Le livre des livres
Pour savoir ce que sont les Cahiers de la Quinzain ÉRX il suffit d’envoyer un mandat de trois francs cinquante à M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, a 8, rue de la Sorbonne, rez-de-chaussée, Paris, cinquième RS : arrondissement. On recevra en spécimens six cahiers PS Pour savoir ce qui a paru dans les cinq premières : de séries des cahiers, 1900-1904, envoyer un mandat de ee cinq francs à M. André Bourgeois, méme adresse; on. recevra en retour le catalogue analytique sommaire, # 1900-1904, de nos cinq premières séries, premier cahier 3 | de la sixième série, un très fort cahier de XH+408 pages très denses, in-18 grand jésus, marqué cinq francs. 5 Pour s’abonner à la septième série des cahiers, qui est la dernière série, envoyer en un mandat à M. André Bourgeois, méme adresse, le prix de l’abonnement ; on s *. recevra en relour les dix-neuf cahiers parus de cette à Pour s’abonner à la huitième série des cahiers, qui #4 est la série en cours, envoyer en un mandat à M. André % É Bourgeois, même adresse, le prix de l’abonnement: on A recevra les cahiers parus, et de quinzaine en quinzaine, e à leur date, les cahiers à paraître de cette huitième 4 Voir à l’intérieur en fin de ce cahier les conditions 7; “à Nous mettons le présent cahier dans le commerce; E septième cahier de la huitième série; un cahier vert ‘à
de 96 pages; in-18 grand jésus; nous le vendons #4
_ Je livre des livres 12 ‘ paraissant seize fois par an NA) … 8, rue de la Sorbonne, au rez-de-chaussée %
Ne. Il a été tiré de ce cahier quatorze exemplaires sur
4 À whatman ainsi distribués : e | 5
10 premier exemplaire de souche, exemplaire du gérant; sul
1 deuxième exemplaire de souche, exemplaire de ad.”
. troisième exemplaire de souche, exemplaire de l’im- 4
4 x | dix exemplaires d’abonnement, numérotés de r à 10 4
et un exemplaire d’auteur numéroté a exemplaire
ne “il Tous nos exemplaires sur whatman sont numérotés à TR à la presse et imprimés au nom du souscripteur; nos 1 tirages d’exemplaires sur whatman sont rigoureuse A stant souscrits; nous ne vendons point d’exemplaires | ja sur hatman en dehors de l’abonnement: l’abonnement ne sur whatman à cette huitième série est de cent francs ‘4 je _ pour tous pays. x ! ‘4h Les Cahiers de la Quinzaine sont composés à la main, 1h en caractères fin dix-huitième siècle (Didot) de la fon1 derie Mayeur (Allainguillaume et compagnie succes- M À 1 seurs) 21, rue du Montparnasse, à Paris, sixième
1 4 À le livre des livres ‘4
54 120
nr. RAND MÈRE, qui, le soir, au rougeoiement des bûches, Et È G Disiez des souvenirs de votre jeune temps hi
Avec des mots tremblants de peur et si chantants ; :
38 Qu’ils semblaient un joyeux bourdonnement de ruches À A Dans un clos de soleil et de sainfoins montants, 1 À Je me souviens de vos paroles d’invectives À f Qui maudissaient le siècle en regrettant l’hier. i % b _ Vos cheveux étaient blancs des neïges de l’hiver; : 4 »__ Et, sous l’orbe agrandi des lunettes pensives, # S# 4 _ Vos yeux ne voyaient plus que très loin dans l’éther. #
: 1) a C’est que l’âge morose a noué sur vos tempes ! RTE. ni L’aveugle bandeau noir qu’Amour met aux amants; fa à “ HI Les jours vous semblent courts ainsi que des moments; Fe _ Le réel s’exagère à la clarté des lampes : rte FAT È ,1 Seul est beau le passé vêtu de flamboiemenis. RTE NE Grand mère, s’il est vrai que votre temps fut grave 10 “00 Et noble comme un songe et beau comme l’amour, 4 ‘0 Ce n’est point dans la vie indécise d’un jour, ; RAA ‘0 Mais dans les livres vieux où le passé se grave k A Al Plus immortellement qu’un nom sur une tour. Ha
3 pour un bibliophile 54 “ Nr les aimez d’amour, comme on aime les choses :44 “14 Que le temps destructeur et rude consacra, Mr, F3 Vos vieux livres vêtus de robes d’apparat, { 4 ëô “4 à Qui resongent sans doute avec enchantement, 28 44 Dans le calme bleuté de votre chambre close, ct Ar : Au passé’qui ressemble aux beaux contes charmants. 4
de 4 Et vous 2imez aussi ceux-là en robes neuves $ 4 QU: Comme le rire en fleurs des jardins printaniers, LÀ : 18 Qui rêvent de vieillesse et de mains d’écoliers, k ( 1140 Livres étincelants de l’empreinte des ors, 13 A Pour avoir le moirage atténué des fleuves, “0 Hi ï Et la moile douceur des rêves qui sont morts. 4 TR 1 Ils sont tous là dans un bel ordre de musée à de.
