Les sonnets de Shakespeare
| Pour savoir ce que sont les Cahiers de la Quinzaine, F5 SEA il suffit d’envoyer un mandat de trois francs cinquante TES à M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, À 8, rue de la Sorbonne, rez-de-chaussée, Paris, cinquième KZ E arrondissement. On’recevra en spécimens six cahiers …_. Pour savoir ce qui a paru dans les cinq premières rs séries des cahiers, 1900-1904, envoyer un mandat de #4
- cinq francs à M. André Bourgeois, méme adresse; on DER recevra en retour le catalogue analytique sommaire, _ 1900-1904, de nos cinq premières séries, premier cahier nel de la sixième série, un très fort cahier de XI1+408 “Fed ‘pages très denses, in-18 grand jésus, marqué cinq francs. . 20 Pour s’abonner à la huitième série des cahiers, qui TE est la série en cours, envoyer en un mandat à M. André TOUS Bourgeois, même adresse, le prix de l’abonnement; on AR. recevra les cahiers parus, et de quinzaine en quinzaine, : 124 . à leur date, les cahiers à paraître de cette huitième ets Voir à l’intérieur en fin de ce cahier les conditions HE Nous mettons le présent cahier dans le commerce; : quatorzième cahier de la huitième série ; un cahier jaune de 108 pages; in-18 grand jésus; nous le vendons 3 5% |
les sonnets de Shakespeare ( paraissant seize fois par an ._ 8, rue de la Sorbonne, au rez-de-chaussée
ÿ Nous avons publié dans nos éditions antérieures et 2 É dans nos cinq premières séries, 1900-1904, un si. 4 L grand nombre de documents, de textes formant dos- ” _ siers, de renseignements et de commentaires; — un 14 | si grand nombre de cahiers de lettres, — nouvelles, +1 { romans, drames, dialogues, poèmes et contes; — un il à si grand nombre de cahiers d’histoire et de philo- ‘4 $ sophie; et ces documents, renseignements, textes, 18 ; dossiers el commentaires, ces cahiers de lettres, RS. :& d’histoire et de philosophie étaient si considérables EL que nous ne pouvons pas songer à en donner ici ::10 ps l’énoncé même le plus succinct; pour savoir ce qui a “M | paru dans les cinq premières séries des cahiers, il 4 suffit d’envoyer un mandat de cinq francs à M. André L. Bourgeois, administrateur des cahiers, 8, rue de la Sorfs bonne, rez-de-chaussée, Paris, cinquième arrondisse- à ment; on recevra en retour le catalogue analytique 13 fk sommaire, 1900-1904, de nos cinq premières séries. . E. É Ce catalogue a été justement établi pour donner, “4 1 autant qu’il se pouvait, une image en bref, un raccourci, 4 une idée, abrégée, mais complète, de nos éditions anté- fl È rieures et de nos cinq premières séries ; tout y est classé ne dans l’ordre ; il suffit de le lire pour trouver, à leur Ke, place, les références demandées. ‘4 4 Ce catalogue, in-18 grand jésus, forme ur cahier ‘il 4 très épais de XII+-408 pages très denses, marqué cinq Mr: ;
14 francs ; ce cahier comptait comme premier cahier de la sixième série et nos abonnés l’ont reçu à sa date, le | 2 octobre 1904, comme premier cahier de la sixième f série; toute personne qui jusqu’au 31 décembre 1905 ÿ s’abonnait rétrospectivement à la sixième série le receh vait, par le fait même de son abonnement, en tête de la | série; nous l’envoyons contre un mandat de cinq francs ‘ k à toute personne qui nous en fait la demande. | Pour la septième série, année ouvrière 1905-1906, et en attendant que paraisse le catalogue analytique sommaire de nos deuxièmes cinq Séries, 1904-1909, on l peut consulter, — provisoirement, — la petite table | analytique très sommaire que nous en avons établie et À à que nous avons publiée en fin du premier cahier de la Pour amorcer tout travail que l’on aurait à commencer dans notre premier catalogue analytique sommaire, con- ‘1 sulter le petit index alphabétique provisoire que nous pi }, avons établi automatiquement de ce catalogue analyif tique sommaire dans l’index total de nos éditions anté- | rieures et de nos sept premières séries, même premier cahier de la huitième série.
Le de Shakespeare | des sonnets ‘ts
4 qui ma montré l’exemple NE Charles-Marie Garnier 1! At
DUR à la librairie des cahiers 1 HE | Revue de Métaphysique et de Morale, mai 1903 : à 20 (0 “4 Le Nirvana de Lafcadio Hearn (traduction); ï M L’enseignement aux Iles Hawaï; Û D il Revue pédagogique, décembre 1904 : FU 1h $ ‘PER Charles Dickens, auteur de Contes de Noël; ‘à si Die: Revue internationale de l’enseignement, septembre 1902 : AS ‘0 Notre devoir intellectuel en Indo-Chine; : . | MR Les « Sonnets élisabéthains » de Sidney Lee; put Autour du Monde, Félix Alcan, 1904 : .! 0 ES ‘0 Les Américains aux Philippines, pages 172-205. PU :
aux Cahiers de la Quinzaine ARTE
à Le présent petit index donne automati- LA EN
quement pour tout volume et pour tout 1711 1RNe
a) le numéro d’ordre de ce cahier dans 4 1100
le classement général de nos collections VASE ER
Ë complètes, le numéro d’ordre de la série at ‘A 5
étant naturellement composé en grandes 2 { A OU
capitales de romain et le numéro d’ordre En fà DUR:
du cahier lui-même, dans la secs ainsi {#8
déterminée, en chiffres arabes, de sorte Der Fo
que V-17 par exemple doit évidemment se * n SCAN re 4
à lire dix-septième cahier de la cinquième (TES
faut, la date du fini d’imprimer, ou, à son 3 HET
défaut, la date du cahier même; 1 Hi
| d) quand il y a lieu, c’est-à-dire pour nos ER LL
éditions antérieures et pour nos cinq pre TRER
mières séries, la page du catalogue ana- te Mess 1
lytique sommaire où ce cahier se trouve : mo
Charles-Marie Garnier, — les sonnets de Shakespeare,
— essai d’une interprétation en vers français, — premier 1 14
Note du gérant. — De ce petit index i! résulte que (AT la présente interprétation paraît en deux cahiers. Han mi Comme on peut le voir ci-après, non seulement les % qua sonnets, mais les pages de ces deux cahiers sont numé- | rotées en une seule suite. Un des principaux avantages a de cette méthode est de simplifier les citations et réfé- Ac FT _ rences. Une personne dès lors qui veut citer cetteinterRe . D à He: j __ prétation n’a plus qu’à indiquer le nom, le titre et la 0 14 _ page. Elle n’a point à indiquer le cahier, qui résulte
| Il a été tiré du présent cahier quinze exemplaires sur whatman ainsi distribués : ” premier exemplaire de souche, exemplaire du gérant; | deuxième exemplaire de souche, exemplaire de l’administrateur ; troisième exemplaire de souche, exemplaire de l’imprimeur ; dix exemplaires d’abonnement, numérotés de 1 à 10 | et deux exemplaires d’auteur numérotés a, b exem-# Tous nos exemplaires sur whatman sont numérotés à la presse et imprimés au nom du souscripteur ; nos | tirages d’exemplaires sur whatman sont rigoureuse- | ment limités au nombre d’abonnements à chaque in- | stant souscrits; nous ne vendons point d’exemplaires : sur whatman en dehors de l’abonnement; l’abonnement À sur whatman à cette huitième série est de cent francs | pour tous pays. « k ‘ | | Les Cahiers de la Quinzaine sont composés à la main, en caractères fin dix-huitième siècle (Didot) de la fon- … . , derie Mayeur (Allainguillaume et compagnie successeurs) 21, rue du Montparnasse, à Paris, sixième
75 4
d Portrait de Shakespeare gravé 1 par Martin Droeshout, figurant en à ‘4 PT À image du poète pour laquelle nous D contemporain. (1) Fac simile du N:: ‘ ; courtoisie et à l’extrême obligeance sn pote ‘1 MM. Smith Elder et Compagnie, 1 F LA ses éditeurs, 15, Waterloo Place, 11 à ‘1 Londres. Le portrait donné dans AE | À hi le premier cahier de ces sonnets Dpt, ; 14 était celui de Cornelius Jansen, \ rt 1 { dont l’original figure dans la galerie fau f
#4 ous êtes à mon cœur comme les mets au corps : { | Ou l’averse d’avril à la terre embaumée; ir fl Pour vous goûter en paix, je bande mon effort (a | $ Comme un avare en guerre avec sa fauve armée. 4 j
L Tantôt j’ai la fierté des calmes jouissances, ï “à 5 F / Tantôt je crains le rapt d’un siècle sans honneur; AU
à . Je vous aime en secret, et parfois ma souffrance Lt | Veut que le monde entier contemple mon bonheur. & É h Enivré de ces yeux profonds où je me noie, TA YA ne: Mourant du fort désir de vos regards très doux, we k Je ne possède ou ne poursuis aucune joie 02 j Que celle qui nest née ou me naîtra de vous. € i Hby Rassasié d’amour ou languissant encore, <e 1 Je souffre la famine ou iout mon bien dévore. Û
1 4 (td ox vers est dénué de parure orgueilleuse pi
4 M Et fuit les nouveautés et les subtils détours. ‘4 1 Je ne recherche point les rimes batailleuses À
‘| Ni l’étrange ramas des modernes atours. . k à Hs À mes pensers nouveaux laissant le vieux costume, Pc 4 :
L è J’écris toujours de même, et mon vers cristallin be) « 4 ï Trahit avec mon nom le maître de ma plume 24 5 E 4 En révélant sa source et son val souterrain. 4 1 Cest que l’amour et vous, vous êtes mes deux muses; E À ; ‘C’est que, mon doux ami, je m’inspire de vous; 5 | 2 HA: Je rhabille des mots que jamais le Temps n’use, 4
À Jeune et vieux, à chaque aube, émerge le soleil : — #ÿ C4 En chaque vers l’Amour rechante un chant pareil. 4 F
1, | EC miroir te dira que ta beauté s’effrite, Et ton cadran qu’il passe et fuit le temps vital : Jette à ces feuillets blancs ce que ton cœur médite ; | Par eux tu goûteras un savoir idéal. Vois : les rides que montre une glace sincère | Évoquent des tombeaux béants et solennels ;’ Vois : furtive, tu suis à l’horloge solaire L’ombre du Temps qui glisse à son but éternel. Confie à ces feuillets tout ce que ta mémoire : Ne saurait conserver : ces fils de ton cerveau, | | Ainsi gardés, te rediront ta propre histoire, En promenant en toi de lumineux flambeaux. si Relus, ces souvenirs enrichiront ton âme : i | Elle en distillera le meilleur des dictames. A
: Et reçus en retour un secours si puissant ‘à Wu, Que ma plume entraîna mainte plume étrangère ; #1 À répandre à tes pieds ses vers et son encens. ÈS ‘4 Tes yeux, où le Muet puise un verbe de fête, “#4 4 | Où la lourde Ignorance apprend l’essor des cieux, #4 Arment de pennes d’or les ailes des poètes î LA 4 Et donnent à la Grâce un vol majestueux. $ 4 ‘ , Pourtant, sois surtout fier du miel que je distille, RS Fa. De sa douceur puisée aux fleurs de ton esprit; > 4 Car dans tous leurs travaux tu ne touches qu’au style; ‘11 Ka Ta beauté n’embellit que l’art de leurs écrits : # “ L’âme des miens, c’est toi, qui jusqu’à la science Hi : Je Exaltes et grandis ma grossière ignorance. ‘a
| Tant que seul j’invoquais l’appui de tes regards, Mon vers seul se parait des charmes de ta grâce; Mais la grâce a faibli de mes nombres mignards : Et ma muse épuisée a dû céder la place. J’accorde, à doux Amour, que chanter ta splendeur Veut l’œuvre d’un poète et plus riche et plus tendre; L Pourtant, ce que ton barde invente en ton honneur , C’est à toi qu’il le prend : il ne peut que le rendre. ui La vertu qu’il te prête, il l’emprunte d’abord . Aux actes de ta vie; et la beauté qu’il donne ’ ‘ Qu’il a pillé pour te forger une couronne. ‘1 Point de reconnaissance ! Il prend ce que tu sèmes l, Et tu soldes sa dette en te payant toi-même.
