Congrès de Lyon
AUGAGNEUR est élu président. Le Congrès lui adjoint Renou et Gérault-Richard comme assesseurs, Briand eomme
VAILLANT, proposé pour être assesseur, avait refusé en déclarant qu’aucun membre de son organisation ne ferait partie du bureau.
On vote une adresse de sympathie au peuple russe luttant pour la liberté. L’amendement du P. S. R. demandant d’ajouter un bläme aw ministère français pour ses génu- flexions devant le gouvernement russe provoque un vif ? tumulte et des invectives non seulement d’organisation organisation, mais encore entre membres d’une même orga- ù nisation, par exemple dans les fédérations autonomes. Finalement, l’adjonetion est adoptée au milieu du bruit.
Révezn lit le rapport du Comité général sur les réponses faites au projet d’unification. Il propose d’inscrire la question de l’unité socialiste en tête de l’ordre du jour, confor-
mément à la décision du Congrès de l’année dernière, et de nommer une commission chargée d’examiner le projet
Joxpy dénonce les deux courants qui se produisent dans le socialisme, l’un, qui est traditionnel, le courant révolutionnaire, et l’autre, le courant opportuniste, qui tend à se produire, On croit amener l’union en écartant les questions de principe, c’est la marche contraire qu’il faut suivre. Il demande, en conséquence, qu’on examine les votes de certains députés lors de l’amendement Zévaës, le conflit entre
les groupes du onzième arrondissement de Paris, l’affaire T3) DE LA Porte est du même avis quant à la nécessité de traiter les questions de principe, mais il demande qu’on respecte l’ordre du jour, et il pense que les points touchés par Joindy seront mieux à leur place lors du débat sur la Wizzm lit la déclaration émanée du secrétariat du nifeste affirme que le projet d’unification du Comité général la création de fédérations autonomes régionales, mais demande qu’il n’y ait pas une fédération unique pour le département de la Seine, et déclare, d’autre part, que l’uni- fication du parti socialiste présenterait des dangers si elle devait ouvrir le socialisme à des éléments douteux. Estimant que le rôle historique des organisations n’est pas terminé, le P.0.S.R. a donné mandat aux délégués de soutenir °3 le maintien de ces organisations. Il déclare être hostile à la participation d’un socialiste au gouvernement, tout gou- É vernement étant par définition hostile au socialisme. En ce qui touche Millerand, « il s’agit de savoir si Millerand ses actes échappent à notre appréciation; mais s’il appartient à quelque organisation ou à quelque fédération, nous demandons qu’on nous le fasse savoir, afin que nous “à jugions ses actes ». Enfin, le P. O.S. R. réclame la création d’un journal socialiste qui soit l’organe attitré du Parti. La proposition Joindy est renvoyée à la commission. : -
- des fédérations du Doubs et du Haut-Rhin. Cette déclaration condamne la méthode dite « d’action nouvelle ». Pré- sentement, l’unification n’est pas possible, mais le P. S. demande, dans l’intérêt du Parti socialiste, que le Congrès recherche les moyens d’établir des liens entre les diverses organisations. Il dépose enfin une motion de bläme DeLesALLe souhaite que bientôt le P. O. F. entre dans la grande famiile socialiste. {Des guesdistes massés aux tri- à
bunes crient : « Jamais! ») Il dépose la résolution suivante : Dans les fédérations départementales et au Comité général, la part de représentation de chaque organisation sera proportionnelle à son importance réelle. « Nous devons préparer des mesures transitoires susceptibles de combler peu à peu les fossés qui nous séparent. Que la commission soit invitée à présenter, en outre du projet d’unification, y ces mesures transitoires, qui éviteront de proclamer une unité d’apothéose capable d’amener les pires tragédies. » DE LA PorTE demande que le Congrès maintienne à son ordre du jour la question de la tactique parlementaire. Il lit une déclaration au nom des fédérations de la Marne, de Seine-et-Oise, de la Basse-Normandie, de l’Ain, du Jura, des Deux-Sèvres et Vendée, des groupes de Montpellier, etc. Cette déclaration dénonce l’équivoque qui résulte pour le socialisme de la présence de Millerand au ministère. Il demande que Millerand, n’ayant engagé que lui-même par son entrée au ministère, le socialisme dégage entièrement sa responsabilité. , BriAnD, qui a signé cette déclaration, dit qu’il est bon d’affirmer que jamais le Parti socialiste n’a été engagé par Millerand. « Les chefs les plus autorisés du socialisme français eurent le tort de ne pas protester quand Millerand prononça un discours renfermant un programme qui n’avait plus le caractère révolutionnaire ; mais il est juste de portent une part de responsabilité qu’il faut leur attribuer. Je protestai dès lors, comme je proteste à présent, quoique ami de Millerand et le considérant comme un honnête homme. C’est un devoir d’amitié que je remplis ici, en prononçant ces paroles, au moment même où jeme dispose à voter la motion que je viens de déposer ; mais il ne me plait pas que mon vote soit interprété comme une manifestation vile, il n’aura pas la signification d’une flétrissure contre Millerand. C’est le vote d’un socialiste qui en juge un , autre au point de vue des principes et qui ne veut pas qu’on le croie capable de s’être abaissé devant certaines excitations qui ne procèdent peut-être pas de préoccupations de principes. Le terrain ayant été ainsi déblayé,
j’espère qu’il ne restera plus entre nous de malentendus et que nous examinerons les conditions dans lesquelles les militants et les groupes socialistes, cessant une agitation stérile, voudront bien organiser le Parti pour une action révolutionnaire et nous demanderons que les éléments parlementaires du socialisme aient une attitude moins évo- è lutionniste et s’occupent d’organiser révolutionnairement le
VAILLANT repousse l’accusation portée par Briand contre Mandé, il dissuada Millerand de prononcer ce discours. « Nous avons fait immédiatement avec Guesde les réserves nécessaires. Dès l’entrée de Millerand au ministère, j’ai considéré que, par le fait même qu’il se constituait un parti ministériel dans le socialisme, celui-ci courait le plusgrand danger moral et matériel. Si cette position durait, le Parti ? socialiste serait bientôt perdu, il se séparerait de la classeouvrière et la classe ouvrière le renierait. Il est nécessaire qu’on déclare qu’à aucun moment Millerand n’a représenté le Parti socialiste, il est nécessaire de désavouer le parti ministérialiste. C’est pourquoi nous nous rallions à la proposition De la Porte et nous demandons au Congrès de la voter immédiatement. Alors la situation sera éclaircie, 4 assainie. Nous appelons de tous nos vœux l’unité et cependant nous la croyons encore impossible parce que nous sommes toujours dans une situation inorganique. Et c’est ce moment qu’on a tenté de rapprocher des hommes encore 3% trop profondément divisés par des divisions de principes et de fait, Si l’on voulait aboutir à une unité parfaite, le Parti socialiste, loin de voir grandir ses forces, les verrait diminuer. Au lieu de construire un plan idéal d’unité, nous demandons qu’on recherche simplement les moyens d’éta- blir des liens permanents entre les diverses organisations, k ce qui nous permettra d’agir en face du péril clérical et césarien et de ramener nos amis du P. O. F. parmi nous.
