I-10 · Dixième cahier de la premier série · 1900-05-20

Socialisme et collectivisme

Émile Vandervelde

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! munes d’Angleterre, un des ministres de la Reine u s’écriait : « Nous sommes tous socialistes ». ‘ ls On pourrait reprendre ce mot, en l’appliquant Fa la France actuelle, où tout le monde, depuis quelque temps, semble vouloir adopter l’étiquettesocialiste, à commencer par M. le marquis de Galliffet !. dé. (Rires) Dans ces conditions, il peut être utile dd Le. marquer ce qui différencie les gens de plus ou moins LE LL. bonne volonté qui se réclament du socialisme, sans, w À trop connaître la signification de ce mot, des socia- listes vraiment dignes de ce nom, qui savent où ils Ÿ vont, qui marchent vers un but bien défini, qui : : he: considèrent le collectivisme comme logiquement à inséparable de l’idée socialiste elle-même. Ausih première condition pour que, dans la nébuleuse socialisme sentimental, se constitue le noyau rs ‘ d’un parti socialiste unifié, c’est de caractériser nettement les principes fondamentaux du collecti-

visme, c’est-à-dire de la doctrine qui oi 4: propriation sociale des moyens de produ ont je voudrais prendre un pour ARS A part qui nous mit tous d’accord — panene 1: î adversaires du socialisme — qui fût admis par les ji théoriciens de toutes les écoles, depuis les collecti- ; ! vistes’les plus ardents jusqu’aux conservateurs les plus déterminés, qui se trouvât aussi bien chez Karl Marx, par exemple, que chez le Pape Léon XII, : î dans l’encyclique « Rerum novarum ». Ce point de 1 4 départ, commun à tous, c’est le principe que la propriété doit être fondée sur le travail. À Ë Les socialistes ne disent pas autre chose, lorsqu’ils ‘ni réclament pour chaque travailleur le droit intégral : À au produit de son travail, et le pape s’exprime à peu 4 - près dans les mêmes termes, lorsque ‘reproduisant “2 u la leçon des économistes libéraux, il soutient que la propriété individuelle est légitime parce qu’ « il C7 ä est juste que le fruit du travail soit au travailleur ». Re . Mais le désaccord commence lorsqu’il s’agit a. d’apprécier si, dans l’état actuel des choses, la pro- de De, individuelle peut être considérée comme le fruit, ou l’accessoire, du travail. Pour le soutenir y défenseurs du régime capitaliste font à peu près comme les Prussiens qui, pendant la guerre franco- Mi allemande, faisaient, dit-on, marcher en i al hi ligne leurs alliés Saxons ou Bavarois : e restent dans une ombre pradente, a Een en avant, ils prétendent exposer à nos ie ‘ petits commerçants, les artisans, les pa coups les priétaires, tous ceux Jeans-pro- . * 2 un mot, que nous pouvons considérer comme ayant, à des degrés divers Û que, dans la mesure où hs se développe la production moderne, ces formes à diverses de propriété, fondées sur le travail, mariées f. au travail, disparaissent, de plus en plus, devant la propriété capitaliste, divorcée du travail, et qu’il lu est impossible d’assimiler la propriété d’un moyen de production, qui fournit au travailleur sa subsis. s É: tance, à la propriété d’un moyen d’exploitation, qui un 4 * permet à un non-travailleur de vivre aux dépens . On conteste, il est vrai, cette décadence de la proLPS + priété personnelle ; on nous dit : voyez les recensepat” À ments agricoles ou industriels, et vous constaterez cs que le nombre des petites exploitations tend à aug s menter, bien plutôt qu’à diminuer, dans toutes les À Nous ne contestons pas le fait, mais nous Qu tons formellement les conclusions qu’on en tire:

Et, tout d’abord, en ce qui concerne les exploita- L tions agricoles : leur nombre est en ste considérable, mais combien n’en est-il pas qui son x ; Ÿ qu’elles ne suffisent plus à faire vivre, d’une _ k humaine indépendæite, les familles de paysans qui les possèdent encore. Ai-je besoin de vous rappeler ÿ qu’il y aura tantôt cinquante ans, Karl Marx, écri- à vant le Dix-huit Brumaire de Louis Bonaparte, FA mettait en pleine lumière les graves inconvénients, À à politiques et sociaux, de la propriété parcellaire, li- ! mitant l’horizon intellectuel du cultivateur aux Fe ? bornes de son champ, et instituant un redoutable ob- 1 Stacle aux progrès de l’agriculture rationnelle, Par- Î tout, d’ailleurs, où le développement de l’industrie réagit sur le développement de la culture, ces pro- priétés paysannes, exploitées en faire-valoir direct, + . tendent à faire place au faire-valoir indirect et par : “Fe des fermiers locataires, En Belgique par exemple, Re mil existe, d’après le dernier recensement, plus de = e Au cent mille exploitations agricoles, la plupart Drpdétée re pe mais bien des taires. Dans certaines a . Le rs f dans les Flandres, Enr no Ps co lées; il arrive que le même i né . Hi dans ds 50, 60 communes, des parcelles de terre pes considérables; mais bien loin que cette multi j plication des parcelles soit un avantage pour “A i cultivateurs, OR constate que l’exploitation des fer. ‘ miers est d’autant plus dure, le fermage d’autant plus élevé, que leur nombre est plus considérable, À î C’est pour ce motif que, peutêtre, les trois coins d’Europe où les tenanciers souffrent le plus de ue la domination capitaliste sont des pays de petite culture : l’Irlande, la Flandre, et ce qu’on appelle la terre de labour — terra di lavoro, aux environs de Naples. ne ! Par conséquent, établir que le nombre des ex- ploitations agricoles augmente, ce n’est pas du tout . prouver que la propriété paysanne fait des progrès: à le plus souvent, au contraire, dans les régionssu } populeuses, on constate ün double mouvement : . si ww “#4 M d’une part, le nombre des exploitations augmente, ‘4 mais, d’autre part, etde plusen plus,elleséchappent à | au faire-valoir direct, elles sont exploitées par de. à F Et maintenant, si nous passons à cette autre forme de la propriété personnelle, celle de tra ’ ” ” soudé, suivant l’expression de Karl Mat 242 À quille, — demandez à M. du Marois ed

