Congrès des U.P. mai 1904
congrès des U. P
7 paraissant vingt fois par an
PE _8, rue de la Sorbonne, au rez-de-chaussée
“ 3 Nous prévoyons que le premier cahier de la sixième à à série, paraissant le dimanche 2 octobre prochain, sera AA te catalogue analytique sommaire de nos cinq premières 118 séries; nous demandons à nos abonnés, de même que 7 nous pensons dès aujourd’hui à préparer l’établisse- % ment de ce catalogue, de penser, pour leur part, à en pré- ñ parer la distribution utile; c’est-à-dire que nous leur L demandons, pendant l’achèvement de cette cinquième série, de chercher et de nous indiquer à qui nous pour- À rons utilement envoyer ce catalogue analytique som- ï maire,comme nous envoyons nos vient de paraître; pour ÿ savoir ce qui aura paru dans les cinq premières séries | des cahiers, il suffit d’envoyer dès aujourd’hui sonnom | et son adresse à M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, 8, rue de la Sorbonne, rez-de-chaussée, À ; Paris, cinquième arrondissement ; on recevra en M octobre notre catalogue analytique sommaire; pour 1 L faire savoir à quelqu’un ce qui aura paru dans les cinq M 4 premières séries des cahiers, il suflit d’envoyer dès À ! aujourd’hui à M. André Bourgeois le nom et l’adresse de la personne à qui on s’intéresse; avertir en même | temps cette personne; elle recevra en octobre notre L catalogue analytique sommaire. 4 à Nous demandons particulièrement à nos abonnés | d’utiliser les déplacements des vacances pour nous” chercher des abonnés nouveaux. $ 4
| HE Le cahier que l’on va lire a été établi par la Fédération He MR des Universités populaires de Paris et banlieue; il est 14 MN. le compte rendu officiel du congrès tenu à Paris les 178 _ dimanche 22 et lundi 23 mai, — Pentecôte, — 1904 D PS re par les Universités populaires de tout le pays. “ARE
EN La copie a été refondue par M. Maurice Kahn, les AGE épreuves lues, entre autres, par M. Maurice Kahn, et Fa mt par M. Paul Kastor, secrétaire de la Fédération dés te Er U. P.; M. Gaston Rabaud, notamment, a relu sur : A0 À épreuves son important troisième rapport. TAN ‘
D’où et comment est venue l’idée de réunir en un congrès toutes les Universités populaires de France ? Il serait bien malaisé de l’établir exactement; en tous cas, vers la fin de l’année 1903, cette idée était « dans l’air », car dans beaucoup de conversations entre camarades, on entendait parler du congrès comme d’une chose prochaine; et à la réunion mensuelle de la Fédé- 4 ration des Universités populaires de Paris, le 13 dé- cembre 1903, un délégué proposait « qu’une commis- à sion soit nommée pour étudier la possibilité d’un conl grès de toutes les Universités populaires de France ». Ë Cette motion était adoptée à l’unanimité, et les délé- gués décidaient de mettre une somme de 100 francs à la disposition de la commission d’organisation, pour | lui permettre de faire face aux premiers frais. La commission se réunissait aussitôt et, le 10 janvier 1904, la circulaire suivante était envoyée à toutes
4 les Universités populaires dont on avait pu se procurer
14 k les adresses : j
4 Monsieur et cher camarade, |
fi J’ai le plaisir de vous communiquer la circulaire sui-
Fa vante, en vous priant d’en donner connaissance aux j
Le membres de votre Université populaire : ;
10 Circulaire N° 4 sur un congrès national \
« des Universités populaires 4
34 Quelques délégués des Universités populaires à la Fédé- …
ÿ ration des Universités populaires de Paris et banlieue ont
ÿ émis l’avis qu’un Congrès national des Universités popu- M
Le but de ce Congrès serait d’étudier, d’après l’expérience acquise, les meilleurs moyens de développer par les Universités populaires l’instruction populaire et de rechercher M
Ÿ les procédés les plus efficaces d’éducation par les confé-
Ph rences, cours, leçons et fêtes. Il aurait à examiner aussi s’il M y aurait intérêt pour les Universités populaires et les Fédé-
; rations régionales à coordonner les efforts par la consti- M tution d’une Fédération Nationale, sans cependant porter … atteinte d’aucune manière à l’autonomie des diverses orga-
12 La Fédération a nommé une Commission provisoire d’organisation, chargée d’entrer en relations avec les
| diverses Universités populaires des départements et les
Fédérations régionales pour leur demander leur avis à CC.
{ sujet et leur soumettre un avant-projet qui servirait de M | base de discussion. j Ni |
Cette Commission a dressé l’avant-projet suivant :
— Un Congrès national des Universités populaires se réunirait à Paris les dimanche 22 et lundi 23 mai (Pentecôte).
— Chaque Université populaire enverrait un rapport divisé en un certain nombre de chapitres, les mêmes dans tous les rapports, de manière à en faciliter le dépouillement. ;
— De même chaque Fédération d’Universités populaires
; enverrait un rapport.
— À l’aide de ces divers rapports particuliers, il serait établi un certain nombre de rapports généraux portant sur les diverses questions qui intéressent l’Université popu-
. Jaïire et les Fédérations, et sur la manière dont elles ont été résolues. Ces rapports généraux seraient imprimés ; ils serviraient de bases aux discussions du Congrès; ils seraient ensuite réunis en volume, accompagnés d’un résumé des discussions.
paierait une somme de cinq francs et aurait droit à deux Ÿ délégués. Chaque Fédération paierait une somme de dix / francs et aurait droit à quatre délégués. (Les dames peu-
| vent être déléguées.) | — Des membres d’Universités populaires pourraient ; individuellement adhérer au Congrès, moyennant une | cotisation de trois francs. | Voici quels pourraient être les divers chapitres des rapports particuliers. Il y aurait autant de rapports généraux présentés au Congrès qu’il y a de chapitres dans les rapports particuliers. | Statuts, moyens financiers normaux et extraordinaires. | — Rapports avecles organisations syndicales, coopératives, 2° Enseignement et éducation | Fêtes, soirées artistiques et récréatives. — Personnei
f x Ke Chorales, cercles de lecture et de déclamation. — Excur- L CNRS sions et sports. — Patronages. — Mutualités, etc. 4 Ru ; 4° Fédérations départementales et régionales x AR tr Rapports avec les Universités populaires voisines. — # La Nous vous prions done de vouloir bien écrire de suite à
4 H. Ablonet, à l’Union Moufjetard, 76, rue Mouffetard, : Lee Paris (5°): 1° si votre Université populaire est disposée, en . à principe, à adhérer au Congrès; 2° si vous avez des obser- 4 cl y vations à faire au programme provisoire ci-dessus exposé; J “ven 3° lui donner une liste des adresses de toutes les Univer- 4 on sités populaires de votre région, pour que nous puissions
à faire parvenir cette circulaire à celles dont nous n’aurions if $. ba) pas l’adresse. ÿ +HEat Le programme du Congrès sera arrêté définitivement
va vers le 15 février et envoyé de suite aux Universités popuGr … laires adhérentes. 4 ch Pour les Membres de la Commission provisoire il En vous communiquant cette circulaire, j’ajoute que 12 des démarches seront faites pour obtenir la réduction À de 50 o/o sur les chemins de fer, et pour obtenir les M 120 x meilleures conditions de logement. Ni
: Persuadé que vous enverrez votre réponse le plus
Fi rapidement possible, je vous prie d’agréer, monsieur et HUE cher camarade, mes bien cordiales salutations. k
st mission annonçait qu’il avait reçu les adhésions provi
soires de So Universités populaires (55 de province, { 25 de Paris et banlieue). Les délégués décidaient donc qu’il y avait lieu d’organiser le Congrès, et la Commission envoyait à toutes les Universités populaires la s | deuxième circulaire suivante : : 4 Monsieur et cher camarade, Sur l’initiative de la Fédération des Universités popu- { R- laires de Paris et de la banlieue, un Congrès National des Universités populaires aura lieu à Paris les dimanche 22 et Ce Congrès se tiendra dans les locaux de l’Union Mouf- | Comité d’organisation a été constitué sous la prési- | dence de M. Gabriel SÉAILLESs, professeur à la Sorbonne, ; résident de la Société des Amis des Universités popuP pop . laires ; il comprend en outre : Secrétaire : H. ABLoNET, ouvrier ciseleur (de l’Union Mouf- ; Secrétaire-adjoint : HAULTECŒUR, employé (de l’Université M Trésorier : G. Paire, employé (de l’Université populaire la Fraternelle) ; - Fédération des Universités populaires de Paris (de l’Université populaire Germinal, de Nanterre); +: CLarr, employé au Syndicat des Chemins de fer (de l’Université populaire La Fraternelle) ; : Ch. Guigysse, administrateur de Pages libres, ancien secrétaire de la Société des Universités populaires; Paul Kasror, employé, secrétaire de la Fédération des 1 Universités populaires de Paris (de l’Université populaire le Foyer du Peuple); |: - Ed. Marx, voyageur de commerce (de l’Université populaire du X:); £
PSN Moreaux, employé (de l’Université populaire l’Égalité); nl Tavu, employé (de l’Université populaire la Semaille). 14 % Le but du Congrès est d’étudier, d’après l’expérience F0 acquise, les meilleurs moyens de développer par les Uni- $ HAN versités populaires l’instruction populaire et de rechercher F HR les procédés les plus efficaces d’éducation par les confé- NA rences, cours, leçons et fêtes. Il aura à examiner aussi s’il ; 1 y aurait intérêt pour les Universités populaires et les A Fédérations régionales à coordonner leurs efforts par la à Pa constitution d’une Fédération Nationale, sans cependant mo porter atteinte d’aucune manière à l’autonomie des diverses 4 1 1 Les travaux du congrès sont divisés en cinq sections : M Fe Statuts, moyens financiers, normaux et extraordinaires. ‘à 4 Rapports avec les organisations syndicales, coopératives, M “1 3° Enseignement et éducation 4) ‘A Fêtes, soirées artistiques et récréatives. — Chorales. TA gs Cercles de lecture. — Déclamation. — Excursions et sports. à 1 5° Fédérations départementales et régionales qe LE Rapports avec les Universités populaires voisines. = 4 Organisation de la Fédération Nationale s’il y a lieu. pol 9 Les Universités populaires et les Fédérations devront
aux sections ci-dessus; ces rapports devront être précis, aussi résumés que possible et écrits sur un seul côté des Il sera établi, à l’aide de ces documents, un rapport général pour chaque section; ces rapports, imprimés et distribués F aux délégués dès l’ouverture du Congrès, serviront de base Il est donc absolument nécessaire que les rapports des Universités populaires et des Fédérations parviennent au
- secrétaire avant le 20 avril, dernier délai, afin qu’il reste le temps matériel de rédiger les rapports généraux et de les faire imprimer. Matin : 8 h. 30. — Réception des délégués à l’Union Mouffetard, 56, rue Mouffetard. — Allocution du président. — Vérification des pouvoirs. — Nomination des commissions. À À 10 heures. — Réunion des commissions. Après-midi : 2 heures. — Séance plénière et discussion des d Après-midi : 2 heures. — Réunion des commissions pour | l’examen des vœux. | A 4 heures. — Séance plénière. Le soir. — Banquet et fête de clôture. l Organisation de promenades et excursions pour les délégués qui pourront disposer de cette journée. Les Universités populaires ou Fédérations d’Universités : populaires qui veulent adhérer au Congrès (même celles à qui ont déjà envoyé une adhésion provisoire) sont priées |
Dee de remplir la formule ci-jointe et de la renvoyer le plus tôt He ‘Re w possible au secrétaire, accompagnée d’un mandat ou bonM4) poste de : haie L ._ 5 francs pour les Universités populaires; bi: ‘NRA 10 francs pour les Fédérations. È MEPE chaque Fédération à quaire délégués. (Les dames peuvent ÿl 1407 Les camarades d’Universités populaires s’intéressant au 14 ‘1e Congrès peuvent adhérer personnellement moyennant une 04 ‘ cotisation de 3 francs. 4 :: SES Il est désirable que le plus grand nombre d’Universités . 150 populaires adhèrent au Congrès et y envoient leurs délé- L: __ gués personnels. Cependant, pour faciliter l’adhésion des A } Universités populaires que leurs moyens financiers ou mu toute autre cause empêcheraient de déléguer un de leurs ‘4 00 membres, il a été décidé que les Universités populaires ’ __ adhérentes pourraient se faire représenter par un délégué #4 te d’une autre Université populaire ou par un camarade ! 182 parisien, étant toutefois bien entendu qu’aucun déléguéne ne fé } pourra cumuler plus de deux mandats. 14 18 NE En aucun cas, les décisions du Congrès ne pourront porter M A atteinte à l’autonomie des Universités populaires, qui resD ï tent complètement libres et indépendantes. Re. #0 1 Recevez, monsieur et cher camarade, mes bien cordiales #0 Pour le Comité: Te 152 Toute la correspondance doit être adressée à H. Ablonet, QUE Voici la liste des Universités populaires qui, à la 100 suite de cette circulaire, ont envoyé leur adhésion au M
je CONS Kate Es +
Séance du Dimanche 22 Mai
Ouverture de la séance à 9 heures.
Souhaits de bienvenue aux camarades des départements par le camarade Kastor, secrétaire de la Fédé-
| ration des Universités populaires de Paris et banlieue. | Appel nominal des délégués d”Universités populaires
et de Fédérations, ainsi que des membres adhérents
Nomination du bureau :
des amis des Universités populaires. Assesseurs : Madame DEspARMET-RUELLO, de la Fédération |
de Lyon. Secrétaires : MM. BrxvauLr, de Chinon. Kasror, de Paris. Picipre, de Paris. Vocr, de Persan-Beaumont.
j : prononce l’allocution suivante : à Nous ouvrons le premier Congrès des Universités ÿ populaires : je vous remercie de l’honneur que vous li : me faites en m’appelant à en présider les débats. Je me 14) garderai bien de les retarder par un long discours ; je ï préfère donner l’exemple d’éviter les généralités qui k font les discussions interminables et stériles. Les Uni-
- versités populaires sont, en fait, des institutions d’un ’, caractère assez différent : elles ont dû satisfaire à des besoins divers, tenir compte des milieux, s’y adapter. me Mais, sous des formes multiples, elles poursuivent une à même œuvre d’éducation sociale. L’effort des organisaL teurs de ce congrès a élé de classer l’objet de ses travaux sous des rubriques générales qui répondent aux à préoccupations communes de toutes les Universités Mn” populaires : rapports avec les autres groupements (TA ouvriers, syndicats, coopératives: méthodes d’ensei4 gnement; fêtes, concerts, représentations théâtrales. A l’étude de ces questions, je souhaite que nous apportions une méthode conforme à l’institution même 1 des Universités populaires, je veux dire une méthode is scientifique, expérimentale. Évitons les discussions théoriques, les lieux communs; profitons de ce que \ nous sommes réunis pour nous transmettre les ensei- M | gnements que nous avons pu recevoir de l’expérience | elle-même. Ayons surtout le souci des faits. Que les délégués des diverses Universités populaires nous disent ce que chacune a tenté de faire, les résultats de telle ou telle méthode, les succès, les échecs. Rien ne
saurait valoir pour nous cette leçon directe des choses, que notre réunion même nous permet de nous donner. Je crois que nous n’aurions pas perdu notre temps, si nous arrivions ainsi, non à nous leurrer de formules ambitieuses, à poser des conclusions aussi vaines qu’absolues, mais à rapprocher des faits, à grouper des documents, et à en tirer quelques conclusions provisoires que des expériences nouvelles permettront de _ reviser et d’étendre. C’est dans cet esprit que je voudrais diriger ces débats, et je suis sûr que vous m’y aiderez. Mettons-nous donc à l’œuvre sans tarder, et que nos discussions fassent la preuve de l’utilité de l’œuvre que nous poursuivons ensemble.
Le camarade Kastor donne quelques renseignements sur l’organisation du Congrès; contrairement à ce qui avait été annoncé dans les circulaires, on n’a pu imprimer à l’avance les rapports généraux : les rapporteurs n’ont pu terminer leurs travaux en temps utile ; et puis l’état des finances du Congrès ne permettait pas d’engager une dépense aussi forte.
Le banquet annoncé pour le lundi soir sera remplacé par un déjeuner ; les promenades projetées pour le mardi n’auront pas lieu, les camarades de province
. étant obligés de repartir au plus tôt.
Pour permettre à tous les délégués de prendre part aux travaux des Commissions, il est décidé que le Congrès nommera pour chaque commission un bureau composé d’un président, un assesseur, un secrétaire et
un rapporteur ; et que les délégués se rendront, à leur choix, dans le bureau dont les travaux les intéresseront U le plus.
16 congrès des UP; /1004 NN re Le Congrès procède ensuite à la nomination de ces ‘1 FLRUES bureaux, qui sont constitués comme suit :
Le Président : CAsevirz (Fédération de Paris); Assesseur : - RAS À: ExerTiIER (Troyes); Secrétaire : Mars (Albi); RapporLB teur : Madame Warmer (Université populaire du
RAS tard); Secrétaire : CHALLAYE (Evreux et Laval); Rappor-
pr (Egalité du neuvième); Rapporteur : Gaston RABaup M: Georges BAER (Foyer du Peuple).
Rae Président : Fcor (Châlons-sur-Marne); Assesseur : SCHAYA cner (Le Mans); Secrétaire : DAuDiIN (Bayonne); Rapporteur : Kasror (Fédération de Paris).
DR A 10 heures un quart, les Commissions se réunissent
ie dans les bureaux pour lecture et examen détaillé des
IX cinq rapports généraux établis d’après les rapports par-
100 ticuliers envoyés par chaque Université populaire. ;
Séance du Dimanche 22 Mai ‘ Ouverture de la séance à 2 heures trois quarts. k Î Lecture du rapport de la deuxième Commission par le camarade Clair, rapporteur. (1) Les rapports qui doivent exister entre les Universités populaires et les syndicats, coopératives, groupes politiques, patronages et sociétés de secours mutuels, ont, à notre avis, une importance primordiale, en ce sens que de ces rapports bien compris, peut dépendre & l’avenir des Universités populaires; c’est pourquoi nous avons pensé qu’il était utile d’examiner l’une après l’autre ces différentes organisations et de rechercher quels profits pourraient retirer les Universités populaires de leur fréquentation sans que pour cela, bien entendu, elles sacrifient rien ni de leur but, ni de leur indépendance. Si nous examinons les rapports qui nous ont été adressés par différentes Universités populaires adhé- (1) La première Commission n’avait pas achevé son travail.
4 procès-verbal des séances l 4 rentes à ce congrès, nous constatons que la majorité 4 vivent en excellents termes avec les syndicats; plu-
1 sieurs même ont leur siège dans les bourses du travail; we d’autres nous disent n’avoir aucun rapport avec les pi syndicats; quelques-unes même affirment y rencontrer 54 dé l’hostilité. ï Pour ces dernières cela est réellement fâcheux, car il es ne faut pas oublier que c’est là que nous pouvons trouver notre meilleure clientèle, l’ouvrier ou l’employé | qui fait partie d’un syndicat, qui fréquente une bourse du travail, en un mot qui commence à avoir souci de | ses intérêts, est un excellent terrain pour les Univer-
- sités populaires, qui pourront lui fournir l’arme qui lui / est nécessaire pour arriver à conquérir ses droits, À l’instruction, qui en le rendant conscient lui permettra d’arriver à son émancipation tant rêvée, mais jamais be Si nous envisageons la question à un autre point de ï vue, les Universités populaires peuvent trouver dans les syndicats, dans les bourses du travail, un local ù pour faire leurs conférences, local qui, lorsqu’il ne leur | sera pas offert gratuitement, pourra néanmoins leur permettre de n’avoir que la moitié de la location à | payer, ce qui n’est pas à dédaigner vu la situation F financière de la plupart des Universités populaires. | à De plus, lorsque ces deux organisations se trouvent Î
À dans le même local, les fêtes, soirées, conférences, } qi peuvent être données en commun et les Universités 4 4 populaires, surtout celles qui possèdent un groupe 1 | artistique, peuvent prêter leur concours, ce qui tout À ; naturellement amènera une certaine familiarité entre
les membres des deux organisations, familiarité quine M
| peut que profiter aussi bien à l’une qu’à l’autre. Cette entente est d’autant plus facile que, dans plus de la moitié des Universités populaires, une grande partie de leurs membres font partie d’un syndicat. Dans les coopératives, les Universités populaires
- devraient toujours rencontrer un bon accueil, car ne visent-elles pas le même but ? Tandis que les coopéra- k tives cherchent à affranchir le travailleur sur le terrain économique par l’organisation de la production et de la consommation, les Universités populaires cher- ue chent à l’affranchir moralement en le débarrassant de tous les dogmes et les préjugés qui obscurcissent encore son cerveau, en lui montrant les beautés de la science, en lui faisant voir enfin la Vérité. ; Cette communion d’idéal doit forcément amener une communion d’efforts, c’est pourquoi la deuxième commission émet le vœu de voir plus souvent les coopératives,— cela se voit dans plusieurs,— venir en aide à leurs camarades moins fortunées les Universités populaires, | qui, en échange, pourraient organiser un certain nombre de conférences dans les coopératives, ce qui leur per- | mettrait de travailler ensemble à l’affranchissement du prolétariat, tout en gardant leur indépendance absolue. Est-il utile pour les Universités populaires d’avoir 4 des rapports avec les groupes politiques ? j Pour notre compte nous ne le croyons pas; nous |
procès-verbal des séances ‘4 he allons même plus loin, nous croyons que cela ne
(6 pourrait que leur être nuisible et nous avons Con-
po : staté que la plupart des Universités populaires qui
ie nous ont adressé des rapports sont unanimes sur ce
ñ En effet, dans nos conférences nous faisons appel à
tout le monde sans nous occuper des opinions ; d’où il
A suit que nous pouvons nous trouver en présence de : camarades reflétant les opinions les plus diverses; dans
ces conditions, être en rapport avec un groupe politique
à quel qu’il soit, risquerait de froisser certains de nos
; camarades qui ne seraient pas du même avis, et
| comme nous devons les persuader et non leur imposer
1 un dogme, nous estimons que nous devons éviter à à tout prix les rapports avec les groupes politiques.
Que l’on étudie les sciences politiques et sociales
dans les Universités populaires, rien de mieux, au con-
traire; mais nous ne devons pas entrer, en tant qu’Uni-
è versités populaires, dans un groupement politique Pour les patronages, nous pensons que les Univer- Ë x sités populaires ne doivent pas hésiter à leur apporter ci le concours le plus grand, car il ne faut pas oublier que ; fr le patronage est aux enfants ce que l’Université popu- À à laire est aux adultes, c’est-à-dire, en quelquesorte, une j Université populaire enfantine. Or, comme nous avons 1 ; constaté, tous, les nombreuses difficultés que nous 1 éprouvons pour amener l’adulte à écouter une confé- : rence, nous avons certainement tous compris que le : seul moyen d’y réussir était d’habituer dès l’enfance
nos futurs adhérents à suivre des cours ou des confé- rences en dehors de l’école, en un mot de les habituer à éprouver le besoin d’augmenter continuellement la somme de leurs connaissances. Il serait donc intéres- ri sant de voir les Universités populaires prêter leur salle aux patronages qui n’en possèdent pas, organiser des petites fêtes enfantines, chercher, par tous les moyens, à éveiller l’esprit des enfants et même les faire accom- 1 ; pagner dans leurs promenades par des membres des FE Universités populaires, lorsque cela pourra se faire + sans trop de difficultés. La deuxième commission estime qu’en raison des divergences de vues qui existent entre les membres des Universités populaires eux-mêmes, il n’y a pas lieu de s recommander l’établissement de rapports moraux entre les Universités populaires et les mutualités. | La commission estime qu’il y a au contraire tout avantage à établir des rapports d’ordre matériel entre É les Universités populaires et les mutualités. Les Uni- | ‘versités populaires, dans cet ordre d’idées, pourraient, par exemple, prêter leurs locaux aux mutualités pour le paiement de leurs cotisations, leurs assemblées géné- rales. Ce serait un moyen de combattre l’alcoolisme, en substituant les locaux des Universités populaires aux débits de vins où se font généralement ces opérations ; ce serait aussi un moyen d’attirer aux Universités populaires la clientèle des mutualités. RG) . Il est bien entendu que les questions de mutualité | pourront faire l’objet de conférences et de discussions
FE ta du procès-verbal des séances LOF ï au sein des Universités populaires, comme rentrant à à dans le programme d’éducation qu’elles se proposent.