CN Les maroquins ridés comme d’anciens tableaux +.” TR BAL Les chagrins pointillés de gouttelettes d’eau, ‘4 à ñ La basane rugueuse et les parchemins doux, ‘14 \ s Avec le titre à vif en lettres écrasées, ni: : mie Et le fleuron de marque entremêlé de houx. | 4 GS Vous les connaissez tous en vieux amis vos livres, à “ 4 Les uns ensanglantés comme un soleil couchant, h 1 Les autres d’un éclat fauve d’épis des champs, 54 514 Et ceux-ci d’un bleu tendre et clair de primitif, s: hi Et ceux-là miroitants et blancs comme le givre ï 4 * Ou d’un vert assombri de feuillage captif. #44 : Votre main se fait douce ainsi qu’une caresse ; ‘4 À Lorsque vous entr’ouvrez de vos doigts amoureux ‘à fl Tel livre sommeillant en des songes heureux +22 1 Parce que sur les plats rouges et effacés 14 10 Parmi l’or blond du lierre et des roses en tresse, ‘2 ki Sirise une couronne aux chiffres enlacés… ; SA
‘4 Vous aimez le passé dans votre âme d’artiste 1 F Len Comme ces paradis clairs des missels anciens, #4 né Le beau passé dont les livres sont les gardiens, ne): Mi Le passé d’âge d’or, le seul qui soit réel… 200 ‘4 Aujourd’hui n’est qu’un songe… à peine s’il existe. : Re : Demain est le reflet du mirage éternel… +
12108 0
4 sur une reliure en peau de truie estampée 3 dr jo le demi-jour pâle et bleu de la vitrine “ à Près d’une Bible grecque en veau fauve poli, ; 4 : 0 Il est un irès vieux livre écaillé par loubli + Li È En peau de truie usée aux douceurs ivoirines. * &
- Sur les plats écrasés dont l’empreinte s’efface, NA He Nulle couronne d’or de comte ou de marquis 6 ÿ ‘# Ne greffe, en son blason d’azur enorgueilli, 3 4 La devise d’émail où deux chiffres s’enlacent. de
120 Ni feuillages de lierre enroulés en dentelle, + RE x x Ni filets d’arabesque aux ors-capricieux, | pr Ni mosaïque à vif en dessins précieux, ; : 10 Ne rehaussent l’éclat de ses paleurs mortelles. Qu 00 C’est un livre très vieux où l’on a peine à suivre AL TE 1 Le geste rédempteur et beau d’un Christ en croix… ji je Et des femmes pleurant de tristesse et d’effroi… . s QU Un vieux livre scellé de deux fermoirs de cuivre. | » 7 ; (248 Avec son art grossier et naïf de verrière ! \ 08 Aperçue au fond d’une église à l’infini, ‘5 Il a l’effacement merveilleux et jauni +0 D’une miniature à fleurs de bréviaire. 4 4 1 semble avoir gardé sous son rude estampage, ; 68 — Comme le diaphane et mystique reflet à Lx Demeuré dans les yeux des vierges à jamais — k 4 1 2 LE La patine des mains et la rouille des âges; (A ii Pour que vos doigts légers qui le frôlent à peine [248 US D’une caresse émue et lente d’amoureux, 4 Se fassent très càlins, très doux et très pieux ô 4 Au souvenir vivant des caresses anciennes. ;
{ RAPÉ de velours-rouge et clos de deux fermoirs, 5% à D C’est un psautier gothique orné d’enluminures, 54 1 Qui sommeille en l’étui de basane à marbrures 5% L Où le titre s’incruste en des entrelacs noirs. Es 4 Sur les plats adoucis dont l’incarnat se fane N: j En teintes de camée et de roses sainfoins, 3 à . Se greffe et s’entrelace à chaque angle des coins “54 à La double fleur de lys vermeille et diaphane. + 4 Mais sur la tranche à vif dorée aux petits fers, j 48 e . Se courbe larc d’azur de deux initiales Le. Que fleurit la guirlande antiquée en spirales 4 3 Des bourgeons assombris et des feuillages clairs. 1% 3 Tandis que blasonnant les marges et la tranche F: É À Les longs signets de soie inégaux et passés ‘ve
Évoquent les traits doux, amoureux et lassés M
“. D’une vierge au missel et qui prie et se penche. 15
57 Fut verdi par le temps et bronzé par l’oubli, ; ; ‘128 Comme un buste d’Amour que l’âge ensevelit 1
hs. Sous la mousse olivâtre et les herbes frangées. 1 » dix Innombrable semis héraldique et doré, : ‘ ‘4 Les lys à trois fleurons et les flammes trémièrès 20 % Alternent sur les plats en lignes régulières, “
- 4 Sans volute inutile ou feuillage azuré. An. 4 Les angles ennoblis de couronnes royales Re 708 Se rehaussent d’un chiffre et s’ornent d’un collier, \ |
#1 Où se meurt, en son vol à jamais prisonnier, |
‘14 La colombe divine aux ailes cruciales. : à; l
40 Et maintenant, dans la vitrine sans écho, 1488 Un double ruban bleu de soie eflilochée } 228 Engourdit de silence et crispe en sa jonchée \ 48 Ce livre qui fut jeune et qui n’est plus qu’un mot. he
1 Reliure de Grolier 14 De LÉ maroquin strié de nervures brunies ? %% i Est d’un roux mordoré de feuillage d’automne ‘5 æ Que le soleil dégrade en teintes infinies, 7 : Tandis qu’un noir losange incrusté sur les plats d sal k S’entrelace aux dessins d’une double couronne, ‘ LM j Parmi l’or azuré des souples entrelacs. © #4 | Aux contours, encerclés d’une äpre ligne droite, “1 : Serpente et se dénoue en chaînette d’argent, : g.