de métier, dans l’agglomération parisienne, COM f bien il reste de travailleurs indépendants, conser- jvant la propriété personnelle de leurs moyens {: de travail : « Comme règle générale, — nous répondra-t-il — on peut établir que lorsque les débouchés sont restreints, limités au voisinage, fs ou à une catégorie très peu nombreuse de la population (boulangerie, ébénisterie de très haut luxe) les petits ateliers patronaux demeurent la majorité. » Mais dans toutes les industries qui, sans re avoir. déjà pris la forme capitaliste définitive, l Hé forme de grande industrie, produisent déjà pour un É 2e, marché plus étendu, ce n’est plus l’industrie de mé- ou] À tier, l’artisan travaillant à son compte, l’ancien maître de corporation — tel Hans Sachs dans les ‘4 Li Maîtres Chanteurs — que nous trouvons comme forme dournante, mais bien L’ouvrier eu chambre, P: li le travailleur à domicile, le prolétaire déguisé, plus 5 ee — radement exploité encore quel’ouvrierde fabrique; (A R Eu mi deu il ya quelques mois encore au & Dei tag autrichien un député libéral, c’est di Là Hd l’industrie à domicile que l’o ans) AXES j que l’onrencontre le summum !® se ë gradation physique et morale 1 Le - plus hideuse, les journé ‘ : a à ss n un mot des conditions de travail qui rie par l’exploitation, sénat iites, de Populations lamentables, pour quil vail en fabrique serait une Véritable déli ee Reste enfin la troisième forme q ë Personnelle, de l’exploitati L Si vous reprenez les Statistiques, vous constatere que leur nombre augmente, d’année en année, que ù le petit détaillant, produit de la division du travail pullule de plus en plus: que, dans les grandes villes Surtout, l’armée des boutiquiers devient innombrable, Seulement, regardez de plus près, et vous ne tar. derez pas à voir que ces petits commerçants forment trois catégories très distinctes : ceux qui, malgré les j Es b. Grands Magasins, dont Zola décrit le développe. ment grandiose dans au Bonheur des Dames, con. à er “à servent une certaine indépendance, une réelle auto. 1’#a 7 nomie; ceux, au contraire, qui, n’étant pas autre \ù chose que des dépositaires, des succursalistes, des °4 . _Chommes de paille », dépendent absolument du ca. p. pitalisme; ceux enfin, — et c’est la catégorie la plus nombreuse peut-être, — qui ne tirent de leur com- merce que des ressources accessoires : tels son, ä par exemple, ces ouvriers dont le sua est insuf- (| fisant, mais dont la femme a quelque loisir, et ouvre une petite boutique, de préférence un petit qi l le plus commode à installer de tous les commerces} (|

il suffit dé quelques chaises, de bis me ce de bière et de quelques litres d’eau-2e-vr°; da source complémentaire, la famille ouvrière arriv hi à boucler son chétif budget. Mais il serait absurde è À l de considérer comme des commerçants autonomes, B. ces ouvriers qui ajoutent une corde à leur arc, pee . 1, Fr payer plus facilement leur loyer, ou bien les détail- ii Jants de la seconde catégorie, qui ne sont pas autre Hi ? chose que des employés externes des grandes entre- À Vous connaissez, à Londres, ces restaurants fl économiques, les aereted bread, où l’on vend du thé, du café, du chocolat, des cakes et autres gâteaux:

il semble, à première vue, que chacun d’eux con- NH stitueune entreprise distincte, ils comptent pour tels he dans les statistiques, et cependant, en réalité, ils appartiennent à une ou deux firmes. Il en est de SE > 7 même pour la plupart des pharmacies, et pour la à à RS e plupart des débits de tabac et de cigares : quelques 4 4 À è magnats capitalistes se sont emparés de ces détail- lants, comme ils se sont emparés des ouvriers à LS Sr

En somme done, si l’on défalque du chiffre total des exploitants tous ceux qui ont l’air d’avoir une entreprise indépendante, mais qui sont en réalité il des prolétaires, et des prolétaires souvent j il plus Hi k nue Tue ceux qui travaillent dans les fabri Tes, il devient impossible de prétend, abri. ! nombre des entreprises tudépe dan re que le ’ Fa réalité, la population travailleuse se divise en ‘s groupes : le premier, dont l’importance va i toujours décroissante : ce sont les producteurs qui ) Ë ont une véritable indépendance : le deuxième, li, [ forme l’immense multitude de ceux qui sont déjà dans l’ombre du capitalisme et qui n’ont plus qu’un l fantôme d’indépendance : le troisième, enfin, qui devient sans cesse plus nombreux : ceux quitravail- lent à la fabrique, qui sont des prolétaires dans . toute l’acception du terme, qui constituent la grande armée révolutionnaire, le gros des batailLR LL. lons socialistes. À De plus en plus, la technique supérieure de la ù 3 fabrique l’emporte sur la technique inférieure du -, 1 travail à domicile ; la société anonyme remplace l’entreprise individuelle ; les sociétés anonymes se ‘ 54 fédèrent et forment des cartels, des syndicats indus- triels ; les syndicats eux-mêmes tendent à s’unifier, à d sous la forme gigantesque des trusis, sirépandus Certes, — à ne prendre que les chiffres bruts, tels { qu’ils nous sont livrés par les monte : nombre des petites exploitations reste encore fo” dable. Mais ce dont il faut tenir compte, OUT mA 4 À apprécier la situation réelle, c’est que les grandes à Lt industries représentent, dès, à présent, la pas li ‘ grande partie de la production, tandis que la mue tude des petits métiers ne gouverne au contraire ‘1 qu’une production relativement insignifiante. Pren- Fi dre le nombre des entreprises, pour juger du ne ta industrie, c’est, à peu près, raisonner comme sil’on ji disait: ilexiste en France quatre grandes Compa- 24 L gnies de chemins de fer, etun nombre incalculable à de bicyclettes; par conséquent l’industrie des ; HE transports n’est pas du tout monopolisée. De même le k on s’écrie : Il existe un très grand nombre de :. petits ateliers, un nombre relativement petit de grandes fabriques ; par conséquent l’industrie ne fi tend pas à se concentrer. — C’est oublier que la grande industrie capitaliste a l’hégémonie, et l’hé- Fe. gémonie incontestée, sur la plus grande partie des À Fe 2 ” popens C’est elle qui détermine les prix, qui Ü 2% x ( ne ses sonénrents mal outillés, qui domine les ce À “E amène des pays d’outre- L ste e enfin qui à bon marché, ruine l’i mer la production agricole Hi de industrie paysanne, substitu ëù l’agriculture capitaliste au faire-valoi à e

