cinquième série nettement manifestée; que nous ne voulions pas diplomatiser; que nous ne voulions pas avoir dans notre parti d’homoncules d’Etat ; éloquence; travail pratique; élections au Landtag; éloquence; vive la social-démocratie allemande ; la Marseillaise des travailleurs. Neue Welt. Journaux de mars et de mai, … . 199 Publications ponr la jeunesse”. “PAS 0e A Brochures’et feuilles volantes.” 0002208 | Motions parvenues ultérieurement ou présentées pendant les débats} “44930702 NS Situation financière des journaux et revues… . 229 Situation de la caïsse‘du parti 2,20. : ‘OPEN Librairie du Forwaerts 7/00 ISERE
Études socialistes, paraissant tous les deux mois . Première année, fascicule I, janvier-février 1903 exceptionnellement ce numéro o franc 50 Georges Sorel, observations sur le régime des chemins de fer; Karl Marx, la question juive, étude publiée pour la : première fois dans les Annales franco-allemandes, à Paris, | en 1844, par Arnold Ruge et Karl Marx, texte allemand, depuis très longtemps introuvable, réimprimé dernière1 ment dans le Nachlass, Dietz, éditeur, Stuttgart, ici traduction Édouard Berth; Arturo Labriola, La fonction des idéo1 logues ; Jules Guesde, lettre à Léon XIII par un socialiste,
à Monsieur Léon XIII, pape de son état, en son palais du
Vatican, à Rome, réponse à la première Encyclique du 1 pape Léon XIII, publiée en janvier 1879, peu avant le congrès de Marseille, dans la Révolution française, depuis très 4 Première année, fascicule II, mars-avril 1903 4 un franc Jules Guesde et Paul Lafargue, essai critique sur la révo- à lution française du dix-huitième siècle; Frédéric Engels, L introduction à capital et travail salarié de Karl Marx, Londres, 30 avril 1891; Karl Marx, la question juive ; Georges Sorel, le compagnonnage; Saint-Simon, nouveau christianisme.
seizième cahier de la cinquième série ; à Première année, fascicule III, mai-juin 1903 un franc Georges Sorel, nouveaux réquisiloires de M. Brunetière ; Karl Marx, capital et travail salarié, traduction Léon Rémy; Georges Sorel, observations sur le régime des che- | mins de fer; Saint-Simon, nouveau christianisme. | | Première année, fascicule IV, juillet-août 1903 un franc Karl Marx, capital et travail salarié, traduction Léon Rémy; C. Fages, La crise actuelle de l’État; Jules Guesde, À Première année, fascicule V, septembre-octobre 1903 ‘ un franc Georges Sorel, Léon XIII; Karl Marx, capital et travail salarié, traduction Léon Rémy; C. Fages, la crise actuelle de l’État. À Premifre année, fascicule VI, novembre-décembre Charles Maurice, propagande socialiste ; Karl Marx, la Nous avons donné le bon à tirer après corrections pour deux mille exemplaires de ce seisième cahier D Ce cahier a été composé et tiré au tarif des ouvriers syndiqués 6
. Laval le 25 Avril 1904. Monsieur. — Je vous requiers 4 conformément à la loi d’insérer intégralement dans le plus bref délai au plus prochain n° de vos cahiers de \ . comme en pages, même nombre de N° que ceux tirés ‘ en mars. — deux mille exemplaires ; de la demande de É: rétraction qui suit : — J’exige rétraction en votre plus prochain N° du Cahier de Quinzaine en même place, . mêmes pages, mêmes caractères et sous le même nom . de « Félicien Challaye » des insinuations calomnieuses et injurieuses qu’il m’adresse en prenant prétexte gratuit d’une collaboration au journal de Laval, collaboration maintes fois du reste démentie par le dit Journal, mais qui en l’espèce n’avait et, n’a rien à voir aux faits 1 faux-erronnés, calomnieux et diffamatoires que con- | tiennent à mon adresse les lignes de M. Challaye. 