.: Oh! lorsque je vous chante, Ami, quelle détresse à ‘a 8 De savoir qu’un esprit et plus grand et meilleur Pat n 4000 Dépense en votre honneur tout l’or de sa richesse ! À 01 Ma lèvre en est scellée et mon hymne se meurt, — 1 No: Mais puisque votre gloire, à l’océan semblable, (1 : 00 Peut porter l’humble barque et le fier bâtiment, ‘#4 WU Ma voile impertinente, à son prix méprisable, ù 5 pe % Sur votre large sein se montre impudemment. we Û É F Je flotte au moindre appui des lames les plus basses, 8 4 Tandis qu’il cingle, lui, sur votre mer sans fond; W 4 à 1 Je touche, et ne suis plus qu’une infime pinasse; RS Lui, garde son haut bord et l’orgueil de son front. 474 . Eu S’il entre sauf au port, si je cède à l’orage, | 10 73 Le grand mal c’est qu’Amour a causé le naufrage ! TER
D: Ou, vivant, j’écrirai l’épitaphe à ta gloire, | à ‘ La mort ne pourra même entamer ta mémoire, D: |: Quand tout de moi sera retombé dans l’oubli. k 4 4 Dans la mort ton nom puise une vie immortelle; Fa | Mais, en mourant, je meurs à l’univers total : 1 ‘4 C’est au fossé commun que la terre me scelle; 200 C’est en l’œil des humains qu’est ton lit sépulcral. IE J Que, clairs, reliront des yeux incréés encor, ae Du Et mille voix célébreront l’être que j’aime 10 ‘2 Quand tout ce qui respire aujourd’hui sera mort. * AO je Tu renaîtras où souffle un souffle qui renomme, de (1 x — Mon vers a ce pouvoir — : sur la lèvre des hommes! 4 h
1! | - les sonnets de Shakespeare 00 | . 6e Il est vrai que jamais tu n’épousas ma Muse Re: Et que tu peux sans crime abaisser tes regards IR Sur l’épître d’honneur dont les poètes, usent sVa !/:1 100 Pour grandir leur héros et rehausser leur art. ; at 4 Tu sens que ta grandeur dépasse mon talent, ÿ + FA He) Qu’il te faut demander, en parfaite innocence, - Era 14 Aux pinceaux plus récents un portrait plus parlant. AA Soit, fais-le, mon ami; mais quand leur rhétorique ‘De À À T’aura chanté de ses accents exagérés, à +8 191 F9 a Ta grandeur vraie aura pour écho sympathique d ‘1 RE Les mots simples et vrais d’un ami qui dit vrai. fl Mers nue Leur épais coloris convient aux chaïrs pâlies . RES Mn Où le sang manque : en toi, c’est excès et folie ! # SPORE
Jamais je n’ai trouvé qu’il vous fallüt du fard M: Et jamais n’a mon rouge effleuré votre tête; PA A ‘0 ‘ Je vis ou je crus voir que vos beautés sans art We No ï Ne Surpassaient la stérile offrande d’un poète. “ ‘ii + Et j’ai laissé dormir ma Muse, en votre honneur : Et 10 Vous seul et c’est assez pour afficher la honte LS él Et l’impuissant effort d’un banal crayonneur 41410 A figurer la somme où vos trésors se comptent. \4 TE Ce silence, vous me l’imputez à péché; 1 11 Mais, c’est ma gloire à moi si mes accents succombent ; \ 11 b Muet devant le Beau, je le laisse intaché ; — nt Fiis Qui façonne un berceau souvent creuse une tombe. De | Vos deux amis et tous leurs vers élogieux ÿ RU À ! di L { N’auront jamais le feu d’un seul de vos clairs yeux! ne 4
Quels vers sont les plus forts ? Quel éloge surpasse En richesse le fait que vous seul êtes Vous? | Dans quel trésor muré les images s’entassent
- ete Qui pourraient vous dresser un égal devant nous ? La Misère au flanc maigre en cette plume habite | Qui ne prête un rayon de gloire à son héros; Mais si votre poète a pour art et pour rite ] : De peindre au naturel, il reste sans rivaux. 1 fl Qu’il copie humblement la ligne lumineuse . | à Du burin de la vie, avec autant de feu; | | Et ce reflet sincère en ondes glorieuses Baiïignera son génie et son œuvre de dieu ! \ : Vous laissez profaner votre beauté d’archange : È L’amour de la louange avilit la louange. |
| Et chacun vous célèbre en louangeux accords, na. En couplets de joyaux achevés à la lime, RU En rythmes burinés avec un stylet d’or : ; JS Lèvre close, ma Muse est sans geste et sans rime. « 1 | J’ai de bons sentiments s’ils ont de bons écrits, : L’UST Et je réponds « Amen » comme un simple acolyte 10 À A chaque hymne que l’art de nos brillants esprits is Polit et repolit d’une plume érudite. #4 mi « C’est vrai! c’est juste! » dis-je au bruit de ces concerts, x 4 3 Au plus sublime éloge ajoutant un peu d’âme, FA 1 Grain d’amour pur qui brille en moi non dans leurs vers, » ur 1 k Car si mon verbe est froid mon cœur a de la flamme ! 2 4 Respecte donc, en eux, le souffle vain des mots; ST L En moi, l’amour muet qui dit ce que tu vaux. : 4 il
’ Est-ce le mât royal de son large poème ‘4 s Qui, fier voilier cinglant après vos purs joyaux, ÿ : Inhume en mon cerveau mes pensers mürs et blèmes, 4 Sein vivant qui se sèche et se mue en tombeau ? F Ÿ Serait-ce son esprit, que des Esprits haussèrent A 1 Aux vers plus que mortels, qui m’a glacé d’effroi? ‘4 ‘È — Ni lui, ni les amis qui l’aident en mystère i À ! N’ont jamais étonné mon poème ni moi. de, F Ni lui, ni ce lutin qui, de cent confidences, à U Affable et familier, le dupe chaque nuit, ‘4 4 N’ont conquis en vainqueur le fort de mon silence; 4 ï Il est un autre mal que mon courage a fui: A he C’est qu’en tel de ses vers votre face se dresse “TR 106 Me laissant sans modèle et tout à ma faiblesse. À
D * pœu ! tu es d’un prix trop haut pour ma misère; \ ‘CES 1] Ÿ: \ Tu as en ta valeur une trop juste foi : } 10 , Ce prix même est la charte, Ami, qui te libère TRUITE Et brise les liens qui m’attachaient à toi. LA à K De toi seul il me vient, le droit que je possède, À. +4 K Car je n’ai rien en moi qui vaille un tel trésor; } 1 ‘16 4 Le poids d’un privilège immérité m’excède : \ HP 1 Libre, il Mure à toi comme un balancier d’or. ie à En te donnant à moi tu t’ignorais toi-même, î sut Ou mal tu l’as choisi l’objet de ta faveur; 140 4 Mais, grandissant encore avec l’erreur que j’aime, Ho A \ Ton bienfait éclairé remonte à son auteur. Tea ki Quand je te possédais, j’étais le roi d’un rêve : ri VE “1 Qui, maintenant, dans le néant du vrai s’achève. \ 1
os les sonnets de Shakespeare Fra | | Quand tu croiras venu le moment du mépris, * À h Jetant à ton dédain mon mérite en pâture, 4 j J’enrèôlerai pour toi mon amour aguerri, ) Afin de me prouver la vertu du parjure. À À .. Mieux informé que lui de mes propres défauts, RAS 4 À mon accusateur je confierai l’histoire ’ | De ces vices cachés dont je subis l’assaut : à ; ; à . Tu gagneras, en me perdant, beaucoup & gloire. : ; Et moi, dans ce combat, je suis aussi vainqueur, À ï F Car je penche vers toi mon amitié fervente, 4 } Je me porte des coups dont triomphe ton cœur j
Et qui font mon amour doublement triomphante. |
: L’amour t’a fait mon maître : un signe de ton doigt, k. À Et je prends tous les torts pour exalter ton droit. ‘4
li Dis que tu m’as quitté pour tel de mes forfaits, HA | Et, pour toi, je me mets à noircir cette offense : 410 Montre mon pas boiteux et je boite à jamais, ; à de Sans faire à tes assauts un semblant de défense. x Ke En donnant une excuse aux jeux de ton désir, 15 | Tu ne peux me charger de hontes plus amères 4 “1 Que je ne fais moi-même ; et, sachant ton plaisir, Ki à Je noierai l’amitié de froideurs étrangères. +1 j Je fuirai tes sentiers; sur ma lèvre, à remords, ne: | Ton doux nom bien-aimé s’arrête, tremble, expire; Ke { Profane, je crains trop d’en fausser les accords - 8 x 1 Et, qui sait? de trahir les nœuds qui nous unirent. pu) 40 En ton nom, je me livre une guerre à toujours, à ( Ne devant plus, pour qui tu hais, nourrir d’amour. HA