C’est pourquoi je vous demande de voter la proposition du Jaurès demande le renvoi à la commission de la proposition De la Porte. Il trouve qu’il y a dans les termes de cette proposition des éléments qui peuvent être acceptés et d’autres non. « El est puéril de nier que l’avènement, même irrégulier, d’un socialiste au ministère, n’ait été le signe d’une croissance du socialisme, Je ne veux pas dire que cette participation soit utile au socialisme, maïs on ne peut pas se refuser à y voir un signe remarquable, comme le citoyen Lafargue l’a reconnu au lendemain de l’entrée de Millerand. Mais quelle que soit l’idée qu’on s’en fasse, il est certain que ce fut un fait individuel, que ce fut sans engager en rien la responsabilité collective du Parti socialiste que le citoyen Millerand est entré et est resté au ministère. Et si vous croyez qu’il soit nécessaire de renouveler cette décla- ration, nous le ferons volontiers avec vous. Mais prenez garde qu’il ne se soit glissé dans la déclaration des expres- sions ambiguës qui pourraient être considérées demain comme une excommunication contre une personnalité ou contre ceux qui l’auront appuyée. /Tumulte) L’effervescence même que je remarque ici montre le danger de voter la motion De la Porte sans l’examiner mürement. Tout l’heure, quand on a parlé du banquet de Saint-Mandé, le citoyen Vaillant a fait appel à la mémoire de différents députés, j’étais assis à côté de lui et je puis témoigner qu’il fit des réserves à propos du discours de Saint-Mandé ; il reconnut qu’il était sage de marquer les frontières à droite, mais non à gauche, pour permettre au Parti de s’étendre jusqu’à la Révolution. Mais il n’y eut aucune excommunication. Et maintenant, un autre exemple des singulières méprises dans lesquelles nous nous débattons : Parmi les signataires de la motion De la Porte, je lis la signature de . Ja fédération de la Charente et de son représentant le citoyen Hubert Lagardelle. Eh bien, ce citoyen a écrit un article pour la Revue Internationale de Chicago. Dans cet article (qui est du premier mai dernier, il y a donc à peine un mois et demi), le citoyen Lagardelle expose le mouvement ouvrier en France depuis un demi-siècle ; il déclare que la croissance du mouvement ouvrier est le signe le plus mar- quant de la démocratie socialiste; il constate que la France, d’abord en retard, a repris son rang dans ces dernières années et il rend hommage à l’action exercée par la présence
d’un ministre socialiste dans le ministère et surtout à laloi sur le Conseil du Travail. Il y a donc malentendu et je demande en conséquence que la proposition soit renvoyée à la commission. — Autre exemple de malentendu : Un rapport du budget bourgeois est un fragment du pouvoir bourgeois. Par le budget des postes et télégraphes, vous fournissez à la bourgeoisie tous les moyens de communication, y compris les moyens de communication militaire. Et cependant l’un des vôtres a accepté cette fonction de rapporteur. — N’envenimons pas les divisions qui tendent s’élever parmi nous; mais lorsque les éfénements amènent quelqu’un des nôtres à accepter une part de responsabilité, ne lui jetons pas le blâme. Il faut donc pour qu’il n’y ait pas de surprise, que la proposition De la Porte soit renvoyée la commission. Et répondant au citoyen Vaillant, je lui dis : Où sont nos différences de principe? Notre but tous, c’est la société communiste. Direz-vous que nos mé- thodes diffèrent en ceci que nous sommes des réformistes et vous des révolutionnaires ? Votre parti n’a jamais nié que des réformes partielles n’augmentent la force du socialisme. De quel droit contestez-vous alors notre méthode? Il n’y a aucune différence irréductible entre les moyens que nous employons et alors nous sommes en droit de donner à un parti qui a unité de but, unité d’organisation. Je ne suis pas de ceux qui veulent imposer l’unité autoritaire; mais il suflit que certains de nos camarades le redoutent pour qu’il soit nécessaire de rechercher dans une organisation transitoire les moyens de concilier avec le maximum d’unité l’autonomie des organisations. Par quels moyens le pourrons-nous ? La commission le décidera. Mais cela ne nous empêche pas de tracer par avance le plan d’unité qui agira par attraction sur tousles socialistes. Les préjugés se dissiperont et l’unité socialiste sera faite dans les cœurs, dans les esprits de la social-démocratie française. »
Poxarp, au nom des Fédérations autonomes, apporte quelques observations supplémentaires au sujet de la proposition De la Porte : « IL n’était pas dans notre pensée de porter aucune excommunication contre personne ; mais le citoyen Briand a outrepassé ses droits dans quelques
paroles qu’il a prononcées. Nous convenons que le citoyen Millerand n’a pas engagé le Parti. Mais pourquoi cette question revient-elle chaque année dans le parti? On nous a suspectés de ministérialisme. Nous sommes, nous, adver- ; ÿ saires du gouvernement des hommes, nous sommes pour l’administration des choses. C’est dans ce principe que nous avons déposé la motion De la Porte et que nous poussons l’organisation des Fédérations autonomes. Nous pensons que l’unité peut se faire dès ce Congrès. Où donc les organisations puisent-elles leur vie si ce n’est dans le peuple, dans les Fédérations elles-mêmes ? Je demande done qu’on organise l’unité en prenant comme base les Fédérations LAGARDELLE croit qu’il faut mettre fin à l”équivoque actuelle. « Pour la troisième fois le Parti se réunit, et si nous ne voulons pas que ce soit une comédie éternelle, il faut trancher enfin la question de principe. Dans un article de s Cosmopolis, publié un an avant l’entrée de Millerand au ministère, le citoyen Jaurès disait que le socialisme ne peut accepter une parcelle de pouvoir, qu’il lui faudra un jour le pouvoir tout entier. — Il s’agit d’un obstacle à l’unité du Parti, non pas à une unité mystique, mais à l’unité pratique et réelle. On ne peut assimiler le vote d’une mesure d’un ministère bourgeois à la constitution d’un parti ministérialiste. Je crois que l’œuvre réformiste de Millerand est bonne, 3 mais non pas que Millerand représente au ministère le socialisme. Quelle contradiction y a-t-il entre ces deux opinions ? Il faut en finir avec les équivoques, au moment où le parti radical s’approprie une partie de notre programme en se découvrant un programme économique, afin que lors des élections une confusion funeste au socialisme ne puisse pas s’établir. » Moxxier, au nom de la fédération du Nord et du Pas-deCalais, demande la clôture de la discussion générale après que trois orateurs encore auront pris la parole ; il demande aussi que la commission ait un rapporteur de la majorité et un rapporteur de la minorité. De LA Porte déclare que ses amis et lui demanderont le vote par mandat. s GnroussiER défend Sembat, rappelé à Paris, contre certaines paroles du citoyen Jaurès. « Je suis étonné de voir que le citoyen Jaurès, qui a été au Parlement, ait pu confondre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif; car si la thèse du citoyen Jaurès était poussée à bout, il faudrait interdire à tout socialiste d’entrer non seulement dans une commission, mais encore dans tout Parlement. Nous pensons qu’il y a certains rapports de la commission du budget qu’aucun socialiste ne doit jamais prendre ; mais le budget des postes et télégraphes n’est pas un danger pour le à socialisme et il concerne presque exclusivement la situation ‘ d’un grand nombre de travailleurs, petits fonctionnaires. Pour moi, je trouve que s’il s’agit de l’œuvre personnelle de Millerand, il a agi au mieux des intérêts du prolétariat
- mais la question ne peut être là, un membre de la commission du budget n’engage que sa propre responsabilité, au gouvernement il n’en est pas ainsi, on ne peut dire qu’un ministre, quel qu’il soit, ait toujours sa pleine liberté. » u Jaurès, interrompant : « Le budget des postes rapporte millions à la société bourgeoise. » S Groussier : « Le prolétariat ne peut admettre qu’un socialiste reste au pouvoir alors qu’il a été frappé. » La séance est levée et remise au lendemain neuf heures. ALLEMANE est nommé président; Légitimus et Camelle lui sont adjoints comme assesseurs, Bonnevial comme secré- On reprend l’ordre du jour. FourxiÈre demande qu’on ne passe pas au vote avant que les propositions soient examinées par la commission.
-_ DE ra PORTE, au nom des signataires de la proposition qu’il a déposée hier, demande qu’on passe au vote sur la priorité de la motion Willm; il ajoute que les citoyens » Cipriani, Chaucheprat et Sémanaz, des syndicats, adhèrent à la déclaration. /Tumulte) k.
RéveLiN demande que le vote ait lieu non sur une question de procédure, mais sur la question de principe et appuie le renvoi à la commission, tout en déclarant que pour le fond il est tout prêt à voter une formule dégageant la responsabilité du Parti. « Je crois qu’il est possible de trouver une formule telle qu’elle ne meurtrisse personne et - rallie tout le Parti. »
VAILLANT, interrompant : « La formule De la Porte est
RÉvELIX : « IL me suffit, citoyen Vaillant, que des camarades ne le croient pas pour que je demande que la motion soit examinée mürement. » /Des voix du P. S. R. : « Nous ne voterons que la motion De la Porte. »)
Réveuix : « Ne procédons pas par un vote de division,
- laissez le Congrès chercher un vote d’union. »
La clôture de la diseussion est prononcée par le Congrès. On demande le vote par mandat. Le vote par mandat est
Pendant qu’on dépouille le scrutin, un vote par acelamation a lieu sur la proposition du P. O.S. R. flétrissant la s guerre de Chine. /Cris : Abas la guerre ! guerre à la guerre !)
On décide de nommer la commission. Il y a environ mille ‘mandats représentés ; on accorde un membre de la commission par vingt-cinq mandats.
Résultat du vote sur le renvoi à la commission de la proposition De la Porte Pour le renvoi à la commission : 744 mandats; contre le renvoi à la commission : 402 mandats,
La proposition De la Porte est en conséquence renvoyée à la commission et la séance suspendue jusqu’à deux
du Haut-Rhin et du Doubs, considérant que la proposition De la Porte est primordiale, demande que eette proposition soit examinée avant tout et que le Congrès s’ajourne jusqu’à ce que la commission ait apporté ses conclusions.
- Le président annonce que la commission « comrffencé son
‘ Compte rendu analytique non ofheciel Le travail, que le rapport sur la proposition De la Porte et le rapport sur la proposition du P. S. R. viendront en tête.
MoxaGixoT rappelle que la mission essentielle du Congrès est le projet d’unification. IL demande que le rapport su cette question vienne le premier en discussion. Viviani déclare qu’il est prêt à se rallier à la proposition Landrin à la condition que la commission soit en mesure dans une heure ou une heure et demie de venir donner un rapport sur les différentes questions. /Cris du
Viviaxi : « Maïs cela est matériellement impossible. Et c’est l’après-midi et peut-être la soirée qui vont être perdus.
Et il est une question, celle des accusations, que vous apportez depuis quelque temps contre certains députés. {Tumulte) et je m’étonne que les accusateurs ne soient pas d prompts à monter à cette tribune pour apporter la preuve d de ces accusations et pour examiner si les ordres du jouren faveur du ministère partent de ceux des députés qu’on « qualifie de ministériels. D’un côté comme de l’autre, il y a peut-être eu des erreurs commises, mais il faut établir le bilan de ces fautes. Et je vois un député révolutionnaire qui a refusé de venir siéger à côté de notre président Allemane et qui récemment m’écrasait presque dans les rues de Toulon alors qu’il était en voiture aux côtés d’un général et d’un amiral. » /Tumulte) 4
ALLARD dit que le citoyen Viviani, qui prétendait ne pas faire de questions personnelles, a été le premier à pas sionner le débat. « Quant à l’attitude des députés, je ne crois pas qu’un seul de ces derniers se dérobe à la discussion, mais il ne faudrait peut-être pas aborder ce débat quand plusieurs des députés, comme le citoyen Vaillant, sont à la commission. Quant au reproche qui m’est fait propos des fêtes de Toulon, je me demande quelle assimilation il peut y avoir entre accepter un portefeuille dansun
ministère et accepter une place dans une voiture. Ona cherché en soulevant cette question à faire une misérable
Vivraxi ayant voulu reprendre la parole est accueilli à la tribune par un tumulte indescriptible, il se produit même “des scènes de pugilat.