1 De tout ce qui précède, nous pouvons donc conclure
i as que nous devons faire tous nos efforts pour entretenir
2 des rapports amicaux avec les syndicats, coopératives
5 et patronages; que nous devons nous prêter un mutuel
k appui, ainsi qu’un concours sans limite, car de l’union
j étroite de ces trois groupements avec celui des Univer-
sités populaires, de la coordination de leurs efforts,
f: dépendra la libération du prolétariat des nombreuses oppressions dont il est victime, et plus l’union sera
È étroite, plus cette libération sera proche. À : « Tandis que si ces différents organismes continuaient 4 É à lutter séparément, il serait à craindre que leurs ‘4 “ efforts restent inutiles encore pendant longtemps. À N’est-ce pas la loi même de l’évolution qui les pousse 1 À pour ainsi dire l’un vers l’autre, pour hâter l’effondre- À ne ment de la société capitaliste d’aujourd’hui et l’avè- | 4 nement de la société idéale de demain. 4 sé ‘ Prenons donc, camarades, la résolution de faire tous 4 1 nos efforts pour amener le plus tôt possible ces rapES ports si désirables. La tâche, nous en sommes certains, 3 nous sera facilitée par les militants des différentes à Le rapporteur, ni
grès discute sur le mode de votation. Plusieurs cama- à rades sont d’avis qu’il n’y a lieu d’émettre aucun vote Ne car le Congrès est surtout un congrès d’études et ses 1 décisions ne peuvent obliger à quoi que ce soit les Uni- S versités populaires, dont l’autonomie est indiscutable. Le < Congrès, bien que de cet avis, pense que sur certaines questions, il sera néanmoins utile de se compter; il 2 décide donc que ne pourront voter que les délégués d’Universités populaires et de Fédérations, les adhé- . rents individuels ayant toutefois droit de prendre part . aux discussions. L’an prochain on étudiera si les délé- gués de Fédérations ont lieu d’exister; il y a, en effet, V à examiner s’ils représentent des intérêts spéciaux ou , s’ils font seulement double emploi avec les délégués À! d’Universités populaires, faisant partie des dites Fédé- ; rations, déjà représentées. ; La discussion s’engage sur le rapport de la deuxième Rapports des Universités populaires avec les syndicats. — Des Universités populaires /Agen, Béziers, Montpellier, 1 Le Mans, etc.) indiquent qu’elles ont d’excellents rapports : | avec les Bourses du Travail. Certaines font des conférences | à la Bourse, d’autres y ont leur local permanent concédé à Li titre gracieux, et enfin quelques-unes ont été fondées par ë des syndiqués de la Bourse. Une Université populaire de F Paris /quatorsième) a pu, par des conférences spéciales ; sur les questions ouvrières, amener un grand nombre de syndiqués à suivre les travaux de l’Université populaire. \ Au Havre (Université populaire de fondation bourgeoise), : à la suite d’une grève, à Lyon, par la création d’un groupe 5 4 féministe, les rapports sont devenus plus étroits entre è syndicats et Universités populaires. É
FT procès-verbal des séances FRE 11 Quelques Universités populaires n’ont pu s’entendre avec Mr les Bourses, ces dernières craignant que les conférences un ne peu générales et abstraites des Universités Populaires ne _ détournent les camarades de l’action syndicaliste purement Hi. militante. En plusieurs villes /Toulouse, Bourges}, cette hs. : méfiance des syndicats s’atténue et on espère arriver à ha une cordiale entente. Des Universités populaires fondées Pa par l’élément bourgeois sont peu à peu devenues ouvrières, 1 i mais alors l’élément bourgeois diminue et tend à dispa- : de Des camarades émettent l’opinion que les Universités hé populaires créées par les bourgeois ne peuvent être 3 d’aucune utilité : les Universités populaires doivent être f ouvrières ou ne pas être. D’autres camarades ne partagent “ pas cet avis et croient que, sur certains points, ouvriers et P bourgeois peuvent faire une action commune, les bour- ÿ geois apportant les ressources financières et les ouvriers le 10 concours actif. Un camarade (L’Étoile Bleue, Levallois) dit À k que toutes les Universités populaires sont utiles, elles sont : en évolution plus ou moins avancée dans des milieux . f 4 divers, il ne s’agit que de les diriger vers leur véritable on but : l’émancipation ouvrière. Un camarade de la même ; Université populaire s’élève contre l’esprit qui semble anij mer le Congrès; il n’est pas d’avis que les Universités : populaires doivent être exclusivement ouvrières: il dit que les bourgeois, encore plus que les ouvriers, ont besoin “ d’éducation : on l’a vu lors de l’affaire Dreyfus. À quoi un : | autre camarade répond que si l’affaire Dreyfus a aidé à la a création d’Universités populaires, c’est que certains bour- (a geois y ont été entraînés pour aider sincèrement les À ouvriers à obtenir justice dans leur cause contre la bourKE geoisie. D’autres disent qu’on s’est servi des bourgeois de pour créer les Universités populaires, mais que ceux-ci ne 2 sont pas sincères dans leur association avec les ouvriers. À Des camarades protestent. Un camarade dit que seules les 4 Universités populaires qui s’appuient sur les organisations ouvrières sont réellement solides, pour si misérables qu’elles À Saint-Quentin répond que sans le concours de bourgeois | 36
intellectuels, leur U. P. n’aurait pu se créer et vivre; pour- Fo ” tant, il constate qu’aux conférences faites paies ouvriers, Ne les bourgeois ne viennent pas… D’autre part, on fait remar- LRS quer qu’il faudrait définir le mot « bourgeois », certains ENCR ouvriers ayant l’esprit très « bourgeois ». je
Rapports des Universités populaires avec les Coopéra- 1x lives. — Le Foyer de la Ménagère, fondé par une coopéra- % tive, pense qu’il vaut mieux dépendre financièrement d’une YA coopérative que d’un syndicat. 3
: L’Union populaire du quatorzième arrondissement a orga- F nisé quelques conférences au local de la coopérative de à son quartier, et reçoit en échange une légère subvention. 5
Nanterre a été fondée avec l’aide d’une coopérative, la AL Ruche. Elle reçoit une subvention, mais les coopérateurs cu s ne sont pas venus.
Après échanges de diverses idées, il paraît bon qu’une . Université populaire ait des rapports et soit même subven- # tionnée par une coopérative, mais il semble mauvais que l’Université populaire dépende absolument et soit gérée 4 effectivement par la coopérative. ME
| Rapports des Universités populaires avec les Groupes * | politiques. — Le Congrès constate qu’une expérience toujours confirmée prouve que les Universités populaires vont % à leur perte lorsqu’elles s’associent à un groupe politique. g Tous les faits concordent., — Un camarade demande si les sections de la Ligue des droits de l’homme sont des É groupes politiques. — Un camarade lui répond que les [ Ë groupes politiques dangereux sont ceux, quels qu’ils , soient, qui se mêlent aux compétitions électorales. | Rapports des Universités populaires avec les Patronages. « — Sur ce point, au contraire, le Congrès est d’avis de : d resserrer le plus possible les liens unissant les Universités populaires et les patronages, et de donner de l’extension ÿ É aux rapports déjà existants. LAS ï Des Universités populaires ont organisé des après-midi | récréatives du dimanche, des promenades, des fêtes à ». Noël, à Pâques, etc., soit exclusivemert pour les enfants ÿ
‘1 procès-verbal des séances ane a qu de leurs sociétaires, soit pour tous les enfants se présenpi, tant. ! Late Ÿ Nancy donne chaque dimanche une causerie sur un ‘1 point de morale. Généralement on a eu de bons résultats, fs mais il faut beaucoup de patience et de dévouement pour 44 # organiser ces réunions enfantines. Un camarade désirerait 1 qu’il fût fait un choix d’œuvres facilement assimilables ii trales, etc., cela faciliterait beaucoup la besogne des orga- “il nisateurs. h Nanterre a pu obtenir l’autorisation de faire une loterie Fan dans le but spécial de créer un patronage; de sorte que celui-ci, ayant des ressources, pourra loger l’Université ‘ k populaire, contrairement à la conception habituelle de l’Université populaire logeant le patronage. Un camarade É indique ce qui a été fait au château du Peuple pour les ÿ fêtes enfantines mensuelles organisées spécialement pour ‘ les enfants d’une institution. Une autre Université popu- ÿ laire, à Paris /quatorzième), a organisé des fêtes où elle a pu invité des enfants des écoles communales. Un camarade préconise l’organisation d’écoles de vacances en plein air, | sur le modèle de Cempuis. À Nancy, l’Université populaire
- a demandé dans les écoles des listes d’enfants peu heureux et de mauvaise santé, elle a trouvé des fonds et a pu orga1 niser des colonies de vacances à la campagne. Un camarade de l’Université populaire de Saint-Gilles (Belgique) dit qu’ils ont organisé à leur Université popu- ; laire desgroupes de jeunes gens et de jeunes filles, se j réunissant plusieurs fois par semaine; à ces réunions on 114 fait des causeries, on organise des jeux, il y a un choral, 1e des cours de diction, et enfin on initie toute cette jeunesse à l’administration de l’Université populaire, de manière à À en faire plus tard de futurs membres ayant tout à la fois l’esprit de méthode et de camaraderie. Cette action, lente À il est vrai, semble bonne et solide; les Universités populaires ne fleuriront vigoureusement que pour la génération future si la nôtre sait l’y bien préparer. Si certains se sont trop tôt découragés, c’est qu’ils avaient cru la récolte mûre; nous n’en sommes cncore qu’au labour et aux semailles.
Lecture du rapport de la première Commission par
| La première commission a reçu communication de vingt et un rapports, dont seize provenant de la banlieue
- et de la province et cinq d’Universités populaires | Pour faciliter notre tâche, nous avons annexé à notre : rapport un tableau présentant l’aspect général de l’organisation de chacune des Universités populaires qui ont répondu à nos questions.
Nous nous sommes efforcés de dégager, le plus clai- | rement possible, les réflexions et conclusions qui paraissent ressortir de la lecture attentive des documents qui nous ont été soumis. ’ | Avant d’aborder les questions posées, la plupart des | 1 Universités populaires ont élaboré une sorte d’étude | rétrospective sur elles-mêmes, d’où semblentse dégager
deux questions d’ordre moral plutôt qu’organique et | qui paraissent devoir retenir l’attention.
Dans la région parisienne on nous dit :
; L’union qui devait s’établir, par la création des Universités populaires, entre ceux que l’on a appelés les
| intellectuels et les manuels, ne s’est point réalisée.
4 Pourquoi? D’abord, à Paris et dans les grands centres, un grand nombre d’organisations attirent les travail-
| leurs : les syndicats, les coopératives, les cours profes-
| sionnels, les groupes politiques, qui s’adressent à leurs
| intérêts immédiats, sollicitent leur attention; d’autre-
| 39
à procès-verbal des séances PERS ol L part, les partis qui avaient intérêt à entraver le progrès ; des Universités populaires ont exploité, contre les NA à : intellectuels, cette lutte sourde qui divise les classes $ prolétarienne et bourgeoise, et cette tactique devait FA porter ses fruits. à È Il est une autre cause à cet échec : les intellectuels, à habitués à un auditoire que son instruction a préparé à pr les comprendre, se sont élevés peut-être un peu trop haut dans leurs conférences; tous n’ont pas trouvé le langage qui convenait à des auditeurs mal préparés : ces derniers se sont crus traités en écoliers, n’ont pas $ persévéré ; et les professeurs, croyant leur peine perdue, ; ont peut-être, eux aussi, éprouvé des déceptions. : + Quoi qu’il en soit, nous nous refusons à croire qu’il y ait une barrière entre ces deux éléments; nous avons la conviction qu’à mesure qu’il s’éclaire et s’instruit ki davantage, l’ouvrier comprend mieux l’intérêt qu’il y a 4 pour lui à s’affranchir intellectuellement afin de tra- ï vailler plus efficacement à son affranchissement économique. C’est surtout aux administrateurs des divers groupes qu’il appartient de rechercher quels sont les À conférenciers et les sujets qui conviennent le mieux à | leurs adhérents, selon les milieux où ils vivent. C’est aussi dans la région parisienne et sa banlieue qu’il | semble que se soit produit ce mouvement de’ recul, amenant ce qu’on a appelé « la crise des Universités \ populaires ». Les rapports provenant de province ne signalent rien de semblable. Le milieu, essentiellement mobile et d’esprit peu persévérant, où nous vivons, semble être la cause primordiale de cet échec, plus è apparent que réel. Notre population, sollicitée par des | distractions sans nombre, se fixe difficilement; et pour- 3
tant c’est avec une joie profonde que nous constatons, ra dans les rapports, un mouvement progressif général | dans les premiers mois de 1904. R
L’idée, bonne en soi, répondant à un besoin social, ‘a % germé; et ceux qui viennent à nous aujourd’hui, sans emballement, parce qu’ils ont constaté l’utilité de notre 6 œuvre, nous resteront fidèles. Par leur exemple et leur Ç
propagande, ils grouperont, autour de leurs organisations, les éléments d’un succès prochain et durable, Ê auquel nous croyons sincèrement.
La première question : Organisation générale, sta- x tuts, offre beaucoup de points de contact entre les difé- | rentes Universités populaires. Partout (une ou deux exceptions seulement), la carte d’adhérent est exigée ; pour avoir accès dans le groupe. Toutes les Univer- Ÿ sités populaires sont régies par un Conseil d’adminis- ; tration choisi parmi les membres actifs ou fondateurs.
Ces conseils, plus ou moins nombreux, selon l’importance du groupe, sont renouvelables par tiers ou par 4 moitié, précaution fort sage pour la bonne direction et
: l’esprit de suite, indispensable aux œuvres d’éducation, et qui présente cet autre avantage de mettre le groupe à l’abri de certains empiétements hostiles.
Le Conseil d’administration de l’Université populaire de Laval offre une physionomie particulière : composé de douze membres, élus pour deux ans en assemblée générale des membres actifs (renouvelable par moitié):
quatre membres choisis parmi les organisations | ouvrières siégeant à la Bourse du Travail, deux mem4
.
| procès-verbal des séances
1 du corps enseignant de l’Université populaire, et deux. autres membres actifs. Il reflète ainsi l’avis de la
| Bourse qui a créé l’Université populaire et où elle a son siège social.
< L’enseignement a pour base la « Déclaration des
Droits de l’Homme et du Citoyen ».
L’Université populaire, n’ayant pas de loyer à payer, prélève seulement une cotisation minima de o franc © par mois; quelques membres honoraires à 5 francs par an; des fêtes ou représentations. La cotisation obligatoire ne saurait être augmentée par la raison que ses adhérents sont presque tous des militants d’organisations diverses, déjà chargés de cotisations.
Une courageuse organisation que nous ne saurions passer sous silence, est la Société de Lecture et d’Instruction
Mutuelle de Caveirac (Gard) : fondée, il y a huit ans, dans une commune de 750 habitants, elle eut 25 adhérents au début; aujourd’hui, ils sont 52, tous ouvriers agricoles ou petits propriétaires. Dans les trois dernières années, la moyenne des auditeurs a été de 30 à chaque séance. On y fait des lectures de livres, journaux, revues; chaque lecture est précédée d’explications données par l’instituteur, lequel est président de droit du conseil ; on y fait aussi des causeries et on y discute sur des sujets déterminés. Les auditeurs fixent, à l’issue de chaque séance, le programme de la réunion suivante. Le but de la Société est ainsi défini : « Développer l’éducation générale de ses membres, les habituer à exposer et défendre leurs idées courtoisement, et préparer par leur émancipation intellectuelle leur émancipation matérielle et sociale. 1 »
| Nous croyons qu’il y aurait un grand intérêt à créer le plus grand nombre possible de sociétés similaires dans les campagnes, et nous rappelons aux militants qui pourraient se charger de cette tâche comment opé- rait Jean-Baptiste Clément. Quand il avait converti à ses principes quelques habitants d’une commune, c’était l’embryon d’un groupe qui se développait ensuite par : lui-même ; Clément allait dans un autre village en faire autant, puis, les jours de marchés ou de foires de la région, il réunissait ses disciples qui étaient venus là pour leurs affaires; on organisait une causerie, une ‘réunion, en déjeunant à l’auberge : c’était lenoyau d’une
Pour créer ces foyers agricoles, on trouverait, croyons-nous, des concours précieux auprès des Petites Amicales, et des renseignements utiles à l’œuvre des « Journaux pour tous », 17, rue Cujas. Il y a là des correspondants auxquels on envoie journaux et revues, qui groupent autour d’eux, pour ces lectures, quelques auditeurs, et parmi ces correspondants des instituteurs ; il y a là des éléments au moyen desquels on pourrait, avec un peu de dévouement, obtenir des résultats
L’Université populaire de Limoges comprend cinq sections; chacune est une Université populaire ayant son local et son règlement intérieur, une certaine auto- ” nomie, mais elles obéissent toutes à une unité de direction : le comité central, composé de 20 membres, 4 par section. Le comité a l’intention de fonder des sections dans les petites villes du département. Son rapport nous apprend que l’Université populaire a retiré de grands avantages de la création de ses sections, et tout
ue ! procès-verbal des séances Lo. “ d’abord un plus grand nombre d’adhérents, parce qu’on 1 est allé chercher les ouvriers au centre de leurs habiL à * tations ; ensuite des liens étroits de bonne camaraderie ll se sont établis : l’ouvrier, qui se sent au milieu des (ie siens, ne craint pas d’être ridiculisé, lorsqu’il pose des d questions aux conférenciers ; par suite l’enseignement
We devient plus fécond; tandis qu’assistant à une conférence 4 a dans un local central, au milieu d’inconnus, l’ouvrier r’oserait pas interroger et perdrait ainsi le fruit de son
l Cette organisation pourrait suggérer aux Universités {Se populaires dont les adhérents sont un peu disséminés, ? la pensée d’organiser des conférences périodiques dans ! À des locaux qui pourraient être mis à leur disposition,
- sur des points différents de leur ressort. On obtiendrait AGE sans doute des résultats avantageux.
ï Le rapport très intéressant de madame DesparmetRuello, présidente de l’Université populaire lyonnaise,
Ke nous dit:
le En 1899, au congrès des Petites Amicales, après un échange
& de vues, on décida la formation d’une Société, composée de cl professeurs des trois ordres, de techniciens, industriels, 4 é commerçants, avocats, médecins, etc… ayant pour but de 5 créer, à Lyon, des Foyers populaires. La Société lyonnaise He d’instruction et d’éducation populaires compte 140 membres,
fs versant une cotisation de 6 à 100 et 200 francs par an;
‘ee jusqu’en juillet 1900, elle dut se borner à organiser des
de conférences ou à répondre à l’appel des organisations qui mr lui demandaient des conférenciers. Ce n’est qu’à l’avè- fi nement de la municipalité socialiste qu’elle obtint, en plein : quartier ouvrier, à la Croix-Rousse, un local scolaire en
fi partie désaffecté ; la municipalité fit les réparations, fournit
ÿ des meubles, des vitrines, des bibliothèques, et ainsi put
être créé le premier Foyer populaire, dit Maison du Peuple, Les membres auditeurs qualifiés de participants paient une . cotisation de 3 francs par an; on accepte aussi 0 franc 50 par mois. Cette Maison du Peuple est dirigée par la Société qui l’a fondée.
L’Union populaire du quatorzième arrondissement, Paris, créée par des universitaires au début, fut dirigée par eux seuls ; mais, voyant que l’élément ouvrier, en vue duquel ils avaient agi, ne répondait pas à leur appel, ils s’adressèrent aux organisations ouvrières et firent entrer dans leur comité quelques membres de ces organisations. Ces deux éléments vivaient côte à côte ‘sans se fondre, les deux conceptions devaient être tota- : lement opposées ; mais, peu à peu, les auditeurs, plus nombreux et plus assidus, payant une cotisation de o franc 50 par mois et o franc 55 par famille, affirmèrent le droit qu’ils avaient d’être consultés dans la direction d’une œuvre à laquelle ils participaient pécuniairement. Ce fut alors que le comité directeur, en face d’embarras financiers, — les dons de la première heure n’affluant ; plus, —convoqua les adhérents et leur soumit la situation.
À Le comité directeur se retira, promettant de combler le déficit, et depuis, ce sont les adhérents eux-mêmes qui dirigent cette œuvre. Réorganisée sur d’autres bases,
À elle est prospère et procède en ce moment à son agrandissement.
Nous ne saurions clore ce chapitre sans signaler à votre attention les Soirées ouvrières de Montreuil, l’aïeule des Universités populaires.
Nous nous inclinons devant le dévouement et la persévérance de ces vaillants ouvriers. Au début, ily a
fi procès-verbal des séances 1 bien près de dix ans, ils étaient 5 ou 6 libertaires orga- | ._ nisateurs ; aujourd’hui, ils sont 15 ou 20, d’une opinion politique divergente de celle de leurs prédécesseurs; mais ils respectent l’œuvre primitive en vivant dans une confiance mutuelle, sans statuts ; les emplois sont remplis par des bonnes volontés qu’on n’offense pas par un contrôle. Ils accusent environ 12 ou 1.300 francs de frais généraux, sur lesquels ils recueillent environ 600 francs de dons parmi ceux qui s’intéressent à leur œuvre et qui s’élèvent au nombre de 300 environ. Les 15 ou 20 administrateurs, responsables des frais généraux, comblent le déficit au moyen d’une cotisation de o franc 5o par semaine, plus quand il le faut… Ce sont tous des ouvriers. : Il ne nous paraît pas que la commission puisse existantes ou à créer, telle ou telle formule de statuts, telle organisation plutôt que telle autre; les milieux, les circonstances obligent à bien des diversités ; notre tâche consistait surtout à coordonner, pour les soumettre au ! congrès, les renseignements qui nous ont été fournis, afin de permettre à chacun de profiter, s’il y a lieu, de l’expérience d’autrui. e Deux considérations semblent dominer cette étude : 1° le souci qu’ont la majorité des Universités populaires de savoir quels sont les membres qu’elles acceptent; 2° celui d’éviter à tout prix de devenir l’instrument d’une coterie ou de se voir annihiler par des adversaires hypocrites. Presque toutes, par la composition de leurs conseils et leur fonctionnement, ont obvié à cet
En abordant la question purement financière, nous <onstatons, ce qui est connu, que surtout dans la région parisienne, en raison du prix excessif des loyers et 4 autres frais généraux, les Universités populaires vivent péniblement. Il est incontestable que la cotisation de : © franc 50 par mois, généralement adoptée, fut une faute du début, et qu’à l’heure actuelle il serait dangereux de vouloir l’élever; mais elle est sûrement insuffisante _ pour couvrir les frais. J La plupart des Universités populaires, — on pourrait ! ù dire toutes, — sont obligées d’organiser des fêtes, des | tombolas, d’accepter ou solliciter des dons ou subvenf tions. ! Pour obvier à cette précarité, et ne pouvant élever la cotisation obligatoire, dans la crainte d’écarter les : adhérents, on en est réduit à ces seuls moyens : recruter le plus d’adhérents possible, ce que font toutes les Universités populaires, et s’adresser à la bonne volonté de ceux qui veulent bien s’imposer un sacrifice plus lourd, sans toutefois réclamer d’autres prérogatives que les autres membres. 2 Reste à envisager la régularité des versements. L’Université populaire de Meaux, après avoir constaté que les membres en retard de quelques mois n’osaient plus revenir ou ne pouvaient plus payer les cotisations accumulées, que d’autres ne se faisaient inscrire que pour assister à une fête, s’est arrêtée au système du recouvrement à domicile. Depuis cette | époque, sa situation, qui n’était pas mauvaise, s’est améliorée sensiblement, — 600 francs de réserve en un | 47
procès-verbal des séances 1 LP} an. — Elle est la plus prospère de celles qui nous ont + AR envoyé leurs rapports. Le montant des cotisations . perçues indique au moins 400 membres. Son dernier 1.500 francs en caisse, une bibliothèque de 1.010 voArs lumes qu’elle enrichit constamment. Ce résultat est atteint presque sans aide (87 francs de dons). Son loyer ; est peu élevé : 333 francs, le local étant seulement destiné aux services et aux bibliothèques; les conférences ont lieu à la justice de paix et à l’hôtel de ville. — % Cotisation : o franc 50 par mois.