rt les sonnets de Shakespeare TÉÉTRUTE k Si tu dois me haïr, hais-moi maintenant même, L Maintenant que le monde est ligué contre moi : 1 w Sers sa colère et courbe-moi d’un coup suprême À k: Sans vouloir relancer ta victime aux abois. | : Ne viens pas, quand le mal a fini son ravage, À à Harceler le rempart d’un deuil enfin conquis, id F A cette nuit d’éclairs donner aube d’orage #3 ; Et retarder l’horreur du désastre promis. ; } Tu me veux quitter ? Soit. Quitte-moi, sans attendre ; r ï Que se soient émoussés tous mes moindres tourments; 4 A Il faut donner l’assaut, et sur ma lèvre épandre ‘4 j D’abord le plus amer de tous mes châtiments. 3 ‘à Et le flot douloureux qui monte dans mon cœur, à RT Toi perdu, n’est pas même un semblant de douleur ! Î
LA l’éutil F’NTFARI FA Les uns mettent leur gloire en leur haute naissance, 4 , D’autres en leur argent, la force de leur corps, SAME Ou dans leurs vêtements, dernière extravagance, : sf + Leurs faucons ou leurs chiens, leurs chevaux ou leurs cors. A4 Fa | A tous ces goûts divers s’attachent des délices EE HR ù Qui passent pour chacun les plaisirs les plus doux; ts Aucun d’eux à ma lèvre offre la moindre épice : US Je sais charme excellent qui les excelle tous. “iv ï Ton amour m’est plus cher que naissance royale, AU he | Plus préci l’or, plus b le satin, 4 us précieux que l’or, plus beau que le satin, TR U m’a rendu plus fier que faucons et cavales, LE ; J’ai par lui savouré tous triomphes humains : : 1 à Mon unique misère est que tu peux te plaire NF
d | D tous tes efforts pour te ravir à moi : % \ Tu m’appartiens, Ami, pour le bail de la vie. É Ma vie est suspendue au geste de ta foi, à | Et le même moment verra leur agonie ! 4 Alors, que redouter du plus affreux des maux, a ( Quand le moindre d’entre eux peut clore ma paupière? h, 5 Je vois poindre des jours plus calmes et plus beaux ‘2 Qui ne reposent point sur ton humeur altière, ; ! Il ne peut m’émouvoir ton esprit inconstant : L 14 Quand ta révolte abîme à tout jamais mon sort. 4, . O quel titre est le mien et quel bonheur m’attend : nl . Heureux de ton amour et jusque dans la mort! à ; ” Mais il n’est front si pur qui ne craigne une tache : x 4 Tu peux m’être infidèle, et sans que je le sache. |
Il me faut vivre en te croyant toujours fidèle, ÿ a Comme un mari trompé; dans les yeux de amour ? to Changé d’hier, je lis l’amour habituelle : \p Le cœur s’est détourné si l’œil est sans détours. MIE Dans tes yeux, où ne peut s’abriter de la haine, 1 0e 1 Je ne puis découvrir l’histoire de ton cœur ; si En des regards moins purs, l’amour qui s’aliène st if ” Écrit ses trahisons en étranges leurs. ‘a Mais le Ciel décréta, en créant ton image, ne Que le suave amour seul en fùt possesseur, 6 DU Et que, malgré l’esprit, le cœur et leurs orages, 710 A : Tes yeux seraient jamais qu’un hymne de douceur. Mn! À Traîtresse est ta beauté comme la pomme d’Eve, k AN 14 . Sites vertus, au ciel de tes yeux ne s’élèvent ! : 4
A0) | Ra qui sont équipés pour la guerre du mal, or. T0 Et ne font jamais rien des armes qu’ils aiguisent,
:_ Qui consument les cœurs mais restent de cristal, Ÿ ‘à
{ je D’amiante et de glace aux ardeurs qu’ils attisent; ty H: Ceux-là sont, à bon droit, les favoris des Cieux, que, 1040 Car ils sont ménagers de leur magnificence mit L SA Et maîtres souverains de leurs biens copieux; — IN 3 à À | Les autres, moins heureux, n’en ont que l’intendance. | Fo gui: Elle est douce au Printemps la rose du printemps a: 5 Qui sans savoir, vivait, et, sans savoir, expire; Cu NS Mais dès que l’a touchée un vil chancre infestant, nd À tÿ Au plus vil des roseaux elle cède l’empire. NB FN Le plus doux miel toujours devient le plus acide; *. ‘ F4 Pourri, le lis bien plus que la ronce, est fétide. 4 x
l Ton doux philtre ennoblit jusqu’à cette impudeur : NAT | Qui, pareille au cancer des roses consumées, ie Ne Infeste la beauté de tes gloires en fleur! KT Ah ! de quel nard suave est ta honte embaumée ! JS Ces lèvres, qui nous font le récit de tes jours, q NN Voudraient en mots lascifs commenter ton histoire; En: Mais la haine te touche et rebondit amour ! di ll ji Ton nom seul sanctifie un cri blasphématoire ! (à fé 5 Oh ! quel palais n’ont pas ces vices respectés, {110000 À Qui font de ton grand cœur leur demeure choisie, ANS Où leur laideur se tisse un voile de beauté, Ô WAR _ * Où leur poison se change en divine ambroisie! ‘IN | Redoute, Aimé, ce privilège trop subtil : op ji Mal manié, l’acier s’émousse et perd son fil. A
8 4 les sonnets de Shakespeare hé
À « Son crime est la jeunesse et le sang qui se joue. » 18h « Sa grâce est la jeunesse et les jeux éperdus. » ; ‘58 Et sa grâce et son crime, on les aime, on les loue, ‘ | 10 Car tu fais de ton crime une grâce de plus. “1 1 11 4 Comme au doigt d’une reine assise sur son trône 4 It “0 Le plus vil des joyaux devient bijou sans prix, À FA L’erreur sertie en vous en vérité se prône, 4 al aÿe Et s’impose en justice aux plus justes esprits. a | à l: S’ils pouvaient en agneaux transmuer leur visage, ° 4 Combien d’agneaux ne trahiraient les sombres loups ? + pr Si tu voulais user de ton suzerainage, L re Que d’éblouis tu traînerais à tes genoux! L Je | A Ne le fais plus, Ami; préserve ta mémoire : KA 1 “0 Tout ton être étant mien, mienne est aussi ta gloire. (a F’
û 4 à or disparu, soleil des jours aïlés qui passent, | Le L’absence est descendue en moi comme un hiver. d ‘4 Quel décembre partout et quel désert de glace ! : HU. Quelle nuit en mes yeux et quel gel en ma chair ! | 2 Portant l’amoureux faix des sèves printanières, (20 à Ces jours où j’étais loin, jours enfuis de l’été, YA ER, Comme un ventre de veuve après la mort du père, 1 i Gonflaient l’automne lourd de leur fécondité. Hu
- Dans les fruits attristés de ces luxuriances 0 ru Je ne pouvais trouver qu’orphelins aux abois ; 10 ÿ L’Eté te fait cortège avec ses jouissances : cn De Toi disparu, l’oiseau, l’oiseau même est sans voix. 4 RL fi Ou s’il chante, ce sont des chansons qui gémissent : nn: Ni Sentant passer l’hiver, les feuilles en pâlissent. JA
; MCE les sonnets de Shakespeare TA | VER Loin de vous, quand les fleurs du printemps se déclosent, 0 ÿ Quand Avril, émaillé de somptueux atours, 554 Met âme de jeunesse au cœur ému des choses, Don p ni Et danse aux bras rieurs d’un Saturne moins lourd, Ne : +5 Ni les pétales peints que la brise cajole, 4.
Ni gazouillis d’oiseaux, ni parfums floréals +1
173 Ne poussent mes doigts morts à cueillir les corolles, a. ve N’appellent à ma lèvre un couplet estival! ‘4
108 1 : 2 Je ne sais plus louer le vermillon des roses, RE : à Je ne sais plus goûter l’alme blancheur des lis : à 4 “A De vos couleurs à vous, modèle grandiose, ‘ A Tous ne sont à mes yeux que fantômes pâlis. k FA Je joue avec les fleurs, ombres et souvenances, : d’ ER Mais c’est toujours l’hiver, à cher, en votre absence. ël 4
ji Je gronde, en mon regret, la violette osée : PRO « © suave friponne, où pris-lu ces parfums 4 nu Sinon dans les soupirs de mon Amour lésée? il A: ù Et la pourpre fierté de ce fard diaprun à h S’est aux veines que j’aime insolemment puisée ! » M 1 { A tes mains le lis prit sa moins vivante hermine; LS j À tes cheveux leur or la marjolaine en fleur; Ro cl Coupable aussi, la rose était sur les épines, V ni b Ou rougissant de honte, ou pälissant de peur. 1e Une autre, ayant déjà pillé ta pure haleine, 11 \ Au larcin des couleurs joint un vol de senteurs; [ou qu à Mais, pour la châtier en son orgueil de reine, M A. Un chancre justicier à mort ronge son cœur. ( (A ‘il J’en vois mille et toujours je reconnais en elles ‘4 Fi Et coupables parfums et couleurs criminelles. non È
S M: peux-tu laisser dans un si long oubli 4 D: Ce qui donne à tes vers toute leur énergie?