Laxprix dit que les tristes scènes dont on vient d’être témoin montrent la sagesse de sa proposition. Il réclame de nouveau la suspension de la séance.
- Koscruzsxo fait appel à des sentiments de conciliation, il affirme ne marcher à la remorque d’aucune personnalité; - « mais l’ordre du jour doit être suivi et si le citoyen De la Porte a cru devoir introduire une proposition qu’on examine en ce moment à la commission, ce n’est pas une raison pour ne pas poursuivre nos travaux et en particuier la question de l’admission des syndicats ».
GapouT, Moxxier et plusieurs autres délégués expriment le sentiment de douleur qu’ils éprouvent en voyant l’attitude du Congrès, les manifestations haineuses qui s’y produisent, l’impuissance à laquelle il est réduit par la faute de ses membres. Les individualités doivent disparaitre devant l’intérêt général.
Le président dit que le bureau se trouve en présence de deux propositions, l’une de discuter l’entrée des syndicats et des coopératives dans le Parti socialiste et les conditions de cette entrée, la deuxième de suspendre la séance. La
priorité pour l’ordre du jour Landrin.
La majorité du Congrès s’étant prononcée en faveur de la première proposition, il y a un grand tumulte.
Le président lit une déclaration du citoyen Landrin qui
Doubs et du Haut-Rhin. Ces organisations déclarent qu’elles se retirent, non du Congrès, mais de la présente
Toutes ces organisations se retirent.
La majorité du Congrès continue à discuter l’ordre du jour. Lévy se prononce pour l’entrée des syndicats dans le socialisme, mais à la condition que les membres des syndicats soient adhérents d’abord aux Fédérations de leur
Plusieurs orateurs parlent pour l’entrée dans le Parti
socialiste des syndicats et des coopératives, d’autres orateurs parlent contre. Ces derniers, s’appuyant sur les Congrès corporatifs, craignent que les syndicats ne soient F2 détournés de la lutte économique. La séance est levée à six heures et renvoyée au lendemain matin, neuf heures. ; F CoLzy est nommé président avec Barrat et Hahn comme: assesseurs et Guillemin comme secrétaire. L’ordre du jour appelle le rapport de la commission. Le citoyen Briand a la parole. / Briaxp : « La commission s’est trouvée dès le début de sa séance en présence d’une difliculté portant sur la méthode de travail qu’elle adopterait. Le citoyen Vaillant avail déposé au nom de ses amis une motion d’après laquelle la commission devait étudier tout d’abord la question ministérielle et apporter immédiatement ensuite au Congrès la résolution de la commission. Le citoyen Jaurès ne s’opposait pas à ce que la question ministérielle fût portée en tête des travaux, mais il demandait que la commission s’occupât immédiatement après du projet d’unitication et des différentes questions portées à la com- Ë mission. Une discussion assez vive s’engagea. Je demandai ne . qu’on s’occupât de la première question et qu’après seule- ment on prit une décision. La méthode de travail se trouva simplifiée et l’on s’engagea dans la discussion qui se poursuivit très avant dans la nuit. La première résolution dont “58 ! la commission fut saisie fut la motion du P. O. S.R., la deuxième la motion De la Porte, une troisième propositior fut déposée par le citoyen Thison, de la Fédération de Poitou, Anjou, Saintonge, Vendée, elle portait que Millerand n’ayant engagé que lui-même par son entrée dans le- ministère, la conduite du Parti à son égard ne saurait s’inspirer que des intérêts généraux du socialisme. Le citoyen Marius Richard, de la Fédération du Gard, propo- L: sait un amendement à la proposition De la Porte, il ‘ voulait qu’après les mots « le Congrès déclare » on ajoutàt
« tout en rendant justice aux progrès que Millerand a fait
« réaliser sur le terrain syndical ». — La discussion fut
aussi complète que possible. Il s’en dégagea cette tendance
qu’il était impossible au Parti socialiste d’adresser Millerand, soit directement, soit indirectement par l’inter-
médiaire de l’organisation à laquelle il pourrait adhérer, la
sommation de quitter le ministère, et cela dans le désir
même de dégager le Parti de toute compromission. Le -
P.S.R. se rallia à la proposition De la Porte. Dans ces
conditions, c’est sur cette proposition que la discussion s’engagea. Toute la question portait sur la nécessité de
dégager la responsabilité du Parti et c’est là que nous nous
sommes trouvés en désaccord et c’est là que le Congrès.
aura à se décider entre deux ordres du jour présentés, l’un par la majorité, l’autre par la minorité de la commission. Pour moi personnellement, les mots « s’est mis hors du
Parti » me causaient de l’inquiétude; ces mots ont été maintenus et je dois déclarer que tout en maintenant ma
signature au bas de la motion, je fais des réserves au
sujet de ces mots; nous n’avons eu aucune idée de flétrissure envers qui que ce soit. D’autres ont voulu y voir une
sorte de mise en dehors du socialisme du citoyen Müillerand.
Pour lever tout malentendu, j’ai, dans un but de conci-
liation, déposé une motion qui est identique à celle de notre
camarade De la Porte, avec cette différence que nous ne
considérons pas que Millerand se soit expulsé du Parti par d le seul fait qu’il est entré au Pouvoir. Notre motion est
identique dans ses considérants théoriques, mais nous ‘ajoutons :; « C’est-à-dire en acceptant de son initiative
« privée une fonction, ete., n’a pu engager la responsabilité - « du Parti », et plus loin : « déclare en outre que l’attitude « du Parti et du groupe parlementaire vis-à-vis du mi-
« nistère doit être la même que vis-à-vis de tout ministère
« bourgeois, c’est-à-dire inspirée uniquement par les intérêts « du Parti socialiste, » Telle était notre motion inspirée
par le souci de dégager le Parti sans frapper les individus.
Mais je dois dire que le citoyen De la Porte a maintenu sa
motion sur laquelle il viendra s’expliquer tout à l’heure
appuyer parfois le ministère par ses votes, mais il dit que s’il a pu étre ministériel, il n’est pas ministérialiste, c’est à-dire qu’il n’est point partisan de l’appui donné au ministère en tant que ministère, mais pour ce que ses actes d ont pu contenir de républicain. Cette position m’avait frappé moi-même. J’ai pu constater que certains militants considéraient trop le ministère comme un ministère socia- liste et s’étonnaient qu’il n’eùt encore rien bouleversé; car notre Parti est encore un peu trop démagogique et il convient de l’éclairer sur la situation. Et nous étions tous d’accord à la commission pour dire au prolétariat que ce ministère n’est pas un ministère socialiste, qu’il peut avoir une certaine bonne volonté socialiste, mais que ce n’est pas là le ministère socialiste, le pouvoir socialiste. Cette déclaration, nous la voulons faire. Dans ma motion, le ÿ Parti socialiste est dégagé d’une manière nette et précise. Quelques camarades préfèrent la motion De la Porte, parce qu’elle dit qu’en entrant au ministère, Millerand est sorti du Parti socialiste; mais beaucoup des signataires h n’entendaient pas exprimer par là une excommunication. Et de plus ces camarades semblent vouloir englober dans la même excommunication tous ceux qui depuis lors ont soutenu Millerand. Il faudra que vous preniez à la face du Congrès socialiste la responsabilité de votre motion. Vous inaugurerez dans le Parti socialiste une méthode d’après laquelle un homme pourra être expulsé sans être entendu, sans que vous ayez eu le courage de l’entendre en face. Il faut qu’on sache les conditions dans lesquelles Millerand est entré au ministère. Il s’est institué hier au sein de la commission un débat très intéressant pour l’histoire. Voici ce que nous avons appris : Millerand s’est présenté un jour devant son groupe, le groupe parlementaire, — le Parti socialiste avait constitué avec tous les groupes républicains un comité de défense qui était une sorte de gouvernement provisoire pour le cas où la situation füt devenue plus révolutionnaire. Millerand paraissait indiqué par lepro- gramme de Saint-Mandé comme susceptible de prendre une part de pouvoir. Première faute d’avoir laissé passer ce