- Voici quel moyen préconise l’Effort de Montrouge, À dont tout le rapport serait à citer : k Une Université populaire dans laquelle les cotisations ne sont pas recueillies régulièrement, à moins de circon- | stances spéciales, est condamnée à mort. La Fédération de | Paris a adopté une méthode qui donne de bons résultats ; elle taxe d’un supplément de o france 25 toute cotisation non parvenue à temps. — Cette méthode, bonne pour les collecLE tivités, nous paraît moins applicable aux individualités. Il ÿ serait à craindre qu’elle n’éloigne des adhérents; elle serait considérée comme ayant un caractère pénal et autoritaire. | — La perspective d’être considérés comme démissionnaires, 4 pour retard de versement, n’est pas suffisante à stimuler 1} le zèle de certains adhérents qui, venant à de rares inter- }! valles à l’Université populaire, ne considèrent pas comme une (A grande privation de n’y plus venir. Nous avons souffert de cet état de choses et nous avons résolu d’y porter remède. | Écartant toute idée d’amende ou de coercition, pensant que | à la meilleure sanction dans un groupe d’éducation sociale est celle que nous voudrions voir instaurer dans la société future, celle qui résulte de l’estime de ses camarades, nous avons décidé que tout retardataire de plus de trois mois, sans excuse valable, et après avis préalable, aurait son su nom affiché dans l’intérieur de l’Université populaire. ,
| L’application récente de cette méthode ne nous permet pas encore d’en apprécier les résultats, mais, du principe d’où | elle découle, nous la croyons bonne pour continuer à développer chez les hommes le sentiment du devoir et de la responsabilité des actes. En ce qui concerne les dons et subventions, presque 4 toutes les Universités populaires les acceptent ou les É sollicitent. La plupart, pour éviter que les donateurs ne | deviennent des directeurs, les éloignent de leur conseil d’administration; d’autres n’acceptent que les dons | anonymes ; en général toutes se prémunissent contre tout ce qui pourrait les faire dévier de la voie qu’elles Un rapporteur se montre très sévère sur cette question ; il ne nous paraît pas que le mot servilisme, dont « il se sert, soit applicable en cette occurrence. Chaque Université populaire doit rester juge de ce qu’elle peut accepter ou solliciter, elle seule connaissant les per- ; sonnes qui déclarent s’intéresser à son développement, à — En ce qui concerne les subventions, à la condition qu’elles n’entraiînent aucune entrave au développement de l’œuvre, il apparaît qu’elles peuvent être sollicitées sans scrupules. Étant prélevées sur un budget auquel tous les citoyens apportent leur part contributive, toutes les organisations ayant une utilité réelle doivent pouvoir bénéficier d’une partie des sommes attribuées aux: Un autre moyen d’augmenter les ressources des Universités populaires a été préconisé, je crois, par M. Guieysse; il est basé sur la puissance de consommation des adhérents de chaque Université populaire. Il peut recevoir des applications diverses, selon les cas,
j procès-verbal des séances 4 selon que les Universités populaires dépendent ou non d’une coopérative. Notre camarade Philippe, membre s4S de la commission, vous expliquera les diverses applications qui ont été tentées.
Nous terminerons cette étude par la lecture d’une
ï proposition émanant du Foyer du Peuple, dix-septième
Considérant la situation précaire d’un grand nombre d’Universités populaires, pour assurer leur existence et faciliter leur développement, le Foyer du Peuple propose
la nomination d’une délégation chargée de s’entremettre auprès des directeurs de journaux favorables aux Universités populaires, afin d’obtenir que, pendant un certain temps, ils ouvrent dans leurs organes une souscription en faveur des Universités populaires;
une deuxième délégation ayant pour mission d’agir
1 auprès des pouvoirs publics par l’entremise de conseillers ; municipaux ou autres personnages s’intéressant aux Universités populaires, à l’effet d’obtenir des subventions ; comme conséquence, la création d’un fonds de réserve.
La commission provisoire se montre favorable au principe de cette proposition, sous réserve des modifi- |
| En venant se fondre dans une caisse générale, les
1 dons ne donneraient plus aucune influence spéciale à ceux qui les offriraient.
La commission, croyant avoir rempli sa tâche consciencieusement, adresse son salut fraternel à ses nouveaux collègues et forme les vœux les plus sincères pour la pleine réussite du congrès.
Après lecture du rapport provisoire, la commission, après examen et discussion approfondis, recommande aux Universités populaires d’introduire dans leurs statuts un article ainsi conçu ayant pour but d’éviter l’immixtion, 4 dans l’administration, des éléments hostiles au but poursuivi : Les membres des Universités populaires comprennent : . 1° des membres adhérents ayant le droit de participer à tous les avantages, conférences, fêtes, etc.; ils verseront t ou non des cotisations; : | | 2 des membres actifs versant la même cotisation que les } 1 Les membres actifs participent à la nomination d’un | Les membres adhérents deviendront membres actifs en È satisfaisant à une ou plusieurs des conditions suivantes : l a) avoir trois ou six mois de présence; f b} être présenté par deux ou trois membres actifs; £ k c) être agréé par le conseil d’administration; d) être agréé par l’assemblée générale des membres 3° des membres honoraires payant une cotisation comprise entre certaines limites, de 5 à 20 francs par an, par | Le principe de l’anonymat pour les dons dépassant une certaine somme étant d’ailleurs maintenu, de manière à ÿ éviter la mainmise sur l’Université populaire par certains donateurs trop généreux, toute somme dépassant les 20 francs de cotisation maxima étant considérée comme (1) Ce vœu ayant été présenté à la réunion plénière du congrès, il n’a pas été décidé de le comprendre dans la liste des vœux
procès-verbal des séances La première commission a également proposé à la réunion | plénière du Congrès le vœu suivant : | Il est recommandé aux Universités populaires de faire la
- déclaration prescrite par la loi de 1901 sur les associations; cette déclaration a pour but de donner à l’Université populaire la capacité juridique et de lui éviter de se voir dénier | la propriété de son matériel et de son mobilier. (1) : La commission prend connaissance du rapport du cama4 rade Casevitz, trésorier de la Fédération de Paris et de la banlieue, président de la commission : La Fédération des Universités populaires de Paris et de la banlieue s’est constituée en septembre 1902 et a commencé à fonctionner en octobre de la même année; les ressources devant être assurées par un versement mensuel de 3 francs par Université populaire, et par une subvention, également mensuelle, de 100 francs, de la Société des Universités populaires, qui payait en outre le loyer du bureau de la Fédération. Le nombre d’Universités populaires adhérentes était au début de 26; il est aujourd’hui de 34, après avoir oscillé et être parvenu, de février à mai 1903, jusqu’au | total de 4r. £ Nous n’avons compris dans ces chiffres que les Uni- ÿ versités populaires payant régulièrement leur cotisation
- et ayant participé réellement aux travaux de la Fédé- Le nombre d’Universités populaires ayant actuelle- ; ment fait acte d’adhésion, et n’ayant pas signalé leur disparition, est, non pas de 34, mais de 4o. (1) La publication de ce vœu a été décidée. ÿ
Le budget mensuel ordinaire de la Fédération s’établit actuellement comme suit: Subvention de la Société des Universités Popu1 RS Mi URPE LR ES MUR francs 100 k Recettes diverses des services commerciaux ( : Appointements de l’employé… … . francs 125 15 Le loyer est payé par la Société des Universités popu- Ce budget laisse donc mensuellement un boni de | Dans ce budget ne sont pas comprises, évidemment, |. les recettes et les dépenses exceptionnelles, telles que deux dons se montant au total de 261 francs 65 et versés } par deux Universités populaires ayant cessé d’exister, k telles encore qu’une subvention de 100 francs, allouée | par la Fédération à la commission d’organisation du La Fédération a, en outre, contribué à plusieurs L œuvres et organisations. C’est ainsi qu’elle a organisé | parmi les Universités populaires une souscription au monument Zola,souscription qui a rapporté 91 francs 50. | Elle a également organisé diverses fêtes etréceptions, | 53
procès-verbal des séances ) notamment la réception des camarades des Universités populaires belges du mois d’août 1903, laquelle réception | a occasionné un mouvement de fonds de près de La Fédération put d’ailleurs, grâce aux ressources spéciales créées par des fêtes antérieures à l’organid sation de la Fédération, contribuer pour une somme de 426 francs 65 à ces fêtes ; notons également la matinée
; donnée le 29 novembre dernier au Théâtre du Peuple pour la représentation de la Bonne Espérance, et enfin l’organisation d’une souscription pour l’envoi d’un camarade à l’exposition de Saint-Louis, par l’inter-
à : médiaire du comité central d’organisation des bourses de voyage à l’exposition de Saint-Louis, pour laquelle il a été recueilli 143 francs 30.
L’encaisse de la Fédération était, fin avril, de
243 francs 95 affectés spécialement au fonds de fêtes ;
143 francs 30 affectés spécialement au fonds de l’exposition de Saint-Louis ;
La cotisation mensuelle des Universités populaires adhérentes fixée dès le début à 3 francs est donc suffi-
, sante pour assurer les services de la Fédération.
De plus, on peut estimer à environ 5 francs 55 par mois l’économie qui résulte pour chaque Université populaire de son adhésion à la Fédération. /
En effet, avant l’organisation de la Fédération, chaque Université populaire avait à s’assurer elle-même du …
ÿ concours de ses conférenciers; elle devait écrire plusieurs fois à chacun d’eux pour obtenir un certain nombre seulement de réponses affirmatives et discuter
avec eux les dates des conférences. Pour chacun des neuf conférenciers nécessaires mensuellement, il fallait | donc compter: :
- Environ 3 lettres pour une réponse aflirRAR CET ee lait Rte late Nr RUN eu TN DID TES Environ 1 lettre pour discuterles dates,ci 7 — Environ 1 lettre pour mise d’accord, ci 1 — | Soit 5 timbres par conférencier ou 45 timbres en tout par mois, soit une dépense de… . . francs 6,7. Il fallait ajouter les frais de programme, se La Fédération assurant la correspondance avec les conférenciers, il ne reste plus guère de frais de correspondance aux Universités populaires. s’attacher certains conférenciers ou leur demander des | modifications à des dates précédemment fixées, il faut | compter encore pour chacune environ. . francs 2 » De plus, l”Emancipatrice, imprimerie communiste, 3, rue de Pondichéry, imprime les programmes des Universités populaires par l’intermédiaire de la Fédération à 2 francs le mille, soit 2 » Il convient d’ajouter à ces frais le montant de la cotisation à la Fédération, soit … … . 3 » d’où une économie de 12,75 — 7 = 5 francs 75 par mois et par Université populaire.
En _ procès-verbal des séances 14100 ÿ Nous avions, au début, fixé le mode de recouvrement ré des cotisations, par l’article VII des statuts, ainsi conçu : F. ARTICLE Vi. — La cotisation mensuelle est fixée à 3 francs à rat par mois et par Université populaire. Le trésorier pourra #] faire recouvrer par la poste le montant des cotisations SA arriérées de toute Université populaire en retard de deux Er mois au moins; dans ce cas, le montant des cotisations 4 arriérées sera augmenté de o franc 50 par mois pour frais re de recouvrement. R? Toute Université en retard de trois mois de cotisations ne 4 pourra plus jouir des avantages de la Fédération jusqu’à “ ce qu’elle se soit remise à jour. ; ù $ Malheureusement, le délai de 2 à 3 mois ainsi imparti AA aux Universités populaires pour s’acquitier leur fut
- plus nuisible qu’utile. Une Université populaire, gênée
momentanément, remettant au mois suivant le règlement
de sa cotisation, et se trouvant à ce moment encore plus
. obérée, était dans l’impossibilité d’acquitter 6 francs au
lieu de 3 francs qu’elle devait précédemment.
. De plus, certaines Universités populaires prenaient
; l’habitude de se libérer régulièrement avec deux mois
: de retard.
: Enfin, le nombre d”Universités populaires en retard de ÿ à leurs cotisations, qui avait été nul jusqu’en février 1903, 4 8 en mai; et 15 en juin, sur 41 Universités populaires en L ce moment. ÿ 4 Cet état de choses pouvait devenir dangereux pour ; l’existence même de la Fédération; aussi le 7 juin 1903, ; si l’assemblée générale modifia comme suit l’article VII des AT La cotisation mensuelle est fixée à 3 francs par mois et 1 fe par Université populaire. Les cotisations qui n’auraient #
| pas été acquittées dans les cinq jours suivant l’assemblée générale mensuelle, seraient recouvrées par la poste et le , | montant en sera augmenté de 50 centimesspour frais de . Toute Université populaire en retard de ses cotisations ne pourra plus jouir des avantages de la Fédération jus- | qu’à ce qu’elle se soit remise à jour. Toutefois, dans ce cas, k Y’Université populaire pourra demander à se libérer par fractions et la Commission de contrôle sera appelée à déli- | bérer sur la question. , Les cotisations arriérées furent recouvrées par la poste; une Université populaire seulement sur quinze fe | ne put pas régler sa cotisation. Depuis cette époque, les recouvrements des cotisa- | tions arriérées se font régulièrement par la poste et ; aucune difficulté ne s’est élevée à ce sujet. Je crois donc devoir appeler l’attention des cama- x ke rades de province sur l’urgence qu’il y a tant pour une 4 ; Fédération que pour une Université populaire à ne pas laisser se créer des arriérés de cotisations. Beaucoup d’Universités populaires parisiennes ont disparu parce qu’elles ne surent pas encaisser réguliè- \ Alors que le nombre d’inscrits aurait largement sufi à subvenir aux besoins de l’Université populaire si chacun avait payé la cotisation annuelle de 6 francs, F beaucoup profitaient de la faculté qui leur était laissée 4 ; de s’acquitter mensuellement, réglant un premier mois, È parfois un deuxième, puis étant restés pour une cause ou une autre absents de l’Université populaire pendant ï un temps plus ou moins long, cessant d’y retourner à \ parce que l’arriéré de cotisations se trouvait être trop ;
EL | procès-verbal des séances F k C’est ainsi que nous avons vu des Universités popuji laires de cinq à six cents adhérents recouvrer à grand a : peine 30 à 40 francs par mois, et ainsi, non seulement M se débattre dans des difficultés financières, mais encore vis d’elles pour revenir. À À La vraie solution, à notre avis, est d’exiger dès leur D. échéance le règlement régulier de toutes les cotisa- ; tions; le versement de petites sommes ne gêne personne et nous recommandons même le recouvrement à
L’Université populaire a l’avantage ainsi, non seu-
é lement de toucher ses ressources en temps utile, mais. encore de savoir exactement le nombre d’adhérents. sur lesquels elle peut compter.
Ce système, obligeant les adhérents à collaborer à l’œuvre commune, resserre également entre eux les liens de solidarité.
Nous citerons à titre de comparaison le système
adopté par les grandes coopératives belges : la Maison du Peuple, de Bruxelles, le Vooruit, de Gand, qui, loin de faire crédit, font payer même le pain d’avance à Ce leurs adhérents; elles accordent d’ailleurs la gratuité absolue à tout adhérent malade ou sans travail pendant À six mois, mais seulement après délibération du Conseil 4 C’est ce que nous voudrions voir adopter par les | j Universités populaires; et nous voudrions que les adhé- | A rents fissent consister la solidarité non pas dans une | timidité mal placée à l’égard d’un camarade débiteur, Ë ; mais dans le sentiment de chacun de s’acquitter régu- À lièrement de ses dettes envers le fonds commun. j
Après cette lecture, la première Commission recommande aux Universités populaires d’insérer dans leurs statuts une . | clause analogue à la suivante : ! è La cotisation, fixée par exemple à 6 francs par an, peut être payée à raison de cinquante centimes par mois et : d’avance; les camarades doivent s’acquitter de la cotisation ( dans le mois courant. Les cotisations qui ne seraient pas (4 À acquittées dans les cinq jours suivant la fin du mois seraient recouvrées par la poste. Pour répartir sur deux : | mois les frais de recouvrement, il serait ajouté au montant | du recouvrement la cotisation du mois suivant. k Tout camarade en retard de sa cotisation ne pourrait pas Î jouir des avantages offerts par l’Université populaire à ses | Il est recommandé aux Universités populaires de tenir la main au paiement très exact des cotisations, même pour les camarades n’ayant pas fréquenté l’Université populaire, et également de profiter de toutes les fêtes, promenades ou séances extraordinaires, pour faire rentrer les cotisations en interdisant absolument l’entrée aux membres La fermeté des organisations, sur ce point particulier, ? est le plus souvent une question de vie ou de mort pour les organisations. Le recouvrement à domicile ne peut donner des résultats effectifs qu’à la condition que les membres soient habitués à ce procédé. IL est certain que les premières tentatives qui seront faites aujourd’hui par les Universités populaires existantes pourront donner des déboires; cependant, les membres nouveaux qu’on habituera à ce procédé dès l’origine seront beaucoup .moins réfractaires, et on peut espérer enrayer ainsi. les non-paiements, comme y a réussi la Fédération parisienne. Il serait bon de réserver au Conseil d’administration de Ë chaque Université populaire les exonérations de cotisations, momentanées, pour les camarades malades ou en
SR [is procès-verbal des séances. v La première Commission, après avoir pris connaissance nr de la proposition du Foyer du Peuple concernant la création DA d’une caisse centrale de subvention dans chaque fédéran tion régionale, et après avoir discuté et remanié les diffé- à Lt rents articles de ce projet, propose l’établissement de cette te ’ caisse d’après les bases suivantes : ; ä \ 1° Il est créé dans chaque région une caisse centrale de | Gi subventions destinée à subventionner tel ou tel groupement tn ; dans un but déterminé. | HV 2° Dans aucun cas les demandes de subvention ne pour- ï ront être agréées si elles ont pour but de payer une dépense déjà engagée. ) Î j Ne pourront être prises en considération que les demandes ! ayant trait à des achats, travaux, organisations futures, et | après que ces projets auront été étudiés et approuvés par l’organisation centrale de la caisse. 3° La caisse sera gérée par des délégués spéciaux à raison
de un ou deux par groupement; les délégués nommeront
; a) Un trésorier, un trésorier-adjoint, chargés de la gestion FE b} Une commission de contrôle chargée de l’examen des re £° Cette caisse serait alimentée par des dons personnels, d des subventions municipales ou autres, des fêtes spéciales, : Le < (1) Ce vœu a été renvoyé par le Congrès à la Commission d’orga- 7 U nisation de la Fédération nationale. h
organisation financière et administrative actifs ou honoraires ANGERS par mois | Brestoise par mois ; Société de Lecture et Le 1 62 -
L’Éducation d’Angers est administrée È _par un conseil de sociétaires, se réu- | nissant mensuellement; le nombre des membres est variable. Elle a
AP organisé de grandes conférences,
eo ri ge des concerts avec d’autres organisa-
’ tions. Elle pense qu’il lui serait favorable de pouvoir diminuer le montant de la cotisation pour | attirer un plus grand nombre |
—— | a eu la pensée d’or- | L’Éducation d’Auvers est administrée | ganiser une tombola par un conseil de 15 membres tirés
et des fêtes pour au sort chaque année. Pas de pré- 4
augmenter ses res- sident. Un administrateur-délégué. à | sources. Jusqu’à pré- Les camarades font l’effort néces- | sent elles n’ont pas saire à l’équilibre du budget.
Administrée par les membres fondateurs ou admis comme tels. La Mairie fournit le | local, le chauffage, | Conseil de 4 membres. L’instituteur l’éclairage et 20 fr. est président de droit.
organisation financière et administrative à actifs ou honoraires | L’Éducation mutuelle | o franc 50 | | . Cnoïsy-Le-Ror par mois 1H La Fontenaisienne 0 franc 50 | o france 50 | | Fontenay (Vendée) par mois par mois | | LAvaAL par mois par an Ë L populaire par an [E dit Maison du Peuple o franc 50 HA Lyon par mois » à
,
par la Municipalité. Conseil de 12 membres composé de 6 professeurs et 6 ouvriers syndiqués, renouvelé chaque année en assemblée générale. Commission de contrôle de 3 membres. Publie un bulletin mensuel de quatre pages ,, envoyé à tous les membres. Fondée par la Bourse du Travail. L’Université populaire y a son siège, ce qui la dispense de frais de loyer. Conseil de 12 membres. 4 membres d’organisations ouvrières de la l’Université populaire. 4 membres actifs. Les statuts assurent l’influence des ouvriers syndiqués. Dirigé par la Société Lyonnaise d’in- | Pas de moyens finan- struction et d’éducation populaires ciers extraordinai- qui l’a fondée. Dans le Conseil de res. 4 membres élus, il n’entre pas de membres de la Maison du Peuple.
; organisation financière et administrative _ | des Tir mer actifs ou honoraires | Les Lizas (Seine) par mois par mois ES LIMoGEs par mois 218 MEAUx par mois par mois . Te MoxrreuiL-sous-Bois | par semaine is | 66 4
Fêtes et représenta- | Conseil de 9 membres actifs élus à tions. À reçu 200 fr. l’assemblée générale pour deux ans, de la Société des renouvelable par moitié. CommisUniversités popu- sion de contrôle 3 membres élus. laires ; 100 francs de Les membres adhérents peuvent la Ligue de l’Ensei- devenirmembres actifs, après3mois, gnement à sa fonda- en payant la cotisation de o franc 50 | tion. et s’ils sont admis par le Conseil. Ne sollicite pas de dons pour éviter | Elle comprend 5 sections ou Univerlimmixtion patro- sités populaires. Dirigées par un nale. À reçu à titre conseil de 20 membres, à raison de , exceptionnel 400 fr. 4 membres par section. Assemblée | des Conseils Munici- semestrielle. pal et Général. ; Do pps pour deux ans. Renouvelable par D come des moitié. 33 membres choisis parmi ! dons ou Mar oi membres actifs. Assemblée semesmi trielle. Reçoivent environ | Sans statuts, ni conseil, La cotisation 600 francs par an des n’est versée que par les membres 300 personnes avec organisateurs (15 ou 20) responsalesquelles ils sont bles personnellement des frais gé-
organisation financière et administrative | des ET Trot | actifs ou honoraires |}
SAINT-QUENTIN ; par famille D des 0 franc 60 KR 11 par mois “| (treizième arrond’) 4 pour A Paris PASSE une famille AN à |
A manqué d’organisation au début et s’en ressent toujours, ce qui est d’autant plus regrettable que ses , cours avaient un réel succès. Administrée par un Conseil de 13mems : : a Conseil ses conférences, à la Bourse du E Travail, elle reçoit les auditeurs Municipal pour achat : Élèy E ÉTÉ gratuitement et ne prélève la cotisation que sur les membres qui la Conseil d’administration de 15 memDonateurs : son tréso- bres, élus pour trois ans, renouverier, 500 francs par lable par tiers. Assemblée générale an; son président annuelle. Sont électeurs les mem- | l’aide également. bres ayant payé régulièrement leur | cotisation pendant un an. -
organisation financière et administrative Dhs actifs ou honoraires | (quatorzième arrond’) de + sr | “Re par mois par an | | Foyer du Peuple 6 francs 4 te par mois | par famille 17 |
Compte 120 membres Conseil de 12 membres actifs, nomnt et énviron més en assemblée générale pour PP embees Hong. dix-huit mois, renouvelable par A ne cube tiers tous les six mois. 5 membres ER Holaran rares suppléants renouvelables tous les d’une coopérâtive et six mois. Une commission de 50 francs de la Caisse contrôle de 3 membres, ROUES Les membres peuvent devenir actifs au bout de six mois. Conseil administratif : 9 membres actifs élus pour trois ans, renouvelable par tiers tous les ans; 5 suppléants ayant composé du conseil précédent et de 15 membres actifs, élus pour cinq ans, renouvelable 2 par an. Ce con- ; seil est chargé de la direction d’ensemble. Les groupes sportif et draFA matique sont autonomes, sous le contrôle du conseil, qui fixe leur Conseil de 73 membres élus pour un an en assemblée générale. Les adhé- Composée d’ouvriers rents votent au bout de six mois. et employés. Son budget est équilibré par une
et Recouvrements
de la Fédération Parisienne des Universités Populaires (1) En février : don du Réveil des I*” et Il, 211 fr. 65; subvention j | au congrès, 100 francs. — (2) En mars: don de Voltaire, 50 francs.
Séance du Lundi 23 Mai
La séance est ouverte à neuf heures.
Après la lecture de plusieurs lettres et télégrammes
l d’excuses, on passe à la lecture du rapport de la troisième commission par le camarade Rabaud, rapporteur.
