II-1 · Premier cahier de la deuxième série · 1900-10-05

nos annonces

Charles Péguy

Read in English →

Nos anciens abonnés savent quelles annonces nous publions habituellement. Nous ne nous vantons pas d’annoncer tout ce qui se fait à Paris et dans le monde, parce que cela dépasserait nos intentions. Nous ne supposons pas que l’abonné soit plus que nous un homme

universel. Nous pensons qu’il est comme nous un hon- nête homme, ordinaire, de bonne volonté. Nous lui annonçons donc les institutions accessibles où il peut aller travailler, — les publications accessibles qu’il peut lire, — les œuvres accessibles où il peut collaborer.

Peu nous importe que ces institutions, ces publications ou ces œuvres soient ou ne soient pas classées officiellement ou officieusement comme étant socialistes. Nous savons de longtemps que l’étiquette importe peu. Nous connaissons de jour en jour que l’étiquette socialiste, aliénée par les partis, a de moins en moins de

Nous annonçons impartialement. Nous ignorons les commérages de quartier. Nous voulons espérer que les rivalités renaissantes ne seront jamais de misérables

Nous annonçons les institutions, les publications et les œuvres qui nous paraissent devoir intéresser nos abonnés, sans demander aux auteurs, aux éditeurs, aux initiateurs ni leur avis ni leur finance. Nos annonces n’engagent donc pas la responsabilité de ceux que nous

Au commencement de cette année scolaire nous aurons beaucoup d’annonces à publier. Nous annonçons aujourd’hui l’école des hautes études sociales. Nous continuerons nos annonces dans le troisième cahier de la deuxième série. Beaucoup d’institutions sont nées ou croissent, beaucoup de publications se préparent, beaucoup d’œuvres ont été commencées parmi nous et autour de nous. La poussée de ces jeunes essais donnerait un grand bonheur à l’homme d’action si le spectateur impartial n’y distinguait des traces nombreuses de naïissante rivalité bourgeoise.

Une assez grosse difficulté se présentait : nous voulons donner à nos abonnés une image fidèle des annonces toutes faites qui nous sont communiquées où que nous obtenons. D’ailleurs nos cahiers deviendraient inabordables s’ils’ étaient un amas de documents, de programmes et d’affiches typographiquement tumultueux. Les personnes amies du travail bien fait remarqueront l’art avec lequel nos collaborateurs les ouvriers compositeurs, le metteur en pages et le prote ont résolu la

École de Morale, École sociale, École de Journalisme

rue de la Sorbonne, à Paris Président : Émize Bourroux, de l’Institut des lettres de l’Université de Paris. — G. Bezor, membre du Conseil supérieur de l’instruction publique, professeur au lycée Louis-le-Grand. — Marcez BERNÈS, professeur au lycée Louis-le-Grand. — BerrTRéLEMY, professeur à la Faculté de droit de l’Université de Paris. — BERTHELOT, sénateur, ancien ministre de l’instruction publique. — Em BourGrois, maître de conférences à l’Ecole normale supérieure. — Léon BourGEoïs, député, ancien ministre de l’instruction publique, — Aporpne BrissoN, rédacteur au Temps. — FERDINAND Buisson, professeur la Faculté des lettres de l’Université de Paris. — Jures CLARETIE, de l’Académie française. — Madame CorGner. l’Institut, doyen de la Faculté des lettres de l’Université Les administrateurs sont délégués par le Conseil de direction. Le

Conseil de direction se recrute par cooptation,.

premier cahier de la deuxième série de Paris. — DARLU, maître de conférences à l’École normale de Sèvres. — DAurrAG, professeur honoraire à la , Faculté des lettres de l’Université de Montpellier. — DERERME, directeur de la Coopération des Idées. — Éme Ducraux, directeur de l’Institut Pasteur. — Dumay, administrateur de la Bourse du Travail. — Espinas, professeur à la Faculté des lettres de l’Université de Paris. — FouxLée, de l’Institut. — Henry Fouquier, journaliste. — EUGÈNE FoURNIÈRE, député. — CHARLES GIE, professeur à l’Université de Montpellier, chargé de cours à la Faculté de droit de Paris. — Enmonp Goupcraux, membre du Conseil de surveillance de l’Assistance publique secrétaire général de la Société des Universités populaires. — PAUL GuIEYSSE, député. — ÉTIENNE JACQUIN, conseiller d’État, président de la Ligue de l’Enseignement. — Gusrave LANsoN, maître de conférences à l’École normale supérieure. — GusrAve LArRoUMET, de l’Institut. — Ernesr Lavisse, de l’Académie française, professeur à la Faculté des lettres de l’Université de Paris. — H. LemonNIER, professeur à la Faculté des lettres de l’Université l’Institut. — MaLArErT, professeur au lycée Louis-leGrand. — ManriLrrer, maître de conférences à l’École des Hautes-Études. — Le R. P. Maumus, dominicain. — GABRIEL Moxop, de l’Institut, maître de conférences à l’École normale supérieure, —, Gasron Mocu, ancien capitaine d’artillerie. — GrorGEs RENARD, professeur au Conservatoire des Arts-et-Métiers. — CHaArRLes Ricner, professeur Rose, ancien directeur commercial des cristalleries de Baccarat. — PAuLz DE Rousiers, publiciste. — Mademoiselle SALOMON, directrice du collège Sévigné. — MM. ArMAND SCHILLER, secrétaire de la rédaction du Temps. — GABRIEL SÉAILLES, professeur à la Faculté des lettres de l’Université de Paris. — CHARLES SEIGNOBOS, maître de conférences à la Faculté des lettres de l’Université de

ancien ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées. — PAUL

SrrAUSS, sénateur, — Tarpe, professeur au Collège de

France. — TramIN, recteur de l’Académie de Rennes. —

ADRIEN VEBER, conseiller municipal. — Le pasteur

Secrétaire : ANTOINE VACGHER, ancien élève de l’École nor-

male supérieure, agrégé d’histoire et de géographie (1)

Série de leçons suivies de discussions ouvertes Introduction par M. ALFRED CROISET

Chaque Conseil élit son président. Le directeur de l’École et les

membres des Conseils d’enseignement, sont nommés par le Conseil à de direction.

(1) Depuis le 15 novembre le secrétaire est M. Paul Mantoux, ancien élève de l’école normale supérieure, agrégé d’histoire et de .

premier cahier de la deuxième série

  1. Éducation morale : traditions et tendances de l’Univer-

2, Conditions et moyens de l’éducation morale : M. DarLu, maître de conférences à l’École normale de Sèvres.

  1. Les agents de l’éducation morale : M. BERNÈS, professeur de lycée.

  2. L’éducation morale par les classes : a) Classes élémentaires et primaires. Rôle de la femme dans les classes M. Korrz, proviseur du lycée Montaigne. — b) En grammaire : M. CLarrIN, professeur de lycée. — c) En lettres sciences : M. Brocue, professeur de lycée. —f) En philosophie : M. MArAPERT, professeur de lycée.

  3. Ÿ a-t-il lieu de faire des conférences spéciales de morale en dehors de la classe ? : M. BeLor, professeur de

Du commandement militaire; autorité répressive et autorité morale ; le Règlement. Le sentiment religieux et la guerre. L’esprit civique et l’esprit militaire. — L’officier, le sous-officier, le dispensé de l’article 23, l’employé, l’ouvrier, l’agriculteur. L’instruction technique, les instructions dans les chambrées, les manœuvres. —

La vie militaire du soldat, la caserne, la garnison ; réformes. Cercles

  • de compagnie, conférences à la troupe, etc. — Patronage dans l’armée, par l’armée. — La lutte antialcoolique dans l’armée et par l’armée. M. Xavier Léon, directeur de la Revue de métaphysique et de morale

l’éducation de famille. — b) A Meissen : l’instruction primaire chez le pasteur Krebel. — c) À Schulpforta : la vie et les années de collège. — d) A Iéna : l’étudiant en théologie.

(4) M. Thamin ayant été nommé recteur de l’Académie de Rennes pendant les vacances, un suppléant lui a été désigné à la rentrée et présenté au public, à la première leçon du jeudi 15 novembre, par le président Croiset. — Ce suppléant était M. Lévy-Brubl.

II. Le premier séjour en Suisse, 1788-1790. — a) Le préceptorat dans la famille Ott. — b) La vie et les amis de Fichte à Zurich. — c) Le roman d’amour de Fichte avec Jeanne Rahn.

II. Ea recherche d’une carrière, 1790-1791. — a) Le départ de Zurich; le séjour à Leipzig. — b) La révélation de la philosophie de Kant : conversion de Fichte au Kantisme. — c) Les projets de retour et de mariage ; une cruelle déception.

Pologne. — b) Le séjour à Kænigsberg; les premières relations avec Kant; le premier écrit philosophique : la critique de toute révélation. — c) Le préceptorat chez le comte de Cracow, à Dantzig.

V. Le retour en Suisse, 1793. — a) Mariage de Fichte et voyage de noces. — b) Les écrits sur la liberté de penser et sur la Révolution

VI. La chaire d”Iéna, 1794-1795. — a) Appel de Fichte à la succession de Reïnhold,à Iéna; les relations de Fichte; ses premiers succès. — b) Le cours sur la théorie de la science et les conférences morales. — c) L’opposition du parti clérical aux conférences du dimanche. — d) La dissolution des associations, des « ordres » d’étudiants et la retraite de Fichte à Osmanstadt.

VII. Ea chaire d’Iéna (suite), 1795-1798. — a) Le retour à Iéna; la période de la grande production philosophique (les théories de la Fichte et l’accusation d’athéisme.

VIII. Le premier séjour à Berlin, 1799-1807. — a) L’exil : départ d’Iéna; visite à Berlin; le cercle des amis de Fichte; la brouille avec Kant. — b) Le voyage à Iéna et l’installation définitive

  • Berlin; les travaux de Fichte; ses projets ; sa brouille avec Reinhold et Schelling. — c) Nomination de Fichte à l’Université d’Erlangen.

IX. Les discours à la nation allemande, 1807-1808.

X. Ee deuxième séjour à Berlin, 1808-1814. — a) Le plan de l’Université idéale; le rectorat de Fichte à l’Université nouvelle de Berlin; professorat. — b) La guerre de 1812. Les derniers actes du penseur. Sa maladie et sa mort.