programme sans protestation et de lavoir affiché partout dans les circonscriptions électorales. Je l’avais dénoncé, ce programme. Où sont-ils ceux qui sont allés dans le pays dénoncer ce programme ? Et combien de fois les manifestes affichés dans les villes ne ressemblaient pas aux circulaires affichées dans les circonscriptions rurales! Déplorons tous ces bassesses, ces petites lâchetés.. Millerand se présenta un jour dans son groupe et lui dit: « On m’a offert une « combinaison dans laquelle j’aurais eu un portefeuille; « celte combinaison, elle a avorté. » Vous, socialistes, vous avez dû tenir à Millerand un langage sévère? — Les choses se passèrent autrement. Le citoyen Vaillant lui-même était troublé par les circonstances; cependant je reconnais qu’il a dit, mais sur le ton amical : « Citoyen Millerand, si vous « entrez dans une combinaison de ce genre, nous vous « prévenons que c’est sous votre responsabilité personnelle « et que nous serons obligés de dégager le Parti car nous « n’admettons pas la participation d’un socialiste au « pouvoir. » Cadenat voulut saisir le groupe parlementaire d’une motion pour obliger le groupe parlementaire à se prononcer. Le groupe était pour Millerand. Celui-ci appar- - tenait aux Indépendants, mais les Indépendants étaient si faibles alors qu’ils n’existaient pour ainsi dire pas. Cadenat voulait qu’on prit une résolution, mais il eut la stupeur de constater que le groupe parlementaire était si troublé par la situation qu’il le vit fondre comme beurre et il se trouva seul avec sa motion et ses bonnes intentions. Vous auriez dû vous dresser devant Millerand et lui crier : Non! Et c’est deux ans après que vous voulez déclarer Millerand mort alors qu’il peut se dresser devant vous. Il est certain qu’à ce moment-là l’impression que dut emporter Müillerand était qu’on ne l’encouragerait pas, qu’on ne serait pas avec lui, mais qu’on ne le considérerait pas comme s’excluant du Parti socialiste. Le citoyen Vaillant était uniquement préoccupé de faire écarter Galliffet, mais il n’a pas dit à Millerand : Vous ne devez: pas entrer au ministère. » - F Une voix du P.S. R. : « Millerand, c’est un assassin ! »
BriaxD à Ebers : « Et c’est toi, Ebers, qui me traites de- politicien!!… Je dis que lorsqu’un ouvrier vient nous traiter de politiciens, je l’excuse, mais toi, Ebers!!., » /Tumulteformidable) : BriAnp : « Vous déclarez que Millerand a commis des. fautes et vous voulez le condamner sans l’entendre. La différence entre nos deux motions est que nous reconnais sons bien qu’il a commis des fautes; mais avant de le juger . nous voulons l’entendre. Vous voulez vous en aller l’unité sur des cadavres, ce n’est pas une pensée socialiste. Et je vous demande, camarades du P. S. R., moi qui ai été souvent avec vous, de reconnaître le pas qu’a fait vers. vous l’autre côté du Congrès en souscrivant à ma motion. Croyez-vous qu’elle ne leur a pas coûté! Songez aux travailleurs, qui demain jugeront sévèrement vos intentions fratricides. Ce Congrès choisira entre ceux qui veulent se: “il prononcer uniquement sur les principes en se réservant de juger plus tard, au besoin sévèrement, les personnes, et ceux qui veulent s’assurer des succès de comités. La majorité, dans le sein de la commission, s’est répartie ainsi: voix contre la motion De la Porte, 10 voix pour. » De LA Ports rectifie les chiffres, le délégué de Seine-et- Oise a quitté le Congrès. « Quand j’ai refusé de me rallier à ( la motion Briand, c’est que j’ai compris qu’il y avait derrière cette motion une politique que nous voulons combattre. Si l’on déclare que Millerand est non pas hors du Parti, mais hors du contrôle du Parti, quelle est done la situation que l’on veut faire à celui que l’on déclare assez - affranchi du Parti pour que ses actes échappent à tout contrôle du Parti, qu’il puisse impunément commettre n’importe quelle action? Mais comment voulez-vous qu’il vienne se défendre devant le Congrès? Nous pensons qu’il faut écarter de tous nos rêves d’avenir ce cauchemar du ministérialisme et nous voulons que, devant les assises du prolétariat, on vienne dire enfin si le Parti entend s’engager dans le ministérialisme ou dans l’antiministérialisme. Nous. ne voulons pas qu’on érige en méthode une question de Le tactique. Nous disons que le Parti socialiste doit se con-
duire à l’égard du ministère Waldeck-Roussean comme légard de tout ministère bourgeois, et nous ne disons pas qu’une amitié personnelle ou une question de sentiment doit faire approuver des actes qu’on blâmerait dans tout ministère bourgeois. Trouvez-vous qu’il y ait dans la motion Briand une solution, et n’est-ce pas perpétuer des équivoques? On a dit que nous prétendions exclure d’autres militants? Qu’il me soit permis de déclarer que nous avons voulu dire que Millerand, pendant toute la durée de son ministère, était considéré comme exclu du Parti, et que s’il voulait rentrer dans le Parti socialiste il avait, comme un simple bourgeois, à solliciter de nouveau son entrée. Nous ne poursuivons pas l’exclusion d’autres citoyens. Le jour où nous considérerons qu’il y a lieu e d’exclure vingt militants, nous le demanderons, mais nous ne le demandons pas, et vous n’avez pas le droit d’accuse, de déloyauté des citoyens avec lesquels vous avez toujours entretenu des relations d’amitié alors que vous invoquez vous-mêmes des relations d’amitié pour excuser un mi_ nistre. » /Tumulte) ” Jaurès : « C’est un coup de poignard dans le dos! » De LA Porte : « Le citoyen Jaurès est venu nous dire que le citoyen Lagardelle avait écrit, dans un de ses articles, que c’était une singulière fiction que de considérer comme appartenant au Parti socialiste ceux qui avaient soutenu un homme exclu du Parti socialiste; et c’est alors que le citoyen Cabardos, délégué de Seine-et-Oise, a déclaré qu’il ne connaissait pas cet article, et c’est alors aussi qu’il a retiré sa signature. Mais je demande si l’on peut suspecter la loyauté d’un homme qui n’a pas d’autre tort que de wêtre plus de l’avis d’un certain nombre d’hommes qui soutiennent Millerand.—La question qui se présente devant nous est d’une netteté extraordinaire, Le P. O.S. R., qui n’est plus ici (?), l’avait posée d’une manière très simple. Vous ne pouvez pas échapper au dilemme qu’il a posé. Nous vous demandons si Millerand peut être considéré comme ayant quitté le Parti par suite de son entrée au ministère ou s’il n’en a jamais fait partie. Nous pensons qu’il a été membre du Parti jusqu’à son entrée au ministère
- et qu’alors il s’est considéré comme étant dégagé du Parti. Vous voulez avoir une motion qui vous permette daflirmer que le Congrès a refusé de se prononcer. Mais nous vous demandons pourquoi vous refusez d’adopter la formule que vous-mêmes êtes obligés de reprendre dans vos discussions. Nous voulons que vous proclamiez vous-mêmes ce que vous reconnaissez être la vérité, et cela sans équivoque. C’est faire un singulier abus des mots que d’aflirmer que l’entrée de Millerand au ministère n’a pas soulevé de protestations, alors que le groupe parlementaire s’est disloqué par l’entrée de Millerand au ministère. Vous pré- tendez que les élus ont refusé de se prononcer contre le ministère. Lassalle qui, quoique n’appartenant pas au P.S.R., a pourtant voté une enquête que les autres membres du groupe parlementaire refusaient… » LASssALLE : € Je ne les ai pas nommés assassins »! DE LA Porte : « Nous ne demandons pas des exécutions. ? In’y a sur la question des élus que deux élus mis en cause et ils le sont au nom du Comité général : Palix et Narbonne. Nous n’avons formulé aucune demande d’excommunication. Nous avons demandé, il est vrai, qu’on insti tuât un débat sur la tactique parlementaire, mais vous savez que cette question n’a pu venir en discussion au Comité général. Sur la question purement ministérielle, vous n’avez à envisager que la question de principe sans vous préoccuper de ce que nous avons pu dire ou écrire sur - la question de la tactique parlementaire. En acceptant les fonctions de rapporteur, j’ai demandé à dire très nettement ce que je pense et ce que pensent avec moi quelques-uns des signataires de la motion que je défends. Nous avons pensé, Lagardelle et moi, qu’il n’était pas possible à un socialiste de participer au pouvoir car vous avez inserit la conquête des pouvoirs publies dans notre programme et il est trop difficile de distinguer entre ceux qu’on peut conquérir et ceux qu’on ne peut pas conquérir. Nous avons adopté la motion Delesalle qui défend toute participation ] dun socialiste et telle était notre attitude au dernier Con- grès. Nous n’avons donc pas varié, comme on l’a prétendu. Et maintenant nous vous demandons de voter pour la « 4
motion de la minorité et de dire si oui ou non Millerand appartient encore au Parti socialiste. La motion est d’une netteté telle que personne ne peut éviter d’y répondre. » On propose la clôture.
Un autre délégué demande que chacun des deux côtés du
à Congrès désigne deux orateurs pour traiter la question.
