I-11 · Onzième cahier de la premier série · 1900-06-05

Réponse brève à Jaurès

Charles Péguy

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Quand je retournal chez Pierre Bodo 8 il triste. Il avait en mains, comme tout le monde, le ss. vement Socialiste, — numéros 33 et 34 du premier et du mai. Il avait et venait de relire attentivement le compte rendu sténographique de la conférence donnée par Jaurès à la Porte-Saint-Martin sur l’art et le socia- lisme. Sérieusement il marchait sous le vieux poirier — J’ai connu par les journaux, me dit-il, que ce! compte rendu paraissait aussi dans la Reoue Socialiste, DU numéro 185 du 15 mai 1900. Je ne suis pas heureux qu’un même compte rendu paraisse en deux publica- tions — surtout socialistes — simultanément. Sans doute je connais à cet arrangement cordial mutuellement conclu que les deux grandes revues socialistes vivent en bonne intelligence, et mieux vaut la Bonne intelligence que la concurrence bourgeoise. Mais mieux à vaut cRLORS la bonne économie du travail, par laquelle: 3, Été a Me Je double emploi. Il est d’une mauvaise éco- “at « amies, que les communs 1 DRE lbs 2-68 deux fois —. 1 Paénrs l’ajent que le ins: Lo, Te communs imprimeurs l’aient composé deux. k*! fois, la premièr ,. Premiére en Didot, la deuxième en Elzévir et Ne Pour que cela finisse et pour onzième cahier de la la première série que vos cahiers à présent texte. “oment pas ce mème — Ils s’en garderont bien. — Je sais que vous ne donnez rien qui soit dans les deux revues dont vous êtes le complément. est dési1. rable que ces deux revues se considèrent ainsi mutuelgs lement comme étant complémentaires la deuxième de Soient mutuellement comme les cahiers sont avec elles. Non seulement elles peuvent exister, mais elles doivent à prospérer toutes les deux. Elles ont leurs formats, leurs . Qu’elles se donnent sincèrement leurs fonctions perNi sonnelles. Qu”elles s’adressent franchement à la mêm Le clientèle, aux mêmes lecteurs, Qu’elles accueillent — utilement — les mêmes auteurs écrivant à des densités 3 1 différentes. Si j’étais le directeur de Revue Socialiste et le directeur du Mouvement Socialiste, au lieu de m’entendre amicalement, mais accidentellement, pour LL. publier en même temps le même texte, je nue He, organiquement pour publier ensemble des articles coml plémentaires. ù — Je n’ai pas toujours pensé ainsi, mais je pense présent que vous avez raison. l’unité factice, artificielle, extérieure, ais de la vivante unité intérieure, l’unité ouvrière de bons ouvriers préparant. et faisant de bon a aan sil Sinon j’ai peur que la conférence de Jaurès ne paraisse inon: le lecteur d’acheter la mise dans La Revue pour dispenser le fait de la peine sténographie du Mouvemeni. Cela J’ai peur que quelqu’un de jaux que peut les avantages commerck ni! aller à considérer le tion d’une conférence donner on dpi à de cela. Gardons-nous oncée par Jaurès. Gardons-n0t! la rigueur j’admets, provisoirement et par con dance, qu’un journal, écrasé de charges financières, emporté par les mœurs quotidiennes, soigne sa vente ‘en proposant à sa clientèle bourgeoise des noms popu- laires. Je consens qu’on organise des conférences reten- tissantes et qu’on mette un nom populaire au programme:: c’est satisfaire loyalement et modestement aux exi- gences de l’action journalière. Mais heureusement les … révues sont encore les revues, — et les cahiers sont À il encore les cahiers. Les revues ont leurs mœurs, et heu- ce reusement les mœurs des revues’ne sont pas les mœurs à - quotidiennes. Soyons conservateurs quand il convient. Conservons soigneusement les mœurs des revues. Ce qui était l’article intense d’action quotidienne ou le dis- cours vibrant d’émotion publique devient dans la revue et, un peu moins, dansle cahier, une simple contribution se à une étude. J’attends le jour où à la première page de

  • la Revue Socialiste il y aura: Lire dans le Mouvement Socialiste la contribution rapide et attachée que nos amis fournissent aux études que nous Poursuivons, et à a où dans le Mouvement Socialiste il y aura, en première ne de page: Lire dans Revue Socialiste l’abondante contri- De. ution que nos amis fournissent aux études qui nous sont Alors je serai moins malheureux. J’ai peur dit peur qu’on ne se soit dit: Du Jaurès! Excellent pour la vente au numé Parfai à Parfait pour l’abonné. Gardons-nous Li: le ces mœurs. Si Si l’abonné ferme, éventuel ou gratuit n’.

e’aux noms à ne nous importe, alors. de ris Patronale, que ne. TRUE enance des calculs Commerciaux, qui sont: 9Bques, en un sens, aux considérations se est plus pénible encore Ouvrières Si SPORE ENT por ans l’espèce. Croyer bien que » si j’avais assisté à la représentation j’aurais De - ‘ques, dramatiques, Pragmatiques où le citoyen ne graphe a recueilli les applandissements: muis jee. applaudi beaucoup plus souvent, car je me connais À à bien, et j’aurais plusieurs fois applaudi en moi-même jusqu’à en pleurer, car cet orateur, cet homme estime. sistible. Mais il ne s’agit plus de cela. Je suis chez moi. A . Je reçois le Mouvement Socialiste. Je suis un abonné de difficile, non Patronalement, mais laborieusement Jen. sévérité autoritaire du patron pour son employé, mais à la libre et la mutuelle exigence de l’ouvrier pour son camarade et son compagnon l’ouvrier. Je suis chezmoi, Première partie. J’attends une quinzaine. Et deuxième se partie. Jelis attentivement. J’ai relu. Elle m’a laissé une Cest un discours d’apparat, prononcé dans une céré monie d’apparat. Vous savez combien ces luxueuses 0 représentations, — moralement luxueuses, — me sont 4 peu intéressantes, représentations, auditions et spec- tacles où des bourgeois viennent se donner le plaisir nouveau d’une socialiste éloquence. Mais passons pour si aujourd’hui. Tout ce que je retiens, c’est que le a est malheureusement fait pour l’assistance, et que

spect du discours est conforme à: ma involontairement le discours s’ordonne sur l’O ‘ie du théâtre, et comme ces représentations sont le commencement de nos séances académiques, discours devient un commencement de discours acadé ‘mime. un la fois un commencement et une survivance: En. DC) Le lisant ce discours, je voyais remonter les exercées d’école auxquels nous avons si péniblement échappé: excellente leçon d’agrégation, et de bons éléments pour SEINE la thèse française d’un doctorat lettres à sujet pam- à philosophique. Ce classement symétrique et facile des. à » hommes et des événements, ce raide classement des . hommes lâches et des événements mous, des hommes _instables et des événements mystérieux, ce classement ni clair et faux des simples idées me rappelle un peu les “. “articulations de monsieur Brunetière. Enfin il y a des passages, mon ami, où j’ai peur Jaurès ne se soit ni. laissé aller à faire du Jaurès. Écoutez bien ceci:. j. J’ai quelquefois, dans nos chemins de campagne, de pauvres vieilles paysannes qui revenaient dela forêt; elles rapportaient non pas sur leurs épaules, mais sur leur dos, toute une charge de verts rameaux… (Braits divers, la voix d’un Protestataire est couverte des Me Je suppose que ce protestatai à les” valut pour il protestait pas pour La: nuons.. Je vais protester. Conti- Et le vent qui passai éveillait, tout autour de la sun feuillage Paysanne, comme un sue de la première série a ce Koréts mais elle n’entendai point Pas automatique, sans Comprendr! cette chanson de rêve que murmurait à a qu’elle avait emporté… Eh bien, le prolé- taire paysan marche ainsi, enveloppé du souffle de la nature, mais il ne l’entend pas. Vous avez bien écouté: il y a dedans au moins deux représentations qui sont d’un grand poète, c’est-à- dire qui sont vues: les vieilles paysannes portent la charge non pas sur leurs épaules, comme les hommes, elles portent le bois sur leur dos; — et le peu de forêt qu’elle avait emporté. Tout le tableau, toute l’histoire est d’un grand poète spontané: mais dans la poussée de la narration, dans l’imposition du tableau je ne sais à quels arrangements douteux interviennent. Je saisis sur a le fait ces arrangements à des expressions comme celles-ci: chanson de réve, et surtout verts rameaux. Mais non. Elle ne porte pas des verts rameaux, cette femme: elle porte du bois vert, des branches vertes,et, au pis aller des rameaux verts, Tout compte fait cette s. paysanne représente admirablement ce qu’elle doit représenter. Mais que dirons-nous de cettecomparaison à Je ne prétends pas, notez-le bien, que la fécondité: créatrice de ce que j’appelle la démocratie bourgeoise, 2 de celle qui est sortie de la philosophie du dix-huitième cette fécondité créatrice soit totalement ne nouveaux chefs-d’œuvre peuvent surgir avant que si socialiste soit précisément ouverte. du qu’à la fin des journées d’été, alors que

couchant s’illuminent et tout à coup s’éteignent, que cette illumination suprême du sole est toit Le ne soudain une autre cime de nuages s’allume, 8 LE ailleurs; l’horizon a été tellement gorgé de lumière, dans on! ces longues journées d’été, qu’il ne parvient pas, por ainsi dire, à l’exhaler, et que le soleil, même par ni) prolonge et envoie de loin des adieux splendides à nil Yhorizon qu’il vient à peine de quitter. Il se peut que la révolution bourgeoise continue à illuminer encore les œuvres des hommes, même à l’heure où l’aurore d’une Je ne prétends pas non plus résumer dans la brève ne: sécheresse d’une formule l’œuvre de création et de À beauté accomplie depuis cent vingt ans, sous l’inspira- tion de la pensée révolutionnaire bourgeoise; je reprends Dur) mon image de tout à l’heure, et je dis que, de même que dans une journée d’été chaque minute a sa nuance, sa coloration propre, de même, dans cette longue et De éclatante période de création et d’art, chaque minute a eue Aenee) et je ne prétends pas confondre toutes ces diversités et les éteindre dans une formule abstraite. Pourtant, nous pouvons dès aujourd’hui résumer et traits l’œuvre d’art de la période Le ai s’est ouverte, il y a environ cent cinquante: en C’est un beau sus Re. pas indiscutable, Gardoné-nous lumière, ne soit de la Première série amis les savants désavoueraient. C’est. ainsi que j’entends une alli ance honorable de l’art litté. et de à Science. Mais laissons l’expression et reli. Sons la conférence Pour les idées L’est bien entendu que Je passe les nombreux IOr- ceaux où nous sommes entièrement d’accord avec Jaurès. Nous Commenterons le reste: “4 Des jeunes gens, littérateurs, artistes, m’ont demandé de vous dire ce soir ce Œue, pour nous, dans notre ConF: ception socialiste, représentait l’idée de Part; Je m’arrête aussitôt, et je proteste contre ces jeunes gens, et contre celui qui les a bien accueillis. Ces mots: ce que, pour nous, dans notre conception socialiste, représente l’idée de l’art, n’ont pour moi aucun sens. ! Ou bien s’ils avaient un sens ils donneraient à penser que nous avons, comme socialistes, une représentation particulière de l’art. Au lieu que nous avons une idée de l’art uniquement parce ique nous sommes des hommes, Be. — et d’ailleurs nous préparons la révolution sociale afin 4: que l’art apparaisse — libre — à la connaissance des hommes. Il y aurait danger à laisser croire que 7 avons une conception socialiste de l’art. Non es nous risquerions la faillite, mais nous ma faillite. Nous nous donnerions une réputation ù tion 7: leuse. Car nous n’avons pas en caisse une à 4 À socialiste de l’art. Nous en avons une coneep a ine, — ou plusieurs conceptions humaines, humaine,; aucune conception du tout: moins que nous n’en ayons; ous avons cela dépend des espèces. La conception que itudes