Dentelle à petits fers ou mosaïque étroite. 1
ie Dans la couronne immense et centrale émergeant, ES ME Se détache le titre en romaines dorées, Des RUES 1350 Tandis qu’au bas du plat, en sa formule brève DEA po Jehan Grolier en fit hommage à ses amis * AGE 7. Pour qu’aux feuillets s’évoque un seul et même rêve. #4 ASS Et seuls ouvrent encor de leurs doigts très pieux <a ‘1 te Ces livres d’autrefois que le temps a blèmis, d (ee Les amateurs fervents qui se souviennent d’eux. 44
| d’après une reliure en vélin 14 D: à la mémoire de José-Maris de Hérédia RE ( Le vélin blond greffé aux angles de lys d’or 14 4 Recouvre pour la vie et drape pour la mort, “a a .. Dans le demi-jour vert des vitrines dormeuses, 1 1 4 _ L’exemplaire royal des œuvres de Pétrarque. Que B; Le long filet doré qui serpente et se noue, A 2 7 Lb. Éraflé sur les plats et bruni par le temps, 1108 4 Semble l’äpre fil d’ombre aux quenouilles flottant 7 fs 4 Que sur l’estampe antique et le long de sa joue ‘ 0 ‘fi Dévide à son fuseau l’inexorable Parque. f. 3
: UV Mais l’or se défleurit et la blancheur s’efface; ; a: ‘5H Et de fauves refleis nuancent le vélin RE | 16 41 ui, fané dans son rêve et pâle en son destin EE ” \ 10e Imite la douceur pieuse d’une châsse : “pe We Que ferment les volets d’un diptyque d’ivoire. AT 7101 Le silence lui pèse et les siècles l’écaillent, F ‘SR Et l’ombre se dessine à ses plats endormis Es ‘1 Comme sous un baiser une femme tressaïlle j È a Parce que se ranime en sa frêle mémoire, at 30 Et que s’éveille, au chaud frisson de mes caresses, : +10 Echo d’un fier sonnet de prière ou d’accueil 1 fa je Geste de gentilhomme ou regard de princesse MES D: Tout un passé d’amour, de légende et de gloire. pv
ne. “ne un vélin gothique en lettres onciales ”\0 0 Que pour servir la règle et honorer son Dieu AN ‘el Enlumina d’azur un chanoïne pieux 53 154 Dans le calme embaumé de sa collégiale. l Ja Un rinceau d’or fleurit la page initiale k ô Où se détache ainsi qu’en un vitrail joyeux 210 ; La majuscule ornée aux volutes de feu à
à Qui courbe sa dentelle en erosse abbatiale. “ < . Maïs vous, érudit calme amoureux du passé, CLR % Vous cherchez à surprendre, en ces traits effacés « 4 f] Comme un clair paysage en un brouillard de neige, Ke: 4 Sous la ligne hésitante ct dont l’encre a blêmi, 17 TR Et le sigle discret où chaque mot s’abrège, 4 Quelque sens invisible et longtemps endormi. tu
&U avant les Xylographes | k : Le plus beau livre ancien fut un livre de pierre À À [ Où toute la pensée humaine se résume, #Æ CH \ Comme le Moyen-Age extatique en prière À 4 ‘à É Se dresse et ressuscite en son nimbe de brume, “4 | 13 Parmi l’envol fragile et léger jusqu’aux cieux 1 150 Des cathédrales de granit et de lumière. 1
sa C’est un livre vivant sculpté en toutes lettres 1]
EU, Où chacun dans sa douce ignorance peut lire, us 1
Comme l’ont épelée autrefois nos ancêtres, à
1 “4 La légende gothique et jeune des martyres Li
Ja Enroulée à la frise ou peinte aux vitraux bleus, 1 à À Qu’une äpre floraison printanière enchevêtre. 4
Tandis que, couronnant le haut portail du sacre, d ;
: Dans la rose frangée et pourpre épanouie, di |
‘4 Patriarches d’azur ou prophètes de nacre |
{ Redisent aux échos des races éblouies
4 ï La constance à travers les siècles d’une foi, : |
à Qu’atteste l’Évangile et que l’Amour consacre.
à En sa chape ouvragée et vieille de symboles,
‘à Comme l’évêque à vif des lourds fermoirs de cuivre,
k Agenouillée, avec le ciel en auréole, |
25 La cathédrale immense est le livre des livres,
1 Hystorié de fleurs pour chaque jour des mois, |
‘à Et toute page ouverte aux versets des Paroles. ue
‘à Sur ces feuillets géants de granit, la pensée M
à Se gravait plus durable en son rêve et plus forte
‘. Du rythme aérien de sa ligne élancée
à Que les balbutiements confus de phrases mortes
1 Que la poussière efface et que blèmit le temps,
) , Sur les riches vélins d’écriture amassée.
NT Et le soir velouté de pourpre et bleu qui rampe, FA ï ns. Découpant au profil rêveur de Notre-Dame, , « 3 Comme dans le mystère adouci d’une estampe, S L: Des nimbes de lueur et des grappes de flamme, 4 M’a fait songer à la Bible en couleurs d’antan + 1 Que m’expliquait ma mère, à mi-voix, sous la lampe. {
1 à mon cousin Marcel Bonnerot ‘4 +114 fes comme un pastel et comme un vieux visage, V4 10 Nb C’est un livre de prix conservé d’un autre âge, #01 AA _ Dont la peau se dessèche et s’arrache par plaques. :154E
mé 4 Sur le dos arrondi doré aux petits fers, ia
\0 Que plisse en quaire endroits la couture sur nerfs, *
AUS ; On lit le titre à vif : Hymnes de Callimaque. 10 jt La tranche impérieuse et déjà effacée, s 54 LM Où se mêlent la pourpre et l’ombre nuancée, ‘0 UN A les tons assoupis des étoffes anciennes. | ‘50
4 Sur le plat brun cerclé d’un double filet d’or, À É. Nulle palme bombée et rigide ne tord b E Son orgueil périssable ou sa gloire incertaine. À 4 Mais au feuillet de garde une simple étiquette, TR fl
D’une écriture pleine, inclinée et très nette, 18