s JAuRÈS trouve le chiffre de deux trop limité, il demande qu’il y ait trois orateurs de chaque côté et cela parce que le citoyen Lagardelle et ses amis déclarent que lui, Jaurès, veut étouffer le débat. e
Cette dernière motion est votée. On propose dix minutes pour chaque orateur. — Accepté. BrranD : « Quelques brèves explications pour préciser
certains points de ma motion. Je n’ai eu aucune intention malveillante contre certains camarades, je m’étonne que De la Porte ait pu avoir cette idée alors qu’hier, au sein de la commission, Jean Longuet et d’autres ont protesté
quand on a attribué à quelques camarades des idées d’excommunication. J’ai dit seulement que la motion De la . Porte prêtait à équivoque et qu’il fallait- savoir ce que signifiaient ces mots « hors du Parti ». Je constate que la motion s’est bien éclaircie et qu’alors elle devient semblable à la nôtre et signifie seulement que Millerand est à l’heure actuelle absent du Parti; que si plus tard il demande son admission, nous l’examinerons comme toute autre demande. Où donc les militants verront-ils une différence ? Les deux motions sont identiques et la vôtre ne dira même pas si nettement qu’il pourra y avoir lieu de demander à Millerand des explications. La motion Kautsky et la motion Delesalle ont tranché la question en £#€ qui concerne l’avenir, il ne faut donc pas donner à ma motion une intention qu’elle n’a pas. — En ce qui touche l’historique de l’entrée de Millerand au ministère, je dois faire encore remarquer que la protestation n’a eu lieu qu’après l’entrée de Millerand au ministère et non avant. » À VAILLANT : « Nous avons appuyé la motion De la Porte parce qu’elle est la réponse nette au ministérialisme, qu’elle ne comporte aucune équivoque. Au sujet des explications historiques qui ont été données, je demande à préciser
quelques points. Le groupe socialiste n’a pas été réuni pour discuter le cas Millerand; mais le citoyen Millerand est venu l’avant-veille de la constitution du ministère etila dit qu’on avait pensé à lui pour une combinaison, mais il le dit comme d’un fait rétrospectif. Je lui répondis que si des pourparlers semblables étaient repris, je me verrais obligé
s de-déeclarer que le Parti socialiste ne participerait en rien de telles combinaisons car le socialisme ne peut participer à un pouvoir bourgeois, Millerand fit un geste d’acquiescement. Le groupe sortit peu à peu, je n’entendis pas la motion Gadenat; si je l’avais entendue, je n’aurais pas eu à la soutenir car je croyais que la tentative ne se renouvellerait pas et je n’aurais pas voulu admettre une participation comme possible. Je le répète, le groupe n’était pas convoqué à cet effet, Millerand nous racontait le fait comme un simple objet de curiosité et cependant des pourparlers avaient lieu. Le soir des amis de Millerand annonçaient mes amis que le ministère était constitué et le lendemain on annonçait à Dubreuilh comme le tenant de Jaurès que le ministère était définivement constitué avec Galliffet. J’écrivis à Millerand une lettre aussi chaleureuse que possible le priant de démentir. Depuis le discours de SaintMandé nous considérions Millerand comme un candidat possible au ministère et nous ne pensions pas qu’il y eüt autre chose à faire qu’à dégager le Parti, mais je deman- dais à Millerand de dégager sa solidarité avec l’assassin de 1871. Nous avons pensé qu’il n’y aurait pas de protestation trop vive contre l’entrée de Willerand au ministère, et lors-
- que Millerand répondit à mon télégramme par un autre télégramme où il disait qu’il avait cru faire son devoir et que l’avenir le jugerait, nous portämes immédiatement notre protestation à l’agence Havas. Puis vint notre mani- feste avec un exposé doctrinal condamnant s’entrée d’un socialiste au ministère car nous pensons que le Socialisme ne peut avoir de délégué à un pouvoir bourgeois. Si Mille- È rand a été compromis depuis, il l’a été surtout par ses amis” qui ont voulu faire de lui le représentant du Socialisme au ministère. IL est temps d’en finir avec l’équivoque. Aujour- F d’hui le citoyen De la Porte reprend notre ordre du jour de 1899; nous pensons que cette formule est nécessaire pour mettre fin au ministérialisme qui sévit toujours malgré la motion Kautsky avec plus de danger que jamais. Nous voulons que le Parti socialiste soit dégagé complètement. Tant que la lutte ouvrière durera, le Parti socialiste ne peut avoir de représentant au pouvoir. Par la motion Priand la conseience socialiste ne saurait être satisfaite tandis que la motion De la Porte peut seule ramener la paix dans les consciences, condition indispensable de l’union. Le P.S. comprend que la République est indispensable pour que nous puissions espérer obtenir les revendications que nous poursuivons, mais c’est derrière ce mot que la réaction versaillaise a pu fusiller les Parisiens impunément; il ny a pas d’autre gouvernement qui aurait pu faire passer les massacres de la Martinique et de Chalon. Pour enlever aux socialistes des instruments de démoralisation, il faut que justice soit faite dans le présent. » Viviani : « La franchise ordinaire du citoyen Vaillant nous permet de montrer la discorde qui existe entre les défenseurs de la motion De la Porte. Il est venu dire que quant à lui l’exclusion de Millerand était complète, de sorte que la même motion réunit des noms qui ne sont pas d’accord sur le sens de la motion. Ceci dit, je rappellerai très rapidement le passé auquel vient de faire allusion le citoyen Vaillant et je protesterai en même temps contre l’emploi que M. Poincaré a fait de mon nom. Il n’est pas. juste de dire que le citoyen Millerand ait demandé conseil à M. Poincaré pour entrer au ministère, malgré les senti- -ments de camarades. Les divergences des citoyens Cadenat et Vaillant, loyaux tous les deux, prouvent la confusion qui existait alors et qu’il n’y eut pas l’ordre impératif qui interdisait à Millerand d’entrer au ministère. On mit seu- lement à couvert la responsabilité du Parti socialiste. Pour_ quoi n’avez-vous pas eu le langage ferme que vous avez aujourd’hui ? J’admire ces jeunes hommes de vingt ans qui tranchent les questions de principe dans le silence du cabinet ; mais quand on est en face de problèmes redoutables, quand on sent quelle est sa responsabilité, on hésite et l’on vote comme vous voterez un jour, quand vous serez dépu-
tés, je l’espère; et alors, comme vos aînés, vous ressentirez ce que nous avons ressenti. Le citoyen De la Portea donné des commentaires très conciliants de sa motion. 11 me permettra de lui dire qu’il s’expose à des interprétations qui dépassent les siennes ; ce qui resterait d’un vote de sa proposition, c’est l’exclusion dont parle le citoyen Vaillant, dont ne parle pas le citoyen De la Porte, et il resterait une condamnation contre ceux qui ont approuvé le citoyen Millerand. Celui-ci ne s’est pas soutenu seul, il a été confirmé par nos votes et notre propagande ; et alors pourquoi ne serions-nous pas exclus nous-mêmes ? Voilà quelle est la situation et le procès s’étendrait jusqu’à des ? organisations, ce ne serait pas la préface de l’unité, mais la préface d’un déchirement. Que voulons-nous faire ? Certes nous sommes faillibles ; il faut qu’un vote unanime dégage le Parti socialiste. Il aura le bénéfice de certains actes qui aident la classe ouvrière à se libérer, il n’aura pas la responsabilité des fautes. La justice est bien plutôt un sentiment individuel qu’un sentiment collectif. Qu”est- À ce que le ministérialisme ? Quand nous avons voté, le citoyen Vaillant et moi, la loi sur les associations, nous n’avons pas fait acte de ministérialisme. Et quand la motion de Briand aura été votée, nous nous retrouverons d’accord, nos votes auront une signification socialiste, en votant contre le ministère quand il sera en faute, pour lui quandil luttera contre les défenseurs du césarisme. » DE LA Porrs : « J’ai dit et je répète que par notre motion nous excluons du Parti le citoyen Millerand ou plu - tôt nous constatons qu’il s’est exclu lui-même par son entrée au ministère ; et lorsque cette clause d’exclusion aura cessé, le citoyen Millerand aura, comme tout bourgeois, à solliciter son admission ; alors le Parti socialiste devra examiner sa demande, comme si elle venait de M. Méline ou
- de tel autre. Et lorsque le P. S. R. ajoute qu’il sera disposé « à maintenir cette exclusion, je crois pouvoir dire au nom de nos amis que nous serons du même avis et que nous. poserons nous aussi. la question préalable, à moins de circonstances nouvelles. Mais, citoyens, nous ne pouvons vous - dire que vous n’aurez pas le droit d’admettre Millerand
dans telle de vos organisations. Comment Briand veut-il concilier cette position d’un homme qui est en dehors du
contrôle d’un parti et qui cependant ne cesse pas d’appartenir à ce parti, à moins de supprimer toutes les conditions de justice qui existent maintenant dans le monde ? Et si le citoyen Millerand s’est exclu lui-même du Parti, il est bien évident que nous n’avons pas à l’exclure, mais il faut du moins le constater. Je pose pour la dernière fois la question
Brraxp : « Vous aviez semblé admettre qu’il n’y aurait pas de décision pour exclure définitivement Millerand du Parti socialiste, maintenant votre motion implique l’exclusion absolue de Millerand, à moins, dit le citoyen De la Porte, que des circonstances nouvelles. Quelles circonstances nouvelles ? »
DE LA PORTE : « Il peut y avoir beaucoup de circonstances nouvelles, les unes du fait de Millerand et les autres de notre propre fait ; et il y en aura une, d’après ma conviction, c’est que jamais Millerand ne demandera à rentrer parmi nous. »
BrrAND : « Je suis très satisfait de ces explications. Vous voulez vous donner desallures d’intransigeance que d’après vos explications… » /Tumulte)
Lavaup précise l’attitude du P. O. S.R. « On a la mauvaise foi de nous classer parmi les ministériels et nous demandons à relire notre déclaration. » /1L lit la déclaration déjà connue)
Un délégué de la Fédération de Seine-et-Oise déclare que la Fédération ne votera que pour la motion De la Porte.