ises. Comme socialistes nous travaillons? en affranchir. Pareillement nous éviterons nos forces à l’en aïiranc des servitudes soigneusement qu’elle ne retombe eme ré- tendues socialistes. La révolution sociale, au sens où ni! nous l’entendons, nous donnera la libération de la con- ception que nous avons de l’art.: Plus encore il y aurait danger à laisser croire qu’il peut y avoir un art socialiste. Il ne peut pas plus y avoir! un art socialiste qu’il ne peut y avoir une histoire socialiste. Soyons socialistes, et, si nous sommes historiens, faisons de l’histoire. Soyons socialistes, et, si nous: il sommes artistes, faisons des œuvres d’art. Ne soyons:..H il pas historiens socialistes. Ne soyons pas artistes socia- listes. Ou plutôt ces derniers mots et ces avant-derniers n’ont aucun sens. La création d’art contemporaine se heurte aux servitudes bourgeoises. Comme socialistes, nous travaillons de toutes nos forces à l’affranchir de toutes les servitudes. La révolution sociale nous donnera la libération de l’art. Elle nous donnera un art libre, mais non pas un art socialiste, Du art CE nous nOMMONS ainsi la représentation en art anité ne sera pas socialiste ainsi qu’elle fut chré- üenne et païenne, au sens où elle fut l’humanité anti Le et l’humanité moderne. Elle sera libre. libre de nous. Lib sas mo” surtout, nie par nos efforts, mais libre histoire, libre de nos histoires,: stoires, libre de nos contes, lib de l’histoire de nos efforts, C’est lisme a dans l’histoire du mond cela que le sociae cette importance pre-

à mière. C’est pour cela ira que nous Se ne reécommençons pas, sommes 05 Dour cela que nous [8 uveaux. Pour la première fois depui mencement de l’histoi PAL come oire du monde, et à ne considérer que les vastes mouvements, nous ne’sommes pas de hommes qui préparons des hommes pour qu’ils as faits comme ous, mais nous sommes des hommes qui 4; tout, libres de nous. En particulier vous préparons l’humanité pour que les artistes y soient libres, non pour qu’il y ait plus tard des artiste qui soient faits comme nous. joyeusement à leur appel, et je commence un dialogue avec eux, car j’espère bien que sinon aujourd’hui, un peu plus tard du moins, ils me répondront: ils sont tentés d’aller vers la vie militante, d’y chercher un À à à principe nouveau, une force nouvelle de beauté, à Singuliers militants, mon ami, que ceux qui seraient Ter 4 tentés d’aller chercher dans La vie militante un principe Cr: nouveau, une force nouvelle de beauté. Singuliers mili- tants, et dont je m’inquiète un peu. Braves gens sans doute, et hommes de bonne volonté, mais tout de même . #4 un peu apparentés à eeux que nous nommons Îes snobs eLà ceux que nous nommons les cabotins. ceux qui vont chercher dans la vie militante ce qu’elle n’est pas faite pour donner, pour nous donner. Malhen- reux ceux qui n’y cherchent pas uniment la réalisation du modeste idéal. Malheureux d’abord parce que Sans

doute ils sont immoraux- Malheureux ne parce que sans doute ils seront déçus. Continuons: A Ils ont vu, dans un drame récent qui a boule- à versé la conscience humaine, que le conflit des forces sociales, le conflit de l’iniquité et du droit, du mensonge et de la vérité suscitait dans les âmes des émotions Si pleines, si fortes, si véhémentes, que toutes PES à côté paraissaient médiocres et futiles, — et est à la vie renouvelée qu’ils veulent demander un renouvellement de l’art et de la beauté elle-même. Ce premier HE! mouvement des consciences éveillait de telles et si nobles émotions, qu’ils ont pressenti que, d’un renou-: vellement complet, d’une transformation complète de la à société, dans le sens de la justice, des formes nouvelles “EH d’art pouvaient surgir. « 3 il

Malheureux parce que sans doute ils sont immoraux.; Singuliers dreyfusards, et dont je m’inquiète beau- à coup, mon ami, singulier dreyfusard que celui qui aurait - seulement le soupçon que ce drame épouvantable pouvait donner matière à de la littérature. Moi aussi je as dreyfusard, et vous n’ignorez pas que je suis un des Le » que fut l’action dreyfusisti se Renpeles-vons me. à e. Pourquoi Jaurès lui-même LA rable?Par reuves un monument incompa- ! qu’il n’est pas un mot de ces Preuves qui Var. ne tende uniment à la démonstration de la véri — la réalisation de la justi vérité, à. les Preuves sont un mo: RON cunstatons que “4 dons-nous: elles ne pis. perle: pan aucun ensemble, mais à Riel ne d’ensemble gards elles sont com- _iN

a de la Première sénio arables à la beauté éométri! elles sont. égards Partout elles nous présentent la brie la beauté de l’histoire, D’ensemble ï ete incomparables. Mais je le demande one nous donné aie Preuves cet assentiment sincère, Impression que l’auteur ne pensait pes un seul instant à demander au conflit des forces sociales, au conflit du droit et de l’iniquité, du mensonge et de la vérité, des émotions pleines ou fortes, ou véhé. mentes, — pour tout dire, qu’il ne cherchait pas dans la réalité de l’action la matière du chef-d’œuvre qu’il a donné, Que l’auteur eût ces émotions à une intensité inouie et les communiquêt au lecteur, cela est incontestable, mais n’est pas la question. Je prétends que c’est justement parce que pas un mot du texte ne démonstration de la vérité que tout en nous, la raison eflicace et la passion nourricière, accompagnait l’opé-.. À ration. même était, en un sens, la vertu de l’opéra. tion. La fat la cause et la condition de sonincomparable TA réussite. Non qu’il n’y ait dans les Preuves, une fois A rassemblées en un volume, plusieurs hésitations d’écri- ture et plusieurs métaphores incertaines. Seulement :“}. l’incertitude et l’hésitation vegaient de l’action même, rapide, chaude et lourde, elles ne venaient pee en d’un arrangement. Ainsi les gaucheries des pie es F. Lettres de Zola. Et je le demande à Jaurès est-il pas instant l’imagination de demander à la vie et à lac!

vivante. quelque résultat qui ne por “ation d’un modeste idéal de justice. quelle bonté, par quelle charité toujours vraiment: dE tienne accorder à ces jeunes gens Ce qu’il se See: à luimême, ce qu’il ne s’est jamais accordé. Gardon: nous du snob et du faux artiste. Gardons-nous faux homme d’action. Séparons les fonctions. Distinguons les fonctions séparées. J’admets que l’action, drama- nelle aux grands poètes, et aux petits garçons qui #1 ‘commencent. Il est permis aux tout jeunes gens de; s’imaginer que l’action est un combat, qu’elle est une 1 Il bataille, qu’elle est une guerre, et d’y avoir les sen- timents mélés des militaires militaristes. Mais nous: avons dès longtemps renoncé, mon ami, à ces compa- raisons et à ces assimilations militaristes. Nous savons *. de certain que l’action contemporaine est un perpétuel effort, un perpétuel travail, un perpéluel essai de la guérison d’une majorité malade par une minorité saine. L’action est une remédiation perpétuelle, une perpé- “0 pelle réparation. Je ne demande pas que le médecin Soit fasciné par la douloureuse contemplation de la A Me médecin fatigué, c’est-à-dire un mauvais médecin. HA.“ as iédemande qu’au moins le médecin garde quelque de ceci: qu’il est institué pour soigner des alades. Nous n’acceptons pas volontiers les médecins et 1 à que les Le les prêtres aient une certaine gaîté inso- aie. La plupart des médecins ont un arrière il saine tristesse. Ils nous plaisent ainsi Malh fond de hi. cin qui se laisserait sédhire à à eur au méde- Ll:

de la première série demande à Zola, je le demande à tous ceux qui sont api profondément Ou entièrement dans l’action reyfusiste: Y avons-nous vu, sinon en face de nous un tel amas de saletés et de laideurs qu’à moins de nous en faire les complices noys avons désirer de ioutes nos forces que cela n’eût jamais lieu dans l’histoire du monde et de la déplorable humanité. est la première différence profonde qui se présente à nous entre l’art et la vie: et il est immoral de détour. ner les actes de la vie, de séduire les actes aux fins de l’art, comme il est disconvenant de vouloir asservir les œuvres de l’art aux fins de la vie. Nous aussi nous avons à été dreyfusards. Nous le sommes restés. Ce mot n’avait pour nous aucun sens extraordinaire. Nous voulions: que toute la justice fût recouvrée dans l’affaire Dreyfus. Tout bonnement. Tout simplement. Nous n’y avonspas mis malice. Nous nous sommes donnés à cetie action, d. Maïs nous ne lui avons rien demandé Ni récompense de puissance ni promesse d’art. Aucune récompense de ï jonissence. Parce que nous ne soute a çants. Nous n’avons pas cherché à faire la bonne affaire, Quelle jouissance de vie ou d’art lui exrionsnots demandée? Nétant pas miltarstes, la guemenemom apporte aucune jouissance. Et pas rie 4/2 que la guerre étrangère. La guerre. civil C’est pour ins odieuse que la guerre étrangère. (est por cela que nous avons déploré que beaucoup itoristess des mœurs militaires où militer Hi, À 1 taristes eussent de les impressionsidue. jh: à Que si nous avons reçu parfois les FOPRAR ES 4: civique, ce bonheur, on-platèt ete admirable beauté urerolt, sans:que consolation nous fut donnéé par Sur pnfanénée nous l’eussions demandée ni aux benmmé##

ments. Et je suis assuré que Zola, et je suis pur Jaurès ont fait comme ils ont dû, c’est-à-dire a pour ainsi dire fait ces chefs-d’œuvre de l’action à corps défendant. Ils ont moralement fait tout ce qu’ils «! ont pour n’avoir pas à nous donner le premier sa Lettre au Président de la République et le deuxième ses immortelles Preuves. Récemment encore soyez assuré il.

que Zola n’a pas écrit sa Lettre aux Sénateurs pour le plaisir, si je puis parler ainsi, pour l’éloquence, ou pour n’importe quoi, mais uniment pour l’action. C’est: pour cela que de tels actes sont efficaces. Car ils sont: efficaces, plus que ne se l’imaginent les politiciens et les politiques. Ou plutôt ce sont vraiment les seuls actes

qui soient efficaces. Le reste pèse peu. Crest le propre Et il de l’action que ce que les citoyens y font de plus beau +1 cependant ne soit pas désirable, parce que c’est de la remédiation à du mal, parce que c’est de la réparation.. Le citoyen Jaurès et le citoyen Zola ont tout fait pour si

ni l’orateur l’orateur écrivain Zola ne sent les chefs-d’œuvre d’action qu’ils nous ont pro-