ne Désigne le collège et le prix et la date. 4 à Pour affermir sa marque et sa propriété, bl Le lauréat de lan douze a fait serpenter ; 3 Sa signature immense en lettres écarlates. ‘ha é Gloriole inutile et vaine renommée, { ï à Que consacra jadis en phrases de fumée $ 1 Pommereul général et préfet d’Indre-et-Loire, 1 _ Puisqu”il n’est demeuré de ce siècle pli Ÿe 4 Sous le trophée inverse et le laurier cueilli 4 E Que deux noms inconnus sur un livre de gloire. à
‘04 en signet pour un livre de vers 2,270
1046 114 no D un de ces longs soirs silencieux d’hiver, Ke A Lorsque vous serez las de la vie et des choses, 1 14 Resongeant au printemps ensoleillé de roses qi: k Qui frémissait de joie entre les buissons verts, AE KE \ Lisez, dans votre rêve où plus rien n’est amer, ; à 1 Quelque livre très doux de poésie éclose 6 U k il Pour que s’envole au loin tout votre esprit morose 24 k Selon l’essor du rythme aérien des vers. 114 a \ Au chant évocateur des strophes effeuillées ht, Ki Le calme renaîtra des anciennes veillées : { gi Où vous parliez d’amour et d’enfance à mi-voix. 4 d}; Lors, sur la page où votre âme s’est apaisée, :! 74 ‘3 Mettez, en souvenir des songes d’autrefois, # 14 1028 Ki Le signet odorant d’une fleur écrasée. À 1 4
ù. en marge d’un Ronsard ; 4 % VRIL est descendu avec ses corbeïllées; js È La chanson des oiseaux du ciel s’est éveillée; Û % Et dans l’air enivrant de fleurs et de bourgeons x, h. Flotte l’odeur d’amour des premières feuillées. 10 } Et ce matin, rêveur à l’âme bruissante, 75 Le. J’ai vu fuir devant moi, au détour d’une sente, “ai h 1 _ Sous le soleil qui les vêtait de rayons blonds, 1 Ke Un doux jeune homme aux bras de son adolescente. 4
Na Ils se diront, tout bas de peut qu’on les entende, % 0e Les mêmes mots jolis de fièvre et de légende 8 ia APE Que murmure l’amour de toute éternité; M. tu Leurs corps s’assoupliront aux frissons des caresses, Fi 4 45 ÿ Et quand, un soir de deuil et d’amère détresse, ‘à ui) L’inévitable mort aura pris leur beauté ; 110 At F Nul ne saura qui fut l’amant et la maîtresse. 4 AA Jadis, aux siècles d’or des royales victoires, ‘ Ve Combien, pour leurs amours, avaient rêvé la gloire 4 4 De survivre à l’oubli anonyme et commun, j #4 3) ÿ Et dont nul n’a gardé l’éphémère mémoire. à al | Ni chiffres emmêlés que l’on greffait aux chênes, Fr N Ni marbre épars de buste ou tombe souterraine, 10 1 Ne redisent le nom de ceux qui sont défunts. at 0 Car toute fleur se fane et toute joie est vaine. \ : nl Mais vous qui reposez en la terre fleurie, “0 ip Hélène de Surgère, ou Cassandre ou Marie . 0 te Sous l’ombrage jumeau du myrte et du laurier, 4 Fo La rude mort, qui fait toutes choses flétries, 1
“ En fermant vos yeux clairs vous fit plus immortelles, < ‘4 : Puisqu’en ses fiers sonnets où la rime étincelle ‘ A ie Ronsard vous consacra pour présent d’amitié ” K y La louange la plus vivante et la plus belle. | F
; Et mieux que l’anneau d’or serti par un orfèvre, ; + 0 4 Mieux que tous les serments et les caresses mièvres, 2 Pour vous éterniser il a sufli d’un vers “EX NPANE Qui chante et s’éblouisse aux baisers de vos lèvres. x:
“4 Las! rêveurs et amants se plaisent à relire A | 1 Les chants victorieux que Ronsard vous soupire : # À ne, Car il flotte parfois aux feuillets entr’ouverts . (12408 4 Le vertige attardé d’un de vos longs sourires, 1708
| 110 le Temple des Livres À : AISNE à la Mémoire de monsieur Jules de Chantepie du Dézert th ni. | fit bibliothèque est le plus beau des temples D fl di ù Puisque sur ses rayons poussiéreux se résument ‘110 Tous les peuples, tous les siècles, tous les exemples A ni Jh Comme un bel héritage anonyme et posthume ‘ d ) | Qu’à travers les hasards incessants du destin aa Offrent les morts d’hier aux vivants de demain. ; ‘0 C’est la grande cité fatidique des livres k ST ue il VS, Où chacun doit venir au jour de sa naissance ] hi S’initier au monde et mieux apprendre à vivre, L AM Selon toute harmonie et toute prescience, | ANNE En conformant le heurt des jours quotidiens . au Au rythme d’un passé dont ils sont les gardiens. |
Dans la paix des rayons et l’oubli des travées, 4h .Que la poussière lente et tenace macule, nt Innombrables ainsi que grains d’une cuvée, : Les livres côte à côte et toujours s’accumulent, Le Comme le sable blond par les ans amassé ; 1 S’exhausse et se prolonge aux grèves du passé. : 4 | Et ces livres obscurs aux pages de silence F e s D’un deuil ou d’un amour confidents éphémères, À | Beaux compagnons de rêve ou témoins de souffrance } Et maintenant en proie à la mort séculaire ? Sont plus proches et plus humainement vivants ( 1 Que les hommes d’hier coudoyés en rêvant. Ils sont de notre race et de notre famille : : Et leur voix, dépassant les longs siècles d’orage “ie À Comme un écho d’aubade attardée aux charmilles, è. Nous rappelle que dans le tumulte des âges “1 4 à Les vivants ne sont qu’un imperceptible accord À :: É. Parmi la symphonie éternelle des morts. À 3 Livres abandonnés, vieux livres, mes ancêtres, 4 h Quand je franchis le seuil de votre sanctuaire & 1% Ainsi qu’un écolier craintif devant ses maîtres fi
Je me sens accablé de lassitude amère ie
- Et du dégoût d’écrire encore et de penser… “hi L Ma petitesse avorte en face du passé!