jrésistible, qui peut être considérée comme 7 à caractéristique de la seconde moitié du dix- La Eh bien, quand, cette transformation est is accomplie, ce qui est le cas pour les industries li principales, quand elle sera complètement accom- FA à plie, ce qui est le prochain avenir, je vous demande Hi ‘ ce qui reste de la propriété fondée sur le travail. Le ia paysan propriétaire? Il a disparu, ou ilest en voie de disparition, ou il ne possède plus que des parcelles insuffisantes pour le faire vivre. L’artisan? ; in il est presque toujours devenu ouvrier à domicile, k travaillant pour le compte d’un capitaliste. Le détail- , j lant ? il a perdu, les trois quarts du temps, son indépendance primitive. Bref, celui qui domine, celui qui est le véritable détenteur des moyens de production, ce n’est pas le producteur autonome, dont la propriété est mariée au travail, mais le Pr. de. capitaliste, dont la propriété est divorcée du travail ! F1 “a ly a quelque dix-huit siècles, l’un des Pères de F ês l’Église, le véritable fondateur du catholicisme, [RE N En Paul, s’écriait : Celui qui ne travaille pas, ne * à Re. , °, on peut dire que, trop souvent, Ha allent ne mangent pas assez.

Mais je me tr ompe, et j’en fai f à défenseurs du Capitali : 4 “+ 68 ExCuSeS aux : sme. Il n’est pas juste de di à Que tous ceux qui ne travai Faire car il se trouve en réalité ln à Téalité, dans le monde actuel eux espèces de Sans-travail : ceux qui voudraient L Aie et qui ne peuvent pas ; ceux qui devraient ëk qui 2e Jens pas… D’une part, les Sans-travail forcés, l’armée de réserve industrielle : S de l’autre, les sans-travail volontaires, ceux qui ous dans leurs coffres-forts des litres de pro: k priété qui leur permettent de vivre aux dépens Eh bien ! je le demande à tous ceux qui m’écou- tent, lequel de ces deux hommes, au point de vue É. , moral, est le plus digne d’estime et de commiséraN 4 tion : l’ouvrier qui voudrait travailler et qui n’a Ti to/N pas de travail, ou bien le rentier qui s’est donné la à. peine de naître et qui ne veut pas travailler ? Vous tu À me direz tous, évidemment, que c’est le chômeur Er A involontaire. Et cependant, regardez autour de vous et voyez le sort qui est fait àl’unetäl’autre. DO A celui qui ne veut pas travailler, lesvilégtrs méditerranéennes ; à celui qui n’a pas de travail, f: l’internement dans les dépôts de mendicité. . vail à vous donner. Le voilà donc sans salaire; il ne trouve pas d’autre besogne; les jours PRATE

terme, le proprié- pa le moment est venu de payer son . , le P À taire réclame, ou l’agent du prop te hs — Je ne peux pas vous payer, mOn P (ai Ah! ceci ne me regarde pas; vous ne pouvez (En pas payer votre terme, je vous assigné, Je V : nl! envoie l’huissier, je vous amène devant le juge de si paix qui ordonnera votre expulsion. : “à Et voilà notre homme sur la route : il rencontre un agent quelconque de l’autorité publique, com- Hi missaire de police ou gendarme : … 11 — Quels sont vos moyens d’existence ? e di — Je n’en ai pas ; mon patron m’a renvoyé. — Où est votre domicile ? — Je n’en ai pas; je suis comme Jésus-Christ, je Ji n’ai plus une pierre pour reposer ma tête; mon “4 propriétaire m’a fait expulser. ; ] — Donc, vous n’avez pas de moyens d’existence; _- fn. vous n’avez pas de domicile; donc vous avez com- à mis un délit, vous êtes un vagabond, et je vais vous A” emprisonner parce que vous avez commis le crime d’être sans travail et de n’avoir pas de maison! Mais il ne suffit pas de constater le fait; encore faut-il remonter aux causes et se demander pour- Di: ne dans notre état social, tout le monde n’a pas ki availler? C’est la même cause, d’ail- il ai Tu engendre cette double insufisne devoir et du droit. pa l il est des hommes qui voudraient travailler et qui ne Peuvent pas, c’est qu’ils n’ont pas à leur dis d Position les moyens de travail appropriés par d’au tres ; et s’il en est qui devraient travailler et qui ne eulent pas, c’est qu’ils sont Propriétaires des moyens ce production et qu’ils en tirent le privi. lège de faire travailler les autres à leur place. Faire me direz-vous : ils ne travaillent pas aujourd’hui, mais ils ont travaillé jadis, et mainte. je nant ils se reposent : ils ont conquis, par un travail { antérieur, leur droit à la paresse, Eh bien ! supposons qu’il en soit ainsi: suppoee sons que leur propriété ait été conquise par le tra- … 4 vail, qu’elle ait des sources d’une pureté cristalline, ! ? 3 tion, ni même à l’héritage ; supposons qu’ils soient :. 8 vraiment les fils de leurs œuvres… ces travailleurs

  • a AL vertueux ne sont pas éternels ; suivant le mot du ” poète antique : la mort frappe également aux cape banes des pauvres et aux palais des riches : L. Pauperum tabernas regumque turres. ; Et alors, que deviendra leur fortune ? sie aux travailleurs, appartiendra-t-elle à tout le monde,