« | Épuiser tes transports en des chants avilis ? :14 Assombrir tes clartés en la nuit de l’orgie ? | me, Reviens, Muse oublieuse, et ces jours gaspillés 13 à. , Rachète-les par l’art doux et pur de tes nombres : E Mic! Chante à l’oreille amie, au cœur émerveillé, id & “1 Et rends à ton stylet d’or un héros sans ombre. :4 È Debout, Muse indolente, et regarde au cher front bye AE De l’Aimé si le Temps n’a pas gravé ses rides! “41 Le \ Dresse-toi, fouet en main, pour venger ses affronts ‘ 4 ai Et livre à l’univers qui rit le Temps livide! 4
- Sème plus de lauriers qu’il n’épand de fléaux : 5 ue: Sur eux s”émoussera le tranchant de sa faulx! RENE,
Tu négligeas le vrai qu’empourpre la beauté : À hS ne
Du vrai comme du beau mon amour est la châsse; ù ai Hi
Avec eux il t”enferme, et c’est ta dignité, ‘is
Peut-être réponds-tu : « Quel besoin de peinture Au jun:
_ À le vrai, qui s’exprime en ses seules couleurs ? lt
Et le beau, dont le vrai peint toute la nature ? 4 “
Au parfait, le respect peut seul garder sa fleur. » UE
— S’il peut se passer de louange, est-ce une excuse AN 11
x A ton silence? Non, chanté par tes accords, ! te 1 {
Il survivrait à des tombeaux d’or pur, à Muse, ‘ox
} Glorieux en des jours qui sont à naître encor! ‘1112
ñ Viens faire ton office, et laisse-moi t’apprendre 4
| ï A le dresser en pied dessus sa propre cendre. PEL ‘1
0 Plus débile à tes yeux, plus forte est mon amour; 4 j 110 J’aime aussi chaudement sous plus froide apparence : 4 ee Qui publie en tous lieux son cœur et ses discours 4 de Trafique en amitié comme un autre en finance. M. Neuve était notre amour et comme en son printemps | 1e Quand je la saluais en des vers qui fleuronnent; ARE. ” A S’élancent, pour se taire aux jours mûrs qui rayonnent. ‘4 “10 L’Eté garde toujours même suavité ; A “ Qu’aux nuits où languissait sa musique plaintive; ù. 4 “a Mais les bois sont grisés de lourdes voluptés : ! 18 Moins rare, un chant très doux perd sa douceur native. Te
Un: Comme le rossignol qui craint par ses concerts He 1 De lasser un ami, moi je suspends mes vers. nn
M Hélas ! quels pauvres fruits produit ma triste Muse ! 1 ù Elle eut, pour étaler l’orgueil de ses couleurs, ; 4 19 Un modèle parfait; et lui, tout nu, sans ruse, | ‘ri De mes éloges peints surpasse la splendeur ! 1 Regarde en ton miroir : il en émerge un front ki. it À Majestueux et qui, glaçant mon vain délire, KE Li 1h Emousse les pensers de mes vers inféconds. ‘54 ù Mais, n’est-ce pas pécher que d’oser des retouches \Ue Au travail achevé d’un chef-d’œuvre excellent ? 1 à N — Le seul vœu des sonnets qui montent de ma bouche 1H Est de dire en chantant ta grâce et tes talents! ‘00 L C’est un rien, c’est un rien qui dans mes vers s’enchâsse, 4 pi: Au prix du vrai vivant que tu vois en ta glace. Re
4 de. P° moi, mon bel Ami, tu ne saurais vieillir : il k La beauté qu’en tes yeux mes yeux avaient surprise È
P fé _ Autrefois, reste entière; et je vis assaillir
24 L’orgueil feuillu de trois étés par l’âpre brise; 4 14 Ont mué; Juin brûlant trois fois a fondu l’âme EN 10 Et les parfums d’Avril, sans que ton front béni, De LA Vert encore, ait perdu sa fraîcheur de dictame. nt. PR Comme l’angle mouvant et sombre d’un cadran, ; 4 ‘ 4 La beauté se déplace, insensible et furtive, ; cs 14 4 Et ce teint, qui pour moi garde sa fleur d’antan, . ” “ Passe, et mon œil voilé glisse à l’erreur déclive. 47 1 f Je tremble et je l”évoque, à siècle à naître encor : 4 ‘4 : SENS L’Été de la Beauté, quand tu vins, était mort! RU.
N’allez pas regarder comme une idolâtrie NN (tt Mon amour, ni l’aimé comme idole d’autel, “jo ni Parce que tous mes chants, ma voix jamais tarie {Sri Monte au même être, unique, immuable, éternel. À ‘4 Il est bon aujourd’hui comme hier il était bon : k A Et mes sonnets voués à la seule constance { { AN Rendent le fixe éclat de ses divers rayons. at « Bel et sincère et bon » composent tout mon thème, Fo À. : « Bel et sincère et bon » — accords mélodieux ! ii) Que varie et module à jamais mon poème, — j pi x Triple sujet qui m’ouvre horizons merveilleux. HR à « Beauté, vertu, bonté » fils d’or que je festonne, ; an î Jamais sur un seul chef n’ont tressé leur couronne ! y
| les sonnets de Shakespeare 1 Dedans les chroniqueurs des âges en-allés !
Al Luisent les médaillons de très gentes figures : 4 ; Leur beauté réchauffante embellit ces vieux lais e 4
Le: Pleins de chevaliers morts, de dames et d’armures. ! ‘0E Dans les beautés de ces blasons médiévals L Ds Par la lèvre et la main, les yeux et leur couronne, h hs Je vois qu’ils voulaient peindre un portrait idéal ! ñ 4 Des parfaites beautés qui sur ton front rayonnent. £ 4 4 4 En esquissant tes traits, en fixant tes couleurs, 7108 Leurs efforts vers le beau n’étaient que prophéties: à 740 Ils n’avaient pour te voir que leurs yeux devineurs ; b “4 Pour peindre ton mérite ils manquaient de génie, k no Et nous, humbles témoins que le siècle interroge, WE: ‘4 Pour voir sommes tout yeux, mais sans voix pour l’éloge. 360
Ni l’effroi de mon cœur, ni l’âme prophétique N ‘ Du monde méditant l’avenir en chemin } (1 4 Ne sauraient limiter mon bail d’amour unique, hi Gage fatal promis aux ordres du Destin ! CH: Re Vois : la Lune éclipsée a retrouvé la vie, 1 Et l’augure en riant brûle ses noirs papiers; pu: L’incrédule à la foi royale nous convie; A. Et la paix vous salue, immortels oliviers ! à NE Sous la rosée amie et pure de ces baumes, É. 4 Mon amour refleurit et la Mort se soumet : 4 Elle traîne à son char un muet troupeau d’hommes, UE L Mais respecte l’auteur de ces humbles sonnets. 108 ‘4 Le bronze écussonné des tombes écroulées ot R Passe, et toi, dans ces vers, gardes ton mausolée ! Dr
be. Tout émoi du cerveau que l’encre peut trahir #3 T’a montré mon esprit, son vrai fil et sa trame. : 1 À Quel mot neuf reste encore et quel nouveau soupir F.