Malheureux ceux qui ne cherchent pas uniment dans

du modeste idéal, parce. que 7: an

oute ils seront déçus. Moi auséi Es ne faut pas me compter toires sur la militation. C’est un triste méti Ga.

ne assez de forces; car le mét:: argent et

|. ‘euSement pas sans Quelques nano vous savez bien que malgn Pnétrine Personnelles, …. ments aussitôt qu’il de Mmes grands PORTA Nes

tarder, quelques subgistanceg Ce qui ne saurait

net de la Première série militer. Si le mot de militer nous est désagréable En savez bien que le métier est souvént pénible: Le me ‘E. aux jeunes soldats d’imaginer la gloi a es Nous Connaissons, nous, les fatigues et les déceptions, les peines et les écœurements. Et cest parce que les connaissons que nous recommencerons du mieux be. que nous pourrons le plus tôt que nous Pourrons. E., Je vous perais exagérer, mon ami. Espérer-le. Je suis méfiant parce que je suis malheureux. Je le suis aussi k. parce que j’ai acheté quelque expérience. Gardons-nous, Ce que l’on nomme inexactement le parti anarchiste fut a naguère envahi par une quantité de géns qui n’y cher- chaïent pas uniment la réalisation de la liberté univer. “4 selle. J’ai peur que ce que l’on nomme un peu moins inexactement le parti socialiste ne soit un jourenvahi par beaucoup de gens qui n’y chercheraient pas uni- ment l’arrachement de tout le monde aux servitudes économiques. On me dit qu’il y a des jeunes gens qui vont au peuple, C’est bien. Mais soyons du peuple, Le À Ils ne se sont pas demandé, ils ne me demandent pas Le “4 de dire sous quelle forme, dans quelle mesure, par quels à moyens, les artistes seront rémunérés de ES efforts 3 dans l’ordre socialiste que nous voulons fonder: ifé É:: Il n’y a aucune honte à demander chemin, au un sergent de ville. Surtout il n’y a aucune demander son pain. a à Je vais-plus loin, mon ami: On doit travailler pour pain à la société, à la cité, comme on cité. Ce serait de la vertu chrétienne FRE à sance bourgeoise de demander d’une. fausse élégan RÉERE ni: cociété du pain pour son prochain, pOur ges: “#4 de n’en demander pas pour 01. Mais il est Co) la solidarité socialiste ainsi que nous nous la tons, ainsi que nous laimons, ainsi que nous la ne ei: rons, que la cité donne à tous les citoyens le pain ». chaque jour. Et nous sommes inclus parmi tous les citoyens. Parce que nous. Sommes réciproquement, mutuellement, le prochain du prochain, le voisin des voisins, le concitoyen de nos concitoyens. Do: ils n’ont point cette préoccupation; d’abord parce qu’ils sont à l’âge heureux où le fardeau des besoins matériels et des habitudes sociales ne pèse pas encore sur la vie,? Ces jeunes gens ont tort; ou plutôtils ne sont pas encore socialistes. On devient socialiste non pas le jour a où l’on s’imaginerait que les seuls besoins matériels détermineraient la vie universelle, mais vraiment le Jon où l’on s’aperçoit que les besoins matériels se au Es comme un fardeau de servitude sur toute vie.? jeunes gens, que je ne connais pas, demeurent, a et boivent, comme tout le monde, puisque omme ne vit pas seulement de toute parole qui sort de jeu. même ils ne peuvent donner Rs. œüvres d’art, s’ils sont artistes, qu’à cette conditi qu’ils demeurent,: on a ren, angent et boivent. Car les gens qui availlent bien sans manger, ne légende A mon ami, c’est de la se besoins matériels nca 44 Ou bien le fardeau des Matériels pèse directement, 1 » loyalement sur leur

onzième cahier du LE, de la Première série ‘. personne et sur leurs efforts et sur leur prodret… bien ils ont soigneusement passé à 1 Oduction, Ou deau des besoins matériels, AAA le far. des bourgeois Parasitaires, Que s’ils sont sont! Par leurs familles, ce que je ne sais pas, Je Dourris 1% blème se pose au deuxième depré le même pro. à et puis Parce qu’ils ont qu’à travérs les formes suc- pessites des sociétés, l’art trouvait toujours moyen de il se faire sa place. lis savent que, lorsqu’une société attache à l’idée de beauté le prix qu’elle y doit mettre, c’est-à-dire le prix souverain, elle trouve toujoms . Moyen d’assurer de larges éléments de travail et de vie aux ouvriers de la beauté devenus les frères et les ! amis des autres. Évitons ici un contre-sens: l’auteur n’a pas dit que dans tous les âges de l’humanité l’art avait trouvé moyen de se faire sa place. Il a bien fait, de ne pas le dire, parce que vraiment ce serait un peu fort. L’au- es teur a dit seulement que:àtraversiafmemes ne e. sives de la société, des sociétés, l’art trouvait toujours à moyen de se faire sa place. Nous retombons ainsi de ô l’histoire, qui, ainsi affirmative, serait inexacte, à sociologie, qui est, par définition, inexacte, Je ne suis pas 2, hanté, comme l’était évidemment le poète Alfren de É Cia Vigny, par la légende et par l’histoire des cie poètes et des penseurs malheureux. Mais je “2 de n’oublier pas que la majorité des grands vécu misérable. Et quand ils n’étaient pas misér ce n’était pas toujours parce. qu’ils étaient de gra il d’art même ce artistes. Et souvent dans Lin pes dnaidil. illeures qualités qui den care Heureux quand ils n’achetaient pas fortune au prix de leurs meilleures mes ition ‘1# Laissons cela, qui demanderait toute une Expos a insi dire. se ainsi dire. Mais je ne puis lisser passer sans une protestation brève l’ancien sophisme. Sous. que nous connaissons les artistes qui ont ÉUryéCe, ou bien, nous allons vaguement nous imaginer que les il artistes vivent et survivent. Imagination grossière. Je ne à sais pas si Vigny ne s’est pas fortement élevé là-contre. Je ne me rappelle plus. Maïs enfin c’est le vieux sophisme des vôto; et il était déjà ancien du temps dés anciens: nous voyons les rames et les morceaux de toile accro- ne chés aux murailles des temples par ceux des fidèles qui ont échappé au péril de la mer. Savons-nous pour cela combien de fidèles ont subi jusqu’au bout leur mauvaise fortune. Il est pénible que les vieux sophismes repa- raissent aussi infatigables. Cela dénote une mauvaise économie du travail humain. Diagoras étant venu à ne Samothrace, Diagoras que l’on nomme ‘Athée: Toi qui 4. Pre penses, lui dit un ami, que les dieux négligent les 4 - affaires humaines, à tant de tableaux ne remarques-tu À à pas combien d’hommes ont à leurs vœux d’échapper “JS mer. Ce rest sa de qui ont véri dans la quelque respect hum que vous, qui avez gardé était déjà vieux du tenpa een de démonter. emps de ce vieillot de Cicéron. À Laissons aux bourgeois je soin première série toujours, le génie perce tiques ire: talent perce quelque idée de ce que: eh S’ils avaient 1 parlant ainsi, les bourgeois un le génie. En quemment bourgeoi Len AS Îls sont cons. geois. Toute leur justification là-dessus. Par quelle gratuité de complai est fondée leur accorder leurs faux postulats? ran fausse adresse de la complaisance. Datique a gréable. Mais la maladresse ne m’est pas moins désa. à, éable, quand elle est fausse. De-tous les hommes les artistes sont les plus difficiles à vivre. En ce sens notam- : ment queries mauvais engouements mis à part, — et les mauvais engouements ne vont jamais aux bons artistes, — c’est aux artistes qu’il est le plus difficile de. gagner le pain quotidien. Les deux principales causes de cette infériorité commerciale sont la singulière pré- occupation du travail et la particulière apparente inutil: lité de l’œuvre. Si done les artistes réussissaient gagner leur pain dans la présente société bourgeoise, comme Jaurès paraît se l’imaginer, à plus forte raison 54 “4 les autres y réussiraient-ils. Et alors nous n’aurions pas! à préparer la révolution sociale. Dans tout ce discours de Jaurès paraît traiter la question de savoir comment à à cité socialiste maintiendra aux artistes les avantages que leur a conférés la société bourgeoise. Tandis que la L’- seule question qui se pose est celle de savoir comment - nous donnerons la respiration aux artistes, présente Mais nous reviendrons là-dessus. Laissons aussi “Es l’identification, que Jaurès paraît supposer accordée, de l’art au travail de beauté. Je n’accorderais nullement l’identité. Mais la distinction demanderait une sérieuse

des artistes au cœur de ma république. sil « Supposez un homme instruit et noble de cœur exerçant un de ces métiers qui n’exigent que quelques heures de travail, bien loin que la vie supérieure soit fermée pour cet homme, il se trouve dans une situation beaucoup plus favorable — non, je lis mal: — dans une situation mille fois plus favorable au développement philosophique que les trois a quarts de ceux qui occupent des positions dites libé- rales. La plupart des positions libérales, en effet, LE absorbent tous les instants, et, qui pis est, toutes les LE il pensées; au lieu que le métier, n’exigeant aucune 4 il réflexion, aucune attention, laisse celui qui l’exerce à 4: {1 vivre dans le monde des purs esprits. Pour ma part,. j’ai souvent songé que, si l’on m’offrait un métier “#4 manuel qui, au moyen de quatre ou cinq heures d’occu- pauon par jour, pût me suflire, je renoncerais pour ce métier à mon titre d’agrégé de philosophie;: — Heureux homme: il pouvait renoncer à ce titre. Je vous préviens que vos interruptions me dé- È à +7 plaisent. — car ce métier, n’oceu À FSRRe détournerait moi à À pant que mes mains, Dès à moims ma pensée que la nécessité de AS à . Parler pendant deux heures de ce qui n’est l’obi heures de délicieu: ou cinq se promenade, et j’aurais temps pour les exerci » J’aurais le reste du Be. ces de l’esprit qui Occupation manuelle. esprit qui excluent toute de lois: J’acquerrais pendant ces loisir les connaiss SE es heures? ances positives, je dent les autres ce que j’aurais, Je ruminerais pen- méti de la première série 1 €rs qui devrai ice alent être les métiers réservés des Sophes, comme labourer la terre, scier Jes phi- Pousser la navette du tisserand, et te ne de Sons qui mandent absolument que le mouvement de la main Ici une note mal intéressante, Je Continue le texte ;: Toute complication, touté chose qui exigerait la moindre attention, serait un Vol fait à sa pensée, Le ï travail des manufactures serait même à cet égard bien he. Croyez-vous qu’un homme, ‘dans cette position, ne serait pas plus libre pour philosopher qu’un avocat, un 1 médecin, banquier, un fonctionnaire? Toute position officielle est un moule plus ou moins étroit; pour y entrer, il faut briser et plier de force toute originalité. L’enseignement est maintenant le récours presque unique de ceux qui, ayant la vocation des travaux de l’esprit, sont réduits par des nécessités de fortune prendre une profession extérieure; l’enseignement est très préjudiciable aux grandes qualités l’esprit, l’en54 seignement absorbe, use, occupe infiniment plus que ne 32, 0 ferait un métier manuel. ù 4: Je passe plusieurs exemples historiques et quelques ceux que les ouvriers accomplissent apparemment, ne les abrutit pas: -

eue onne un Ici une note intéressante, parce qu’elle à

La gymnastique, par exemple, est considérée par plusieurs comme une utile diversion au irav: il pas plus utile et plus agréable d’exercer pendant deux À

ou trois heures le métier de menuisier ou de jardinier, le prenant au sérieux, c’est-à-dire avec un intérêt réel, que de se fatiguer ainsi à des mouvements insignifiants et sans 5 À