sait bien, au contraire, qu’elle passera à DERISE (e tiers, directs ou indirects, légaux où heros ei ceux-là pourront-ils dire aussi qu’ils ie tre il LÉ » vaillé; que leur fortune est fondée sur le tu , EE à Supposons, par exemple, un enfant qui naisse à k l’heure même où son père vient de mourir. Gertes, LE vous ne direz pas que celui-là a travaillé, — iln’a lé ‘1 pas encore tété sa mère ; — et cependant, par le seul fait de l’héritage, il devient propriétaire d’une for- nue tune, sans avoir jamais rien fait pour cela. dl Il est vrai que les capitalistes, se défendant avec a toute l’ingéniosité que met un homme à défendre sa peau, les capitalistes, dis-je, ne manqueront pas de répondre : Non, cet enfant n’a pas travaillé; 1 mais son père a travaillé pour lui, et s’il n’avait pas eu la perspective de lui léguer cette fortune, il 2 = > À n’aurait pas travaillé. Fr x Admetions qu’il y ait une âme de vérité dans cet É S à” ne. argument, — bien que l’on ait remarqué que sou- S s d* 5 vent cest chez les célibataires les plus endurcis lon dr le plus d’acharnement à extraire i raison pour que He es ré e pour vos héritiers testa- ni mentaires, mais il y aura aussi la ss P U travail, celle qui donne en au vieillard, le pain à Pension : à a pre ms écoles, et qui, surtout servi agrandir le domaine collectif pour rétablir l’union entre la propriété et le: travail, ( Amplis l IL va sans dire que je ne songe nullement à pré. tendre que la transformation du régime actuel, dans le sens du collectivisme, s’opérera nécessairement | À. par l’abolition ou la limitation de la propriété héréditaire. Je me borne à constater que l’expro- 4 É priation des capitalistes vivants, avec les ressources prélevées sur les capitalistes morts, permettrait . À d’opérer, pacifiquement et normalement, cette iné- È | Mais alors viennent les objections. Ces objections, D u 2 vous les connaissez; et si je veux yrépondre ce . IA 10 soir, c’est que, malgré des réfutations cent fois faites, nous les voyons toujours se reproduire, età s peu près dans les mêmes termes; quelquefois spi if rituellement, le plus souvent platement; platement, 4 D. par exemple, dans la brochure de M. Richter: h/ Après la victoire .du socialisme ; spirituellement, .: au contraire, dans ces Lettres de Malaisie, si char mantes, où Paul Adam nous décrit une sociétéics \E cela près que la liberté n’y existe plus que +. “ 1 1 égaré par aventure! : Re ina à la liberté, anéantissement de l’initia- LEE ! tive individuelle, invasion de nouveaux barbares, 4 H destruction de l’art, destruction de la beauté, des- F rl k truction de tout ce qui fait la splendeur de no$ civi 4 à lisations : voilà ce que l’on prédit si le collectivisme . nr jh vient à triompher un jour. Lo ! Pour répondre à ces objections, nousaurions tort ; 4 Î de rester exclusivement sur la défensive, de ne pas nu prendre l’offensive, de ne pas demander à nos adver- Le saires où est la liberté dans la société actuelle; où \ 4 4 sont les stimulants de l’initiative individuelle pour F4 un prolétariat courbé sous la domination capitaliste; . où se trouvent enfin les milieux favorables au culte ‘de la beauté dans la société bourgeoise ? E y La liberté[.…. Vous souvenez-vous d’une caricature, 53 Rex), fort spirituelle d’ailleurs, que le Figaro publia, voici 4 Fe ie quelques années, à l’occasion du Premier mai, et + FE dans laquelle on synthétisait les trois types sociaux FE e verrat, portant la a site : Félait mi énorme ‘ hi

d is ne gardé Par quelques cochons delà d’une forte barrière, des coch re gs regardant, d’un œil d’envie, le pen ie k | nie auge pleine de anne: Da cochons se vire vers e none auge, Les plus forts écra. sant et piétinant les plus faibles. Enfin, troisième - tableau : la société collectiviste : on voyait une longue file de cochons, tous d’égale grandeur, ayant tous la même petite queue, également tirebouchonh née, et qui, bien sages, chacun dans son compartik. ment, mangeaient, d’un air satisfait, dans des gaE melles d’égale grandeur! (Rires) ee # * Peut-être, en voyant cette caricature, s’estiltrouvé We WE des prolétaires, n’ayant pas mangé à leur faim ce Ÿ jour-là, pour se faire cette réflexion qu’à tout CA: | prendre s’il leur fallaitabsolument choisir entre cette Y FE dË “à monarchie absolue, où les pauvres n’ont guère Fe. Ÿ manger, ce régime du laissez-faire, où les plus gros prennent les meilleurs morceaux, et cet ennuyeux Il régime collectiviste, où du moins tout le monde mangerait à sa faim, — mieux vaudrait encore k j donner la préférence au régime collectiviste. Mais, je me hâte de le dire, ceux qui its Je socialisme autre chose qu’une question d’estomæ liste, il y aurait ou non plus de liberté 4 nn: ae curieuse, au surplus, ceux qui s’inquiètent Hs le plus de voir la liberté compromise D régime ii collectiviste, ce sont précisément ceux qui la rs à \F promettent le plus dans la société actuelle; tandis né qu’au contraire les socialistes, que l’on accuse de ° rêver une société d’esclaves, sont toujours les pre- a miers sur la brèche lorsqu’il s’agit de combattre ‘ni pour les libertés précaires inscrites dans nos h Quant à ce que valent ces libertés, en régime :. capitaliste, jugez-en par ce seul fait : les électeurs Mi arrivent; le peuple souverain va se prononcer; les ‘ électeurs se rendent au scrutin. Allez dans une ville industrielle; à quel spectacle assisterez-vous? En 2 F- +. verrez trop souvent de malheureux ouvriers, con- . duits par un contremaître, déposer dans l’urne un \ ja J : à Ÿ bulletin préparé par le patron. En Belgique, où le L’ONT Fe du vote est garanti, c’est à un autre spectacle qu’on assiste : les électeurs se présentent pour vo- Ë. ter; le président du bureau leur montre une espèce dl j; de grande armoire, le couloir électoral, l’isoloir 1h Le pour le secret du vote, et ce geste veut de: 1! ache-toi, mon ami, tu vas exercer ton droit de Mi hetoi dans ce couloir, perso

ares 6 Bi le patron, ni lebou mestre; cache-toi comme si ë ii ñ

crime… Tu es libre, une fois tous les quatre tu fais acte d’électeur, Mais n’estee pu à Prev évidente que le reste du temps cet homme doit se cacher pour user de son droit, mapas réme cette liberté élémentaire d’affirmer ses.con Il n’est guère besoin d’insister sur ce point, tant fi il est difficile de soutenir que la liberté existe, pour

le pauvre, en régime capitaliste. Mais, d’autre part,

existerait-elle en régime collectiviste ? On nous dit be. que non, parce que tout appartiendrait à l’État, [à

es C’est là un malentendu, que nous devons, avant ë * tout, dissiper, car il est tout à fait inexact de dire d WW que le socialisme a pour but d’agrandir le domaine

de l’État, tel qu’il est organisé aujourd’hui. L’Étt, Æ

&} “y É. ce n’est pas une personne morale; c’est une col- : 4 1 MMM OO lection, un agglomérat complexe de personnes +0 morales ; l’État, c’est à la fois le ministre de l’in- È LS | struction publique, grand-maître de l’Université, le à ministre de la guerre, chef de l’armée, le ministre de l’intérieur, chef de la police ; c’est un être Je

tif, qui remplit à la fois des fonctions pot à tives et des fonctions gouvernementales ; c’est, L