M. Axaroze Leroy-BEAULIEU, de l’Institut Introduction. — L’antisémitisme. — L’antiprotestantisme. — L’anticléricalisme, — Conclusion. M. L. MariLiier, maître de conférences à l’École des I. L’habitude et la tradition. — II. La loi et Ta contrainte sociale. — II. La suggestion et l’imitation sociales. — IV. La morale obligas toire et la morale idéale.

premier cahier de la deuxième série le pasteur WAGNER La douleur. Ses sources. Ses formes. Ses manifestations dans la religion, la morale, l’art et la poésie. La lutte contre la douleur. L’exploitation de la douleur. Les fruits de la douleur. Cours et conférences du soir sous la direction Série de leçons, suivies de discussions ouvertes, par des maîtres , et des administrateurs de l’enseignement primaire. M. Émixe Bourroux, président du Conseil de direction de l’Ecole des Hautes Etudes sociales Exposilion et critique M. DarLu, maître de conférences à l’École normale de M. Louis Vicouroux, député, professeur d’économie politique à l’École spéciale d’architecture, chargé de plusieurs

I. Préparation à l’enseignement des Universités populaires Conférences et exercices dirigés par les présidents de section Morale. — M. FerpINAND Buisson, professeur à la Faculté des Lettres de l’Université de Paris.

Sciences physiques et naturelles. — M. Émire DucrAUx, directeur de l’École des Hautes Études sociales.

ral de l’École normale supérieure.

Économie politique et droit. — M. CuarLes Gr, professeur à l’Université de Montpellier, chargé de cours à la Faculté de droit de Paris.

Composition des conférences. — M. CHARLES GUIERYSSE, secrétaire général de la Société des Universités populaires.

Enseignement littéraire.— M. GusTAve LANSON, maître de conférences à l’École normale supérieure.

la Faculté des Lettres de l’Université de Paris.

Histoire. — MM. Gasrrez Moxo », de l’Institut; maître de conférences à l’École normale supérieure, HexRri HAUSER, professeur à la Faculté des Lettres de l’Université de Clezmont, et Émice BourG£ois, maître de conférences à l’École x

Pédagogie.— M. CuarLes Ricugr, professeur à la Faculté de Médecine de l’Université de Paris.

la Faculté des Lettres de l’Université de Paris.

premier cahier de la deuxième série M. Pauz Bureau, professeur à la Faculté libre de droit de Paris I. La fonction de l’ouvrier dans la production industrielle : en s quoi l’ouvrier est l’associé du patron et en quoi ses intérêts sont pourtant séparés et même contraires. — If. Le contrat de salaire. , — III. Les diverses formes de salaires : perfectionnements possibles. — IV. Qualité essentielle à toute forme de rémunération de l’ouvrier elle doit maintenir la séparation des intérêts de l’ouvrier et de ceux du patron. Échec de la participation aux bénéfices. — V. Le vrai moyen d’améliorer le taux des salaires : le syndicat. Le marché collectif du travail. — VI. A quelles conditions l’action des syndi- g cats est efficace. — VII. Relations des syndiqués avec les patrons, avec les non-syndiqués et avec les consommateurs. N. B. — Ces études seront strictement conduites d’après la méthode La maladie eonsidérée au point de vue social. — Affaiblissement de la race et de l’individu. — Lutte sociale contre les maladies évitables. — Histoire des associations animales au point de vue de la résistance aux maladies. k M. GrorGes Dumas, professeur de philosophie au collège j Rollin, chef du laboratoire de psychologie de la Faculté de médecine de Paris. A. Plan général du positivisme. — Partie scientifique et partie sociale. — Rapport de ces deux parties. — B. Origines scientifiques du positivisme : Descartes, Turgot, Condorcet, Saint-Simon, Burdin. — C. Origines politiques : Saint-Simon, de Maistre. Le catholi- cisme. — D. La science et l’esprit catholique associés dans le positivisme. Série de leçons par des administrateurs des sociétés ouvrières directeur du Travail

  1. Discours d’ouverture par M. ARTHUR FONTAINE. Coalitions : conciliation, arbitrage, grève et lock-out. — M. Keü- à secrétaire de la Fédération française des Travailleurs du

  2. Rôle des syndicats : placement, chômage, conflits, contrat collectif, contréle de l’application des lois, enseignement technique, etc. — M. Coupar, secrétaire de l’Union corporative des mécaniciens.

  3. Rôle des Fédérations professionnelles. — Confédération géné- rale du travail. — M. Riom, secrétaire de la Fédération nationale du bâtiment.

  4. Rôle des unions locales et des Bourses du travail. — Fédération des Bourses. — M. Brrar, secrétaire du Syndicat des ouvriers en instruments de précision.

  5. Rôle des Congrès corporatifs ou professionnels, nationaux ou internationaux. — M. GUÉRARD, secrétaire du Conseil du Syndicat national des travailleurs des chemins de fer.

  6. Rôle des Chambres ou Conseils du travail. — Rôle du Conseil supérieur du travail. — M. BRiAT.

  7. Inspection du travail par des délégués ouvriers. — Conseils de prud’hommes. — M. QuiLLenT, conseiller prud’homme ouvrier.

  8. Rôle des Associations ouvrières de production. — M. ViLa, secrétaire de la Chambre consultative des Associations ouvrières de

  9. Rôle des associations ouvrières de consommation. — M. GuicLEMIN, secrétaire de la Bourse coopérative des Sociétés de consommation.

  10. Rôle des Sociétés ouvrières de secours mutuels et de retraites. — M. Moreau, secrétaire général du Syndicat des Omnibus.

  11. Rôle des Sociétés d’enseignement mutuel et des Universités populaires. — M. JACQuIOT, secrétaire de la Solidarité, université populaire du treizième arrondissement.

  12. Rôle des Associations politiques. — M. Nrcoras, ouvrier typographe, membre de la Commission administrative de la Bourse du

  13. Conférences sur l’organisation des employés. — Difficultés rencontrées dans la création des syndicats d’employés. — Nécessité du groupement syndical pour les employés, etc. — M. MARTINET, secrétaire de la Chambre syndicale des employés.

  14. Synthèse. — M. ARTHUR FoNTAINs, directeur du Travail.

SAINT-SIMON. — Sa doctrine. La propagande du père Enfantin (831). La communauté de Ménilmontant. Les procès. Conséquences économiques et sociales de cette propagande.

AUGUSTE COMTE. — Première dissidence saint-simonienne. Il crée la sociologie. Sa politique positive. Son influence sur la philosophie moderne.

Pierre Leroux. — Deuxième dissidence saint-simonienne. Sa doctrine de l’humanité. Essais d’application à Boussac. Son influence sur les littérateurs contemporains.

premier cahier . de la deuxième série

Fourier. — Le travail attrayant. La réhabilitation des passions. Le garantisme social. La part de Considérant dans l’œuvre fourié- riste. Sa contribution aux doctrines sociales de ce temps-ci.

François VipaL. — Dissident de Fourier, précurseur du collectivisme,

CozLins. — Premier théoricien du collectivisme.

Pecqueur. — Isolé, qui invente le collectivisme.

CABET. — Son voyage en Îcarie etson nouveau christianisme. Action du Populaire dans la classe ouvière. L’exode en Amérique.

Louis BLanc. — Son Organisation du travail.

Les BABOUVISTES. — Buonarroti, Blanqui. Leur doctrine communiste. Leur action révolutionnaire.

ProupHON. — Sa critique sociale économique. — Le mutuellisme.

chargé d’un cours à la Faculté des lettres de l’Université de Paris.

Les diverses formes de l’association coopérative. Les caractères qui leur sont communs ou antagonistes. — Les causes propres à chaque pays, qui y ont fait prédominer telle ou telle forme. — Si la coopé- ration peut s’adapter à l’évolution industrielle, commerciale ou agricole. — En quoi le coopératisme se rapproche ou se différencie du capitalisme, du collectivisme, de l’anarchisme.

Définition des risques divers courus par les individus; leur réparation par les groupements. — Règles générales qui doivent pré- sider aux groupements sociaux. — Etude des questions : maladies, de secours mutuels, générales, professionnelles. — Unions de

Conférences par M. Henri HaAuUser, professeur à l’Université de Clermont M. Pauz LAcomsr, inspecteur général des Archives et Bibliothèques

La succession ab intestat et les testamentaires. — Vues et senti-

ments qui, dans l’ancienne France, décrétèrent les dispositions les F?

plus communes de la coutume et de la loi. Critique de ces dispositions. — Dispositions actuelles de la législation. Critique de ces dispositions. — Quelles doivent être, en matière de succession, les idées du législateur ? — Réformes à proposer pour mettre la loi sur les successions en accord avec les tendances de notre époque, avec la logique et avec le principe fondamental de la responsabilité individuelle. — Concordance à établir entre la réforme du droit successoral et la réforme de l’éducation.

  1. La guerre à travers les âges. Sa prétendue nécessité (point de vue moral et point de vue politique). — 2. Première phase de l’évolution : la pacification par extension de l’aire de sécurité (formation des nations actuelles). Aboutissant : la paix armée (ou anarchie internationale). — 3. Situation actuelle. — Coût de la paix armée et d’une guerre européenne. Incapacité de la guerre à résoudre aucune question. Les besoins internationaux : organes déjà existants. Organisation du mouvement pacifique. — 4. Le désarmement : illusions et possibilités. L’esprit de désarmement. Les principes du droit des nations. Orientation nouvelle de l’évolution pacifique : la paix (à l’intérieur comme à l’extérieur) par la justice. — 5. Étapes à parcourir : arbitrages spéciaux, traités d’arbitrage permanent, cour internationale permanente. Aboutissant : la fédération européenne (état juridique international). — 6. La Conférence de la Haye. —
  2. But final : L’ère sans violence. L’éducation pacifique. Le temps Les divergences théoriques et pratiques dans, le socialisme all emand. I. L’assistance communale. — II. Les bureaux de charité sous l’ancien régime. — III. Les secours publics pendant la Révolution. — IV. Les bureaux de bienfaisance en France. — V. Les secours premier cahier de la deuxième série

tion, localisation et distribution des secours ; enquêtes, visites, etc.

— NII. Le système d”Elberfeld. — VIII. La charité méthodique en

Angleterre et aux Etats-Unis. — IX. La curatelle des pauvres du

troisième arrondissement de Paris. — X. Ce que doit être la bien-

Assistance sociale, sous la direction de MM. Ducraux,

  1. — La grande actualité, le reportage et l’interview. — M. JEAN BERNARD, rédacteur à l’Indépendance belge.