L’enseignement dans les Universités populaires (x) a
pour but de compléter l’instruction que donnent l’école
et les œuvres post-scolaires ; il ne doit pas seulement
munir l’esprit de connaissances plus étendues et plus
( précises ; il contribue aussi à l’éducätion mutuelle des
caractères et à rendre les citoyens plus conscients de M
leur solidarité, de leurs droits et de leurs devoirs dans « *
(1) Des rapports sur ce sujet ou: des notes et documents ont été ÿ
envoyés au congrès par la Fédération des Universités populaires s
Pyrénéennes, les Universités populaires de Lyon, Brest, Limoges,
à Laval, Caveirac, Fontenay-le-Comte, Sens, Saint-Quentin, Angers,
Auvers-sur-Oise, Les Lilas, Choisy-le-Roï, Meaux, Nancy, Le Mans,
Montreuil, la Société d’enseignement populaire de l’Hérault, la
Fédération post-scolaire de Saint-Gilles, les Universités populaires
parisiennes du Grand-Montrouge, des troisième, sixième, treizième, 4
| tous les emplois de leur activité ; il habitue à penser et à raisonner, à rechercher librement la justice et la vérité; il sert enfin à former et afliner le goût. | Tout en restant populaire, accessible à tous ceux qui n’ont fait que des études primaires, il est toujours î Conférences isolées. — Un des plus commodes | moyens d’enseignement est la conférence. C’est le seul que quelques Universités de la banlieue | ou des départements aient pu employer jusqu’à présent. | On profite alors, à la rencontre, des bonnes volontés qui se présentent ou dont on obtient le concours, et les $ sujets les plus divers sont traités successivement, sans méthode et sans choix. ” | Aux yeux de quelques-uns, c’est le meilleur système. « Plus on remue de sujets, disent-ils, (1) plus on a de chances de révéler des aptitudes et de stimuler la curiosité. Le parti-pris de se refuser à tout plan et de dire de toutes façons est donc réfléchi. » C’est l’incohérence érigée en théorie. Si l’on a chance ainsi d’éveiller des idées nouvelles, cet avantage ne compense pas l’inévitable danger de la confusion qui se produira dans les cerveaux. D. Or c’est de clarté qu’ils ont besoin. La plupart des Universités où ce défaut de logique et de suite dans l’enL seignement a été imposé par les circonstances ne de- Il a été très nettement marqué et condamné par cer- (G) Deherme: Une tentative d’éducation et d’organisation populaires.
PASS _ séance du lundi 23 mai PVO (No taines Universités populaires. Celle de Montrouge : qu s’exprime ainsi : 4 ( On -pourrait reprocher à l’enseignement reçu dans les 4 ne Universités populaires d’être quelque peu chaotique. Les conférences s’y suivent sans méthode, sans gradation à er ï aucune. Telle conférence, par exemple, traitant des prin-
cipes élémentaires d’un sujet, viendra après telle autre,
1e) commentant au contraire les conclusions, les conséquences ï ou les applications de ce même sujet. Telle conférence qui | eüt eu besoin de telle autre pour être intelligible vient | ; cependant avant celle-ci, et ainsi de suite; de même des k Te opinions absolument coniradictoires et incompatibles sont si \i successivement formulées à quelques jours de distance par He des conférenciers également documentés, appuyant leurs Fi assertions contraires sur des faits de part et d’autre scienS tifiquement contrôlés. Qui croire ? ‘ia : Si cette méthode, ou plutôt ce manque deméthodeasonbon s côté en ce sens qu’elle oblige l’auditeur à une gymnastique intellectuelle de réflexion, de comparaison, qui, en somme, Ÿ est salutaire parce qu’elle le force à se faire par lui-même une opinion au lieu d’accepter comme article de foi des opinions toutes faites, elle a, par contre, le grave inconvé- d nient d’exposer l’auditeur à mal concevoir un sujet, à mal 1 en apercevoir la filière, et à se fourvoyer en se formant une | conviction soit prématurée, soit fondée sur des appréciations incomplètes ou erronées de faits exacts. % Il importe donc d’apporter de la méthode dans Le choix et
- la disposition des conférences. !
: « Nous faisons tous nos efforts pour mettre un peu
d’ordre dans ce chaos », écrit l’Université populaire de « *# Limoges.
4 Et celle de Montreuil : « C’est pour nous un vif désir M
a que nos causeries et conférences, tout en étant variées,
Il conviendra toujours de traiter en des conférences.
Fu isolées certains sujets particuliers, notamment des ques-
tions d’intérêt actuel, mais nous pensons, nous aussi, x | qu’il faut, dans l’enseignement, de la cohésion. Cours. — Faut-il créer des cours proprement dits ? Il ne semble pas que ce soit nécessaire là où fonctionnent des associations s’inspirant de l’esprit républicain et des principes scientifiques : telles la Philo- . technique, la Polymathique, la Polytechnique, l’Union | française de la jeunesse, la Société républicaine des £ conférences populaires, le Cercle populaire d’enseignej ë | Il est loisible, à la vérité, d’organiser tel ou tel cours qui n’existe pas dans les sections de ces diverses ) sociétés ou qui peut être utilement doublé. 1108) | Quant aux localités où ne seraient pas ouverts des cours pour les adultes, une longue suite de leçons : . régulières sur une même matière serait diflicile à à Ce système d’ailleurs est moins propre à réaliser notre conception de l’enseignement dans les U. P. Il a réussi à Tarbes, à Bayonne, surtout à Lyon; 1 mais outre que cette dernière ville dispose de ressources rares, les leçons alternent de façon à plaire aux auditeurs par la variété et « certains jours sont ÿ., Ê consacrés à des lectures commentées, discutées, à des | concerts ou des représentations théâtrales ». (1) L’Université populaire de Bourges a créé pour les adultes des Fa cours élémentaires ; beaucoup de soldats illettrés les ont suivis et y ont appris en très peu de temps à lire et à écrire.
À chaque Université populaire de faire œuvre utile, suivant les € ressources et les nécessités locales ; mais en général l’enseignement | dans les Universités populaires doit compléter, plutôt que rempla- ; cer, les institutions scolaires ou post-scolaires. |
séance du lundi 23 mai è | A Paris, la Solidarité du FE es, après une expé- * NE rience de trois ans, a abandonné les leçons. L”U. P. Fontenaisienne a fait aussi l’épreuve que le développement d’un long programme rend « les salles À Nous estimons donc que, sauf exception, le système | Fe de grands cours n’est pas à préconiser.
Séries. — Mais comme il n’y a pas d’enseignement digne de ce nom sans un lien logique entre les sujets traités, quelques U. P. ont organisé à propos des ma- | tières qui les intéressaient le plus des séries de plusieurs conférences. Chaque série forme ainsi un tout | bien ordonné. 4
C’est ainsi qu’à Laval il y a eu des séries de confé- rences sur la situation des ouvriers dans différents pays, la législation ouvrière, la médecine et l’hygiène, %
l l’astronomie, l’histoire naturelle, ia musique, la coopé-
Et la meilleure preuve de l’utilité de ces séries et de leur valeur pratique, c’est le résultat qui les a suivies : les deux dernières ont amené les auditeurs à fonder s une chorale et une coopérative.
Au Mans, ont été traitées en séries les quéstions de politique extérieure, les constitutions françaises au vingtième siècle, les applications de l’électricité.
Il y a eu à Sens, une série sur l’histoire, une série
scientifique, une série littéraire, une série de psycho- 1 logie et de morale, une série relative à la loi sur les accidents du travail.
A la Fraternelle du troisième arrondissement, il faut ! noter des études sur les divers systèmes socialistes et %
sur l’évolution de la propriété, des leçons d’histoire, | de littérature sur le dix-neuvième siècle, des confé-
rences de biologie, des enquêtes-controverses sur les
méthodes syndicales, sur le mouvement ouvrier en France et à l’étranger et enfin sur l’art.
L’Union populaire du quatorzième arrondissement a
entendu depuis sa fondation des séries sur l’histoire du théâtre, sur le dix-huitième siècle, sur l’histoire de la Révolution, sur le Directoire et le Consulat, sur le pre- | mier Empire et la Restauration. Les séries sur des ; sujets scientifiques ont été très nombreuses et très goûtées, notamment sur les maladies contagieuses et sur l’histoire de la terre (système de Laplace), la nébu- [ leuse primitive, la formation des terrains, l’apparition de la vie, l’origine des espèces, l’évolution vers le type humain, l’homme préhistorique, les races humaines,
| l’histoire du langage, celle de l’écriture.
Les adhérents, ne croyant pas aux fables du caté- chisme et, d’autre part, se rendant compte que la science pouvait leur fournir d’autres explications de phénomènes obscurs pour eux, avaient exprimé le désir d’être
instruits sur ces questions par des hommes compé- tents. De là cette série, une des plus intéressantes qui aient été faites dans les Universités populaires. Les
questions économiques et sociales, les questions
actuelles aussi, telles que la guerre russo-japonaise, ont donné lieu à d’autres séries, qui ont été appréciées à leur très grande valeur.
Il conviendrait de s’y prendre assez à l’avance pour
cette organisation ; dès le mois de juin, par exemple, il ;
serait expédient de décider en assemblée générale du
L choix des sujets; on s’assurerait dès lors de la collabo-
| 79
séance du lundi 23 mai | ? ration de conférenciers qui fussent surtout des spécialistes prêts et propres à vulgariser leurs connaissances, et on prierait un d’entre eux d’exposer en une
| leçon préliminaire le cadre et l’ensemble de la série; ; puis chaque collaborateur détaillerait les parties qui seraient plus aisément mises en lumière, reliées entre elles et choisies par tous.
Il est possible de concilier les séries avec d’autres moyens d’enseignement, si la distribution hebdomadaire ou mensuelle du travail est faite avec discerne- |
ment, tel jour de la semaine étant réservé à un ordre | d’études, et tel autre jour à un ordre différent : à | VP’Union populaire du quatorzième arrondissement, par | exemple, le lundi est attribué aux questions sociales et L contemporaines ; le mercredi, à l’histoire et à la littéra- L ture ; le vendredi, aux sciences, à l’hygiène, à la philo- À 1
C’est donc le système des séries, d’un petit nombre | de conférences bien choisies, coordonnées et clairement |
. exposées, qui nous semble le meilleur à recommander |
Causeries. — Avec ou sans séries, l’enseignement ! dans les Universités populaires comporte des cause- Ml ries familières. Beaucoup de rapports insistent avec raison sur l’importance de cet exercice : L 1
Tout le monde doit collaborer,dit excellemment M. L. Planchon, de Montpellier. (1) L’enseignement des Universités populaires doit être réciproque. C’est une erreur grave et
(1) L’enseignement populaire dans les départements de l’Hérault et F4 du Gard. Montpellier 1903, page 28. ?
; un sot orgueil de penser que seuls les intellectuels sont à même d’instruire, tandis que les manuels n’ont qu’à s’instruire.
Il ne s’agit pas ici de maîtres et d’élèves, de pédagogues pontifiant ex cathedra. IL faut réaliser la coopération des
: idées par la discussion ouverte, à laquelle le plus possible des auditeurs doivent prendre part, et aussi en poussant à parler ceux qu’une modestie trop grande, une défiance
N d’eux-mêmes engage à garder le silence.
À L’Université populaire d’Angers, comme celle de Montpellier, invite à tenir compte des bonnes volontés à de tous les camarades : « On n’encourage pas assez se les hésitants, ceux dont l’instruction et la facilité d’élo- } cution laissent quelque peu à désirer, mais qui peuvent F
Celui qui juge une conférence uniquement par le talent
j dexposition de l’orateur porte un jugement superficiel. (2) À
J J’en appelle à ceux de nos amis qui ont pu constater le
succès des causeries faites par les ouvriers sur leur métier;
je nous y avons tous appris de bonnes et utiles choses.
Quant à ceux qui songeraient un instant à ridiculiser ou
| même à souligner d’un sourire une incorrection de langage ou un défaut dans la composition de la conférence, ils montreraient par là qu’ils sont à mille lieues de comprendre ce
| qu’est l’enseignement populaire et prouveraient à tous qu’ils auraient mieux fait de rester chez eux.
; L’Université Populaire de Montrouge ajoute :
Il serait bon qu’il s’organisät des sortes de causeries au É cours desquelles chacun des adhérents viendrait à tour de 4 _ rôle… exposer ses idées personnelles sur tel ou tel sujet à 4 qui lui serait familier, avec le pourquoi de ces idées. Peut-
(2) Montpellier, brochure citée, pages 28 et 29.
Fi séance du lundi 23 mai RE ‘ être y aurait-il beaucoup de bêtises débitées, peut-être y k RAC aurait-il beaucoup d’orateurs fastidieux. Mais, ne l’oublions È fi pas, l’Université populaire est un organe d’éducation et À F1 l’on n’apprend à raisonner juste, à exposer ses idées avec j ne ordre et méthode, qu’après un assez long entraînement. ; Fe Tout adhérent peut dire, d’après ses réflexions, ses k 4 à occupations, son expérience, bien des choses suscep4. tibles d’intéresser les camarades. Il serait très intéres- Ÿ sant, par exemple, que chaque ouvrier de profession } différente vint parler de son métier, suivant l’heureuse initiative de l’Université populaire de Montpellier. | M Tous les auditeurs profiteraient de renseignements É techniques; la discussion aurait des dessous plus À solides et les jeunes gens présents tireraient de là des Î indications fructueuses pour le choix d’une carrière. j A l’Université populaire du quatorzsième un bou- à langer a traité, de façon remarquable, de l’évolution u ; de la boulangerie; de même le secrétaire de la fédé- | ration du livre et celui de la fédération du papier ont 4 fait les monographies de ces groupements; un délégué 4 du syndicat des typographes de Paris a fait connaître 41 comment est préparé un numéro de journal. | L’expérience de Montpellier est donc confirmée par ‘ celle de l’Union populaire du quatorzième. Le secré- M taire de cette Université populaire, le camarade Damien, ; fait une proposition qui mérite d’être retenue : indiquer “M quelques jours d’avance une question à examiner; un \ | des camarades les plus actifs la préparerait et amor- M cerait la discussion. Des personnes compétentes pour- LL raient être invitées à la séance et la conversation bien M l J dirigée et soutenue ne s’égarerait pas en propos oiseux ; b. il se ferait un fructueux échange d’idées et même si on L
n’aboutissait pas à une conclusion ferme on n’aurait pas perdu sa soirée. Les causeries ne seraient pas seulement animées, comme le réclame l’Université populaire fontenaisienne ; elles feraient penser. | Lectures. — Pour suppléer au manque de conféren-
ciers ou pour varier l’enseignement nous signalons aussi
2 les lectures à haute voix. Elles ont été employées dès À 1848 à l’éducation populaire. (1) Elles permettent de | . passer en revue, sans fatigue de préparation, des chefsd’œuvre de prose ou de poésie des genres les plus divers, les textes et documents historiques les plus si- \ gnificatifs. Si onne fait pas connaître un ouvrage entier, | | soit parce qu’il est trop long, soit parce que tout n’y est pas attrayant ou utile, on choisit des fragments; une analyse du reste du livre les précède, les accom- | pagne ou les suit; on y joint parfois une explication,
- comme entre parenthèses, ou un commentaire plus dé- x | veloppé de manière à tirer de cet exercice tout l’effet Dans les petites localités où des conférences ne peu- | vent être organisées, les personnes qui se chargent des lectures publiques imiteront avec profit l’Université 4 populaire de Caveirac où les lectures sont « spécialisées » c’est-à-dire roulent pendant plusieurs soirées sur un même sujet pour le faire connaître sous tous ses | aspects, par exemple sur l’hygiène et l’économie domestique. On évite ainsi l’incohérence et l’on obtient quelques-uns des avantages des conférences en séries. 4 (1) V. Article de Sainte-Beuve, Causeries du Lundi (21 janvier 1850).
séance du lundi 23 mai , Des programmes de lectures méthodiques devraient L A être préparés par la Fédération des Universités popu- 4 laires et mis à la disposition des camarades qui en è {3 feraient la demande. Il serait souhaitable de leur À fournir aussi des livres qu’ils n’ont pas toujours sous 1 LR Cela n’empêchera pas tout camarade qui aura lu un Ne livre ancien ou récent de l’analyser à l’occasion devant | | ceux qui ne le connaissent pas. Tous seront mis au 4 courant, par ce procédé, de telle publication nouvelle M qu’ils auraient hésité à acheter ou qu’ils n’auraient pas F eu le temps de lire; ils s’assimileront vite ce qu’elle | aura de plus substantiel, chacun aidant par ses remarques à en mieux pénétrer le sens. ‘1 Discussions. — Après conférences, causeries ou lectures, des discussions doivent s’engager : elles ne sont pas le moindre moyen d’enseignement et d’éducation. D’heureux essais en ce sens ont eu lieu déjà dans plu- ; sieurs Universités populaires. Deux conférenciers, par dictoires ; puis la discussion, tout en restant courtoise, { n’est que plus ardente. (1) Parfois les auditeurs, après la séance, notent par écrit leurs observations : le terrain L estainsi déblayé pour la prochaine réunion. Ailleurs, (2) À 16 un adhérent donne un bref aperçu du sujet, pose la . question, ensuite les débats sont ouverts. La tentative de Persan-Beaumont est particulièrement
originale : les membres de FUniversité populaire in- *
scrivent sur un registre les questions qu’ils désirent
entendre discuter. Chacun se prépare et, au soir
marqué, 200 personnes dans ce village de 2.000 habitants viennent écouter la conférence et y participer. On s’est même avisé d’écrire sur deux tableaux juxtaposés
: les arguments pour et contre : à chacun de tirer la con4 clusion. à | D’autres (1) reviennent, à huit jours d’intervalle, sur F un sujet assez longuement retourné de tout sens ; les . - idées naissent alors plus abondantes : ils en ont fait à | l’expérience et les entretiens, sur une même matière, étant plus nourris, soutenus chaque fois par des argu- *; . ments nouveaux,se multiplient tant que la curiosité des disputeurs ne se lasse pas. ra -On peut varier les procédés : l’essentiel est qu’on FA | Il ne faut pas qu’une fausse pudeur ou une discrétion s ; hors de place empêche de poser des questions, de dé- : | finir des objections, de signaler des lacunes ou des erreurs. Les conférenciers ne viendront que mieux | armés en vue de ces débats amicaux et les auditeurs, au | lieu de rester passifs, parleront à leur tour : la confé- ; rence reprendra son sens étymologique et accroîtra sa | valeur éducatrice. Les discussions porteront sur les Ï causeries et les lectures, commentées ou non, aussi bien que sur les conférences. Elles développeront les , points de vue, feront jaillir plus de lumière et condui- | ront à plus de vérité. Elles seront du moins une mer- | veilleuse gymnastique pour l’esprit. ;
48 séance du lundi 23 mai TL
Ni On y gagnera encore de devenir plus justes les uns
î pour les autres et plus sociables.
nr _ L’homme, dit l’Université populaire de Montrouge, ne se
Être - perfectionnera moralement qu’autant qu’il aura la force Ë
£ de traiter avec indulgence les imperfections de ses sem- ;
Me Cette tolérance pour autrui, cette habitude de ne « K point considérer comme un fripon ou un imbécile qui- ;
ï conque ne pense pas comme nous influera à la longue 1
sur les mœurs publiques. 4
4 « Après avoir écouté un contradicteur sans l’inter- À
} ; rompre dans une salle d’Université populaire, on sera
à plus disposé à laisser les candidats aux mandats poli- 4
4 tiques développer leurs programmes dans les réunions 1
ê publiques ; on discutera avec eux ou leurs partisans -
| ou leurs adversaires, avec chaleur et vivacité sans ;
doute, mais sans grossièreté, sans violence ; on laissera définitivement de côté les huées et les injures À
pour les remplacer par des faits bien observés, par des
arguments bien déduits. F.
La Politique. — Ce n’est pas que l’Université popue M
1 laire doive s’occuper de politique électorale, au cop- ;
traire. Quand elle est ainsi sortie de sa voie, elle s’est #
ge, perdue : nous pourrions citer exemples à l’appui. Done 4
< pas d’esprit de coterie, pas de propagande pour un ï
Ë groupe ou une personne; mais un effort pour dévelop- EL :
per l’esprit politique, pour s’élever au-dessus des que- 1
relles de partis, pour s’instruire de la politique géné- 4
2 rale, pour connaître les doctrines, en saisir les consé- de al
quences, en juger la valeur, voilà ce que doivent se : 4
proposer les membres des Universités populaires. Tous. 4
assurément appartiennent aux diverses fractions de la
h gauche; ils sont radicaux, radicaux-socialistes, socialistes, etc.; mais ce ne sont là que des prénoms; le nom de famille est: républicain. Tous ensemble dans les Universités populaires cherchent à seconder de leur mieux, chacun pour sa part de citoyen, le progrès
démocratique et social.
L Tels sont les rapports très généraux, mais impor-
. tants et bienfaisants de la politique et des Universités
Enseignement professionnel. — De l’enseignement
professionnel, nul ne conteste l’utilité. L’Université
. populaire de Montrouge le met bien en relief :
Dès sa sortie de l’école, l’enfant est placé n’importe où,
au premier poste venu, — pourvu qu’il rapporte, — con-
| forme ou non à ses aptitudes. Il ne suit point un appren-
; tissage, on en fait un manœuvre, et le voilà condamné toute sa vie à l’incertaine et précaire situation d’homme de
peine parce que ses parents n’ont pas eu le moyen d’attendre, avant qu’il arrive à gagner, qu’il ait appris un
| ? Est-ce l’Université populaire qui remédiera à ce
mal ? Peut-être en quelques endroits, à condition d’instituer un ou deux jours de la semaine, füt-ce le
À dimanche, des cours professionnels où enfants et jeunes
| gens se mettraient sans eflort « un métier dans les mains ». Un matériel pour ces cours serait coûteux. Mais l’Université populaire de Montrouge propose une x solution à cette difficulté : 3
N’y a-til pas parmi les adhérents des ouvriers travaillant à leur compte ou même des petits patrons, — je n’ose .