Ï part, l’État policier, l’État gendarme, V’État nr : 4. de nuit, et, de l’autre, c’est l’État maître ‘ ni

maître des postes et des télégraphes, et, tout au l’ moins dans certains pays, directeur des chemins de Or est-il possible d’assimiler ces différentes fonc- -4E

_… tions ? N’est-il pas de toute évidence qu’en réalité k ! d l’État — suivant l’expression saint-simonienne — À

représente deux choses qui devraient être absolu- 1]

ment distinctes : d’une part, le gouvernement des 14 4 hommes ; d’autre part, l’administration des choses? à Et c’est précisément la confusion existant entre ces ii j à deux domaines qui crée constamment dans nos es- L

prits des malentendus qu’il importe de faire dispa-

S’il s’agissait de donner à l’État gouvernement, 4 dans une monarchie absolue, par exemple, des pou- É’ à Due voirs plus étendus, par l’extension de son domaine L’ À x collectif, les socialistes seraient les adversaires les plus énergiques de cette extension; c’est ainsi qu’en & à Ÿ Allemagne, ils ont été les premiers à combattre le Le monopole des tabacs, le monopole de l’alcool, tout : h

ë ce qi pouvait donner des ressources à l’Empire, etlui permettre de fondre plus de canons ou de bâtir

k “ première condition done, pour que l’extension du domaine collectif soit désirable, c’est que l’on ait { : : core dans La plupart des i 1 pays, Mais à un État démocratique dans lequel l’a. l tion parlementaire et le contrôle législatif ne sont pas de vains mots, à un État dans lequel le suffrage Mais cela ne suffit Pas; encore importe-t-il que l’on fasse disparaître la confusion qui existe actuel. lement, Presque partout, entre les fonctions gouver- nementales et les fonctions administratives. Il ya quelques jours, dans ?Économiste Français, M. Le. roy-Beaulieu se plaignait de « l’anarchie postale », et en tirait argument contre le collectivisme, Mais la vérité, — il l’indique lui-même dans son article, ÿ “4 — c’est que le mal provient de ce que, pour dirige LC: É. les postes, on ne s’adresse pas à un homme compé- tent, à un technicien ayant fait ses preuves, mais Ÿ quelque homme politique, n’ayant d’autretitreque les services qu’il a pu rendre à son parti. Et il en ré 4 est de même aujourd’hui pour tous les services pu- l blics dirigés par l’État. d Prenez par exemple les chemins 1e fee Bel- gique. Pour diriger cette énorme nn pe É. ‘exploiter ce réseau qui couvre re Le à mn notre poÿr, il serait élémentaire feet homme du métier, à un homme qui a fait de sen trie des chemins de fer sa profession, à un ho à re Jons de cette car- FA: qui aurait passé par tous les échelo une petite ville de province un avocat, Ne moins disert et débrouillard ; on le bombarde mi- à nistre des chemins de fer. Et puis l’on s’étonne que h les services de l’État soient mal organisés : d’une HE à part, des fonctionnaires compétents, mais sans res- ti ponsabilité ; d’autre part, des ministres responsables, mais sans compétence. Et, pour peu que ces ministres veuillent cumuler leurs fonctions admi- (il nistratives et leur action gouvernementale, ils ne à bis tardent pas à subir le sort de notre ancien ministre des chemins de fer, M. Vandenpeereboom, qui s’est fait une réputation universelle par la manière dont il conduisit, l’an dernier, le char de l’État jusqu’à deux doigts de la culbute finale. LS à “ La deuxième conditior donc, pour que les services k 4 2 LS d de l’État soient convenablement exploités, c’est une

  • séparation de plus en plus complète entre les fonc- eee. tions PAbtques de ministre et les fonctions techni- ‘ Es “A de des postes, des télégraphes ou des ne er. C’est d’ailleurs ce qui existe, dès à lil Ne : . les pays les plus démocratiques et KE F ans les colonies anglaises de l’Aus- Un €, ou bien encore, pour prendre un exemple plus rapproché de nous, dans 1 : a

adon des chemins de fer de l’É : ” (| administration est complète fat, en Suisse, Cette s Peut être à la fois un as ue onne nistrateur de chemins de fer ï De et un admi. ur entre les fonctions Jégique ….. “mPatibiité 4. ns législatives et les foncti membre du conseil de l’exploitation d Re fer. C’est ainsi que l’on obtient une “e re |Î vail, indispensable pour exploiter Ra: ut fl les services de l’État, tandis Pre . 1 .. ee bourgeois, qui opposent aux Les {1 SN Fe de leurs propres services 1 ê il prés comme les Spartiates qui El. montraient des ilotes ivres aux jeunes gens pour à. les dégoûter de l’ivrognerie. ; 1.10

  • à En somme donc, pour apprécier la valeur de l’ob3e 4 jection relative aux atteintes possibles à la liberté, à il ne faut pas se placer dans l’hypothèse des services actuels de l’État, mais bien des services autonomes,
  1. J qui seraient dirigés par des fonctionnaires, à la fois Y / F3 compétents et responsables. Et alors, je le demande, en quoi la liberté peut-elle être atteinte par une ii extension du domaine collectif? S’agit-il de ul liberté du personnel, de la liberté des travailleurs ? hl Mais n’est-il pas évident que du jour oùtoutlke monde travaillerait dans les ateliers sociaux, les ‘| hommes libres, dont l’effort aurait créé pareille société, ne supporteraient pas que leur liberté su bit des limitations qui ne seraient pes impérieu- SeONÉ nécessitées par la nature même de leur tra- à le vail. Et quant à la grande masse des consommateurs, quant à ceux qui utiliseraient les seryisee publies, ti je demande vraiment en quoi leur liberté Mis < FE compromise si ces industries, au lieu d’être exploi- ee fl tées par des Compagnies, étaient exploitées par Li ! l’État? Lorsqu’il vous est arrivé de voyager sur le jh réseau de l’État, vous êtes-vous sentis moins libres ‘1 cipalité de Paris, demain, se décidait à socialiser le service de l’éclairage, votre liberté serait-elle com- Li promise, parce qu’au lieu de tourner le robinet du gaz ou le bouton électrique d’une société privée, HE. vous tourneriez le robinet du gaz ou le bouton électrique d’un service municipal ? Bref, ilestévident qu’autre chose est uneextension des pouvoirs de l’État, ayant pour but d’étendre ses PF se à u fonctions de police, ses fonctions autoritaires, et F + $ pen une extension du domaine collectif, n’ayant d’autre 4 tu me que d’accroître ses attributions administra- SR Plaçons-nous mai ; k. les stimulants tn point de vue : - rons encore les deux régi individuelle, et compa- jl gard le travail de l’ouvrier, Li