Dans cet état que je À rêve, le métier manuel serait la récréation du travail de DE! l’esprit. Que si l’on m’objecte qu’il n’est aucun métier auquel on puisse suffire avec quatre ou cinq heures d’occupation par jour, je répondrai que, dans ‘une En ciété savamment organisée, où les pertes de temps inutiles et les superfluités improductives seraient éliminées, RS, oùtout le monde travaillerait efficacement, et surtout où: #5 machines seraient employées non pour se passer de das mais pour soulager ses bras et abréger ses. travail; dans une telle société, dis-je, je suis Te 2% +… Perenadé (bien que je ne sois nullement compétent en dep qu’un très petit nombre d’heures, de tra- vail suffiraient pour le bien de la société, et TER besoins de l’indivi et pour les individu; le reste serait à l”espri: à requo dit Aristote, pouvait, sur un ordre où même deviné, travailler de lui-même, comm statues de Dédale ou les trépieds_d Comme les. rendaient seuls, dit 1 Vulcain, qui se Qit le poète, aux réunions des les navettes tissaient toutes seules. si es dieux, si es, si l’archet jouait tout

, la première série 4. de la cithare, les entrepreneurs se Passeraient don ers et les maîtres d’esclaves. »(1) spirituel, dit Renan, ne vit jamais de l’es- ! de son Perte ne vécut pas de ses découvertes; il véent 1; gxactitude au chœur comme chanoine de Thorn, bénédictins du dix-septième siècle vécurent d’an- fondations n’ayant en vue que les pratiques mo- De nos jours, le penseur et le Savant vivent de l’enseignement, emploi social qui n’a presque rien de commun avec la science.

Au risque de ne pas vous sembler moins ignorant que vous avouerai que je connais dans ces quelques morceaux sinon tout le socialisme au moins l’indication de tout le socialisme ainsi que je l’entends. Vous me dek mandez pourquoi M. Renan n’est pas devenu ou demeuré socialiste, ainsi que nous le sommes. Je vois à cela beaucoup de raisons, et vous les voyez aussi, venues de son caractère et de son histoire. Mais la raison pro- 4 chaine est, ce me semble, que l’auteur a mal entendu ta à que lui-mêmeil avait prononcé, il a entendu en un sens dé-! ble, — ou plutôt il n’entendit pas bien personne api comme spectateur le personnage qu’il nous matiquement proposé. Vous save que AUS ière fois qu’il en advint ainsi dans l’his ET première fois dcr te pes de 4 50 pensée. Vous savez en particulier (i) Aristote, Politique, livre 1, chapitre Il, lemy Saint-Hilaire.) — Note de Renan.

seule fois qu’il en soit advenu ainsi dans uen Es A pensée de M. Renan. Renan est un de nos gran as Li: dramatiques, et il a oublié son personnage Se; révérence gardée, comme Racine nublia Phèdre et À comme le vieux Corneille oublia sor génie même. Les personnages cornéliens n’en ont pas moins gardé leur vie intérieure. Il y avait longtemps que Pierre Corneille était redevenu un homme de talent, que son fils lyeucte restait le fils d’un homme de génie. Et il y a longtemps que Pierre Corneille, il y a presque longtemps que Renan sont devenus ce que je ne sais. Mais les per- LE; sonnages qu’ils nous ont légués sont encore vivants parmi nous, agissants parmi nous. Il me paraît incon- ou! testable que cette représentation du socialisme, que il cette approbation au socialisme, qui n’ont déter- miner M. Renan à participer à l’action socialiste, ont déterminé beaucoup de ce que vous me permettez de nommer des vocations socialistes. Beaucoup de ces Ronnie que nous nommons socialistes le sont devenus Y Fxemple et par les leçons de ce personnage inou- inoublieux. La république ainsi représentée par je ,. Renan est aussi ma république. sua ne tous nos républiques, cités que nous Pa: et dont nous préparons la naissance et la vie. ‘À: SFR: eux de nous qui font semblant de n’avoir pas de, « 2 es blique, ceux de nous à qui répu- ER” cité idéale et qui qui l’on demande quelle est leur à et qui répondent négligemment, pa: main sur les poches de 1: passant la leur gilet: Non monsieur. je n’ai pas cela sur moi, — ceux-là: ur, je n’ai A? MOn ami, ont tout une république, mais ils ont une républi Ceux qui vont demander à la soci Fins dissimulée. histoire les lois de leur et à la seule ont une république!

république, done, est en an. done, est en république où lie Avant tout une république, on lais “rquilles Dansma à, sera les gens le plus tranquilles pas en vain que les anciens philosoopes a. perfection de <“ens philosophes ont amnqncé ten in, que l’on ne fasse point de mal à ses concitoyens. Et vus que je reprocherai à Jaurès d’avoir donné ou 4 avoir au moins indiqué une solution mauvaise parce qu’il avait mal posé la question. :4 Il ne s’agit pas du tout de savoir si les artisies auront . nourriture et l’accueil daris la cité socialiste, Ce serait. ! supposer qu’il y aura des hommes qui n’auront pasla nourriture et l’accueil dans la cité socialiste, Ilne s’agit 1! pas du tout de savoir comment les artistes, comme artistes, auront de la cité les moyens de Jeur existence. ni Nous supposerions par seul qu’il y aurait des hom mes qui n’auraient pas de la cité les moyens de leur existence. Mais la cité dont nous préparonsla naissance et la vie aura soin de tous les hommes. Tous les 4 à. hommes; sans aucune exception, seront les citoyens de ma cité. Au temps qu’ils seront dans la force de âge, ils donneront à la cité l’indispensable, ce que je A nomme le travail social, c’est-à-dire le travail à faire pour assurer la vie corporelle de la cité. Me cité leur donnera les moyens de leur existence. Mais pendant tout le temps de leur enfance et de leur adolescence, dant tout le temps de leur vieil âge, pendant toutle le plus considérable. temps de leur loisir, qui sera le beaucoup près, mon ami rasétrez- VOUS où sera les citoyens mot de tranquillité, à peu près comme la saine jonissanc je crois que ce dont l’homme tot lement le plus besoin, ce qui scrait naturellement; UNS! moralement meilleur à l’homme, ce à quoi Fhomme à. droit en premier,-c’est l’exercice de 8 tranquillité. Ma cité donnera donc aux citoyens les moyens de leur Laos? quillité du même geste que les moyens de leur exis=! à: tance, de leur vie corporelle. Ma cité n’aura pas même à encourager les arts, car ils n’y auront besoin d’aucun “2 encouragement. Comme ‘ellé n’aura jamais bésoin de commander aucune réquisition pour l’exercice du tra- Me vail’social, ainsi elle n’aura jamais l’intention de Lu: Commandér aucune réquisition pour le travail de stfence où pour le travail d’art, qui, au sens où nous les entendons, ne sont nullement du travail social, mais du il travail humain. Nous retombons ici sur la confusion Sachons distinguer l’humanité de la société. Sachons considérer les hommes et les événements parfois sous 4] à ». l’aspect de la société, qui est particulier, et souvent Cf: “16 sous l’aspect de l’humanité, qui est général au prémier. Préparons ma cité où la société fera organiquement les affaires des choyens pour que les citoyens puissent « faire tout à fait librement affaires de l’humanité. 14 Ses Conime il donne à tous de toutes mains, moins dont ils à voulü donner aux artistes ce .Sontils n’auront Pas besoin, puisqu’ils les citoyens de la cité seront uniment ans exils, Nous n’aurons pas à 4% onner des moyens d’existence, puisqu’il suffr nous les débarrassions des causes d’oppressi pue société bourgeoise qui les affame Can a geoise qui les tue. Je e. Je lis dans Renan, un peu plus loin Ce qui tue, c’est Le pus est possible dans un état qui ne la érati à coopération de la main, comme le travail des amps. Il est impossible, dans une position où il faut dépenser de son esprit et s’occuper sérieusement de choses mesquines, comme le négoce, la banque, etc. Effectivement, ces professions n’ont pas produit un seul homme qui marque dans l’histoire de l’esprit humain. Je ne veux pas fermer ce livre sans vous citer quel- ques passages de la table, simplement, où je suis tombé en cherchant l’indication de ce que nous avons lu. Je trouve à la table analytique des matières, au cha- be, Plus de barbares! Dangers du suffrage universel avec des barbares. L’intrigue et le mensonge aux enchères. ren É Le souverain de droit divin, c’est la raison. La majoSR A rité ne fait pas la raison.;

  • Je passe l’idée d’un gouvernement scientifique. Je continue: À. Le suffrage d’un peuple ignorant ne peut amener nue la démagogie ou l’aristocratie nobiliaire. Je passe que le peuple n’aime pas les ire et les vants. Mais je retiens encore ces fragments « cuitiver.le peuple. Tout ‘th ce qu’on fera avant cela sera funeste. —

intelligent. Droit ne tions n’ont de sens qu’avec un peuple intellig à la culture qui fait homme. Je m’arrête, mon ami. Vous ne pAROn tabs suspendu un instant mon commentaire pourlaisser à des préoccupations tristes non moins pose: il Jaurès veut donner à nos artistes ce dont ils n’aur pas besoin. Ou plutôt il vend aux artistes ce que ma cité donnera aux hommes. Je lis mon texte: Ils ne s’effraient point à l’idée que les œuvres d’art,: cessant d’être la propriété individuelle de quelques amateurs privilégiés, deviendront la propriété collec- tive, commune, de tous les hommes admis à les con- templer et à les admirer; ils ne s’en effraient point car c’est vers la propriété collective, vers la propriété com- mune, que naturellement l’œuvre de beauté. Un chef- d’œuvre est diminué à n’être possédé que par quelques- uns! Comme un miroir qui ne réfléchirait éternellement qu’un même visage, et qui contracterait lui-même les rides de ce visage obstiné et importun, le chef-d’œuvre est TRS à n’être admiré que par quelques-uns; le chef-d’œuvre humain veut que l’humanité tout entière à vienne mirer en lui son âme changeante! (Applaudisse- A ments) Pour moi, je ne sais pas d’émotion plus belle, Es she large, plus augusie et sacrée que celle qui saisit lame à certaines heures dans les grands musées où sont de Pour tous les œuvres des naîtres. Rappelezes Kombée du jour et ces minutes indécises précé- a ne nous signifie le gardien brutal: rap- à È FANS qui s’empare de l’esprit devant É. Œuvre assemblés et offerts à l’admira cahier de la première série pour tous “ét beauté, celle qui est faite [. es. Ne CrainS Pas que ceux qui rêvent de gloire aient peur du communisme, car la gloire est Je D. suprême! Elle est le communisme suprême puisqu’elle suppose que l’artiste, le créateur, sortant des limites étroites et misérables de son individualité, a donner à son œuvre une valeur impersonnelle et étere nelle; elle est le communisme puisque par elle l”huma: à; nité tout entière S”approprie les plus hautes richesses Les de l’esprit humain, et qu’à chaque génération les esprits qui passent tirent un sens nouveau, uné force nouvelle et une nouvelle joie de l’œuvre éternelle, immuablegt toujours renouvelée! (Vifs applaudissements) Ce morceau de mon texte est si copieux que je ne sais par où commencer. Je laisse comparaison du . miroir, qui est fausse: on n’a jamiais miroir con- tracter les rides d’un visage obstiné et importon. C’est même cela qui est extraordinaire: que tout vivant conDA Le tracte l’habitude, et qu’en un sens aucun non vivant ne mini contracte aucune habitude. Il est dommage que pour la Liconviendrait que mon commentaire fût ordonné ne de protester contre l’inévitable invasion Malheur à l’artiste qui aime le gloire. Fhomme d’action qui aime la pop a ignominieuse et non moins lache. non moins basse que la popularité,