Pour révéler ton cœur ou le fond de mon âme ? 1
D Il n’en est plus; et chaque soir, mon doux amour, À } Comme un dévot lave, je redis ma prière : 4 À Rien de vieilli n’est vieux et, comme au premier jour ; à Où je te saluai, notre foi reste entière. 4 ks En l’amour qui renaît, oui, l’amour éternel Ÿ LE Vit, sans pesemla fange ou le fardeau de l’âge : Re. Sans donner un regard au bris universel, À Il prend même le Temps pour esclave et pour page. | Pour lui, dans les vaincus de l’âge ou de la mort 1 V Vibre le premier rais de l’amour toujours fort, ‘+0
( UE mon cœur fut perfide, oh! ne le dis jamais : 51008 L’absence peut pâlir mais non glacer la flamme. 4 ni Je ne puis renoncer à l’être que j’aimais; S À Ÿ Je vis en toi : le corps peut-il bannir son âme ? 40 Cette àme habite en toi, en toi, logis d’amour, - 13 12102 Qui, la route achevée, a retrouvé son hôte x ;°4s , . Au jour fixé jadis, inchangé par les jours, “ 1 Et mouillé de ces pleurs qui laveront ma faute. El » si N À . Crois-moi : si les ardeurs du sang de mes pareils qu ïà Ont souvent assiégé ma fragilité d’homme, ne. th Point n’ai-je absurdement obscurei mon soleil, {500 . Ni troqué contre un rien l’amour qui me renomme, 4 h Et ce vaste univers est un rien à mes yeux : 1e À Toi seule y vit, ma Rose, et c’est tout sous les cieux! 11
- _ les sonnets de Shakespeare d ne Hélas! il est trop vrai, je dus courre en tous lieux, 4 4 Vendre l’âme au rabais et fouiller ma pensée 4 tt Au sang, et, vil bouffon, pitre facétieux, F Navrer d’amours nouveaux l’ancienne amour blessée! 4 j C’est trop vrai, j’ai tourné loin de la vérité . ‘à D Mes yeux indifférents; mais aux cieux j’en appelle, # à L’orage m’a rendu comme un deuxième été : 3 ny Des feux plus violents l’amour sort plus fidèle. ll Li Tout est fini. Reçois un hommage immortel : 4 “ Jamais plus n’userai mes tristes dents grinçantes : } Sur l’acier des erreurs, pour éprouver le ciel | De l’ancienne amitié divine et triomphante ! | À Tout grands et tout aimants ouvre-moi tes deux bras 4 a, Et sur ton cœur me presse, à mon dieu d’ici-bas! , N:
Ù Oh! pour l’amour de moi, provoque la Fortune , il Qui seule m’imposa ce coupable trafic, : ‘+4 Sans me laisser pour vivre, en sa basse rancune, D: Qu’un or public baillé par les mœurs du publie! ‘ 1 De là vient que mon nom garde une marque infâme. Rice. Le teinturier, l’acteur s’imprègnent du métier, ‘3 Qui chez l’un teint les mains et chez l’autre teint l’âme : 1298 Au nom de mon salut, donne-moi ta pitié! ; 6.50 Alors je renaîtrai. Malade débonnaire, À Je prendrai de l’aissel pour purger mon poison ; 0 s) Nulle amère boisson ne sera trop amère, ? de Le Et nul fouet trop cuisant pour cette guérison. QE pe] Pitié donc, cher Ami, car cette pitié même \ NO i Est assez pour sauver celui qui toujours l’aime. (00
‘44 ÎTa pitié, ton amour comblent la marque infâme À ?] 5} % Que creusa le scandale au front de ton ami; k ; ; 1 Qu’importe donc qui me maudit ou qui m’acelame : h De % Si tu remplis d’un sang pourpré mon cœur blêmi ? } J AN Sur tes lèvres cueillir et l’éloge et le blâme, ; : 11 10 ne al È Voilà tout mon effort : c’est toi mon univers; Ô Ci r 1 Hors toi je n’ai personne, il n’est rien dans mon âme À _* Qui cause peine ou joie à ce cœur tout de fer. d’ ‘19 : Tout souci d’autres voix en un si vaste abîme “ ni ; é FA Disparaît; qu’effleurés mes sens endoloris > at Se ferment au flatteur comme au censeur infime ! ATAUe 14 ur Écoute, Ami, comment j’excuse ce mépris : OR Ent Tu plonges en mon sein des racines si fortes LUE À ” LA Que, hors toi, la nature entière est une morte! ie j ‘#4
nil Mes yeux, quand je m’éloigne, en mon esprit habitent, DL. Et le sens qui me guide, aux trois quarts déréglé, TU Ni #1 fe De sa tâche diverse à grand peine s’acquitte : RER Il semble toujours voir, mais il est aveuglé. VU NR À l’âme qui s’enquiert, les formes qui le frappent UT D”oiseaux ou de corolle, il ne les transmet plus : 110 l Sa vision ne retient plus ce qu’elle attrape; 100 L’esprit reste étranger à ses objets confus. 4120 Trouve-t-il une vue ou très douce ou très rude, (AE Des visages exquis, les êtres les plus laids, ‘108 4 ‘ L’ombre ou le jour, la mer, les monts, la solitude, RL 1 La corneille ou le cygne : il leur donne tes traits! à LA } Mon vrai cœur, débordant de ta vive lumière, i pie Trop sincère, a rendu mes regards peu sincères. \ pu
Bal Vous ayant pour couronne, est-ce que mon esprit À AR Boit à longs traits la mort des rois, la flatterie ? ‘ ‘5 Dirai-je que mes yeux, du seul vrai tout épris, ni. ha: Doivent à votre amour cette étrange alchimie de, 4 L De métamorphoser des monstres de laideur È 13 Hi En chérubins moulés à votre ressemblance ? A. _ De créer du parfait avec de la hideur “44 | : Aux magiques rayons de leur eflorescence? j 138 4 Non! c’est la flatterie! et, très royalement, We ‘a Mon esprit assoifté l’aspire avec ivresse : k Mon @il sait ce qui plaît à son palais d’amant s 4 Ne \ Et prépare à son goût la coupe enchanteresse ! te S’il y trouve un poison, mes yeux amourachés Û 1 _ Sont les premiers à boire, — et moindre est mon péché. Fi (J 1 152 0
Quand ils te murmuraient que mon amour grandie DELL Ne croîtrait jamais plus, ils te mentaient, mes vers. DA Pouvait-elle juger, ma pensée enhardie, :3 1 Qu”à mon flambeau luirait plus tard un feu plus clair ? \ 11608 Je redoutais le Temps dont les remous se glissent Ÿ Et k Entre nos plus chers vœux, changent l’édit des rois, AN v : Souillent la beauté pure, émoussent la malice, 4 Entraînent les plus forts en leurs torrents sournois. AU © Hélas! ayant l’horreur de cette tyrannie, A
Que m’ai-je alors chanté : « Tu vois en moi fleurir - #10 Un immuable amour sauvé des ag’onies, » — 11 Couronnant le présent et voilant l’avenir ! [1e Je ne pouvais, Ami, — car l’amour c’est l’aurore — FU ‘oi ë Donner pleine croissance à ce qui croît encore! A1 4 { 53 1
‘4 Non ! il n’est point d’obstacle à l’union des âmes | “15 Et des sincérités ! L’amour n’est pas l’amour : É ie S’il penche à la nuit sombre où penche l’autre flamme, à 0 Si, la voyant pälir, il pâlit à son tour. “À er: Non! l’amour véritable est la ferme balise ‘À 74 Dont l’œil fixe l’orage inébranlablement; ; À ia 4 C’est l’astre des marins, dont la hauteur est prise, 25 0e 4 PT Mais dont nul ne connaît le divin ascendant. ‘4 4 L’Amour n’est point le fou du Temps. Les lèvres roses À +1 30 Sont bien gerbe promise au croissant de sa faulx; y 4 548 Mais point il ne s’effeuille avec l’heure déclose : 14 ne. Il s’avance inchangé jusqu’au bord du chaos! AE mer rl Ici-bas, si ma foi devient une hérésie, Ji À 74 Jamais on n’eut d’amour! ni moi de poésie! } 1
Formulez vos griefs : c’est vrai, je fus avare : 110 En payant de retour vos bienfaits opulents ; 1 {11 Je désertai l’amour où toutes les amarres TES De la vie attachaient mon esquif vacillant. 1 J’ai galvaudé mon âme aux âmes inconnues, D Au vulgaire livré le droit par vous acquis, 0 ÿ A tous les vents qui m’arrachaient à votre vue, 1 te Oui, j’ai hissé ma voile et mes désirs maudits! Ni 148 Inscrivez ma folié où l’erreur s’enchevêtre ; : 17 Ajoutez l’hypothèse aux plus sûrs documents; FAN À. | . L’arc de votre sourcil, bandez-le contre un traître ! RAIN E Dans l’éveil du courroux ne tirez pas, pourtant : 4 k Que prouvait mon appel ? — Il voulait, sans offense, ne Éprouver votre amour, sa force et sa constance! ee
Fe nue les sonnets de Sha tespeure “IR | Li: L’homme, pour relever son appétit baissant, L: é À 4 Excite son palais de condiments acides; 4 VIS Pour tenir à l’écart de ses sens languissants ni Le mal qui les guettait, au mal il se décide. . 14 1 Ainsi, rassasié d’une exquise douceur, 1 ÿ: aie Dans l’amertume, ai-je plongé mes vivres fades : ‘ à 54 À Fatigué de bien-être, on découvre un bonheur ki “00 A se vouloir, avant le mal, rendre malade. ! ; |11488 Ainsi la politique, en mon amour trop fort, ‘4 ei De maux inexistants fit réelles souffrances ; 1
x Aux médecins livra l’âme saine et le corps, et
14 Cherchant en la faiblesse une aise à leur puissance. p | : 34 Et de là j’ai tiré la leçon qui m’absout : Rs #0 Remèdes sont poisons quand on souffre de vous. h).