I. Considérations générales. — II. L’interview classique ; Tacite. — III. Le reportage classique ; Suétone. — IV. Évolution de la grande actualité depuis la Révolution jusqu’à nos jours. Les journaux ouverts et les journaux fermés. — V. De la grande actualité; ce qui la distingue de la chronique ; le style, la pensée, les anecdotes, le trait. — VI. Le reportage. Comment on le fait. Comment on devrait le faire. Les manœuvres de la presse. Les tâcherons. Règles générales. Les reporters célèbres. — VII. L’Interview. Il n’y a pas de genre infé- rieur, il n’y a que des esprits médiocres. Ceux qu’on interviewe. Comment on interviewe. Le secret professionnel. La probité du mé- tier. Les démentis et les rectifications. — VIII. Rapports des reporters avec les rédacteurs et secrétaires de rédaction. Les serviteurs de l’idéeet les marchands de papier. Les femmes reporteresses. Plus de probité et plus de respect. Le reportage à l’étranger. —IX. Leçon pratique de grande actualité. — X. Leçon pratique de reportage. — XI. Leçon pratique d’interview. — XII. Résumé des travaux de l’année.

  1. — L’évolution de la presse anglaise. — M. PrErRRE Mure,

  2. — La Presse sous la Restauration. — M. Lucrex Maury,

  3. — Histoire de la Presse sous le règne de Louis-Philippe

Situation de la presse au moment de la révolution de juillet. — 1 Modifications apportées par la Charte. — Les lois de septembre leurs conséquences. — Le journal à bon marché; le roman-feuilleton. — La presse politique sous les ministères Thiers et Guizot. — La presse religieuse. — La presse socialiste.

  1. — Histoire de la Presse sous le Second Empire (sept

Situation de la presse, lors de l’élection du prince Louis-Napoléon — Coup d’Etat du 2 décembre 1851: ses conséquences. — Journaux impérialistes et journaux de l’opposition, — Formation du groupe des cinq, 1858. — 1860, première évolution, tendance plus libérale. — La guerre d’Italie, ardentes polémiques de presse. — Influence croissante des journaux de l’opposition : le Courrier du Dimanche, l’Opinion libérale, le Temps. — 1863, fondation du groupe Thiers, les cinq libertés. — Mécontentement des journaux ultramontains. — Sadowa. — L’affaire du Luxembourg. — Le procès Baudin, — 1869, seconde évolution ; l’Empire libéral. — Ministère Émile Ollivier. — La déclaration de guerre. — Progrès de la presse socialiste durant les dernières années de l’Empire.

  1. — Histoire contemporaine traitée au point de vue du de conférences à la Faculté des Lettres de l’Université de

  2. — La Presse russe. —M. AxDrÉé TripoN, attaché à l’agence

  3. Caractères généraux et législation de la presse russe. — 2 et 3.

  4. — La Pres$e américaine. — M. Louis Vraouroux, député. Leçon d’ouverture : Interview du professeur John French

premier cahier de la deuxième série Comment se rédige un journal américain. — L’information à outrance. — Reportage et coup de télégraphe. — Une conséquence de Ÿ la guerre hispano-américaine.

Paris, président honoraire du Syndicat de la presse judiciaire parisienne.

  1. Le droit du journaliste. — 2. Le droit des tiers, etc., etc.

  2. — Crilique dramatique. — Séries de leçons organisées et dirigées par M. Henry FOUQUIER, journaliste.

2, — La Critique musicale. — M. L. DAurrAC, professeur honoraire à l’Université de Montpellier, I. Qu’est-ce que critiquer ? C’est juger en expliquant. Le critique

musical peut toujours juger. Ne peut-il motiver ses jugements ? L’opi-

nion courante est qu’il ne le peut.

II. De la difficulté de motiver ses jugements en matière musicale.

Cette difficulté repose sur l’imprécision de ce que la musique ex-

prime ou est censée exprimer. On vante l’intensité de ce pouvoir

d’expression. Elle est incontestable. Il est donc possible de voir si

l’on a été ému et si on l’a été légèrement ou profondément.

III. De l’expression musicale. La musique n’exprime pas en ce

sens qu’elle n’est pas un langage d’idées. Est-elle un langage d’émo-

tions ? En cas d’affirmation, la motivation des jugements critiques

deviendrait possible. Il y aurait place pour une certaine « vraisem- blance ». On pourrait statuer sur les limites dans lesquelles cette vraisemblance a été atteinte. Ce n’est pas tout : on pourrait exa-

miner dans quelle mesure une œuvre musicale est ou n’est pas co-

IV. Caractère actuel de la chronique musicale : elle n’arrive pas à se distinguer de la chronique, malgré de louables efforts pour s’en dégager. Comment faire aboutir les efforts ? Retour sur les résultats

des analyses précédentes.

Conférences professionnelles annexées au Cours de

Travaux pratiques, sous le patronage du Conseil de lÉcole, dans les ateliers des grands journaux de

ARTICLE PREMIER. — Un établissement libre d’enseignement supérieur est organisé à Paris sous ce titre École des Hautes Études sociales.

AnRricze 2. — L’École des Hautes Études sociales comprend trois sections, dont voici les noms : École de morale, École sociale, École de journalisme. D’autres sections pourront être ouvertes au fur et à mesure des

ARTICLE 3. — L’enseignement comprend des cours et des conférences. Chaque professeur garde la liberté et la responsabilité de ses opinions. La solidarité consiste dans l’association volontaire au travail de l’École.

ARTICLE 10.— Sont admises aux cours de l’École toutes les personnes qui en font la demande, sous les

Versement d’un droit d’inscription général de francs, et d’un droit d’inscription spécial de 10 francs par section. Ce droit est réduit de moitié pour les étudiants, les professeurs et les maîtres de toute catégorie. (1)

ARTICLE 11. — Recevront le titre de membres fondateurs 1° Les professeurs qui auront enseigné pendant les deux premières années de la fondation de l’École;

Toute personne ayant fait à l’École un don de francs au moins. Les membres fondateurs ont droit

(1) Cette inscription donne droit à l’usage gratuit de la bibliothèque et de la salle de lecture (journaux, revues, etc.).

premier cahier de la deuxième série d’assister en tout temps aux cours, conférences, visites, et reçoivent toutes les publications de l’École.

Recevront le titre de membres donateurs les per-

sonnes ayant versé une somme de 100 francs au moins; _elles pourront assister en tout temps aux cours, confé- rences et visites.

ArricLe PREMIER. — L’École des Hautes Études sociales délivre deux sortes de diplômes : un diplôme de section et un diplôme d’École.

ARTICLE 2. — Le diplôme de section porte le titre de la section qui l’aura délivré. Pour l’obtenir, le candidat devra justifier de deux ans de scolarité, et prouver soit par un travail original se rapportant à l’un des cours, soit par tout autre moyen, qu’il a bénéficié de l’enseignement reçu. L’appréciation de son travail et, plus généralement, celle de sa candidature, est laissée à un professeur nommé par le Conseil d’enseignement de la section. Après rapport de ce professeur et après avoir, s’il le juge nécessaire, fait comparaître devant lui le candidat, le Conseil accorde ou refuse le diplôme.

ArrTicLe 3. — Le diplôme de l’École est conféré, sans examen nouveau, à tous les élèves de l’École des Hautes Études sociales qui présenteront deux diplômes de section, à la condition que l’un de ces diplômes soit toujours celui de l’École sociale.

ARTICLE 4. — Une réduction de la durée des études pourra être accordée aux étudiants étrangers, sur demande appuyée par les présidents de section.

Nos anciens abonnés savent comment nous rendons compte. Nous allons voir pour eux, quand nous le pouvons, les cérémonies, séances et manifestations qu’ils iraient voir s’ils en avaient le loisir ou les moyens. Nous

entendons pour eux. Le sténographe habituel de nos cahiers entend avec nous pour eux. De retour à la maison, nous relatons bonnement ce que nous avons vu. Nous publions ce que le sténographe a noté. Nos sténographies ne sont donc pas des façons d’articles revus, relus, amendés, embellis ou faussés par l’auteur, mais, autant que nous le pouvons, la reproduction fidèle de ce que nos abonnés auraient entendu s’ils avaient assisté.

Nous prions nos abonnés de vouloir bien n’oublier pas comment nous procédons. Ils doivent tenir compte à l’orateur, au conférencier, au professeur, en lisant la sténographie, de ce qu’il n’écrit pas, exactement comme l’assistance lui en tient compte en l’écoutant.

Sauf de très rares exceptions, nos comptes rendus ne seront pas tirés à part.

Nous avons assisté le lundi 12 novembre à l’inauguration des locaux et à l’ouverture des cours de l’École des Hautes Études sociales. Nous reproduisons le discours de M. Boutroux, président du Conseil de direction, et l’allocution de M. Duclaux, directeur de l’École.

Public habituel de ces inaugurations, un peu plus nourri. Je n’avais pas entendu M. Boutroux depuis le cours public fait en Sorbonne sur Pascal. Dès les leçons et la conclusion de ce cours M. Boutroux continuait sauver où à sauvegarder la famille, la patrie, l”humanité, la dignité de la personne, la liberté, l’art, la science, la philosophie, la morale. Toute la passion intérieure épuisée qu’il apportait à tant de travail nous semblaïtun peu douloureusement vaine et fatigante. — Aujourd’hui M. Boutroux a lu son discours beaucoup plus assuré, beaucoup plus efficace, beaucoup moins fatigué, parce que les mêmes enseignements avaient une application

immédiate, parce que la seule présence de M. Boutroux était indivisément un enseignement et un acte. L’ancienne austérité, la noblesse maigre et sobre devenait qualité sociale et restait qualité de vie intérieure.

gauche M. Alfred Croiset. A l’extrême gauche M. Cornély, que j’ignorais, que l’on ne peut nullement imaginer. Un gros rouge, ne ressemble aucunement ses articles de français sobre et net.

M. Duclaux a parlé familièrement, de son front entêté, de son regard frontal, froidement sourcilleux. Nous laissons soigneusement à son allocution le caractère qu’elle avait. Cordialité sans gêne et sans apprêt. Nulle recherche. Parfois singulièrement grave et entrant, pé- nétrant, simplement, quand il parle du bon professeur que nous avons tous eu, des ouvriers et des bourgeois, du socialisme. Il y aurait beaucoup à redire sur sa paix sociale et son évolutionnisme non révolutionnaire. Mais cela même avait un autre accent, dit honnêtement par lui, que répété commodément par M. Millerand.