| “ol Car au secret du temple où l’âge les agriffe, oi
LR Ro Sur les papyrus bruns d’écorce un peu ridée, RFA L NA ni ME Nos phrases et nos mots et toutes nos idées de ls ji je mi Gisent, à tout jamais vivaces avant nous, 4 P’APRTOS DRRUUIN Comme un rêve inéclos sommeille en des yeux doux. ? VE Pour ces livres d’hier que le hasard entasse : HAVE js ‘à À Car ils sont nos amis et leur œuvre est féconde. î (An hi Tout disparaît, les rois changent, les siècles passent; QU A À ! Et seul a survécu de toute éternité } ‘
Joe Grammaire latine du prince de Condé Re
À LL maroquin rougi semé de fleurs de lys } 1
Ron Que l’automne dessèche et que le passé farde, 515
L Sur les plats encadrés de deux filets d’or, garde F0
4 L’immortel souvenir des mains qui l’ont poli. ARC
4 Sous le paraphe noir, écartelé, on lit ne “#4
1 La prière en latin et les notes de garde : EN
À Que de son écriture incertaine et bâtarde : 16}
0 Le titre est décoré tel un beau bréviaire, k it
Re Et chaque majuscule, enluminée et claire, ; ; 14
__ - S’enroule de feuillage ou se nimbe d’azur.
8 Et maintenant il dort ce vieux livre de classe, ; V3
:à Aveuglé de poussière et de silence obscur, Ga À
| “4 Sous l’étiquette ovale où la cote s’efface. FE
140 Cahier de textes Use l ex LÉ est des soirs de doute et d’âäpre inquiétude AUX INR Où l’on se sent mauvais et lâche pour l’étude, 8 \ 4 PAL L’esprit vide, la chair triste, les gestes rudes. “4 FAN Alors, seul dans l’ennui de ma chambre bien close, 4 +00 Dans un alignement classique je dispose (A 10 la Carnets de notes, vieux livres et vieilles choses. ‘4 ‘4 1 Et dans ma serviette usée en molesquine, l il F0 J’ai trouvé mes cahiers de textes qu’enluminent F, 10 Des dessins emmêlés d’expressions latines. (LUE
: 19 Feuilletant au hasard ces pages écornées, SR L J’ai revécu de loin mes meilleures années, Pr 1 Comme un beau songe enfui de candeur fortunée. , ù D 4 Thèmes ou versions chantaient dans ma mémoire 1700 HA ; Sur un rythme lointain d’antienne évocatoire, 2) Comme des vers, des baisers fous et de la gloire. ‘#4 Î O vieux cahier, qui vaux toute une anthologie, j “À
Puisqu’y murmure encor mon? passé délégie à : $
4 Et que s’y réveille en un sursaut d énergie : “10 | Ma volonté tenace et farouche de vivre, + L Je taime d’un amour enfantin qui m’enivre, Re. 3 Car tu es le meilleur et le plus vrai des livres! : ‘2
1 16700 Almanach de demoiselle #0 ; * à ma tante Marie Beaujard à H 4 | 3 qu le premier tiroir du chiffonnier de rose, : +20 | Ouvragé d’ornements fleuris en cuivre blond, Fe. | Sous l’ombre recueillie et vieille du salon ri F4 ; Où toute mon enfance est demeurée enclose, 344 % Hier, cherchant parmi les écheveaux de soie, : 1 4 Les dés et les sachets de parfum, j’ai trouvé, 54
Mignon comme l’Amour où le titre est gravé, 23
Ë. Un almanach dont la couverture verdoie. |
- , La tranche est dédorée et le signet se casse; : DE, L’ Les vignettes sur zinc, que protège un papier, « 8 F5 Ex Sont d’un vieux symbolisme exquis et minaudier tr L Comme le titre ami : Le Messager des Grâces. NA
‘he Les mois, en rangs de saints, parlent d’année ancienne, UT Du Où de semblables jours glissaient d’un même pas, d 1,0 Selon le nombre d’or et l’épacte chrétienne. : Dès ._ . Puis des vers, qu’autrefois chantaient les demoiselles, Sr 1 Sur des airs de cantique et de vieil opéra, 4 : A Dans le salon Empire en geste d’apparat, ls ‘ee Avec l’éventail bleu battant comme deux ailes. ke
EU À En fin, sous les oiseaux et fleurs en frontispice, ‘à
113 (l Douze feuillets pieux, moitié roux, moitié blanc, 3} / 60 Pour mettre, en souvenir de chaque mois de l’an, 54 INTER L’inscription d’un deuil ou d’un amour propice. #1 AE 0 Mais au bas du feuillet qui forme couverture, ds Ke ji En anglaise élégante et penchée à demi, 1% ‘ J’ai reconnu — baiser des siècles endormi — % UE ‘ Le paraphe effacé de votre signature. Et he Mons Et vous revivez toute en ces pages vieillottes, 1 “ Aïeule au nom fané des romances du temps, 7 Le Fleurant, sous leur habit verdi qui se détend, qi: Rx Parfum mauve de soie et verte bergamote. ‘4 ‘13 Je revois, dans le cadre en or de la grand chambre, 2 MAD Votre visage étroit d’un blane pastellisé, fs ie 1 ui: Auprès d’une.sanguine où l’oncle au teint bronzé à ‘11 Vous brave d’un regard, se raidit et se cambre, se
% Vos cheveux blancs d’argent, frisés en papillotes, (J’6) UC Ogivent votre tempe et nimbent votre front; : 5 | Et votre coiffe blanche en malines se fond Li : ñ 3 F Avec votre päleur où deux yeux bleus tremblotent. #4 1
Re . Le corsage est brun puce et froncé à la vierge CPS À Tandis qu’un crêpe blanc de Chine effiloché 1168 . Se croise comme un châle et se drape en rucher $ 1 | Et vous donne l’aspect d’un rêve qui émerge. M: | J’aime ces riens où tant de choses sont encloses ; î ‘4 Mais j’ai peur qu’en un âge où je ne serai plus, Le +5 ; Le petit almanach du chiffonnier de rose. PR {
“RUES u fond d’un vieux pupitre en bois brun d’acajou AL :11S Parmi d’anciens cahiers fleuris de Notre-Dame #4 18 tr Et des lettres de fête à dentelle de flamme, ; (ARRET TR ‘4 J’ai découvert, dans un écrin, comme un bijou, Dee 1 L’herbier, vêtu de cuir d’un rose de bruyère, 4 due a ; Pt \ Que fit en pension mon arrière grand mère. : ee
| Son nom de jeune fille au plat, en lettres d’or; Pen.