Eh bien dit 8 direction. i ban te 0 0 faite du Système l Souvent à l’épuisement tas Jui conduittop vailleurs, dites-moi F stl tiative individuelle <e cacouragementà l’in. A] Te existent pour les travailleurs dans la a Dès l’instant où ils en font tout juste assez pour ne pas être renvoyés ou mis à l’amende, quelintérét : À L’ peuvent-ils avoir à travailler plus? Et, pour juger 1. ù. le résultat du système, je ne vous demande pas 4 D d’aller dans une fabrique, de visiter un atelier de Li AR © la grande industrie. Songez seulement à ce qu’il a 7e D} advient lorsque, chez vous, dans votre propredomi. cile, vous avez besoin d’un ouvrier : d’un tapissier, 4 É .% M d’un peintre par exemple. Voyez avec quelle mor Le bidesse, avec quelle molle nonchalance, poussant Ne lentement son pinceau, et chantant le plustranqui: d lement du monde sa romance, cet ouvrier vous sf prouve qu’il n’a pas la moindre envie de se faire « crever » pour son patron. Su Et si, après avoir jugé de l’énergie au travail go. existe dans la société capitaliste, vous voulez te ‘Où faire une idée de l’initiative qui se développerait a] dans la société collectiviste, allez dans une de ces grandes sociétés coopératives, que l’on De tra dl dérer comme l’embryon d’une société meilleure — mi Bruxelles, ou au Vooruit de Gand, par exemple — + 4 Î vousy verrez des ouvriers qui travaillentsans garde- =. cs il chiourme, sans contremaître qui les surveille, Sans ss patron qui les exploite. ” Lire Mais ces ouvriers travaillent pour l’œuvre come : » 44 È mune: ils sont largement payés ; ils n’ont que huit ei V \ t heures par jour à besogner; et ils besognent de “R : 1 É tout cœur ; et s’ils chantent par moments, ce n’est = ; À à à plus la molle chanson, ce n’est plusla fade romance * 4 du peintreen bâtiments, c’est la chanson révolu- É tionnaire, c’est l’hymne de joie et de délivrance des hommes libres qui, ayant déjà réalisé un fragment de la révolution sociale, se livrent tout entiers à la : ‘4 pensée, à la préoccupation dominante, dela réaliser is E æ également pour les autres travailleurs, pour la k pe grande masse du prolétariat. (Applaudissements) À cs ? Voilà pour le travail d’exécution, voilà pour l’ou- IR e stimulant à l’initiative privée, ve pou le chef d’entreprise, le dirécteur d’industrie, Len seu qui joue un rôle prépondérant dans l’exploita- h. “an , ici te Comparons les deux ré- # Aujourd’hui, dans one. 7 CPitaliste telle, que Jour socio “son s’impose, peut-bn encore parler de l’initia. tive individuelle des propriétaires ? Qui donc tra. ? vaille dans de Pareilles industries ? Sont-ce les ‘ actionnaires, ou bien des directeurs salariés ? Dans l . un charbonnage, sont-ce les Propriétaires du char. bonnage, ou bien les ouvriers, les ingénieurs, les directeurs-gérants ? Les uns gagnent 1,000 francs être ; mais tous sont salariés. Et alors, je demande en quoi ces directeurs de charbonnages, ces chefs [ de grandes industries, travailleraient avec moins d’énergie, lorsqu’ils seraient fonctionnaires d’une d’une société anonyme ? ! vous me direz qu’ils peuvent étre intéressés aux à bénéfices, que leur traitement peut dépendre des Fe !.. résultats qu’ils obtiennent ; mais si ce nee 2 : é: cette prime, ce correctif, RE nécessaires au Dre 2 régime collectiviste, s’il était indispensable de es ner des avantages matériels supérieurs à ce hommes pour augmenter leur ardeur ée travail, je vous demande quelle difficulté il y aurait aaroonier “ les mêmes avantages à ceux qui dirigeraient les jourd’hui les entreprises privées ° int d ‘FR

vue, les deux régimes 5 équivalent, il y à RUES k rence essentielle, une différence fondamen ee < 18 Li le régime capitaliste et le régime socialiste : € es que nous pourrions, nous, mettre en œuvre toute : ci l une série de facteurs moraux qui n’agissent pas, Où n’agissent guère, aujourd’hui, et qui viendraient 4 il ajouter leur puissance à tous les motifs d’action qui

En effet, peut-on dire que l’homme travaille seule- 144 Ù ment pour gagner de l’argent ? Peut-on dire que . l’intérêt pécuniaire est le seul moteur ? Pour vous 5444 1 répondre, je vous ramène dans nos coopératives, et a je puis vous montrer là des hommes qui, en Bel- 4% d’autres encore, plus obscurs et non moins méri- tants, et qui, pour un salaire d’ouvrier, sans être re plus payés que leurs camarades, ont amené les en- EE ss qu’ils dirigent au degré de splendeur 508 À qu’elles atteignent aujourd’hui. — Mais, me direz- Le se , ce sont là des exceptions; vous n’avez pas le n