L’école des hautes études sociales est l’expression d’une idée très conforme à l’esprit général de notre temps : celle du groupement et de l’organisation méthodique de toutes les études qui se rapportent aux conditions d’existence et de progrès des socié- tés humaines. Quelque opinion que l’on professe sur la forme la plus parfaite de ces sociétés, on ne peut contester que, de plus en plus, pour faire, en matière sociale, œuvre viable et bonne, il faut posséder un fonds de connaissances positives, de données d’observation, d’inductions expérimentales, comparables à celles que suppose l’élaboration industrielle de la matière ; de plus en plus, dans nos sociétés, dont les conditions d’existence sont si complexes et enchevêtrées, la politique comme art suppose la politique comme science. Or, toute science comporte et appelle, avec la multiplicité et la spécialité, la coordination rationnelle des recherches, Toute science est, par nature, œuvre

Nous avons relu nos épreuves sur le texte écrit de M. Boutroux.

école des hautes études sociales ci, la rencontre de nombreuses personnes, venues de points divers et peut-être éloignées, présente un intérêt double. Car, non seulement ces personnes sont mises en mesure de travailler plus efficacement à l’avancement de la science sociale. Mais en se plaçant toutes également sur le terrain scientifique, en cherchant toutes avec la même conscience des faits, des réalités données, des vérités évidentes, elles sont sûres de ne jamais se combattre, de ne pas s’opprimer les unes les autres, un fait ne pouvant jamais détruire un autre fait, et ainsi elles développent déjà en elles-mêmes, par une consé- quence naturelle de leur travail, ces sentiments, je ne dis pas seulement de tolérance mutuelle, mais d’accord et d’amitié, qui sont apparemment l’une des fins principales où doivent tendre les sociétés humaines. (Applaudissements) — Nous demandons avidement à la science tout ce ‘qu’elle tient en réserve pour la satisfaction des besoins du corps c’est bien. Ne négligeons pas de recevoir également d’elle ce qu’elle nous offre pour l’amélioration de nos âmes.

En même temps qu’elle se place sur le terrain scientifique, l’École des Hautes Études sociales poursuit expressément l’utilité pratique. Elle souhaite de contribuer efficacement et immédiatement au bien public. Elle s’adresse donc, non seulement

aux hommes d’études proprement dits, mais à tous ceux que préoccupent les questions sociales, à ceux-là surtout qui, engagés dans les professions pratiques, vivant au cœur des réalités, parmi les difficultés et les luttes de l’existence, souhaitent de confronter leur expérience et leurs réflexions avec celles des autres, pour chercher en commun les causes et les remèdes des misères sociales, les améliorations possibles, durables et fécondes. C’est à la société elle-même, non à une classe d’étudiants, que s’adresse cette école sociale.

De cette destination générale découlent la composition et les caractères de notre École.

La tâche qu’elle se propose comprend logiquement trois parties essentielles. Il s’agit, en premier lieu, de déterminer en elle-même l’idée de la forme normale et rationnelle de la vie humaine; — en second lieu, de chercher comment cette idée abstraite peut être réalisée dans la société, telle qu’elle est donnée. Mais ce n’est pas tout. Les idées ne se réalisent pas d’elles-mêmes : il faut, pour qu’elles deviennent des forces sociales, qu’elles s’incarnent dans un grand nombre d’hommes, et même, s’il est possible, dans la société tout entière. Il y a donc lieu de rechercher les conditions de la propagation et de la

diffusion, à travers les intelligences, des principes

école des hautes éludes sociales et des méthodes reconnues scientifiquement comme les plus sûrs et les plus efficaces. C’est là une troisième tâche impliquée, comme les deux premières, dans l’objet que nous avons défini.

Pour satisfaire à ce triple besoin, l’École des distinctes : École de Morale, École sociale proprement dite, École de Journalisme.

L’École de Morale étudie, par rapport au temps et aux conditions présentes, ces questions fondamentales du juste et de l’injuste, de l’honnèête et du déshonnête, du droit et du devoir, de la tâche des individus et des sociétés, des fins et des moyens de l’éducation, qui, tant de fois traitées, et par les plus grands génies, sont néanmoins toujours nouvelles, non seulement parce qu’elles dépendent, dans une certaine mesure, des conditions concrètes de la vie individuelle et sociale, lesquelles peuvent se modifier profondément, mais encore parce qu’il est dans la nature de l’homme de chercher à se dépasser sans cesse, et que ce progrès suppose découverte, invention, création en quelque sorte, en morale comme dans les autres modes de l’activité humaine.

L’École sociale étudie pour lui-même, à la manière du naturaliste, cette sorte de règne spécial que

constitue l’ensemble des faits sociaux. Elle l’étudie suivant la méthode d’observation et d’analyse. En même temps qu’elle cherche à déterminer les faits avec une rigoureuse exactitude, elle tâche de dé- couvrir leurs relations causales, leur dépendance mutuelle, afin de dégager de l’observation, tant du passé que du présent, quelque chose qui ressemble aux enseignements, utilisables dans la pratique, que le physicien et le biologiste reçoivent de l”expérimentation. Enfin l’École de journalisme voit dans cette profession, non plus l’emploi arbitraire de facultés naturelles plus ou moins brillantes et de connaissances acquises au hasard des lectures et des conversations, mais un véritable métier, qui a ses règles, ses devoirs, ses conditions précises, intellectuelles et morales, qui, dès lors, suppose un apprentissage, et peut être enseigné, dans une certaine mesure, par ses représentants les plus expérimentés et les plus dignes. D’ailleurs la presse est devenue, elle-même, dans la société, une école d’une puissance incomparable. Il importe que cette puissance soit entre les mains d’hommes capables et dévoués au bien. Tel est l’objet de nos trois écoles. On s’efforce, pour chacune d’elles, de constituer un enseignement

école des hautes études sociales Ë Bu complet, c’est-à-dire où le cadre des études soit exactement représenté dans son entier. Car, outre la nécessité d’étudier, sans omission, toutes les questions impliquées dans la vie pratique, rien n’est plus propice au jugement sain et droit que desituer exactement chaque chose dans l’ensemble dont elle fait partie.

travers la différence des matières, ces trois écoles ont un caractère commun. Elles sont toutes théorie. C’est la théorie, certes, la théorie faite, en quelque sorte, de l’âme des faits, qui, visible ou latente, donne à la pratique la généralité, la sûreté, la fécondité, la valeur durable. Mais de nombreux et solides enseignements existent ailleurs, qui envisagent surtout les problèmes sous leur aspect théo-

rique. Ici, l’on a en vue, avant tout, d’aider les hommes voués à l’action à acquérir ce qu’on nomme proprement la compétence, c’est-à-dire cette science

concrète, appropriée à un objet déterminé, qui est le trait d’union entre la science pure et la pratique. On veut donner à chacun des connaissances immédiatement utilisables, des directions précises etpositives qui s’adaptent aux réalités de l’existence. On conçoit, à cet égard, entre le sophiste qui démontre tout ce qu’on veut parce qu’il ne serre pas de près les conditions des problèmes mais se joue

parmi les généralités vagues, et l’empirique, qui ne sait qu’universaliser les trois ou quatre faits qu’il a sous les yeux, et dont il n’aperçoit ni la raison ni le sens véritable, un esprit éclairé autant que positif, en quête de toutes les idées même les plus élevées que suggèrent les faits, mais les considérant immédiatement dans leurs conditions de réalisation, dans leur signification pratique et expé- rimentale. Etc’est ce genre d’esprit que l’on se propose de provoquer ou de développer.

Un tel enseignement, d’ailleurs, non seulement peut être constamment pénétré de théorie, au sens scientifique et légitime du mot, mais est lui-même , un instrument du progrès de la connaissance théorique. Car les idées, comme les modes de l’action, se perfectionnent par les rapports mutuels des uns et des autres. La pensée n’est pas seule à découvrir les moyens de surmonter les difficultés. La vie, elle aussi, avec ses nécessités, ses tâtonnements et ses expériences spontanées, résout bien des problèmes ; et la pensée s’éclaire en méditant sur les enseignements du fait.

Il est inutile de faire ressortir que les professeurs d’une telle école jouissent, dans leur enseignement, d’une entière liberté intellectuelle, Ils ne sont assujettis à aucune doctrine, à aucune autorité. Cette condition est impliquée dans l’idée même d’une

école des hautes études sociales recherche scientifique, puisque le savant, par définition, est un homme qui ne sait pas d’avance à quel résultat il aboutira, mais qui suit, avec une docilité et une abnégation parfaites, le fil conducteur de l’expérience et du raisonnement. Et liberté, ici, n’est pas anarchie ou conflit. Il n’est

pas question, parmi nous, de propagande et de pro- À sélytisme. Il ne s’agit pas de communiquerauxauditeurs, par le prestige du talent oratoire, les sentiments même les plus généreux, la foi même la plus sincère et la plus noble dont, personnellement, on peut être animé. [ei, on ne veut qu’instruire, éclairer, faire connaître, dans leur complexité et dans leur précision, les conditions, des problèmes, les expériences faites, les résultats obtenus dans telles et telles circonstances. Or les connaissances expérimentales les plus diverses peuvent se coudoyer sans se combattre. Deux faits sont autres, sans pour cela être contradictoires : seuls les concepts abstraits de l’Entendement comportent le rapport de contradic- ? tion proprement dite et d’exclusion mutuelle. Deux vrais savants, en tant que savants, se tolèrent donc nécessairement l’un l’autre. Ce n’est pas assez dire ; et l’on ne saurait douter qu’une science com- è mune, aussi complète et objective que possible, ne soit pour les esprits un principe de rapprochement singulièrement puissant. Largement instruits, et capables de considérer les questions sous toutes leurs faces, les hommes, en général, ne seraient pas loin de s’entendre. Ils ne sont pas si mauvais, qu’ils se plaisent à agir contrairement à ce qu’ils reconnaissent comme la vérité, et bien souvent, ce sont les lacunes respectives de leur savoir qui causent leur mésintelligence.

Ainsi, quelle que soit la diversité d’études, de point de vue et de sentiments des personnes qui professent dans cette école, elles sont unies, d’avance, par une sorte d’harmonie préétablie. C’est un lien véritable et un accord déjà effectif que la commune résolution de chercher la vérité sans parti pris, de bonne foi, en acceptant d’avance tous les résultats, quels qu’ils puissent être, où conduira l’observation impartiale et l’analyse des faits. L’unité spirituelle et invisible des intentions et des volontés n’est pas moins réelle que celle des doctrines et des formules, autour desquelles se groupent les intelligences ou les imaginations.