ne séance du lundi 23 mai 1° | espérer des grands, — qui puissent réunir chez eux des : | k apprentis de l’Université populaire et faire leur instruction | Le : d’après leur propre matériel? ‘il Cela ne semble pas impossible à réaliser, surtout si L f les grands patrons s’en mêlaient; cela leur ferait ï honneur et tournerait à leur profit, leurs futurs | ouvriers devant être plus habiles dès l’entrée dans leur À Ë Il est vrai qu’en DTisouEe localités l’enseignement 4 | professionnel a déjà une place et il dépend des muni- à : cipalités, de particuliers ou de groupes disposant de fonds suffisants de le créer là où il rendrait des ser- À À Limoges par exemple, il est admirablement organisé par la Bourse du travail. Des cours de peinture, 4 é de modelage, de coupe, de dessin y sont professés. Au Mans, il est donné aussi à la Bourse du travail par divers syndicats; il y a notamment un cours de | dessin pour les ouvriers en voitures. | | La Fraternelle du HI° pense que l’Université popu- A laire n’est pas apte à l’enseignement professionnel ; il Î | fait, dit le rapporteur, « l’objet propre de l’apprentissage lequel ne saurait porter de fruits que s’il est cul- 1 tivé dans le cadre où il est appelé à se développer et à 1 acquérir sa maîtrise, c’est-à-dire à la fabrique. Non, SR nous ne pouvons faire des cordonniers, des menuisiers, LE : des mécaniciens, etc. Dans tout travailleur, il faut con- 1 sidérer l’homme dans sa plénitude et l’ouvrier dans sa 1 spécialisation ; le premier relève de l’Université popu- “4 laire ; le second, de l’atelier. » A Cela est vrai en théorie; mais la distinction de $
l’homme et de l’ouvrier dans le travailleur est un peu Si telle Université populaire, dans une ville dépourvue d’enseignement professionnel, est en mesure de faciliter la tâche à l’ouvrier ou au futur ouvrier, pourquoi se | l’interdirait-elle? Ne nous enfermons pas en des cadres ‘ trop rigides qui empêchent une action bienfaisante. L’enseignement professionnel, écrit l’Université populaire de Choisy-le-Roi, peut exister quand une 3 profession domine dans un pays; à Choisy, la princi- ‘pale industrie étant la faïencerie, il pourrait être établi | un cours d’art décoratif, dessin et modelage. Des cours susceptibles d’être utiles dans plusieurs professions, par exemple, la sténographie et la compta- . bilité, les langues vivantes, ont été faits dans plusieurs É Laissons donc chaque groupe étendre ou réduire son | champ d’activité suivant ses ressources, les désirs de ; | ses adhérents, et les besoins locaux. à Bibliothèque. — La bibliothèque est le complément À nécessaire de l’enseignement oral. Chaque Université | populaire devrait avoir la sienne dans une salle à part; les lecteurs qu’une conférence n’intéresse pas L s’instruiraient ou se divertiraient suivant leurs préfé- rences. A leur disposition il faudrait, plutôt que des E livres de critique, le texte même des grands écrivains, des ouvrages de science sûre, d’économie sociale, d’histoire, des récits de voyage, des atlas, des cartes Il est nécessaire encore, dit avec raison la Fraternelle du If, qu’un certain nombre de revues soient reçues réguliè-
séance du lundi 23 mai FIGE ; rement afin que les adhérents puissent se tenir au courant À ÿ du mouvement des idées. È ÿ Livres ou abonnements étant assez cher, la Frater- 1 nelle se crée des ressources par une initiative qui est É d’un bon exemple : CRE : Nous avons formé, écrit son rapporteur, avec l’aide des 1 ! camarades les plus assidus, une petite association dans l’Université populaire, ayant pour but de fournir les ? sommes nécessaires à l’abonnement de revues jugées indis- 4 pensables. Ce sous-groupe n’a ni caractère officiel ni exis- L. tence distincte ; il abandonne purement et simplement à 4 l’Université populaire les ressources recueillies à l’aide de 1 souscriptions volontaires et supplémentaires ; son but est d’augmenter la somme allouée mensuellement sur le È budget régulier pour l’achat de livres. Dans une autre Université populaire, l’Union du quatorzième arrondissement, les camarades qui ont des livres à eux les prêtent à la collectivité. Les Fédérations régionales et la Fédération générale 1 pourraient organiser une bibliothèque circulante Ÿ comme en a le musée pédagogique ; elles enverraient pi ainsi aux diverses Universités populaires des livres L| pour des lectures publiques ou pour l’usage particulier Li des adhérents ; les frais d’envoi seraient à la charge LE du groupe ou des emprunteurs particuliers. FA Publications. — Le premier fonds de ces bibliothè- + ques pourrait consister dans la publication de confé- ‘à rences populaires d’intérêt régional ou d’intérêt général. k 4 On les lirait à haute voix dans les Universités popu- 4 laires qui manquent de conférenciers ou que touche j À la question traitée. Partout les auditeurs, surtout lors- ni ; qu’ils ont eu quelque peine à suivre le développement És | 90 . 4
d’un sujet, en garderaient un souvenir plus net et plus durable, si, comme à Auvers-sur-Oise, le résumé des causeries les plus importantes était reproduit à l’autocopiste et distribué au siège social. Ce résumé serait rédigé par le conférencier lui-même, par un membre du comité ou par un adhérent de bonne L: volonté, et revu, en ce cas, par le conférencier. r néennes, — Hérault et Gard), telles Universités popu- | Ÿ laires (Amiens, Lyon, Meaux, Nancy) ont en caisse : assez d’argent pour faire imprimer des bulletins ou des brochures contenant des rapports, des notices sur leurs sociétés et des travaux de chacune d’elles. ; De ces indications tireront parti les autres Universités : populaires. Leur trésorier, mieux que personne, sera à en mesure de préciser si elles doivent imiter ces exemples ou en proposer d’autres. Séduisante est toujours pour une société la tentation | d’avoir son bulletin : mais l’impression est cher, la à publicité insuffisante le plus souvent à couvrir les frais, | et les abonnés sont rares, parce qu’ils ont d’autres Matériel d’enseignement. — Une des dépenses de première nécessité, c’est l’achat d’un matériel d’ensei- : gnement, cartes de géographie, tableaux noirs, surtout lanternes à projections. Car on a éprouvé quel succès à obtiennent les conférences illustrées de projections. Il est excellent de se procurer tout ce qui peut servir à l’enseignement par l’aspect; ce que les yeux voient, A l’esprit le saisit plus vite et le retient mieux. Aussi les conférences scientifiques accompagnées
È séance du lundi 23 mai ‘TS s d’expériences ne sont-elles pas seulement plus goûtées, 4 L le profit en est plus complet, plus immédiat et plus ‘ Une petite réserve de fonds à cet usage n’est-elle pas À : L’Art et les Universités populaires. — « Le peuple a 4 droit à la beauté », fait dire l’auteur des Mauvais ber- ; gers à l’un de ses personnages. Les Universités popu- , laires ne doivent pas négliger l’éducation artistique. 1 Certaines d’entre elles (Coopération des idées, Union * « Mouffetard, Union populaire du quatorzième) se sont préoccupées d’orner leurs locaux de reproductions ; En attendant qu’il ait été ouvert, comme il en a été question, des musées du soir où l’ouvrier puisse passer | : quelquefois un moment de loisir, plusieurs Universités | populaires ont conduit leurs membres dans des musées. Ainsi ont fait Le Foyer du Peuple du dix-septième, Le | Livre du sixième; à Montreuil, mademoiselle France À Raphaël a expliqué l’évolution de la peinture et de la | sculpture; tous les mois elle a emmené ses auditeurs 1 dans un musée. LR: Mais, pour éviter une déperdition de forces, la Fédé- # ration des Universités populaires parisiennes s’est E afliliée à une très intéressante association, fondée sur- 4 tout par des ouvriers du treizième, l’Art pour tous. 4 | Sous la direction d’une personne compétente, on /2) visite tous les dimanches soit un petit musée comme la É: maison de Victor Hugo, soit une salle d’un grand + musée, soit dans ce musée une école de peinture ou de #1 sculpture, soit les œuvres de tel ou tel artiste. Par ci
exemple, le programme portera une fois : la sculpture & grecque; une autre fois, les figurines de Tanagra; les . vases peints; la sculpture à la Renaissance; ou encore : les primitifs; ou l’œuvre de Raphaël d’après les tableaux du Louvre; celle de Léonard de Vinci, de Velasquez, des frères Le Nain, de Valentin, de Chardin, Ë ; d’Ingres, de Delacroix, de Géricault, etc. 3 On ne se borne pas aux galeries publiques; on se | met en peine d’avoir accès dans de belles galeries pri4 vées, telles que celles de MM. de Camondo, Chéramy, à Alexandre Charpentier, ont ouvert aussi leurs ateliers ; s à l’Art pour tous et par conséquent aux Universités 5# | Pas une manifestation de l’art qui laisse cette société . indifférente : salons annuels, exposition de photogra- : É. phie, exposition de dentelles, exposition de l’ivoire, etc. ÿ . L’Art pour tous a guidé ses adhérents dans tous les établissements remarquables par l’originalité du travail L humain : à l’imprimerie nationale, à la manufacture de tabac, à celle d’allumettes de Pantin et d’Aubervilliers, à celle de porcelaine de Sèvres, à la cristallerie de Saint-Denis, aux ateliers du maître forgeron Robert, à ‘école Estienne (reliure), à une usine à gaz, à l’usine à électrique des Halles, etc. ; L’Art pour tous a fondé aussi des concerts populaires ; qui ont eu lieu le jeudi au Théâtre du Peuple. : 4 -_ L’entente avec l’Art pour tous permet ainsi à la plu- ; part des Universités populaires de Paris de profiter à aisément de toutes les richesses artistiques de la ville et de la banlieue.
pa séance du lundi 23 mai 3, € F0 On a même organisé des excursions et des voyages 4 en lointain pays. Si les membres de telle Université | populaire, Union Mouffetard, la Fraternelle du troi- à sième, l’Union du quatorzième, sont allés par groupe à ù Bellevue, à Saint-Germain, à Versailles, l’Art pour tous ê et la Fédération des Universités populaires ont poussé ‘2 jusqu’à Dieppe, à Rouen, à Bruxelles : on se propose : Ces récréations esthétiques ou ces promenades in- I structives complètent fort heureusement les leçons ou . 1 A chaque Université populaire, si elle le veut et le | peut, d’organiser telle visite particulière qui s’ajuste | mieux à son enseignement ; exemple : à la suite d’une | Û conférence sur l’origine des espèces, une visite au | Museum. (1) C’est alors la leçon de choses, l’enseignement par l’aspect. Dans les départements, ces moyens d’action ont été | employés avec succès à Montpellier, à Nimes, à 4 Caveirac (promenades à Arles, au Pont-du-Gard, à hi
- Aigues-Mortes). Ils sont à recommander et à généra- |
Partout on peut rendre ces courses fructueuses : chacun ï
doit y parler, s’informer, interroger, expliquer ce qu’il sait, ‘Al
et bien souvent les intellectuels sont les premiers à retirer E
profit de ces leçons de choses. Au cours de ces promenades, DA des entretiens plus suivis qu’à la fin des conférences se LA nouent entre les camarades pour le plus grand bien de tous. À Il est rare qu’on en revienne les uns et les autres sans se je) , rendre compte qu’on avait mal apprécié ou superficielle- sl (1) Ainsi a fait l’Université populaire de Choisy-le-Roi.
4 ment jugé tel ou tel, et sans se féliciter de le mieux | connaître. Dans certaines villes il est possible de visiter en | pleine activité des usines, des chantiers, des laboratoires, et ce n’est pas un des moindres résultats que de montrer
aux uns les ouvriers, et aux autres les professeurs au
milieu de leur vie laborieuse, que chacun croyait connaître
i et sur laquelle on portait des jugements si prématurés et si injustes. On apprend ainsi à réfléchir, à rendre meilleure
; justice, à faire une sorte d’examen de conscience et à com-
; parer intérieurement ce que font les autres à ce que l’on : fait soi-même ; et s’il arrive qu’on en retire çà et là quelque : vanité légère, il est bien plus fréquent qu’on recçoive une 4 - leçon de modestie. Rien n’est plus salutaire à la rectitude
dl ultérieure des jugements.
M Si l’on peut, comme on l’a fait à Montpellier, trouver un
1 lieu de réunion permanente à la campagne et rendre ainsi
- hebdomadaires tout au moins ces réunions si heureuses, on
É Quand on est curieux d’aller au loin, puissent les
compagnies de transports en commun accorder à ces compagnies laïques d’ouvriers autant de faveur qu’aux
4 Il n’est pas de région où les bonnes volontés ne puis-
k sent trouver matière à l’éducation esthétique.
4 Il faut signaler tout spécialement l’institution des
6 Musées cantonaux, dont le fondateur est M. Edmond Groult, d’Ouilly-le-Vicomte, près Lisieux. 4 | Ces Musées de nouvelle espèce ressemblent à une Société
de Secours Mutuels, où chacun apporte, comme mise de
- fonds, son savoir et sa bonne volonté. Ils ont pour but
| d’éveiller le goût des arts et de vulgariser toutes les con-
naissances utiles, dans une région déterminée. { Le local est presque toujours offert gratuitement par la municipalité du chef-lieu de canton.
| 95
É à | séance du lundi 23 mai FRS 2 Les collections, pour la plupart essentiellement locales, Une sont fournies gratuitement par les habitants du canton. FA On y trouve, grâce aux notices explicatives accompagnant pi chacun des objets exposés, des renseignements sur lan ET thropologie, l’hygiène, l’agriculture, l’industrie, l’histoire #4 naturelle de la région et sur les Colonies françaises. On y fe voit la photographie des monuments du canton avec leurs 7 dates; des notices biographiques sur tous les hommes illustres de l’arrondissement; le tableau d’honneur des soldats du canton morts pour la patrie; la liste des bienfaiteurs du canton. (1) Cette œuvre d’initiative éclairée pourrait servir beau- : coup, si elle était imitée, à l’instruction populaire, à y l’éducation artistique et à l’émancipation intellectuelle du peuple des campagnes. Aucune forme d’art ne doit être négligée. Dans plusieurs Universités populaires ont été faits régulièrement des cours de solfège. Dans d’autres, on a fondé une chorale. 1 Dans les mêmes ou dans d’autres, il y a des cours de | Il appartient aussi à chaque Université populaire À d’instituer, suivant le vœu d’une d’elles, « des fêtes ide éducatives mensuelles »;: on y ferait entendre les chefsd’œuvre des génies dramatiques ou des grands maîtres f Cette tentative a très bien réussi déjà dans quelques | arrondissements : au troisième, au treizième, au qua- | () M. Groult a fait tenir au Congrès des Universités populaires une très intéressante communication sur ce sujet. À
Des troupes d’amateurs se sont formées, sous la direc- | \ tion de Maurice Bouchor, Paul Dupuy, madame Gil : Baer, et ont passé d’une scène à l’autre. L Il ne s’agit pas là d’une fête simplement divertissante : une petite causerie d’introduction, une remarque DAT bien placée, un commentaire sobre et clair, et surtout | le caractère de l’œuvre présentée au public, donnent à ces exercices qui plaisent entre tous et qui sont à encourager et multiplier, un véritable caractère d’en- Personnel enseignant. — Des instituteurs, des professeurs républicains de l’enseignement secondaire ou p supérieur, des élèves de l’École Normale supérieure à Paris, des professeurs d’École normale dans les départements, des secrétaires ou des membres des syndicats, des militants ouvriers, des industriels et des négociants, des magistrats, des avocats, des médecins, Le | des architectes, des publicistes, telles sont surtout les L
- personnes qui ont donné aux Universités populaires | l’enseignement. Quelques pasteurs y ont aussi collaboré en s’abstenant de tout propos confessionnel; des hommes politiques pareïllement, en se gardant de toute avance électorale et de toute manœuvre de politicien.
1 Il n’est guère fréquent, à Paris, qu’une Université populaire, comme celles du cinquième, du treizième, du quatorzième, puisse presque, par sa composition, se
: suffire à elle-même. Fa Les secrétaires, et ce n’est pas leur moindre besogne, À doivent chercher des collaborateurs au dehors et de « f bien des côtés. È Por simplifier ce recrutement et rendre plus métho- Ë
JS séance du lundi 23 mai 1
dique la distribution du travail, la Fédération pari-
’ sienne centralise les offres et les demandes. Elle fournit des conférenciers aux Universités populaires qui en
; manquent, suggère aussi des sujets. Elle rend par là des services sensibles. ;
Les Fédérations des départements font ou peuvent
#. faire de même; témoin celle des Universités populaires Pyrénéennes. Leur tâche serait bien facilitée si les ”
à compagnies de chemins de fer accordaient des réduc- \tions de tarif aux conférenciers en tournée, comme elles en consentent pour les congréganistes en voyage. | La propagation de la science vaut bien la propagation
Il est vrai que les Fédérations ne peuvent guère garantir la compétence des personnes qui se proposent | elles-mêmes pour parler dans les Universités populaires.
Cette garantie serait pourtant nécessaire. Il faut ‘du moins que les secrétaires, dans leurs réunions périodiques, rendent compte, sans crainte de déplaire, de la valeur des premiers essais.
Les conférenciers sont faits pour les Universités populaires et non celles-ci pour exercer à l’apprentis- | sage de la parole. Elles sont destinées bien moins ÿ encore à servir de tremplin à qui est impatient de se lancer dans la notoriété. Les arrivistes n’y sont pas à leur place; elles ont besoin de gens désintéressés, à qui il suflise, pour donner leur temps et leur peine, d’avoir 4 conscience de leur devoir et de leur solidarité sociale.
Les collaborations étant bénévoles, les conférenciers n’en doivent être que plus consciencieux, soit pour tenir leurs promesses et être exacts aux rendé-vous :
pris, soit pour ne traiter que des sujets qu’ils con-
naissent bien ou qu’ils ont préparés avec soin : Il ne faudrait accepter comme conférenciers, remarque l’Université populaire de Choisy-le-Roi, que des personnes ; d’une compétence certaine; en grande partie, d’eux dépend 1 le succès de l’Université populaire ; car, s’il faut des ; adhérents pour assurer l’existence du groupe, il faut des 1 conférenciers non seulement instruits, mais susceptibles de contact avec leurs auditeurs. : La variété étant souvent le secret de plaire, on fait appel à toutes les bonnes volontés; il est utile de ne pas les laisser inactives; il importe de montrer que | beaucoup de gens sont attachés à notre œuvre ; mais gardons-nous d’un écueil très joliment signalé par 1 l’Université populaire de Montpellier, que j’ai plaisir | Les organisateurs doivent mettre de côté leur désir si naturel de politesse et ne pas faire parler (quitte à lui 1 déplaire) un orateur qui risque de faire le vide dans la salle. N’épargnez pas à votre public les sujets sévères et À difficiles ; soyez certains qu’ils ne l’éloigneront pas: mais | épargnez-lui la conférence eénnuyeuse, car il ne l’a pas À La collaboration des ouvriers eux-mêmes, pour les ( questions techniques, pour les sujets concernant leur
- métier, leur corporation, leur syndicat, leurs grou- | pements particuliers, les conseils des prud’hommes ’ serait des plus précieuses. Certains ne l’ont pas marchandée et les séances où on les a entendus ont été : ; souvent les plus intéressantes par le mouvement d’idées
k 44 qui s’y est produit. Les camarades entrent plus volontiers
Ne #7 en propos, la discussion est plus animée, plus féconde, |
Fr d’un tour plus pratique.
1 1 Il ne faut pas sacrifier trop exclusivement au désir de
“41 la variété dans le choix des conférenciers.
A Il y a toujours plus de chaleur communicative, quand :
Ne: ceux qui parlent et ceux qui écoutent ne sont pas des :
étrangers les uns pour les autres.
F Il serait excellent, note la Fraternelle du troisième, que |
4 chaque Université populaire eût à sa disposition un certain
\ nombre de conférenciers attitrés ; la fréquence des rencontres CM
KR À entre ces derniers et le même auditoire amène nécessaire- }
x ment une camaraderie et un attachement réciproques. De
7 plus, le conférencier connaissant mieux son public s’y 4
rl adapte, et celui-ci appréciant ces efforts rivalise d’assiduité; }
un lien d’affection s’établit. C’est ainsi que vraiment peut rot
se réaliser l’union de l’intellectuel et du travailleur, si profi- k
; table l’un à l’autre. Les auditeurs familiarisés ne craindront
pas d’entamer des discussions, et si l’on réfléchit que ce ;
sont ces dernières qui sont les plus intéressantes, on comprendra toute l’importance de ces collaborations régu- 41
La pierre de touche par excellence des théories c’est 4
l’expérience ; or, à la Fraternelle, nous nous sommes ê |
constamment inspirés des idées que nous préconisons ; ici ;
encore l’essai est concluant et décisif. Qu’il nous suffise de 4
: dire que nous pourrions citer tels conférenciers dont le 4
PAU concours ne nous fit jamais défaut depuis notre fondation ; -4
é le public leur fut constamment fidèle. Ceux-là ont mérité le 4 |
titre de camarades et nous savons bien ne pouvoir leur |
à faire de plus grand plaisir que de leur décerner ici ce 4
ce L’Université populaire du quatorzième, d’autres 4
encore, pourraient avancer des faits analogues et D:
s’associer à ces paroles comme à ces sentiments. De
\ C’est ainsi qu’est réalisée dans l’Université populaire ri Ë la suppression des classes. ra _ * Conclusion. — Enrésumé, voilà comment nos œuvres, #q
par leurs formes si variées d’enseignement, par le mou- ; % vement qu’elles suscitent et entretiennent dans les are
- esprits, par la fraternité qui unit leurs adhérents, tra- + HER vaillent chaque jour avec une virile sagesse et un Us intelligent civisme à la révolution sociale. , Ge ‘ Un camarade soulève une discussion sur le droit de % | réponse dans les Universités populaires et notamment sur 1 _ le cas particulier d’un prêtre qui n’a pu répondre à une à i conférence de M. Maurice Vernes. Le congrès ne peut s’oc- QE ; cuper de ce cas particulier. \ CE
É Un camarade appelle l’attention des Universités popu- | #12 F laires sur l’organisation des « Journaux pour tous ». 2 à Marseille fait une communication sur la Société 4 4 Montpellier rend compte de visites faites dans une 8 $ grande imprimerie pendant le tirage d’un journal, d’une Des _ autre visite faite dans les coulisses d’un théâtre pendant k NM ï la représentation d’une féerie. LE pe a Brioude dit que le ministère de l’instruction publique, à 14 d qui on avait demandé des livres, a envoyé des ouvrages î
I séance du lundi 23 mai PARA CO U cléricaux; puis, ensuite, sur réclamation, a envoyé des 1 Ja romans d’une littérature inférieure. à ; 1 ! eu Un camarade dit qu’il serait désirable que les Universités 4 mi populaires soient sur le même pied que les bibliothèques u. À A municipales etla Ligue de l’Enseignement. s. ge Une camarade pense, au sujet des conférences, que celles : à À ; qui traitent de sujets scientifiques doivent être des confé- LR rences séries, tandis que celles sur la morale de la vie pra- 14 \ tique peuvent être des causeries isolées, sans lien direct ‘4 M avec le programme du mois. 4
ik Brioude a fondé des sections rurales, et réunit ainsi cinq ;
Je . àsix cents adhérents. Chaque section a un bureau, et reçoit d A chaque mois un stock de livres, vingt à trente volumes, qui { ut circulent, puis sont renouvelés. Le personnel est rare pour 1 % les conférences. A Brioude, on en donne deux par semaine. À fu Les instituteurs, dans les campagnes, donnent peu. ‘à Bourges a fait des conférences dans vingt-sept communes | fi importantes, a créé trois sections rurales, s’est associé aux groupes post-scolaires et a créé des cours d’adultes où trois AE des Bretons, — sont venus, avec l’autorisation des autorités Rouen est d’avis qu’on n’applaudisse ni ne murmure pen- M N dant les discussions : cela excite les conférenciers à recher- 4 4 : cher les succès oratoires; il est d’avis qu’il faut que les 1 F5) conférenciers ne préparent pas leurs conférences, qu’ils EL improvisent dans toute la force du terme, qu’ils causent et d 1 pensent avec et devant leur public, quitte à « bafouiller » 1 ah Montpellier signale le cercle de lecture de Lamblade. Tout À rt le village se réunit les mardi soirs pour écouter une confé- M DE rence, un chœur chanté par les élèves de l’école, échanger À ( ue les livres en lecture, et décider les achats à faire. C’estun M ni milieu protestant. À
| trième commission par le camarade Georges Baër, rap- al Les organisateurs du premier congrès des Universités ” populaires ont chargé votre quatrième section d’exa- Ÿ
, _ miner tout ce qui concerne les fêtes et les distractions. ; f La composition même de la commission désignée pour. Ye
faire ce travail leur a donné la pensée de lui remettre RES en outre le soin d’étudier tout ce qui concerne les : Les 1 consultations qui, dans le plan primitif du congrès, p n’avaient pas été prévues. Es ;
Nous commencerons par elles. |
Nous examinerons ensuite ce qui est relatif aux fêtes É s
et aux distractions. +
Si l’Université populaire est un centre d’instruction et 1 d’éducation mutuelles, elle doit être en même temps Me
? une école de solidarité. Par là surtout son enseignement F | sera grand et son influence morale considérable. 7 #14 Or, dans toute Université populaire se rencontrent À des compétences d’ordres très divers,pouvant bénéficier, 4
suivant les instants et les circonstances, à tous les 4 Chacun de nous peut avoir besoin par exemple de Fa
3 l’avis technique d’un professionnel de tel métier qu’il à de
4 Nous souhaiterions que dans chacune de nos associa- 4 1! ja _ tions, — l’idée est mise en pratique par plusieurs 4 4 ‘ d’entre elles, — il existât un tableau des demandes b. au d’avis, de conseils, de renseignements, qui permit à VA nos camarades de s’assurer, à ce point de vue déjà, 1
l’aide qu’ils sont en droit d’espérer les uns des autres; 4
Al — et même nous serions heureux si, au siège de la |
1 Fédération, pouvait naître un service qui, au cas où les ik
4 Universités populaires ne trouveraient point chez elles
è les compétences désirées, ferait en sorte de les leur ‘
Is découvrir chez des voisins plus favorisés. Ce n’est là LS
1 qu’un vœu, il sera loisible au congrès de le rejeter ou ;
Parmi les renseignements qui peuvent être recherchés 8
à dans nos associations, il en est que beaucoup ne sau- 4
| raient assurer à leurs membres. Combien d’Universités 1
populaires où il n’y a ni médecin ni avocat qui puisse 1
donner un conseil d’hygiène ou une consultation de L
A la vérité, le besoin d”instituer dans toutes nos
‘4 sociétés une consultation médicale ne se fait pas sentir
1 d’une manière impérative. Il n’est guère de ville qui L
n’ait à la disposition de nos camarades soit un hôpital, 1
nt: soit une clinique où il leur soit facile d’avoir, pour ainsi
ÿ dire, sans bourse délier, l’avis qui leur est nécessaire.
D’autre part, l’examen d’un malade n’étant point très 4
Î aisé dans les locaux mêmes d’une Université populaire, !
À ne serait-ce point abuser de l’obligeance de nos amis À
à médecins, que de leur demander des visites gratuites !
À pour tous nos camarades, en quelque circonstance que É
pr ce soit. Il ne nous a point paru convenable d’y songer, 1
h d’autant que, s’il ne s’agit que d’un avis, — et il ne peut À ”
guère être question d’autre chose, — il nous sera tou-
jours facile de glisser, au docteur ou à l’interne, la petite
question qui nous intéresse, à la fin d’une de ces confé- £
rences d’hygiène ou de médecine pratique, de jour en
jour plus nombreuses, où nous sommes heureux de voir x
| assidûment assister tous ceux qui sont susceptibles 4
ke. d’être présents à l’Université populaire le jour où elles
. sont données.
| Sans insister davantage, passons aux consultations |
de droit.
| Le point de vue est tout différent.