roit de généraliser, vous n’avez pas le droi he et d’espérer le même désintéressement de “4 draient ” s d’industrie, de tous ceux qui pren- ne n des entreprises collectivistes. Eh bien, pr k l’exemple des en ne hommes qui a arti ou is : de ss de ae à une classe dont je puis Supposez que demain ces hommes Soient appelés sous les drapeaux ; ou, plutôt, prenez l’exemple que nous avons sous les yeux, en Angleterre, On dit à ( des centaines d’officiers et de généraux : Partez pour l’Afrique du Sud : il s’agit de l’Angleterre, de ? la plus grande Angleterre, du drapeau de la Patrie faites-vous tuer pour ce drapeau… Et ils n’hésitent pas ; ils font le sacrifice de leur vie, ils se font tuer. Et l’on viendra dire que le sacrifice qu’on obtient Le de ces hommes, pour des œuvres de mort, on ne N.—- 4 pourrait pas l’obtenir pour des œuvres de vie ?.… PL Comment, les sociétés actuelles, avec leur moralité ù è inférieure, obtiennent que des milliers et des ue re liers d’hommes donnent leur vie, lorsqu’il s’agit i MT 7 calomnie à ce point notre pauvre humanité qu’on soutient que, dans une société collectiviste, on à Ne à trouverait pas d’hommes qui donneraient leur pour fournir du pain à ceux qui en ont besoin? ee ce objections de ceux qui sou

Mennent que l’initiative individuelle serait ne à 1} sée, que la liberté serait compromise, He P « ï LrÉ cisément des partisans d’une société qui compromet nn |: i à chaque instant la liberté et dont toutes les instl- LE Ë tutions paralysent l’initiative individuelle. : 4: Reste la dernière objection que je veuille exami- Fa F À b ner avec vous. È L Je me souviens qu’ily a d’assez longues années ‘EN déjà, un de mes professeurs d’Université, un magis- k trat qui tenait sans doute à me montrer qu’on peut ! 4 À il être un juriste excellent et un économiste médiocre, . M3 me disait un jour : Billevesées que voire collecti- Mn visme : liberté, initiative ; et qui donc mangera les j4 il perdreaux, qui donc boira le champagne, dans la -| 4 .Je me hâtai de le rassurer en lui faisant remar- quer que l’établissement du régime collectiviste n’implique pas le nivellement absolu et le cirage de bottes obligatoire. Seulement je lui concédai : ” > j sans aucune hésitation que, dans une société où : ne? régnerait l’appropriation collectiviste, on verrait le CES Se j une corrélation di ne Phénomènes, les périodes de luxe ki Privé sont Précisément « “ à Me elles où le luxe collectif MINIMUM ; et, à cet égard, il n’est rien de me “ tenants du ré ss “ * “renge que de voir les :. d à Quelles sont donc vos œuvres? et qu’avez-vous à donc produit en ce siècle ? Quelles sont les fleurs dé poésie que le socialisme viendrait flétrir ? Quelles sont les œuvres de beauté que le régime bourgeois : Û É a fait naître ? Peut-être les « Chants du Soldat » de à l M. Déroulède? (Rires et applaudissements ironi- À ques), les peintures de M. Cabanel, ou bien les poé : he. sies de M. François Coppée ? (Rires ethuëes) ss “4 3 Et ne voyez-vous pas que, dans la société actuelle, : Vn 4 tous ceux qui ont fait œuvre d’art étaient des catho- Al Ni à liques qui se tournaient vers le passé, des révoltés $ j qui s’insurgeaient contre le présent, ou des socia- : à listes plus ou moins conscients qui regardaient vers l’avenir? Etne sentez-vous pas que le socialisme, 1h Fe qui n’est pas seulement une doctrine économique, 1 mais encore et surtout une grande religion, pro- à duira la même efilorescence de beauté que les au- À tres grandes religions quiont Les sea exercé Ai le gouvernement moral du monde ?… Au siècle de Périclès, les maisons étaient petites, À

la vie était simple; mais les œuvres d’art 88 profi- a É b jaient radieuses SOUS Je ciel de la Grèce: Au Moyen- HA FE Age, les cathédrales gothiques célébraient la splen- . Î s deur du christianisme. Eh bien, n’avons-NOus pas’ h il n’avez-vous pas la conviction ardente que le socia- ï lisme saura faire naître les mêmes choses, que lui aussi, dans l’avenir, aura ses temples et ses églises ? ni: Mais, tandis que les temples antiques étaient k fermés à la grande masse du peuple, tandis que les b cathédrales gothiques réservent leur chœur aux Li: ceuls ministres de Dieu sur la terre, n0$ maisons du peuple, nos cathédrales de l’avenir seront ’ HR € f grandes ouvertes à tout le monde, à tous nos frères Le Renan a dit quelque part qu’au début du Chris- À tianisme les églises étaient tout à la fois des hôtel- leries, des asiles, des lieux de réunion, où les pau- j vres se réunissaient pour avoir chaud ensemble. 2 y N’est-ce pas la définition même des Maisons du l a nf Peuple qui s’élèvent de tous côtés, en pays socia- F4 % 2 listes, et ne sont-ce pas, déjà, les premières églises Er ee devons-nous avoir la préoccupation de les C0 faire de plus en plus nombreuses ; et quand je dis que nous devons bâtir des églises, je sous-entends f que nous ne devons pas construire des chapell (Vifs applaudissements) St ne

dégénérer en sectes rivales, d’autant plus he Et je voudrais vous dire, au nom du Parti ouvri belge, combien NOUS avons été heureux de voir, au dernier Congrès socialiste, triompher cette idée } 0 que le socialisme en France doit être avant tout la q Fédération des départements, l’organisme harmo- Ë nieux des délégués de tous les Pays de France, con- L servant leur autonomie régionale. Je sais combien il est délicat Pour un étranger, alors même qu’il se réclame de l’internationalisme socialiste, de dire son sentiment sur ces questions À brûlantes ; mais je me souviens qu’à la fin du siècle à ) dernier, lorsque dans la France révolutionnaire il ] a L y avait des Maratistes, des Dantonistes, des Robes- L

  • He pierristes, des Hébertistes, il se trouva un homme, È | un étranger, un Allemand, mais un Allemand qui s’était assimilé le cœur de la France, pour prononai cer cette mémorable et toujours actuelle parole : « France, guéris-toi des individus ! » (Vifs applaudissements et acclamations) k - J’ose donc espérer, à la faveur de FE ts de exemple, que l’on ne m’en voudra pas d’avoir dit,

en toute sincérité, et avec la conviction de remplir % un devoir, que le sentiment de tous les prolétaires F1 belges, c’est que l’unité socialiste doit prévaloir dans tous les pays, afin que l’unité interaationale ; h soit la résultante de toutes les unités nationales. ; 4 À