Rapprochés par la communauté d’esprit scientifique, les professeurs de l’École des Hautes Études sociales le sont, en outre, par la croyance à la nécessité et à l’eflicacité d’une étude scientifique des problèmes sociaux.

Quelle est aujourd’hui l’autorité qui peut s’imposer

école des hautes études sociales “100 problèmes qui nous pressent seront insolubles si l’on ne consent à en demander la solution qu’à la force ou à l’autorité. Pourtant on ne peut se désintéresser de ces questions. Il est incontestable que, par suite de l’ensemble des conditions matérielles et morales des sociétés modernes, l’égalité de droit et même de pouvoir de tous les individus tend de plusen plus à se réaliser. Or qui pourrait affirmer que Hobbes s’est trompé du tout au tout, quand il a posé en principe que légalité, c’est la guerre ? Si l’éga- lité laisse subsister dans les âmes légoïsme, jouissance, si elle n’a pas pour complément, et en quelque sorte pour fondement intérieur et moral, le respect du droit d’autrui, la sympathie mutuelle, l’idée de collaboration à une œuvre commune, c’est-à-dire des notions et des sentiments sociaux, ilest clair que Hobbes a raison. L’égalité du loup et de l’agneau, fût-elle établie entre eux par un contrat en forme, est précaire et illusoire. Et il est vain d’objecter que la condition qui rend légalité durable et bienfaisante, ce sont des sentiments, en même temps que des connaissances, et que la science n’a pas de prise sur les sentiments. Plus l’homme est instruit et porté à la réflexion, plus il consent, plus il aspire à régler ses actions et ses sentiments sur ce que sa raison lui réprésente comme vrai.

ce double caractère, enseignement surtout pratique, recherche absolument libre mais serupuleusement scientifique, l’École, si le vœu de ses professeurs est entendu, en joindra un troisième la participation sérieuse et suivie de l’auditoire l’étude des questions traitées. Cette école ne s’appelle pas École des sciences sociales, mais bien École des études sociales, parce qu’en ces matières peu de principes sont assez Ciablis pour pouvoir être enseignés ex professo. Il est nécessaire que chacun apporte ici ses observations, ses réflexions. Ce doit donc être la règle et la pratique constante, qu’à la suite de chaque leçon une discussion s’établisse, dans laquelle les opinions diverses se confrontent, s’éclairent, se rectifient et se complètent mutuellement. Collaboration profitable à Favancement de la science, non moins précieuse pour unir les âmes avec les intelligences. Car, comme le disait Aristote, tout ce qui est commun unit, et cela à proportion de l’excellence de la fin commune. Mais, quelle fin est plus haute que la recherche de la vérité ?

Telle est, dans son objet et dans ses principes, l’École des Hautes Études sociales. Elle fait appel

école des hautes études sociales à tous ceux qui sont désireux d’appliquer aux problèmes sociaux le pur esprit scientifique. Elle ne prétend pas que la science, sans les vertus actives, suffise à résoudre ces problèmes dans la réalité concrète et vivante, mais elle part de ce principe, assu- rément incontestable, que, dans le domaine social comme dans les autres, il y a des faits à connaître et que cette connaissance importe à la pratique; et elle a confiance que la recherche commune de la , vérité, poursuivie avec zèle et avec conscience, non seulement rend possible une œuvre scientifique que les individus, livrés à eux-mêmes, seraient incapables d’accomplir, mais encore prépare et com- mence, par son influence sur les âmes et les volon- tés, la réalisation des harmonies morales. Apprendre ensemble, et les uns des autres, c’est déjà s’aimer. Au moment où nous mettons sous presse, nous ne pou- À vons qu’annoncer en bref à nos abonnés que M. Duclaux a fait mardi soir à l’école des hautes études sociales une leçon très rare et très forte pour l’inauguration du . , cours préparatoire à l’enseignement des universités populaires, que nous avons fait sténographier cette leçon, et que nous la publierons dans un prochain +]

M. Duclaux n’a pas revu la sténographie.

Vous reconnaîtrez qu’il y a quelque témérité à prendre la parole après M. Boutroux et à courir les hasards de l’improvisation après le discours si mesuré, si noblement pensé, si noblement écrit que vous venez d’entendre et d’applaudir. Et c’est ici que j’indiquerai publiquement mon regret d’être seul à remplir cette tâche.

Vous deviez vous attendre logiquement — dans une salle qui est destinée à entendre des raisonnements logiques — à voir apparaître le directeur de l’école de morale, pour vous parler de son école, le directeur de l’école sociale pour la sienne, et enfin, le directeur de l’école de journalisme, pour la troisième. Or, mes deux excellents amis, MM. Croiset et Cornély, se sont défilés, l’un à droite et l’autre à gauche, et m’ont laissé seul pour comparaître devant vous.

Je me trouve heureusement devant un certain nombre de noms et de titres de cours autour desquels un commentaire serait absolument inutile. Quand je vous aurai dit, par exemple, que M. Croiset vous fera une histoire de la morale grecque, je suis dispensé de rien ajouter : l’homme et le sujet s’invitent et s’indiquent l’un l’autre. Quand je vous aurai dit que M. Anatole Leroy-Beaulieu vous parlera de ce qu’il appelle les doctrines de haine, parmi lesquelles nous avons vu fleurir dans ces derniers temps une doctrine particulière, l’antisémitisme, il est évident que vous pouvez - tous vous attendre à ce qu’un pareil sujet, traité par un pareil homme, devienne, très intéressant. Quand je vous aurai dit que M. le pasteur Wagner abordera la dificile et toujours présente question de la douleur, vous trouverez tout naturel qu’un homme qui est habitué depuis si longtemps à vibrer au contact de toutes les douleurs humaines école des hautes études sociales — douleurs de famille, douleurs de conscience, douleur patriotique — continue ici son œuvre de consolateur. Le cours de M. Mariilier sur l’obligation morale et la coutume; le cours de M. Charles Guieysse sur la morale et lParmée sont aussi des cours qui s’expliquent par eux- mêmes, ou du moins dans lesquels le nom du conférencier indique tout de suite quel sera le caractère du cours. Il s’agit de cette question toujours présente : la luite de la loi morale contre les conditions extérieures, qui quelquefois la sollicitent, quelquefois, au contraire, l’entravent dans k son développement, — contre la coutume dans les cours de l M. Marillier, — contre la tradition dans ceux de M. Guieysse; — et cette même lutte contre les devoirs professionnels du militaire, de l’officier, ce qui l’empêche quelquefois d’exercer sur ses hommes l’influence morale qu’il pourrait exercer, À ce qui empêche ces hommes de la recevoir, ce qui même empêche l’oflicier dans certaines circonstances d’être maître de sa conscience morale et de distinguer chez lui où com- mence l’obéissance et où finit la soumission : question évi- ! demment des plus importantes, des plus graves, question d’un intérêt actuel et que M. Guieysse étudiera avec sa compétence ordinaire, car je crois pouvoir dire qu’il a éprouvé lui-même les incertitudes qu’il vous indiquera. Vous trouvez aussi dans ce même programme un cours de M. Xavier Léon sur la vie de Fichte; pourquoi ce philosophe plutôt qu’un autre? Parce qu’ici nous ne nous préoc- cupons pas seulement d’éclairer les esprits, mais encore de former des volontés. Et il nous a semblé que la vie d’un j philosophe qui a été à la fois un homme et un citoyen, qui, 8 patrie était une vie dont l’exemple méritait d’être porté devant vous. j J’aurai à entrer dans un peu plus de détails à propos du sujet que vous voyez inscrit sous le titre l’éducation morale dans les lycées. Ce mouvement est commencé depuis long- f temps; d’abord par l’enseignement secondaire de l”Université, ensuite par le programme des établissements rivaux. L’enseignement secondaire ne s’est pas jusqu’ici préoccupé de l’éducation morale de ses élèves; je dis dans les programmes, Car vous savez que si elle n’a pas prêché par la parole, l’Université a souvent préché par l’exemple, et que si chacun de nous veut descendre dans le fond de sa conscience, il y trouvera le souvenir d’un professeur particulièrement aimé, particulièrement chéri, parce que ce professeur a trouvé davantage le chemin de notre esprit et de notre cœur: il nous a dévoilé à un moment donné ce que c’était qu’une vie utile, une vie probe, il nous à dévoilé le sens profond de la vie, et si nous Ÿ faisons cet examen de conscience, chacun de nous pourrait voir qu’à côté des influences familiales, à côté des influences ancestrales, il y a, imprimé dans le cœur de l’homme, le souvenir d’un professeur qui a été vraiment un maître et un initiateur tout en prêchant par l’exemple. L’Université ne s’était malheureusement pas préoccupée de l’éducation morale telle que nous la concevons maintenant, non seulement telle que nous la concevons, mais telle quelle devient nécessaire, car autrefois, au temps où la plupart de ceux qui sont ici ont été élevés, il n’y avait pas le souci de la préparation des examens ; il n’y avait pas ces programmes qui s’imposent en ce moment-ci, non seulement à l’élève, mais qui par l’élève s’imposent au professeur; de sorte qu’on peut dire que l’élève est devenu le maître de sa classe, à partir des classes supérieures, c’est- à-dire à partir du moment où l’élève commence à entrer un peu en possession de lui-même, où l’éducation qu’il pourrait recevoir pourrait lui être profitable. A partir de ce momentlà l’élève est préoccupé du baccalauréat et dès lors, les notions de morale que l’Université a réparties dans ses programmes, soit du cours d’histoire, soit du cours de philosophie, paraissent à l’élève, uniquement préoccupé de son examen, à peu près aussi importantes que le théorème ‘ du carré de l’hypoténuse ou la règle de trois. Ce qu’il devrait avoir en entrant dans la vie comme élément fondamental, ce qui est destiné à faire l’homme que sera cet élève, est

Vous comprendrez, dans ces conditions, qu’un certain nombre de professeurs de l’enseignement secondaire, émus de cette situation, préoccupés de l’avenir des jeunes géné-

école des hautes études sociales rations dont ils avaient la garde, se soient posé la question suivante : Remplissons-nous notre devoir vis-à-vis de s ces enfants ?