) Nulle part de services comparables à ceux des hôpi- tr
taux ou des cliniques gratuites ; dans quelques villes, “HO
; des consultations sont données par l’Ordre des avocats. DAE
: Il en est ainsi à Paris. fe
Le consultant doit aller au Palais, au secrétariat de 4
- l’Ordre, solliciter une consultation : on lui donne un pi numéro lui faisant connaître la date à laquelle il devra À revenir. Premier dérangement, première perte de ! temps. — Le jour de la consultation arrivé, il perdra | encore une demi-journée à attendre son tour. L’heure 1 | de la consultation sonnée, il recevra enfin un conseil, | mais un conseil de stagiaires inexpérimentés, faisant p | trop souvent au détriment des malheureux l’apprentis- k _ sage de leur profession, — un conseil imparfait, l’avocat ayant le devoir d’écouter mais n’ayant pas le droit _ d’examiner les documents qui sont l’occasion d’une 1 De telle sorte que le solliciteur aura laissé son travail QUE et perdu son temps, pour obtenir un avis incomplet et ? 1$ peut-être inexact. ni Aussi l’ouvrier, l’employé, le petit commerçant, ou- : :
1 | séance du lundi 23 mai 1 | blient-ils bien vite le chemin du Palais. Ils courent au de « contentieux » du coin, chez un individu qui se dit D Hi jurisconsulte et qui n’a parfois appris le droit que dans 1 ‘ les prétoires de justice où de malheureuses affaires 4 Go l’ont entraîné pour son compte personnel. Ils lui versent | 4 deux ou cinq francs pour une consultation qui ne les { 72 vaut pas, et qui souvent leur coûte infiniment plus, une À signature donnée à la légère, une procédure mal introduite, conduisant facilement à la ruine un plaideur mal : Des consultations sérieuses s’imposaient donc et la | Fédération des Universités populaires de la Seine s’est | Elles ne pouvaient être données au siège des Univer- À sités populaires, les avocats inscrits à un barreau et les Fe officiers ministériels ne pouvant consulter ailleurs que ÿ chez eux, les explications des intéressés nécessitant k : d’autre part un secret diflicile à confier dans un local ù | d”Université populaire largement ouvert à tous; enfin | | et surtout, parce que le consulté n’y a pas à sa disposition les textes de lois et les décisions de jurisprudence, innombrables, que peut nécessiter un avis À La Fédération a donc informé en janvier dernier les 4 ; Universités populaires de son ressort qu’à des heures à choisies en considération du travail même de nos L 4 camarades, un certain nombre de juristes se tenaient à | leur disposition chez eux, au milieu de leurs livres, — et ER que même ils répondraient par lettre à toute demande 1 k ‘ de consultation qui leur serait adressée par la poste. À Il faut le reconnaître, ce service de consultations n’a point donné encore tous les résultats qu’on en espérait. h:
C’est tout au plus si chaque consulté a reçu deux ou *x trois demandes de renseignements, par mois, — en Ÿ : dehors des avis que les Universités populaires elles- “ mêmes ont réclamés de l’un d’eux relativement à leurs rapports avec la Société des auteurs de musique, — question dont nous aurons à entretenir le Congrès dans la deuxième partie de ce Rapport. à. L Voilà ce qui a été fait pour Paris. À Que se passe-t-il en province à ce point de vue? Nous n’en avons point été informés. Lo : Et nous concluons sur cet ensemble de questions en é proposant au Congrès les vœux suivants : | 1° que dans toute Université populaire soit apposé 5 un tableau des demandes et offres de renseignements, LE et qu’il soit créé, au siège de la Fédération, — que } \ la commission espère voir naître de ce Congrès, — un F2 service central de même nature. ÿ fs Î 2 qu’il soit institué un comité qui centralise, examine F et solutionne toutes les difficultés de droit qui pour- ( raient intéresser les Universités populaires en tant que : sociétés, notamment au point de vue des statuts, des e cotisations, des rapports entre associations et sociétés | 3° que le service de consultations juridiques, tel qu’il fonctionne à Paris, soit désormais un service de la Fédération auquel nos camarades de province qui n’auraient point une organisation locale de cette nature, pourront adresser leurs demandes de conseils dans les . conditions mêmes que nous avons rapportées précé- .
A séance du lundi 23 mai ROBES | Les Universités populaires doivent-elles offrir des ÈS fêtes et donner des soirées artistiques et littéraires ? LA La majorité des rapports qu’elles nous ont adressés fé ‘4 sont très affirmatifs. Toutes, — pourrions-nous dire, s’il ii n’y avait une exception, — estiment qu’il les faut multiee plier non seulement parce qu’elles leur permettent d’at- … ne | tirer des adhérents, mais encore parce qu’elles consti- d ‘4110 tuent un puissant moyen d’éducation sociale et 1] Pl esthétique en même temps qu’un instrument de lutte à (TE contre le mauvais goût. A Seule, la Fraternelle, du troisième arrondissement de ER Paris, a émis une opinion diamétralement opposée, que ; qu limpartialité de notre travail nous fait un devoir de 4 us Dans les Universités populaires, dit-elle, les délasse- 4 \ ments artistiques sont trop imparfaits et, comme ; moyens d’éducation, avantageusement remplacés par fr les théâtres et concerts populaires. Pour aider à la pro- | De pagande, les fêtes n’ont aucune efficacité, les personnes f qui y assistent ne vont pas aux conférences. En vain ‘k les multiplie-t-on : avec leur développement semble | coïncider ce que l’on a appelé la « crise des Universités W {| À populaires ». Au surplus, cette façon de faire des … Hat Attirer les gens sous prétexte de distraction pour leur faire de la morale et leur représenter entre deux couplets } que, si on les assemble ainsi, c’est pour tàcher de les ame- ; f ner, par un chemin détourné, à s’associer à l’œuvre pour. pa suivie, apparaît plutôt comme un subterfuge amoindrissant. j Les individus susceptibles de fréquenter les Universités l|
populaires n’attendent pas les effets d’une pareille réclame pour s’y rendre, et c’est avoir une bien mauvaise opinion .d’eux que de recourir à pareil procédé. | La Fraternelle estime au surplus que toute réclame est inutile ; qu’il n’y a pas d’associations aussi favori- | sées au point de vue publicité que les Universités popu- . laires et que, si l’on n’y va point, ce n’est pas par igno- À rance, mais par apathie. Seule une attitude hautaine et . Nous ne devons pas dire que l’on s’occupe d’y passer le temps agréablement, qu’on y chante et même que quelquefois on y danse. Nous devons proclamer fièrement que si ï nous nous réunissons ainsi, c’est pour travailler, étudier, Ses Telle est la thèse. Ÿ Nous estimons, — et le congrès nous dira si c’est à 4 tort, — que toutes ces raisons ne sont pas solides. ; Envisagées au point de vue éducatif, les soirées 7 musicales et littéraires sont d’une utilité que la Frater- æi nelle ne conteste pas; en affirmant qu’on les remplacera 1 avantageusement parles théâtres et concerts populaires, ‘ nos camarades semblent supposer tout d’abord que les E moyens des adhérents aux Universités populaires sont suffisants pour que tous, sans distinction, puissent régulièrement assister aux théâtres et concerts auxquels ils font allusion, ce qui est douteux ; et aussi que le répertoire de nos fêtes intimes est comparable à celui du Théâtre du Peuple, des Concerts Le Rey ou de telles autres auditions à prix réduits. Il n’en est rien et même ce n’est point apprendre quelque chose à qui que ce soit ; que d’indiquer l’incontestable supériorité des auditions gratuites, comme trop rarement il en est donné aux
A séance du lundi 23 mai | 4 Français, à l’Opéra ou à l’Opéra-Comique, par rapport EF. aux modestes spectacles qu’une Université populaire peut offrir à ses amis. Les ambitions des Universités populaires sont moins hautes; elles n’ont jamais été de concurrencer aucun théâtre, aucun concert, si ce n’est le « café-concert ». j Celles qui donnent régulièrement de petites repré- sentations,— et elles sont nombreuses, — s’en félicitent, et, loin d’abandonner la partie, elles persistent avec plus de courage aujourd’hui qu’hier. Si les délassements qu’elles offrent sont imparfaits, elles s’efforcent de les perfectionner, et certes il vaut mieux leur en indiquer les moyens ou s’efforcer de les trouver, que de leur adresser des critiques. 3 Envisagées au point de vue de la propagande, les fêtes, estimons-nous encore, paraissent devoir être continuées | et multipliées. Que les discussions sur la prétendue . crise des Universités populaires aient ou n’aient pas | concordé avec la multiplicité des représentations, il nous paraît puéril de le rechercher et nous ne voyons pas aisément le lien qui peut rattacher deux ordres de Qu’y a-t-il d’humiliant, d’amoindrissant, à attirer par des distractions des adeptes qui, à l’heure présente, nous ignorent ou se méprennent sur ce que nous, 4 sommes ? Le rédacteur du mémoire de la Fraternelle est pour les opérations brutales ; il ne veut pas qu’on endorme le malade, et, si le médicament qui doit le | sauver est mauvais à prendre, il veut qu’il en apprécie le goût plutôt que de lui en adoucir l’amertume par un cachet ou une pilule. Laissons-lui sa conception. Nous estimons, quant à nous, que la fin poursuivie justifie les
moyens que nous employons, qu’il faut y persister sans
hésitation. Cela n’implique aucune mauvaise opinion de
ceux que nous voulons voir venir à nous, mais nous
aimons mieux qu’ils nous joignent par une route facile
et gaie que par un chemin abrupt et sauvage.
Quelle erreur enfin, cette affirmation qu’aucune asso-
À ciation n’est, au point de vue de la réclame, plus favo- |
risée que l’Université populaire! Est-il possible de
| prétendre que les programmes inscrits à la troisième &
ou la quatrième page de certains journaux sont lus
avec attention par d’autres que par nous-mêmes ?
| Nous pensons au contraire que le malheur des Universités populaires est de n’être pas assez connues. Il ;
y a des villes de province et des quartiers de Paris où NT
on les ignore, où, en tous cas, on ne sait ce qu’elles sont;
où la maison de réunion de nos camarades est, par
ignorance, considérée comme un repaire d’anarchistes )
violents, qui veulent la destruction de toute société
Le jour où chaque Université populaire pourra, une
fois par mois, lancer des invitations, ceux qui lui rendront visite se rendront compte, reviendront peut-être
pour les soirées seulement, non pour les conférences ;
peu importe; ce seront des adhérents qui nous apporteront une contribution bienfaisante à tous, puisque,
| répétées, de telles adhésions nous permettront des amé-
liorations dont indistinctement tous auront le profit. :
Insensiblement, nos nouveaux camarades s’intéresseront à notre œuvre ; ils discuteront d’abord les idées
exprimées dans les spectacles donnés, puis celles des 2
conférences qui les accompagnent et peu à peu, luttant
contre leur apathie, dominant la fatigue résultant de ;
k séance du lundi 253 mai | 1 , leur travail de la journée, ils apporteront leur contribu- É | tion d’idées à la discussion contradictoire des cause- ï : ries d’autres soirs : ils seront bien nôtres. 1 k Toutes ces raisons nous font affirmer qu’il faut conti4 nuer à marcher dans la voie où la plupart des Univer- | sités populaires sont entrées, et puisque les représenta- | dl tions sont nécessaires, qu’il faut se préoccuper de les | améliorer et de les faciliter. . Une difficulté se présente peut-être, — et je vous ai annoncé par avance son examen. Pour qu’elles | puissent représenter en public une œuvre quelconque, j il faut que les Universités populaires paient des droits aux sociétés d’auteurs. Ces droits sont très élevés pour À des associations dont les adhérents paient trois ou 1 cinq francs par an. Sauf discussion de leur montant, ils s sont cependant dus chaque fois que la représentation | donnée, gratuite ou payante, est publique, c’est-à-dire, | est offerte à d’autres que les adhérents de l’Université | populaire exclusivement. Pour ne point payer, il faut | donc que les représentations soient privées, et, vis-à-vis ; de la jurisprudence, nos camarades sont en règle s’ils | ont pris la précaution, avant l’audition, de faire : adhérer leurs invités à l’Université populaire où se ; donne un spectacle. Cela est pratiquement facile; c’est | un moyen d’éviter des difficultés avec certains agents ‘ locaux des sociétés d’auteurs, beaucoup plus farouches à notre endroit que ces associations elles-mêmes. ; Mais tout cela est peut-être bien complexe et la Fédé- ration de la Seine a estimé qu’une situation nette était encore préférable ; à l’heure présente son avocat con- À seil, qui a l’honneur d’être en même temps le rapporteur #
’ qui présente ce travail, est en pourparlers avec les sociétés des auteurs dramatiques et des auteurs compositeurs et éditeurs de musique et il peut affirmer au congrès que d’ici peu une solution favorable aux Universités populaires interviendra. Il n’en peut guère être autrement si l’on considère que le secrétaire général du syndicat des auteurs, compositeurs et éditeurs de ’ musique, Victor Meusy, est en même temps, dans ce congrès même, le délégué de nos camarades de Lagny. à | - Ce petit obstacle surmonté, nos représentations réus- , à ; siront si elles sont séduisantes. Il faut pour cela que leur programme plaise et que l’interprétation soit satisLe faisante. Il faut que leur programme plaise : il y a là une ques- | tion de tact de la part des organisateurs ; plusieurs | | Universités populaires se plaignent de voir chez elles des artistes qui chantent des morceaux absurdes ou grivois du répertoire des cafés-concerts; qu’elles s’en 1 adressent le reproche à elles-mêmes : « L’Université populaire, nous écrivent nos amis de Lyon, doit protester contre l’abaissement du niveau moral et artis- | tique et elle le fera surtout par l’exemple. Elle ne permettra dans les auditions musicales qu’elle organisera | que l’audition d’œuvres vraiment belles et simples, et d’un caractère élevé, tant au point de vue des paroles que de la musique. » On ne peut mieux dire et le but | ainsi tracé, ce sont les organisateurs mêmes des soirées qui doivent ne pas l’oublier. a De lexpérience des associations qui nous ont 3 adressé des communications, il résulte que ce qui séduit le plus, ce sont les petites pièces en un ou deux actes :
d séance du lundi 23 mai 1 de Courteline, de Mirbeau, de Villiers de l’Isle-Adam, | de Meilhac et Halévy, de Pierre Veber, de Tristan Ber- {
ie nard; les auditions données par un professeur de 4 musique ou de chant s’intéressant à notre œuvre onteu lieu dans plusieurs Universités populaires avec un très
grand succès; enfin des pièces longues, classiques ou : modernes, lues après préparation, ont toujours été ac- | cueillies par les plus vifs et les plus sincères applaudissements de tous. Constatons à ce sujet que nos ca- | marades n’ayant pas généralement le temps d’apprendre À par cœur, le procédé de la lecture préparée, usité dans À beaucoup d’Universités populaires, est à la fois com- 1 mode et très suffisant pour donner à nos soirées le relief qui leur est nécessaire. À
Vouloir au surplus poser des règles d’interprétation 1
est superflu. Chaque Université populaire donnera des É À
soirées qui dépendront du personnel de ses adhérents |
et des concours dont elle disposera. Beaucoup de nos
amis de province se plaignent à ce propos de ne pas ï
trouver chez eux les assistances qu’ils souhaiteraient |
recevoir. D’autre part, nous avons des exemples d’Universités populaires, disposant de très modestes res- |
sources et de très peu de camarades susceptibles de se 4
consacrer à une œuvre de cette nature, qui sont ce- 4
pendant arrivées à d’excellents résultats. L’exemple de M
l’Éducation mutuelle de Laval est de nature à profiter ÿ
à tous: malgré beaucoup de diflicultés, elle est parvenue
à avoir une chorale, une troupe de diseurs et de chan- |
teurs, un théâtre, dont un camarade, à ses moments de |
loisir, a brossé les décors, et où, une fois tous les deux L;
mois, elle donne des représentations pleines d’entrain. 4
Que nos amis persistent donc; qu’ils s’organisent : 1
\ avec beaucoup de bonne volonté et un peu d’indul- | gence réciproque, ils arriveront au but. Nous ne pensons pas qu’ils doivent, en général, — encore qu’ils en À | aient formulé le vœu, — compter, quant à présent, sur des concours parisiens ; à moins qu’il ne s’agisse d’une localité très proche, les frais sont si considérables que peu de nos camarades seraient en état de se déplacer, et que, de leur côté, peu d’Universités populaires vou- ; draient débourser ce que le voyage d’une troupe entière E pourrait coûter. L’idée qui nous paraît le plus sage -est celle que nous propose l’Effort de Montrouge : « Il est impossible, — et ici, nous ne faisons que citer, — d’organiser à Paris une troupe dramatique et lyrique & unique de toutes les Universités populaires. L’éloignement des distances rendrait impraticables les répéti- j tions. Mais ce qui incomberait à la Fédération, à notre 1 avis, ce serait de faciliter aux groupes régionaux d’Universités populaires l’organisation de ces troupes ré- gionales en fournissant un matériel circulant (décors, | costumes, etc…) qui pourrait être prêté de groupe à LÉ groupe, suivant les besoins des représentations. » Il à faudra donc que la Fédération groupe les demandes et | les offres de concours, qu’elle les fasse connaître dans ses communications aux Universités populaires etnous ; ne doutons pas que le congrès n’estime tout à fait utile | la création d’un service de cette nature. N’eût-il pour résultat que de faciliter le groupement de plusieurs Universités populaires désireuses de donner une fête, et prêtes à s’aider les unes les autres, son rôle serait justifié. L’exemple donné le 10 avril au lac Saint- à Fargeau par trois Universités populaires de la région parisienne, — l’Université populaire Zola, la Semaille,
séance du lundi 23 mai ÿ et le Progrès Social des Lilas, — n’est pas seulement 1 à retenir; il est à imiter. : Un tel accord sera fertile en résultats lorsque, réunies dans un commun désir de célébrer le souvenir d’un grand événement et d’un grand penseur, plusieurs Universités populaires voudront donner de grandes fêtes. Et c’est ici le moment de signaler un vœu qui nous à : été transmis par le Foyer du Peuple du dix-septième arrondissement. Nos camarades ne se contentent pas | laires qui, comme celles du Mans, ont fêté les cente- | naires d’Hugo et d’Edgar Quinet. Ils voudraient que le | congrès prit l’initiative, en désignant une commission permanente de fêtes, de proposer aux autres sociétés | ? démocratiques l’élaboration d’un plan général de fêtes : laïques à opposer à celles de l’Église. L’idée n’est pas À nouvelle : elle est de Michelet. Elle peut se résumer en 3 une formule : les fêtes ont été instituées par l’Église À catholique, elles sont l’annexe d’une religion à laquelle le grand nombre ne croit plus; elles n’ont de raison d’être que par elle. « Il faut leur opposer des cérémonies par lesquelles nous affirmerons notre élan vers le vrai, le beau, le bien. » Votre Commission, favorable en principe à l’adoption de cette motion, est d’avis de la renvoyer à l’examen de la deuxième commission du Résumant cette partie de notre exposé, nous proposerons au congrès, comme conclusions : | 1° d’affirmer la nécessité des fêtes et des soirées dans | un but d’éducation et de propagande; 2° de créer un service, commun à toutes les Univer- 1
sités populaires, chargé de s’occuper de tout ce qui peut intéresser les représentations que nous prétendons donner, notamment en fournissant à nos amis des pro- + grammes-types des distractions artistiques et aussi d’étudier au point de vue pratique pour lui donner suite, s’il est possible, le vœu qui tend à la création : de troupes régionales ; 3° d’attribuer à ce service la charge du groupement S des demandes et des offres de concours qu’il appar- £ tiendra à la Fédération de faire connaître aux Univer- d: | sités populaires intéressées ; 4 de renvoyer à votre deuxième commission, avec avis favorable, le vœu tendant à l’institution d’un ensemble de fêtes laïques et à la nomination d’une commission permanente à cet effet. Au dernier moment, nous avons reçu, de l’Union populaire du quatorzième arrondissement, un rapport fort intéressant sur les chorales, que nous résumons en formulant et en proposant à l’approbation du congrès un cinquième vœu tendant à la formation d’un « choral et aussi d’un orchestre des Universités populaires », groupements destinés à aider au succès des solennités laïques et pour la constitution desquels il serait bon de désigner une commission d’amis compétents. Le succès de nos efforts à ces divers points de vue sera facilité par les cours de musique, de chant et de déclamation qui existent dans presque toutes les Universités populaires, et dont nous n’avons ici qu’à con- ; stater l’existence en leur souhaitant le plus de prospérité “552
Fe) séance du lundi 23 mai , Ces cours spéciaux, comme toutes ces distractions, 4 ! rapprochent les adhérents les uns des autres, leur permettent de mieux se connaître, de mieux s’apprécier, L
| de mieux s’entr’aider. Après avoir assisté aux soirées, à
aux conférences, aux cours, ils sont heureux de se
S trouver ensemble et d’organiser à cet effet les excur- k é sions dont il est de notre mission de vous entretenir en À peu de mots. R La plupart de nos amis réunissent en effet leurs | adhérents, non seulement à des banquets pleins de À cordialité qu’ils donnent chez eux, au siège même de } leurs associations comme l’Université populaire du
dixième, mais aussi à des réunions qui sont, en même À
temps qu’une distraction, une occasion et un moyen de À
De Saint-Quentin, ils organisent une promenade à À
Pierrefonds et à Chantilly où ils rencontrent leurs 4
camarades du Foyer du Peuple parisien, retour de À
Compiègne. Ceux de Nîmes et de Montpellier visitent
les monuments romains, le Pont du Gard, Aiïgues- |
Mortes, etc. Ceux de Lyon, s’inspirant des commodités de leur grande cité, visitent les usines des bords 1
| du Rhône; d’autres fois, guidés par un sociétaire 4
archéologue, ils revivent la vie du vieux Lugdunum,
cependant qu’un autre camarade évoque le souvenir 3%
des hommes célèbres qui ont illustré leur région. Ceux | |
d’Angers organisent des promenades à travers champs | et bois, demandant à la nature même des leçons d’his- “4 toire naturelle. Ceux de Bruxelles reçoivent sur le 4 champ de bataille de Waterloo les enseignements du | Constatons tous ces résultats; efforçons-nous de nous *| 118 4
en inspirer. Demandons à nos organisateurs de pré- parer par une entente avec d’autres Universités populaires des visites réciproques ou des excursions en commun. Chargeons la Fédération nationale des Universités populaires qui doit sortir de ce congrès de préparer les voyages de vacances de tous nos amis. | IL faut de l’argent, nous dira-t-on, et l’argent manque.
Le Progrès Social des Lilas nous donne peut-être la solution de cette difliculté; il a créé une caisse de voyages qui permet aux adhérents de l’Université
_ populaire d’économiser peu à peu, par un versement périodique qu’ils s’engagent à effectuer, les ressources nécessaires à l’excursion dont tel congrès de Belgique sera le but. Ce sera sans effort qu’ils auront préparé leur voyage, et la dépense leur pèsera d’autant moins que la Fédération des Universités populaires saura leur procurer, s’ilest nécessaire, des conditions spéciales de transports, conditions qu’avec un peu d’habileté il est presque toujours possible d’obtenir de la part des Compagnies de chemins de fer.
Nos camarades tireront profit, — nous en sommes assurés, — des renseignements que nous avons centralisés.