La tranche est rouge brique ainsi qu’aux vieux volumes;
Le titre, aquarellé sur esquisse à la plume, ’ #80
| Représente une source avec des jones au bord D Et des myosotis sur fond d’herbe verdätre 548 < Qu’ombrage un bouleau blane et gris comme du plâtre. © 100 11 s’exhale un parfum fade et vieillot de foin; at
Fixée au feuillet clair par une bandelette 2% 4,
Qui chevauche la tige et retient l’étiquette, 4
C’est là toute une flore ordonnée avec soin Œ Selon le classement de monsieur de Candolle ; 8e _ Famille, espèce, et genre aux beaux noms d’auréole. ‘4 pr
Les saisons d’autrefois revivent de lueur; 510
Mais la couleur se fond, se nuance et se fane { K ï
| Au travers du réseau de veines diaphanes, à 3 ‘0%
Garde, comme un débris du pollen qui féconde, a k Le reflet vert du bois ou blond des plaines blondes. F4 % Bluet bleu de faïence et serpolet rosé, F4 | Marguerite effeuillée au soir des songeries, 4 1 Vert laurier du poète ou menthe des prairies, } 0 % O fleurs des champs où l’aube a posé son baiser, L/48 f Trésor du pauvre, fleurs des yeux de mon aïeule, pe. Vous n’êtes qu’une tombe où mon cœur se recueille. fi ke:
| Votre vie amoureuse est dans ce vieil herbier A: Avec toutes les fleurs que vous avez cueillies, SHARE _ — Roses de vos printemps que le siècle a vieillies — LP FETE _ Comme demeure et vit, immortel et entier FES nu Dans l’effacement gris d’un dessin à la plume, PAS Votre portrait d’aïeule en coiffe et vieux costume. Ve
; ma Bible LT 11 É plus beau livre ancien dont mes yeux se souviennent ss Est une vieille Bible in-folio de cuir, |. ei __ Dont ma mère tout bas m’expliquait les gravures, F5 ‘3 3 Pour que, selon son rêve infini de chrétienne, \ 08 % Mon âme soit très simple et très bonne et très pure, ï 428 1 HS Comme un soir de Chaldée où l’on voit s’éblouir 7 4 _ Le rosaire argenté des étoiles anciennes. ne « ER w
ae Que de fois dans le vide et l’ennui des journées, 4 4 sg À plat ventre étendu, les coudes au parquet, [M Aou Devant la Bible immense appuyée à la table 4 pics Comme une chàsse ouverte aux deux portes ornées, L ni J’ai cru revivre un peu la candeur idéale, 1 ‘1 Que l’homme à son premier réveil d’enfant goûtait, # 170 #0 is Sous le souffle attiédi de la page tournée. ;
HU: Je les revois encore en leur suite rêveuse . h
ste Ces vieux dessins naïfs et mal coloriés 1
4108 Depuis le jardin blond du Paradis terrestre 4
Hi Plein d’arbres et de fleurs et de bêtes fläneuses ‘4
4 Avec Adam et Eve errants en dieux sylvestres, 4
\ > Jusqu’à l’Ascension du Christ magnifié 1
var Dans un ciel violet de pourpre glorieuse. 4
ÿ à Sous le titre éployé en lettres de feuillage, ll
da ) Il y avait, pensif et grand comme un aïeul,
‘ *| Ainsi qu’au bleu vitrail émaillé de l’église, d |
ie Dieu le Père assis sur un trône de nuages; ù
MIN Puis c’étaient Abraham et Jacob et Moïse
! Tous les prophètes blancs aux longs gestes d’accueil, Tu
L f: Et le Messie enfant qu’adoraient les Rois Mages. ;
à Le livre le plus beau n’est que vaine poussière, 4400 À Puisqu’un soir, au retour de classe, j’ai trouvé, ne : Dos disjoint, en lambeaux et gravures tordues, ‘4 4 } Ma vieille Bible morte et se trainant à terre, (ER 4 Tandis qu’à deux genoux sur les pages vaincues 208 À Et poussant de longs cris de triomphe énervé, 732 Un enfant déchirait mes rêves éphémères. {50
/ Et voici qu’en mon àme où le passé s’éplore, EE: Évoquant en secret l’estampe d’autrefois #14 ï 4 Où Rachel amoureuse au bord de la fontaine nr. Offrait au clair passant l’eau fraîche de l’amphore, + ver | Je me demande aussi quelle Samaritaine, F 114 Fe | Par un soir embaumé de silence et d’émoi, dr. Mettra son baiser d’aube à mes lèvres d’aurore! = x
4 MIE aux yeux de songe et que je veux aimer, LR F. ÿ CES que mon cœur blessé s’apaise et refleurisse | “CNSIER 7 Comme au printemps d’avril le taillis embaumé » LEE ‘# Prenez ce petit livre aux pages déchirées 1 Lo. * hr: Vêtu grossièrement de parchemin blondi, À 56 VU: Que ferme sur la tranche en deux boueles pourprées 217400 Ni Le ruban de satin où l’âge se raidit. : *ATeNe