- Elle désavoue son mandataire d’hier qui, contre le mandat formel qu’il avait reçu, a voté pour la motion Briand. {Tumulte)
Panrsoxs lit une déclaration au nom d’un certain nombre des signataires de la proposition De la Porte; cette décla-
ration affirme que c’est pour faire tomber l’obstacle à l’unité que les signataires ont donné leur adhésion à la motion - De la Porte et ils demandent la priorité en sa faveur ; mais ë si elle est rejetée, ils déclarent se rallier à la proposition — Briand qui n’est pas exclusive de la proposition De la
Porte puisqu’elle a repris les termes de celle-ci. — La déclaration porte les signatures des citoyens Jean Longuet, Parsons, Lagardelle, etc. RENAUDEL : € Je me suis rallié à la proposition Briand, parce que nous pensions qu’elle forcerait enfin tous les socialistes à s’incliner devant les décisions des Congrès. » priorité pour la proposition De la Porte et le vote par , Le P. 0.5. R. réclame vivement la priorité pour sa déclaration. P. O.S.R., puis il demande qu’on vote après sur celle de j De la Porte. {(Tumulte) “à Le président déclare que la première proposition parvenue au burcau est celle du P. O. S. R. et que les délégués de k cette organisation ont en même temps demandé la priorité. Les auteurs de cette proposition demandent qu’ilsoit voté à mains levées sur la priorité et par mandat sur le fond. La priorité est repoussée. On vote surla priorité en faveur de la motion De la Porte. La priorité est adoptée à mains levées, On vote par mandats sur le fond de la motion De la Contre la motion…,… Doubs, du Haut-Rhin, de Seine-et-Oise, du groupe central du onzième arrondissement de Paris, etc., lit une déclara- Ë tion regrettant que la situation équivoque créée depuis deux ans n’ait pas été tranchée. « Nous étions venus au Congres avec la résolution de créer l’union, mais une union franche ï et nette, vous ne l’avez pas voulu, une forte majorité s’est prononcée contre nous. Dans ces conditions, nous déclarons nous retirer. Nous sommes persuadés que notre déci42 sion est la meilleure à prendre pour les intérêts du soeialisme révolutionnaire. Le citoyen Briand a dit que le prolétariat nous jugerait; c’est du prolétariat que nous attendons en effet notre jugement. » /Tout le P.S. R. crie Vive la Commune! La droite siffle. Tumulte)
Le président : « La séance continue. »
Jaurès monte à la tribune. Ses amis lui font une ovation. Quand les applaudissements sont un peu calmés, il prend la parole : « Maintenant tous les voiles sont déchirés et tous les masques sont tombés, nous savons ce que valaient les protestations pour l’unité ; et ceux qui nous accusaient d’être rebelles à la discipline socialiste, ce sont ceux qui se retirent au moment où ils sont mis en minorité. Le prolétariat socialiste jugera. Et nous qui pouvons nous rendre cette justice, que nous avons fait les plus grands efforts depuis trois jours pour réaliser cette unité, nous n’avons qu’une réponse à faire à ceux qui ont déserté cette salle : c’est de Le la réaliser en nous groupant tous sous notre rouge drapeau. »
RENAUDEL : « Ainsi l’irrémédiable semble accompli. Au nom des signataires de la déclaration lue tout à l’heure déclaration Parsons, Longuet, Lagardelle, etc.) et au nom de la Fédération autonome de Seine-et-Oise, nous affirmons que la motion De la Porte que nous avions présentée en commun avec son auteur n’avait d’autre but que de faciliter l’union; et notre camarade Lagardelle, dès hier matin, voulait remplacer les mots « hors du Parti » par les mots « s’est rendu indépendant du Parti ». Le camarade De la Porte s’y étant refusé, nous sommes dans la nécessité de le désavouer. Nous restons fidèles à l’union. Puisque les organisations ne veulent pas disparaître, nous demeurons avee le prolétariat. Mais nous vous demandons de ne plus apporter le même esprit. Si nous avons été intransigeants, vous aussi vous l’avez été; vous n’êtes pas encore assez impré- gnés de l’esprit socialiste, c’est à éclairer le prolétariat qu’il faut vous attacher désormais. »
dèche, se rallie à l’union.
LavauD constate que l’extrême-gauche a voté contre Lx ! motion du P. O.S. R. Nous sommes pour l’union, mais nous sommes contre la disparition des organisations. “773 RÉvVELIN demande qu’on passe immédiatement à la ques- tion de l’unification. BAGNoL dit au nom des Coopératives : « Nous ne sortirons pas de cette salle sans que l’unité soit accomplie. » Poxarp parle dans le même sens. É à Vivraxi fait appel au dévouement de tous en faveur du CarxauD parle dans le même sens, mais repousse toute coercition. « Nous devons donner l’exemple de l’amour entre nous. » La séance est suspendue. Fe. la reprise dela séance, RÉVELIN, au nom de la com— E mission, fait part des travaux sur le projet d’unification. Celui-ci a subi des modifications très légères dues aux Rs. réclamations de diverses Fédérations : « Nous avons ad- *4 joint à l’article réglant l’introduction des syndicats et des coopératives dans le socialisme, un article disant que nul cs ne peut entrer dans le Parti, s’il a été exelu de son syndicat en temps de grève ou exclu d’un groupe socialiste. Mais nous ne voulons pas régler d’avance ce que seront les rapports des syndicats et des coopératives avec le Païti poli- tique, nous ne voulons pas introduire à l’avance des règles rigides; laissant au temps le soin de les déterminer. Nous mesurons seulement la force des syndicats et des coopé- “à ratives par le nombre des inscrits; et comme dans la constitution commune, nous donnons un mandat pour çant qu’il va lire article par article le projet d’unification qui sera ainsi voté au fur et à mesure que les articles seront lus. ALLEMAXE dit qu’il est partisan de la ratification ulté rieure du projet par les groupes du P. O.S. R. Fe Des délégués du P. O.S. R. viennent déclarer qu’ils ont reçu mandat d’établir l’unité. D’autres délégués delamême organisation aflirment au contraire qu’ils ont mandat de maintenir les anciennes organisations sans faire une unité
prématurée, mais en recherchant les moyens propres resserrer le plus possible les liens d’amitié entre organi- ‘ JauRÈs voulant monter à la tribune, les guesdistes des tribunes crient : À Chalon, etc. — On les expulse. RéveLn lit l’article premier : - « Le Parti socialiste français est fondé sur les principes suivants : Entente et action internationales des travailleurs ; organisation politique et économique du prolétariat en parti de classe pour la conquête du pouvoir et la socialisation des moyens de production et d’échange, c’est-à- dire la transformation de la société capitaliste en société collectiviste ou communiste. » Cet article est adopté sans discussion, Il en est de même des articles suivants jusqu’à l’article 16. Voici ces articles : ARTICLE 2. — « IL se compose des groupes d’études et de propagande, des comités politiques permanents, des Ssyndicats et des coopératives qui adoptent avec ces principes la doctrine et la tactique du Parti. » ARTICLE 3. — « Les syndicats sont invités à adhérer aux fédérations d’industrie ou de métiers, et les coopératives sont obligées d’attribuer une subvention à la propagande ARTICLE 4. — « Les groupes d’études et de propagande, les groupes politiques permanents, les syndicats et les coopératives doivent adhérer à la fédération du département ou de la région. d « Les fédérations sont tenues d’inviter, de la façon la plus pressante, les membres de leurs groupes politiques à adhé- rer aux syndicats et aux coopératives du département ou de la région. » ARTICLE 5. — « Chaque fédération établira, elle-même, f dans ses statuts, les règles selon lesquelles doit s’établir le concours des groupes socialistes, des syndicats et des coopératives. » ARTICLE 6. — « Chaque groupe socialiste doit être excelusivement composé de membres du Parti, et nul ne pourra
être inscrit à un groupe socialiste, s’il est exclu de son syndicat pour trahison en temps de grève (sarrasinage). » ARTICLE 7. — « Les groupes d’une commune ou d’un quartier forment une union de commune ou de quartier. « Les groupes des unions de commune ou de quartier sont convoqués en réunion plénière au moins une fois tous les ; « Ils se concertent pour la propagande, désignent les candidats aux élections municipales et élisent le comité de ë l’union des groupes. » ‘4 ARTICLE 8. — « Les groupes d’une circonscription législative forment une section unique. Ils peuvent désigner les candidats et nommer un comité de section. » ARTICLE 9. — « Les groupes d’un département ou d’une région forment une fédération unique. Les délégués des groupes se réunissent chaque année au Congrès de la fédé- ration et ils élisent un Comité fédéral. » ARTICLE 10.— « Les groupes d’originaires des départements qui se fondent à Paris ou dans d’autres villes sont rattachés à la fédération de leurs départements d’origine. » ARTICLE 11. — « Lorsque le nombre des groupes d’un dé- « partement est inférieur à dix, ils ne peuvent former une Du fédération distincte et ils doivent se faire admettre à la fédération d’un département voisin.Cette disposition n’aura pas d’effet rétroactif. » du Comité fédéral, de la section et de l’union des groupes sont prises à la majorité. » ARTICLE 13. — « Les élections des délégués du Comité d’union de commune ou de quartier, du Comité de section et du Comité fédéral ont lieu au scrutin de liste avec repré- sentation proportionnelle des minorités. » ARTICLE 14. — « Les groupes ne pourront désigner qu’un candidat ou qu’une liste de candidats par circonseription. « En cas de conflit entre les groupes, le Comité fédéral ARTICLE 15. — « Nul ne pourra être considéré commecandidat socialiste, s’il ne rappelle dans ses professions de foi
les principes qui ont servi de base à la constitution du é Parti et s’il n’est présenté par un groupe. »
On décide qu’en tout ceci le mode de procéder n’aura ? lieu que pour une année, jusqu’au prochain Congrès.
On adopte sans discussion les articles suivants jusqu’à
ARTICLE 16. — « La direction générale du Parti appar- tient au Parti lui-même, c’est-à-dire au Congrès national qui se réunit chaque année. »
ARTICLE 17. — « Les délégués au Congrès national sont élus par les Congrès des fédérations, au scrutin de liste avec représentation proportionnelle des minorités. » « 1° Un délégué de droit, et si elle comprend plusieurs départements, un délégué de droit par département ; « 2° Un délégué par deux cents membres inscrits et coti sants des groupes socialistes ou par fraction de deux cénts membres inscrits égale ou supérieure à cent;
« 3° Un délégué par cinq mille suffrages obtenus au pre- mier tour de scrutin des élections législatives qui précèdent
immédiatement le Congrès ou par fraction de cinq mille suffrages égale ou supérieure à deux mille. »
ARTICLE 19. — « Le Congrès nomme les délégués au secré-
ARTICLE 20. — « Le Congrès national fixera chaque année la subvention qui doit être attribuée à l’organisme central du Parti.
- « La part de chaque fédération est proportionnelle au nombre de ses membres cotisants. » . Srerx, des Fédérations autonomes, réclame que conformément à une décision du Congrès de 1899, un contrôle soit exercé sur les élus par le Comité général.
FerrouL propose qu’ils soient sous le contrèle des Congrès.