l’effet de quelque démagogie. Malheur: aime la gloire. Il aime ce que vous savez, car pes humaine s’est prostituée au viol de tous les Lee. » (hi Malbeur à l’artiste qui aime la gloire. Loin qu’elle soit EN 1 à Je communisme suprême, la gloire, an sens où nous la dits connaissons, n’est qu’une singulière combinaison tout ce que l”émulation bourgeoise a nous commu niquer d’autorité jalouse et de servitude envieuse. Non, mon ami, entendez-moi bien: non, je ne demande pas que l’homme d’action fasse exprès de rester inconnu où Rite de devenir impopulaire, je ne demande pas tout à fait: que l’artiste fasse exprès de rester inglorieux ou de devenir impopulaire. Mais je suis comme cet orateur Din ancien: quand l’homme d’action commence à devenir ah populaire, je le prie qu’il veuille bien commencer à se méfier, parce que sans doute il a fait au moins quelque bêtise, et quand l’artiste commence à devenir popu- J. À __laire, je le prie amicalement qu’il veuille bien come. mencer à se méfier, parce que sans doute il a dit ni quelque sottise, ce qui est sa manière à lui de faire des Tan Face de avez-vous que les grands philosophes,; es gran poètes, les grands artistes, les grands pen- : ne vous m’entendezbien, fussent Au siote. a. 6 pas des grands savants, parce Vs. dinar vous semblerait un indice quelque tés AURE, de Dies que vous aurez acquise de l’histoi oire que vous avez Vigny, de Platon au même, de Socrate à mit Per Renan, et demandez-vous si il mais enfin qui eurent ain due nous n’aimons pas, (1

existence, furent popu- LE de la première série laires, furent glorieux. Ne me faites ne pense pas, Je sais que plusi P°S dire ce que je vraiment glori ne VrAÏS artistes furent que beaucoup d’artistes n’aient de leur accompagnement plus ou moins large de Mais quand VOUS aurez distingué de la gloire ne la gloire démagogique, de la gloire, que je nie, une taine réputation aristocratique ou publique, presque a j’admets, auprès du prince, auprès près des Connaisseurs, auprès d’un entourage, auprès d’un peuple choisi, auprès d’un peuple natif, — mais auprès de la foule, jamais, — vous me, direz ce qui reste à la gloire. Et parmi nos modernes et nos contemporains vous me direz ce que vous pensez de ceux qui sont devenus glorieux de leur vivant. Si naïfs que vous soyez encore, ‘et tant peu documenté que je sois, nous savons à présent ce qu’il y a de saletés et de platitudes sous une gloire bien bâtie. Nous savons combien il y avait de mensonge démagogique et de hs. lâcheté sous une gloire échafaudée comme était celle de No. Victor Hugo. Nous savons assimiler la réclame édito- re) Le riale à toute la réclame électorale, ou plutôt nous : reconnaissons l’identité des deux. Nous savons qu’il ne faut pas avoir commis moins de laideurs pour open un tirage à cent quarante mille que PORE quarante mille voix. Cela n’empêche pas l’anteur ou: à député d’avoir du talent; mais cela peut ce Le: cher que l’homme honnête soit élu ou qu’il soit: L’acheteur ne vaut pas mieux que l’électeur, c’est le même homme qui est acheteur a l’Odéon, ou qui achète un parterre, et qui temps’ où voter. Nous savons surtout que dans le temp: à

nous vivons, mon ami, On ne devient pas populaire un peu contribué. Nous en savons assez pOur ne isse plus faire la bête avec nous: On ne devient pas populaire sans s’en apercevoir.: Lil devient pas populaire malgré sol. Pas plus que l’on n’est décoré malgré soi. La popularité n’est que la déco- Li: ration de la démagogie. Nous connaissons les trucs de ‘il cette élévation. Nous savons de certain qu’il est toujours loisible à l’honnête homme de devenir impopulaire. Je n’aimais pas beaucoup Zola, parce que lerégulier entas- TE sement de ses mauvaises qualités, plutôt que le lent accroissement de ses qualités bonnes, lui donnait peu peu une immense popularité. Heureusement que cet homme s’est brusquement ressaisi, et d’un grand geste civique il s’est rejeté sans retour dans la salubre impo- “150 pularité. Car il est marqué pour la vie, n’en doutez pas,? et sa mémoire seule pourra s’en sauver. Demandez-vous parmi les anciens, parmi les modernes et les contem- porains qui furent et qui sont glorieux, demandez-vous si ce fut pour leurs meilleures qualités qu’ils devinrent Us, le plus glorieux. Et si ce ne fut pas souvent parles mau- vaises, par les pires. Demandez-vous ce qui dans Pasteur de a séduit la foule et ce qui dans Renan a séduit les bour- me geois. Bien entendu j’omets l’épreuve inverse, j’omets toutes les gloires qui ont crevé à la mort des glorieux Malheur à l’artiste qui aime la gloire. Que si l’o veut donner un seul et même nom, ce nom de gloi la célébrité d’un Tolstoi et à cells d’un Victor Le proteste. Je suis comme cet lori ugo, je lb: demande la préalable définition des Pascal. Je qui auraient ouvertement ou hante ement agencé le nil

de la Première Série dessein de remplacer moins ou dans l’imagination des peuples à TRUE Premier Malheur à l’artiste qui aime la loire, J’ai gloire, \qui aime son art, J’aime l’artiste 1, PER Jaurès M’Opposerait que la gloire est ce À regards parce qu’elle s’élabors dans la société contaminée bourgeoise: mais que dans la cité socialiste es gloires seront pures comme leg hommes seront purs, que, Par élargissément étendu jusqu’à l’universel, dans la cité socialiste la gloire sera justement ce que sera devenue la réputation profession. nelle que j’admets. On tient ce langage aussi de l’ému- lation; et l’on s’efforce d’imaginer des émulations qui seraient pures. Vanité de ces ménagements, Ce n’est pas seulement parce que la gloire s’exerce dans la redoute, c’est aussi et surtout parce qu’elle est profondément bourgeoise. Elle est bourgeoise en elle-même, be. Et la révolution ne consistera pas plus à remplacer la pe.. vieille gloire bourgeoïise par une gloire socialiste bre. Le vetée avec la garantie d’un noüveau porTenenns! . qu’à remplacer la vieille concurrence Rosegrois par une émulation socialiste habilement enrubannée. La gloire est en un sens l’autorité de la réputation. me révolation supprimera toute autorité. Sans quoi elle SA É. ne serait pas définitive, elle ne serait pas la révo- Jaurès paraît s’imaginer que la PÉVOBMER Ass l’art serait faite parce que les œuvres a ma d’être la propriété individuelle de quelques privilégiés, deviendraient la propriété mune, de tous les hommes admis à les contempler L’important, l’intéressant n’est pas que tous les soient admis à contempler ces œuvres et à les a Se Le convenable est que les œuvres de Part soient lib nil ment accessibles aux hommes à qui elles conviennent. Je vous assure que la différence est capitale. Si je m’entends bien, je travaille à ce que les œuvres de Part,: cessant d’être la propriété individuelle de quelques La Il amateurs privilégiés, soient plus enfin l’objet à ‘hi cune propriété sociale. N’oublions pas que la propriété collective, commune, est encore de la propriété, sociale. Nous demandons le déclassement de Part et de la science. Nous demandons que le travail de science et Le que le travail d’art soïent libres, c’est-à-dire soustraits,. à l’action sociale aussi. Nous demandons que les sa- vents, comme savants, et les artistes, comme artistes, à soient dans la cité affranchis de la cité. Nous deman- dons que science, l’art et la philosophie ne soient pas à d:. socialisés, justement parce que la socialisation des Line moyens de production et d’échange, ou plutôt du LES indispensable pour assurer la vie corporelle de cité donné à cette cité le loisir et l’espace de ne NC. - soi ser ce qui ne lui revient pas, mais revient l’humanité même. Ce n’est on. 4 8 est que parce que noys n’avons: pas encore sotialisé le travail indispensable 1 EN servitudes sociales À que les ni pésent aujourd’hui sur ni science. art et sur la 6. Nous demandons que les savants et les artis +41 À ne soient pas affranchis des patr: artistes ei: il Particuliers pour Palronats individuels et omber sous les lois a un patronat

! collectif Ou universel. Nous demandons l’œuvre d’art ne soit pas faite comme la décidé, mais librement comme les ani désirée, l’auront voulue, l’auront eue. Ton Présentement toutes les servitudes bourgeoises Ï de tout leur poids surtoute la production de l’art ne elles pèsent toutes sur tout le travail humain. Nous ne remarquons d’ordinaire que les manifestations exté- rieures ou accidentelles de cette pesée. Mais les asser vissements intérieurs constants sont beaucoup plus redoutables. Nous n’avons pas à redire ici les histoires incroyables que vous connaissez de la vente et de l’achat des œuvres de la peinture et de la statuaire. ! catement senti, quel métier plus déplorable pour l’artiste que d’enseigner le dessin comme un tra- vailleur mercenaire à l’élève souvent mal doué, sinon le lamentable métier d’exécuter des tableaux et des bustes pour le bourgeois mauvais payeur? Quel métier plus déplorable pour le compositeur que d’enseigner la musique et même le piano, sinon le lamentable déshonorant métier de composer pour le foule. , bourgeoise. Et quelle décadence que de tomber de la ù 1 foule bourgeoise mauvaise payeuse aux snobs encore plus avilissants. Les histoires douloureuses Aer sel [ul sur la déplorable production de l’art. Vous vous a 5 sentéz les tentations quivassaillent les perpétuelle oppression de l’écrivar insincère, parce deu lecteur. Je consens qu’on sifile un drame qu’un drame insincère est en un S€nS une action mau- Ut. vaise et qu’à l’action mauvaise nous devons opposer un acté énergique. Mais telle n’est pas l’intention des habi- D’HE tuelles sévérités. Tel n’est pas le sens des habituelles … UE: réclamations. Ce ne sont pas les drames insincères qui tombent ou qui ne sont pas joués. Le monsieur qui NRA payé sa place entend que les artistes lui plaisent, le flat tent, et le spectateur perché au poulailler, s’il est permis de parler ainsi, n’est pas un moins tyrannique patron que le spectateur assis au fauteuil habituel; tous les deux ont des sentiments apparentés de près aux immondes sentiments de mes ennemis les Romains siégeant aux Mit bancs ovales des amphithéâtres. Et le monsieur qui Ni achète un journal d’un sou entend bien que ce journal t°{ aussi lui plaise. Il faut que le journal soit amusant, a intéressant, excitant au moins pour un sou. De les iponunie des journaux que nous aimons le mieux. E-. à abonné, surtout l’abonné des grands journaux, des grandes revues, son abonnement lui a a avant toutun moyen de domination. L’expres-