Cette question posée par ces universitaires devait aboutir trompe, M. Malapert, que nous voyons précisément dans la liste des conférenciers, s’était préoccupé de munir ses élèves, au moment où ils arrivent au baccalauréat, où ils vont entrer dans la vie, des quelques notions indispensables pour que ces jeunes gens connaissent un peu le monde dans lequel ils vont entrer.

Cet exemple a été suivi; cette question de l’éducation morale dans les lycées préoccupe en ce moment un grand nombre d’hommes, et tout dernièrement, dans un Congrès international, si je ne me trompe, cette question a été posée; on s’est demandé s’il faut que la morale conserve sa place dans le programme dont je viens de vous entretenir et de vous montrer tout à l’heure l’importance, si elle devait faire l’objet d’un enseignement formel, être placée son heure et à sa place dans le système total de l’enseignement, ou bien, au contraire, si elle devait pénétrer l’enseignement tout entier.

Dès lors, une enquête s’imposait; c’est cette enquête que nous allons essayer de continuer ici. M. Croiset, qui, étant helléniste, a toutes les qualités pour être un chef de chœur, la conduira; un certain nombre de professeurs, dont nous sommes heureux de saluer l’apparition dans une pareille matière, feront des conférences sur les sujets qui sont portés au programme, essaieront de montrer comment cette éducation morale peut être introduite à toutes les hauteurs, à tous les étages de l’enseignement, à partir des classes de grammaire jusque dans l’enseignement des sciences, Après chaque exposé, une discussion interviendra, discussion qui, s’il est nécessaire, sera remise à la leçon suivante ou la conférence suivante, de façon à ce que les esprits puisent des notions à ce sujet et que ces conférences soient fructueuses. Quand elles seront terminées, une publication spéciale répandra les résultats qu’elles auront produits, dans la masse du public.

Comme nous sommes à l’avance convaincus que cette enquête portera ses fruits et qu’elle donnera de bons résultats, nous avons immédiatement demandé à notre collègue et ami M. Buisson, toujours prêt à toutes les œuvres ætiles, de faire une enquête toute pareille pour l’enseignement primaire; M. Buisson était plus caractérisé qu’un autre pour cette œuvre, car il s’est depuis longtemps préoccupé d’introduire l’enseignement moral et civique dans l’enseignement primaire. Eh bien, une enquête, qui montrera à quoi on est arrivé dans cette direction,les petits perfectionnements qui peuvent encore y être apportés, est une enquête sur laquelle nous comptons au moins autant que sur celle que nous avons ouverte à propos de l’enseignement secondaire, car il ne faut pas oublier que la population scolaire primaire est plus nombreuse que celle de nos lycées et écoles similaires. De sorte que nous aurons là, quand tout sera terminé, une enquête qui sera évidemment très intéressante.

Après avoir ainsi tracé les grandes lignes de l’école de morale, je puis me contenter de passer rapidement sur les conférenciers et sur les conférences ; vous allez y retrouver des noms aimés, chers, et vous comprendrez tout naturellement aussi que ces hommes soient les mieux qualifiés pour faire les conférences auxquelles ils vont procéder.

C’est ainsi que nous trouvons M. Boutroux, qui nous parlera de la morale et de la civilisation; M. Darlu, qui nous parlera de l’idée du devoir en morale, d’après Kant; M. Fournière, sur lequel je vais revenir tout à l’heure, qui nous parlera de morale et socialisme; de M. de Roberty, qui nous fera trois conférences sur Frédéric Nietzsche, sa morale, ses disciples; M. G. Sorel, qui nous parlera de la valeur morale de l’art ; M. Vigouroux, qui a longtemps parcouru le monde et qui nous donnera certainement des notions très claires, très précises et bien exposées des variations que peut subir la morale, suivant les races et les climats, qui tout d’abord nous exposera la morale cafre. Enfin, M. Cantecor, dans une conférence qui n’est pas inscrite au programme, traitera d’une question dont l’énoncé seul vous paraîtra de suite intéressant : l’usage et l’abus de la solidarité. école des hautes éludes sociales J’arrive à l’école sociale. Le plan de l’école sociale est exactement celui qu’indiquait M. Boutroux tout à l’heure il est conforme au précepte indiqué par Buffon et qui revient à ceci : colliger des faits pour avoir des idées. Cette méthode est encore plus nécessaire à propos des sciences sociales qu’elle ne l’est par exemple pour les scien- ces physiques, dans lesquelles l’objet de l’étude est commandé par des lois qui lui sont supérieures, qui sont inéluctables et devant lesquelles il faut bien s’incliner, dont les caractères sont connus à l’avance et qui permettent d’émettre des prévisions. Il en est autrement, bien entendu, quand la matière première qui fait l’objet de l’étude se trouve être l’homme, avec sa volonté, avec sa responsabilité, avec son libre arbitre ; c’est une matière essentiellement variable, sur laquelle on ne peut pas compter. — Il y a bien, je le sais, des écoles qui le suppriment, par la pensée, bien entendu, et qui di- sent : il y a des lois générales, les hommes se mettent en travers, tant pis, les hommes seront balayés, et qui ne s’en préoccupent pas davantage; — il y a des écoles qui disent qu’il est dans la loi naturelle que les faibles disparaissent et que si les pauvres sont faibles, ils n’ont si les riches font obstacle au progrès, qu’ils disparaissent aussi. Eh bien, nous sommes entre ces deux écoles rivales; nous ne voulons pas de ces ostracismes, nous essayons d’établir précisément entre ces deux doctrines le pont qui doit les réunir, et dans cet ordre d’idées, nous disons : l’homme a toujours été à peu près le même à toutes les époques; il déjà agi, il s’est organisé, il a travaillé ; cherchons un peu ce qu’il a fait dans le passé pour savoir ce dont il est capable dans l’avenir. De là, tout naturellement, l’abondance des documents historiques dans l’école sociale : ceux qui envisagent l’homme dans ses diverses organisations, dans les tentatives qu’il a faites, soit pour affermir son pouvoir, soit pour se défendre contre les maux auxquels il était sujet. Tous ces documents historiques apparaissent les uns après les autres dans un ordre qu’on peut faire quelconque, mais vous comprenez qu’ils visent tous au même résultat : nous

renseigner sur le passé pour savoir ce que nous pouvons attendre dans une certaine mesure de l’avenir.

Pour chacun de ces cours, on pourrait répéter ce que l’auteur de l’un d’entre eux, M. Paul Bureau, écrit dans une petite note à la fin du programme : Ces études seront strictement conduites d’après la méthode d’observation. Ce sont, en effet, des résultats d’observations patientes, soigneuses, bien établies, que ces divers cours passent en revue. Ici encore, je retrouve le même privilège que tout à l’heure, c’est que je n’ai qu’à vous citer quelques noms pour être dispensé de toute espèce de commentaire.

Qui, par exemple, mieux que M. Paul Strauss pourrait parler de l’assistance sociale, qui en a fait davantage l’étude, l’objet des préoccupations de toute sa vie ? Lorsque je vous dirai que M. Eugène Fournière vous parlera des théories sociales de 1830 à 1848, vous devinez qu’il nous montrera ce caractère original, pénétrant, avec ce parfum, et cette espèce de duvet du fruit, ce goût de terroir qu’on trouve dans tous les esprits qui se sont formés par eux-mêmes. Quel auteur pourrions-nous trouver plus convaincu et plus convaincant sur les questions de mutualité que ne l’est M. Paul Guieysse ? Et enfin, qui pourrait plus utilement nous parler de l’association coopérative que notre ami, M. Gide, qui a fait longtemps sur

ce sujet une fructueuse propagande et qui dans son dernier livre rappelle qu’il a été coopérateur avant les coopératives et qu’il a mis en œuvre cette forme de l’association à un moment où elle n’avait en France aucune popularité.

Vous retrouverez la même préoccupation historique dans les origines du positivisme par Georges Dumas; dans les conférences sur l’évolution vers la paix par M. Gaston Moch, qui est un des apôtres de la paix et qui nous apportera sur ce sujet au point de vue historique un argument qu’on peut résumer brièvement, mais qui paraît, en effet, tout à fait probant : il vous montrera les hommes se disputant d’abord la possession d’un petit lopin de terre et assurant sur une petite surface une paix par des conventions s’étendant à ce petit territoire ; puis, les habitants de ce petit territoire, de cette province se disputant des territoires

école des hautes études sociales

intermédiaires et arrivant ainsi peu à peu à faire régner la

paix sur ce territoire ; de telle sorte que peu à peu, ce qu’il appelle l’ère de la paix s’étend de plus en plus et a atteint

les nations, mais tout permet d’espérer, — et je suis con-

vaincu qu’il est très fervent dans cette espérance, — que

nous sommes en ce moment dans une période transitoire et qu’à un moment quelconque les nations qui sont en ce moment rivales consentiront à entrer les unes vis-à-vis

des autres dans une paix tout à fait comparable celle qui existe entre les habitants d’une même nation.

Les études sur le contrat de salaire de M. Paul Bureau essaieront aussi de définir le régime qui sert le mieux à la fois les intérêts qu’il reconnaît différents et même dansune certaine mesure contradictoires entre le patron etl’ouvrier, entre celui qui achète du travail et celui qui le vend. La même préoccupation de réformes prudentes, car nous ne sommes pas des révolutionnaires, mais des évolutionnistes, inspirera le cours sur la réforme des lois successorales de M. Paul Lacombe, qui fera valoir des arguments pour arriver à obtenir qu’elles soient plus en harmonie qu’elles ne le sont avec les tendances de notre temps.

Je signale en même temps les études sur les origines du capitalisme moderne par M. Hauser, et je mentionne les doctrines sociales catholiques du R. P. Maumus, les confé- rences sur les syndicats ouvriers en Angleterre et en Amérique par M. Paul de Rousiers. Tous ceux qui ont lu ses articles estiment et apprécient l’esprit à la fois singulièrement analytique et synthétique dont il s’inspire.

Enfin, les idées sociales en Allemagne seront l’objet d’un cours professé par M. Sarraute, qui a passé plusieurs années dans ce pays et qui doit par conséquent le bien connaître.

J’arrive — et je passe rapidement parce qu’ici il s’agit un peu de moi — au cours d’hygiène sociale que j’ai accepté de professer à l’école sociale.