Le Congrès décide qu’ils seront sous le contrôle du
Les articles suivants sont adoptés jusqu’à l’article 26 : FC ARTICLE 21.— « Le Congrès ne peut se réunir deux ans “ de suite dans la même ville. Le Congrès désigne chaque Ex année le lieu où se tient le Congrès suivant. » ee ARTICLE 22. — « Les coopératives socialistes établissent dans leur Congrès les règles qui détermineront leur con- Ke ARTICLE 93. — « Les délégués au Comité général sont élus ; 2: par les fédérations. « Le nombre des délégués de chaque fédération est proportionnel au nombre de ses mandats au Congrès national. ‘ « Lorsque la fédération a plus d’un délégué, l’élection a lieu au scrutin de liste avec représentation proportion- à ARTICLE 24. — « Le Comité général se réunit au moins une fois tous les mois en séance ordinaire. Fe 4 « Dans sa première réunion, il détermine le nombre et “à les attributions des commissions qui, sous son contrôle, 2 administrent le Parti. « Le Comité général nomme le secrétaire, le trésorier, l’archiviste. Les délégués qui remplissent ces fonctions reçoivent une indemnité. » . . ARTICLE 25. — « Le Comité général remet aux fédérations les cartes d’adhérent des membres du Parti. « Ces cartes portent au verso la déclaration de principes à qui a servi de base à la constitution du Parti (article pre- Es, mier) et la signature des membres adhérents. « Les fédérations veillent à ce que la carte du Parti délivrée à chacun de leurs militants régulièrement inscrits porte la mention : « 1° Du groupe ou comité politique permanent; 3% « 3° De la coopérative ouvrière, dont il est adhérent. » . On décide de suspendre la séance, mais de tenir une. De La séance est reprise à neuf heures. Re: È Une motion est présentée demandant d’interdire à tout socialiste de solliciter la Légion d’honneur. Renvoyé à Sa
l’examen du Comité général, ainsi que tous ies amendements présentés sur les différents articles. On adopte sans discussion tout le reste du projet d’unilication. ARTICLE 26. — « Le Comité général reçoit les cotisations perçues au profit de l’organisme central par les fédé- ARTICLE 27. — « Le Comité général prépare les rapports qui sont soumis tous les ans au Congrès national. « Ces rapports sont imprimés et adressés aux fédérations deux mois avant l’ouverture du Congrès. » ARTICLE 98.— « Le Comité général fait observer les décisions des Congrès nationaux et internationaux. « IL contrôle la presse du Parti, conformément aux résolutions du Congrès de Paris en 1899, les élus et tous les « Sa fonction essentielle est d’organiser la propagande générale et l’action d’ensemble du Parti. » ARTICLE 29. — « Le Comité général préparera, pour les élections législatives et municipales, un programme qui sera précédé d’un exposé théorique des principes du « Ce programme sera soumis à l’examen des fédérations et du Congrès national de 1902, qui se réunira avant les ARTICLE 30. — « Les députés socialistes forment à la Chambre un groupe parlementaire unique. Ce groupe est fondé sur les mêmes principes que le Parti lui-même. Se « Les membres du groupe parlementaire établissent leur règlement intérieur. Ils doivent se réunir et se concerter pour réaliser autant que possible l’unité de vote ; ils peuvent au besoin consulter le Comité général. » ARTICLE 31, — « Pour la propagande et pour les grèves, tous les membres du groupe parlementaire s’inscrivent tour de rôle au tableau de service. « Le secrétaire du groupe dresse l’état des inscriptions et le communique au Comité général. » ARTICLE 32. — « Le secrétaire du Comité général fait con49 k
naître au secrétaire du groupe parlementaire les demandes qui ont été adressées au Comité général.
« Pour les grèves, le secrétaire du groupe délègue d’urgence les élus inscrits ; pour les réunions et les conférences, le groupe examine les demandes et désigne les orateurs. »
ARTICLE 33. — « Le groupe parlementaire présente chaque année un rapport au Congrès national. Ce rapport est transmis au Comité général, imprimé et adressé aux fédé- rations deux mois avant l’ouverture du Congrès. »
ARTICLE 34. — « Pour la propagande dans la commune et
le département, les conseillers municipaux, conseillers d’arrondissement et conseillers généraux, et d’une façon générale tous les élus, doivent prêter leur concours aux groupes des communes et au Comité fédéral. »
ARTICLE 35. — « Les conseillers municipaux socialistes forment dans chaque conseil un groupe municipal unique.
Ce groupe est fondé sur les mêmes principes que le Parti lui-même.
« Les membres d’un groupe municipal doivent se réunir et se concerter pour réaliser autant que possible l’unité de a vote; ils peuvent, au besoin, consulter le Comité d’union des groupes de la commune et le Comité de la Fédération. »
ARTICLE 36. — « Le groupe municipal de chaque commune présente chaque année un rapport au Congrès annuel des groupes de la commune.
« Dans chaque département, les conseillers municipaux socialistes préparent chaque année un rapport d’ensemble qui est présenté au Congrès fédéral. Ce rapport est transmis au Comité fédéral, imprimé et distribué aux membres des pe groupes un mois avant l’ouverture du Congrès. C4
« Tous les rapports sont transmis au Comité général du Parti socialiste, qui soumet un rapport au Congrès
ARTICLE 37. — « Le prochain Comité général sera constitué sur-les mêmes bases que la commission des résolutions du Congrès de Lyon.
« Chaque fédération ou organisation nationale aura un délégué pour vingt-cinq mandats, ou par fraction égale ou
« Toutes les fédérations qui ont été représentées au Congrès de Lyon, quel que soit le nombre de leurs man- -dats, auront droit à un délégué au moins. » ARTICLE 38. — « Le Comité général est chargé de préparer un projet de constitution des groupes socialistes du département de la Seine, d’ouvrir une consultation auprès de tous les groupes et de soumettre ce projet au prochain ARTICLE 39.— « L’unification complète du Parti socialiste, c’est-à-dire la fusion de toutes les organisations, ne pourra être décidée que dans un Congrès national. » L’ensemble du projet mis aux voix est adopté. On agite le choix d’une ville pour le prochain Congrès. Un violent tumulte se produit. STRooBANT propose Albi où se trouve la verrerie Jaurès, tout en reconnaissant la pensée qui a dicté cette proposition, met en doute les conditions matérielles de succès d’un Congrès tenu à Albi. « Il ne faut pas non plus qu’on soupçonne en ceci les militants, auxquels on reproche à tort des préoccupations personnelles /Applaudissements), d’avoir voulu placer le Congrès sur le terrain de leurs On propose successivement Dijon, Nantes, Bourg, ete. Un crient le mot de Cambronne, d’autres Hou ! Hou ! Le spectacle du Congrès est lamentable. Finalement la ville de Tours est choisie à cause de sa On vote des félicitations à Révelin, pour le dévouement -qu’il a montré dans ses fonctions de rapporteur. On vote également à l’unanimité une motion en faveur de l’abolition de la réglementation (motion qui sera adres— sée au congrès abolitionniste qui va s’ouvrir le lendemain); et des remerciements à la ville de Lyon pour l’hospitalité accordée au Congrès, ainsi qu’à la commission d’organisation pour la bonne préparation du Congrès. Un débat très vif et très confus s’engage sur la question
de l’élection du onzième arrondissement de Paris. Finalement un délégué de la Fédération de la Seine prend l’enga- se gement au nom de cette Fédération d’examiner à nouveau la question. REexAUDEL demande qu’on étudie la question d’un jour- 3 nal ofliciel du Parti. — Voté à l’unanimité. Rexaupez lit le manifeste rédigé par la commission et adressé à la France prolétarienne.Il peut se résumer en cette phrase : « C’est par les fédérations autonomes que l’unité Des délégués du P. O.S. R. déclarent qu’ils sont pour l’union et non pour l’unité. Jaurès demande alors d’accorder quelques minutes pour que la commission trouve une formule qui permette aux Pendant cette délibération, une déclaration signée Jean Longuet, Buré, etc., est lue à la tribune. Les signataires refusent de s’associer au blâme adressé aux camarades qui se sont retirés et déplorent leur départ. Cette déclaration est fortement huée. JEAN LoxGuET vient déclarer que s’il s’est rallié à la mo- - tion Briand après avoir signé la proposition De la Porte et après le rejet de celle-ci, c’est parce que la motion Briand lui donne jusqu’à un certain point satisfaction au sujet du ministère, mais il regrette le départ du P.S. R. /Huées) =.
La commission ayant trouvé une formule qui satisfait le P.0.S. R. en ce qu’elle implique l’union sans détruire les organisations, le manifeste est voté. Le congrès est levé au chant de l’Internationale. Vers l’unité : après ce congrès le Groupe des Étu- Re
- diants Collectivistes de Paris s’est partagé; les dissidents vont sans doute fonder le Groupe des Étudiants Gollectivistes Révolutionnaires. “+ 24 Les deux annonces qui suivent compléteront utilement
nos annonces de la deuxième série : :
La Bibliothèque Ouvrière Socialiste est fondée pour aider de tous les moyens en son pouvoir à réaliser l’énancipation des travailleurs par les travailleurs eux-mêmes.
Le parti socialiste grandit. Dans la décomposition sociale qui s’accentue de plus en plus, le socialisme apparaît l’humanité comme l’unique espoir, comme l’avenir meilleur. Le grand et noble idéal socialiste se manifeste comme le résultat inévitable et nécessaire de l’évolution intégrale de l’humanité, morale, intellectuelle et politique aussi bien qu’économique. Sa force d’attraction est devenue telle que les partis réactionnaires eux-mêmes s’apprêtent à l’exploiter. Mais ils entendent profiter du malaise général qui accompagne nécessairement l’agonie d’un régime pour effectuer un retour à la barbarie, au Moyen-Age. On cherche à détourner les justes colères des masses trompées et abusées pour conduire le peuple à l’abattoir nationaliste, pour le replonger dans les ténèbres de l’Église.