ES Vous savez aussi bien À ES moi qu’elle est nulle, puisqu’elle n’est que Souvent elle est imperceptible, C’est pes entière etque lietitution de vos que j’aime vingt francs, des abonné vez des abonnés à uit francs, des abonnés à zéro fran es abonnés des souscripteurs menéuels dieu vous avez de teurs extraordinaires Quand es et des souscrip- “16 camarades étudiant qué: de vos amis ou de un ouvrier manuel quar 4.” “2 Professeur 1) , #5 quand instituteur désapn.. quand ii: ième cahier de la première série rapebe enis; et vous répon- vient vous trouver: vous causez tous les deux; vous présentez vos raisons tous les deux; vous discutez raisonnablement; vous dis. cutez en hommes libres; vous êtes égaux. Mais votre ami ne vous dit pas: Mon cher Péguy je t’ai donné dix francs pour le mois de mai, tu ne m’as plu que pour quarante sous: tu me redois huit francs. Votre ami vous présente sincèrement et fortement ses raisons. Vous lui présentez sincèrement et fortement vos raisons. Puis à cinq heures votre ami vous conduit à la gare et vous quitte. Il vous quitte libre. S’en allant il vous laisse libre. Abandonnant vos raisons vous adoptez librement les siennes, ou s’il vous plaît vous vous en tenez au juge- ment que vous aviez d’abord formé, ou enfin vous com- à posez les deux jugements, ou vous faites ce que vous vou- lez. Votre ami en partant vous a laissé libre. Parce qu’il sait bien que vous êtes un honnête homme, un homme a de. ordinaire, que vous travaillez du mieux que vous pou- vez. D’ailleurs, et sans se faire aucune illusion me la à valeur que vous pouvez avoir, il sait de certait . À Péguy abruti d’objurgations vaut encore moins qu’un Péguy laissé libre et seul avec son travail ù Durand et un Dupont abrutis d’objurgations moins qu’un libre Dupont et un libre Durand. Je. - tu de vraiment nouveau dans tes cahiers. Tu n’en aie pe. encore assez, à mon sens. Tu de aies … ah ton public. Mais 67 m’intéresse beau-; je il servitude universelle, mon ami, tu peux faire coup plus que toutes Le ere

Mais il ést une servitude encore, Mopneesr© auprès de quoi celle que nous niversellé: itude, non plus qui tienne il est une servi! pbadié universelle, non autorité, mais quitient à solide de rescerremeit plus d’écrasement sspérienr, Siné 2 à d’écrasement latéral mutuel. Nous n’avons beaucoup le Mathieu Froment de Zola parce Ne sait presque indéfiniment des enfants sans consi qu’il instituait ainsi commencement de race env sante, un commencement de peuple conquérant, un commencement de nation. Que dirons-nous de l’enfante- ment d’art. Au lieu que l’œuvre d’art pousse libre à côté de l’œuvre d’art libre, ensemble avec l’œuvre d’art, — par se l’implacable organisation de la concurrence bourgeoise elle pousse à présent contre l’œuvre d’art. Le journal Der. tue le journal, comme la revue tue la revue, et malgré à toutes les précautions que vous avez prises ne soyez pas es aussi assuré que vos cahiers ne soient pas un peu meur- triers. Le drame tue le drame, etle poème le poème, et le poète le poète. Le livre tue le livre. L’artiste tue l’artiste. Ayant saupoudré Paris de monuments rapides, M. Denis ou Denys Puech n’a pas seulement encombré nos voies à et nos carrefours comme un repavage en bois, il n’a Pas seulement encombré nos pelouses et diminué injus- tement le royaume des fleurs, il n’a pas seulement ère ‘ompu nos plus belles perspectives anciennes: il a tué sans doute avant leur éclosion des monuments qui je plains le malhogres …e”.“‘ainent tue l’artiste. Et de de en qui cette constatation n’aurait A Un profond retentissement d’art seulement Partiste tue l’art: le monde, il tue tous ses “metont alte encore dans la société ial Ourgecise et le travail y étant rendu insuffisant, le total “du travail til +. d’ailleurs à chaque instant limité, toute force à onnée au travail d’art est directement une force à en travail social insuffisant. Toute force donnée l’œuvre d’art est directement une force ôtée à l’action 1 à à sociale. Je plains tout artiste où cette Constatation n’au- ralt pas un profond retentissement. Un grand poète, qui est vraiment mort il y a quelques années, M. Sully- a Prudhomme, ayant vivement senti comme il estredou. table de fonder une race, n’a pas moins justement senti ( comme il est redoutable de donner son temps, sa vie et sa force à l’œuvre d’art. Il est même admirable que ce soit justement à propos de ce Louvre, dont Jaurès nous parler, que le scrupule de conscience le plus clai +0 rement vif soit venu au poète. Vous n’avez pas oublié Le ce poème où il s’émeut que les statues aient des palais %-n quand la déplorable chair humaine est abandonnée au À climat injurieux. Un tel scrupule ne vientpas spontané ment aux optimistes. Mais il est impossible quil ne soit: ( pas venu à tout profond artiste ayant un certain sens ME À jamais parvenu à l’établissement des séules sat péremptoires, avait alors un sens critiqué: questions. Il n’a jamais les solutions, mais - 1 à guère ignoré de problèmes. Tout ce quil dans cet admirable poème de la Justice est la te: de la question sociale, de la question. douloureuse que le poème s’achève jeure. Il n’est donc pas étonnant

sur la position de la question même Jaurès nous a proposée: TE Je t’invoque, 6 Chénier, pour juge et pour modèle: Apprends-moi, — car je doute encor Je trahis, Patriote, mon art, ou chanteur, mon pays, - Qu’à ces deux grands amours on peut étre fidèle;. Que l’art méme dépose un ferment généreux Par le culte du beau dans tout ce qu’il exprime; À Qu’un héroïque appel sonne mieux dans la rime; VE: Qu’il n’est pas de meilleur clairon qu’un vers nombreux; À Que la cause du beau n’est jamais désertée Par le culte du vrai pour le règne du bien; À Qu’on peut étre à la fois poète et citoyen Et fondateur, Orphée, Amphion et Tyrtée; de Que chanter c’est agir quand on fait sur ses pas S’incliner à sa voix et se ranger les arbres, _. Les fauves s’adoucir, et s’émouvoir les marbres, Et surgir des héros pour tous les bons combats! Ps, Rassure, aide, et défends, par ton grand souvenir, Quiconque sur sa tombe ose réver d’unir eos Le laurier du poète à la palme du juste. Ve. Vous vous demandez, mon ami: reux poète a lai ’.. Pourquoi ce malheu- A Porte à laissé depuis échapper la plus belle occaSion que l’on ait jamais eue d’associer ainei M. Sully-Pru dhittins Jeu Il ne me semble pas que Eitlu au sens où nous entendons Sos Renan dramatique, mot, c’est-à-dire qu’il ait de première série serait plutôt un lyrique. M. Sully-Pr:

finissement. Il attendait l’opposition a

une opposition de la justic joti prudemment confondu la justice et le patriotisme au cœur l’action civique. Dans les vers que je vous ai FécieS résident les éléments d’un nationalisme, Enfin il

était TÉRELVÉ d’agir pour la réalisation du modeste idéal aux citoyens qui ont dès longtemps renoncé aux palmes,

! renoncé aux lauriers, renoncé au tombeau même.

n’en est pas moins vrai que la question posée ici par M. Sully-Prudhomme est, en faisant les mutations convenables, exactement la question que Jaurès nous

proposait. Étendons la patrie de M. Sully-Prudhomme! jusqu’à ce qu’elle soit devenue la cité humaine, la cité

universelle. Aussitôt le problème se repose, mais avec Le une extension universelle. A ce problème universalisé

Jaurès ne répond qu’en donnant la réponse présente Dep: universalisée: les artistes seront de bons citoyens parce qu’ils seront de bons artistes. Cest parler avec Sully- Prudhomme. Je demande le déclassement, qui me parait à 2: nouveau, qui me paraît convenable, qui me paraît in- dispensable, qui me paraît: Les artistes seront de bons citoyens comme tous les citoyens. Un point: Un

tiret. — Les artistes seront librement des artistes.

. Ne vous imaginez pas, mon ami, que je me dépense?

dialectiques inapplicables. Toutes les au vous propose, portant sur les profondeurs trariétés humaines, sont applicables directement aux détails échafaudés sur ces con! émotion plus belle, plus il profondes. Jaurès ne sait pas ni saisit l’âme ste et sacrée que cele 4 É ONE large, plus aug musées où sont à certaines heures dans les gran rosé SE réunies pour tous les _.., indécises qui rappelez la tombée du jour et ces ne précèdent le congé. Vous vous rappelez me (ll s’empare de l’esprit devant tous ces chefs TA assemblés et offerts à l’admiration de tous les hommes; on dirait un Olympe où il n’y a que des Dieux emplis- sant l’espace sacré de leurs rêves. Oui, c’est 1 la ande beauté, celle qui est faite pour tous. Attention, jeune il homme, attention. Nous avons nous aussi gardé quelque À mémoire de ces sentiments. Quand de nos provinces respectueuses nous arrivämes à Paris, élèves au Lycée Lakanal, au risque de sembler niais à ceux de nos camarades qui avaient des passe-temps moins lourds, nous allâmes au Louvre. Vous n’avez pas oublié, car il; est inoubliable, de quel émoi religieux nous saluâmes la nouvelle blancheur des statues, l’application des toiles et le silence du monument. Je ne sais si jamais vivants nous eûmes un émoi religieux comparable à celui qui nous envahit à la première de ces visitations. Mais enfin nous ne connaissons les sentiments humains da. de l’amour qu’un peu longtemps après que nous en avons franchi anxieusement le seuil religieux. Pareille- ment nous avons connu les sentiments humains de l’art assez longtemps après que nous en eûmes religieu- -