RE Vous ne trouverez plus à la première page US ip Ai La gravure du titre et le portrait sur bois, au ‘11488 Où, le front ébloui du glorieux feuillage, LA ANS Les feuillets sont brûlés de piqüres de rouille; L/1ÿe Es Et tel sonnet s’efface en son tercet dernier, dl ) Qui garde sur le vers où la rime gazouille ‘EA Ni ’ L’empreinte du doigt nu qui mouilla le papier. 110 di: 1 Et telle Ode d’amour à Cassandre s’oublie k, de Avec la rose éclose et ses plus beaux souhaits 114 1 à Parce que le feuillet qu’une corne replie ‘4 ji S’arrache sur la strophe et se coupe en biais. d fl C’est une très ancienne édition in-douze A à En caractères fins et penchés d’Elzévir ‘1 “a Et chaque pièce, comme un massif de pelouse, tà (hs S’orne d’une lettrine où des fleurs vont fleurir. À 14 Lorsque voudrez savoir tout bas à quoi je rêve, 40) nr Prenez ce vieux Ronsard avec vous et gagnez, à k HA Dans le plus proche bois de silence et de sève, ÿ D Un joli coin sous les arbres enluminés. É: ni De vos doigts effilés qu’alourdissent les bagues, - à |A Feuilletez au hasard des pages et des vers, ; ; | Et tandis que lirez au rythme des mots vagues, D! fl L’aveu s’envolera comme oiseau dans les airs. 4
F — Ma vie, hélas! ressemble à ce clair petit livre, D. Fe _ Mutilé dans son âme et tôt flétri du temps : | Wa
- Je voudrais que l’aimiez comme je vous le livre ‘4 BE Sans que nos regards bleus ne s’aillent rebutants “ul F D’une tache étrangère ou d’une déchirure ; 7 100 Le Puis trouverez, l’Amour tournant l’autre feuillet, ne: | Odelette et Chanson et Villanelle pure fe “ | Où s’écrase et fleurit le baiser d’un signet. : 700 Lors serez à jamais dans tous mes jours en fête 34
— Jeune fille au nom doux comme un rêve charmé — 25008 ? Pour le cœur de l’amant et l’âme du poète [0 L’amie aux yeux de songe et que je veux aimer. 1600 | 558 4 2 2
{ ous êtes tout pareil aux sages de la Grèce, D. ; \ Qui près de la mer bleue et des grèves d’or fin, Fr, | Laissaient fuir leur pensée et leur songe sans fin, #4 Selon le rythme ami de la vague en caresse. 10
- Vous avez vu déjà d’innombrables années ‘15e k Tordre à votre front blanc le laurier immortel, 54 3 î Par qui l’homme est un Dieu vêtu d’aube et de ciel, 10 4 Maïgré l’heure invisible et les saisons fanées. : 200 44 La vie est courte, hélas! qui vous demeure à vivre; ù RAS ‘4 { Et, calme devant l’œuvre aux feuillets commencés, sat Vous prolongez vos jours des longs sièeles passés Fe rh 1 Par votre causerie avec un très vieux livre. à 40 4 Sous votre main d’aïeul et qui se fait plus lasse M s L’autre page se froisse et s’emplit d’inconnu, DS à ; Et, toujours souriant de bonheur ingénu, À ca ‘4 Vous demeurez, tandis qu’autour de vous tout passe. :1 7
no Hommage à mes Livres 1 JE 111 \ O mes livres amis, d mes seuls confidents } he ATTA Vous qui, vêtus de soie ou drapés de haïillons, : LT En chaos sur ma table ou droits sur mes rayons, mn. ï de Sommeillez dans l’oubli, le rêve et le silence, 4 il FIRE | O mes livres, consolateurs et fécondants, eu M 174 Vous m’avez fait goûter bien d’àpres jouissances. A C’est vers vous que je viens aux heures attristées, , 4” « ER Heures de deuil, d’ennui morne ou de lassitude, Re à à M Quand la chair inquiète et l’âme en servitude, Ta AL Et n’osant avouer tout bas, même en rêvant, : CAN. 1 Le secret où ma vie un matin s’est heurtée à ‘M
ji \ J’ai besoin de causer pour me sentir vivant. k “LA /0I
Et c’est vers vous encor que je viens pour aimer FF ve Et fuir selon l’envol des rêves infinis, “ Quand j’ai peur de la femme et de doigts désunis, 4 Et que l’esprit troublé des choses de la rue, ec Je me sens en moi-même et sans fin m’abîmer (a , En proie aux désespoirs sous les ombres accrues. \ 4 Je vous aime d’amour profond et égoïste, 1 Comme un petit enfant chérit sa douce mère, a Un amant sa maîtresse, un rêveur sa chimère, 1e Parce que c’est en vous que l’on peut déchiffrer, $ Selon l’heure joyeuse, indifférente ou triste, # La parole éternelle où chacun a pleuré. $ 4 O mes livres amis, vous êtes les gardiens Li Ç De toute la pensée et le savoir humains, Puisqu’en vous se résume et se garde sans fin, ; A travers le hasard des longs siècles d’orage, É Le passé enchanteur, calme et aérien, À Comme un trésor sacré et transmis d’âge en àge. 107 | C’est en vous que repose, endormie et vivante, ai — Comme sous le sol blond la semence enfouie \ Se craquelle, tressaille et germe épanouie — É ” Toute l’intimité de rêve et de douleur, i | È Cris d’amour, chants d’espoir et plaintes décevantes F ; Dont, en des temps lointains, s”émurent d’autres cœurs.