Je dois dire tout de suite que je n’entends pas par hygiène sociale l’ensemble des institutions sociales qui permettent de lutter contre la maladie; il y aurait là un ensemble descriptif très intéressant à faire, mais ce n’est pas l’objet que je me propose. Je voudrais montrer qu’ici

encore, comme partout, l’introduction des idées pasteuriennes — on peut s’étonner d’en entendre parler ici, mais j’y suis bien — a produit dans cette question une révolution comme elle en a produit une partout, qu’elle a créé, je ne dirai pas une nouvelle forme de loi morale — car je crois que les fondements de la loi morale sont posés depuis longtemps, mais elle a créé une nouvelle direction pour la loi morale, qui consistait à dire : tu ne feras pas de mal à ton prochain, le sachant. — Tant que la maladie a été considérée comme une punition divine, ou bien comme un hasard réparti sur la masse des hommes, il n’y avait aucune responsabilité des malades vis-à-vis des bien portants. Maintenant que nous savons que la maladie nous vient de notre voisin, que lorsque nous sommes malades, nous sommes dangereux, une nouvelle direction de la loi morale s’est manifestée. J’ai le devoir comme citoyen de n’être pas contaminé par mon voisin ; j’ai le droit de me défendre de cette contamination dans l’intérêt général et dans le mien en particulier ; mon voisin a le devoir de son côté de me protéger, ou d’éviter de me communiquer sa maladie, et il en résulte entre les hommes une série de liens nouveaux bien caractérisés, bien nets, et qui, avant de s’inscrire dans le code, constituent des devoirs sociaux nouveaux.

Je suis d’autant plus aise de professer ces doctrines ici que, dans ma conviction, ce n’est pas l’État qui estle mieux organisé pour répandre ces méthodes de préservation sociale contre la maladie, et que par exemple, ce sont les associations ouvrières, ce sont les coopératives qui, mues par un intérêt plus immédiat et plus direct, peuvent faire précisé- ment ce que l’État ne peut pas faire, et déjà ont fait en Belgique ce que dans aucune autre nation du monde, même les plus centralisées, l’État n’a réussi à faire.

J’ai hâte d’arriver à deux points essentiels de lécole sociale : d’abord, à l’organisation ouvrière ; ce que vous voyez sous le titre l’Organisation ouvrière, c’est une série de leçons qui seront faites par les administrateurs des sociétés ouvrières, qui seront présentés ici par Arthur Fontaine. Ceei correspond à un certain nombre de faits sur lesquels je veux appeler votre attention.

école des hautes études sociales importe de connaître ce que les associations ouvrières ont fait avec leurs propres ressources financières, intellectuelles et morales : il y a là un immense effort qui est trop ignoré du grand public. Pendant que les théoriciens dissertaient sur ce sujet, et sans dédaigner, du reste, les enseignements qui leur venaient de ce côté, les ouvriers, aux prises avec les nécessités de la vie, se sont organisés en vue de la lutte légitime pour la vie. Que cette organisation ait été à l’origine surtout une organisation de résistance, qu’en- core en ce moment-ci les questions de grèves, de conflits passionnent les esprits plus que les autres, c’est ce dont ici personne ne songera certainement à s’étonner. Mais, ce serait faire injure à ce parti que de croire qu’il a borné ses efforts à ces questions de lutte et de résistance, ce serait être injuste envers lui que de méconnaître qu’il a un idéal, idéal très noble, très élevé, dans lequel on ne se préoccupe pas seulement d’assurer à l’ouvrier son pain quotidien, dans lequel on se préoccupe d’élever son esprit, son cœur, son âme, de le grandir à tous les points de vue. Sous l’influence de ces sentiments, qui inspirent, non seulement les chefs, non seulement les secrétaires des associations ouvrières, mais qui inspirent la grande masse ouvrière dans ses meilleures parties, d’autres préoccupations que celles de grèves, de conflits sont nées; elles se traduisent par l’inscription de notre programme de questions relatives à larbitrage, à la conciliation. Ce sont précisément ces efforts-là que nous avons demandé aux chefs de l’organisation ouvrière de vouloir bien venir exposer devant vous, de vous dire les grandes choses qu’ils ont faites, de vous montrer qu’à côté du travail auquel je faisais allusion tout à l’heure, il y en à un plus important; qu’ils sont arrivés dans cette Bourse du travail dont on a tant médit à établir une sorte de thermomètre de la valeur du travail, thermomètre assez précis, thermomètre qui est un instrument de paix sociale, attendu qu’il sert de régulateur entre celui qui achète du . travail et celui qui en vend. C’est ce travail que M. Arthur Fontaine a demandé aux personnes que vous trouverez inscrites dans ce programme notre ami, M. Coupat, que je rencontrais tout à l’heure

dans cette salle, M. Riom, M. Briat, M. Quillent, M. Guérard, M. Guillemin, M. Moreau, M. Keüfer viendront nous dire ce qu’ils ont fait dans ce sens et je crois pouvoir leur assurer que tout le monde leur sera reconnaissant de sortir ainsi du milieu dans lequel ils ont évolué pour venir dire au grand public quelle est leur volonté, quelle est leur puissance, quelles sont leurs intentions; je les remercie publiquement en votre nom d’avoir accepté de comparaître devant vous. /Applaudissements) A l’origine, certainement, nous étions pour eux des bourgeois. Eh bien, si par hasard il arrivait qu’à la suite de ce contact ce mot bourgeois d’un côté, ce mot ouvrier de l’autre, eussent dans les bouches un autre sens, Croyez-vous que nous n’aurions pas fait un pas vers la paix sociale, et pourquoi n’en arriverions-nous pas à un moment où les grands conflits, qui se traduisent par une grève, en arriveraient dans une certaine mesure à un arbitrage favorable aux uns et aux autres ?

Il est évident que ces notions-là sont bonnes à répandre; je crois pouvoir assurer aux syndicats et aux secrétaires de toutes les unions qui viendront ici, que nous les écouterons avec sympathie et que nous leur témoignerons l’intérêt que leurs efforts méritent.

J’ajoute autre chose : j’ai dit tout à l’heure que nous voulions, non seulement éclairer lès esprits, mais que nous voulions aussi donner des leçons de volonté. — Eh bien, je remplis un devoir de conscience en disant ceci : vous aurez devant vous des hommes de volonté, et nous qu’ilstraitent de bourgeois, nous ferons bien de les imiter à ce point de vue. (Rires et applaudissements) Dans l’école sociale, vous trouvez encore, en tête du programme, les mots suivants : préparation à l’enseignement des universités populaires. ! Je voudrais dire en quelques mots en quoi consiste cette préparation et quel est le but qu’elle veut atteindre. Il ne s’agit pas, bien entendu, pour les professeurs bénévoles qui veulent bien prêter leur concours à l’œuvre des Universités populaires, de suivre un cours de pédagogie; ils n’accepteraient pas et nous ne serions pas bien placés pour le faire; il ne s’agit pas pour eux de se présenter

école des hautes études sociales Pr comme des élèves, et pour nous comme des maîtres : il s’agit simplement de leur éviter les difficultés du début, devant un auditoire qui est différent des auditoires auxquels ils sont habitués, un auditoire qui, déjà aux prises avec les nécessités de la vie, n’a plus tout à fait les qualités de l’enfance, avec laquelle ils sont d’ordinaire en contact; cet auditoire voit les choses autrement, avec un esprit déjà müûr et aiguisé, il est parfois préoccupé de problèmes autres que ceux qui tourmentent les élèves ordinaires ou le professeur; les esprits sont en même temps des esprits plus simplistes, plus intuitifs, moins habitués à la dialectique, 2 mais plutôt habitués à voir les choses plus en gros, ce qui n’empêche pas de les voir quelquefois juste. Et en échange de ces quelques défauts que ces auditeurs doivent à ce que leur éducation intellectuelle a peut-être été un peu négligée, ils apportent des qualités précieuses qui en font des audi- J teurs de premier ordre pour le professeur qui sait les com- prendre et les aimer.

Je dois déclarer que dans une carrière déjà longue de professorat, je n’ai jamais trouvé plus de plaisir à me trouver devant un auditoire que dans une Université populaire : une bonne volonté, une ardeur d’apprendre, une intensité de vie qui apparaît dans tous les yeux, un désir profond d’entrer en communauté d’idées avec le professeur, de boire sa parole, et surtout cet auditoire a cette qualité particulière que bien qu’il soit avide d’apprendre, il réflé- chit beaucoup, il s’interroge sur la justesse de ce qu’on lui ! dit, et lorsque ses auditeurs, à Ja fin de la leçon, consentent parfois à prendre la parole, ils font quelquefois des objections assez embarrassantes, toujours curieuses, originales, parce qu’ils voient les choses d’un côté différent de celui du professeur.

de ceux qui débutent, avec lequel ils entrent en contact péniblement. Quand on a à faire une leçon devant lui, ül faut arriver avec la volonté de se transformer un peu, de changer soi-même son point de vue, il faut faire un petit travail pour approprier la leçon à son nouvel auditoire.

Nous sommes d’autant plus désireux de faire bénéficier

ces professeurs de nos observations, des observations de ceux qui ont été les premiers sur la brèche, qw’il arrive ceci, c’est qu’à ce travail du professeur sur lui-même, ce n’est pas seulement l’auditoire qui y gagne, c’est le professeur lui-même : il gagne à changer son point de vue, et dans cette collaboration, je ne sais vraiment pas quel est celui qui est le plus favorisé.

Ce sont ces conseils que nous nous proposons de donner non pas, je le répète, sous forme pédagogique, mais sous forme de conférences, ou de conseils particuliers. Nous espérons ainsi favoriser ce mouvement des Universités populaires, mouvement que nous n’avons pas inauguré on est venu à nous, on à fondé sur nous des espérances que nous n’avons pas trompées : ce sont les ouvriers qui ont commencé ; ils se sont aperçus qu’entre les intellectuels et eux, il n’y avait que la largeur de la main ; ils ont pensé, suivant la forte parole de mon ami Geddes, qu’un savant, c’est un ouvrier qui réfléchit; ils ont voulu, eux aussi, essayer de devenir des savants, et les savants leur ont tendu la perche — si vous me permettez cette expression —parce qu’un pays ne compte jamais assez de savants et que dans toutes les positions, dans toutes les sphères et à tous les étages en matière sociale, on peut faire d’intéressantes découvertes, l’histoire est là pour le prouver, et c’est une vérité qui, du reste, n’a pas besoin de démonstration.