La réaction, sous toutes ses formes, est loin de désar-
mer. Elle a pour complice involontaire l’ignorance d’un irop grand nombre de nos pauvres camarades des villes et des campagnes. C’est pour les armer et leur permettre de défendre leur intelligence contre ces forces de réaction que nous fondons notre Bibliothèque Ouvrière Socialiste à cinq et à dix centimes. Camarades ouvriers, plus grand sera le nombre des socialistes convaincus et éclairés, plus facile sera la lutte contre la réaction et la barbarie menaçantes.
à Quand vous aurez lu nos petites brochures de la Bibliothèque Ouvrière Socialiste, repassez-les à vos compagnons de labeur et de servitude, comme les anciens se passaient de main en main le flambeau symbolique dans leurs fêtes
Faites-les lire à vos femmes et à vos sœurs pour que les lueurs de la science émancipatrice chassent de leur cerveau les ténèbres du mystère et les aveuglants éclairs du
Discutez-les entre vous pour vous prouver à ous-mêmes
quatorzième cahier de la deuxième série que vous avez bien compris la pensée socialiste qui les Songez bien surtout que notre désir le plus ardent n’est — pas de vous imposer une doctrine quelconque, mais de vous renseigner sur les conditions réelles du milieu social a que vous êtes appelés à tranformer. Seuls, vous devez être les artisans conscients de votre x libération. Apprenez à penser et à conduire votre pensée. Rappelez-vous toujours que vous n’émanciperez vos bras de la servitude capitaliste que lorsque vous aurez chassé , de vos cerveaux l’ignorance et les préjugés que vos maitres Vous assurerez le succès de votre Bibliothèque Ouvrière Socialiste, car elle sera bien à vous. Fondée sans esprit de lucre et sans désir de briller par l’étalage d’une fausse science de mots, elle appelle à elle toutes les bonnes volontés et toutes les intelligences. Ceux qui rédigeront nos brochures ne parleront que de ce qu’ils connaissent, et de manière à être compris de tous.
Nous voulons que nos lecteurs soient nos collaborateurs, non seulement par la propagande active qu’ils feront en faveur de la Bibliothèque Ouvrière Socialiste et des idées x qu’elle s’efforcera de répandre dans le public, mais encore par les sujets qu’ils nous proposeront, par les idées qu’ils nous suggéreront, par les renseignements qu’ils nous adresseront, et même par les critiques qu’ils nous feront. 4€
La Bibliothèque Ouvrière Socialiste n’est pas une œuvre de secte. Notre programme est celui du Parti socialiste. L’unité définitive et absolue est notre idéal d’organisation Nous convions les représentants de toutes les écoles ve socialistes à collaborer à notre œuvre d’une utilité incon- La Bibliothèque Ouvrière Socialiste contiendra quatre catégories de brochures qui traiteront : 1 À
- L’histoire du mouvenient et des idées socialistes.
- Les questions d’actualité intéressant le Parti socialiste.
La Bibliothèque Ouvrière Socialiste publiera les brochures 2. Les Moyens pratiques du So-
- La Réaction nationaliste… . Joixpx
- La Question militaire, … . Gasrox Mocn
- Action ministérielle et Législation ouvrière … … . . PAUL DRAMAS 16, La Lutte politique et la Lutte Nous ont promis également leur concours
quatorzième cahier de la deuxième série La Bibliothèque Ouvrière Socialiste se propose en outre ne d’éditer les brochures suivantes : E. Évolution et révolution. — Lutte des classes. — Action parlementaire et gouvernementale. — Socialisme et religion. 2. — Lesocialisme et les paysans. — Le socialisme et l”anar- #4 chie. — Le socialisme et l’action municipale. — Les syndi- à cats. — L’unité socialiste, ete., etc. La journée de huit heures. — Les grèves. — Boycottage. 5 — Bureaux de placement. — Caisses de retraite et assurances, etc., etc. Biographies socialistes : Thomas Morus et Campanella, 4 Lassalle, Pierre Lavroff, Michel Bakounine, César de Paepe, etc., etc. De: {Questions d’actualité intéressant le Parti socialiste) : ‘4 F La religion à travers les âges. — Le rôle des jésuites. — F. plébiscite. — La question coloniale. — La liberté de l’enseignement et les congrégations. Nota. — Nous prions tous ceux qui voudraient écrire sur les _ 4 sujets ci-dessus indiqués de s’adresser au Secrétaire-Administrateur *à de la Bibliothèque. — Le prix de chaque brochure, de 16 à 32 pages, est fixé Le Comité de rédaction est composé des citoyens: ALDABE, 50 L’Administrateur-Secrétaire, Docteur KASIMIR Pour tous les renseignements et les demandes d’abonnements, s’adresser à CHARLES RaPPOPoRT, 12, rue du Commandeur, Paris. But et Composition de l’Association ARTICLE PREMIER. — Il est fondé à Paris, entre les personnes qui adhèrent aux présents statuts, une association dite Société pour l’Enseignement supérieur populaire et l’Éducation mutuelle. ARTICLE 2. — L’Association a pour but De provoquer et de seconder la fondation, à Paris et dans les départements, d’associations laïques qui se proposent de développer l’enseignement supérieur populaire, qui poursuivent l’éducation mutuelle des citoyens de toutes conditions, qui organisent des lieux de réunion où les travailleurs puissent venir, leur tâche accomplie, se reposer, s’instruire et se distraire De former directement de telles associations quatorzième cahier de la deuxième série De mettre en rapport les différentes associations qui ‘7
auront adhéré à la Société sous les conditions fixées “23
par le Comité d’administration. ARTICLE 3. — L’Association n’a aucun caractère politique ou religieux. ARTICLE 4. — La Société publie un bulletin, centralise Re,
les documents et toutes les demandes venant des associations adhérentes, fournit tous renseignements utiles, 4 statuts et programmes, etc., fait tous actes de propa- É- ARTICLE 5. — Le siège de la Société est établi Hôtel des Sociétés Savantes, 28, rue Serpente. Il pourra être changé par décision du Comité d’ad- À ARTICLE 6. — Pour faire partie de l’Association, il faut : 1° être présenté par deux membres au moins de “4 l’Association; 2° être admis par le Comité d’administra- À
tion, ce comité prononçant l’admission au scrutin secret à la majorité des deux tiers des membres présents; +”) 3° verser une cotisation. Re
Les mineurs ne peuvent faire partie de l’Association ee qu’avec le consentement de leurs parents ou tuteurs. “10
ARTICLE 7. — L’Association est dirigée par un Comité d’administration de trente membres. Le Comité se renou- (1) Ce siège a été transféré 16, rue de la Sorbonne, au second. È .
velle par quart chaque année, les membres sortants sont
ARTICLE 8. — Les membres du Comité d’administration sont élus par l’Assemblée générale, au scrutin secret.
En cas de vacance, le Comité pourvoit au remplacement de ses membres, sauf ratification par la prochaïne assemblée.
ARTICLE 9. — Le Comité d’administration choisit parmi ses membres le Bureau pour une année. Le Bureau est composé d’un Président, de trois Vice-Présidents, d’un Secrétaire général, d’un Trésorier. Il peut nommer des adjoints au Secrétaire général et au
ARTICLE 10. — Le Comité d’administration fait rédiger
chaque année, par le Secrétaire général, un rapport sur la situation morale, et par le Trésorier un rapport sur la situation matérielle de l’Association; les deux rapports sont soumis à l’approbation de l’Assemblée générale . ARTICLE 11. — Le Secrétaire général a la garde des archives; il est chargé de la correspondance, reçoit et transmet au Comité d’administration les demandes d’admission, tient les registres des procès-verbaux des séances du Conseil d’administration et des Assemblées générales; il rédige le bulletin, et exerce, par lui-même et par ses adjoints, toutes fonctions utiles à la bonne administration, sous le contrôle du Comité.
ARTICLE 12. — Le Trésorier est comptable et chargé des recouvrements ; il a la charge des livres et de la caisse.
d ARTICLE 13. — Le Comité d’administration se réunit tous les mois, et chaque fois qu’il est convoqué par son président, et sur la demande du quart de ses membres. Il est tenu registre des procès-verbaux des séances.
ARTICLE 14. — La présence de dix membres du Comité d’administration est nécessaire pour la validité de ses délibérations.
Tout membre du Comité qui, sans s’être fait excuser, manque trois séances consécutives, est considéré comme quatorzième cahier de la deuxième série Comité de Propagande ARTICLE 15. — Le Comité d’administration s’adjoint telles personnes qu’il juge utile pour former le Comité de propagande. Ces personnes sont choisies : 1° parmi les membres des différentes associations adhérentes; 2° en dehors des associations, parmi les personnes qui k peuvent rendre service à la Société en raison de leur ARTICLE 16. — Le Comité de propagande est convo- È qué périodiquement par le Comité d’administration. Il est consultatif. , Ses réunions sont ouvertes à tous les sociétaires et aux personnes présentées par les sociétaires. Ressources annuelles et Fonds de réserve De. ARTICLE 17. — Les recettes de l’Association sont les sui- 3 Evanies : à 2° Le produit des fêtes, conférences, représentations, etc., données au profit de la Société ; CS 3° Le revenu des fonds disponibles et constituant le capital de réserve, les fonds ne pouvant être placés qu’en rentes sur l’État, obligations du Crédit foncier ou valeurs garanties par l’Etat ou les communes 4° Les dons, concessions et autres libéralités. ARTICLE 18. — Le minimum de la cotisation annuelle est fixé à 6 francs. Elle peut être payée en deux fois. La cotisation est due intégralement pour l’année de Vadmission. . < 20