Ce rapport n’est en effet qu’un résumé des commu-
_ nications qui nous ont été transmises jusqu’au dernier instant, avant l’ouverture du congrès. Si nous avions un regret à exprimer, ce serait qu’elles aient été parfois trop brèves. Sur d’innombrables questions nous avons cherché en vain le résultat de leur expérience. Ceci î excusera l’imperfection de l’œuvre que nous vous pré-
A De même s’expliquera notre silence sur « les cercles 4 bou de lecture » qu’aux termes mêmes des conditions de N pi ce congrès, notre commission était chargée d’étudier. | jt — Il ne nous en a été rien dit. fi AA Aussi à défaut de base de discussion votre commis- 4 sion s’est-elle contentée de vous présenter les vœux de ‘4
plusieurs de ses membres, tendant : 1
.1° à ce que toute Université populaire s’efforce d’ob- Le tenir de chaque ministère pour sa bibliothèque les | publications officielles de la nature de celles qui sont - M publiées par l’Office du travail ou le ministère des 1
2 à ce qu’il soit créé à la Fédération un service
d’acquisitions de livres, service chargé de veiller aussi i
à une meilleure répartition et à un meilleur choix des À ouvrages que le ministère de l’instruction publique met K à notre disposition; 4 3° à l’élaboration d’un règlement de Fédération qui | assure l”échange régulier de livres entre les diverses hi | bibliothèques d’Universités populaires. |
Sur la première partie : consultations médicales et juri-
diques, l’Université populaire du Mans indique qu’elle a À
organisé des consultations juridiques gratuites, données ; par un premier clerc de notaire et un avocat; ces consulta- ‘hi tions fonctionnent très bien. 3% |
L’Université populaire de Lyon a de même organisé des consultations, mais à deux degrés : la cause est d’abord examinée par un comité spécial qui déblaie le terrain et précise les faits, puis expose ensuite l’affaire au juriste Sur la deuxième partie : Fêtes et distractions, une longue discussion s’engage entre les partisans des fêtes purement Û Ë distractives et les partisans des fêtes éducatives, sans . compter ceux qui sont partisans de la suppression des fêtes. Le délégué de La Fraternelle développe les idées exposées { | dans son rapport et reproduites dans le rapport général : pt -les moyens dont disposent les Universités populaires lui ri semblant insuffisants, cette Université populaire a renoncé n à donner des fêtes, mais s’est entendue avec différentes 4 sociétés musicales pour obtenir l’entrée à leurs concerts à des prix réduits pour les adhérents de l’Université popu- Ve laire, auxquels on assure ainsi la bonne exécution des morceaux qu’ils entendent. te De nombreux camarades protestent, affirmant que les fêtes ont produit d’excellents résultats dans de nom- F breuses Universités populaires et l’un d’eux fait observer À qu’il a assisté, à La Fraternelle même, à des fêtes très bien ps Il est midi. Le Congrès suspend ses travaux et un grand nombre de camarades se dirigent vers le restaurant, où un banquet simple et substantiel a été préparé. Sous l’amicale présidence de Gabriel Séailles, 65 con__ vives causent joyeusement et échangent leurs impressions sur les discussions précédentes. Au dessert, le camarade ; Maurice Bouchor, avec sa bonne grâce habituelle, nous dit la Chanson du Tisserand et la Syndicale, sur l’air si f frais et si populaire de la Carmagnole que tous reprennent au refrain.
j La séance est ouverte à deux heures et demie. 4 | On reprend la discussion du matin sur l’utilité ou 4 l’inutilité des fêtes et représentations théâtrales. f 10 ; Rouen dit qu’il n’y a qu’un moyen de faire comprendre ‘4 | -la musique : c’est d’enseigner le chant choral. D | Maurice Bouchor développe par quel choix méthodique | des œuvres littéraires ou musicales, on pourrait intéresser M ps ceux dont l’éducation esthétique est à faire. Il est possible, \ et même facile, dans les Universités populaires, par des explications données avec chaque morceau ou pièce, deles À rendre plus compréhensibles pour le public que ne le ferait A À une représentation réelle. La lecture de pièces à plusieurs . voix peut donner de meilleurs résultats que des représen- M tations de pièces organisées avec des moyens insuflisants. e | | Quant à la musique, on trouve, en s’en donnant la peine, des | {4 morceaux simples et intelligibles à tous, même dans les î \ œuvres des musiciens passant pour les plus difficiles à M | comprendre. Ce n’est que progressivement qu’on peut nn | fl former l’oreille et le goût. El. || 122 14
On passe ensuite à la lecture du rapport de la
Le rapport, qui a été fait par madame Wathier, rapporteur de la première commission, est lu par le
La cinquième commission a reçu communication de dix-neuf rapports, — quatorze de banlieue et province et cinq d’Universités populaires parisiennes. j
De la lecture de ces documents, il résulte que toutes les Universités populaires recherchent les moyens ? d’entretenir entre elles des rapports aussi fréquents que possible; elles reconnaissent la puissance d’action des groupements et loin de repousser la formation de Fédé-
après la Fédération Nationale, une Fédération Internationale des Universités populaires ou organisations
Quant à celles qui n’ont pas de rapports avec leurs voisines, c’est que, comme Auvers-sur-Oise, elles ignorent s’il en existe et demandent qu’on les renseigne, ou que les moyens de communication font défaut, ô comme Fontenay-en-Vendée, qui attend la construction de la voie ferrée pour nouer des rapports utiles avec Les Herbiers et Mouchamps, et qui, en attendant, s’empresse d’adhérer à la Fédération post-scolaire des Deux-Sèvres qui vient de se fonder. :
Le Mans, favorable au principe d’une Fédération Nationale, croit que l’organisation des fédérations
séance du lundi 23 mai RS régionales doit précéder la création de l’organisme En Nous répondons : faut-il donc attendre que toutes k “Me les régions soient pourvues d’un assez grand nombre A | d’Universités populaires organisées en fédérations 1 ; N’est-il pas vrai plutôt que les Universités populaires 4 : isolées tireraient de grands avantages de leurs rapports h. avec la Fédération Nationale qui pourrait, par des f moyens divers, faciliter leur développement et leur à permettre d’étendre leur zone d’influence, donner Ne. naissance à d’autres groupes élargissant de plus en plus b. le cercle de leur action ? e. Montreuil souscrit à une action plus générale, à condition qu’elle ne diminue en rien l’eflort que chaque 4 libre-penseur doit faire dans sa localité. 4 La Fraternelle du troisième arrondissement, Paris, 4 seule, rejette la création d’une fédération nationale. A Les rapports des Universités populaires entre elles sont peu étendus ; on peut même dire qu’en dehors de la Fédéra- x] tion, lien purement administratif, elles n’en ont vraiment n’ aucun. Cet état de choses est peut-être regrettable, mais D: 4 nous ne voyons pas, pour le moment, comment on pourrait D y remédier, avec la distribution actuelle. Quant aux #l rapports avec les Universités populaires départementales, 44 ils sont encore plus problématiques. Une Fédération Natio- | nale peut-elle obvier à cet inconvénient ? Pas à notre avis, À surtout si nous nous basons sur les résultats obtenus à f Paris, où les Universités populaires ont pourtant infiniment nn : plus de facilités de rapprochement. La création d’une ‘hi! Fédération Nationale n’apparaît pas du reste comme une D nécessité; rien n’en fait sentir le besoin et rien n’en * ‘à demande la formation. A notre avis, cette nouvelle institu- e.
tion présenterait plutôt des :nconvénients que des avantages. Cet organisme nouveau serait un vaste trompe-l’œil, faisant croire à un développement des Universités populaires non en rapport avec leur situation véritable, si modeste. En outre, si une telle fondation s’imposait, il faudrait l’organiser méthodiquement, et de même que, pour s’assurer de la solidité d’une chaîne, on éprouve préalablement la solidité de chacun des anneaux qui doivent f la composer, de même pour fonder la Fédération Nationale, | il conviendrait de s’assurer de la force de chaque unité ; devant concourir à son existence. Nous avons cité le paragraphe en entier pour n’en point dénaturer le sens, mais il nous paraît inadmissible qu’on puisse nous accuser de vouloir créer un trompe- 6 l’œil. Pour éblouir qui? En créant une Fédération M nationale, les Universités populaires qui adhèrent à Ë cette idée veulent, à notre avis, créer un organisme qui, É reliant entre elles toutes ces faiblesses, en fasse une force résistante et expansive. Il est évident que si tout $ allait à souhait, nous n’aurions plus rien à créer. Bien loin de nous assurer de la force de chacune des Universités populaires devant former la Fédération, il nous semble qu’il est du devoir des plus importantes d’aider, par tous les moyens, celles qui sont moins prospères. N’est-il pas logique que ce soient les plus indispensables, celles qui vivent dans les milieux les plus déshérités, qui scient par cela même les plus pauvres et n’est-ce pas notre devoir de grouper toutes nos forces, de coordonner tous nos efforts pour aider au développement de ces centres éducateurs, si utiles et si bienfaisants? Ne sont-ce pas ceux qui ont déjà conquis : une partie de leur affranchissement qui doivent aider leurs frères à s’affranchir à leur tour?
RE séance du lundi 23 mai ARE
158) Nous sommes heureux de constater qu’en cela nous 4
té sommes d’accord avec la majorité et nous citons, à “1
ra . l’appui, un extrait du rapport de l’Effort de Montrouge, |
reflétant fort bien les avis épars dans les autres rap- .
Fe L’œuvre des Fédérations doit être une œuvre d’adju- {
vance, comme on disait autrefois, et non une œuvre de 0
direction. Si les Universités populaires se pénètrent bien “1
Dh de ce principe, elles estimeront qu’il importe en effet que ER
; des fédérations départementales et régionales soient fon- 04
Paris et sa banlieue ont leur Fédération; nous ignorons 1
s’il en existe en province, mais nous serions fort étonnés 4
‘ si, dans un bref délai, il ne s’en fondait pas. L’esprit de À
solidarité, de mutualité et de sympathie réciproque que A
développe l’Université populaire, tend de plus en plus à 4)
élargir son cercle, et de cette tendance naîtra bientôt süre-
ment le besoin de fédérer les Universités populaires voisines. <
Outre la raison de sentiment, la raison d’intérêt impose à
cette tactique. Les fédérations, soit départementales, soit ‘4
versités populaires. C’est ainsi qu’elles devraient servir de à |
lien entre les Universités populaires pour leur facilite M |
nombre de tâches, leur éviter nombre de frais. N’est-ce pas à 4 {|
elles qu’incombe, par exemple, la centralisation des rensei- si |
gnements utiles tels que : offres de conférences, de cours, 4 |
À etc. N’est-il pas tout indiqué qu’elles réunissent une D!
à bibliothèque centrale et organisent des prêts de livres aux D:
diverses Universités populaires qui, individuellement, L
n’ont pas les moyens d’avoir un assortiment de livres D
important ? Elles pourraient à cette intention insister 1h
| auprès des éditeurs pour recevoir en service les ouvrages D.
qui paraissent. 14
Elles devraient s’efforcer de réaliser les mêmes avan- 4
tages, pour ce qui concerne le matériel des cours, séances ‘4
k récréatives, lanternes à projections, matériel pour séances 4
Elles devraient en outre prendre l’initiative d’organiser | des fêtes dont les bénéfices pourraient être répartis entre d les Universités populaires adhérentes.Disposant de moyens | plus étendus qu’une Université populaire individuellement, ces fêtes pourraient avoir un plus grand retentissement et contribuer ainsi à faire connaître l’œuvre des Universités 4 populaires et leur amener des adhésions nouvelles; ajou-
ù tons que, pour faciliter l’échange des renseignements, il serait peut-être utile de créer un Bulletin des Universités 1 populaires. Quant à l’organisation d’une Fédération natio- Ÿ nale, nous la croyons utile pour achever de relier entre elles les diverses Universités populaires et Fédérations « : d”Universités populaires de France; après elle, peut-être y ; aura-t-il lieu d’examiner l’organisation d’une Fédération ff
: Le rapporteur ajoute que, dès le début, il serait important de créer à la Fédération nationale une { mutualité des Universités populaires de France, des- ÿ tinée à aider les Universités populaires naissantes et à ; soutenir celles qui sont en péril; les cotisations qui ; seraient versées dans cette intention pourraient être ÿ calculées en vertu du principe de « chacun selon ses d forces », et d’après le nombre d’adhérents. La commission, unanime sur l’utilité des groupe- À ments fédératifs, a résumé à grands traits les avantages qu’ils peuvent offrir : Visites de l’une à l’autre, de localité à localité. — Voyages, excursions en commun. — Groupement de plu- . sieurs Universités populaires pour les grandes confé- rences, telles que celles du docteur Poirrier sur la télé-
FA séance du lundi 23 mai + i
ds graphie sans fil, qui nécessite un matériel d’expéri- :
di Groupement et répartition des conférences. — Entente 4
f avec les conférenciers. — Matériel roulant pour projec- D:
tions. — Collections de vues. — Bibliothèque circu- 4
lante, échange de livres. — Organisation de tournées à
de représentations littéraires et théâtrales, etc. ji
Avantages pécuniaires résultant des économies réa- L
k lisées sur les impressions, telles que cartes d’adhérents, M
statuts, programmes, etc.., les achats de livres, maté- « riel, reliure, rabais obtenus en raison de la quantité, et 4
tout ce que l’expérience journalière peut suggérer. 2
La Fédération nationale serait surtout une grande ; hi
force morale vis-à-vis des pouvoirs publics; agissant. 3 |
au nom d’un certain nombre de collectivités, elle aurait +22 |
plus de poids pour obtenir des subventions, des locaux, LL:
s des livres, du matériel, tout ce qui dépend des services 4
Elle aurait la gérance du fonds de réserve créé 4 ;
: d’après le vœu du Foyer du Peuple, vœu déposé à la À
à Elle offrirait les mêmes avantages d’économie que les ‘4
Fédérations régionales et pour les mêmes motifs. Elle 0
| pourrait créer des séries de clichés pour projections/ h:
de vues pour lanternes magiques à l’usage des Univer- De
sités populaires enfantines. Chargée de centraliser . tous les renseignements concernant les Universités populaires, elle publierait un bulletin les informant de tout ce qui peut les intéresser, organiserait à certaines
époques de grandes tournées de conférences, préparerait les congrès, rechercherait les moyens de propagande, entretiendrait des rapports constants avec toutes les Universités populaires et les personnes qui
s’y intéressent, les conférenciers, etc. j Enfin, elle créerait une bibliothèque sur le plan
1° Une bibliothèque documentaire, composée d’ou- ‘ vrages spéciaux à consulter sur place au local de la Fédération ou qui pourront être prêtés pour un temps
déterminé, non aux Universités populaires, mais à des 4
membres d”Universités populaires munis de leur carte k
à jour et sous leur responsabilité personnelle ; +
2° Une bibliothèque circulante. Les livres fournis par é
la Fédération porteront son estampille et seront divisés 2 en séries À, B, C, selon leur valeur. Les Universités populaires qui voudront jouir de cette bibliothèque fourniront un nombre quelconque de volumes en bon état de reliure: ils seront estampillés par la Fédération, qui leur en donnera en échange un nombre égal de même valeur. Tout membre d’une Université populaire à jour de ses cotisations pourra prendre un de ces volumes dans n’importe quelle Université populaire en échange d’un autre volume portant la même estampille.
La cinquième commission conclut donc à la création, : par le congrès, de la Fédération Nationale des Univer-
LEA séance du lundi 23 mai FE AE ns _ sités populaires, persuadée qu’elle est appelée à rendre 51 Hs de grands services à la cause de l’émancipation intel
lectuelle du peuple.
sr La cinquième commission adresse son salut fraternel À ; à ses nouveaux collègues et forme des vœux pour la 4 1 pleine réussite du congrès. ‘4 J Le comité de Limoges, fondateur de cinq sections ou Si Universités populaires, sur le point d’en créer d’autres È dans les petites villes du département, pose la question à En dehors de ces fédérations, croyez-vous que notre “4 affiliation aux Jeunesses laïques n’aurait pas de précieux 4 Notre but n’a-t-il pas en effet quelque analogie? Comme E: nous, ne rêvent-elles pas une humanité meilleure? Ne “4 cherchent-elles pas à faire disparaître la mentalité qu’ont J | créée l’atavisme et l’éducation religieuse ? Ne poursuivent- M elles pas l’instauration de la société future ? Si nos deux 4 actions ne doivent pas se confondre, ne croyez-vous pas ne qu’elles doivent être parallèles ?” D \ Nous sommes autorisés par la Fédération des Jeunesses 4 laïques à vous informer que chaque fois qu’un de ses 40 membres partira de Paris pour une tournée de conférences, e le citoyen Antarieu, secrétaire, en informera la Fédération 0 des Universités populaires, qui préviendra celles de la { région, afin qu’elles puissent, si elles le désirent, s’entendre 2 À avec lui pour l’organisation d’une conférence sous leurs “1 Ayant à peu près les mêmes parrains que les Universités nn | populaires, les Jeunesses laïques ne recherchent pas dans … à | leurs rapports avec elles l’appoint d’une cotisation fort D.
minime en soi; elles recherchent l’entente et l’appui moral | que doivent se prêter les organisations qui poursuivent le x même but : l’émancipation intellectuelle et économique | : des travailleurs.
Bayonne donne le compte rendu d’une organisation de ; Fédération régionale. Dans le sud-ouest, l’Université popu- # laire de Tarbes a aidé d’autres Universités populaires à se
- créer dans les environs; la Fédération comprend Tarbes, F Bayonne, Biarritz, Agen, Toulouse. On a pu ainsi organiser LE: des circulations de livres, échanger des conférenciers, créer un Bulletin des Universités populaires de la région, etc. à (Dans le nord-est, Bar-le-Duc a fait œuvre de même genre.) de Pourtant il conclut que la création d’une Fédération natio- si nale n’est pas mûre, mais qu’on pourrait nommer une pos commission préparatoire chargée d’étudier la question afin AR qu’au prochain Congrès annuel la décision püt être prise. KL? fe
Sur cette création d’une Fédération nationale divers avis % pour et contre sont émis; quelques camarades semblent craindre que l’autonomie des Universités populaires ne soit rs
° compromise; ils paraissent confondre fédération d’intérêts ; communs, en vue d’une réalisation autonome plus facile, avec direction centrale donnant des ordres pour que ces intérêts communs soient résolus d’une même façon, la majorité imposant les solutions à toutes les Universités populaires. Cette confusion se dissipe et, rassurés sur le respect de l’autonomie propre à chaque Université populaire, les délégués sont d’accord pour l’élaboration d’un projet de Fédération nationale.
Il est, en suite de diverses propositions, décidé de charger | le Bureau de la Fédération de Paris et banlieue d’étudier un projet général et des statuts; ce premier travail sera im- 3 primé et envoyé à toutes les Universités populaires de
\ France avec un questionnaire. Au retour de ce questionnaire
séance du lundi 23 mai He: : le projet sera modifié selon les vues des Universités popu : laires et leur sera retourné avec un second questionnaire. fu i Cette même méthode sera employée une troisième fois si Ni : cela est nécessaire. De cette façon on arrivera à éliminer les ht points pouvant donner lieu à des malentendus et à bien préciser ceux sur lesquels tous peuvent être d’accord. Ce mode de discussion par écrit, un peu long il est vrai, a le F se grand avantage d’être beaucoup plus net, plus méthodique à et moins décousu que la discussion verbale. . Le prochain Congrès aura donc ainsi fait une bonne | | partie de sa besogne par avance et n’aura que fort peu à discuter sur cette importante question. Si même il y a d’ici . K le prochain Congrès accord suffisant entre les Universités | intéressées, leur adhésion pourrait se faire par correspon- l dance, et le Congrès de 1905 serait alors ouvert par la 4 Fédération nationale elle-même réellement constituée. 3 | ; L’assemblée décide que le prochain Congrès aura lieu ‘| à Paris. La date est fixée à Pâques, 23 avril 1905. | Le texte suivant est adopté à mains levées par tous les 4 délégués présents, sauf un : 1 Le Congrès charge le bureau de la Fédération parisienne il de préparer la constitution de la Fédération nationale des 4 Universités populaires dans le plus bref délai et d’en pro- 4 poser la fondation au prochain Congrès qui aura lieu le ne On passe ensuite à l’examen des vœux. À Étant bien entendu que ces vœux, même s’ils sont : adoptés à une grande majorité, ne sauraient eng’ag’er D
en quoi que ce soit les Universités populaires qui n’en 1 admettraient pas la teneur, plusieurs camarades pro- Fa posent soit que l’on supprime les vœux, soit qu’on ne ‘4
_ vote pas sur leur texte. pe
| Après discussion, l’assemblée décide que les vœux qui ES seront acceptés ne seront pas l’expression des volontés da.
2 des Universités populaires présentes, tendant à créer : obligation pour la totalité des Universités populaires, ” 1 mais seulement des proposilions, qui seront annexées à ; LA
j la suite des travaux du Congrès lors de l’impression de Fe
ik Voici les vœux acceptés par les délégués dans ces 28
Le Congrès invite les Universités populaires à faire leur 3
déclaration, conformément à la loi de 1901 sur les asso- AE.
| ciations, afin de pouvoir jouir de la capacité juridique et Re. de ne pas se voir dénier la propriété de leur matériel et #3
| Le Congrès est d’avis de conseiller aux Universités popu- - | | laires de se rendre dans les Bourses du Travail faire des ce conférences sur le but des Universités populaires et d’orga- %
; niser dans le sein des Universités populaires de nombreuses ;
| conférences sur des questions économiques faites par des ;
militants des syndicats corporatifs. }
Attendu que les Universités populaires n’ont d’intérêt que 6 si elles contribuent à l’œuvre de justice et de progrès social; ee
14 séance du lundi 23 mai | ; t Attendu qu’elles ne peuvent vivre que par la confiance des ouvriers ou employés, ainsi que l’expérience l’a prouvé; ï Souhaite que les Universités populaires soient de plus en plus les émanations de la classe ouvrière; que leur administration soit confiée, dans la mesure la plus large, aux représentants des institutions ouvrières : Bourses du Tra- . 4 vail, Syndicats, ou Coopératives ; ? a Souhaite que les Congrès syndicaux et coopératifs x mettent à leur ordre du jour la question des Universités | Le Congrès des Universités populaires exprime sa sym- A pathie en faveur de la campagne antialcoolique. À Le Congrès émet le vœu que les Universités populaires ayant des buvettes n’y admettent aucune boisson aleoolique distillée. Ù Considérant que la femme, — cette éternelle esclave, — Êl n’est pas toujours émancipée et se trouve par suite adver- | saire des organisations démocratiques, croyant que celles-ci k ne sont pas favorables à ses intérêts; ï Considérant que l’on a jusqu’ici laissé la femme dans l’ignorance et que l’on ne lui a pas donné une éducation L: aussi développée que celle reçue par l’homme, ceci dit au point de vue général ; Le Congrès estime qu’il serait utile, — autant que faire se h: peut, — de multiplier les conférences et surtout les causeries dans les Universités populaires sur des sujets féministes et qu’un appel aux conférencières, pour parler sur ces questions ou sur d’autres, doit être fait, car lorsqu’une d’elles vient dans les Universités populaires il arrive presque toujours que l’élément féminin domine dans l’auditoire. |
Le Congrès émet le vœu que la journée de huit heures Au moment où le conflit russo-japonais multiplie, en ë,
- Extrême-Orient, les souffrances, les massacres et les cala- N mités de toutes sortes ; | Le Congrès des Universités populaires, réuni à Paris, F proteste une fois de plus contre les horreurs de la guerre, sx . et émet le vœu que dans les prochaines conférences données £ £ dans les Universités populaires on développe le plus f 4 | souvent possible cette belle et utile maxime: « Si tu veux la : paix, prépare la paix », qui peut seule conduire à l’établis- 3 4 sement des Etats-Unis du monde. 2 Comme corollaire du vœu précédent, un camarade pro- fe pose que l’on vulgarise le plus possible la bonne et saine FU Histoire de France du camarade Gustave Hervé. 2 Le congrès des Universités Populaires émet un vœu en ; faveur de la séparation des Églises et de l’Etat. ; Sont renvoyés pour examen jusqu”après la fondation + à de la Fédération Nationale des Universités populaires, 5 les vœux suivants, demandant : 6 — La création d’une commission permanente des fêtes ” — L’adoption de fêtes éducatives ; j f — Qu’il soit établi une liste des pièces de théâtre suscep- “à tibles d’être jouées dans les Universités populaires ; à
aq séance du lundi 23 mai SE ENTER $ — L’étude d’une caisse centrale de subventions; ‘ft À \ — Qué le prochain Congrès étudie l’organisation et le : fonctionnement des Universités populaires dans les cam- à Une communication est faite relativement aux Jeu- 1 î nesses laïques dont a parlé le rapport de la cinquième : 4] commission; une autre communication est relative à il l’envoi de délégués à l’Exposition de Saint-Louis, et un à appel en ce sens est adressé aux Universités populaires des départements. ; 4 Avant de clore le congrès, Maurice Bouchor, qui a présidé la deuxième partie de cette séance, remercie les . congressistes de leur assiduité au travail et adresse un À souvenir ému à la mémoire d’Emile Duclaux, qui fut un î ami sincère et dévoué de l’éducation populaire. } | Le Congrès est clos à six heures et quart. : |
La fête de clôture du Congrès a eu lieu le lundi $ Ê soir 23 mai, à 8 heures et demie, au Nouveau-Théâtre, F
. 15, rue Blanche. Le programme comportait une repré- F sentation de Liberté, drame en 3 parties avec prologue # et intermèdes de Maurice Pottecher, musique de Lucien È | La distribution était la suivante : CRT
Hommes et Femmes du Peuple, Soldats, etc. ni Prologue et intermèdes : Récitants, solistes et chœurs par les camarades des Uni- $
Après une allocution de Paul Kastor, secrétaire de la Fédération des Universités populaires de Paris et 4 | de la Banlieue, qui avait organisé la représentation, DE Maurice Kahn fit la causerie d’introduction suivante : La fête qui nous réunit ce soir a été organisée à l’occa- | sion du premier congrès des Universités populaires de 4 France, par la Fédération des Universités populaires de Paris et de la banlieue. … La pièce que vous allez entendre, — et dont, rassurez- ‘A vous, je ne retarderai pas bien longtemps la représenta- ; tion, — appartient au répertoire du Théâtre du Peuple de ; Un certain hasard, sans doute, n’est pas étranger à cette b | rencontre, si l’on appelle hasard le rapprochement invo- | lontaire d’hommes attelés à des besognes différentes et qui, b | sans avoir décidé la constitution d’un Comité, mais, au 4 contraire, dans une action tout à fait libre et individuelle, D ont mis en commun, momentanément, leurs efforts, pour . une tâche déterminée, chacun, d’ailleurs, conservant, même En dans cette circonstance, ses préoccupations particulières, et :: )8S | se consacrant à l’œuvre commune pour des motifs, avec D : des sentiments différents. D Mais le rapprochement, fortuit, de deux éléments aussi D distincts que les Universités populaires d’une part, et le 00 Théâtre du Peuple de Bussang d’autre part, un tel rap-, 4 prochement peut avoir des conséquences, nullement pré- , , méditées, peut-être même inaperçues de ceux qui s’y sont Le 4 employés. L’une de ces conséquences sera peut-être de “3 rapprocher d’une façon plus étroite les Universités popu- . laires et le Théâtre du Peuple : tous n’auraient qu’à y LA | gagner. Et les récentes représentations de Liberté données À en province, par le Théâtre du Peuple, ont permis de con- ne : stater les heureux effets de cet accord : en certaines villes & 4 140 2
le Théâtre du Peuple a aidé l’Université populaire à grou- d per des auditoires de 2.000 personnes ; — et, d’autre part, l’Université populaire a fourni au Théâtre du Peuple l’occasion de se manifester en des villes où il n’était pas connu, et où des représentations futures sont assurées d’un succès plus grand encore que celui, — très honorable et très satisfaisant, — qui a été obtenu cette année. , ; Je voudrais, — dans cette très rapide causerie, — vous montrer, en quelques mots, combien, à mon sens, ces conséquences sont heureuses, et combien le hasard, qu’on à, dit souvent aveugle, a fail preuve cette fois de clairvoyance ; . et de sagesse, Les Universités populaires vous sont assez connues, et ÿ ceux d’entre vous qui ont assisité au congrès ne me par- : MER donneraient pas d’apporter ici, après les conversations qui : £ ont été échangées pendant deux journées, une définition 4 des Universités populaires ou des vues personnelles sur leur objet, leur fonctionnement, leurs tendances. Il convient cependant de rappeler à ceux de nos camarades qui | n’ont pas assisté au congrès, — et c’est la grande majorité ; de cette salle, — que l’Université populaire est une asso- ; ciation pour l’étude, destinée dans la pensée de ses : membres à affranchir l’individu de ses préjugés moraux, de ses servitudes intellectuelles, concurremment avec les j organisations corporatives, et d’un ordre plus spécial, et d’un caractère plus restreint, qui poursuivent son affranchissement économique. — J’emploie à dessein des termes très précis en même temps que très généraux, car je | n’exprime pas ici mon opinion personnelle sur les Universités populaires : je ne fais que traduire, imparfaitement sans doute, mais aussi impartialement qu’il m’est possible, la tendance générale qui s’est dégagée du congrès. Les Universités populaires sont donc, avec leurs moyens > propres, dans le détail desquels je n’ai pas à entrer, des écoles de liberté. | Le Théâtre du Peuple, tel que l’a conçu M. Maurice Pot- L 141 1
à techer et tel qu’il l’a réalisé à Bussang, atteint, avec des | moyens différents, un but absolument analogue. , 4 : Le Théâtre du Peuple de Bussang fut fondé, en 1895, par ;
Maurice Pottecher et une équipe de collaborateurs ano-
fr Il est construit en plein air, sur le penchant d’une prairie | | souriante, adossée à une colline. La salle est d’un carac- » | tère rustique : toute en bois; bancs de bois, analogues à |
. ceux qu’on rencontre dans les promenades et en forêt; un coin de ciel sur la tête; par endroits, un morceau de ver- | dure qui danse sous la brise; de toutes paris les parfums 4 de la campagne environnante. | La scène est en bois; elle est vaste et agencée comme | celle d’un vrai théâtre; on y a pu jouer, en 1902, le Macbeth de Shakespeare, beaucoup mieux qu’à l’Odéon. On y L avait un avantage unique, dont Maurice Pottecher a plu- | | sieurs fois tiré un excellent parti : le décor naturel dela prairie servait de toile de fond. Lorsqu’au cinquième acte, 1 le rideau s’ouvrait sur la forêt de Dunsinane, c’était sous ] de vrais arbres et sous du vrai feuillage que se dissimulaient | | vie pénétrait par cette ouverture et donnait au spectacle (| un magnifique accent de sincérité. | Le public du théâtre de Bussang est très particulier : ce | sont bussenets et bussenettes, habitants des villages voi- il sins, touristes en villégiature à Bussang et dans les autres | stations des Vosges : on vient même de fort loin et un D train spécial amène chaque année des spectateurs, de | Le spectacle enfin est hautement éducatif. L’auteur ma 4 aucune prétention à « moraliser ». On lui a attribué ces in- il tentions moralisatrices, et, à la vérité, la première de ses À pièces prétait à la confusion, Elle était intitulée Le Diable à marchand de goutte, et peignait les ravages de l’alcool à l dans une petite ville. On voulut y voir une propagande D | antialcoolique. Et pourtant l’auteur s’était borné à repré- À senter sous les traits du diable les empoisonneurs publics D : dont les noms sont bien connus.