Ces conférences pédagogiques pour l’enseignement des Universités populaires m’amènent tout naturellement au seuil de l’école du journalisme. Ici encore, c’est une question de diffusion de doctrines venues d’ailleurs, doctrines qui ont pris une expression plus ou moins précise, mais qui, pour devenir utiles, ont besoin de se répandre dans les masses. Il faut remarquer cette circonstance que le public des Universités populaires est très restreint, tandis que le journal est devenu le grand éducateur de nos temps modernes. — Je suis très aise de dire cela devant M. Cornély, qui a joué son rôle d’éducateur dans ces-derniers temps. Si le journal est devenu l’éducateur des temps modernes, la préparation des journalistes est quelque chose de bien

école des hautes études sociales plus important que la préparation des professeurs aux Universités populaires. Il s’agit là de diffuser largement des notions précises venues d’ailleurs. Nous avons affaire à une population très nombreuse, qui augmente de plus en plus.

Un journaliste a besoin de deux choses : il a besoin du don et il a besoin de la préparation professionnelle. Au sujet du don, nous ne pouvons rien : on naît journaliste comme on naît rôtisseur. — Mais nous pouvons quelque chose pour la préparation professionnelle, et c’est précisé- ment en vue de cette préparation qu’ont été coordonnés les divers cours de l’école de journalisme.

M. Fouquier, qui a à la fois le don et le métier, avait fait, l’année dernière, une série de leçons sur la critique drama- tique, dans lesquelles il avait donné à ses élèves unetrès

ê haute idée de leur mission, où il avait porté à un très haut degré le niveau moral de l’école. M. Fouquier nous reste encore cette année et son cours aura toujours l’intérêt qu’il a su lui donner l’an passé. ‘1:48

Les grandes divisions de l’école correspondent précisé- ment aux notions que je viens d’indiquer : l’instruction professionnelle du journaliste comprend, dans notre pro- gramme, une histoire de la presse depuis la Restauration jusqu’à nos jours, histoire de la presse que se partageront MM. Maury et Félix Léveillé. M. Seignobos parlera du journalisme actuel, de la presse contemporaine, montrera ce qu’est le classement des partis. Tous ceux qui connaissent M. Seignobos savent ceci : c’est que s’il y a quelqu’un qui peut jouer, dans le monde politique actuel, le rôle que Le Sage a donné dans le Diable boiteux à Asmodée, c’est cer-

L’histoire des presses étrangères sera partagée entre M. Pierre Mille, qui a fait ses preuves sur ce point, et qui nous fera l’histoire de la presse anglaise, M. Tridon, de l’Agence Havas, qui étudiera la presse russe, M. Vigouroux, De qui nous parlera de la presse américaine, et enfin, dans ce dernier ordre d’idées, M. Friedel , qui a bien voulu nous promettre son concours pour une série de conférences qui ne sont pas portées au programme, jouera à propos de la presse étrangère à peu près le même rôle que M. Seignobos

jouera à propos de la presse française. II nous dira quel est le classement des partis, quelle est la langue politique spé- ciale dans les journaux de l’étranger.

La législation sur la presse fera l’objet d’un cours de M. Bergougnan, qui, avec son esprit avisé, son entrain, sa bonne humeur, avec les connaissances profondes qui lui ont valu le titre de président honoraire du syndicat de la presse judiciaire parisienne, fera profiter les jeunes journalistes de son expérience déjà longue et de toutes ses connaissances.

La partie de l’éducation professionnelle comprend des noms sur lesquels je n’insiste pas, parce qu’ils sont trop connus, M. Cornély en tête, M. Jean Bernard, qui dans f le programme de son cours, très intéressant, montrera comment on doit faire de la grande actualité, du reportage et de l’interview ; il donnera là-dessus aux journalistes des renseignements très intéressants. Je lui demanderai seulement, s’il est dans la salle, d’y ajouter quelque chose: il ne se propose d’étudier que les devoirs des intervieweurs vis-à-vis des interviewés : il serait assez nécessaire d’y ajouter un chapitre relativement aux devoirs des interviewés vis-à-vis des intervieweurs; quelques personnes pourraient en profiter utilement, et ce serait une adjonction satisfaisante pour tout le monde.

Enfin, des conférences professionnelles et des travaux pratiques dans les grands journaux de Paris compléteront le programme que je viens de tracer. Voilà ce que nous avons essayé de faire.

Vous trouverez que nos ambitions sont peut-être un peu démesurées. Je dois dire cependant que nous avons un commencement de réalisation de ces généreuses espérances. Ici, dans ce même local, siège ou siégera une commission permanente internationale du congrès de l’enseignement social, qui a l’objet suivant : harmoniser les efforts sociaux dans les divers pays, mettre en relations ces divers pays par des échanges de professeurs : envoyer, par exemple, des professeurs français en Angleterre, en Allemagne ou en À Russie, recevoir à leur place des professeurs de ces divers pays, introduire, par conséquent, une connaissance géné-

école des hautes études sociales rale plus approfondie des hommes et des choses. Voilà un ÿ buttrès noble, très louable, auquel nous nous associons. Nous avons aussi l’appui de la Bibliothèque des sciences e sociales ; de sorte que notre action à l’extérieur est déjà un En somme, il n’est pas nécessaire de commencer grandement pour aboutir à de grandes conséquences; il suflit d’avoir du courage; il suflit aussi — et c’est peut-être le secret de ma présence ici — de songer que ce qu’on veut pro- ÿ duire, c’est une fermentation. {Rires et applaudissements). Que faut-il pour une fermentation? C’est ici que ma compétence me reprend, et il est un peu tard. Pour une fermentation, il faut deux choses : une bonne semence et un bon milieu de culture. De la semence, je viens de vous en parler, ce sont les hommes éminents qui ont bien voulu nous seconder dans cette tâche, qui tous ont accepté la mission qu’ils doivent remplir avec une bonne volonté, une bonne humeur, une cordialité qui nous touchent et dont je vous prie de les remercier avec moi.

Quant au bon terrain de culture, mesdames et messieurs, F, nous sommes convaincus que nous aurons toute satisfaction. C’est par vous que les bonnes doctrines peuvent se répandre, c’est par vous que la liberté d’appréciation peut se répandre, car, comme vous le disait tout à l’heure notre £. président, nous ne voulons pas faire de prosélytisme :nous ne sommes pas des ravisseurs d’âmes, nous voulons vous , demander votre plein consentement dans toutes les opinions que vous entendrez émettre devant vous. Nous vous deman- derons même d’interpeller sans pudeur le conférencier à la fin de sa conférence, d’entrer en communion d’idée intime avec lui; je suis convaincu que cette communion d’idées s’élablira sans aucune difliculté et pour l’intérêt de tous. Voilà, messieurs, ce que nous attendons de vous. Mais comme le premier devoir du semeur dans un bouillon de culture consiste à ne pas fatiguer son milieu, je m’arrête, en vous remerciant de la bienveillante attention que vous avez bien voulu m’accorder. / Vifs applaudissements) Ce cahier a été composé par des ouvriers syndiqués ‘|

en nous donnant les noms et adresses des personnes qui nous servirions utilement des abonnements éventuels ou des abonnements graluits en nous envoyant des documents el renseignements.

Nous prions ceux de nos abonnés qui nous envoient des noms et adresses de vouloir bien prévenir eux-mêmes les personnes à qui, sur leur indication, nous envoyons les cahiers. Rien ne vaut la propagande et la présentation personnelle.

Nous prions ceux de nos abonnés qui nous envoient des documents et des renseignements de vouloir bien écrire très lisiblement et d’un seul côté de la page. Quand leurs études sont d’ensemble et un peu longues, ils peuvent les rédiger. Mais toutes les fois qu’ils nous envoient des renseignements pour ainsi dire instantanés, mieux vaut nous écrire privément et laisser au citoyen rédacteur le soin d’exercer son métier.

Nos cahiers ne sont pas mis séparément dans le commerce, nous ne les vendons qu’à nos abonnés.

La rédaction et l’administration des cahiers ont été transférées 16, rue de la Sorbonne, au second.

M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, reçoit pour l’administration tous les jours de la semaine, le dimanche excepté, — le matin de dix

M. Charles Péguy, gérant des cahiers, reçoit pour la rédaction

le jeudi soir de deux heures à sept heures et de le vendredi matin de huit heures à onze heures.

Adresser à M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, 16, rue de la Sorbonne, Paris, la correspondance d’administration : abonnements et réabonnements, rectifications et changements d’adresse, cahiers manquants, mandats, indication de nouveaux abonnés. N’oublier pas d’indiquer dans la correspondance le numéro de l’abonnement, comme il est marqué sur l’étiquette, avant le nom.

Adresser à M. Charles Péguy, gérant des cahiers, 16,rue de la Sorbonne, Paris, la correspondance de rédaction et d’institution. Toute correspondance d’administration adressée à M. Péguy peut entraîner pour la réponse un retard considérable.

Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui demeurent à Paris de vouloir bien venir nous voir, quand ils ont affaire à nous. La correspondance écrite est beaucoup plus onéreuse, moins commode et moins exacte que l’entretien le plus bref.

Nos collections de la première série sont à peu près épuisées. Il ne nous en reste guère que huit ou dix exemplaires complets. Nous les vendons au prix d’un x abonnement. Nous ne les vendons qu’à nos nouveaux abonnés. Nous prions ceux de nos anciens abonnés qui n’ont pas tous les cahiers de la première série de vouloir bien nous demander sans aucun retard les cahiers qui leur manquent. Nos anciens abonnés n’ont pas oublié que « la lu- mière » de Jérôme et Jean Tharaud fut publiée dans les seplième, huitième et neuvième cahiers de la première série. Nous en avons fait pendant les vacances un très beau tirage à part en un volume. Ce tirage à part n’est pas mis dans le commerce. Nous le tenons à la dispo- Ë sition de nos abonnés pour un franc. : .

Nous tenons gratuitement à la disposition de nos abon- î nés la « Jeanne d’Arc » de Marcel et Pierre Baudouin. Ajouter un franc pour les frais d’envoi. Nous devons Jaire cet envoi à plusieurs de nos anciens abonnés. Nous le ferons aussitôt que notre nouvelle administration aura installé nos nouveaux envois. Nous prions nos souscripteurs et nos abonnés de vou- loir bien nous envoyer des mandats de poste plutôt que des bons : le mandat est une pièce d’administration plus Nous avons donné le bon à tirer après correction de ce premier cahier le jeudi 29 novembre 1900.