fe pd _ C’est à vos feuillets lents et froissés par la main 1H 4 rl Qu’un poète en détresse a confié tout bas 1 0) ts Le clair secret d’amour où son deuil succomba, mA: ‘ONE Et qu’un autre, inquiet de sa chair attristée, ; 3 128 ___. Dans son ivresse vierge ou son orgueil humain, ; PL A. A mis sa clameur folle, immense et tourmentée. T2 i À ve Où passe, nimbé d’aube et doré de rayons, 5,1 Le Comme les vierges d’or des anciens bréviaires, « AUS 44 Pi Ee Le cortège chantant de mes illusions. ‘NS Fi Vous êtes des amis de toutes les minutes, “4 No: Les plus vivants, les plus discrets, les plus intimes, BR HAUT Mélés sur mes rayons à la foule anonyme ET ; Des livres empruntés, roman, théâtre ou vers, 24 « 21 . Étrangers qu’un cachet d’encre grasse rebute ‘m8 (Ya A tout dessin hors texte et dans la marge en clair. #4 100 Vous seuls ne mentez point et ne trompez jamais, ‘à EU: Donnant de doux conseils en langage amical : LCI 10 Remplis d’expérience et de songe idéal, 3 0] 4 FH Vous répondez à tout ce que je vous demande, } D Puisqu’à mon âme en feu monte de vos feuillets 16 te ; Le parfum du passé et des vieilles légendes. ne
à Henri Focillon \ ce Per | aa d’un long jour de soleil et d’ennui 704 ie “Vers le soir, ayant clos les volets et les portes, VUE ÿ 3 J’avais pris le chemin d’herbe et de feuilles mortes ‘10 -
Noué sur la colline et moelleux comme un fruit, #e “ Et puis, j’étais venu m’asseoir au petit bois 15 4 Qui s’accoude et se penche et rêve d’autrefois. me à Assis sur un quartier de rocher couvert d’or ÿ (3 4 Par la mousse jaunie et les fétus de paille, 5e 1 Je lisais, dans l’écho de rime et de sonnaille 4 il Que font les vers légers en prenant leur essor 15e RL, Et les grands bœufs lointains comme des visions,, De. 124 Le volume premier des Médilations. | Der
si Je lisais, et la strophe éperdue en son vol st ET Imitait tour à tour une fuite d’abeilles +4 ie Ou le murmure lent et chevrotant des vieilles, 9 Raut Ou le chant des grillons cachés au ras du sol : &, : Et les vers souriaient sur ma lèvre rosée “1 HN Comme les baisers blancs qu’on donne à l’épousée. CA 3 Oubliant au feuillet un vers inachevé, ‘3 y Mes yeux suivaient dans l’air un papillon d’image, k nn Aux ailes d’azur pourpre et fauve de feuillage, ‘3 Â hi Et distrait, ébloui, je cherchais à rêver 4
28 Le quatrain merveilleux et beau de ses couleurs N ) Qui fuirait de lèvre en lèvre, de fleurs en fleurs. ae, Le livre abandonné pèse et bâille et va choir ; { | Et je penche mes yeux aux strophes fortunées.… Ni É Mais la brise en caresse a les pages tournées 4 | Et ce sont, plus vieillots que les plats du dressoir k ! Ornés de fleurs d’azur et de points d’entrelacs, ! ; Les vers silencieux et languissants du Lac. ‘4 | Le livre était tombé dans l’herbe doucement f | Comme un fruit mûr d’été de sa branche pendante, il | Et j’allais, clamant l’invocation ardente ROC: Ps Jaillie en vers divins de son âme d’amant, f ; Avec même enthousiasme et mêmes émois CR Que si je les lisais pour la première fois. :
‘À Lac! sentimentalisme exquis et suranné h “ i Comme tout ce qui garde un air de vieillerie, ‘. rt ; Le Douce élégie apprise un soir de rêverie er
- Avec l’œil en fièvre où des pleurs ont bruiné, a
è Sur l’humble cahier bleu de récitation! AE EF TAE 4
1 Amour de jeune fille et d’inspiration! ge O Lac! vers de salons! chant de Niedermeyer! 4 4 Leçon des écoliers dans les extraits classiques! ‘ F- Écho de joie ancienne aux vallons romantiques! 4 | Tes strophes vieilles d’un siècle semblent d’hier, é 4 Et sont jeunes de rythme et d’immortalité, EG :# ; Comme l’aube, comme l’amour, comme l’été! sa û Le livre était tombé dans l’herbe doucement, rl L La page aux vers du Lac encore entrebäillée; F qu % Un dernier rai pourpré, glissant sous la feuillée, F ) Mettait aux rimes d’or un peu de flamboiement. }. 4 Jeunes filles mon cœur au vôtre était pareil, L’ Et mon livre était clos d’un signet de soleil. |
ni ; à pleines voiles ‘210 { Dh à mon cousin André Beaujard Van ‘10 Ho sous la paix de mes sapins bleuis, HE. RU Comme un enfant qui rêve et dort, : LRU DS ni Je lisais, de mes yeux de lumière éblouis, LEUR nu À Il tombait par instants des pommes écailleuses Ÿ JS : 10 Sur le sol roux piqué d’aiguilles, @ 4 Text En un bruit sec et court de gouttes d’eau frileuses AT ‘Ars Quand pleuvent au vent les charmilles. HS
Fa . Une odeur de résine emplissait mes poumons 133 : __ * Comme la brise immense au loin qui vient des monts 1 Fe Féconde et fait germer la fleur. Dr. ‘5e Mes yeux ne lisaient plus que des lettres sans suite; * à HA TR J’ai laissé choir le livre à terre, LR YA Et, comme un large essaim blond d’abeilles en fuite, À ‘13 E Parmi des touffes de bruyère, ; ‘ Mon rêve et ma pensée à perte d’horizon Pa S’envolent en un coup de vent, 2 4 Vers quelque paysage aimé de vision , é ne L De pius en plus vague et mouvant. ‘4100 À O Livre, esquif de rêve où s’embarquent nos songes, NE Les lieux vers lesquels tu fais voiles, 30 Fs Sont des pays riants de fable et de mensonges D. Et Qu’illuminent d’autres étoiles. 53 £ Au souffle aérieñ des mots 44 À Vers d’autres orients, où l’on croit éternel AO hi. Le chant de source des échos. st Ë 4 O Livre, nef de fleurs dans la brise des roses, UE
- Mâis bleus et voiles en guirlande # 13 À 3 Comme le vaisseau clair d’aube et d’apothéoses MS. #4 Sur qui, du fond de la légende, 4
Die fo S’en vient le Chevalier du cygne aux yeux d’amour uen Vers la Princesse aux yeux d’espoir; ; FES
mu it Livre, fais fuir mon âme aux rivages du jour RU
1 AGONR Quand sur elle pèse le soir. \ ATEN ei Ne î Comme dans un baiser l’amante s’envole, ivre, tirs % RE ‘al Je veux la joie et les extases, Re He: Et partir au hasard de tes rêves, à Livre, 140 FINS Sans autres voiles que tes phrases. { A 1
à Grand mère, qui, le soir, au rougeoiement des bûches.. 9 Ë pi 3 sur une reliure en peau de truie estampée… 17 4 à ancre de prix de lan douse 7.2… 21280 D
(ie _ huitième cahier de la huitième série WW,” Grammaire latine du prince de Condé …:…:/N99000 4 à * Amie aux yeux de songe et que je veux aimer… 55 24