Pottecher, aucune intention de moraliser, je n’exprime point mon idée personnelle et je ne fais que répéter ce que lui-même disait récemment encore, dans une conférence prononcée à l’École des Hautes Études sociales. / Ce qui donne au théâtre de Maurice Pottecher sa valeur éducative, c’est d’abord son souci de vérité et son inspiration. Et c’est encore son étonnante variété. 5 Les dix pièces représentées sur la scène de Bussang £ depuis 1895 appartiennent en effet aux genres les plus ; divers; il se trouve dans ce répertoire : un drame rustique : (l’Héritage}, une comédie villageoise /C’est le Vent !}, un a drame historique /Liberté), un drame légendaire /Morte- : ville}, une féerie /Chacun cherche son trésor), une farce QUE {à VÉcu d’argent), et même une tragédie /Macbeth}. * j C’est là principalement, me semble-t-il, ce qui fait du È Théâtre du Peuple une école de liberté. La variété de ce F répertoire oblige le public à passer par des émotions : | diverses; la sensibilité du spectateur s’y enrichit d’année 1 il en année, — sans que jamais soient flattées ses passions, F sans que jamais l’auteur ait fait sa pièce en vue d’un j 08 public déterminé, sans que jamais la manière soit de parti- “ D’ailleurs, la définition que Maurice Pottecher donne du Théâtre du Peuple est significative : « J’entends par | Théâtre populaire, celui où les divers éléments dont > l’ensemble constitue un peuple, peuvent prendre place et s’intéresser également à l’œuvre représentée. L’assemblée sera d’autant plus complète qu’elle réunira, sur les mêmes f gradins, le premier des philosophes de la nation et le dernier des portefaix de la halle, le financier le plus opulent et le plus dénué des traîne-misère, séparés l’un de l’autre, — ou plutôt réunis l’un à l’autre, — par la série intermé- diaire des êtres qui rattachent l’extrême richesse matérielle ou intellectuelle à l’extrême pauvreté. » (1) Une telle assistance est réunie à Bussang. Des hommes divers s’intéressent également à l’œuvre représentée, sym- ; (1) Le Théâtre du Peuple, renaissance et destinée du théâtre populaire, Paris, 1899, in-18; Ollendorff, éditeur. |
12 théâtre », comme dit Michelet. — Et lorsqu’ils ne poussent 4 Ë x pas jusque-là teur sympathie, lorsqu’ils ne vont pas jusqu’à nl 1
- fraterniser, — ce qui à mon sens n’est pas nécessaire et dans ”
A à certains cas même serait regrettable, — à tout le moins |
ÿ écoutent-ils avec intérêt l’expression de sentiments quine
ee” sont pasles leurs, mais dont il leur est impossible dene pas di l |
j reconnaître la vérité. Ce n’est plus alors la fraternité qui
x est suscitée par le spectacle, c’est, chose bien plus belle, |
f et bien plus difficile, les préjugés qui s’évanouissent et la “
j liberté de l’esprit qui est conquise. — Et c’est un art sain, DIS sans outrances, sans flatteries, sans mensonges, qui a rem- nil } É 1 porté cette victoire. : ; | AUS La pièce qui sera jouée ici ce soir, Liberté, est une œuvre M très différente, par sa forme, de celles auxquelles le théâtre | contemporain nous a accoutumés. Elle se rapproche plutôt i | des spectacles du théâtre grec antique, où l’action drama- | tique était entrecoupée de récits lyriques, où un chœurévo- | | luait sur la scène, commentait les événements, traduisait | en langage poétique et musical les émotions provoquées | chez les spectateurs, — où enfin, par cette intervention Bit il constante de la foule et aussi grâce au prolongement indé- pe fini de la musique, le drame prenait des proportions gran- EL | dioses, revêtait un caractère de généralité plus vaste qu’un à | drame limité à des individus et réduit pour s’exprimer à “ii À l’usage des mots. “8 à L’auteur de Liberté a voulu, avec un sujet moderne, M | retrouver cette grandeur d’impression du théâtre antique; il À a tenté de nous donner, — par l’action de quelques hommes, % — l’image en raccourci d’un grand drame humain. LM Nous sommes en 1792 dans un village perdu de la mon-
- tagne vosgienne. 1792! Depuis trois ans la France se débat- “| tait dans la Révolution. La Bastille avait été prise, les pri | vilèges abolis, la Déclaration des Droits de l’Homme et du M Citoyen proclamée; le peuple avait chassé son roi : le peuple … faisait les lois et régnait au nom de la justice et de la liberté. |
Il y avait en France et dans le monde un grand bouleversement.
À Isolés dans leur montagne, nos paysans ignorent tous ces faits. Comment les auraient-ils appris? Jadis, un colporteur traversait de temps à autre le pays et leur apportait, avec ses livres, l’écho des bruits lointains. Or depuis trois ans le colporteur n’a point paru. Nos paysans ignorent donc tout de la Révolution. Et le sujet du drame, — indépen-
; damment d’une intrigue, que je ne vous raconte pas, et dont vous trouverez le résumé au dos du programme, (1) — ce sera,
È au contre-coup des événements révolutionnaires, l’éveil à la liberté de paysans ignorants de leurs droits et qui sont prêts
- à les revendiquer dès qu’on leur a appris à les connaître.
Dans la notice résumée à laquelle j’ai fait allusion tout à 0 l’heure, on lit la phrase suivante qui se rapporte à toute la seconde partie du troisième acte : « .… L’arrivée du Repré- sentant de la Convention, annonçant la proclamation de la République et réclamant des défenseurs pour le pays envahi, met fin à ces luttes et réconcilie tout le monde dans un transport d’enthousiasme patriotique. »
Cet enthousiasme patriotique va fort loin; les paysans J s’enrôlent à qui mieux mieux, quand on leur annonce que, 5 selon le mot fameux, « la patrie est en danger ». Ils prêtent serment sur une borne baptisée « autel de la patrie » et
5 ils partent en chantant la Marseillaise.
C’est ainsi qu’on faisait en 1792, — et, c’est le cas de le dire, 3 on faisait comme on pouvait.
() « L’action se passe en 1792, dans un village de la montagne vosgienne. Les grands événements de la Révolution, subitement révélés à ces habitants d’un pays reculé et resté à demi sauvage, se mêlent à une tragédie intime entre un vieillard aveugle, attaché aux traditions séculaires du passé, et son fils, jeune homme ardent qui a quitté le village aux premiers appels de la Liberté, Il y revient, coupable d’un meurtre civique accompli dans des circonstances qui l’excusent, pour être jugé et maudit par son père, malgré les efforts de sa femme qui essaye de le défendre. :
« Mais l’arrivée du Représentant de la Convention, annonçant la proclamation de la République et réclamant des défenseurs pour
| le pays envahi, met fin à ces luttes et réconcilie tout le monde
| dans un transport d’enthousiasme patriotique. » | | 145
Ce patriotisme, d’ailleurs, avait un caractère bien parti- 3
73 culier. En nous le faisant saisir, le drame de Maurice. ; Pottecher nous donne une excellente leçon, tout à fait 4 analogue à celles que nous demandons aux Universités E populaires lorsque nous y étudions un mouvement auquel Ë nous ne participons pas sans réserves, ou des faits contre #4 lesquels nous nous efforçons de réagir. C’est une leçon de à liberté, puisque, pour comprendre, nous sommes obligés 4 de nous affranchir de ce qui tient le plus à notre personne: È de nos préjugés, de nos préférences. 4 : Vous voyez que je n’avais pas tort de vous annoncer en 74 commençant que le Théâtre du Peuple rejoignait iei les à _ Universités populaires et que toutes deux étaient des écoles 4 En 1792, donc, patriotisme et révolution se confondaient. ; « La patrie était en danger ». C’est-à-dire que la liberté était menacée. effrayaient l’Europe. Les peuples applaudissaient, pleuraient 4 d’émotion. Mais les rois, naturellement, tremblaient et sen- ; taient chanceler leurs trônes. Leur intervention, crurent-ils, 4 pourrait rétablir la tyrannie et mettre à la raison la France révolutionnaire. Cependant, les officiers français, tous d’ori- À leur épée, quelquefois entraînant leurs troupes. La France % n’avait pas le choix. De toutes parts les volontaires accoürurent, en bandes, en famille : frères, enfants, parents, amis, 4 | Il ne s’agissait point alors de conquête, ni de gloire militaire ; il s’agissait de sauvegarder le plus précieux des e biens : la liberté. C’est pour soi-même qu’on portait les armes. Ce n’était point pour le caprice d’un monarque, ni pour les intérêts d’un groupe de financiers. On ne masquait à point des tripotages sous le prétexte de porter la civilisa- L tion à des peuples paisibles, qui vivent heureux sans 2 4 connaître l’Evangile ni les agréments inappréciables de 4
l’occupation européenne. On n’ambitionnait ni accroissement territorial, ni décorations, ni avancement; on
- défendait la Révolution, « l’âme sans épouvante », comme a dit superbement Hugo, « et les pieds sans souliers ». Et la Marseillaise, composée par Rouget de l’Isle à Strasbourg, à deux pas de l’ennemi, n’était pas le chant de haine qu’elle est devenue dans la bouche de nos farouches nationalistes; c’était un chant de liberté, — rappelez-vous les É premières paroles, — c’était l’appel aux armes contre Vétendard sanglant de la tyrannie. Nous le comprendrons mieux encore quand nous enten- . drons tout à l’heure la Marseillaise dans le cadre historique où nous la présente le drame de M. Maurice Pottecher. Si | éloignés que nous soyons de ce « culte » de la patrie qui nous semble aujourd’hui suranné comme les autres cultes, nous comprendrons qu’il fut un jour nécessaire et que sans lui c’en était fait de la Révolution. Nous saluerons dans le | chant révolutionnaire de 1792 l’ancêtre des chants révolu- | tionnaires que nous aimons maintenant, songeant que la s Marseillaise de Rouget de l’Isle a ouvert les voies à celle de Lamartine et que si le premier n’avait pas été entendu lorsqu’il appela « aux armes », nous ne pourrions pas aujourd’hui répéter avec le second : Je suis concitoyen de toute âme qui pense : La vérité, c’est mon pays! Nous nous rappellerons enfin qu’aujourd’hui encore, dans tous les pays opprimés, c’est aux cris de la Marseillaise que se font les mouvements révolutionnaires. Lorsque notre ami et allié, l’empereur de toutes les Russies, vient en France et qu’il écoute la Marseillaise, bien respectueusement, dans les fêtes officielles et les banquets, à la même heure, dans son pays, des gens sont
emprisonnés pour l’avoir chantée.
} Si nos ancêtres ne l’avaient pas chantée et vécue jadis, nous n’aurions même pas le droit, nous, de chanter l’Internationale.
‘ Notre catalogue analytique sommaire… . .. 2 Préparation de ce cahier . …,… 4 Fédération des Universités populaires de Paris Ce secrétaire de la Fédération des U. P.; M. Gaston “E Rabaud, rapporteur de la troisième commission ; 2 congrès des U. P: 1904 , Organisation du Congrès… .. ........ 9 Réunion mensuelle de la Fédération des Uni- | versités populaires de Paris le 13 décembre 1903, proposition d’un délégué; adoptée à l’unanimité; du 10 janvier 1904; où inclus circulaire numéro 1 sur un congrès national des Universités populaires; organisation générale; enseignement et départementales et régionales; signée pour les £ Membres de la Commission provisoire d’organisation, H. Ablonet, Charles Guieysse; Le Secré-
: congrès des U. P. 1904 LUE “ taire de la Fédération des U. P., Paul Kastor. :24 é réunion du 13 mars; adhésions provisoires ; SCC & deuxième circulaire; comité; but du congrès; RCE. | plan des travaux; organisation générale; in- Kat stitutions annexes ; enseignement et éducation ; L ; __ fêtes et distractions; fédérations départemen- SAR) .. tales et régionales; programme du congrès; 4 adhésions; signée pour le Comité, Le Secrétaire, É ér H. Ablonet; liste des Universités populaires qui ne. ont envoyé leur adhésion; départements; “5 villes; titres des Universités populaires ; délé- É
Ouverture de la séance; souhaits de bien-
venue; appel nominal; nomination du bureau; S
allocution de M. Gabriel-Séailles, nommé pré- | Res
sident; quelques renseignements sur l’organi- &
sation du Congrès; le déjeuner; un bureau par ‘à
commission ; nomination de ces bureaux; cinq à
commissions; réunion de ces commissions; k
Séance du Dimanche 22 Mai, après-midi… . 29 4
Rapport de la deuxième commission, énsti- D
tutions annexes; lecture par le camarade Clair, F Fe.
avant discussion du rapport, discussion sur %
mode de votation; non vote; surtout congrès 4
d’études; utile de se compter; ne pourront
voter que les délégués d”Universités populaires ;
et de Fédérations; discussion; rapports des ee
Universités populaires avec les syndicats; avec Ke
150 2
les Coopératives; avec les Groupes politiques ; avec les Patronages; Rapport de la première commission, organisation générale ; lecture par madame Wathier, financières ; où inclus rapport du camarade CaL sevitz, trésorier de la Fédération de Paris et de la banlieue, président de la commission; ce rapport est sur le budget de cette Fédération; une s Universités populaires, d’insérer dans leurs statuts une clause analogue à la suivante, fermeté dans le recouvrement des cotisations ; projet de constitution d’une caisse centrale de sub- : ventions; dans chaque région; organisation financière et administrative; tableaux synoptiques; désignation des Universités populaires; membres adhérents ou participants; membres honoraires; dons, subventions, allocations; organisation ; fédération parisienne des Universités hérentes et recouvrements; compte des disponibilités de la fédération parisienne des Universités Séance du Lundi 23 Mai, matin… … 74 Plusieurs lettres et télégrammes d’excuses; rapport de la troisième commission, enseignement et éducation ; lecture par le camarade Rabaud, rapporteur; conférences isolées; cours; séries; causeries ; lectures; discussions; la Politique; enseignement professionnel; bibliothè- : que; publications; matériel d’enseignement ; l’Art et les Universités populaires, PArt pour tous, les Musées cantonaux; personnel ensei151
à ER congres-des US P./T9047 000 Rapport de la quatrième commission, fêtes et #3 : distractions ; lecture par le camarade Georges 3 mr
2 Baër, rapporteur; consultations; consultations NE Ë médicales; trois vœux; demandes et offres de T4 | renseignements; consultations juridiques, U. P., FR TE adhérents; fêtes et distractions; tous les rap- Se: Sa ports très aflfirmatifs; une seule exception : La “24
- Fraternelle, du troisième arrondissement, Paris, #3 très opposée ; discussion de cette opinion; droits De,
; d’auteur; sociétés des auteurs dramatiques et 44
des auteurs, compositeurs et éditeurs de mu- 4 f. ques ; conclusions ; chorales; cours de musique, 0 de chant et de déclamation; promenades, excur- De.
| signs,visites; caisse de voyages; cercles de lec- “55 officielles ; acquisition de livres; échange régu- £ ESS lier de livres; discuësion ; le Mans, Lyon; {a 5
Fraternelle; banquet, simple et substantiel; 4 amicale présidence de Gabriel Séailles; 65 conyi- 1e Séance du Lundi 23 Mai, après-midi… … . 122 si Même discussion, suite; Rouen ; Maurice Bou- “i
: Rapport de la cinquième commission, fédéra- 1e
par le camarade Kastor; toutes les Universités É
populaires recherchent les moyens d’entretenir “à
entre elles des rapports aussi fréquents que À
possible ; elles reconnaissent la puissance °°
d’action des groupements et loin de repousser RS
la formation de Fédérations, quelques-unes 4
concluent logiquement à créer, après la Fédé- Me
| ration Nationale, une Fédération Internatio- 1% 5 152 4
nale des Universités populaires ou organi- £ ? sations similaires ; Auvers-sur-Oise ; Fontenayen-Vendée; Fédération post-scolaire des DeuxSèvres ; le Mans; Montreuil; la Fraternelle ; rejette la création d’une fédération nationale; discussion, réponse, d’accord avec la majorité ; l’Effort de Montrouge ; un Bulletin des Universités populaires ; une mutualité des Universités 4 populaires de France; rapports entre Univer- ; sités populaires voisines fédérées ou non; rôle des fédérations départementales et régionales ; fédération nationale ; une bibliothèque documen- ; 5 taire ; une bibliothèque circulante ; conclusion; 4 ques ; discussion ; Bayonne, Tarbes, Bar-le-Duc; ÿ | le prochain congrès; à mains levées, une Fe seule voix contre, le bureau de la Fédération parisienne chargé de préparer la constitution 3 #2 de la Fédération nationale des Universités po- : SÈ pulaires dans le plus bref délai et d’en proposer “2 la fondation au prochain Congrès qui aura lieu 4 le 23 avril 1905, à Paris; Vœux ; examen des vœux ; discussion préala- . ble sur la valeur et la portée de ces vœux ; les 7 supprimer ; ne pas voter; ne créent pas obligation pour la totalité des Universités popu- * laires; mais simples propositions annexées à la suite des travaux du Congrès; dix vœux acceptés; cinq vœux renvoyés pour examen , jusqu”après la fondation de la Fédération natio- : nale des Universités populaires ; ; une communication Jeunesses laïques; une = communication Exposition de Saint-Louis ; 3 remerciements de Maurice Bouchor président > aux congressistes; un souvenir ému à la mé- | 2 clôture du Congrès ;
re A Le lundi soir 23 mai, à huit heures et demie, LE ; Da au Nouveau-Théâtre, une représentation de RES » 22610 ! Liberté, drame en 3 parties avec prologue et TER 1 Æ intermèdes de Maurice Pottecher, musique de FA SSR : 1 après une allocution de Paul Kastor, secré- ss 73 1 taire de la Fédération des Universités populaires 211000 : de Paris et de la Banlieue i avait organisé st de L la représentation, une causerie d’introduction TES 54
ù de Maurice Kahn: Er
Fe Maurice KAun, — causerie sur Liberté … . . 140 à Nous avons donné le bon à tirer après corrections … ” pour trois mille deux cents exemplaires de ce vingtième % cahier le mardi 13 septembre 1904. 4
Ce cahier a été composé et tiré au tarif des ouvriers syndiqués.
CAHIERS DE LA QUINZAINE, 8, rue de la Sorbonne, rez-de-chaussée, Paris, cinquième arrondissement. Nos Cahiers sont édités par des souscriptions mensuelles régulières et par des souscriptions extraordinaires ; la souscription ne confère aucune autorité sur la rédaction ni sur l’administration: ces fonctions Nos Cahiers paraissent par séries; une série paraît dans le temps d’une année scolaire, d’une année RE ouvrière, d’octobre-novembre à juin-juillet; l’abonne- “ ment se prend pour une série. js Le prix de l’abonnement est de vingt francs pour la : série. Nous acceptons que nos abonnés paient leur sat abonnement par mensualités de deux francs. Ê Pour tout changement d’adresse envoyer soixante AU centimes, quatre timbres de quinze centimes. ! Nous engageons nos abonnés de certains pays à nous demander un abonnement recommandé; le prix de l’abonnement recommandé est de vingt-cinq francs pour la série; tous les cahiers de l’abonnement recommandé sont empaquetés à part et recommandés à La poste ; la recommandation postale, comportant une transmission de signature, garantit le destinataire L’abonnement ordinaire cesse de fonctionner pour chaque série au plus tard le 31 décembre qui suit ; É l’achèvement de cette série ; ainsi du premier juillet au
31 décembre 1903 on pouvait avoir pour vingt francs les vingt-deux cahiers de la quatrième série complète.
A partir du premier janvier qui suit l’achèvement d’une série, le prix de cette série est porté au moins au total des prix marqués; ainsi depuis le premier janvier 1904 la quatrième série se vend trente-cinq
M. André Bourgeois, administrateur des cahiers,
: reçoit pour l’administration et pour la librairie tous les jours de la semaine, le dimanche excepté, — de huit heures à onze heures et de une heure à sept heures.
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