Tout nous permet d’espérer, d’ailleurs, que cette h unité socialiste sera bientôt accomplie; et quand d : É on regarde en arrière, quand on voit les progrès E & À qui ont été réalisés depuis un quart de siècle, on se ; k il sent le cœur envahi d’une joie profonde. Il y a ‘4 Il trente ans, c’étaient quelques milliers de prolétaires 45: qui, seuls, défendaient le drapeau rouge sur les bar- à ricades de Paris ; aujourd’hui, c’est le meilleur de la France qui se groupe autour de ce même dra- “4

Et je songe, en voyant ce spectacle, à l’un des plus beaux poèmes de la Légende des Siècles : le Fe Satyre, méprisé de tous, accusé de tous les méfaits, ; ‘1 2,5 qu’Hercule prend par l’oreille, pour le conduire VE & &, ? seen Jupiter et, quand il apparaît au seuil de “a d TORRS, hérissé, noir, hideux, et cependant * uen l’éclat de rire des Dieux güle jusqu’aux étoiles. On lui dit de chanter, afin de rire plus de encore, Mercure lui prête sa flûte, et il Fi il il chante les misères de l’homme et les cri e, 1 D: dieux… Phœbus lui dit: Veux-tu se x qe lyre et il grandit, il devient grand se il devient grand comme Je monde, il se dres i sois ‘resse devant les Dieux épouvantés et il crie : Ë 1 Place à Tout! Je suis Pan; Jupiter! à genoux, Eh bien, le socialisme n’est-il pas comme le Satyre de la Légende ? Au début, c’est le peuple sombre, qui sort des ruelles fangeuses, et qu’on traîne comme un prisonnier, dans le Palais des Dieux ; mais il ge à dresse, lui aussi, il chante sa chanson; il s’empare de la lyre; il chante non seulement la misère et la souffrance humaines, mais aussi la beauté d’un ave: nir meilleur: il grandit ; il se dresse, et à son tour il dit aux Dieux )Z se 4 Place à Tout ! Je suis Pan ; Jupiter ! à genoux. x, | (Vifs applaudissements et acclamations. Cris de:

putes les Jois que NS deux correspondant leurs “ Es ntorisent nous les mettons en } à, c’est-à-dire que nous 4 DORE Ÿ communicatior adresse a La personne — qui reçoil [ E ‘ des deux le nom et l’adresse de 1@ J rech l’abonnement paré, — qu pare l abonnement régi. Nous prions ceux de nos correspondants qui ne : A4 envoient des noms et adresses de vouloir bien l; As < AE eux-mêmes les personnes à qui, Sur leur indica ve - L nous envoyons les cahiers. Rien ne vaut la propagande +: 4; Nous prions ceux de nos correspondants qui envoient des documents et des renseignements de vouloir D + bien écrire très lisiblement et d’un seul côté de la page. Quand leurs études sont d’ensemble et un peu longues, ! ils peuvent les rédiger. Mais toutes les fois qu’ils nous envoient des renseignements pour ainsi dire instantanés, NE 2: mieux vaut nous écrire privément et laisser au citoyen rédacteur: le soin d’exercer son métier. Pour pouvoir envoyer à nos futurs abonnés des collec- Et! tions complètes, nous avons renoncé rigoureusement nr!

Administration el rédaction le lundi et le jeudi. L’ de ? heures à 5 leures. Adresser toute la corres- à pondance à M. Charles Péguy. 19.rme des L’ossés- Lu Roux publions vraiment notre état de situation : nous avons tiré le neuvième cahier à 800 exemplaires

exemplaires d’abonnements s cratuuts es

nous l’avons envoyé à 245 abonnés ferme “A

Nous a, ? ie vices, dont 6 aux imprimeur. Mes « ù ceux de nos ie eo: es £ Se nos retards successifs de Vaio a rt eme Lui abonnés fermes sans quelques écri acquiert pas sont en un sens une che écritures. Ces cahiers culières que j’ai envoyées de on, et les 300 lettres parti- cahiers aussi bien que la le semaines sont des Nous prions tous ceux de nnée aux imprimeurs. s aire sans aucui ret se ferme de vouloir établissions ucui retard. Il à . sans retard are. IL importe que nous _ 11 nous avons encarté dans où listes définiti ns : Î carté dan es définitives. À cet e Jormules toutes prêtes. hier une enveloppe tas nn abonné l’engageait moralement à pas en “issement Qu ÿ Mais lui laissait toute latitude Pour l’ip nement, Le Daiement, — Plusieurs de 208 abonnés nous re ce. j! de faire toucher à leur dornicile à Paris le Montant de leur abonnement, Nous ‘les prions de vouloir ra Contraire nous envoyer un Mandat, le recu FRE Fi: domicile, Ts il soit fait Par un employé Spécial, par ve mi circulaire ou par 1 administration des Postes, reve. nant beaucoup plus cher en temps ou en argent.” “4 Nous Publions le 20 de chaque mois l’état denotre » à siluation Jinancière à la Jin du mois Précédent: no Au 31 mars les souscriptions mensuelles régulières, à les souscriptions extraordinaires, la Souscription rés Û trospective, les abonnements Jermes : et les abons, nements gratuits Dayés d’ailleurs nous avaient 0. A la même date les Jrais gcnéraus, à ‘10 le premier établissement et ‘établisse- a ‘ee ment des six Premiers cahiers nous avaient coûté… … FEU 4:292 fr Nous avions donc au 31 mars un Du 1 au 30 avril, les souscriptions et les: abanne. “4 ments nous ont donné… .. _.. 609 fr e: Les frais généraux et l’établissement. ei des septième et huitième cahi 931 fr.Go LE Nous avons donc eu en avril un 322 fr. fo LT 0 Au 30 avril les ‘souscriptions et les 5.806 fre 65 40 « f ki nous avaient donc donné. . A D. . MU 4 14 même date les frais Endle ment des huit premiers cahie . F3 54 Nous avions donc à cette dat à 6or fr. 05. ‘5 f ; Le bon à tirer après correction de V ons donné le bo I juin; les Nous avons intérieur, le lundi fe tvid ahier, pour l’intérieur, ! à tirer de-la ë dixième ca , ‘mes donné le bon à tir ‘ 3e imprimeurs ont eux-mêmes (aise VAUNEIUrS; de Mara sans doute la semaine i Le onzième cahier passera . ed