1 D’abord, — page 31 du Cahier de la Quinzaine, mars à 1904 : « L’un des collaborateurs du Journal radical, « celui qui y écrit les articles de haute philosophie | « Politique, sous un pseudonyme, est un chanoine bien à « connu à Laval, pour l’audace de ses idées. et La J « liberté de sa conduite. » à Et afin que l’on ne puisse se méprendre sur le cha- Ë noine ainsi visé, M. Challaye me nomme clairement | ; quelques lignes plus bas sous le prétexte d’une dépêche du Pape à mon adresse, avec les commentaires divers À! des journaux locaux de Janvier 1903, — Avenir et x Journal de Laval. — Page 31. « Le Journal de Laval } « annonçait avec joie qu’un de ses meilleurs amis, le 4 « chanoïne D… venait de recevoir la bénédiction du
« Pape, et, il publiait complaisamment en première « page le télégramme du Cardinal Rampolla, 1° Jan- « vier 1903… à ce propos l’Avenir écrivait, etc. » | La désignation d’un homme connu « pour La liberté | « de sa conduite, » injurieuse pour un homme du monde, l’est au plus haut degré pour un prêtre irréprochable comme je l’ai toujours été, et le suis toujours. J’exige donc sur ce point une rétractation formelle et catégorique. Comme aussi j’exige rétractation des faits erronnés, faux, n’ayant jamais existés, injurieux | et diffamatoires que n’attribue M. Challaye page 39 de la même brochure de la quinzaine de Mars 1904. Après m’avoir clairement désigné par la dépêche à laquelle il fait allusion page 31, dépêche des plus honorables pour moi venant du Pape comme protestation à une série de vexations odieuses et injustes contre moi, mais sous la plume de M. Challaye n’étant qu’un mode très clair äe me désigner pour que les injures mises par sa plume sur le dos de M. « tout le monde » de |
- Laval à mon adresse ne manquent pas leur objet; écrit : page 39 « Par exemple tout le monde croit..? à « Laval que la Supérieure du Carmel a pour ami très « intime le Chanoine Républicain qui écrit au Journal . « de Laval… » M. Challaye qui affirme ainsi une croyance, que rien ne l’autorise à affirmer et à interpréter de la sorte, ni même à en supposer l’existence, — l accentue le sens intentionnellement calomnieux et diffamatoire de son insinuation gratuite, par ces lignes, même page 39. « Un jour, paraît-il ?.. des jeunes gens « l’ont surpris quittant le Carmel à trois heures du « matin, ils l’ont attaqué à coups de bâton et meurtri « au point qu’il dût garder la chambre quinze jours ?.. »
Or, cela n’a jamais existé, ni rien n’a pu même faire
supposer l’existence d’une agression arrivée un jour.
qu’il était trois heures du matin, et être attaqué du reste
par des malandrins peut arriver à M. Challaye, — ça ne
lui est pas arrivé — ni à moi non plus. , M. Challaye continue ses injures et faits calomnieux
— page 39 — « Au cours de la lutte l’Évêque met en
« interdit le chanoïne ami du Carmel. La Supérieure du
- « Carmel se garde de démentir les accusations portées « contre l’Évêque, auxquelles son nom est mêlé, en « octobre 1901 paraissent le même jour un ordre de « l’Évêque levant l”interdit prononcé contre le chanoine « et une lettre de la Supérieure assurant l’Évêque de « ses respects. Tout le monde ?!… remarque la coïnci-
« dence et pense que la lettre de la Supérieure paye la 5 « levée de l’interdit de son ami. » Or les faits que M. Challaye fait penser à M. Tout le monde sont également faux (j’en puis justifier) erronnés en tous points, purement sortis en 1899 du cerveau d’un pauvre journaliste malade, enfermé dès le lendemain de son élucu-
- bration insanne et ce fut ce qui fit arrêter les poursuites contre le journal dont le rédacteur devenu fou avait abusé pour insulter un peu chacun dans d’extravagantes
M. Challaye, n’ayant pas la même excuse, je ne puis avoir la même commisération. Or, sous la plume de
— M. Challaye, ces insinuations totalement erronnées semblent avoir existé alors qu’il n’en est rien.
4 Erronnées en fait, totalement imaginaires, ces impu- . tations et insinuations sont diffamatoires au plus haut
degré, et, sans l’ombre d’excuse, les lettres invoquées par M. Challaye et les faits groupés par lui autour de
ces lettres n’étant que l’absolu et formel démenti de l’existence des faits qu’évoque M. Challaye.
J’exige donc une rétractation formelle, explicite et précise, complète, dont je me réserve d’accepter les termes, sous toutes les réserves des poursuites que de
Recevez, Monsieur, l’assurance de ma considération.
« Enregistré à Laval le vingt-huit avril 1904, f° 93
Pour copie conforme
L’An mil neuf cent quatre. Le vingt-neuf avril.
A la requête de Monsieur l’Abbé Dissard, Chanoïne de la Cathédrale, demeurant à Laval, avenue de la
Lequel élit domicile en mon étude. \
J’ai Camille Péchin, Huissier près du Tribunal Civil de la Seine, demeurant à Paris, 68, rue de Rivoli,
Fait sommation à M. Charles Péguy, gérant du cahier de Courrier de la Quinzaine, demeurant à Paris,
8, rue de la Sorbonne où étant et parlant à un employé du dit Journal, ainsi dit.
D’avoir à insérer, conformément au vœu de la loi, dans le plus prochain numéro des cahiers de Quinzaine, la lettre dont copie entière est donnée en tête des pré- sentes ; la dite lettre en date à Laval du vingt-cinq | avril mil neuf cent quatre, et portant la mention sui-
254 ,
| vante : Enregistré à Laval le vingt-huit avril 1904, “1
Lui déclarant que faute d’avoir égard à la présente À
ne sommation, M. Dissard requérant se pourvoira immé- N diatement devant le tribunal compétant pour l’y con- TR à traindre avec tous dépens et dommages intérêts qu’il de À A fin que M. Péguy n’en ignore. à À Sous les plus expresses réserves. Dont Acte % Et j’ai, au dit M. Péguy, en parlant comme dessus, À _ laissé cette copie sous enveloppe fermée ne portant D \ d’autre indication d’un côté que les nom et demeure de fé la partie, et de l’autre, que le cachet de mon Étude Ÿ ‘à apposé sur la fermeture du pli, le tout conformément à À: ; Papier spécial une feuille à 1 fr. 20. de
EEE » CAHIERS DE LA QUINZAINE, 8, rue de la Sorbonne, rez-de-chaussée, Paris, cinquième arrondisse- à Nos Cahiers sont édités par des souscriptions mensuelles régulières et par des souscriptions extraordi-
- naires ; la souscription ne confère aucune autorité sur … la rédaction ni sur l’administration; ces fonctions … Nos Cahiers paraissent par séries; une série paraît dans le temps d’une année scolaire, d’une année . ouvrière, d’octobre-novembre à juin-juillet; l’abonne- … ment se prend pour une série. Le prix de l’abonnement est de vingt francs pour la … série. Nous accepions que nos abonnés paient leur … abonnement par mensualités de deux francs. …. Pour iout changement d’adresse envoyer soixante … centimes, quatre timbres de quinze centimes. L’abonnement ordinaire cesse de fonctionner pour . chaque série au plus tard le 31 décembre qui suit : lachèvement de cette série ; ainsi du premier juillet au « 31 décembre 1903 on pouvait avoir pour vingt francs … les vingt-deux cahiers de la quatrième série complète.
_ A partir du premier janvier qui suit l’achèvement
d’une série, le prix de cette série est porté au moins
au total des prix marqués; ainsi depuis le premier
… janvier 1904 la quatrième série se vend trente-cinq
- M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, j … reçoit pour l’administration et pour la librairie tous
… Les jours de la semaine, le dimanche excepté, — de huit
… heures à onze heures et de une heure à sept heures.
… M. Charles Péguy, gérant des cahiers, reçoit pour la
- rédaction le jeudi soir de deux heures à cinq heures. L