» J’y réussis assez volontiers, car l’ini- marque de Sa nuance pour ainsi dire tous les iments qui suivent, et derrière ces sentiments je ne cahier de la première série ï la revoi ductiblé ‘nov que j’y aperçois Comme un irré. à qui inférieure à une supérieure, coran à l’initiation même à toute vie supérieure. Mais mystérieux sentiment de promotion dans l’être S’ap- Puyait incontestablement sur beaucoup de sentiments - secondaires qui me sont devenus ennemis parce qu’ils me paraissent mauvais. Il Y avait sans doute en moi comme une admiration servile ou serve à l’égard de à ces maîtres obscurément contemplés comme desautorités d’art et comme des autorités sociales. Mysté- rieusement, religieusement soumis et flatté comme un fidèle introduit, j’admirais, j’adorais, je priais, je! servais. Je ne voyais pas. S’il m’était resté à présent quelque respect humain, je rougirais en moi-même au seul souvenir de plusieurs de ces tableaux devant nous agenouillämes une admiration religieuse. est.: en. le danger des sentiments religieux. Le fidèle risque — d’adorer quelque dieu imbécile, et cela suffit pOur que BOMR l’adoration devienne un peu imbécile une ne À j’étais alors un petit garçon. Vous n’avez pas oub): comment nous courions au Musée, nous pour des journées entières, parcourant des de : de salles, remontant des Égyptiens nes ne honneurs du salon carré. Et les vêpres jusqu’à l’heure où nous obéissions es 4 À nisant l’adieu douloureux, pre sue te d’art, les jambes casaées, la téle OURS Es d’images, nous endormir au dortoir Co! Nous étions deux petits garçons. Le temps infatigable passa. Nous devinmes! hommes. Nous allämes au régiment. Nous Mrs Sainte Barbe. À mesure que nous avancions dans a (fl connaissance des couleurs et des formes, l’initial sons ile -ment religieux doucement et chèrement s’effaçait, où plutôt il s’éloignait: passant à des plans de cone. sance et de sentiment de plus en plus lointains, il finissait par devenir comme le fond de nos sentiments, comme un fond inamovible où se détachaient librement les variations nouvelles de nos sentiments humains. Nos visitations devenaient d’un peu plusfréquentes et beau- 4:. coup moins longues visites. Nos admirations n’étaient ‘T plus globales et universelles, mais elles distinguaient. C’était l’heure aussi où nos amitiés d’enfance apparem-. ment les plus inébranlables se déclassaient ou s’éloi- LE gnaient, laissant l’introduction libre à des amitiés d’élec-; tion, bien ou mal choisies, mais librement. Comme à nos ren risques et dangers humains nous avons peu à peu, et presque involontairement, mais spontanément et toujours librement choisi ceux de nos camarades qui deve- naïient nos amis, abandonnant pour les affinités d’élec- à tion les fatalités religieuses des confinités naturelles, à peu près ainsi nous avons choisi les œuvres d’art qui as a dire amies. Que nous ayons bn, nous aurions à Ses quon à laquelle de l’art; mais nous établie si nous traitions ancions dans la Man Le “œuvres, nous cessions de nous trans- selon nos pos Don érPenter des kilomètres. Mais ni esoins, nes peines et nbs désir cherchant et demandant l’enco d’hommes, uragement ou la conso- cahier de la première série à; Cherchant l’impression du beau ou l’impression d’art, ou toute impression qu’il y’avait lieu, nous allions voir certaines œuvres et nous n’allions pas voir certaines œuvres. Un commerce proprement et d’intelligence, de compréhension, d’entente muttelle, de reconnaissance non inégale, d’acquiescement éclairé, de consentement libéré naissait de l’artiste à nous par la considération des œuvres, À mesure que nous avancions dans la connaissance des lignes et des couleurs les À œuvres que nous avions globalement et confusément adorées se classaient et se déclassaient parmi nous,ou plutôt, car cette expression pourrait impliquer ‘une intention de commandement, d’autorité, de priorité de méritoire, les œuvres ne se classaient pas, mais elles se situaient parmi nous, elles se disposaient, se compo. saient, s’habituaient, choisissaient librement elles bi. mêmes la situation qui leur convenait parmi nos senti- ments et nos occupations. Combien de désillusions dy. É accompagnaient ce travail involontaire et peu à peu voulu, et combien de pénibles éliminations. Le Louvre n’était plus un Olympe où il n’y avait des Dieux emplissant de rêves l’espace religieux, tal bre: » pour nous ce que vous savez bien qu’il a toujours de. un musée, un monument humain où résidant ; lies et placées plus ou moins PRES conservateurs, emplissant les salles humaines 67 8% à: onnés, les productions, sant les murs humainement maÇç à d’artistes, les essais d’œuvre et les ere a ANA ES mesure que nous avancions ans! 4 a

libre examen. À mesure s’avançait l’apprentissage ne il ? de voir, car bien loin que dispensable, l’apprentissage, TE RARE nous soyons de ceux qui savent tout sans avO Y rien appris, nous sommes comme tout le monde, til sommes de ceux qui ne savent pas beaucoup ayant tâché de se donner beaucoup de connaissances. Etla science et l’art de voir, comme tout ce qui est humain, LE hi) d’un côté n’est jamais inventé ou suppléé par l’ensei- gnement, mais d’un côté ne prospère jamais sans les soins de l’enseignement. Tandis que le religieux peut il pousser comme un sauvageon, j’entends surtout le reli- gieux païen, qui est le plus profondément religieux. mesure que s’avançait l’apprentissage, l’espace nous devenait non plus religieux mais proprement artistique. Nous osions penser et sentir humainement devant les tableaux, et devant les statues des salles fraîches. mesure que nous avancions, l’expression de chef- °:E d’œuvre, avec ce qu’elle implique d’inclinaison capitale, nous devenait étrangère et comme inintelligible, cependant que le simple mot, le simple nom d’œuvre avan- &. Gait au devant de nous avec la plénitude et sous l’aspect 4 à d’un sens nouveau. La considération de l’œuvre que lon voit refoulait au dernier plan la contemplation du as chef-d’œuvre que l’on adore, Etnos attentions ignoraient La de plus en plus ce dernier plan. L’expression de maître que l’on doit prononcer en bâillant et bélant un peu bouche ovale et toutes les dents à l’air, disparaiscai de de nos entretiens. Res. en Pie AUX Cours de l’école normale. sea première sa .; cacher, s’il est Vrai, comme je Je crois Le « que es récentes Promotions de cette éoleontnui la circulation aussi peu ris dans Vieux amis de province nomment encore des normaliens Nous assistions aux conférences, écoutant qui nôie plaisait, entendant ce qui nous convenait. Nous avions les deux livres de M. Henri Bergson. Heureux qu’il à eût enfin été nommé maître de conférences à l’école heureux d’avoir enfin cette impression personnelle que ï rien ne peut remplacer, nous entendions tout ce qu’il. disait. Il parlait pendant toute la conférence, parfaite. ment, sûrement, infatigablement, avec une exactitude inlassable et menue, avec une apparence de faiblesse incessamment démentie, avec la ténuité audacieuse, neuve et profonde qui lui est demeurée propre, sans à négligence et pourtant sans aucune affectation, compoj sant et proposant, mais n’étalant jamais une idée, fût. elle capitale, et fût-elle profondément révolutionnaire, À. Vous vous rappelez donc ce qu’il nous dit un jour posé: ment, et que je ne puis nous redire aussi bien. 1 À SFR peut, disait-il à peu près, qu’il n’y ait pas entre les Ù différentes productions d’art, entre les différentes pro: ductions littéraires les relations que nous a Nous imaginons communément qu’entre les es. À plus belles et les productions les plus y me, pour ainsi dire diminution continue la beauté, en. imaginons volontiers que par des an sibles, et à la condition de faire un assez rte de asser comme en série linéaire nous pourrions 5 celles où nous quelifions de géniales à ee” œuvres que de celles-ci à celles où. nous reconnaissons du talent, et de 0 -

Lon dit que nous reconnaissons rar cette imagin degrés, passage graduel, gradation, talent il y AUPRNARE grès d’une ériation. Mais il se peut aussi que les progrés hologie nous conduisent un jour à modifier ne” à adie alors du génie au talent diffé- rence de mature non pas seulement distance degré, différence comparable par exemple à celle Le: peut séparér la vie de la non vie. Les œuvres du génie, mal ou bien, séraient vivantes, et les productions du il talent, bien ou mal, belles ou laides, seraient pour ainsi de .… dire comme des décorations inanimées. Ainsi s’explique-::-Ù raient certains pressentiments que nous avons comme lecteurs, auditeurs ou spectateurs; ainsi s’expliqueraient? era certains sentiments avoués ou manifestés par certains auteurs; ainsi s’expliquerait le fréquent défaut du ne, talent au génie, les apparentes grosses maladresses de la plupart des hommes de génie. » Cet aperçu, ou, si vous préférez, cette hypothèse, qui De peut faire la révolution de la critique littéraire et de la critique d’art, de l’histoire littéraire et de l’histoire de ot” art, mais non pas sans doute la révolution de l’art ES:? même, Car l’artattend guère, et n’a pas attendu la ‘Æ&° critique d’art et l’histoire de l’art, — cette hypothèse con- à sidérable vint en son temps. et passa posément devant nous, parmi les idées et les hypothèses neuves innom- brables du cours. Nous l’accueillimes, Et nous la re- à tinmes. Je vous rappellerais pour quelles raisons puis- ; DOS causions de l’art. Nous l’avons retenue ous l’entendons en deux sens. Maïs nous causons EriS la question: sociale de l’art. Je retiens done seule Hi! ent que l’acceptation de cette hypothèse précipita la se la première série désagrégation des sentiments qui nous avaient ahi au seuil de nos initiations. Elle introduisit un “se de dissociation; elle nous donna de l’audace ; elle produisit une rupture profonde: elle conJ plus que tout à briser le musée,! Ainsi naissaient et croissaient en nous les sentiments umains de l’art. Et nous avions peu à peu l’audace de nous avouer à nous-mêmes ces sentiments. Les tableaux nous devenaient familiers, en un sens, et les statues nous devenaient familières. Nous osions regarder. Nous osions voir. Nous osions, audace capitale, audace inévitable, audace indispensable, aimer ou n’ai- mer pas, comme dans la vie. Les artistesnous devenaient des hommes, les œuvres nous devenaient humaines. Oubliant volontairement, spontanément et heureuse- ment le peu que l’on nous avait enseigné d’histoire clas- sificatrice toute faite, acquérant le plus que nous poua. vions d’histoire narrative explicative bien faite, nous nous mettions nous-mêmes devant les œuvres ellesLe mêmes. Et nous osions discerner. Combien d’œuvres ? alors mouraient à nos regards! Mais combien d’œuvres ù naissaient ou renaissaient de l’extase religieuse, qui sa ù affiliée à la mort, — à la vivante vie humaine. Et sie . ces œuvres qui parvenaient à nous pour la première fois, 4 nous osions choisir. Sans condamner celles qui es étaient pas amies, Car une RME me pie enseignait qu’il était bon que le mon: aller osions les déserter franchement, les abandonner, ne leur faire plus aucune politesse religieuse ce pas, jons qu’il était bon que le sence. À mesure que nous pensions Il 1 nous : jé, nous constations qu’il nou ! des œuvres fût varié, nou: Ï monde des à lus varié. Nos découvertes apparaissait aussi de plus enp

tas et des variations indéfinies. Nous ne franchement à ceux que nous aimions. À ce: ÎLE Nous vivions avec eux. Parmi eux. Familièrement. Nous avions l’audace plus grande encore de nous avouer que dans ceux que nous aimions avait des es que nous n’aimions pas. Mais, dès lors, nous avions renoncé à exiger que les hommes et les œuvres nous plussent tout entiers. Nous n’allions plus au Louvre comme à la messe, régulièrement, mais juste quand nous en avions besoin ou quand cette visite nous convenait. Et nous y restions peu longtemps, parceque nous étions à

moins jeunes, et surtout parce que, depuis que nous

regardions, la fatigue venait vite. Et la nuit n’était jamais tombée quand nous repartions dans la ville, se emportant dans nos mémoires des images discutées.

mesure que naissaïient et croissaient en nous les sentiments humains, nous commencions à distinguer les familles innombrables d’artistes, et l’utilité perpétuelle ou y N’> es; du moins la convenance finale nous apparaissait moins; d’un monument où La victoire de Samothrace demeure à