Je me suis abreuvé des larmes de sirène sd 1: Que distillaient les flancs d’alambies infernaux ! ST f La haine armant l’amour, l’amour armant la haine, À Fe J’ai perdu, croyant vaincre en ces sanglants assauts ! | pi Mon cœur, en qui sourdait félicité bénite, AT Misérable, péchait lors même contre vous! DNS | Oh! comme ils ont, mes yeux, bondi dans leur orbite « A t En l’épouvantement de ces délires fous! On #3 Mais à présent je sais, bienfait de la souffrance, \ \Q rs Que le bien par le mal se hausse jusqu’au mieux; 11 Et l’amour en décombre, au jour des renaissances, 1560 _ Se redresse plus bel et plus fort, jusqu’aux cieux! rURRR
Repoussé, je reviens à mon amour suprême :18 Et récolte trois fois ce que la douleur sème. A
_ Que vous me fûtes traître, Ami, me rend heureux : : | fi L’incisive douleur qui m’entra jusqu’à l’âme ï ù ve A dû sous mon péché courber mon front poudreux, ER Point n’ayant nerfs d’airain martelés à la flamme. à NA Dans votre vie, il a passé le noir enfer é #4 Que j’ai connu, s’il est vrai qu’en ma vilenie n | Vous ayez pu souffrir ce que moi j’ai souffert Mer | _ Sans peser votre crime ou voir ma tyrannie! f 20 Oh! si la nuit de notre angoisse avait voulu : M Nous redire combien le vrai chagrin torture, ki Nous nous serions alors l’un vers l’autre tendu ‘ ne | R Le baume humble et cordial qui ferme les blessures ! ‘2 | ___. Nos deux crimes pareils ont müri des moissons mu. Où nous puisons tous deux une juste rançon. +’\
4 Il est mieux d’être vil que d’être estimé vil, 58 ù Quand on voit le néant prendre manteau de vie, Al Quand on voit condamner, au nom d’un vain péril, ; DRE: i Un plaisir juste et non par soi, mais par l’envie! 108 À Pourquoi salueraient-ils les ébats de mon sang, Ge. ñ Les êtres faux, au regard louche, aux yeux hostiles ? k h 1 Et jugeraient-ils noir ce que j’estime blanc, +1 Ë De ma vertu fragile espions plus fragiles ? f nl: } Je suis ce que je suis! — En soupesant mes fers, \ + 4 Ils ne font que compter les anneaux de leurs chaînes; | C’est moi qui marche droit, eux qui voient de travers: Ma vie, en traversant leur cœur vil, se gangrène ! AU. s A moins qe ce cœur vil ne soit celui du monde 4 AE ; Et que le mal soit roi, roi d’un royaume immonde ! He ï F 159 1
4 Ce cahier, ton présent, demeure en ma mémoire |
D. Gravé par le burin de l’immortalité : à 0 1 Sur ton humble crayon je gagne la victoire :
40 Par delà tous les temps jusqu’en l’éternité ! 4 ne. Du moins l’éternité que permet la Nature eà Re Aux éclairs de l’esprit comme aux gestes du cœur. 6 j 104 Aucun ne cédera sa part de sa capture, î
pe Sa part de toi, qu’au grand Oubli spoliateur. 2
A Ces trop faibles feuillets ne pouvaient y suffire. <
nt 4 Qu’ai-je besoin de taille où marquer mon amour? |
ve Je m’en suis séparé : j’ai préféré l’inscrire 4% \ Aux tablettes de l’âme où vous vivrez toujours! ‘4
54 Garder cette aide morte eût été faire croire 2
Qu’un lâche oubli pouvait envahir ma mémoire. ei
Jamais tu ne pourras te vanter que je change! LA Da pyramide, à Temps, que d’un nouvel effort 4 Toujours tu rebâtis, n’a pour moi rien d’étrange : 4 Ne Rhabillage piteux d’un éternel décor ! j Fe _ Brève est la vie, et, dans sa hâte, l’homme admire | À à Tous les hochets vieillis que ta fraude lui tend : N ‘à | Ces jouets, il préfère y voir, dans un sourire, 01 _ Les fils de son désir, non les pièges du Temps. EF: j $ Tes archives et toi, je vous hais, vous défie! he Le présent, le passé n’ont rien pour m’étonner : HO Ils mentent, les témoins que ta main sacrifie nr _ Dans sa hâte sans fin de tout exterminer! LÉ _ Moi, je fais le serment de demeurer fidèle, RL” _ Fidèle malgré toi, malgré ta faulx cruelle! 4
1108 ( les sonnets de Shakespeare 4 43 Si mon amour n’était que l’enfant des grandeurs, N. % Bâtard de la Fortune, il deviendrait, sans père, x Le serf du Temps, de ses mépris, de ses faveurs, : 1 Herbe qu’on foule aux pieds, pauvre fleur éphémère! æ Non! je lui construisis un plus haut piédestal! D Ne. Il est hors de l’atteinte et des pompes rieuses D | 1 Et des serviles coups de ce dédain brutal 4 [ ne ( Point il ne craint la politique au front pâli, n F 10 Hérétique qui broche un canevas d’une heure; | ‘à 4 Il se dresse, tout seul, politique accompli, »$ 4 ï Pi Inchangé sous un ciel qui sourit ou qui pleure. ï | 4 fl J’en appelle aux amours bouffons de notre temps 1 b È Dont la mort est un bien, fauchant des jours méchants.
| 1 4 1 | A quoi me servirait de tenir le dais rouge ait Et par de tels dehors d’honorer tes dehors? “hi ‘4 | De bâtir « pour jamais » une base qui bouge 4 Eu DE Et s’effondre aussi vite, Ami, qu’un vain décor? ‘ L’idolâtre, ébloui par la beauté des lignes, TM: ] Perd tout et plus, payant loyer trop onéreux; Fe K ; Il fuit la saveur simple et veut l’épice indigne, , e s Bonheur piteux, qui se consume, et par les yeux! À ‘ Ami cher, vois en moi le dévot de ton âme, de” | Reçois l’offrande d’un cœur pauvre mais loyal; à | . Sans art et sans mélange, elle érige sa flamme g f 1 Sur le don mutuel de notre être total! FA: | Arrière, délateur! Plus une âme sincère no Ée Est en butte à tes coups, plus elle se libère! ‘100
ri DOLESCENT aimé, qui tiens en ton pouvoir à AA L’Heure et le sablier du Temps, fragile et noir; -F Ton déclin même est une aurore, et, fleur suave ho 193 Tu t’ouvres, quand se clôt le cœur de ton esclave; { on Dans ton élan, si la Nature veut encor D | (es T’arrêter de son geste et de son sceptre d’or, } 4 4 148 Elle t’épargnera pour que ton art sublime 4 k A. Déshonore le Temps et vainque l’Heure infime! 4 | ‘à Crains-la pourtant, à toi, sa joie et son amour, 4 HA Trésor qu’elle conserve, hélas, non pour toujours : .. n Il peut tarder, mais il viendra le jour peu tendre mn Où, pour avoir quitus, il lui faudra te rendre! 4
1 1
É. brune, aux yeux de tous, jadis, passait pour laide. “1e _ A4 Belle, on lui refusait le titre de beauté; (UT _ Mais la brune à présent à la blonde succède : ‘Si
Le Beau s’abâtardit de cheveux empruntés! u “M Depuis que chaque femme, en grimant la nature, 1 Embellit la laideur du masque faux de l’art, ‘al sil Sans honneur et sans nom le Beau se voit exclure “100 _ De ses temples sacrés et honnir en bâtard. + a à _ Les cheveux de ma mie ont le noir du corbeau; Ÿ u Ses yeux portent le deuil, vêtus des mêmes teintes, “40 _ Des yeux disgraciés qui s’affublent de faux, 2 14 Calomniant le vrai de leur vérité feinte. UE À Et le deuil à ce point embellit leur douleur (M
_ Que désormais le Beau doit porter leur couleur. nm
14 UAND tu viens, ma Musique, aux lamelles bénies À ii Du berçant virginal promener tes doigts blancs, ‘1 Et de ses fils d’argent tirer des harmonies 1
ÿ Qui ravissent mes sens et mes esprits tremblants, A
1 4
J’envie en moi le saut léger des touches mues, 4
fl Qui baisent le fuseau rondelet de tes doigts, 1
: 1 Et mes lèvres que fuit une moisson perdue 3 | pe Rougissent de l’orgueil de ces lames de bois. à
Pour qu’on les baïse ainsi, qu’une métamorphose |
à Auprès de toi, les change en ces hochets dansants
À Que d’un geste rapide effleure ta main rose, !
- Bois morts, mais plus comblés que mes désirs vivants! | | s Verse à ces impudents le lait dont-tu me sèvres, G
Fa Réserve-leur tes doigts, mais livre-moi tes lèvres! Hi,
Voilà la passion : avant d’agir, elle est * 4 Désir honni, sanglant, parjure et qui vous dompte ner Sous le cruel excès d’un flux traître et mauvais; ge. à) Aussitôt assouvi, l’abjection le sape; ta É Follement poursuivi, même à peine avalé, fi ‘È Follement exécré, comme l’appät qu’on happe, { # ni Tendu pour capturer le gobeur affolé; 51 Fou dans son âpre chasse et fou quand il possède ;. à 24 Extrême en la curée et dans l’affût amer; ul 4 ke 1 Félicité qui passe et, passée, un enfer! L 4 1 Personne ne sait fuir — quand tous savent ce drame— K$ ) Le ciel qui nous conduit au tourment de ces flammes! 210
Î JL: soleil luit plus vif que l’œil de ma maîtresse; ï Et sa lèvre est d’un rouge humble au prix du corail; 4 l Si le blanc c’est la neige, alors, je le confesse, | ë Le satin de ses seins n’est qu’un sombre camail. |
- J’ai roses de Damas, roses rouges et blanches, | | Mais sur sa joue en vain je cherche leurs couleurs; | Et je sais,-en parfums, des délices plus franches 4 Ni Que les souflles humains de son haleine en fleur. û | Le timbre de sa voix, je l’aime; mais j’avoue 14 Que la musique encore a des sons plus divins; | ; Oncques ne vis déesse aller sur notre boue : | ] Elle, foule en marchant le sol de nos chemins. È | Et pourtant, par le ciel, mon amante est plus rare | à Que les tristes objets qu’à tort on lui compare ! \
4 Belle ou non, tu régis mon empire en tyran, ù, x Tout comme une beauté fière, arrogante et dure; Ne. } Tu sais que pour mon pauvre cœur idolâtrant (eh | Il n’est gemme ici-bas et plus chère et plus pure. ‘à } Tout franc, — il en est qui refusent à tes traits DT Ÿ Le don de torturer l’Amour, pouvoir suprême ; ; 1 si ! Proclamer leur erreur jamais je n’oserais, “08 Mais je jure en secret que c’est là l’erreur même ! ER 4 ! Et, sois-en sûre, il n’est pas faux l’affreux serment ! 17 k Le gémissement qui, si j’évoque ta face, 10 Sans pitié me déchire, en témoigne âprement : - 31 00) Tout ton noir, à mes yeux, toute beauté surpasse ! NT Noire en rien ne te vois sauf peut-être en ta vie, N. ; Et c’est de là, je crains, que sort la calomnie, ne.
148 les sonnets de Shakespeare F5 #0 J’aime tes yeux et tes chers yeux, comme en pitié: 4 D: Des tourments que m”inflige une àme dédaigneuse, “4 ‘0 Jetant sur ma douleur leur sanglante amitié, É “A Se sont vêtus de noir ainsi que des pleureuses. ke Non! le soleil levant n’illumine pas mieux ù, fl Le front que l’Orient soulève en l’aube grise; 4 Non ! l’étoile du soir qui plane au seuil des cieux ÿ on N’épand pas tant de gloire où le jour agonise, ; Fa Que sur ton sombre front ces deux grands yeux en deuil! k ; Oh ! puisse-t-il alors plaire à ton âme chère ‘ 4 E De pleurer, elle aussi, mon amour au cercueil ! 4 2 Le deuil et la pitié parent ta grâce altière. | si Oh, lors ! je jurerai que noire est la Beauté Ê: “1 Et que, sans ta couleur, on n’est qu’indignité ! 4
Que maudit soit le cœur qui fait gémir mon cœur 110 | Saignant pour moi, pour mon Ami, double carnage! 4 s N’est-ce assez que je sois en butte à tes fureurs, 4 Sans que mon doux aimé souffre ton esclavage ? RU De moi-même, ton œil cruel m’a détourné; Nh: ë Plus dure encor, tu m’as pris mon autre moi-même ! LA ; De moi; de lui, de toi je suis abandonné; 5 4 Par nous trois mis en croix, tourment trois fois extrême! ‘1 Emprisonne mon cœur aux grilles de ton sein; k ‘1 Prends ce gage appauvri contre l’Ami rebelle; EU De celle qui le garde il sera le gardien, 1 | Et lors tu ne pourras, ma geôle, être cruelle ! La ; Eh si! tu pourras l’être ! Etant captif en toi, \ M 1 De force l’appartient tout ce qui vit en moi! LEE
he À \ Et que je suis un gage au gré de ton désir. “4 hi. Moi, je veux me livrer et lui, ma jouissance, :4 4 Mon autre moi, tu le rendras à mes soupirs. i 11 1 D. Vous ne voulez, ni toi ni lui, de sa franchise, k 0 Il pensait me servir, non perdre par traîtrise 1108 ‘8 Sa vie en souscrivant ce billet désastreux ! 120 Ne 4 Car tu veux exercer, implacable usurière, 1 1 PRE Les droits entiers que la Beauté t’a dévolus ‘1 a Et poursuivre l’Ami qui sombre en la misère À ‘4 Pour moi qui l’ai perdu par un indigne abus. [40 A Je l’ai perdu, sans me reprendre, ample faillite : “4
Femme riche en succès comme une autre en désirs, 1 En désirs drus et qui débordent en fontaine, YU Je suis de trop, hélas! j’encours ton déplaisir “4 ! En jetant mon pétale à ta coupe trop pleine. vi A | Daigneras-tu, femme au cœur vaste et généreux, :10 Me laisser me cacher en ton désir immense ? 1 ; Quand, aux autres désirs, il s’ouvre, gracieux, i 1 | Faut-il que, seul, le mien souffre son arrogance ? sa ‘1 L’Océan reçoit bien en ses eaux l’eau du ciel; \ M. Son opulence accepte argent qui l’amplifie. ‘1 Ruche de désirs d’or, joins mon miel à ton miel, LU ii Qu’encor il s’enrichisse, encor se dulcifie! ‘R Laisse tes suppliants t’aimer, vivre et jouir, nl Tous — dont je suis — fondus en un même désir! Ant
Ur S’il rage de me voir pénétrer ta langueur, 3
14 Jure à ton cœur que Will fut son désir sincère; À ’
À Il sait que le Désir a sa place en un cœur : 4
118 É Par amour, mon Aimée, exauce ma prière!
dr, Will emplira ton cœur vidé de tout son or, É
30 9 L’emplira de désirs, où mon désir rayonne! 4
154 Un ducat est à l’aise en un large trésor; F A
“0 Dans une vaste foule on ne compte personne! *]
ht Laissé-moi dans le nombre, inconnu, me glisser : ,
À Je compterai quand même en la somme totale !
0 Si le rien que je suis t’est doux à caresser, té 4
1% Je consens d’être un rien pour ton âme fatäle ! ‘1
En Chère, garde mon nom, mon nom seul à chérir “08
x Et ce sera m’aimer, car mon nom c’est Désir! ‘2
, aveugle sot, qu’as-tu fait de mes yeux ? ne:
Ils regardent sans voir, voilés d’étranges taies. 111608
Hélas! ils vont confondre et le pire et le mieux, 47
Eux qui s’ouvraient aux purs rayons des beautés vraies.
| à Si mes yeux égarés par de traîtres fanaux, 1 à En ce golfe d’erreur où tous les hommes rament, :1104 \ Ont mouillé dans la nuit, pourquoi de tes cils faux f 1408 As-tu forgé des crocs où suspendre mon âme ? vs
; Pourquoi vois-tu, mon cœur, un domaine privé 17108 En ce pré communal ouvert à tout le monde? vi 1 Et vouloir mettre un masque beau sur face immonde ? in { Le cours du vrai, mon cœur, mes yeux l’ont délaissé 4 pe Dans le marais du faux ils se sont enfoncés ! : 1
|. ‘4 les sonnets de Shakespeare CU 71 Elle est, me jure-t-elle, être de vérité. 4 14 Je suis sûr qu’elle ment; mais je crois sa parole à Pour qu’elle eroie encore à ma naïveté 4 À Neuve aux détours subtils de ce monde frivole. à \4 Croyant en vain qu’elle me croit adolescent J 42 — Au fond elle sait trop que mes jours se déflorent! — ‘# J’accorde ma créance à sa langue qui ment : i à Sur nos lèvres le vrai se sèche et s”évapore! ‘4 À Pourquoi n’avouons-nous, moi, que je deviens vieux, À ‘4 Elle, que son cœur faux est pétri d’injustice ? e. de — C’est que l’âge en amour se cache à tous les yeux; A Ne Ah! c’est que l’art d’amour west que long artifice! L Ée Mentons donc avec elle, et, tous deux, flattons-nous 9 h Au mensonger accord de mensonges si doux. \
| Oh! ne m’appelle pas pour excuser les affres
Que tes actes méchants infligent à mon cœur! WA
. Que tes mots acérés, non tes yeux, me balafrent : +: T0
Navre-moi d’un fer sûr, mais sans art d’escrimeur! “Lt
| Dis tout franc que ton cœur est autre part, mais pense si
ne pas devant moi détourner tes regards : 21
| Pourquoi blesser par ruse, alors que ta puissance : % à
| Peut d’un souflle raser mes débiles remparts ? 30
Et pourtant je t’absous : tu sais trop, ma maîtresse, V
Que mes seuls ennemis ont été tes doux yeux; 4
Tu détournes de moi leur brûlante caresse, ji
Et tu portes plus loin leur ravage et leurs feux. ‘08
) Ne les détourne point; je succombe à leur guerre : 110
D’un coup, viens achever ma vie et ma misère! 2
| 179 1
ANT les sonnets de Shakespeare | 180 Sois sage aussi, cruelle; et, ma langue liée, 4 LA Ne va pas l’aceabler sous un trop lourd dédain ! 4 | 4 Prends garde; il peut jaillir de la douleur criée * 4 Le Des mots où la pitié se distille en venin! 4 Es. Si tu pouvais comprendre, il serait salutaire, i me: Sans même en ressentir, de feindre un peu d’ardeur : ‘4 ne Au moribond qui tremble, à son heure dernière, 1 ‘Ve Le médecin promet la vie et la verdeur! +4 * Si je désespérais, ce serait la folie! 0 Al Et, fou, je noircirais ton misérable cœur; “4 ‘#0 Dans ce monde perfide où le mal se publie, { ER ” 1 Qui sait? des fous croiraient à ma folle rancœur. 4 ‘5 Pour sauver ma raison et ta gloire adultère, + 110 M Garde le regard droit, — si torse est l’âme altière! ‘4
F Sur l’honneur, ce ne sont point mes yeux qui t”adorent, ca 4 Eux qui notent milliers de souillures en toi; È Ÿ M | C’est mon cœur qui chérit ce que tant ils abhorrent, ! 4 | Et qui malgré mes yeux, raffole de ta foi. À k Et mon oreille est close à ta voix de sirène; “1008 l Sensible aux vils contacts, ni mon toucher discret, : ÿ 11 1 Mon goût, mon odorat, n’aspirent à la haine, 1 Qu’en eux soulèveraient tes sensuels banquets. ï 110 Mes cinq sens et mes cinq esprits vainement somment , ‘LE Mon cœur de s’affranchir du désir souverain | : Qui jette, sans fierté, le fantôme d’un homme D À En esclave à l’orgueil de ton cœur suzerain ! + # ; Un miel pourtant se cache au fond de mon calice : A ; Qui cause mon péché cause aussi mon supplice! 14
:N les sonnets de Shakespeare 10 4 118 L’amour est mon péché, ta vertu c’est la haine, À À fi Haine de mon péché, — fille des vils amours : 4 ka Ah! compare un instant à la mienne ta chaîne ‘4 1 Et tu découvriras que mon crime est moins lourd! À ‘#0 Si tu veux m’accuser, n’accuse avec ces lèvres à TA Qui tant ont profané leur exquis incarnat, À T1 Plus souvent que la mienne étanché d’autres fièvres L be à Et soustrait à vingt lits leur rente, sans contrat! “4 1 ‘44 k Que mon amour qui te meurtrit ait le droit même ‘4 C1 Que ton œil prend de provoquer tant d’amitiés ! 4 | Re Enracine en ton cœur la pitié que je sème : ! È 34 Grandie, elle pourra te valoir la pitié! | ‘1 b), h Si tu veux posséder ce que ton cœur refuse de. er Crains que ton propre exemple un jour soit mon excuse! A
Voit-elle un volatile emplumé s’échapper, vu Déposant son bambin, l’active ménagère \ 4 f Court de toute sa force et cherche à rattraper ( Ai L’oiseau qui toujours fuit, pareil à la Chimère. K IN Le petit esseulé la poursuit à son tour, DA | Rappelle de ses cris l’anxieuse qui tâche ; 1408 . A suivre l’être aïlé plus loin encor, toujours, Î 4 PA 1 Sans donner un regard au bambin qui se fâche. gout. Ainsi cours-tu, ma belle, après ce qui te fuit, | 4 Tandis que moi, ton nourrisson, après toi vole; AI Si tu saisis ton rêve, ah! pense à qui te suit, ! 4 | Joue avec moi la mère au baiser qui cajole! ::10 | Puisses-tu donc posséder Will, fuyant désir, | à Û | \ Si tu veux bien alors apaiser mes soupirs! ‘ ‘18
D. les sonnets de Shakespeare
à J’ai deux Amours qui font mon heur et mon tourment!
4 Deux Esprits qui toujours me soufflent leur haleine : -
% = Le bon ange est un homme aux yeux de diamant,
4 L’ange mauvais, femme fardée, âme vilaine. Ni.
4 Pour me plonger plus tôt dans les enfers profonds L
4 Mon diable-femme vient courtiser mon bon ange, j
nn. Pour corrompre mon Saint, le muer en démon : #
‘108 Ainsi l’impur orgueil, de l’amour pur se venge!
1 Que déjà l’ange ait succombé sous l’ennemi, À
“2 Je ne puis l’affirmer; mais j’en ai doute amer : e
me « Tous les deux sont au loin, tous les deux bons amis; 4
D ” J’en conclus que chaque ange est pour l’autre un enfer!
D. Je vivrai dans le doute et sans savoir jamais, — Li
Re Sauf quand brûlera l’Ange aux flammes du Mauvais. ‘4
ÿ C Es lèvres qu’Amour fit de sa main blanche Ho M’ont lancé ce mot, ce souffle : « Je hais ! » Ne A moi qui languis pour leur amour franche. ‘4 Quand Eile aperçoit mes traits tout défaits, A La Pitié tout droit monte dans son âme TS Et gronde la voix qui, douce jadis, } % RU Soulait me livrer à de gentes flammes, 1 ne. k Et qui d’elle apprend salut adouci. +4 « Je haïs » tremble et mue en douce agonie… 130 . Un mot clair l’achève — ainsi jour exquis {te Achève la nuit, infernal génie 40 | Aux enfers sombrant du haut du pourpris. +0 P À Le haineux « Je hais » tombe en sons plus doux, ‘0 FA Se fond et me sauve en ces mots « .… pas vous ! » ne
| 4 4 : pige âme, centre obscur de mon limon pécheur, . k À Que harasse un assaut de puissances rebelles, H 4 Pourquoi, quand tu languis de faim et de douleur, 4 4# Peindre d’un or joyeux tes murs et tes tourelles ? 4 ‘40 Pourquoi loyer si fort pour un bail aussi court ? L En Pourquoi se ruiner pour un palais qui croule ? À {te Héritier de ce luxe, il arrive, il accourt ! 4 cé x Le ver rongeur ! Est-ce donc là que ton corps roule ? 3 ‘40 O mon âme, vis donc des affres de ma chair, il. \3 Qui gémira pour enrichir ton or intime; à. ne Acquiers siècles divins au prix d’heures d’enfer : À “14 Repais-toi de la Mort qui se repaît de nous : ‘14 D Morte la Mort, mort le mourir, et pour nous tous ! ]
j M: amour est la fièvre encor passionnée ‘1410 j Pour tout ce qui nourrit le foyer de son mal; 1e 11 se repaît de cette flamme empoisonnée ï 0 Qui flatte les-accès d’un appétit brutal. ll | Au mépris affiché pour sa docte ordonnance, CLR À Ma raison, — médecin de mon amour trop fort — 3,45 1 Que, rebelle à tous soins, le désir c’est la mort ! , 108 1 A raison sans vertu malade sans remède ; ne | Et ma raison plus que jamais s’échauffe et bout : A Mes pensées, mes discours, au faux qui les possède “à Se livrant sans recours, sont l’ivresse d’un fou! +2 ‘4 J’avais juré ton âme belle et ton front clair, * : Et tu n’es que nuit noire et ténébreux enfer! 5
:14i les sonnets de Shakespeare MO 4 Hélas, quels yeux Amour a donc mis en ma tête, h: 5 Sans harmonie avec le vrai qu’ils devraient voir ! ,
- Ou s’ils voient juste, il sombre alors en la tempête, à $ Mon jugement qui juge faux leur vrai miroir! + NET 4 4 ‘à S’il est beau, cet objet dont mes yeux faux raffolent, À Fe Pourquoi le nier, Univers ? S’il n’est pas doux, h S’il n’est pas beau, se prouve alors cette parole : { 3 « L’œil d’Amour ne voit point ce que voit l’œil de tous. » 4
Non! comment serait-il lumineux et limpide, à
s L’œil de l’Amour, noyé de longs guets et de pleurs ? k 4 ÿ Sans surprise apprends-le, ma vue est peu lucide : À à Le soleil n’y voit clair qu’au lever des vapeurs. LR 2: ù Ah! le perfide Amour qui m’aveugle de larmes Le: ue Pour que jamais mon œil ne voie et ne s’alarme ! ‘a
Comment peux-tu nier que je taime, cruelle, Ki Quand je me joins à toi contre moi conspirant, ‘Am Quand ton àpre pensée à ce point m’ensorcelle $ F4 Que pour l’amour de toi je deviens mon tyran ? à Ve Aux pieds de tes martyrs, dis-moi si je me couche, d Li J Dis-moi si tes haineux je les appelle amis! LINE } Quand ton front s’assombrit, dis-moi si de ma bouche- is J Ne jaillit contre moi mon courroux qui gémit? 30e h Quelle vertu me reste, en mon cœur estimée, ÿ 4 #18 Fière assez pour garder sous ton joug ses dédains ? co Ma meilleure âme adore, à tes pieds abimée, Aie. Suspendue à l’arc noir de tes sourcils divins ! £ bi ! Haïis-moi donc, mon Amour, car tu m’es révélée; (3e à Tu chéris qui sait voir : mon âme est aveuglée. V1
“tie les sonnets de Shakespeare 140 |
| 0 FE Oh ! quel Pouvoir te vaut cette insigne puissance ‘4
® De dominer mon cœur par ce qui manque au tien: D. 11e Tu me fais démentir ma propre clairvoyance 10
an Et jurer que le jour au soleil ne doit rien. ‘ “4 É D’où vient ce gracieux accord de forces viles ? # “148 D’où vient que le rebut de tes faits les plus noirs No Li Contient tant d’excellence et de vigueur habile ? 4
de ÊE: Plus claire est ta noirceur que blancheur du devoir! b
l À Qui t’enseigna comment te faire aimer encore, \a 108 Toujours plus, mieux je vois que je dois te haïr? ‘4
ne! * Oh! j’aime en toi ce que tous les autres abhorrent: 1108 Avec eux m’abhorrer, n’est-ce point te trahir? ñ 118 Si ton indignité plante l’amour en moi, “4 1 f Plus digne je grandis d’être adoré de toi. ‘1
L’Amour, trop jeune enfant, n’a point de conscience, 0 | Pourtant la conscience est fille de l’Amour : D
À ma faute, n’attache implacable vengeance, En.
Ma perfide; elle peut sur toi tomber un jour! Fi xt
Livré par tes dédains, mon meilleur moi se livre i al
Aux pires trahisons de mon limon pervers; son | Et mon âme promet à mon corps qui s’enivre hi
Un triomphe d’amour : que veut de plus la chair? no: Elle se dresse à ton nom cher et te désigne LE 18
= Comme son seul trophée, et jouis d’obéir, 05
Fière, en l’âpre fierté d’être ton serf indigne, 454 Avec toi d’être droite, avec toi de fléchir! RSS 1 Toujours j’appelle « Amour », à conscience en lutte, Ni } La femme à qui je dois ma grandeur et ma chute, D
240 En t’aimant tu sais bien que je suis un parjure, LS. Mais toi, tu l’es deux fois qui te donnes à moi, à à À Qui peux trahir ton lit et, dernière souillure, h Mais pourquoi t’accuser de ta double traîtrise, 4 Mu Quand vingt fois je fus traître? Est-ce que tous mes vœux 4 Re Ne sont pas des serments hurlant ma convoitise ? , F er: En ta nuit j’ai plongé mon honneur lumineux! à ; 4 Car j’ai juré très haut de ta haute tendresse, À “1 De ton amour constant et de ta passion! \ ï. ne J’illuminai mes yeux aveuglés de détresse . D 238 Pour t”inonder des feux de mon illusion! 1 Erer de: s “3 Et j’ai juré de ta beauté, dernier blasphème 2 ù. ; Contre la vérité, -contre celle que j’aime! é 7
__ rez-de-chaussée, Paris, cinquième arrondissement. We Nos Cahiers sont édités par des souscriptions men- # suelles régulières et par des souscriptions extraordi- L naires ; la souscription ne confère aucune autorité sur la rédaction ni sur l’administration ; ces fonctions Nos Cahiers paraissent par séries; une série paraît dans le temps d’une année scolaire, d’une année ouvrière, d’octobre-novembre à juin-juillet ; l’abonnement se prend pour une série. On peut souscrire cet abonnement à tout moment de l’année, mais l’abonnement ainsi souscrit est, de droit, valable pour la série en cours. Prix de l’abonnement, pour chaque série annuelle ! pendant le cours de cette série : maire “2h: } Autres pays de l’Union postale uni- Abonnement sur whatman… cent francs pour tous pays Les exemplaires sur whatman, tirage non réimposé, | sont numérotés à la presse et imprimés au nom du for souscripteur ; le tirage à part sur whatman a commencé ; de fonctionner au premier janvier 1906 ; les inscrip- Nr tions pour cet abonnement particulier sont reçues en ÿ tout temps et reçoivent un numéro d’ordre déterminé ; automatiquement par le rang même qu’elles occupent dans l’ordre de l’arrivée, les numéros les plus bas venant (il À naturellement aux premières inscriptions; c’est ce numéro d’inscription qui devient automatiquement le ; 4 numéro du tirage réservé à chacun des souscripteurs ; À l’édition sur whatman est strictement limitée au L
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1906 on pouvait encore avoir pour vingt francs les dixneuf cahiers de la septième série complète. ;
A partir du premier janvier qui suit l’achèvement
d’une série, le prix de cette série est porté au moins à:
au total des prix marqués; ainsi depuis le premier 1 ;
janvier 1907 la septième série complète se vend quarante- ‘4