à quelques paliers des Vinci et des Rembrandt. Les Mnvraisemblables juxtapositions du salon carré ne nous ane au commencement constituer la

de ces Abel. Un malaise nous venait

Dos y aperçümes Réal ses de l’initiation, de ent certains éléments douteux Mauvais. Dans l”initiale extase; AR, ait sans doute de faux orgueil et beaucoup de vanité, onzième cahier PEU “1 de beaucoup de sentim: Première série de lue ents Provinciaux bourgeois. Pendant nnées scolaires, nous avions moment où nous aurions l’honneur d’avoi le premier musée du monde. et nous Louvre dans les sentis cin. Le Louvre était le premier musée du nes de la Bibliothèque nationale était la première bibliothèque du monde. Paris était la capitale du monde, La ne ne encore la nation capitale. Vraiment il y avait dans Il l’espèce communication du sentiment nationaliste au sentiment religieux, mais ces communications nous sont! devenues moins étonnantes. Il y avait aussi dans le sentiment religieux beaucoup de vanités et beaucoup d’émulation. Vanités de parvenus. Nous étions admis, nous petites gens, à la contemplation des grandès - œuvres. Nous étions introduits, nous, pauvres et fils; de pauvres, à la contemplation, presque à la fré- quentation de trésors uniques, de richesses incom- parables. Nous étions introduits au magistral. Nous Es: étions introduits au temple. Nous étions introduits au palais. Nous étions introduits à la contemplation À de ce qui n’est pas ailleurs, de ce que tant d’hommes ignorent, de ce que tant d’hommes qué nous É naissions ne verraient pas, de ce dont tant d’hommes. : seraient à jamais forclos. Cette analyse nous rendait nos sentiments premiers moins vénérables nous ré? ait d’autant plus estimables les sentiments seconds Où nousresterons définitivement. Parces gentimentsseconds. il nous sommes conduits à distinguer parmi La Nous distinguons de formidables, où de puissantes, 9° de riches personnalités. Nous distinguons dés peer nalités amies et des personnalités rebelles, DRE Les - sonnalités qui nous soientindifférentes. Nous à fil des familles. Nous disposons et nous situons /8 NE nalités individuelles et familiales, bien loin que osions un ensemble divin. Nous restaurons les comp la divinité diversités humaines un peu confondues dans vini! du mélange, dans la sublimité du rassemblement. La convenance d’un Musée universelnous apparait d’autant moins. La répulsion”profonde que nous avons pour l’Exposition, sans que nous soyons à classer dans les catégories de M. Julien Benda, nous l’avons eue déjà, et nous l’avons, moins forte, pour le Musée Universel. Attention, mon ami, faites attention à ne pas me faire à dire ce que je ne pense pas. Je ne veux nullement qu’on! démolisse nos musées. Pas plus que vous je n’ignore: uit que dans la peine et dans la laideur universelle, nos:.. musées demeurent les derniers asiles de l’art véritable Le et de la véritable beauté. Je ne suis nullement pour que l’on démolisse les consolations et les refuges. Mais en- cité qui n’ait besoin d’aucun refuge, puisqu’elle n’aura aucune connaissance de la peine et de la laideur. Je 5 oublierai jamais tout ce que: nous devons es, Pour tout dire d’un mot, je n’oublierai jariais a Rene a copieuse bonté du Louvre. Mais je crois a 3 eUraltun très gros danger à laisser imaginer que NE de Louvre encore mieux que le Louvre Eee Iibimiient” de à espece pas Michelet, qui contre l’ancienne instituti FE)! musées. Vous ne vous noie ution des rien. Moi non plus, Mais Plus. Vous ne savez ien que Michelet du à €la première série Es est fortement ourgeoise des musées, contre l’entass a talité de la cohabitation. Cette attitude deux raisons, dont l’une était que Michelet fut un naire, et dont la deuxième était Res historien. Visionnai que Michelet fut storien. sinnblt et historien visionnaire. Vous savez ‘un visionnai me cest qu’un visionnaire. Quand j’étais an régiment, le jour que l’on fit la fameuse évaluation des distances, au long de la route kilométrée, j’expliquais mon Caporal, un brave et doux Solognot soumis foncié- - rement anarchiste, que j’étais hypermétrope, c’est-à-dire que je voyais normalement à l’infini, comme tout le ! monde, mais que j’accommodais mal aux petites di- stances, D’où mon binocle pour lire. Mon caporal “il m’écouta longuement. Puis il me répondit, sérieusement, doucement: Je vous entends bien. Vous êtes bon vision: naire au loin. Mais de près vous vous fatiguez. Cecaporal 1 avait raison. En définitive, ceux que nous nommons les « visionnaires sont ceux qui voient. Michelet fut un bon visionnaire au loin. Parce qu’il fut un bon historien. Le

  • “0 temps est passé où des critiques superficiellement De 2 exactes nous empêchaient d’aimer Michelet autant que è à. nous en avions le désir intérieur, d’avouer en lui sans doute le plus profond, en un sens le plus exact et le plus vraiment historien de nos historiens. ses ice ons A Ce sont justement les bons me Lin visionnaires. Parce qu’ils ont pro passé, parce qu’ils voient profondément dans fondément dans le futur. ard ils voient proion du même regard VO? ière que de se faire ac- à Ce serait une imagination grossiére ésent, qui (4: qui n’entendent rien au présent, croire que ceux qui sont comme afranchis inairement neufs parce qu’il avait des VUS LiÉ exactement vieilles. Comme historien, il sen 4 Hal ment l’insuffisance artistique et historique des À! pour deux raisons. Il savait comment se sont faits les (É: musées. Il savait comme ils sont artificiels, et comme:.- ils sont militaires. Quand nous contemplons les tableaux alignés et les statues plantées, nous oublions volontiers Jeut histoire. Plus mou de tendresse, Michelet se remé- morait sans doute l’histoire des acquisitions. Depuis les guerres d’Italie et les conquêtes de François premier:; à jusqu’aux guerres de l’Empire en passant par les conquêtes de Louis XIV, toute cette histoire se résume 3 LE admirablement en un symbole. Pendant sa glorieuse campagne d’Italie le général Bonaparte nourrissait son armée, nourrissait le Directoire, nourrissait ses Ne collègues. Il nourrissait aussi nos musées. Quand par la force des armes françaises, devenues indécisément autoritaires, de libres qu’elles avaient commencé, il 2 <é: entrait victorieux dans quelque principauté italienne, /. il SHpulalt soigneusement que le vaincu lui remit Ÿ.* neuf statues et cinq cents sacs de blé. C’était par de tels moyens que ce bas-officier s’imaginait que l’o! cultive les arts. Peu m’importe que les alliés revolé d’un cou En 181 À nous aient volé moins à out ce que nous leur avions vi: 27 antanément. Michelet n’avait pas oublié oute l’histoire militai iti taire de la première Sltion. Cette histoire de réquisitions acqui: dE à me semble un raccourci et vraiment un symbol 4 première vérle La d’argent ne sont pas moins: A moins des violences que les hi: violences financières ne nous sont: pas Les que les violences militaires. 11 nous nations commerçantes riches aient ainsi dévalisé ne à _. pauvres, Honteux comme Le général Bonaparte, nous ne le sommes pas moins que u. des finances françaises victorieuses aient razié dés L. Hollandais, des Italiens ou des Flamands, — que des ne négociations françaises aient utilisé l’écrasement bar: bare de la Grèce. Nous admettons que les-Italiens +. modernes aient pris des mesures contre le jeu spécieu- En à sement libre de la loi de l’offre et de la demande, contre à la vente et l’achat des chefs-d’œuvre dont ils soût pro- visoirement et nationalement les propriétaires, dont ne ils sont régionalement les dépositaires. Nousne pouvons. pas nous dissimuler que sans l’invasion des Romains barbares, des Chrétiens croisés, des Turcs, la Vénus de Milo ne serait pas à Paris. Nous. nous associôns donc en nous-même au vœu de Renan. Nous prévoyons les …! grégé leurs musées nationaux, reportant les œuvres de - l’art hellénique dans la région maternelle et dans le: climat. Il sans doute quelque remords dans récentes expositions régionales. Vous savez qu’elles ont se multiplier. Il ne faut pas que ce nom coms à - à d’expositions nous abuse. Il peut désigner jenr rations inverses. Autant il me paraît inintellige à

ÿmmoral d’entasser à Paris des produ llandais ne ant il me convient que les Nes done, brandt dispersés, que les Eepegnos

  • assemblent les Rembran Murillo et les Goya. Ceci recueillent les membres. de sation. LED INFE sition est la déconstitution, de la désorganisation. “éme gentiment de remords nous avons été Par ce même sentiment 0 des Rubens,: Le conduits à installer au Louyre une ne Ms: une galerie de la Vie de Marie de Médicis. Nous tem dons nous-mêmes à désagrége et Dit! nos anciens musées. Nous faisons amende honorable. Nous inaugurons des accueils pour les œuvres qué es de avons d’u même artiste. Qui ne voitque cela nous con; POAS duit internationalement à restaurer des accueils régio= naux. pour toutes les œuvres que l’hnmanité a reçues d’un même artiste. Nous commençons par mettre en. DE semble chez nous les œuvres qui sont nées du même artiste. Qui ne voit que nous n’aurons pas fini tant que nous waurons pas libéré, tant que nous n’aurons pas mis ensemble chez elles toutes les œuvres qui sont d’un CIE à même art, qui sont nées du même artiste, et du même. Pan, EN peuple artiste. Alors seulémeñt nous aurons effacé les: /. ÆJDR traces criminelles de nos conquêtes. C’est en ce sens. aussi que nous sommes internationalistes. Nous n’aban- Ÿ’* donnons pas moins l’héritage national que nous n’avons abandonné l’héritage familial, Et il est intéressant que.
  • sat les droits de Fhéritage bourgeois, les droits: Le me P’e que pourraient faire valoir les héritiers de ne *-#86aze, éxigeant que toutes les œuvres léguées ce collectionneur fussent perpétuellement ces

te cahier de la Première série Nous Sommes conduits aux mêmes résolutions sentiment que TOUS avons des régions. Michelet .. Gépaysées de leur climat sont ée. Mais elle naît dans un Pays parmi des hommes et des mœurs. L’idéal n’est pas que les œuvres soient couchées quelque part dans un cimetière universel, mais l’idéal est que les fleurs et les dans la terre natale, et qu’elles y accueillent le visiteur voyage. Aujourd’hui au contraire c’est le visiteur inerte qui fait voyager les œuvres. Mais je n’insiste pas, car nous serons conduits aux mêmes résolutions, et beaucoup plus largement, par le commentaire étendu que nous allons commencer à présent sur la fin dece, — Je voudrais bien m’en aller.; — Allez-vous en. Quand vous voudrez bien revenir, vous reviendrez. Quand vous voudrez bien recommencer, de nous recommencerons à l’endroit peine où nous en sommes restés. Je suis rebelle aux dispersions. À Je m’en allai par les routes rurales. J’avais la tête épaisse de l’insistance et de l’instance avec ma Pierre Baudouin m’avait introduit ses idées personne … De toutes ces idées, que je me promettais de. É a 7 me semblait en effet que, sauf “hono te Nes levé les gens qui m’avaient élevé m’avaient Met pour eux-mêmes. Au lieu que ere pas nos élèves et nos enfants pOur nous: